Avoir peur du lion

"Aryé (אריה) cha'ag mi lo yira" (Un lion rugit, qui n'aurait pas peur? - Amos 3,8).

Le mot 'aryé' (lion - אריה) renvoie aux yamim noraim (jours redoutables) :
- le א = renvoie à : אלול (Elloul) ;
- le ר = renvoie à : ראש השנה (Roch Hachana) ;
- le י = renvoie à : יום הכפורים (yom aKipourim) ;
- le ה = renvoie à : הושענה רבא (hochaana rabba).

Imaginons notre peur/crainte si nous avions un lion rugissant face à nous. Le verset nous dit que nous devrions avoir les mêmes sentiments lorsque ces jours approchent.

Rabbi Shlomo Teitelbaum demande : pourquoi est-ce que les gens qui vont au zoo n'ont pas peur en entendant les lions rugir? Au contraire, les gens en rigolent (un petit selfie!), se promènent tranquillement, et n'ont aucune crainte des lions.
Bien entendu la raison est parce que les lions sont en cage, qu'il y a une barrière solide entre les gens et les lions.

Rabbi Teitelbaum explique : nous avons le même problème pendant le mois d'Elloul.
Il y a un "rideau de fer" entre Hachem et nous, et c'est pour cela que nous ne ressentons pas de crainte particulière pendant le mois d'Elloul.

Selon nos Sages, Hochana Rabba est un jour propice pour retirer cette barrière, ainsi en ce jour nous demandons à D. de retirer ce "rideau de fer" (mé'hitsat abarzél) qui nous sépare de lui, et ce afin de nous permettre de ressentir Sa présence dans notre vie.

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-> Le rav Salanter (Ohr Israël - lettre 7) dit que le Shofar doit inciter une personne à se réveiller de son sommeil, à examiner ses actions et à abandonner toutes les futilités avec lesquelles il s'occupe.
Le Rambam (Hilkhot Téchouva) explique que la référence aux "personnes endormies", fait allusion à ceux qui ont oublié la vérité car ils sont trop accaparés par les occupations de ce monde. Ils sont endormis spirituellement parlant.
A ces gens, le Rambam dit que le Shofar crie : "Réveillez-vous! Examinez votre âme et améliorez vos actions! Abandonnez vos mauvaises actions et vos mauvaises pensées!

En effet, on peut être une très bonne personne, mais notre yétser ara nous a endormi dans une routine quotidienne. Sous le poids de nos préoccupations, nous n'avons pas le temps de penser.
La tête dans le guidon nous sommes à 100% pour ce monde où l'on n'est que de bref passage, négligeant de s'investir pour notre monde éternel!

Le rav Israël Salanter (Ohr Israël - lettre 10) écrit : "Les gens sont si préoccupés par les fardeaux de leur vie, qu'ils peuvent tomber dans la faute et ne rien ressentir du tout".
On peut être physiquement réveillé, mais notre conscience dort.
On est trop occupé pour avoir le temps de penser spirituel.
On est prisonnier d'une routine, nous agissons par habitude, plutôt que de mettre des pensées dans nos actions.
Vivre sans pensées spirituelles, c'est être endormi, sans vie.

=> Ainsi, le pouvoir de la routine est si fort que lorsque le mois d'Elloul arrive nous sommes nullement affectés (quelle différence à nos yeux? en apparence, c'est un mois comme un autre!). Nous continuons à vivre comme si de rien n'était!

Le Gaon de Vilna enseigne qu'à l'opposé de celui qui vit sa vie en fonction de ses désirs (moi, j'ai envie de ... et de ... ), il y a celui qui vit une vie avec la crainte d'Hachem (yir'at chamayim).
Avec de la yir'at chamayim, on a conscience du but de notre vie, et de notre finalité.
On comprend à quel point la vie est importante, et combien de belles choses on peut accomplir.
On a conscience que la vie n'est qu'un chemin du trajet vers notre destination finale, le monde à Venir, où l'âme rejoindra Hachem et où il y aura un plaisir inimaginable.
Ce n'est qu'avec de la crainte d'Hachem qu'on peut utiliser ce monde au maximum, qu'on peut réfléchir à nos actions et à quel point elles nous permettent d'accomplir notre mission dans la vie.

