« Rien ne peut s’opposer à la téchouva.
Même si quelqu’un a pu commettre toutes les fautes du monde, il pourra [toujours] faire téchouva sur chacune d’elles »

[Chla haKadoch – Roch Hachana – Dérékh ‘Haïm To’ha’hat Moussar 114]

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[Précisions :
-> une personne qui faute volontairement, pensant qu’elle pourra ensuite faire téchouva, il lui sera alors extrêmement difficile de le faire car ce qui l’a poussé à fauter est cette capacité à se faire pardonner.
-> remettre notre téchouva à plus tard, c’est jouer avec le feu, car qui sait combien de temps il nous reste à vivre, si le machia’h ne sera pas déjà arrivé (le repentir ne sera alors plus possible), si l’envie nous passe et qu’on oubliera de le faire avec autant de sincérité, …]

« Même une personne qui faute durant toute sa vie, elle peut quand même être considérée comme un tsadik, tant qu’elle n’abandonne jamais et qu’elle continue à se battre [pour vaincre son yétser ara]. »

[Séfer Ménou’ha véKédoucha – écrit par un élève du rav ‘Haïm de Volozhin]

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-> « Ton peuple : tous sont tsadikim » (Yéchayahou 60,21)

Celui qui fait téchouva se sauve non seulement lui-même, mais en purifiant son âme, il sauve également toutes les générations à venir qui sont liées à son âme.
Ainsi, sa téchouva va en arrière pour corriger ses mauvais comportements, et en avant pour redresser la route vers le futur de ses enfants et des générations à venir.

[Sfat Emet]

+ « Écarte-toi du mal et fais le bien » (Téhilim 34,15)

Lorsque l’on souhaite faire des bonnes choses, le mauvais penchant se présente avec les montagnes de fautes qu’on a commises, non pas pour qu’on s’en repente, mais plutôt pour décourager/refroidir l’homme de réaliser la bonne action.

Ainsi, « écarte-toi du mal » = ne considère pas le mal que tu as commis, « et fais le bien » comme si tu n’avais jamais fauté.

[le Beit Avraham]

+ Pourquoi David s’intitule-t-il : « serviteur de D. » (avdé Hachem – Téhilim 18,1)?

Pour nous enseigner que quiconque se repent et se débarrasse de ses fautes, mérite que D. rehausse son honneur en lui accordant un nouveau titre d’affection.

Il en est de même pour les fils de Kora’h : … une fois qu’ils se repentirent [et s’écartèrent des fautes de leur père], ils furent appelés : « chochanim » (roses – שֹׁשַׁנִּים) … après leur téchouva, ils furent [également] appelés : « chéris/bien-aimés », et leur chant s’intitula : « chir yédidot » (chant d’affection/d’amour – שִׁיר יְדִידֹת).

De même, … lorsque David se repentit sincèrement, il mérita le titre de : « serviteur de D. »

[midrach Téhilim 18,1]

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-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva) décrit cela :
« Grande est la téchouva, car elle permet à celui qui s’est éloigné, d’arriver jusqu’auprès de Hachem …

Hier, le fauteur était détestable aux yeux de D., il était repoussant, détestable, abominable.
Aujourd’hui, il s’est repenti et le voici chéri, choyé, intime et digne d’affection. »

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-> Rabbi Yéhouda haNassi enseigne : « Grande est la téchouva car la moindre pensée de repentir qui tremblote dans le cœur de l’homme monte immédiatement devant le trône céleste. Et cela est vrai quelle que soit la culpabilité du pénitent. »
[…]
Hachem [nous] dit : « Ne craignez rien! Vos fautes, dussent-elles arriver jusqu’aux pieds de Mon trône céleste, Je vous pardonnerai, pourvu que vous vous repentiez! »
[Psikta rabbati 45,9]

-> « Tout au long de la journée, chaque jour, la droite de D. est tendue pour soutenir et accueillir ceux qui désirent se repentir.
Hachem proclame : « Repentez-vous, fils de l’homme! » (Téhilim 90,3). »
[Pirké déRabbi Eliézer – chap.43]

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-> Le roi Ménaché, roi de Yéhouda, un descendant du roi David, fut l’un des pécheurs le plus racha et le plus sanguinaire de tous les temps (guémara Sanhédrin 103b ; Yébamot 49b).
Il hérita de son père (‘Hizkiyahou), d’une nation à l’apogée de la piété et de l’érudition.
Mais durant les 22 ans de son règne, il s’employa à détourner du bon chemin le peuple juif, et à l’entraîner à l’idolâtrie.
Il a commis de nombreuses violences et victimes innocentes, comme la mort de son grand-père le prophète Yéchayahou, exécuté par son propre glaive.

Finalement, Ménaché fut capturé par l’envahisseur babylonien et condamné à être brûlé vit.
Tandis que les flammes le léchaient, il se tourna désespérément vers le D. de ses ancêtres.

Le Talmud de Jérusalem (Sanhédrin 10,9) rapporte que lorsque Ménaché pria vers Hachem, à ce moment les anges de service verrouillèrent toutes les portes du Ciel pour en interdire l’accès aux suppliques de ce racha qui avait installé une idole dans le Saint des Saints.
Mais D. découpa une ouverture dans le bas de Son Trône pour laisser passer sa prière, exprimant ainsi clairement que quoiqu’un juif est pu faire dans sa vie, il lui est toujours possible de faire téchouva, et Hachem attend cela!

