Lorsqu’un malade est en danger, c’est une mitsva que de transgresser le Shabbath pour le sauver.
Plus on déploie d’efforts pour enfreindre le Shabbath et sauver la vie du malade, plus on mérite de louanges.

Aller demander à un Rav si un acte est permis sera considéré, dans ce cas, comme une faute. Cela revient à commettre un crime, car le temps qu’on aille poser la question, le malade risque de mourir ou son état d’empirer.
La Torah dit que les mitsvot ont été données pour « vivre par eux » (Vayikra 18,5) = Hachem nous les a donnés en tant que source de vie, et non de mort.
[…]

Si le malade refuse de prendre un remède le Shabbath, il est considéré comme un « pieux imbécile » (‘hassid choté).
S’il pense être récompensé dans le monde futur pour n’avoir pas transgressé le Shabbath, il se trompe lourdement. On considère qu’il se suicide, ce qui est une faute très grave pour laquelle il sera puni.
[Méam Loez – Vayakél 35,3]

« Les juifs observeront le Shabbath pour faire du Shabbath, pour toutes les générations, une alliance éternelle.
Entre Moi et les juifs, c’est un signe éternel que pendant 6 jours D. fit le ciel et la terre et que le 7e jour, Il cessa [Son oeuvre] et se reposa. » (Ki Tissa 31,16-17)

-> Ici la Torah nous décrit la grandeur de la personne qui observe strictement le Shabbath selon la loi : elle recevra une récompense comme si elle avait observé tous les Shabbath depuis la Création jusqu’à la résurrection [des morts].

La Torah dit : « Les juifs observeront le Shabbath pour faire du Shabbath, pour toutes les générations, une alliance éternelle ».
= Si les juifs observent le jour saint, c’est compté comme s’ils avaient observé les Shabbath de toutes les générations.

Le commandement d’observer le Shabbath est considéré comme supérieur à tous les autres parce qu’il fut le 1er donné à Israël.
Il représente le fondement du judaïsme. En observant le Shabbath, nous affirmons notre foi dans le fait que Hachem, Maître de l’univers, a créé l’univers à partir du néant pendant 6 jours et a cessé le 7e jour.

« C’est un signe éternel (léolam) ».
[le mot « léolam » peut aussi signifier : « pour le monde ». Ce verset peut donc être traduit : « c’est un signe pour le monde ».]
Observer le Shabbath est un grand signe « pour le monde », car il indique que D. a créé le monde à partir du néant.

Le Shabbath a autant de valeur que tous les commandements de la Torah réunis.

Si les juifs avaient observé convenablement le Shabbath, Jérusalem n’aurait pas été détruite.
Elle n’a été dévastée qu’à cause de la profanation du Shabbath.
Hachem dit par l’intermédiaire du prophète Yirmiyahou : « Si vous ne M’écoutez pas pour sanctifier le jour du Shabbath en ne portant pas de paquets et de charges et en n’entrant pas dans les portes de Jérusalem le jour du Shabbath, J’allumerai un feu dans ses portes et Je consumerai le palais de Jérusalem, il ne sera pas éteint » (Yirmiyahou 17,27).

[comment peut-on souhaiter la venue du machia’h, sans être dans une dynamique d’améliorer notre respect du Shabbath. D’une certaine façon, c’est vouloir le Temple, tout en brûlant soi-même chaque tentative de reconstruction!]
[…]

Ce verset nous apprend également que si les juifs observent le Shabbath convenablement, ils mériteront de goûter l’éclat du monde futur qui est comparé à un long Shabbath.

On peut donc interpréter ainsi ce verset : si les juifs observent le Shabbath, ils feront Shabbath pour leurs générations, c’est-à-dire pour le monde futur qui dure éternellement.
Le Shabbath lui-même sera l’alliance éternelle au monde futur. Il n’y aura pas de fin à ce Shabbath.

Dans ce monde aussi, ils [les juifs] bénéficieront grandement en recevant l’âme supplémentaire qui leur est octroyée le Shabbath.
Il est écrit : « entre Moi et les juifs » (v.31,17). En hébreu, « entre Moi » se dit : « béni » (בֵּינִי), un acrostiche des mots : « béShabbath yéch néchama yétéra » (le Shabbath, il existe une âme supplémentaire) …

L’âme ne tire aucun plaisir de la nourriture, de la boisson ou d’autres agréments mais seulement de la Torah.
L’âme supplémentaire vient à l’homme pour ouvrir son cœur aux paroles de la Torah et pour lui permettre de comprendre des notions qu’il ne comprend pas durant la semaine.
Par conséquent, ces personnes qui gaspillent le Shabbath en repas et en promenades ne donnent à leur âme aucun plaisir, mais au contraire la font souffrir.

