« Hachem lui apparut » (Vayéra 18,1)

Rachi : pour rendre visite au malade.

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+ Rendre visite à un malade (bikour ‘holim) :

-> Le fait de rendre visite aux malades est l’une des mitsvot dont l’on profite des « fruits » dans ce monde, et dont la récompense reste intacte dans le monde à venir.
[guémara Shabbath 127a]

-> « La mitsva de visiter les malades ne connait pas de limites. »
Dans quels domaines est-ce applicable ?

[Il y a 2 explications:] Abaye dit : ‘Même une personne de grande stature doit rendre visite à une personne de moindre envergure.’
Rava dit: ‘Il faut visiter le malade quand bien même 100 fois par jour [c’est-à-dire autant que nécessaire].’
[guémara Nédarim 39b]

-> La guémara [Nédarim 40a] nous enseigne :
« D’où savons-nous que la présence divine se trouve au-dessus de la tête du malade ?
A partir du verset qui affirme : D. le soutiendra sur le lit de douleur » (Tehilim 41,4).
[…]
Par respect pour la Chekhina, il ne faut pas s’asseoir à un niveau plus élevé que le malade.
[…]
Quelle est la récompense promise à celui qui visite les malades?
1°/ D. le protégera du mauvais penchant ;
2°/ D. le protégera de la souffrance ;
3°/ Il sera honoré de tous ;
4°/ Il liera des connaissances qui seront de véritables amis. »

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-> Rabbi Akiva enseigne : « Celui qui néglige de rendre visite aux malades, c’est comme s’il versait le sang … »
Rav dit : « Quiconque rend visite aux malades est sauvé des châtiments de l’enfer.
[…]
D’où savons-nous que D. Lui-même nourrit le malade?
Parce qu’il est écrit : « Hachem le soutiendra sur le lit de douleur » (Téhilim 41,4).
Et d’où savons-nous que la présence Divine repose sur le lit du malade?
Parce qu’il est écrit : « Hachem le soutiendra sur le lit de douleur » (Téhilim 41,4).
Nous apprenons aussi que celui qui vient visiter un malade ne doit s’asseoir ni sur son lit, ni sur un banc ou une chaise (qui se trouvent au niveau du lit), mais se couvrir le visage et s’asseoir par terre, car la présence de D. se trouve au-dessus du lit du malade, comme il est écrit : « Hachem le soutiendra sur le lit de douleur » (Téhilim 41,4).
[guémara Nédarim 40a]

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+ L’importance de faire du bikour ‘holim :

-> Il est écrit dans la guémara Nédarim (39b-40a) :
« Il arriva qu’un des disciples de Rabbi Akiva tomba malade.
Les Sages ne prirent pas l’initiative de lui rendre visite, jusqu’à ce que Rabbi Akiva se déplaça en personne.

Du fait qu’ils [Rabbi Akiva et ses élèves] balayèrent et nettoyèrent la pièce, le patient resta en vie.
Il dit alors à Rabbi Akiva: « Mon maître, vous m’avez rendu la vie! »

[Suite à cet incident] Rabbi Akiva annonça en public l’enseignement suivant : « Quiconque ne rend pas visite au malade, est comparable à celui qui a versé du sang ! »  »

-> Le Maharal commente cette guémara (‘Hidouche Agadot) en disant :
« Même si le patient dispose d’autres personnes pour prendre soin de lui, et [qu’il semblerait qu’ ] il n’a pas besoin de vous, il est toutefois possible que vous soyez en mesure d’apporter une contribution unique, susceptible d’insuffler une vitalité nouvelle en lui.
A ce titre, on compare celui qui manque de visiter le malade à celui qui verse le sang. »

=> Chaque visiteur dispose d’un pouvoir unique pour redonner vie à une personne malade, quand bien même d’autres personnes lui rendent déjà visite.

