Pessa’h Chéni

+ Pessa'h Chéni :

-> Pessa’h Chéni signifie le "Second [sacrifice de] Pessa’h". Il marque le jour où quelqu’un qui n’avait pas pu participer au sacrifice de Pessa’h en temps voulu (le 14 Nissan) pouvait accomplir la mitsva exactement un mois plus tard (le 14 Iyar - qui est aussi le 29e jour du Omer).

=> Quelle est l’origine de Pessa’h Chéni?

Un an après la sortie d’Égypte, Hachem ordonna aux Bné Israël d’offrir le Korban Pessa’h l’après-midi du 14 Nissan et de le consommer ce soir-là, grillé au feu et accompagné de matsa et du maror, comme ils l’avaient fait un an auparavant juste avant de quitter l’Égypte.
La Torah relate : "Il y eut cependant des hommes qui s’étaient rendus impurs au contact d’un cadavre et qui ne purent donc pas préparer l’offrande de Pessa’h ce jour-là. Ils se présentèrent devant Moché et Aaron ... et ils dirent: “Pourquoi serions-nous privés d’apporter l’offrande de D. en son temps, seuls parmi les Bné Israël?” (Béaaloté'ha 9,6-7).
En réponse à leur requête, Hachem fit du 14e jour de Iyar un "second Pessa’h" (Pessa’h Chéni) pour quiconque avait été dans l’incapacité d’apporter le Korban Pessa’h en son temps, le 14 Nissan.

=> A cette époque, qui étaient ces hommes devenus impurs?
-> Différents points de vue sont rapportés par le Talmud (voir Soucca 25a-25b). On peut citer :
1°/ les porteurs du cercueil de Yossef.
2°/ Michaël et Elitsafane, les cousins d’Aaron, qui furent charger d’inhumer Nadav et Avihou (voir Chémini 10,4).
3°/ Ceux qui s’occupèrent d’un "mét mitsva" (un mort qui n’a personne d’autre disponible pour l’enterrer).
[la guémara (Soucca 25a) rapporte que si des gens trouvent un cadavre abandonné d'un inconnu, ils ont la mitsva de l'ensevelir].
=> C'est pourquoi, le Sforno rapporte que ces personnes ont dit à Moché, qu'une mitsva doit entraîner une autre mitsva, et non priver celui qui l'a accomplie de l'opportunité d'en observer une autre.

=> Qui était concerné par Pessa’h Chéni?
La Torah écrit : "Parle ainsi aux Bné Israël : Si quelqu’un se trouve souillé par un cadavre, ou sur une route éloignée, parmi vous ou vos descendants … c’est au deuxième mois, le quatorzième jour, vers le soir, qu’ils le feront (le Korban Pessa’h)" (Béaaloté'ha 9,10).

La Michna [Pessa’him 9, 1] enseigne : "Celui qui était rituellement impur ou sur une route éloignée (du seuil de la cour du Temple et au-delà) et n’a pas observé le premier Pessa’h doit observer le 2e Pessa’h. Si quelqu’un a involontairement oublié ou a été empêché en raison de circonstances indépendantes de sa volonté et n’a pas observé le premier Pessa’h, lui aussi doit observer le deuxième Pessa’h".

=> Quelle est la différence entre le premier Pessa’h et le second Pessa’h?

-> Le 2e Pessa'h diffère du premier dans la mesure où il ne comporte aucun jour de fête, pas même pour ceux qui apportent alors le sacrifice pascal.
D'autre part, bien qu'ils n'aient pas le droit de consommer des produits fermentés ('hamets) en même temps que l'offrande (v.9,11), ils ont le droit de posséder et de manger du 'hamets le jour même où ils l'apportent (Rachi ; guémara Pessa'him 95a).

Une autre différence est que le sacrifice offert le premier (Pessa’h) nécessite la récitation du Hallel lorsqu’il est mangé tandis que le second (Pessa’h) ne nécessite pas la récitation du Hallel lorsqu’il est mangé…

=> Quel est le statut de Pessa’h Chéni?
Les Sages de la guémara évoquent 3 statuts possibles de Pessa’h Chéni :
1°/ il s’agit d’une fête à part entière (réguel mipné atsmo) ;
2°/ il s’agit d’un rattrapage du premier Pessa’h (tachloumim) ;
3°/ il s’agit d’une réparation du premier Pessa’h (tikoun).
Chacun de ces points de vue conduit à conséquences halakhiques différentes [voir guémara Pessa’him 93a].

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=> Quelles leçons nous apprend Pessa’h Chéni?

On peut citer :

-> d'après le Sifré :
Un certain nombre de personnes n'avait pas pu apporter le sacrifice de Pessa'h parce qu'elles étaient impures. Ces hommes, animés du désir ardent de vivre ce moment exceptionnel, firent appel à Moché. D. approuva leurs nobles intentions et les récompensa en révélant à leur propos le nouveau commandement de Pessa'h Chéni, la seconde possibilité d'apporter le sacrifice de Pessa'h, un mois après la date fixe de Pessa'h.
En effet, bien que ce fût d'ordinaire par l'intermédiaire de Moché que D. faisait connaître Ses commandements, Il distingua ces hommes afin de rendre hommage à leur désir sincère de s'élever au niveau spirituel, et c'est par leur entremise qu'Il promulgua ce nouveau commandement.

