Plus on a de émouna, plus on a de bénédictions

Chaque jour, Hachem agit envers chaque individu mesure pour mesure, conformément à son niveau de confiance.

Il est écrit : « Hachem est à ta droite comme ton ombre » (Téhilim 121). De même que si nous bougeons alors notre ombre va également bouger, de même plus nous témoignons d’une émouna importante, le plus la bénédiction de Hachem sera importante.
En fonction du degré de confiance que l’homme accorde à D., D. lui sera en retour, mesure pour mesure, source de tous les espoirs.
[rav Eliyahou Lopian]

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-> Rabbi Zoucha d’Anipoli explique que celui qui a une confiance simple en Hachem et ne pose aucune question, sera automatiquement béni. En effet, la foi en Hachem constitue un canal pour que le Flux Divin de bénédiction puisse s’épancher. Comme le dit le verset : « Béni soit l’homme qui place sa confiance en Hachem ».

=> La foi relie l’homme à Hachem au point de lui permettre d’attirer vers lui Ses Bienfaits.

Cependant, celui qui doute et se questionne pour savoir ce qu’il va manger, alors ce doute brise ce canal et empêche la bénédiction de venir.
Ainsi, Hachem prévoit que si quelqu’un se pose la question, alors : « J’ordonnerai Ma Bénédiction ». En effet, puisque le canal naturel de bénédiction constituée par la émouna (confiance) a été rompu par le doute, Hachem a besoin à présent « d’ordonner Sa bénédiction », c’est-à-dire d’obliger et de “forcer” Sa Bénédiction de venir pour cet homme …
Ce ne sera plus la bénédiction naturelle qui viendra, mais un nouveau type de bénédiction de “rattrapage” qu’Hachem aura besoin de créer spécialement pour cette personne.
Sans émouna, il ne peut y avoir de réelle bénédiction. Hachem doit alors provoquer le Flux Divin pour lui.

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-> par exemple : https://todahm.com/2020/03/11/13309

Les enseignements ci-dessus sont extraits du divré Torah sur la Chemita : https://todahm.com/2020/03/11/13346

L’inquiétude, est comme un aimant qui a la propriété d’attirer le métal.
De même, telle est la nature de la peur : elle va amener à une personne l’objet de sa crainte et la rendre réelle.
[Arvé Na’hal – Vayétsé]

-> Le Ben Ich ‘Haï (Ben Yéhoyada – guémara Baba Kama 60b) rapporte une parabole à propos d’une épidémie que des médecins prévoyaient dans une grande ville.
Avant qu’elle ne commence, un homme a rencontré l’Ange en charge de cette épidémie, et lui a demandé combien de personnes il voulait prendre?
L’Ange lui a répondu : 5 000.

A la fin de l’épidémie, il s’est avéré que 15 000 personnes sont mortes.
Lorsque l’homme a rencontré de nouveau l’Ange, il a demandé pourquoi il lui avait menti puisque 15 000 personnes sont décédées et non 5 000.
L’Ange lui a expliqué qu’il n’avait pas menti, et qu’il avait pris « uniquement » 5 000 personnes.
Les 10 000 restantes sont mortes en amenant sur elles la maladie en raison de leur crainte et de leur panique au sujet de l’évolution de la maladie autour d’eux.

-> « L’esprit d’un homme le supportera dans la maladie ; mais un esprit abattu, qui le soutiendra? » (Michlé 18,14)
Rachi explique que celui qui accepte ce qui lui arrive avec joie et amour, et qui ne met pas d’inquiétude dans son cœur, alors son corps sera capable de surmonter la maladie.

-> En hébreu, l’inquiétude, le souci, se dit : « déagua » (דאגה). Ce mot est composé de chacune des 5 premières lettres de l’alphabet, sauf qu’il manque la lettre « bét » (ב), qui est l’initiale du mot : « bita’hon » (בטחון), comme pour dire : c’est le manque de confiance en D. qui fait que l’homme se soucie exagérément du lendemain.

[il est naturel d’avoir des moments d’inquiétude, mais tout problème prend l’importance que l’on veut bien lui donner. Ainsi, à nous de nous protéger, d’éviter qu’il ne prenne trop de place!]

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-> En hébreu : « badad » (seul, isolé – בדד) est l’acronyme de : « bé’hol déra’hé’ha daéhou » (Dans toutes tes voies, songe à Lui – Michlei 3,6).
=> Pour ne pas se sentir seul dans la vie, nous devons développer notre certitude qu’à tout moment, ce qui nous arrive directement et indirectement ne provient que de la providence Divine.
Que Hahem est toujours présent pour nous, qu’Il nous abandonnera jamais, et qu’Il nous aime toujours infiniment plus que nous ne pourrons nous aimer!

