« Le 8e jour, on circoncira la chair de son excroissance » (Tazria 12,3)

=> Pourquoi la circoncision est-elle tout particulièrement douloureuse le 3e jour?

En effet :

1°/ « Hachem apparut [à Avraham] » (Vayéra 18,1), Rachi commente : On était au 3e jour après la circoncision.
– « Tout homme qui se circoncit éprouve une grande douleur le 3e jour » (Pirké déRabbi Eliézer – chap.29) ;
– « Lorsqu’Avraham se circoncit, il éprouva le 3e jour une très grande douleur à sa plaie » (midrach Yalkout Chimoni – chap.82) ;

2°/ « Chékhem, fils de ‘Hamor … vit [Dina, fille de Léa], il la prit, cohabita avec elle et lui fit violence » (Vayicha’h 34,2)
Les fils de Yaakov ont réussi à faire que tous les hommes de la ville de Chékhem se circoncisent.
« Or, au 3e jour, comme ils étaient souffrants, 2 des fils de Yaakov, Chimon et Lévi, frères de Dina, prirent chacun son épée et marchèrent sur la ville en confiance, et tuèrent tous les mâles. Et ‘Hamor et Chekhem son fils, ils [les passèrent au fil de l’épée. Ils prient Dina de la maison de Chékhem et sortirent. » (Vayichla’h 34,25-26)]

Le Ibn Ezra de commenter : le 3e jour suivant la circoncision est le jour où la douleur est la plus forte.

[sachant qu’ils seraient très faibles en ce 3e jour, ils étaient confiants de pouvoir tous les tuer]

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-> La michna (Taanit 26a) rapporte que puisque toute la nation juive ne pouvait pas être présente à Jérusalem lorsque l’offrande journalière était apportée, les 1ers prophètes (Shmouel et David) ont institué une division des Cohanim en 24 gardes, entraînant que chaque Cohen servait pendant environ 1 semaine, et ce 2 fois par an.

De plus, pour chacune de ces gardes de Cohanim, il lui était associée une garde composée de Lévi’im et de Israël (juif autre que Cohen et Lévi), qui assistaient en tant que représentants du peuple lorsque le sacrifice quotidien de la nation juive était offert au Temple
Ces représentants de la nation (autre que Cohanim) s’appelaient : les anché maamad.

Ils devaient jeûner toute la semaine où ils étaient appelés à « exercer » à Jérusalem, à l’exception du vendredi, du Shabbath et du dimanche. [ce qui fait 4 jours : de lundi à jeudi].

La guémara (Taanit 27b) explique qu’ils ne jeûnaient pas le vendredi et le Shabbath, car cela aurait été un manque de respect pour le Shabbath, et également le dimanche car c’est le 3e jour qui a suivi la création de l’être humain (Adam ayant été créé le vendredi, veille de Shabbath).

=> Quel est le problème de jeûner 3 jours après notre création?

Rachi explique que ce 3e jour de la Création de l’homme n’est pas un jour propice à jeûner car c’est un jour faible de façon inhérente. Comme source à cette idée, Rachi cite l’épisode abordé précédemment avec Chimon et Lévi.

Selon le rav Yéhouda Wagschal, Rachi nous enseigne que la douleur ressentie le 3e jour suivant une circoncision (brit mila) ne provient pas d’un processus naturel de guérison, comme on serait tenté de le penser.
La réalité est qu’une circoncision est considérée comme une forme de création.

=> Ainsi, puisque l’humain qui est circoncis est considérée comme venant d’être créé, et puisque que le 3e jour suivant la création d’un homme est naturellement un jour faible, c’est pour cette raison que le 3e jour suivant une brit mila est le plus difficile.

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-> La guémara (Kiddouchin 38a) enseigne que Hachem complète les jours des tsadikim, d’un jour à jour, et d’un mois à mois, comme il est écrit : « Je comblerai le nombre de tes jours » (Michpatim 23,26)
Cela est compris traditionnellement comme signifiant que D. leur permet de vivre des années complètes, en les faisant mourir à la date à laquelle ils sont nés.