-> dans un divré Torah, le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
La capacité d'apporter un korban Pessa'h à Pessa'h Chéni est une nouvelle hala'ha, qui a été entièrement créée par le fort désir de juifs qui ne voulaient pas manquer [la possibilité d'offrir] le korban Pessa'h (même s'ils avaient de bonnes excuses pour ne pas le faire).
Cela nous apprend sur la force du désir. Il ne faut jamais dire que quelque chose est impossible, car si tu le veux vraiment alors Hachem peut faire que cela se réalise.
[selon nos Sages si une personne désire se purifier alors du Ciel on l'aide. (ainsi, si nous témoignons d'un désir fort, alors cela permet ensuite d'avoir Hachem qui vient nous aider, et tout devient possible! [comme avec Pessa'h Chéni] )]

Le rav de Shinov dit que Moché était la personne la plus humble. Il n'était jamais sûr que Hachem parlera avec lui.
Cependant, Moché était certain qu'en l'honneur de ces personnes qui désiraient tellement apporter le korban Pessa'h, alors Hachem se présentera à lui (lui indiquant la nouvelle halakha).

[selon nos Sages, le désir est quelque chose de très puissant. On peut citer :
- si quelqu'un a des désirs spirituels qu'il ne peut malheureusement pas accomplir (ex: donner davantage à la tsédaka mais il n'en a pas les moyens, étudier davantage mais il faut travailler), alors Hachem va compter comme s'il avait réalisé cela de la meilleure des manières possibles.
(ainsi, plus on désire donner, s'investir dans des choses spirituelles, plus on sera récompensé pour cela)
- une fois que le machia'h est là, la présence d'Hachem est tellement claire qu'il n'y a plus de libre arbitre, et donc de vraies récompenses pour nos mitsvot. On restera au niveau qu'on aura attend lors de la venue du machia'h.
Cependant, le Maharal enseigne que si une personne a des désirs spirituels énormes et qu'il n'a pas eu le temps ou les capacités de les accomplir, alors même une fois que le machia'h sera arrivé, il pourra ensuite continuer de monter jusqu'à atteindre ces niveaux.
(ainsi plus on a sincèrement des désirs spirituels élevés (ex: je veux être comme Avraham, donc avant le machia'h je fais tout pour suivre son exemple selon mes capacités et situation personnelle), alors plus on pourra après la venue du machia'h tendre vers son niveau)
- "Tout homme dont le cœur est inspiré viendra " (Vayakel 35,21)
Le Ramban écrit que la Torah se réfère à ceux qui vinrent tisser, coudre et construire le michkan. Où ces personnes avaient-elles appris à effectuer des tâches si habiles?
Le Ramban répond qu’elles découvrirent ce talent caché, grâce à leur profond désir d’accomplir la volonté d’Hachem, d’aider à construire le Michkan. En voyant une telle ardeur, Hachem leur donna la possibilité de faire des choses qu’elles n’avaient jamais apprises.
[ainsi, les gens dont le cœur fut inspiré pour accomplir la volonté d’Hachem et construire le michkan découvrirent des forces et des talents complètement insoupçonnés. Nous avons tous également la capacité de dépasser nos limites et de réaliser ce qui nous parait impossible, mais la condition préalable est : d'avoir un profond désir d’accomplir la volonté d’Hachem. ] ]

-> Rachi (Béaaloté'ha 9,1) écrit : "pourquoi [le livre de Bamidbar] ne commence-t-il pas par le présent chapitre (sur Pessa'h Chéni)? Parce qu’il jette un discrédit sur Israël, lequel, au long de tous les 40 ans de son séjour dans le désert, n’a présenté que cette fois-là le korban Pessa'h.
[la Torah ne voulait pas commencer le livre de Bamidbar par un récit ne mettant pas les Bné Israël sous leur meilleur jour.]

Dans le désert on ne faisait pas de brit mila sur les nouveau-nés car cela était dangereux dans un milieu si hostile, et ainsi il leur était interdit d'apporter un korban Pessa'h (puisque non circoncis).
[les parents d'enfants incirconcis ne sont pas autorisés à apporter l'offrande de Pessa'h ; or, pour des raisons de santé, il était dangereux de circoncire des nouveau-nés dans le désert (guémara Yébamot 71b).
A cause de la faute des explorateurs, les Bné Israël n'ont pas pu rentrer en terre d'Israël la 2e année du désert, et alors pouvoir y offrir ce korban (au lieu de cela ils y sont restés 40 ans)]
=> Ainsi, pourquoi cela est-il considéré comme une disgrâce le fait qu'ils n'ont pu amener un korban Pessa'h qu'au bout de la 1ere année dans le désert?
Le Imré Emet répond : si les juifs dans le désert auraient désiré de tout leur coeur pouvoir apporter un korban Pessa'h, Hachem aurait alors fait que cela puisse devenir possible.
De même que Hachem a trouvé un moyen pour que les personnes impures à Pessa'h puissent amener un korban à Pessa'h Chéni, de même Hachem aurait pu trouver une solution pour permettre à la génération du désert d'apporter un korban Pessa'h [de la 2e à la 40e année].
=> Leur disgrâce a été qu'ils n'ont pas assez désiré.
[cela nous apprend que nous devons travailler à renforcer nos désirs de spiritualité, et s'ils ne deviennent pas encore réalité nous devons avoir conscience que rien qu'à l'état de désir ils ont une valeur énorme aux yeux d'Hachem! ]

-> Le 'Hidouché haRim explique que force est de dire que ces gens ne 'demandèrent' pas : "Pourquoi serions-nous privés?", mais ils supplièrent du fond du cœur : "Pourquoi ... pourquoi? Nous savons que nous sommes impurs, mais nous voulons faire partie de ceux qui apportent le sacrifice d'Hachem".
C'est pourquoi ce désir brûlant conduisit à ce qu'une nouvelle Loi soit énoncée.
=> C'est l'enseignement que Pessa'h Chéni transmet à chaque juif, quels que soient sa situation et l'endroit où il se trouve : s'il se tourne vers Hachem en suppliant avec conviction : "pourquoi serais-je privé", alors, même plongé dans les vanités de ce monde, s’il désire de tout son cœur "voir le Roi", Hachem lui ouvrira les portes du Ciel.
Il méritera ainsi de se sanctifier et de pénétrer dans Son Saint palais.