En hébreu, le confinement, l’isolation se dit : « bidoud » (בידוד).
On peut constater que sa valeur numérique est de : 26, comme celle du nom Divin (Tétragramme – יהוה).
Lorsque nous sommes isolés tous seuls, Hachem est avec nous, et ce parce qu’Il ne nous abandonne jamais!
[même si nous faisons les pires fautes, au point de créer énormément d’éloignements avec la spiritualité, en réalité Hachem ne nous laisse pas seul! Il nous aime toujours, et attend notre téchouva.]

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-> « Ce que je crains, c’est ce qui m’arrive ; ce que je redoute vient m’assaillir » (Iyov 3,25)
Selon la guémara (Béra’hot 60a), ce verset nous enseigne que lorsqu’une personne a peur, cela entraîne la réalisation de ce dont elle a peur.
[rabbi Elimélé’h Bidernman]

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b’h, lire également :
-> C’est notre attitude qui va générer notre joie : https://todahm.com/2017/04/26/5179
-> Quelques réflexions sur l’inquiétude : https://todahm.com/2017/09/27/linquietude
-> De nombreux divré Torah sur la confiance en Hachem : https://todahm.com/category/moussarpensee-juive/foiconfiance-en-d

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-> Lorsqu’il y a un tourment/catastrophe, restez à distance de toute sorte de colère, d’inquiétude, de détresse.
Au contraire, soyez heureux de toutes les manières possibles.
[Ségoulat Israël – au nom du rabbi ‘Haïm Vittal]

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-> Il ne faut pas avoir peur … si ce n’est de Celui qui a amené le tourment/catastrophe (Hachem), et pas du tourment en lui-même.
Gardez avec force votre émouna et bita’hon, car c’est la meilleure protection.
Ne cessez de dire le verset : « Hachem est avec nous » (Yéchayahou 51,12) : Hachem vous protégera et vos enfants.

Ne craignez rien en dehors de Hachem.
Lorsque vous suivez ce conseil, le tourment/catastrophe ne vous nuira pas.
[lettre du rabbi Moché de Kobrin – pendant l’épidémie du Choléra]

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-> La non-acceptation d’une épreuve ou d’une difficulté peut entraîner son maintien ou son aggravation, alors que l’acceptation sereine de cette épreuve entraîne son élimination, comme disent nos Sages : « sama déyissouré, kiboulé » (le remède aux souffrances, c’est leur acceptation).

Ce principe peut être déduit des versets : « Vinrent en Egypte Yaakov et tous ses descendants avec lui : ses fils et ses petits-fils avec lui (ito), ses filles et ses petites-filles, et toute sa descendance il les emmena avec lui en Egypte » (Vayigach 46,6-7).

Ces versets suscitent au Ohr ha’Haïm haKadoch 3 questions :
– après avoir dit, au verset 6 que Yaakov et toute sa descendance sont venus en Egypte, pourquoi détailler au verset 7 : ses fils, ses petits-fils, ses filles …?
– pourquoi séparer ses fils et petits-fils de ses filles et petites filles par le mot : « ito » (avec lui )?
– pourquoi le mot : « hévi » (il les emmena) n’est-il dit que pour ses filles et les filles de ses fils?

Le Ohr ha’Haïm haKadoch répond ainsi :
Les fils et les petits-fils de Yaakov sont descendus en Egypte pour commencer l’exil annoncé à Avraham, « avec lui » (ito) = c’est-à-dire en acceptant comme Yaakov le décret Divin d’exil.
Par contre, les filles et les petites-filles de Yaakov, ainsi que les autres descendants, ne voulaient pas descendre en Egypte et Yaakov les a emmenées (hévi) de force, contre leur gré.
C’est pourquoi, les fils et les petits-fils qui ont accompagné Yaakov de plein gré (ito) n’ont pas subi les souffrances de l’exil égyptien qui n’ont commencé qu’après leur décès : leur acceptation de cet exil a eu pour effet qu’ils ne l’ont pas subi.
Mais les femmes et les autres descendants, qui n’ont pas accepté cet exil et qui sont descendus en Egypte de façon forcée, devront subir les dures souffrances de l’exil égyptien.

