"Voici les engendrements de Noa’h, Noa’h était un homme juste et droit dans sa génération" (Noa'h 6,9)

-> Le Ben Ich 'Haï a expliqué ce verset d’après le verset : "comme l’eau reflète le visage, ainsi le cœur de l’homme répond à l’homme" (Michlei 27,19).
De la même façon que l’homme se conduit envers le prochain, le prochain se conduit envers lui.
L’exemple de ce phénomène est l’eau. L’image de l’homme se reflète dans l’eau sans altération, avec une exactitude parfaite, ainsi exactement la conduite de l’homme se reflète dans le rapport de la société et de l’entourage envers lui.

C’est ce que dit le verset ici : "Voici les engendrements de Noa'h", la Torah nous dit en allusion que si l'homme est agréable (mot se disant en hébreu : noa’h) envers les autres, agréable (noa’h) dans ses attitudes et ses bonnes actions, dans son langage et sa conduite, les engendrements de ses actions seront également agréables (noa’h), l’entourage et la société seront également agréables envers lui.

Le Ben Ich 'Haï écrit que le mot noa'h (נח), est fait des mêmes lettres que 'hen (charme - חן), pour nous dire en allusion que de cette façon on plaira à tous ceux qui vous voient.

"Voici les engendrements de Noa’h, Noa’h était un homme juste" (Noa'h 6,9)

-> Rachi : les engendrements des tsadikim sont leurs bonnes actions.

-> Le Beit Yaakov enseigne :
Tout homme a l’habitude de dire qu’il ne se donne du mal que pour ses enfants, afin qu’ils grandissent et qu’ils soient de bons juifs et des bnei Torah.
Quand ces enfants deviennent adultes, de nouveau ils ne font pas attention à eux-mêmes et disent aux aussi qu’ils ne se donnent du mal que pour leurs enfants. Si bien qu’on aimerait bien voir un fils digne de ce nom ...

C’est pourquoi le verset dit : "Voici les engendrements de Noa’h, Noa’h" = Noa’h ne s’est pas négligé pour travailler uniquement pour ses enfants, mais il s’est considéré lui aussi comme un fils et s’est donné du mal pour s’élever lui aussi.
C’est lui-même qui était ce fils digne de ce nom, qui a compris qu’il avait le devoir de servir Hachem.
C’est la signification de l’explication : "les engendrements des tsadikim sont les bonnes actions", les tsadikim voient leurs bonnes actions comme s’ils étaient eux-mêmes des fils.

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-> Rabbi El'azar Azkari (auteur du Sefer 'Haredim, du chant Yédid Néfech, et élève du Arizal) avait l’habitude de dire :
Bien qu’un juif doive s’empresser d’engendrer des fils pour servir Hachem, il doit surtout s’empresser d’être lui-même une plante agréable aux yeux de Hachem, agréable par ses bonnes actions, car alors le Maître du jardin trouvera bon d’en faire sortir d’autres plantes qui lui ressemblent.

C’est pourquoi quand la Torah énumère les engendrements de Noa’h, elle raconte d’abord que c’était un homme juste qui marchait avec Hachem, et que c’est ainsi qu’il a donné des engendrements.

Surmonter son mauvais penchant = trouver grâce aux yeux d’Hachem

+ Celui qui surmonte son mauvais penchant mérite de trouver grâce aux yeux d’Hachem (paracha Noa'h) :

-> Un des moyen de mériter de trouver grâce aux yeux d’Hachem est : la guémara (Souca 49b) enseigne que "celui qui possède la grâce, cela prouve qu’il a la crainte du Ciel".

Le Sfat Emet (année 5656) écrit à ce sujet : "Lorsque l’âme se purifie et se nettoie, l’image Divine repose sur elle. Et une fois qu’elle est à l’image Divine, elle mérite d’office de trouver grâce aux yeux d’Hachem.
Grâce à quoi son âme se purifie-t-elle et se nettoie-t-elle?
Grâce au fait qu’il surmonte son mauvais penchant pour tout ce qui concerne la jalousie, les désirs matériels et la recherche des honneurs (les trois vices) qui font sortir l’homme du monde".

=> Le Sfat Emet poursuit en développant à quel point l’homme qui surmonte son yétser ara est apprécié aux yeux d’Hachem :
Il est écrit dans la paracha Noa'h (8,21) : "Hachem sentit l'agréable odeur et Il dit en Lui-même : ‘Désormais, Je ne maudirai plus la terre à cause de l’homme, car les conceptions du cœur de l’homme sont mauvaises dès son enfance'."
Le Baal haTourim rapporte que l’expression : "il sentit l'agréable odeur" (vayara'h ét réa'h - וַיָּרַח אֶת רֵיחַ) n'apparaît qu'à 2 reprises dans la Torah :
- dans ce verset ;
- et au sujet de Its’hak lorsqu’il bénit Yaakov : "Il respira l'agréable odeur de ses habits" (Toldot 27,27)
Le Kédouchat Lévi rapporte l’enseignement de mon père (le père du Sfat Emet) qui demande à propos de notre verset ("Hachem respira l'agréable odeur"), d’où provenait celle-ci.
Et de répondre : elle provenait de l’homme de chair et de sang, parce que, dans celui-ci, réside le mauvais penchant qui l’incite sans cesse à se détourner du service Divin et néanmoins, il le surmonte pour servir Hachem.
C’est à ce propos qu’il est écrit : "Hachem respira l'agréable odeur et Il dit en Lui-même : ‘Désormais, Je ne maudirai plus la terre à cause de l’homme, car les conceptions du cœur de l’homme sont mauvaises dès son enfance’", ce qui signifie : "Puisque l’homme répand une agréable odeur grâce à ce yétser ara qui est en lui depuis son enfance et qu’il combat pour le surmonter, c’est pour cette raison que Je ne maudirai plus la terre".