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+ 1°/ Prendre soin des besoins physiques du malade :

-> Le Roch commente cette guémara ci-dessus :
« [Du fait qu’ils, c’est à dire Rabbi Akiva et ses élèves] ont balayé et nettoyé la pièce, le patient est resté en vie]. Ainsi, celui qui accomplit l’acte de visiter un malade, doit également veiller à ce que tous ses besoins physiques soient pris en charge. »

-> Il est écrit dans le Choul’han Aroukh (Yoré Déa 335:1, 2) :
l’objectif principal de cette mitsva consiste donc à prodiguer au patient une aide concernant tous ses besoins.
Comme par exemple : appeler un médecin, faire des courses ou nettoyer sa maison si nécessaire, lui apporter à manger, …

-> Si le patient est capable de manger normalement, il est particulièrement méritoire de lui apporter de quoi se nourrir.
Il est écrit : « Ayez soin, lorsque vous entrez dans la chambre d’un malade dans le besoin, de ne pas arriver les mains vides.
Avant tout, donnez-lui de la nourriture. Ce sera comme si vous l’aviez fait revivre et ranimé son âme, et le Créateur vous paiera certainement votre salaire. »
[Tsavaat Rabbi Eliézer haGadol – paragraphe 38]

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-> Nourrir un malade est une mitsva plus grande que celle de faire la charité.
[le rabbi de Radzin – Yakra dé’Hayé]

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+ 2°/ Améliorer le moral et l’état d’esprit du malade :

-> Selon le Ramban (Torat HaAdam, Cha’ar HaMechouch ) :
« On rend visite au malade afin… d’améliorer l’humeur du patient et apaiser son esprit en lui apportant une présence conviviale. »

-> Le Maharal (Netiv Guemilout Hassadim) rapporte l’idée que lorsque les gens viennent rendre visite au malade, celui-ci se rend compte qu’ils le considèrent comme un ami, ce qui a pour conséquence positive de raviver son esprit.
[Je suis important aux yeux des autres, je me dois donc de tout faire pour rester en vie!]

-> Le Rav Chlomo Wolbe (Ale Chour) :
« Nous avons appris de nos Sages, que les mitsvot consistant à visiter les malades et à réconforter les endeuillés, sont autant d’expressions incarnant l’obligation de « contribuer à porter le fardeau de son prochain ».

[on a tous des moments où la vie est lourde, pesante. Ainsi, lorsque nous avons la chance d’aller bien, tâchons de profiter de notre situation pour alléger le fardeau d’autrui.
Lorsque Hachem voit à quel point l’amour, l’entraide règne entre ses enfants, il faut pleuvoir des torrents de bénédictions!]

-> Le rav Réuven Leuchter de dire à ce sujet :
« Contribuer à porter le fardeau d’autrui », c’est entrer dans le monde des sentiments et des pensées du patient, à travers notre identification concrète à sa situation.
En agissant ainsi, on s’associe véritablement et conjointement à lui dans son épreuve. »

=> Je dois m’interroger sur la façon dont j’aimerais que l’on s’occupe de moi en pareille situation, et me mettre à sa place pour comprendre ses besoins et ses désirs propres.

[c’est cela aussi aimer son prochain comme soi-même, c’est ce projeter à sa place, pour mieux ressentir sa douleur, ses besoins, …]

-> N’oublions pas que : « La blancheur d’un sourire est peut-être plus nourrissante que la blancheur d’un verre de lait » (Ketoubot 111b).

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+ 3°/ Nécessité de prier pour le rétablissement et la bonne santé du malade :

-> Il est écrit dans la guémara Nédarim (40a) :
« Rav Dimi a dit : « Celui qui visite les malades, c’est comme s’il lui avait redonné de la vie.
Celui qui manque au devoir de visiter les malades, c’est comme s’il avait entraîné sa mort.
[…]
[Comment cela?]
Celui qui visite le malade, appelle la miséricorde pour qu’il reste en vie … quant à celui qui ne visite pas le malade, il ne prie pas pour éveiller la miséricorde en sa faveur. »

-> Il est écrit dans le Choul’han Aroukh (Yoré Déa 335:4). : « Quiconque rend visite à un malade, et manque de prier en sa faveur, n’a pas correctement accompli la mitsva. »

