« Mais la 7e année, un repos complet sera accordé à la terre (d’Israël), un Shabbath en l’honneur de Hachem. Tu n’ensemenceras pas ton champ et tu ne tailleras pas ta vigne. » (Béhar 25,4)

-> « Rabbi Its’hak le forgeron dit : Ce verset fait référence aux hommes qui respectent la Chemita.
Généralement, un homme et prêt à se sacrifier pour une mitsva pendant une journée, une semaine voire un mois.
Mais qui tenir une année entière?

Or ces hommes voient leurs champs en friche, leurs vignes abandonnées, et restent impassibles.
Existe-t-il des héros plus puissants qu’eux? »
[midrach Yalkout Chimoni 103 ; et également midrach Vayikra rabba 1,1]

-> « Grâce à cette année de Chemita, tous les regards se tourneront continuellement vers Hachem en qui tous croiront, à l’instar de la génération du désert qui se nourrissait de la manne, quotidiennement.
Ceci explique pourquoi le non-respect de la Chemita provoque précisément l’exil : le manque de confiance en D., que révèle cette faute déclenche fatalement l’expulsion de la terre
[…]

La terre elle-même se montrera très scrupuleuse à cet égard, car elle aspire à ce que la émouna des hommes se renforce par son intermédiaire. »
[Kli Yakar]

<—>

-> Hachem déclare : « Je vous ai dit de planter pendant 6 ans puis de vous en abstenir un an pour Moi afin que vous sachiez que la terre M’appartient » (Torat Cohanim – Bé’houkotaï)

-> La racine de la mitsva de la chemita est d’établir en notre cœur et de graver dans notre esprit que le monde est constamment renouveler par Hachem.
Nous devons laisser la terre en jachère afin de se rappeler que le produit de la terre n’est pas le résultat de nos efforts, mais uniquement parce que Hachem souhaite que la terre produise.

En s’abstenant de travailler les champs la 7e année, nous reconnaissons [rétroactivement] que les 6 années de production l’ont été que grâce à Hachem.
Réaliser cette mitsva augmente notre bita’hon en D.
[Séfer ha’Hinoukh – mitsva 69]

-> Dans tout le livre de Vayikra, la paracha Béhar est la seule qui n’aborde pas les Korbanot.
Cela nous enseigne que la chemita accomplit la même chose que les Korbanot.

Lorsque l’on amène un Korban, nous devons témoigner que nous ne sommes rien comparés au Maître du monde.
De même, en adhérant aux lois de la chemita, nous démontrons que nous n’avons aucun pouvoir dans ce monde, que toute force n’appartient qu’au Maître du monde.
[Béér Moché]

<—>

-> Dans la paracha Béhar, la mitsva de la chemita est suivie de celle de la tsédaka (25,17). Pourquoi cela?

La Torah nous met en garde contre une mauvaise expression de notre bita’hon.
Face à une personne nécessiteuse, nous ne devons pas se dire : à quoi ça sert que je lui donne, que je m’inquiète pour lui, puisque Hachem est à l’origine de la subsistance, alors il s’en occupera!

L’approche correcte est qu’il faut :
– témoigner de la émouna pour soi-même ;
– aider autrui sans que notre émouna diminue notre donation.

=> La chemita témoigne de notre conscience que tout vient de Hachem, mais cela ne doit pas en venir à affecter négativement notre prochain.
[Kéhilat Its’hak]

<—>

-> « La menace de la faim, réelle ou prétendue, fait oublier tous les principes et réduit les meilleurs engagements.
Aussi longtemps que l’homme n’est pas libéré de l’angoisse que provoque en lui le souci de la subsistance, il n’y a point de place pour la réalisation intégrale de la loi Divine.

Cependant, la délivrance de cette obsession n’est possible que grâce à la prise de conscience que le souci de la subsistance, premier de tous nos soucis, ne repose pas seulement, et pas en premier, sur nos épaules.
Il incombe à l’homme, dans ce domaine, comme en bien d’autres, de faire son devoir, tout en confiant la réussite à la constante attention affectueuse du Créateur.
[…]

En laissant nos champs en friche durant toute une année et en rendant leur accès libre à tout un chacun, nous montrons que ce monde n’est qu’un passage conduisant au monde de vérité et que l’existence ne prend un caractère authentique que lorsqu’on cesse de concentrer nos efforts sur la quête des biens matériels et qu’on s’efforce de s’élever dans le domaine de l’esprit. »
[rav Elie Munk]