Le Kédouchat Lévi continue en rapportant les paroles du Maguid de Mézéritch : non seulement le travail spirituel des Bné Israël répand une odeur agréable devant Hachem, mais Hachem se confectionne (si l’on peut dire) un habit grâce à ce travail spirituel.
C’est le sens du verset : "Israël, c’est par toi que Je me couvre de gloire" (Yéchayahou 49,3).
"Se couvrir de gloire" a ici le sens de "se revêtir", comme il est dit : "Ils se couvrirent de feuilles de figuier" (Béréchit 3,7).

Le Maguid de Mézéritch ajoute : plus encore, Hachem ne s'habille que du travail des Bné Israël et non de celui des anges.
La raison en est que c’est ce service spirituel des Bné Israël qui Lui procure un immense plaisir, car c’est en eux que réside le yétser ara qui les pousse à se détourner du service d’Hachem et ils le surmontent. Ce qui n’est pas le cas des anges, comme cela est rapporté dans la guémara (Shabbat 89a) à propos de Moché Rabbénou qui répondit aux anges : "Vous n’avez aucun yétser ara en vous".
Dès lors, le service des anges ne représente pas une si grande innovation aux yeux d’Hachem.

Et c’est pourquoi le Baal haTourim (cité plus haut) rapporte les 2 seules occurrences de cette expression (il sentit l'agréable odeur) : dans notre verset "Hachem respira l'agréable odeur" et dans le verset : "Il (Its’hak) respira l'agréable odeur de ses habits", car l'agréable odeur dégagée par le travail de l’homme sur lui-même constitue (si l’on peut dire) les habits dont Hachem se revêt.

Noa’h – Trouver grâce aux yeux d’Hachem en étant agréable aux hommes

+ Noa'h - Trouver grâce aux yeux d’Hachem en étant agréable aux hommes :

-> Le Séfer ‘Harédim (66, 75) écrit :
"Si un homme veut trouver grâce aux yeux d’Hachem, il doit veiller à ne pas se mettre en colère, car il est dit : "Et Noa’h trouva grâce aux yeux d’Hachem" (Noa'h 6,8) sans en expliquer la raison.
C’est que l’explication est contenue dans le nom même de ce juste (tsadik). Car il était ‘Noa’h’ (agréable en hébreu) dans ses paroles, dans ses actes et dans sa conduite (comme cela est enseigné dans le Zohar).
C’est pour cela qu’il trouva grâce ('hén - חן en hébreu, qui est composé des mêmes lettres que le nom de Noa’h - נח) aux yeux d’Hachem".

-> Un enseignement similaire est rapporté dans la guémara (Pessa’him 113b) : "Trois sortes de personnes sont aimées d’Hachem : celui qui ne se met pas en colère, celui qui ne s’enivre pas, celui qui ne tient pas rigueur".

Le Yichma’h Israël (paracha Noa'h) rapporte au nom du Séfer haYachar de Rabbénou Tam que si, certes, le libre arbitre est donné à l’homme de choisir entre le bien et le mal, cependant, si celui-ci mérite de trouver grâce aux yeux d’Hachem, alors Hachem l’élève au-dessus du libre arbitre.
Et il sera obligé, de par sa nature et de par son essence, de n’accomplir que le bien. Et cela afin qu’il donne naissance plus tard à une descendance juste et vertueuse.

Le Yichma’h Israël explique que l’enseignement du Séfer ‘Harédim et celui du Séfer haYachar se rejoignent.
En effet, celui qui se préserve de la colère et est agréable (Noa’h) avec les autres dans ses paroles, dans ses actes et dans sa conduite, mérite de bâtir une descendance vertueuse et mérite par-là de trouver grâce aux yeux d’Hachem.
Cela nous permet de comprendre le verset : "Et Noa’h trouva grâce" (ונח מצא חן). Sa conduite était douce et sereine envers les créatures et il ne tenait pas rigueur aux gens, ainsi mérita-t-il d’engendrer une descendance vertueuse (notre Patriarche Avraham et tous les justes (tsadikim) du monde), de trouver grâce aux yeux d’Hachem et de mériter tous les bienfaits et les bénédictions du Ciel.

[combien nous devrions suivre cet exemple et aspirer à trouver grâce aux yeux d’Hachem en étant agréable aux hommes ... ]

"La colombe revint vers lui sur le soir, saisissant dans son bec une feuille d’olivier fraiche" (Noa'h 8,11)

-> Le midrach (Tan’houma Tetsavé 5) commente :
"Telle la colombe qui a apporté la lumière dans le monde, vous aussi qui êtes comparés à la colombe, apportez de l’huile d’olive et allumez une lumière!"

=> A priori, ce midrach demande une explication : en quoi la colombe a-t-elle apporté la lumière au monde en rapportant une feuille d’olivier?

