[Lors de la destruction du Temple,] Hachem était seulement « comme un ennemi » (Eikha 2,4).
Dans Sa colère se cachait un amour profond pour Israël.

[midrach Eikha 2,8]

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-> D’une part, l’exil semble être un châtiment, une expression de la colère de Hachem à cause des méfaits d’Israël.
C’est une vérité … car il existe une relation entre D. et Israël qui dépend de sa conduite : si Israël est méritant, il sera récompensé et s’il faute, il sera puni.

Mais au-delà de ce lien, il existe une relation plus profonde, un niveau auquel les juifs sont « les enfants de Hachem, votre D. » (Dévarim 14,1).
Un père n’aime pas son fils parce qu’il est intelligent ou parce qu’il lui obéit, mais parce qu’il est son fils.
Cet amour est essentiel, fondamental et permanent. Même lorsqu’un fils n’a aucune qualité, son père l’aime de tout son cœur.
C’est de cette façon que Hachem aime Israël. Quelle que soit notre conduite, nous sommes Ses enfants.

Ainsi, les manifestations externes de la destruction du Temple reflètent la colère. Pourtant, lorsque les non-juifs sont entrés dans le Saint des saints du Temple, l’amour de D. envers les juifs y était flagrant par l’image des chérubins enlacés …
D’une manière subtile, que seule Sa sagesse fondamentale envisage, Hachem guide le processus de développement de Son fils.
En effet, bien que la destruction du Temple et l’exil semblent être une descente pour le peuple juif, le but de D. était d’élever le peuple juif à un niveau encore supérieur.

Nos Sages (midrach Abba Gourion) déclarent que le jour où le Temple a été détruit, le machia’h est né …
La destruction du Temple a entamé la préparation à la Délivrance.
Caché derrière la chute du peuple juif était le désir de Hachem de faire venir le machia’h et d’élever Israël, et l’humanité à un état de plénitude.

D’après la guémara (Pessa’him 87b), l’exil est la graine de laquelle poussera la Délivrance.
Une graine doit se décomposer totalement dans la terre avant de pouvoir germer et produire une plante.
De même, la destruction du Temple et notre exil ont pour but de débarrasser Israël de tous ses aspects superficiels, et de lui permettre de fleurir dans la Délivrance.

De plus, de même que lorsque l’on récolte des plantes, la quantité dépasse très largement celle des graines plantées. La plantation d’Israël à travers l’exil poursuit le même but. Notre peuple a erré d’un pays à l’autre pour accomplir une mission Divine unique.
[Méam Loez – Eikha (Appendice)]

<—>

-> Le poids des péchés d’Israël a été placé sur le Temple.
Au lieu d’exterminer le peuple juif, Hachem a déversé Sa colère sur le bois et les pierres.
Certes, le Temple a été détruit mais le Temple spirituel existant dans le cœur de chaque juif est resté intact.
[Méam Loez – Eikha 1,14]

<—>

-> Rabbi Yo’hanan a déclaré : « Cette nuit-là [de la destruction du Temple], aucun cantique n’a été récité dans les sphères célestes ni sur terre. La lumière n’a pas été révélée dans le monde ».
[Méam Loez – Eikha 1,2]

<—>

-> Les nations attendaient avec impatience la chute de Jérusalem. Elles savaient que le 9 Av était un jour néfaste pour le peuple juif et avaient toujours espérées réaliser leur désir de détruire le Temple en ce jour.

Cependant, lorsque le jour de la destruction arriva … du ciel, Hachem a envoyé 4 anges, tenant une torche, venus incendier le Sanctuaire.
L’envahisseur a passivement assisté à la mise au feu sans intervenir.
[Méam Loez – Eikha 2,16]

-> Lorsque D. décréta la chute de Jérusalem, tous les moyens de protection humains s’avérèrent impuissants à l’empêcher …
Comme la Torah interdit de compter les hommes un par un, le roi Agrippas à l’époque du 2e Temple, a demandé que les Cohanim mettent de côté un rein de chaque agneau pascal offert par chaque groupe cette année-là.
Le total de reins a été de : 1 200 000.

