[Lorsque Rivka apprit qu’Essav prévoyait de tuer son frère Yaakov, elle lui dit de fuir à ‘Haran, chez son frère Lavan. Elle dit, ] « Tu resteras chez lui quelque temps, jusqu’à ce que s’apaise la fureur de ton frère. Lorsque l’animosité de ton frère ne te menacera plus et qu’il aura oublié ce que tu lui as fait, je t’enverrai ramener de là bas : pourquoi m’exposer à vous perdre tous 2 à la fois? » (Toldot 27,44-45)

=> Il est étonnant que Rivka prononce la même phrase à 2 reprises : « jusqu’à ce que s’apaise la fureur de ton frère. Lorsque l’animosité de ton frère ne te menacera plus ».
Qu’essayait-elle de dire à Yaakov?

Le Panim Yafot (rabbi Pin’has Horowitz) répond :
La traduction littérale de la déclaration de Rivka est : « jusqu’à ce que la colère de ton frère se calme de ta part » (ad shouv af a’hikha mimé’ha => mimé’ha = de toi!).

Rivka dit à Yaakov : « Fuis ‘Haran et restes-y jusqu’à ce qu’Essav s’apaise de sa fureur contre toi, et abandonne son plan de te tuer ».
Mais comment allait-il savoir que la fureur d’Essav s’était calmée et qu’il serait en sécurité pour rentrer à la maison?

La réponse est : « de ta part » (mimé’ha) = de toi, en examinant tes propres sentiments.
Lorsque le jour viendra où tu ne ressentiras plus de colère envers lui, alors tu pourras être certain qu’il ne portera plus de rancœur à ton égard.
En effet, les émotions humaines suscitent un réponse mutuelle : la bienveillance engendre la bienveillance, la haine engendre la haine.

[tu veux qu’autrui t’aime, alors commence par l’aimer, par avoir un regard positif sur lui dans ton cœur!

A l’image de l’eau qui reflète ton visage, le cœur d’autrui reflète les émotions qui sont dissimulées dans ton cœur à son égard.
Si tu as l’impression qu’autrui ne t’apprécie pas, alors développe beaucoup d’amour dans ton cœur, et il en viendra à t’apprécier d’avantage!]

« Its’hak se remit à creuser les puits que l’on avait creusés du temps d’Avraham son père et que les Philistins avaient comblés après la mort d’Avraham. Il leur imposa les mêmes noms que leur avait imposés son père. » (Toldot 26,18)

-> Le Chem miChmouël commente :
Il est écrit : « Telles des eaux profondes, les idées abondent dans le cœur humain : l’homme avisé sait y puiser » (Michlé 20,5).

Avant qu’un puits ne soit creusé, l’eau du puits est présente, mais elle est cachée et enfouie profondément dans les entrailles de la terre.
L’homme avisé est celui creuse le puits, enlève la terre et met l’eau à découvert.

Sur un plan spirituel, cela signifie que dans la profondeur cachée du cœur et de l’esprit de l’homme, il y a la connaissance de Hachem. Mais cette conscience est recouverte par des couches de matérialité et de désirs.
Pour ramener l’étincelle de sainteté à la surface, il est nécessaire d’enlever cette couche de matérialité.

Le creusement du puits représente l’influence d’Its’hak pour enlever la couche de matérialité et d’indifférence qui couvre notre cœur, mettant à jour la crainte et le respect pour Hachem qui sont présents dans le cœur de chaque juif.

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+ « Il (Its’hak) creusa des puits d’eau »

=> Pourquoi la Torah se rallonge-t-elle tant pour parler des puits que creusa Its’hak?

Une des leçons que la Torah veut transmettre par ce récit est que quand quelqu’un réalise une action, si cette action échoue, il ne doit pas s’empresser d’en conclure que cela prouve qu’Hachem ne veut pas qu’il fasse cette chose-là.
En effet, Its’hak creuse un premier puits. Cela lui cause des ennuies. Et là, il ne se dit pas que cela montre qu’Hachem n’approuve pas son entreprise. Et au contraire, il creuse un deuxième puits. Cela lui cause encore des ennuies. Mais au lieu de baisser les bras, il creuse un troisième puits, qui est une réussite.

=> Cela nous apprend que même si ce que l’on fait se confronte à des difficultés, on ne doit pas se décourager et renoncer. Mais on doit se renforcer et continuer. Peut-être qu’Hachem veut simplement tester combien il est prêt à se battre pour son projet!
[Rav Aharon Bakchat]

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+ « Its’hak se remit à creuser les puits »

=> Pour quelle raison Its’hak a-t-il fait le sacrifice de revenir pour creuser des puits qui l’avaient déjà été par son père Avraham? Pourquoi n’a-t-il pas fait une pause en attendant de trouver un puits non revendiqué par les Philistins?

-> Le Zohar nous en explique la signification de cette attitude :
Les Patriarches ont creusé des puits afin que tout un chacun puisse en boire. Ainsi, des gens viendraient chez eux et ils pourraient leur enseigner la Torah.
C’est d’ailleurs pour cette raison que les Philistins avaient comblé les puits et s’étaient battus pour eux : ils étaient les émissaires du mauvais penchant, qui lutte contre l’enseignement de la Torah et tente de l’annuler.
Mais Its’hak ne s’est pas laissé impressionner par les embûches du mauvais penchant.

Au contraire, « il se remit à creuser les puits … Ils ont creusé un autre puits … Il a creusé un autre puits » = Its’hak n’a pas interrompu sa mission, mais il a poursuivi son chemin malgré tous les obstacles, comme il est écrit : « Le juste tombe 7 fois, et se relève » (Michlé 24,16).

Puis une fois qu’il a creusé le 3e puits, il est écrit : « On ne le disputa pas, il le nomma Ré’hovot » = Cela nous enseigne que si quelqu’un surmonte les obstacles du mauvais penchant, ce dernier finira par l’abandonner et il pourra servir Hachem dans la tranquillité (Ré’hava).

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+ Il leur donna les mêmes noms que leur avait donnés son père »

-> Tous les puits qu’avait creusés Avraham et auxquels il avait donné un nom, bien que les Philistins les aient bouchés et que Its’hak les ait de nouveau creusés, il ne leur a pourtant pas donné un nouveau nom, mais a gardé les noms donnés par son père. Pourquoi cela?
A cause de sa modestie, et à cause de l’honneur dû à son père.

Quelle récompense cela lui a-t-il valu?
Que le nom de tous les Patriarches a été modifié : Avraham s’appelait d’abord Avram puis Avraham, Yaakov s’appelait d’abord Yaakov puis Israël.
Mais Its’hak avait été nommé Its’hak par Hachem avant même sa naissance, et son nom n’a jamais été modifié.
[midrach haGadol]

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+ « Tous les puits creusés par les serviteurs de son père, du temps de son père Avraham, les Philistins les comblèrent en les remplissant de terre » (Toldot 26,15)

-> Its’hak refit creuser ces puits et leur attribua les mêmes noms qu’Avraham leur avait donné (v.26,18).
Ceci nous enseigne qu’il nous faut conserver les coutumes de nos parents, sans les modifier.
Même s’agissant d’une chose aussi triviale que la nomination de puits, Its’hak ne changea pas la coutume instaurée par son père.