Le rav Munk enseigne également : « Lorsqu’arrive Shabbath, il (le juif) se sépare de tous ses pouvoirs et les dépose humblement aux pieds du Créateur. »

<—>

-> « Avant que l’homme aille évaluer ses récoltes, qu’il prononce la prière suivante : « Que ce soit Ta volonté, Hachem notre D., que la bénédiction repose sur les œuvres de nos mains ». »
[guémara Baba Métsia 42a]

[La bénédiction de D. ne transgresse aucune règle naturelle, et c’est au travers l’action humaine qu’elle agit, le risque est donc de s’approprier les résultats, oubliant son origine Divine.]

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-> Selon le Sforno donne 2 éventualités :

1°/ Si nous avons une émouna totale/parfaite alors :
« les fruits auront de grandes qualités nutritives, comme ce fut le cas avec la manne, dont la mesure d’un omer suffisait autant à l’adulte qu’à l’enfant, comme le disent nos Sages : « On mangeait peu et la bénédiction se manifestait dans les entrailles ».
Ainsi, les fruits de la 6e année suffiront également pour la 7e. »

=> Le rav Eliyahou Lopian (Lev Eliyahou) explique que le fait d’avoir une confiance totale en Hachem nous permet de bénéficier d’une bénédiction en qualité, qui se manifestera dans l’organisme, qui sera rassasié avec une petite quantité d’aliments.
Cela signifie que la 6e année ne nécessite pas de travail supplémentaire par rapport à une autre année, et pour le travail normal d’une année, on pourra avoir à manger pendant la 6e, la 7e, et la 1ere année du cycle suivant où l’on ensemence la terre.
[c’est recevoir du 3 pour le prix d’un!]

2°/ « Et si vous dites : Qu’aurons-nous à manger? Si vous êtes en proie au doute et n’avez pas la conviction qu’une faible quantité peut suffire à vous nourrir grâce aux qualités exceptionnelles des fruits, alors : « la 6e année produira la récolte de 3 années », de sorte que l’œil soit rassasié et que vous voyiez suffisamment de récolte. »

=> Le rav Eliyahou Lopian (Lev Eliyahou) explique que dans la mesure où la foi est quelque peu défaillante, la bénédiction se manifeste différemment. Elle ne s’applique plus à la qualité des fruits, mais à leur quantité.
Au cours de la 6e année, on aura suffisamment de nourritures pour 3 années, mais cela implique d’avoir dû investir 3 fois plus d’efforts pour récolter, rassembler et engranger une telle quantité.

==> Le rav Eliyahou Lopian enseigne que cela ne s’applique pas seulement pendant l’année de la Chémita : chaque jour , Hachem agit envers chaque individu mesure pour mesure, conformément à son niveau de confiance.

Il est écrit : « Hachem est à ta droite comme ton ombre » (Téhilim 121). De même que si nous bougeons alors notre ombre va également bouger, de même plus nous témoignons d’une émouna importante, le plus la bénédiction de Hachem sera importante.
En fonction du degré de confiance que l’homme accorde à D., D. lui sera en retour, mesure pour mesure, source de tous les espoirs.

[à l’image de la Chemita, où sans effort supplémentaire, une même quantité de nourriture devenait suffisante pour une longue période.]

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-> L’Alter de Novardok parle du cas où une personne par manque de émouna va se restreindre pendant les 6 premières années en mangeant moins, pour mettre de côté pour la période de la chemita.

Bien qu’elle puisse respecter à la lettre la loi juive, une telle personne passe à côté de l’objectif principal de la mitsva de la chemita (l’état d’esprit). En effet, il s’agit de renforcer notre confiance/dépendance à ne compter que sur Hachem pour notre subsistance, et non à notre intelligence d’arriver à contourner le système.

[on en vient à penser : D. je respecte tes mitsvot et si tu veux m’aider tant mieux, mais sinon ce n’est pas si grave car j’arriverai à me débrouiller tout seul en faisant … et …! Je ne suis totalement dépendant de personne, pas même de Toi!]

L’agriculteur qui investit tellement de temps et d’efforts pour produire une récolte, a tendance à s’attribuer le résultat au détriment de Hachem. C’est pourquoi, pendant les 6 années il devait manger pleinement et vivre « comme » s’il n’y avait pas de chemita, et par là il témoignait de sa confiance totale en D. [s’il nous l’a demandé, c’est qu’il gérera => pas de soucis!]

