« Voici les paroles que Moché adressa à tout Israël » (Dévarim 1,1)

-> Le Ohr ha’Haïm haKadoch interprète ce verset allusivement.
« Voici les paroles que Moché adressa » = Moché n’a jamais tenu de paroles vaines, et tous ses propos concernaient uniquement la Torah et étaient empreints de sainteté, en accord avec l’affirmation de nos Sages (guémara Yoma 19b) selon laquelle : « Quiconque entretient une conversation profane transgresse une mitsva positive, comme il est écrit : « Et tu en parles » (védibarta bam) = tu parleras [de Torah] et non pas de paroles vaines, inutiles (dévarim bétélim).

-> Le Tiférét Chlomo s’étonne : Moché était âgé de 80 ans avant le don de la Torah, et selon l’enseignement de nos Maîtres, il était roi en Ethiopie (après avoir fui l’Egypte).
=> Comment dire qu’il a tenu durant toute sa vie des propos de Torah, et qu’il n’a jamais discuté d’autre chose?

En réalité, lorsque nous tendons et aspirons à servir D., même le reste de nos préoccupations concernant nos besoins matériels entrent dans le cadre de la « Torah ».
=> Si nous sommes animés uniquement par le désir d’accomplir la volonté de D., tous nos gestes quotidiens (même le plus banal!) entrent alors dans une catégorie des paroles de la Torah.

« Ce qui sera trop difficile pour vous, approchez-le de moi et je l’écouterai » (Dévarim 1,17)

-> Le ‘Hatam Sofer dit que dans ce passage se cache une allusion aux paroles de la guémara (Taanit 7a) : « J’ai appris beaucoup de mes maîtres, de mes collègues plus que de mes maîtres, et de mes élèves plus que tous ».
Rachi explique : « De mes élèves plus que tous » = parce que les élèves soulèvent des objections et posent des questions.

Au début, la vérité est cachée même aux yeux du maître, mais quand il donne des explications à l’élève, celui-ci trouve matière à interroger et objecter, et par ce processus le maître se rapproche de la vérité, qui lui était cachée auparavant.

C’est ce que dit le verset : « ce qui sera trop difficile pour vous », au moyen des difficultés que vous objecterez, « approchez-le de moi », la chose se rapprochera de moi, « et je l’écouterai » dans ma tête pour le comprendre parfaitement.

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+ « Ce qui sera trop difficile pour vous, approchez-le de moi et je l’écouterai » (Dévarim 1,17)

-> A ce sujet, le Ramban donne l’explication suivante :
Voici le principe en ce qui concerne toute chose dont on ne sait pas si elle est permise et convenable ou non : nous pourrons l’analyser en nous éloignant du plaisir que cette chose procure. Alors, nous envisagerons le sujet de manière juste et saurons si telle est la volonté de D.

C’est la signification du verset :
– « Ce qui sera trop difficile pour vous » = une chose dont vous ignorez si elle est autorisée,
– « approchez-le de moi » = afin que toutes vos actions et vos considérations soient uniquement pour le Nom Divin.

« Il y a 11 journées depuis le ‘Horév » (Dévarim 1,2)

La majorité des commentateurs sont d’avis que le mont ‘Horév est un autre nom pour le mont Sinaï.

-> Le Kli Yakar trouve une allusion dans ces 11 jours : ils sont à mettre en parallèle avec les 11 jours de l’année où nous prenons le deuil pour la destruction du Temple.
Il s’agit des 9 jours du mois de Av, du 17 Tamouz, et du 10 Tévét.

[sans le Temple, nous ne pouvons pas accomplir la totalité des mitsvot de la Torah. Ainsi, ces 11 jours de destruction du Temple, symbolisent notre éloignement avec la Torah entière comme reçue au mont Sinaï.]

