En raison de Sa compassion, Hachem ne commence pas par envoyer de punition sur la personne directement.
[midrach Vayikra rabba 17,4]

[pour nous éveiller au repentir, D. essaye d’abord de nous punir sur une petite chose, et ensuite il envoie une punition plus grave, espérant que nous recevions le message au plus vite.]

Le midrach dit qu’Hachem désire avoir une demeure ici-bas (littéralement : dans les bas – bata’htonim).
En effet, quelqu’un qui a fauté et qui sent qu’il est spirituellement très bas risque de s’attrister et de désespérer.
Vient le midrach dire qu’en fait, Hachem désire résider ici-bas, c’est-à-dire auprès des personnes qui sont à un niveau spirituel très bas.
Ainsi, bien au contraire, cette personne doit se renforcer justement parce qu’il est très bas, car c’est maintenant, dans sa bassesse, que s’il décide de servir Hachem, c’est lui qui réalisera le Désir d’Hachem de résider ici-bas, c’est-à-dire parmi ceux qui sont bas.
[Bien sûr, il ne faut pas utiliser cet enseignement pour se permettre à priori de fauter en se disant que par le repentir, on réalisera encore plus le plaisir d’Hachem]
[Pélé Yoets]

En prononçant les mots de la prière avec naïveté et pureté, on arrive à percer les Cieux pour amener les autres à faire téchouva.

[rabbi Na’hman de Breslev]

« Reviens Israël jusqu’à Hachem ton D. » (Ochéa 14,2)

-> Le rav ‘Haïm Friedlander enseigne :
Le prénom Israël représente un degré supérieur lié à la perfection, alors que Yaakov représente un niveau ordinaire.
De même, quand le peuple juif est appelé Israël, cela fait allusion à son niveau élevé (Zohar haKadoch – A’haré Mot 73a) …

Nos Sages (Yoma 86a) expliquent : « ad Hachem Elokékha » (jusqu’à Hachem ton D.), signifie « jusqu’au Trône céleste », car c’est effectivement de là que proviennent toutes les âmes du peuple juif …

Pour construire un immeuble, il est indispensable d’établir un plan précis, depuis les fondations jusqu’au dernier étage.
Il en est de même dans le processus de téchouva, il convient, dès le début d’aspirer à atteindre Hachem : sans cela, il nous sera impossible d’y parvenir.

Le Saba de Novardok compare celui qui se suffit de changer quelques actions à un homme qui se trouve dans un train roulant en direction inverse de là où il veut se rendre. Lorsqu’on le lui fait remarquer, au lieu de changer de train, il change de place et s’assoit de manière à faire face à sa destination. Bien entendu, il n’y parviendra jamais!

[Le rav Friedlander précise toutefois que] même si la motivation doit être forte, sa mise en œuvre doit commencer par de petites actions, et progresser étape par étape, pour atteindre ensuite des niveaux plus élevés …

Même lorsque les juifs se trouvent à un niveau très bas, le prophète Ochéa les appelle Israël pour nous enseigner que le principe de la téchouva consiste à aspirer, dès le début, à accéder au Trône Divin.

Néanmoins, le rav Eliyahou Dessler dit que les mauvaises tendances de l’homme s’enracinent et sont acquises par l’âme. C’est pourquoi nous avons grandement besoin de l’aide Divine, et de prier Hachem en ce sens.
Le Roch (Or’hot ‘Haïm 69) écrit : « Implore constamment Hachem afin qu’Il pousse ton cœur à accomplir Ses mitsvot ».

Le rav Dessler, rapporte au nom de rav Israël Salanter, qu’une prière concernant le domaine spirituel est toujours exaucée.
Rav Yéhouda ha’Hassid (Séfer ‘Hassidim 131) assure également : « Si un homme prie Hachem de tout son cœur pour tout ce qui a trait à la Torah et au spirituel, Il exaucera sa prière ».

[Le rav Friedlander conclut que ] nous devons ambitionner d’atteindre un haut niveau dans l’étude de la Torah, la prière, le service Divin.
Alors que dans le domaine matériel, où l’homme doit se suffire de ce qu’il a et s’en réjouir, dans le domaine spirituel il faut être gourmand et avide, et se fixer des objectifs élevés.
Ainsi, en implorant Hachem pour qu’Il nous aide à assouvir nos aspirations, nous pourrons parvenir à la perfection et accéder par notre téchouva au Trône Divin.