Ces puits font également allusion aux nouveaux convertis par Avraham. Ils devinrent les réceptacles de la foi, au même titre que les puits sont des réserves d’eau.
Après la mort d’Avraham, les Philistins les incitèrent à retourner vers l’idolâtrie, ainsi « ils les emplirent de terre ». Its’hak les « recreusa » en leur enseignant à nouveau les voies de Hachem.
[rabbénou Bé’hayé – rapporté dans le Méam Loez – Toldot 26,15]

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+ Its’hak se remit à creuser les puits qu’on avait creusés du temps d’Avraham … Il délogea de là et creusa un autre puits qu’on ne lui disputa pas, il le nomma Réhovot, disant : « Pour le coup, Hachem nous élargis, et nous prospérons dans la contrée ». (Toldot 26,18-22)

=> Pourquoi la Torah nous informe-t-elle qu’Its’hak creusa des puits? Cette indication ne présente à priori aucun intérêt.

En réalité, ces puits se réfèrent aux temps futurs.
– Le 1er puits fut nommé : Essék (défi – עֵשֶׂק), en référence au premier Temple. [Sa destruction représenta le plus grand défi imposé au peuple juif].
– Le 2 puits : « Sitna » (שִׂטְנָה), correspond au 2e Temple.
Hachem provoqua sa destruction à cause du péché de la haine gratuite, qui incite les hommes à servir la cause du Satan, qui incite les hommes à se quereller sans aucune raison.
– Le 3e puits (du nom de : Ré’hovot – רְחֹבוֹת -> ré’hava = tranquillité), autour duquel il n’y eut aucune dissension, se réfère au 3e Temple dont la construction interviendra lors de l’époque du machia’h, qui sera une période de paix et d’amour, très bientôt avec l’aide de D.
[Méam Loez – Toldot 26,18-22]

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+ « Il monta de là à Béer Chéva » (Toldot 26,23)

-> A Béer Chéva, Its’hak creusa encore 4 puits, correspondant aux 4 campements que les juifs dressèrent dans le désert.
[Avec les 3 puits déjà creusés et ces 4 autres, nous obtenons un total de 7. Ce qui explique le nom de Béer Chéva, signifiant : « le 7e puits ».]
Selon une autre opinion, il creusa 5 puits en comparaison aux 5 livres de la Torah.
En effet, les épreuves traversées par nos Patriarches ont une valeur symbolique pour leurs descendants, se référant à certains événements futurs.
[Méam Loez – Toldot 26,23]

« Essav, entendant les paroles de son père, poussa des cris bruyants et douloureux et il dit à son père : ‘Moi aussi bénis-moi mon père!’ «  (Toldot 27,34)

-> Le midrach sur ce verset, déclare que le machia’h viendra uniquement lorsque les larmes d’Essav cesseront de couler.

Le rabbi Shmelke de Nikolsbourg (Imré Chmouël) s’interroge : « Mais qu’en est-il des larmes que les juifs versent jour et nuit dans leurs prières et leurs suppliques vers D.?
Pourquoi Hachem n’y fait pas attention? Pourquoi les larmes des juifs ne peuvent-elles pas neutraliser celles des enfants d’Essav?
Après tout, la Halakha a établi la règle qu’une substance est neutralisée si elle est mélangée avec une autre substance dans une proportion d’un soixantième.
Or, le volume des larmes des juifs est supérieur à 60 fois celui des larmes d’Essav. »

Le Imré Chmouël répond :
Les substances qui sont différentes sont annulées dans une proportion d’un soixantième, les substances de même espèce ne sont pas annulées même dans une proportion d’un millième.

Essav a versé ses larmes en implorant pour des biens matériels.
Malheureusement, les juifs ont aussi pleuré pour des bien matériels et des possessions terrestres.
La raison pour laquelle les larmes des juifs ne peuvent pas neutraliser celles d’Essav est que les 2 types de larmes sont de même nature, et les substances de même nature ne peuvent pas s’annuler mutuellement.

=> Le message sous-tendu par le midrach est que les juifs doivent cesser de verser les « larmes d’Essav », des larmes qui sont versées pour des biens matériels.
Au lieu de cela, un juif doit déplorer l’exil de la Présence Divine et ses propres erreurs dans le domaine spirituel. Ce n’est qu’à cette condition que le machia’h viendra.

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+++ Bénédictions d’Its’hak à ses enfants -> Quelques points de récit du côté d’Essav :

+ « Maintenant, prends tes armes, ton carquois et ton arc, va aux champs, et prends du gibier pour moi. Fais-m’en un ragoût comme je l’aime, sers-le moi et que j’en mange, afin que mon cœur te bénisse avant ma mort » (Toldot 27,3-4)

-> A l’époque de la guémara (‘Houlin 30b), les hommes savaient abattre rituellement un animal en tirant une flèche pour lui trancher la gorge. Cette flèche avait une longue lame, comme celle d’un couteau d’abattage.
Cette lame devait être aiguisée de façon à ne présenter ni ébréchure ni le moindre défaut.
On pointait alors avec une précision la flèche en direction de l’animal de sorte que sa lame lui tranchait la gorge aussi bien qu’un abatteur rituel. On tuait les oiseaux de la même manière.

Cela nécessitait une adresse extraordinaire. Si l’on bandait son arc trop fort ou pas assez, ou encore si on tirait sa flèche sous un mauvais angle, on risquait de rendre impur l’animal.
=> C’est pourquoi Its’hak avertit Essav de chasser avec précaution afin qu’il lui amène un animal pur (cashère).
[Méam Loez – Toldot 27,3-4]

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+ « Comme Its’hak avait achevé de bénir Yaakov, il arriva que Yaakov était sorti précisément de devant Its’hak son père, lorsque son frère Essav revint de la chasse » (Toldot 27,30)

-> La tente d’Its’hak comportait 2 entrées, c’est pourquoi Essav ne vit pas Yaakov sortir …

Lorsqu’on pénètre dans une maison en venant de l’extérieur, on ne voit pas suffisamment. Essav n’aperçut pas Yaakov, mais ce dernier vit son frère, car quiconque se tient dans l’ombre peut voir quelqu’un se trouvant dans la lumière.
[…]

Le retour d’Essav prit plus de temps que prévu, car sa chasse fut sabotée.
A chaque fois qu’il piégeait un oiseau ou un petit animal, un ange venait derrière et le relâchait. Ceci pour permettre à Yaakov de recevoir les bénédictions.

Essav, voyant qu’il ne pouvait attraper d’animaux cashers, prit un de ses chiens de chasse et l’égorgea. Tel fut la viande qu’il servit à son père.  (cf. Targoum Yonathan 27,5)
Cependant, Its’hak était suffisamment perspicace pour se méfier d’une semblable ruse.
[Méam Loez – Toldot 27,30]

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+ « Essav dit à son père : « Ne possèdes-tu qu’une seule bénédiction mon père? Mon père, bénis-moi aussi! »
Et Essav éclata en pleurs. » (Toldot 27,38)

-> Trois larmes jaillirent des yeux d’Essav. Une coula sur sa joue droite, l’autre sur la joue gauche et la 3e resta entre ses yeux.
Si la 3e larme était tombée, les juifs n’auraient jamais échappé à l’esclavage d’Essav.

Israël ne sera pas libre tant que les larmes d’Essav n’auront pas séché …
Ces larmes versées par Essav nous ont fait subir de nombreux malheurs.
[Selon le Zohar,] elles prouvaient combien il désirait cette bénédiction, et il en résulta l’asservissement d’Israël. Etat dans lequel nous resterons jusqu’à notre repentir complet quand nos larmes compenseront les siennes.
[Méam Loez – Toldot 27,38]

[cela met également en avant le fait que même si nous avons les meilleures justifications au monde, le fait de faire honte à son prochain (même s’il est racha comme Essav), aura des répercutions néfastes sur nous.
Combien devons-nous éviter à tout prix de causer le moindre sentiment de honte à notre prochain!]