=> "Un lion rugit, qui n'aurait pas peur?" = certes Elloul, Roch Hachana, ... sont des rendez-vous annuels très propices pour nous réveiller de notre sommeil spirituel (ex: le Shofar), mais nous devons alimenter notre crainte d'Hachem, au point d'avoir une peur similaire à celle d'être face à un lion rugissant.

Nous devons faire de ces 4 convocations saintes des moments de rugissements du lion (D.) nous conduisant à nous blottir dans Ses bras (Mes enfants, revenez vers-Moi!).
Face à ce lion rugissant férocement, nous réalisons qu'Il est notre unique refuge, qu'Il est Le seul à nous permettre d'être en vie, que seul Lui peut nous sauver/aider à chaque instant.
A tout moment Hachem nous observe, et nous n'existons que grâce à lui (ex: selon nos Sages à chaque respiration notre âme veut nous quitter pour rejoindre le Ciel, mais Hachem lui ordonne de retourner dans notre corps).
Plus nous prenons conscience de la grandeur d'Hachem, de la gravité du rugissement, plus nous nous blottissons contre papa Hachem, et plus de là en découlement un amour puissant et fort qui nous illuminera l'année à venir.
Plus le lion rugit puissamment en nous (crainte d'Hachem), plus nous en viendrons à rugir avec force : "Hachem on t'aime! On ne compte que sur Toi! Il n'y a et on ne veut que Toi!"

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-> Bil'am décrit le peuple juif : "Voyez! Ce peuple se lève comme un léopard, il se dresse comme un lion" (Balak 23,24)

Cela témoigne que nous avons en nous cette capacité à s'élever de nos habitudes quotidiennes, de notre torpeur, et nous pouvons rugir comme un lion.
[Rachi commente ce verset : Quand ils se lèvent le matin après avoir dormi, ils (les juifs) sont forts comme une lionne ou un lion pour se hâter d’accomplir les mitsvot.]

=> "Un lion rugit, qui n'aurait pas peur?" = Ces jours nous rugissent, provoquant une grande peur. Mais ensuite nous devons faire un bilan, se développer, s'améliorer, et alors nous pouvons rugir.
L'idée est très importante : à l'image d'un lion qui a vécu toute l'année dans un poulailler, nous croyons que nous sommes de simples poules, et à l'approche des jours redoutables le rugissement des lions nous fait très peur.
Cela doit provoquer que nous élevons notre intériorité : nous prenons conscience de la grandeur d'un juif, nous agissons de façon beaucoup plus noble et spirituelle, ...
Ainsi au final, nous comprenons qu'à l'image du lion qui est le roi des animaux, les juifs sont au sommet de l'humanité, avec les responsabilités que cela implique.
D'ailleurs, le Zohar nous enseigne que si nous avions conscience d’à quel point Hachem aime chaque juif, nous rugirions comme des lions bondissant sur chaque opportunité de pouvoir faire Sa volonté.

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+ "Ce peuple se lève comme un lionceau, il se dresse comme un lion" (Balak 23,24)

-> Le "lion" est plus fort que le "lionceau".
Quand un juif se lève pour servir Hachem, il est seulement comme un "lionceau", mais rapidement on lui vient en aide du Ciel, "celui qui vient se purifier, on l’aide", et il se dresse comme un lion.
[Maayana chel Torah]

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-> Rabbénou Bé'hayé (Séfer haYira - Kohélet 3,1) écrit : Pourim est le temps pour se réjouir et jeûner, le mois d'Av un temps pour s'endeuiller, et la période d'Elloul à la fin de Yom Kippour, on doit trembler et avoir peur du jugement devant nous.

De même, le Tour (siman 581) dit que le travail des jours d'Elloul est de trembler de crainte, ce qui doit nous amener à faire téchouva.

Le rav David Povarsky dit que pendant tout le mois d'Elloul, on doit être tellement immergé dans notre préparation pour les jours redoutables que si quelqu'un nous demande : "Quel jour on est?", notre première réaction doit être : "Aujourd'hui c'est Elloul!".

