« Tu prélèveras la dîme » (Réé 14,22)

-> « Prélève la dîme (assèr) afin que tu t’enrichisses (tit’achèr) » [guémara Taanit 9a]

-> On peut remarquer que les lettres du mot : « kessef » (argent – כסף), ont leur origine dans le mot : « ani » (pauvre – עני).
En effet, la lettre qui précède le : kaf est le youd ; le samé’h est le noun ; et le pé est le ayin.
=> Ainsi, les lettres du mot : « kessef » ont leur origine dans les lettres « ani ».

Cela signifie que celui qui donne de la tsédaka n’y perd pas, au contraire il y gagne, car donner au pauvre est à l’origine de l’argent qui va venir.

[le Maguid de Paltsek]

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-> Rabbi ‘Haïm Vittal rapporte dans son livre Taamé haMitsvot que :
« Mon maître [le Ari zal] a dit que chaque mitsva a une lettre de l’alphabet, et lorsque l’on fait une mitsva, la lettre de cette mitsva brille sur notre front, et la lettre de la mitsva précédente disparaît.
Cela s’applique uniquement lorsqu’on fait la mitsva, car ensuite elle est avalée à l’intérieur.

Cependant, lorsque l’on fait la mitsva de la tsédaka, sa lettre ne s’en va pas rapidement comme les autres lettres des autres mitsvot, mais elle brille sur son front pendant toute la semaine. »

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+ « Chaque homme, selon le don de sa main » (Réé 16,17)

-> Ce verset vient faire allusion au fait que la valeur d’un homme ne se mesure pas selon sa richesse, selon l’importance des biens qu’il possède, mais plutôt selon sa générosité, selon les biens et l’argent qu’il donne à la tsédaka.
« Chaque homme », la valeur de “chaque homme” se mesure: « selon le don de sa main », selon sa générosité et ce qu’il donne pour les mitsvot.
[Rav Shimchon Raphaël Hirsch]

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+ « Quand il y aura chez toi un pauvre d’entre tes frères … ne durcis pas ton cœur et ne ferme pas ta main contre ton frère pauvre. Mais tu ouvriras largement (patoa’h tifta’h) ta main » (Réé 15,7-8)

-> « Il est enseigné au nom de Rabbi Méïr que lorsque l’homme vient au monde, ses mains sont fermées, c’est-à-dire que le monde entier est à lui, c’est lui qui en a hérité.
Quand il quitte ce monde, ses mains sont ouvertes, c’est-à-dire qu’il n’a rien hérité du tout de ce monde.
Ainsi, il est écrit : « Je suis sorti nu du ventre de ma mère, et je retournerai nu. » »
[midrach Kohélet 5,14]

-> Rabbi Yossef Tsarfati (Yad Yossef) explique :
Etant donné que l’homme est appelé à la fin [de sa vie] à ouvrir les mains quand il quittera ce monde, et à tout laisser à d’autres, qu’il ouvre la main dès maintenant, cela lui sera plus utile en ce monde-ci que le fait de l’ouvrir dans le monde à venir, ce qui ne lui servira à rien.

[en effet, seul l’argent qu’on aura donné en tsédaka dans ce monde, nous suivra pour nous faire vivre durant notre éternité. Ainsi, je ne perds pas en donnant, au contraire je transforme de l’éphémère en éternel!]

C’est pourquoi le verset dit 2 fois : « patoa’h tifta’h » = ouvre en ce monde-ci, et ainsi tu ouvriras dans le monde à venir.

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+ « Ouvre-lui plutôt ta main! Prêtes-lui en raison de ses besoins, de ce qui peut lui manquer »

-> Le Gaon de Vilna explique que la Torah évoque ainsi allusivement l’ordre exact à répéter dans le don de la tsédaka.
Si l’homme plie ses doigts, ils ont tous l’air égaux, tandis que quand sa main est ouverte, on voit bien que ce n’est pas le cas.
Or, le verset précise qu’il faut fournir au nécessiteux « en raison de ses besoins, de ce qui peut lui manquer » = soit selon Rachi, même un cheval en guise de monture et un serviteur pour courir devant lui.
En d’autres termes, il faut donner à chacun selon son rang et sa valeur, ce qui nécessite un examen approfondi pour distinguer les uns des autres.

