« Etre juif, ce n’est pas croire en D., c’est vivre avec Lui »

[rav Yossef ‘Haïm Sitruk]

A la Création du monde, Hachem a montré à chacun quel type de vie il aura.
Il a été informé de chaque affaire et de chaque événement qui se produiront pendant sa vie.
Il lui a été dit combien d’années il vivra, quand et où il mourra.
Il lui a été montré combien de parnassa il aura : est-ce qu’il vivra confortablement ou bien s’il sera dans le besoin, s’il sera indépendant ou dépendant des autres.

Ainsi, nos Sages expliquent que toutes les créations de Hachem ont été créées en connaissance de cause et volontairement.
Et chaque personne, après avoir vu chacune des épreuves qu’elle endurera [dans ce monde], est satisfaite. Elle approuve et donne son consentement.
[Rabbénou Bé’hayé – Ki Tétsé 22,8]

=> Chaque difficulté, chaque épreuve ne nous vient pas par hasard, mais au contraire est dosée avec précision par Hachem, pour nous permettre de réussir au mieux notre passage dans ce monde.
Dans le monde de Vérité nous avons reconnu et signé cela (comme étant ce qu’il y a de mieux pour nous!), et c’est uniquement l’obscurité de ce monde qui nous empêche d’en avoir pleinement conscience.

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-> Hachem ne donne pas à une personne d’épreuve (un test) qu’elle ne peut pas surmonter.
[rabbi Ména’hem Mendel de Kotsk]

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+ « Il lance des glaçons par morceaux » (machlikh kar’ho kéfifim- Téhilim 147,17)

-> Rachi commente : Hachem envoie le froid en accord avec le nombre de couverture qu’a besoin une personne pour se tenir chaud.

=> Cela signifie que Hachem n’ont seulement contrôle la température, mais Il contrôle ses différents impacts sur chaque personne.
Ainsi, chaque chose qui nous arrive dans la vie, est déterminé dans ses moindres détails par Hachem.

« Une personne peut voir davantage avec les yeux de émouna, qu’avec ceux de la tête »

[rabbi Ména’hem Mendel de Kotzk]

Lorsqu’une personne reconnaît que ses souffrances proviennent de Hachem et qu’elle les accepte, le restant des souffrances [qui devait lui arriver] lui sera annulé.

[Rabbénou Yona – Chaaré Téchouva]

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-> Hachem a offert au peuple d’Israël 3 beaux cadeaux, et tous sont acquis qu’au biais de souffrances. Il s’agit : de la Torah, de la terre d’Israël, et du monde futur.
[rabbi Chimon Bar Yo’haï – guémara Béra’hot 5]

Le Sfat Emet enseigne que lorsque les juifs sont sortis d’Egypte, Hachem avait prévu que les juifs voyageraient dans le désert pendant une durée de 3 jours, et qu’ensuite ils entreraient en terre d’Israël.
Mais suite à la faute des explorateurs, ils vont errer dans le désert pendant 40 années.

=> Si la terre d’Israël ne peut être acquise que par des souffrances, comment pouvaient-ils être prêt à y entrer après seulement 3 jours?

Le Sfat Emet répond que s’ils avaient accepté avec amour les souffrances qu’ils auraient eu durant ces 3 jours, alors par cela ils auraient atteint un niveau équivalent à 40 années de souffrances.
Davantage de souffrances n’aurait pas été nécessaire.

[cela est une mise en pratique du principe exposé ci-dessus par Rabbénou Yona : si pendant une durée définie par Hachem nous acceptons nos souffrances, puisque provenant avec précision et amour de D., alors elles s’arrêtent et nous sommes dispensés du restant que nous aurions eu à subir.]

-> Le rav Shalom Arouch explique que tel est le cas, car la personne qui accepte les souffrances avec amour et confiance en Hachem, atteint un niveau extrêmement élevé.
Ses souffrances n’ont plus de raison d’être, car il a déjà attend l’objectif qu’elles devaient lui apporter.