« Un juif a confiance qu’à la fin tout sera pour le bien.
Si ce n’est pas encore bien [à nos yeux], c’est que ce n’est pas la fin! »

[Sagesse juive]

Les juifs sont considérés comme les enfants de D., dont l’âme est liée au Trône de Gloire. Par conséquent, Hachem nous parle constamment car un père ne se retient pas de parler à ses enfants.
Cependant, parce que nous sommes corrompus par nos passions, nous n’avons plus le mérite de L’entendre.

[Méam Loez – Yitro 20,1]

Lorsque quelqu’un sort de chez lui le matin et reçoit une tape sur l’épaule, il se retourne pour regarder, et si le coup vient d’un ami, il comprend que c’est une tape d’affection.

De même, lorsque sur notre chemin de la vie, nous recevons une forte tape, quand nous regardons et prenons conscience que ce coup vient de quelqu’un (Hachem) qui nous aime plus que tout, alors nous pouvons proclamer [à nous-même] : « Remerciez Hachem, car Il est bon! »

[d’après l’Admour de Tsanz]

« La communauté d’Israël en exil est comme une veuve, et Hachem doit assumer tous ses besoins.
Cependant, si elle commence à se maquiller et à se faire belle pour la culture des peuples étrangers, elle n’a plus à demander à D. qu’Il ait pitié d’elle! »

[rabbi Yossef Dov Soloveitchik]

[en effet, cela témoigne que l’on a détourné notre pensée de notre premier mari (Hachem), et qu’on a alors l’intention de se remarier (avec les autres nations)!
A partir du moment où l’on cherche à plaire aux nations environnantes plutôt qu’à Hachem, alors on perd le bénéfice du fait que : « Hachem doit assumer tous nos besoins ».]

+ « L’homme n’a pas un plus grand ennemi que sa réussite.

Lorsqu’un homme souhaite acquérir un bien quel qu’il soit, réaliser une ambition ou un rêve, alors il faut que ses yeux soient tournés vers le Maître du Monde qui Lui seul peut combler son désir.
Il lui incombe véritablement d’assujettir son cœur à la volonté de Hachem afin qu’Il exauce sa requête.

Mais lorsque le moment arrive où sa quête est exaucée, ses yeux qui s’étaient élevés vers le Ciel pourraient retomber à présent à terre, son cœur qui s’était ouvert à la crainte et à l’amour d’Hachem pourrait se refermer pour s’ouvrir cette fois sur la prise de conscience de sa propre importance et nourrir en lui l’appât du gain …
Et en proie à ces sentiments confus, il serait totalement obnubilé par ses biens et ses profits. »

[Rav Chimchon Raphael Hirsch]

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-> On peut illustrer cela par l’histoire de la place de parking.
Quelqu’un qui est face à une impossibilité de se garer, va en venir à priver avec ferveur Hachem pour qu’une place se libère.

Au même moment où une place se libère, alors :
1°/ soit je proclame en moi : « C’est bon Hachem je n’ai pas besoin de toi, j’ai trouvé une place! » = l’épreuve (ma réaction dans une telle situation) vient alors renforcer l’idée que je suis auto-suffisant, que je maîtrise tout dans le monde, que je suis tellement fort! ;

2°/ soit j’admets que c’est grâce à Hachem que la place s’est libérée, et je l’en remercie plein de gratitude = cette épreuve vient alors renforcer ma certitude que tout dépend de D., qu’Il m’aime plus que tout et qu’Il écoute chacune de mes prières.

=> Il en découle que chaque épreuve de la vie (même la plus banale!) peut au final renforcer notre émouna : soit en nous-même ou bien soit en Hachem.
A nous de jouer pour muscler au maximum notre amour, notre attachement à Hachem!

« Si Essav attaque l’un des camps et le met en pièces » (Vayichla’h 32,9)

-> Le mot : « véhikahou » (וְהִכָּהוּ – et le met en pièces) peut se lire dans les 2 sens.
C’est une allusion au fait qu’à chaque fois que les non-juifs frapperont le peuple juif, ils seront eux-mêmes frappés en retour.

Pendant les temps de bouleversements du monde, les moments où D. semble disparaître, pour l’individu ou pour la communauté, les créatures ont l’impression que tout est absurde, que la ville brûle sans que personne la dirige …
Mais pour ceux qui recherchent D., ils Le perçoivent en train de regarder par les fentes et de leur dire : « C’est Moi qui dirige la ville! »

[Nétivot Shalom]

« Que ma nourriture soit amère comme l’olive mais de la main de Hachem, et non douce mais en provenance des hommes »

[guémara Erouvin 18b -> paroles de la colombe revenant avec une feuille d’olivier dans la bouche (Noa’h 8,11)]

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=> Pourquoi la colombe demande-t-elle une nourriture amère plutôt que douce?