=> Ainsi, la Torah précise : « Tu ne fermeras pas ta main », car dans ce cas, les doigts ont tous l’air de même longueur.
Au contraire, « ouvre-lui plutôt ta main », et tu verras bien que les doigts ne sont pas de longueur identique, de même tu discerneras les différences de besoins nécessaires entres les pauvres.

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-> Le rabbi Shimon Shkop transmet l’enseignement suivant :

Toute abondance matérielle ou spirituelle qui descend sur le monde est donnée en réalité à l’ensemble de la nation juive, alors que le particulier n’est qu’un trésorier responsable d’utiliser sa part pour les besoins de la communauté.

Si une personne remplit fidèlement son rôle de trésorier [de Hachem dans ce monde physique], et prélève la dîme de son argent comme il convient, on lui donne une promotion, sous la forme d’un enrichissement, et il sera nommé sur un trésor plus important, afin qu’il continue à faire la volonté du Créateur et à être un bienfaiteur de la communauté.
[…]
« Prélève le maasser pour t’enrichir » = n’est pas dit uniquement en ce qui concerne l’argent, mais aussi la spiritualité [et plus globalement sur toute capacité particulière que l’on possède, comme par exemple un sens de l’organisation, qui peut être mis au service de la communauté].

Par exemple, un Roch Yéchiva qui enseigne la Torah à ses élèves et prend de son temps pour eux n’y perd rien, au contraire il s’enrichit.
Si préparer ses cours parfaitement lui aura pris longtemps, en récompense de ce qu’il a donné de son temps, il s’enrichira en temps, il pourra écrire plus facilement des commentaires de Torah, et des cours s’éclairciront devant lui rapidement.

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+ « Donner, tu lui donneras » (natone titène lo – Réé 15,10)

-> Lorsque vous faites une faveur à votre ami, en réalité c’est votre ami qui vous fait une faveur.
Les Sages (midrach Vayikra rabba 34,10) l’interprètent ainsi : « Le pauvre fait davantage pour le bienfaiteur riche, que le riche ne fait pour le nécessiteux ».

Voici la bonne façon de le comprendre : lorsque vous faites une faveur à quelqu’un ou faites la charité à un pauvre, il a certainement été décrété par le Ciel que ce pauvre devait recevoir une faveur ou un cadeau, et ce d’une manière ou d’une autre.
Si vous ne l’avez pas gratifié d’un don, il l’aurait reçu de quelqu’un d’autre. Ainsi, c’est votre grand mérite d’être le messager de D., de lui donner ce cadeau.

C’est le sens implicite de l’expression répétitive : « Donner, tu dois lui donner » (natone titène lo – Réé 15,10), qui signifie : « Vous lui donnez quelque chose qui lui a été attribué par le Ciel ».

[rabbi Pin’has Horowitz – Panim Yafot – Michpatim]

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-> « Prête-lui [à ton frère nécessiteux] en fonction de ses besoins, de ce qui lui manque » (Réé 15,8)

-> Le ‘Hatam Sofer commente :
« La cendre du bélier d’Its’hak est rassemblée devant Lui [Hachem] en Haut, et c’est considéré comme les membres de Its’hak, ses nerfs et son sang.
De ces membres et de ces nefs d’Its’hak proviennent l’abondance et la sainteté pour tous les juifs quand ils observent les 248 mitsvot positives et les 365 mitsvot négatives.

En ce qui concerne la mitsva de la tsédaka, l’homme fait vivre à la fois le pauvre et lui-même …
Or, le sang c’est la vie, c’est pourquoi celui qui donne de la tsédaka comme il convient attire le sang du bélier d’Its’hak.

Les initiales des mots de notre verset : « en fonction de ses besoins, de ce qui lui manque » se disent : « dé ma’hssoro achèr yé’héssar lo » (דֵּי מַחְסֹרוֹ, אֲשֶׁר יֶחְסַר לוֹ), forment l’acronyme de : « dam ayil » (le sang du bélier – דם איל). »
[en allusion au bélier d’Its’hak dont notre tsédaka donne vie, et qui va alors nous générer de l’abondance et de la sainteté.]

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