« Tu aimeras Hachem, ton D., de tout cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir » (Vaét’hanan 6,5)

-> Le Rambam écrit (Yessodé Torah 2,1)
« Quand l’homme observe Ses actes et Ses Créations [de Hachem], grandes et merveilleuses, et respecte à travers elle Sa sagesse qui n’a aucune limite, immédiatement Il aime, admire et désire profondément connaître ce grand D., comme le dit le roi David : « mon âme a soif de D., du D. vivant ».

Et quand il contemple ces choses même, immédiatement il recule, tremble et sait qu’il est une toute petite créature dotée d’une faible intelligence devant Celui qui connaît tout, comme le dit le roi David : « Quand je contemple Ton Nom, qui est l’homme pour que Tu T’en souviennes et le fils de l’homme pour que Tu Te penches sur lui? ». »

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+ « Tu aimeras Hachem, ton D., de tout cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir » (Vaét’hanan 6,5)

-> Le Ohr ha’Haïm haKadoch explique que la suite de ce verset concernant la mitsva d’aimer Hachem, nous indique comment parvenir à l’accomplir : « Ces choses que Je t’impose aujourd’hui seront gravées dans ton cœur » = nous parviendrons à aimer D. en introduisant constamment dans notre cœur des choses éveillant notre amour pour Lui.
Par ce biais, notre cœur sera animé d’un profond désir de L’aimer.

[d’où également l’importance de rechercher à constamment exprimer notre gratitude à Hachem, même pour ce qui nous semble le plus normal, car se produisant tous les jours.]

Ainsi, cette mitsva d’aimer D. peut se comprendre :
1°/ en réalité, le cœur de tout juif est empli d’amour pour Hachem, mais il est enfoui en lui.
Il doit donc se travailler pour aspirer à éveiller et révéler cet amour qui réside au fond de lui.

Le Sfat Emet ajoute que du fait que Hachem a ordonné « Tu aimeras », il faut conclure qu’il y a dans la nature de chaque juif la force de pouvoir aimer le Créateur. Il ne faut que réveiller cette force naturelle et la déployer.
C’est en cela que consiste la mitsva : fais les actes nécessaires pour éveiller la force latente d’amour qui est cachée en toi.

2°/ il existe un principe selon lequel Hachem se comporte envers Ses Créatures en leur reflétant leur propre conduite, « mesure pour mesure ».
Ainsi, lorsqu’un homme aspire à éprouver des sentiments d’amour à Son égard, Il le récompense en introduisant dans son cœur de tels sentiments.

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-> Le Malbim demande : Comment est-il possible d’ordonner l’amour, qui dépend du cœur?

Il répond : Hachem a aimé Israël en premier (comme nous le disons : « Qui choisis Son peuple Israël avec amour »), et automatiquement, l’homme a l’habitude d’aimer celui qui l’aime.

[plus nous prenons conscience d’à quel point D. nous comble en permanence d’amour, de bontés, … plus nous ne pouvons qu’en venir à l’aimer davantage, et plus nous ne pouvons que décider d’accomplir davantage Sa volonté d’un cœur entier, d’observer Ses commandements au point d’être prêts à nous sacrifier pour Lui.
Ainsi, observer au maximum la bonté dont Hachem fait preuve à notre égard nous permet de L’aimer : « de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre puissance ».]

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+ « Tu aimeras Hachem ton D. »

=> En quoi consiste le fait d’aimer Hachem ?

Aimer Hachem c’est être heureux et se réjouir de faire ce qui peut être agréable à Ses Yeux. L’amour d’Hachem s’exprime par cette recherche constante et insatiable de Lui faire plaisir.
[Sforno]

« Et vous (véatèm) qui êtes attachés à Hachem, votre D., vous êtes tous aujourd’hui en vie » (Vaét’hanan 4,4)

-> Le rabbi Nathan Shapira explique ainsi ce verset :
Dans la lecture du Shéma, il y a 248 mots, comme le total des membres du corps humain.
L’officiant termine le dernier passage du Shéma par les mots : « Hachem votre D. est vérité » (Hachem Elokénou émét).
Le mot « émét » (vérité) complète le compte de 248, et de cette façon il y a de la vie dans la totalité de nos membres.

