Nos Sages ont interdit 39 travaux, en rapport avec les 39 malédictions proférées à l’encontre de Adam et ‘Hava, ce qui signifie que celui qui évite de faire ces 39 travaux durant Shabbath est sauvé de ces 39 malédictions.

[le Moharikash – Eré’h Lé’hem]

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-> « Microcosme de l’univers, le Michkan a pris forme au moyen des diverses sortes de « travaux » qui avaient abouti à l’émergence du monde lui-même.

[Il y a un lien entre les 39 travaux nécessaires à la construction du Michkan, et les 39 catégories de travaux créatifs interdits durant Shabbath.]
C’est pourquoi, en nous abstenant de ces 39 travaux pendant Shabbath, nous attestons de la création par D. de l’univers en 6 jours et de Sa cessation « de travail » de création pendant le 7e. »
[rav Its’hak Eiziq ‘Havèr]

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-> b’h, voir également : https://todahm.com/2020/03/23/12839

Si nous comptons le Omer avec bénédiction le soir uniquement, c’est parce que le compte du Omer permet d’affaiblir l’Attribut Divin de Rigueur qui s’exprime la nuit.

[Séfer ‘Hayé Avraham – rapportant le Tsor haMor]

« Le plus on se préparera durant les semaines où l’on compte le Omer, le plus de kédoucha (sainteté) nous aurons à Shavouot »

[le Tiféret Shlomo]

La Torah fixe la date de Roch Hachana ainsi : « Parle aux enfants d’Israël: au 7e mois, le 1er jour du mois » (Emor 23,24), en mentionnant le mois avant le jour.
Or, on peut observer que c’est l’inverse lorsqu’il s’agit de Yom Kippour (« le 10e jour de ce mois ») et de Souccot (« le 15 de ce 7e mois »), où le jour vient avant le mois.

Une raison peut être qu’à Roch Hachana, les juifs sont jugés, et que Hachem dans Sa miséricorde va inclure dans Son compte toutes les mitsvot que les juifs s’apprêtent à réaliser pendant ce mois [de Tichri].
Ainsi à Roch Hachana, Il nous crédite déjà pour le jeûne de Yom Kippour, et des très nombreuses mitsvot associées à Souccot et Shémini Atsérét, en considérant comme si on les avait déjà accomplies. [d’où le fait que le mois vient avant le jour!]

Cela augmente les mérites du peuple juif devant la Court Céleste.

[rabbi Yissa’har Dov de Belz – Vayaged Yaakov]

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[Pour notre jugement, Hachem dans Sa miséricorde va retirer nos fautes (grâce à la téchouva), et va déjà comptabiliser nos mérites à venir.
Cela témoigne du fait que Hachem nous aime infiniment, et qu’Il cherche constamment à nous combler du meilleur, même si nous n’en avons pas forcément conscience!]

« Rabbi Akiva disait : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Kédochim 19,18) : ceci est un grand principe de la Torah. »
[midrach Béréchit rabba 24,8]

=> Ce n’est pas un grand principe uniquement dans la Torah, mais dans l’humanité en général, pourquoi alors dire : « ceci est un grand principe de la Torah »?

-> Rabbi Moché Pallier de Kovrin (le Dvach Hassadé) explique que celui qui étudie la Torah avec assiduité et profondeur, a lui aussi besoin de vérifier si son étude est authentique et agréée par le Ciel.
Il doit alors faire passer un test à sa Torah pour vérifier son intégrité. Ce test, c’est l’amour du prochain.

Si cet érudit constate que dans la vie de tous les jours, il considère l’autre, compatit avec lui, tente de l’aider au maximum et lui fait preuve d’intérêt pour lui, alors cela est l’indicateur que sa Torah est valable.

En revanche, celui qui se montre indifférent à autrui, n’essaie pas de l’aider et ressent pour lui de l’antipathie voire de la rancœur, alors même s’il s’adonne à l’étude de toutes ses forces, son étude ne sera pas acceptée.

=> Le test pour vérifier la valeur de notre étude, c’est l’amour du prochain.
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même », c’est un grand principe dans la Torah, c’est-à-dire que c’est le grand principe pour prouver la qualité de la Torah d’une personne.