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+ « Pour réponse, Its’hak son père lui dit : « Une grasse contrée sera ton domaine et les cieux t’enverront leur rosée. Mais tu ne vivras qu’à la pointe de ton glaive et tu seras tributaire de ton frère. Pourtant, après avoir plié sous le joug, ton cou s’en affranchira ». »(Toldot 27,39-40)

-> Rachi commente :
– Une grasse contrée = Ce sont les provinces grecques de l’Italie.
– Lorsque tu auras plié (tarid) = c’est une expression de douleur … c’est-à-dire que lorsqu’Israël transgressera la Torah et que tu auras des raisons de te plaindre des bénédictions qu’il a reçues, [alors] « tu briseras son joug de dessus ton cou » [tu leur causeras de la douleur].

[ => Si nous respectons les mitsvot alors « Tu (Essav) serviras ton frère (Yaakov = les juifs) », mais sinon Essav a alors la capacité de nous persécuter. C’est ainsi que tout ne dépend que de nous, de notre comportement!]

-> Its’hak bénit Essav : « Tu vivras à la pointe de ton glaive » = Yaakov détenait une épée qui avait appartenu à Adam.
Parmi les choses que Yaakov donna à Essav en échange de son droit d’aînesse, figurait cette épée. C’est pourquoi Its’hak lui annonça qu’il ne pourrait vivre que grâce à cette épée, puisqu’il avait tout perdu à cause d’elle.
[Méam Loez – Toldot 27,39-40]

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+ « Essav prit Yaakov en haine à cause de la bénédiction que son père lui avait accordée. » (Toldot 27,41)

-> Essav n’honora son père que jusqu’au moment de la bénédiction de Yaakov. Après cet événement, il devint totalement irrespectueux envers Its’hak.
[Yéfé Torah – rapporté dans le Méam Loez – Toldot 27,41]

« Et maintenant, mon fils, obéis à ma voix à propos de ce que je t’ordonne. Va je te prie … afin qu’il te bénisse avant sa mort. »
Yaakov dit à Rivka sa mère : « … Peut-être mon père me tâtera-t-il et je serai à ses yeux tel un imposteur et j’amènerai sur moi la malédiction et non la bénédiction »
Sa mère lui dit : « [Je prends] sur moi ta malédiction, mon fils ; seulement écoute ma voix … » (Toldot 27,8-13)

Comment comprendre que Yaakov se trouva rassuré en sachant que les malédictions iraient chez sa mère?

Selon nos Sages, c’est que les termes : « sur moi » (alaï – עלי) doivent s’interpréter autrement, et c’est ce que nous allons voir b’h.

-> Le Targoum Onkelos explique qu’en fait Rivka dit : « A moi il a été dit en prophétie que tu n’auras pas de malédiction ».
Ainsi, Rivka rassura son fils. Il ne sera pas du tout maudit.

Le ‘Hatam Sofer explique de quelle prophétie parlait Rivka.
Il est dit au début de la paracha, que Rivka ayant une grossesse difficile, elle alla consulter Hachem, à savoir Ses prophètes : Chem et Ever (selon nos Sages), et ils lui dirent entre autre : « Le grand servira le jeune ».
Ainsi Rivka savait que Essav, le plus grand (car sorti du ventre en premier) devait servir Yaakov, né en deuxième. Par conséquent, il est certain qu’aucune malédiction ne pouvait advenir à Yaakov, puisqu’il était prévu par prophétie, qu’il domine son frère.

-> Le Gaon de Vilna explique que le terme עלי (sur moi) se compose en fait des initiales des 3 mots : Essav (עשו), Lavan (לבן) et Yossef (יוסף).
C’est que « ta malédiction » et tes souffrances viendront uniquement de ces 3 personnages et non pas de ton père. Il est donc sûr que ton père ne te maudira pas.

D’ailleurs, c’est pourquoi, quand plus tard, Yaakov fut confronté à l’épreuve de devoir laisser son fils Binyamin descendre en Égypte avec ses frères, il dit : « Sur moi (עלי) tout cela est advenu » (Mikets 42,36).
Par cela, il voulait faire allusion au fait qu’il avait déjà traversé les 3 épreuves de : Essav, Lavan et Yossef, qui sont en allusion dans le terme עלי (sur moi) et que sa mère lui a prédit. Ainsi, il se dit : comment pourrait-il m’arriver un autre malheur, par la perte de Binyamin, chose qui n’a pas été prédite?

-> Rabbi Heschel de Cracovie explique que cette malédiction qu’évoque Yaakov fait en fait référence à la malédiction du verset : « Maudit sera celui qui trompe l’aveugle sur son chemin » (Ki Tavo 27,18).

En effet, Yaakov pensait que s’il se présentait devant son père, se faisant passer pour Essav, il serait ainsi en train de tromper son père, aveugle. Il recevrait alors cette malédiction.

Sa mère lui dit alors qu’au contraire, il ne sera pas maudit car : « Selon moi, l’explication de ce verset n’est pas à prendre au sens strict. Ce verset fait allusion à quelqu’un qui induit en erreur non pas l’aveugle, mais celui qui ne sait pas, comparé ici à un aveugle ».
Or, Its’hak voulait bénir Essav, car il ne savait pas qu’il était complètement racha.
=> En envoyant Yaakov, Rivka sauvait ainsi Its’hak de l’erreur. En cela, la malédiction du verset ne le concernait absolument pas.

-> Le ‘Hidouché haRim explique que Essav avait un mérite particulier que n’avait pas Yaakov, c’était qu’il avait un très grand respect de son père.
A cause de ce mérite, Hachem ne voulait pas révéler à Its’hak que Essav est un racha pour ne pas lui provoquer de la peine et c’est à cause de cela que Yaakov ne pouvait pas recevoir les bénédictions.

C’est pourquoi, Rivka voulait trouver une solution pour annuler et contrer totalement le mérite de Essav, et cela en demandant à Yaakov d’accomplir la mitsva de respecter sa mère avec une totale abnégation. Ainsi, ce mérite va contrebalancer le mérite du respect qu’avait Essav pour son père.

C’est ainsi que Rivka dit à Yaakov : « Sur moi (alaï) ta malédiction mon fils », c’est-à-dire : « Même si à cause de moi tu reçois une malédiction », malgré tout « juste écoute ma voix et vas-y » = c’est-à-dire que Yaakov devait respecter la parole de sa mère même en prenant le risque de se faire maudire. Par là, il pourra annuler le mérite de Essav et pourra recevoir la bénédiction de son père.

Et c’est ce que Yaakov fit. C’est pour cela que par la suite, quand Essav arriva, le midrach rapporte que Its’hak sentit le feu de l’enfer qui entrait avec lui et ainsi, il comprit que Essav était un racha.
C’est que effectivement, Yaakov a réussi à annuler le mérite de Essav, et Its’hak pouvait alors connaître la vérité sur la perversité de Essav.

