"Regarde, J'ai livré le pays devant vous. Allez occuper le pays que D. a juré de donner à vos pères Avraham, Its'hak et Yaakov, et à leurs descendants après eux" (Dévarim 1,8)

-> Moché dit à présent aux Bné Israël : "Voyez à quel point D. voulait vous conduire en terre d'Israël. Il m'a dit de transmettre à chacun de vous : 'Regarde! J'ai livré le pays devant vous'."

Si D. désire renverser une nation, Il commence par renverser son ange protecteur céleste (sar) et le détruire ainsi qu'il est écrit : "Hachem bouleversera avec force l'armée céleste en Haut et les rois de la terre sur terre" (Yéchayahou 24,21).

Les Bné Israël se plaignaient que D. n'eût pas la force de combattre les 31 rois de Canaan.
Qu'a fait D.?
Il a pris les anges protecteurs de ces nations, les a attachés et les a jetés à terre aux yeux des Bné Israël. Ces derniers les ont vus ligotés et précipités à terre devant eux.

C'était un miracle tout à fait exceptionnel : Hachem a donné au peuple la capacité de voir, de leurs yeux, les princes célestes des nations, des êtres spirituels, attachés et couchés à terre comme des cadavres.

"Regarde! J'ai livré le pays devant vous" = ce verset paraît difficile à comprendre. Puisque les Bné Israël n'étaient pas encore entrés dans le pays, comment chaque Bné Israël pouvait-il voir le pays devant lui?
En fait, cette expression fait allusion aux princes célestes de ces nations. Les Bné Israël en ont déduit que le pays leur était livré.
[...]

"Le pays que D. a juré de donner à vos pères Avraham, Its'hak et Yaakov". Hachem nous dit : "Vous allez occuper le pays [d'Israël]. Toutefois, sachez que ce n'est pas dû à votre mérite mais Ma promesse à vos ancêtres. J'ai promis à Avraham, Its'hak et Yaakov, le pays leur sera repris."

Hachem dit qu'Il avait juré aux Patriarches de leur donner le pays [d'Israël] mais qu'ils n'avaient rien reçu de leur vivant. Cela nous apprend que si un fils hérite de bienfaits dans ce monde même si son père est déjà mort, le père en est heureux dans le monde futur comme s'il en avait lui-même bénéficié.
A l'inverse, il en est de même lorsque les souffrances s'abattent dans le monde. Dans le monde futur, le père souffre des tourments que son fils endure ici-bas.
La Torah dit donc : "de donner à vos pères Avraham, Its'hak et Yaakov, et à leurs descendants après eux" = si les enfants obtiennent quelque chose, c'est exactement comme si leur père l'avait obtenu.
[Méam Loez - Dévarim 1,8].

"Dans le désert, tu as vu Hachem, ton D., te porter, comme un homme porte son fils, sur la route que vous avez emprunté jusqu'ici" (Dévarim 1,31)

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-> [Dans le désert,] Vous étiez accompagnés de 7 nuées de Gloire.
4 nuées étaient postées dans les 4 directions pour vous protéger du mauvais œil. Une autre se trouvait au-dessus de vous afin que ni le soleil ni la pluie ne vous atteignent.
Grâce à la nuée situé au sol, D. vous portait comme un père porte son enfant. Il vous portait "sans Ses bras" afin que vous ne vous fatiguiez pas sur la route.
Une autre nuée avançait 3 jours devant vous pour aplanir votre route et supprimer toutes les bosses et les fosses. Si un Bné Israël avait envie de descendre dans un lieu, la nuée formait une dépression dans le sol. Si un autre voulait se trouver dans une colline, la nuée le soulevait.
[...]

Moché leur a dit : "Vous n'êtes pas dominés par un ange gardien [comme les autres nations,] c'est Hachem Lui-même qui vous dirige.
Il est "Hachem votre D.", vous êtes Ses enfants ...
Vos voyages sont donc dirigés [directement] par D. et non par [l'intermédiaire] d'un ange gardien."
[Méam Loez - Dévarim 1,32-33]

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=> Dans notre vie, on se demande où peut bien se trouver Hachem, mais en réalité Il est en train de nous porter sur la route de notre vie, comme un père chouchoute son fils adoré.
Hachem accomplit une infinité de bontés, de miracles pour nous, que le libre arbitre nous empêche de percevoir.
[dans le monde à venir nous serons fous de joie en comprenant rétroactivement à quel point Hachem nous aime!]