Nos Sages (guémara Béra’hot 34b) disent qu’à l’endroit où se tient l’homme qui s’est repenti, même les tsadikim parfaits ne peuvent s’y tenir.
En effet, un homme qui a fauté, quand il se repent, il imagine que sa faute ne pourra pas être corrigée sans qu’Hachem le sauve gracieusement. Ainsi, il crie et implore tellement que ses cris atteignent des hauteurs si élevées, à un endroit où même les plus grands tsadikim n’ont pas accès.

[Mé haChiloa’h]

Dissimuler ses péchés ne porte pas bonheur. Celui qui les reconnaît et y renonce [par sa téchouva] obtient miséricorde.

[Michlé 28,13]

« Tous les gains d’une personne sont prédéterminés d’un Roch Hachana à l’autre »
[guémara Beitsa 16a]

-> Un riche marchand s’adressa au ‘Hafets ‘Haïm pour qu’il bénisse le succès d’une entreprise commerciale.
Le tsadik répondit : « Que la volonté de D. fasse que tu jouisses de l’argent qui était inscrit dans ton registre céleste à Roch Hachana et qui y a été scellé le jour de Kippour ».
L’homme riche fut déçu : « Qui a besoin d’une telle bénédiction puisque Hachem l’aurait accordé de toute façon? »

Le ‘Hafets ‘Haïm expliqua : « Te souhaiter plus qu’il ne te fut alloué à Roch Hachana et Yom Kippour est impossible. Mais prier pour que tu jouisses de ta part exacte est une grande chance.
Certains hommes sont mus par l’avidité et l’ambition d’augmenter leurs richesses … ils s’arrangent pour gagner beaucoup plus qu’il ne leur a été alloué à Roch Hachana.
Mais il ne leur est pas possible de le garder, car il ne leur a pas été donné par D.
Ils penseront que leur fortune leur cause bien du souci, car ils sont condamnés à de lourdes pertes pour être débarrassés de toutes les sommes qu’ils ont gagnées en trop et sans autorisation.
C’est pourquoi, la meilleure bénédiction est de gagner le montant exact, déterminé au début de l’année, pour pouvoir jouir de chaque centime, sans avoir à subir la plus petite perte financière! »

<—>

-> Le ‘Hafets ‘Haïm dit également : « Quand quelqu’un me dit qu’il gagne sa vie, mais que ça ne lui ferait pas de mal de gagner un peu plus, je lui demande : « Comment sais-tu que ça ne te ferait pas de mal? »
Hachem a évidemment le pouvoir de donner plus d’argent à un homme. S’Il ne le fait pas, c’est que d’avoir plus d’argent ne ferait qu’empirer les choses! »

Les jours suivants Yom Kippour

+ Les jours suivants Yom Kippour :

1°/ Entre Yom Kippour et Souccot :

-> « On ne doit pas réciter les Ta’hanounim … de Kippour à Souccot ». (Choul’han Aroukh – Ora’h ‘Haïm 624,5)

Le Magan Avraham ajoute qu’on n’a pas le droit de jeûner pendant ces jours, et il explique : « Ce sont des jours joyeux, car à l’époque du roi Shlomo, l’inauguration du Temple a eu lieu pendant ces jours là ».

-> Pendant les jours entre Yom Kippour et Souccot, nous sommes toujours propres de toute faute, car l’expiation de Yom Kippour s’étend sur les 4 jours qui le suivent, notamment parce que les juifs préparent joyeusement le Yom Tov de Souccot.
[Chla haKadoch (Souccat – Torah Ohr – 2)]

<—>

-> La guémara (Yoma 20a) enseigne que le Satan n’a pas la permission d’accuser à Yom Kippour.
Comment sait-on cela?

La guématria de : « haSatan » (le Satan – השטן) est de 364, ce qui implique que le Satan peut accuser les juifs pendant 364 jours de l’année [solaire], mais durant un jour (le 365e jour), il reste silencieux . Ce jour est Yom Kippour.

Le Yaarot Dvach (2,10) demande : la guématria de : haSatan (השטן) est de 364, mais la guématria de : Satan (שטן) est de 359.
Il semble que le Satan n’a la permission de parler [pour accuser les juifs] que pendant 359 jours de l’année solaire, ce qui laisse 6 jours par an où il reste silencieux.

Le Yaarot Dvach répond qu’en effet d’une certaine façon, il y a 6 jours chaque année où le Satan doit rester silencieux et ne peut pas accuser. Il s’agit des jours allant de Yom Kippour jusqu’après le 1er jour de Souccot.
Cela nous indique le caractère unique de ces jours.

