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L’origine de la poignée de main

+ L'origine de la poignée de main :

=> Il est courant de passer un accord ou un engagement via une poignée de main. Mais voyons-nous une source à ce geste dans la Torah?

-> A 5 endroits, le nom de Yaakov est écrit, avec la lettre vav (יעקוב), tandis qu' "Eliyahou" est lui, orthographié (אליה) sans ו. Yaakov prit cette lettre du nom d’Eliyahou comme gage afin que ce prophète vienne annoncer la rédemption/délivrance des Bné Israël (Rachi - Bé'houkotaï 26,42).

Le Maharal (Gour Aryé - Bé'houkotaï 26,42) explique que ce gage fut scellé par une poignée de main. En effet, la lettre ו ressemble à un doigt, donc 5 fois la lettre vav représentent symboliquement la main. [les 5 doigts (ו) de la main]
C’est ainsi que fut finalisée l’accord entre Yaakov et Eliyahou. En prenant le ו d’Eliyahou 5 fois, Yaakov a pris sa "main" comme un gage pour s’assurer qu’il annoncerait la délivrance de ses enfants.

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=> Où trouvons-nous dans la Torah une source pour serrer la main d’une personne pour la saluer?

-> Le rav Eliayhou Dessler (Mikhtav méEliyahou 2) expliqua un jour que saluer et bénir quelqu’un (car saluer en disant shalom est une forme de bénédiction ) avec la main vient de la Torah.
Pourquoi Yaakov eut-il besoin de mettre sa main sur Efraim et Ménaché lorsqu’il leur donna sa bénédiction (Vayé'hi 48,14)?
La réponse est que lorsqu’il y a un lien tactile, par les mains, entre celui qui bénit et le destinataire de la bénédiction, celle-ci a alors un effet plus fort.

-> De même, le Tiferet Chlomo (Moadim - Chémini Atséret) dit que les mains servent de conduit pour la bénédiction (béra'ha). C’est pourquoi les gens se saluent avec une poignée de main.

Le pouvoir de la musique

+ Le pouvoir de la musique :

-> La musique a le pouvoir de nous approcher d’Hachem. De fait, le rabbi Ouri, le Saraf de Strelisk (Imré Kadoch 84), écrit que si une personne ne parvient pas à s’approcher d’Hachem, alors il est possible de trouver cette proximité par le biais de "la Chambre du chant" (eikhla anigoun - היכל הניגון).
Le Shomer Emounim (maamar Tsahali Véroni 2) écrit que "la Chambre du chant" est l’une des plus proches de nous ; pourtant, le chant s’élève jusqu’aux plus hautes sphères.

-> Le Sefer ha'Hinoukh (384) écrit que face à la nature physique de l’homme, des réveils spirituels sont nécessaires pour le reconnecter à sa spiritualité. Sinon, dans son état naturel, il reste en léthargie spirituelle. Il n’y a rien de plus grand qu'un nigoun (mélodie) pour réveiller spirituellement.

Le Rabbi de Piacsezna (Hachsharat Avreikhim 9) écrit que la musique est une forme de révélation de l’âme et des sentiments ... La musique est l’une des clés de l’âme, qui l’éveille et donne une expression à ses émotions

-> Le Gaon de Vilna (Sia'h Its'hak - Siddour haGra) écrit que nos âmes ont été empoussiérées, en proie à la peine et au désespoir après leur descente ici-bas, on peut revigorer nos coeurs avec les chants.

Le Shomer Emounim (maamar Tsahali Véroni 9) écrit que pour s’extraire de sa mélancolie, il faut s’efforcer de chanter une chanson joyeuse, même contre sa volonté, jusqu’à ce que son coeur s’égaie et retrouve la joie. Cela marche à merveille.

Selon le Steïpler ('Hayé Olam 1,1), le bénéfice de la musique est grand, en dehors du plaisir physique, elle remue le coeur, incite à la diligence, à l’étude profonde et génère l’éveil.

-> Pourquoi la musique procure-t-elle un tel plaisir?
Le rav Aharon Berakhia de Modène (Maavar Yabok - Sifté Tsadik 31), élève du Rama de Pano, écrit que l’âme tire plaisir de la musique qui lui rappelle celle qu’elle entendait des Anges du Service (les malkhé haCharét), ainsi que les chants des sphères célestes.
De ce fait, incarnée, quand elle entend de la musique, l’âme en tire une jouissance, comme lorsqu’elle était attachée à sa Source.

De même, Rabbi Shlomo Alkabetz (Manot haLévi) écrit que la musique est agréable pour l’âme, lui rappelant ce qu’elle entendait en-Haut, avant sa descente.

-> Rabbi Israël de Shklov (1770-1839 - dans l'introduction au Péat haShoulkhan), rapporte que son rav, le Gaon de Vilna louait grandement la Sagesse de la musique ('hokhmat mousica).
Le Gaon de Vilna disait que la plupart des explications de la Torah, les secrets des chants des Levi'im et les secrets des Tikouné Zohar ne peuvent être compris sans cette sagesse.
De nombreux chants et rythmes proviennent du mont Sinaï et ont été ramené sur terre par Moché Rabbénou. Beaucoup de chants en dérivent, et les autres sont que des hybrides.

-> Le rav Matisyahou Salomon (Matnat 'Haïm) dit qu'une mélodie ou une composition musicale peut amener une personne à une compréhension plus claire et à une appréciation plus approfondie de la sagesse.

-> Le 'Hatam Sofer qui, apparemment, n'avait pas l'oreille musicale, aurait dit une fois : je serais prêt à donner la moitié de ma part dans la Torah pour acquérir le sens de la musique. [rapporté dans le livre Rabbénou Moché p.127]
Le Zohar mentionne souvant l'importance de la musique. Les kabalistes enseignent que l'étude des 10 Séfirot est basée sur les règles musicales.

-> Le 'Hafets 'Haïm (Michna Broura 54,3-5) enseigne, au nom du Maté Moché, que les forces spirituelles négatives (klipot) obstruent les prières de monter [vers D.], mais grâce aux [chants] des Pessouké déZimra nous les coupons".
[selon nos Sages, le mot "chant" (zimra) provient du terme "zomer" (couper/élaguer), car nous coupons les impuretés spirituelles comme préparation pour prier Hachem.
Ainsi, par exemple dans la prière du matin, nous récitons les chants des Pessouké déZimra, dans un but de préparer le terrain (en taillant toutes les négativités bloquantes) pour permettre à notre prière de monter au Ciel. ]

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-> "Le frère [de Yaval] s'appelait Youval, il était l'ancêtre de tous ceux qui jouent de la harpe et de la flûte" (Béréchit 4,21).

-> Selon le Radak : Youval a été l'initiateur de l'art de la musique.
-> Selon le Ibn Ezra : la harpe et la flûte représentent les instruments de musique. [La musique] est une grande sagesse.

-> Le Ramban (chaar haGuémoul) écrit :
"L'idée de la harpe et des autres instruments de musique dans le Temple fait allusion au discernement intellectuel qui repose dans l'âme. Dans le monde physique, il n'y n'y a rien de plus subtil et raffiné que la musique."