Etant donné que chaque agneau pascal était mangé par un minimum de 10 personnes, Agrippas a estimé la population juive à plus de 12 millions de personnes. [guémara Pessa’him 64b]
[…]

Le midrach (Eikha 1,4) rapporte [qu’avant la destruction du Temple,] chaque fois qu’un habitant de Jérusalem visitait une ville, on lui préparait un fauteuil pour qu’il puisse s’allonger [et les gens se rassemblaient autour de lui] pour écouter sa sagesse.
[Méam Loez – Eikha 1,1]

-> « Les portes [de Sion] se sont enfoncées dans le sol » (Eikha 2,9)
Nébuzaradan, le général envoyé par Nabuchodonosor pour conquérir Jérusalem, a assiégé la ville.
Pendant 3 ans et demi, il s’est évertué à pratiquer une brèche dans les murailles. Il était sur le point de donner ordre à ses troupes de faire demi-tour lorsque Hachem a fait germer une idée dans son esprit.
En mesurant les murailles de Jérusalem, il a remarqué qu’elles s’enfonçaient chaque jour de 2 palmes et demi dans le sol (plus de 20 cm par jour!).
Nébuzaradan et ses soldats ont attendu patiemment et bientôt, les murailles se sont complètement enfoncées dans la terre.

Comment les murailles sont-elles restées intactes?

La guémara (Sota 9a) explique que comme c’était le roi David qui les avait construites, elles avaient en elles une mesure d’éternité.
Le midrach (Bamidbar rabba 15,13) rapporte que lorsque Salomon a fait entrer l’Arche sainte au Temple, les murailles se sont soulevées pour laisser passer l’Arche.
Comme [les murailles] ont témoigné beaucoup de respect à la Présence Divine, Hachem leur a évité d’assister à l’humiliation du Temple [en ne les détruisant pas et en les faisant se rentrer dans le sol!]
[Méam Loez – Eikha 2,9]

Pour le peuple juif, Jérusalem n’est pas seulement une ville mais un « être vivant » : ses pierres ont un cœur et ses murailles versent des larmes.

Après la destruction de la ville, les routes de Sion ont pris le deuil.
De même qu’un endeuillé se laisse pousser les cheveux, les routes de Sion ont été envahies par des herbes folles, une manifestation physique de son chagrin.

[Méam Loez – Eikha 1,4 : « Les routes de Sion sont en deuil »]

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+ « Jérusalem : Est-ce là la ville qu’on appelait le summum de la beauté, la joie de toute la terre » (Eikha 2,15)

-> « De Sion (Jérusalem), ce centre de beauté, Hachem rayonne » (Téhilim 50,2)

-> « Comme elle se dresse magnifique, joie de toute la terre, la montagne de Sion (Jérusalem) » (Téhilim 48,3)

-> « 10 mesures de beauté sont descendues dans le monde. Jérusalem en a pris 9 et le reste du monde, une » (guémara Kidouchin 49b)

-> Jérusalem n’avait aucun besoin de se flatter, elle était « la joie de toute la terre », et toutes les nations reconnaissaient sa beauté, sans éprouver la moindre trace de jalousie.
D’ailleurs, les rois des pays lointains construisaient des palais en terre sainte pour jouir de sa beauté.

Les mots : kélilat yofi (le summum de la beauté – כלילת יפי) ont la même valeur numérique que le nom : « Jérusalem » (ירושלים) …

La [forte] présence de la Présence Diine (chékhina) elle-même [à Jérusalem] ajoutait à la joie et la beauté de la ville sainte.
[Méam Loez – Eikha 1,15]

Sale juif!

+ Sale juif! :

-> A l’époque de la destruction du Temple, le terme « juif » était devenu un qualificatif injurieux, au point que lorsque 2 prostituées se sont lancées des insultes et des railleries dans les rues d’Achkelon, l’une s’est moquée de l’autre en lui disant : « Ton visage ressemble à celui d’un juif! »

Lorsque par la suite, elles se sont réconciliées et se sont demandé pardon, l’une a dit à l’autre : « Je peux tout te pardonner sauf d’avoir dit que je ressemblais à un juif! »

[midrach Eikha 1,39]

La Torah est la révélation de la volonté Divine et le moyen de nous attacher à D.
Hachem l’a prise de sa source spirituelle et l’a mise sous une forme que l’homme peut comprendre.
Du fait qu’elle a été mise à la portée de l’être humain, il est tout à fait possible de l’étudier sans prendre conscience de sa dimension Divine.
C’est cette étude qui peut être décrite comme un « abandon de la Torah ».