-> On doit prier pour que le patient bénéficie d’une guérison, parmi tous les autres malades du peuple Juif, de telle sorte que la combinaison des mérites favorisent l’acceptation de ses prières.
[Choul’han Aroukh – Yoré Déa 335:6]

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+ Retirer 1/60e de sa souffrance :

-> La guémara (Nédarim 39b) enseigne :
Rabbi ‘Hama Bar ‘Hanina à dit : « Celui qui rend visite à un malade supprime 1/60e de sa souffrance. »

Abayé a dit à Rava, « S’il en est ainsi, alors si 60 personnes venaient rendre visite au patient, il se rétablirait complètement! »

Rava lui à répondu: « Chaque visiteur enlève 1/60e de ce qu’il en reste. »

[Dans quelle mesure un visiteur est à même de supprimer un soixantième de la souffrance du patient]?
Lorsque le visiteur est un ben Guilo [à savoir qu’il est né sous le même mazal, ou signe astrologique que le malade – selon le Ran].

-> Le Maharal (‘Hidouché Agadot) explique que les visiteurs aident le malade à sentir qu’il fait partie du cours normal de la réalité (et qu’il n’est pas marginalisé, tout seul, dans sa chambre), ce qui atténue sa souffrance, surtout lorsque les affinités avec le visiteur sont plus grandes.

-> Selon le Ben Ich ‘Haï (Ben Yéhoyada), dans la mesure où tous les juifs sont liés d’une façon interdépendante, la maladie va être retiré du patient.

Il écrit ainsi :
« Une personne de même signe astrologique (ben Guilo) est plus à même de s’identifier avec la personne malade, et ressent ainsi une partie minime (1/60e) de l’inconfort et de la souffrance du malade, ce qui a pour conséquence de soulager le patient d’1/60e de sa propre souffrance.
[…]
Cette souffrance qui est ainsi transférée à d’autres [c’est-à-dire aux visiteurs] remplit une fonction de protection et d’expiation [pour le malade].  »

-> Le Maharcha commente que de même que par notre visite nous lui retirons les feux de la maladie, de même Hachem va retirer/éteindre les feux de l’Enfer pour nous.

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-> Le Kli Yakar fait remarquer qu’en visitant un malade, on lui fait acquérir des mérites.
Le roi Salomon encourage ses semblables à fréquenter la maison de deuil, qui rappelle la fin de tout homme et donne à réfléchir (cf. Kohélét 7,2).
=> Celui qui visite un malade prend en même temps conscience de sa propre fragilité et perçoit la nécessité de se repentir pendant qu’il le peut.
Ces pensées de téchouva que le malade inspire au visiteur lui sont comptées comme un puissant mérite qui lui assure le pardon de ses fautes, et la guérison.

-> On doit témoigner de la gratitude envers Hachem lorsqu’on est malade, car la souffrance rapproche l’homme de D., et lui montre comme son corps est fragile et les plaisirs de ce monde vains et éphémères.
[midrach Tan’houma – Ki Tétsé 2]

[en plus de nous purifier, les souffrances permettent de sortir de notre routine, de prendre du recul et de remettre nos pendules à l’heure : celle d’un juif, de la Volonté de D.
Face à la maladie : le monde paraît si frêle et insignifiant … les petits ennuis deviennent minuscules … nous apprécions davantage la santé et la beauté de ce que nous offre notre quotidien …]

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+ Lorsque vous rendez visite à une personne malade vous lui enlevez un 60e de sa maladie.
=> Est-ce vraiment profitable si le patient reste avec 59 des 60 parts de sa maladie?

Le rabbi Moché Leib de Sassov (‘Hidouché Remal) donne la réponse suivante :
La loi juive adopte le principe de : « bitoul bérov » = selon lequel une substance est annulée par 60 fois son volume.
Si la totalité des 60 parts d’une personne malade est présente, il existe un danger que sa vie soit annulée par les 60 parts, mais s’il ne reste que 59 parts, sa vie ne court plus aucune danger d’être annulée.
=> En conséquence, rendre visite à un malade et de ce fait, ôter un 60e de la maladie, est d’une importance vitale.

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rak kol26. Tous unique, tous unis!

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  1. Ping: Aux délices de la Torah

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