Le Maharal Diskin explique (à la fin de paracha Pékoudé) que les feuilles d’olivier sont particulièrement résistantes, comme la
guémara (Ména’hot 53b) le rapporte : "Les feuilles d’olivier ne tombent ni en été ni en hiver". [il y a des feuilles sur l'arbre toute l'année]
De fait, elles ne se désagrégèrent pas au cours du déluge mais flottèrent à la surface des eaux.
Lorsque la colombe revint avec une feuille d’olivier, elle suggéra ainsi à Noa’h : "Regarde, le Créateur savait depuis la création du monde que viendrait un jour où un homme juste, appelé Noa’h, m’enverrait de l’arche afin de voler à la surface des eaux "pour voir si les eaux avaient baissé sur la face du sol" (Noa'h 8,8), et je ne m’aurais alors rien eu pour me nourrir. Il a donc créé les feuilles de l’olivier qui sont très résistantes afin qu’elles ne soient pas détruites dans les eaux du déluge, et grâce à elles, j’ai de quoi me sustenter!"

C’est pourquoi le midrach enseigne que la colombe a apporté la lumière au monde : en effet, elle éclaira le monde avec cette croyance dans le fait que le Créateur a préparé depuis le commencement du monde ce dont chaque être vivant aurait besoin.

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+ "La colombe revint vers lui sur le soir, saisissant dans son bec une feuille d’olivier fraiche" (Noa'h 8,11)

-> Rachi donne 2 explications du mot : "saisissant".
Il écrit : "Au sens littéral, c’est un langage signifiant "arracher", et d’après le midrach, c’est un langage signifiant "subsistance". La colombe dit à Hachem que ma subsistance soit amère comme la feuille d’olivier mais de la main d'Hachem et non pas douce comme le miel, mais de la main de l’homme".

=> Le Divré Israël pose une question : pourquoi Rachi n’explique t-il pas que le sens littéral du mot "saisissant" ("taraf" - טָרָף) est un langage de subsistance, comme on le voit dans le verset : "téréf natan liré'av" (Il donne leur subsistance à ceux qui le craignent - טֶרֶף נָתַן לִירֵאָיו - Téhilim 111,5).

Il répond qu'en réalité, il y a lieu de se demander en quoi la colombe a failli pour mériter de trouver une feuille d’olivier, amère de nature, à l’instar de nombreux d’entre nous qui se demandent en quoi ils ont fauté pour que leur subsistance leur parvienne avec autant de difficultés et d’épreuves.
C’est à cet effet que Rachi explique que le sens premier de ce terme dans ce verset est ‘arracher’, et d’après ce que nous enseignent nos Sages (guémara Brakhot 64a) : "Celui qui anticipe l’heure prévue, l’heure lui est défavorable".

En rapportant cette feuille d’olivier, la colombe fit preuve d’un manque de confiance en Hachem, qui était en mesure de lui apporter sa subsistance à l’heure voulue. C’est pourquoi c’est une feuille d’olivier amère (et non douce) qui se présenta à elle.
En revanche, celui qui place sa confiance en D. et s’arme de patience verra toutes ses entreprises réussir de la manière douce, qu’elles concernent sa subsistance ou tout autre besoin!

Noa’h

+ Noa'h :

-> Le Méam Loez (Noa'h 7,5-7) enseigne :
La foi de Noa'h n'est pas à remettre en question. Il pensa simplement que D. est bon et miséricordieux, et que jamais il ne détruirait jeunes et vieux. Il supposa qu'il s'agissait d'une menace devant inciter les hommes aux repentir.

Noa'h n'a pas non plus pensé que ses contemporains pouvaient s'obstiner à refuser de se repentir alors même que les eaux montaient.
Il avait la certitude qu'au dernier moment ils reviendraient à D. et que le décret serait annulé.
Malgré 120 ans qu'il consacra à tenter d'éveiller leur repentir, ils le rejetèrent se fermant ainsi les portes du pardon.
Hachem étant plein de miséricorde, Noa'h supposa que le Déluge ne surviendrait pas. Telles furent les intentions de Noa'h.
[...]

Malgré les pluies torrentielles qui s'abattirent durant les 7 jours (précédant le Déluge), il se rendit chez les uns et les autres afin de les convaincre de se repentir.
Il ne pouvait supporter l'idée de leur destruction, et ce n'est que lorsqu'il s'aperçut de leur obstination, qu'il se résolut à pénétrer dans l'Arche.
[...]

Certains affirment que Noa'h ne pria pas en faveur de ses contemporains non par négligence, mais parce qu'il ne trouva pas 10 tsadikim (justes) pour se joindre à lui.
La famille de Noa'h ne comptait que 8 âmes.
Sans 10 justes, un décret ne peut être annulé, tel que nous le voyons dans le cas de Sodome (Béréchit 18,32).

[selon le Tsor haMor, après le Déluge, Noa'h a apporté une offrande de faute pour ne pas avoir (quand même) prié en faveur de ses contemporains.]

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-> "Certes, Je ferai en cela comme pour les eaux de Noa’h : de même que J’ai juré que le déluge de Noa’h ne désolerait plus la terre" (Yéchayahou 54,9)

Selon le Zohar (Noa’h), le déluge porte le nom de Noa’h car celui-ci n’a pas demandé à D. d’épargner le monde, qui fut détruit lors de cet évènement.

