« La dégradation des générations provient essentiellement du manque de vigilance des gens pour le vol et la spoliation sous toutes ses formes.

C’est la plus grande accusation pesant sur l’homme, conformément au commentaire de nos Sages (midrach Vayikra rabba 33,3) sur le verset : « Or la terre s’était corrompue » (Noa’h 6,11) : « Ils ont rempli une mesure de fautes, celle du vol étant le principal chef-d’accusation ».

[rav Shmouël Wosner – rapporté dans le Omatok haOr
– à propos de la guémara (Erouvin 100b) : « Si la Torah n’avait pas été donnée, nous aurions appris [l’interdiction du] vol de la fourmi ».]

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+ « D. dit à Noa’h : « la fin de toute chair est venue devant Moi, car la terre est remplie de brigandage à cause d’eux ». » (Noa’h 6,13)

-> Rachi = D. a décidé la condamnation des habitants de la terre à cause du vol.

-> « Viens et vois comment est grande la force du vol.
La génération du déluge a transgressé toutes les prescriptions qui lui avaient été faites (meurtres, incestes, …), mais finalement, elle n’a été détruite qu’à cause du vol. »
[guémara Sanhédrin 108a]

« Au bout de 40 jours, Noa’h ouvrit la fenêtre qu’il avait pratiquée à l’Arche » (Noa’h 8,6)

-> Le Yichma’h Israël (l’Alexander rabbi) enseigne :
Nos fautes créent un mur qui nous sépare de notre Père Céleste.
Les tsadikim, les hommes saints de chaque génération, à travers leur propre pratique des mitsvot percent ce mur, ouvrant des trous aussi grands que des fenêtres.

Ainsi, sous un angle spirituel, le verset véhicule cette pensée : « Noa’h ouvrit la fenêtre qu’il avait pratiquée à l’Arche » = à travers ses prières, Noa’h, le tsadik, fit une ouverture dans le mur qui séparait l’homme à D.

« L’arc sera dans le nuage … Hachem dit à Noa’h : « Ceci est le signe de l’alliance que J’ai établie entre Moi et toute chair se trouvant sur la terre ». » (Noa’h 9,16-17)

-> L’arc-en-ciel a une signification symbolique : lorsqu’un archer veut montrer que ses intentions sont pacifiques, ils inversent son arc en le pointant vers lui.

Il en est ainsi avec un arc-en-ciel : les extrémités de l’arc touchent le sol de ce monde, tandis que son centre pointe vers le Ciel, témoignant des intentions pacifiques de Hachem à l’égard de la terre.
De plus, cet arc ne contient pas de corde avec laquelle tirer une flèche.
Il symbole la paix entre Hachem et ce monde.

[le Ramban]

-> Les gens utilisent l’arc comme signe pour la bataille. Hachem a ainsi désigné l’arc-en-ciel comme un signe de paix et de tranquillité.
[Rabbénou Efraïm]

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-> Selon le midrach (Béréchit rabba 35,3) : « Hachem dit : « L’arc-en-ciel est comme Moi. »
Est-possible? [Quelque chose peut-il se comparer à Hachem?]. Plutôt, c’est comme : la partie dure du fruit (kashin dépéri). » [c’est-à-dire le noyau ou la coquille autour d’un fruit]

Pour ainsi dire, lorsque Hachem est « dur », c’est-à-dire en colère contre le monde, Il place la « partie dure » de sa colère dans les nuages, et se retient alors de détruire le monde comme punition.

[le ‘Hen Tov]

[ -> Un arc-en-ciel a une forme inverse à celle d’un sourire, témoignant que Hachem est triste de voir ses enfants se comporter de la sorte.
-> Il est comme une flèche vers le haut, nous indiquant qu’il faut élever nos actions vers le Ciel, car actuellement à cause de nos fautes nous sommes tombés bien bas, créant une distance avec papa Hachem. ]

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+ « [Israël dit à Yossef : ] … avec mon épée et mon arc » (Vayé’hi 48,22)

Le Targoum Onkelos traduit ces mots par : « avec ma prière (bitsloti) et ma supplication (ouvévaouti) ».
[la guémara Baba 123a va également dans ce sens, en disant : épée = téfila, et arc = bakacha (supplication) ]

=> Que peut-on apprendre de ces rapprochements?

Une épée est une arme efficace, dans le sens où même une personne inexpérimentée lorsqu’elle touche quelqu’un d’autre avec, elle lui inflige des dommages.

Un arc n’est pas une arme dangereuse en soi.
Si un archer ne sait pas comment viser ou n’a pas suffisamment de force, la flèche va partir sans faire aucun dommage.
Cependant, dans les mains d’un archer expérimenté, un arc produit un grand impact.
De plus, le plus on tire fort sur sa corde, le plus loin va la flèche.

Il en est de même avec les différents types de prières :
– une téfila = la prière instituée par nos Sages, elle agit comme une épée, dans le sens où elle produit de grands effets même pour une personne qui n’a pas la bonne kavana.
– la bakacha = les prières individuelles sont comme l’arc, plus on va y mettre notre cœur, plus on va être saint (expérimenté en Torah), plus notre prière sera puissante.

[le Griz – Rabbi Its’hak Zev Soloveitchik]

[ L’apparition de l’arc-en-ciel nous enseigne :
-> de même qu’il est composé de couleurs différentes qui s’unissent et se complètent pour former un tout magnifique, de même nous devons accepter les différences au sein du peuple juif, car cela enrichit notre objectif commun : faire la volonté de Hachem.