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-> « Toute personne qui accepte les souffrances avec joie amène la délivrance au monde entier »
[guémara Taanit 8a]

[on sait que chaque juif est un monde en soi. Ainsi, en acceptant les souffrances avec joie, sur un plan collectif on rapproche la venue du machia’h, mais au niveau individuel on provoque la fin de ce moment désagréable. Notre joie dans la difficulté, va accélérer la venue de véritable joies.
=> Notre confiance en Hachem lors des tempêtes (petites ou grandes) de la vie, va permettre de les réduire au maximum!]

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-> « J’ai choisi le chemin de la émouna » (Téhilim 119,30)

[Tâchons de suivre l’exemple du roi David, et lorsque nous sommes confus par ce qui nous arrive dans la vie, alors maintenons quand même le cap : le chemin de la émouna (déré’h émouna).]

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+ La leçon de émouna du Birkat Avraham :

-> Le Birkat Avraham de Slonim est devenu aveugle dans sa vieillesse, et chaque matin il demandait à son petit-fils de lui apporter un Siddour.
Il tenait alors le Siddour devant ses yeux, récitait les bénédictions du matin (birkot hachakhar), et ensuite le fermait, l’embrassait et le mettait de côté jusqu’au jour suivant.

Son petits-fils lui a demandé pourquoi il utilisait un Siddour sachant qu’il était totalement aveugle.
Le Birkat Avraham lui a expliqué :
« Chaque matin, je dis la bénédiction que Hachem ouvre les yeux des aveugles (pokéa’h ivrim), et je crois d’une foi totale (émouna chéléma) que parce que je ne voyais pas hier, ne veut pas dire que je ne verrais pas aujourd’hui.
Chaque jour, Hachem créé de nouveau le monde et chaque jour j’ai une nouvelle opportunité de pouvoir voir.
C’est pourquoi, chaque jour lorsque je dis : « pokéa’h ivrim », je veux avoir le Siddour afin de pouvoir vérifier et constater si aujourd’hui Hachem a repris ma cécité.
Si je constate que Hachem a jugé qu’il sera mieux pour moi d’être encore un jour sans voir, alors je l’accepte et je vis ce jour dans la joie! »

De nombreuses personnes attendent la venue du machia’h et les « jours meilleurs » que cela amènera.
Cependant, en réalité [déjà actuellement] ce sont les meilleurs jours qui soient.
Ce que fera le machia’h c’est dévoiler les bontés cachées dans notre existence actuelle.

[Rachab – rav Shalom Dov Ber de Loubavitch]

La confiance en mon créateur : c’est cela mon trésor!
La confiance est un trésor qui permet à quelqu’un d’être satisfait de son sort.

[le Steïpler – rabbi Yaakov Israël Kanievski]

Si cela nous serait avantageux de comprendre les voies d’Hachem, alors Il ne nous aurait pas refusé de les comprendre.
C’est à notre bénéfice de devoir faire un « acte de foi », en acceptant le jugement d’Hachem même lorsque notre logique ne peut pas l’apprécier.

[Bné Yissa’har]

Etre malade = est-ce être abandonné par Hachem?

+ Etre malade = est-ce être abandonné par Hachem?

-> Hachem fait résider Sa présence (chékhina) juste au-dessus d’un malade.
[guémara Shabbath 12b]

-> La Présence Divine entoure un malade de la même façon que le sable entoure l’océan.
[Zohar – paracha Pin’has]

=> De même que lorsqu’un enfant est hospitalisé, ses parents donne à cet enfant toute leur attention, car à ce moment il en a besoin plus que les autres enfants, il en est de même d’une façon infiniment plus forte avec papa Hachem.

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-> « Il bénira ta nourriture et ta boisson et J’écarterai toute maladie du milieu de toi » (Michpatim 23,25)

Le Mabit (Beit Elokim – chap.1) explique que lorsque Hachem donne une bénédiction, le texte emploie : « ouvéra’h » (וּבֵרַךְ) = Il donne une bénédiction (à tout le monde).
Cependant, lorsqu’il s’agit de guérir les gens, le texte utilise : « vassiroti » (וַהֲסִרֹתִי – J’écarterai).
En effet, Hachem vient personnellement demeurer auprès de chaque malade (« du milieu de toi ») et L’aide avec sa maladie

Le rabbi de Slonim dit que cette réalité de prendre conscience de l’extrême proximité, amour de Hachem en ce moment difficile, lui a permis de supporter de grandes souffrances lors de son séjour à l’hôpital.