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-> Le Avné Ezel (l’auteur du Mayana chel Torah) explique que l’humanité sans la Torah n’en est pas une.
En effet, toutes les règles de respect de l’autre et de la vie humaine peuvent être bafouées si les intérêts des hommes s’y opposent. Même les civilisations les plus éclairées en sont venues au meurtre, au vol, et au pires cruautés, prétextant que la situation le recommandait.

=> L’amour de l’autre est un grand principe, quand elle émane de la Torah, qui est immuable et invariable.
Mais, l’humanité indépendamment de la Torah, n’est pas une valeur en soi, car elle ne tient pas et ne fait pas le poids face aux différents intérêts des individus, les poussant à faire ce que leurs cœurs désirent.

[seul la Torah provient de D., Créateur de tout, qui nous connaît mieux que nous-même.
L’homme est perverti par ses intérêts et son ignorance, et il est capable de tout justifier comme étant un bien ultime pour le monde. Je peux alors tuer, voler, … car c’est pour la bonne cause! ]

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-> Le rav Mikaël Mouyal fait le développement suivant.

Le Ramban dit que tout celui qui ne croit pas dans le fait qu’absolument tout ce qui lui arrive est voulu et envoyé par Hachem, n’a pas de part dans la Torah.
Selon nos Sages, le principe essentiel de toute la Torah c’est la certitude que rien ne vient au hasard.

=> Quelqu’un qui a reçu un préjudice de son prochain, comment lui sera-t-il possible de l’aimer comme lui-même, comme s’il ne lui avait rien fait?

C’est uniquement lorsque l’on réfléchit au fait que tout vient d’Hachem et que ce préjudice ne lui est venu en vérité que parce que D. l’a décidé et l’a organisé, du fait de ses fautes, alors on n’en voudra pas à son prochain mais on essaiera de corriger ses fautes.
En réalité, son prochain ne lui a rien fait. Il n’a été que l’outil, le bâton entre les Mains d’Hachem, pour réaliser Son Décret.

=> Par cette réflexion, ni on haïra, ni on en voudra à celui qui lui a causé ce tord. Il sera alors possible de pouvoir en venir même à l’aimer.
Mais sans la foi en Hachem, comment ne haïra-t-il pas celui qui lui a fait du mal?

=> C’est à cela que Rabbi Akiva fait allusion. L’amour du prochain est un grand principe de la Torah, car seul celui qui a intégré le grand principe de la Torah qui est cette foi et cette certitude que tout vient d’Hachem, seule une telle personne pourra réussir à accomplir cette mitsva d’aimer son prochain comme soi-même.

Cette mitsva implique donc d’avoir intégré le principe fondamental de la Torah : rien ne peut m’arriver directement ou indirectement si Hachem ne l’a pas décrété.

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-> Le rav Mikaël Mouyal rapporte une autre explication.

Certains commentateurs montrent que l’amour du prochain permet la réalisation de toutes les mitsvot de la Torah, et n’est pas une mitsva isolée, comme une autre.
En effet, les 613 Mitsvot ne peuvent pas être toutes réalisées par chacun. Certaines mitsvot concernent le Cohen, d’autres concernent les juges, d’autres encore s’appliquent aux femmes, ou encore à des parents. De sorte qu’il n’est pas possible qu’un même individu réalise toutes les mitsvot.

Mais, il existe un conseil pour toutes les accomplir : c’est de faire UN avec toute la communauté.
Quand une personne s’unit avec tout le peuple au point de ne faire qu’une seule entité, alors il peut bénéficier des mitsvot de chaque juif.
Chaque mitsva réalisée par chacun lui sera aussi attribuée, car il est uni et lié à tous les juifs. Par cela, il pourra lui être considéré qu’il a accompli toutes les Mitsvot, même s’il n’est pas Cohen, ni juge, …

=> Ainsi, l’amour du prochain est un grand principe « dans la Torah », car c’est le moyen de réaliser l’ensemble de toute la Torah.

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+ « Rabbi Akiva disait : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Kédochim 19,18) : ceci est un grand principe de la Torah.

