La téchouva = reconnaître sa vraie valeur

+ La téchouva = reconnaître sa vraie valeur :

-> Le mois d'elloul renvoie à la notion d'améliorer notre relation avec Hachem (אֲנִי לְדוֹדִי וְדוֹדִי לִי), mais également avec autrui (אִישׁ לְרֵעֵהוּ, וּמַתָּנוֹת לָאֶבְיֹנִים).
Le mot Téchouva (תשובה) peut se décomposer en : tachouv hé (תשוב ה) = retourne vers D.
Chacune de nos fautes va créer un écran, davantage d'éloignement avec Hachem, et grâce à notre téchouva on retire ces séparations pour revenir à notre état de pureté et de proximité avec papa Hachem.
Mais, nous devons également revenir vers le Hachem qui est en nous, avoir une conscience et une appréciation de notre divinité interne (notre âme = une partie divine ['hélék Elokim mima'al]).
Pendant toute l'année, notre environnement et notre naturalité nous poussent à avoir de la confiance par le biais de moyens extérieurs (j'ai un travail sûr, j'ai de la l'argent, j'ai des honneurs de mes proches/de la société, ...) mais tout cela est éphémère et fluctuant. On oublie que notre vrai être, c'est notre âme qui est en nous.
Ainsi, la téchouva, dont le mois d'Elloul est tout dédié, doit également être un moment où l'on améliore notre relation avec nous-même. Nous devons prendre du temps pour écouter, connaître, valoriser notre âme.

En ce sens, lorsque le roi David dit : "Je mets constamment Hachem devant moi" (shiviti Hachem lénegdi tamid - Téhilim 16,8) :
- certes, il faut avoir conscience de la Grandeur Infinie du Roi des rois, d'à quel point Hachem a connaissance de toutes nos pensées, nos actes, regards, ... d'à quel point Il ressent de la douleur à chacune de nos souffrances, à quel point Il nous aime (peu importe nos actions, juste parce que nous sommes son "fils adoré" [béni bé'hori]), à quel point Il nous observe constamment, qu'Il vient face à face avec nous pendant nos prières, notre étude de la Torah, ...
- mais également, nous devons toujours avoir devant nous la divinité à l'intérieur de nous.
Tout juif doit être conscient et fier de sa valeur interne, et alors agir en accord avec cela.
[yétser ara c'est bien beau ce que tu me présentes, mais tu sais qui je suis intérieurement : une partie divine, un fils du Rois des rois, ... ainsi je ne peux pas me comporter avec bassesse. Etant de la noblesse spirituelle de ce monde, je me dois d'agir avec noblesse!
Ainsi, on doit faire téchouva par amour d'Hachem, mais aussi par ma responsabilité d'agir extérieurement conformément à notre intériorité sublime.]

<--->

-> La première étape de la téchouva, qui illumine immédiatement les ténèbres, consiste pour une personne à revenir à elle-même, à la racine de son âme et à retourner immédiatement à D., à l'âme de toutes les âmes, et étape par étape, elle continuera à progresser et se développer dans la sainteté et la pureté. Cela est vrai pour un individu, une nation entière, pour toute l'humanité et pour la perfection de toute existence.
Ce n'est que par la grande vérité du retour à soi-même que l'individu, la nation, le monde et tous les mondes (toute existence) retourneront à leur Créateur pour être illuminés par la lumière de la vie.
[rav Avraham Its'hak haCohen Kook - Orot haTéchouva 15,10]

-> Le fondement d'une téchouva efficace est vraiment une compréhension et une appréciation claire de la lumière qui est en nous, de nos traits de caractère (midot) positifs, et de notre extraordinaire potentiel de bonté.
Le rav Yérou'ham Lévovitz ( Daat 'Hokhma ouMoussar vol.2 p.55) enseigne :
"Chaque individu doit servir Hachem en s'appuyant sur ses propres forces intellectuelles, d'émotion et de caractère, car les capacités d'une personne représentent un degré de la Présence Divine (hasra'at haShékhina). Une personne doit réaliser que toutes les qualités nécessaires sont déjà en elle.
La capacité de se concentrer sur le développement de ses propres qualités et de se concentrer sur ce qui se trouve à l'intérieur [de soi] est le secret du succès dans le service Divin (avodat Hachem) ...

Il est important pour une personne de connaître ses défauts, afin qu'elle sache ce qu'elle doit changer.
Mais il est encore plus important pour elle de connaître ses qualités et ses forces, afin qu'elle sache tout ce qu'elle peut accomplir."

[on doit faire attention car notre yétser ara nous pousse à voir la nécessité de faire téchouva comme une possibilité de renforcer en nous l'idée que nous ne valons pas beaucoup (regarde combien de fautes tu as fait, comment as-tu pu tomber si bas, en comparaison des tsadikim tu ne dois pas valoir grand chose aux yeux d'Hachem, ...). Au-delà de réduire nos ambitions spirituelles, cela introduit de la tristesse, une forme de désespoir spirituel. On en vient à tuer notre magnifique potentiel en une réalité nettement inférieure.]

-> Le Téhilim que nous disons le plus souvent dans nos prières est le Achré (3 fois par jour), où nous chantons la souveraineté, la puissance et le souci d'Hachem pour toute la Création.
Nous disons : "léodia livné aadam guévourotav, ou'hvod adar malkhouto" (pour informer aux fils de l’homme tes hauts faits et l’éclat glorieux de ton règne - Téhilim 145,12).
Le rav Mordé'haï Lévovitz enseigne que nous devons également comprendre ce Téhilim ainsi : "pour informer (léodia) chaque être humain de "guévourotav" : ses propres forces" = en effet, être informé de nos propres capacités et reconnaître notre potentiel est peut-être encore plus essentiel à notre croissance religieuse que de louer les vertus et les capacités infinies d'Hachem.
[imaginons papa Hachem qui a confiance en nous, nous octroyons des potentialités phénoménales (on a une partie Divine en nous!), et que faisons-nous? On se comporte comme les non-juifs, on ne les utilise que très peu. Est-ce une façon de faire honneur à la confiance infinie ('hemla rabba émounatékha) qu'a Hachem en nous?
"léodia livné aadam guévourotav, ou'hvod adar malkhouto" = ce n'est que lorsque l'être humain a conscience de sa grandeur interne (guévourotav), qu'il peut alors diffuser à l'extérieur dans la réalité l'éclat glorieux de ton règne (ou'hvod adar malkhouto) [par des actions pleines de lumières!]. ]

-> Le rav Shlomo Wolbe (Alé Shour I,169) écrit :
Faire l'expérience de la grandeur de l'homme est le début de chaque service Divin (avoda).
Celui qui ne s'est jamais attardé sur la grandeur de l'homme depuis sa formation, et dont la seule auto-évaluation est d'élargir sa reconnaissance du mal à l'intérieur [de lui] et de s'en réprimander, va conduire à le faire tomber de plus en plus dans le désespoir. A la fin, sans espoir de parvenir à se corriger, il se résignera à accepter le mal.

<--->

-> Notre âme est ardente et riche ;
Le trésor le plus grand et le plus glorieux y est stocké.
Nous sommes remplis de la lumière de la vie (ohr ha'haïm).
De splendides flammes, suffisantes pour remplir le monde entier d'éclat et de lumière, sont cachées à l'intérieur de nous.
[rav Avraham Its'hak haCohen Kook - Orot haKodech 1,1132]

[ainsi notre yétser ara nous met dans une routine où l'on oublie notre vraie "moi" (intériorité), et on oublie que notre but et privilège dans ce monde est de révéler cette lumière (notre néchama), que Hachem a semé en nous par bonté. ]

<--->

-> Une personne doit avoir une émouna en elle-même, qu'elle est précieuse aux yeux d'Hachem, car à la mesure de la magnanimité et de la bonté d'Hachem, de même chaque personne est grande et importance aux yeux d'Hachem".
[rabbi Na'hman de Breslev]

-> Quiconque connaît la sainteté de la nation juive (sa source) et discerne sa spiritualité et son raffinement, sait que le peuple juif est totalement éloigné de la faute ...
Et en fait, quelle est l'origine de la faute? Ce n'est rien d'autre que le manque de conscience de D.
C'est parce que "Un homme ne peut fauter que si un esprit de folie pénètre en lui" (guémara Sota 3a).
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II,73]

No Sages (guémara 'Haguiga 4a) disent : "un fou (choté) est quelqu'un qui perd ce qu'on lui donne"
Ainsi, celui qui faute, c'est à cause d'un esprit de folie, car il a perdu son bien le plus précieux qu'Hachem lui donne : son âme, son identité divine.
[ainsi fauter est en venir à oublier, à ne plus avoir conscience du Hachem qui est en nous (néchama), au point d'en venir à fauter. En effet, quelqu'un qui a à l'esprit la grandeur de son âme, il ne peut pas en venir à agir avec grossièreté, bassesse. Ainsi, la téchouva c'est renforcer la valorisation spirituelle interne de notre être pour ne plus céder au vent de folie.]

-> Le Méïri explique que le mot 'hét (faute) signifie : rater sa cible. Ainsi la téchoua est un processus par lequel nous améliorons et nous nous rapprochons de notre vrai objectif : ce que nous sommes en essence. [pour ne pas passer à côté de notre vie]

Lorsque le roi David était sur son lit de mort, Batchéva vint à lui pour plaider pour que leur fils Shlomo succède à son père comme roi, car sinon "alors Shlomo et moi serons des 'hataïm" (véayiti ani ouvéni 'hataïm - Méla'him I 1,21).
Cette déclaration n'a clairement rien à voir avec la "faute" ('hataïm), mais plutôt comme l'explique Rachi "'hataïm" signifie : "ils seront empêchés d'atteindre leur potentiel, retenus de leur grandeur" ('hassérim ouménou'in min aguédoula).

