Prier avec la communauté

+ Prier avec la communauté :

Nos Sages (guémara Béra’hot 8a) nous enseignent :

1°/ « Qu’est-ce qui est considéré comme un moment propice [afin que nos prières soient acceptées]?
C’est lorsque la communauté prie »

=> Ainsi, cette prière a beaucoup plus de puissance qu’une faite tout seul.

2°/ « Toute personne qui a une synagogue dans sa ville et qui n’y entre pas pour prier, amène l’exil sur elle-même et ses enfants »

Ne pas prier avec la communauté à la synagogue, ce n’est pas une faute, alors pourquoi est-ce que la conséquence est aussi sévère?

-> Le Maharal (Netsiv haAvoda – chap.5) explique que la synagogue (Beit haKnesset) est précisément ce que son nom (en hébreu) implique : un lieu de rassemblement.
Par la communauté (tsibour), nous nous unifions, nous prions ensemble, et nos prières ont une force exponentielle lorsqu’elles parviennent à D.
Lorsque nous choisissons de ne pas faire partie de la communauté, de s’en séparer, en réalité, nous nous exilons, et par cette attitude, amenons la punition sur nous.

-> Le Choul’han Aroukh écrit que D. ne rejette jamais une prière faite en tsibour.
Le Rambam déclare que la prière de la communauté est toujours entendue.
Selon le midrach (Yalkout Chimoni Téhilim), Hachem a dit au roi David que ses prières seront entendues durant : un moment propice (ét ratson), mais la prière du tsibour est toujours entendues quelque soit le moment.

Pourquoi cela?
Est-ce uniquement le fait de louer D. en étant plus de personnes?

-> Le Ramban enseigne qu’au-delà de la prière seule, lorsque l’on prie en collectivité, on alimente une dynamique de : « pirsoum émouna » (rendre public notre émouna), car en groupe, nous déclarons ouvertement que nous sommes les sujets de D. et que nous croyons avec certitude en Lui.

Lorsque nous prions tout seul, nous n’avons pas cette possibilité de montrer à d’autres notre émouna en Hachem.
En communauté, nous apportons l’un à l’autre de la force, de la conviction, de la profondeur dans notre émouna, dans notre prière.

Il est également écrit à ce sujet : « Bien que la prière avec un minyan est une mitsva de nos rabbins, elle est en réalité plus grande qu’une mitsva positive de la Torah, car c’est un kiddouch Hachem en public. » (Choul’han Aroukh haRav – Ora’h ‘Haïm 90,17).

-> « Quand la nation s’accroît, c’est une gloire pour le roi » (Michlé 14,28)

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-> Il y a également une autre explication à l’importance de prier en collectivité.
Lorsqu’une personne prie toute seule, ses demandes vont être analysées de façon individuelle.
Son comportement va être inspecté : est-ce qu’elle mérite que sa demande (prière) soit exaucée?
Puisque personne n’est parfait, cela n’est vraiment pas évident!

Par contre, si une personne prie avec la communauté, où l’on fait partie d’un ensemble, nos prières montent comme un groupe.

Puisque ce lot est composé de nombreuses prières, D. accepte celles imparfaites, en même temps que celles qui sont parfaites.

Rabbi Yé’hiel Spero rapporte à ce sujet à quel point les grands tsadikim étaient concernés par appartenir à un tsibour.
Par exemple, lorsque le Or Saméa’h était malade, Rav El’hanan Wasserman est venu lui rendre visite et lui a proposé de diffuser largement son nom et le fait qu’il était malade, dans le monde.
En effet, imaginez le mérite phénoménal de tout le monde de la Torah priant pour le rétablissement d’un de ses géants en Torah.

Mais le Or Saméa’h a refusé, bien que connaissant à quel point ces prières sont efficaces.
Pourquoi cela?

Car en devenant le centre des prières de milliers de personnes au travers le monde entier, cela va avoir comme conséquence que dans le Ciel, sa vie personnelle va être dans le feu des projecteurs, et il ne souhaitait pas être scruté dans les moindres détails.