Ben Azaï disait : « Ceci est l’histoire des générations de l’humanité : [lorsque D. créa l’homme, Il le fit à Sa propre ressemblance] » (Béréchit 5,1) : ceci est un principe plus grand encore.

[En effet, il en résulte : ] Que tu n’en vienne pas à dire : « Si j’ai été humilié, mon prochain peut l’être aussi », car sache qui tu cherches à abaisser : un être créé à l’image de Hachem. »
[midrach Béréchit rabba 24,8]

=> De même que la Torah est d’origine Divine, de même chaque juif doit être considéré avec le plus grand des respects puisqu’il a en lui une partie Divine : son âme (‘hélék élokim!).

[nous respectons un Séfer Torah, alors combien infiniment plus devons-nous respecter notre prochain juif!]

=> De même que s’il manque à un Séfer Torah une seule de ses 304 805 lettres alors celui-ci n’est plus cacher, de même nous devons aimer chaque juif car il est indispensable à la réalisation optimale du peuple juif.

Seule la matérialité donne une impression de division, car en réalité tous les juifs composent tous un corps unique, dont chaque membre dépend l’un des autres.
Aimer autrui c’est donc s’aimer soi-même (car si un juif va bien alors la nation juive va bien, et par ricochet je vais bien!), surtout que dans notre génération une même racine d’âme peut se retrouver en morceau au sein de plusieurs personnes.

[un juif peut extérieurement mal se comporter, mais nous devons prier pour que cela s’en aille et qu’il puisse illuminer le monde par son attitude, car il a un apport uniquement à amener à l’histoire juive!]

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-> De même que chacune de nos actions doit se faire selon la Torah pour faire plaisir à Hachem, de même nous devons dépasser notre égo blessé pour préserver à tout prix la paix dans la famille juif, car quoi de pire pour des parents que de voir leurs enfants se disputer.

La vie est courte, alors sachons fermer les yeux pour la grandeur de notre papa Hachem.

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-> Un jour, un non-juif vint trouver Chamaï et lui dit : « J’accepte de me convertir à condition que tu m’enseignes toute la Torah pendant que je me tiens sur un seul pied ».
Chamaï le repoussa avec sa règle de mesure.

Cet homme alla trouver Hillel, qui accepta de le convertir. Il lui enseigna : « Ce que tu hais, ne le fais pas à ton prochain : c’est là toute la Torah! »
[guémara Shabbath 31a]

-> Rachi commente : « Ce qui inclut le fait de ne pas voler autrui, de ne pas avoir de relations interdites et la majorité des autres mitsvot ».

=> Comment comprendre qu’une mitsva « ben adam la’havéro » contient en elle les mitsovt vis-à-vis de D. (ben adam laMakom)?

-> Au-delà de ce qui a été vu précédemment, on peut rapporter l’enseignement du rav El’hanan Wasserman (Kovets Maamarim).

Il est écrit dans la guémara (Kiddouchin 40b) : « A tout moment, l’homme doit considérer qu’il est à moitié coupable et à moitié méritant.
[…]
S’il accomplit une mitsva, heureux soit-il, car il aura fait pencher sa balance et celle du monde entier du côté des mérites ; et s’il commet une faute, malheur à lui, car il aura fait pencher sa balance et celle du monde entier du côté de la faute ».

De même le Ram’hal enseigne : « Si l’homme s’élève spirituellement, l’univers entier s’élèvera avec lui, mais s’il s’abîme, l’univers entier s’abîme avec lui. »

=> Quand un homme accomplit les mitsvot de la Torah, il se sanctifie lui-même et suscite ainsi un nouvel apport de sainteté dans le monde, et en conséquence, le bien règne davantage parmi les hommes.
Inversement, lorsqu’un homme faute, l’impureté s’intensifie, et le mal avec elle.

==> Il en résulte que personne n’est plus nuisible au monde que celui qui commet des fautes.
C’est pourquoi même les mitsvot qui sont à priori sans lien avec notre prochain sont tout de même incluses dans le principe de Hillel : «  »Ce que tu hais, ne le fais pas à autrui! »

« Et lorsque celui qui a l’écoulement verra cesser son écoulement, il comptera lui-même 7 jours …
Le Cohen obtiendra pour lui la réparation devant Hachem, de son écoulement. » (Métsora 15,13-15)

-> La paracha Métsora se termine en détaillant les étapes nécessaires pour un zaz (celui qui est affligé d’un écoulement de matière séminale [« zaz » : masculin, et « zaza » : féminin, avec tout ce qui est lié aux lois de pureté familiale]).