Cette affirmation suscite notre interrogation : pourquoi Noa’h n’a-t-il pas invoqué la miséricorde divine en faveur de son peuple, si bien que le déluge porte son nom?

Le rav 'Haïm Chmoulévitz (Si'hot Moussar) écrit :
Noa’h savait que sa prière ne serait pas exaucée, car, comme nos Sages l’ont dit, il restait moins de 10 justes dans le monde. Cependant, le déluge porte malgré tout son nom. C’est que s’il avait souffert de voir le monde courir à sa perte, il aurait imploré D. de toutes ses forces pour qu’Il ne le détruise pas. S’il ne l’a pas fait, c’est le signe qu’il n’en souffrait pas.

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-> Rachi (Noa'h 7,7) écrit : "Même Noa’h faisait partie des gens de peu de foi, croyant sans vraiment croire que le déluge allait se produire, et il n’est entré dans l’arche que lorsque les eaux l’y ont obligé".

=> Apparemment, comment est-il possible de dire de Noa’h, que la Torah appelle "un homme juste et irréprochable", qu’il ne croyait pas de tout son cœur?

Le Mahari de Vork explique que jusqu’à la dernière minute, Noa’h croyait et espérait que les hommes allaient se repentir et que le décret du déluge serait annulé.
Voici ce que signifient les paroles de Rachi : Noa’h faisait partie des gens de peu de foi, croyant : même parmi les gens de peu de foi il faisait dépendre sa foi et son espoir du fait qu’à chaque instant ils pouvaient se repentir, c’est pourquoi "sans vraiment croire que le déluge allait se produire" : parce que leur techouva pouvait annuler le décret.

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+ "Noa'h était un homme juste et droit dans sa génération" (Noa'h 6,9)

-> L'Admour rabbi Yé'hezkel de Kozmir commente que la force et la grandeur d'un homme juste et droit réside en ce que "certains l’interprètent comme un blâme", parce que si l'on voit un meneur qui n'a pas d'opposants, mais dont tout le monde chante la louange, c'est un signe évident que c'est un homme rempli de mensonge et de flatterie, qui trouve des moyens détournés d'être en paix avec tout le monde.
En revanche, un grand dirigeant qui est mené par la générosité et la vérité éveille contre lui des accusations et de la haine du côté des réchaïm de la génération qui ne sont pas disposés à supporter le chemin de vérité de leur dirigeant.

-> Le Baal Chem Tov a transmis à ses descendants une tradition ancestrale selon laquelle tout dirigeant spirituel qui ne suscite aucune opposition, ne méritera pas de vivre longtemps dans ses fonctions.

En se basant sur cela, le Beit Israël explique le commentaire de Rachi au début de notre paracha Noa'h (à propos du verset "Noa’h était un homme juste dans sa génération") : "Certains l’expliquent dans un sens péjoratif et d’autres dans un sens élogieux".
A priori, on ne peut que s’étonner : pourquoi certains tenaient-ils tellement à l’expliquer péjorativement?
D’après ce qui précède, on peut comprendre qu’ils désiraient de cette manière lui allonger la vie. Et, en effet, au moment du déluge, Noa’h avait 600 ans.
Et pourtant, le lion le mordit (dans l’arche, parce qu’il avait tardé à lui apporter son repas) alors qu’il était déjà très âgé (car à son époque les hommes vivaient en moyenne 400 ans).
Il mérita une telle longévité grâce à l’opposition qu’il suscita auprès des gens de sa génération (qui le critiquaient et se moquaient sans cesse de lui).
[en ce sens on peut citer la guémara (Sanhédrin 108b) : "Noa’h était le juste qui réprimandait sa génération. Il leur disait des choses dures comme des pierres. Eux le méprisaient, ils lui disaient : Vieillard, pourquoi fais-tu cette arche?
Il répondait : Hachem va amener sur vous un déluge. Ils lui disaient : Un déluge de quoi? Si c’est un déluge de feu, nous avons une chose qui s’appelle alita, sur quoi le feu n’a aucune prise. Si c’est un déluge d’eau, s’Il l’amène de la terre, nous avons des boules brûlantes de métal dont nous recouvrirons la terre, et s’Il l’amène du ciel, nous avons quelque chose qui s’appelle akev.
Il leur dit : Il l’amènera d’entre les talons de vos jambes." ]

Il est donc très possible que ceux qui commentaient : "Noa’h était un homme juste dans sa génération" péjorativement avaient l’intention par cela de prolonger ses jours encore davantage.

En tout cas, cette explication doit nous servir de leçon. Lorsque nous subissons l’action de détracteurs, comprenons que cela n’est que pour notre bien et veillons à ne pas leur en garder rancune et à ne pas céder à la colère en répondant à la provocation illégitime qui nous est adressée.

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-> Le Admour rabbi Yé’hezkel de Kozmir dit à ce propos que la force et la grandeur d’un homme juste et droit réside en ce que "certains l’interprètent comme un blâme", parce que si l’on voit un meneur qui n’a pas d’opposants, mais dont tout le monde chante la louange, c’est un signe évident que c’est un homme rempli de mensonge et de flatterie, qui trouve des moyens détournés d’être en paix avec tout le monde.
En revanche, un grand dirigeant qui est mené par la générosité et la vérité éveille contre lui des accusations et de la haine du côté des réchaïm de la génération qui ne sont pas disposés à supporter le chemin de vérité de leur dirigeant.

