« Il n’y a pas de mot qui ne sorte de la bouche de l’Homme qui n’ait sa répercussion, qui ne monte et n’éveille une force …
Quand on prononce des paroles saintes, des paroles de Torah, elles se transforment en sons qui montent, éveillent Hachem et tressent une couronne sur Sa tête.
Il y a ainsi de la joie, à la fois dans le monde supérieur et dans le monde inférieur. »

[Zohar 3,105a]

La Torah & l’eau

+ La Torah & l’eau :

-> « L’eau ne fait référence qu’à la Torah »
[guémara Avoda Zara 5b – én mayim ella Torah]

-> La guémara (Béra’hot 61b) compare les juifs aux poissons dans l’eau, qui ne peuvent pas survivre en dehors de leur habitat, à l’air libre.
Rabbi Akiva de conclure : « De même, la Torah est notre source de vie et peut nous sauver. Sans elle, nous allons certainement mourir. »

-> « De même que les poissons, qui grandissent dans l’eau, boivent avec soif chaque goutte d’eau qui descend du ciel, ainsi les juifs, qui grandissent dans l’eau (de la Torah) boivent avec avidité chaque nouveau commentaire, comme s’ils n’avaient jamais goûté à la Torah. »
[guémara Avoda Zara 19a]

Un midrach (Béréchit Rabba 97,3) illustre également cette soif des juifs pour la Torah : « Un poisson vit dans l’eau, et lorsqu’une goutte de pluie descend du ciel, le poisson la boit avec soif comme s’il n’avait jamais goûté d’eau auparavant. »

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-> La guémara (Taanit 7a) enseigne :
« Pourquoi est-ce que les mots de Torah sont comparés à l’eau?
Pour nous enseigner que de même que l’eau coule d’un point haut vers un point bas, de même les paroles de Torah restent uniquement chez celui qui est humble. »

-> Etudier la Torah c’est se connecter, ne faire qu’un avec Hachem, or comment cela est-il possible chez un arrogant car : Hachem dit au sujet d’un orgueilleux : « Moi et Lui, nous ne pouvons pas demeurer ensemble! » (guémara Sotah 4b).

[=> plus on retire de soi notre égo, plus Hachem peut résider en nous!]

Rabbi Shachter fait remarquer que plus on se rapproche de D., plus on se rend compte de Son infinie grandeur, et plus nous réalisons à quel point nous Lui en sommes loin et petits (humilité).
=> C’est ainsi que plus une personne devient grande en Torah, plus elle devient humble, car pouvant davantage reconnaître la grandeur d’Hachem.

-> La Torah a été donnée sur une montagne basse, en allusion à l’importance de l’humilité (guémara Sotah 5a).

Mais quelle était la nécessité de la transmettre sur une montagne (ayant de la hauteur!), et non pas à une altitude zéro, dans une plaine?

Le rav Karelenstein répond que d’un côté nous devons être humble, en reconnaissant que tous nos succès sont totalement dépendants de Hachem, et que comparés à Lui nous ne sommes rien.
Mais en même temps, nous devons reconnaître que l’étude de la Torah a une capacité à élever spirituellement une personne à de très hauts niveaux.

-> Le rav ‘Haïm de Volozhin (Néfech ha’Haïm) dit que l’on peut distinguer 2 types d’objets que la loi juive traite différemment :
– ceux servant à une mitsva (ex: Soucca, loulav, Shofar, tsitsit) qui n’ont pas de sainteté particulière une fois qu’on a terminé de s’en servir (même si on les jette avec respect) ;
– et ceux ayant de la kédoucha (ex: téfilin, mézouzot, Torah) que nous devons mettre dans un lieu spécial.

Pourquoi une telle différence de traitement?

Le rav ‘Haïm de Volozhin explique que la kédoucha provient soit directement d’un écrit de la Torah, soit indirectement lorsque l’objet est en contact avec un écrit de la Torah (boîte de téfilin, ce qui entoure un séfer Torah, …).
Le reste ne possède pas de sainteté, et n’est respecté que pour avoir permis d’accomplir une mitsva.

=> Le rav Schachter dit que le contact avec la Torah créé de la sainteté.

A l’inverse des non-juifs, le corps d’un juif possède de la kédoucha, et il y a une mitsva de l’enterrer.
Le rav Schachter explique que le corps d’un juif possède de la sainteté car un juif étudie la Torah, ce qui n’est pas le cas pour un non-juif (il n’a pas une telle mitsva dans les 7 lois noa’hique).