Voyons combien le désir possède une force considérable : nos Sages nous enseignent (Midrach Chmouël Rabeta §3) qu'avant la naissance du prophète Chmouël, une voix céleste retentit et annonça : "Un enfant va naître du nom de Chmouël, qui méritera la prophétie d'Hachem".
Que firent les Bné Israël?
Comme ils désiraient ardemment que leur fils soit prophète,
chacun appela le sien de ce prénom.
Dans les faits, seul le fils de 'Hanna mérita d'être prophète ; cependant, le désir si intense de tous ces parents leur valut que leur fils prophétise une fois au moins dans sa vie.

-> Le rabbi Yossef Its’hak de Loubavitch avait l’habitude de dire :
"Pessa’h Chéni enseigne qu’une situation n’est jamais désespérée", il n’est jamais trop tard car il est toujours possible de rectifier les choses.

-> D'après le Séfer HaSi’hot :
L’exil ressemble à un état d’impureté ou à un éloignement de la source de la sainteté, les situations où s’applique Pessa’h Chéni.
Le commandement de Pessa’h Chéni ne fut dévoilé qu’à la suite de l’exigence prononcée "des hommes qui s’étaient rendus impurs au contact d’un cadavre…: “Pourquoi serions-nous privés”"
=> De même, Hachem attend de nous que nous réclamions avec insistance la guéoula du Peuple Juif pour nous envoyer le machia’h.

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-> Le Zohar (III, 152b) enseigne à propos de Pessa'h Chéni :
"En ce jour, une proclamation est faite qui annonce : ''Celui qui n'a pas encore contemplé la Présence Divine, qu'il vienne durant ces jours-ci contempler la face du Seigneur Hachem, avant que les portes ne se ferment.''
Quel jour cette proclamation est-elle faite ? Le quatorze du deuxième mois (le 14 Iyar), car à partir de ce jour et durant sept jours, les portes restent ouvertes et se ferment ensuite."

=> Selon le Zohar en ce jour Hachem ouvre les Portes du Ciel.

[plus encore, ce même Zohar (Béaaloté'ha 152) nous enseigne que : "depuis Pessa'h Chéni (le 14 Iyar), les cieux sont ouverts pendant une semaine, puis ils se referment".
=> Combien nous devons profiter de cette opportunité de 7 jours pour abonder en prières et maximiser ainsi leur impact! ]

"Vous compterez pour vous 7 semaines entières à partir du lendemain du Shabbath [1er jour de Pessa'h], depuis le jour où vous avez offert le Omer en offrande balancée, jusqu'au lendemain de la 7e semaine, vous compterez 50 jours. Vous offrirez une offrande de nouveau blé à Hachem." (Emor 23,15-16)

-> Le rav Yossef Salant (Béer Yossef) note que le mot "Omer" est utilisé dans la Torah à propos des juifs qui reçurent la manne dans le désert. Dans la paracha Béchala’h (16,16), la Torah nous informe qu’Hachem ordonna au peuple de ramasser la manne : "un Omer par personne".
Le midrach relie également le sacrifice du Omer et la manne. Il nous dit que l’offrande du Omer était une sorte de reconnaissance et de gratitude de la part du peuple juif envers Hachem qui leur envoya la manne dans le désert.

Le rav Salant explique que pendant leur traversée du désert, les juifs avaient à ne fournir aucun effort pour vivre. La manne descendait directement du Ciel, sans aucune contribution humaine.
En outre, quelle que soit la quantité de manne qu’une personne essayait de ramasser, elle ne parvenait jamais à prendre plus que la part qui lui était allouée, elle gardait uniquement ce dont elle avait besoin. La nourriture leur ainsi étant fournie, les Juifs pouvaient se consacrer à l’étude de la Thora et au service d’Hachem.

En revanche, lorsqu’ils entrèrent en terre d'Israël, la manne ne tomba plus du Ciel et ils durent subvenir à leur besoin à travers des efforts physiques.
Avec ce changement, apparut un nouveau danger. Lorsqu’un homme voit que ses efforts portent leurs fruits, il risque de moins placer sa confiance en Hachem et d’attribuer ses réussites à son dur labeur.
Pour éviter ceci, la Torah nous prescrit d’apporter le Omer, la première production de la saison, à Hachem, reconnaissant ainsi qu’Il est la seule Source de revenus, et que notre gagne-pain n’est pas le résultat de notre propre hichtadlout (efforts fournis).
En faisant le lien entre la manne et le Omer (qui ont le même volume), la Torah nous montre qu’il n’y a en réalité aucune différence entre la façon de vivre dans le désert et en Erets Israël.
De la même manière qu’Hachem subvint à nos besoins dans le désert, Il resta notre source de revenus après cette période miraculeuse. La seule différence, c’est que nous ne méritons plus d’assister à des miracles dévoilés et qu’il nous faut donc fournir des efforts physiques pour gagner notre vie.