[l’arc-en-ciel pointant vers le haut, c’est comme si Hachem nous disait : arrêtez de vous diviser. Certes cultivez votre unicité, mais regardez ensemble dans la même direction : le Ciel!]

-> de même qu’il ressemble à un arc (bakacha : requête personnelle), nous devons savoir nous isoler afin de remercier et prier Hachem, car chaque respiration est un magnifique cadeau.

[l’arc-en-ciel pointant vers le haut, c’est comme si Hachem nous disait : N’oubliez pas de me dire : merci! ; N’hésitez pas à vous tourner vers moi en prière à tout moment, car je n’attends que cela!] ]

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-> « Il existe des générations qui n’auront pas besoin du signe (de l’arc-en-ciel), car y vivait un juste parfait, telle la génération du roi ‘Hizkiyahou et celle de Rabbi Chimon bar Yo’haï. »
[Rachi – Noa’h 9,12]

L’arc-en-ciel est un signe qui annonce que le monde ne sera pas détruit par un nouveau déluge, bien que la génération où il apparaît l’ait mérité.

La guémara (Sabbath 63a) enseigne qu’un tsadik a la capacité d’annuler les décrets divins.
La guémara (Kétoubot 77b) nous rapporte que pour des grands tsadikim comme : Rabbi Chimon Bar Yo’haï et Rabbi Yéhochoua ben Lévi, aucun arc-en-ciel n’est apparu de leur vivant.

Le Maor vaChémech dit que puisque ces tsadikim avaient la capacité d’annuler les décrets divins, alors il n’était pas nécessaire à Hachem de faire apparaître un arc-en-ciel pour permettre l’annulation d’un décret.

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-> « Celui qui regarde les 3 choses suivantes, ses yeux s’affaiblissent : l’arc-en-ciel, le « prince » (nassi), et les Cohanim (pendant qu’ils récitent la bénédiction sacerdotale) »
[guémara méguila 16a]

Selon le Maharcha (guémara Bera’hot 59a), ce que l’arc-en-ciel, le « prince » et les Cohanim ont en commun, c’est qu’ils sont représentatifs de la présence divine, voilà pourquoi ils ont tous droit à la même attitude de respect.

-> Selon le Zohar (Béchala’h 66b), celui qui regarde l’arc-en-ciel, c’est comme s’il avait regardé la présence divine.

-> Le Zohar (Tikouné Zohar 36b) nous enseigne que si les couleurs de l’arc-en-ciel sont brillantes et vives, sans la moindre brume ou autre altération similaire, alors le machia’h viendra immédiatement.

-> Lorsque l’arc-en-ciel apparaît, il est interdit de l’observer longuement, mais nous devons le regarder le temps nécessaire pour réciter la bénédiction : « Barou’h ata Hachem élokénou, mélé’h aolam, zo’hér abérit vénééman bivrito, vékayam bémaamaro » (Ora’h ‘Haïm 229,1).
[en hébreu : ברוך אתה ה’ אלוקינו מלך העולם זוכר הברית, נאמן בבריתו וקיים במאמרו]

-> La michna Broura nous averti que si nous le regardons trop longtemps, alors nos yeux s’affaibliront.
Elle ajoute également que si nous voyons un arc-en-ciel, il vaut mieux ne pas en avertir d’autres personnes de sa présence.

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-> A ce sujet, (b’h) voir également : https://todahm.com/2016/12/26/4976

« Le déluge fut sur la terre 40 jours » (Noa’h 7,17)

-> La paracha de Noa’h est lue au tout début du mois Mar’Hechvan.
Le nom des mois de l’année juive provient de Babylonie, puisque dans le Tana’h ils sont simplement nommés en fonction de leur place dans le calendrier (ex: le 1er mois, le 2e mois).

De façon intéressante, nous trouvons un autre nom pour le mois de Mar’Hechvan : « au mois de Boul (בּוּל), c’est-à-dire le 8e mois » (Méla’him I 6,38).

Que pouvons-nous apprendre de ces 2 noms pour ce mois?

-> Le midrach (Yalkout Chimoni Méla’him I 184) explique que si ce mois est appelé : « Boul », c’est par ce que le déluge a commencé en ce mois, et il a duré 40 jours.

En hébreu le déluge se dit : « maboul » (מבול), qui renvoie à : 40 jours (valeur de מ) de « Boul » (בול).
La Torah commence par la lettre bét (béréchit) et se termine par la lettre laméd (Israël). Selon la guémara (Kidouchin 30a), la lettre médiane de la Torah est le vav du mot « ga’hon » (Vayikra 11,42).
Ces 3 lettres forment le mot : בול.

Ainsi : la Torah qui a été donné en 40 jours (même durée que le déluge), a la capacité de transformer complètement une personne en effaçant ce qu’il y avait, et en permettant qu’elle devienne une nouvelle création : une personne plus sainte.
[à l’image du maboul qui a purifié le monde de toutes ses impuretés créées par l’homme]

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-> Le rav Yits’hak Tzvi Zilberberg explique l’origine Babylonienne du mois de Mar’Hechvan.
La guémara (Méguila 27b) enseigne qu’après qu’une personne ait dite la Amida, elle n’a pas le droit d’aller aux toilettes immédiatement, mais elle doit attendre le temps nécessaire pour parcourir 4 amot (environ 2 mètres).

La guémara explique cette nécessité par le fait que la durée de ce bref instant, sa prière est toujours présente dans sa bouche et que ses lèvres sont toujours considérées comme bougeant en prière (ri’houché méra’hsan shifvaté – רחושי מרחשן שפוותיה).