-> Au-delà de faire les mitsvot, il est important d’avoir l’état d’esprit qui va avec : la joie, la confiance totale, la gratitude, …

Nous ne devons pas accomplir notre vie juive, comme une succession de restrictions (ne pas manger la 7e année, ne pas travailler le Shabbath, …), mais plutôt comme une succession de sublimes conseils de vie permettant de nous élever spirituellement, d’occasions de faire la volonté de notre papa Hachem et de nous rapprocher toujours davantage de Lui.

De plus, durant leur vie, de nombreuses personnes vont se priver d’une vie spirituelle, prétextant qu’il faut d’abord travailler, d’abord mettre de côté pour pouvoir plus tard s’y consacrer pleinement.
Mais plutôt, une fois que nous avons fait notre hichtaldout nécessaire, alors sachons faire totalement confiance à Hachem dans la gestion de notre vie. Pendant ce temps, réalisons Sa volonté.

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-> Rabbi Zoucha d’Anipoli explique que celui qui a une confiance simple en Hachem et ne pose aucune question, sera automatiquement béni. En effet, la foi en Hachem constitue un canal pour que le Flux Divin de bénédiction puisse s’épancher. Comme le dit le verset : « Béni soit l’homme qui place sa confiance en Hachem ».

=> La foi relie l’homme à Hachem au point de lui permettre d’attirer vers lui Ses Bienfaits.

Cependant, celui qui doute et se questionne pour savoir ce qu’il va manger, alors ce doute brise ce canal et empêche la bénédiction de venir.
Ainsi, Hachem prévoit que si quelqu’un se pose la question, alors : « J’ordonnerai Ma Bénédiction ». En effet, puisque le canal naturel de bénédiction constituée par la émouna (confiance) a été rompu par le doute, Hachem a besoin à présent « d’ordonner Sa bénédiction », c’est-à-dire d’obliger et de “forcer” Sa Bénédiction de venir pour cet homme, pour que malgré tout il puisse avoir de quoi vivre suite au respect de la Chemita.
Ce ne sera plus la bénédiction naturelle qui viendra, mais un nouveau type de bénédiction de “rattrapage” qu’Hachem aura besoin de créer spécialement pour cette personne.
Sans émouna, il ne peut y avoir de réelle bénédiction. Hachem doit alors provoquer le Flux Divin pour lui.

[cf. verset : « Et si tu dis : “Que mangerons-nous…, voilà nous ne sèmerons pas et n’engrangerons pas notre récolte ?” J’ordonnerai alors ma bénédiction pour vous la 6e année et elle produira de la récolte pour 3 ans ! »]

Ainsi, chez celui qui s’inquiète et commence à avoir des doutes, qui a du mal à placer sa confiance sur ce qu’il ne voit pas et ne comprend pas. Alors Hachem lui donnera une bénédiction d’une gamme inférieure, une bénédiction selon son niveau et selon ses doutes, à savoir une bénédiction quantitative (et non qualitative).

La production de la 6e année produira de la récolte pour 3 ans. Lui qui a besoin de voir pour être rassuré, Hachem lui donnera de quoi voir et il bénéficiera de cette bénédiction quantitative, à savoir tangible et visible.
Cette bénédiction est aussi d’un niveau inférieur à la bénédiction qualitative car qui dit grande production, dit nécessité de tout engranger, de tout conserver … et cela crée plus de soucis, d’efforts.

C’est à l’opposée de celui qui a confiance en Hachem, qui aura une bénédiction à son niveau. Il place sa confiance même s’il ne voit pas, c’est ainsi que la bénédiction qu’il recevra ne sera pas visible. C’est la qualité profonde et cachée de la récolte qui grandira. Cette bénédiction est hautement mieux.

=> Comme vu précédemment (rav Eliyahou Lopian), nous avons au quotidien chacun la possibilité de recevoir les bénédictions Divines soit qualitativement, soit quantitativement, et ce en fonction de la émouna que nous témoignerons à D.

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-> Le ‘Hazon Ich (Cheviit 18,4) explique que la Torah ne garantit pas que chacun jouira d’une grande prospérité et d’une nourriture abondante malgré les restrictions de la Chemita.
Elle promet seulement à Israël que, contrairement à la nature apparente des choses, le repos de la terre ne provoquera pas forcément un manque de nourriture : il y aura une bénédiction générale pour ceux qui observent ces lois.