Cependant, à l’enterrement du rav ‘Haïm de Volozhin, le rav David de Novardok a fait remarquer que rav ‘Haïm est né le 2e jour de Shavouot (le 7 Sivan), et qu’il est mort le 14 Sivan.
=> Pourquoi un tel tsadik n’a-t-il pas « complété » ses années de vie?

Le rav de Novardok a répondu que le véritable anniversaire d’une personne n’est pas le jour où il sort du ventre de sa mère, mais plutôt celui de sa brit mila, moment où il naît spirituellement parlant.

Ainsi, bien que la source de l’enseignement de la guémara est Moché rabbénou, qui est né et mort le 7 Adar, cela s’explique car il est né déjà circoncis.

Le rav ‘Haïm de Volozhin est mort une semaine après son anniversaire, et plus précisément le jour de sa brit mila.

=> Nous voyons de là que la brit mila n’est pas simplement une mitsva, mais comme l’écrit Rachi, c’est considéré comme une véritable création de l’être, c’est la date de naissance d’une personne.

« Le Cohen regardera et voici, il y a une séét blanche sur la peau et elle a rendu le poil blanc, ou bien il y a de la chair saine et vive dans la séét » (Tazria 13,10)

-> Rachi commente : un seul des 2 signes : le poil blanc ou la peau vive suffit à prouver que la plaie est une tsaraat.

-> Le Rambam (Michné Torah) déclare : « [En ce qui concerne le métsora], dans le cas où il y a un doute à savoir ce qui est apparu en premier : les cheveux blancs ou bien la tâche blanche sur la peau, la personne est déclarée impure. »

-> La guémara (Baba métsia 86a) rapporte que selon la loi juive, si la tâche blanche (bakérét) apparaît avant le cheveu blanc (séet) alors la personne est impure, mais si c’est l’inverse, alors elle est pure.

Il y a eu un débat dans la yéchiva d’En-Haut, à savoir ce qu’il en était lorsque l’on avait un doute sur lequel de ces 2 signes est apparu en premier.
Hachem était d’avis que l’individu est pur, tandis que les autres membres de la yéchiva soutenaient : elle est impure.
Ils se sont mis d’accord pour que Rabba bar Na’hmani arbitre le débat (ce dernier encore vivant, avait déclaré qu’il dépassé tout le monde dans les lois de la lèpre).

Au moment où l’ange de la mort prenait son âme, Rabba bar Na’hmani a dit que la réponse est qu’il est pur.
Ceci a mis fin au débat de la Yéchiva d’En-Haut sur ce sujet.

=> Puisque cela est rapporté dans la guémara, comment le Rambam a pu émettre une opinion contraire, qui plus est contraire à un Sage qui se déclarait comme sans pareil dans ces lois de tsaraat?

Rabbénou Yossef Karo (Kessef Michné) répond : il y a une règle bien connue : « La Torah n’est pas au Ciel ».
Cela signifie que la Torah a été écrite par Hachem, qu’Il l’a transmise aux juifs, et qu’à partir de ce moment Il leur a donné une maîtrise totale d’émettre les décisions finales de la loi juive (par nos rabbanim).
Ainsi quelque soit les décisions dans le beit din d’En-Haut, ce qui compte c’est les décisions dans le beit din d’en-bas.

La guémara (Baba métsia 59b) enseigne que Rabbi Eliezer apporta toutes les réponses du monde pour prouver son opinion mais malgré cela les rabbins refusèrent.

Il leur dit : « si j’ai raison que ce caroubier le prouve » et le caroubier se déplaça de 100 coudées (certains disent 400 cents).
Les rabbins lui dirent: « on n’apporte pas de preuve des caroubiers ».

Il continua: « si j’ai raison que la rivière le prouve », et la rivière changea son cours. Ils lui dirent: « on n’apporte pas de preuve des rivières ».

Il dit : »si j’ai raison que les murs de la maison d’étude le prouvent ». Alors les murs commencèrent à s’affaisser.
Rabbi Yéhochoua gronda les murs : « Si les disciples de sages discutent de la halakha, en quoi cela vous regardent-ils? »
Les murs ne tombèrent pas en l’honneur de Rabbi Yéhochoua, mais ils ne se redressèrent pas en l’honneur de Rabbi Eliézer et ils sont toujours ainsi.