<—>

-> Dans le Téhilim (60,8), il est écrit : « Elokim dibér békodcho ééloza, a’haléka ché’hem véémek Souccot amadèr » (« Hachem a annoncé dans Son Sanctuaire : « J’exulterai, je veux diviser Sé’hem et mesurer la vallée de Souccot »).

Le rabbi Yissa’har Dov de Belz explique ce verset ainsi :
– « Hachem a annoncé dans Son Sanctuaire » (Elokim dibér békodcho) = Hachem dit que …

– « ééloza » (אֶעְלֹזָה) = … Je me réjouirai (אֶעְלֹזָ – ה) avec les 5 jours d’expiation, qui sont le jour de Kippour et les 4 jours suivants.
Hachem dit qu’Il se réjouit en ces jours en raison de Son amour pour les juifs, qui sont nettoyés de leurs fautes.

– « a’haléka » (אֲחַלְּקָה) = peut se lire : אֲחַלְּקָ – ה = ce qui implique que ces 5 jours sont séparés de tous les autres jours de l’année.

– « ché’hem » (שְׁכֶם) = ce mot a une guématria de 360.
Il y a 365 jours dans une année solaire. Ainsi, Hachem dit : אֲחַלְּקָ – ה שְׁכֶם = Je séparerai 5 jours de שְׁכֶם, des 360 autres jours de l’année.

=> Comment peut-on sanctifier les 360 autres jours de l’année?
La mitsva de la Soucca permet d’y parvenir.
En effet, la mitsva de la Soucca projette de la sainteté sur chacun des jours de l’année.

La guémara dit que la Soucca peut avoir jusqu’à 20 amot de haut, soit 120 téfa’him.
[Pour être cashère,] un Soucca a bessoin d’au moins 3 murs.
On arrive à un total de 360 téfa’him (120 téfa’him * 3 murs).
=> Cela indique que les mitsva de la Soucca sanctifie les autres 360 jours de l’année.

D’ailleurs, cela est en allusion dans les 3 mots suivants du verset de Téhilim (ci-dessus) : « véémek Souccot amadèr » = les mesures de la Soucca projettent de la sainteté sur le restant de l’année, afin que l’année toute entière soit sainte.

<—>

+ L’étude de Torah entre Yom Kippour et Souccot :

-> La guémara (Shabbath 119b) parle de la qualité de l’étude de Torah des enfants.
Elle affirme : « Le monde existe par le mérite de la Torah des enfants.
Rav Papa demande à Abayé : « Qu’en est-il de ma Torah, et de ta Torah? »
Abbayé répond : »La voix [d’un enfant] qui n’a pas de fauté est incomparable à la voix de quelqu’un qui a fauté [et qui s’est donc souillé par la faute] ». »

=> Les enfants sont considérés comme n’ayant jamais fauté, et ainsi leur Torah est si précieuse, pure, que cela soutient l’existence du monde entier.

Le rav de Kozheglov (Séfer Erets Tsvi) écrit que pendant les 4 jours entre Yom Kippour et Souccot, les adultes sont également propres de toute faute (grâce au nettoyage de Kippour!), et ainsi leur Torah a également le potentiel de soutenir le monde.
De plus, un adulte a une obligation d’étudier la Torah, ce qui n’est pas le cas chez un enfant.
Or, nos Sages (guémara Kidouchin 31a-b) disent que celui qui fait une bonne action parce qu’il en a reçu l’ordre, recevra une récompense plus grande que s’il la faisait sans ordre.

=> Il en découle que pendant ces jours (entre Kippour et Souccot), lorsqu’un adulte étudie la Torah elle a non seulement la qualité exceptionnelle de l’étude des enfants, mais en plus elle a la valeur de celles des adultes.

[on peut noter que dans cette même guémara, rabbi Yéhouda haNassi dit : « On ne doit pas interrompre (l’étude de Torah) des enfants, même afin de construire le Temple ».]

<—>

-> b’h, également à ce sujet : http://todahm.com/2017/10/17/de-kippour-a-souccot

<—>

2°/ Entre Kippour et Hochana Rabba :

-> « Recherchez Hachem pendant qu’Il se trouve. Appelez-Le tant qu’il est proche » (Yéchayahou 55,6).