=> Ainsi quand on relie/attache le mot « véatèm » (et vous – וְאַתֶּם), qui contient les mêmes lettres que « émét » (אמת), à « Hachem Elokénou » (Hachem votre D.), par là : « vous êtes tous aujourd’hui en vie » = tous les membres de l’homme reçoivent une abondance de vie des cieux.

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-> Dans la guémara (Sota 14a), nos Sages demandent comment il est possible que Hachem ordonne aux juifs de Le suivre, alors qu’Il est un feu dévorant.
Ils répondent que cela signifie qu’il faut s’attacher aux midot de Hachem, s’efforcer de se conduire de la même façon que Lui.
S’il est miséricordieux, toi aussi tu dois être miséricordieux.
S’il est patient et longanime, toi aussi tu dois faire preuve des mêmes qualités.

=> Comment cela est-il possible qu’un homme puisse ressembler à D. dans ses actes, alors que par nature, il est une créature limitée das ses possibilités et dans ses actes?

« Et vous (véatèm) qui êtes attachés à Hachem » = le mot « véatem » (וְאַתֶּם) a les mêmes lettres que « véémet » (וְאמת – et la vérité), et cela suggère que la façon d’accomplir ce qui est écrit : « et vous êtes attachés » passe par l’attachement à la Torah, qui n’est que pure Vérité.

Ainsi, plus on s’attache à la Vérité de la Torah, plus grandit en nous de l’attachement envers le Créateur.
Quand on se donne du mal pour les paroles de la Torah, cela donne la force de s’élever dans ses midot et de s’attacher à celle du Créateur.

=> Lorsque : « Et vous (véatèm) qui êtes attachés à Hachem, votre D. » = par l’attachement à la vérité de la Torah, il en résulte que : « vous êtes tous aujourd’hui en vie », à la fois dans ce monde-ci et de la vie éternelle dans le monde à venir.

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-> Le Rambam (Hilkhot Yessodé haTorah) écrit :
« Il y a 7 Noms Divins (le Tétragramme, …)
Quiconque efface fût-ce une seule lettre de ces 7 Noms subit les coups.
Les lettres qui s’attachent au Nom en le précédant, il est permis de les effacer, mais ce qui s’y attache en le suivant, par exemple le « kaf » de « Eloké’ha » ou le « mém » de « Eloké’hém » ou autres choses semblables, on ne peut pas l’effacer, et elles ont le même statut que les autres lettres du Nom Divin. »

Le Ohr ha’Haïm haKadoch poursuit :
C’est ce qu’on veut dire dans ce verset : « Vous êtes attachés à Hachem » = cela signifie que comme en ce qui concerne le Tétragramme, aucune lettre ne peut s’attacher à la fin du Nom mais seulement au début, par exemple : « léHachem », « kéHachem », …, et que ces lettres n’ont pas de sainteté et qu’il est permis de les effacer, l’attachement des juifs à Hachem n’est pas comparable à celui de ces lettres qui viennent avant, mais à celui des lettres qui viennent après, comme le « mém » de « Eloké’hem », et qui sont aussi saintes que les lettres du Nom Divin proprement dit.

[ => notre attachement avec Hachem est tel qu’il ne peut jamais être rompu!]

« Vous les attacherez en signe sur votre bras et ils seront des totafot entre vos yeux » (Vaét’hanan 6,8)

-> Rabbi Yéhouda Tsadka explique cela ainsi :
Les téfilin du bras font allusion aux baalé batim : les gens qui travaillent et sont essentiellement occupés à ce que fabriquent leurs mains (à leur travail).
Les téfilin de la tête, font allusion aux talmidé ‘hakhamim, qui étudient la Torah, qui s’occupent essentiellement de choses intellectuelles.

=> C’est pourquoi la loi juive (halakha) tranche qu’il est interdit de s’interrompre entre les téfilin du bras et les téfilin de la tête.
C’est une grande et importante allusion au fait que nous devons respecter la proximité entre eux sans aucune séparation : les sages doivent faire profiter les baalé batim de leur Torah, et ces derniers doivent les soutenir par l’argent qu’ils gagnent par le travail de leurs mains, comme Zévouloun et Yissa’har.