A Slabodka, l'accent était mis sur la grandeur inhérente de l'homme (gadlout aadam), et le point central de leur apprentissage et de leurs efforts était d'atteindre leur potentiel en tant qu'être humain créé à l'image Divine. [et non descendant d'un animal (le singe), comme l'indique la société environnante.]
De même, le péché ultime est le "katnout ada'at", l'étroitesse d'esprit et l'incapacité à apprécier de la bonne manière son potentiel.
"Un homme ne peut fauter que si un esprit de folie pénètre en lui" (guémara Sotah 3a) = alors que la "katnout ada'at" et la folie (shtout) ne sont pas spécifiquement des fautes, elles sont considérées d'une certaine manière comme bien pires, parce qu'elles sont à la base de toutes les autres fautes.
Pour chacun des péchés que nous avons pu faire, il existe le système de la téchouva, qui nous permet de nettoyer et de repartir de l'avant pour faire de grandes et belles choses, tandis qu'en ayant une "katnout ada'at" on reste dans une vie avec très peu d'ambition spirituelle.

"Reviens Israël jusqu’à Hachem ton D." (chouva Israël ad Hachem - Ochéa 14,2).
Le fait de revenir après avoir "trébuché" nécessite un profond changement dans la perception de soi. Comme l'écrit le Rambam Hilkhot Téchouva 2,4) à propos de quelqu'un qui fait téchouva, c'est comme s'il déclarait : "je suis quelqu'un d'autre, je ne suis pas la même personne qui a fait ces choses".
[d'après rabbi Yéhouda Mischel]

["Reviens Israël jusqu’à Hachem ton D." = la vision non-juive extérieure d'appréhender la vie, notre animalité, notre naturalité de la vie, ... nous pousse à dévier du chemin de la Torah. Ainsi, la téchouva consiste à revenir jusqu'à l'essentiel, jusqu'à Hachem, la partie Divine qui est en nous.
On passe notre vie à droite à gauche, et on oublie de considérer, de prendre soin des trésors spirituels qui sont en nous.
En ce sens, la téchouva ce n'est pas que bouger ses lèvres, c'est : "je ne suis pas la même personne qui a fait ces choses" = la téchouva m'a fait revenir à mon intériorité, à mon essence, à ce que je suis vraiment (une partie d'Hachem, au potentiel et capacités spirituelles illimités).]

<--->

-> "Je rapporte ma faute, je suis inquiet de ma transgression" (ki avoni aguid, éd'ag mé'hatati - Téhilim 38,19).
Rabbi Na'hman de Breslev lit ainsi ce verset : je rapporte ma faute, c'est pourquoi je m'inquiète de ma transgression. Ruminer sur le passé et nos erreurs anciennes est en soi une faute.

-> Rabbi Yérouh'am Lévovitz (Daat 'Hokhmat ouMoussar - vol.2,p.139) observe :
"Les gens deviennent tellement habitués à être malheureux, qu'ils ne sont pas conscients de la misère inutile qu'ils s'infligent. Ils s'emprisonnent en remplissant leur esprit de pensées de ressentiment, de haine, d'envie et de désirs. C'est incroyable de voir comment ils tolèrent de vivre une telle vie. La seule raison pour laquelle ils le tolèrent est qu'ils se sont tellement habitués à vivre avec ces pensées qu'ils pensent que c'est l'image normale de la vie. Ils pensent à tort que c'est impossible pour le vie d'être différent."

-> Rabbi Klonimus Kalman Epstein (Méor vaChéméch - Vayéchev) enseigne :
"Lorsqu'une personne se regarde attentivement, elle peut parfois ressentir qu'elle est plus bas que bas : complètement sans valeur et plein de fautes. Lorsqu'une personne pense de cette manière, elle est susceptible de se sentir déprimée.
Lorsque quelqu'un commence à ressentir une culpabilité aussi excessive, il doit se rendre compte que cela vient de son mauvais penchant et doit immédiatement cesser de se concentrer sur les torts qu'il a commis.
Son obligation à ce moment-là est de penser à des pensées qui l'amèneront à un état de joie."

-> "Et maintenant, Israël, qu’est-ce qu’Hachem te demande si ce n’est que de Le craindre" (véata Israël ma Hachem Elokékha choél méima'h - Ekev 10,12)
Rabbi Barou'h de Mézibou'h interprète ce verset ainsi :"véata" = et maintenant, Israël, vivez comme un juif! Ne vous concentrez pas sur le négatif. En effet, le fait de se focaliser sur ce que l'on a pu faire de mal et comment nous avons pu échouer, peut conduire à des inquiétudes et à une dépression [spirituelles] disproportionnées, qui va saper toute notre vitalité et notre force vitale.
"véata" (וְעַתָּה) signifie ignorer nos fautes passées, nos échecs et notre culpabilité, et embrasser le maintenant, la nouvelle réalité du moment présent, et regarder vers l'avant.
Comme il est dit dans le midrach (rabba Béréchit 21,6) : "וְעַתָּה : "et mainenant" ne désigne rien d'autre que la téchouva."

En ce sens, lorsque Yossef s'est révélé à ses frères perdus depuis longtemps, il s'avait qu'ils ressentiront immédiatement le poids déchirant d'avoir prévu de le tuer et de l'avoir vendu comme esclave.
Par conséquent, Yossef les supplie : "Et maintenant (וְעַתָּה), ne vous affligez point, ne soyez pas irrités contre vous-mêmes de m'avoir vendu pour ce pays ; car c'est pour le salut que le Seigneur m'y a envoyé avant vous" (Vayigach 45,5).
Le rav Yéhouda Mischel note que l'on remarque l'utilisation de וְעַתָּה, lié à la téchouva du moment. Yossef leur fait ainsi comprendre : "Mes frères! Ne vous laissez pas ronger par la culpabilité et la tristesse! Et en revenant vers notre père "ne vous querellez pas en chemin" (Vayigach 45,24).
Veuillez à ne pas vous disputer et vous blâmer les uns les autres ou à vous attarder sur la douleur du passé."
Yossef trace ainsi un chemin de téchouva pour eux, leur apprenant à embrasser la miséricorde, la magnanimité et le pardon, ainsi que la réconciliation et la compassion pour eux-mêmes.

<--->

-> Le Rabbi de Loubavitch parlait ainsi du Rabbi précédent :
"Pour moi mon Rabbi était un géologue de l'âme. Il y a de nombreux trésors enfouis dans la terre (de l'or, l'argent, les diamants), mais si vous ne savez pas où creuser vous ne ferez que heurter des rochers, de la boue et de la terre. Un Rabbi est un géologue de l'âme et peut vous dire ce qu'il faut creuser et vous indiquer où creuser pour le trouver ... mais le creusement réel vous devez le faire vous-même."

-> Pendant des années, chaque dimanche, le Rabbi de Loubavitch recevait des milliers de visiteurs de tous horizons, debout pendant des heures et des heures, juste pour donner à chacun un dollar pour la tsédaka et une bénédiction.
Un dimanche, une femme âgée est venue et a demandé au Rabbi : "Tout ce temps debout sur vos pieds ... comment se fait-il que vous ne vous fatiguez pas?"
Souriant, le Rabbi a répondu : "Quand vous comptez des diamants, vous ne vous fatiguez jamais".

[ceci n'est pas que de belles paroles, c'est la réalité au fond de lui chaque juif a un trésor (une part de divinité dont même les pires fautes ne l'affectent pas. A défaut de voir en tout juif leur trésor comme le Rabbi, faisant au moins de même à notre sujet!)]

-> Les tsadikim louent et honorent les gens pour tous les bons traits.

<--->

-> Le Baal Chem Tov enseigne que nous devons faire une distinction entre ce que l'on fait et ce que nous sommes réellement (notre essence intérieure).
Une faute est un "objet", c'est une déviation du bon chemin qui est un événement extérieur à notre intériorité, et cela ne change pas qui nous sommes.
La négativité est une condition temporaire, ce n'est pas notre identité, notre "je".
[certains Sages s'identifient totalement à leur âme, et disent ainsi : "mon corps a besoin de manger" plutôt que "je mange" ; ... (voir ci-dessous : S’identifier à son âme)
Quelque soit la faute que l'on peut commettre, on n'affectera jamais la partie Divine qui est en nous, et ainsi on aura toujours une importance et un amour auprès de notre papa Hachem. Ainsi, aucun juif ne doit désespérer d'avoir trop peu de valeur, ou bien d'être descendu trop bas, car il conserve cette part d'Hachem (la téchouva pouvant tout réparer, voir transformer en mérites si faite par amour!).]

-> "Même pendant que la faute est commise, l'âme Divine croit toujours dans le D. Unique et lui reste fidèle" (Tanya 24).

-> Un juif a dit un jour au Rabbi de Loubavitch que puisqu'il n'allait pas régulièrement à la synagogue tout au long de l'année, il se sentait comme un hypocrite lorsqu'il allait à la synagogue à Roch Hachana, Kippour.
Le Rabbi a répondu en disant que l'endroit naturel pour un juif est la synagogue, donc "vous n'êtes pas hypocrite quand vous allez à la synagogue pendant les jours redoutables ; c'est le véritable 'vous'. Quand vous n'allez pas à la synagogue le restant de l'année, c'est hypocrite".