Selon le rav Israël Salanter (Ohr Israël - lettre 14), on fait référence à Roch Hachana et Yom Kippour comme des "yamim noraim" (jours redoutables), mais en réalité tout le mois d'Elloul les jours sont vraiment des : "jours de crainte".
Rav Salanter ajoute qu'autrefois, chaque personne qui entendait l'appel au mois d'Elloul tremblait de peur.
Cette peur/crainte générait que les gens deviennent plus proches d'Hachem, chacun personne à son niveau.

-> Le rav Mattisyahou Salomon enseigne :
"Le mois d'Elloul est une extension de Yom Kippour.
Yom Kippour est spécialement dédié à la téchouva et au pardon, car Hachem a pardonné en ce jour au peuple juif.
Mais en réalité, il n'est que l'apogée de 40 jours, dont chacun a fait partie du processus de pardon.
[en abordant chaque jour d'Elloul avec le même sérieux que nous abordons Yom Kippour, nous nous permettons d'en exploiter son potentiel sublime.]
Ainsi, ces jours d'Elloul sont très propices à la prière et au pardon [de nos fautes] ...

Suite au Veau d'or, Moché a passé 40 jours de prières au Ciel, pour en obtenir le pardon. Ces 40 jours ont commencé à roch 'hodech Elloul, jusqu'à Yom Kippour, où Hachem a accordé son pardon.
[chaque année cette période est donc propice pour obtenir nos prières et notre pardon]."

Notre capacité naturelle à se raconter des histoires

+ Lorsque le prophète Eliyahou s'est tenu sur le mont Carmel, il a reproché au peuple juif : "Jusqu'à quand hésiterez-vous entre les 2 partis? Si Hachem est le vrai D., suivrez-Le ; si c'est Baal, suivez Baal!" (Méla'him I 18,21).

Voici les paroles de Eliyahou haNavi au peuple d'Israël : "Jusqu'à quand clocherez-vous entre les 2 partis?" Hachem n'aime pas "50/50", se conduire "comme-ci comme ça".
Faire seulement ce qui nous est agréable, et non ce qui ne l'est pas ...
[rabbi Nissim Yaguen]

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+ Faire attention à notre capacité naturelle à se raconter des histoires :

-> Selon la guémara (Erouvin 19a) = "Même lorsqu'ils se tiennent à la porte du Guéhinam (l'enfer), les réchaïm ne se repentent pas."
Le rabbi Naftali de Ropshitz explique que les réchaïm pensent qu'ils n'ont fait que de bonnes actions, du coup il n'est pas nécessaire de faire téchouva.
Le 'Hozé de Lublin commente qu'aux portes du Guéhinam les réchaïm pensent qu'ils y entrent afin de libérer de pauvres âmes qui y sont déjà.
[ils se voient tellement beaux, que c'est forcément qu'on a besoin d'eux pour libérer des gens de l'enfer qu'ils y vont!]

-> Rabbi Nissim Yaguen rapporte le Talmud de Jérusalem qui dit que [dans sa tête], Essav le racha était certain d'être un grand tsadik, et qu'il s'envelopperait de son talith le moment venu pour s'asseoir au gan eden parmi les tadikim.

-> N'oublions pas que le monde futur est éclatant de vérité, et toutes nos bonnes justifications qu'on s'est inventé pour avoir en pratique une Torah qui épouse nos désirs (et non ceux d'Hachem), vont voler en éclats.
En ce sens, nos Sages (guémara Erouvin 19a) disent que lorsque les réchaïm arrivent en Enfer, ils déclarent : "Ton jugement est juste! Tu as bien fait de nous condamner!"
[la plus grande douleur du monde à venir c'est la réalisation de ne pas avoir exploité nos capacités potentielles de faire la volonté d'Hachem comme on aurait pu le faire!
On aurait pu être pour l'éternité des milliardaires de milliardaires en biens spirituels, mais au final nous avons si peu!
La bonne nouvelle c'est que nous sommes encore en vie pour agir, et que notre papa Hachem est tellement plein de miséricorde qu'on peut tout réparer, tout obtenir!]