Le rav Yossef Salant (Béer Yossef) établit un autre lien entre la manne et le Omer. Il rapporte la guemara (Kidouchin 38a) qui affirme que la manne cessa de tomber quand Moché décéda, mais le peuple continua de manger ce qu’il leur restait jusqu’à ce qu’ils entrèrent en Terre sainte, le 16 Nissan.
C’est aussi la date à laquelle nous devons apporter le Omer. (le lendemain du 1er jour de Pessa'h, qui est le 15 Nissan).
Ainsi, chaque année, nous commençons à compter le Omer le jour où la manne cessa, pour nous enseigner que la subsistance symbolisée par le Omer est une suite de celle représentée par la manne.

Il poursuit en expliquant le rapport entre le Omer et Shavouot.
Jusqu’à présent, le Omer nous enseignait que notre gagne-pain provenait d’Hachem. Toutefois, cette prise de conscience ne suffit pas, nous devons également réaliser que la parnassa n’est pas une fin en soi, mais uniquement un moyen pour atteindre un but plus noble : celui de nous procurer la tranquillité d’esprit qui nous permettra de nous concentrer sur le service Divin et l’étude de la Torah, sans être accablé par les soucis de notre subsistance.
Ainsi, la Torah relie le compte du Omer à Shavouot, pour nous apprendre que le but de notre parnassa, représentée par le Omer, est de nous mener vers le don de la Torah, c’est-à-dire de nous permettre d’étudier et de respecter la Torah au mieux.
C’est pourquoi, durant 49 jours, nous comptons le Omer, et cela nous pousse à réaliser qu’Hachem est l’unique Source de subsistance et aussi, que le but est de nous permettre de nous rapprocher de Lui par l’intermédiaire de l’étude et de l’observance de Sa Torah.

-> Suite à cela, le rav Yéhonathan Gefen enseigne :
Les enseignements de la manne furent très pertinents à travers l’Histoire. À l’époque du prophète Yirmyahou, le peuple donnait priorité au travail plutôt qu’à l’étude de la Torah. Yirmyahou exhorta les juifs à faire de l’étude leur priorité. Les Bné Israël prétendirent qu’ils avaient besoin de travailler pour vivre. Yirmyahou leur apporta un récipient de manne qui était entreposé dans le Temple.
[voir Béchala’h 16,32, quand Moché demanda à Aharon de mettre ce récipient dans le Michkan comme rappel des enseignements de la manne pour les générations futures.]
Yirmiyahou leur montra qu’Hachem avait maintes façons de subvenir aux besoins de l’homme et qu’il lui fallait donc réaliser la futilité de la recherche de la matérialité.

Nous n’avons plus ce récipient de manne pour nous éveiller, mais il nous reste la mitsva du compte du Omer, elle est un rappel constant qu’il ne sert à rien de fournir plus d’efforts que nécessaire, puisqu’Hachem est l’unique Source de revenus.
De plus, elle nous rappelle que le but de la matérialité est de pouvoir se rapprocher d’Hachem.
[en ce sens, le Rambam explique que toutes les bénédictions physiques promises dans le Shéma si l’on respecte la Torah ne sont pas la récompense ultime. Hachem nous gratifie en nous donnant une source de revenus qui nous permettra de nous concentrer sur le spirituel, car la récompense réelle de l’observance des mitsvot est la possibilité d’accomplir d’autres mitsvot.]
Ces enseignements s’appliquent différemment chez chacun, il n’existe pas de "nombre d’heures précis" à consacrer au travail, à l’étude ou à d’autres activités spirituelles. Il convient cependant, durant cette période de Séfirat HaOmer (compte du Omer), de s’introspecter et de faire le bilan de notre implication dans le monde physique et spirituel.
Travaille-t-on plus que nécessaire? Durant les temps libres, se concentre-t-on plus sur le spirituel ou apporte-t-on du travail à terminer chez soi?
En se posant de telles questions, on peut espérer intérioriser les enseignements du Omer.

Puissions-nous tous mériter de recevoir notre subsistance sans difficulté, et avoir plus d’opportunités de nous rapprocher d’Hachem. [Amen! ]

Lag baOmer : la joie de découvrir la perfection humaine

+ Lag baOmer : la joie de découvrir la perfection humaine (par rabbi Nissim Yaguen) :

-> Le sens de la hilloula que nous faisons à Lag baOmer est selon les propos du Maharal que : "l'homme n'est qu'une torche de feu éternelle".
Nous ne comprenons pas le sens profond de ses propos, ce qu'est une torche de feu, ce qu'est l'éternité.
"Hachem, la Torah et le peuple juif". Nous n'avons aucune idée du sens de ces mots.

La raison pour laquelle nous sommes joyeux à Lag baOmer, c'est parce que nous voyons un homme qui a atteint la perfection, un homme qui de son vivant a engendré la situation que Hachem ne s'est jamais mis en colère contre le monde entier. Ô combien il est merveilleux qu'un homme ait pu atteindre de telles forces.
[...]

Une des coutumes où toute la maison d'Israël est très pointilleuse, est d'allumer des flambeaux lors de la hilloula de rabbi Chimon bar Yo'haï, le jour de Lag baOmer. Mais il faut se rappeler que le flambeau n'est pas l'essentiel, et il est interdit qu'il soit le point central de l'entourage. Celui qui veut voir du feu peut allumer le gaz de la cuisinière ... Il n'y a aucun intérêt à regarder le feu.

En revanche, si nous réussissons à voir dans le flambeau la sainteté, l'élévation, la rayonnante Présence Divine, alors ce feu a un sens et il est supérieur au plus haut point. Mais si nous ne voyons que des flammes, alors tout ce dérangement et ce chamboulement sont complètement inutiles ...