<--->

+ S’identifier à son âme

-> Nous avons un corps et une âme mais avec quoi nous identifions-nous ? Voici le véritable révélateur : Suivre son corps est source de jouissance immédiate mais d’amertume dans un second temps. Ecouter son âme peut être au début éprouvant, mais sera au final source d’élévation.

Rav Noa’h Weinberg, pour s’aligner sur son âme, conseillait de parler de son corps à la 3ème personne, comme pour s’en distancer. Par exemple, au lieu de dire “J’ai faim”, disons “mon corps veut s’alimenter.” Au lieu de dire “Je suis fatigué”, disons “mon corps a besoin de repos.”

Si l’on s’identifie à son corps, la séparation entre le corps et l’âme sera plus complexe. C’est un peu à l’image d’une veuve vivant 50 ans avec son mari, puis qui se retrouve seule. Mais si l’on s’identifie à son âme, l’expérience de la mort sera alors moins douloureuse, la séparation entre le corps et l’âme sera comparable à un simple changement de vêtements.

Rav Noa’h Weinberg tenta une fois de convaincre un juif laic de rejoindre Aish ha-Torah. Il lui demanda s’il pensait avoir une âme. Après quelques minutes de réflexion, ce juif laic concéda qu’il en avait probablement une. Rav Noa’h retorqua alors: “Vous vous trompez : vous êtes une âme et vous avez un corps !”
[rav Yéhochoua Alt]

[ainsi, la téchouva c'est un processus où l'on arrive à vraiment s'identifier avec notre âme, et donc avoir une haute estime spirituelle de soi, qui restera toujours intacte et qui nous poussera à nous sublimer! ]

<--->

-> "l'amour couvre toutes les fautes" (Michlé 10,12)
Lorsque nous améliorons nos actions et nous nous engageons dans la téchouva, Hachem annule et couvre nos fautes avec amour.

-> "Si tu crois que tu peux détruire, crois que tu peux rectifier"
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II, 112]
[lorsque notre yétser ara cherche à nous briser le moral en affirmant que nous détruisons le monde par nos fautes, il faut lui répondre que son employeur (Hachem) nous permet de tout rectifier par la téchouva, alors nous n'avons aucune raison de s'attrister, de désespérer (rien n'est perdu, tant qu'il y a de la vie je peux m'améliorer et faire de grandes choses!).]

-> Rabbi Sim'ha Bounim de Peshicha enseigne qu'il est compréhensible que les gens fassent des fautes, après tout nous sommes des êtres humains et nous sommes tous soumis aux diverses tentations qui nous entourent. Ce qui est bien pire que n'importe quelle faute, ce qui est presque impardonnable, c'est qu'Hachem nous donne la possibilité de faire téchouva à tout moment, et nous ne profitons pas de ces opportunités constantes pour réparer notre relation avec Lui.
Rabbi Sim'ha Bounim de Peshicha dit : "dans le Beit Din du Ciel (chel maala), on ne nous demandera pas pourquoi nous avons commis des erreurs et fait des fautes, car c'est ainsi que Hachem a créé le monde. Nous serons plutôt tenus responsables de la raison pour laquelle nous n'avons pas fait téchouva, et réparé ce que nous avions cassé."

<--->

-> "Si les choses ne vont pas bien pour une personne, elle doit savoir qu'elle a une certaine arrogance" (rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II,82).
La téchouva demande que nous vidions tout ce qui est extérieur, pour nous focaliser sur notre intériorité, sur la Vérité d'Hachem en nous.
[cela implique reconnaître que nous avons des potentialités Divines, mais également que nous ne pouvons pas vivre une seule seconde sans la bonté de D.
Notre "égo" (moi je) fait fait écran avec notre véritable être (l'âme - partie Hachem).]

-> Grande est la téchouva puisqu'elle a précédé la création du monde.
[midrach Téhilim 90]

<-------------->

-> b'h, voir également : Reconnaître sa valeur propre : http://todahm.com/2021/09/10/reconnaitre-sa-valeur-propre

La téchouva révèle la sublime intériorité de tout juif

+ La téchouva révèle la sublime intériorité de tout juif (d'après le rabbi Dovid Hofstedter) :

-> Le Néfech ha'Haim (1,18-20) enseigne que l'âme de chaque juif est composé de plusieurs partie.
La partie la plus basse de l'âme, le néfech, est liée à celle qui se trouve au-dessus d'elle, appelée le roua'h, elle-même est liée à la néchama, le niveau le plus élevé de l'âme.
La néchama est définie comme une part de l'Essence même de D.

En fautant, l'homme cause des imperfections à son néfech et à son roua'h, mais n'endommage pas sa néchama. La néchama existe à un tel niveau que la souillure du péché ne peut pas l'endommager. Elle sera toujours attachée à D. et c'est par l'influence de sa néchama que l'homme peut faire techouva, rectifier le dommage spirituel qu'ont causé ses fautes et infuser les parties inférieures endommagées d'une sainteté renouvelée.

Chaque juif est donc, au plus profond de son être, attaché à D. par un lien indestructible, un lien qui ne pourra jamais être rompu quelle que soit la distance créée par ses fautes.
Même un fauteur plongé dans l'impureté, que ses fautes ont éloigné de son Père céleste, garde un noyau pur qui reste attaché à D. Il pourra toujours utiliser ce lien pour renouveler son attachement à son Créateur et réparer le mal causé par ses transgressions.

=> Tel est le sens sous-jacent de la téchouva. Se repentir, c'est renouer sa relation avec D. en puisant à la partie la plus intérieure de l'âme humaine, la part de l'Essence divine qui réside en chacun de nous sans jamais se souiller par la faute, et l'utiliser pour réveiller notre désir naturel d'accomplir la volonté divine.
Lorsqu'un homme réussit à renforcer cette partie de lui-même pour qu'elle s'élève au-dessus des contingences insignifiantes du monde matériel, tous les obstacles s'effacent devant le repentir et le progrès spirituel.

<--->

-> "Car cette chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur pour l'accomplir" (Nitsavim 30,14)

=> Comment la Torah peut-elle dire que la téchouva, qui consiste à peiner pour changer des habitudes ancrées, est très proche de nous?

-> Cette question part d'un postulat erroné. Le repentir ne consiste pas à changer sa nature, mais à œuvrer pour dévoiler son essence véritable. Quelles que soient les habitudes qu'un fauteur a prises, elles restent extérieures à lui. Le but de la téchouva est de découvrir le réel désir du bien qui se trouve dans le cœur de l'homme.
Comme le disent nos Sages (guémara Béra'hot 17a) : "Notre volonté est de faire Ta volonté. Qu'est-ce qui nous en empêche? Le levain dans la pâte [c'est-à-dire le yétser ara - selon Rachi] et la domination des gouvernements [étrangers]."
[de même, le Rambam (Hilkhot Guérouchin 2,20) dit quechaque membre du peuple juif "désire accomplir toutes les mitsvot et éviter le péché" et c'est seulement le mauvais penchant qui l'empêche de le faire. Par conséquent, Rambam tranche que lorsqu'un homme est forcé d'obéir aux lois de la Torah, on considère qu'il le fait de plein gré. ]

=> les seules choses qui empêchent un juif de servir convenablement D. sont les influences extérieures, car profondément, chaque juif ne désire rien d'autre que de faire la volonté de D.

<--->

-> Sur cette notion que la faute est extérieure au peuple juif, le Maharal (Guévourot Hachem, ch.8) écrit :
"Le peuple juif a un prestige particulier, car l'élévation spéciale du peuple juif réside dans le fait qu'ils sont totalement dissociés de toute conduite honteuse. Lorsqu'ils fautent c'est par hasard, et ce qui est le produit du hasard peut être enlevé. Il ne serait donc pas juste de détruire le peuple juif à cause de ses fautes car ils sont intrinsèquement purs et la faute ne fait pas partie intégrante d'eux.
C'est quelque chose qui s'est produit par hasard et un fait du hasard ne supprime pas l'essence des juifs."

Ainsi, dans ce passage, le Maharal indique que, lorsque le peuple juif faute, ses transgressions ne font pas partie intégrante de sa nature ; il arrive qu'il se trompe. Comme la relation proche avec D. fait partie de l'essence de l'âme juive qui émane de sous le Trône de Gloire, lorsqu'un Juif faute, sa transgression ne provient pas de son vrai moi ; c'est un fait arbitraire, extérieur à sa personnalité.

<--->

-> "Grand est la téchouva car elle atteint atteint le Trône de Gloire" (guémara Yoma 86a)
Les âmes du peuple juif émanent de l'essence de D. et sont gravées sous Son Trône de gloire.
Le repentir étant un processus de renouveau de l'âme et un retour à son abnégation envers D., il "atteint le Trône de Gloire", le lieu d'origine de l'âme.

[Le verset "ki 'hélek Hachem amo" (Haazinou 32,9) peut être traduit par : "le peuple de D. est une part de Lui-même (Hachem)".
Le Or Ha'haim (Nitsavim 29,19) écrit : "Sache que les âmes du peuple juif ont leur racine dans la sainteté sous les cieux, comme dans le sens mystique du verset : "Les cieux sont Mon Trône" (Yéchayahou 66,1) et leurs âmes sont gravées de sous le Trône de Gloire."

