La Torah fixe la date de Roch Hachana ainsi : « Parle aux enfants d’Israël: au 7e mois, le 1er jour du mois » (Emor 23,24), en mentionnant le mois avant le jour.
Or, on peut observer que c’est l’inverse lorsqu’il s’agit de Yom Kippour (« le 10e jour de ce mois ») et de Souccot (« le 15 de ce 7e mois »), où le jour vient avant le mois.

Une raison peut être qu’à Roch Hachana, les juifs sont jugés, et que Hachem dans Sa miséricorde va inclure dans Son compte toutes les mitsvot que les juifs s’apprêtent à réaliser pendant ce mois [de Tichri].
Ainsi à Roch Hachana, Il nous crédite déjà pour le jeûne de Yom Kippour, et des très nombreuses mitsvot associées à Souccot et Shémini Atsérét, en considérant comme si on les avait déjà accomplies. [d’où le fait que le mois vient avant le jour!]

Cela augmente les mérites du peuple juif devant la Court Céleste.

[rabbi Yissa’har Dov de Belz – Vayaged Yaakov]

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[Pour notre jugement, Hachem dans Sa miséricorde va retirer nos fautes (grâce à la téchouva), et va déjà comptabiliser nos mérites à venir.
Cela témoigne du fait que Hachem nous aime infiniment, et qu’Il cherche constamment à nous combler du meilleur, même si nous n’en avons pas forcément conscience!]

Nos Sages disent : « dans l’avenir, Hachem montrera aux tsadikim le Guéhinam et les places qui y sont libres, et leur dira : ces places libres étaient préparées pour vous, mais vous avez fait de bonnes actions et vous avez mérité le gan Eden.

Hachem fera la même chose pour les réchaïm, il leur montrera le gan Eden et les places qui y sont libres, et leur dira : ces places libres étaient préparées pour vous, mais vous avez fait de mauvaises actions et vous avez hérité du Guéhinam. »
[midrach Téhilim 6]

=> C’est cela le pire des enfers. Lorsque dans le monde de Vérité, nous réaliserons à quel point notre place éternelle aurait pu être largement meilleure, si nous avions su dominer nos instincts, notre yétser ara, durant les quelques années de notre vie physique.
Il nous sera renvoyé au visage cette magnifique place qui aurait pu être nôtre, si seulement nous avions fait le nécessaire pour pouvoir l’occuper.

=> « Ah, si seulement j’avais écouté Hachem. Ah, si seulement j’avais … » : cela constituera la pire des punitions, la pire des hontes!

Si la nuit [occasionnellement] on ne trouve pas le sommeil, on doit comprendre que ce n’est pas sans raison. Les cieux nous avertissent par ce biais que nous devons revoir nos actions et les corriger.
[En effet,] Chaque nuit, l’âme monte vers les cieux, et elle connaît chaque décret édicté par le Tribunal suprême. Elle en informe ensuite le corps, [l’empêchant de dormir].

Ainsi lorsque A’hachvéroch ne trouva pas le sommeil, il fit lire le livre des chroniques (Esther 6,1). Il voulait s’assurer qu’il n’avait pas agit mal envers quiconque ou s’il avait négligé de rembourser une dette.
[…]

Quand un individu véritablement moral ne peut dormir, il doit saisir cette opportunité afin de procéder à un examen de conscience. Il recherchera le plus petit péché commis et s’en repentira.
Surtout qu’on ne suppose pas que l’insomnie [occasionnelle] est un phénomène naturel, toute chose provient des cieux.

[Méam Loez – Toldot 26,26-27]

On doit faire téchouva sans tarder, car plus le temps passe, plus le péché est difficile à effacer.

Exactement comme pour une tâche sur un vêtement, si on ne la retire pas rapidement, elle sera ensuite plus difficile à supprimer.
Dès que se présente l’opportunité de faire le bien, on ne le reportera pas.
Même si cela implique l’abandon d’un contrat d’affaire important, on se souviendra que la récompense accordée par D. dépasse de très loin la perte d’argent éventuelle.
De même, avant de penser au plaisir qu’un péché peut procurer, on doit imaginer le mal qu’il entraînera.

[Méam Loez – Béréchit 2,2]

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-> « Qui est l’homme sage? Celui qui anticipe l’avenir » [guémara Tamid 32a]

Le rav Eliyahou Lopian (Lev Eliyahou) dit que pour tenter de prévoir le futur et le ressentir comme une réalité tangible, nous devons se représenter mentalement les dangers au-devant desquels nous courons en violant les mitsvot.

-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva) enseigne :
« Tu penses pouvoir repousser le moment où tu te remettras en question et te livrer entre-temps à la passion de ton cœur?
Mais sache que lorsque cet instant arrivera, tu n’en auras déjà plus l’opportunité.
Ton cœur sera alors si pétri d’impureté et épaissi par les fautes, que tu seras incapables de réagir. »

Le Rambam ajoute l’idée que dans le combat que mène l’intellect contre les sens, ces derniers ont toujours une position dominante.
C’est-à-dire que même lorsque l’homme comprend, par son intelligence, l’importance de servir D., ses sens continueront néanmoins à le soudoyer et lui feront toujours miroiter les saveurs de la matérialité.
Et dans cette lutte, ils domineront toujours l’intellect.

=> Ainsi, il faut fournir d’importants efforts et un travail considérable pour réussir à faire dominer l’intellect sur les sens.
[en ce sens, il est indispensable de se développer à nos yeux les dangers, les conséquences terribles que nous courons à violer les mitsvot.
En parallèle, il faut prendre conscience des incroyables récompenses, conséquences (être au plus proches de D. pour l’éternité!), que nous bénéficierons à ne pas écouter nos sens éphémères faussés par le yétser ara.]