Lorsque les Américains ont envoyé des hommes sur la lune, le monde entier avait le souffle coupé. Tout le monde attendait avec impatience le retour des astronautes, ils craignaient pour leur vie du fait des très nombreux dangers. Le monde entier était uni. Même les Russes, qui étaient en guerre froide avec les Américains, ont annoncé qu'ils étaient prêts à fournir toute l'aide nécessaire en cas de besoin.
Et voilà que les astronautes, malgré tous les dangers d'une telle mission, revinrent sur terre sains et saufs! Incroyable! Avec quels honneurs ils ont été reçus! Quelle émotion! Une situation hors du commun!

Et ainsi Hachem envoie l'homme dans ce monde, qui est beaucoup plus dangereux que le cosmos ...
Ce monde est rempli de dangers, d'épreuves, de tentations, de tourments, et de façon naturelle, il faut un miracle pour le traverser en paix.

Cet endroit dangereux, l'homme n'y est pas envoyé un jour ou deux ... L'homme est envoyé dans ce monde 70 ans! L'âme descend à l'intérieur du corps dans un champ de mines, et à cette place elle doit s'adapter et survivre durant 70 ans! Peut-on comprendre cette tension considérable?

Et voilà que rabbi Chimon bar Yo'haï descend dans ce monde pour 70 ans, et il retourne en paix sans aucune éraflure. Il n'a pas trébuché pour le moindre péché. Il ne s'est jamais mis en colère, n'a jamais prononcé la moindre médisance, n'a jamais perdu une seconde de son temps sans étudier la Torah, rien!
Toute sa vie n'a été qu'un seul traité de perfection! Pouvons-nous nous imaginer la joie et l'émotion qu'il y avait dans les Cieux lorsque rabbi Chimon ba Yo'haï revint de sa dangereuse mission?

En effet, lorsque l'âme de rabbi Chimon bar Yo'haï retourna à sa source, Hachem descendit l'accueillir, et des myriades d'anges l'accompagnèrent. Lorsque toute l'armée céleste est descendue accueillir cette âme pure, il est évident que le feu s'est propagé : un feu de sainteté, un feu de pureté, de Hachem, des anges, un merveilleux feu spirituel!
Hachem s'est déplacé à la rencontre de son fils qui est revenu en paix de la dangereuse mission qui lui avait été confiée.

En souvenir de ce feu, nous allumons des flambeaux. Mais ces feux doivent nous rappeler leur source, le feu spirituel qui est descendu dans ce monde lors du décès du tsadik ...
Un feu de bois et de pétrole où grillent des pommes de terre, cela ne rappelle d'aucune façon un feu spirituel ...
Si nous ne voyons pas à travers les flambeaux le feu spirituel des Cieux, nous avons raté le coche, quel dommage!

Il en est de même pour le voyage à Méron (lieu de la sépulture de rabbi Chimon bar Yo'haï). Le voyage coûtant 20 shekels pour se rendre sur le tombeau du tsadik, n'est pas le but principal de la journée ...
Cependant, celui qui transcende et s'élève [en décidant d'améliorer ses actes] et essaye d'atteindre le rang élevé du tsadik, même s'il ne s'en approche que très peu, il pourra mêler sa prière aux mérites de la sainte sépulture [pour qu'elle soit agrée par Hachem].
Mais celui qui présume qu'il peut rester exactement le même, et qu'il lui est suffisant de se rendre à Méron et de danser avec la foule, se trompe complètement. Il serait préférable pour lui de rester à la maison.
[...]

La guémara (Soucca 45b) rapporte que rabbi Chimon bar Yo'haï a dit qu'il pouvait éviter au monde entier la sentence de la justice Divine. C'est-à-dire : il avait la possibilité de tellement réjouir Hachem, au point qu'Il ne se mette jamais en colère, et qu'aucune sentence ne soit rendue dans les Cieux!
L'homme a un merveilleux potentiel, difficile à imaginer.

A partir de là, nous devons tirer l'enseignement sur rabbi Chimon bar Yo'haï : il n'avait aucune trace de la moindre faute.

Pessa’h, Matsa et Marror

+ Pessa'h, Matsa et Marror :

-> Nos Sages (Yalkout Chimoni 199) disent que de même que la matsa symbolise la précipitation avec laquelle nos ancêtres ont été libérés d'Egypte, l'offrande de Pessa'h (korban Pessa'h) représente la "précipitation" de la présence Divine, qui a également été libérée d'Egypte en cette nuit.
["Moi-même (Hachem), Je descendrai avec toi (Yaakov) en Egypte ; moi-même aussi je t'en ferai remonter" (Vayigach 46,4).
La Présence Divine se trouve avec chaque juif qui souffre comme il est écrit : "Je suis avec lui dans le malheur" (Téhilim 91,15), et de même : "D. est proche des cœurs brisés" (Téhilim 34,14).
Ainsi, au cœur des terribles souffrances de l'esclavage en Egypte, Hachem était très proche des juifs et Il ressentait chacune de leurs souffrances (à chaque instant, Hachem s'associe à la souffrance de chacun des millions de juifs présents en Egypte).
Il en résulte que la sortie des juifs d'Egypte était également celle d'Hachem! ]
Le maror symbolise la chute de nos ennemis qui rendent amère notre vie.