Selon le midrach Hanéélam (Vavéra 113a) : "Le Trône de Gloire ... existait avant tout et D. prit du Trône de Gloire la néchama pure pour éclairer le corps (du juif)." ]

<--->

-> "Sept choses furent crées avant la création du monde : la Torah, le repentir (téchouva), le Gan Eden, le Guéhinam, le Trône de Gloire, le Temple et le nom du Machia'h" (guémara Nédarim 39b).
Le Tsela'h (guémara Pessa'him 54a) explique : chaque acte de l'homme a un impact qui atteint les plus hautes sphères célestes. Comme les fautes de l'homme peuvent causer des dommages dans les domaines spirituels, D. a agencé ces sphères de telle sorte qu'elles peuvent être réparées par le repentir.
Voilà pourquoi le repentir a précédé la création du monde.

La téchouva a été créée avant le monde, car la techouva est le retour d'un homme à sa vraie essence et le réveil de son désir inhérent de servir Hachem. La capacité de retrouver l'accès à la sainteté au cœur de l'âme juive est tramée dans le tissu même de la création.
La téchouva devait donc exister avant la création du monde afin que ce potentiel reste présent en chaque juif à travers tous les événements de l'Histoire.

Téchouva & l’importance de l’étude de la Torah

+ Téchouva & l'importance de l'étude de la Torah :

-> "Si un homme commet une transgression, il mérite la peine de mort par intervention céleste. Que peut-il faire pour vivre?
S'il avait l'habitude d'étudier une page [de Houmach], qu'il en étudie deux. S'il avait l'habitude d'étudier un chapitre [de michnayot], qu'il en étudie deux" (midrach Vayikra rabba 25,1).

=> C'est à priori étonnant! En effet, on se serait attendu à ce que le midrach recommande au fauteur de se repentir pour échapper à la punition, mais non qu'il accroisse son étude de Torah!
Pourquoi le fait d'étudier plus qu'à son habitude neutralise-t-il les effets d'une faute grave et annule-t-il la peine de mort céleste?

-> "Hachem nous a donné un seul véhicule, d'un niveau supérieur à tous les autres moyens par lesquels un être humain peut se rapprocher de Lui : l'étude de la Torah"
[Ram'hal - Dére'h Hachem 1,47]

-> "L'intention de D. a toujours été que nous nous plongions dans l'étude de la Torah afin d'imprégner notre âme de la force spirituelle et de la sainteté de la Source de la Torah. Ainsi, Hachem a donné en cadeau aux juifs la Torah de vérité à ne jamais oublier, afin que notre âme, et notre corps avec ses 248 organes et ses 365 tendons, s'attachent aux 248 commandements positifs et aux 365 commandements négatifs de la Torah.
Si [les juifs] étudiaient la Torah dans cette intention, ils deviendraient le char et le sanctuaire de Sa Chékhina (Présence Divine), car la Chékhina résiderait réellement parmi eux. Ils deviendraient le sanctuaire de D., la Chékbina choisirait de résider parmi eux, et la terre entière serait illuminée par Sa gloire. Cela lierait le Tribunal d'en haut avec le tribunal d'en bas, et le Michkan serait un."
[Ba'h - Ora'h 'Haim 47]

-> Hachem déclare : "Si seulement [les Bné Israël] M'avaient abandonné mais avaient gardé Ma Torah, car s'ils l'étudiaient, la lumière qui est en elle les aurait ramenés au bien".
[Eikha Rabba - pessi'hta 2]

-> En ce sens le 'Hayé Adam (143) dit que pendant les Assérèt Yémé Techouva (les 10 Jours de Repentir de Roch Hachana à Yom Kippour), il faut étudier la Torah davantage que d'habitude. La meilleure façon de se rapprocher de D. et de se repentir sincèrement est de développer la persévérance dans l'étude.

-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) écrit :
[Parfois] un homme est si profondément enraciné dans la faute qu'il est incapable de se repentir ...
Le midrach (ci-dessus) conseille à cet homme d'étudier la Torah, car elle crée le plus haut niveau de proximité avec D. qu'un être humain puisse atteindre. Cette proximité le protégera à l'avenir des attraits de la faute et expiera ses transgressions passées.
[le rav Eliyachiv disait que sans étude de la Torah, la téchouva n'est pas durable.]

Cela explique pourquoi le midrach conseille au fauteur de se concentrer sur l'étude de la Torah.
L'étude de la Torah est la clé de la techouva : plus un homme étudie, plus il tisse un lien avec D., pour ainsi dire. C'est pourquoi le yétser ara fait de grands efforts pour dissuader l'homme d'étudier la Torah. Sachant que, s'il étudie davantage, il sera capable de faire une vraie techouva, le yétsèr ara cherche à le convaincre qu'il est trop occupé à faire téchouva pour avoir le temps d'étudier la Torah. Il contrarie ainsi ses efforts de repentir.
[...]

Plus un homme se consacre à l'étude, plus il prend des forces pour résister aux tentations du yetser ara.

On peut citer :
-> "Le yétser ara n'a pas de force en présence de la Torah. Le yétser ara ne peut ni dominer ni même porter atteinte à un homme qui porte la Torah en son cœur" (midrach Téhilim 119,7).
-> "Etudie la Torah et tu apprendras comment suivre la bonne voie et vaincre le mauvais penchant" (Rachi - Hochéa 10,12) .
-> "Le mauvais penchant ressemble à une barre de fer qu'on a jetée dans le feu : tant qu'elle est dans le feu, on peut en faire l'ustensile qu'on désire. Il en est de même du yétsèr ara : il ne peut être vaincu que par la Torah, comparée au feu" (Avot déRabbi Nathan 16).
-> "Lorsqu'un homme met les paroles de la Torah sur son cœur, elles le débarrassent de nombreuses pensées [étrangères] ... les pensées suscitées par le yétsèr ara" (Avot déRabbi Nathan 20).
-> "Mon fils! Si ce malpropre [le mauvais penchant] se porte à ta rencontre, tire-le à la maison d’étude (beit hamidrach) ; s’il est comme une pierre, il s’effritera ; s’il est comme du fer, il se brisera en éclats!" (un tana de l’école de Rabbi Yichmaël - guémara Soucca 52b)
-> "Hachema créé le yétser ara, il a créé son antidote : l’étude de la Torah" (guémara Kidouchin 30b).
Selon le 'Hafets ‘Haïm, l’étude de la Torah est notre meilleure arme et armure dans la bataille contre notre yétser ara.

-> Le Méiri (guémara Yoma 35b) dit à propos de la négligence de l'étude de la Torah :
"L'homme doit toujours étudier assidument la Torah et avoir le désir de l'étudier. Il ne doit pas chercher d'excuses sous prétexte qu'il est riche et doit poursuivre ses affaires, ou qu'il est pauvre et doit chercher un gagne-pain. Il doit tout mettre à sa juste place... ainsi aura-t-il toujours le libre arbitre et la faculté de dompter et d'améliorer ses désirs naturels."

<------------->

+ Bonus : notion de bitoul Torah :

Pour avoir conscience de l'importance de la Torah, il faut avoir en tête la gravité de ne pas l'étudier alors qu'on pourrait le faire (le bitoul Torah) :
-> la négligence de la Torah est la première faute pour laquelle l'homme est jugé (guémara Sanhédrin 7a).
-> nos Sages (guémara 'Haguiga 5b) disent : "chaque jour, Hachem pleure sur ceux qui peuvent étudier la Torah, mais ne l’étudient pas".
Le rav Yaakov Galinsky commente : "Nous faisons pleurer D., et nous continuons notre chemin comme si de rien n’était!"
[le Kokhvé Or (maamar 44) fait remarquer qu'après notre mort, le bitoul Torah sera considéré comme une faute plus grave que les autres. (si l'on peut dire, une raison est pour la douleur que nous avons causée à Hachem. Mais également pour tout le bien que notre étude de Torah aurait pu amener au monde, et qu'on a pas fait (ex: tel juif aurait pu guérir, tel juif aurait pu faire téchouva, ...))]

-> également sur le bitoul Torah : http://todahm.com/2022/09/20/le-bitoul-torah-la-destruction-du-temple
-> mais aussi : http://todahm.com/2021/09/10/negliger-letude-de-la-torah-2
-> http://todahm.com/2019/07/08/negliger-letude-de-la-torah
-> http://todahm.com/2020/07/21/14294-2

Le Shofar = un pouvoir d’unir les juifs ensemble

+ Le Shofar = un pouvoir d'unir les juifs ensemble :

-> Dans un des versets que nous récitons dans la bénédiction des Chofarot , il est écrit : "Hachem monta avec la téroua, D., avec le son du chofar" (Tehilim 47,6).
Le Radak explique que par le son du chofar, Hachem "monte", si l'on peut dire, au-dessus du monde entier.

-> Rabbi Dovid Hofstedter ajoute :
Quand D. monte, Sa royauté est affirmée.
Le chofar a la capacité d'unifier le peuple juif en un seul élément. Lorsque les Bné Israël atteindront cette situation, le règne de D. sur le monde sera révélé.
[Ceci est indiqué par la fin du midrach (Vayikra rabba 30,12) comparant les différents éléments du peuple juif aux 4 espèces qu'on prend à Souccot. Après avoir expliqué cette analogie, le midrach termine : "Hachem dit : qu'ils soient tous attachés ensemble dans une même gerbe et ils feront expiation l'un pour l'autre. Lorsque vous faites ainsi, Je suis élevé. Tel est le sens du verset : "Qui bâtit Ses élévations dans les cieux" (Amos 9,6). Quand est-Il élevé? Lorsqu'ils [les Bné Israël] deviennent une seule agouda [unité], comme poursuit le verset : "Il a fondé Son agouda (groupe] sur
terre"."
Nous voyons donc que c'est dans l'unité du peuple juif que D. "s'élève". ]

Le son du chofar imprègne le cœur de l'homme de crainte et de tremblement ; il l'éveille de la torpeur complaisante propre à la condition humaine. Outre les effets positifs inhérents à cet éveil, le chofar a l'avantage supplémentaire d'encourager l'unité dans le peuple juif. La discorde provient généralement de la tendance de l'homme à s'intéresser à ses désirs personnels et à naturellement hésiter à mettre ses intérêts de côté pour satisfaire les désirs de l'autre.
Le son du chofar, qui suscite la crainte de D., fait négliger les désirs personnels et se concentrer sur la volonté divine. Servir Hachem de tout cœur est le but commun qui unit les Bné Israël en un seul groupe. Et lorsque le peuple juif est ainsi uni, D. est "élevé", si l'on peut s'exprimer ainsi, car Sa suprématie et Son règne se révèlent.