La guémara (Roch Hachana 18a) enseigne que : « Il s’agit des 10 jours entre Roch Hachana et Yom Kippour ». (élou assara yamim chébén Roch Hachana léyom haKippourim)

Pendant les 10 jours entre Roch Hachana et Kippour, Hachem est proche de nous, et prêt à [facilement] accepter notre téchouva.

Le Chla haKadoch (Souccat – Torah Ohr – 70) demande : Il y a seulement 7 jours entre Roch Hachana et Yom Kippour. Pourquoi la guémara dit-elle littéralement qu’il y a 10 jours?
[en effet, les 10 jours de téchouva incluent : 2 jours de Roch Hachana et 1 jour de Kippour, laissant 7 jour entre!]

Le Chla haKadoch répond que lorsque la guémara dit : « 10 jours entre Roch Hachana et Kippour », cela fait également allusion aux 10 jours entre Yom Kippour (le 10 tichri) et Hochana Rabba (le 21 Tichri).

[cela peut s’expliquer par le fait qu’il est fait référence à Yom Kippour en tant que Roch Hachana (Yé’hezkel 40,1 : « à Roch Hachana le 10 du mois » – Kippour tombe le 10 tichri).
De son côté, Hochana Rabba est appelée Yom Kippour, car le verdict final de Kippour n’est scellé qu’à Hochana Rabba.]

=> Le moment principal pour faire téchouva est durant les 10 jours de téchouva, cependant : « Recherchez Hachem pendant qu’Il se trouve » fait également allusion aux 10 jours entre Yom Kippour et Hochana Rabba, qui sont également des moments idéals pour la téchouva et la pureté des juifs.

Le lendemain de Yom Kippour

+ Le lendemain de Yom Kippour :

-> Les Séfarim appellent le lendemain de Kippour : « Sim’hat Cohen » (la joie du Cohen). En effet, comme l’explique le Yaavets, le lendemain de Kippour le Cohen Gadol faisait un grand repas et il y invitait ses amis et proches. C’était une journée de fête pour lui, car il a pu sortir en paix du Saint des saints.

De leur côté les Ashkénazim dénomment ce jour : « Got Noumen » (le Nom d’Hachem).
=> Pourquoi cela?

-> Le Baal Chem Tov dit qu’en ce jour (lendemain de Kippour), nous commençons à dire de nouveau dans la Amida : « aKél haKadoch » (le D. Saint – האל הקדוש), tandis que pendant les 10 jours de téchouva nous disions : « amélé’h aKadoch ».
[kél est un Nom Divin lié à la bonté (‘hessed)]

C’est pourquoi, ce jour est appelé : « le nom d’Hachem », comme un rappel que nous revenons à la formulation habituelle avec le Nom Divin, dans cette 3e bénédiction de la Amida.

-> Le rabbi Yissa’har Dov de Belz enseigne qu’à Yom Kippour, toute la nation juive entend le Cohen Gadol dire le Chem haMéforach (le Nom Divin Havaya tel qu’il est écrit), et ils tombent sur leur face et disent : « barou’h chem kévod mal’houto léolam vaéd ».
[de nos jours, il s’agit des moments dans le moussaf où nous nous étalons face contre terre à l’énumération de ces mots]

La guémara (Yérouchalmi Yoma 3,7) rapporte qu’immédiatement après Yom Kippour, tout le monde oubliait comment on prononce ce Nom Divin, puisque la bonne prononciation du Nom de Hachem doit rester un secret, connu uniquement de personnes choisies (cf. guémara Kidouchin 71a).
Le matin qui suit Yom Kippour, tout le monde se demandait l’un l’autre : « Est-ce que tu te rappelles comment le Cohen Gadol a prononcé le Nom d’Hachem? »
On luttait pour s’en rappeler, mais personne n’arrivait à s’en souvenir.
=> Puisque les gens parlait tant du Nom d’Hachem, le jour qui suit Yom Kippour est appelé : « Got Numen ».

-> Le rabbi Moché Mordé’haï de Lelov dit : Après Yom Kippour, chaque juif est nettoyé de ses fautes. Ainsi, tous les juifs sont sur le même niveau.

La lettre « youd » représente un juif (yudden), ainsi la pluralité est symbolisée par 2 youd, qui sont en ce jour au même niveau, l’un à côté de l’autre, et cela forme le nom de Hachem (יי).
C’est pour cette raison que le jour qui suit Yom Kippour est appelé : « Got Numen ».