Le mot : « vayinafach » (וַיִּנָּפַשׁ) peut être lu : « vay néfech » (וַיִּ נָּפַשׁ -> vaï = cri de malheur!). La Torah nous dit : « Malheur aux gens qui détruisent leur âme! »
Par leur consommation abusive de nourriture et de boisson, ils écartent leur esprit de l’étude de la Torah.
C’est comme s’ils détruisaient leur âme de leurs propres mains!
L’âme supplémentaire reste abandonnée et desséchée et ne ressent aucun plaisir.

La punition de ces personnes est très sévère car l’âme supplémentaire se plaint d’avoir été affligée.
Par conséquent, le Shabbath, il faut faire très attention à ne pas écarter son esprit de la Torah au cours des repas. A la fin du repas, on doit étudier la Torah, chacun suivant ses possibilités.
Si un homme ne sait pas étudier, qu’il aille chez un ami ou à la synagogue écouter le Rav.
Alors son âme supplémentaire le bénira pour la satisfaction qu’il lui a procurée en faisant ce à quoi elle aspire.
[Méam Loez – Ki Tissa 31,16-17]

Les anges possèdent 6 ailes pour chanter des cantiques à Hachem durant les 6 jours de la semaine, mais le Shabbath ils n’en ont pas.
Ils disent à alors Hachem : « Maître de l’univers! Nous n’avons pas d’aile pour chanter Ta louange! »

D. leur répond : « De « l’aile » de la terre nous avons entendu un chant » (Yéchayahou 24,16)
Hachem veut dire : « Aujourd’hui, J’ai quelqu’un qui chantera pour Moi des cantiques. « L’aile » qui existe sur terre, c’est le peuple d’Israël ».

Par conséquent, durant les 6 jours de la semaine, les anges sont supérieurs à Israël, mais le Shabbath ils n’ont pas d’ailes, Hachem recherche donc nos cantiques.

A Roch ‘Hodech (en semaine), nous disons dans la kédoucha de moussaf : « les anges, les armées en haut ET Ton peuple Israël » (mal’akhim amoné mala, véamé’ha Israël).
Puisque les anges sont supérieurs à nous, nous les mentionnons en premier.

Cependant, le Shabbath, lorsque nous sommes supérieurs aux anges, nous disons dans la kédoucha de moussaf : « les anges, les armées en haut AVEC Ton peuple Israël » (mal’akhim amoné mala im amé’ha Israël).
Nous disons que les anges chantent « avec Ton peuple Israël », qui est le plus important.
[Méam Loez – Ki Tissa 31,6]

[ => combien nous devons chérir et apprécier le jour du Shabbath, où nous nous élevons tous à un état supérieur à celui des anges!]

« Ainsi que les 7 suivantes (véet chéva anéarot) que devait lui fournir la maison du roi » (Méguilat Esther 2,9)

-> Lorsque Esther fut amenée au palais avec toutes les autres prétendantes pour remplacer Vachti, elle a trouvé faveur auprès de Hégaï, le gardien des femmes, qui lui a alors mis 7 jeunes femmes à sa disposition pour s’occuper d’elle.

Le Nétivot haMichpat (Méguilat Chtarim) explique que bien qu’Esther a refusé de révéler son identité/origine, elle a reçu miraculeusement ces 7 femmes qui étaient toutes juives, et c’était un signe de Hachem lui montrant que bien qu’elle semble abandonnée dans le palais du roi, Il ne l’oubliait pas.

Le Targoum écrit que ces femmes faisaient le maximum pour qu’elle puisse manger casher.
De plus, le midrach enseigne que si Mordé’haï s’asseyait aux portes du palais tous les jours, c’était pour s’assurer que Esther ne mangera aucun aliment non casher.

=> Pourquoi ses servantes et Mordé’haï étaient-ils aussi vigilants concernant la cacherout, plus que sur toute autre mitsva?