Il leur dit: « si j’ai raison que les cieux le prouvent ». Alors une voix céleste proclama: « pourquoi vous opposez à Rabbi Eliézer, alors que la halakha suit toujours son opinion? »
Rabbi Yéhochoua se leva et dit: « Elle n’est plus dans les cieux ».

Que signifie : « elle n’est plus dans les cieux »?
Rabbi Yirmiya répond: « du fait que la Torah a été donnée au Sinaï, on ne tient plus compte de la voix céleste puisqu’il est dit dans la Torah : « vous suivrez la majorité ».

Rabbi Nathan rencontra le prophète Eliyahou, et lui demanda : « Que fit Dieu en entendant le propos? »
Eliyahiou haNavi de répondre: « Il riait en disant : Mes enfants m’ont vaincu, Mes enfants m’ont vaincu ».

=> Rabbénou Yossef Karo conclut en disant que puisque les mots de Rabba bar Na’hmani ont été prononcés au moment où son âme le quittait, sa décision ne peut pas être considérée comme provenant de « ce monde », et c’est pourquoi le Rambam a totalement le droit d’émettre la décision contraire.

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-> Le ‘Hatam Sofer dit également que personne n’était présent au moment de sa mort, personne d’autre n’a entendu la proclamation Divine demandant à Rabba bar Na’hmani de décider de la halakha dans cette dispute du Ciel.
Si les Sages ont eu connaissance de cet incident, c’est uniquement parce qu’il leur a été révélé du Ciel, et cela nous permet d’affirmer que : « la Torah n’est pas au Ciel ».

« Le lépreux atteint de ce mal [la lèpre], ses vêtements seront déchirés, il laissera pousser ses cheveux, s’enveloppera jusqu’aux lèvres et criera : « Impur! Impur! » » (Tazria 13,45)

-> Nos maîtres (guémara Shabbath 67a) apprennent de ce verset que le lépreux doit faire connaître son mal aux autres, afin qu’ils implorent la miséricorde Divine en sa faveur.
Ils déduisent de là un autre enseignement : « Lorsqu’un arbre perd ses fruits, on le peint en rouge, afin que les passants qui le voient prient pour lui. »

Le rav ‘Haïm Friedlander s’interroge : Comment peut-on apprendre du lépreux qu’il nous faut prier pour l’arbre malade?
Le lépreux endure une souffrance terrible : outre sa douleur physique, il est séparé de sa famille et de son entourage, il crie et prie les hommes de demander la miséricorde pour lui.
En revanche, l’arbre n’est qu’un objet et par ailleurs, son propriétaire en général a de nombreux autres arbres.

Le rav Friedlander explique que nos maîtres nous enseignent ici l’importance de la vertu qui consiste à aider son prochain à porter son fardeau (nossé béol im ‘havéro).
Que notre prochain ressente une souffrance physique comme la lèpre, ou une douleur suite à la perte de ses biens ou même d’un seul arbre, que sa peine soit grande ou légère, il n’y a pas de différence, car fondamentalement, il s’agit d’un homme qui souffre.

Cela exige que nous ressentions ses douleurs comme si elles étaient les nôtres, et que nous priions pour sa guérison, et celle de son arbre.

Hachem est bon et miséricordieux. Lorsqu’Il amène des malheurs sur une personne, Il le fait comme un père punit son enfant. Il ne le châtie pas immédiatement en ébranlant sa santé.
L’Attribut de justice commence par frapper ses biens. S’il se repent et rectifie sa faute, fort bien. Sinon, c’est son corps qui est touché.

