Naissance d’Avraham -> à la fournaise

+++ Paracha Noa’h – Le saviez-vous (4e partie) : de la naissance d’Avraham au moment où il a été jeté dans la fournaise :

-> Selon le Séfer haYachar, Avraham a été jeté dans la fournaise pour s’être opposé à l’idolâtrie 2 ans après la dispersion, suite à la Tour de Bavèl.

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-> Le Méam Loez (Noa’h 11,31) enseigne :
Avant la naissance d’Avraham, Nimrod régnait sur le monde civilisé.
Nimrod niait le principe essentiel de la croyance en D., son orgueil devenait si grand qu’il se proclama dieu.
Ses contemporains se prosternaient devant lui et servaient des statues à son images.
[…]

Nimrod connaissait parfaitement l’astronomie et l’astrologie, et il vit ainsi dans les étoiles qu’un enfant naîtrait et s’opposerait à lui en dénonçant ses fausses croyances.

La nuit où naquit Avraham, les astronomes de Nimrod virent surgir à l’est une grande étoile parcourant les cieux et avalant 4 étoiles aux 4 points cardinaux.
Ne trouvant aucune explication à ce phénomène, ils comprirent qu’il s’agissait là d’un miracle, qu’un enfant était né cette nuit-là, destiné … à hériter du pays de Canaan et à en tuer les rois [d’où la grande étoile avalant d’autres étoiles (les rois)].
[…]

[Ils ont compris qu’il s’agissait de l’enfant de Téra’h, le vice-roi, et Nimrod lui a demandé son enfant pour le tuer.
Téra’h a alors utilisé comme stratagème de donner le bébé d’une de ses esclaves qui était né le même jour que son fils Avraham. Celui-ci fût immédiatement tué.]

Lorsqu’Avraham atteignit l’âge de 3 ans, il commença à essayer d’imaginer qui avait créé les cieux et la terre …
Il fit tant et tant d’efforts pour découvrir D., que la Présence Divine décida de le guider.
Hachem lui accorda la sagesse de comprendre que toutes les idoles n’étaient rien d’autres que des statues faites par l’homme.
Comme Avaham s’élevait spirituellement, l’ange Gabriel vint et lui transmit un grand nombre de secrets.

Comprenant qu’il ne pouvait pas détourner ses parents de l’idolâtrie, il décida de les quitter. Il partit vers la maison d’étude établie par Noa’h et Chèm, y demeura 39 ans, et y étudia le sens caché de la Torah.
Il ne révéla à personne son identité.
[…]

Dès l’âge de 3 ans, Avraham avait compris la nature de Hachem, et à 48 ans, il en avait la connaissance.

[Téra’h croyait tellement que son roi Nimrod était un dieu, qu’il lui a tout raconté sur le parcours de son fils Avraham, affirmant que sa femme l’avait trompé en échangeant les enfants, et que son fils avait passé des années à étudier des idées étranges.
Nimrod sous les conseils du Satan déguisé en humain, va diffuser un édit à travers son royaume pour capturer Avraham.
C’est ainsi que des dizaines milliers d’hommes volontaires vont entourer Avraham, qui prie alors Hachem.]

Un nuage immense va couvrir le pays, le rendant noir comme la poix. Lorsque les hommes de Nimrod virent cela, ils s’enfuirent et retournèrent en Babylonie ….

En un court instant, l’ange Gabriel transporte Avaham en Babylonie [et il va y proclamer dans la ville que D. est Un et qu’on doit tous le servir.]
[…]

Voyant que la majorité des habitants commençaient à suivre Avraham, Nimrod chercha par tous les moyens à le neutraliser [puisse que mettant à l’épreuve son statut de dieu] …

[Au comble de sa colère,] Nimrod fit enchaîner Avraham et le jeta en prison.
Il ordonna aux gardiens de donner du pain à Avraham, mais pas d’eau.
L’ange Gabriel lui apparut à nouveau et fit couler une fontaine dans sa cellule. Chaque jour l’ange lui apportait de la nourriture et ne le quittait jamais, même pas un court instant.

Le roi réunit alors les sages de la ville, et leur demanda quel sort devrait-on réserver à Avraham.
Ils s’accordèrent tous pour qu’Avraham soit brûlé vif sur un bûcher.
Nimrod proclama que quiconque était l’ami du roi devait lui apportait du bois à cette fin. Durant 40 jours, on accourut de tous les coins du royaume pour apporter sa contribution de bois …

Ce four brûla pendant 3 jours et 3 nuit, jusqu’à ce que les villageois ne supportent plus la chaleur intense qui s’en dégageait ….

Quand Nimrod ordonna de faire sortir Avraham de la prison, le gardien dit : « Cet homme est emprisonné depuis un an sans avoir bu d’eau. Il est certainement mort. »
Nimrod répondit : « Peu importe. Allez voir s’il vit encore. Si oui, amenez-le au bûcher. »
Le gardien de la prison partit et trouva Avraham en pleine santé, [celui-ci stupéfait en est venu à changer sa foi, et à rejoindre Avraham].
e gardien fût alors mis à mort, et le bourreau tenta à plusieurs reprises de le décapiter, mais à chaque fois, son glaive se brisait sur la nuque du gardien. Finalement, on renonça à tuer le gardien.

Chaque fois qu’un groupe d’officiers s’approchait du brasier, des langues de feu les consumaient, mais épargnaient Avraham. Après plusieurs vaines tentatives, beaucoup d’officiers trouvèrent la mort.

Sarah prit l’apparence d’un homme et expliqua à Nimrod comment brûler Avraham.
Il fit construire une catapulte capable de projeter un objet de très loin.
On attacha Avraham, puis on le plaça sur la catapulte [et on le projeta dans la fournaise] …

Avraham fut sauvé par D. lui-même.
Certains affirment que l’ange Michaël, l’ange protecteur d’Israël, descendit pour sauver Avraham.
Avraham ne ressentit aucune des brûlures de la chaleur intense.
[…]

Le peuple rassemblé vit Avraham marcher à travers les flammes durant 3 jours et 3 nuits …
Nimrod donna l’ordre de faire sortir Avraham de la fournaise, mais la chaleur était telle qu’on ne pouvait approcher.
Huit guerriers se portèrent volontaires, mais brûlèrent aux abords du feu.
Nimrod appela alors Avraham : « J’admets que tu es un vrai serviteur du D. des cieux, qui est grand, béni et vrai. Sors! »

Avraham émergea [de la fournaise] et se tint devint Nimrod.
La foule le prit pour un D. et se prosterna à ses pieds.
Avraham s’écria : « Je ne suis rien. Ne vous prosternez pas devant moi. Croyez au D. qui est dans les cieux. »

Nimrod offrit de nombreux cadeaux à Avraham, et 2 de ses meilleurs esclaves. L’un d’entre eux n’était autre qu’Eliézer qui servit Avraham toute sa vie.
Certains disent qu’Eliézer était le fils de Nimrod.