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-> "En vérité, toute l'idée du chant est la conquête des émotions de l'âme sur les pouvoirs du corps"
[Chem miChmouël - Vaykira]

-> La musique est une forme de révélation de l'âme et de ses sentiments ...
La musique est l'une des clés de l'âme, qui l'éveille ainsi que ses sentiments.
[Rabbi Klonimus Kalman de Piacsezna - Hachsharat Avreikhim 9]

-> Le concept de musique est l'idée d'éveiller l'essence même de la personne et ses pensées les plus profondes qui autrement ne lui seraient pas révélées, pour quelque raison que ce soit.
[rav Moché Yé'hiel Elimélé'h de Lobartov - Imré Tal - maamar haNigoun

-> Combien l'âme peut être éveillée par la musique et le chant, pour être élevée du matériel à la plus haute demeure de son Créateur.
[rav Yéhouda Ariyé de Modène - Beit Yéhouda sur le Ein Yaakov (Arakin 11a)]

-> "Rien n'est capable de susciter la joie et l'amour d'Hachem, comme la musique".
[Shomer Emounim - maamar Tsahali Véroni 2]

-> La façon dont une personne agit ici-bas reflète la façon dont elle va être traité en-Haut.
En chantant une chanson joyeuse avec des intentions célestes, on se connecte au Monde de la Joie (olam hasim'ha). D'elle-même la joie coule automatiquement dans notre coeur.
[Shomer Emounim - maamar Tsahali Véroni 5]

-> Un chant joyeux provoque un flux céleste et un réveil du Monde de la Joie, à partir des chants des anges qui sont nommés sur le chant pour apporter de la joie à Hachem.
[si c'est un chant de sainteté, il tire une effusion et une grande et impressionnante lumière de la sainteté des anges et de la Chambre du Chant.]
En chantant des chansons joyeuses avec des intentions pour le Ciel, on devient alors lié au Monde de la Joie, et la joie coule automatiquement dans notre coeur.
[Shomer Emounim - maamar Tsahali Véroni 9]

-> Par le chant et l'attachement à la joie, la joie devient active et augmente [en nous] de plus en plus.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi (Béchala'h)]

-> Les oiseaux chantent devant nous au ciel pour rassasier nos âmes, et pour éveiller nos coeurs à la joie.
[Rav Avraham - fils du Gaon de Vilna]
[Hachem a fait en sorte qu'il y ait pleins d'oiseaux qui chantent, pour nous fournir un réservoir naturel de musique, afin qu'il soit facilement disponible à nos oreilles pour attirer ses auditeurs vers la joie! ]

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-> Rabbi ‘Haim Vital (Ets 'Haïm - chaar roua'h hakodech) écrit que le Arizal était capable de comprendre le chant des oiseaux. Il explique que le jour où le Temple fut détruit, les secrets de la Torah furent pris par les klipot (forces du mal). Toutes les créatures, même les animaux impurs, les oiseaux et les rampants ont un ange tutélaire. Depuis la destruction du Temple, ces anges tutélaires des animaux impurs connaissent les mystères de la Torah et insufflent de profonds secrets de la Torah dans le gazouillis des oiseaux.
Une personne qui comprend ces gazouillis peut donc recueillir de nombreux secrets de la Torah en écoutant leurs chants. Il conclut : "En fait, j’ai personnellement vu mon maître, le Arizal, le faire!"

[A la lecture de cela, on peut avoir une mauvaise perception de la réalité du Arizal. En effet, il faut avoir en tête que le Arizal (comme tout grand en Torah) investissait absolument toutes ses forces dans l'étude de la Torah.
En ce sens, Rabbi'Haïm Vital (Chaar haguilgoulim - chaar roua'h hakodech 11b) écrit : "Un jour, j’ai demandé au Arizal comment il avait atteint sa sagesse kabbalistque phénoménale. Il a répondu qu’il y avait travaillé très dur.
J’ai rétorqué : "Mais le Ramak (rabbi Moché Cordovéro) et moi-même avons aussi travaillé très dur, mais nous n’avons pas atteint votre niveau de perfection". Le Arizal répondit : "C’est vrai, vous avez étudié plus dur que quiconque à notre époque, mais pas aussi dur que moi ... Parfois, je m’isolais pendant 6 nuits consécutives sans dormir et me plongeais dans un passage du Zohar". ]

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+ Pérék Chira :

-> Rabbi Nathan Scherman (Pérék Chira) enseigne :
Pérék Chira est une compilation de chants que personne d'entre nous ne peut entendre. Il contient les versets qui sont "chantés" respectivement par 85 composants de la Création : les corps célestes, les montagnes et les océans, les animaux, les oiseaux, les poissons, et les insectes.

Il y a 3 opinions au sujet de qui "chantent" réellement ces 85 chants du Pérék Chira.
Certains disent que chaque création chante littéralement son propre chant, les êtres humains ne peuvent bien sûr pas les entendre, tout comme il y a beaucoup de sons dans la nature que les sens humains ne peuvent pas détecter, mais qui existent néanmoins.
Une 2e opinion est que le chant est fait par les anges. Comme nos Sages l'enseignent, même un brin d'herbe a un ange qui guide sa croissance (lui disant : Pousse!), et ces anges chantent les chants respectifs de ceux dont ils s'occupent.
La 3e opinion est que les chants ne sont pas réellement prononcées, elles sont implicites dans l'existence des créatures et de leurs rôles dans l'univers. Par conséquent, celui qui comprend la fonction du soleil, de l'océan ou d'un chat ou d'un chien, comprendrait ce que nous devrions en tirer, et c'est son chant.
[on voit à quel point le chant à Hachem est fondamental au sein de la création.]

-> Le rav Shimshon Raphael Hirsch écrit qu'il y a 2 révélations de D. dans le monde : par le biais de la nature (comme le montre le Pérék Chira, toute la création loue Hachem), et également par le biais de la transmission directe de la Torah, qui est également un chant.
En effet, il est écrit : "Et maintenant, écrivez pour vous ce chant (chira - שִּׁירָה), qu'on l'enseigne aux Bné Israël et qu'on le mette dans leur bouche, afin que ce chant me serve de témoignage à l'encontre des Bné Israël" (Vayélé'h 31,19).

[le Nétsiv développe l'idée qu'à l'image d'un chant, la Torah est plus allusive que explicite, et elle est une allusion à de profondes significations, parfois d’une seule lettre, d’un mot, ...
(de plus à l'image du chant de la création, la Torah englobe tout.)]

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+ La musique = notre langue maternelle :

-> "La musique est le langage de l'âme".
[rav Shaül de Modzhitz - Imré Shaül - Inyané Zimra 43]

-> La langue est la plume du cœur. Le chant est la plume de l'âme.
[Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi - le Baal haTanya]

-> Pourquoi la musique est-elle le langage de l'âme?

Pour comprendre cela, il faut distinguer les 2 composants principaux de l'être humain : le corps physique qui commence sa création dans le ventre de sa mère ; et l'âme qui existe déjà bien avant dans les sphères célestes.
Là-bas, l'âme a pu s'habituer à l'ambiance céleste, dont une caractéristique importante est la musique.

-> la guémara ('Haguiga 14a) nous rapporte : "chaque jour, des anges de service sont créés à partir du Nehal Dinor. Ils chantent une chanson puis cessent d'exister".
Le Arizal (Likouté Torah - Emor) explique ainsi ce processus : "il y a des anges qui sont créés chaque jour qui chantent, et qui cessent d'exister. Cela est dû à l'exposition sur eux de la Lumière du Ein Sof, plus que de mesure".