A l’époque du Temple, Hachem envoyait d’abord une plaie (tsaraat) sur la maison du fauteur et des traces de décoloration apparaissaient sur les murs (14,34).
S’il se repentait, cela s’arrêtait là, sinon la plaie gagnait ses vêtements qui sont plus proches de son corps (13,49).
S’il ne se repentait toujours pas, la plaie touchait son corps.
[…]

Les marques lépreuses ne sont pas des symptômes naturels. Elles sont envoyées par Hachem pour éveiller l’homme de son sommeil, et pour l’inciter à réfléchir à ses actes et à se repentir.
[Méam Loez – Tazria 13,1-2]

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-> Les marques qui apparaissaient dans les maisons et sur les vêtements étaient un prodige et un miracle au sein des juifs. Cela n’arrivait à aucun autre peuple.
En effet, Hachem nous aime et désire que nous veillions à la pureté de nos paroles.
[Rambam]

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-> La lèpre (tsaraat) n’est pas comme une maladie : c’est un message envoyé du ciel pour se repentir d’avoir dit du lachon ara.

Le Sforno écrit également que la tsaraat n’était pas une maladie ordinaire, car elle touchait même les habits et les maisons. Hachem change les lois de la nature pour que l’homme soi amené à se repentir et se purifier.

Il apparaît donc que la simple existence de la tsaraat prouve notre proximité avec Hachem qui veille sur le peuple d’Israël.
Car même si la tsaraat, comme toute autre maladie, est guérissable, elle montre toutefois qu’un lien particulier nous relie à Hachem qui se soucie de nous, et fait revenir à Lui par « miracle » celui qui a médit : cela est une source de joie.

Aujourd’hui, même s’il est vrai qu’il n’y a plus d’altérations lépreuses visibles, cependant la lèpre affecte l’homme et entache son âme.
[En ce sens], nos Sages (midrach Vayikra rabba 16,3) disent que celui qui garde sa langue préserve son âme de toutes sortes de malheurs.
[rav Moché Sternbuch – Taam véDaat]

« Le Cohen regardera la plaie … et le Cohen le regardera et le déclarera impur » (Tazria 13,3)

Pourquoi la Torah répète-t-elle à 2 reprises que le « Cohen regardera »?

Selon le Messekh ‘Hokhma, cela fait allusion au fait que le Cohen doit voir 2 choses avant d’émettre une décision sur une plaie.
Tout d’abord, il doit regarder la tâche pour déterminer si elle est pure ou non.
Mais en plus de cela, il doit voir aussi si le moment est apte à rendre impur cette personne.
En effet, nos Sages disent que pendant les 7 jours qui suivent le mariage d’une personne ou encore pendant une fête juive, le Cohen ne rendait pas impur un lépreux, pour ne pas l’affliger dans un jour de joie.

=> Ainsi, même si le Cohen « regarder » que la plaie est impure, il devra en plus voir si c’est un moment où il peut le rendre impur avant de décréter que ce lépreux le soit.

-> Selon Rabbi ‘Haïm Kofman, on apprend de là une règle fondamentale dans la vie.
Lorsque l’on observee un défaut (une plaie) chez notre prochain, avant de lui en parler, nous devons d’abord regarder sa personne. En effet, nous devons prendre en considération l’état de sa vie actuelle, son humeur, … pour définir si c’est le moment opportun pour lui faire des remontrances, lui donner notre avis sur son comportement.

Parfois nous voulons bien faire par amour pour autrui, nous laissons alors notre cœur parler, mais nous oublions de vérifier si c’est le bon moment, si c’est les bons mots pour le faire.
=> A l’image du Cohen, nous devons être attentifs à 2 reprises, avant d’émettre notre opinion, afin d’éviter de détruire autrui plutôt que de contribuer à l’améliorer.

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-> Le Choul’han Aroukh (Ora’h Haïm 143,4) statue que si une erreur est trouvée dans un Séfer Torah au cours d’une lecture, alors nous devons prendre un autre Séfer Torah pour terminer sa lecture.
Cependant, le rav Bétsalel Stern rapporte la coutume que si l’on trouve une erreur dans un Séfer Torah durant la 1ere fois où celui-ci est utilisé, alors la communauté doit continuer et terminer la lecture dans ce même Séfer Torah (sans changer).

Il explique que c’est comparable à l’enseignement de la michna (Négaïm 3,2), où si un fiancé développe des plaies qui peuvent être assimilées à de la tsaraat, alors pendant la période des 7 jours de réjouissance qui suit le mariage, le Cohen n’a pas le droit de statuer sur sa situation.
=> Ainsi, de même que temporairement nous fermons les yeux sur les défauts du ‘hatan afin de lui permettre de commencer son mariage dans un esprit rempli de joie, de même nous ignorons brièvement l’erreur dans le Séfer Torah pour permettre à son inauguration de se faire dans une joie totale.