-> Hachem dit à tout juif : "Je suis avec lui dans le malheur/détresse" (Téhilim 91,15 - imo ano'hi bétsara - עִמּוֹ-אָנֹכִי בְצָרָה).
Dans ce verset qui parle de nos moments de douleur, on peut noter que les dernières lettres de chaque mot sont : youd, hé, vav (יהו), qui sont les 3 lettres du Nom de Hachem (יהוה) [dans Son attribut de miséricorde].
[Rabbénou Bé'hayé - Ki Tavo 28,15]

-> Le Zohar (sur Méguilat Eikha) dit qu'à chaque fois qu'une punition doit s'abattre sur un juif, la Présence Divine se place devant la punition pour la recevoir à sa place. L'homme qui se trouve alors derrière la Présence Divine ne reçoit qu'un léger éclat, une fraction de la punition qu'il aurait dû réellement recevoir.
C'est ainsi qu'agirait une mère pour son fils, et c'est ainsi qu'Hachem agit constamment pour nous.

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-> "[Hachem!] Tu es empli de pitié dans Ton jugement! Lorsque Tu juges un homme, Tu ne le punis pas en fonction de ses actes. Par Ton Attribut de miséricorde, Tu allèges son châtiment.
Si Tu punissais l'homme selon ses actes, il serait réduit à la poussière et à des cendres.
Mais Toi Hachem, Tu agis avec bonté et miséricorde : Tu frappes d'une main et Tu guéris de l'autre."
[paroles de Moché à Hachem - Méam Loez - Vaét'hanan 3,24]

-> "Quel peuple est assez grand pour avoir D. proche de Lui, comme l'est Hachem, notre D., chaque fois que nous L'appelons?" (Vaét'hanan 4,7)

Le Méam Loez (Vaét'hanan 4,7-8) commente :
Hachem n'agit pas envers Israël comme envers les autres nations.
S'il punit une nation pour ses fautes, Il la frappe jusqu'à l'anéantir. Par contre, s'Il frappe le peuple d'Israël d'une main, Il le guérit de l'autre.
Cela peut être comparé à un homme si fort qu'il peut tuer d'un coup de poing. Cependant, s'il lui faut corriger l'un de ses enfants, il le frappe avec compassion sans le mettre en danger.
Hachem agit de même envers nous car Il est notre parent (karov veut aussi dire "un proche parent").

Si un homme a un parent riche, il fait savoir à tous que ce parent fait partie de sa famille ; mais s'il est pauvre, il fait comme s'il ne le connaissait pas.
Bien qu'en Egypte, nous fussions des esclaves qui travaillions aux briques et au mortier, D. nous a appelés : "Mon fils, Mon premier-né, Israël" (Chémot 4,29).
La Torah dit donc : "pour avoir D. proche de lui (ou D. comme proche parent)" = voyez à quel point Hachem vous aime! Il est proche de vous comme un membre de votre famille. Lorsque vous fautez, Il vous frappe d'une main, mais de l'autre Il vous prend en pitié.

"Telles sont les paroles (dévarim) que Moché adressa à toute la communauté" (Dévarim 1,1)

-> [Le mot "dévarim" est phonétiquement lié au mot "dévora", qui veut dire une abeille] car la Torah est comparée à une abeille.
De même qu'une abeille peut piquer et même tuer, les Bné Israël sont punis s'ils transgressent la Torah.
Mais l'abeille produit aussi du miel : si l'on observe la Torah, on goûtera une vie aussi douce que le miel, tant dans ce monde que dans le prochain.
[Méam Loez - Dévarim 1,5]

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-> Le mot "dévarim" est proche du mot : dévorim, qui veut dire "abeilles".
De même que les abeilles suivent leur chef, les juifs doivent suivre leur dirigeant [spirituel].
[Méam Loez - Dévarim 1,12]

"La proposition [de l'exploration du pays] parut bonne à mes yeux [moi Moché] et je choisis parmi vous 12 hommes, un homme par tribu" (Dévarim 1,23)

-> Rachi précise que les explorateurs ont été choisis parmi les plus distingués du peuple.
Le Ramban (Chéla'h Lé'ha 13,4) dit que le verset rapporte les noms des explorateurs par ordre d'importance décroissante.
[Yéhochoua, le successeur de Moché, n'y apparaît qu'en 5e position, ce qui confirme qu'il s'agissait d'hommes remarquables au moment d'être envoyés en exploration.]