Le rabbi de Lelov fait remarquer que dans la Torah
– lorsque 2 points sont au même niveau, l’un à côté de l’autre, alors ils forment le Nom Divin, allusion au fait que Hachem réside parmi les juifs lorsqu’il sont en paix.
– lorsque 2 points sont l’un sur l’autre, qu’un point pense être supérieur à l’autre, alors c’est un « sof passouk » (une séparation en 2 versets). C’est une allusion au fait que lorsqu’un juif a des sentiments d’orgueil, de supériorité par rapport à autrui, alors il y a un point (une séparation), signe que Hachem s’en va et ne réside pas parmi nous.
[Est-ce que notre dispute vaut le fait de faire partir Hachem, la source des bénédictions, de parmi nous?]

Par exemple, nos Sages (guémara Sota 17a) enseignent : « Lorsqu’un homme et une femme vivent en paix, ils méritent que la Présence Divine réside parmi eux ».
Dès qu’il y a un conflit entre eux, alors Hachem s’en va.

Le Baal Chem Tov fait remarquer que le mot Etrog (אתרוג) est l’acronyme de : אַל תְּבוֹאֵנִי רֶגֶל גַּאֲוָה (Que le pied de l’orgueil ne m’atteigne point – Téhilim 36,12).
Or, Hachem dit : « Moi et lui [celui qui est arrogant] ne peuvent pas résider dans le même monde » (guémara Sotah 5a).
=> Ainsi, nous voulons être humbles afin que Hachem soit toujours présent parmi tous les juifs, nous comblant du meilleur!

Manger la veille de Yom Kippour

+ Manger la veille de Yom Kippour :

-> « Il y a une mitsva de manger la veille de Yom Kippour, de grands repas » (Choul’han Aroukh 604).

-> « Vous jeûnerez dès le 9 du mois au soir » (A’haré Mot 23,32)
Yom Kippour est le 10 [du mois], pourquoi le verset parle de jeûner le 9?
Selon nos Sages (guémara Béra’hot 8b), cela signifie que si nous mangeons en ce jour, alors nous serons récompensés comme si nous y avions jeûné.

-> Le Lévouch explique que Hachem récompense proportionnellement aux efforts et aux difficultés impliqués dans l’observance des mitsvot.
Hachem souhaite nous donner une grande récompense pour le fait d’avoir manger la veille de Yom Kippour, et c’est pour cela qu’Il considère comme si nous avions jeûné, ce qui est plus difficile et qui a donc une récompense plus importante.

-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 4,8-10) donne 3 raisons :
1°/ Nous mangeons et fêtons le fait que nos fautes seront pardonnées le jour de Kippour.
[Selon nos Sages (à la fin de Taanit), Yom Kippour est un des jours les plus joyeux de l’année juive, car en ce jour nous sommes nettoyés de toutes nos fautes.]
Rabbénou Yona écrit : « La joie que nous exprimons à ce moment où nos fautes sont pardonnées, témoigne du fait que nous nous préoccupons de nos fautes, et que nous regrettons de les avoir faites ».

[ainsi, plus nous avons conscience des conséquences dramatiques et de l’étendue de nos fautes, que nous regrettons cela, alors plus nous explosons de joie en ayant la capacité de pouvoir les expier!]

2°/ Rabbénou Yona écrit : « A tous les autres Yom Tov, nous célébrons par un repas festif … car la joie que nous avons permet d’augmenter immensément la récompense des mitsvot …
Mais puisque nous jeûnons à Yom Kippour, nous devons avoir un repas la veille de Kippour afin de pouvoir exprimer notre joie de la mitsva. »

3°/ Il écrit : « Nous jeûnons [la veille de Kippour] afin d’avoir la force de beaucoup prier et de rechercher des moyens pour faire téchouva à Yom Kippour ».

<—>

-> Rabbi Moché Cordovéro (Avodat Yom haKippourim) explique qu’à Yom Kippour tous les gens sont généralement inquiets du résultat du jugement. Ils ne sont ainsi pas totalement heureux.
Leur abattement empêche Hachem d’accepter leur service Divin (car Hachem désire qu’on Le serve dans la joie).
C’est pourquoi la Torah nous ordonne de manger et d’être joyeux la veille de Kippour.
Cette joie continue lorsque nous réalisons les mitsvot de Yom Kippour, et Hachem accepte alors notre service de Kippour.

-> La joie possède un formidable pouvoir d’adoucir la rigueur des décrets.