[il y a eu un énorme kidouch Hachem, les gens présentant même à Avraham leurs enfants pour qu’il leur enseigne la droiture, la bonté et la fidélité en Hachem.]

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-> L’ange Gabriel se présentant à Hachem, Lui demandant la permission de descendre sauver le tsadik (de la fournaise). Mais D. répondit : « Je suis unique dans Mon monde, et lui est unique dans son monde ; il sied donc que Je le sauve. Quant à toi, tu auras le mérite de sauver 3 de ses descendants : ‘Hanania, Michaël et Azaria. »
[midrach Béréchit rabba 38,13]

La Tour de Bavél

+++ Paracha Noa’h – Le saviez-vous (3e partie) : La Tour de Bavél :

-> Au cours des 340 années suivant le Déluge, les femmes donnaient souvent naissance à 6 enfants en même temps [afin de permettre le repeuplement du monde]. (Pirké déRabbi Eliézer 24).

-> « Hachem fit pour l’homme et pour sa femme des tuniques de peau, et les en vêtit » (Béréchit 3,21)
Rachi commente : elles étaient comme l’ongle, lisses et fixées sur la peau. Selon un autre avis, il s’agissait d’une matière provenant de la peau, comme du poil de lièvre, douce et chaud.

Le Méam Loez (Noa’h 10,9) enseigne :
A la mort d’Adam, cette tunique fut transmise à Hénoch, puis à Mathusalem. A la mort de ce dernier, Noa’h en hérita et l’emporta avec lui dans l’Arche. Sans que personne ne le sache, ‘Ham vola cette unique qu’il donna à Kouch, son fils aîné.

A sa naissance, Nimrod reçut ce vêtement des mains de Kouch.
Cette tunique lui conféra une grande puissance et beaucoup de courage, lui permettant de remporter ainsi de nombreuses batailles.
Lorsque Nimrod revêtait cette tunique, à son apparition, les animaux terrorisés prenaient la fuite.
Les hommes, voyant cela, supposèrent que sa force était prodigieuse et le couronnèrent roi.
[…]
Son second était Téra’h, le père d’Avraham.

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+ Origine du projet d’une tour immense :

-> Cette génération [de Bavél] agissait sur une base erronée. Sachant que le Déluge s’était produit en l’an 1656 de la Création. Ils tentèrent d’élaborer un moyen d’échapper au Déluge futur et bâtir une structure très haute ne pouvant être submergée par un Déluge.En effet, si jamais D. en suscitait un à nouveau, cette tour leur servirait de refuge.
[…]

Cette génération parlait une « même langue » pour se révolter contre Hachem.
Ses philosophes arguaient que D. se désintéressait du monde, et ils prétendaient que la direction du monde était soumise aux planètes et aux étoiles, que D. ne se préoccupait ni des êtres de chair et de sang, ni ne les reconnaissait.
[…]

Les penseurs de cette époque affirmaient que si D. avait accordé même à une fourmi le libre arbitre, il l’avait sans aucun doute donné à l’univers tout entier afin qu’il se dirige lui-même …
Ils inventèrent toutes sortes d’arguments pour prouver que D. est incapable de modifier quoique ce soit en ce monde … et ces raisonnements les menèrent à refuser la grandeur de Hachem.

Ils décidèrent alors de bâtir une tour si haute qu’elle atteindrait les planètes.
Ils désiraient placer dans les cieux une idole, tenant une épée dans les mains, prête à livrer un combat.
Cette statue symbolisait leur défit envers Hachem, et le rejet de son autorité.

Ils supposaient que D. ne dirige pas le monde d’en-bas, ils clamaient avec impudence : »Bien que nous nous rebellons contre Hachem, il ne peut nous faire aucun mal. Nous sommes sous la protection des étoiles et des planètes. »

[Méam Loez – Noa’h 11,1]

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-> La génération de Bavél pensait ainsi neutraliser le Divin par leur magie et leur sorcellerie.

Selon Rabbénou Bé’hayé (Noa’h 11,4), ils pensaient que la tour leur permettrait d’atteindre les sphères supérieures, et l’immortalité des êtres célestes.

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+ La tour de Bavèl :

-> Nimrod va concentrer toute la population de la terre en un seul et même endroit : la plaine de Chin’ar.
Cette migration massive va prendre 2 années entières. [selon le Séfer haYachar]

[Nimrod a soulevé (himrid) le monde contre Hachem, causant une grande profanation du Nom Divin.]

-> La tour de Bavél va être construite et détruite en l’an 1996 de la Création du monde.
Noa’h était âgé alors de 940 ans, et Avraham avait 48 ans.

-> Le Méam Loez (Noa’h 11,3-4) enseigne :
La tour de Bavél se composait de 2 séries d’escaliers, l’un à l’est permettant de monter les briques, et l’autre à l’ouest pour descendre en chercher de nouvelles.

Si un homme tombait, ses compagnons ne se souciaient pas de sa mort, mais par contre si une brique venait à tomber, ils s’en attristaient.
Un jour, un grand nombre de briques tombèrent. Les bâtisseurs cessèrent tout travail et s’en affligèrent réellement.

Chaque fois qu’Avraham passait à proximité du chantier, les bâtisseurs l’appelait et lui demandaient de participer à leur projet. Avraham se moquait de leur travail et les raillait, mais ils ignoraient ses paroles.

Pour avoir une idée de la hauteur de cette tour, il suffit de faire le compte.
Lorsque D. la détruisit : un tiers s’enfonça dans le sol, un tiers brûla et un tiers demeura intact.
Cette dernière partie était si haute que les plus hauts palmiers de Yéricho semblaient avoir la taille de sauterelles.

Beaucoup plus tard, on affirmait qu’il était possible de marcher à l’ombre de ces ruines (1/3 de la tour) pendant 3 jours sans la quitter.

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-> Selon le Séfer haYachar, il fallait une année entière pour escalader la tour de sa base à son sommet.

-> Chaque brique, lorsqu’on la posait, se multipliait et devenait d’abord deux, puis quatre briques.
La construction avançait à une vitesse prodigieuse, et recevait une aide du Ciel.
[midrach Béréchit rabba 38,8]

-> 5 hommes se sont opposés à la tour de Bavél : Noa’h (qui va se consacrer à l’agriculture), Chém et Ever (qui s’isolent pour mieux servir D. en toute tranquillité), Achour le fils de Chèm (qui va s’éloigner d’eux au loin), et Avraham (qui va s’opposer directement à eux par la parole).

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+ La fin de la tour :

-> Hachem réunit 70 anges autour de Son Trône de gloire, et leur demanda d’examiner cette affaire [de la tour de Bavél].
On décida de semer la confusion parmi ces hommes en créant 70 langues.
D. lui-même prit en charge Avraham et ses descendants. Puis, les 70 anges descendirent et divisèrent les bâtisseurs de la tour en 70 nations.