-> Le Saba de Shapoli disait : Ceux qui interprétaient la conduite de Noa’h comme un blâme rendaient en cela un grand service à Israël, car ils voyaient par l’esprit saint que presque tous les justes (tsadikim) qui ont vécu dans le peuple d’Israël ont suscité une opposition.
Qui est plus grand que notre maître Moché, qu’on a soupçonné de choses qui étaient bien loin de lui!
Or voici que le premier juste évoqué dans la Torah était Noa’h, et si tout le monde l’avait admiré, tous les justes auraient appris de lui que s’il y avait contre eux une opposition quelconque, c’était un signe qu’ils n’étaient pas des justes.
C’est pourquoi certains ont interprété délibérément que le premier juste était à blâmer, pour enseigner que l’opposition n’est pas le signe évident d’un défaut, car malgré tout il est dit : "Et Noa’h trouva grâce aux yeux de Hachem".

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-> Si un sage en Torah (talmid hakham) est bien-aimé par les habitants de sa ville, ce n’est pas en raison de sa supériorité [en sagesse], mais plutôt parce qu’il ne leur fait pas de remontrance dans les sujets du Ciel.
[il est bien-aimé car il n’est pas strict avec eux au sujet de leur observance des mitsvot]
[Abbayé – guémara Kétoubot 105b]

-> Un rav dont la communauté ne souhaite pas le départ n’est pas un rav.
Et un rav qui a été renvoyé par sa communauté n’est pas un homme.
[Rav Chakh au nom du Maharil Diskin]

[Habituellement, les gens n’aiment pas recevoir de remontrances, et c’est pour cela qu’ils préfèrent avoir un rav de communauté qui les laisse "tranquilles" dans leurs agissements.

-> Le Ohr ha’Haïm commente :
"La réprimande réveille souvent un sentiment d’hostilité. Néanmoins, cela ne doit pas décourager un rav/rabbin de protester contre de mauvaises actions.
Il est mauvais que le rav/rabbin reste silencieux et se dise : "Pourquoi ai-je besoin de cet embarras? Pourquoi devrais-je créer de l’animosité et des différends dans ma communauté?"
Il doit avoir confiance dans la bonne volonté des gens et il devrait se dire à lui-même : "Je vais les réprimander comme il le faut, et je suis persuadé qu’ils sont assez honnêtes pour accepter la vérité sans garder de rancune à mon égard"."

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-> "D. vit la terre, et voici qu'elle s'était corrompue" (Noa'h 6,12)

Bien que la corruption de la génération du Déluge se soit étendue à tous les habitants de la terre, comme le dit le verset : "la terre se remplit d'iniquité", il n'y avait absolument personne qui en prenne conscience, seul "D. vit la terre, et voici qu'elle s'était corrompue."

Le Saba de Kelm explique que seul Hachem a constaté cette situation épouvantable : le fait que l'ensemble des hommes était plongé dans des profondeurs de perversion, et qu'ils ne s'apercevaient de rien.

Quelques leçons de l’Arche de Noa’h

+ Quelques leçons de l'Arche de Noa'h :

-> Ce n’est pas pour rien que la construction de l’Arche de Noa’h (la Téva - תיבה), prit 120 ans.
Ses contemporains lui disaient : "Pourquoi perds-tu ton temps dans la construction de cette Arche? Viens profiter du bon temps avec nous!"
De nos jours, on entend le même discours : Pourquoi gaspiller son temps dans des sujets spirituels? Soyons épicuriens!
De même qu’un déluge frappa la génération de Noa’h, la même chose attend les fauteurs après 120 ans et ce contrairement à ceux optimisant leur temps ici-bas dans le domaine spirituel.
Le terme : "Téva" (תיבה) signifie à la fois : une "arche", et aussi : un "mot". De même qu’entrer dans la תיבה permit le sauvetage physique du déluge, "entrer" dans les mots de la Torah et de la Tefila préserve du déluge spirituel.

On peut donner la comparaison suivante : Si l’on se trouve dans une ambassade à l’étranger, du fait de son statut extraterritorial, c’est comme si l’on se trouvait dans son propre pays. De même, la maison d'étude (beit midrach) a cette dimension extra-territoriale malgré sa localisation spatiale dans ce monde physique.

Il est écrit : "Car la part d’Hachem est son peuple, Yaakov la corde de son héritage" (כי חלק ה' עמו יעקב חבל נחלתו - Haazinou 32,9).
Cela signifie que l’on doit s’attacher à Hachem et accomplir sa Volonté à l’instar de nos Patriarches.
[un juif doit faire attention à ne pas avoir la tête sous l'eau, dans le sens où il garde bien à l'esprit le but de ce monde, qu'il ne se laisse pas submerger par les influences négatives environnantes.
Notre héritage est cette "corde" ('hévél) qui nous devons constamment garder avec nous pour ne pas couler dans les bassesses de ce monde.]

La Téva (תיבה) physique fait allusion à une Téva spirituelle :
1°/ Les dimensions de la תיבה ( 300 sur 50 sur 30 Amot ) donnent en lettres le mot : "lachon" (la langue - לשן) (ל =30, ש = 300 et נ = 50 ).
=> Il convient donc d’utiliser sa capacité locutoire pour la Torah, la prières, des paroles d’encouragement, ...
De même peut-on comprendre : "Tu donneras du jour à l'arche" (tsohar taassé laTéva - צהר תעשה לתיבה - Noa'h 6,16) = on doit exprimer des mots porteurs de lumière. [ex: qui donne de la valeur, du sourire à autrui!]
Sur le verset : "La mort et la vie sont dépendantes de la langue" (מות וחיים ביד לשון - Michlé 18,21), on remarque que les initiales forment le mot : "maboul" (déluge - מבול). Un vie authentique est remplie de spiritualité.