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-> Lorsque Noa'h a construit l'Arche, il a passé 120 années à essayer de persuader les gens à changer leur comportement, et malgré toute sa sagesse il n'y est pas parvenu.
Le midrach dit que le Déluge a été très graduel, avec le niveau de l'eau qui montait petit à petit, et ce afin de laisser au maximum l'occasion de faire téchouva.
Mais même quand l'eau est parvenue à leur cou, les gens n'ont pas fait téchouva.
La guémara (Erouvin 19a) enseigne : "Même lorsqu'ils se tiennent à la porte du Guéhinam (l'enfer), les réchaïm ne se repentent pas."

Comment cela est-il possible? S'ils voyaient que c'était tout proche, pourquoi ne se sont-ils pas repentis?

Le rav Shmouël Felder dit que le problème est que même si une personne comprend logiquement que c'est maintenant ou jamais, et que c'est dans son intérêt de faire téchouva, le fait de fauter est devenu tellement une seconde nature, que cette personne ne peut pas changer sa tendance naturelle. Ainsi, elle ne peut pas faire téchouva.

[nous devons faire très attention à ne pas se faire endormir par le yétser ara dans une routine de la vie, mais au contraire il faut étudier du moussar, faire des points sur notre vie, avoir un regard constructif et véridique, ... ]

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-> Il est écrit dans le midrach (Bamidbar rabba 13,3) :
"L'orgueil de l'homme amène son abaissement" (Michlé 29,23) = cela fait référence à Adam.
Comment cela? Lorsque Adam a transgressé l'ordre de D. et qu'il a mangé de l'Arbre, Hachem a désiré qu'il fasse téchouva et lui a donné l'opportunité de le faire. Mais Adam n'a pas été d'accord de se repentir.
Hachem a dit à Adam : "et maintenant" (Béréchit 3,22) = Hachem lui a dit : "Même maintenant tu peux faire téchouva et Je l'accepterai".
Adam a répondu : "Je ne le ferai pas!"

- Le rav Yaakov Galinsky enseigne :
Il était tellement difficile à Adam d'admettre : "J'ai fauté!"
Car la vérité était que de son point de vue à lui, qu'il n'avait pas fauté.
Après tout, il avait voulu uniquement amener davantage de gloire à Hachem.
[le yétser transforme à nos yeux une faute en une mitsva!]
D'ailleurs selon le midrach (Béréchit rabba 19,12), Adam a dit : "J'en ai mangé [du fruit interdit] et j'en mangerai de nouveau".
[...]

La guémara (Nazir 23a) affirme que Adam a décidé de commettre une "avéra lichma" (une faute pour l'honneur d'Hachem).
Il voulait manger du fruit de l'Arbre, afin d'injecter en lui le yétser et être expulsé du gan eden, dans un monde plein de luttes et d'épreuves, afin qu'il puisse alors les vaincre et amener par cela une sanctification du Nom d'Hachem.
Non seulement il s'est convaincu que cela était la bonne chose à faire [même si cela allait à l'encontre de l'ordre de D.], mais même les anges en ont été persuadés : "les anges ont demandé à Hachem : "Maître de l'Univers, pourquoi as-Tu imposé la sentence de mort sur Adam?" (guémara Shabbath 55a)

Le rav Israël Salanter dit qu'une "avéra lichma" vient avec une condition : elle doit être à 100% lichma, sans en retirer le moindre plaisir en la faisant.
Or, il est écrit : "La femme jugea que l'arbre était bon comme nourriture, qu'il était attrayant à la vue et précieux pour l'intelligence" (Béréchit 3,6). Puisque 'Hava en a tiré un certain plaisir en le mangeant, tout l'acte est devenu invalide.

[on ne juge pas Adam qui était à un niveau spirituel infiniment élevé, mais on peut voir à quel point le yétser peut chez toute personne réussir à la convaincre de faire de bonnes choses alors qu'en réalité c'est contraire à ce que Hachem désire de nous.
D'une certaine façon on se créé une réalité, un dieu, qui correspond à ce que nous voulons. Mais n'oublions pas qu'un jour nous passerons tous en jugement devant D., et que LA Vérité sera éclatante. Alors travaillons à ne pas se faire berner par notre yétser ara, pour que notre réveil à la Vérité soit le plus agréable possible!]