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+ Rivka dit à son fils Yaakov :
-> « Cette nuit, les anges ont prié si intensément Hachem que les portes de la bénédiction se sont ouvertes. Ton père a demandé à ton frère Essav de lui rapporter un plat raffiné afin qu’il puisse le bénir « en présence de Hachem », indiquant que D. acceptera sa bénédiction.
Si Its’hak bénit Essav, cette bénédiction sera prononcée sous l’influence de l’inspiration Divine et tu ne pourras plus jamais relever la tête. »

[Targoum Yonathan – rapporté dans le Méam Loez – Toldot 27,6-7]

-> « Si tu m’écoutes, le peuple d’Israël en tirera un immense profit.
Va chez le marchand de petit bétail et achète-moi 2 agneaux de choix.
Aujourd’hui, veille de Pessa’h, nous avons besoin de 2 chevreaux : un pour le sacrifice de Pessa’h et l’autre pour l’offrande de la fête (‘Haguiga).
Ces 2 chevreaux font référence aussi aux 2 boucs sacrifiés à Yom Kippour (Vayikra 16,7).
Ces 2 chevreaux que tu vas apporter à ton père vont te permettre de vaincre l’ange gardien d’Essav.
Dans le futur, les 2 boucs auront le même effet, et expieront les péchés de tes descendants.
[…]
Je vais les préparer comme ton pères les aime. »
[Méam Loez – Toldot 27,8-10]

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+ Pourquoi Its’hak voulait-il bénir tout particulièrement Essav?

-> « Quand Essav s’occupait de son père, il le faisait dans ses plus beaux vêtements » (midrach Béréchit rabba 65,12)

C’est pourquoi avec une mitsva aussi importante, Its’hak pensait que s’il lui donnait une impulsion quelconque, il pourrait aider Essav (par le mérite de cette mitsva) à se repentir totalement de toutes ses fautes (à se sortir du mal). Il voulait donc le bénir, lui donner toutes les bonnes bénédictions, afin qu’il mérite la vie éternelle, une vie de Torah.

Its’hak n’avait pas besoin de bénir Yaakov, parce que Yaakov était depuis toujours rempli de Torah, de mitsvot et de bonnes actions.
Qu’a fait Its’hak?
Il a choisi justement la nuit de Pessa’h, la nuit qui est protégée des forces du mal, pour bénir Yaakov.
Il voulait ainsi lui évoquer par allusion la délivrance d’Israël de l’Egypte, la victoire d’Israël sur Pharaon roi d’Egypte, et la liberté du peuple d’Israël.
C’est pourquoi,  lui a-t-il suggéré, mieux vaut pour toi de te repentir, tu n’as pas intérêt à vivre dans la haine avec ton frère Yaakov, car cette nuit est celle de la délivrance des juifs.

Par ailleurs, nos Sages disent : « Quand quelqu’un arrive à l’âge où sont morts ses ancêtres, il doit se tenir prêt 5 ans avant et 5 ans après » (midrach Béréchit rabba 65,7).
Or, Its’hak avait l’âge de 123 ans, et il ne savait pas s’il devait prendre en considération l’âge auquel était morte sa mère (qui a vécu 127 ans), auquel cas il se serait trouvé 5 ans avant, ou s’il arriverait jusqu’à l’âge de son père.
C’est pourquoi, c’est à ce moment-là qu’il a voulu bénir Essav, car ce pouvait être avant sa mort.
En le bénissant avant sa mort, il voulait rappeler à Essav le jour de la mort, lui enseigner que la fin de tout homme est de mourir, et qu’il faut préparer des provisions en ce monde et se repentir.

Cependant, Essav était tellement plongé dans ses fautes que depuis toujours, il haïssait Essav.
Il se sentait supérieur à lui parce qu’il respectait ses parents mieux que Yaakov. C’est pourquoi l’orgueil lui a fait perdre la tête.
Nous voyons de là qu’à cause de l’orgueil d’Essav, les bénédictions lui ont été refusées, et qu’il n’a pas mérité de se rapprocher de D. comme son frère Yaakov.
[l’orgueil peut nous faire tout perdre, et l’humilité tout gagner!]
[Source : adaptation personnelle d’un dvar Torah du rabbi David Hanania Pinto]

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-> Le Zohar nous révèle que si la tête de Essav fut enterrée auprès de son frère dans la grotte de Ma’hpéla, c’est parce que son esprit possédait un potentiel très élevé, auquel son cœur cependant n’avait pas accès.

-> Le Radak dit que Its’hak avait conscience de la grandeur spirituelle de Yaakov, et il pensait que Essav avait nettement plus besoin des bénédictions afin d’améliorer ses actions.

Le Ets haDaat Tov dit qu’il a pris exemple sur Avraham dont ses prières ont permis à Ichmaël de faire téchouva.
Cependant, Ichmaël avait fauté par l’idolâtrie, tandis que Essav par le meurtre, et il est beaucoup plus difficile de s’en sortir lorsque l’on porte atteinte à notre prochain.

Ceci explique pourquoi Rivka a dû intervenir, prenant conscience que ses actions antérieures (meurtres) rendaient inaptes les bénédictions, et pourraient avoir un effet contraire.

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+ « Its’hak aimait Essav » (Toldot 25,28)  => Pourquoi Its’hak aimait-il tant Essav?

En réalité, Its’hak vivait déjà comme dans les temps futurs. Or, si Hachem voudrait ensuite rejeter le peuple juif du fait de ses fautes, Its’hak pourra à présent plaider en sa faveur en disant : « Les juifs sont malgré tout moins mauvais que Essav. Et pourtant, moi j’ai aimé Essav! Toi aussi, malgré leurs fautes, Tu ne dois pas les rejeter et Tu dois continuer à les aimer! »
[rabbi Meïr de Prémichlan]

-> Le Divré ‘Haïm explique qu’Hachem souhaitait que Its’hak bénisse Yaakov en même temps qu’il pense s’adresser à Essav. En effet, ce n’est pas seulement Yaakov qui allait se faire bénir par Its’hak, mais c’est tout le peuple d’Israël à travers lui. Or, dans le futur, il arrivera que certains juifs ne soient pas à la hauteur de cette bénédiction, ne suivant pas le chemin de la Torah. Pour que même ces Juifs éloignés soient aussi bénis, il fallait qu’Its’hak bénisse Yaacov en pensant qu’il s’agissait d’Essav. Car ainsi, il adressait ces bénédictions à Essav.
Et comme bien-sûr, tous les Juifs, même les plus impies (réchaïm), sont mieux qu’Essav, ainsi en bénissant Yaakov, en pensant s’adresser à Essav, par cela, même les Juifs pouvant s’apparenter à Essav pourront recevoir cette bénédiction.

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-> Le Chem miChmouel se base sur les paroles de nos Sages (guémara Shabbath 30b) selon lesquelles la Présence Divine ne repose sur un homme que s’il est joyeux. Aucune tristesse ne se trouve auprès d’Hachem.
D’un côté, c’est Yaakov qui devait recevoir les bénédictions, mais d’un autre côté Its’hak voulait bénir Essav, son premier-né, qu’il pensait être un homme juste (Essav a réussi à lui faire croire cela).
Pour que Its’hak change d’avis et renonce à bénir Essav au profit de Yaakov, il fallait pour cela qu’il apprenne que Essav était un impie (racha) et qu’il ne méritait pas ces bénédictions. Or, il est clair que cette connaissance allait lui occasionner une profonde tristesse. Mais alors, même s’il décidera de bénir Yaakov, cette bénédiction sera prononcée avec des sentiments de peine, du fait de sa connaissance de la méchanceté de Essav.