Certains y voient une allusion dans le verset (Téhilim 47,7) : « zamérou Elokim zamérou » (le terme « zamérou » peut signifier à la fois un air et à la fois « couper »), car grâce à la joie suscitée par les airs, les chants de Kippour, il est possible de couper la mesure de rigueur (évoquée) par le nom Elokim.

[ce n’est pas une joie d’insouciance, mais plutôt une conscience de la gravité de la situation face à laquelle il y a une miséricorde, un amour infini de Hachem.
Nous sommes fou de joie de pouvoir grâce à la téchouva : « être aimé, agréable à Ses yeux [de Hachem], proche de Lui et l’objet de Son affection » (selon les mots du Rambam – Halakhot Téchouva 7,6).]

-> Nous récitons de nombreuses prières à notre Roi, notre Père au Ciel, mais les anges interceptent nos prières et ne les laissent pas monter jusqu’au Ciel.
C’est pour cela que nous chantons des mélodies (airs traditionnels), car alors les anges ne voit pas d’importance dans nos paroles, et ils les laissent monter jusqu’au Ciel.
Ils ne savent pas que caché dans ces airs se trouvent nos requêtes pour l’année à venir.
Hachem comprend notre message dissimulé, et nous accorde toutes nos demandes.
[rav Elimélé’h Biderman (Kippour)]

-> Dans les Ta’hanounim (supplications) du lundi et du jeudi, nous disons : « apotéa’h yad bitéchouva lékabél poch’im vé’hola’im niv’ala nafchénou mérov itsvonénou » (Il [Hachem] ouvre Sa main au repentir pour recevoir les pêcheurs et les fauteurs, notre âme est stupéfaite de tant de tristesse).

Le rabbi Moché de Korbrin explique qu’on s’interroge tous : comment pouvons-nous être tristes alors que Hachem a Sa main si grandement ouverte pour accepter tout fauteur, quoiqu’il ait pu faire?
[comment ne sommes nous pas davantage fou de joie, de reconnaissance envers Hachem, pour cette si belle opportunité d’expier nos fautes, même les plus graves!]

[cela est tellement plus réel à Yom Kippour (journée dédiée à la téchouva), et nous devons donc exprimer notre joie et notre reconnaissance à Hachem de pardonner si facilement toutes nos fautes.
D’où la mitsva de manger la veille de Kippour.

Certes le jugement est impitoyable, effrayant, mais le juge suprême est notre papa Hachem, qui nous aime plus que tout!]

<—>

-> Le ‘Hatam Sofer dit que Hachem place dans nos cœurs le désir de faire téchouva, ainsi nous ne méritons pas de récompense pour faire téchouva.
Nous recevons une récompense pour le fait de nous réjouir de pouvoir faire téchouva, et d’ainsi pouvoir se rapprocher de papa Hachem.

En effet, la téchouva implique de changer notre routine/nos habitudes, d’abandonner des plaisirs interdits, et cela nécessite des efforts, et le corps humain n’aime pas subir cela.
Ainsi, il est naturel à une personne de ne pas être pleinement heureuse dans sa téchouva (à la réalisation des implications).
Cependant, nous devons être joyeux car nous savons que nous devenons par cela les bien-aimés de Hachem et que nos âmes sont nettoyées des saletés qui étouffaient notre âme.

=> Notre joie est notre part et notre mérite dans le processus de la téchouva.

[la mitsva de manger la veille de Kippour vient nous aider à avoir une téchouva la plus parfaite possible, car réalisée dans la joie!
Hachem nous attire vers Lui par amour, et nous Lui répondons par une joie folle de pouvoir se retrouver au plus proche de Lui!]

-> D’ailleurs telle est une explication du Téhilim (14,7) :
– « mi yitén mitsion yéchouat Israël » = comment la nation juive peut-elle être libérée et mériter le machia’h?
– « béchouv Hachem chévout amo » = en effet, bien que nous fassions téchouva, c’est « béchouv Hachem » (par le biais d’Hachem), qui place dans notre cœur le désir de faire téchouva.
– la réponse est : « yaguél Yaakov yichma’h Israël » = la réponse est : nous sommes dans la joie de pouvoir expier nos fautes, et par cela nous méritons d’être libérés [de notre exil actuel].

