« Voici la bénédiction que Moché, l’homme de D., a donnée aux bnei Israël avant sa mort » (Vézot haBéra’ha 33,1)

-> Moché n’a mérité d’être appelé « homme de D. » que lorsqu’il a béni les bnei Israël. (Yalkout)

-> Le rabbi Avraham de Slonim explique : Comment Moché a-t-il mérité le niveau « d’homme de D. »?

Parce qu’il était « avec les bnei Israël ».
Certes, il était un « homme de D. », constamment attaché à la Présence Divine et se promenant dans les mondes supérieurs, et pourtant il a su descendre des hautes Célestes, et se promener « avec les bnei Israël », c’est-à-dire s’intéresser à la situation et aux besoins matériels de chacun.

C’est là-dessus qu’il est dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis Hachem » = si un juif aime l’autre, alors Hachem dit : « Je suis le 3e! ».

« Bien qu’il y ait de l’amour pour les nations, tous Tes saints sont dans Ta main. Ils sont rivés à Tes pas et soutiennent Ta parole » (Vézot haBéra’ha 33,3)

-> « Bien que chaque homme soit aimé de D. et créé à Son image, « Ses saints » les plus aimés de Lui sont les juifs.

Pourquoi sont-ils « dans Ta main »?
De même qu’un homme tient son argent dans sa main car il est attaché à lui, ainsi D. tient précisément Israël dans Sa main, pour ainsi dire.
[…]

Tous les peuples sont remis à la responsabilité des princes célestes tandis que seul le peuple juif est livré à la seule Providence de D. »

[à chaque instant, les juifs sont dépendants directement des « mains » de Hachem (« dans Ta main »), tandis que les autres nations dépendent du mazal de leur ange attitré!
Combien cela doit nous remplir de joie d’être juif(ve)!]

[le Méam Loez]

« Ce fut là, dans le pays de Moav, que Moché le serviteur de D. mourut, selon la parole de D. » (Vézot haBéra’ha 34,5)

-> Selon Rabbi Yéhouda : les 8 derniers versets de la Torah, depuis « Ce fut là, dans le pays de Moav, que Moché le serviteur de D. mourut … » jusqu’à : « que Moché accomplit aux yeux de tout Israël » ont été écrits par Yéhochoua.
En effet, comment est-il possible que Moché écrive : « Moché mourut »?

-> Rabbi Chimon dit : Est-il possible que la Torah dise : « Prend ce Séfer Torah », alors qu’il lui manquait des lettres?
En réalité, jusqu’à « Moché mourut », Moché répétait les mots, puis écrivait sous la dictée de D.
Pour la suite (les 8 derniers versets), Moché a écrit sous la dictée de D. avec des larmes (à la place de l’encre).
Il était si peiné qu’il ne répétait pas les paroles de D., mais les écrivait en pleurant.

-> Ainsi, certains [de nos Sages] expliquent que Moché a écrit la Torah avec de l’encre, à l’exception des 8 derniers versets, qu’il a écrit avec des larmes qui disparaissaient, et c’est par la suite Yéhochoua qui a repassé une plume trempée dans l’encre sur les lettres (de larmes).

[le Méam Loez]

« Dans Sa droite [de Hachem], une Torah de feu, pour eux [les juifs]«  (Vézot haBéra’ha 33,2)
[en hébreu : מִימִינוֹ אש דת לָמוֹ]

-> Le ‘Hatam Sofer explique que les mots : « dat lamo » (« une Torah … pour eux » – דָּת לָמוֹ) sont formés des mêmes lettres que : « Talmud » (תלמוד), tandis que : « dans Sa droite … de feu » (miméno éch – מִימִינוֹ אֵשׁ), signifie que lorsque le juif étudie la sainte Torah, le Char sacré l’entoure.
En effet, il est écrit dans le Séfer ha’Haïm (du frère du Maharal de Prague) : « Les lettres du terme : guémara (גמרא), renvoient à : Gavriel, Michaël, Raphaël et Ouriel.
Lorsque nous étudions la guémara, ces anges nous entourent et nous observent : Gavriel (גבריאל) à gauche ; Michaël (מיכאל) à droite ; Raphaël (רפאל) à l’arrière ; et Ouriel (אוריאל) devant nous. » [et au-dessus de notre tête la Présence Divine]

Le ‘Hatam Sofer enseigne également que dans la Torah Orale :
– la guémara se termine par la lettre « tav » (hala’hot), et commence par la lettre « tav » (tana) ;
– les michnaïyot se terminent par le mot « Shalom », qui se finit par la lettre « mém », et commencent par la lettre « mém (méémataï).