-> le 'Hayé Adam (20,1) écrit : "les circuits des cieux ... chantent constamment et offrent des louanges en Son honneur".

-> Le Shomer Emounim (maamar Tsahali Véroni 3) enseigne :
"Tout le service des anges et des corps célestes est de louer et de chanter devant Lui [Hachem], avec des chants, de la musique, de la joie, ... avec le désir de leur âme et avec une grande crainte et amour, se réjouissant d'accomplir la volonté de Celui qui est béni, et Son Nom est béni pour toujours".

-> Le rav Yonathan Eibschutz (Yaarot Dvach 2,7) écrit :
"Combien est grande la puissance de cette sagesse [la musique], pour les anges en-Haut ainsi que les circuits des cieux (galgalé chamayim), qui font tous de la musique et chantent une musique et des chants agréables."

-> En fait, la grande force et la douceur de cette musique sont si irrésistibles que les êtres humains ne peuvent pas la supporter.
Le Zohar (Vayakel 196a) dit :
"Sans le fait que le coeur des gens est scellé et que leurs yeux sont fermés, ils ne seraient pas capables de résister à la douceur du son produit par le circuit du soleil (דגלגלתא דשמשא), alors qu'il va et offre des louanges devant Hachem".

D'ailleurs, selon une opinion dans la guémara, notre incapacité naturelle à entendre le chant angélique est précisément le moyen par lequel le régiment des troupes de San'hériv est mort.
La guémara (Sanhédrin 95b) affirme : Rabbi Its'hak Naf'ha dit : "[l'ange Gavriel] a ouvert leurs oreilles pour qu'ils entendent le chant des 'Hayot (créatures célestes), et ils sont morts".
[l'oreille humaine ne pouvant supporter la sainteté d'une mélodie venant du trône céleste du fait qu'elle est en contradiction avec sa condition matérielle. Ainsi, nos Sages nous révèlent que Hachem a utilisé ce moyen pour éliminer en une seule nuit les 185 000 chefs de troupes de l'armée de San'hériv et leurs soldats partis à l'assaut de Jérusalem au temps du roi 'Hizkiya.]

-> Non seulement les corps célestes et les anges chantent, mais même les âmes qui ont quitté leur corps physique se joignent au choeur céleste de chants et de louanges.
Le rav Eliyahou de Vidach (dans son Réchit 'Hokhma - chaar ha'aava 10) enseigne :
"Après que les âmes quittent [le corps dans lequel elles sont], elles remercient et louent Hachem ... puisque tous [les éléments des] sphères Supérieures s'agitent en chants."

-> Le rav Matisyahou Salomon (Matnat 'Haïm - Moadim) écrit :
"Les sons des hôtes Célestes sont tous entendus à travers le chant et la musique, au point que l'on peut dire que la musique est la langue des cieux".

[ainsi on n’est pas étonné que l'âme soit familière et parle couramment cette "langue".
C'est parce l'âme est d'abord exposée à la musique, et ensuite seulement au fait de parler. En ce sens, Onkelos (Béréchit 2,7) explique qu'une fois que l'âme est insufflée dans le corps alors il devient un "esprit parlant".
(ainsi, on passe d'une réalité où la langue principale est la musique, à notre monde actuel où c'est plutôt le parler.)]

-> Rabbi Yaakov Skili (Torat hamin'ha - Béaaloté'ha 56), un élève du Rachba écrit :
Lorsque l'âme entend ces sons [de musique], elle se souvient de sa première demeure et comment alors qu'elle était devant son Créateur, elle a entendu ces sons. Cela éveille en elle la joie. C'est pourquoi les instruments de musique éveillent les gens à un état de prophétie.

-> On peut citer davantage le Maavar Yabok (Sifté Tsadik 31) abordé précédemment :
"L'âme tire du plaisir de la musique, parce qu'elle est habituée à la musique au travers le chant des Anges du Service et le chant des circuits Célestes ( שיר הגלגלים).
Ainsi, même lorsqu'elle [l'âme] est confinée dans un corps et qu'elle entend de la musique, elle en retire du plaisir, tout comme elle en avait l'habitude lorsqu'elle était attachée à Sa Source [Trône Divin au Ciel].
A partir de la jouissance de la musique, il devient possible d'avoir l'esprit de la Présence Divine (Chékhina) qui vient reposer au-dessus, tout comme il résidait au Ciel."

-> Rabbi Shlomo Alkabetz (Manot haLévi 1,8) développe ce sujet :
"L'âme humaine aime la musique parce qu'elle l'entendait très régulièrement au Ciel.
Nous le savons à partir de la signification directe et véridique des versets bibliques qui décrivent comment les anges d'en-Haut ouvrent leur bouche en bénédictions, en louanges et en glorifications (מלאכי מרום פותחים את פיהם מברכין משבחין מפארין) ... dans une expression claire ... en faisant entendre le son de leurs ailes.
La musique peut faire en sorte que les gens aient tellement de joie qu'ils ont l'impression d'avoir quitté leur corps. Ils perdent la trace de l'endroit où ils se trouvent.
Pour certains, la musique douce est si apaisante qu'elle les met en sommeil. L'âme quitte simplement le corps qu'elle gardait et alors c'est comme si [elle n'était plus là et on] devient aussi immobile qu'un "cadavre", profondément endormi.

Par exemple, de nombreux nourrissons ne peuvent pas dormir du tout à moins d'entendre une berceuse.
En effet, n'ayant quittés le Ciel que récemment ils ont encore besoin de musique douce et ne peuvent pas se reposer sans elle.
Et de même, une personne malade, épuisée de sa force physique, peut se renforcer spirituellement par la musique."

-> Le rav 'Haïm Vittal (chaaré kédoucha 4,2) explique le chemin vers la prophétie :
"La prophétie ou roua'h akodech est désignée par les termes "sommeil", "rêve" ou "vision" ...
A travers la douceur de la musique, l'isolement [de l'âme] descend sur eux en raison de la douceur du son, et ils se débarrassent de l'âme. Le musicien finissait par arrêter la musique, et les élèves des prophètes restaient dans cet état élevé d'attachement (dvékout) et de prophétie."

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-> "La racine de la prière est la joie du coeur en Hachem, comme il est dit : "Glorifiez-vous de son saint nom ; que le cœur de ceux qui recherchent Hachem soit en joie!" (Téhilim 105,3).
C'est pourquoi David, roi d'Israël, avait l'habitude de jouer toutes ses prières et chansons sur une harpe. C'était pour remplir son coeur de joie de son amour pour Hachem".
[Séfer 'Hassidim 18]

-> Le roi David est appelé : "le doux chanteur d'Israël" (né'im zmirot Israël - Chmouël II 23,1).

-> Les psaumes du Séfer tehilim étaient chantés avec un accompagnement musical. En fait, chaque chapitre avait les instruments ad hoc et la mélodie appropriée pour faire naître la pensée requise, la compréhension et les émotions que le roi David cherchait à éveiller à travers ses mots.

Le Radak (Téhilim - chap.4) écrit :
"Certains Téhilim étaient chantés avec un accompagnement acoustique appelé "naguinot", et d'autres avec un instrument appelé "cheminit".
Ces chansons, mélodies ou louanges étaient chantées avec l'accompagnement, [chaque Téhilim avait] l'air qui lui était assigné. C'était une sagesse profonde qui réveillait l'âme de l'intellect."