<--->

-> "Le son continu du chofar fait allusion à l'unité. Lorsque [les Bné Israël) se rassemblent. A ce moment-là, Hachem exerce Son attribut de miséricorde envers eux."
[Olelot Efraïm - maamar 213]

-> L'exemple du chofar sonné au don de la Torah ("le son du chofar était très fort' - Yitro 19,16) :
Lorsque la Torah fut donnée au mont Sinaï, le son du chofar acheva le processus d'unification du peuple juif. Nos Sages enseignent que la Torah fut donnée aux Bné Israël par le mérite de l'unité
absolue qui régnait entre eux.
[voir Yitro 19,2 : "le peupel campa près de la montagne" = tous étaient unis avec un seul coeur.
De même, la Massékhèt Dérèkh Erèts Zouta (Shalom) enseigne : "Hachem dit : 'Comme les Bné Israël ont méprisé la discorde, aimé la paix, et sont devenus un seul camp, Je vais à présent leur donner Ma Torah". ]

La Torah souligne que, lorsque le chofar retentit [au mont Sinaï], le peuple entier trembla. Les sons du chofar affectèrent tout le peuple juif de la même façon et il paracheva la transformation d'une collection d'individus en une seule entité.

Les sonneries du chofar à Roch Hachana poursuivent 2 buts : d'une part instiller la crainte et d'autre part, faire trouver grâce aux Yeux d'Hachem. Ces 2 idées sont, en réalité, liées : en évoquant la crainte et le tremblement, le chofar éveille les Bné Israël au repentir. C'est alors qu'ils se rassemblent pour former un seul groupe uni, de ce fait, D. les considère avec faveur.

-> L'exemple du chofar de la guéoula finale ("ce sera ce jour-là, on sonnera un grand chofar" - Yéchayahou 27,13) :
Les trompettes ('hatsotsrot) qu'on sonnait pour rassembler le peuple et le grand chofar qui sera sonné pour annoncer la Rédemption finale ont la même fonction. Dans les 2 cas, les sonneries n'ont pas simplement pour but de rassembler le peuple physiquement en un même lieu, au Ohel Moèd ou à Jérusalem. Leur but essentiel est de créer un sentiment d'unité et d'harmonie dans le cœur des juifs.
Lorsque les juifs parviennent à une coexistence harmonieuse, ils éveillent la miséricorde divine et bénéficient de Sa délivrance.

-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) ajoute :
La façon dont le chofar et les trompettes étaient fabriqués renferme une allusion à cette idée.
Le peuple juif reçut l'ordre de fabriquer les trompettes à partir d'une seule pièce de métal et non au moyen de pièces rapportées ("tu façonneras d'une seule pièce" - Béaaloté'ha 10,2).
La guémara (Roch Hachana 26a) enseigne qu'il en est ainsi du chofar : on ne fait pas de chofar à partir d'une corne de vache car elle est formée de nombreuses couches. Un chofar à plusieurs couches semblerait être fait de plusieurs chofarot, alors que la Torah demande qu'on sonne d'"un seul chofar".
... On comprendra le sens de cette obligation : si on sonnait du chofar et des trompettes pour encourager l'unité dans le peuple juif, il est donc logique de confectionner le chofar et les trompettes d'une façon qui symbolise l'union.

Cela nous permet de gagner une perspective importante sur la bonne approche pour encourager l'unité entre nous et nos frères juifs. Pour que notre peuple soit vraiment uni "comme un seul homme avec un seul cœur" et ne soit pas tourmenté par la discorde et la division, il est important que chaque personne tourne son regard vers soi, s'introspecte et fasse un compte-rendu honnête de ses actes et de ses carences. Lorsque chacun de nous se concentrera sur son amélioration pour devenir un vrai serviteur de D., nous serons tous unis par cette noble intention et mériterons tous ensemble d'être jugés favorablement par le Maître du monde.

Le Shofar = un appel à s’améliorer

+ Le Shofar = un appel à s'améliorer :

-> "Sonnez du chofar du [début du] mois quand [la lune] est couverte, le jour de notre
fête" (Téhilim 81,4).
Nos Sages (midrach Vayikra rabba 29,6) commentent : "Rabbi Berékhia commença ainsi [son discours] : 'Sonnez du chofar au [début du] mois (ba'hodèch)' ... Ce mois, vous renouvellerez [té'hadchou, de la même racine que 'hodèch] vos actes. 'Du chofar' : ce mois-ci, vous améliorerez [téchapérou, même racine que chofar) vos actes."

-> De même, le Rambam (Hilkhot Téchouva 3,4) enseigne que le son du chofar a pour but de secouer l'homme pour qu'il s'améliore : "Bien que la sonnerie du chofar à Roch Hachana soit une guézérat hakatouv, un décret (insondable] de la Torah, elle contient cette allusion : Réveillez-vous de votre sommeil, vous qui êtes endormis! Et vous qui dormez, éveillez-vous de votre assoupissement. Examinez vos actes et repentez-vous, et souvenez-vous de votre Créateur ... Observez votre âme et améliorez vos voies et vos actes. Que chacun de vous quitte ses mauvaises voies et ses pensées qui ne sont pas bonnes!'".

=> le chofar de Roch Hachana a pour but de briser notre suffisance et de nous faire ressentir l'appréhension du jugement divin et l'urgence de se repentir.

Sonner le Shofar = une prière très puissante

+ Sonner le Shofar = une prière très puissante :

-> Le rav Its'hak Zeev Soloveitchik (le rav de Brisk) explique qu'en plus de la mitsva accomplie en sonnant du chofar, cet acte a une autre dimension : il est considéré comme une forme unique de prière. Comme preuve, le rav de Brisk cite la fin de la bénédiction de Chofarot, la 3e des bénédictions intermédiaires du Moussaf de Roch Hachana : "Car Tu écoutes le son du chofar et prête l'oreille à la téroua". Hachem "écoute" et "prête l'oreille", ce qui indique que la mitsva ne consiste pas seulement à écouter le son du chofar, mais que le son du chofar constitue une supplication.

Le gémissement émis par le chofar exprime les pensées et les sentiments intimes de l'homme sans être limités par le verbe. Sonner du chofar est essentiellement une forme d'appel à D., l'expression d'un désir profond de se rapprocher de Lui.
C'est un cri jailli du cœur, un déversement d'émotion si profond et si puissant qu'il ne peut pas être exprimé en mots. Le Yerouchalmi (Taanit 2,1) compare le son du chofar aux hurlements d'un animal qui pleure, comparaison basée sur le fait qu'un animal ne peut pas verbaliser ses sentiments et sa souffrance.
Le son du chofar est donc une forme de la prière appelée tséaka (un cri), que le Zohar (Chémot 19b-20a) identifie comme "la plus grande de toutes [les formes de prière) car elle vient du cœur."
[selon le rabbi Dovid Hofstedter, ceci explique peut-être pourquoi le chofar a la force de briser les barrières créées par les accusations du Satan et de rappeler favorablement le peuple juif devant D. En effet contrairement aux autres, la "prière" exprimée par le son du chofar jaillit directement du cour et de l'âme du juif sans être véhiculée par les organes malheureusement souillés par des paroles indignes. ]

-> Le Kédouchat Lévi explique ce concept par une analogie :
"Lorsque les serviteurs fidèles du roi viennent lui présenter leurs requêtes, ils sont inquiets de parler devant le roi grand et puissant. Ils craignent de ne pas s'exprimer convenablement, ce qui donnerait au procureur des raisons de les incriminer. Ils se contentent donc de faire allusion à ce qu'ils désirent et le roi leur accorde leurs souhaits.
De même, à Roch Hachana, en proie à une grande frayeur, le peuple juif comparait devant le Créateur. Nous avons peur de parler devant Lui de crainte de mal nous exprimer et de donner à l'accusateur un prétexte pour médire de nous. Nous crions donc sans verbe, c'est-à-dire par le son du chofar, un son sans mots, un grand cri venant du fond du cœur. Le Créateur, qui sonde le cour et connait tout ce qui est caché, exauce favorablement nos requêtes."

-> Le Chem miChmouel (Hélèk Hamoadim - Roch Hachana 5676) nous donne l'explication suivante :
"La prière fait descendre la bénédiction divine; sa force d'attirer [cette bénédiction] est limitée. Une prière verbale provient du cœur et est articulée par les 5 organes de la parole. L'essence du cœur est presque spirituelle, mais cette spiritualité est voilée dans les organes de la parole, qui sont physiques, si bien que c'est une chose spirituelle cachée dans un vêtement physique. Par conséquent, elle produit d'en Haut une réponse semblable : une réponse spirituelle voilée dans le physique. Mais la prière n'a pas la force d'invoquer du ciel quelque chose de spirituel sans une enveloppe physique, car cela la dépasse.
Or le chofar est le souffle qui émerge du plus profond du cœur sans être revêtu des 5 organes de la parole. Le chofar ne fait pas partie du son et ne s'unit pas au souffle du cour comme les 5 organes de la parole, qui font partie de l'homme.
Le chofar étant séparé de l'homme, le souffle est considéré comme existant de lui-même, dans sa spiritualité, sans être caché dans le physique. C'est pourquoi la force du chofar est plus grande que celle de la prière."

