Le jour de Roch Hachana, Hachem distribue à tout juif une part dans la mission de Le couronner dans le monde pendant l’année à venir.

[rav ‘Haïm Friedlander (Sifté ‘Haïm) – au nom du Ram’hal]

A Roch Hachana, chacun de nous mérite de recevoir une grande illumination de l’âme, et de nombreuses étincelles de sainteté s’éveillent en nous puisque c’est en ce jour que le premier homme a été créé, et que D. lui a insufflé une âme pure et y a introduit de grandes et puissantes lumières.
C’est pourquoi chaque année, ces mêmes lumières se réveillent, et nous méritons également de recevoir leur illumination dans nos âmes.

[au nom des élèves du Baal Chem Tov]

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-> Roch Hachana est le jour anniversaire de la création d’Adam.
A cette occasion,Hachem « insuffla dans ses narines un souffle de vie » (cf. Béréchit 2,7). Aussi, chaque année, à la même date, Hachem « s’habille » dans le Chofar et insuffle de nouveau de la vitalité en l’homme pour toute l’année.
[Chem miChmouel].

-> Au sujet de la faute d’Adam, il est écrit : « Ils entendirent la voix de Hachem, parcourant le jardin du côté d’où vient le jour…. Hachem appela l’homme, et lui dit: “Où es-tu?”. Il répondit: “J’ai entendu ta voix dans le jardin ; j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché” » (Béréchit 3,8-10).

Rabbi Shlomo Kluger (‘Hokhmat haTorah) explique que la voix qu’ils entendirent, était la voix du « Shofar de D. ». Celle-ci réveilla chez Adam et ‘Hava un sentiment de téchouva.
(il est à noter que l’homme fauta,regretta et sortit acquitté, dans la même jour : celle de Roch Hachana – cf. guémara Sanhédrin 38b).

« Hachem les a arrachés de leur terre, avec colère, avec courroux et avec une grande fureur, et Il les a jetés vers un autre pays comme ce jour » (Nitsavim 29,27)

-> « Les juifs ont été exilés parce que la terre d’Israël leur a été accordé à la condition qu’ils observent la Torah.

« Il leur a donné des terres occupées par des peuples : ils héritèrent du labeur d’autres nations, afin qu’ils gardent Ses statuts et observent Ses enseignement (torotav) » (Téhilim 105,44-45)
=> Lorsque les juifs ont fauté, D. les a chassé de leur terre. »

[Méam Loez]

« Peut-être y a-t-il en vous une racine produisant des fruits vénéneux et amers » (Nitsavim 29,17)

En hébreu, la fin de ce passage se dit : « choréch poré roch vélaana » (שֹׁרֶשׁ פֹּרֶה רֹאשׁ וְלַעֲנָה – « une racine produisant des fruits vénéneux et amers »).
Les initiales forment le mot : « Shofar »(שופר), en allusion au fait que les sonneries du Shofar éveillent l’homme à la téchouva, et ont ainsi la force de déraciner toutes les racines mauvaises qui engendrent des fruits vénéneux et amers.

[Maayana chel Torah]

+ « Mon cœur était brûlant en moi » (‘ham libi békirbi – Téhilim 39,4)

La valeur numérique du mot : « brûlant/chaud » (‘ham – חַם) est de : 48.
Cela fait allusion au 48 heures des 2 jours de Roch Hachana, que nous devons utiliser pour prier et étudier avec flamme, avec le cœur en chaleur [pour Hachem].

[le Baal haTanya]

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-> Lorsque nous apportons de la chaleur/joie à notre Service de Hachem (יי), à autrui juif (les yudden! – יי), c’est alors que nous vivons réellement (vie = ‘haïm – חיים).
[on a : חם plus יי qui est égale à : חיים]

-> « Une heure de repentir et de bonne action en ce monde est plus belle que toute la vie du monde à venir »
[Pirké avot 4,17]

Le ‘Hidouché haRim de commenter :
Cela est également la punition du monde à venir.
Combien grande sera notre honte lorsque nous réaliserons ce que nous aurons alors perdu : une opportunité d’obtenir [pour l’éternité] une chose meilleure que tout le monde à venir.

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-> La préoccupation principale de confesser ses fautes doit être sur le vol.
En effet, chaque faute est en réalité un vol à Hachem [on prend les capacités qu’il nous remet pour en faire autre chose que ce qu’Il attend de nous]
[‘Hidouché haRim]

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-> « 2 choses sont à la fois si proche et si loin, et cependant si loin et si proche.
La téchouva est si proche, cependant si loin ; si loin et si proche de vous.
La mort est si proche de vous, cependant si loin ; si loin et cependant si proche. »
[midrach Kohélet rabba 8]

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-> Hachem met des pensées de téchouva dans le cœur du fauteur qui ne se repent pas afin de l’aider à revenir.
[Zohar – paracha Michpatim]

« Toute la subsistance d’un homme pour l’année à venir est décidée entre Roch Hachana et Yom Kippour, à l’exception de celles nécessaires pour le Shabbath, Yom Tov, et ainsi que les frais pour l’éducation de nos enfants en Torah. »
[guémara Bétsa 16a]

=> Ainsi, sans être totalement déraisonnable (compter sur les miracles), on ne perd rien à embellir notre Shabbath : plus on dépensera, plus on nous en donnera les moyens (idem pour les 2 autres types de dépenses).