Le Gaon de Vilna écrit que les juifs de cette génération ont commis 2 fautes qui les menaçaient d’anéantissement.
Il s’agit :
– du fait d’être allés au festin d’A’hachvéroch et d’y avoir mangés des aliments non-cashers ;
– et également le fait qu’ils se sont prosternés devant une statue à l’époque de Névou’hadnezzar.
[cf. « vous vous prosternerez pour adorer la statue d’or érigée par le roi Nabuchodonosor. Quiconque s’abstiendra de se prosterner pour adorer sera, sur l’heure même, jeté dans la fournaise ardente » (Daniel 3,5-12)]

Puisqu’il y avait 2 fautes à rectifier, il y avait 2 sauveteurs dans la méguila : Esther et Mordé’haï.
Mordé’haï a réparé la faute de s’être prosterné devant la statue en refusant de se prosterner devant Haman, tandis que Esther a rectifié la faute de manger au festin d’A’hachvéroch en mangeant toujours strictement casher.

=> On comprend ainsi mieux pourquoi ils étaient aussi vigilants à lui permettre de manger casher, afin qu’elle puisse accomplir son rôle avec succès.

Pourim & Prières

+ Pourim & Prières :

-> Selon le rav Karelenstein, de même que Yom Kippour est un jour particulièrement propice à la prière (elles y sont facilement acceptées), de même pour Pourim (ké-Pourim = Kippour).

-> Le Choul’han Aroukh (siman 494) écrit qu’à Pourim nous devons donner quelque chose à tout celui qui ouvre ses mains pour nous demander de la tsédaka.

Selon nos Sages, c’est une allusion au fait qu’à Pourim lorsque l’on demande quelque chose à Hachem, Il nous l’accordera.
[de même que l’on donne à tous sans regarder, de même D. nous exaucera peu importante que l’on soit méritant ou pas.]

-> « Le roi (amélé’h) dit à Esther … : « Fais connaître ta demande (ma chéélaté’h) … et elle te sera accordée (vétinatén la’h) » (Méguilat Esther 7,2)

Selon le midrach (Esther rabba 3,10), dans la méguila lorsqu’il apparaît uniquement : « le roi » (mélé’h), alors cela fait référence à Hachem.
=> Ainsi, ce verset est une allusion au fait que D . nous dit : « En ce jour, quoique vous puissiez demander, Je le ferai ».

-> Le ‘Hidouché haRim enseigne : « Pourim est un temps propice pour tout (zman ratson lakol) … puisque tout le monde peut agir avec Hachem [par la prière] d’une telle façon qu’Il réalisera toutes les demandes de notre cœur pour le bien (kol mich’alot libénou létova) ».

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-> « Mon D., j’appelle de jour et Tu ne réponds pas, de nuit, et il n’est pas de trêve pour moi » (Téhilim 22,3)

Selon la guémara (méguila 4a), c’est une des sources pour l’obligation de lire la Méguila à la fois la nuit et à la fois durant le jour.
Rachi (sur cette guémara) commente : « c’est en souvenir du miracle, car ils ont crié jour et nuit au moment de leurs difficultés ».

=> Un objectif essentiel de la lecture de la Méguila est de nous rappeler que par nos prières sincères (cris du cœur) à Hachem, nous avons la possibilité d’être sauvés de toute mauvaise choses (même un décret d’extermination!).

[en mettant l’accent sur nos prières à Pourim, nous matérialisation cette conscience que le miracle a été permis par les prières!]

-> Le Maharal développe également ce sujet, et écrit (introduction au Ohr ‘Hadach) : « Le miracle a eu lieu pendant les jours de Haman, car Hachem a écouté leurs prières. »

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-> « Quelle est la grande nation qui a un D. proche d’elle comme Hachem, notre D., à chaque fois que nous L’appelons » (Vaét’hanan 4,7)

Le Maharal (Ohr ‘Hadach p.68) commente : « La réussite d’Israël et sa délivrance l’ont été par le biais de la force de la prière, grâce à laquelle ils ont vaincu Amalek, comme il est dit : « la voix est la voix de Yaakov » = alors les mains de Essav ne peuvent dominer [le peuple juif]. »

[Haman est un descendant de Amalek, d’où notre joie à Pourim d’exhiber fièrement notre arme : la prière!
[Les Amalek de nos jours] veulent nous détruire par des armes toujours plus perfectionnées, mais nous faisant parler notre cœur, et alors on est assuré d’en sortir vainqueurs!]