-> Ailleurs, le Chem miChmouel (Roch Hachana 5671) dit de même :
"Le chofar change l'Attribut de jugement en Attribut de miséricorde si bien que l'homme possède 2 sortes de forces, l'une dans ses moyens [naturels] et l'autre au-delà.
La prière est [formulée] par les organes de la parole. Comme la force de ces organes est limitée, elle ne peut pas susciter de miséricorde illimitée parce que l'essence du din (justice/rigueur) est la limitation.
Mais la force qui transcende les moyens naturels [de l'homme] étant illimitée, elle peut susciter une miséricorde illimitée.
Tel est le pouvoir reposant dans les profondeurs du cour de l'homme qui ne peur pas être concrétisé par la parole. Comme le dit le verset : "Leur coeur cria à D" (Eikha 2,18) = le cœur lui-même 'criait' sans pouvoir verbaliser, et ce cri a suscité une abondante miséricorde.
Ainsi, le chofar est une voix intérieure, dépourvu des organes qui produisent la parole, qui peut transformer l'attribut de jugement en miséricorde."

<---->

-> Le cri non verbal produit par le chofar rappelle le lien d'amour qui unit D. et le peuple juif. La lamentation du chofar ressemble au cri d'un enfant en détresse appelant son père.
Un enfant n'a pas besoin d'expliquer à son père à quel point il a besoin de son aide. Il lui suffit d'entendre les cris d'angoisse de son fils pour que son amour et sa pitié s'éveillent et qu'il court à son secours.
[rabbi Dovid Hofstedter]

-> La guémara Yérouchalmi (Taanit 2,1) écrit : "Pourquoi sonnons-nous de la corne? Pour dire : 'Considère que nous bêlons comme des animaux devant Toi'."
Le son du chofar représente l'appel à la délivrance divine d'êtres humains n'avant pas prouvé qu'ils méritaient cette délivrance, de même qu'un animal bêle pour demander à D. sa nourriture bien qu'il n'ait rien fait pour le mériter, comme il est écrit : "Les lions rugissent après leur proie et demandent à D. leur nourriture" (Téhilim 104,21).

Le Shofar = dévoiler et réveiller l’intériorité du juif

+++ Le Shofar = dévoiler et réveiller l'intériorité du juif :

+ "Hachem dit : 'Soufflez devant Moi dans la corne d'un bélier afin que Je Me souvienne en votre faveur de la ligature de Its'hak, fils d'Avraham, et Je le considérerai comme si vous vous étiez ligotés [en sacrifice] devant Moi". [guémara Roch Hachana 16a]

=> Pourquoi sommes-nous considérés comme nous étant sacrifiés devant D. en évoquant simplement la Akédat Its'hak par le chofar?

-> "La principale fonction du chofar est de révéler la pénimiout d'une personne (son essence, son intériorité)."
[Ram'hal - Adir Bamarom Vol. I - Tanya amar Rabbi Chimon' ]

-> "La raison de [la mitsva du] chofar est que c'est une voix de l'intérieur qui sort du cœur ... [et donc] éveille l'essence intime de l'homme, qui est le début de l'existence".
[Chem miChmouel - Roch Hachana 5673]

-> Rabbi Dovid Hofstedter écrit :
La pénimiout du peuple juif, le trait fondamental qui décrit l'essence profonde du juif, est l'empressement à tout faire pour l'honneur de D., jusqu'à livrer sa vie.
Au plus profond de lui, chaque juif, même celui qui a fauté, ne désire que faire la volonté divine.

Le Rambam enseigne cette idée dans la halakha suivante (Hilkhot Guérouchin 2.20) :
"[A propos de celui] que la halakha force à divorcer et qui ne désire pas donner l'acte de divorce, un tribunal juif à tout endroit et en tout temps doit le frapper jusqu'à ce qu'il dise : Je veux'...
Comme cet homme qui ne veut pas divorcer désire faire partie d'Israël, il veut accomplir toutes les mitsvot et s'écarter des transgressions, mais c'est son mauvais penchant qui le force [à refuser de donner l'acte de divorce à sa femme]. Une fois battu jusqu'à ce que son penchant s'affaiblisse, il dira Je veux et divorcera vraiment de son plein gré."

Nous pouvons peut-être, grâce à cette idée, répondre à la question posée ci-dessus : pourquoi le seul fait de sonner le chofar, et de rappeler la Akéda, est-il considéré comme si nous nous étions réellement sacrifiés devant D?
La réponse semble claire : le chofar ne commémore pas seulement le sacrifice de soi de nos pères, Avraham et Yits'hak, pour servir D. Il exprime le potentiel de messirout néfech présent en chaque juif (livrer sa vie pour l'honneur de D.) ; lorsqu'on sonne du chofar, la force de messirout néfech enfouie en chacun de nous se révèle."

<--->

-> "A propos de tous les sacrifices dans la parachat Pin'has, la Torah dit : 'Vous offrirez un holocauste', mais à propos de Roch Hachana elle dit : 'Vous ferez un holocauste' (Pin'has 29,2).
Cela nous enseigne qu'à Roch Hachana, l'homme doit [figurativement] s'offrir en sacrifice [c'est-à-dire se consacrer totalement à D., de même qu'un holocauste est entièrement consacré à D.]."
[Michna Beroura 581,6]

-> "[on sonne du chofar] pour nous souvenir de la ligature de Its'hak, qui [était prêt à livrer sa vie pour D. et pour que nous aussi nous livrions notre vie pour la sainteté de Son Nom, afin qu'Il se souvienne favorablement de nous."
[Aboudraham (Séder Téfilat Roch Hachana) - citant Rabbi Saadia Gaon]

-> "Nous accomplissons cette sonnerie du chofar pour concentrer notre pensée sur la Akédat Its'hak. et pour nous imaginer que nous sommes disposés à faire ce que [Its'hak] a fait par amour pour D.
Ainsi, Il se souviendra favorablement de nous, ce qui veut dire que nous serons déclarés méritants devant Lui"
[Séfer Ha'hinoukh - mitsva 331]

<-------------------------------->

+ Sonner le chofar = transcender les lois de la nature par le fait de révéler l'intériorité des juifs : leur empressement à se sacrifier pour l'honneur d'Hachem:

-> "Car Hachem a eu pitié de Son peuple et lui a ordonné de sonner des chofarot pour briser la barrière (créée par leurs fautes]... car les juifs n'ont pas d'autre arme que leur voix, et la "voix" du chofar, pour ainsi dire, traverse toutes les barrières, atteint le Trône de Gloire et invoque la conscience active de D. envers les Bné Israël"
[Rav Avraham - frère du Gaon de Vilna (Béer Avraham, Téhilim 81,5)]

-> "[Roch Hachana est appelé: ] Yom Téroua, jour de sonnerie, signifie que [D.] a ordonné [aux Bné Israël] de sonner des tékiot et des térouot avec le chofar, ce qui indique la liberté et l'affranchissement, comme s'ils étaient libérés du déterminisme des corps célestes [c'est-à-dire les lois de la nature et les astres].
[Abarbanel - Emor 23,26]

<--->

-> Rabbi Dovid Hofstedter enseigne :
Comme le son du chofar révèle l'intériorité (pénimiout) du peuple juif et son empressement à livrer sa vie pour l'honneur de D., ce son a la capacité de dissoudre toutes les barrières naturelles et de vaincre les limitations ordinaires.
Il parait donc logique que, quand le son du chofar retentit, le peuple juif bénéficie d'une miséricorde divine extraordinaire, dépassant de loin la norme.
En effet, le midrach (Vayikra rabba 29,10) enseigne : "Pendant toute l'année, les juifs sont occupés à leur travail mais, à Roch Hachana, ils prennent leur chofarot et sonnent devantHachem. Il se lève de Son Trône de Jugement (pour passer] à Son Trône de Miséricorde, et le monde s'emplit de miséricorde."
Nos Sages disent que les sons du chofar "évoquent le souvenir d'Israël devant leur Père céleste" (guémara Shabat 131b).
Comme nous l'avons vu, la raison en est que le chofar révèle l'essence intime du peuple juif et le lien le plus profond et le plus fondamental qui unit le peuple juif à D.'

Les sonneries du chofar à Roch Hachana ressemblent à celles qui annoncent la libération des esclaves au début de l'année du yovèl. De même que le chofar de l'année du yovèl proclame l'annulation des obligations des esclaves envers leur maître et les affranchit de la servitude, le chofar de Roch Hachana proclame que le peuple juif est libéré des limitations que lui impose la nature.

Il est donc évident que le chofar aussi a la capacité d'annuler le déterministe naturel du monde. Au moment du don de la Torah, également, le peuple juif fut placé sous l'intervention directe de D., comme le dit Abarbanel : "Le jour du Don de la Torah, lorsque le son du chofar était très puissant, ils furent placés directement sous Sa direction et devinrent libres de toute influence exercée par les corps célestes, comme le dit le verset : 'Vous serez pour Moi un trésor parmi toutes les nations et vous serez un royaume de princes et une nation sainte' (Yitro 5-6)."
La sonnerie du chofar à ce moment-là indiquait que D. avait suspendu les lois de la nature.