Le Or Saméa’h préférait faire partie du tsibour, parmi les malades du peuple juif, plutôt que de sortir du lot.
La prière collective est toujours acceptée, tandis que celle individuelle est pesée avec précision (qui peut dire qu’il est à 100% conforme avec ce que D. attend de lui?).

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-> Le Sfat Emet nous offre une autre explication sur l’importance d’une prière avec la communauté.
La guémara (Sanhédrin 39a) enseigne : « Dans tout endroit où il y a 10 hommes, la présence divine réside ».

Le Sfat Emet explique que lorsqu’il y a un minyan, la présence divine est présente dans la salle de prières, et cela a pour conséquence de nous attirer vers D. (comme un aimant!), et c’est comme si on avait directement accès à Sa présence.

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-> Le Ari zal souligne l’importance d’accepter sur soi-même la mitsva d’aimer son prochain comme soi-même, et ce avant même de commencer notre prière du matin.
(on retrouve ce passage dans les Sidourim au tout début : aréni mékabel alaï mitsva assé shél véaavta léréa’ha kamo’ha …).

Lorsqu’il y a une vraie communauté, il y a une unité et un objectif commun.
Le pouvoir du collectif est alors phénoménal.

On peut citer l’exemple de la génération de la Tour de Babel, qui était très unie vers la réussite d’un projet commun, et D. a dû les disperser, car avec cette unité, tout ce qu’ils demandaient aurait dû être exaucés (même les pires choses!).
A combien plus forte raison, si on s’unit pour le bien (dans nos synagogues), pour que D. règne pleinement dans le monde …

Le rav Friedlander (Sifté ‘Haïm) dit que lorsque les individus se réunissent ensemble et s’unissent comme un, ils sont capables de canaliser leurs volontés afin de pouvoir tout accomplir.

Quand papa Hachem, voit que ses enfants font le maximum pour se réunir ensemble, dans l’amour et le shalom de l’autre, afin de Le louer, d’un seul cœur, alors Il est tellement « heureux », qu’Il nous donne accès à toutes ses meilleures bénédictions.

-> Hachem exauce les requêtes du peuple juif seulement lorsqu’ils sont unis en un seul groupe. [guémara Ména’hot 27a]
On peut comprendre cela avec les mots du midrach (Vayikra rabba 30,12) : « [Lorsque les juifs sont unis,] ils font expiation l’un pour l’autre, et quand ils agissent ainsi, Je suis glorifié ».
Le Darach David commente que c’est l’unification du peuple juif qui les fait juger collectivement, ce qui permet [plus facilement] d’obtenir l’expiation pour leurs fautes.
[il s’y ajoute également la glorification de D., qui est engendrée!]

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-> « La prière d’une personne est écoutée … si elle l’a récite dans une synagogue » (guémara Béra’hot 6a).

-> « Hachem ne repousse pas une prière faite en communauté, même s’il se trouve parmi le minyan des fauteurs » (Choul’han Aroukh 90,9).

-> Une prière en minyan n’est jamais vaine (midrach Rabba Dévarim 2,12), et elle est acceptée sans prendre en compte nos fautes (Zohar).

-> Grâce aux minyanim dans la ville, de nombreux mauvais décrets s’annulent (‘Hafets ‘Haïm), et ils allongent la vie de ceux qui prient régulièrement avec la communauté (guémara Béra’hot 8b).

-> Lorsque les fidèles prient tous ensemble, alors cela réveille la compassion de Hachem, qui va alors réduire les mauvais décrets.
[le Maor vaChéméch]

-> Ceux qui prient avec le tsibour, auront le mérite de le faire aussi dans le Temple lors de la venue du Machia’h (midrach Rabba Dévarim 7,1).

-> Celui qui s’abstient de participer à un office, alors qu’il en existe dans sa ville, est appelé : un mauvais voisin (Choul’han Arou’h 90,11).

