« Hachem le distinguera pour le mal de toutes les tribus d’Israël selon toutes les malédictions de l’alliance écrite dans ce Livre de la Torah » (Nitsavim 29,20)

-> Rester fidèle à Hachem = bénéficier de sa constante Protection :

Le Méam Loez enseigne :
« Lorsque l’homme commet de nombreuses fautes, D. lui soustrait Sa providence et l’abandonne au déterminisme astrologique (mazal), ce qui est contraire à la conduite de D. vis-à-vis de l’ensemble du peuple juif.
Selon le mazal, Avraham n’aurait pas pu avoir d’enfant mais Hachem, dans Sa bonté, l’a fait échapper au déterminisme astrologique.
Si D. voile Sa face à un homme et l’abandonne au hasard, il subira nécessaire des souffrances qui n’expieront pas ses fautes.

[ainsi, pour un juif, il y a 2 types de souffrances : celles qui sont l’oeuvre de Hachem (pour le bien ultime de la personne), et celles qui proviennent du fait que D. lui cache Sa face]
[…]

Certes au mont Sinaï, Hachem nous a contraints d’accepter la Torah en suspendant la montagne au-dessus de nos têtes. En retour, D. nous a promis Son aide et Sa providence à condition que nous accomplissions les commandements.
Si nous rejetons Son joug, Il n’est plus tenu par Son serment de veiller sur nous, et nous ne pouvons avoir aucun grief si nous sommes punis pour nos fautes. »

« Le mariage juif est à l’image du lien forgé entre D. et le peuple juif au mont Sinaï.
De même que les mariés restent ensemble au même endroit pendant un an, de même les juifs n’ont pas quitté le mont Sinaï pendant un an après le don de la Torah. »

[Rabbénou Bé’hayé]

-> b’h, cf. Shavouot : le jour de notre mariage : https://todahm.com/2018/05/30/6537

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+ « Lorsqu’un homme prend une nouvelle épouse … il doit rester disponible pour sa famille pendant un an et se réjouir avec son épouse » (Ki Tétsé 24,5)

-> Cette mitsva a pour but de développer l’amour et l’harmonie entre les époux.
Ils peuvent ainsi se familiariser l’un à l’autre et mieux se connaître, ce qui amènera une affection et une stabilité plus grande dans le couple. »
[Séfer ha’Hinoukh]

« Se souvenir de la guerre avec Amalek est l’une des 613 mitsvot de la Torah.
Cette mitsva montre que quiconque attaque Israël est haï de D.
[…]
Comme Amalek a causé un grand tort à Israël en étant le 1er à les attaquer, Hachem a ordonné qu’il soit effacé de la terre. »

[Séfer ha’Hinoukh]

[effacer le souvenir d’Amalek : cela est si radical que selon le Sifri, toute chose qui pourrait faire mentionner son nom, que ce soit un animal, un arbre ou une pierre, doit être détruite.]

[Hachem nous aime tellement qu’envers le 1er peuple qui a osé nous attaquer, il nous demande de se souvenir de cet affront et d’effacer toute trace de son existence. Cela est une preuve de l’amour infini de Hachem à notre égard!]

« Toute la subsistance d’un homme pour l’année à venir est décidée entre Roch Hachana et Yom Kippour, à l’exception de celles nécessaires pour le Shabbath, Yom Tov, et ainsi que les frais pour l’éducation de nos enfants en Torah. »
[guémara Bétsa 16a]

=> Ainsi, sans être totalement déraisonnable (compter sur les miracles), on ne perd rien à embellir notre Shabbath : plus on dépensera, plus on nous en donnera les moyens (idem pour les 2 autres types de dépenses).

-> On trouve cela en allusion dans le mois de Tichri (תשרי), celui de Roch Hachana et Kippour, qui est l’acronyme de : Talmud Torah (ת) ; Shabbath (ש) ; Roch ‘Hodech (qui n’est pas un véritable Yom Tov à cause de la faute du Veau d’or, mais le redeviendra avec la venue du machia’h – ר) et de Yom Tov (י).

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+ « Toute la subsistance d’un homme pour l’année à venir est décidée entre Roch Hachana et Yom Kippour »
[guémara Bétsa 16a]

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-> « Il [le prophète Elicha] montait [vers Bet-El] quand de jeunes garçons sortant de la ville, l’insultèrent en ces termes : « Monte, chauve! Monte, chauve! »
Il se retourna pour les voir et les maudit au nom de Hachem.
Aussitôt, 2 ours sortirent de la forêt et mirent en pièce 42 de ces jeunes gens » (Méla’him II 2).