Ces 3 versets disent :
– 1er étape = verset 13 : « lorsque celui qui a l’écoulement verra cesser son écoulement, il comptera pour lui-même 7 jours à partir de cette interruption, puis il lavera ses vêtements et immergera sa chair dans l’eau vive, et il deviendra pur. »
– 2e étape = verset 14 : « le 8e jour, il prendra pour lui-même 2 tourterelles ou 2 jeunes colombes et il viendra devant Hachem … »
– 3e étape = verset 15 : « Les Cohen les fera, l’un comme offrande de faute et l’autre comme offrande d’élévation, et le Cohen obtiendra pour lui la réparation devant Hachem, de son écoulement « .

-> Rabbi Guershon Henoch de Radzin fait remarquer qu’il y a des similitudes entre ces 3 versets et le processus de purification des juifs lorsqu’ils sont sortis d’Egypte.

Il y a 49 mots dans ces versets, en correspondance avec les 49 jours entre la sortie d’Egypte et le don de la Torah à Shavouot, durant lesquels les juifs sont passés du 49e niveau d’impureté au 49e niveau de pureté, se purifiant totalement jour après jour.
A l’image du zaz, chaque année pendant la période du Omer (49 jours entre la fin de Yom Tov de Pessa’h et Shavouot), nous travaillons à élever notre niveau spirituel.

Par ailleurs, on peut remarquer que :
– le 33e mots de ces 3 versets est : « moéd », qui renvoie à Lag baOmer (le 33e jour du Omer), qui est un jour de moéd (fête) pour les juifs.

– le 29e mot est : « Hachem », en allusion au fait que le 29e jour du Omer est celui de Pessa’h Chéni, et selon le Zohar en ce jour Hachem ouvre les Portes du Ciel.

Lorsqu’un malade est en danger, c’est une mitsva que de transgresser le Shabbath pour le sauver.
Plus on déploie d’efforts pour enfreindre le Shabbath et sauver la vie du malade, plus on mérite de louanges.

Aller demander à un Rav si un acte est permis sera considéré, dans ce cas, comme une faute. Cela revient à commettre un crime, car le temps qu’on aille poser la question, le malade risque de mourir ou son état d’empirer.
La Torah dit que les mitsvot ont été données pour « vivre par eux » (Vayikra 18,5) = Hachem nous les a donnés en tant que source de vie, et non de mort.
[…]

Si le malade refuse de prendre un remède le Shabbath, il est considéré comme un « pieux imbécile » (‘hassid choté).
S’il pense être récompensé dans le monde futur pour n’avoir pas transgressé le Shabbath, il se trompe lourdement. On considère qu’il se suicide, ce qui est une faute très grave pour laquelle il sera puni.
[Méam Loez – Vayakél 35,3]

« Les juifs observeront le Shabbath pour faire du Shabbath, pour toutes les générations, une alliance éternelle.
Entre Moi et les juifs, c’est un signe éternel que pendant 6 jours D. fit le ciel et la terre et que le 7e jour, Il cessa [Son oeuvre] et se reposa. » (Ki Tissa 31,16-17)

-> Ici la Torah nous décrit la grandeur de la personne qui observe strictement le Shabbath selon la loi : elle recevra une récompense comme si elle avait observé tous les Shabbath depuis la Création jusqu’à la résurrection [des morts].

La Torah dit : « Les juifs observeront le Shabbath pour faire du Shabbath, pour toutes les générations, une alliance éternelle ».
= Si les juifs observent le jour saint, c’est compté comme s’ils avaient observé les Shabbath de toutes les générations.

Le commandement d’observer le Shabbath est considéré comme supérieur à tous les autres parce qu’il fut le 1er donné à Israël.
Il représente le fondement du judaïsme. En observant le Shabbath, nous affirmons notre foi dans le fait que Hachem, Maître de l’univers, a créé l’univers à partir du néant pendant 6 jours et a cessé le 7e jour.