Chacune parlait une langue différente constituée d’un alphabet propre. De plus, un ange particulier leur avait été affecté.
Le peuple juif, quand à lui, fut pris sous la protection de Hachem, comme il est écrit : « car ce peuple est la part de D. » (Dévarim 32,8-9).
[…]

Bien que les bâtisseurs [de Bavél] étaient pires sous bien des aspects [à la génération du Déluge], ils avaient une qualité qui contre-balançait beaucoup de péchés : l’amour du prochain et leur absence de haine.

Les 70 nations ne formaient qu’un, comme la Torah l’indique : « Toute la terre avait une même langue et des paroles semblables » (Noa’h 11,1).
Seule l’unité régnait entre eux et la paix était si grande qu’elle les sauva d’une destruction totale.

[Méam Loez – Noa’h 11,6-9]

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-> Nimrod avait conscience du pouvoir protecteur de l’unité.
D’ailleurs, le Haamek Davar enseigne que quiconque se séparait de la communauté était jeté dans une fournaise et brûlé.

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-> Les hommes incapables de communiquer et de se comprendre mutuellement, sont obligés de recourir au langage des signes.
[cf. Haamek Davar – Noa’h 11,8]

-> Le Séfer haYachar rapporte que la frustration (liée à l’incompréhension) va laisser place à de la violence entre travailleurs, et de nombreuses personnes meurent jetés des hauteurs de la tour.

Le Pirké déRabbi Eliézer (24) dit que des épées sont dégainées, le sang coule et les hommes ne sont alors unis que par le malheur.

Selon le Gour Aryé, cette incapacité à se supporter va entraîner la dispersion de l’humanité, qui se divise alors par groupe ethnique aux 4 coins du monde.

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-> Le rabbi Yossef Deutsch rapporte qu’on peut distinguer 3 groupes parmi les constructeurs de la tour :
1°/ ceux qui voulaient y monter et s’y installer = ils vont être éparpillés sur la surface de la terre ;
2°/ ceux qui voulaient y monter pour rendre culte à une idole = ils se retrouvent incapables de communiquer les uns avec les autres ;
3°/ ceux qui voulaient livrer combat contre D. = ils ont été transformés en singes, [en éléphants] et en démons, signe de leur détérioration.

-> Le Maharal explique que leur intention de livrer la guerre à Hachem leur a fait perdre toute trace d’image Divine (tsélem Elokim) à laquelle l’homme a été créé.
Ne possédant plus cette image, ils se sont transformés en créatures sauvages.

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-> Selon le Séfer haYachar, les mauvaises actions des hommes ont été tolérées aussi longtemps que la tour n’était pas utilisée pour attaquer.
Lorsque la tour a atteint une hauteur [impressionnante], ils ont lancé des flèches dans le ciel contre le firmament.
De façon miraculeuse, Hachem a fait couler du sang d’en haut, leur faisant croire qu’ils avaient tué les pouvoirs célestes, et que la liberté qu’ils cherchaient à obtenir était imminente.

-> Ils ont voulu se détacher de D., et en retour Hachem les détacha les uns des autres.
Ils se sont révoltés plein d’orgueil, et en retour Il les humilia et les abaissa.
Ils ont consolidé leur nuisible unité par des mots, et c’est par des mots qu’est née la discorde, et puis leur chute.

-> Selon nos Sages, parler l’hébreu (lachon haKodéch) leur donnait aussi une force spirituelle pour réussir dans leurs tâches.
Pour cette raison, D. a mélangé les langues afin de leur retirer cette force.

-> Le Tiférét Yonathan (Noa’h 11,9) dit que le mot : « Bavél » (בבל) peut être coupé en deux, et que ses lettres peuvent former : ב לב, qui veut dire : 2 cœurs, car la volonté et les paroles des constructeurs étaient coupées en deux.

La ville de Chinear est désormais connue sous le nom de Bavél, en souvenir du mélange (bilboul) des langues.

-> Nos Sages rapportent que la tour de Bavél a été construire dans la plaine de Chinear, qui de façon ironique est l’endroit où les victimes du Déluge avaient été entraînées.
Ainsi, la leçon à tirer se trouvait sous leurs yeux, mais ils l’ont ignoré.

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-> Concernant la tour de Bavél :

1°/ le tiers supérieur est consumé par les flammes ;
[selon le Maharal, cette partie correspond à l’objectif lié à l’idolâtrie de cette tour]

2°/ le tiers inférieur s’enlise dans le sol ;
[selon le Maharal, cette partie représente la guerre qu’ils voulaient livrer à D., et qui a été engloutie, à l’image de la tentative de Kora’h contre Moché (avalé également par la terre!)]

3°/ la partie du milieu sera détruite elle aussi, mais il en restera quelques vestiges pour rappeler aux hommes la folie de ceux qui croient pouvoir se rebeller contre D.
[selon le Maharal, cela permet d’illustrer la futilité du projet, tandis que le Tsor haMor dit que cette partie sert de souvenir de l’unité des hommes.]

[midrach Béréchit rabba 39,10 ; guémara Sanhédrin 109a]

Du début à la fin du Déluge :

+++ Paracha Noa’h – Le saviez-vous (2e partie) : du début à la fin du Déluge :

+ La fermeture de l’Arche :

-> Selon le midrach (Béréchit rabba 32,6), Noa’h avait de l’eau lui arrivant aux chevilles.
[il s’assurait qu’il ne restait pas d’espèces dehors, et surtout il espérait plus que tout que sa génération fasse téchouva face aux signes avertissant de l’imminent Déluge]

N’ayant alors plus le choix, il est monté dans l’Arche, et c’est Hachem qui a fermé hermétiquement la porte derrière lui.

Le Tiférét Yonathan explique que Noa’h n’a pas voulu fermer l’Arche parce que c’était Shabbath, et que c’est considéré comme un des travaux interdits ce jour-là.

-> Le Méam Loez (Noa’h 7,5-7) rapporte :
Une foule nombreuse vint auprès de Noa’h le suppliant d’entrer dans l’Arche …
Ils plaidèrent, supplièrent et se lamentèrent en pure perte. Au comble de leur frustration, ils tentèrent de briser l’Archer et de la renverser.
Sur un commandement céleste, des lions arrivèrent, entourèrent l’Arche et dévorèrent de nombreux hommes.
[…]

Il semble incompréhensible que cette génération fut ainsi obstinée et attendit la dernière minute pour se repentir.
Ces hommes croyaient fermement que les anges dirigeaient le monde (D. leur ayant laissé la gestion courante).
Ils pensaient les contrôler par l’intermédiaire d’incantations, afin qu’ils ne puissent mettre en danger le monde par le feu ou l’eau.