-> « La prière récitait tout seul ne rentre devant D. qu’uniquement par une véritable force, et Hachem regarde qui est cet homme qui prie, les fautes de celui-ci, et voit s’il est méritant.
Ce qui n’est pas le cas de celui qui prie en minyan : même pour celui qui n’est pas méritant, toutes les prières rentrent directement devant D., et Il ne regarde pas les fautes.
C’est pour cela qu’un homme doit prier en minyan.

Pour quelle raison?
Car D. ne méprise pas leurs prières, bien que toute prière n’a pas été forcement dite avec une bonne intention, et avec une volonté du cœur »
[Zohar – paracha Vayéhi – p.234a]

-> « Toute prière faite en minyan transperce les cieux pour rentrer devant le Roi »
[Zohar – paracha Pékoudé – p.245b]

-> La guématria de : « téfila bétsibour » est de 815, la même (en ajoutant le 1 du kollel) que : « ét ratson » (moment propice – 816).

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-> Rabbenou Yona (Béra’hot 4a) et le Lé’hem Michné (Hilkhot Téfila 8,1) expliquent qu’une prière dite dans une synagogue est écoutée qu’elle soit faite de façon individuelle ou par un minyan.
Même si la puissance de la prière est nettement supérieure lorsque l’on prie avec la communauté.

Le rav Moché Sternbuch enseigne que les murs mêmes de la synagogue sont sanctifiés par l’étude de la Torah et la prière qui emplissent la pièce.
De la même façon que la Torah nous enseigne que la maison d’une personne est touchée de tsaraat (maladie ressemblant à la lèpre), et est contaminée par l’impureté de ses habitants, il en est de même des murs d’une synagogue qui sont imbibés de sainteté.

=> On comprend pourquoi les prières récitées dans un tel endroit ont une portée particulière.

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-> Selon Rabbi Yéhouda haLévi (Kouzari), par le fait de prier en minyan à la synagogue, on accomplit une mitsva de la Torah, alors qu’en priant seul, la mitsva n’est que déRabbanan.

-> Le fait de prier en communauté permet d’accomplir d’autres mitsvot uniques : dire la kédoucha, répondre/réciter le Kadich, la birkat Cohanim, le baré’hou, faire partie des 10 premiers à la synagogue, craindre cet endroit et s’y conduire avec respect (Kaf ha’Haïm 24,25), s’asseoir à la synagogue (le ‘Hida), …

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-> Lorsqu’une personne prie toute seule, ce sont les anges qui collectent ses prières.
Lorsqu’elle prie avec un minyan, c’est Hachem qui rassemble ses prières.
[michna Broura 101,15]

-> « Its’hak s’éveilla de son sommeil et dit : Certes, Hachem est présent en ce lieu et je ne le savais pas! » (Vayétsé 28,16)
Le Kouzari (3,19) fait remarquer que les dernières lettres de : « Its’hak s’éveilla de son sommeil et dit » (וַיִּיקַץ יַעֲקֹב, מִשְּׁנָתוֹ, וַיֹּאמֶר) forment le terme : communauté (tsibour – צבור).
Les prières lorsqu’elles sont faites en tsibour sont toujours répondues.

-> Seul un nombre très limité de personnes peuvent prier l’intégralité de la prière d’une façon parfaite et avec des intentions pures (kavana).
Lorsque les juifs s’unissent dans un minyan, l’un va apporter à l’autre la kavana qu’il n’a pas eu à un moment de la prière, faisant que leurs prières montent toutes ensembles au Ciel.
[Kouzari 3,17-19]

-> Le rav ‘Haïm Chmoulévitch (Si’hot Moussar 71) écrit qu’une communauté ne se limite pas à la somme des individus qui la compose. Elle est une entité nouvelle, dont les qualités dépassent les mérites et les capacités de ses membres pris séparément.
[une brindille peut être cassée par un petit enfant, tandis qu’un tas de brindilles est extrêmement solide, pratiquement incassable!
Prier en collectivité, c’est propulser, donner une force phénoménale à nos prières, et c’est ainsi se donner les moyens qu’elle soit agréée.]