=> Les lettres : « tav – tav – mém – mém », forment : « תתמם » (tétamém) = rendent intègre, ce qu’on mérite par l’étude de la michna et de la guémara, ainsi qu’il est écrit : « Sois intègre envers Hachem ton D; » (tamim tiyé im Hachem Eloké’ha).

<—>

[l’Admour d’Erloï (descendant du ‘Hatam Sofer) ajoute que le Talmud commence et se termine par la lettre « tav », renvoyant à la « téfila » (prière) et à la « téchouva ».
En effet, pour réussir dans la Torah, il est indispensable de demander sans cesse à Hachem de nous éclairer nos yeux par la Torah, qu’on puisse s’attacher à Lui, L’aimer et Le craindre.]

<————————->

+ « Dans Sa droite [de Hachem], une Torah de feu, pour eux [les juifs] »

-> Les lettres des mots : דת למו (dat lamo = une religion pour eux) sont les mêmes que celles de : תלמוד (Talmud).

Le Méam Loez commente :
Cela nous enseigne que dans le Talmud, les divergences d’opinion sont sacrées et proviennent d’une intention pure.
Le « feu des divergences d’opinions » est un feu sacré.
[…]
Nos Sages commentent : « La Torah est semblable au feu. Si l’on s’en approche trop, on se brûle et si on s’en éloigne, on se refroidit ».
Il ne faut pas s’écarter de la Torah qui est notre vie, ni trop s’en approcher pour sonder ses secrets.

« Les tsadikim sont considérés comme vivants même après leur mort, tandis que les réchaïm sont considérés comme morts même de leur vivant. »

[midrach Tan’houma – Vézot haBéra’ha]

« De Sa main droite, D. leur a présenté une Torah de feu » (Vézot haBéra’ha 33,2)

Ce verset contient le mot אשדת, et notre tradition orale nous enseigne qu’il doit être prononcé comme s’il y avait 2 mots : éch dat (אש דת), cela conduisant à lui donner le sens de : « une Torah de feu ».

Il est écrit également dans la Torah : « Sous les chutes d’eau de la montagne, à l’orient » (Dévarim 3,17).
Dans ce verset, le mot hébreu pour « les chutes d’eau » est : « achdot » (אַשְׁדֹּת), mot s’écrivant de la même façon que dans notre verset ci-dessus.

Le ‘Hatam Sofer nous enseigne que : « une Torah de feu » (אש דת) et « les chutes d’eau » (אשדת) font allusion à 2 attitudes nécessaires à l’acquisition de la Torah.

En effet, pour réussir dans la Torah, il faut :
-> être très passionné, plein de feu dans son engagement, afin d’aller de l’avant malgré les obstacles que nous rencontrons ;
-> il faut développer également une attitude, une nature calme et humble.
Par exemple, nos Sages (guémara Taanit 7a) nous disent que de la même façon que l’eau quitte une position élevée pour aller vers une position plus basse, de même les paroles de la Torah ne restent que chez celui qui est humble.

<——————->

-> l’eau représente ce qui vient du Ciel (le spirituel) et qui va être utilisé pour générer de la vie, du positif dans ce monde matériel.
-> le feu représente le fait de consumer ce qui vient en opposition avec la Torah (une vie juive), à l’image d’un sacrifice de son égo (korban), qui va permette d’être plus proche (karov) de D., de s’élever telles les flammes vers des sommets de spiritualité.

« Voici la bénédiction dont Moché, l’homme de Dieu, bénit les enfants d’Israël avant de mourir. » (Vézot haBéra’ha 33,1)

Le midrach (Psikta déRav Kahana) commente ce verset en disant :
« Quiconque s’exprime en prenant la défense des juifs est élevé.
Nous avons la preuve de Moché, qui n’a été appelé « l’homme de D. », qu’à partir du moment où il a parlé pour prendre la défense des juifs ».

=> Toute personne peut trouver en autrui des défauts.
La vraie grandeur est d’y voir les bons côtés, d’en prendre la défense, à contre courant de la tendance naturelle/humaine de rabaisser autrui pour mieux chercher à se grandir …