« Et maintenant, mon fils, obéis à ma voix à propos de ce que je t’ordonne. Va je te prie … afin qu’il te bénisse avant sa mort. »
Yaakov dit à Rivka sa mère : « … Peut-être mon père me tâtera-t-il et je serai à ses yeux tel un imposteur et j’amènerai sur moi la malédiction et non la bénédiction »
Sa mère lui dit : « [Je prends] sur moi ta malédiction, mon fils ; seulement écoute ma voix … » (Toldot 27,8-13)

Comment comprendre que Yaakov se trouva rassuré en sachant que les malédictions iraient chez sa mère?

Selon nos Sages, c’est que les termes : « sur moi » (alaï – עלי) doivent s’interpréter autrement, et c’est ce que nous allons voir b’h.

-> Le Targoum Onkelos explique qu’en fait Rivka dit : « A moi il a été dit en prophétie que tu n’auras pas de malédiction ».
Ainsi, Rivka rassura son fils. Il ne sera pas du tout maudit.

Le ‘Hatam Sofer explique de quelle prophétie parlait Rivka.
Il est dit au début de la paracha, que Rivka ayant une grossesse difficile, elle alla consulter Hachem, à savoir Ses prophètes : Chem et Ever (selon nos Sages), et ils lui dirent entre autre : « Le grand servira le jeune ».
Ainsi Rivka savait que Essav, le plus grand (car sorti du ventre en premier) devait servir Yaakov, né en deuxième. Par conséquent, il est certain qu’aucune malédiction ne pouvait advenir à Yaakov, puisqu’il était prévu par prophétie, qu’il domine son frère.

-> Le Gaon de Vilna explique que le terme עלי (sur moi) se compose en fait des initiales des 3 mots : Essav (עשו), Lavan (לבן) et Yossef (יוסף).
C’est que « ta malédiction » et tes souffrances viendront uniquement de ces 3 personnages et non pas de ton père. Il est donc sûr que ton père ne te maudira pas.

D’ailleurs, c’est pourquoi, quand plus tard, Yaakov fut confronté à l’épreuve de devoir laisser son fils Binyamin descendre en Égypte avec ses frères, il dit : « Sur moi (עלי) tout cela est advenu » (Mikets 42,36).
Par cela, il voulait faire allusion au fait qu’il avait déjà traversé les 3 épreuves de : Essav, Lavan et Yossef, qui sont en allusion dans le terme עלי (sur moi) et que sa mère lui a prédit. Ainsi, il se dit : comment pourrait-il m’arriver un autre malheur, par la perte de Binyamin, chose qui n’a pas été prédite?

-> Rabbi Heschel de Cracovie explique que cette malédiction qu’évoque Yaakov fait en fait référence à la malédiction du verset : « Maudit sera celui qui trompe l’aveugle sur son chemin » (Ki Tavo 27,18).

En effet, Yaakov pensait que s’il se présentait devant son père, se faisant passer pour Essav, il serait ainsi en train de tromper son père, aveugle. Il recevrait alors cette malédiction.

Sa mère lui dit alors qu’au contraire, il ne sera pas maudit car : « Selon moi, l’explication de ce verset n’est pas à prendre au sens strict. Ce verset fait allusion à quelqu’un qui induit en erreur non pas l’aveugle, mais celui qui ne sait pas, comparé ici à un aveugle ».
Or, Its’hak voulait bénir Essav, car il ne savait pas qu’il était complètement racha.
=> En envoyant Yaakov, Rivka sauvait ainsi Its’hak de l’erreur. En cela, la malédiction du verset ne le concernait absolument pas.

-> Le ‘Hidouché haRim explique que Essav avait un mérite particulier que n’avait pas Yaakov, c’était qu’il avait un très grand respect de son père.
A cause de ce mérite, Hachem ne voulait pas révéler à Its’hak que Essav est un racha pour ne pas lui provoquer de la peine et c’est à cause de cela que Yaakov ne pouvait pas recevoir les bénédictions.

C’est pourquoi, Rivka voulait trouver une solution pour annuler et contrer totalement le mérite de Essav, et cela en demandant à Yaakov d’accomplir la mitsva de respecter sa mère avec une totale abnégation. Ainsi, ce mérite va contrebalancer le mérite du respect qu’avait Essav pour son père.

C’est ainsi que Rivka dit à Yaakov : « Sur moi (alaï) ta malédiction mon fils », c’est-à-dire : « Même si à cause de moi tu reçois une malédiction », malgré tout « juste écoute ma voix et vas-y » = c’est-à-dire que Yaakov devait respecter la parole de sa mère même en prenant le risque de se faire maudire. Par là, il pourra annuler le mérite de Essav et pourra recevoir la bénédiction de son père.

Et c’est ce que Yaakov fit. C’est pour cela que par la suite, quand Essav arriva, le midrach rapporte que Its’hak sentit le feu de l’enfer qui entrait avec lui et ainsi, il comprit que Essav était un racha.
C’est que effectivement, Yaakov a réussi à annuler le mérite de Essav, et Its’hak pouvait alors connaître la vérité sur la perversité de Essav.