« C’est un signe éternel (léolam) ».
[le mot « léolam » peut aussi signifier : « pour le monde ». Ce verset peut donc être traduit : « c’est un signe pour le monde ».]
Observer le Shabbath est un grand signe « pour le monde », car il indique que D. a créé le monde à partir du néant.

Le Shabbath a autant de valeur que tous les commandements de la Torah réunis.

Si les juifs avaient observé convenablement le Shabbath, Jérusalem n’aurait pas été détruite.
Elle n’a été dévastée qu’à cause de la profanation du Shabbath.
Hachem dit par l’intermédiaire du prophète Yirmiyahou : « Si vous ne M’écoutez pas pour sanctifier le jour du Shabbath en ne portant pas de paquets et de charges et en n’entrant pas dans les portes de Jérusalem le jour du Shabbath, J’allumerai un feu dans ses portes et Je consumerai le palais de Jérusalem, il ne sera pas éteint » (Yirmiyahou 17,27).

[comment peut-on souhaiter la venue du machia’h, sans être dans une dynamique d’améliorer notre respect du Shabbath. D’une certaine façon, c’est vouloir le Temple, tout en brûlant soi-même chaque tentative de reconstruction!]
[…]

Ce verset nous apprend également que si les juifs observent le Shabbath convenablement, ils mériteront de goûter l’éclat du monde futur qui est comparé à un long Shabbath.

On peut donc interpréter ainsi ce verset : si les juifs observent le Shabbath, ils feront Shabbath pour leurs générations, c’est-à-dire pour le monde futur qui dure éternellement.
Le Shabbath lui-même sera l’alliance éternelle au monde futur. Il n’y aura pas de fin à ce Shabbath.

Dans ce monde aussi, ils [les juifs] bénéficieront grandement en recevant l’âme supplémentaire qui leur est octroyée le Shabbath.
Il est écrit : « entre Moi et les juifs » (v.31,17). En hébreu, « entre Moi » se dit : « béni » (בֵּינִי), un acrostiche des mots : « béShabbath yéch néchama yétéra » (le Shabbath, il existe une âme supplémentaire) …

L’âme ne tire aucun plaisir de la nourriture, de la boisson ou d’autres agréments mais seulement de la Torah.
L’âme supplémentaire vient à l’homme pour ouvrir son cœur aux paroles de la Torah et pour lui permettre de comprendre des notions qu’il ne comprend pas durant la semaine.
Par conséquent, ces personnes qui gaspillent le Shabbath en repas et en promenades ne donnent à leur âme aucun plaisir, mais au contraire la font souffrir.

Le mot : « vayinafach » (וַיִּנָּפַשׁ) peut être lu : « vay néfech » (וַיִּ נָּפַשׁ -> vaï = cri de malheur!). La Torah nous dit : « Malheur aux gens qui détruisent leur âme! »
Par leur consommation abusive de nourriture et de boisson, ils écartent leur esprit de l’étude de la Torah.
C’est comme s’ils détruisaient leur âme de leurs propres mains!
L’âme supplémentaire reste abandonnée et desséchée et ne ressent aucun plaisir.

La punition de ces personnes est très sévère car l’âme supplémentaire se plaint d’avoir été affligée.
Par conséquent, le Shabbath, il faut faire très attention à ne pas écarter son esprit de la Torah au cours des repas. A la fin du repas, on doit étudier la Torah, chacun suivant ses possibilités.
Si un homme ne sait pas étudier, qu’il aille chez un ami ou à la synagogue écouter le Rav.
Alors son âme supplémentaire le bénira pour la satisfaction qu’il lui a procurée en faisant ce à quoi elle aspire.
[Méam Loez – Ki Tissa 31,16-17]

Les anges possèdent 6 ailes pour chanter des cantiques à Hachem durant les 6 jours de la semaine, mais le Shabbath ils n’en ont pas.
Ils disent à alors Hachem : « Maître de l’univers! Nous n’avons pas d’aile pour chanter Ta louange! »

D. leur répond : « De « l’aile » de la terre nous avons entendu un chant » (Yéchayahou 24,16)
Hachem veut dire : « Aujourd’hui, J’ai quelqu’un qui chantera pour Moi des cantiques. « L’aile » qui existe sur terre, c’est le peuple d’Israël ».