Le rav Zilberberg fait remarquer qu’en changeant les voyelles du mot araméen utilisé pour dire que les lèvres d’une personne bougent toujours (מרחשן), cela permet de former : Mar’Hechvan.
Ainsi, l’origine du nom araméen de ce mois, transmet le message que bien que le mois de Tichri vient de se terminer, nous ne devons pas faire l’erreur de penser que toutes nos prières et notre grande proximité avec Hachem, que nous avons pu y vivre, sont derrières nous.

=> Le nom Mar’Hechvan fait allusion au fait que même un mois après, nous sommes toujours connectés avec l’élévation spirituelle que nous avons pu atteindre durant les yamim noraïm et Souccot (à l’image de la prière qui reste dans notre bouche quelques instants après avoir terminés notre amida!).

==> Le mois de Mar’Hechvan est ce mois où l’on doit capitaliser sur notre vécu de Tichri, et où l’on doit comprendre que pour traverser l’année à venir nous devons nous réfugier dans une vie pleine selon la Torah, qui est la manière d’un juif de survivre face aux déluges extérieurs.

3 Questions/Réponses – Paracha Noa’h

+ 3 Questions/Réponses – Paracha Noa’h

1°/ Qui est né dans l’Arche de Noa’h?

Le midrach rapporte que le géant Og a survécu au déluge en s’accrochant à l’Arche. Il habitait sur le toit et recevait quotidiennement sa nourriture par Noa’h au travers d’un trou.

La guémara (Nida 61a) dit que Si’hon et Og étaient frères.
On a vu comment son frère a pu survivre, mais comment Si’hon a-t-il pu également vivre sachant qu’il n’a été tué qu’à la fin des 40 années dans le désert des juifs, suivant leur sortie d’Egypte.

Si’hon n’a pas pu naître après le déluge car tous les géants sont morts pendant le déluge.
De plus, il n’y avait pas de relation conjugale dans l’Arche, par respect pour la détresse qui régnait dans le monde pendant le déluge.

Le Daat Zékénim (Bamidbar 21,34) explique qu’après la naissance de Og, sa mère alors enceinte de lui (Si’hon), a quitté son père, et s’est remarié avec ‘Ham, le fils de Noa’h, ce qui lui a donné le droit de rentrer dans l’Arche.

=> Puisqu’elle était déjà enceinte à son entrée et que le séjour y a duré 1 an (cf.Rachi Noa’h 8,14), c’est que forcément elle y a donné naissance à Si’hon.

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2°/ Comment Noa’h a-t-il pu prendre le risque d’envoyer le corbeau et la colombe pour savoir si les eaux du déluge avaient reculé? En effet, en ne revenant pas, cela aurait entraîné la disparition de ces 2 espèces!

Le Nétsiv (Haémék Davar) est d’avis que ce corbeau et cette colombe qui ont été envoyés, ne font pas partie des paires ordonnées par Hachem : « de tous les êtres vivants, de chaque espèce, tu en recueilleras deux dans l’arche pour les conserver avec toi » (Noa’h 6,19).

En réalité, puisque Noa’h était une personne respectée avant le déluge, il suivait la pratique des nobles de l’époque d’avoir un oiseau de compagnie, qui était considéré comme un membre du foyer et pouvait ainsi rentrer dans l’Arche en tant que : « toi et toute ta famille, dans l’arche » (Noa’h 71).

=> On comprend ainsi pourquoi leur utilisation ne compromettait en rien l’avenir de ces espèces, puisqu’il y avait encore dans l’Arche une paire de corbeau et une paire de colombe.

-> La colombe avait été entraînée afin de parcourir de longues distances afin de délivrer du courrier et transporter de petits objets dans sa bouche.
Au cours de sa 1ere mission, elle n’a rien trouvé à mettre dans sa bouche et elle était alors remplie de honte d’avoir raté sa mission en revenant la bouche vide : « elle revint vers lui, vers l’arche » (Noa’h 8,9).
Observant qu’elle n’osait pas s’approcher davantage : « il étendit sa main, la prit et l’amena à lui » (Noa’h 8,9).
=> Noa’h a compris ce qu’elle ressentait, l’a réchauffant et lui redonnant des forces.

Le Netsiv de commenter : La compassion de Noa’h nous enseigne que l’on doit réserver autant d’égards à un messager qui échoue qu’à celui qui réussit, si l’échec ne lui est pas imputable.

[On peut naturellement être déçu qu’une chose n’a pas marché, mais celui qui a fait de son mieux n’y est pour rien et ne doit pas recevoir en salaire toute notre frustration!
Au contraire, nous devons lui témoigner beaucoup d’attention, d’encouragements, afin de lui redonner le moral.]

-> Sachant que Noa’h attendrait l’ordre divin pour sortir de l’Arche, pourquoi a-t-il souhaité envoyer le corbeau et la colombe?

Noa’h avait tellement envie de remercier Hachem pour l’incroyable miracle qu’Il a fait pour lui, qu’il les envoya afin de savoir si le déluge était terminé afin de pouvoir alors pleinement remercier D.

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3°/ « Tu feras [cette] Arche en compartiments » (Noa’h 6,14)
En quoi ce détail est-il si important?

-> Selon Rachi (Noa’h 6,13) le déluge est venu en punition à 2 fautes : le vol et l’immoralité.