[d’autres expliquent qu’ils ne croyaient pas en la possibilité du Déluge, car ils ne voyaient rien de tout cela dans le futur (le mazal, les étoiles).
Mais c’est oublier que Hachem est au-dessus de tout, dépendant de rien …]

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+ Dans la Téva :

-> Selon le Pirké déRabbi Eliézer, les eaux du Déluge étaient bouillantes … mais autour de l’Arche, elles étaient froides et agréables, et ce grâce au mérite de Noa’h.

-> Le Méam Loez (Noa’h 7,5-7) enseigne :
2 créatures ne tenaient pas dans l’Arche.

1°/ La 1ere était l’auroch géant (Réem).
A l’époque de rabbi ‘Hiya bar Abba, un jeune auroch s’égara en terre sainte, et détruisit des milliers d’arbres. On décida alors de jeûner et le peuple se lamenta en prières devant D., lui demandant de retirer cette calamité.
Finalement, le petit auroch entendit sa mère l’appeler et il partit. [cela nous aide à se rendre compte de sa taille!]

Noa’h saisit les 2 cornes de l’auroch (celle du mâle et de la femelle), et le conduit vers l’Arche. Seule sa tête tenait dans l’Arche, tandis que le reste de son corps demeurait à l’extérieur.

2°/ La 2e créature qui ne pouvait tenir dans l’Arche était Og le géant.
Il monta sur le toit de l’Arche et se fit une protection, au-dessus de la tête, contre les pluies du Déluge.
Pendant une année, Noa’h lui passa la nourriture par la fenêtre de l’Arche.
Certains disent qu’il était beaucoup trop gigantesque pour s’asseoir sur l’Arche, mais qu’il se déplaçait le long de celle-ci, là où les eaux étaient froides.

[« Hachem effaça toutes les créatures qui étaient sur la face de la terre … Il ne resta que Noa’h, et ce qui était avec lui dans l’Arche » (Noa’h 7,23)
Selon le Tour, l’expression : « que Noa’h » (a’h Noa’h – אַךְ נֹחַ) a la même valeur numérique que : « Og » (עוג), le mot « a’h » laissant sous-entendre que quelqu’un d’autre à survécu.]

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3°/ Rabbénou Bé’hayé (Bamidbar 21,34) rapporte que :
Avant le déluge, l’épouse de ‘Ham s’était unie à l’un des géants nommés Chamhazael, et avait donné naissance dans l’Arche à un géant qui allait devenir le fameux Si’hon, demi-frère d’Og.
Pour éviter la honte de la naissance imminente, ‘Ham avait eu des rapportes avec elle pour donner l’apparence qu’il était le père de l’enfant.

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+ La nourriture

-> Le Yalkout Réouvéni précise que Noa’h se chargea des bêtes sauvages, Chèm des animaux domestiques, Cham des oiseaux et Yaphét des reptiles.
Ils se partageaient l’entretien des autres animaux, et ce durant les 12 mois dans l’Arche (nuit et jour), ce qui est particulièrement éprouvant.

-> Selon Abarbanel, D. avait décrété que les carnivores seraient herbivores, afin de les rendre moins féroces.
Selon un avis, Hachem a fait un miracle pour que toutes les créatures se suffisent de figues sèches.
Quoiqu’il en soit, Rachi (Noa’h 6,8) écrit : « [D. a fait une] alliance pour que les fruits ne pourrissent ni ne moisissent ».

-> Rabbi Moché haDarchan rapporte que tous animaux ont miraculeusement coexisté ensemble (ex : le loup n’attaquant pas la brebis, de même pour le lion …).
L’unique exception est la lutte entre le chat et la souris, qui s’est poursuivie dans l’Arche.

-> Le Rokéa’h rapporte qu’il y avait des milliers de litres d’eau potable.

-> La guémara (Béra’hot 40a), nous enseigne que normalement on doit nourrir les animaux qu’on possède avant de manger soi-même.
Le rav Chimon Sofer dit que dans l’Arche, étant donné que c’est Noa’h qui servait les animaux, son bien-être passait avant celui des animaux.

-> Le Malbim dit que c’est grâce au mérite acquis dans l’Arche en nourrissant les animaux que Noa’h a eu le droit de tuer et de consommer de la viande animale après le Déluge.

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-> On raconte 2 faits notables :
1°/ Un jour Noa’h ne s’est par rendu compte du besoin réel du lion, tardant à venir le nourrir. Lorsqu’il arrive, le lion se jette sur lui, lui assène un coup de patte et le mord à la jambe.
Noa’h en restera boiteux.
Mais cela sera l’unique cas d’un animal qui attaquera Noa’h ou qui le mordra.

Selon le midrach (Tan’houma Noa’h 9), cette infirmité empêchera Noa’h d’offrir lui-même les sacrifices lorsqu’ils sortiront de l’Arche (à l’image d’une infirmité qui rend inapte un Cohen à faire les korbanot).
Ce sera son fils, Chem qui les offrira.

2°/ Il y avait un oiseau dans l’Arche nommé le ‘Houl (c’est le Phoenix – cf. Iyov 29,18).
Noa’h constatant qu’il se cachait dans un coin, il lui demanda pourquoi il ne cherchait pas de nourriture.
L’oiseau répondit : « Je vois combien dure est ta tâche, je ne veux pas t’importuner ».
Noa’h le bénit alors : « Que jamais tu ne connaisses la mort ».

Le midrach (Béréchit rabba 19,5) rapporte que cela tient, entre autres, au fait que ‘Hava a nourri tous les animaux en leur donnant du fruit de l’Arbre de la connaissance. Seul le ‘Houl refusa de l’écouta, et n’en mangea pas.
Comme il n’a jamais mangé de cet arbre, il échappa à la sentence de « mort ».

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+ Le déroulement du Déluge :

Bref chronologie du Déluge :
– 40 jours (du 17 ‘Hechvan au 28 Kislev) = pluie destructrice ;
– 150 jours (28 Kislev à fin Iyar) = la pluie cesse quasiment, mais les eaux montent ;
– 60 jours (1er Sivan au 1er Av) = les eaux baissent, et le sommet des montagnes devient visible le 1er Av ;
– 60 jours (2 Av au 1er Tichri) = l’envoi du corbeau, ainsi que les 2 envois de la colombe (qui ne revient plus le 1er Tichri, jour de Roch Hachana) ;
– 55 jours (2 Tichri au 27 ‘Hechvan) = la terre est alors totalement sèche, et Hachem donne l’ordre de sortir de l’Arche (le 27 ‘Hechvan), comme il a pu le donner d’y entrer.

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-> Suite au début du Déluge, la pluie destructrice tomba pendant 40 jours successifs, jusqu’au 28 Kislev.
En effet, le péché principal de cette génération était l’immoralité sexuelle. Or, un ovule fertilisé prend une forme humaine au bout de 40 jours.