Cependant, comme c’est toujours le cas, les fautes de certains peuvent annuler la bénédiction et des particuliers souffriront peut-être à cause des actes de leurs prochains.

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-> Le Séfer ha’Hinoukh (mitsva 130) rapporte :
– Pour les jours : le 7e jour est observé comme le Shabbath ;
– Pour les semaines : 7 semaines sont comptées avant la fête du don de la Torah ;
– Pour les mois : le 7e mois de l’année juive est Tichri, qui est majoritairement sanctifié par des Yamim Tovim, d’une nature si élevée.
– Pour les années : la Chémita est la 7e année.
– Les cycles Shabbathiques : le Yovèl est l’aboutissement de 7 cycles de 7 années.

-> Nos Sages enseignent :
– « D. a créé les jours et s’en est réservé un … c’est le jour du Shabbath.
– Il a créé les années et s’en est réservé une … c’est l’année de la Chemita.
– Il a créé des terres et s’en est réservé une … c’est la terre d’Israël.
– Il a créé 70 nations et s’en est réservé une … c’est le peuple d’Israël.
– Il a créé 12 tribus et Il s’en est réservé une … la tribu de Lévi. »

-> Les 7 années de la Chemita dans un cycle de 50 ans, conclu par l’année du Yovel, rappellent les 7 semaines du compte du Omer, depuis la Sortie d’Egypte, conclu par le jour du Don de la Thora, au Mont Sinaï, le 50e jour.
[Kli Yakar]

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+ « La terre observera un repas de Shabbath pour Hachem » (Béhar 25,2)

-> L’une des raisons de mettre au repos la terre (chémita) est de lui permettre de corriger tous les Shabbat où elle a produit.
En effet, même si l’homme ne travaille pas le Shabbat, malgré tout la terre continue à produire.
Or, une année est constituée de 365 jours, comprenant 52 Shabbat. Ainsi, en 7 ans, il y a donc 364 jours de Shabbat (52*7), soit une année.

Puisque même pendant ces jours de Shabbat la terre a continué à produire, elle doit donc se reposer pendant toute la 7e année composée de 365 jours, pour réparer ces Shabbat où elle ne s’est pas complètement reposée.

Et même pendant l’année de Chemita la terre continue encore à produire même pendant les Shabbat de cette année, soit encore 364 jours sur 7 Chemitot, d’où l’année du Yovel qui suit les 7 années de Chemita, pour réparer les Shabbat des années de Chemita où elle a encore produit.

[Rabbi Moché Tannenbaum – le Maté Moché]

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-> La Torah a demandé à Hachem : « Maître du monde, lorsque le peuple juif entrera en terre d’Israël, les juifs courront à leurs vignobles et à leurs champs. Qu’en sera-t-il de moi?

Hachem a dit à la Torah de ne pas s’inquiéter, le Shabbath sera son partenaire, un jour de repos pour les juifs qui auront alors le temps pour étudier la Torah.
[Tour – Ora’h ‘Haïm 290]

-> La mitsva de la chemita (le « Shabbath des années ») a été donnée afin d’accorder aux juifs l’opportunité d’étudier la Torah
Pendant 6 années, ils travaillent leurs vignes et leurs champs, et lors de la 7e année, ils mettent de côté toutes leurs inquiétudes pour se fournir en nourritures, étudiant la Torah.
Ils ont un bita’hon total dans le fait Hachem leur fournira tout ce qui leur est nécessaire.
[Mégalé Amoukot]

-> La chemita est comparée au Shabbath.
A l’image de Shabbath, la chemita est une année de repos de tout travail (créatif), permettant de s’immerger [totalement] dans la Torah.

Shabbath et la chemita sont des partenaires de la Torah.
Lorsqu’une personne étudie avec efforts le Shabbath, Hachem lui donne comme cadeau une Torah qui va bien au-delà d’une simple journée d’étude [selon le Ben Ich ‘Haï étudier le Shabbath a 1000 fois plus d’importance que le restant de la semaine!]
Il en est de même pour celui qui étudie la Torah comme il le faut pendant l’année de la chemita, Hachem dans Sa bonté nous offrant une année où la valeur de l’étude est multipliée.
[adapté du Béré’h Moché]

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-> Le commandement de la chemita fait découvrir au riche la souffrance du pauvre.
La vie du pauvre étant en équilibre précaire, il supplie sans cesse Hachem de lui fournir sa subsistance …
Il est toujours en train d’errer, s’inquiétant de savoir s’il aura à manger pour lui et sa famille. Pas un moment ne passe sans appréhensions.
Par contre, l’homme riche est toujours heureux et de bonne humeur. Il traverse ses champs et ses vignes, satisfait de voir ses récoltes pousser, sans penser au pauvre et sans se soucier de son tourment.