[Méam Loez – Eikha 2,9]

<—>

[A une époque où l’étude de la Torah était largement répandue, Hachem a détruit le royaume de Yéhouda pour cette raison : « ils ont abandonné ma Torah » (Yirmiyahou 9,12)]

=> Il ne faut pas étudier la Torah comme une simple discipline intellectuel, mais il faut être conscient que chaque mot/lettre est une expression de la volonté Divine, et qu’il nous permet de se lier davantage avec D.
[une des raisons de notre exil, et de la destruction du Temple, est notre manque de conscience de cette réalité!]

« [Le 2e Temple a été détruit] parce qu’il y avait une haine gratuite entre les juifs (sinat ‘hinam).
Ceci nous montre que la haine gratuite équivaut aux 3 transgressions majeures [qui causèrent la destruction du 1er Temple] : l’idolâtrie, l’immoralité et le meurtre. »
[guémara Yoma 9b]

-> Sous la haine gratuite, se loge un manque de foi en Hachem. En effet, si celle-ci était plus ferme en nous, nous n’en arriverions pas à haïr, éprouver de la jalousie, médire et nous quereller.

Le Gaon de Vilna s’interroge sur le sens de l’expression « haine gratuite » (sim’at ‘hinam).
A priori, lorsqu’on hait son prochain, ce n’est pas pour rien (gratuitement), mais pour une raison bien précise, à cause d’un certain tort qu’il nous a causé.
Pourtant, Hachem qualifie cette attitude de « haine gratuite ». Pourquoi cela : s’il y a une raison à la haine, c’est qu’elle n’est pas pour rien (gratuite)?

C’est parce qu’en réalité, cet individu n’est pas responsable de ce tort, mais D. Lui-même, qui l’a chargé de nous le causer. Il n’est qu’un envoyé d’Hachem, exécutant fidèlement Ses ordres. S’il ne l’avait pas fait, D. aurait confié à quelqu’un d’autre cette mission.
Ainsi, haïr son prochain en raison de sa mauvaise conduite à notre égard traduit un manque de foi en D.

Si l’on demande à n’importe qui s’il croit en D., il répondra, sans hésiter : « Bien-sûr, quelle question! »
Si on l’interroge ainsi : « Crois-tu que tout vient du Ciel? », il nous l’assurera avec la même certitude.

Voilà de belles paroles. Mais, si tout vient du Ciel comme nous l’affirmons si bien, alors pourquoi nous mettons-nous en colère contre notre prochain?
Si cette croyance était fermement implantée en nous, nous querellerions-nous avec notre ami?
Pourquoi nous plaignons-nous, tout au long de la journée, de ce que nous ont fait ou pris des gens?

[il est assez facile d’avoir théoriquement confiance que rien ne peut se passer dans le monde sans que Hachem ne le décide, que tout est pour notre bien, … mais dans la pratique pensons-nous toujours la même chose? ]

Selon rav Yéhouda bar Idi qui cite rabbi Yo’hanan, la Présence Divine s’est déplacée à 10 reprises (à l’époque du 1er Temple) …

Voici, selon la tradition, les 10 déplacements de la Présence Divine : du propitiatoire (kaporét) au chérubin (kérouv), du chérubin au seuil du Temple, du seuil à la cour (‘hatser) du Temple, de la cour à l’autel (mizbéa’h), de l’autel au toit du tabernacle (hékhal), du toit au mur d’enceinte du parvis (‘azara) du Temple, du mur d’enceinte à la ville (de Jérusalem), de la ville vers le mont des Oliviers, du mont des Oliviers au désert.
Du désert, la Présence Divine remonta vers Sa résidence (dans les cieux), selon le verset : « Je m’en irai et Je reviendrai dans Ma résidence » (Ochéa 5,15) …

Rabbi Yo’hanan dit : La Présence Divine attendit 6 mois dans le désert qu’Israël se repente, mais Israël ne se repentit pas.
Hachem dit alors : « Que leur âme expire! »

[guémara Roch Hachana 31a]

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-> Après qu’Israël ait fauté et jusqu’à la destruction du 1er Temple, la Présence Divine s’est retirée peu à peu et non pas brusquement en une seule fois.
Hachem espérait, à chaque étape de la Présence Divine, que le peuple d’Israël fasse téchouva afin d’arrêter le processus d’exil de la Présence Divine (ché’hina).
[Rachi]

[d’après le Sifté ‘Hakhamim, de la même façon que la Présence Divine s’est éloignée du Temple où elle résidait initialement en 10 étapes, de même le Grand Sanhédrin (le Tribunal de 71 sages) s’est exilé et s’est éloigné progressivement du Temple, d’où il siégeait initialement en 10 étapes.