De plus, la faute qui a condamné cette génération est celle du vol. Or, le mot : « guézél » (le vol – גזל), a une guématria de 40.

-> Après 40 jours, la tempête/pluie finit par se calmer, mais les eaux souterraines continuent à jaillir, faisant monter le niveau de l’eau, et ce pendant une durée de 150 jours.

Le midrach (Béréchit rabba 32,11) rapporte que le niveau de l’eau restera miraculeusement toujours à une hauteur de 15 coudées (environ 7,2 mètres) au-dessus du niveau de la terre, qu’il s’agisse de vallées ou bien de hautes montagnes.

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-> Le Ramban (Noa’h 7,18) enseigne que le Déluge va entraîner des transformations écologiques profondes.
Les couches atmosphériques entourant la terre, polluées par les vapeurs toxiques dégagées à ce moment perdent leur pureté. Quant aux hommes, ils sont affaiblis et leur durée de vie est sérieusement réduite.

-> D’ailleurs, selon Abarbanel, les changements de climat après le Déluge permettent maintenant à l’arc-en-ciel d’être vu depuis la terre. En effet, la couverture de nuages, moins épaisse qu’auparavant, permet aux rayons de soleil de filtrer et de se refléter dans l’air humide.

-> Le Méam Loez (Noa’h 8,22) rapporte :
Avant le Déluge, les hommes ne connaissaient ni soucis, ni dur labeur pour subvenir à leurs besoins.
Une simple récolte suffisait pour les nourrir pendant 40 ans.
Ils ne fournissaient pas d’efforts pour moissonner la récolte ; ils obtenaient ce dont ils avaient besoin simplement en flânant à travers les champs.

Ils ne craignaient aucune bête sauvage. Ils bénéficiaient également d’un climat ni trop chaud, ni trop froid ; le printemps régnait tout au long de l’année …

Puisque cette situation si douce est une des causes de leur méchanceté (ex: trop de temps de libre, d’oisiveté conduit à la faute), il fut décidé qu’il n’en serait plus ainsi.
Désormais, les hommes devraient souffrir de toutes sortes d’infirmités, travailler sans relâche pour survivre et pouvoir nourrir leurs enfants.

L’air et le climat se modifièrent, et le monde, tel qu’ils l’avaient connu, n’exista plus …
Il y a l’apparition des saisons, avec des changements climatiques affectant la santé.

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+ Le corbeau :

-> Le 10 Elloul, 40 jours après l’apparition des montagnes, Noa’h ouvrit la fenêtre de l’Arche et lâcha le corbeau, le plus intelligent des oiseaux, pour l’envoyer en reconnaissance.

Selon le Yalkout Réouvéni, Noa’h connaissait le langage des animaux et de oiseaux.

-> Dans l’Arche, ‘Ham, le corbeau et le chien s’accouplèrent avec leur compagne, malgré l’interdiction.

-> [Le corbeau sera mis de force dehors par Noa’h, et il ne voudra pas s’éloigner de l’Arche pour faire sa mission. Cependant, ] Fatigué et affamé, le corbeau finit par s’envoler pour chercher quelque chose à manger.
Il découvre rapidement une carcasse avec un peu de chair et saisit la viande dans son bec pour revenir vers l’Arche.

Chemin faisant, il change d’avis : il ne veut pas permettre à Noa’h de voir ce qu’il a trouvé. Volant vers le sommet d’une montagne dénudée, il dépose sa trouvaille et la grignote lentement pour revenir dans l’Arche les mains vides.

[Contrarié, Noa’h va l’accepter sur ordre de Hachem. En effet, de nombreuses années plus tard, lorsque le prophète Eliyahou cherchera refuge dans le désert pour échapper à la colère du roi A’hav, les corbeaux lui apporteront de quoi se nourrir.]
[Pirké déRabbi Eliezer 23 avec Radal – rapporté par le rav Deutsch]

« Tout être vivant de toute espèce qui est avec toi : volatile, quadrupède, reptile se traînant sur la terre, fais-les sortir avec toi » (Noa’h 8,17)

-> Rachi commente : Le mot est écrit hotsé (הוצא – fais-les sortir), mais il est lu hayétsé (הַיְצֵא), qui veut dire : « dis-leur de sortir ».
Ainsi, Hotsé [nous] signifie : « s’ils (les animaux) ne veulent pas sortir, fais-les sortir toi-même ».

=> Pourquoi les animaux refuseraient-ils de sortir de l’Arche?
D’un côté ils pouvaient rejoindre leur espace naturel immense, et de l’autre ils étaient comme dans une prison (à l’étroit dans l’Arche).
Pourquoi n’ont-ils pas au contraire couru vers la liberté?

Le livre « Alénou léChabéa’h » donne la réponse suivante :
Il est possible que le mérite de l’immense générosité que Noa’h et ses fils avaient manifesté envers eux, en leur donnant à manger et en veillant à tous leurs besoins (24h/24 pendant 365 jours), [à comme déteint sur l’environnement de l’Arche].
Et ce, au point où même Haman le racha, a envoyé des messagers au mont Ararat, où l’Arche reposait après le Déluge, en ordonnant d’en ramener de grandes poutres pour y pendre Mordé’haï.

La raison en est que Haman savait que pour être plus fort que Mordé’haï, il avait besoin de forces spirituelles particulièrement puissantes, et c’est pourquoi il a voulu utiliser à cette fin le bois de l’Arche, qui avait servi de lieu de résidence à la Présence Divine.

=> Il est donc évident que les animaux, qui avaient senti l’odeur de sainteté absorbée par les poutres de l’Arche, risquaient de refuser d’en sortir.
C’est pourquoi Hachem a ordonné à Noa’h de les faire sortir de force!

Avant le Déluge

+ Paracha Noa’h – Le saviez-vous (1ere partie) : Avant le Déluge :

-> Noa’h demanda : « Comment pourrai-je avoir la force d’amener tous les animaux du monde? »

Les anges chargés de chaque espèce descendirent alors, et les menèrent vers l’Arche.
[Targoum Yonathan ; Pirké déRabbi Eliézer]

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-> Comme Hachem le lui demanda, Noa’h prit 7 couples d’animaux de chaque espèce pure, et 2 de celles non pures (selon la loi juive).

Le Méam Loez (Noa’h 7,5-7) nous enseigne :
« Quand Noa’h emporta ses biens dans l’Arche, les animaux vinrent ensemble selon leur propre volonté. La sélection se réalisa à ce moment-là.
Si l’Arche laissait passer une bête, elle ne s’était donc jamais accouplée avec une autre espèce. Mais si l’Arche lui refusait l’entrée, on savait qu’elle s’était croisée avec une race différente.
L’Arche détenait le pouvoir d’exclure tout ce que D. ne désirait pas y voir entrer. »

-> Les poissons survécurent. En effet, malgré les eaux bouillantes, ils vécurent en s’échappant vers le fond de l’océan, là où les eaux sont froides.