[Le rav ‘Haïm Friedlander (Sifté ‘Haïm – Vol.1) écrit :  »Étant donné que Yom Kippour est un jour de miséricorde divine, il y a une aide spéciale du ciel présente ce jour-là, qui incite l’homme à faire téchouva. Cela s’applique [même] à une personne qui ne mérite pas d’aide selon la stricte loi.
Tel est le pouvoir de ce jour extraordinaire (Kippour) : le Ciel aide l’homme à faire Techouva. » ]

<—>

-> Le Sfat Emet enseigne qu’il y a une mitsva de bien manger la veille de Yom Kippour afin d’être de bonne humeur en ce jour, ce qui facilitera le fait de se pardonner l’un l’autre.
En effet, une partie essentielle du pardon de Yom Kippour est le pardon avec autrui.

Nos Sages affirment que l’expiation des fautes dépendrait davantage du 9 Tichri (la veille de Kippour) que du 10, car c’est le 9 que les juifs doivent faire régner la paix entre eux.
En effet, la guémara (Yoma 81b) enseigne que les fautes commises entre l’homme et son prochain ne sont pas expiées tant que le fauteur n’a pas obtenu le pardon de la personne lésée.

[Hachem est tellement rempli d’amour, de miséricorde, que c’est « facile » d’obtenir son pardon (quelques mots et ça suffit!), et il n’y a pas de problème d’égo, de sentiment humiliant de devoir se rabaisser à demander pardon car on ne joue pas dans la même catégorie (c’est Hachem!).
Ce n’est pas pareil avec autrui, d’où la nécessité d’être très vigilant dans nos relations avec notre prochain (l’autre c’est du feu!).]

Le Sfat Emet écrit : « Hachem a donné la mitsva de manger et de boire la veille de Kippour afin qu’une personne soit dans un bon état d’esprit …
Hachem ordonne de manger et de boire afin que les cœurs soient joyeux, ce qui aide à unifier tous les juifs dans l’amitié en ce jour [de Kippour] où ils se tiennent devant Hachem. »

-> Demander pardon amène une expiation aux 2 parties : chez celui qui a nuit à son prochain et qui lui demande pardon, et chez celui qui accepte le pardon

– Celui qui a fauté avec autrui, obtenir le pardon de son prochain est le seul moyen permettant d’obtenir une expiation de sa faute (cf. guémara Yoma 81b rapporté ci-dessus)
[il faudra également demander pardon à Hachem pour cette faute, pour avoir profaner sa volonté (mitsva ben adam la’havéro)]

– Le Choul’han Arou’h (606,1) dit : « Lorsque quelqu’un te demande pardon, pardonnes-lui. Ne soit pas cruel! »
La michna Béroura explique que celui qui accepte le pardon y gagne, car de la même façon qu’il pardonne à son prochain, Hachem va lui pardonner.

Dans sa note en bas de page du Chaar haTsion, la michna Béroura développe davantage : « L’explication est que le Ciel agit mesure pour mesure. Ainsi, si ton prochain se rebelle contre toi, et il t’a délibérément blessé, tu dois lui pardonner car alors les fautes que tu as commises intentionnellement seront également pardonnées. »

[ainsi de même que tu pardonnes à autrui qui faute avec intention envers toi, de même Hachem en viendra à te pardonner d’avoir fauter devant Lui.]

De même à ce sujet, la guémara (Yoma 23) affirme: « Quiconque cède sur son honneur est digne qu’on cède sur ses péchés ».

-> Il existe un niveau encore plus élevé : pardonner à son prochain avant même qu’il ne vienne nous demander pardon.
En ce sens, chaque soir dans le Shéma avant de dormir, nous proclamons que nous pardonnons à toute personne qui aura fauté envers nous.
En agissant ainsi, nous verrons des miracles.
[rav Elimélé’h Biderman]

[ => On a une mitsva de manger la veille de Yom Kippour pour nous réjouir et en venir à s’unir avec notre prochain.
Cela doit développer en nous à quel point nous sommes gagnant de toujours rechercher la paix, qui est, selon nos Sages, le canal permettant à Hachem de pleinement nous déverser Ses meilleures bénédictions. ]

<—>

-> Le Maharal (Nétivot Olam) écrit que lorsque quelqu’un faute contre son prochain, et qu’il regrette ce qu’il a fait, il va souvent se mettre à genoux devant son prochain afin de l’apaiser et lui demander pardon.
En agissant ainsi, son prochain va se baisser pour écouter ce qu’il a à dire, et leurs visages sont alors très proches.

Cela est une allusion au lien très proche entre Hachem et les juifs, lorsque nous disons le vidouï (confession de nos fautes) et lui demandons pardon pour nos fautes.