Le Rambam, à la fin de sa liste des 613 mitsvot, mentionne la mitsva de la lecture de la méguila, et écrit que nous la lisons afin de nous rappeler à quel point Hachem a été proche de nous lorsque nous l’avons appelé, et également pour enseigner aux générations futures la véracité des paroles de la Torah : « Quelle est la grande nation qui a un D. proche d’elle comme Hachem, notre D., à chaque fois que nous L’appelons ».

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-> « Mordé’haï ayant eu connaissance de tout ce qui s’était passé [il vient d’avoir conscience des plans de Haman], déchira ses vêtements, se couvrit d’un cilice et de cendres et parcourut la ville en poussant des cris véhéments et amers (vayits’ak tséaka gédola oumara – וַיִּזְעַק זְעָקָה גְדוֹלָה וּמָרָה) » (Esther 4,1)

-> Lorsque Essav pris conscience que Yaakov lui avait pris la bénédiction du premier-né : « il poussa des cris bruyants et douloureux (vayits’ak tséaka gédola oumara – וַיִּצְעַק צְעָקָה גְּדֹלָה וּמָרָה) et il dit à son père « Moi aussi bénis-moi, mon père! » (Toldot 27,34).

=> Le midrach fait remarquer la similitude entre le cri poussé par Essav et celui de Mordé’haï.
Il explique que le cri de Essav a généré un mérite à Essav, et que ce mérite était une des raisons expliquant les difficultés des juifs à l’époque de Pourim.
Ce mérite a été vaincu lorsque Mordé’haï a crié pour défendre le peuple juif.

=> La prière est « le cri du cœur », et Pourim est l’illustration de son impact : même lorsqu’un racha prie pour de mauvaises raisons, cela génère un mérite, et à plus forte raison lorsque l’on prie pour de bons motifs.

[Pourim est la preuve que la prière de toute personne (même le plus grand des racha) produit un impact!
Conscient de cela, notre yétser ara cherche à nous faire oublier cette réalité!]

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+ « Mordé’haï, fils de Yaïr, fils de Chimi, fils de Kich » (Méguilat Esther 2,5)

-> La guémara (Méguila 12b) vient nous expliquer :
– « fils de Yaïr = cela nous enseigne que Mordé’haï illuminait les yeux des juifs par le biais de ses prières (méïr éné’hem chel Israël bétéfilato) ;
– « fils de Chimi » = cela indique que Hachem écoutait ses prières/supplications (chama él téfilato) ;
– « fils de Kich » = cela fait allusion au fait que Mordé’haï frappait aux portes de la miséricorde (hikich al dalté ra’hamim).

-> Le Maharcha explique que le peuple juif a pu être sauvé grâce aux prières de Mordé’haï.

-> La guémara (‘Houlin 139b) demande où est-ce que Mordé’haï (מרדכי) se trouve en allusion dans la Torah.

On le trouve dans la paracha Ki Tissa (30,23) dans la liste des épices qui sont utilisées dans la création de l’huile d’onction : « myrrhe pure » (mor déror – מָר דְּרוֹר), et Onkelos le traduit en : (méra da’hya – מירא דכיא).

La Torah répète à de nombreuses reprises, à sujet des offrandes : « une odeur agréable à Hachem » (réa’h ni’hoa’h l’Hachem).
De nos jours où nous n’avons plus les sacrifices, à la place nous avons la prière (le service du cœur).
=> Le Gaon de Vilna explique que Mordé’haï est comparé à du « myrrhe, en allusion à sa prière qui produisait une odeur agréable à Hachem, et qui a conduit au sauvetage de tout le peuple juif.

[le Maharal (Ohr ‘Hadach) fait remarquer que les mots précédents : « mor déror » sont « béssamim roch » (aromates de [premier] choix), qui fait allusion aux « bessamim » de l’encens (kétoret). Or, les kétorét symbolisent le service Divin et la prière faits dans la pureté.]