La libération de la Présence Divine est la plus grande cause de réjouissance, comme la Torah le dit : "al matsot oum'rorim, yokhlou'ou" (Béaaloté'ha 9,11) :
- "al" = sur/au-dessus de ;
- "matsot oum'rorim" = la matsa et le marror
- "yokhlou'ou" = [il y a le] ils le mangeront (le korban Pessa'h).
= Cela implique que notre joie sur la sortie d'Egypte d'Hachem (symbolisé par le korban Pessa'h) doit largement dépasser notre joie sur notre propre libération et sur la chute de nos ennemies.
[Sfat Emet - 5661]

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[en racontant la sortie d'Egypte, nous devons également renforcer l'idée que non seulement tout vient avec précision d'Hachem, qu'Il peut tout, mais surtout qu'Il nous accompagne en permanence.
Plus que cela : lorsque nous traversons des périodes très dures de notre vie, cela ne signifie pas que Hachem ne nous aime pas, au contraire c'est pour notre bien ultime (à l'image de l'esclavage en Egypte), mais surtout la réalité est qu'Hachem n'a jamais été aussi proches de nous. (ex : "Je suis avec lui dans le malheur" (Téhilim 91,15) ; "D. est proche des cœurs brisés.")
Dans nos périodes d'Egypte, dans l'obscurité, ... nous ne sommes pas seuls, papa Hachem est plus proche que jamais de nous, ressentant toutes nos souffrances.
Le récit de la sortie d'Egypte, qui préfigure la délivrance finale, transmet l'idée que Hachem est au-dessus de tout (c'est le Créateur, le boss, le Roi des rois, ...), mais surtout l'idée que nous sommes Ses enfants adorés et qu'il y a un principe applicable pour chaque juif (même le plus fauteur) : papa Hachem nous accompagne sans cesse (même les juifs en Egypte au 49e niveau d'impureté), constamment Il gère et ressent nos épreuves, constamment Il veille sur nous, ...
De même que les juifs en Egypte sont sortis à la seconde où ils pouvaient l'être, de même dans notre vie à la seconde où une difficulté n'est plus nécessaire pour notre bien ultime, alors Hachem la retire. ]

+ La première nuit de Pessa'h est appelée : "lél chimourim" (une nuit de protection - Bo 12,42).
La protection que génère la nuit du Séder est en réalité suffisante pour durer toute l'année à venir.

L'Afikoman, que nous préservons intacte jusqu'à la fin du Séder plutôt que de la manger avec les autres parts de matsa auparavant dans la soirée, symbolise la continuation de la protection représentée par la matsa (qui est protégée de lever) au-delà de cette seule nuit.
Sans aucun doute, notre capacité à persévérer durant l'année à venir au travers toutes les difficultés de la vie quotidienne découle de cette protection.
[Sfat Emet - 5652]

Le Séder améliore notre relation avec Hachem

+ Le Séder améliore notre relation avec Hachem :

-> "afin que tu racontes aux oreilles de ton fils et du fils de ton fils ... vous reconnaîtrez ainsi que je suis Hachem" (Bo 10,2)
Nous voyons de là que le plus nous racontons le récit de la sortie d'Egypte, le plus nous acquérons une connaissance d'Hachem, ce qui est la réalisation la plus précieuse au monde.
[Sfat Emet - 5635]

-> La phrase : "aré zé méchouba'h" se comprend normalement : le plus on raconte l'histoire de la sortie d'Egypte, le plus nous sommes considérés comme méritants.
Cependant, nous pouvons comprendre cela à la fois comme une promesse et à la fois comme une bénédiction : le plus quelqu'un raconte le récit de la sortie d'Egypte, le plus [il sera béni pour] devenir quelqu'un de méritant et le plus d'améliorations il verra dans son engagement dans la Torah et dans toutes les formes du service Divin.
[Sfat Emet - 5640]

Pessa’h & la guéoula

+ La délivrance finale ne peut pas se produire tant que la signification de la sortie d'Egypte n'est pas pleinement comprise par les juifs.
En trouvant chaque année de nouvelles significations dans le récit de la sortie d'Egypte, nous donnons un ordre à notre compréhension de cette première nuit de notre liberté d'exister en tant que nation, et nous amenons beaucoup plus proche l'arrivée du machia'h et la délivrance finale.

La Torah elle-même nous enseigne l'importance de comprendre la sortie d'Egypte : "Je suis Hachem, votre D., qui vous ai fait sortir de la terre d'Egypte, pour devenir votre D., moi, Hachem votre D." (Chéla'h Lé'ha 15,41) = ce n'est que par cette re-création et cette re-évaluation de notre liberté nationale, que nous appelons un Séder, que nous pouvons atteindre l'objectif de la sortie d'Egypte : faire d'Hachem notre D. et amener la délivrance finale.

Un passage de la Haggada souligne également ce point : "kol yémé 'hayékha léavi limot amachia'h" = [nous devons rapporter le récit de la sortie d'Egypte] tous les jours de notre vie afin d'amener l'époque du machia'h.
[...]

Chaque année, le Séder (ordre) amène réellement un nouvel "ordre" à l'univers ...
Au Séder, nous cherchons à annuler les dégâts résiduels de Amalek en retraçant nos pas qui nous ont menés en dehors de l'Egypte.
En agissant ainsi, nous amenons plus proche de sa réalisation le rêve original d'un monde idéal sous l'autorité claire d'Hachem. En d'autres termes, nous réarrangeons l'univers pour qu'il se conforme davantage aux caractéristiques d'Hachem, lui donnant un nouvel ordre (séder).
Tandis que les dommages d'Amalek ne peuvent pas être annuler tous en une seule fois, l'effet cumulatif année après année de réalisations progressives va au final porter ses fruits comme le prédit la michna : "léavi limot amachia'h" (pour amener l'époque du machia'h).
[Sfat Emet - 5635, 5642]

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-> b'h, voir également : http://todahm.com/2022/03/18/pessah-un-accelerateur-du-machiah

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-> Le fait de mentionner la sortie d'Egypte a le pouvoir de nous inspirer à espérer avec davantage de ferveur à l'ultime délivrance.
[Sfat Emet - 5660]