3 Questions/Réponses – Paracha Toldot

+ 3 Questions/Réponses – Paracha Toldot :

1°/ « J’ai mangé de tout avant que tu ne viennes » (Toldot 27,33)

Après qu’Its’hak ait mangé la nourriture apportée par Yaakov, Essav est venu et a demandé à son père de manger de la nourriture qu’il avait lui-même préparé afin qu’il le bénisse également.
Pourquoi Its’hak ne pouvait-il plus rien manger?

Rachi (v.27,9) : le repas de Its’hak (apporté par Yaakov) consistait en 2 chevreaux : l’un était destiné au sacrifice pascal, et l’autre devait servir au repas

-> Selon le rav Yossef ‘Haïm Zonnenfeld, pour éviter que Its’hak ne mange et ne donne ensuite une bénédiction à Essav, Rivka s’est assurée que Its’hak mange le Korban Pessa’h.
En effet, la loi juive est que : après avoir mangé du sacrifice de Pessa’h (ou bien de nos jours l’afikoman), on ne doit pas manger ou boire de toute la nuit (én maftirim a’har aPessa’h afikoman).

-> Le Oznaïm laTorah fait remarquer que les lettres : « de tout » (mikol – מִכֹּל) sont les 1eres lettres de : matsa kazaït laa’harona (le kazaït de matsa [l’afikoman] est la dernière chose que l’on doit manger du repas de Pessa’h).

Its’hak va dire ensuite à Essav : « Ton frère est venu avec habilité et il a pris ta bénédiction » (Toldot 27,35)
Le mot : bémirma (avec habilité – בְּמִרְמָה) a la même guématria que : Afikoman (אפיקומן), soit 287.
=> Ainsi, Its’hak faisait allusion à Essav, que Yaakov était déjà venu et lui avait donné à manger l’Afikoman, il ne pouvait alors plus rien manger de ce que Essav lui avait apporté.

-> Le rav Chimchon Raphael Hirsch (v.27,39) fait remarquer que contrairement à la bénédiction de Yaakov (v.28 « Que D. te donne … »), Its’hak ne dit pas explicitement à Essav que D. lui accordera Sa bénédiction, ce qui aurait signifié qu’elle émanait de Hachem.
Le destin de Essav dépendra du cours normal des événements de ce monde.

Selon le rav ‘Haïm Yossef Kofman, si Its’hak a quand même donné une bénédiction à Essav, c’est parce que ce dernier en est venu à pleurer. Il a alors ressenti sa peine, et lui a répondu.

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+ Bonus (b’h) :

-> Rivka « mis les mets et le pain qu’elle avait préparés dans la main de son fils Yaakov » (v.27,17)
Ensuite : Yaakov « le servit et il mangea, et il lui apporta du vin et il but » (v.27,25)

Pourquoi Yaakov a-t-il pris l’initiative d’amener en plus du vin à son père?

-> Le ‘Hizkouni explique que l’objectif de Yaakov était de rendre légèrement confus son père afin qu’il ne prête pas trop attention lorsqu’il déterminera l’identité.

-> Le Tossefet Bra’ha suggère que c’était pour des raisons de santé, pour se conformer à la guémara (Shabbath 41a) qui enseigne qu’il n’est pas sain de manger sans boire.

-> Le Torah léDaat suggère que si la viande provenait du Korban Pessa’h (cf.Rachi 27,9), alors Its’hak avait besoin de vin pour les 4 coupes de vin consommées pendant le Séder de Pessa’h.

-> Par ailleurs, de même que l’on fait beaucoup de mitsvot avec un verre de vin, de même Yaakov a pensé que le fait de recevoir une bénédiction de son père nécessitait un verre de vin.

-> Le Daat Zékénim est d’avis que c’est l’ange Michaël qui lui a apporté ce verre de vin depuis le Gan Eden.
[C’est peut être une des raisons du Rachi (v.27,27) : « est entrée avec lui (Yaakov) l’odeur du jardin de Eden »]

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2°/ « Et des peaux des chevreaux, elle recouvrit ses mains et son cou lisse » (Toldot 27,16)

Rabbi Yo’hanan dit : Yakov était grand et fort, et ses 2 bras étaient larges comme 2 piliers de marbre. (midrach Béréchit rabba 65,17)

Comment la peaux des 2 chevreaux (les petites d’une chèvre!) a-t-elle pu être suffisante pour lui couvrir ses 2 énormes bras (un bras par bête)?

-> On peut rapporter le midrach (Béréchit rabba 65,17) suivant :
Rav Houna, citant Rabbi Yossé, dit que la peau des 2 chevreaux suffisaient, car dans les générations précédentes, les animaux de la terre d’Israël étaient extrêmement grands.