Hachem ordonna donc que la 7e année, l’homme « abandonne » sa terre.
Cette année-là, il lui est interdit de labourer, planter, récolter ou engranger.
Il doit tout laisser au public (hefkère).
A son tour, le riche devint soucieux : « Je n’ai ni planté ni récolté ; qu’aurai-je à manger la 8e année? D’où mangerons-nous mon pain? »
En effet, le verset dit : « Si tu dis : Que mangerons-nous la 7e année? Nous n’avons ni semé ni récolté » (v.25,30).

L’année suivante, le riche se souviendra : « J’ai souffert de privations pendant un an. Mes yeux étaient assombris par le tourment … Qu’en est-il du pauvre homme sans cesse tourmenté, désespéré, qui se demande d’où viendra son pain? »
Le riche comprendra alors la souffrance du pauvre et il lui viendra en aide dans l’espoir que Hachem ne l’appauvrisse pas lui aussi.
[…]

Au cours de la 7e année, l’homme abandonne ses champs, ses vignes et toute leur récolte afin que d’autres puissent en manger.
De même, un homme laissera tous ses biens à d’autres lorsqu’il partira pour le monde futur, pour son « Shabbath » [7e jour de la semaine] (monde futur = yom chékoulo Shabbath).
Ni l’or ni l’argent ne l’accompagneront mais seulement les mitsvot et les bonnes actions qu’il aura accomplies dans ce monde.
[Méam Loez – Béhar 25,6,7 ; 25,11-13]

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+ Chemita & mont Sinaï :

=> Pourquoi la Torah spécifie-t-elle (au tout début de la paracha) que la mitsva de la chemita a été donnée au mont Sinaï, et qu’elle sert de référence au fait que toutes les autres mitsvot y ont également été transmises? Pourquoi cette mitsva en particulier et non une autre?

-> Face au mont Sinaï (avant la faute du Veau d’or), leur mauvais penchant avait disparu et ils étaient revenus au niveau d’Adam avant la faute. A ce stade, ils étaient purs de toute faute.
A ce niveau, Adam n’avait aucun besoin de travailler la terre, puisque la nécessité d’un tel travail apparut suite à la faute, lorsque Adam reçut la malédiction : « Tu mangeras le pain à la sueur de ton front ». Sa seule occupation était uniquement le Service Divin.

Dans un tel contexte, il est clair que la mitsva de la Chemita n’a pas sa place, puisqu’elle concerne un état où les juifs ont des champs qu’ils travaillent pendant 6 ans. Et que du fait de ce travail, il n’est pas si simple de trouver du temps pour étudier la Torah.
Hachem nous donne la Chemita, pour se libérer de ses activités pendant un an, et pouvoir être disponible pour le service Divin.

=> Quelle est alors la place de la Chemita qui semble la mitsva la moins adaptée à ce moment de situation idéale au mont Sinaï?

La réponse est qu’il faut toujours garder à l’esprit que l’on peut retomber, la chute est possible et il faut l’envisager, d’où le besoin de parler malgré tout de la Chemita.

Le Zohar enseigne que toutes les mitsvot sont des conseils contre le mauvais penchant. Et même si un homme se sent élevé au point d’être protégé du mauvais penchant, même s’il imagine ne pas avoir besoin de toutes les mitsvot, qu’il tire leçon de la mitsva de la Chemita.
Si même cette mitsva a été donnée au mont Sinaï, c’est qu’il faut toujours redouter la chute, même quand on est tout en haut. On apprendra donc de la Chemita qui a néanmoins été dite au mont Sinaï, qu’à plus forte raison, les autres mitsvot viennent du mont Sinaï. Elles sont aussi nécessaires, même si on est au niveau du Sinaï.

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  1. Ping: Plus on a de émouna, plus on a de bénédictions | Aux délices de la Torah

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