D’après le Ben Ich ‘Haï, c’est parce que ce monde-ci a été créé par 10 Paroles, donc en 10 étapes, qu’Hachem a retiré progressivement Sa Présence Divine de ce monde en 10 étapes.]

<—>

=> A quoi correspond cette période d’attente de 6 mois?

-> Le Maharcha explique :
Les 6 mois d’attente de la Présence Divine dans le désert, dans l’espoir d’une téchouva d’Israël, ont eu lieu durant les 6 mois du siège de Jérusalem par le roi de Bavél Névoukhanétsar et ses troupes.
D’après le chapitre 52 du prophète Yirmiyahou, ces 6 mois ont commencé le 10 tévét (début du siège de Jérusalem) et se sont terminés le 9 tamouz (1ere brèches dans les murailles).

En conséquence du non repentir des enfants d’Israël, la Présence Divine est remontée au Ciel le 9 tamouz, et c’est pourquoi depuis ce jour, nous ne pouvions plus offrir l’offrande quotidienne (korban tamid).

-> Le Ben Ich ‘Haï commente :
« Le Sage a les yeux et le sot marche dans les ténèbres » (Kohélet 2,14)
La durée de 6 mois peut être justifiée par le fait que cette période dure environ 180 jours, qui fait allusion à la valeur numérique du mot : « énaïm » (les yeux – עינים), de guématria : 180.
Ainsi, la durée de 6 mois leur a été accordée afin que leurs yeux se dessillent et qu’ils se repentent.

[par amour infini, pour ainsi dire, Hachem avait les yeux constamment tournés vers nous, scrutant et espérant la moindre miette de téchouva pour pouvoir revenir étreindre Son peuple chéri!
Rempli de patience, Papa Hachem était comme nous suppliant : « s’il vous plaît, mes enfants adorés, ne M’obligez pas à m’éloigner de vous! J’ai tellement envie d’être au plus proche de vous, vous comblant des meilleures bénédictions!! » ]

+ « [D. dit : ] Vous avez pleuré sans raison ; J’établirai pour vous une raison de pleurer [ce jour là : le 9 Av] pour les générations à venir. »
[guémara Taanit 29a]

-> L’essentiel de la réparation (tikoun) de la destruction du Temple consiste à raffermir notre émouna qu’Hachem est notre Père miséricordieux et qu’Il agit à chaque instant pour notre bien, en nous abstenant de pleurer en vain sur notre propre sort.

Certes, ils s’agit d’un travail sur soi-même de toute une vie, et il n’est pas un seul instant où nous sommes exempts d’enraciner en nous-mêmes cette foi.
Cependant, cette obligation devient davantage pressante durant cette période de deuil sur la destruction du Temple qui trouve sa source dans les larmes vaines versées par nos pères.
[rabbi Elimélé’h Biderman]

[d’une certaine façon, le 9 av nous pleurons d’être arrivés à un niveau où durant toute l’année nous pleurons (apitoyons) sans réelle raison.
Cette prise de conscience doit nous permettre de planter, de déployer de la émouna pour illuminer notre année à venir de joie. ]

Le sens d’un jeûne

+ Le sens d’un jeûne :

1°/ La tsédaka :

-> « Taanit » (jeûne – תענית) est formé des mêmes lettres que : « tat ani » (donner aux pauvres – תת עני).
« Taanit » a la même valeur numérique que : « kématnat yado » (comme il donne), cela nous enseigne qu’il faut donner de la tsédaka pendant les jeûnes.
[Chla haKadoch]

-> Cela fait référence à la parole de nos Sages : « La récompense principale d’un jour de jeûne est déterminée par le montant de tsédaka donné » (guémara Béra’hot 6b).

– Le Ba’h en donne la raison : nos Sages ont dit que certaines personnes aiment leur argent plus que leur corps, et le jeûne ne leur est ainsi pas tellement difficile.
C’est pourquoi, si on jeûne est qu’on donne en même temps de la tsédaka, alors l’expiation est complète.

– Le Guilioné haShass donne une autre raison : c’est afin que le jeûne soit totalement pour l’amour du Ciel, et qu’il n’y ait pas un profit du fait qu’on a gagné l’argent des repas de ce jour-là.
C’est pourquoi, on donne aux pauvres l’argent qu’il aurait fallu dépenser pour les repas, ainsi le jeûne est entièrement pour l’amour du Ciel.