Une fois avant Yom Tov, les Cohanim ont cherché un grand et beau mouton pour le sacrifice Tamid du Yom Tov. Ils n’ont pas eu besoin d ‘aller bien loin pour trouver un mouton qui était si grand, qu’ils ont dû le mettre sur 2 chameaux pour le transporter jusqu’au Temple.
Malgré la grande taille des chameaux, les jambes du mouton atteignaient et traînaient sur le sol.

En ces temps là, en terre d’Israël, les chèvres et les chevreuils étaient si grands, qu’ils atteignaient la hauteur d’un cannelier.
Ces chèvres et chevreuils se tenaient près de l’arbre et mangeaient les fruits directement à son sommet.

=> Si les animaux en Israël étaient si grands, il est certain que 2 chevreaux étaient suffisants pour recouvrir les longues mains de Yaakov.

-> D’autres sont d’avis qu’elle a cousu ensemble la peau de plusieurs chevreaux, jusqu’à faire un morceau suffisamment grand pour recouvrir chacun de ses bras.

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+ Bonus (b’h) :

-> « Rivka prit les vêtements propres de son grand fils Essav … et en revêtit Yaakov son petit fils » (Toldot 27,15)

Le Tsror haMaor (Rabbi Avraham Saba) enseigne que lorsque Rivka a placé les grands habits de Essav sur Yaakov, ils lui allaient parfaitement bien, malgré que ce dernier dernier était plus petit (cf.le verset ci-dessus).

=> Quelle était la nécessité de ce miracle sachant que Its’hak était non voyant, et ne pouvait pas savoir si l’habit lui allait parfaitement ou pas?

La réponse est que le miracle était destiné à Yaakov.
En effet, selon le midrach, Yaakov était très bouleversé et il a même pleuré de devoir être impliqué dans une tromperie. Hachem a alors fait en sorte que l’habit lui aille miraculeusement bien, comme un baiser d’encouragement, lui montrant que du Ciel il avait été convenu qu’il prenne les bénédictions à son frère.

-> Avant de mettre ses peaux, Rivka va d’abord revêtir Yaakov des vêtement de propres de Essav ou bien selon Rachi des vêtements précieux qu’Essav avait volés à Nimrod.

Rav Henoch Leibowitz explique que Rivka a habillé Yaakov de ces vêtements, afin qu’ils l’influencent d’une certaine façon à agir comme Essav, aidant ainsi à l’obtention des bénédictions.

=> On apprend de là le pouvoir d’influence que les habits peuvent avoir sur nous.

C’est ainsi que le Kitsour Choul’han Arou’h (3,3) codifie : « Une personne ne doit pas revêtir des habits très chers car cela amène une personne à être hautaine ; ni des vêtements extrêmement peu chers ou sales afin de ne pas être répugnant aux yeux des autres, mais avoir des habits ordinaires et propres ».

[les juifs sont des princes, des fils du Créateur, on se doit d’agir en fonction de ce haut statut, et l’habit contribue à cela.]

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3°/ Bien que Yaakov et Essav étaient jumeaux, ils avaient peu de choses en commun.
Comment expliquer la très vaste différence entre les deux?

L’Alter de Kelm explique que le fossé entre les 2 frères provient d’une différence fondamentale.
-> Le nom Essav (עשו) est lié au mot : « assouï » (עָשׂוּי) signifiant : « complément fait/développé », puisque Essav est né avec des cheveux et des dents, comme un enfant âgé de plusieurs années.

-> Le nom Yaakov (יעקב) est associé au mot : ékev (talon – עקב), parce qu’il avait tenu le talon de son frère pour sortir, mais également en raison du fait que Yaakov par nature se considérait toujours comme étant au plus bas du travail de sa vie dans ce monde.
Le nom Yaakov est exprimé au futur, car il avait compris qu’il n’était pas dans un état fini, et qu’au contraire il devait constamment se travailler davantage pour exprimer au maximum son potentiel.

Selon l’Alter de Kelm, si les bébés humains naissent dans un état aussi faible, à l’inverse des animaux qui naissent en étant déjà capables de se nourrir, c’est afin de les préparer à dépendre, à apprendre de leurs parents.

Essav est né en se voyant comme parfait, dans un état déjà terminé (j’ai toutes mes dents, cheveux!), et il lui manquait ainsi la capacité d’apprendre d’autrui.

Cela vient en totale opposition avec Yaakov, qui âgé d’au moins 60 ans, a choisi d’investir 14 années d’études à la yéchiva de Chem et de Ever, avant d’aller chercher sa femme.
De plus, par la suite, en voyageant en Egypte pour retrouver Yossef, à un âge de 130 ans, sa 1ere priorité sera d’envoyer Yéhouda devant lui, afin qu’il puisse établir une yéchiva pour ne pas manquer même un seul jour d’étude.