Rav et Chmouël sont en discussion à ce sujet : l’un pense que ces ours étaient le produit d’un miracle, l’autre considère qu’ils étaient le produit d’un miracle à l’intérieur d’un autre miracle.

L’avis affirmant qu’il s’agissait d’un miracle considère qu’il y avait déjà une forêt à cet endroit, et que seuls les ours apparurent par miracle.
L’avis affirmant qu’il s’agissait d’un miracle à l’intérieur d’un miracle considère qu’il n’y avait auparavant ni forêt ni ours.

[D’après le second avis], pourquoi ne pas avoir fait apparaître des ours sans forêt?
Car ils auraient eu peur. »
[guémara Sotah 47a]

-> Rachi commente :
« Ils auraient eu peur = les ours auraient renoncé à s’attaquer à ces jeunes, s’ils ne s’était pas trouvé un lieu proche où ils pouvaient se sauver et se réfugier.
Mais lorsqu’ils sont à proximité d’une forêt, ils sortent sans crainte. »

=> Pourquoi D. dut-Il créer une forêt tout spécialement pour que des ours aient le courage de s’attaquer aux hommes?
Pourquoi ne pas créer des ours sans crainte innée?

-> Le rav ‘Haïm Kanievsky (Taama Dikra) nous explique :

Dans ce passage de Méla’him, le prophète Elicha avait changé l’eau du puits de ce village en eau potable. Ceci suscita la colère de ces 42 jeunes hommes, car leur gagne-pain consistait justement à aller puiser de l’eau à quelque distance de là et à l’amener au village.
Voilà pourquoi ils décidèrent de tourner le prophète en dérision, en s’exclament : « Tu nous as privés [de la racine : « kéréa’h » : le chauve] des bienfaits du Créateur » [d’après la guémara Sotah 46b].

Mais si ces jeunes gens avaient eu conscience que : « tout est décidé par le Ciel », ils auraient compris que l’intervention du prophète ne leur causerait aucun tort.
En effet, D. manquerait-Il de moyens pour leur procurer un gagne-pain? Certainement pas!

Toutes les ressources qui leur avaient été attribuées à Roch Hachana leur reviendraient quoi qu’il en soit, d’une manière ou d’une autre. Et si le Créateur avait décidé à ce moment qu’ils devaient subir une baisse de leurs revenus au cours de l’année, celle-ci serait survenue même sans l’intervention du prophète Elicha.

Ainsi, le problème de ces jeunes gens résidait précisément dans leur manque de confiance en D.
Or, quelle est la cause de cette attitude?

Le fait que l’on est aveuglé par les phénomène de la nature, qui nous laissent croire que tout effet découle d’une cause connue.
En conséquence de quoi nous avons le sentiment que D. laisse le monde aller à la dérive, un monde dans lequel règne la loi du plus fort.
[cela est d’autant plus vrai de nos jours, où avec toutes les avancées technologies nous pensons tout maîtriser, ou bien avec les nombreux médias nous pensons maîtriser les actualités partout dans le monde (puisqu’étant au courant de tout immédiatement), … ]

Rien ne passe dans ce monde sans que cela ait été décidé par Hachem.
Le sort d’un homme est fixé à Roch Hachana, et les phénomènes naturels sont eux-mêmes un miracle, une création de D. destinée à cacher Son intervention.

=> Le destin de l’homme est un miracle, et les apparences dont il se revêt sont un miracle à l’intérieur du miracle.
Cela est nécessaire pour ne pas contrer le libre arbitre des hommes, et leur laisser le choix de croire que la nature domine leur sort.

==> Voilà pourquoi la punition qui frappa ces jeunes gens dut survenir précisément par le biais d’un « miracle dans un autre miracle ».
Des ours apparurent miraculeusement, et pour que cela paraisse comme un événement naturel, D. créa également une forêt.
Cette mise en scène permettait de souligner l’erreur de ces esprits rebelles, et leur faire comprendre que la nature est un miracle enrobant des prodiges véritables.