Quand la muraille de Yeri'ho tomba, la capacité du chofar de briser les barrières de la nature fut démontrée à nouveau. A ce moment, il est écrit : "le peuple cria et sonna des chofarot. Lorsque le peuple entendit le son du chofar, le peuple cria très fort et la muraille s'effondra" (Yehochoua 6.20) = le prophète raconte que, lorsqu'on sonna du chofar, les Bné Israël poussèrent un cri très puissant. Ce cri représentait le désir de se sacrifier pour D., éveillé par le son du chofar.
Comme ils s'étaient montrés prêts à la messirout néfêch, les barrières naturelles s'effondrèrent devant eux et la muraille de Yeri'ho s'abattit littéralement.

A propos du chofar qui annoncera la rédemption future, il est écrit : "ce jour-là, un grand chofar sera sonné ... viendront et se prosterneront devant D. sur la sainte montagne à Jérusalem" (Yéchayahou 27,12).
Le son du chofar annoncera la délivrance divine qui transcendera elle aussi toutes les lois de la nature. La résurrection des morts, qui se produira en opposition aux lois naturelles du monde, commencera-t elle aussi par la sonnerie d'un chofar.
[le rav Saadia Gon le déduit du verset : "Vous tous habitants de la terre et résidents du pays, lorsque la bannière sera levée, vous verrez des montagnes et quand le chofar sera sonné vous entendrez" (Yéchavahou 18,3) ]

=> Lorsque nous accomplissons la mitsva du chofar à Roch Hachana [qui éveille notre empressement à sacrifier notre vie pour l'honneur d'Hachem], ... décidons de suivre notre désir le plus profond de tout sacrifier pour D. et d'être fidèle au Roi du monde. De cette façon, nous serons libérés du règne de la stricte justice et considérés dignes de bénéficier de la miséricorde débordante de D.

Roch Hachana = avoir de la crainte et de la soumission à Hachem

+ Roch Hachana = avoir de la crainte et de la soumission à Hachem :

-> "Le Hallel n'est pas récité à Roch Hachana ou à Yom Kippour, parce que ce sont des jours de service, de soumission, de peur et d'effroi devant D., de crainte révérencielle de Lui, et de fuite vers Lui pour se réfugier"
[Rambam - sur la michna Roch Hachana 7,4]

-> "Un homme ne peut pas recevoir un verdict favorable au jugement de Roch Hachana à moins qu'il ne soit empli de crainte et d'effroi, et reconnaisse que D. est son seul espoir de délivrance.
Seul quelqu'un adoptant cette attitude bénéficiera de l'aide miraculeuse de D."
[rav Its'hak Zeev Soloveitchik (le rav de Brisk)]

-> "Toute année pauvre à son début sera riche à sa fin" (guémara Roch Hachana 16b)
Tossafot commente : "comme le peuple juif est pauvre [au début de l'année], il a le cœur brisé et le Ciel a pitié de lui".
[si à Roch Hachana on se considère vraiment comme un pauvre (qui ne possède rien en propre), dont 100% de notre futur est dans les mains d'Hachem (notre parnassa, notre vie, notre santé, ...), que nous craignons ne rien avoir sans la bonté d'Hachem, alors grâce à cela on peut prétendre avoir une année riche en belles choses.
L'idée est de véritablement fuir tout ce qui rassure notre "égo", tout ce qu'on pense avoir (notre compte en banque, notre appartement/maison que nous possédons, notre intelligence, notre quotidien confortable, notre travail "sûr", notre bonne santé, ...), pour se réfugier, mettre tous nos espoirs à 100% dans le Roi des rois. Sans Toi Hachem je ne vis plus, je ne suis rien! Ce Roch Hachana est vraiment une question de vie et de mort! (on peut y changer de mazal!) ]

-> "A Roch Hachana, plus un homme se soumet, mieux c'est" (guémara26b)
Le Ritva explique qu'il faut montrer de la soumission et de l'effacement : "comme un pauvre qui mendie".

-> La Torah appelle Roch Hachana un "Yom Téroua" parce que le son du chofar appelé "teroua" a pour but d'inspirer la peur et le tremblement comme il est écrit : "Un chofar serait-il sonné dans la ville sans que le peuple ne tremble?" (Amos 3,6).
Le son du chofar doit donc être utilisé comme un moyen d'inspiration pour s'engager dans la techouva.
Comme le dit le midrach (Pessikta Rabbati, ch.40) : "J'ai décrété que vous sonniez du chofar à Roch Hachana afin que vous trembliez au son du chofar et vous prépariez au repentir."

<--->

+ Les prières des Yamim Noraïm = notre crainte en Hachem devient moteur de nos prières, ouvrant alors une confiance d'obtenir le meilleur :

-> "Celui qui a confiance en D. la bienfaisance l'entourer" (Téhillim 32,10)
Le rav Its'hak Zeev Soloveitchik (le rav de Brisk) commente :
avoir confiance en D. signifie se rendre compte de l'étendue de ses problèmes et du fait qu'on n'a aucun moyen d'y échapper, tout en ayant confiance en la délivrance de D.
Un homme qui ne se rend pas compte de l'ampleur de ses problèmes est considéré comme manquant de bita 'bon (confiance). Comme il ne reconnait pas à quel point il a besoin de la délivrance divine, sa reconnaissance une fois qu'il aura obtenu la délivrance sera également moins grande qu'elle ne devrait l'être.

D'ailleurs, en diverses occasions, en période de danger, le Rav de Brisk se faisait un devoir de susciter la peur chez ceux qui l'entouraient en leur faisant prendre conscience de l'ampleur du danger qui les menaçait. Il affirmait que c'était là la clé de la délivrance et que la façon d'échapper au danger est d'avoir confiance en D. en comprenant qu'on ne dispose d'aucun moyen naturel d'être sauvé, le seul espoir étant la miséricorde divine.

[ainsi pour réussir à Roch Hachana il est fondamental de développer notre conscience de la gravité de ce jour, d'avoir une crainte de l'enjeu et du fait que tout dépend d'Hachem (à qui rien n'échappe, qui peut tout, ...). Car plus on aura une crainte constructive, plus on pourra vider notre coeur, couronnant D. comme Le seul pouvant nous aider, et ensuite laisser place à de la sérénité, de la joie, issue de notre bita'hon en papa Hachem. ]

-> Rabbi Dovid Hofstedter enseigne :
A Roch Hachana, l'Attribut divin de jugement domine, à tel point que même les anges sont remplis de crainte et de tremblement. Ils s'exclament qu'ils ne peuvent pas être acquittés au jugement divin, comme nous le disons dans le Ounetané Tokef.
Sous l'influence de l'Attribut de jugement, aucun être humain ne pourrait être épargné à Roch Hachana si ce n'est en s'en remettant totalement à D. pour Sa délivrance.
Pour bénéficier de la délivrance divine, l'homme doit mettre sa confiance en D. et savoir qu'Il est la Source de la délivrance.

La puissance des prières de Roch Hachana provient de la prise de conscience du fidèle que son seul recours, son seul espoir de délivrance, est de compter totalement et exclusivement sur D.
Un homme ne doit mettre sa confiance en rien d'autre que la bonté de D., pas même en ses propres mérites spirituels. [la crainte de Roch Hachana vient détruire toutes nos certitudes "d'égo" que nous avons le restant de l'année, pour nous soumettre totalement à Hachem : qui est notre unique moyen d'être sauvé, d'obtenir une bonne année! Plus on se soumet à D., plus on met tout notre être dans nos prières. ]
S'il parvient à cette prise de conscience, il aura prononcé une prière authentique et fervente provenant d'une véritable humilité, une prière qui peut atteindre le Trône de Gloire et qui sera exaucée.
[...]

La bonne façon d'aborder la prière à Roch Hachana est de ne nourrir aucun espoir d'être sauvé ou aidé de façon quelconque par les êtres humains. L'homme doit reconnaître que tous ses besoins ne seront satisfaits que par D., le Roi des rois assis en jugement ce jour-là qui donne la vie à chaque créature dans le monde.
Et lorsqu'un homme prie D. avec une juste perception de l'étendue de ses besoins, D. aura pitié de lui et ses prières seront exaucées. Comme le proclame le roi David : "Ceux qui connaissent Ton nom auront confiance en Toi car Tu n'abandonnes pas ceux qui Te recherchent, D." (Téhillim 9,11).

<------------->

-> Les prières des Yamim Noaraïm sont la seule possibilité qui nous est laissée de susciter la miséricorde divine. Comme le dit le midrach (Vayikra Rabba 30,3) :
" 'Il s'est tourné vers la prière de l'homme qui crie' (Tehillim 102,18) = pour les générations récentes, qui n'auront ni roi ni prophète ni Cohen ni Ourim Vetoumim, et rien d'autre que cette prière, le roi David prie D. : Maître du monde ! Ne méprise pas leurs prières'."

La téchouva = une dynamique de 2 types d’éveil spirituel

+ La téchouva = une dynamique de 2 types d'éveil spirituel :

-> "Si je ne suis pas pour moi, qui est pour moi? (Pirké Avot 1,14)
[Cela signifie : ] Si je ne me réprimande pas moi-même pour me motiver à accomplir les mitsvot, qui sera 'pour moi' pour me réprimander et me motiver?
Les encouragements d'autrui sont bénéfiques [mais ne sont donnés] qu'occasionnellement, alors que quand un homme s'éveille lui-même, il continuera chaque jour à penser à accomplir l'ouvrage de D. ...
Telle est la voie convenable pour l'homme" (Rabbénou Yona, Avot 1.14).