D’ailleurs, le plus au niveau qu’un étudiant en yéchiva puisse atteindre est celui de : talmid ‘hakham (תלמיד חכם).
Certes, il a atteint un niveau très haut de sage (חכם), mais il reste néanmoins un : un élève (talmid – תלמיד). En effet, plus on étudie, plus on avance dans une vie juive, plus on prend conscience de tout ce qu’il nous reste à apprendre dans l’infinité de la Torah.

-> Rabbi Guttman dit qu’on pouvait observer Essav bougeant dans toutes les directions, faisant pleins d’activités (« un habile chasseur »), et à l’inverse Yaakov qui « vécut sous la tente » (« yochèv oalim » (v.25,27), que le Targoum Yonathan ben Ouziel traduit par : « recherchant Hachem ».

Pourtant, dans le monde de vérité, lequel des 2 aura eu une vie la plus dynamique?

Essav représente ceux qui courent après le bonheur, sans se remettre en question, et tuant leur temps, sans se rendre compte qu’en réalité ils se tuent eux-même (le temps c’est la vie!).

Yaakov était fixe vers un objectif : faire la volonté de Hachem. Plutôt que d’aller dans toutes les directions, il se focalisait à exploiter pleinement son intériorité.

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-> A ce sujet, le rav Avigdor Miller enseigne que
– Essav se sentait parfait, sachant ce qui est bien et mal pour lui mieux que Hachem.
Il avait une attitude de : gam zé yaavor (cela aussi passera).
Il n’avait aucune envie de s’améliorer, mais uniquement de profiter de ce monde (à l’image du plat de lentilles contre le droit d’aînesse).
=> Sa vie n’est que tristesse, car il est sans cesse à la recherche du prochain plaisir, et rien n’est assez bien pour lui, surtout si autrui a plus.

– Yaakov (Ekev – talon) était rempli d’humilité et il se sentait ne pas mériter les bienfaits de Hachem.
Même s’il a eu une vie difficile, il se focalisait sur le positif, acceptant de ne pas comprendre, et que c’est déjà très bien, vu que je ne mérite rien normalement.
=> Il avait une attitude de : gam zou létova (cela aussi est pour le bien).

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-> La guémara (Yérouchalmi Nédarim 3,8) décrit que dans les temps futurs, Essav revêtira un talith et se tiendra assis avec les tsadikim dans le Gan Eden, jusqu’à ce que Hachem vienne et l’en fasse sortir.

=> Comment comprendre que Essav, représentant du mal, puisse se tenir au paradis, et pourquoi spécialement Hachem doit venir l’en faire partir?

Le Pné Moché explique que Essav pensait que par le mérite de ses parents (Avraham et Its’hak), venant d’une famille aussi illustre, il pouvait uniquement se couvrir d’un talith pour devenir automatiquement un tsadik.

Or, en réalité, le talith et le mérite de nos ancêtres ont l’avantage d’être extérieur à une personne. En effet, pour devenir une personne pieuse, un tsadik, il est alors nécessaire de ne rien faire du tout.
C’est pour cela que Hachem est venu pour enseigner à tous que cette méthode ne fonctionne pas.
Cela n’est qu’une vie de mensonges, qui devient souvent apparente après 120 ans, moment où l’on réalise que le Gan Eden ne nous appartient absolument pas (quelle douleur, quelle honte!).

D’ailleurs, le Chla haKadoch note que dans la série de malédictions à destination du peuple juif s’il ne suit pas la Torah, il est écrit : « Eloké Avraham Its’hak véYaakov », ce qui signifie : « Attendez, vous (les juifs), vous êtes les enfants de Avraham, Its’hak et Yaakov? Vous avez une ascendance aussi prestigieuse? Si c’est ainsi, alors vos punitions doivent être encore pires! »

[un voleur dans une famille de tsadik est pire qu’un voleur qui a grandi dans une famille de voleur!)

=> Ainsi, à l’image d’Essav qui pensait que sa vie était toute faite, qu’il n’avait qu’à revêtir un talith pour être un tsadik, nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers.

A l’image de Yaakov, si j’ai de grandes capacités par rapport aux autres, si j’ai une belle ascendance (pleins d’érudits), je me dois d’agir en toute responsabilité, d’être à la hauteur.

-> Dvar Torah similaire : https://todahm.com/2015/12/27/4140

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-> Le Sfat Emet enseigne que le plan initial était que Essav tende vers la matérialité d’une façon honnête, tandis que Yaakov s’occupe du spirituel.
Ils formeraient d’une certaine façon ensemble un contrat Yissa’har et Zévouloun, dans lequel chacune des parties gagne de l’autre.

C’est uniquement parce que Essav a abandonné ses responsabilités, que Yaakov a dû prendre sur lui les 2 responsabilités.

-> Selon la guémara (Avoda Zara 11a), c’est une allusion à 2 descendants de Yaakov et Essav : Rabbi Yéhouda haNassi (descendant de Yaakov) et Antoninus (descendant d’Essav).