« Voici les paroles (élé aDévarim) adressées par Moché à tout Israël » (Dévarim 1,1)

-> Le Sfat Emet disait : le livre de Dévarim est comme les « téfilin chél yad » (téfilin du bras), dont toutes les parachiot sont rassemblées dans un seul boitier, alors que les 4 autres livres de la Torah sont comme les « téfilin chél roch » (téfilin de la tête), où les 4 parachiot sont disposées dans 4 boîtiers.

Le 5e livre de la Torah s’appelle : « Dévarim » (paroles), parce qu’en son début et à sa fin on trouve beaucoup de paroles de remontrance, dont le but est de rapprocher et d’attacher les cœurs des juifs à la Torah, comme les téfilin du bras, avec lesquels nous accomplissons : « vous les attacherez » en face du cœur.

« Voici les paroles que Moché a adressé à tout Israël » (Dévarim 1,1)

-> Rachi (v.1,1) : « Etant donné que ce qui va suivre est constitué par des remontrances, et que le texte énumère ici tous les lieux où ils ont irrité Hachem, il les dissimule et ne les cite que par allusions, afin de ménager l’honneur d’Israël. »

-> Rabbi Lévi Its’hak de Berdichev enseigne que devant le peuple juif (« à tout Israël »), Moché a fait des remontrances de façon allusive et en toute intimité.
Cependant, lorsqu’il parlait avec Hachem, Moché ne mentionnait pas les fautes du peuple.
Au contraire, il faisait des éloges et parlait beaucoup de leurs traits de caractère élevés, afin de susciter la miséricorde de D. sur Sa nation.

-> Ainsi, Moché nous apprend que la meilleure façon de faire des remontrances consiste en des allusions, amenées avec respect et en lui préservant son honneur.
A ce moment-là, elles peuvent avoir une influence sur la personne à qui l’on s’adresse.

Le mot « remontrances » (tokhé’ha) provient de la racine : « tokh » (intérieur), car son rôle est de faire pénétrer les paroles à l’intérieur du cœur de l’homme.
[l’essentiel n’est pas : « c’est bon j’ai fait ma part en le lui disant », mais plutôt l’essentiel est de faire le maximum pour que cela ait des chances de pénétrer en cette personne!]

Le Gaon de Vilna (michlé 9,8) compare la remontrance à un miroir, qui reflète le visage de l’homme et au moyen duquel il peut distinguer toutes les tâches et tous les soupçons de saleté présents sur son visage, et ainsi s’en débarrasser.
[on doit mettre la personne à l’aise, afin qu’elle soit dans de telles conditions qu’elle n’aura pas honte à se voir imparfaite dans le miroir. Le but est qu’elle soit encore plus magnifique, et non pas de lui causer publiquement de la honte!]

La remontrance est si importante que nos Sages l’ont comptée parmi les 48 qualités par lesquels on acquiert la Torah (« Celui qui aime les remontrances » – Pirké Avot 6,6).
Malgré son niveau incroyablement élevé, le Gaon de Vilna n’a pas hésité à demander et 0 payer son ami le Maguid de Doubno, pour qu’il lui fasse des réprimandes, lui adressant constamment des critiques sur ce qu’il devait corriger.
C’est uniquement ainsi qu’un homme peut se construire spirituellement, et ajouter de la perfection à sa perfection.
En effet, comme l’homme ne se voit à lui-même aucune imperfection, il a besoin d’entendre les paroles de critique d’autres personnes, qui seules peuvent distinguer ses défauts (que l’on peut même en venir à considérer comme des qualités!).

-> La guémara (Shabbath 119) affirme qu’une des raisons qui a provoqué la destruction du Temple, est que les gens ne se réprimandaient pas mutuellement.
On a l’habitude de lire la paracha Dévarim juste avant le 9 Av, pour nous apprendre qu’on peut construire Jérusalem par la mitsva de la remontrance, qui doit se manifester avec la plus grande douceur et gentillesse.