-> On trouve cela en allusion dans le mois de Tichri (תשרי), celui de Roch Hachana et Kippour, qui est l’acronyme de : Talmud Torah (ת) ; Shabbath (ש) ; Roch ‘Hodech (qui n’est pas un véritable Yom Tov à cause de la faute du Veau d’or, mais le redeviendra avec la venue du machia’h – ר) et de Yom Tov (י).

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+ « Toute la subsistance d’un homme pour l’année à venir est décidée entre Roch Hachana et Yom Kippour »
[guémara Bétsa 16a]

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-> « Il [le prophète Elicha] montait [vers Bet-El] quand de jeunes garçons sortant de la ville, l’insultèrent en ces termes : « Monte, chauve! Monte, chauve! »
Il se retourna pour les voir et les maudit au nom de Hachem.
Aussitôt, 2 ours sortirent de la forêt et mirent en pièce 42 de ces jeunes gens » (Méla’him II 2).

Rav et Chmouël sont en discussion à ce sujet : l’un pense que ces ours étaient le produit d’un miracle, l’autre considère qu’ils étaient le produit d’un miracle à l’intérieur d’un autre miracle.

L’avis affirmant qu’il s’agissait d’un miracle considère qu’il y avait déjà une forêt à cet endroit, et que seuls les ours apparurent par miracle.
L’avis affirmant qu’il s’agissait d’un miracle à l’intérieur d’un miracle considère qu’il n’y avait auparavant ni forêt ni ours.

[D’après le second avis], pourquoi ne pas avoir fait apparaître des ours sans forêt?
Car ils auraient eu peur. »
[guémara Sotah 47a]

-> Rachi commente :
« Ils auraient eu peur = les ours auraient renoncé à s’attaquer à ces jeunes, s’ils ne s’était pas trouvé un lieu proche où ils pouvaient se sauver et se réfugier.
Mais lorsqu’ils sont à proximité d’une forêt, ils sortent sans crainte. »

=> Pourquoi D. dut-Il créer une forêt tout spécialement pour que des ours aient le courage de s’attaquer aux hommes?
Pourquoi ne pas créer des ours sans crainte innée?

-> Le rav ‘Haïm Kanievsky (Taama Dikra) nous explique :

Dans ce passage de Méla’him, le prophète Elicha avait changé l’eau du puits de ce village en eau potable. Ceci suscita la colère de ces 42 jeunes hommes, car leur gagne-pain consistait justement à aller puiser de l’eau à quelque distance de là et à l’amener au village.
Voilà pourquoi ils décidèrent de tourner le prophète en dérision, en s’exclament : « Tu nous as privés [de la racine : « kéréa’h » : le chauve] des bienfaits du Créateur » [d’après la guémara Sotah 46b].

Mais si ces jeunes gens avaient eu conscience que : « tout est décidé par le Ciel », ils auraient compris que l’intervention du prophète ne leur causerait aucun tort.
En effet, D. manquerait-Il de moyens pour leur procurer un gagne-pain? Certainement pas!

Toutes les ressources qui leur avaient été attribuées à Roch Hachana leur reviendraient quoi qu’il en soit, d’une manière ou d’une autre. Et si le Créateur avait décidé à ce moment qu’ils devaient subir une baisse de leurs revenus au cours de l’année, celle-ci serait survenue même sans l’intervention du prophète Elicha.

Ainsi, le problème de ces jeunes gens résidait précisément dans leur manque de confiance en D.
Or, quelle est la cause de cette attitude?

Le fait que l’on est aveuglé par les phénomène de la nature, qui nous laissent croire que tout effet découle d’une cause connue.
En conséquence de quoi nous avons le sentiment que D. laisse le monde aller à la dérive, un monde dans lequel règne la loi du plus fort.
[cela est d’autant plus vrai de nos jours, où avec toutes les avancées technologies nous pensons tout maîtriser, ou bien avec les nombreux médias nous pensons maîtriser les actualités partout dans le monde (puisqu’étant au courant de tout immédiatement), … ]

Rien ne passe dans ce monde sans que cela ait été décidé par Hachem.
Le sort d’un homme est fixé à Roch Hachana, et les phénomènes naturels sont eux-mêmes un miracle, une création de D. destinée à cacher Son intervention.

=> Le destin de l’homme est un miracle, et les apparences dont il se revêt sont un miracle à l’intérieur du miracle.
Cela est nécessaire pour ne pas contrer le libre arbitre des hommes, et leur laisser le choix de croire que la nature domine leur sort.

==> Voilà pourquoi la punition qui frappa ces jeunes gens dut survenir précisément par le biais d’un « miracle dans un autre miracle ».
Des ours apparurent miraculeusement, et pour que cela paraisse comme un événement naturel, D. créa également une forêt.
Cette mise en scène permettait de souligner l’erreur de ces esprits rebelles, et leur faire comprendre que la nature est un miracle enrobant des prodiges véritables.