-> D’ailleurs, puisque le lieu où est un malade devient un endroit saint (D. s’y trouvant fortement), nos Sages (guémara Shabbath 12b) disent que lorsque l’on rend visite à un malade, nous devons traiter ce lieu avec un profond respect.
[par exemple, Rachi commente cette guémara, en disant que l’on doit être bien habillé en rendant visite à un malade.
Par ailleurs, selon la halakha, on peut s’asseoir plus bas ou au même niveau qu’un malade mais pas plus haut, et cela par respect pour la Présence Divine qui y réside.]

-> Le Lévouch (Yoré Déa 355) écrit :
« Lorsque nous faisons une prière en face d’un malade, c’est comme si nous nous tenons juste en face de la Présence Divine ».

[ainsi, la maladie ne doit pas nous pousser à désespérer (se sentant rejeté par Hachem), mais au contraire nous devons internaliser à quel point Il nous aime, et en profiter pour prier, pour se rapprocher de Lui par de l’humilité et de la téchouva.]

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-> Le Maharal (Nétsa’h Israël – chp.10) enseigne que nous tous ici en exil (gualout), nous sommes considérés comme étant malade.
En effet, d’une certaine façon, nous sommes tous souffrants. Nous sommes éparpillés parmi les nations, et nous ne sommes pas dans la position que nous devrions avoir.
C’est pourquoi Hachem est très proche de chacun de nous.

-> b’h, voir également à ce sujet : https://todahm.com/2016/08/22/quand-je-souffre-mon-papa-hachem-souffre-encore-plus-que-moi

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-> Dans la amida, nous disons : « béor pané’ha, natata lanou » (par la lumière de Ta face, tu nous as donné) = d’une certaine façon, Hachem rayonne d’excitation, de bonheur lorsqu’il nous donne.

Malheureusement, nous pensons qu’Il est un juge très strict qui cherche à nous nuire (j’ai pas ce que JE veux, c’est pas comme JE veux, …), et cela nous empêche de nous approcher de Lui en prière, ce qui Lui permettrait d’encore plus nous donner!

[La prière est le conduit permettant d’amener une bénédiction d’En-Haut sur nous-même. Ainsi, ne pas prier c’est se priver de plein de belles choses dont papa Hachem souhaite nous combler! ]

-> Celui qui ne croit que ce qui est prouvé de manière claire et irréfutable, n’a pas encore accompli la mitsva de émouna.
[le Beit haLévi]

-> Tout ce que l’homme comprend et conçoit n’est qu’une connaissance.
L’obligation de émouna, fondement essentiel des mitsvot, commence là où prennent fin l’intelligence et la raison de l’homme.
[rav ‘Haïm de Brisk]

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-> « De la foi située dans l’esprit jusqu’à la foi située dans le cœur, le trajet est plus long que de la Terre jusqu’au Ciel »
[Yessod haAvoda (Mikhtav 25) – rapportant le rabbi Leib de Douker, élève du Maguid de Mézéritch]

-> Certes les juifs sont appelés « croyants fils de croyants » (maaminim béné maaminim – midrach Chémot rabba 3,15), cependant cela concerne la foi de l’esprit.
L’essentiel du travail de l’homme est de faire pénétrer cette connaissance dans son cœur, afin que tout ce qu’il ressente soit basé sur la conviction que D. est présent.