-> Fort de ce commentaire du Radak, Rabbi Matityahou Solomon (Matnat 'Haïm - Moadim) fait la citation suivante :
"Nul ne peut prétendre pleinement comprendre clairement un téhilim sans connaître sa profondeur musicale, sans saisir et reconnaître les différents sons des instruments et leur association et correspondance précise avec tel et tel téhilim. Car c’est cela qui donne toute sa saveur et son goût pour appréhender les psaumes (téhilim) dans toute leur intériorité".

-> Le rav David Greenfeld (Bineot Déché - Béréchit) écrit :
le roi David s'éveillait tous les jours à minuit [juif] au son que produisait sa harpe suspendue au-dessus de son lit. Lorsque la brise du Nord commençait à souffler, elle faisait vibrer les cordes.
Il se levait alors et chantait des louanges et des hymnes à Hachem (guémara Béra'hot 3b) basés sur des données musicales issues des sphères supérieures.

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-> Le chant et les louanges suite à un miracle ont 2 aspects. Le premier est pour exprimer notre gratitude et remercier (pour le miracle). Cela à lui seul permet de créer de la proximité et un attachement à Hachem parce que le chant réveille l'âme.
Mais il y a un autre aspect, celui de permet de générer une plus grande conscience de la Providence d'Hachem et Sa grandeur.
[rabbi Aharon Kotler - michnat rabbi Aharon - vol.3]

-> Le rav 'Haïm Friedlander (Sifté 'Haïm - vol.2) développe l'idée que de même qu'une chanson est une fusion mélodieuse de tonalités individuelles, la vie est une synthèse de différents événements qu'Hachem nous envoie.
[une tonalité peut ne pas être très douce/agréable, mais avec une vision globale c'est elle qui va permettre de sublimer d'autres passages. Grâce à D., tout est pour le bien, et parfois un moment d'obscurité permet d'avoir une luminosité ultérieure beaucoup plus puissante.]

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+ La musique dans le Temple :

-> Nos Sages enseignent : le fait d'omettre le chant invalide le sacrifice, selon l'avis de Rabbi Méïr.
Cependant, les autres Sages soutiennent qu'une omission du chant n'invalide pas le sacrifice. [guémara Arakhin 11a]
[ainsi selon un avis, le service au Temple doit obligatoirement être fait accompagné d'un chant.]

-> La Michna (Tamid 7,4) rapporte que les Lévi'im chantaient un chant spécial pour chaque jour, et suite à la destruction du Temple nos Sages ont incorporé cette pratique dans notre prière du matin.

La guémara (Roch Hachana 31a) explique comment chacun de ces Téhilim est en parallèle avec ce qui s'est passé le jour correspondant lors des 6 jours de la création (ex: 1er jour de la création & 1ere jour de la semaine ; ...).

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+ La musique permet de faire la mitsva d'accomplir une mitsva dans la joie :

-> Rabbénou Bé'hayé (introduction à Nasso) écrit :
Le fait de se réjouir en accomplissant une mitsva est une mitsva en soi. Tout comme la mitsva est le "service" d'Hachem, la joie de faire des mtisvot est appelée "service" ...
Il y avait des chants dans le Temple, ainsi que dans le Michkan ; des chants qui étaient avec la voix et avec des instruments, afin qu'ils puissent amener l'âme d'une personne sur le chemin de la joie.
Ainsi, la Torah écrit que les Lévi'im "faisaient le service du service" (laavod avodat avoda - Nasso 4,47).
Nos Sages (guémara Arakhin 11a) expliquent : "Quel est le service du service? la chanson".
Les Lévi'im avaient comme instruction de chanter et d'ainsi susciter la joie de la mitsva d'offrir un sacrifice, afin que la mitsva soit accomplie avec joie.
[Rachi : "le service du service" = c'est la musique exécutée par les cymbales et les harpes.
(d'une certaine façon la musique permet de faire le service des sacrifices, mais également celui d'être dans la joie ["servir Hachem ton D. dans la joie" - Ki Tavo 28,47].
En ce sens, seul le fait d’être dans la joie permet de parvenir à une réalisation ultime des mitsvot d'Hachem. )]

-> Le haKtav véhaKaballa (Nasso 4,47) enseigne :
De la même manière qu'un commandement est un service à Hachem, de même la joie du commandement est appelé un service, tel qu'il et écrit : "parce que vous n'avez pas servi Hachem avec joie" (Ki Tavo 28,47).
La joie perfectionne notre service. C'est pourquoi la musique que les Lévi'im produisaient pour susciter la joie [de ceux qui apportaient les sacrifices, et qui par exemple pouvaient être attristés à l'idée de la faute qu'ils ont pu commettre comme impliqué par le sacrifice sous leurs yeux], est surnommé " le service du service".

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-> Le chant ouvre les portes du ciel. La tristesse les referme.
[rabbi Naftali de Ropshitz]

-> Les danses dédiées à D. sont des prières.
[Baal Chem Tov]

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+ Dissiper la morosité :

-> "Trois choses restaurent (la tranquillité) d'esprit. Elles sont : le son, l'apparence et l'odeur" (guémara Béra'hot 57b).
Rachi explique que le "son" dans ce contexte fait référence aux "sons des types de chansons".

Le Maharcha ('Hidouché Aggadot) commente :
"restaurent d'esprit" = cela veut dire : s'il est dans un état d'inquiétude et de chagrin, ces 3 choses le calment et lui enlève son angoisse.

-> Le Gaon de Vilna (Sia'h Its'hak - Siddour haGra) dit :
"Si nos âmes se sont effondrées à cause de la douleur et que le désespoir s'est abattu sur nous, nous pouvons encore animer notre coeur au travers de la chanson".

-> Le Shomer Emounim (maamar Tsahali Véroni 9) écrit :
"Celui qui est rongé par la tristesse et souhaite s'éveiller au bonheur devrait se fortifier et chanter une chanson joyeuse pendant un certain temps, jusqu'à ce que son coeur se transforme, contre sa volonté, en joie, et il verra des merveilles de cela.

-> Il est écrit : "l'esprit divin avait abandonné Saül, et il était en proie à un mauvais esprit suscité par le Seigneur. Les serviteurs de Chaül lui dirent : "Hélas! Un mauvais esprit de D. te tourmente. Daigne ordonner, Seigneur, que tes serviteurs qui t'entourent se mettent en quête d'un habile joueur de harpe, afin qu'il en joue quand D. t'enverra ce mauvais esprit, et cela te fera du bien ...
lorsque l'esprit venu de Dieu s'emparait de Saül, David prenait sa harpe, en jouait avec les doigts; Saül en éprouvait du soulagement et du bien-être, et le mauvais esprit le quittait." (Chmouël I 16,14-23).

Le Malbim commente :
Une fois que l'esprit d'Hachem avait quitté Saül, il n'est pas resté comme les autres gens. Au contraire, il s'inquiétait constamment, contemplant sa punition et la perte de son royaume, qui résultait de son péché ... jusqu'à ce qu'il soit consumé par la mélancolie ...
Ses serviteurs ont choisi la musique car elle peut déplacer l'âme d'un trait de caractère à un autre, et elle est capable de libérer de la dépression en passant à d'autres pensées, plus heureuses.

-> Le Rambam (Chmoné Prakim 5) comprend cela comme un conseil général :
"Celui qui est dépassé par la dépression [passagère] peut la dissiper en écoutant des chansons avec différents types de musique."