En agissant ainsi, nous ne faisons que rétablir à armes égales la lutte de notre perception intellectuelles et sensorielles (facilement aux mains du yétser ara qui inverse les priorités en nous vendant du rêve mensonger!).
On a alors l’assurance de vaincre la matérialité [car Hachem vient en aide à toute personne qui essaie de se purifier, qui lutte de son mieux contre le yétser ara].

[Source : compilation personnelle issue du Yalkout Léka’h tov – Nitsvaim 29,11]

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-> L’esprit humain ne peut saisir le bien du monde spirituel ou du monde à venir.

Le plus grand plaisir de notre monde est infime comparé au monde futur.
De même, la pire des souffrances en ce monde n’est rien face au châtiment de l’âme [relatif à une faute].

En effet, l’homme n’étant fait que de chair et de sang, il lui est incapable de concevoir le bien.
N’ayant jamais connu rien de tel, il ne peut ni imaginer sa grandeur, ni entrevoir la sévérité de la punition réservée à ceux n’écoutant que leurs désirs …

En réalité, le bien qu’une personne tire du monde futur, en accomplissant un seul élément de la Torah dépasse de loin le bien existant dans notre monde.
Il en va de même du mal par lequel le racha est châtié.

[Méam Loez – Béréchit 1,31]

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-> « Un moment de téchouva (retour vers D.) et de bonnes actions dans ce monde a plus de valeur que tout le monde futur.
Et un moment de bonheur dans le monde futur est meilleur que tout ce monde-ci. » [Pirké Avot 4,22]

Le rav Dessler donne un enseignement très parlant :
« Si l’on réunit tous les bonheurs et plaisirs qu’un homme peut ressentir sur toute une vie, et si l’on appliquait ce procédé à toutes les personnes que l’on connaît, puis à tous les habitants du pays, et même du monde ; si cette opération était renouvelée sur toutes les générations depuis la création du monde jusqu’à la fin des temps, et si l’on condensait enfin tout ce bonheur dans une seule seconde de bonheur extrêmement intense, cela ne vaudrait pas encore un instant de délice du monde futur.
C’est là le sens de la michna qui affirme : « Et un moment de bonheur dans le monde futur est meilleur que TOUT ce monde-ci ». »

« Cette mitsva que Je vous ordonne … n’est pas trop difficile pour toi, et elle n’est pas loin de toi : elle n’est pas dans le Ciel pour dire : qui montera pour nous la prendre au Ciel » (Nitsavim 30,11-12)

-> Le Ramban dit qu’il s’agit de la mitsva de la téchouva.

-> Rabbi ‘Haïm de Volozhin enseigne :
– « elle n’est pas dans le Ciel » = bien que le pécheur ait commis une offense en haut dans le Ciel, et que par conséquent, selon la justice le repentir devrait être inutile, à moins qu’il ne monte au Ciel pour réparer ce qu’il a détérioré, malgré tout : « elle n’est pas dans le Ciel », et il n’est point besoin de monter au Ciel, le repentir en ce monde-ci suffit.

– « elle n’est pas au-delà de la mer » = tu n’as pas besoin de te repentir à l’endroit précis où le dommage a été commis.

– « car la chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur pour la faire ».

« Ne laisse pas tes pensées être influencées par les thèses que soutiennent les sots des nations et bon nombre de rustres d’Israël, selon lesquelles Hachem décrète pour chaque homme, dès sa naissance, s’il sera un tsadik ou un racha.
Il n’en est rien : au contraire, chaque être humain peut devenir un tsadik comme Moché rabbénou, ou bien un racha comme Yéroboam. »

[Rambam – Hilkhot Téchouva 5,2]

« Si Yom Kippour représente le monde à venir (olam aba), alors la veille de Yom Kippour représente ce monde-ci (olam azé).

Notre besoin désespéré de manger la veille de Kippour démontre que nous devons consommer autant de Torah et de mitsvot que nous le pouvons dans ce monde-ci, car dans le monde à venir cela ne nous sera plus possible (de même que nous ne pouvons plus manger ni boire, une fois que Kippour a démarré). »

[rabbi Zev Leff]

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+ Kippour & Shema Israël :

-> Durant toute l’année, nous récitons le 2e verset du Shéma à voix basse. Pourquoi cela?

C’est parce que lorsque Moché est monté au Ciel pour recevoir la Torah, il a entendu les anges dire ce verset, et par respect pour leur sainteté, il ne l’a pas prononcé à haute voix.

Cependant, à Yom Kippour, nous disons ces mêmes mots à voix haute, afin de signifier qu’en ce jour nous sommes semblables aux anges.
Mais alors, pourquoi agissons-nous ainsi le 1er soir, alors que nous venons de remplir notre estomac et notre corps de matérialité en mangeant bien plus que d’habitude (selon certains, la quantité de 2 journées en une!).
Pourquoi ne pas le faire le soir après Kippour, journée où nous avons agit à l’image des anges.

Rabbénou Elazar Abou’hatseira (Divré Elazar) répond que nous apprenons une importante leçon de vie de cette pratique : un juif doit toujours regarder vers l’avant, et non pas vers l’arrière.

A Kol Nidré (entrée de Kippour), chaque juif DESIRE être un ange, c’est son objectif ultime.
Cependant la nuit suivante, il ambitionne d’être lui-même, un être terrestre.
=> Le point principal n’est pas où nous sommes, mais vers où nous nous dirigeons.

[nous devons appliquer cette leçon de Kippour durant tout le restant de l’année En effet, peu importe le niveau que l’on a atteint par rapport à notre entourage, ce qui compte c’est d’avoir le maximum d’ambition spirituelle, et d’avancer de notre mieux vers cet objectif élevé! ]