Par conséquent, durant les 6 jours de la semaine, les anges sont supérieurs à Israël, mais le Shabbath ils n’ont pas d’ailes, Hachem recherche donc nos cantiques.

A Roch ‘Hodech (en semaine), nous disons dans la kédoucha de moussaf : « les anges, les armées en haut ET Ton peuple Israël » (mal’akhim amoné mala, véamé’ha Israël).
Puisque les anges sont supérieurs à nous, nous les mentionnons en premier.

Cependant, le Shabbath, lorsque nous sommes supérieurs aux anges, nous disons dans la kédoucha de moussaf : « les anges, les armées en haut AVEC Ton peuple Israël » (mal’akhim amoné mala im amé’ha Israël).
Nous disons que les anges chantent « avec Ton peuple Israël », qui est le plus important.
[Méam Loez – Ki Tissa 31,6]

[ => combien nous devons chérir et apprécier le jour du Shabbath, où nous nous élevons tous à un état supérieur à celui des anges!]

« Ainsi que les 7 suivantes (véet chéva anéarot) que devait lui fournir la maison du roi » (Méguilat Esther 2,9)

-> Lorsque Esther fut amenée au palais avec toutes les autres prétendantes pour remplacer Vachti, elle a trouvé faveur auprès de Hégaï, le gardien des femmes, qui lui a alors mis 7 jeunes femmes à sa disposition pour s’occuper d’elle.

Le Nétivot haMichpat (Méguilat Chtarim) explique que bien qu’Esther a refusé de révéler son identité/origine, elle a reçu miraculeusement ces 7 femmes qui étaient toutes juives, et c’était un signe de Hachem lui montrant que bien qu’elle semble abandonnée dans le palais du roi, Il ne l’oubliait pas.

Le Targoum écrit que ces femmes faisaient le maximum pour qu’elle puisse manger casher.
De plus, le midrach enseigne que si Mordé’haï s’asseyait aux portes du palais tous les jours, c’était pour s’assurer que Esther ne mangera aucun aliment non casher.

=> Pourquoi ses servantes et Mordé’haï étaient-ils aussi vigilants concernant la cacherout, plus que sur toute autre mitsva?

Le Gaon de Vilna écrit que les juifs de cette génération ont commis 2 fautes qui les menaçaient d’anéantissement.
Il s’agit :
– du fait d’être allés au festin d’A’hachvéroch et d’y avoir mangés des aliments non-cashers ;
– et également le fait qu’ils se sont prosternés devant une statue à l’époque de Névou’hadnezzar.
[cf. « vous vous prosternerez pour adorer la statue d’or érigée par le roi Nabuchodonosor. Quiconque s’abstiendra de se prosterner pour adorer sera, sur l’heure même, jeté dans la fournaise ardente » (Daniel 3,5-12)]

Puisqu’il y avait 2 fautes à rectifier, il y avait 2 sauveteurs dans la méguila : Esther et Mordé’haï.
Mordé’haï a réparé la faute de s’être prosterné devant la statue en refusant de se prosterner devant Haman, tandis que Esther a rectifié la faute de manger au festin d’A’hachvéroch en mangeant toujours strictement casher.

=> On comprend ainsi mieux pourquoi ils étaient aussi vigilants à lui permettre de manger casher, afin qu’elle puisse accomplir son rôle avec succès.

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+ La statue :

La guémara (Méguila 12a) rapporte qu’à l’époque de Nabuchodonosor, les juifs se sont prosternés devant la statue, la servant extérieurement, mais dans leur cœur ils sont restés fidèles à Hachem.

Rabbi Chimon bar Yo’haï d’y conclure : « Eux n’avaient servi l’idole qu’en apparence (par crainte et non par conviction) [à l’époque de Nabuchodonosor], aussi Hachem menaça les juifs qu’en apparence (afin qu’ils aient peur et qu’ils se repentent) [à l’époque de Pourim »]  »

=> Dans quelles circonstances les juifs se sont-ils prosternés devant l’idole de Névou’hanétsar? Pourquoi le décret d’extermination a-t-il eu lieu plusieurs années après?