-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 1,14) écrit : « Le pénitent doit être tourmenté au plus profond de son être lorsqu’il songe à l’énormité de son crime : avoir osé se révolter contre son Créateur! […]
Comment a-t-il pu oublier D. qui l’a fait sortir du néant, l’a toujours entretenu avec bonté et l’a constamment protégé? »

=> On doit trouver une consolation dans le fait de savoir que plus le poids de nos fautes nous semble lourd, plus grand sera notre repentir, et plus nous gagnerons la faveur et l’amour de Hachem.

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-> Le midrach raconte que lorsque Réouven pécha (en déplaçant la couche de l’épouse de son père), il fut condamné à mourir. Mais il fit téchouva et D. lui accorda de vivre.

A ce moment, les anges de service s’exclamèrent : « Béni sois-tu Hachem, qui désires le repentir! » (arotsé bitéchouva – 5e bénédiction de la Amida).
[Chibolé haLéket]

=> De même que tout juif récite quotidiennement ces mots dans la Amida, de même Hachem désire ardemment la téchouva de toute personne (arotsé bitéchouva!), même la plus éloignée, même celle la plus enfoncée dans le péché!

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-> La guémara (Yoma 21b) rapporte que 5 choses étaient présentes dans le 1er Temple, mais pas dans le 2. L’une d’elles était le fait que la présence Divine n’est pas revenue.

Nos Sages (guémara Roch Hachana 31a & Rachi) enseignent que ce fut à contre-cœur que la Présence Divine quitta le Temple, car Hachem espérait toujours voir le peuple juif faire téchouva.
En effet, la Ché’hina ne disparut pas brusquement mais se retira en 10 étapes, montrant clairement qu’elle reculait de plus en plus loin du Temple [tout en attendant le moindre sentiment de notre repentir pour y revenir!].

[en réalité Hachem n’a jamais totalement quitté le Temple, mais les fautes des juifs ont conduit à un tel éloignement avec Lui, que la dissimulation de la présence Divine peut nous sembler comme s’Il est totalement absent (on ressent presque plus sa proximité par rapport à avant!).]

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-> La téchouva, c’est abattre toutes les séparations qui nous éloignent de D. à cause de nos fautes, c’est ainsi notre façon de proclamer à Hachem : « La seule chose qui compte pour nous, c’est le rayonnement de Ta face » (midrach Téhilim 80).

[téchouva = tachouv hé = revenir vers hé, vers D.! Rien n’a plus d’importance que d’être au plus près de Toi!]

« Un réveil (spontané) dans le cœur d’un homme est plus bénéfique que 100 coups de bâton, ainsi qu’il est dit : « Un reproche fait plus d’impression sur un homme intelligent que 100 coups sur un fou » (Michlé 17,10) ».« 
[guémara Béra’hot 7a]

=> Se repentir véritablement, c’est remplir son cœur de remords et atteindre un niveau d’humilité et de soumission qu’on n’aurait pu atteindre autrement, même après avoir reçu 100 coups de bâtons, sous forme de malheurs venus de l’extérieur.
[pour éviter que Hachem n’en vienne à nous stimuler au repentir extérieurement par de la souffrance, tâchons de quotidiennement se réveiller intérieurement à une téchouva sincère.]

-> Le rav Avraham Feuer dit que l’on frappe avec son poing droit, à l’endroit du cœur, qui est le siège des passions et des désirs, lieu où la faute prend sa source.
De même qu’il convient de frapper à la porte de celui qui dort pour le réveiller, de même nous frappons sur notre cœur pour le sortir de sa léthargie.

[il ne faut pas taper pour tasser et pouvoir ajouter d’autres fautes (c’est bon j’ai bonne conscience, ma bouche a bougé pour dire des mots du genre : j’ai fauté …! je peux alors retourner au même comportement fautif d’avant …).

Mais plutôt, il faut taper pour se réveiller de l’anesthésie/l’illusion dans laquelle notre yétser ara nous a mis, afin de nous pousser à la faute.]

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-> « Un racha complet vaut mieux que celui qui étudie la Torah mais ne s’y investit pas totalement, qui commet des fautes et se pardonne à lui-même ou qui prie aujourd’hui parce qu’il a prié hier. »
[rabbi Mendel Ména’hem de Kotzk]

[un racha, s’il sait qu’il est corrompu, peut encore se repentir. Mais celui qui se leurre et croit qu’il n’a rien à se reprocher, n’aura jamais l’occasion de faire téchouva. ]

« Ils confesseront leur faute » (Bé’houkotaï 26,40)

-> Le ‘Hafets ‘Haïm a dit un jour :
« A quoi bon réciter ces supplications (les séli’hot), en racontant à Hachem que nous avons fauté, alors qu’Il connaît chacune de nos pensées et chacun de nos gestes.
Ces prières n’ont de sens que si elles nous incitent à prendre la ferme résolution de ne plus jamais réitérer nos écarts. »

[il faut taper contre sa poitrine pour se réveiller et changer, et non comme pour tasser un sac de farine pour pouvoir encore davantage le remplir (de fautes)! ]