=> C’est pourquoi, Hachem préféra lui cachait la vérité sur Essav, de sorte que Its’hak pense qu’Essav est un juste et s’en réjouisse. Mais alors, il fallait que Yaakov vienne à son insu, et c’est ainsi qu’il put recevoir une bénédiction dite avec joie par son père, qui continuait à croire qu’il bénissait Essav pensant qu’il était un homme juste. Et par cela, cette bénédiction pouvait être d’un niveau de prophétie très élevé.

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-> Le Assoufat Maara’hot explique qu’en vérité Essav aussi devait être bien, puisque Yaakov et Essav devaient se partager le Service Divin.
Yaakov devait s’investir dans l’étude, dans le spirituel, tandis que Essav devait allait dans le monde extérieur pour y accomplir les mitsvot et raffiner le monde.
Cependant Essav échoua et au lieu d’élever le monde matériel, il y sombra.

Il fallait donc quelqu’un pour le remplacer dans ce travail avec le monde extérieur, et c’est Yaakov qui prit sur lui ce rôle.
La bénédiction d’Its’hak visait à donner des forces à ses enfants pour réaliser leurs missions. C’est ainsi qu’à la fin de la paracha, Its’hak bénit Yaakov par les bénédictions d’Avraham, qui étaient spirituelles, pour réaliser son travail dans le monde spirituel. Mais, il voulait donner à Essav des bénédictions matérielles pour sa mission dans le monde matériel, car il pensait que ce rôle revenait à Essav. Mais comme ce dernier échoua et c’est Yaakov qui le remplaça, c’est ce dernier qui devait aller recevoir ces bénédictions pour sa nouvelle mission (vêtu des habits d’Essav).
Cependant comme il n’avait pas encore fait ses preuves dans le monde matériel, ces bénédictions ne pouvaient pas encore lui revenir de plein droit, car il ne les méritait pas encore. Il les reçut donc dans de façon détournée, le temps qu’il réalise sa nouvelle mission dans le monde extérieur, chez Lavan, et qu’il valide ainsi ces bénédictions.
C’est ainsi que quand il revint de ce séjour, l’ange d’Essav (après sa lutte) lui reconnaîtra ces bénédictions comme lui revenant de droit. C’est à ce moment qu’il les reçut de façon droite et claire.

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-> Le Métsa’h Aharon explique que Yaakov avait choisi de vivre uniquement pour le monde futur, et pour cela, il avait aussi besoin de bénédictions matérielles, car beaucoup de mitsvot nécessitent des moyens matériels.
Cependant, l’opulence contient le risque de dévier l’homme vers les plaisirs et l’orgueil.
Nos Sages enseignent que quand les juifs se détournent, Hachem éveille la haine d’Essav contre eux, pour que ces malheurs les poussent à se repentir. Ainsi, pour que Yaakov reçoive les bénédictions matérielles de son père sans risque, il fallait prévoir qu’en cas de déviation, Essav soit prêt à le faire souffrir. Et pour cela, il fallait qu’Essav ait une raison logique de haïr Israël. C’est pourquoi, Hachem planifia que Its’hak promette à Essav ses bénédictions.
=> Ainsi, quand finalement c’est Yaakov qui les récupérera en cachette, Essav haïra son frère. De cette façon, non seulement Israël recevra les bénédictions, mais en plus, la haine de Essav sera éveillée, pour neutraliser le risque de déviance d’Israël du fait des bénédictions.

-> « C’est une halakha qu’Essav hait Yaakov » [midrach Yalkout Chimoni Bamidbar 722]
[d’une certaine façon, si tu ne suis pas les halakhot par toi-même, alors s’applique la halakha de la haine d’Essav, et ce dans en but que finalement tu en viennes à suivre les halakhot.]

3 Questions/Réponses – Paracha Toldot

+ 3 Questions/Réponses – Paracha Toldot :

1°/ « J’ai mangé de tout avant que tu ne viennes » (Toldot 27,33)

Après qu’Its’hak ait mangé la nourriture apportée par Yaakov, Essav est venu et a demandé à son père de manger de la nourriture qu’il avait lui-même préparé afin qu’il le bénisse également.
Pourquoi Its’hak ne pouvait-il plus rien manger?

Rachi (v.27,9) : le repas de Its’hak (apporté par Yaakov) consistait en 2 chevreaux : l’un était destiné au sacrifice pascal, et l’autre devait servir au repas

-> Selon le rav Yossef ‘Haïm Zonnenfeld, pour éviter que Its’hak ne mange et ne donne ensuite une bénédiction à Essav, Rivka s’est assurée que Its’hak mange le Korban Pessa’h.
En effet, la loi juive est que : après avoir mangé du sacrifice de Pessa’h (ou bien de nos jours l’afikoman), on ne doit pas manger ou boire de toute la nuit (én maftirim a’har aPessa’h afikoman).

-> Le Oznaïm laTorah fait remarquer que les lettres : « de tout » (mikol – מִכֹּל) sont les 1eres lettres de : matsa kazaït laa’harona (le kazaït de matsa [l’afikoman] est la dernière chose que l’on doit manger du repas de Pessa’h).

Its’hak va dire ensuite à Essav : « Ton frère est venu avec habilité et il a pris ta bénédiction » (Toldot 27,35)
Le mot : bémirma (avec habilité – בְּמִרְמָה) a la même guématria que : Afikoman (אפיקומן), soit 287.
=> Ainsi, Its’hak faisait allusion à Essav, que Yaakov était déjà venu et lui avait donné à manger l’Afikoman, il ne pouvait alors plus rien manger de ce que Essav lui avait apporté.

-> Le rav Chimchon Raphael Hirsch (v.27,39) fait remarquer que contrairement à la bénédiction de Yaakov (v.28 « Que D. te donne … »), Its’hak ne dit pas explicitement à Essav que D. lui accordera Sa bénédiction, ce qui aurait signifié qu’elle émanait de Hachem.
Le destin de Essav dépendra du cours normal des événements de ce monde.

Selon le rav ‘Haïm Yossef Kofman, si Its’hak a quand même donné une bénédiction à Essav, c’est parce que ce dernier en est venu à pleurer. Il a alors ressenti sa peine, et lui a répondu.

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+ Bonus (b’h) :

-> Rivka « mis les mets et le pain qu’elle avait préparés dans la main de son fils Yaakov » (v.27,17)
Ensuite : Yaakov « le servit et il mangea, et il lui apporta du vin et il but » (v.27,25)

Pourquoi Yaakov a-t-il pris l’initiative d’amener en plus du vin à son père?

-> Le ‘Hizkouni explique que l’objectif de Yaakov était de rendre légèrement confus son père afin qu’il ne prête pas trop attention lorsqu’il déterminera l’identité.

-> Le Tossefet Bra’ha suggère que c’était pour des raisons de santé, pour se conformer à la guémara (Shabbath 41a) qui enseigne qu’il n’est pas sain de manger sans boire.

-> Le Torah léDaat suggère que si la viande provenait du Korban Pessa’h (cf.Rachi 27,9), alors Its’hak avait besoin de vin pour les 4 coupes de vin consommées pendant le Séder de Pessa’h.

-> Par ailleurs, de même que l’on fait beaucoup de mitsvot avec un verre de vin, de même Yaakov a pensé que le fait de recevoir une bénédiction de son père nécessitait un verre de vin.