-> Rabbi Shalom Erlanger dit qu’elles ont pour origine un manque de limitations, puisque les contemporains de Noa’h étaient incapables de reconnaître ce qui appartenait à qui, et à en respecter les limites.
C’est pourquoi, ils ont été punis par le déluge (maboul), qui est lié au mot : bilboul (un mélange), puisque les eaux se sont mélangées entre elles, amenant la dévastation sur tout le monde, sans respecter les limites qui leurs sont normalement assignées.
[à l’image des hommes d’alors, les eaux sont sorties de leurs lieux réservés, partant et revenant selon leur désir, ce qui n’amena que destruction).

Pour cette raison, Hachem a insisté sur le fait que Noa’h fasse des compartiments, des espaces avec des limitations.
Noa’h rectifie alors la faute de sa génération, ce qui lui permet d’être sauvé des eaux du déluge.

[nous devons de même savoir que ce qui appartient à autrui ne fait pas partie de notre zone, nous ne devons ainsi pas le convoiter!
Il faut se satisfaire du « compartiment » que Hachem nous accorde, car étant le meilleur pour notre mission dans ce monde, et éviter de se gâcher la vie en étant perpétuellement à la recherche de ce qu’il y a dans le compartiment de quelqu’un d’autre!]

-> Mais combien y avait-il de compartiments dans l’Arche de Noa’h?

Le Yalkout Chimoni rapporte une divergence à ce sujet :
– selon rav Yéhouda, il y avait 360 compartiments, chacun mesurant 10 coudées sur 10 coudées (entre 23 et 32 m2);
– selon rav Né’hémia, il y avait 900 compartiments, chacun mesurant 6 coudées sur 6 coudées (entre 8 et 12 m2).
[Il y avait un total de 3 étages dans l’Arche]

-> Pourquoi la punition est-elle venue particulière par un déluge?

La guémara (Baba Batra 16a) nous enseigne que D. crée non seulement chaque goutte de pluie dans les nuages, mais en plus, Il va créer pour chacune d’elles un parcours de descente unique.
En effet, si 2 gouttes venaient à tomber via un même circuit, cela endommagerait les récoltes.

Le Kli Yakar dit que puisque les voleurs entraient dans le territoire d’autrui comme ils en avaient envie, alors de même ils vont mourir par un déluge dans lequel chaque goutte d’eau utilisera le trajet personnel d’une autre, amenant ainsi la destruction sur le monde.

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+ Bonus (b’h) – Le saviez-vous? :

-> Le déluge (année 1656 de la Création) n’est pas la 1ere inondation majeure que connu le monde.
En effet, le midrach rapporte qu’à l’époque de Enoch (qui a vécu de 235 à 1042 de la Création), sa génération a été punie pour sa pratique de l’idolâtrie, par le fait que l’océan a débordé jusqu’à submerger 1/3 du monde.
Rachi ajoute qu’en ne tirant pas de leçon, les contemporains de Noa’h vont être punis plus sévèrement par une 2e inondation plus conséquente.

-> La guémara rapporte que pendant toute la semaine qui a précédé le déluge, Hachem a changé les lois de la nature, entraînant que le soleil se lève à l’ouest et se couche à l’est, afin d’avertir les hommes qu’ils allaient être détruits, s’ils ne faisaient pas téchouva.

-> Selon le Yalkout Chimoni (Esther 1056), lorsque la femme de Haman lui conseilla de faire une potence « haute de 50 coudées » (méguila Esther 5,14), soit entre 23 et 30 mètres de hauteur, il a cherché partout une poutre en bois de cette dimension.
Il n’y a réussi que lorsqu’il a trouvé une poutre restant de l’Arche de Noa’h (également « 50 coudées sa largeur » – Noa’h 6,15).
Il l’a alors utilisé pour construire la potence sur laquelle il sera finalement pendu.

-> Il est écrit au sujet de la génération de la Tour de Babel : « Confondons leur langage de sorte que l’un ne puisse comprendre le langage de l’autre » (Noa’h 11,7).
C’est à partir de là que sont nées les 70 langues différentes de base de notre monde.
Mais quand sera-t-il à l’époque du machia’h?

Le Métsoudot David (se basant sur Tséfania 3,9) explique que toute l’humanité parlera alors le lachon hakodech (la langue sainte, l’hébreu).

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-> Avant la destruction de la Tour de Babel, toutes les nations parlaient un langage commun : la langue sacrée. De plus, chaque nation possédait son propre langage.
Cela est exprimé dans le verset (Noa’h 11,1) : « toute la terre avait une même langue » = signifiant la langue sacrée ; « et des paroles semblables » = faisant référence aux langues nationales particulières.

=> [Ainsi, jusqu’à la Tour de Babel], la langue avec laquelle les différentes nations communiquaient était la langue sainte : l’hébreu.
La punition que D. leur a infligé était qu’Il leur a ôté la maîtrise de la langue sainte.
[le Imré Pin’has – Noa’h 11]

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-> L’Arche de Noa’h avaient les dimensions suivantes :
– sa longueur = entre 144 et 171 mètres ;
– sa largueur = entre 24 et 29 mètres ;
– sa hauteur = entre 14 et 17 mètres.

Peux-t-on également connaître le poids de l’Arche de Noa’h?

-> Rachi dit : « On apprend que l’arche était enfoncée de 11 coudées au-dessous du niveau des eaux … c’était le mois de av, qui est le 10e mois à compter de ‘hechvan pendant lequel les pluies ont commencé de tomber. »

Le rav Moché Heinemann y appliquant le principe de flottaison, faisant que le poids d’un objet flottant est similaire au poids de l’eau déplacée.
Ici le déplacement d’eau est de : 300 (longueur) * 50 (largueur) * 11 (profondeur d’eau) = 165 000 coudées cube.