– Rabbi Yéhouda était le leader des juifs en Israël, un riche descendant du roi David, et un érudit important.
– Antoninus était le gouverneur romain d’Israël, un riche, et un descendant d’une famille romaine importante.

Ces 2 leaders étaient des amis proches : Rabbi Yéhouda enseignait la Torah à Antoninus, et Antoninus fournissait à Rabbi Yéhouda une protection politique et de l’argent afin qu’il puisse terminer d’écrire la michna.

Le Maharal (Gour Aryé – Béréchit) explique qu’ils représentent le potentiel positif d’accord entre Yaakov et Essav, et un exemple type de ce que doivent être les relations entre Rome (Essav) et Jérusalem (Yaakov).

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-> Le Zohar nous révèle que si la tête de Essav fut enterrée auprès de son frère dans la grotte de Ma’hpéla, c’est parce que son esprit possédait un potentiel très élevé, auquel son cœur cependant n’avait pas accès.

-> Le Radak dit que Its’hak avait conscience de la grandeur spirituelle de Yaakov, et il pensait que Essav avait nettement plus besoin des bénédictions afin d’améliorer ses actions.

Le Ets haDaat Tov dit qu’il a pris exemple sur Avraham dont ses prières ont permis à Ichmaël de faire téchouva.
Cependant, Ichmaël avait fauté par l’idolâtrie, tandis que Essav par le meurtre, et il est beaucoup plus difficile de s’en sortir lorsque l’on porte atteinte à notre prochain.

Ceci explique pourquoi Rivka a dû intervenir, prenant conscience que ses actions antérieures (meurtres) rendaient inaptes les bénédictions, et pourraient avoir un effet contraire.

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+ Bonus (b’h) :

-> Quelle est la signification du nom de la paracha : Toldot (générations/postérité), et pourquoi est-elle lue particulièrement à ce moment de l’année?

Selon le rav Moché Wolfson, c’est parce que c’est l’unique fois où nos 3 Patriarches vont vivre en même temps, et ce pendant 3 versets (chap.25 du v.26 au v.28), au début de la paracha.
Le roi Shlomo enseigne : « un triple lien est encore moins facile à rompre » (Kohélet 4,12).
La guémara (Baba Métsia 85a) affirme que si un homme, son fils, et son petit-fils sont tous des érudits en Torah, alors la Torah ne va jamais être abandonnée de sa descendance.
Ainsi, l’existence simultanée de nos 3 Patriarches va permettre de former une fondation solide pour la nation juive, qui est leur postérité (toldot).

Cela n’est pas une coïncidence si la paracha Toldot est lue au début du mois de Kislev, où se déroule notre victoire face aux grecs qui ont voulu nous faire oublier la Torah.
Avraham est mort le jour de la vente du droit d’aînesse à Yaakov par Essav, et le 1er verset de la Torah qui traite de cela (v.25,29), il débute par : « Yaakov fit cuire un mets [de lentilles = nourriture habituelle des endeuillés après avoir enterrés un proche] » (vayazéd Yaakov nazid – וַיָּזֶד יַעֲקֹב נָזִיד).
La 1ere lettre de chacun de ces mots forme : Yavan (Gréce – יון).
Ainsi, bien que Avraham soit mort, le « triple lien » qu’il a pu établir dans cette paracha va perdurer pour l’éternité, protégeant par exemple ses descendants contre les grecs.

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-> Le Arizal enseigne que Shimshon (שִׁמְשׁוֹן) était la réincarnation combinée des âmes de Yéfét (un des enfants de Noa’h) et de Essav. En quoi a-t-il rectifié leurs erreurs?

Le Arizal explique que :
– Essav n’a pas apporté de vin à son père comme a pu le faire Yaakov. Shimshon était un nazir, qui a l’interdiction de boire du vin.
– Shimshon a tué un lion, dans un but de se venger du lion qui avait blessé Noa’h (son « père ») lorsqu’ils étaient dans l’Arche.
– Essav a causé son père Its’hak à devenir aveugle par la fumée des idoles que ses femmes adoraient. Les yeux de Shimshon ont été percés et il est alors devenu aveugle.
– De plus, puisque Essav était très poilu dès sa naissance, Shimshon avaient une force particulière qui dépendait du fait de ne pas couper ses cheveux.

« Its’hak implora Hachem en face de sa femme, car elle était stérile. Hachem Se laissa implorer par lui et Rivka, son épouse, conçut. » (Toldot 25,21)

Ce verset se déroule après 20 années de mariage, où Its’hak et Rivka n’ont pas eu la chance d’avoir d’enfant.
Rachi commente : Implora par : Il a multiplié sa prière avec insistance.

Pourquoi est-ce que Hachem n’a-t-il pas répondu immédiatement à leurs prières intenses et répétées?

Rachi (25,30) écrit : Yaakov a servi à Essav des lentilles, car en ce jour Avraham est mort, afin qu’il ne puisse voir son petit-fils Essav prendre le chemin du mal (guémara Baba Batra 16b).
C’est ainsi que Hachem a abrégé sa vie de 5 ans.