« Vous les conserverez et les accomplirez, car c’est votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples » (Vaét’hanan 4,6)

-> Rachi explique : C’est de cette façon [par le calcul du calendrier et la position des étoiles] que vous (les juifs) serez tenus pour sages et intelligents aux yeux des [autres] peuples.

-> Le Steïpler parle de cela dans son ‘Hayé Olam :
Nous constatons que les nations, bien qu’elles aient étudié l’astronomie très en profondeur, ont déjà modifié de nombreuses fois leurs calculs, et au fils du temps il s’est avéré que leurs calculs n’étaient pas exacts.
Alors que nous avons une tradition des Sages de la guémara, qui remonte jusqu’à Moché au mont Sinaï, selon laquelle le temps du calcul entre les mois est de 29 jours, 12 heures et 693 ‘halakim, ce qui est d’une très grande précision.

Ce calcul n’a jamais été infirmé de la plus petite valeur, et c’est une des raisons pour lesquelles les nations du monde ont reconnu que la Torah est vérité, comme il est écrit dans le verset : « car c’est votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples ».

« Tu les écriras sur les montants de ta maison et sur tes portes » (Vaét’hanan 6,9)

-> « Vous toucherez le linteau et les 2 montants (mézouzot – מְּזוּזֹת) avec le sang » (Bo 12,22)

Le Tikouné Zohar (10,25a) fait remarquer que les lettres du mot : mézouzot (les montants d’une porte – מזוזות), permettent de former : « la mort est enlevée » (zaz mavét – זז מות).
En effet, de même que le sang sur les montants (mézouzot) a permis de protéger les juifs de la plaie des premiers-nés, de même, de nos jours, chaque mézouza protège la maison.

-> Nos Sages (Shabbath 32a), affirment que par la faute de la négligence de la mézouza, les enfants peuvent mourir, mais celui qui fait attention à la mézouza, la mort s’en va de chez lui.
[mézouza -> zaz mavét!]

Le Chaar bat Rabim enseigne que c’est pourquoi on écrit à l’extérieur de la mézouza le Nom Cha-daï (שדי), qui est formé des initiales de : « Chomer dirat Israël ».
En effet, quand les forces impures voient ce Nom écrit à l’extérieur de la mézouza, elles s’inclinent et s’enfuient de cette maison.

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-> La guémara (Béra’hot 47b) pose la question : Comment définir un ignorant (am aarets)?
Parmi les 6 avis qui y sont rapportés, il y a celui de Rabbi Nathan, qui est : « Celui qui ne place pas de mézouza à ses portes » (selon Rabbi Nathan).

-> Dans la guémara (Avoda Zara 11), Onkelos répondit à Titus : « En général, le roi se trouve à l’intérieur et ses soldats demeurent à l’extérieur pour le protéger. Par contre, D. agit à l’opposé : les serviteurs sont à l’intérieur et Il les protège de l’extérieur (la mézouza se trouvant en dehors). »

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+ Lorsque nous rentrons dans une pièce, la mézouza nous invite à nous arrêter et à réfléchir au but de notre vie.
En effet :

-> Le Maharal (Tiféret Israël – 22) nous dit que la mézouza a pour objectif de fixer en nous la Torah d’Hachem.

-> Le Rambam (Hilkhot Mézouza 6,13) enseigne que le but de la mézouza est d’amener chaque personne à sortir de son sommeil (spirituel) et de ses erreurs, qui proviennent du fait que l’on se préoccupe de choses vaines.
D’ailleurs, cela est très similaire aux paroles du Rambam sur l’objectif du Shofar (Hilkhot Téchouva 3,4), qui est de : « Réveillez-vous, Réveillez-vous, dormeurs, de votre sommeil ».

=> Ainsi, le passage à proximité d’une mézouza est un moment nous obligeant à sortir de notre routine, à nous arrêter et à réfléchir : Où en suis-je dans ma vie?
En toute honnêteté, quelle est la direction que je souhaite lui donner?