Selon le Maharcha, c’est seulement les pluies qui se sont abattues sur la terre qui étaient brûlantes, mais l’eau de mer a gardé une température normale pour permettre aux poissons de survivre.

Le Déluge ne submergea pas la terre sainte, et les habitants y moururent à cause de la chaleur dégagé par les eaux du Déluge. En effet, ces dernières étaient si bouillantes que le monde devint une terrible fournaise, tuant toute créature vivante. [Méam Loez – Noa’h 7,21-22]

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+ La patience Divine :

-> « Il y eut 10 générations depuis Adam jusqu’à Noa’h : c’est pour montrer combien Il (Hachem) est longanime, car toutes les générations allaient en L’irritant, jusqu’à ce qu’Il amena sur eux les eaux du Déluge. » (Pirké Avot 5,2)

Le ‘Hida écrit que les hommes de la 10e génération (celle du Déluge) étaient les réincarnations des 9 générations précédentes, et elles devaient être noyés par le Déluge pour leurs fautes sans cesse répétées!

-> L’Arche a mis 120 années à être construite :
– pendant 68 ans = période nécessaire à Noa’h pour planter du cèdre, et pour récupérer les plants prêts à l’emploi, assez grands ;
– puis durant 52 années = la construction à proprement parler de l’Arche par Noa’h, où Hachem lui demande de ne prendre aucune aide extérieure.

[tout cela pour permettre aux hommes de se repentir en voyant l’étrange initiative de Noa’h, et en discutant avec lui.
D’ailleurs, le Sforno (Noa’h 6,10) affirme que Noa’h a mérité d’avoir des enfants parce qu’il a sévèrement réprimandé ses contemporains.]

-> La guémara (Sanhérin 108) rapporte que D. retarda de 7 jours la date de début du Déluge.
En effet, le tsadik Métouchéla’h venait de mourir, et pour ne pas perturber les 7 jours de son deuil, le Déluge fut repoussé de 7 jours (Béréchit 7,4 – Rachi).

-> Pendant une semaine, Hachem va inverser l’ordre du lever et du coucher du soleil, afin d’obliger les hommes à ouvrir les yeux et à changer, tant qu’ils le peuvent.

-> Le Déluge se produisit le 17 ‘Hechvan 1656 (de la Création), et Noa’h avait alors 600 ans.
D’après Abarbanel, le jour même, la pluie ne fut pas immédiatement torrentielle, elle commença à tomber très doucement [pour laisser encore une chance au repentir].

Selon rabbénou Yéhouda ha’Hassid, il y avait des éclairs, de la foudre et de violents tonnerres [pour réveiller à la téchouva le cœur des gens].

-> De toutes les créatures, l’homme mourut le dernier. Hachem reporta sa condamnation le plus longtemps possible, lui donnant une chance de se repentir.
[Méam Loez – Noa’h 7,21]

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-> Le Na’halat Yaakov (Noa’h 6,17) enseignent que chaque homme est mort en fonction de ses fautes.
Les moins mauvais meurent instantanément, tandis que les plus mauvais ne succombent qu’après de longues souffrances.

[Cela n’est pas sans rappeler la manière dont les égyptiens sont morts lors de la traversée de la mer Rouge (cf. Rachi – Chémot 15,15)]

-> Selon le midrach (Béréchit rabba 28,7), les hommes sont restés en vie assez longtemps pour voir que tous leurs biens étaient détruits, afin qu’ils ne meurent pas avec l’impression que D. les avait fait périr pour les dépouiller.

Cette pensée absurde montre à quel point cette génération niait Hachem : les hommes se servaient de ce raisonnement illogique pour justifier leur façon de se conduire plutôt que d’admettre leurs fautes.

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+ La nécessité purificatrice de l’Arche :

-> De la même façon que le métsora (le lépreux) obtient le pardon en restant seul à l’écart pour se débarrasser de ses défauts, l’Arche devait purifier Noa’h de ses fautes en le gardant à l’écart, séparé du monde extérieur.
[rabbi Zalman Krohn]

-> On peut comparer la mort des premiers-nés en Egypte avec la nécessité de faire l’Arche.
En effet, l’ange destructeur autorisé à frapper n’allait pas faire de distinction entre les bons et les méchants : lorsqu’il sévirait, il frapperait tous ceux qui se trouveraient sur son chemin.
C’est la raison pour laquelle les juifs [en Egypte] ont reçu l’ordre de rester à l’intérieur de leurs maisons afin de se protéger et de ne pas être mis à mort.

De façon identique, Noa’h avait besoin de la sécurité de l’Arche pour être protégé des forces destructrices qui allaient sévir.
[rabbi Deutsch (se basant sur le Zohar Noa’h 63a)]

-> Le Malbim (Noa’h 8,16) enseigne que Noa’h est resté dans l’Arche une année entière (au jour près!), le temps maximum durant lequel on souffre au guéhinam pour expier les fautes.
Même Noa’h, tout juste qu’il fût, n’avait pas entièrement obtenu le pardon pour ses fautes et portait la responsabilité de n’avoir pas suffisamment prié pour sa génération.

-> D’après le Sifté Cohen, la chaleur représente une forme de purification semblable à celle utilisée pour cachériser des ustensiles.
La terre devait être nettoyée par de l’eau bouillante afin de pouvoir de nouveau servir ensuite à des êtres humains.
[d’où la nécessité de l’Arche]

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-> En principe, quand on dit que le jugement des réchaïm dure 12 mois, il s’agit de mois lunaires, et non solaires.
Or la Torah utilise les mois solaires affirmant que le Déluge s’est terminé le 27 ‘Hechvan.
[en année lunaire, il se serait terminé le 16 ‘Hechvan]
=> En se basant sur cela, pour quelle raison le Déluge a-t-il duré 11 jours supplémentaires?

Le Méam Loez (Noa’h 8,14) rapporte la réponse suivante :
En réalité, les hommes, détruits par le Déluge, avaient commis le péché d’orgueil. Ils étaient si confiants dans leurs pouvoirs magiques qu’ils pensaient empêcher le soleil de se lever et la pluie de tomber.
C’est pourquoi, leur châtiment fut mesuré en mois solaires et dura donc une année solaire de 365 jours.

« Votre crainte et votre terreur sera sur tous les animaux de la terre » (Noa’h 9,2)

-> D’après la crainte que vous avez en Hachem, telle sera la crainte que les animaux auront de vous.

C’est ce que dit le verset :
– « Votre crainte et votre terreur » = votre crainte vis-à-vis de Hachem ;
– « sera sur tous les animaux de la terre » = cette même crainte remplira de terreur tous les animaux, pour qu’ils ne puissent pas vous faire de mal.