-> Le midrach (Eikha 3,3) rapporte qu’un groupe d’admirateurs est venu rendre visite au roi, lui apportant un cadeau. Parmi eux, il y avait un pauvre.
Le roi leur a dit : « C’est uniquement parce que ce pauvre a participé que je suis d’accord d’accepter votre présent ».
=> Il en est de même dans un minyan : il se peut qu’une personne va contribuer à propulser l’ensemble des prières au plus haut dans le Ciel.
[une personne peut nous paraître très « originale », « simple », mais qui peut dire que ce ne sera pas grâce à elle que nos prières vont prendre une valeur folle!]

-> « Yaakov eut très peur et fut angoissé. Il divisa les gens qui étaient avec lui » (Vayichla’h 32,8)
Lorsque Yaakov s’est séparé de ses enfants, il avait peur car il prierait alors tout seul, et il n’était pas certain que ses prières seraient toutes acceptées, ce qui n’était pas le cas lorsqu’il priait en minyan avec ses enfants.
=> Si notre Patriarche Yaakov a été si angoissé au sujet de sa prière solitaire, à combien plus forte raison un juif de notre génération!
[Roch haGiva]

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-> Le rav ‘Haïm de Volozhin disait que pour celui qui est toujours vigilant à prier en minyan, il sera aidé du Ciel pour trouver un minyan.

-> Le mirach (Yalkout Chimoni 4) rapporte le fait suivant :
Une très vieille dame a dit à Rabbi Yossi ben Halafta : « Je suis devenue trop âgée. Ma vie a perdu de son goût, car je ne peux ni boire, ni manger. Je changerais volontiers cette vie de problèmes contre une mort immédiate. »
Rabbi Yossi lui demanda : « Par quel mérite avez-vous vécu si longtemps? »
Elle lui répondit : « Je me suis toujours habituée à quitter toute occupation, même la plus agréable, pour aller à synagogue tôt chaque jour »
Il lui conseilla alors : « N’allez pas à la synagogue 3 jours de suite ».
Elle obéit, et le 3e jour, elle est tombée malade et en est morte.

-> La guémara (Béra’hot 8a) dit que Rabbi Yo’hanan était étonné devant le nombre très important de personnes âgées vivant à Bavél.
La raison était car elles allaient le matin et le soir prier à la synagogue.

Le Ahavat Israël donne l’explication suivante :
Lorsque les gens ne vont à la synagogue que pour réciter le kaddich, alors l’Attribut divin de la Justice se réveille, et donne la permission à l’ange de la Mort de tuer afin de contraindre des gens à venir à la synagogue pour y lire le kaddich. En effet, sinon toute le monde serait trop occupé, et il n’y aurait alors aucun minyan.
=> C’est la raison pour laquelle il y avait beaucoup de personnes âgées à Bavél. En effet, puisqu’ils allaient d’eux-mêmes à la synagogue, alors Hachem n’avait pas besoin de les tuer pour remplir les synagogues.

=> On voit de là l’importance de remplir les synagogues de nous-mêmes, et non contraints suite à de tristes nouvelles!

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-> « Chaque homme doit se rendre tous les jours à la synagogue pour y prier avec ses enfants en minyan, cha’harit, min’ha et arvit, et répondre : « amen yéhé chémé raba mévora’h », la kédoucha et baré’hou.
Car grâce à cela, de nombreux décrets hostiles au peuple juif sont annulés chaque jour … Les zélés en retireront un grand mérite parce qu’ils contribuent ainsi à sauver des juifs. »

[‘Hafets ‘Haïm – déclaration publique publiée en 1914 – citée dans le Séfer Piské Téchouvot – vol.1 – p.691]

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rak kol26. Tous unique, tous unis!

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