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Le 17 tamouz

+ Le 17 tamouz :

-> La cause de la faute du Veau d'or, survenu le 17 Tamouz, était que le peuple juif pensait que, puisque Moché n’était pas encore redescendu du mont Sinaï, il n’y avait plus aucun moyen pour lui de se rapprocher d'Hachem et de la Torah.
Cependant, en réalité, même si Moché était bel et bien décédé à cette époque, il n’aurait jamais laissé son troupeau sans un autre berger. Aharon HaKohen, Yéhochoua bin Noun et de nombreux autres grands tsadikim avaient reçu la sagesse de Moché Rabbénou au point de pouvoir guider le peuple juif.
En effet, selon le début des Pirké Avot : "Moché reçut la Torah du Sinaï et la transmit à Yéhochoua, et Yéhochoua [la transmit] aux Anciens, ..."

De même, de nos jours, nous devons croire que le tsadik de chaque génération ne quitte jamais ce monde avant d’avoir transmis sa sagesse à son successeur. Ainsi, nous ne devons jamais penser qu’il n’y a aucun espoir pour nous et céder au désespoir, qui est une manifestation de la faute du Veau d’or.
Au contraire, nous devons chercher de tout notre cœur à trouver l’étincelle du mont Sinaï qui est encore vivante chez les tsadikim d’aujourd’hui.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Shelou'hin 5 ]

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-> Le 17 Tamouz, les juifs ont commis la faute du Veau d’or, et Moché Rabbénou a brisé les Tables des 10 Commandements (Lou'hot).
Rabbi Nathan de Breslev explique que la raison pour laquelle Moché a agi ainsi est qu’il existe différents niveaux de vérité. La vérité de la Torah est que lorsque nous fautons, nous devons être punis. La Torah nous dit clairement ce que nous devons faire ; ainsi, si nous n’écoutons pas ses avertissements, il y a des conséquences.

Cependant, Moché a reconnu que ce n’était pas le niveau le plus élevé de la vérité. Au contraire, la plus grande vérité est la compassion (miséricorde) d'Hachem, le fait qu’Il pardonne avec bienveillance même les transgressions les plus terribles lorsque nous revenons vers Lui par la téchouva.
Ainsi, Moché a dû briser les Lou'hot, qui représentent le niveau de la vérité de la Torah, afin de révéler que ce niveau n’est pas la vérité ultime. Puis, il est remonté sur le mont Sinaï, où il a reçu les 13 Midot de Ra'hamim (Attribut de miséricorde de D.) et la deuxième série de Lou'hot, qui ont été remises le jour de Yom Kippour, lorsqu'Hachem nous a complètement pardonnés notre faute.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Ribbit 5 ]

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-> Ce qui nous empêche principalement de faire téchouva, c’est l’impatience.
Nous voulons des résultats immédiats, alors nous abandonnons lorsque nous ne voyons pas de progrès tout de suite.
C’est là l’erreur qui a conduit à la faute du Veau d’or. Même si les juifs étaient sur le point de recevoir les deux Lou'hot de la Torah que Moché allait faire descendre du mont Sinaï, ils n’ont pas pu attendre ne serait-ce qu’un jour de plus, et ils ont donc abandonné.
De même, nous devons croire que, peu importe depuis combien de temps nous aspirons à recevoir la Torah et les conseils des tsadikim, nous sommes en réalité très proches d’une nouvelle révélation. Il nous suffit de nous accrocher à notre volonté, d’être patients et de continuer à espérer le salut (délivrance personnelle, comme collective).
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran II,48 ]

Un jeûne = un sacrifice de soi à Hachem

-> Lorsqu’une personne jeûne, cela tient lieu d'un sacrifice (un korban à Hachem).
Tout comme le sang et les graisses sont prélevés sur un animal offert en sacrifice, de même, lorsqu’une personne jeûne, elle donne une partie de ses propres graisses et de son propre sang.
Lors d’un jour de jeûne, une personne doit également faire un don à la tsédaka, à l’instar de la portion du sein de l’offrande qui est donnée au Cohen, afin que son offrande soit complète ...

En réalité, un jeûne doit s’apparenter à un sacrifice de deux manières.
Premièrement, tout comme la graisse et le sang d’une offrande sont donnés à Hachem, de même, lorsqu’une personne jeûne, elle renonce à sa graisse et à son sang.
Deuxièmement, tout comme la partie de la poitrine d’une offrande est donnée au Cohen, de même, lorsqu’une personne jeûne, elle doit donner la tsédaka, et la tsédaka lui apporte du mérite en Haut.
[...]