Il faut prendre en compte le fait que l’eau de mer a une densité d’environ : 1 025 kg/m3

La guémara (Roch Hachana 12a) dit que l’eau a bouilli pendant les 40 jours qu’a duré le déluge. Cependant, la donnée de Rachi est du 1er Av, qui était 150 jours après la fin du déluge. L’eau y avait sûrement retrouvé sa température normale.

Après calcul, le rav Heinemann rapporte que l’Arche de Noa’h avait un poids total entre 21 tonnes (avis de rav Avraham ‘Haïm Naé sur la mesure d’une coudée) et 36 tonnes (selon l’avis du ‘Hazon Ich sur la taille d’une coudée).

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Les personnages de la Torah qui sont nés déjà circoncis sont :
-> Adam (midrach Tan’houma Noa’h 5) ;
-> son fils ‘Hét (cf.Béréchit 5,3 : formé à l’image de Adam) ;
-> Noa’h, Yaakov et Iyov qui ont tous été dénommés « tam », en référence au fait d’être nés circoncis (Béréchit 6,9 ; Béréchit 25,27 et Iyov 1,8) ;
-> Yossef (cf.Béréchit 37,2 : du fait qu’il est comparé à Yaakov) ,
-> Moché (à sa naissance il est appelé « tov » en référence à cela) ;

-> Le Avot déRabbi Nathan (2,5) ajoute que : Chèm, Bil’am, Chmouël, David, Yirmiyahou et Zéroubavél sont tous nés circoncis.
-> Le Panéa’h Raza est d’avis que tous les enfants de Noa’h sont nés circoncis (pas uniquement Chèm).

« Car il en sera pour Moi comme pour les eaux de Noa’h : de même que J’ai juré de ne plus jamais déverser les eaux de Noa’h sur la terre … » (Yéchayahou 54,9 – Haftara paracha Noa’h)

-> Le Zohar haKadoch (3,15a) fait remarque que la haftara de la paracha Noa’h fait curieusement référence au déluge par : « les eaux de Noa’h » (mé Noa’h – מֵי נֹחַ).
Puisque Noa’h a été le seul considéré comme juste dans sa génération, il aurait été plus approprié d’appeler le déluge en fonction des réchaïm qui en ont été la cause.
Pourquoi alors une telle appellation?

Le Zohar explique que durant les 120 années où Noa’h a construit l’Arche, il a négligé de prier pour que ses contemporains se repentent.

Le midrach compare Noa’h a un capitaine qui se sauve lui-même, tout en laissant son bateau et ses passagers couler.
S’il avait été plus concerné par eux, il aurait pu empêcher le déluge, et c’est pour cela qu’on s’en souvient en tant que : « les eaux de Noa’h ».

-> Le Arizal écrit que Moché contenait en lui une étincelle de l’âme de Noa’h, et qu’une partie de la mission de sa vie était de rectifier la faute de Noa’h.
Comment a-t-il procédé à cela?

Bien qu’il soit né dans le palais de Pharaon (avec tout le luxe et le confort royal) où il était épargné du terrible destin des juifs, Moché a quand même décidé de ressentir leur douleur et de tout sacrifier pour eux.
=> En passant les 120 années de sa vie à vivre pour les autres, Moché a parfaitement rectifié les 120 années que Noa’h a passé à construire l’Arche uniquement absorbé à assurer sa propre survie.

Au moment du Veau d’or, Moché a prouvé toute l’étendue de son dévouement.
En effet, Hachem a alors voulu détruire tout le peuple, et créer une nouvelle nation constituée des descendants de Moché.
Ce dernier avait toutes les raisons d’être furieux contre les juifs. Mais au lieu de cela, il a prié Hachem que s’Il refusait de leur pardonner, Il devrait effacer le nom de Moché de toute la Torah (cf. Chémot 32,32).

Ce don de soi représente la correction ultime de la faute de Noa’h.
[Pour Moché : que vaut le fait que je continue à exister si ce n’est pas le cas des autres juifs! ]

D’ailleurs, le mot : « efface-moi » (mé’héni – מְחֵנִי), contient les mêmes lettres que : »מי נח » (mé Noa’h).

-> Le ‘Hatam Sofer rapporte de façon intéressante que : « מי נח » a la même valeur que : « חמס » (« la terre était pleine de brigandage (חָמָס) » – Noa’h 6,11).

De plus :
– Rachi (Noa’h 6,11) sur : ‘hamass (brigandage – חמס) = vol avec violence ;
– Rachi (Lé’h Lé’ha 16,5) sur : ‘hamachi (mon injure – חֲמָסִי) = car « tu n’as prié que pour toi. C’est pour nous deux que tu aurais dû prier, et alors j’aurais été exaucée avec toi ».
Le ‘Hatam Sofer de dire : par ses prières, Noa’h pourrait empêcher le déluge.

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-> Le Messé’h ‘Hochma fait remarquer d’un côté qu’il faut faire attention que notre temps et énergie consacrés à autrui ne viennent pas nuire à notre croissance et à notre développement personnel.