-> Selon le Ben Ich ‘Haï :
Les demandes de la colombe sont en fait celles de l’assemblée d’Israël à laquelle la colombe est comparée :
– la demande de nourriture « amère », comme l’olive, traduit une demande de subsistance avec efforts et difficultés, afin de réparer la faute d’Adam soumis au décret : « C’est à la sueur de ton front que tu mangeras du pain » (Béréchit 3,19) ;
– le refus de la nourriture « douce », comme le miel, traduit une volonté de ne pas être incité par le yétser ara qui nous entraîne à notre perte vers les choses vaines, au goût illusoire comme le miel.

-> Selon le Iyoun Yaakov :
Le « discours » de la colombe correspond aux propos du roi David à Gad : « Livrons-nous à la Main d’Hachem, plein de miséricorde, plutôt que de tomber dans la main de l’homme » (Chmouel II 24,14), car être sous la dépendance de l’homme rend la vie très difficile à vivre.
[De plus,] L’huile de l’olive est apte aux offrandes sur l’autel du Temple, contrairement au miel interdit sur l’autel.

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=> Quel leçon l’homme peut-il en tirer?

-> L’homme se doit de tirer une leçon de bon comportement à partir de l’attitude de la colombe, en accord avec le verset : « Par les oiseaux du Ciel, D. nous donne de la sagesse » (Iyov 35,11).
Ainsi, bien que la colombe fût nourrie avec largesse dans l’arche, elle ne voulait pas tirer profit d’autrui, quitte à se contenter de feuilles d’olivier amères.
S’il en est ainsi pour la colombe, a fortiori pour l’homme créé à l’image de D. et qui doit avoir confiance en son Créateur.
Ainsi, l’homme devrait avoir pour principe de ne bénéficier que de ses efforts [honnêtes] pour l’obtention de sa subsistance, même si elle est étriquée, afin d’éviter de tirer profit d’autrui, dans toute la mesure du possible.
[Anaf Yossef]

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-> « Si la Torah ne nous avait pas été donnée, nous aurions appris la pudeur à partir du chat, le vol (interdit) à partir de la fourmi, les unions interdites à partir de la colombe et le ‘déré’h érets’ à partir du coq »
[guémara Erouvin 100b]

-> Alors que la génération du Déluge a fauté essentiellement par l’infidélité et par les accouplements hétérogènes entre espèces différentes, la colombe au contraire est caractérisée par sa fidélité à son partenaire, sa pudeur et son allergie à l’accouplement hétérogène d’après la guémara (Erouvin 100b).
De même, l’olivier est un arbre qui ne supporte pas de greffe, d’après la guémara (Yérouchalmi Kélaïm 1,7), c’est pourquoi tous les arbres ont été déracinés lors du Déluge, sauf l’olivier.
Ainsi, la colombe ne pouvait apporter qu’un produit de l’olivier, les autres arbres ayant disparu.

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-> « L’assemblée d’Israël est comparée à la colombe …
De même que les ailes de la colombe assurent sa protection, les mitsvot accomplies par l’Assemblée d’Israël assurent sa protection. »
[guémara Shabbath 130a]

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-> Le midrach (Chir haChirim 1,2) note plusieurs ressemblances des juifs avec la colombe :
– la colombe se distingue des autres oiseaux, comme les juifs se distinguent par leur rasage, la circoncision et les tsitsit ;
– la colombe est pudique ; de même les juifs sont pudiques ;
– la colombe tend facilement son cou pour la ché’hita ; de même Israël a des facilités à être prêt à donner sa vie pour le Kiddouch Hachem ;
– la colombe offerte au Temple expie les fautes d’autrui ; de même les juifs ont le pouvoir de faire expiation sur autrui, même sur les fautes des nations ;
– la colombe fait preuve de fidélité avec son « conjoint » ; de même les juifs, après avoir reconnu Hachem, Lui resteront fidèles.

-> Le Ramban (Vayikra 1,14) enseigne :
Selon nos Sages, lorsqu’un homme atteint un nid d’oiseau et s’empare des oisillons ou des œufs, l’oiseau abandonnera ce nid et n’y demeurera plus jamais : il changera de nid.
Cependant, la colombe fait exception à ce comportement et elle n’abandonnera pas ce nid, quoi qu’il en soit. Il en est de même pour tout juif, comparé à la colombe, qui n’abandonnera pas son Créateur et la Torah et ne les échangera jamais.