-> Le ‘Hidouché haRim enseigne :
Il est nécessaire d’intérioriser la émouna dans le cœur, comme la Torah l’indique : « Tu intérioriseras dans ton cœur qu’Hachem est le D. dans le Ciel En-Haut et sur la Terre ici-bas et qu’il n’y en a point d’autre » (Vaét’hanan 4,39).
Selon le sens simple, il semble que chaque homme possède cette connaissance. Mais en réalité, ce n’est pas une tâche facile de l’intérioriser, comme cela est rapporté dans le Zohar (2,161a) : « Que l’homme se répète 10,20, 1 000 fois jusqu’à ce que ce soit ancré dans son cœur qu’il n’y en a point d’autre ». »

-> Le Divré ‘Haïm dit :
Depuis des années, je construis un pont entre mon cerveau et mon cœur, afin que tout ce que je suis parvenu à comprendre et toutes mes connaissances influencent les sentiments de mon cœur dans le but que tous ces sentiments soient assujettis à Hachem.

-> Nous avons l’obligation de réciter 2 fois par jour le « Shéma Israël », soir et matin, et cela afin d’enraciner en nous qu’Hachem est Un.
=> Qu’en est-il ensuite : pourquoi m’énerver, jalouser autrui si tout provient de D.? Pourquoi m’attribuer personnellement l’entièreté des succès de ma vie alors que tout provient de D.?

Dans le domaine de la émouna, il faut instiller petit à petit dans notre cœur jusqu’à ce qu’elle devienne un fondement solide et durable.
Toute occasion est bonne pour consolider notre émouna (en remerciant Hachem je reconnais que c’est grâce à Lui ; en priant Hachem, en demandant son aide même pour des choses minuscules, je reconnais m’a totale dépendance à Lui ; …).
[toute occasion est bonne pour graver encore plus fortement en nous notre émouna!
En regardant toute chose par la émouna, nous la vivons, et la faisons passer davantage du cerveau à notre cœur!]

-> Le Bné Yissa’har (Dérekh Pikoudé’ha) écrit :
« [S’il a la émouna : que Hachem peut tout, que rien ne peut se produire sans qu’Il n’émette un décret en ce sens, …], pourquoi l’homme convoiterait-il? Convoite-t-il d’avoir 4 pattes comme un animal? Non!
Et pourquoi pas? Parce que cela ne rentre pas dans son domaine de pensée.
Il en est de même au sujet de la convoitise : celui qui se demande pourquoi son prochain possède ce que lui-même ne possède pas exprime par cela son manque de foi. Il n’est pas convaincu que Hachem a tout créé avec une sagesse infinie et qu’Il octroie ce qu’il y a de meilleur pour lui, et que tout ce qu’il ne possède pas n’est pas bon pour lui. »

+ Le Rambam (Guide des égarés – part.3, chap.51) écrit :
« J’ai découvert une chose extraordinaire, une notion profonde que résout tous les doutes et explique tous les secrets : Il s’agit du fait qu’à la mesure où un homme pense à Hachem, se souvient de Lui, se renforce dans son contact avec Hachem, de cette manière exactement Hachem révélera à cet homme Sa Providence dans sa vie.

L’homme qui est parfait dans son intellect et ne se déconcentre pas de la Présence d’Hachem devant lui, même pas un court instant, verra la Main d’Hachem en permanence de façon extraordinaire.
L’homme qui se déconcentre, sera quant à lui, mesure pour mesure et de la même manière, placé entre les mains du hasard et des Lois de la Nature.
Lorsque tu vois un tsadik à qui il arrive quelque chose, tu peux être certain que c’est à un moment où il ne pensait pas à Hachem et s’était déconcentré de Sa Présence, que la chose lui est arrivée. »

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-> Rabbi ‘Haïm de Volozhin (Néfech ha’Haïm) s’est basé dessus pour enseigner que lorsqu’un homme pense à Hachem et se concentre sur le fait qu’Il est en face de lui et que tout le reste autour de lui n’est qu’éphémère (ein od milévado), alors tout s’annule devant cet homme : les lois de la nature, la Rigueur Divine, les accusations, les dangers.

Tout est mis de côté devant cette personne qui a mis le monde de côté pour mieux penser à Hachem.
L’homme est alors protégé de tout mal et dans n’importe qu’elle situation.

[à tout moment, tout juif peut ainsi s’armer d’un bouclier le rendant imperméable, invincible à toute mauvaise chose. Merci Hachem!]