Mais d’un autre côté, il rapporte un midrach (Béréchit rabba 36,3) qui dit qu’au début Noa’h était vu comme un juste parfait (Noa’h 6,9 – « ich tsadik »), mais le fait de focaliser sa vie que sur lui-même va le transformer en un homme de la terre (Noa’h 9,20 – « ich aadama »).
A l’inverse Moché est décrit au début comme un égyptien en exile (Chémot 2,19 – « ich mitsri »), mais ses efforts pour le peuple juif vont l’élever au sommet de la perfection, lui faisant mériter le titre de : homme de D. (Dévarim 33,1 – « ich aElo’im »).

=> Cela nous apprend que l’on ne perd jamais à faire du ‘hessed à autrui.

[Un bon exemple se situe dans l’éducation de nos enfants. D’un côté, nous devons leur donner beaucoup d’attention, d’amour, …, mais d’un autre côté nos Sages nous disent que cela ne doit pas nous empêcher totalement de nous consacrer à nous-même, à notre étude de la Torah.

Il est aussi important d’avoir en tête les priorités de ‘hessed. En effet, il ne faut pas faire le beau en public, et dans l’intimité de notre foyer ne faire aucun ‘hessed.]

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-> Selon le Sforno : « Noa’h n’a pas enseigné à sa génération à connaître Hachem, comme l’ont fait Avraham, Moché, Chmouël, et encore d’autres. »

-> Rabbi Yossef Shlomo Kahaneman (le « rav de Ponevezh ») raisonnait que s’il n’arrivait pas à sauver la génération précédente, il devait au moins faire le maximum en son pouvoir pour aider à sauver la génération à venir.

-> Nous aurons chacun à répondre à la question suivante : « Est-ce que j’ai fait tout ce que je pouvais afin de sauver mes contemporains du déluge de notre exil? »

[ex : Avons-nous suffisamment prié pour que notre prochain face téchouva?
Est-ce que dans ma vie je me suffis seulement de ma réussite spirituelle, ou bien j’ai envie d’y inclure autrui? ]

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+ Explication du rabbi ‘Haïm Chmoulévitch sur l’attitude de Noa’h :

-> Le Zohar dit que Noa’h a fauté en ne priant pas pour sa génération.
De plus, nos Sages disent : « Quiconque a la possibilité d’implorer la miséricorde divine pour son prochain et ne prie pas, est désigné pécheur » [guémara Béra’hot 12b].

Peut-être que Noa’h n’a pas agit ainsi par humilité, pensant qu’il n’était pas digne de prier Hachem de sauver le monde.
Ceci est de l’humilité mal placée.

On reproche ainsi à Noa’h de ne pas s’être associé à la souffrance et à la douleur d’autrui au regard du drame qui les attendait, et de ne pas avoir supplié D., même s’il pensait que cette prière serait inutile.
Face aux douleurs d’autrui, on ne peut pas rester silencieux, sans réagir vers Hachem [qui peut absolument tout faire].

[adapté de paroles du rabbi ‘Haïm Chmoulévitch – Si’hot Moussar]

[Même face à des réchaïm, on peut souhaiter que tout le mal qui est en eux les quitte facilement laissant éclater leur beauté intérieure … qu’ils se réveillent à une téchouva complète …
Comment rester insensible lorsque l’on croise un juif qui est gravement malade, voir mort spirituellement?
Nous sommes tous des enfants de papa Hachem, comment ne pas être triste à l’idée qu’un des membres de la famille a mal tourné?
Tous les juifs sont liés les uns avec les autres. Lorsque je prie pour le bien être spirituel d’autrui, j’influence son libre arbitre positivement! ]

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-> Le rabbi Yoël de Teitelbaum de Satmar apporte un enseignement similaire sur l’attitude de Noa’h :
Dans la paracha Noa’h (v.6,9), il est écrit d’abord : « Noa’h fut un homme juste », et ensuite (v.7,1), nous lisons que D. a dit à Noa’h : « car c’est toi que J’ai reconnu juste devant Moi parmi cette génération », en omettant de façon flagrante le mot : « parfait ». Quelle est la raison de ce changement de formulation?

Noa’h était effectivement un tsadik parfait, comme en témoigne la Torah. Mais il n’a pas prié pour sauver les gens de sa génération, car dans sa grande humilité, il ne pensait pas que son mérite était suffisamment élevé pour les protéger du désastre imminent.

Selon le Zohar, son incapacité à prier a été considérée comme un défaut dans son caractère parfait. Car, bien que Noa’h fût poussé par l’humilité, il ne se souvint pas que l’humilité ne doit pas nous empêcher de réaliser une bonne action.
En effet, le yétser ara utilise parfois l’humilité comme outil pour vous égarer en vous faisant penser que vous êtes indigne de vous approcher de Hachem.
Mais lorsque vous servez D., vous devez vous imprégnez de fierté, comme il est écrit : « Son cœur grandit dans les voies d’Hachem » (Divré haYamim 17,6).
[la fierté doit nous pousser à réaliser/donner le meilleur de nous-même, à l’inverse du yétser ara qui nous pousse à la retenue, sous couvert d’humilité (« pour qui te prends-tu à vouloir agir ainsi! Calmes-toi, ça suffit largement ce que tu as déjà fait! »).]

Ce concept d’humilité mal placée nous aidera à comprendre le changement de formulation de notre verset.
Avant le Déluge, l’humilité de Noa’h était une qualité recommandable. Par conséquent, il est qualité de tsadik parfait.
A l’inverse, dans la génération du Déluge, l’humilité de Noa’h était considérée comme une défaillance puisqu’il s’est retenu de prier pour ses contemporains. A ce moment, il est décrit simplement comme tsadik.

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-> Le midrach (Béréchit rabba 26,6) nous enseigne que si Noa’h a pu être sauvé du déluge, c’est par le mérite de Moché rabbénou, qui va descendre de lui.