-> Le midrach (Chir haChirim 7,8) rapporte :
Le livre de Daniel (chap.3) rapporte que le roi Nabuchodonosor (Névou’hanétsar) fit ériger une statue d’or, haute de 30 mètres et large de 3 mètres, dans la plaine de Doura, dans la province de Babylone.
Il ordonna à 23 représentants de chaque peuple du royaume de se prosterner devant la statue, sinon ils seraient jetés dans une fournaise.
Parmi les juifs, 20 d’entre eux se prosternèrent, mais 3 d’entre eux refusèrent de se prosterner : ‘Hanania, Mikhaël et Azaria qui furent envoyés dans une fournaise surchauffée et en sortirent miraculeusement indemnes.
Ainsi, dans cette guémara, rabbi Chimon bar Yo’haï attribue à ces 20 juifs qui se sont prosternés dans la vallée de Doura, la cause du décret pris par Haman contre tous les juifs.

-> Le Ben Ich ‘Haï enseigne :
Pourquoi n’ont-ils été sanctionnés que plusieurs dizaines d’années après?
C’est parce que lorsqu’ils s’étaient prosternés devant l’idole, le Ciel a été indulgent et n’a pas pris de sanction, car il y avait la menace d’être jetés dans la fournaise en cas de refus et ils étaient sous la contrainte (état de oness).
Mais lorsqu’à l’époque d’A’hachvéroch, ils ont participé avec plaisir au festin sans y être contraints, ils ont montré qu’ils se seraient quand même prosternés devant la statue d’or du roi Nabuchodonosor (Névou’hanétsar), même sans menace.
Le Ciel a alors réexaminé leur attitude dans la vallée de Doura avec sévérité et a suscité le projet d’Haman pour sanctionner la prosternation des juifs devant la statue d’or.

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+ Le festin :

-> Mordé’haï et les membres du Sanhédrin ont demandé aux juifs de ne pas participer à ce festin, mais ces derniers n’ont pas tenu compte de cet avertissement et ont été qualifiés de : « mam’rim » (rebelles – ממרים).
[rav Yonathan Eibschutz (Yaarot Dvach)]

-> Même s’ils ont mangé de la nourriture cashere, leur participation constituait une faute de profanation du Nom Divin (‘Hilloul Hachem).
En effet, le roi A’hachvéroch, après 3 ans de règne, pensait, par un calcul erroné, que les 70 ans d’exil des juifs venaient de s’écouler sans que les juifs ne soient délivrés, selon les prophéties annoncées.
Il se réjouit donc de voir l’espoir des juifs frustré et il pensa que le Temple ne sera jamais plus reconstruit ; c’est pourquoi il organisa ce festin.
Ainsi, tous les juifs qui assistèrent à ces festivités dirent du ‘hilloul Hachem, car c’est comme s’ils se réjouissaient de la destruction du Temple.
[le Rif – dans Ein Yaakov]

-> Les juifs de Suse (la capitale), qui ont participé à ce banquet, auraient pu justifier leur présence par un devoir de respect envers le roi et la crainte de représailles en cas de refus.
Cependant, la guémara (Méguila 12a) ne dit pas [qu’il y a eu un décret d’extermination] : « parce qu’ils ont mangé », mais dit plutôt : « parce qu’ils ont profité (néénou) ».
Ainsi, ils ont pris plaisir à ce festin au lieu de s’attrister et c’est là essentiellement leur grave faute qui a conduit au décret d’Haman.
[Pir’hé Lévanon]

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=> Quelle est la véritable cause du décret d’anéantissement? Le manque de confiance envers nos Sages!