-> Le rav Yonathan Eibschutz (Yaarot Dvach 2,7) écrit :
la sagesse de la musique est la sagesse du chant ... ce sont des chants justes qui réjouissent les coeurs, en supprimant la mélancolie et en permettant à l'âme d'acquérir la joie, afin que l'esprit d'Hachem s'y repose, à l'image des prophètes.

-> il est intéressant de noter que Yaakov était abattu pendant toute la période où il pensait avoir perdu Yossef, perdant à cause de cette tristesse sa capacité de se connecter à Hachem par la prophétie.
Le midrach (haGadol Vayigach 45,26) rapporte que c'est sa petite-fille Séra'h fille de Acher qui est venue annoncer à Yaakov la nouvelle que Yossef était toujours en vie, pour cela elle a utilisé une harpe.
Le Avot déRabbi nathan dit que : "l'Inspiration Divine qui l'avait quitté est revenue de nouveau sur lui à ce moment".

[la tristesse bloque notre connexion avec la spiritualité, et empêche la Présence Divine de pleinement résider sur nous. D'où l'importance de la musique.]

-> La joie qui était ressentie au Temple à Succot était incomparable, et cela par l'énorme impact des chants et des danses de la sim'hat beit hachoéva.
[michna (Soucca 5,1) : "tout celui qui n'a pas été témoin de la sim'hat beit hachoéva (cérémonie de libation des eaux au Temple pendant Souccot) n'a jamais connu de la vraie joie".]

-> Rabbi Yéhochoua ben Lévi dit : ... [Le prophète] Yona ben Amitaï est allé à Jérusalem pour la fête de Souccot, et il a participé aux réjouissances de la cérémonie de libation des eaux, et l'Inspiration Divine a reposé sur lui.
Cela nous ensigne que l'Inspiration Divine ne réside que sur quelqu'un dont le coeur est joyeux.
[guémara Soucca 22b]

-> Cette spécificité de la musique permettant d'atteindre un état d'esprit pouvant recevoir la prophétie est mentionné à plusieurs reprises dans la Torah.
Par exemple :
1°/ les prophètes utilisaient des instruments musicaux pour atteindre la prophétie :
"[le roi] David, avec les chefs de l’armée, assigna une place à part, dans le service du culte, aux fils d’Assaf, de Hêman et de Yedoutoun, qui pratiquaient l’art de la harpe, du luth et des cymbales" (Divré haYamim I 25,1)

2°/ "[le prophète Elicha dit : ] Eh bien! Amenez-moi un musicien. Tandis que celui-ci jouait de son instrument, l'esprit d'Hachem s'empara du prophète" (Méla'him II 3,15).
Le Radak commente : "Depuis le jour où le maître d'Elicha est parti, l'esprit de prophétie ne reposait pas sur lui car il était en deuil, et l'Inspiration Divine ne repose que sur une personne dans une état de joie.
D'autres disent qu'à cause de sa colère envers le roi d'Israël il était triste ...
C'est pourquoi, afin d'obtenir la joie nécessaire à la prophétie, il a dit : "Eh bien! Amenez-moi un musicien"
[on voit que la musique permet d'élever l'esprit, faisant que Hachem peut de nouveau résider sur nous, au point que les prophètes regagner leurs forces prophétiques. ]

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-> Le Kouzari (partie.2, chap.65) écrit :
"Sans aucun doute, la musique était très développée parmi [les anciens juifs]. Cela les inspirait spirituellement, tout comme de nos jours les gens disent que la musique peut modifier radicalement l'humeur d'une personne.
Mais il est invraisemblable [de penser] que la musique d'aujourd'hui est de la même qualité qu'elle ne l'était à l'époque.
[A notre époque] elle a perdu son statut et a été consignée à des serviteurs et des scélérats.
Elle a diminué en importance tout comme notre peuple a diminué en importance [spirituelle]."

-> selon certaines opinions, depuis la destruction du Temple il faut limiter la musique afin de diminuer la joie et avoir un sentiment incomplétude face à ce manque.
[cela devient plus stricte pendant les périodes du Omer et des 3 semaines menant au 9 Av.]

-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan II 8,10) développe l'idée du chant dans le futur suite à la venue du machia'h :
Dans le futur, lorsque le monde sera renouvelé, l'univers entier fonctionnera au niveau des merveilles, uniquement selon la Providence divine et non selon la nature.
Ensuite un nouveau chant émergera. Comme le dit le verset : " Chantez à Hachem un chant nouveau, car il a accompli des merveilles" (Téhilim 98,1).
Ce chant du futur est un chant de la Providence de D., une chanson de merveilles. Car alors Hachem dirigera le monde avec Providence et merveilles.

Il y a aussi un chant de la nature, comme dans le verset : "Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament proclame l’œuvre de ses mains" (Téhilim 19,2).
C'est le chant de la nature, des lois astronomiques. C'est le niveau de chant et de louange qui est chanté à Hachem pour la façon dont le monde est géré maintenant, via la nature.
Mais dans le futur, il y aura un nouveau chant de merveilles, de Providence, car alors le monde sera gouverné [clairement] par la seule Providence [d'Hachem].

-> En ce sens, nous disons dans le chant de Shabbath "tsour michélo" :
"Que le Temple soit reconstruit, la ville de Sion rempli de nouveau,
Là-bas, nous chanterons un nouveau chant, et avec joie nous monterons (vécham nachir chir 'hadach, ouvirnana naalé).

[avec la guéoula, nous aspirons à l'harmonie des temps futurs, qui produira un chant tellement sublime qu'il n'a jamais été entendu auparavant.]

"Si ce n'était à cause de la faute d'Adam, l'âme aurait pu assainir le corps d'une façon complète, au point que l'homme aurait pu entrer vivant dans le monde futur, comme Eliyahou haNavi et 'Hanokh l'ont fait en montant vivants au gan Eden."
[Ram'hal]

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-> Il est écrit dans le Déré'h Erets Zouta :
10 Justes sont entrés vivants au gan Eden : 'Hanokh, Eliézer le serviteur d'Avraham, Séra'h la fille d'Acher, Batia la fille de Pharaon, le prophète Eliyahou, Eved le roi de Kouch, Hiram le roi de Tyr, Rabbi Yéhochoua ben Lévi, Yavets le fils de Rabbi Yéhouda haNassi, le machia'h.

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-> Comment l'âme peut-elle réintégrer un corps qui a été totalement désintégré?

Les sages nous ont enseigné que dans le corps de l'homme, il existe un petit os dans la colonne vertébrale qui est indestructible. Il ne craint ni le feu, ni l'eau et ne peut être broyé même par le biais d'un marteau. Ce petit os est appelé de 3 manières différentes dans l'écriture :
- dans le Zohar, il est appellé "Bétouel l'arami", car c'est os un "ruseur" car par sa discrétion, on pourrait croire qu'il ait tiré profit de la nourriture comme les autres os du corps mais il n'en est rien. En effet, c'est le seul os à ne pas avoir tiré profit de la consommation du fruit de l'Arbre de la Connaissance qui a amené la mort dans le monde. Mesure pour mesure, c'est par cet os que se réalisera la résurrection du corps.
- Le midrach reprend le langage du talmud et l'appelle : "louz", et le présente comme une petite vertèbre de la colonne vertébrale.
- Il est également appelé "נסכוי" (niskoï) car il ne tire aucun profit de la nourriture sauf du 4e repas que l'on fait le samedi soir pour raccompagner le Shabbat à sa sortie (le "mélavé malka").