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-> « Ne réprimande pas le railleur, car il te haïrait ; fais des remontrances au sage, et il t’en aimera davantage » (Michlé 9,8)

Le Chla haKadoch (sur le verset v.1,13 : « des hommes distingués, sages, doués de discernement ») rapporte que le roi Chlomo veut dire : « Ne réprimandez pas une personne en se référant à lui comme à un railleur ; mais plutôt, réprimande-le d’une telle façon qu’il puisse penser qu’on le considère comme une personne intelligente, sage, et que c’est indigne de son haut rang d’agir ainsi.
De cette façon, il va t’aimer et accepter tes mots.

=> Faire de l’autre une personne importante, c’est l’encourager à agir en adéquation avec cela.

-> Par exemple, le rabbi Avraham Twerski rapporte que trop souvent les parents crient sur leurs enfants : « Tu n’es qu’un bon à rien! Comment peux-tu être aussi bête et paresseux? »

Un enfant qui va grandir en entendant de façon répétée de telles remarques, va petit à petit les absorber jusqu’à être persuadé d’être un sot et un paresseux, et va donc prendre des décisions dans sa vie qui reflète la faible image qu’il a de lui.
Il pourra même devenir totalement dépendant aux marques d’honneur, de respect, que l’environnement pourra lui témoigner, pour dépasser ce manque d’estime de soi.
[il vit alors pour le regard des autres, et plus pour lui-même!]

A l’opposé de cela, le père de rabbi Twerski lui disait : « Ce que tu as fais n’est pas approprié pour quelqu’un d’aussi formidable et extraordinaire que toi. »
Le message était : qu’il est un enfant incroyable avec un énorme potentiel, qui doit juste se concentrer à utiliser son énergie comme il le faut.

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-> Un jour le rav Eliyahou Lopian a dit à l’un de ses élèves qui arrivaient souvent en retard à la prière :
« Cela me fait tellement de peine de voir ton manque d’enthousiasme envers la prière. Si seulement tu pouvais savoir combien je t’aime et à quel point je m’inquiète pour toi, alors je t’aurai puni.
Mais je vois que tu es inconscients de mon amour et de ma préoccupation pour toi, donc je ne me sens pas à l’aise de te punir ».

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-> b’h, Nous allons voir un développement du rabbi Yérou’ham Lébovitch (‘Hokkhma ouMoussar).

A de nombreuses reprises, Moché a réprimandé le peuple d’Israël, mais à chaque fois il a terminé ses propos par une bénédiction.
En effet, celui qui rappelle aux gens leurs fautes ne doit pas les désespérer en les accablant et en les enfermant dans leurs péchés.

L’objectif de la réprimande est de les aider à se corriger et à se repentir. Il faut que tout le reproche soit orienté dans l’esprit de s’améliorer, mais jamais de ne montrer que le mal et la faute.
Il est fondamental d’ouvrir la porte au repentir.
L’issu doit être positive et lumineuse.

[par la téchouva tu peux effacer tout le « mal », et vu que tu es quelqu’un d’exceptionnel, il ne restera alors que de l’exceptionnel.]

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-> Il est écrit : « Réprimande ton prochain et ne fais pas porter la faute sur lui » (Kédochim 19,17).
=> Que signifie : « Ne fais pas porter la faute sur lui »?

Comme on vient de le voir, toute la réprimande doit être dirigée vers le repentir et l’amélioration du fauteur.
Le but est qu’il finisse par prendre le dessus sur sa faute et s’en dégager.

[il est quelqu’un d’exceptionnel, c’est uniquement sa faute qui est détestable, qui fait tâche, et il doit s’en s’en débarrasser, faire téchouva.]

Jamais une réprimande ne doit accabler et désespérer une personne.
Certes, tu dois réprimander ton prochain, mais surtout : « ne fais pas porter la faute sur lui », c’est-à-dire : ne lui suggère jamais que la faute est au-dessus de lui, qu’elle est trop lourde pour lui et que finalement, il ne s’en dégagera jamais.