-> Le Daat Zékénim est d’avis que c’est l’ange Michaël qui lui a apporté ce verre de vin depuis le Gan Eden.
[C’est peut être une des raisons du Rachi (v.27,27) : « est entrée avec lui (Yaakov) l’odeur du jardin de Eden »]

Le Méam Loez (Toldot 27,25) rapporte également : « Bien que Yaakov n’avait pas amené de vin, l’ange Mi’haël en apporta.
Ce vin était tiré du jardin d’Eden, et le raisin provenait des 6 jours de la Création.
L’ange le donna à Yaakov qui le servit à son père. »  (Targoum Yonathan ; Yalkout Chimoni)

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2°/ « Et des peaux des chevreaux, elle recouvrit ses mains et son cou lisse » (Toldot 27,16)

Rabbi Yo’hanan dit : Yakov était grand et fort, et ses 2 bras étaient larges comme 2 piliers de marbre. (midrach Béréchit rabba 65,17)

Comment la peaux des 2 chevreaux (les petites d’une chèvre!) a-t-elle pu être suffisante pour lui couvrir ses 2 énormes bras (un bras par bête)?

-> On peut rapporter le midrach (Béréchit rabba 65,17) suivant :
Rav Houna, citant Rabbi Yossé, dit que la peau des 2 chevreaux suffisaient, car dans les générations précédentes, les animaux de la terre d’Israël étaient extrêmement grands.

Une fois avant Yom Tov, les Cohanim ont cherché un grand et beau mouton pour le sacrifice Tamid du Yom Tov. Ils n’ont pas eu besoin d ‘aller bien loin pour trouver un mouton qui était si grand, qu’ils ont dû le mettre sur 2 chameaux pour le transporter jusqu’au Temple.
Malgré la grande taille des chameaux, les jambes du mouton atteignaient et traînaient sur le sol.

En ces temps là, en terre d’Israël, les chèvres et les chevreuils étaient si grands, qu’ils atteignaient la hauteur d’un cannelier.
Ces chèvres et chevreuils se tenaient près de l’arbre et mangeaient les fruits directement à son sommet.

=> Si les animaux en Israël étaient si grands, il est certain que 2 chevreaux étaient suffisants pour recouvrir les longues mains de Yaakov.

-> D’autres sont d’avis qu’elle a cousu ensemble la peau de plusieurs chevreaux, jusqu’à faire un morceau suffisamment grand pour recouvrir chacun de ses bras.

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+ Bonus (b’h) :

-> « Rivka prit les vêtements propres de son grand fils Essav … et en revêtit Yaakov son petit fils » (Toldot 27,15)

Le Tsror haMaor (Rabbi Avraham Saba) enseigne que lorsque Rivka a placé les grands habits de Essav sur Yaakov, ils lui allaient parfaitement bien, malgré que ce dernier dernier était plus petit (cf.le verset ci-dessus).

=> Quelle était la nécessité de ce miracle sachant que Its’hak était non voyant, et ne pouvait pas savoir si l’habit lui allait parfaitement ou pas?

La réponse est que le miracle était destiné à Yaakov.
En effet, selon le midrach, Yaakov était très bouleversé et il a même pleuré de devoir être impliqué dans une tromperie. Hachem a alors fait en sorte que l’habit lui aille miraculeusement bien, comme un baiser d’encouragement, lui montrant que du Ciel il avait été convenu qu’il prenne les bénédictions à son frère.

-> Avant de mettre ses peaux, Rivka va d’abord revêtir Yaakov des vêtement de propres de Essav ou bien selon Rachi des vêtements précieux qu’Essav avait volés à Nimrod.

Rav Henoch Leibowitz explique que Rivka a habillé Yaakov de ces vêtements, afin qu’ils l’influencent d’une certaine façon à agir comme Essav, aidant ainsi à l’obtention des bénédictions.

=> On apprend de là le pouvoir d’influence que les habits peuvent avoir sur nous.

C’est ainsi que le Kitsour Choul’han Arou’h (3,3) codifie : « Une personne ne doit pas revêtir des habits très chers car cela amène une personne à être hautaine ; ni des vêtements extrêmement peu chers ou sales afin de ne pas être répugnant aux yeux des autres, mais avoir des habits ordinaires et propres ».

[les juifs sont des princes, des fils du Créateur, on se doit d’agir en fonction de ce haut statut, et l’habit contribue à cela.]

[Le rabbi Naftali de Ropschitz enseigne qu’il était très difficile à Yaakov d’émettre le moindre mensonge, comme le souligne le verset : « tu donneras la vérité à Yaakov » (titèn émet léYaakov).
Rivka lui demanda donc d’enfiler le costume d’Essav, afin de se mettre dans la peau du personne, car lorsqu’on s’habille comme un Essav, on devient un peu comme lui, et même notre façon de parler en pâtit. ]

[Lorsque Avraham descendit en Egypte, la Torah dit qu’il regarda sa femme Sarah. Nos Sages commentent que l’environnement égyptien était tellement impur qu’il avait la capacité d’impacter négativement, même un géant comme notre Patriarche Avraham.
=> Ainsi, au-delà des habits, le milieu dans lequel nous vivons nous impact passivement.]

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-> [Le mot « béguéd », pour vêtement, provient de la racine : « baguad » signifiant « tromper », « se révolter »]. C’est pourquoi le verset : « Its’hak sentit l’odeur de ses vêtements et le bénit » peut se traduire : « Its’hak sentit l’odeur de sa révolte et le bénit ».
Même les rebelles au sein du peuple d’Israël avaient un parfum Divin quand ils se repentaient.
[Selon la guémara (Sanéhdrin 37a) ne lis pas « bégadav » mais « bogdav » (ses traites). En effet, mêmes les traites, les rebelles contre D. (les fauteurs) parmi les juifs ont de telles qualités, qu’ils ont une odeur Divine.]
Its’hak sut par une vision prophétique que les descendants de Yaakov pécheraient, mais qu’ils se repentiraient, ainsi le bénit-il.
[Méam Loez – Toldot 27,27]

[d’une certaine façon, on apprend de là le pouvoir exceptionnel de la téchouva. A l’image d’un habit d’Essav qui est très sale et qui sent très mauvais, par un simple programme de téchouva (quelques mots sincères), nous avons la capacité de le transformer en habit de Yaakov, à l’odeur du gan Eden.]

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3°/ Bien que Yaakov et Essav étaient jumeaux, ils avaient peu de choses en commun.
Comment expliquer la très vaste différence entre les deux?

L’Alter de Kelm explique que le fossé entre les 2 frères provient d’une différence fondamentale.
-> Le nom Essav (עשו) est lié au mot : « assouï » (עָשׂוּי) signifiant : « complément fait/développé », puisque Essav est né avec des cheveux et des dents, comme un enfant âgé de plusieurs années.

-> Le nom Yaakov (יעקב) est associé au mot : ékev (talon – עקב), parce qu’il avait tenu le talon de son frère pour sortir, mais également en raison du fait que Yaakov par nature se considérait toujours comme étant au plus bas du travail de sa vie dans ce monde.
Le nom Yaakov est exprimé au futur, car il avait compris qu’il n’était pas dans un état fini, et qu’au contraire il devait constamment se travailler davantage pour exprimer au maximum son potentiel.

Selon l’Alter de Kelm, si les bébés humains naissent dans un état aussi faible, à l’inverse des animaux qui naissent en étant déjà capables de se nourrir, c’est afin de les préparer à dépendre, à apprendre de leurs parents.

Essav est né en se voyant comme parfait, dans un état déjà terminé (j’ai toutes mes dents, cheveux!), et il lui manquait ainsi la capacité d’apprendre d’autrui.