-> Le rav Yaakov Galinsky enseigne que le problème est que nous n'avons pas conscience de ce que cela signifie de fauter.
[le yétser ara nous fait croire que ce n'est rien du tout : "tu vois bien le monde continue à tourner pareillement! C'est que ce n'est pas si grave après tout!"]
Si nous avions conscience de la gravité, des dégâts dans ce monde et au Ciel que génère notre faute, on ne pourrait pas vivre avec le sentiment d'avoir fauté.

Le Meiri ('Hibour hatéchouva) écrit qu'on ne doit pas penser qu'il est nécessaire de se confesser dans les détails (cf. guémara Yoma 86b), cela n'est pas la partie essentiel de la confession (vidouï), car tout ce qui est nécessaire est de dire : "nous avons fauté "(aval ana'hnou 'hatanou - guémara Yoma 87b).
Mais plutôt, l'élément principal est d'avoir honte de sa faute (comment j'ai pu tomber si bas et faire quelque chose qui a des conséquences si grave pour moi et tous les juifs!). S'il manque ce sentiment de honte, il manque un élément important du vidouï, car nous disons à la fin du vidouï : "je suis devant Toi comme un récipient rempli de honte et d'humiliation" (aré ani léfané'ha kikhli malé boucha ou'hlima)

Le rav Yaakov Galinsky conclut : notre mission est de comprendre ce que cela signifie de commettre une faute, et ce que c'est de la faire "devant Hachem" (lifné Hachem).

[ => il en découle que l'essentiel de la téchouva est ce sentiment de honte d'avoir pu se laissé berner, de s'être raconté des histoires, au point d'en arriver à fauter.
En effet, si on avait face à nous la conscience des énormes destructions, dégâts, que nous causons, alors nous n'aurions sûrement pas fauté.
Le principal de la téchouva est la prise de conscience de combien je perds à fauter, de combien il faut être stupide pour ne pas être dans la Vérité, pour ne pas suivre la volonté d'Hachem.]

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-> Le rav Avigdor Nebenzahl écrit :
"il (Its'hak) sentit l'odeur de ses vêtements" (Toldot 27,27), la guémara (Sanhédrin 37a) explique ce verset : ne lis pas "bégadav" (ses vêtements - בְּגָדָיו), mais "bogdav" (ses traites).
Même les traites (les fauteurs) parmi les juifs émettent des odeurs agréables lorsqu'ils font une téchouva complète en ouvrant leur yeux et en découvrant les mensonges de ce monde.

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-> "Si vous vous conduisez selon Mes lois" (Bé'houkotaï 26,3)
Par exemple, tout celui qui emprunte sa voiture le Shabbath ne s'électrocute ni ne meurt immédiatement.
Si Hachem nous a donné le libre arbitre, c'est pour nous éviter de pratiquer les mitsvot uniquement par peur des punitions physiques, mais pour nous entraîner à les appliquer afin de faire la volonté de D.

-> Rabbi Nissim Yaguen enseigne :
"De nombreuses personnes ne connaissent pas la gravité de transgresser le Shabbath!
Ils ne savent pas que cela avait été ordonné dans les 10 Commandements.
Il est plus grave de profaner le Shabbath que de manger du cochon le jour de Kippour!
L'observance du Shabbath a été écrite avant l'interdit de "Tu ne tueras point", afin de faire prendre conscience de sa phénoménale importance!

Par manque de connaissances et de prise de conscience, beaucoup perdent leur vie et gâchent leur monde futur à tout jamais!
[...]
Lorsque Bil'am a vu en prophétie nos saints Patriarches assis dans le gan eden, profitant de la Gloire divine, il a émis ce souhait : plaise au Ciel que je sois avec eux, puissé-je mourir comme meurent ces tsadikim, et puisse ma fin ressembler à la leur!" (Balak 23,10).

Quand il a dit cela, on s'est moqué de lui du haut des Cieux : "Espèce de sot! Tu t'imagines qu'on peut vivre comme un non religieux et mourir comme nos saints Patriarches! Pour mériter une mort comme la leur, il faut mener ta vie comme eux!"