Il faut comprendre que c’est la tsédaka qui réveille les mérites de cette personne au Ciel.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tsav 7,29-30]

Ressentir la perte du Temple

+ Ressentir la perte du Temple :

-> Le rav Aharon Leib Steinman fait remarquer : de nos jours, les gens ont du mal à ressentir la perte du Temple. La différence entre notre génération et les précédentes est très marquée à cet égard. En Europe, même le juif le plus simple se levait à minuit pour réciter le tikoun 'hatsot en versant de nombreuses larmes (sur la destruction du Temple).

De même, la guémara (Kétoubot 62a) rapporte qu’un non-juif poursuivait un jour un juif, mais vit qu’il ne pouvait le rattraper. Il mentionna alors le fait que le Temple avait été détruit, ce qui affaiblit le juif et lui permit de le rattraper. Tel était l’effet que la destruction avait sur les juifs des générations précédentes.

Le rav Steinman explique qu’autrefois, l'exil était beaucoup plus manifeste. Les juifs souffraient énormément des persécutions des non-juifs et vivaient également dans une extrême pauvreté. Il leur était donc plus facile de ressentir une nostalgie du Temple.
En revanche, nous vivons dans un confort relatif et ne souffrons pas beaucoup de la part des non-juifs.

Nos Sages (Taanit 30b) nous disent qu’une personne doit s'attrister sur le Temple en le pleurant comme un avel (comme quelqu'un qui a perdu un être cher, et qui en prend le deuil).
Il faut visualiser ce que l’on ressent lorsqu’un être cher décède, et essayer de ressentir la même chose face à la perte du Temple.

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[ainsi, d'un côté Hachem fait en sorte que notre exil soit plus agréable, mais nous devons faire en sorte de prendre un moment pour malgré tout ressentir l'amertume de l'exil, et en venir à pleurer la perte du Temple.
(sinon, D. préserve, Hachem risque de nous envoyer des difficultés/malheurs pour qu'on en vienne à ce constat!) ]

Exiger le Temple

+ Exiger le Temple :

-> Trois fois par jour, nous récitons la Amida, nous demandons à Hachem de reconstruire Jérusalem : "vélirouchalayim ire''ha béra'hamim tachouv vétichkon béto'ha kaasser dibarta" (et à Jérusalem, Ta ville, puisses-Tu revenir dans Ta miséricorde, et puisses-Tu y reposer, comme Tu l'as dit).

Cela ne doit pas être considéré comme une simple demande, mais plutôt comme une exigence qu'Hachem tienne Sa promesse et reconstruise Jérusalem : "comme Tu l'as promis!" (kaacher dibarta). Nous disons à Hachem que nous voulons qu'Il tienne Sa promesse de reconstruire et de restaurer Tzion.

Rabbi 'Haïm Kanievsky cite un Yalkout Shimoni (Shmouël II remez 165) étonnant.
Ce midrach enseigne que la raison pour laquelle de nombreux soldats sont morts à l'époque du roi David est qu'ils n'ont pas exigé la construction du Temple.
Ces soldats, ajoute le midrach, n'avaient jamais vu le Temple (qui ne sera construit qu'après la mort du roi David), mais ils ont été blâmés pour ne pas avoir exigé sa construction, et ils l'ont payé de leur vie.

=> Nous devons tirer les leçons de ce récit et prendre la résolution d'exiger de tout cœur qu'Hachem reconstruise immédiatement le Temple.

Ecouter la vraie mélodie de la vie

+ Ecouter la vraie mélodie de la vie :

-> Pour beaucoup d’entre nous, il est difficile de ne pas pouvoir écouter de musique pendant les 3 semaines (du 17 tamouz jusqu'au 9 Av). Cependant, c’est en réalité une occasion incroyable pour nous de découvrir notre propre nigoun intérieur, celui de la Torah et des mitsvot.
En vérité, il existe un chant spectaculaire de nékoudot tovot qui résonne à chaque minute de notre vie, mais comme il y a tant d’autres bruits en arrière-plan, nous ne parvenons pas à l’entendre. C’est pourquoi nous faisons aujourd’hui une pause dans toute forme de musique afin de découvrir ce doux chant de nos bonnes actions.
En effet, rabbi Nathan ( Likouté Halakhot - Hachkamat HaBoker 1) dit que ce chant est le chant de la Rédemption (guéoula), la mélodie du machia’h, auquel nous aspirons si profondément.
[rav Nissan David Kivak]

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-> En réalité, il y a un nigoun (mélodie juive) spectaculaire qui résonne tout autour de nous (chaque juif).
Il y a un chant magnifique en toile de fond de nos vies, qui est un aspect du chant de l’avenir, lorsque la Providence d'Hachem se révélera de la manière la plus impressionnante qui soit.
Cette douce mélodie est composée de la lumière incroyable émanant de chacune de nos mitsvot et de nos bonnes actions.