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« Le Cohen isolera la plaie de nétek (la tsaraat des cheveux) durant 7 jours » (Tazria 13,31)

Pourquoi la Torah demande-t-elle d’isoler la plaie, et non pas la personne?

-> Le rabbi Zalman Gutman explique que lorsque quelqu’un n’agit pas comme il le faudrait, c’est notre rôle de retirer les plaies conséquentes de notre esprit.
Nous devons conserver proche de notre cœur la personne, et mettre en isolation ce qui a pu nous blesser (la plaie). En effet, naturellement nous faisons l’inverse : garder en nous des arguments pour la détester (elle a fait ça, et ça …), et la repousser au loin.

Il est écrit : « Juge tout individu favorablement » (dan ét kol adam lékaf zé’hout – Pirké Avot 1,6)
La notion de « tout » (kol) renvoie à la globalité. Cela nous enseigne qu’il ne faut pas juger autrui sur un fait isolé, à un moment précis, mais plutôt en prenant en compte toute sa personnalité, dans une temporalité totale (passé, présent et futur).

On ne parle pas ici de personnes manipulatrices, nocives pour nous, mais b’h, de l’immense majorité des gens qui nous entourent et dont nous devons chercher au maximum à les juger positivement.
Nous devons se focaliser sur ce qu’il y a de beau/positif en eux, et non pas sur leurs plaies (nous avons tous des défauts, des hauts et des bas, des moments de moins bien, un passif de vécu différent, …), les isolant en dehors du campement de notre conscience, gardant autrui proche de nous.

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« Celui à qui la maison appartient viendra et déclarera au Cohen, en disant : ‘Il m’est apparu comme une plaie dans la maison’. » (Métsora 14,35)

-> De ce verset, il découle que lorsque la lèpre (tsaraat) va apparaître sur les murs d’une maison qui est trop sombre pour qu’on puisse convenablement enquêter sur son état, les fenêtres ne pourront pas être ouvertes pour permettre à la lumière d’entrer, puisqu’elle doit être examinée par le Cohen avec sa lumière ordinaire.
De même, la michna (Négaïm 2,3) enseigne : « Les fenêtres d’une maison obscure ne peuvent pas être ouvertes pour examiner sa lèpre »

Métaphoriquement, c’est une instruction aux responsables du peuple juif de ne pas rechercher et exposer les défauts de la nation pendant une période d’obscurité, c’est-à-dire durant l’exil, lorsque les gens sont tombés à un bas niveau dans l’observance des mitsvot.
Il faudra toujours rechercher le bénéfice du doute : ce n’est pas de leur faute, mais à cause de leurs souffrances, du semblant éloignement avec D. causé par l’exil, l’influence des non-juifs, …
[un juif est profondément bon, mais cette situation où Hachem est très caché, entraîne des actes en désaccord avec leur nature interne. ]

[Rabbi Aharon Yaakov Greenberg – Itouré Torah]

[Selon rabbi ‘Haïm Chmoulévitch, cela peut se comprendre ainsi : lorsqu’une personne par humilité va s’entourer d’obscurité afin de ne pas montrer aux yeux de tous ses trésors intérieurs, alors au Ciel on n’aura pas le droit d’amener de la lumière pour examiner avec précision ce qui ne va pas en elle. Ainsi, l’humilité nous protège d’avoir un jugement Divin trop rigoureux!]