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou tome.1,p.76-77) enseigne :
Mordé’haï avait interdit aux juifs de participer au banquet offert par A’hachvéroch, mais ils ne l’écoutèrent pas, objectant qu’ils risquaient la mort en cas de refus d’y assister, et ils participèrent au banquet.
Neuf ans plus tard, Haman accède aux plus hautes fonctions de l’état, et alors que le roi a ordonné à tout le monde de se prosterner, Mordé’haï refuse.
Pourtant, se prosterner devant Haman n’était pas un acte réel d’idolâtrie, mais une vague similitude.
Il est possible que Mordé’haï ait pris cette décision, tout en mettant sa vie en danger, pour protéger le peuple et lui faire prendre conscience de la gravité de transgresser toute prohibition liée à l’idolâtrie, afin de réparer 2 erreurs :
– avoir bu du vin fabriqué par des non-juifs lors du banquet ;
– et s’être prosterné devant la statue érigée par Névou’hanétsar.

De nombreux juifs s’indignèrent de l’attitude de Mord’haï qui à leurs yeux, mettait tout le peuple en danger.
Lorsqu’Haman publia le décret d’anéantissement des juifs, il était évident pour eux, du fait qu’après le festin il ne s’était rien passé durant 9 ans, que c’était le refus de Mordé’haï de se plier à l’exigence d’Haman qui était la véritable cause de ce terrible décret.
De plus, leur hostilité envers Mordé’haï était renforcée par le fait qu’après la publication du décret, Esther elle-même a invité à 2 reprises Haman à un banquet en présence du roi.

Cependant, contrairement aux apparences exploitées par le yétser ara, c’est le fait de ne pas accorder sa confiance aux sages, représentées par Mordé’haï, et le refus de s’effacer devant eux qui est la véritable cause du décret.
Mais, après le décret d’anéantissement, ils suivirent l’appel de Mordé’haï au jeûne, à la prière et à la téchouva au lieu de lui en vouloir.
Ce retour à la confiance en nos sages est à l’origine du miracle qui se produisit en leur faveur et de leur délivrance.

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[Le rav Soloveitchik, se basant sur le midrach Tan’houma (début de Noa’h) enseigne que lorsque les juifs ont proclamé : « naasé vénichma », il s’agissait uniquement de la Torah Écrite, et c’est pourquoi Hachem a dû suspendre le mont Sinaï pour qu’ils en viennent à accepter la Torah Orale.
C’est ainsi que Pourim est le jour du don de la Torah Orale. [l’enseignement oral transmis de Sage en Sage!]
=> Cela vient conforter le fait qu’à Pourim, nous fêtons l’importance de faire confiance à nos Sages de la génération, même si nous ne comprenons pas leurs conseils, à l’image du fait que l’on aurait dû écouter Mordé’haï avant (ex: ne pas se rendre au festin, …), et que notre sauvetage est venu de l’avoir ensuite écouté (en jeûnant, en priant, en faisant téchouva à Hachem!).]

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-> Selon le ‘Hatam Sofer (guémara Méguila 14a), le roi A’hachvéroch a invité les juifs au festin qu’il avait organisé dans un but de les élever sur le plan social, et ce pour mieux les assimiler.
A l’inverse de Haman qui voulait nous éliminer physiquement, A’hachvéroch désirait notre mort « spirituelle », la perte de notre identité et de notre foi par l’assimilation, et ce afin de nous faire perdre tous nos mérites protecteurs.

Or, on peut rapporter que :
– Rabbi Akiva dit : Le peuple juif est comparé à un oiseau. De même que l’oiseau ne peut voler sans ses ailes, ainsi le peuple juif ne peut rien faire sans Ses Anciens (en sagesse – nos Sages) »
[midrach Vayikra rabba 11,8]

– La guémara (Nédarim 40a) enseigne : « Si les jeunes vous disent de construire tandis que les Anciens (nos Sages) vous conseillent de détruire, écoutez donc le conseil des Anciens et ignorez les jeunes … Car la « construction » des jeunes est destruction, alors que la « destruction » des Anciens est en réalité très constructive. »

=> Il en découle l’importance d’évoluer dans notre vie selon la vision de nos Sages, et non en s’assimilant parmi les nations (être comme les autres, comme par exemple : regarde comment j’ai réussi dans ma vie professionnelle (même le roi m’invite à son festin!).
Le plus important c’est d’être invité éternellement au festin du Roi des rois (Hachem) dans le monde à venir, avec ceux qui ont été justes dans ce monde, qui ont fait de leur mieux la volonté de nos Sages (donc de D.), selon leurs capacités.