-> Le rav Yérou'ham Leibovitz enseigne :
Dans la nature, il existe une force qui monte et une qui descend : une petite graine commence à pousser donne un arbre chargé de nombreux fruits, mais finira par flétrir.
Si nous devons comparer cet arbre qui se trouve dans une phase de flétrissement à la graine qui commence à germer, c'est cette dernière qui a la plus grande valeur, car elle est en train de grandir.
Ainsi, malgré leur niveau très élevé, les explorateurs entamèrent un processus de déclin et finirent par fauter.

=> Il conclut : Contrairement à l'idée commune, il nous faut apprécier davantage ceux qui tendent à grandir, que certains grands hommes qui commencent à s'affaiblir.

[une personne peut sembler en apparence plus élevée à un instant t, mais si elle est dans une dynamique descendante, elle peut chuter et nous faire chuter à l'image de celle des explorateurs!
Quelques soient ses sentiments, l'environnement, ... un juif se doit de toujours regarder vers le haut, de vouloir toujours sincèrement se développer et s'élever vers Hachem!]

"Vous avez pleuré devant Hachem, et Hachem n'a pas entendu votre voix" (Dévarim 1,45)

-> Ce verset décrit le comportement du peuple, après la sanction des explorateurs, quand une partie du peuple regretta la faute et voulut monter en Terre Sainte à tout prix.
Mais si les Juifs pleurèrent et se repentirent, pourquoi Hachem ne les entendit-Il pas?

En fait, la Torah dit littéralement : "Hachem n'a pas entendu dans votre voix (békolé'hem)", que l'on peut aussi rendre : "Hachem n'a pas entendu par votre bruit". En effet, la faute a causé un grand bruit et s'est diffusée en grande pompe. Cela a causé une profanation du Nom d'Hachem.
Or, pour une telle faute, la guémara dit que le repentir, le jour de Kippour et les souffrances suspendent l'expiation et seule la mort répare complètement. C'est pourquoi, le repentir du peuple ne suffisait pas.
On peut ainsi lire le verset : "Vous avez pleuré devant Hachem" et vous vous êtes repentis. Mais "Hachem n'a pas entendu" votre repentir "par votre bruit", du fait du grand bruit et de la grande diffusion de la faute, ce qui a causé une profanation du Nom Divin.
[Sforno]

"Voici les paroles que Moché a adressées à tout Israël" (Dévarim 1,1)

-> Rachi explique qu'il s'agit de propos de remontrances.
=> Mais pourquoi Moché a-t-il souhaité adresser des remontrances au peuple?

Plusieurs réponses sont rapportées. L'une d'entre elles est que dans la suite, Moché s'apprêtait à expliquer la Torah, comme il est dit :
"Moché a commencé à expliquer cette Torah". Or il est bon d'avoir des pensées de repentir avant de s'engager dans l'étude de la Torah. En effet, le verset des Téhilim dit : "Hachem dit au racha : ''Qu'as-tu donc à vouloir parler de Mes Lois?'"'.
Il en ressort, que pour que l'étude soit conforme, il ne faut pas être un racha, mais un tsadik. Et pour y arriver, il faut se repentir de ses fautes.
Ainsi, avant d'expliquer la Torah au peuple, Moché voulait obtenir des pensées de repentir de leur part. C'est pourquoi, il introduisit ses propos par des réprimandes, pour les amener au repentir.
[Maor vaChémech]

"Voici les paroles que Moché a adressé à tout Israël" (Dévarim 1,1)

-> Rachi (v.1,1) : "Etant donné que ce qui va suivre est constitué par des remontrances, et que le texte énumère ici tous les lieux où ils ont irrité Hachem, il les dissimule et ne les cite que par allusions, afin de ménager l’honneur d’Israël."

=> Moché ne voulait pas être trop dur avec le peuple et il ne les réprimanda que par allusion, pour leur honneur. Ainsi on peut se demander pourquoi dans la suite du livre de Devarim, on trouve que Moché revient sur ces réprimandes et les explicite de façon très claire, et pas seulement de façon allusive.