Pourim – Réacceptation de la Torah

+ Pourim – Réacceptation de la Torah :

-> « Hachem prit le Har Sinaï et le suspendit au dessus du peuple, pour leur indiquer : « Si vous acceptez la Torah, tant mieux, sinon, vous serez enterrés sous cette montagne! »
[…]

Ravi dit : Les juifs acceptèrent de nouveau la Torah à l’époque d’A’hachvéroch, comme il est écrit : « ils confirmèrent et acceptèrent » (kiyémou vékibélou ayéoudim – méguilat Esther 9,27), ils confirmèrent ce qu’ils avaient déjà accepté [au mont Sinaï] ».
[Rava – guémara Shabbath 88a]

-> Le Sfat Emet (5641) écrit que la fête de Shavouot correspond à celle de Pourim, car ce sont toutes les 2 des jours d’acceptation de la Torah.
[il relie également Souccot à ‘Hanoucca ; Pessa’h au 9 Av (qui sera dans le futur un jour de fête de la guéoula, de notre exil actuel)]

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-> Avant le don de la Torah, les juifs ont déclaré par eux-mêmes : « nous ferons et nous comprendrons » (naassé vénichma).
Comment comprendre alors qu’il a été nécessaire d’accepter la Torah par la force ensuite?

Le rav Soloveitchik, se basant sur le midrach Tan’houma (début de Noa’h), répond que lorsque les juifs ont proclamé : « naasé vénichma », il s’agissait uniquement de la Torah Écrite, et c’est pourquoi Hachem a dû suspendre le mont Sinaï pour qu’ils en viennent à accepter la Torah Orale.

Ainsi, lorsque la guémara affirme que les juifs ont accepté d’eux-mêmes la Torah à Pourim, il s’agit de la Torah Orale.
=> Selon ce midrach Tan’houma, Pourim est le jour du don de la Torah Orale.

-> Le Beit haLévi (fin de ses Téchouvot – dracha 18) enseigne que normalement tout était écrit dans les 1eres Tables de la Loi, et à l’origine il n’aurait dû y avoir que la Torah Orale.

Avec les 2 Tables de la Loi, que Moché a amenée à Yom Kippour, il y avait une nouveauté : la Torah Orale.
=> Cela renforce l’idée que Kippour est le jour particulier du don de la Torah Orale, qui a été pleinement acceptée par les juifs à Pourim.

-> D’ailleurs, le Gaon de Vilna enseigne que ceux sont un seul et même jour : https://todahm.com/2016/10/20/kippour-et-pourim

-> Le rav Moché Feinstein (Darach Moché – Dévarim 10,1) écrit que personne n’a jamais vu les 2e Lou’hot.
Lorsque Moché est descendu du mont Sinaï avec les 1eres Lou’hot, il les portait dans ses mains, tandis pour les 2eme, il les portait dans le Aron.
Ainsi, les juifs ont du faire confiance à Moché sur le fait même que les 2e Tables de la Loi existent.

=> On voit que par essence, les 2e Lou’hot qui apportent la Torah Orale, reposent sur la confiance que l’on a en notre rabbin.

A Pourim, nous fêtons l’importance de faire confiance à nos Sages de la génération, même si nous ne comprenons pas leurs conseils, à l’image du fait que l’on aurait dû écouter Mordé’haï avant (ex: ne pas se rendre au festin, ne pas se prosterner devant haman), et que notre sauvetage est venu de l’avoir ensuite écouté (en jeûnant, en priant, en faisant téchouva à Hachem!).

Téchouva : mois d’Adar et Pourim

+ Téchouva : mois d’Adar et Pourim

1°/ Le mois d’Adar :

-> Le rav Karelenstein explique que le mois d’Adar est un mois de téchouva.

Il existe une discussion à savoir quand est-ce que l’année juive commence : en Tichri ou en Nissan.
Avant Tichri, nous avons le mois d’Elloul, durant lequel nous commençons notre processus de téchouva.
De la même façon avant le mois de Nissan, nous avons Adar, où nous devons commencer un processus similaire, où il est propice d’examiner nos actions et de savoir si l’on a exploité les capacités que D. nous a octroyé, le mieux possible.