[Tiféret Chlomo]

« Que ma nourriture soit amère comme l’olive mais de la main de Hachem, et non douce mais en provenance des hommes »

[guémara Erouvin 18b -> paroles de la colombe revenant avec une feuille d’olivier dans la bouche (Noa’h 8,11)]

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=> Pourquoi la colombe demande-t-elle une nourriture amère plutôt que douce?

-> Selon le Ben Ich ‘Haï :
Les demandes de la colombe sont en fait celles de l’assemblée d’Israël à laquelle la colombe est comparée :
– la demande de nourriture « amère », comme l’olive, traduit une demande de subsistance avec efforts et difficultés, afin de réparer la faute d’Adam soumis au décret : « C’est à la sueur de ton front que tu mangeras du pain » (Béréchit 3,19) ;
– le refus de la nourriture « douce », comme le miel, traduit une volonté de ne pas être incité par le yétser ara qui nous entraîne à notre perte vers les choses vaines, au goût illusoire comme le miel.

-> Selon le Iyoun Yaakov :
Le « discours » de la colombe correspond aux propos du roi David à Gad : « Livrons-nous à la Main d’Hachem, plein de miséricorde, plutôt que de tomber dans la main de l’homme » (Chmouel II 24,14), car être sous la dépendance de l’homme rend la vie très difficile à vivre.
[De plus,] L’huile de l’olive est apte aux offrandes sur l’autel du Temple, contrairement au miel interdit sur l’autel.

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=> Quel leçon l’homme peut-il en tirer?

-> L’homme se doit de tirer une leçon de bon comportement à partir de l’attitude de la colombe, en accord avec le verset : « Par les oiseaux du Ciel, D. nous donne de la sagesse » (Iyov 35,11).
Ainsi, bien que la colombe fût nourrie avec largesse dans l’arche, elle ne voulait pas tirer profit d’autrui, quitte à se contenter de feuilles d’olivier amères.
S’il en est ainsi pour la colombe, a fortiori pour l’homme créé à l’image de D. et qui doit avoir confiance en son Créateur.
Ainsi, l’homme devrait avoir pour principe de ne bénéficier que de ses efforts [honnêtes] pour l’obtention de sa subsistance, même si elle est étriquée, afin d’éviter de tirer profit d’autrui, dans toute la mesure du possible.
[Anaf Yossef]

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-> « Si la Torah ne nous avait pas été donnée, nous aurions appris la pudeur à partir du chat, le vol (interdit) à partir de la fourmi, les unions interdites à partir de la colombe et le ‘déré’h érets’ à partir du coq »
[guémara Erouvin 100b]

-> Alors que la génération du Déluge a fauté essentiellement par l’infidélité et par les accouplements hétérogènes entre espèces différentes, la colombe au contraire est caractérisée par sa fidélité à son partenaire, sa pudeur et son allergie à l’accouplement hétérogène d’après la guémara (Erouvin 100b).
De même, l’olivier est un arbre qui ne supporte pas de greffe, d’après la guémara (Yérouchalmi Kélaïm 1,7), c’est pourquoi tous les arbres ont été déracinés lors du Déluge, sauf l’olivier.
Ainsi, la colombe ne pouvait apporter qu’un produit de l’olivier, les autres arbres ayant disparu.

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-> « L’assemblée d’Israël est comparée à la colombe …
De même que les ailes de la colombe assurent sa protection, les mitsvot accomplies par l’Assemblée d’Israël assurent sa protection. »
[guémara Shabbath 130a]

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-> Le midrach (Chir haChirim 1,2) note plusieurs ressemblances des juifs avec la colombe :
– la colombe se distingue des autres oiseaux, comme les juifs se distinguent par leur rasage, la circoncision et les tsitsit ;
– la colombe est pudique ; de même les juifs sont pudiques ;
– la colombe tend facilement son cou pour la ché’hita ; de même Israël a des facilités à être prêt à donner sa vie pour le Kiddouch Hachem ;
– la colombe offerte au Temple expie les fautes d’autrui ; de même les juifs ont le pouvoir de faire expiation sur autrui, même sur les fautes des nations ;
– la colombe fait preuve de fidélité avec son « conjoint » ; de même les juifs, après avoir reconnu Hachem, Lui resteront fidèles.

-> Le Ramban (Vayikra 1,14) enseigne :
Selon nos Sages, lorsqu’un homme atteint un nid d’oiseau et s’empare des oisillons ou des œufs, l’oiseau abandonnera ce nid et n’y demeurera plus jamais : il changera de nid.
Cependant, la colombe fait exception à ce comportement et elle n’abandonnera pas ce nid, quoi qu’il en soit. Il en est de même pour tout juif, comparé à la colombe, qui n’abandonnera pas son Créateur et la Torah et ne les échangera jamais.

« La dégradation des générations provient essentiellement du manque de vigilance des gens pour le vol et la spoliation sous toutes ses formes.

C’est la plus grande accusation pesant sur l’homme, conformément au commentaire de nos Sages (midrach Vayikra rabba 33,3) sur le verset : « Or la terre s’était corrompue » (Noa’h 6,11) : « Ils ont rempli une mesure de fautes, celle du vol étant le principal chef-d’accusation ».

[rav Shmouël Wosner – rapporté dans le Omatok haOr
– à propos de la guémara (Erouvin 100b) : « Si la Torah n’avait pas été donnée, nous aurions appris [l’interdiction du] vol de la fourmi ».]

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+ « D. dit à Noa’h : « la fin de toute chair est venue devant Moi, car la terre est remplie de brigandage à cause d’eux ». » (Noa’h 6,13)

-> Rachi = D. a décidé la condamnation des habitants de la terre à cause du vol.

-> « Viens et vois comment est grande la force du vol.
La génération du déluge a transgressé toutes les prescriptions qui lui avaient été faites (meurtres, incestes, …), mais finalement, elle n’a été détruite qu’à cause du vol. »
[guémara Sanhédrin 108a]

« Au bout de 40 jours, Noa’h ouvrit la fenêtre qu’il avait pratiquée à l’Arche » (Noa’h 8,6)

-> Le Yichma’h Israël (l’Alexander rabbi) enseigne :
Nos fautes créent un mur qui nous sépare de notre Père Céleste.
Les tsadikim, les hommes saints de chaque génération, à travers leur propre pratique des mitsvot percent ce mur, ouvrant des trous aussi grands que des fenêtres.

Ainsi, sous un angle spirituel, le verset véhicule cette pensée : « Noa’h ouvrit la fenêtre qu’il avait pratiquée à l’Arche » = à travers ses prières, Noa’h, le tsadik, fit une ouverture dans le mur qui séparait l’homme à D.