-> Le Mizra'hi explique que le problème d'expliciter les réprimandes ne se situe qu'au début de la paracha, où Moché réprimande (par allusion) le peuple pour toutes les fautes commises. Et effectivement, ce serait trop dur et trop humiliant que de réprimander clairement le peuple, pour toutes ces fautes, une après l'autre, sans interruption.
En revanche, dans la suite du texte de la Torah, les réprimandes explicites ne s'enchaînent pas. Le fait qu'il y ait des interruptions entre une réprimande et l'autre, sans que les paroles de morale s'enchaînent, cela est bien moins humiliant.
=> Ainsi, dans la suite du texte, Moché s'est donc permis de formuler des réprimandes explicites, parce qu'elles ne sont pas successives. Ce n'est que lorsqu'il a enchaîné toutes les remarques, qu'il les a formulées par allusion.

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-> Le Gour Aryé explique que Moché ne voulait pas commencer son discours, au début du livre de Dévarim, par des réprimandes explicites, car il convient toujours de débuter ses propos par des paroles positives et pas par des critiques.
Ainsi, pour ne pas commencer le livre de Dévarim justement par des réprimandes, Moché trouva donc bon de voiler et dissimuler ses réprimandes et les exprimer par allusion, au travers de la mention des différents lieux.
En revanche, par la suite, Moché reprit les réprimandes et les formula de façon explicite. Car dès lors qu'on se trouvait au milieu du livre, et non à son début, il n'y avait donc plus de problème à exprimer des paroles dures de morale.

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-> Selon le Maskil léDavid, lorsque Moché parla trop durement au peuple, notamment lorsqu'il leur dit : "Écoutez rebelles!", lors de l'épisode du rocher, il en fut sévèrement puni.
Dès lors, Moché redouta de réprimander le peuple avec sévérité, de peur de ''se brûler'' une nouvelle fois.

Quand avant sa mort il se devait de les réprimander, il prit peur et ne le fit que par allusion. Hachem, Qui remarqua cela, le rassura et lui dit que cette fois-ci il est bon de réprimander le peuple, et même de façon explicite.
En effet, comme il se trouvait juste avant sa mort, le peuple serait réceptif et ses propos pourront avoir toute leur efficacité. Il était bon désormais, compte tenu de la situation, de réprimander clairement le peuple.
=> C'est ainsi que Moché se permit par la suite de formuler des propos de réprimandes clairs et explicites.

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-> Le rav Moché Feinstein dit que pour avoir son effet, la réprimande doit être comprise par l'auditoire.
Ainsi, comme l'élite du peuple, les personnes les plus élevées, étaient en mesure de comprendre les allusions de Moché. Pour eux Moché se permit de formuler des réprimandes allusives, car pour eux, même de telles réprimandes auront leur impact, car ils les comprendront.
En revanche, les gens simples du peuple ne comprirent pas ce message crypté de Moché. Ainsi, c'est pour qu'eux aussi puissent comprendre le message et que celui-ci ait toute son efficacité, que Moché dût reprendre les réprimandes et les exprimer clairement. Car sinon, le message n'atteindrait pas son but, car les gens simples ne le comprenaient pas.

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-> Celui qui donne une remontrance doit parler à chacun d'une manière qui lui est adaptée.
On ne doit pas faire un reproche adressé qui englobe tout le monde.
C'est pourquoi, lorsque Moché commença ses mots de réprimande aux Bné Israël, il démarra par le érev rav, qui les a rejoint en Egypte et qui était particulièrement entêté. Ainsi, il leur a parlé : "bamidbar" = mot qui est la combinaison de 2 mots : "bédibour mar"(d'un ton vif, critique).
Cependant, au restant du peuple, il a parlé : "bé'arava" (agréablement).
Moché a réprimandé le reste de la nation juive d'une manière gentille et agréable, afin que son message puisse entrer dans leur cœur et susciter l'engagement et le dévouement souhaités.
[Sifté Cohen]

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-> Le Imré Elimelekh rapporte l'enseignement des Sages qui dit que quand une personne se repent de ses fautes par amour d'Hachem, alors ses fautes se retrouvent transformées en mérites.
Ainsi, au départ Moché a réprimandé le peuple en allusion pour les fautes commises, car eut égard à l'honneur du peuple, il ne voulait pas expliciter leurs fautes.
Comme ils comprirent le message, ils se repentirent sincèrement de toutes ces fautes et les regrettèrent par amour pour Hachem. Dès lors, toutes ces fautes devinrent des mérites.