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« Tout endroit que les yeux du Cohen peuvent voir » (Métsora 13,12)

-> Nos Sages apprennent de ce verset que l’on n’examine pas les plaies un jour nuageux.
On peut l’expliquer de façon allusive. Les jours nuageux font allusion à des moments où des “nuages” planent sur le peuple juif, c’est-à-dire que les juifs vivent des souffrances et des moments difficiles. Dans de tels moments, on n’a pas le droit de voir les plaies et les défauts chez les juifs.
Si on voit du mal en eux, on doit les juger favorablement et dire que ce sont certainement ces épreuves qui ont causées ces “plaies” et ces failles.
=> Dans de telles situations, il faut voir les circonstances et non pas les fautes.
[le Guélilé Zahav]

« Lorsqu’un homme aura sur la peau de sa chair … une plaie de tsaraat » (Tazria 13,2)

-> Dans la Torah, la plupart des cas où le mot « néga » (une plaie – נגע) apparaît, cela fait clairement référence à un décret Divin spécial.
Le mot : נגע (néga), peut également se lire : « naga », qui signifie : « touché », car une personne infectée par une plaie (néga) est en réalité touchée (naga) par le doigt d’Hachem.

[Rabbi Shimshon Raphael Hirsch]

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-> Le ‘Hatam Sofer (Méla’him II 5,10) écrit :
« Lorsque le peuple juif avait la lèpre (tsaraat), c’était une maladie spirituelle, un message envoyé par Hachem pour faire téchouva.
En effet, seule la téchouva pouvait guérir un juif de la tsaraat.

Pour les autres nations du monde, la lèpre (tsaraat) est une maladie [uniquement] physique qui se guérit par des remèdes naturels. »

[Pour les juifs = revenez vers Moi par votre téchouva ; pour les autres nations = vivez votre vie de votre côté]

-> Il existe 4 termes faisant référence à un homme, correspond à 4 niveaux : adam, guévèr, énoch, ich.
Le plus élevé de tous est : adam (il est propre aux juifs).
[Yalkout Réouvéni]

Dans ce verset, celui qui a une plaie suite à sa faute, est quand même dénommé : adam (un homme sous sa forme la plus élevée!).

=> Hachem aime chaque juif indépendamment de son comportement, au point qu’Il lui envoie des messages (épreuves) pour le bouger/inciter à revenir vers Lui par sa téchouva.
Cela à l’image d’un père disant à son fils : Reviens vers Moi! Mon fils adoré, que ta présence me manque!!

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« Telle est la loi du métsora … et il sera amené au Cohen » (Métsora 14,2)

-> Le mot : « véouva » (et il sera amené – וְהוּבָא) contient les mêmes lettres que : « et il est aimé » (véaouv – ואהוב).

Cela fait allusion aux mots du Rambam (Hilkhot Téchouva 7,4) : « Une personne qui a fait téchouva est aimée et chérie par D. »
Celui qui était un métsora et qui fait téchouva, est aimé par Hachem.

[le ‘Hida – ‘Homat Anakh]

« Lorsqu’une plaie (néga) de tsaraat sera sur un homme, il sera amené vers le Cohen » (Tazria 13,9)

-> Le rav Eliyahou Lopian fait remarquer que les mots : « néga » (une plaie – נגע) et « onég » (le plaisir – ענג) sont composés des mêmes lettres, et la seule différence se trouve dans le positionnement de la lettre : « ayin » (en hébreu « ayin » veut dire : les yeux).

Le roi Chlomo écrit : « Un sage a ses yeux devant lui » (a’hakham énav bérocho – Kohélét 2,14).
Cela implique que :
– Un sage va observer les conséquences de ses actes avant de les accomplir. Ainsi, le fait d’ouvrir les yeux à l’avance, va lui procurer beaucoup de plaisir (ענג), davantage de conséquences positives que s’il ne l’avait pas fait.
– A l’inverse un fou va agir inconsciemment, et c’est uniquement lorsqu’il se cogne, qu’il a une plaie (נגע) et qu’il est obligé d’affronter la réalité (ouvrir les yeux, renvoyant au « ayin » à la fin du mot!).

Mais cela peut également se comprendre de la manière suivante :
– une personne sage va choisir de regarder ce qui est de 1er choix chez autrui : tout le meilleur. En plaçant ses yeux (ayin – ע) uniquement sur le positif, on vit alors une vie de plaisirs (ענג).
En effet, voir les qualités d’autrui, apprécier le bien (même petit) que l’on nous octroie, … c’est vivre dans un monde tellement agréable!

– à l’inverse, si nos yeux se trouvent toujours focalisés sur l’arrière (regard négatif), sur ce qui ne va pas assez bien, alors on devient quelqu’un d’amer avec la vie, la transformant en plaies (נגע) et en souffrances.