[Il est inscrit sur les mézouzot le Nom Divin : « Sha-daï », qui est l’abréviation de : « Sha-daï Mélé’h Olam » (au Roi majestueux du monde – שדי מלך עולם)
Une mézouza doit nous rappeler cette réalité, à quel point nous sommes dépendants de Lui, à quel point nous avons intérêt à suivre Sa Volonté, …]

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-> Le mot : מזוזות (mézouzot) commence avec un mém (מ) et se termine par un tav (ת).
Ces 2 lettres combinées forment le mot : « mét » (מת), qui signifie : mort.
Les lettres restantes : זוזו ont une guématria totale de : 7+6+7+6 = 26, qui est la valeur du Tétragramme (יהוה).
=> Ainsi, le Nom Divin sépare le mém et le tav = il coupe et détruit la mort (מת).

Il en découle que le mot : « mézouza » nous dit : « Que le visage du roi s’éclaire, c’est un gage de vie » (Michlé 16,15). En étant conscient de la présence de D. à travers la mézouza sur nos portes, nous protégerons nos maisons de la mort et du malheur.
[rabbi Naftali Tsvi Horowitz de Ropshitz – Zéra Kodech]

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-> Le Nom Divin : Sha-daï, qui est inscrit sur la mézouza, est l’acronyme de : « Shomer Daltot Israël » (« Gardien des portes d’Israël »).
La mézouza est fixée sur le linteau de la porte pour indiquer, que quelle que soit la façon dont vous servez D., vous devez sentir que vous êtes seulement à l’entrée, au début.
Votre service de Hachem et votre étude de la Torah doivent toujours être une expérience nouvelle et fraîche, jamais une routine banale.
[rabbi Israël Taub de Modzhitz – dans son Divré Israël (paracha Michpatim)]

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-> Le Méam Loez (Ekev 11,20) cite que la guémara Yérouchalmi qui rapporte l’incident suivant :
Un prince juif a envoyé une pierre précieuse à Rav. En retour, Rav lui a fait parvenir un mézouza.
Le prince fut déçu par ce présent apparemment sans valeur, mais Rav lui répondit : « Vous m’avez envoyé un objet de grande valeur, mais je vous ai envoyé un objet sans prix! Votre présent me contraint à le garder constamment contre les voleurs, tandis que le mien vous protégera éternellement. »
[Sha-daï (Hachem) = « Gardien des portes d’Israël »]

« De peur que tu ne lèves les yeux au Ciel et que tu voies le soleil et la lune … et tu serais tenté de te prosterner devant eux » (Vaét’hanan 4,19)

-> Le Alshich haKadoch demande : Pourquoi la Torah interdit-elle de se prosterner devant les armées célestes?
N’est-ce pas l’honneur du roi que l’on respecte aussi ses serviteurs?

Il répond :
Certes, c’est l’honneur du roi que l’on respecte ses serviteurs, mais son honneur consiste uniquement en cela, et non à ce qu’on oblige le roi lui-même à s’incliner devant l’un de ses serviteurs.
Or, comme à l’intérieur de chaque juif repose une étincelle de la Divinité, il s’ensuit que celui qui se prosterne devant les armées célestes oblige le roi en personne à s’incliner devant son serviteur.

« Car qui est un grand peuple qui a un D. proche de lui » (Vaét’hanan 4,7)

-> Pourquoi est-il dit : « proche » (krovim – קְרֹבִים) sous une forme plurielle?

– Rabbi Yo’hanan a dit : Quand les anges du service se rassemblent devant Hachem pour dire : quand est Roch Hachana? Et quand est Yom Kippour?
Hachem leur répond : « C’est à Moi que vous le demandez? Moi et vous, allons au Tribunal terrestre! »

Il n’est pas écrit : « qui a une nation proche », mais « qui a un D. proche », Lui et toute Sa suite (d’où le pluriel) se rapprochent d’Israël.

– Rabbi Yo’hanan a enseigné : « Hachem a dit : avant que ce peuple devienne le Mien, c’étaient « les fêtes de Hachem », désormais ce sont les fêtes « que vous proclamerez ».
Il ne faut pas lire : « otam » (elles, les fêtes), mais « atèm » (vous), les fêtes sont données entre les mains des juifs pour qu’ils les fixent. »

[midrach Dévarim rabba]