J'ai entendu dire plus d'une fois : "Mon grand-père était un grand tsadik ... Je veux être à ses côtés au gan eden ..."
Il est clair comme le soleil qu'il sera impossible d'être à ses côtés, si toute sa vie a été à l'opposé de celle du grand-père ... Il n'y a aucune chance de vivre comme un non-juif et de mourir comme un tsadik! ...

Certains ordonnent à leurs fils avant leur fin : "Après ma mort, priez pour moi et dites le kaddich ..."
S'imaginent-ils que cela pourra les sauver de l'enfer? Même si Bil'am avait mérité 10 kaddich, il serait resté le même racha.

Faire téchouva est un mérite exceptionnel, qui est réservé à très peu de gens.
[en effet, le yétser ara nous convainc que même si l'on faute : c'est pas si grave! ça arrive à tout le monde! Hachem comprendra ... et du coup on ne se remet pas en question!]
Bien heureux celui qui ne gâche pas cette dernière chance [en croyant les bobards du yétser ara, en se racontant des histoires à son avantage sur la rigueur du jugement après notre mort ...] et sait se préserver d'une terrible chute!"

Durant les 10 jours de téchouva (entre Roch Hachana et Yom Kippour), nous disons à Hachem dans nos prières, à 44 reprises : "Notre Père, notre Roi".
D'abord notre Père et ensuite notre Roi. Afin qu'au Jour du jugement, il nous juge en véritable Père, avec compassion et en fermant les yeux sur notre conduite.
[Rav Avraham Yits'hak Kook]

La téchouva n'est pas du rafistolage de vêtements.
Il s'agit de reprendre tout à zéro, comme un enfant qui vient de naître. C'est l'homme tombé du toit qui s'est brisé les membres et les os et qui en obtient de nouveaux.
[rabbi Bounim de Pschisha]

Parfois, on ressent un élan pour servir Hachem, mais après cela, du fait des occupations de la vie, cet enthousiasme disparaît. La matérialité de la vie éteint le désir que l'homme peut ressentir pour Hachem.
Mais Hachem, dans Sa Grande Miséricorde, rassemble et associe un à un tous ces moments de bonnes volontés pour constituer quelque chose de grand. Aucun élan spirituel n'est perdu ni oublié!
[Likouté haRamal]

Si un homme ressent qu'il n'est rien, aucune accusation, aucun démon ne peut le juger ni n'avoir d'emprise sur lui.
Si on vient l'accuser, Hachem dit : "Que voulez-vous de lui, il n'est rien, peut-on juger rien".
C'est seulement lorsque l'individu ressent qu'il vaut quelque chose qu'on le juge.
[rabbi Nissim Yaguen - Nétivé Or]

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[d'où l'importance de proclamer la royauté d'Hachem (comme à Roch Hachana), surtout en nous-même! ]

Si une personne ressent le désir de s'attacher à Hachem, même s'il n'a pas réellement réussi à se rapprocher de Lui, malgré tout il est déjà apprécié par Hachem.
Le simple fait de vouloir et d'aspirer s'attacher à Hachem, cela est déjà très précieux.
[Divré Sofrim]

Bien que notre conduite laisse à désirer, nous pouvons susciter les bontés de D. en étant bons et généreux envers nos prochains.
[Méam Loez - Eikha 3,22]

"Même par le fait qu’un seul juif se repent totalement, on peut rapprocher la gueoula"
[Pélé Yoets]

La téchouva c'est autant retourner vers [son vrai] soi-même, que retourner vers Hachem.
[Rav Avraham Its'hak Kook ]

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-> "N'aspire pas à devenir un tsadik [un "produit" fini].
Aspire à ETRE un baal téchouva [à toujours vouloir s'améliorer!]"
[rav Tsadok haCohen]

En ce sens, le rabbi Mena’hem Mendel de Kotzk disait : "Une pensée de téchouva est un signe que nous sommes toujours en vie".
[nous ne sommes pas des anges, et tant qu'il y a de la téchouva, il y a de la vie! Quelqu'un qui se voit comme un tsadik, comme une personne parfaite, alors il ne fait plus téchouva, et il n'est plus vraiment vivant!]