– Le Maté Moché enseigne : Par le fait qu’il ne nous est pas agréable de devoir nous priver de nourriture en jeûnant, nous pouvons nous rendre compte de la souffrance de nos frères pauvres qui sont dans cette situation au quotidien.
En effet, aimer son prochain comme soi-même, c’est vivre son vécu (ex: ne pas avoir forcément de quoi manger tous les jours!), pour mieux comprendre, ressentir sa douleur physique et psychologique.
=> Ainsi : comment alors ne pas donner à la tsédaka, à destination de nos frères qui sont contraints à quasiment jeûner tous les jours, faute de moyens suffisants?

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2°/ La téchouva

-> Au sujet des jeûnes d’une manière générale, il est écrit dans la michna Béroura (549:1) :
« C’est pourquoi chacun doit faire son introspection lors des jours de jeûne, évaluer ses actions, et faire téchouva [corriger ses actions et ses traits de caractère].
Parce que l’essence de ce jour n’est pas le jeûne. […]
Parce que le jeûne n’est qu’un prélude à la téchouva.
C’est pourquoi ces personnes qui vont se promener et perdent leur temps les jours où ils jeûnent ont placé ce qui est secondaire [jeûner] avant ce qui est primordial [la téchouva]. »

-> Le rav Shlomo Ganzfried (Kitsour Shoul’han Arou’h 121,1) enseigne que le but d’un jeûne est d’éveiller notre cœur à la téchouva.
En un tel jour, l’essentiel n’est pas le jeûne, mais c’est la téchouva.

Pour preuve, dans le livre de Yona, il est écrit : « Hachem considéra leur conduite, voyant qu’ils avaient abandonné leur mauvaise voie » (Yona 3,10).
Nos Sages commentent qu’il n’est pas dit que Hachem a vu qu’ils jeûnaient, mais qu’Il a vu « leur conduite », le fait qu’ils ont « abandonné leur mauvaise voie ».

=> Ainsi, le jeûne n’est qu’une mise en condition préalable à la téchouva, et ne se focaliser que sur la partie jeûne s’est : « se saisir de l’accessoire, et abandonner l’essentiel ».

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-> A chaque jeûne, il faut éveiller son cœur aux larmes … c’est un grand devoir pour l’homme de se lamenter et de regretter amèrement tous ces événements qui ont pour ainsi dire provoqué une grande douleur au Créateur [Hachem], et un grand malheur à Ses enfants [les juifs].
[Yessod véChorech haaVoda]

-> [L’essentiel d’un jeûne du calendrier juif] est d’éveiller les cœurs à s’ouvrir au repentir (téchouva), et que ce soit un souvenir de nos mauvaises actions et des actions de nos pères qui ressemblent à nos actions actuelles, au point qu’elles leur ont causé, à eux et à nous, ces malheurs, pour que par le souvenir de ces choses nous revenions à une meilleure conduite.
[Rambam]

[Cela peut éventuellement s’expliquer par le parallèle suivant :
-> Selon la guémara (Yoma 86b), lorsqu’une personne fait téchouva par amour pour Hachem, ses fautes ne sont pas seulement effacées, mais elles sont transformées en mérites ;
-> « Ainsi dit D. : [Les 4 jours de jeûne] seront pour la maison de Yéhouda pour la joie et le bonheur, et pour des fêtes joyeuses. » (Zé’haria 8,19).
Nos 4 jours de jeûne actuels, deviendront des jours de joie lorsque le Temple sera reconstruit
=> Ainsi, notre téchouva par amour, en ces jours de jeûnes actuels, va nous générer tellement de mérites que ces jours deviendront éternellement des moments de joie, de bonheur, …]

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b’h, à ce sujet :
-> http://todahm.com/2020/03/11/13316
-> http://todahm.com/2017/03/10/5535

« Si les nations savaient quel bénéfice le Michkan (plus tard le Temple) leur apporte, elle l’entoureraient de gardes et le protégeraient pour qu’il dure à jamais. »

[rabbi Yéhochoua ben Lévi – midrach]

Le Temple

+ « [Yossef] tomba au cou de Binyamin et pleura » (Vayigach 45,14).