Le rav Karelenstein rapporte le verset : « Si nous ne nous étions pas attardés, nous serions, à présent, déjà revenus 2 fois » (Mikets 43,10) :
– « Si nous ne nous étions (loulé – לוּלֵא) attardés » = a les mêmes lettres que : Elloul (אֱלוּל) ;
– « nous serions, à présent (ki ata chavénou – כִּי-עַתָּה שַׁבְנוּ), déjà revenus 2 fois » :

-> le terme revenu (שַׁבְנוּ) fait allusion à la téchouva, et le midrach (Béréchi rabba 21) enseigne : qu’il n’y a pas de « maintenant » (עַתָּה) si ce n’est pour un langage de téchouva (en véata ella lachon téchouva ) [le yétser ara cherche à ce que l’on repousse à plus tard ce que nous devons réellement faire!] ;
-> « déjà 2 fois » (zé paamayim – זֶה פַעֲמָיִם) : le terme zé a une guématria de 12 renvoyant au mois d’Adar le 12e de l’année, et « 2 fois » = c’est le seul mois qui est parfois doublé.

=> Si nous ne nous sommes pas assez attardé en réalisant une téchouva parfaite durant le mois d’Elloul, alors nous avons la possibilité de parfaire cela en Adar.

[le sentiment de se sentir propre de toutes fautes, grâce à ce moyen si facile qu’est la téchouva (sublime cadeau que nous fait Hachem!), procure une profonde joie en nous.
Or en Adar = augmente la joie = > fais téchouva = retourne vers papa Hachem!]

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2°/ Pourim & Téchouva :

-> « Plus grande fut la cession de l’anneau royale [de A’hachvéroch à Haman] que les 48 prophètes et 7 prophétesses qui livrèrent leurs messages aux enfants d’Israël sans parvenir à les remettre sur le droit chemin, alors que le fait d’avoir ôté l’anneau royal les ramena sur la bonne voie [à faire une téchouva totale]. »
[guémara Méguila 14a]

=> La puissance de la téchouva est un thème essentiel de Pourim, car le miracle fût possible grâce à leur téchouva et à leur cri (de prière).

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Le rav Nevenzahl explique que chaque mitsva de Pourim vient en réparation de nos fautes :

-> 1°/ La lecture de la méguila :
Seuls les juifs de Chouchan ont fauté en allant au festin de A’hachvéroch. Si c’est ainsi, pourquoi le décret de mort concernait tous les juifs?
La guémara (Méguila 12a) répond que c’est parce que tous les juifs se sont prosternés devant l’idole faite par Névou’hanezzar, à l’exception de ‘Hanania, Michaël et Azaria.

Pourquoi alors n’ont-ils pas été tués?
La guémara répond qu’en réalité les juifs n’ont pas véritablement servi l’idole, car c’est uniquement en apparence (extérieurement) qu’ils ont agi en prétendant suivre l’ordre du roi de se prosterner devant l’idole.
De la même façon, Hachem a agit avec eux en apparence, en prétendant vouloir les détruire, mais finalement il a annulé le décret.

=> Une des mitsvot propres à Pourim est la lecture de la méguila de jour et de nuit.
En effet, par cela nous expions notre faute en témoignant publiquement et largement que c’est Hachem qui dirige tout dans le monde.
A Pourim, on reconnait l’intervention Divine même dans les petites choses de la vie (miracles cachés), et ceci est l’opposé de l’idolâtrie.
Cette proclamation extérieure de l’Unicité de D., vient réparer notre faute extérieur (et non dans notre cœur) [de s’être prosterné devant l’idole].

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-> 2°/ Les michloa’h manot et la séouda (repas de fête/festin) :
Nous n’aurions pas dû nous rendre au festin de A’hachvéroch, car une des problématique était le fait de trop se mélanger avec les non-juifs.
En s’envoyant les uns les autres des mets, on s’ouvre à autrui, ce qui permet de s’attacher plus fortement avec notre prochain juif (l’amour se développe par le don), réparant ainsi notre erreur [s’en éloigner pour se mélanger avec les non-juifs].
De même que notre Sage Mordé’haï avant interdit de se rendre au festin, de même nous réparons cette faute en suivant la volonté de nos Sages en réalisant un festin à Pourim, dans le respect de la loi juive (même en ayant bien bu!).

-> 3°/ Les matanot laév’yonim :
Pour combattre le mérite de Haman d’avoir donné 10 000 kikar d’argent à la tsédaka, nous donnons de la tsédaka supplémentaire à Pourim.

[de même que nous avons fauté en voulant se faire bien voir des responsables du pays (ceux qui comptent) en allant au festin et en se prosternant devant Haman, de même nous réparons cette attitude en témoignant de la compassion et de l’attachement à ceux qui n’ont rien (ceux qui à priori ne nous apportent rien).]