[ainsi, nous devons savoir descendre de notre superbe, en reconnaissant qu’on s’est mal comporté, comme en témoigne le fait de s’agenouiller, et ensuite Hachem se place en face de notre visage, très près de nous, pour entendre avec un énorme amour et joie nos paroles.
D’une certaine façon on peut dire que de même que nous diminuons notre égo, en étant prêt à reconnaître à notre prochain qu’on s’est trompé, qu’on a mal agi, et en lui demandant pardon, de même, Hachem va se rapprocher de nous pour écouter nos paroles (prières) et encore davantage nous combler de bénédictions (tellement il est heureux de voir de l’amour entre Ses enfants [juifs]).]

=> Nous célébrons cela la veille de Yom Kippour en mangeant. Quelle chance d’avoir de tels frères juifs si magnifiques, et un papa Hachem qui nous aime au-delà de toute perception.

<—>

Il est important de se rappeler que ce que veut Hachem c’est notre cœur (la 1ere et la dernière lettre de la Torah forment : lév (cœur).

Le rabbi Mendel de Kotsk dit que notre yétser ara nous laisse accomplir toutes les mitsvot que l’on veut tant que nous n’y mettons pas de la sincérité, du cœur.

Combien de fois par jour nous utilisons l’expression : « pardon! », « désolé », sans avoir le moindre regret. (ex: Pardon, puis-je passer? Pardon passer moi le plat? …)
Il n’y a aucun regret, c’est uniquement une façon de parler.

De même, notre vidouï (confession des fautes), doit venir de notre cœur qui est brisé par les regrets, et non pas uniquement de nos bouches qui bougent en lisant des mots qui se trouvent dans le Sidour.

=> Selon nos Sages : « Plus notre degré de regret est important/authentique, plus l’expiation de nos fautes sera importante ».

Le rabbi Barou’h de Mézibou’h rapporte que Hachem nous dit : « chala’hti kidvaré’ha » = je vous pardonne en fonction de vos paroles. Ainsi, notre expiation dépend de l’intensité de regret que nous pouvons avoir. Il faut de l’émotion!

[la mitsva de manger la veille de Kippour aide à avoir des forces pour mettre de la vie dans nos prières de Kippour, et ainsi mériter obtenir le maximum de bénédictions pour l’année à venir.]

<—>

-> Le rabbi Yéhochoua de Belz transmet l’idée suivante :
A un jeûne normal, nous perdons du sang et de la graisse, et c’est comme si on s’était sacrifié sur l’autel (mizbéa’h).

En raison de la particularité du jeûne de Kippour, nous ne voulons pas que ce soit de la graisse ou du sang classique qui soit sacrifié.
Nous voulons offrir en sacrifice de la graisse et du sang qui proviennent d’une mitsva.
C’est pourquoi nous avons une mitsva de manger la veille de Yom Kippour.

Manger augmente la graisse et le sang dans le corps, et lorsque nous jeûnons à Kippour, nous sacrifions ces calories saintes à Hachem.
En ce sens, nous devons manger nos repas avec de la crainte du Ciel.

Le Beit Avraham dit qu’en mangeant la veille de Kippour, nous devons nous imaginer qu’un lion est en face de nous.

<—>

-> Le Yichma’h Moché enseigne :
Un jour viendra où nous nous tiendrons devant le beit din d’En-Haut (la court Céleste) [pour notre jugement final]. Nous revêtirons notre talit et un habit blanc (ex: un kittel), et nous dirons le viouï (confession des fautes), exactement comme nous le disons actuellement [le jour de Kippour], mais cela ne nous aidera pas. [en effet, une fois mort, il est trop tard pour faire téchouva, pour se faire pardonner nos fautes].
Cependant, nous pouvons encore tout réparer actuellement avec notre vidouï ».

[Quelle joie énorme! Nous célébrons en mangeant la veille de Kippour, le fait de pouvoir encore être en vie, grâce à D., et ainsi d’avoir l’opportunité de pouvoir être totalement blanchis à Kippour.
Certes personne ne connaît le jour de sa mort (la vie passant pour tous très rapidement), mais une chose est sûre : nous avons le droit à l’incroyable nettoyage par amour d’Hachem en ce Kippour.
Non seulement cela nous rapproche de D., mais en plus cela nous évite un nettoyage de nos fautes après notre mort qui est accompli dans de grandes douleurs. Nous sommes heureux d’en être dispensés, b’h.
Merci Hachem! ]

<—>

-> b’h, également sur ce sujet : http://todahm.com/2020/03/22/manger-et-boire-la-veille-de-yom-kippour