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-> b'h, également sur le louz : http://todahm.com/2015/11/28/le-louz

L’origine des synagogues

+ L'origine des synagogues :

-> La Aggadat Eliyahou (Péa 7,11) rapporte un midrach enseignant que lorsque le Temple a été détruit, Hachem a dispersé les pierres à travers le monde, comme il est écrit : "Comme les pierres sacrées se trouvent éparpillées à tous les coins de rue" (Eikha 4,1).
Partout où une pierre du Temple est tombée, c'est là où une synagogue a été établie.
Par conséquent, une synagogue est appelé un "mikdach méat" (un Temple en miniature), car à cet endroit se trouve un peu du Temple (c'est-à-dire une pierre du Temple).
[Otsar Pélaot haTorah - p.844]

Un juif = le plus grand des miracles

+ Un juif = le plus grand des miracles :

-> Si une personne veut voir un miracle de nos jours, tout ce qu’elle a à faire est de regarder un juif.
Un Juif vivant aujourd’hui est le plus grand miracle qu’une personne puisse jamais voir.
Comme l’écrit le Aroukh haChoulkhan (Ora'h 'Haïm 1:10) : "il n’y a pas de signe ou prodige plus grand que cela" (מזה גדול ומופת אות לך אין ).
Il y a plus de 3300 ans, nos ancêtres étaient en Egypte et 80% des hébreux périrent. Pourtant, Hachem a préservé les hébreux afin que nous puissions être ici aujourd’hui.
Au moment de la destruction du 1er Temple, le nombre de morts était énorme, mais Hachem voulait que nous soyons là aujourd’hui. Hachem s’est assuré que nous réussissions à surmonter la destruction du 1er Temple.
Le nombre de personnes mortes lors de la destruction du 2e Temple était aussi stupéfiant. Falvius-Josèphe écrit que le nombre de personnes décédées s’élevait 1,1 million. Puis les Romains ont traqué chaque juif, mais encore une fois, Hachem sauva nos ancêtres.

Des milliers de juifs ont été massacrés pendant les Croisades, mais Hachem nous a sauvegardé.
En l’an 1391, 200 000 juifs furent convertis de force en Espagne, mais Hachem a assuré notre pérennité.
300 000 Juifs ont été expulsés d’Espagne en 1492 et des dizaines de milliers ont été tués.
Hachem a sauvé nos ancêtres des pogroms de Chmielnicki afin que nous puissions être là aujourd’hui.
[pour ne citer que ces exemples de malheur national]

Nous sommes donc une infime minorité qui a survécu à toutes les persécutions du peuple juif.
Hachem veille sur nous depuis 3300 ans. Notre ancêtre a été sauvé de l’Holocauste (Shoa) afin que nous puissions être en vie aujourd’hui.
Qu’un Juif soit ici n’est pas statistiquement improbable, ou même hautement improbable, mais c’est a priori IMPOSSIBLE, c’est là le plus grand des miracles!

Voici les mots étonnants de Rav Yaakov Emden (Introduction à son Siddour Beit Yaakov) :
"Comment celui qui nie la Providence divine n’a-t-il pas honte? Il suffit d’analyser notre situation dans ce monde. Nous sommes un peuple exilé, et malgré tout ce qui nous est arrivé pendant des milliers d’années, nous sommes toujours là. Je m’émerveille de ce miracle qui est, à mes yeux, beaucoup plus grand que tous les miracles qu’Hachem a accomplis pour nos ancêtres en Egypte, dans le désert et en terre d'Israël."
[cela a été écrit il y a près de 300 ans. Que dirait-il aujourd’hui?]

=> Ainsi, Hachem a accompli pour nous le plus grand miracle de l’Histoire. Tout au long de l’Histoire, il n’y a rien dans lequel Hachem s’est autant investi plus que dans l’existence de chaque juif!
Et ce parce qu’Il nous aime, attend nos prières, apprécie notre Torah et nos mitsvot.
[rav Yéhochoua Alt]

Dans le monde à venir, comme l'explique Rech Lakich : il n'y a pas de guéhinam dans le monde à venir, mais Hachem fera sortir le soleil de son écrin ; son rayonnement (intense) sanctionnera les réchaïm et guérira les tsadikim.
[guémara Avoda Zara 3b]

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=> Le Guéhinam existe-t-il ou non dans de monde à venir?

-> Le midrach (Béréchit rabba 26,6) signale 3 avis sur le Guéhinam (enfer) :
1°/ selon Rabi Yanaï et Rabi Chimon ben Lakich (Rech Lakich), il n'existe pas de Guéhinam dans le monde à venir, mais un soleil très chaud, sorti de son écrin, qui sanctionnera les réchaïm qui ne pourront pas supporter ce rayonnement intense et brûleront, comme il est dit : "Car voici, ce jour vient, brûlant comme une fournaise : Tous les hautains et les impies seront comme du chaume et ce jour qui vient va les consumer" (Mala'hi 3,19).
2°/ Selon les Rabanan, le Guéhinam existe, selon ce verset : "Telle est la parole de Hachem qui a Son foyer à Tsion et Sa fournaise à Yérouchalaïm" (Yéchayahou 31,9).
3°/ Selon Rabi Yéhouda bar Ilaï, il n'y aura ni Guéhinam ni soleil très chaud, mais un feu sortira du corps du racha pour le brûler.

-> Selon le Ran :
L'affirmation de Rech Lakich, selon laquelle il n'y a pas de Guéhinam (enfer), mais Hachem fera sortir le soleil de son fourneau pour sanctionner les réchaïm, ne concerne que la période du monde à venir, c'est-à-dire après la résurrection des morts.
Par contre, juste après la mort d'une personne, le Guéhinam existe certainement pour expier les fautes.

-> Selon le Maharal ('Hidouché Agadot) :
Dans ce monde-ci, le soleil est placé dans un "écrin" qui filtre ses rayons de façon à atténuer la chaleur reçue qui devient supportable.
Cependant, aux temps futurs, Hachem fera sortir le soleil de son écrin et son rayonnement deviendra : 7x7x7 = 343 fois plus intense, selon ce verset : "Et la lumière du soleil deviendra 7x7x7 = 343 fois supérieure à celle des 7 jours" (Yéchayahou 30,26).

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=> Pourquoi est-ce en même temps que les réchaïm sont sanctionnés et les tsadikim récompensés dans le monde à venir?

-> Selon le Torat 'Haïm :
Dans le monde à venir, Hachem fera savoir à tous (réchaïm et tsadikim) qu'Il est Un et que Son Nom est Un. C'est pourquoi, au même moment, le soleil brûlant sorti de son écrin sanctionnera les réchaïm et récompensera les tsadikim pour leurs actions dans ce monde-ci (olam azé).
En effet, les réchaïm pourraient se dire que les bienfaits et les maux n'émanent pas de Hachem, mais sont des faits accidentels, dus au hasard, ou naturels. Mais lorsqu'ils verront que certains (les réchaïm) seront frappés en même temps que d'autres (les tsadikim) seront guéris, les réchaïm reconnaitront l'unicité d'Hachem et de Son Nom.
Ainsi, la sanction et la récompense ont une même source : Hachem qui juge nos actions.