Cela vient en totale opposition avec Yaakov, qui âgé d’au moins 60 ans, a choisi d’investir 14 années d’études à la yéchiva de Chem et de Ever, avant d’aller chercher sa femme.
De plus, par la suite, en voyageant en Egypte pour retrouver Yossef, à un âge de 130 ans, sa 1ere priorité sera d’envoyer Yéhouda devant lui, afin qu’il puisse établir une yéchiva pour ne pas manquer même un seul jour d’étude.

D’ailleurs, le plus au niveau qu’un étudiant en yéchiva puisse atteindre est celui de : talmid ‘hakham (תלמיד חכם).
Certes, il a atteint un niveau très haut de sage (חכם), mais il reste néanmoins un : un élève (talmid – תלמיד). En effet, plus on étudie, plus on avance dans une vie juive, plus on prend conscience de tout ce qu’il nous reste à apprendre dans l’infinité de la Torah.

-> Rabbi Guttman dit qu’on pouvait observer Essav bougeant dans toutes les directions, faisant pleins d’activités (« un habile chasseur »), et à l’inverse Yaakov qui « vécut sous la tente » (« yochèv oalim » (v.25,27), que le Targoum Yonathan ben Ouziel traduit par : « recherchant Hachem ».

Pourtant, dans le monde de vérité, lequel des 2 aura eu une vie la plus dynamique?

Essav représente ceux qui courent après le bonheur, sans se remettre en question, et tuant leur temps, sans se rendre compte qu’en réalité ils se tuent eux-même (le temps c’est la vie!).

Yaakov était fixe vers un objectif : faire la volonté de Hachem. Plutôt que d’aller dans toutes les directions, il se focalisait à exploiter pleinement son intériorité.

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-> A ce sujet, le rav Avigdor Miller enseigne que
– Essav se sentait parfait, sachant ce qui est bien et mal pour lui mieux que Hachem.
Il avait une attitude de : gam zé yaavor (cela aussi passera).
Il n’avait aucune envie de s’améliorer, mais uniquement de profiter de ce monde (à l’image du plat de lentilles contre le droit d’aînesse).
=> Sa vie n’est que tristesse, car il est sans cesse à la recherche du prochain plaisir, et rien n’est assez bien pour lui, surtout si autrui a plus.

– Yaakov (Ekev – talon) était rempli d’humilité et il se sentait ne pas mériter les bienfaits de Hachem.
Même s’il a eu une vie difficile, il se focalisait sur le positif, acceptant de ne pas comprendre, et que c’est déjà très bien, vu que je ne mérite rien normalement.
=> Il avait une attitude de : gam zou létova (cela aussi est pour le bien).

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-> La guémara (Yérouchalmi Nédarim 3,8) décrit que dans les temps futurs, Essav revêtira un talith et se tiendra assis avec les tsadikim dans le Gan Eden, jusqu’à ce que Hachem vienne et l’en fasse sortir.

=> Comment comprendre que Essav, représentant du mal, puisse se tenir au paradis, et pourquoi spécialement Hachem doit venir l’en faire partir?

Le Pné Moché explique que Essav pensait que par le mérite de ses parents (Avraham et Its’hak), venant d’une famille aussi illustre, il pouvait uniquement se couvrir d’un talith pour devenir automatiquement un tsadik.

Or, en réalité, le talith et le mérite de nos ancêtres ont l’avantage d’être extérieur à une personne. En effet, pour devenir une personne pieuse, un tsadik, il est alors nécessaire de ne rien faire du tout.
C’est pour cela que Hachem est venu pour enseigner à tous que cette méthode ne fonctionne pas.
Cela n’est qu’une vie de mensonges, qui devient souvent apparente après 120 ans, moment où l’on réalise que le Gan Eden ne nous appartient absolument pas (quelle douleur, quelle honte!).

D’ailleurs, le Chla haKadoch note que dans la série de malédictions à destination du peuple juif s’il ne suit pas la Torah, il est écrit : « Eloké Avraham Its’hak véYaakov », ce qui signifie : « Attendez, vous (les juifs), vous êtes les enfants de Avraham, Its’hak et Yaakov? Vous avez une ascendance aussi prestigieuse? Si c’est ainsi, alors vos punitions doivent être encore pires! »

[un voleur dans une famille de tsadik est pire qu’un voleur qui a grandi dans une famille de voleur!)

=> Ainsi, à l’image d’Essav qui pensait que sa vie était toute faite, qu’il n’avait qu’à revêtir un talith pour être un tsadik, nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers.

A l’image de Yaakov, si j’ai de grandes capacités par rapport aux autres, si j’ai une belle ascendance (pleins d’érudits), je me dois d’agir en toute responsabilité, d’être à la hauteur.

-> Dvar Torah similaire : https://todahm.com/2015/12/27/4140

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-> Le Sfat Emet enseigne que le plan initial était que Essav tende vers la matérialité d’une façon honnête, tandis que Yaakov s’occupe du spirituel.
Ils formeraient d’une certaine façon ensemble un contrat Yissa’har et Zévouloun, dans lequel chacune des parties gagne de l’autre.

C’est uniquement parce que Essav a abandonné ses responsabilités, que Yaakov a dû prendre sur lui les 2 responsabilités.

-> Selon la guémara (Avoda Zara 11a), c’est une allusion à 2 descendants de Yaakov et Essav : Rabbi Yéhouda haNassi (descendant de Yaakov) et Antoninus (descendant d’Essav).

– Rabbi Yéhouda était le leader des juifs en Israël, un riche descendant du roi David, et un érudit important.
– Antoninus était le gouverneur romain d’Israël, un riche, et un descendant d’une famille romaine importante.

Ces 2 leaders étaient des amis proches : Rabbi Yéhouda enseignait la Torah à Antoninus, et Antoninus fournissait à Rabbi Yéhouda une protection politique et de l’argent afin qu’il puisse terminer d’écrire la michna.

Le Maharal (Gour Aryé – Béréchit) explique qu’ils représentent le potentiel positif d’accord entre Yaakov et Essav, et un exemple type de ce que doivent être les relations entre Rome (Essav) et Jérusalem (Yaakov).

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-> Le Zohar nous révèle que si la tête de Essav fut enterrée auprès de son frère dans la grotte de Ma’hpéla, c’est parce que son esprit possédait un potentiel très élevé, auquel son cœur cependant n’avait pas accès.

-> Le Radak dit que Its’hak avait conscience de la grandeur spirituelle de Yaakov, et il pensait que Essav avait nettement plus besoin des bénédictions afin d’améliorer ses actions.

Le Ets haDaat Tov dit qu’il a pris exemple sur Avraham dont ses prières ont permis à Ichmaël de faire téchouva.
Cependant, Ichmaël avait fauté par l’idolâtrie, tandis que Essav par le meurtre, et il est beaucoup plus difficile de s’en sortir lorsque l’on porte atteinte à notre prochain.

Ceci explique pourquoi Rivka a dû intervenir, prenant conscience que ses actions antérieures (meurtres) rendaient inaptes les bénédictions, et pourraient avoir un effet contraire.