<--->

+ Les 2 formes de téchouva :

-> Le Messé'h 'Hokhma (sur la Haftara de Dévarim) discute de 2 enseignements de nos Sages apparemment contradictoires pour expliquer la destruction du Temple.
D'une part, nos Sages (guémara Shabbat 119b) disent : "Jérusalem ne fut détruite que parce que les (habitants) ne se réprimandaient pas les uns les autres".
Nos Sages disent aussi (même guémara) : "Jérusalem ne fut détruite que parce qu'on y dénigrait les talmidé "hakhamim".
Quelle était la cause réelle de la destruction?

Le Messé'h 'Hokhma explique qu'en réalité, ces 2 enseignements de nos Sages se complètent.
Parfois, un homme est encouragé à se repentir en observant simplement la bonne conduite des autres et en laissant leurs actes l'affecter intérieurement. Parfois, il faut de réelles paroles de réprimande venant d'érudits pour le motiver au repentir.
Ces 2 enseignements de nos Sages indiquent que ces 2 formes de techouva n'existaient pas dans la génération de la destruction du Temple.
La forme de techouva provenant d'influences extérieures déclina parce que le dénigrement collectif des érudits empêchait le peuple de prendre leurs paroles à cœur. En même temps, les juifs ne s'éveillaient plus au repentir d'eux-mêmes, intérieurement, en voyant les bonnes actions d'autrui.

<--->

+ Les obstacles à la téchouva :

-> "Tu mets l'obscurité et c'est la nuit" (Téhilim 104,20).
Nos Sages (Bava Métsia 83b) commentent : "Cela évoque ce monde-ci, qui est semblable à la nuit".

-> Le Ram'hal (Messilat Yecharim - chap.3) explique :
"L'obscurité de la nuit peut causer 2 erreurs à l'œil humain : soit elle couvre l'œil de sorte qu'il ne voit rien de ce qui se trouve devant lui ou alors elle induit l'homme en erreur si bien qu'il prendra un poteau pour un homme et un homme pour un poteau.
Le matérialisme de ce monde ressemble à l'obscurité en plein jour. Il fait commettre deux erreurs à l'esprit humain :
1°/ la première, c'est qu'il empêche l'homme de voir les obstacles qui pavent ses voies dans ce monde ; attirés, les hommes marchent sans se méfier, tombent et se perdent ou vont à la perdition.
2°/ La 2e erreur, plus grave que la première, c'est le matérialisme qui brouille la vue si bien que les hommes voient le mal comme si c'était le bien et le bien comme si c'était le mal. Les hommes vont même jusqu'à trouver des preuves convaincantes pour défendre leurs opinions erronées et leurs idées mensongères."

=> Le Messilat Yecharim enseigne que les fauteurs souffrent d'un manque de perception de 2 sortes :
- Tout d'abord, ils ne reconnaissent pas que leurs actes sont incorrects et donc, ne ressentent jamais la motivation intérieure de se repentir.
- Deuxièmement, quand bien même ils admettraient qu'ils doivent réviser leur façon de vivre, ils n'arrivent pas à distinguer le bien du mal et prennent l'un pour l'autre.
[Une solution est de rester proche de sages et d'apprendre d'eux la bonne voie à suivre dans la vie.]
Ces 2 formes d'éveil à la téchouva sont mêlées, et expliquent Hillel dans le Pirké Avot (1,14) : "Si je ne me soucie pas de moi, qui se souciera de moi? Mais si je me soucie [uniquement] de moi, que suis-je?"

-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva, chaar 2, par.10&26) écrit :
"- [ Si je me soucie (uniquement) de moi, que suis-je?] = lorsqu'il entend les remontrances des sages et des censeurs, il doit écouter, entendre, se soumettre et se repentir, et prendre tous leurs reproches à cœur sans omettre la moindre de leurs instructions. Et en un instant, cet homme sortira des ténèbres vers une grande lumière.
[...]
- Si je ne suis pas pour moi, qui est pour moi?" = cela veut dire : Si un homme ne s'éveille pas lui-même, à quoi lui serviront les réprimandes? Même si (les admonitions) d'autrui atteignent son coeur le jour où il les entend, le yétser ara les lui fera oublier et les ôtera de son cœur ...
Lorsqu'un homme reçoit des remontrances, il doit prendre ces propos coeur, y réfléchir constamment, et y ajouter de la sagesse et laisser les pensées sortir de son cœur. Il doit s'isoler dans les chambres de son esprit et lever la main de la réprimande contre sa propre personne, sans compter uniquement sur le reproche du sermonneur. Il doit se faire des reproches chaque matin et à chaque moment, jusqu'à ce que son âme accepte la réprimande et soit lavée."

<--->

+ Ces 2 formes d'éveil spirituel se réalisent pleinement à Roch Hachana et à Kippour :

-> Roch Hachana est un jour d'inspiration catalysé par des forces dont la source se trouve à l'extérieur de l'homme. A Roch Hachana, l'homme est encouragé à se repentir par la crainte du jugement et les sons du chofar, 2 sources d'inspiration qui viennent de l'extérieur.
Le chofar a pour but de faire peur à l'homme et de l'éveiller, comme le dit le verset : "Un chofar serait-
il sonné dans la ville sans que le peuple ne tremble?" (Amos 3,6).
[La guémara (Roch Hachana 16b) dit que le but des nombreuses sonneries du chofar à Roch Hachana est de "troubler le satan". Le Ran (sur le Rit, Roch Hachana 3a) l'explique ainsi : "Troubler le satan' veut dire soumettre le penchant".
Ainsi, Roch Hachana symbolise l'éveil spirituel par l'extérieur. Notre travail est de le prendre à coeur et de l'intérioriser.]

Même après avoir reçu l'inspiration au repentir de l'extérieur, un homme doit procéder à une introspection, examiner ses actes et se préparer à Yom Kippour. Yom Kippour est un jour d'éveil qui passe par la techouva, le vidouï (confesser ses fautes) et les sacrifices du jour.
La Torah y fait allusion dans le verset : "Car ce jour-ci Il vous donnera l'expiation pour vous purifier de tous vos péchés ; devant D. vous serez purifiés" (A'haré Mot 16,30). Rabbénou Yona (Chaaré Techouva) l'interprète comme "un commandement positif de la Torah de s'éveiller au repentir à Yom Kippour".
L'injonction "devant D. vous serez purifiés" nous enseigne que chaque homme doit s'éveiller pour se repentir, car notre tâche à Yom Kippour est d'atteindre un état d'éveil intérieur.
C'est dans ce but que nous avons reçu les 10 jours de repentir pendant lesquels chaque juif craignant D. travaille à s'améliorer en cultivant cet éveil intérieur essentiel et en examinant ses actes pour savoir comment s'amender à l'avenir.
Personne ne doit se contenter de l'inspiration suscitée par le son du chofar, mais s'efforcer de s'éveiller de l'intérieur en préparation à Yom Kippour. Après tout, comme l'enseigne Rabbénou Yona, si un homme ne s'éveille pas de l'intérieur, nulle parole de réprimande ne l'éveillera au repentir.

[d'après le rabbi Dovid Hofstedter]

La destruction du Temple = une perte pour les non-juifs

+ La destruction du Temple = une perte pour les non-juifs :

-> "A quoi correspondent ces 70 taureaux [offerts pendant Souccot]? Aux 70 nations [non-juives ]...
Rabbi Yo'hanan dit : 'Malheur aux nations, car elles ont perdu [une chose de grande valeur) et ne savent même pas ce qu'elles ont perdu! Lorsque le Temple existait, l'autel faisait expiation pour elles. Que fera expiation pour elles à présent?'"

<--->

-> Selon le prophète (I Melakhim 8.65), c'est à Souccot que fut inauguré le Temple.

-> Le midrach (Avot d'Rabbi Nathan - chap.5) enseigne :
"Tant que le service du Temple se poursuivait, il y avait la bénédiction dans le monde, les prix étaient bas, du blé et du vin en abondance. Les gens mangeaient et étaient rassasiés, les animaux mangeaient et étaient rassasiés ...
Une fois le Temple détruit, la bénédiction a quitté le monde".

-> Les Drachot HaRan (drouch 8 ) disent :
"Lorsque le Temple existait, cette demeure sacrée était un lieu préparé pour recevoir le flux de prophétie et de sagesse, au point que, par l'intermédiaire de cet endroit, le flux se déversait sur tous les Bné Israël".

<--->

-> Selon le midrach (Bamidbar rabba 1,3) si les nations du monde avaient pu apprécier combien de bénédictions elles recevaient du Temple, elles auraient envoyé des bataillons entiers pour veiller à ce que personne ne vienne perturber le Temple.

-> Le midrach Tan'houma (Bé'houkotaï 2) de nous dire que lorsque les juifs fautent et sont punis, les non juifs en souffrent aussi.
[or le Temple avait cette possibilité de nous laver de l'impact de nos fautes ... ]

D'ailleurs, Rabbi Yéhochoua ben Lévi enseigne que si les nations du monde savaient que la raison de leurs souffrances est : les fautes des juifs, elles affecteraient 2 soldats à chaque juif, afin de s'assurer que la Torah soit scrupuleusement respectée.

<--------->

-> b'h, voir également : quelques pertes suite à la disparition du Temple : http://todahm.com/2018/08/08/quelques-pertes-suite-a-la-disparition-du-temple