« De même que Je veux que vous croyez dans le fait que Je vous ai délivré [d’Egypte], de même Je veux que vous croyez que Je suis Hachem votre D., et que dans le futur Je vous rassemblerai et vous délivrerai. »

[le Smak – Séfer mitsvot katan]

=> A Pessa’h en travaillant notre émouna basée sur la sortie d’Egypte, nous travaillons également notre émouna en une guéoula possible à tout moment.

-> Un composant essentiel du récit de la sortie d’Egypte (Haggada – הגדה) est le fait de remercier Hachem pour tous Ses miracles.

Il est écrit : « Je déclare aujourd’hui » (igadéta ayom – הִגַּדְתִּי הַיּוֹם – Ki Tav 26,3).
Le Targoum Yonathan ben Ouziel traduit ces mots par : « Je remercie aujourd’hui » (אודינן יומא).

[d’après le rav Soloveitchik]

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-> Il est écrit dans la Haggada : « La main de D. à la mer Rouge a entraîné 50 plaies ».
Le rav Avigdor Miller enseigne que lorsque nous voyons la main de D. dans notre vie, nous devons y répondre : « Je vois clairement Hachem, alors je dois certainement le servir encore mieux ».

=> C’est un message de Pessa’h, où en remerciant D. nous prenons davantage conscience de l’infinité des bontés dévoilées et cachées qu’Il nous donne, et cela doit nous élever à vouloir mieux agir selon Sa volonté (c’est la moindre des choses, vu tout ce qu’Il fait pour moi!).

« L’esclavage en Egypte a été d’une grande utilité pour nous, puisqu’il a permis d’implanter en nous la qualité de bonté et de miséricorde »

[Rav Né’hémia – midrach Mékhilta déRachbi – Chémot 13,3]

-> Le rav Soloveitchik dit qu’en Egypte nous étions au plus bas niveau de l’échelle sociale, que nous avons été atrocement opprimés.
Ainsi à Pessa’h, moment où nous devons revivre cela, nous devons en devenir plus sensibles aux besoins des autres.
[lorsque tout va globalement bien dans notre quotidien, on en vient à oublier ce qu’impliquent les vraies galères de la vie. Pendant le Séder nous retraversons des moments atroces de notre histoire, et l’on est alors plus disposé à comprendre ceux qui traversent des situations personnelles difficiles.]

D’ailleurs selon le rav, une des raisons pour lesquelles on doit se souvenir si fréquemment de la sortie d’Egypte (zé’her litsiat mitsrayim), c’est parce c’est : « la source et l’inspiration morale de l’enseignement de la compassion qui est si omniprésente dans la loi juive ».

C’est également pourquoi la Haggada commence par le « A la’hma anya », cette invitation à ceux dans le besoin à venir nous rejoindre.
En effet, si un autre juif n’a pas de quoi faire son Séder, alors forcément je n’ai pas la tête à pouvoir entamer le récit de la sortie d’Egypte!

+ Savez vous pourquoi nos ennemis s’efforcent constamment de nous anéantir?

C’est parce que : « nous ne sommes pas un » (chélo é’had bilvad – שֶׁלֹּא אֶחָד בִּלְבָד)!
Ce terrible manque d’unité parmi les juifs est la cause première pour laquelle : « nos ennemis se lèvent contre nous pour nous anéantir » (amad alénou lé’haloténou – עָמַד עָלֵינוּ לְכַלּוֹתֵנוּ).

Et si ce n’est : « Hachem qui nous sauve de leurs mains, nous aurions cessé d’exister » (Hadadoch barou’h matsilénou miyadam – הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַצִּילֵנוּ מִיָּדָם).

[Sfat Emet – commentant le « Véhi Chéamda »]

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-> Le ‘Hatam Sofer enseigne que l’unité est une qualité énorme lorsqu’il s’agit de servir Hachem, tandis que la division est détestable.
Ce n’est pas une coïncidence si le mot : ‘hamets (חמץ) a la même guématria que le mot : ‘halak (divisé/division – חָלַק – cf. dans le verset Hochéa 10,2), puisque le ‘hamets qui représente le yétser ara, n’est que disputes et divisions (midrach Béréchit rabba 38,6).
D’un autre côté, la matsa (מַצָּה) a la même guématria que le mot : « kahal » (קהל – assemblée), qui a pour acronyme : « kérvanou amakom laavodato » (Hachem nous a rapproché de Son Service – קרבנו המקום לעבודתו).

[Drachot ‘Hatam Sofer – vol.2 p.256]

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-> Autre citation à ce sujet : https://todahm.com/2017/04/26/5230

Cette nuit du Séder, les portes du Ciel sont ouvertes aux prières et aux bénédictions.
Nos Sages rapportent que c’est le soir de Pessa’h que Yaakov a été béni par son père Its’hak.

[Rav ‘Haïm Palagi]

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-> Dans de nombreuses Haggadot, avant le « Ma nichtana », se trouvent les mots : « Ici l’enfant demande » (kan aben choél).
Il y a un message profond :
– ici = en cette nuit du Séder, c’est un moment propice ;
– l’enfant = pour chaque juif, qui est un enfant de Hachem ;
– demande = de demander à son Père qui est au Ciel, pour tous ses besoins, requêtes et bénédictions Divines en abondance.

[le Beit Aharon – rabbi Aharon Perlow de Stolin]

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-> Le Arizal écrit que nos Sages ont mentionné que celui qui se renforce en une émouna complète au moment où il lit la Haggada est sûr et certain de recevoir l’aide de Hachem et la réponse à ses demandes.

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+ Pourquoi est-ce qu’à partir du 1er jour de Pessa’h, nous arrêtons de demander la pluie dans la amida (morid aguéchem), qui symbolise la richesse et la subsistance? Ne devrions-nous pas continuer à le demander durant toute l’année?

-> La réponse est que la matsa que nous mangeons pendant la nuit de Pessa’h est : un pain de misère, de pauvreté (« lé’hem oni »), sur lequel nos saints livres disent que c’est une ségoula pour la parnassa.

Ainsi, en réalisant comme il se doit cette mitsva la 1ere nuit de Pessa’h, nous subvenons à nos besoins pour le restant de l’année.
En effet : « matsa lé’hem oni » (מצה לחם עני) a la même guématria que : « guéchem » (la pluie – גשם).

[Rabbi Tsvi Elimélé’h de Dinov – Bné Yissa’har]

« Tout le monde doit chercher dans la crainte à accomplir les directives de nos Sages qui ont arrangé le Séder et la Haggada.
Ne laissons rien apparaître à nos yeux comme sans importance, car même si plusieurs choses peuvent nous paraître secondaires … il n’y a rien d’insignifiant parmi elles. »

[le Maharal]

« En se souvenant de la sortie d’Egypte, un juif doit se rappeler à lui-même de ne jamais désespérer d’un combat spirituel, peu importe à quel point sa situation peut être sombre. »

[Rabbi Tsadok haCohen de Lublin]