« Celui qui prie doit avoir les yeux dirigés vers le bas, et le cœur vers le haut »

[guémara Yébamot 105b]

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-> Le Léka’h Tov (Dévarim 1,22-23) de commenter :
« Notre cœur doit être « dirigé vers le haut » = c’est-à-dire aspirer à l’aide Divine, attendre que le Créateur bénisse nos actions et nous accorde la réussite ;
Mais en parallèle à cela, nous sommes également tenus d’avoir « les yeux dirigés vers le bas » = c’est-à-dire rester conscients de la réalité et ne pas nous reposer entièrement sur le miracle.

Dans les premiers temps, nous devons agir avec la plus grande énergie, comme si le succès dépendait entièrement de notre efficacité.
Mais dans un second temps, après avoir réalisé ce qui était dans nos moyens, il convient d’élever notre cœur « vers les hauteurs », c’est-à-dire vers le Ciel et placer toute notre confiance en D.

« L’homme est tenu de bénir D. pour le mal, de bon gré et de tout cœur, de la même manière qu’il le fait pour le bien, car le mal, pour les fidèles de D., est source de réjouissance et de bonheur, en cela qu’ils acceptent avec amour ce qu’Il a décrété à leur égard.
Car en acceptant ainsi le décret Divin, ces hommes réalisent une part de leur service Divin, ce qui est pour eux une source de joie »

[Choul’han Aroukh – Ora’h ‘Haïm – chap.222,3]

[notre plus grande récompense pour une mitsva doit être la conscience que cela apporte de la satisfaction à notre papa Hachem, du fait que nous réalisons Sa volonté]

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-> « Quiconque place sa confiance en D. sortira renforcée de ses tourments, et ce même s’il les méritait …
De plus, même si les épreuves dominent l’homme au point qu’il plie devant elles, il devra néanmoins rester confiant en D., car Il le prendra assurément en pitié par égard pour ses épreuves, pour sa soumission et sa confiance en Lui. »
[rabbénou Yona – dans son commentaire sur Michlé]

-> Le Rambam dit « Le but de toutes les mitsvot est de nous permettre de croire en Hachem », car obéir à un ordre revient forcément à admettre que quelqu’un l’a énoncé.

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+ « Hélas! Comme elle (Jérusalem) est assise solitaire » (Eikha 1,1)

En hébreu, c’est : אֵיכָה יָשְׁבָה בָדָד (eikha yachva badad).

-> Le Sfat Emet enseigne que le mot : « badad » (solitaire) est l’acronyme de : « bé’hol déra’ha daéhou » ( = Dans toutes tes voies, songe à Lui – Michlei 3,6).
En effet, un juif doit voir Hachem dans toutes ses voies : même dans notre exil solitaire, amer et tordu (même dans nos moments difficiles).

La émouna après la venue du machia’h

+ La émouna après la venue du machia’h :

-> « La émouna étant une mitsva de la Torah, elle perdurera [toujours] en tant que telle.
Et si, même à l’époque du machia’h, il nous faudra encore « croire », c’est la preuve que nous ne comprendrons pas tout et que nous serons encore tenus d’entretenir une émouna dépassant la raison.

Si l’on y réfléchit bien, on s’apercevra qu’il ne peut en être autrement. En effet, la émouna signifie croire en une chose que notre intellect ne peut percevoir, puisque nul ne peut « comprendre » une chose qui dépasse son entendement.
Il est donc impossible que l’on parvienne un jour à saisir ces notions qui échappent à nos capacités intellectuelles.

De ce fait, le Beit haLévi (fin de la paracha Bo) écrit que celui qui n’accepte de croire qu’en ce qui est prouvé et démontré n’accomplit absolument pas la mitsva de émoua. »

[rabbi Its’hak Zéev Soloveitchik (le rav de Brisk) – rapporté par le rav Raphaël Shapira – (Chaaré Torah)]

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-> Tout ce que notre entendement perçoit intellectuellement relève du domaine du savoir, et non de la émouna.
Le devoir de « croire » commence quant à lui à l’endroit où l’intelligence humaine atteint ses limites
[rav ‘Haïm Soloveitchik]

-> Son fils, le rav de Birsk, explique :
L’intellect humain ne peut saisir que les notions limitées dans l’espace et le temps. Tout ce qui échappe à ces 2 concepts n’est pas perceptible par notre intellect.
Or, l’essence Divine se place bien au-dessus! Elle n’est limitée ni dans l’espace ni dans le temps.

L’entendement humain n’ayant pas accès à ces dimensions, débute alors le devoir d’émouna.