-> « Et Noa’h trouva grâce aux yeux de Hachem. Voici la postérité de Noa’h » (Béréchit/Noa’h 6,8-9).
Selon le midrach (Béréchit rabba 29,5) cela peut se comprendre ainsi : Noa’h a trouvé faveur aux yeux de Hachem [en méritant d’être sauvé du déluge] en raison de sa « postérité », c’est-à-dire par le mérite de ses futurs descendants.

-> « Noa’h était un homme juste, intègre » (נֹחַ אִישׁ צַדִּיק תָּמִים)
Rabbi Naftali Zvi de Ropshitz (Zéra Kodech) fait remarquer que les 1eres lettres ont la même guématria que : Israël (541 – ישראל).
Noa’h, père de toute l’humanité post déluge, englobe toutes les futures générations du peuple juif (bédorotav – « dans ses générations »).

[Il en ressort l’importance d’éduquer au mieux nos enfants selon la Torah, car en se basant sur leur futur, Hachem peut nous accorder des bénédictions dans notre présent, au point même de nous sauver d’une mort certaine grâce à eux!]

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-> Le midrach (Sochèr Tov 37) rapporte que Avraham a demandé à Malki Tsédék (qui est un autre nom de Chem, le fils de Noa’h) : « Comment avez-vous vous et votre père pu survivre au déluge? »
Malki Tsédék lui a répondu : « Par le mérite de la tsédaka ».
Avraham demanda alors : « Il n’y avait aucun pauvre dans l’Arche, comment avez-vous pu y accomplir de la tsédaka? »
Malki Tsédék lui a répondu : « Notre mérite était de faire de la tsédaka aux animaux, en les nourrissant et en prenant soin d’eux pendant une année entière. »

Avraham se dit alors : « Si des actes de bonté aux animaux étaient suffisants pour sauver Noa’h et sa famille, combien plus important doit être la récompense pour faire des actes de bonté à des êtres humains! »
Se basant sur ce constat, Avraham a établi un lieu où les gens pouvaient manger, boire et dormir.

Le midrach démontre que les bonnes actions de Noa’h ont influencé Avraham, qui a fait du ‘hessed en suivant son exemple.
C’est la signification du verset : « Voici la postérité de Noa’h », les bonnes actions de Avraham étaient comme la « descendance » des actions de Noa’h, et il a reçu une récompense sur elles.

[le ‘Hida – Pné David]

=> On voit que le trait de caractère majeur d’Avraham : le ‘hessed, lui est venu de Noa’h.

On peut remarquer à quel point notre exemplarité dans nos actions est un outil fondamental dans l’éducation de nos enfants.
Si Avraham, le 1er de nos Patriarches, a pu faire ce qu’il a fait, c’est grâce à l’attitude de son ancêtre Noa’h dans l’Arche qui s’est donné à 100% pour les autres créatures.
Rachi (v.6,3) transmet l’idée que le plus beau cadeau que l’on puisse faire à sa descendance, ce n’est pas des biens matériels, mais nos actes méritoires!

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-> Rachi (Noa’h 6,9) commente : Dans sa génération : Certains de nos maîtres y voient un éloge : à plus forte raison, s’il avait appartenu à une génération de justes, aurait-il été encore plus juste.
D’autres y voient un blâme : il était un juste dans sa propre génération, mais s’il avait appartenu à celle d’Avraham, il n’aurait compté pour rien.

-> Selon le Ibn Ezra, ce verset nous enseigne que Noa’h était un juste (tsadik) dans toutes les générations dans lesquelles il a pu vivre, dont celle du déluge.
[il a vécu 950 ans]

Le Maharal Diskin écrit que Noa’h avait reçu le titre de « tsadik » (juste) comme Yossef, parce qu’il avait réussi à dominer tous les mauvais penchants pour ne pas être séduit par les influences extérieures.

-> Selon le Tan’houma Yachan, Noa’h était l’égal spirituel d’Avraham.
Noa’h a vécu 58 ans durant la vie d’Avraham, et c’est en allusion dans la valeur du nom de Noa’h (נח) qui est de 58.

-> Le mot : « déluge » (maboul – מבול) a la même guématria que : « sa bonté » (‘hasdo – חסדו).
En réalité, Hachem a fait une grande bonté au monde en amenant le déluge, car en son absence et si les réchaïm de la génération n’étaient pas morts, la sainte nation juive n’aurait jamais pu exister.
En effet, avec l’impureté qui existait avant le déluge, notre Patriarche Avraham n’aurait jamais pu atteindre son niveau de sainteté.
[Rabbi Naftali Zvi de Ropshitz – Zéra Kodech]

[Entre Noa’h et Avraham, chacun doit être jugé selon son époque.
De même, il est important de juger chacun positivement, car nous n’avons pas traverser les mêmes conditions de vie, ni n’avons les mêmes capacités, … ]

-> Le Baal haTanya enseigne :
« Si l’intention du déluge était uniquement de tuer les réchaïm, certainement Hachem aurait pu les détruire d’une autre façon.
L’objectif du déluge était plutôt de purifier le monde de l’impureté de cette génération corrompue.
Les 40 jours de pluie intensive correspondent aux 40 séa (environ 500 litres) nécessaires à un mikvé. (c’est la quantité d’eau minimale d’un mikvé casher).