« L’arc sera dans le nuage … Hachem dit à Noa’h : « Ceci est le signe de l’alliance que J’ai établie entre Moi et toute chair se trouvant sur la terre ». » (Noa’h 9,16-17)

-> L’arc-en-ciel a une signification symbolique : lorsqu’un archer veut montrer que ses intentions sont pacifiques, ils inversent son arc en le pointant vers lui.

Il en est ainsi avec un arc-en-ciel : les extrémités de l’arc touchent le sol de ce monde, tandis que son centre pointe vers le Ciel, témoignant des intentions pacifiques de Hachem à l’égard de la terre.
De plus, cet arc ne contient pas de corde avec laquelle tirer une flèche.
Il symbole la paix entre Hachem et ce monde.

[le Ramban]

-> Les gens utilisent l’arc comme signe pour la bataille. Hachem a ainsi désigné l’arc-en-ciel comme un signe de paix et de tranquillité.
[Rabbénou Efraïm]

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-> Selon le midrach (Béréchit rabba 35,3) : « Hachem dit : « L’arc-en-ciel est comme Moi. »
Est-possible? [Quelque chose peut-il se comparer à Hachem?]. Plutôt, c’est comme : la partie dure du fruit (kashin dépéri). » [c’est-à-dire le noyau ou la coquille autour d’un fruit]

Pour ainsi dire, lorsque Hachem est « dur », c’est-à-dire en colère contre le monde, Il place la « partie dure » de sa colère dans les nuages, et se retient alors de détruire le monde comme punition.

[le ‘Hen Tov]

[ -> Un arc-en-ciel a une forme inverse à celle d’un sourire, témoignant que Hachem est triste de voir ses enfants se comporter de la sorte.
-> Il est comme une flèche vers le haut, nous indiquant qu’il faut élever nos actions vers le Ciel, car actuellement à cause de nos fautes nous sommes tombés bien bas, créant une distance avec papa Hachem. ]

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+ « [Israël dit à Yossef : ] … avec mon épée et mon arc » (Vayé’hi 48,22)

Le Targoum Onkelos traduit ces mots par : « avec ma prière (bitsloti) et ma supplication (ouvévaouti) ».
[la guémara Baba 123a va également dans ce sens, en disant : épée = téfila, et arc = bakacha (supplication) ]

=> Que peut-on apprendre de ces rapprochements?

Une épée est une arme efficace, dans le sens où même une personne inexpérimentée lorsqu’elle touche quelqu’un d’autre avec, elle lui inflige des dommages.

Un arc n’est pas une arme dangereuse en soi.
Si un archer ne sait pas comment viser ou n’a pas suffisamment de force, la flèche va partir sans faire aucun dommage.
Cependant, dans les mains d’un archer expérimenté, un arc produit un grand impact.
De plus, le plus on tire fort sur sa corde, le plus loin va la flèche.

Il en est de même avec les différents types de prières :
– une téfila = la prière instituée par nos Sages, elle agit comme une épée, dans le sens où elle produit de grands effets même pour une personne qui n’a pas la bonne kavana.
– la bakacha = les prières individuelles sont comme l’arc, plus on va y mettre notre cœur, plus on va être saint (expérimenté en Torah), plus notre prière sera puissante.

[le Griz – Rabbi Its’hak Zev Soloveitchik]

[ L’apparition de l’arc-en-ciel nous enseigne :
-> de même qu’il est composé de couleurs différentes qui s’unissent et se complètent pour former un tout magnifique, de même nous devons accepter les différences au sein du peuple juif, car cela enrichit notre objectif commun : faire la volonté de Hachem.

[l’arc-en-ciel pointant vers le haut, c’est comme si Hachem nous disait : arrêtez de vous diviser. Certes cultivez votre unicité, mais regardez ensemble dans la même direction : le Ciel!]

-> de même qu’il ressemble à un arc (bakacha : requête personnelle), nous devons savoir nous isoler afin de remercier et prier Hachem, car chaque respiration est un magnifique cadeau.

[l’arc-en-ciel pointant vers le haut, c’est comme si Hachem nous disait : N’oubliez pas de me dire : merci! ; N’hésitez pas à vous tourner vers moi en prière à tout moment, car je n’attends que cela!] ]

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-> « Il existe des générations qui n’auront pas besoin du signe (de l’arc-en-ciel), car y vivait un juste parfait, telle la génération du roi ‘Hizkiyahou et celle de Rabbi Chimon bar Yo’haï. »
[Rachi – Noa’h 9,12]

L’arc-en-ciel est un signe qui annonce que le monde ne sera pas détruit par un nouveau déluge, bien que la génération où il apparaît l’ait mérité.

La guémara (Sabbath 63a) enseigne qu’un tsadik a la capacité d’annuler les décrets divins.
La guémara (Kétoubot 77b) nous rapporte que pour des grands tsadikim comme : Rabbi Chimon Bar Yo’haï et Rabbi Yéhochoua ben Lévi, aucun arc-en-ciel n’est apparu de leur vivant.

Le Maor vaChémech dit que puisque ces tsadikim avaient la capacité d’annuler les décrets divins, alors il n’était pas nécessaire à Hachem de faire apparaître un arc-en-ciel pour permettre l’annulation d’un décret.

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-> « Celui qui regarde les 3 choses suivantes, ses yeux s’affaiblissent : l’arc-en-ciel, le « prince » (nassi), et les Cohanim (pendant qu’ils récitent la bénédiction sacerdotale) »
[guémara méguila 16a]

Selon le Maharcha (guémara Bera’hot 59a), ce que l’arc-en-ciel, le « prince » et les Cohanim ont en commun, c’est qu’ils sont représentatifs de la présence divine, voilà pourquoi ils ont tous droit à la même attitude de respect.

-> Selon le Zohar (Béchala’h 66b), celui qui regarde l’arc-en-ciel, c’est comme s’il avait regardé la présence divine.

-> Le Zohar (Tikouné Zohar 36b) nous enseigne que si les couleurs de l’arc-en-ciel sont brillantes et vives, sans la moindre brume ou autre altération similaire, alors le machia’h viendra immédiatement.

-> Lorsque l’arc-en-ciel apparaît, il est interdit de l’observer longuement, mais nous devons le regarder le temps nécessaire pour réciter la bénédiction : « Barou’h ata Hachem élokénou, mélé’h aolam, zo’hér abérit vénééman bivrito, vékayam bémaamaro » (Ora’h ‘Haïm 229,1).
[en hébreu : ברוך אתה ה’ אלוקינו מלך העולם זוכר הברית, נאמן בבריתו וקיים במאמרו]

-> La michna Broura nous averti que si nous le regardons trop longtemps, alors nos yeux s’affaibliront.
Elle ajoute également que si nous voyons un arc-en-ciel, il vaut mieux ne pas en avertir d’autres personnes de sa présence.

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-> A ce sujet, (b’h) voir également : https://todahm.com/2016/12/26/4976