-> Le Maharach enseigne :
Le soleil est chaud dans sa nature, cependant son rayonnement n'a pas le même effet selon la nature du récepteur. C'est ainsi que sous l'effet du même soleil, le sel durcit et se fige, tandis que la cire fond.
De même, l'effet du soleil intense du monde futur aura un effet différent sur les réchaïm qui "brûleront" (en sanction) et sur les tsadikim qui "guériront".

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=> En quoi le soleil du monde à venir sanctionne-t-il les réchaïm (impies) et récompense-t-il les tsadikim (Justes) selon le principe de mesure pour mesure?

-> Le Einé Its'hak explique :
Les réchaïm se sont "échauffés' pour accomplir de nombreuses transgressions (avérot) durant leur vie sur Terre. Par le principe de réciprocité, mesure pour mesure, ils souffriront dans le monde à venir de l'échauffement excessif du soleil qui sortira de son écrin.
Par contre, les tsadikim se sont "échauffés" dans leur amour pour Hachem, à travers l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot durant leur vie sur Terre. C'est pourquoi, mesure pour mesure, ils mériteront d'être récompensés dans le monde à venir par le réchauffement du soleil qui les guérira et leur apportera du plaisir.

[Si le soleil, source de lumière et de chaleur, constitue ne bénédiction (béra'ha), le soleil sorti de son écrin dans le monde-à-venir constitue une super-bénédiction. Les réchaïm en souffriront, car ayant rejeté les mitsvot, ils ne sont pas préparés à cette super-bénédiction, tandis que les tsadikim, ayant pratiqué les mitsvot sont prêts pour cette super-bénédiction qui leur sera bénéfique. ]

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[l'idée est que dans le monde à venir toute la Vérité sera tellement éclatante qu'elle nous éblouira.
ex: Combien de souffrances pourrait-on avoir sur ce qu'on aurait pu faire dans notre vie et que l'on a pas fait (notre yétser ara nous anesthésiant)? Et inversement, combien de bienfaits nous amènera ces rayons de Vérité pour la moindre chose que nous aurions fait ou retenu de faire selon la volonté d'Hachem. ]

Les raisons étonnantes des accidents de voiture

+ Les raisons étonnantes des accidents de voiture :

-> En 1988, le rav Chmouel haLévi Wosner (Chévet haLévi 7,11) fut invité à donner son avis sur les raisons de l’augmentation des accidents de voiture.
Il évoqua les inconduites commises sur la route. Celles-ci génèrent de forces spirituelles maléfiques, qui, présentes sur la route, portent atteinte aux gens sous le couvert d’accidents de voiture. Parfois, même des innocents tombent dans "leurs griffes".
[le rav Sternbuch (Téchouvot véhanhagot 3,76) écrit que les animaux maléfiques mentionnés dans la Téfilat hadérékh, incluent les "chauffards" qui conduisent comme des animaux maléfiques ('hayot raot).]

Une autre raison, écrit-il, est que les gens s’abstiennent du ‘hessed de prendre des auto-stoppeurs.
Cela tombe parfois dans la catégorie définit par la guémara (Baba Kama 20a) : l'un (l’auto-stoppeur) tire profit, sans que l’autre (le conducteur) n’en pâtisse (חסר לא וזה נהנה זה).
[Il a été dit que prendre un auto-stoppeur pourrait entrer dans la catégorie de la grande mitsva de l’hospitalité aux invités (אורחים הכנסת).]

Notre âme et notre corps se feront juger ensemble

+ Notre âme et notre corps se feront juger ensemble :

-> Antoninous a dit à Rabbi : Le corps et l'âme peuvent se soustraire au jugement Divin. Comment? Le corps pourra dire : "C'est l'âme qui a péché, car depuis qu'elle m'a quitté, je gis dans la tombe comme une pierre inerte". Et l'âme pourra dire : "C'est le corps qui a péché, car depuis que je me suis séparée de lui, je suis comme un oiseau qui plane dans les airs".

Rabbi répondit par une parabole : Cela peut être comparé au cas d'un roi qui possédait un beau verger qui produisait d'excellentes figues. Il y plaça deux gardiens ; l'un était paralytique et l'autre aveugle. Le paralytique dit à l'aveugle : "Je vois dans le verger de belles figues mûres. Viens, laisse-moi monter sur ton dos et nous les cueillerons pour les manger". Le paralytique monta à califourchon sur le dos de l'aveugle, ils cueillirent les figues et les mangèrent. Quelques jours après, le roi vint (dans le verger) et dit (aux deux gardiens) : "Que sont devenues ces belles figues précoces?" Le paralytique répondit : "Ai-je des jambes pour me déplacer (et les cueillir)?" L'aveugle enchaîna : "Ai-je des yeux pour les voir?". Que fit le roi?
Il fit monter le paralytique sur le dos de l'aveugle et il les jugea (sanctionna) ensemble. Il en sera de même (lors du Jugement) : Hachem fera venir l'âme, l'introduira dans le corps et les jugera tous deux ensemble, conformément à ce verset (Téhilim 50, 4) : "Il adressera Son appel aux Cieux d'en haut, ainsi qu'à la Terre, pour les faire comparaître en jugement devant Lui". "Il adressera Son appel aux Cieux" pour faire venir l'âme ; "ainsi qu'à la Terre" pour faire comparaître le corps, afin de juger le corps en même temps que l'âme (yadine imo).
[guémara Sanhédrin 91a-91b]

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=> A quel moment Hachem réunit-Il le corps et l'âme pour les juger ensemble?

-> Selon le commentateur Yad Rama, Hachem réintroduira la néchama (âme) dans le gouf (corps), afin de les juger ensemble, au moment de la résurrection des morts (té'hiat hamétim).

-> Le Séfer ha'Ikarim nous enseigne :
L'expression de notre agada : "Hachem fera venir la néchama et l'introduira dans le gouf" ne doit pas être prise à la lettre. En effet, le mot gouf ne désigne pas ici le corps, mais le Guéhinam ; donc Hachem introduira la néchama dans la zone limitée du Guéhinam pour être sanctionnée pour les mauvaises actions sur terre, bien que la néchama purement rou'hani (spirituelle) soit immatérielle et n'occupe pas de place.
Si le Guéhinam est désigné gouf (corps), c'est parce que de même que du vivant de l'homme, le corps humain limitait l'emplacement de la néchama (âme), le Guéhinam, dans lequel la néchama a été placée, limitera pour un temps donné l'emplacement de la néchama.
Ainsi, cette introduction de l'âme dans le gouf (Guéhinam) s'effectuera juste après le Jugement qui suit le décès, afin qu'elle soit purifiée de ses fautes.

La résurrection des morts

+ La résurrection des morts :

-> Il est dit dans le Yalkout Chimoni (Bamidbar 21,9) qu'une personne reviendra avec exactement le même corps dans lequel elle sera décédée. Hachem fera descendre ce qu'on appelle le "tal chél té'hiya" : une rosée spéciale du Ciel, et l'utilisera pour reconstruire le corps à partir de l'os "louz", qui est indestructible.
[les ressuscités retrouveront le corps dont ils étaient dotés au moment de leur mort, avec tous leurs défauts, afin qu’ils soient reconnus de leurs proches, et ensuite, ils seront guéris.
En ce sens, le Mabit explique que celui qui meurt vieux reviendra au monde dans l'état dans lequel il était alors, car, sinon, nul ne le reconnaitrait. Mais, par la suite, son état de vieillesse se transformera.]