De plus, nos Sages nous disent que la sainte terre d’Israël n’a pas été touchée par le déluge, et ceci est une preuve supplémentaire que le but du déluge était de purifier spirituellement le restant du monde. »

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+ « Noa’h entra avec ses fils, sa femme, et les épouses de ses fils dans l’Arche, pour se garantir des eaux du déluge » (Noa’h 7,7)

Rachi commente que Noa’h était un homme à la foi vacillante qui parfois croyait, et parfois ne croyait pas que le déluge allait réellement tomber, et n’est entré dans l’Arche que lorsque la pluie l’a forcé à le faire.

=> Comment accepter cela alors que la Torah atteste qu’il « était un juste parfait »?
Pendant 120 ans, il a bâti l’Arche, en obéissant à l’ordre de D., endurant les moqueries et les railleries de ses contemporains. N’y a-t-il pas de meilleure démonstration de foi parfaite que celle-là?

Le Ohév Israël (rabbi Avraham Yéhochoua Heschel d’Apta) de répondre :
Le pouvoir de la foi est tellement puissant qu’une personne qui a une foi parfaite peut transformer ses espoirs en réalité.
La foi est tellement puissante que les choses auxquelles l’on croit avec une foi inébranlable se passeront véritablement.

Noa’h croyait fermement en Hachem, mais il hésitait à croire de façon inconditionnelle que le déluge allait survenir. En effet, il craignait qu’en croyant d’une façon absolue, il serait la cause de ce qui arriverait, faisant de lui l’instrument de la destruction du monde.
Par conséquent, il était dans un dilemme : il croyait en D. et en Son monde, mais il ne voulait pas croire dans la venue du déluge.
[sans y croire totalement, il laissait ainsi toujours la possibilité que le déluge puisse ne pas avoir lieu, suite au changement de comportement de ses contemporains]

=> C’est pourquoi, jusqu’à ce que la montée des eaux lui prouve que le déluge était devenu une réalité, il n’était pas subordonné à sa foi.

Être impacté par son environnement

+ Être impacté par son environnement (paracha Noa’h) :

-> Le Rambam (Hilkhot Déot 6,1) enseigne :
« Il est naturel que le caractère et les actions d’une personne soient influencés par ses amis, ses collègues, et qu’il suive la conduite de la société dans laquelle il vit »

-> Rabbi Yaakov Galinsky de commenter :
« De même qu’une personne perd du poids si elle s’affame, et qu’elle se sent fatiguée si elle ne dort pas suffisamment, on est tous naturellement influencé par l’entourage qui nous entoure ».

=> Il ne faut pas penser que nous sommes plus intelligents que les autres, que nous arriverons à rester indemnes, car c’est une loi de la nature.
De même, que nous avons tous besoin de dormir, de même, nous sommes tous influencés par notre environnement.

 

D’ailleurs, il est intéressant de noter que même les anges sont influencés par le milieu dont lequel ils évoluent.

En voici quelques exemples :
1°/ Le midrach (Pirké déRabbi Eliezer – chap.22) rapporte que les anges ont été mis dans le monde à l’époque de Caïn, et ils ont tellement été attirés par la matérialité, qu’ils en sont venus à commettre les pires abominations.

2°/ Le rav Yaakov Galinsky enseigne que les anges qui sont venus détruire la ville de Sodome, ont développé un certain niveau de matérialité.
En effet, ils ont dit : « nous sommes sur le point de détruire ce lieu » (Béréchit 19,13), comme si c’était, par eux-même, qu’ils possédaient le pouvoir de détruire.

En punition, ils ont été chassés de la présence divine pendant une durée de 138 ans (midrach Béréchit 50,9).

3°/ Au moment de la sortie d’Egypte, il est écrit : « Je traverserai le pays d’Egypte cette nuit-là » (Chémot 12,12).
Nos Sages déduisent que D. a Lui-même frappé les premiers-nés, sans envoyer un ange ou un émissaire pour le faire.

Le Zohar (I,117a) explique que l’impureté de l’Egypte était tellement forte, que même les anges pourraient en être impactés s’ils venaient à y entrer, et c’est pour cela que D. Lui-même devait passer en Egypte afin d’y amener la dernière plaie.

 

D. attend que nous évitions, autant que possible, de se mettre dans des situations de risques spirituels.

Par exemple, nos Sages (guémara Baba Batra 57b) disent que si une personne prend un chemin connu pour ses mauvaises visions, alors qu’il aurait pu prendre un autre chemin, même s’il ferme ses yeux, il est considéré comme un racha.

Il existe un principe : Si une personne, d’elle-même, choisit de se mettre dans une épreuve spirituelle, au-delà de jouer avec le feu, elle est assurée de ne pas avoir d’aide divine.

=> Il est vital de se construire une Arche (un cocon selon les valeurs de notre Torah), afin de survivre à la tempête ambiante, et rester au top!

 

-> « La yéchiva est comme l’arche de Noa’h » (le Steïpler)

-> Les conditions dans l’arche n’étaient pas très confortables.
En effet, dans un espace restreint, il y avait Noa’h et sa famille, tous les animaux purs du monde par couple, la nourriture de tous pour 1 an, une nécessité de les nourrir à toute heure de la journée, la gestion des déchets, …

Et en plus : « l’arche s’est presque brisée, et tout le monde à l’intérieur est devenu inquiet et terrifié pensant qu’ils allaient mourir » (Séfer haYachar).

Pourtant … c’est les seuls qui ont survécu au déluge, et qui ont finalement repeuplé le monde entier.

=> b »h, Choisissons la vie, construisons et vivons dans notre arche sainte, à l’image de Noa’h …