-> « Ton cou est comme la tour de David » (Chir haChirim 4,4)
Comme le cou, situé au haut du corps, le Temple est la couronne de gloire du peuple juif.
Tout comme c’est dans le cou que passent les artères indispensables pour la vie dans le corps, c’est par le Temple que passent les artères apportant la vie au peuple d’Israël.
De même que c’est autour du cou qu’on porte des bijoux, le Temple est paré par les Cohanim et les Lévi’im qui sont « les ornements » du peuple d’Israël.
De même que les ornements sont suspendus au cou, la réussite du monde est suspendue au Temple.
De même que le cou est plus belle partie du corps, le Temple est le lieu le plus beau du monde.
[rabbi Yossef Deutsch]

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-> Le Temple est appelé « cou », ainsi qu’il est écrit : « Ton cou est comme une tour d’ivoire » (Chir haChirim 7,5).
Tant que le Temple existait, Israël fut prospère et libre, et pouvait marcher la tête haute et la nuque raide.
Dès la destruction du Temple, Israël commença à subir des humiliations et des persécutions.
Les nuques des juifs se courbèrent, ils ne purent plus jamais relever la tête au sein des nations.

Le Temple est désigné de cette façon pour une autre raison. A la différence des autres parties du corps, si le cou d’une personne est tranché, celle-ci meurt. Il en va de même du Temple sans lequel Israël ne peut vivre.

Lorsque le Temple existait, si un homme péchait par inadvertance, il offrait un sacrifice pour expier sa faute.
Nos Sages enseignent que personne, à Jérusalem, n’allait dormir avant d’avoir expié un péché.
Deux sacrifices quotidiens étaient offerts dans le Temple : un le matin et un autre le soir (Bamidbar 28,4).
Le sacrifice du matin servait à expier les péchés commis durant la nuit, tandis que celui du soir annulait les fautes de la journée.
Les gens étaient ainsi purifiés de tout péché. Aujourd’hui, malheureusement, nous ne sommes plus en mesure d’effacer nos péchés.
[Méam Loez – Vayigach 45,14]

<—>

-> Le cœur de tous les juifs doit être dirigé vers un seul et même endroit : le Temple.
Le cou est ce qui relie la tête avec le restant du corps, et cela symbolique la liaison entre la spiritualité (la tête) et la matérialité (le restant du corps).
Il en est de même avec la fonction du Temple, qui est de relier ensemble : la spiritualité avec la matérialité, le Ciel avec la terre.
La guémara (Béra’hot 30a) affirme que le Temple est le conduit qui nous connecte avec le Ciel (chamayim).
La prière de chaque juif s’élève au Ciel par le biais du Temple, et Hachem nous comble de bénédictions d’En-Haut jusqu’à ce monde par le biais du Temple.
[Avné Nézer]

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-> b’h, provenant du divré Torah : http://todahm.com/2015/12/27/4266

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+ « Ton cou est comme la tour de David » (Chir haChirim 4,4)

-> Comme le cou est dans la partie haute de l’homme (juste sous sa tête), et représente sa splendeur, le Temple est dans la partie haute de la terre d’Israël (à Jérusalem) et représente sa splendeur.
[Maharcha]

-> C’est à travers la trachée artère du cou que s’effectue la respiration (néchima) qui assure la vitalité de l’âme (néfech) et c’est à travers l’œsophage du cou que s’effectue le transit de la nourriture et de la boisson qui assurent la vitalité du corps.
De même, c’est à travers le Temple que se déverse dans le monde l’abondance sur le plan spirituel et sur le plan matériel.
[Sifté ‘Hakhamim]

-> De même que c’est sur le cou d’une femme que sont placées la majorité de ses bijoux et parures, c’est pour le Temple qu’Israël a prélevé son or, son argent et ses parures.
[Torah Témima]

-> Durant la période d’existence du Temple, le cou d’Israël est levée et dressé.
Cependant, durant la période où le Temple est détruit, Israël marche la tête basse et son cou est courbé.
[Méam Loez]

-> Les lettres du mot : « tsavar » (cou – צואר) peuvent se réarranger pour former le mot : « otsar » (trésor – אוצר) qui désigne le Temple selon le verset : « Apportez toutes les dîmes dans Mon « otsar » (trésor) afin qu’il y ait des provisions dans Ma maison » (Mala’hi 3,10).
Ainsi, le cou (צואר) et le Temple (אוצר) sont formés des mêmes lettres hébraïques.
[Ben Ich ‘Haï]