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-> D. a créé le mal [dans le monde] pour nous permettre de discerner et d’apprécier le bien.
En effet, le bien est mieux reconnu lorsqu’il est mis en contraste avec le mal … par rapport à la dépravation d’Essav, la vertu de Yaakov brille de tous ses feux.
[…]
A la fin des temps, il y aura un rétablissement complet. Tout changera en bien ; même le mal se transformera en bien. Car le bien et le mal provienne de la même racine pure, tout comme Yaakov et Essav étaient tous les 2 les enfants d’Its’hak et Rivka.
Après la libération de toutes les étincelles sacrées emprisonnées dans le mal, celui-ci retournera à sa racine sainte.
[Zéra Kodéch (Toldot) – rabbi Naftali Tsvi Horowtz de Ropshitz]

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+ Bonus (b’h) :

-> Quelle est la signification du nom de la paracha : Toldot (générations/postérité), et pourquoi est-elle lue particulièrement à ce moment de l’année?

Selon le rav Moché Wolfson, c’est parce que c’est l’unique fois où nos 3 Patriarches vont vivre en même temps, et ce pendant 3 versets (chap.25 du v.26 au v.28), au début de la paracha.
[Selon le ‘Hida (Médaber Kadimot), les 3 Patriarches ont étudié ensemble pendant 15 ans, à raison de 15 heures par jour.]
Le roi Shlomo enseigne : « un triple lien est encore moins facile à rompre » (Kohélet 4,12).
La guémara (Baba Métsia 85a) affirme que si un homme, son fils, et son petit-fils sont tous des érudits en Torah, alors la Torah ne va jamais être abandonnée de sa descendance.
Ainsi, l’existence simultanée de nos 3 Patriarches va permettre de former une fondation solide pour la nation juive, qui est leur postérité (toldot).

Cela n’est pas une coïncidence si la paracha Toldot est lue au début du mois de Kislev, où se déroule notre victoire face aux grecs qui ont voulu nous faire oublier la Torah.
Avraham est mort le jour de la vente du droit d’aînesse à Yaakov par Essav, et le 1er verset de la Torah qui traite de cela (v.25,29), il débute par : « Yaakov fit cuire un mets [de lentilles = nourriture habituelle des endeuillés après avoir enterrés un proche] » (vayazéd Yaakov nazid – וַיָּזֶד יַעֲקֹב נָזִיד).
La 1ere lettre de chacun de ces mots forme : Yavan (Gréce – יון).
Ainsi, bien que Avraham soit mort, le « triple lien » qu’il a pu établir dans cette paracha va perdurer pour l’éternité, protégeant par exemple ses descendants contre les grecs.

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-> Le Arizal enseigne que Shimshon (שִׁמְשׁוֹן) était la réincarnation combinée des âmes de Yéfét (un des enfants de Noa’h) et de Essav. En quoi a-t-il rectifié leurs erreurs?

Le Arizal explique que :
– Essav n’a pas apporté de vin à son père comme a pu le faire Yaakov. Shimshon était un nazir, qui a l’interdiction de boire du vin.
– Shimshon a tué un lion, dans un but de se venger du lion qui avait blessé Noa’h (son « père ») lorsqu’ils étaient dans l’Arche.
– Essav a causé son père Its’hak à devenir aveugle par la fumée des idoles que ses femmes adoraient. Les yeux de Shimshon ont été percés et il est alors devenu aveugle.
– De plus, puisque Essav était très poilu dès sa naissance, Shimshon avaient une force particulière qui dépendait du fait de ne pas couper ses cheveux.

« Its’hak implora Hachem en face de sa femme, car elle était stérile. Hachem Se laissa implorer par lui et Rivka, son épouse, conçut. » (Toldot 25,21)

Ce verset se déroule après 20 années de mariage, où Its’hak et Rivka n’ont pas eu la chance d’avoir d’enfant.
Rachi commente : Implora par : Il a multiplié sa prière avec insistance.

Pourquoi est-ce que Hachem n’a-t-il pas répondu immédiatement à leurs prières intenses et répétées?

Rachi (25,30) écrit : Yaakov a servi à Essav des lentilles, car en ce jour Avraham est mort, afin qu’il ne puisse voir son petit-fils Essav prendre le chemin du mal (guémara Baba Batra 16b).
C’est ainsi que Hachem a abrégé sa vie de 5 ans.

Le rav Méïr Shapiro et le rav Eliyashiv disent qu’on comprend de là pourquoi il était si difficile d’agréer aux prières de Rivka et de Yaakov.
En effet, le plus tôt Hachem leur donnerait des enfants, le plus tôt Essav commencera dans le chemin du mal,et le plus tôt Avraham devra mourir afin d’être épargné de toute tristesse au regard des actions de son petit-fils Essav.

Hachem a repoussé les prières de Its’hak et Rivka jusqu’à ce qu’ils prient avec une intensité et une répétition d’une telle puissance, qu’Il a été « forcé » d’accéder à leur demande.
Le rav Yossef ‘Haïm Sonnenfeld suggère que l’on peut voir cela en allusion dans le fait que : « Hachem Se laissa implorer par lui » (vayéater lo Hachem – וַיֵּעָתֶר לוֹ יְהוָה), qui a la même valeur numérique que : « 5 ans » (חמש שנים).
[comme les 5 années de vie retirées à Avraham]

=> Il nous arrive souvent dans la vie de prier et de pleurer, encore et encore, devenant presque frustrés à l’égard de Hachem, qui en apparence semble ignorer nos requêtes sincères et raisonnables.
A ce moment, nous devons nous rappeler de cette leçon, et trouver du réconfort dans le fait que Hachem dans Son infinie bonté et connaissance, sait que cela n’est pas dans notre meilleur intérêt sur le long terme.

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-> Le Méam Loez (Toldot 25,21) enseigne :
Dans la paracha Lé’h Lé’ha, nous voyons que l’exil en Egypte devait commencer avec la naissance d’Its’hak. Hachem voulait que les Patriarches et les Matriarches soient stériles afin de réduire cette période de persécutions.
A partir de la naissance d’Its’hak jusqu’à l’émigration en Egypte, 190 ans s’écoulèrent.
A cela, ajoutons les 17 années que vécut Yaakov après leur installation en Egypte. Les Patriarches permirent donc d’éviter 207 ans d’esclavage.
De plus, le véritable fardeau de l’esclavage ne commença qu’après la mort de Yossef et de ses frères.
Si les Patriarches avaient pu engendrer normalement des enfants, l’exil aurait duré plus longtemps.

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-> « Dans une maison, un enfant rebelle est plus difficile à supporter que toute la douleur de la guerre de Gog et Magog ».
[guémara Béra’hot 7b]

[Hachem a décidé qu’il valait mieux que le monde subisse la perte de 5 années de vie de Avraham, avec tout ce qu’il aurait pu y faire en bonnes actions, plutôt que celui-ci ne souffre en voyant le comportement de son petit-fils Essav.

=> Combien devons-nous être compatissant et prier pour les familles qui ont des enfants rebelles, plutôt que d’en profiter pour se valoriser en se moquant d’eux.]

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-> b’h, un autre divré Torah sur ce verset : https://todahm.com/2017/12/11/5824

« La voix est la voix de Yaakov, mais les mains sont les mains d’Essav » (Toldot 27,22)

Le Maguid de Doubno disait : « Il y a certains juifs qui sont la personnalisation de ces mots :

-> « La voix est la voix de Yaakov » = leur façon de prier et d’étudier se conforme parfaitement avec la loi juive ;
-> « mais les mains sont les mains d’Essav » = malheureusement, dès qu’il s’agit des mitsvot de tsédaka ou de prodiguer des bontés (guémilout ‘hassadim), ces mêmes juifs gardent leurs mains bien fermées.

Le Maguid de conclure : « Il est vital que de telles personnes sachent qu’un aspect du service divin sans l’autre, ne peut pas perdurer. »