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-> Selon le ‘Hidouché haRim, on apprend de là que la vie peut être un plaisir ou une souffrance, et que cela dépend de notre façon de la percevoir.

-> Le rabbi Zalman Gutman fait remarquer que le mot « néga » (plaie) se retrouve dans le fait d’être : NEGA-tive (tive se rapprochant de tov), c’est-à-dire que notre négativité va dissimuler tout le bien que l’on a.

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-> Le mot : « bésim’ha » (dans la joie – בשמחה) possède les mêmes lettres que : « ma’hchava » (la pensée – מחשבה).
Se focaliser sur tout le positif de la vie, est une façon de penser qui amène la joie, et qui est donc dépendante de notre regard envers le monde.

-> Le mot : « toda » (merci! – תודה) a la même guématria que : « sim’ha bé’haïm » (la joie dans la vie – שמחה בחיים).
Lorsque l’on exprime notre gratitude, nos remerciements, cela témoigne d’une appréciation de ce qui se déroule dans notre vie. Il en résulte une joie de vivre!

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-> « Bien des femmes se sont montrées vaillantes tu leur es supérieure à toutes » (rabot banot assou ‘hayil, véat alit al koulana – michlé 31,29)

Ce passage du échet ‘hayil du vendredi soir, est un conseil en or de shalom bayit.
Nous savons tous que notre mari/femme a de nombreuses qualités (on ne l’aurait pas épousé sinon!), mais selon le roi Salomon, nous devons aller plus loin : à nos yeux notre conjoint(e) doit être unique (supérieure à tous).

-> « [Les anges] dirent [à Avraham] : « Où est Sarah ta femme? » Il répondit : « Elle est dans la tente ». »
Rachi commente : les anges savaient, certes, où était Sarah, notre matriarche, mais qu’ils ont voulu mettre sa discrétion en évidence, afin de la rendre plus chère à son mari.

=> On voit que même Avraham avait besoin de développer ce sentiment d’avoir LA meilleure femme possible pour lui.

-> Le rav Chmoulévitch avait l’habitude chaque jour, de souligner à lui-même 10 qualités uniques qu’il trouvait chez sa femme.

=> Plus nous donnons de la valeur à notre conjoint, moins ses petits défauts, écarts de conduite vont négativement nous impacter.
En effet : j’ai tellement de chance d’avoir une femme si exceptionnelle, si unique, que ces petits aspects négatifs sont comme inexistants face à l’immensité de ses qualités!!

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« Qui est l’homme qui souhaite la vie?
Celui qui aime les jours [et] qui regarde le bien »
[Téhilim 34,13 – mi a’ich é’afets ‘haïm? oév yamim, lir’ot tov]

Le rav Nison Alpert commente que l’origine du lachon ara ne se trouve pas dans une erreur de langage, mais dans un échec de voir la vie comme il faut.

-> Par exemple, lorsque les explorateurs sont revenus d’Israël et qu’ils ont mal parlé du pays, Hachem va les punir : « Selon le nombre de jours que vous avez exploré le pays, soit 40 jours, un jour pour une année, un jour pour une année, vous porterez vos fautes durant 40 années » (Chéla’h Lé’ha 14,34).

On voit ici que la punition va se baser non pas sur les quelques instants de lachon ara devant le peuple, mais sur la durée de leur séjour en Israël. Pourquoi cela?
Car si les explorateurs ont mal parlé, c’est parce qu’ils ne regardaient pas le positif du pays, mais plutôt ses aspects en apparence négatifs.

D’ailleurs, on voit ce lien dans le Téhilim (34,13-14) : « Celui qui aime les jours [et] qui regarde le bien, préserve ta langue du mal ».
[si tu regardes le bien alors tu préserve ta langue du mal!]

=> Ainsi, le plus une personne aura un regard centré sur le négatif, le plus elle trouvera des choses négatives à dire.
Nous pouvons passer à côté d’une vie très agréable, car on se serait focalisé uniquement sur ce qui ne va pas.

[« Qui est l’homme qui souhaite la vie? = la condition de base = toujours regarder le bien!]