Le rav Méïr Shapiro et le rav Eliyashiv disent qu’on comprend de là pourquoi il était si difficile d’agréer aux prières de Rivka et de Yaakov.
En effet, le plus tôt Hachem leur donnerait des enfants, le plus tôt Essav commencera dans le chemin du mal,et le plus tôt Avraham devra mourir afin d’être épargné de toute tristesse au regard des actions de son petit-fils Essav.

Hachem a repoussé les prières de Its’hak et Rivka jusqu’à ce qu’ils prient avec une intensité et une répétition d’une telle puissance, qu’Il a été « forcé » d’accéder à leur demande.
Le rav Yossef ‘Haïm Sonnenfeld suggère que l’on peut voir cela en allusion dans le fait que : « Hachem Se laissa implorer par lui » (vayéater lo Hachem – וַיֵּעָתֶר לוֹ יְהוָה), qui a la même valeur numérique que : « 5 ans » (חמש שנים).
[comme les 5 années de vie retirées à Avraham]

=> Il nous arrive souvent dans la vie de prier et de pleurer, encore et encore, devenant presque frustrés à l’égard de Hachem, qui en apparence semble ignorer nos requêtes sincères et raisonnables.
A ce moment, nous devons nous rappeler de cette leçon, et trouver du réconfort dans le fait que Hachem dans Son infinie bonté et connaissance, sait que cela n’est pas dans notre meilleur intérêt sur le long terme.

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-> « Dans une maison, un enfant rebelle est plus difficile à supporter que toute la douleur de la guerre de Gog et Magog ».
[guémara Béra’hot 7b]

[Hachem a décidé qu’il valait mieux que le monde subisse la perte de 5 années de vie de Avraham, avec tout ce qu’il aurait pu y faire en bonnes actions, plutôt que celui-ci ne souffre en voyant le comportement de son petit-fils Essav.

=> Combien devons-nous être compatissant et prier pour les familles qui ont des enfants rebelles, plutôt que d’en profiter pour se valoriser en se moquant d’eux.]

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-> b’h, un autre divré Torah sur ce verset : https://todahm.com/2017/12/11/5824

« La voix est la voix de Yaakov, mais les mains sont les mains d’Essav » (Toldot 27,22)

Le Maguid de Doubno disait : « Il y a certains juifs qui sont la personnalisation de ces mots :

-> « La voix est la voix de Yaakov » = leur façon de prier et d’étudier se conforme parfaitement avec la loi juive ;
-> « mais les mains sont les mains d’Essav » = malheureusement, dès qu’il s’agit des mitsvot de tsédaka ou de prodiguer des bontés (guémilout ‘hassadim), ces mêmes juifs gardent leurs mains bien fermées.

Le Maguid de conclure : « Il est vital que de telles personnes sachent qu’un aspect du service divin sans l’autre, ne peut pas perdurer. »

« Lorsqu’un juif étudie la Torah, le peuple juif dans son ensemble s’élève.
La résultante automatique est que nos ennemis vont tomber. »

[Rav Wolbe – Chiouré ‘Houmach – Toldot 27,22]

« Ce fut quand Its’hak était âgé, ses yeux s’affaiblirent » (Toldot 27,1) :

Selon Rachi, l’affaiblissement de la vue de Its’hak (alors âgé de 123 ans), avait 3 raisons :
-> suite aux fumées que les femmes de Essav offraient aux idoles.
-> lorsqu’il a été ligoté sur l’autel de la Akéda, les anges au-dessus de lui, ont pleuré, et leurs larmes ont coulé dans ses yeux et les ont obscurcis.
-> Hachem a provoqué sa cécité pour que Yaakov puisse recevoir les bénédictions [sans que Its’hak ne s’en aperçoive].

D’après la raison selon laquelle ce fut les larmes des anges qui affaiblirent sa vue, pourquoi les yeux d’Its’hak ne s’altérèrent que dans sa vieillesse, et pas juste après la ligature ?

En fait, les larmes des anges purifièrent et sanctifièrent tellement les yeux d’Its’hak, qu’ils ne purent plus supporter l’impureté de la fumée des offrandes des femmes de Essav à leurs idoles. Et c’est cette fumée qui affaiblit les yeux d’Yits’hak quand il était âgé.

=> Ainsi, en réalité toutes les raisons sont liées.

[le Zéved Tov]

« Les enfants s’agitèrent en son sein » (Toldot 25,22)

-> Selon Rachi : « Ils se heurtaient l’un contre l’autre, se disputant l’héritage des 2 mondes »

On pourrait penser que Yaakov voulait le monde à venir, et Essav ce monde-ci.
Mais ce n’est pas le cas.

Le Chem miChmouël explique, qu’en réalité, chacun voulait les 2 mondes, et que l’unique différence réside dans lequel donner sa préférence.
Pour Yaakov, l’essentiel est la poursuite du monde futur, tandis que pour Essav le principal est la recherche des plaisirs de ce monde temporaire.