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-> Le mot : "galout" (exil - גלות) suggère l'objectif de l'exil : "itgualout" (la révélation - התגלות) = la révélation de la vérité intérieure qui est couverte par un aspect en surface trompeur.
En déshabillant la façade extérieure des difficultés, des souffrances et des désespoirs, nous pouvons alors voir la Présence Divine, même pendant les moments d'exil.
[Sfat Emet - 5631]

[plus nous prenons conscience d'un côté de la façade des souffrances de l'esclavage terrible de nos ancêtres, et d'un autre côté de la réalité intérieure d'à quel point Hachem gère tout pour notre bien ultime avec une extrême précision, alors plus nous accomplissons le but de l'exil, et nous provoquons alors la rédemption finale, avec la venue du machia'h]

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-> Les 4 mitsvot du Séder de Pessa'h correspondent aux 4 fautes principales qui ont entraînées la destruction des 2 Temples, et ainsi que des 4 royaumes sous lesquels nous avons été assujettis.
En égorgeant et en offrant l'agneau, qui était un dieu vénéré par les égyptiens, nos ancêtres ont réparé la faute de l'idolâtrie.
En mangeant la matsa, à qui on n'a pas laissé le temps de lever/fermenter, nous expions le fait d'avoir dégradés la mitsva de la procréation en s'engageant dans des relations interdites.
En mangeant du maror, qui a la même valeur numérique que le mot "mavét" (la mort), on se rappelle de l'amertume que nous pouvons causer par le meurtre.
Et enfin, en racontant le récit de la sortie d'Egypte, nous expions pour les fautes dites avec la bouche : le lachon ara et la haine gratuite, qui ont causé la destruction du 2e Temple.
[Sfat Emet - 5662]

[ainsi en réparant les fautes ayant causées la destruction du Temple (1er et 2e), nous rapprochons la venue du 3e Temple avec la venue du machia'h.]

Le Séder – la préparation annuelle au don de la Torah

+ Le Séder - la préparation annuelle au don de la Torah :

-> La sortie d'Egypte était une préparation vitale pour l'acceptation de la Torah sur le mont Sinaï.
Comme Hachem a dit à Moché lorsqu'Il s'est révélé à lui pour la première fois au buisson ardent : "quand tu auras fait sortir ce peuple de l'Égypte, vous servirez D. [le don de la Torah] sur cette montagne" (Chémot 3,12).
Ce processus se renouvelle chaque année.

Lorsque nous reproduisons la sortie d'Egypte au moment du Séder, nous préparons également le terrain pour recevoir la Torah de nouveau et nous revitalisons notre relation avec elle à Shavouot.
Chaque Shavouot, les juifs arrivent à renouveler la signification de la Torah en mettant l'accent sur leurs besoins spécifiques du moment.
Ainsi, si nous utilisons ce "temps de notre liberté" (zman 'hérouténou) annuel [à Pessa'h] afin de véritablement redécouvrir le sens de notre liberté à servir Hachem et à Le louer, alors nous nous préparons également à renouveler nos liens avec la Torah lors du Shavouot à venir.

Nous disons dans le dernier verset du Shéma : "Je suis Hachem, votre D., qui vous a fait sortir de la terre d'Egypte pour être votre D." (Chéla'h Lé'ha 15,41) = en racontant la sortie d'Egypte, nous renouvellement notre engagement à Hachem et à Sa Torah.
[Sfat Emet - 5660]

"Quiconque faute et a honte de son acte est pardonné de toutes ses fautes"
[Rav - guémara Béra'hot 12b]

-> Le Torat ’Hessed affirme, en citant le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) qu’une seule attitude équivaut vraiment, selon tous les avis, à l’expiation d’un Korban
Preuve en est, quand le roi Chaoul eut honte d’évoquer Nov, la ville de Cohanim qu’il avait anéantie, et que le défunt prophète Chmouël lui apparut (Chmouël I - chap.28), ce dernier lui annonça qu’il mourrait le lendemain et qu’il serait "avec lui", c’est-à-dire aux côtés de Chmouël dans le Olam Haba. Cela montre bien que sa faute lui fut pardonnée, parce qu’il en avait honte.

Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) rapporte une autre guémara (Baba Métsia 58b) qui enseigne que le fait d’humilier quelqu’un revient à le tuer, parce que son sang quitte sa face et son visage blanchit.
De même, quand un individu a honte de ses propres fautes, il vit la même sensation, et est en un sens, considéré comme s’il avait été tué. Puisque la mort expie toutes les fautes, cette personne est lavée de tous ses péchés, comme si elle était morte. [le Ben Ich 'Haï ajoute que l’individu doit aussi faire téchouva, c’est-à-dire suivre le processus habituel de repentir]
Il est évident que de cette façon, l’expiation de la honte équivaut à l’expiation d’un Korban (sacrifice) qui sert à réaliser que l’on aurait mérité la mort.
[le Ramban (Vayikra 1,9) affirme que l’individu aurait dû mourir à cause de sa faute et l’animal [offert en sacrifice] le "remplace" ; ce processus sert d'expiation pour les fautes de l’homme.]