Cependant, comment comprendre que cela soit vrai également chez un juif qui n’a jamais étudié la Torah de toute sa vie?

Le rav Schachter répond que cela se base sur la guémara (Nidda 30b) affirmant que dans le ventre de la mère, un ange enseigne toute la Torah au bébé, et celui-ci oublie tout avant d’en sortir.

Ainsi cela ne veut pas dire qu’une personne va absolument tout oublier, car en réalité il va rester des marques cette Torah étudiée dans son âme (néchama).
=> C’est pourquoi, même pour un juif qui ne va pas étudier la Torah de son vivant, il est toujours considéré comme contenant de la sainteté de par les traces de Torah laissées dans son âme avant sa naissance.

[=> même passivement l’inerte (un objet, un corps) devient saint, alors combien davantage chez nous après chaque mot de Torah que l’on étudie!
Chaque lettre de Torah nous sanctifie, nous élève encore plus!!]

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-> « De même que l’eau a la capacité d’élever une personne de l’impureté à la pureté, de même la Torah élève une personne de l’impureté à la pureté. »
[Sifrei Ekev 11,22]

Le ‘Hafets ‘Haïm (Biour Halakha 571,2), citant le ‘Hayé Adam, écrit que pour atteindre l’expiation de nos fautes, nous devons faire téchouva et étudier plus que d’habitude, car : « la Torah est un mikvé de pureté, et elle est [également] comparée au feu, tout ce qui apporté dans le feu [du yétser ara] doit être apporté dans le feu [de la Torah], et sera alors purifié. »

[Plus nous mettons d’efforts dans l’étude, plus la purification sera efficace!]

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+ « Que mon enseignement ruisselle comme la pluie » (Haazinou 32,2)

-> Rachi commente : La Torah que j’ai donnée à Israël, elle est la vie donnée au monde, tout comme la pluie est la vie donnée au monde quand le ciel distille de la rosée et de la pluie.

-> Le rav Hadar Margolin explique : de même que l’eau est la source de vie physique, de même la Torah est la source de vie spirituelle.
De même qu’après une journée de jeûne nous sommes heureux de pouvoir boire de l’eau, de même à chaque fois que nous nous abreuvons de Torah, nous devons être joyeux d’arroser notre intériorité éternelle.

« Une personne seule, qui est assise et étudie la Torah, la présence divine est avec elle »

[guémara Béra’hot 6a
-> afilou ya’hid ha’osék baTorah haShé’hina chrouya]

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-> Le rav Soloveitchik dit à ce sujet :
« Lorsque je suis immergé dans l’étude de la Torah, je ressens comme si Hachem se tient debout derrière moi, mettant Sa main sur mon épaule, regardant avec moi le texte se trouvant sur la table et souhaitant m’entendre à ce sujet.
[…]
Lorsque j’ouvre une guémara, seul ou avec d’autres personnes, comme lorsque j’enseigne, j’ai l’impression d’entendre les doux pas de quelqu’un d’invisible, qui vient et s’assoit avec moi … regardant par dessus mes épaules …
Ceci n’est pas mystique ... [comme la guémara Béra’hot (6a) l’affirme : ] à chaque fois que nous étudions la Torah nous avons un rendez-vous, une rencontre avec Hachem. »

« A qui la Torah sourit-elle?
A celui qui se donne de la peine pour elle, en prévision des jours futurs. »

[midrach Chémot rabba 52,36]

« Si une personne se bat dans ce monde afin de comprendre la Torah, et ce même s’il lui manque la capacité de la comprendre, elle ne doit pas en être découragée.
En effet, dans le monde à venir, lorsqu’elle s’assiéra dans la yéchiva du Ciel, elle aura alors la possibilité de comprendre la Torah pour laquelle elle aura lutté dans ce monde.
Ses efforts seront très largement récompensés. »

[Séfer ‘Hassidim – de rabbi Yéhouda ha’Hassid]

La Torah entière est faite des Noms de Hachem.
Lorsqu’une personne étudie la Torah, c’est comme si elle mentionnait constamment le Nom de D., et Hachem vient alors la bénir.
Il est en effet écrit : « en tout lieu où Je permettrai que Mon Nom soit invoqué, Je viendrai à toi et te bénirai » (Yitro 20,21).

[le Maharcha – guémara Béra’hot 21a]

« Lorsqu’une personne ressent de la joie, elle pourra acquérir davantage en une heure d’étude de la Torah, que de nombreuses heures d’étude en étant triste. »

[Rabbi ‘Haïm de Volozhin]