=> Montre que c’est lui qui est au dessus de la faute, et qu’il pourra la maîtriser et s’en dégager.
C’est cela l’objectif de toute réprimande.

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+ « Voici les paroles que Moché a adressé à tout Israël » (Dévarim 1,1)

-> « Cela nous enseigne qu’ils étaient capables de supporter les réprimandes »
[midrach Yalkout Chimoni sur le v.1,1]

-> Rachi (v.1,3) : « Yaakov n’a adressé des remontrances à ses fils qu’à l’approche de sa mort. Il a dit : « Reouven, mon fils! Je vais te dire pourquoi je ne t’ai pas adressé de remontrances pendant toutes ces années : C’est pour que tu ne me quittes pas pour aller t’attacher à mon frère Essav ».  »

=> Nous devons beaucoup nous inspirer de ce Rachi.
Avec nos proches, et en particulier nos enfants, nous avons certes un devoir de réprimander ce qui ne va pas, mais nous devons savoir nous tempérer et ne pas être trop dur.
En effet, parfois pour se soulager la conscience nous « vidons notre sac » (c’est bon, je le lui ai dis, je ne peux pas faire plus!).
Mais cependant, si nous voulons réellement le bien de l’autre, ce n’est pas toujours la meilleure stratégie à adopter.

Le silence peut être plus bénéfique que la parole.
Beaucoup d’amour, beaucoup de valorisation de l’enfant, font beaucoup plus dans notre génération qu’une multitude de réprimandes.

-> Un midrach rapproche le terme « Dévarim » (les paroles de réprimande), du terme « dévorim » (דבורים), signifiant : « des abeilles ».
=> Nous devons faire en sorte que la piqûre inévitable dans une réprimande soit la moins douloureuse possible (on pique là où ça fait mal chez l’autre, sur son mauvais comportement).

Nous devons également nous assurer que de notre démarche, il n’en ressorte que du miel, et pas de l’aigreur (voir pire).

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-> « Que Hachem, le D. de vos pères, vous ajoute comme vous un millier de fois » (Dévarim)

-> Le rav Leibele Eiger de Lublin (petit-fils de rabbi Akiva Eiger) explique ce verset : Quand Moché a vu que le cœur des juifs se brisait à cause de ses remontrances, il a eu peur qu’ils tombent dans la tristesse, c’est pourquoi il leur a immédiatement dit : « Que Hachem vous ajoute comme vous un millier de fois », c’est-à-dire bien que je vous ai réprimandés, je voudrais qu’il y en ait beaucoup comme vous, des juifs droits, pendant toutes les générations … »

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-> Au sujet de la réprimande, b’h, voir aussi : https://todahm.com/2019/07/07/9477

« J’ai ordonné à vos juges, en ce temps là, en leur disant : « Ecoutez vos frères et jugez équitablement ». » (Dévarim 1,16)

-> Le Kédouchat Lévi explique l’emploi des termes « en ce temps là » (baét ha’i), de la façon suivante :

Dans nos générations, avant la venue du machia’h, un juge doit bien écouter les arguments des plaignants pour rendre la justice.
Mais, dans les temps futurs, nos Sages enseignent que le machia’h ne jugera pas en écoutant les différents arguments, mais il jugera par l’odorat.
Il sentira la justice et la vérité.

Ainsi, c’est seulement « en ce temps là » : c’est-à-dire dans nos générations avant le machia’h, que Moché donna ordre aux juges d’écouter pour juger.
Cependant, dans le futur, le machia’h ne jugera pas en entendant, mais en sentant.

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+ « Ecoutez vos frères et jugez équitablement » (Dévarim 1,16)

-> De ce verset, nos Sages (guémara Sanhédrin 7b) tirent qu’un juge ne doit pas entendre le témoignage d’une des parties avant que l’autre ne soit arrivée.
Un jugement ne doit pas se faire à la hâte, et aucune préférence ne doit être accordée à l’une des partie.