-> Le Torat ’Hessed précise qu’il ne s’agit évidemment pas d’une honte superficielle, n’importe qui peut être embarrassé par un mauvais comportement. On parle d’une honte qui implique une profonde réalisation du dommage causé par la faute, de la nécessité de se repentir.
Le Chaaré Téchouva (chaar 1,22) explique que celui qui faute ressent la même honte que celui qui est humilié en public. Un tel niveau ne peut être atteint que si l’on réalise vraiment son erreur et que l’on prend conscience que les bienfaits prodigués par Hachem furent transformés en rébellion de notre part.
[plus on s'imagine que Hachem est en face de nous, qu'Il a conscience de la moindre de nos pensées, actions, ... plus on a honte d'agir ainsi en contraste total avec Sa bonté constante envers nous]

-> Le rabbi Yéhonathan Gefen ajoute :
Il s’agit, bien sûr, d’un très haut niveau, très difficile à atteindre. Qui plus est, il y a un risque, dans les générations actuelles, que cette honte productive soit remplacée par un sentiment de culpabilité et de désespoir qui aura des conséquences négatives.
Toutefois, nous apprenons que le fait de réaliser les dommages causés par la faute et d’avoir honte de s’être éloigné du Créateur, peut servir de vecteur à l’expiation des fautes et à l’amélioration de soi.

[on doit avoir des moments dans la journées réservés où l'on fait notre introspection. On prend conscience de la gravité d'avoir fauté, d'à quel point on perd et on abîme à se comporter ainsi, d'à quel point on se révolte envers papa Hachem à agir contre Sa volonté, ...
On doit en être bouleversé de honte jusque dans les profondeurs de notre être. [processus de téchouva et de prières]
Une fois ce moment terminé, on retourne à la vie avec le sourire et plein d'espoir que Hachem nous pardonne et nous aide à ne plus retomber dans la faute, mais au contraire qu'on puisse lui faire plaisir par nos actions. ]

Le Temple

+ Le Temple (selon le Sfat Emet) :

-> La Torah dont les juifs bénéficient, n'est qu'un microcosme de toute sa splendeur.
Cette lumière a été cachée par Hachem pendant la Création. Comme nos Sages l'affirment, Hachem a pris la lumière du première jour et l'a préservée pour les tsadikim dans le monde à venir.
Cependant, dans le Temple et spécialement lorsque Aharon allumait la Ménora, cette lumière [spirituelle originelle] était révélée.
[Sfat Emet - Béaaloté'ha 5647]

-> De même que chaque Shabbath, un juif bénéficie d'une influence spirituelle fournit par l'âme supplémentaire (néchama yétéra), de même dans le Temple chaque juif bénéficiait d'une dose de spiritualité supplémentaire (aara yétéra).
[Sfat Emet - Dévarim 5642]

-> Tandis qu'en diaspora, un juif sert Hachem principalement par la peur/crainte, en terre d'Israël et spécialement au Temple, une spiritualité intense et la joie y règnent.
De même, pendant toute la semaine, un juif sert Hachem en mettant l'accent sur la crainte, tandis qu'à Shabbath c'est la joie qui domine.
[Sfat Emet - Nasso 5661]

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-> Le Temple était un lieu qui comprenait les qualités de tous les autres endroits de la terre.
[Sfat Emet - Nasso 5647]

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-> L'objectif de la Torah est d'enseigner aux juifs d'abandonner les passions physiques de leur corps.
Cependant, la terre d'Israël et le Temple permettent aux juifs de sanctifier le domaine physique/matériel.
Ce n'est qu'en terre d'Israël et par le biais du Temple qu'un corps et une âme d'un juif peuvent vraiment fusionner.
Maintenant, en exil (galout) sans le Temple, notre objectif principal guidé par la Torah est d'éliminer autant que possible le matériel de notre vie. [tout ce qui n'est pas nécessaire]
La fonction précédemment jouée par le Temple à sanctifier le corps des juifs est actuellement accomplie par l'exil lui-même.
Toutes les souffrances endurées par les juifs purifient leur corps.
[Sfat Emet - Ki Tavo 5634]

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-> Les juifs profitent le plus des bénédictions d'Hachem lorsqu'ils restent isolés du monde extérieur, comme cela se produisait au Temple.
Même de nos jours, certaines mitsvot comme le Talit, permettent aux juifs de "s'envelopper" afin d'être isolés du monde dans son ensemble.
[Sfat Emet - Ki Tavo 5646]

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+ Reconstruire le Temple :

-> Ce n'est qu'en éradiquant les racines qui ont causé la destruction du Temple que nous pouvons accélérer sa reconstruction.
La haine gratuite (sin'at 'hinam) a mené à la destruction du Temple.
Une atmosphère d'amour maternel et une absence de jalousie sont des prérequis pour rester en terre d'Israël et pour que le Temple puisse continuer d'exister.
[En ce sens,] les juifs ont été comptés et ont reçu leur portion individuelle de la terre d'Israël avant d'y entrer afin de minimiser toute éventuelle jalousie.
[Sfat Emet - Pin'has 5648]

-> Le Temple sera reconstruit par le mérite d'Aharon qui personnifie l'amour.
Dans la mesure où sa destruction a été causée par la faute de la haine gratuite, Aharon sert d'antidote parfait pour cette faute.
[Sfat Emet - Massé 5659]

-> Ce n'est que par l'amour d'un juif envers son prochain (aavat Israël) que le Temple sera reconstruit.
[de même que la haine gratuite l'a détruit, l'amour gratuit entre nous permet de le reconstruire]
[Sfat Emet - Réé 5641]

-> Les actions (mitsvot) et la Torah de chaque génération contribuent à la reconstruction du Temple.
[Sfat Emet - Dévarim 5634]

-> Bien que le Temple a été détruit, une empreinte résiduelle y reste toujours (voir également le fait que la Présence Divine ne quitte jamais le lieu du Temple).
En priant constamment pour la restauration du Temple, cette empreinte résiduelle va être transformée par Hachem en Temple reconstruit.
[Sfat Emet - Réé 5637]