2°/ Le mot תיבה est une abréviation de : "téfila yéchara békavanat halev" (une prière convenable avec l’intention du cœur - תפלה ישרה בכונת הלב).
[ainsi dans le déluge de ce monde, on doit s'abriter dans la Téva, les mots de prière sincère à notre papa Hachem]

3°/ Si l’on multiplie les lettres du Tétragramme (י ה ו ה ) avec celles du Nom divin (אדנ י), on a : youd*aléf + hé*dalét + vav*noun + hé*youd = 10 + 20 + 300 + 50.
On retrouve exactement les dimensions de la Téva : 300 amot de long, 50 de large et 30 de haut (soit 10+20).
Quant au mot Téva (תיבה), il est l’anagramme de : "bayit Hachem" (la "maison" d’Hachem - בית ה).

4°/ Dans la prière de Arvit, nous disons : nassia'h bé'houkékha ... toraté'ha (נשיח בחקיך... תורתך - nous parlerons de tes décrets, nous nous réjouirons des mots de ta Torah et avec tes mitsvot)
Cela peut aussi viser la Téva qui représente la spiritualité.
Ainsi, "nassia'h" (nous nous réjouirons - נשיח) est l’acronyme de ceux présents dans la Téva : Noa'h, Chem, 'Ham et Yafét (נח, שם, חם, יפת).

[d'après un divré Torah du rav Yéhochoua Alt]

"Noa’h, homme de la terre, s’avilit et planta une vigne. Il but de son vin et s’enivra, et il se mit à nu au milieu de sa tente" (Noa'h 9,20-21)

-> À la fin du déluge, quand Noa’h rejoignit la terre ferme, il dut entreprendre une tâche décourageante, celle de reconstruire le monde. Il commença par planter une vigne.
Rachi explique : Lorsqu’il était entré dans l’arche, il avait emporté des rameaux de vigne et de figuier.
Certains commentateurs disent que le problème du vin est qu’il peut être très néfaste s’il est mal utilisé, comme ce fut le cas lors de cet incident. Par conséquent, ils estiment que Noa’h aurait dû planter quelque chose qui provoque moins de dégâts que le vin.
De plus, certes Le vin peut grandement réjouir l’individu et l’aider à se sentir plus proche d’Hachem, mais Noa’h aurait dû commencer par quelque chose de plus nécessaire à la reconstruction du monde.

Cependant n’oublions pas que Noa’h était un grand tsadik, on ne peut donc pas interpréter son erreur de manière superficielle.
=> Comment comprendre son attitude?

-> Le Yalkout Chimoni (Noa'h 9,20) explique que lorsque Noa’h but du vin, il ressentit une grande joie.

Le rav Méir Rubman (Zikhron Méir) précise que quand Noa’h regagna la terre ferme, il fit face à une destruction absolue, le monde dans lequel il avait vécu était complètement anéanti et tout être vivant avait disparu.
Il se sentit accablé et découragé par cet horrible spectacle. Il savait que de tels sentiments ne l’aideraient pas à redonner au monde un aspect spirituel, parce que la Présence Divine ne réside que lorsque l’on est joyeux d’accomplir la volonté d’Hachem (selon la guémara Shabbat 30a).

Sachant que le vin avait la capacité de réjouir les gens, il décida de planter une vigne et d’en utiliser le fruit pour faire descendre la Présence Divine sur terre.
Cette explication pose néanmoins une difficulté : si ses intentions étaient louables, pourquoi ses actions provoquèrent-elles tant de dégâts?

-> Le rav Sim’ha Wasserman explique qu’il avait d’autres motifs, moins nobles, qui l’incitèrent à commencer à reconstruire le monde par la plantation de vigne.
Devant une telle désolation, Noa’h éprouva le besoin de s’égayer et de sortir de l’horrible situation à laquelle il était alors confronté. Par conséquent, il choisit de planter une vigne, et son vin lui permettrait d’échapper au terrible malheur qu’il vivait.
Ce choix fut considéré comme un échec pour quelqu’un du gabarit de Noa’h et il eut donc des conséquences négatives. Nos Sages ('hazal) le critiquent et affirment qu’il aurait dû chercher à reconstruire plutôt qu’à fuir.
Rav Wasserman note que nos Sages ne disent pas que Noa’h a commis une grave faute, mais qu’il fit quelque chose de "‘hol" (de la racine "vaya’hel", terme employé pour évoquer l’erreur de Noa’h), un manque de pureté et de grandeur.

[le verset (v.9,20) commence par : "vaya'hel (וַיָּחֶל) Noa'h", que Rachi commente : Vaya'hèl ("commença") [à rapprocher de ‘houlin ("œuvre profane")] veut dire qu’il s’est profané lui-même, car il aurait dû commencer par planter autre chose. ]

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-> Noa’h, homme de la terre se dégrada ; il planta un vignoble" (Noa'h 9,20)

-> Le midrach (Béréchit Raba 36,3) rapporte que Rav Bera’hia dit : "Moché est plus apprécié que Noa’h ; Noa’h passa de l’appellation "Ich Tsadik" à celle de "Ich Adama", tandis que Moché passa de "Ich Mitsri" à "Ich Élokim"."