Le midrach (Béréchit 63,10) rapporte que Essav demandait à son père comment prélever la dîme sur le sel et la paille, afin de tromper son père et de créer une impression qu’il était méticuleux dans l’observance des mitsvot.
Le Chem miChmouël dit qu’on peut y apprendre un message plus profond.
Essav prenait quelque chose de secondaire (la paille, le sel) et en faisant quelque chose de principal (sur lequel on doit prélever la dîme).
La paille est accessoire au blé qu’elle protège, et le sel ne vient qu’après la nourriture pour la relever ou la préserver.

On sait que le yétser ara a pour objectif de créer en nous des doutes, faisant un grand mélange entre nos priorités.
Il veut qu’à nos yeux l’accessoire devienne l’essentiel, afin que notre vie soit au final la plus vide possible.

De notre côté, nous devons tout faire pour garder fermement la barre et naviguer dans la vie selon le GPS de la Torah, n’oubliant jamais pourquoi un juif est dans ce monde.

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-> « De même que l’eau et le feu ne peuvent pas demeurer ensemble dans un récipient, de même l’amour pour ce monde et l’amour pour le monde à venir ne peuvent pas résider ensemble dans le cœur du croyant »
[‘Hovot haLévavot – Chaar ‘Hechbon haNéfech – chap.3]

=> A nous de choisir si l’on veut un vie à la Yaakov ou bien à l’Essav, car vouloir être sur les 2 tableaux n’est pas possible : le feu et l’eau ne pouvant co-exister.

Avant d’agir, on peut se demander : est-ce que Hachem, mon rav, serait d’accord avec mon choix?

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-> Hachem a mis un sentiment d’hostilité dès le début entre ces 2 frères jumeaux, pour éviter que Yaakov ne demande des conseils ou bien apprenne des voies de Essav.
C’est ce sentiment qui va se manifester lorsque les juifs vont souffrir des mains d’Essav et de ses descendants au travers les siècles.
[Séfer ‘Hassidim]

[dès que nous commençons à trop nous comporter comme les non-juifs, cette animosité se développe pour nous remettre à notre place de juif]

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-> Selon Rachi : « Ils se heurtaient l’un contre l’autre, se disputant l’héritage des 2 mondes »

Apparemment, cela signifie que Yaakov a choisi le monde futur et Essav, ce monde-ci. Si tout était si simple, pourquoi se disputaient-ils ?

C’est que Yaakov voulait aussi ce monde-ci pour l’élever et le sanctifier au niveau du monde futur.
Quant à Essav, il cherchait aussi le monde futur, pour le mélanger avec ce monde et ainsi renforcer le mal par son mélange avec le bien.
En effet, le mal tout seul n’a pas tellement de force, tout son pouvoir émane du fait qu’il est relié au bien et c’est de ce bien qu’il puise sa force.
C’est ce que Essav souhaitait : rabaisser et mélanger le monde futur au niveau de ce monde, en vue de renforcer la matérialité.
[le ‘Hidouché haRim]

-> Rivka pensait qu’il n’y avait qu’un seul enfant dans son ventre, ce qui lui causait une grande souffrance, croyant que le même enfant avait des tendances pour la Torah et pour l’idolâtrie. C’est ainsi qu’elle a consulté Chem et Ever. L’explication a été : « Deux peuples se trouvent dans ton ventre ».
C’est à dire que tu n’as pas qu’un seul fils avec les 2 tendances, mais 2 enfants, un bon et un mauvais.
Comment cela pouvait-il la rassurer, car finalement un de ses fils aura totalement une tendance mauvaise.

On voit de là qu’il est préférable de choisir définitivement son clan qu’il soit bon ou mauvais, plutôt que de rechercher en même temps les deux.
Celui qui est entièrement mauvais pourra un jour s’en rendre compte et se repentir, mais celui qui fait les deux, se donnera bonne conscience par le bien qu’il fait. Il aura donc plus de mal à se repentir.  Le bien réalisé par l’homme qui a les 2 tendances va renforcer le mal qu’il réalise.
[au regard des nombreuses bonnes choses que je fais, ce n’est pas si grave, voir même humain, s’il m’arrive de fauter! D’une certaine façon inconsciente, plus je suis tsadik d’un côté, plus cela est défendable si je n’agis pas selon la volonté de D. quand cela m’arrange.]
En revanche, celui qui ne fait que le mal, ses méfaits n’auront pas l’appuie de la sainteté.
[le Tiféret Chelomo]

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+ « Deux nations sont dans ton ventre »

-> Selon Rachi : Le mot « nations » (goyim – גֹיִים) fait allusion à Antoninus [descendant de Essav] et à Rabbi [Rabbi Yéhouda haNassi, descendant de Yaakov], à la table desquels il n’a jamais manqué ni radis ni laitues, en été comme en hiver.
Le Maharal dit que le radis et la laitue sont des produits en général peu chers, mais saisonniers, et le fait de les avoir en permanence sur la table était un signe de richesse.
En effet, Antoninus et Rabbi étaient extrêmement riches (cf.guémara Avoda Zara 11a ; Pessa’him 119a ; Sanhédrin 110a). En quoi cela allait-il réconforter Rivka?