=> Moché se mit alors, par la suite, à détailler et expliciter tous ces péchés. Car à présent que les fautes étaient devenues des mérites, détailler et s'allonger sur le détail de ces fautes revenait en fait à s'étendre et à développer les mérites du peuple.
Il convenait donc bien d'en parler clairement.

"Voici les paroles que Moché adressa à tout Israël" (Dévarim 1,1)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch interprète ce verset allusivement.
"Voici les paroles que Moché adressa" = Moché n'a jamais tenu de paroles vaines, et tous ses propos concernaient uniquement la Torah et étaient empreints de sainteté, en accord avec l'affirmation de nos Sages (guémara Yoma 19b) selon laquelle : "Quiconque entretient une conversation profane transgresse une mitsva positive, comme il est écrit : "Et tu en parles" (védibarta bam) = tu parleras [de Torah] et non pas de paroles vaines, inutiles (dévarim bétélim).

-> Le Tiférét Chlomo s'étonne : Moché était âgé de 80 ans avant le don de la Torah, et selon l'enseignement de nos Maîtres, il était roi en Ethiopie (après avoir fui l'Egypte).
=> Comment dire qu'il a tenu durant toute sa vie des propos de Torah, et qu'il n'a jamais discuté d'autre chose?

En réalité, lorsque nous tendons et aspirons à servir D., même le reste de nos préoccupations concernant nos besoins matériels entrent dans le cadre de la "Torah".
=> Si nous sommes animés uniquement par le désir d'accomplir la volonté de D., tous nos gestes quotidiens (même le plus banal!) entrent alors dans une catégorie des paroles de la Torah.

"Ce qui sera trop difficile pour vous, approchez-le de moi et je l'écouterai" (Dévarim 1,17)

-> Le 'Hatam Sofer dit que dans ce passage se cache une allusion aux paroles de la guémara (Taanit 7a) : "J'ai appris beaucoup de mes maîtres, de mes collègues plus que de mes maîtres, et de mes élèves plus que tous".
Rachi explique : "De mes élèves plus que tous" = parce que les élèves soulèvent des objections et posent des questions.

Au début, la vérité est cachée même aux yeux du maître, mais quand il donne des explications à l'élève, celui-ci trouve matière à interroger et objecter, et par ce processus le maître se rapproche de la vérité, qui lui était cachée auparavant.

C'est ce que dit le verset : "ce qui sera trop difficile pour vous", au moyen des difficultés que vous objecterez, "approchez-le de moi", la chose se rapprochera de moi, "et je l'écouterai" dans ma tête pour le comprendre parfaitement.

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+ "Ce qui sera trop difficile pour vous, approchez-le de moi et je l'écouterai" (Dévarim 1,17)

-> A ce sujet, le Ramban donne l'explication suivante :
Voici le principe en ce qui concerne toute chose dont on ne sait pas si elle est permise et convenable ou non : nous pourrons l'analyser en nous éloignant du plaisir que cette chose procure. Alors, nous envisagerons le sujet de manière juste et saurons si telle est la volonté de D.

C'est la signification du verset :
- "Ce qui sera trop difficile pour vous" = une chose dont vous ignorez si elle est autorisée,
- "approchez-le de moi" = afin que toutes vos actions et vos considérations soient uniquement pour le Nom Divin.

"Il y a 11 journées depuis le 'Horév" (Dévarim 1,2)

La majorité des commentateurs sont d'avis que le mont 'Horév est un autre nom pour le mont Sinaï.

-> Le Kli Yakar trouve une allusion dans ces 11 jours : ils sont à mettre en parallèle avec les 11 jours de l'année où nous prenons le deuil pour la destruction du Temple.
Il s'agit des 9 jours du mois de Av, du 17 Tamouz, et du 10 Tévét.

[sans le Temple, nous ne pouvons pas accomplir la totalité des mitsvot de la Torah. Ainsi, ces 11 jours de destruction du Temple, symbolisent notre éloignement avec la Torah entière comme reçue au mont Sinaï.]