-> La Torah nous raconte qu’en sortant de l’arche, Noa’h planta une vigne. Elle le décrit alors comme un "Ich Adama" (un homme de la terre). Nos Sages expliquent qu’après avoir planté cette vigne, il s’enivra en en buvant le vin, ce qui provoqua les événements tragiques menant à la malédiction de son fils ’Ham.
=> Comment se fait-il que Noa’h subit une chute spirituelle si rapide et passa du "Ich Tsadik" au "Ich Adama"?

-> Le Messé'h 'Hochma fait remarquer d'un côté qu'il faut faire attention que notre temps et énergie consacrés à autrui ne viennent pas nuire à notre croissance et à notre développement personnel.
Mais d'un autre côté, il rapporte un midrach (Béréchit rabba 36,3) qui dit qu'au début Noa'h était vu comme un juste parfait (Noa'h 6,9 - "ich tsadik"), mais le fait de focaliser sa vie que sur lui-même (ex: se concentrant que sur sa propre spiritualité, sans selon le Sforno chercher à faire connaître Hachem et Ses voies à ses contemporains) va le transformer en un homme de la terre (Noa'h 9,20 - "ich aadama").
A l'inverse Moché est décrit au début comme un égyptien en exile (Chémot 2,19 - "ich mitsri"), mais ses efforts pour le peuple juif vont l'élever au sommet de la perfection, lui faisant mériter le titre de : homme de D. (Dévarim 33,1 - "ich aElo'im").
=> Cela nous apprend que l'on ne perd jamais à faire du 'hessed à autrui.

-> Rav Leib Helman (dans son 'Hikré Lev) parle de ce sujet. Pour comprendre les actions de Noa’h à sa sortie de l’arche, il convient de considérer l’immense difficulté de sa situation dans l’arche, durant toute la période du déluge.
Tout d’abord, le midrach Tan’houma raconte que Noa’h et ses fils étaient tenus de nourrir tous les animaux présents dans l’arche. Or, ces derniers mangent à des horaires différents ; certains mangent au milieu de la nuit, d’autres en journée. Donc, Noa’h devait constamment rester réveillé pour nourrir les animaux. L’unique fois où il arriva en retard pour donner au lion son repas, ce dernier le griffa, ce qui lui laissa une blessure à vie.
Noa’h ne pouvait espérer dormir que quelques minutes, par intermittence, durant une année entière. Nos Sages affirment d’ailleurs que les mots du Téhilim : "Fais-moi sortir de la geôle de mon âme" furent prononcés par Noa’h durant cette période éprouvante.

Rav Helman ajoute une 2e facette, moins apparente, à la souffrance de Noa’h. Rachi estime que Noa’h et sa famille ne savaient pas combien de temps ils allaient devoir rester dans l’arche et ils ne savaient même pas s’ils allaient survivre au déluge.
En effet la Torah affirme qu’"Élokim se souvint" (Noa'h 8,1). Rachi explique que l’attribut du Jugement divin (Élokim) se transforma en miséricorde grâce aux prières des tsadikim dans l’arche. Sans ces prières, ces derniers auraient péri.
De plus, avant le déluge, Hachem dit : "J’établirai Mon alliance avec toi. Tu entreras dans l’arche" (Noa'h 6,18). Le Ramban explique que cette alliance est une référence à la promesse que Noa’h et sa famille survivraient au déluge et sortiraient vivants de l’arche. Cependant, Rachi explique l’alliance de manière tout à fait différente : c’est une promesse que les fruits ne pourriraient pas et que les Réchaïm ne tueraient pas Noa’h.
Ainsi, selon Rachi, Noa’h et sa famille ne savaient absolument pas s’ils allaient survivre au déluge.

Cette interprétation intensifie exponentiellement les souffrances de Noa’h. Une épreuve est bien plus difficile à traverser si l’on ne connaît pas son dénouement. Quand l’individu est certain que son épreuve va prendre fin, elle devient beaucoup plus facile à supporter, même si elle doit durer longtemps.

Revenons à la question posée précédemment : pourquoi Noa’h planta-t-il une vigne dès qu’il regagna la terre ferme?
Il traversa une période pleine de difficultés, il vécut parmi des réchaïm qui se moquaient de lui sans pitié, puis il passa un an de véritable enfer, sans même savoir s’il allait s’en sortir. De plus, Noa’h pouvait se dire qu’il avait particulièrement bien rempli sa vie : il était le fondateur du monde, l’unique personne qui avait mérité la vie sauve.
Dans un pareil cas, il est compréhensible de penser qu’il est temps de profiter de ce monde. C’est ainsi que Noa’h planta une vigne et se mit à jouir de son vin.
Le rav Helman soulgine que toutefois, il commit une erreur, ce monde est un lieu de labeur et c’est dans le monde à venir que l’on profite de notre travail. Même à la fin de sa vie, l’homme n’a pas le droit de penser qu’il ne lui est plus nécessaire de fournir des efforts et de s’efforcer de grandir.