-> « Un homme ne peut fauter que si un esprit de folie pénètre en lui »
[guémara Sotah 3a]

-> « La stupidité (ou la folie) de l’homme fausse (ou déforme) sa voie, et contre Hachem, son cœur s’emporte » (Michlé 19,3)

Rabbénou Yona d’expliquer :
« L’homme stupide ne réfléchit pas avant d’agir, ne surveille pas les voies qu’il emprunte, et qui peuvent l’amener à fauter.
Il n’a pas l’habitude de faire un examen de conscience de ses actions et n’examine pas ses voies, ce qui empêche tout repentir.
De plus, lorsqu’il est sanctionné, il critique Hachem pour les malheurs qui le frappent, car il pense n’avoir aucune faute à se reprocher. »

=> Nous devons éviter d’agir sur un coup de tête, sur un vent de folie.
« Jugez équitablement » = Nous devons attendre que les 2 parties : le yétser ara et le yétser atov soient là, et pouvoir choisir ce qu’il convient de faire en fonction de la question : « Qu’est-ce que D. attend de moi? Qu’est-ce que je gagne, qu’est-ce que je perds en agissant de la sorte? »

Le yétser ara est là depuis notre naissance, le yétser atov arrive à nos 13 ans (bar mitsva).
De plus, le yétser ara propose des choses en apparence très intéressantes sur le moment, mais aux conséquences dramatiques pour notre futur.

« Hachem me parla en disant » (Dévarim 2,17)

-> Rachi explique que durant les 38 années où Israël a été en disgrâce (suite à la faute des explorateurs), D. n’a pas parlé [directement, en face à face] à Moché, avec tout Son amour, dans l’intimité et la sérénité.
Cela nous apprend que la présence Divine ne repose sur les prophètes que pour le peuple d’Israël, et elle s’en retire lorsqu’il n’est pas méritant.

=> Comment Hachem a-t-il communiqué avec Moché pendant cette période?

-> Selon Rachi (guémara Taanit 30b), Hachem lui parlait toujours avec amour, mais d’une façon indirecte : au travers des visions nocturnes.

-> Selon le Rachbam (guémara Baba Batra 121b), la communication se faisait régulièrement par des moyens indirects : comme un ange ou bien les Ourim véToumim du Cohen Gadol.
De plus, il écrit que Hachem ne parlait à Moché que pendant des moments où un incident nécessitait l’intervention Divine.

-> Rabbénou Bé’hayé est d’avis que durant cette période, Moché continuait à recevoir les prophéties, mais elles lui étaient transmises avec une clarté imparfaite à l’image des autres prophètes, et à l’opposé de la clarté absolue que Moché était habitué à recevoir.

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-> Sur ce verset, Rabbénou Bé’hayé (Dévarim 2,17) enseigne également que chaque année, Moché lui-même s’endeuillait pour ceux qui mouraient le 9 Av.

[Chaque année, la nuit du 9 Av, tous les hommes de la tranche d’âge destinée à mourir (de 20 à 60 ans au moment des faits des explorateurs) creusent des tombes et s’y allongent pour la nuit. Certains ne se réveillent pas.
Lorsque ceux qui sont encore en vie se réveillent le 9 Av au matin, ils entendent une voix proclamer : « Que les vivants se séparent des morts! »
A ce moment, ils se lèvent et quittent leur tombe.
Ce cérémonial se répète tous les ans à la même date pendant les 38 années suivantes jusqu’à ce que les 600 000 hommes de cette tranche d’âge soient morts, soit une moyenne de 15 000 hommes par an! – selon le Sifté Cohen]

=> Ainsi, même s’il était assuré de ne pas mourir, Moché ressentait tellement la douleur de son peuple, que le 9 Av, il s’endeuillait et ressentait la même douleur/appréhension que celui qui avait le plus de probabilité de mourir en cette nuit du 9 Av.