Le Pardess Yossef explique que le radis est utilisé comme un apéritif, qui permet de stimuler l’appétit pour le repas à venir.
La laitue a beaucoup de fibres, et sert de digestif à la fin d’un repas.

A la fin de sa vie, Rabbi Yéhouda haNassi a levé ses mains et juré qu’il n’avait pas profité de ce monde.
Comment concilier cela sachant qu’il avait des produits hors saison à sa table?
Les Tossafot (Avoda Zara 11a) apprennent de là que ces produits étaient uniquement destinés à ses invités.

Antoninus, bien que descendant de Essav a appris du comportement de Rabbi Yéhouda haNassi.
Il n’y avait pas d’horaire pour les personnes de passage chez eux, et à tout moment, ils avaient de quoi manger.
C’est ainsi qu’il y avait en permanence des radis et de la laitue.
En effet, à tout moment un invité pouvait terminer son repas (laitue/désert), tandis qu’un autre pouvait juste le commencer (radis/apéritif).
C’était comme un restaurant ouvert et fonctionnant 24h sur 24h.

=> Cela réconforta Rivka.
Non pas le fait qu’ils soient richissimes, mais le fait qu’ils marchaient dans les pas de Avraham et Sarah en usant convenablement de leurs richesses pour l’hospitalité.

-> Rabbi David Feinstein fait remarquer que le terme : « nation » (גֹיִים), a une guématria de 63.
Au moment où Its’hak bénit ses 2 enfants (jumeaux), ils avaient un âge de 63 ans.

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-> Rachi donne une autre explication à notre verset : lorsque Rivka passait devant un lieu d’étude de Torah, Yaakov se mettait à courir et ‘heurtait’ pour sortir. Il en était de même pour Essav devant les lieux d’idolâtrie.

Puisque Yaakov était à l’intérieur du ventre de sa mère comment pouvait-il être conscient qu’elle passait devant un lieu de Torah?

Le rav Yérou’ham Lévovitz dit que c’est comparable à une boussole.
De même qu’une boussole indique la direction du nord, l’âme de Yaakov était toujours pointée dans la direction de la sainteté et de la Torah.
Il savait naturellement lorsque sa mère était à proximité d’un lieu de Torah.

Notre Patriarche nous a transmis dans nos gènes spirituels cette attirance naturelle envers la Torah.

-> Rabbi Chlomo Zalman Bregman rapporte des exemples illustrant cette attirance innée :

1°/ La guémara (Béra’hot 61b) compare les juifs aux poissons dans l’eau, qui ne peuvent pas survivre en dehors de son habitat.
Nos Sages de conclure : « De même, la Torah est notre source de vie et peut nous sauver. Sans elle, nous allons certainement mourir. »
Un juif ne peut pas survivre spirituellement sans Torah.

A l’image des poissons, on peut imaginer qu’à l’approche d’un lieu de Torah, Yaakov s’agitait, courait afin de pouvoir prendre des bouffées d’oxygène de Torah, si vitales à sa vie spirituelle.

2°/ « De même que les poissons, qui grandissent dans l’eau, boivent avec soif chaque goutte d’eau qui descend du ciel, ainsi les Bnei Israël, qui grandissent dans l’eau (de la Torah) boivent avec avidité chaque nouveau commentaire, comme s’ils n’avaient jamais goûté à la Torah. »
[guémara Avoda Zara 19a]

Un midrach (Béréchit Rabba 97,3) illustre également cette soif des juifs pour la Torah : « Un poisson vit dans l’eau, et lorsqu’une goutte de pluie descend du ciel, le poisson la boit avec soif comme s’il n’avait jamais goûté d’eau auparavant. »

=> Bien qu’un poisson vive entouré d’une quantité phénoménale de gouttes d’eau, chaque nouvelle goutte qui tombe du ciel, lui est pour lui manquante, comme si c’était la 1ere, l’unique.
De même si un homme est entouré de milliards de livres de Torah, il en veut toujours plus.

A l’image des poissons, on peut imaginer qu’à l’approche d’un lieu de Torah, Yaakov s’agitait, courait afin de pouvoir capter un nouvel enseignement de Torah.
Tant qu’il y a de la vie, il y a possibilité d’ingérer encore davantage de Torah.

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-> Il est intéressant de noter que cette attitude qu’ont nos Patriarches, se retrouve également chez les anges.
En effet, le Zohar (3,173a) rapporte que les anges et les êtres célestes, qui malgré le fait de ne vivre que dans une réalité complètement spirituelle, descendent dans ce monde afin d’écouter chaque nouvelle idée en Torah que les juifs révèlent.