Rav Helman ajoute que selon lui, Noa’h inventa le concept de la "retraite", adopté ensuite par ses descendants (les Bné Noa’h), mais non par le peuple juif.
Rav Yissa'har Frand précise : "Il existe une pratique courante, presque universelle ; celle de prendre sa retraite une fois que l’on termine sa mission. C’est un concept inventé par les fils de Noa’h et qui débuta par Noa’h lui-même. Ce fut le cadeau de Noa’h dans ce monde : l’idée de la retraite. Ses descendants suivirent sa voie. Si vous êtes chanceux, vous pouvez vous mettre à la retraite à 62 ans et à 66 ans, vous pouvez bénéficier d’une retraite à taux plein. Si vous êtes millionnaire, vous pouvez prendre votre retraite dès 54 ans, et ainsi de suite. Quoi qu’il en soit, à un certain moment, vous prenez votre retraite. Et ensuite, que faites-vous? Aucune idée! Vous pouvez voyager à travers le pays, lire le journal, apprendre à jouer au bridge. Mais ce n’est pas ce que le Maître du monde attend de vous, ni d’aucun être humain. La retraite est un concept auquel le juif ne devrait jamais penser. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais s’arrêter de travailler. Mais il ne faut pas adopter cette attitude et se dire : "Ça y est! J’ai terminé, je peux m’asseoir et me détendre, sans rien faire, à partir de maintenant"."

=> Noa’h nous enseigne qu’un juif, en dépit des défis qu’il rencontre au cours de sa vie ainsi que des succès qu’il accumule, ne doit jamais se dire : "Je peux prendre ma retraite". [tant qu'il y a de la vie, tant qu'on a des forces, on doit les employer à davantage se rapprocher de D. en faisant sa volonté.]

Lorsque la Torah traite de la génération qui a construit la tour de Bavél en se rebellant contre Hachem (la Dor Haflaga), c'est uniquement le nom Divin "Havaya" (יהוה) qui est utilisé dans ce passage.
Cela est surprenant car c'est le Nom d'Hachem qui est associé à la compassion, à la miséricorde.

La raison est que bien que ces personnes rejetaient et se rebellaient [de toutes leurs forces] contre Hachem, Hachem avait quand même de la compassion pour eux car ils n'étaient pas mauvais les uns envers les autres.

Cependant, au sujet du Déluge (maboul), le nom "Elokim" (אלקים) est utilisé pendant la paracha.
C'est parce qu'ils fautaient envers leur prochain, par le vol et la corruption (vayimalé aarets 'hamass).

Aux yeux d'Hachem, fauter envers son prochain est pire que de fauter envers Hachem.

[rabbi Elimélé'h Biderman]

[On apprend de là l'importance de ne pas fauter l'un l'autre (ben adam la'havéro), afin que D. puisse toujours se comporter envers nous avec miséricorde et non avec rigueur]

"Et voici comment tu feras : 300 coudées la longueur de l'Arche, 50 coudées sa largeur, et 30 coudées sa hauteur. Tu feras une fenêtre pour l'Arche et tu la termineras en haut [à la largeur] d'une coudée" (Noa'h 6,15-16)

-> Le Zohar haKadoch enseigne qu'avant la faute de manger du fruit de l'Arbre de la Connaissance, le serpent n'était connu que par la lettre : 'hét (ח).
Après qu'il a réussi à pousser à la faute 'Hava, Adam a ajouté à son nom la lettre : noun (נ) du Nom divin (אדני) et la lettre : shin (ש) de l'autre Nom divin (שדי -Sha-daï), le serpent devenant alors : נחש (na'hach).
Cela avait pour objectif de réduire son potentiel à amener le mal dans le monde.
De la même façon, l'ange Accusateur était connu à l'origine comme : סם (sam), et Adam lui a ajouté le Nom divin (אל - El) afin de neutraliser sa force, l'appelant : סמאל (SamaEl).

-> Le Mégued Yossef écrit au nom de son grand-père (élève du Baal Chem Tov) que durant un moment le plan d'Adam a parfaitement fonctionné.
Les ajouts des Noms divins ont contrôlé les forces du mal, permettant au monde de bien fonctionner pendant 9 générations.
Cependant, la génération de Noa'h a rempli le monde de vol ('hamas - חמס), mot qui est une combinaison de ces 2 noms originels (le ח du serpent et le סם de l'ange accusateur).
["Leur sort [de la génération du déluge] n'a été scellé qu'à cause du vol" - guémara Sanhédrin 108a]

Pour restaurer de la justice dans le monde, Hachem n'avait alors d'autre choix que diminuer la puissance de ce duo négatif.
Il a ordonné à Noa'h de construire une Arche qui mesurait :
- "300 coudées la longueur" = lettre ש ;
- "50 coudées sa largeur" = lettre נ
=> Cela correspond aux 2 lettres ajoutées au serpent pour qu'il devienne : na'hach (נחש).

- "30 coudées sa hauteur" = lettre ל ;
- "Tu feras une fenêtre ... d'une coudée" = lettre א
=> Cela correspond aux 2 lettres ajoutées à l'ange Accusateur pour qu'il devienne : SamaEl (סמאל).

==> L'Arche qui a été construite avec ces dimensions a permis à Noa'h de combattre le vol (חמס) qui était répandu à cette génération, et d'être sauvé du déluge.

[Source (b'h) : compilation et traduction personnelle d'un divré Torah du rav Ozer Alport]