Cependant, pour l’instant, ce chant est masqué par l'obscurité des lois de la nature, qui nous empêche de voir, d’entendre ou de ressentir quoi que ce soit de particulier dans notre avodat Hachem (libre arbitre oblige).
Néanmoins, lorsque nous renforçons notre émouna dans les enseignements des tsadikim qui mettent en lumière les "notes" spirituelles spectaculaires de nos mitsvot, nous pouvons commencer à entendre ce qui se passe réellement.
Et plus nous suivons cette voie, plus le nigoun devient clair, et plus nous commençons à vivre la bonne vie du monde à Venir.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran II,8 ]

Le Shabbath avant le 9 Av est appelé Shabbath 'Hazon (Shabbath de la contemplation, de la vision).
Nous lisons la Haftara : 'hazon Yéchayahou (Vision de Yéchayahou, fils d'Amots, qui prophétisa sur Yéhouda et sur Jérusalem - Yéchayahou 1,1).
Imaginez à quoi ressemble la vie d’un juif lorsqu’elle est remplie de sainteté et de purification, de crainte de Hachem et de joie avec Lui.
[rav Yaakov Landau]

=> Plus nous faisons l'effort de visualiser ce que nous perdons en l'absence du Temple, plus nous pouvons pleinement en prendre le deuil, et espérer de tout cœur sa reconstruction au plus vite.

[c'est un moment où l'on réalise ce qui est vital pour nous, et ce qui est futile. ]

Depuis le jour où le saint Temple a été détruit, il n'y a plus de rire devant Hachem.
[guémara Avodah Zara 3b ]

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-> Rabbi Chimon bar Yo'haï dit : "Venez voir combien Israël est aimé d'Hachem : partout où le peuple juif est exilé, la Présence Divine (Chékhina) est avec lui."
[guémara Méguila 29a]

La mort d’un tsadik, similaire à une destruction du Temple

+ La mort d'un tsadik, similaire à une destruction du Temple :

-> Lorsqu'un grand tsadik (juste) disparaît, le monde juif tout entier est plongé dans le deuil, et même si l'on ne connaissait pas personnellement le tsadik, la perte est palpable. Pourquoi en est-il ainsi?

Le guémara (Béra'hot 8a) affirme que lorsque le Temple a été détruit, une partie de la présence Divine (Chékhina) a été enlevée. Où se trouve la manifestation de D. après la destruction?
Le guémara répond dans les 4 coudées de la Halakha (loi juive).
["Tout ce qu'Hachem a dans ce monde, ce sont les 4 coudées de la Torah" (én lo l'Hachem béolamo éla arba amot chel halakha bilvad) ]

Le Rambam interprète cette déclaration comme signifiant que la présence de D. repose sur les tsadikim (les justes) de chaque génération.

Peut-on alors s'interroger sur la réaction du peuple juif à la disparition d'un tsadik?
Lorsqu'un tsadik quitte ce monde, c'est comme si devant nos yeux le Temple avait été détruit, et nous sommes affligés et pleurons en conséquence.
[ rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 2,3 ]

Tout ce qu'une personne rectifie contribue à la construction de la Jérusalem qui est au Ciel, une pierre à la fois.
C'est pourquoi nous disons [la bénédiction] "qui construit Jérusalem", parce que chaque jour, il se construit lentement.
[ rabbi Shmelke de Nikolsburg - Divré Shmouel - Bé'houkotaï - p.132 ]

"C'est dans l'exil que le peuple juif a les plus grandes opportunités de croissance spirituelle".
[Sfat Emet - Vaéra 5646]

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-> Le Ram'hal (Daat Tévounot 40), le Kli Yakar (Béréchit 30,1) et le rav Shamshon Raphael Hirsch (Béréchit 2,17) font tous écho au thème selon lequel, puisque l'exil apporte la kappara (l'expiation de nos fautes), nous devrions être reconnaissants pour cette opportunité d'obtenir le pardon et de grandir positivement.

=> L'exil renvoie à une période de difficulté/obscurité spirituelle, ainsi la souffrance afférente génère une expiation de nos fautes et de grandes opportunités de croissances spirituelles.