-> La guémara (Sanhédrin 90b) rapporte que les morts seront ressuscités entièrement vêtus.
[selon la plupart des avis, ce sont les habits dans lesquels l’homme a été enterré qui le revêtiront le jour venu.]

-> La guémara (Sanhédrin 91b) dit que peu importe les maladies qu'une personne a pu avoir avant de mourir, à son retour, Hachem les guérira toutes.

-> Le Zohar haKadoch (paracha 'Hayé Sarah) écrit que si une âme (néchama) venait au monde plusieurs fois dans différents corps pour accomplir sa mission, chaque corps sera ressuscité, et la partie de la néchama qui a été rectifiée avec chaque corps reviendra dans son corps respectif, car la néchama est infinie.

-> Selon le Ramban (Chaar haGuémoul), une fois que l'âme se réunit au corps, elle sera avec le corps pour l'éternité.
[l'opinion du Ramban est la plus suivie, et elle affirme que la résurrection des morts nous renverra dans le corps dans lequel nous avons vécu et agi. Et après la période messianique, avec ce corps, nous arriverons dans le monde futur. Le corps prendra alors une toute autre dimension, plus spirituelle. Mais, surtout après la résurrection des morts, la séparation que nous connaissons aujourd’hui avec la mort, n’existera plus.]

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-> "Au moment de la résurrection des morts, D. descendra des plus hautes sphères célestes et s’assiéra sur Son trône à Jérusalem ... Il prendra un énorme Shofar de la taille de mille coudées, selon la coudée de D., et y sonnera d’un son qui se propagera d’un bout à l’autre de la terre" (lettre de Rabbi Akiva).

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=> Pourquoi enterrons-nous les morts? L’inhumation est-elle plus qu’une simple "gestion" des restes humains?

-> Le rav Yéhochoua Alt enseigne :
L’enterrement est un acte de dissimulation par anticipation. Plus précisément, l’enterrement place quelque chose hors de vue avec l’espoir qu’il germera plus tard, prendra racine et finira par sortir renouvelé. L’enterrement n’est pas l’acte "d’élimination" qui était autrefois, mais c’est un acte de plantation.

Il est à noter que ‘nos Sages (Kritout 10a) se réfèrent à l’utérus comme la tombe.
La guémara (Béra'hot 15b) dit que puisque l’utérus reçoit en silence et donne ensuite naissance à une nouvelle vie, accompagnée de grands cris, il devrait s’ensuivre que la tombe qui reçoit avec de grands cris devrait certainement aussi donner naissance à une nouvelle vie.

Hachem a créé l’homme pour qu’il vive éternellement (Ramban sur Béréchit 2,17). Bien que le péché d’Adam ait entraîné la mortalité physique, le potentiel pour une vie éternelle demeure (voir le Maharal - Tiféret Israël - chap.13).
La te’hiat hamétim (résurrection des morts) réalise ce potentiel. A ce moment, l’homme émergera comme vivant de la tombe dans laquelle il était. Après la mort, l’homme attend sa propre renaissance. Quand une personne décède, elle n’a pas disparu. Au lieu de cela, elle continue dans la phase suivante de son existence éternelle.

La Torah exige que ses restes soient cachés dans un endroit qui est un environnement approprié pour anticiper sa réémergence. La terre représente un potentiel en ce sens que, bien qu’elle ne soit rien en soi, elle existe en fait dans un état latent avec une force germinatrice capable de faire pousser céréales, fruits et légumes. Quand une personne meurt, elle redevient un monde de potentiel et elle est enterrée dans la terre qui lui a donné naissance à l’origine parce que cette terre elle-même représente le potentiel.
En tant qu’entité saine qui transcende tout, l’homme est enterré dans le sol jusqu’au moment où son potentiel sera à nouveau révélé et réalisé, cette fois à travers la te’hiat hamétim (voir le Gour Ariyé sur Béréchit 2,7).

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-> La guémara (Sanhédrin 90b-91a) enseigne :
"La reine Cléopâtre posa cette question à Rabbi Meir : Je sais que les morts revivront (dans le futur) d'après le verset (Téhilim 72,16) : "Que bourgeonnent les villes (qu'elles voient croître leurs habitants) comme l'herbe de la terre!", mais lorsqu'ils se lèveront, seront-ils dénudés ou habillés?
Rabbi Méir répondit par un raisonnement a fortiori à partir du blé : Si le grain de blé qu'on met en terre nu (à l'ensemencement) sort de terre "habillé" de plusieurs enveloppes, a fortiori les Justes mis en terre avec leur linceul, reviendront à la vie habillés.
L'empereur (romain) a dit à Rabban Gamliel : "Vous affirmez que les morts retrouveront la vie ; or ils sont devenus poussière. La poussière peut-elle vivre?". La fille de l'empereur dit alors à Rabban Gamliel : "Laisse-moi lui répondre" ; puis elle dit (à son père) : "Si dans notre ville se trouvent deux potiers, l'un qui fabrique (des récipients) avec de l'eau (uniquement) et l'autre avec de l'argile, quel est celui qui est le plus louable?"
L'empereur répondit : "Celui qui n'utilise que l'eau". Sa fille conclut : "Si le Créateur peut façonner (un homme) à partir de l'eau seulement, à plus forte raison qu'Il pourra le façonner à partir de l'argile!".
Dans la Maison d'étude de Rabbi Yichmaël, on cite une autre réponse de la fille de l'empereur à son père : "Si des objets en verre, fabriqués par un souffleur de verre, se brisent, ils peuvent être réparés, a fortiori l'homme lui-même créé par le souffle d'Hachem".

-> Dans son explication des Pirké déRabbi Eliézer (ch.33,78), le commentateur Radal dit que l'enterrement des tsadikim (Justes) dans la terre est comparé à un ensemencement pour une "croissance" qui agit sur la purification du corps, afin que le tsadik ait le mérite de ressusciter avec un corps purifié.

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=> Avec quels habits les Justes (tsadikim) ressusciteront-ils dans le futur?

-> Selon le Béer Chéva :
Le fait que Rabbi Méïr ait dit à la fin de sa réponse à Cléopâtre : "Les Justes qui seront enterrés avec leurs vêtements (lévouchéem :
leur linceul), a fortiori reviendront à la vie habillés", c'est-à-dire qu'ils se lèveront dans le futur habillés de leur linceul avec lequel ils avaient été mis en terre.

-> Selon le Talmud Yérouchalmi, Rabbi a dit à son fils que dans le futur les tsadikim reviendront à la vie, non pas avec leur linceul, mais avec leurs vêtements qu'ils portaient de leur vivant (Tossefot dans Kétouvot111b).

-> Le rav Eliyahou Dessler (tome 4 - p.154) nous enseigne :
Avant de fauter, Adam haRichon n'avait accès qu'aux perceptions spirituelles et n'avait aucune perception du monde matériel (gachmi) ; c'est pourquoi il ne ressentait pas sa nudité.
Or, à la résurrection des morts, dans le futur, les tsadikim retrouveront l'état d'Adam haRichon avant la faute, avec leur "habit" originel, c'est-à-dire avec leur corps (gouf) désigné "habit", car il "habille" l'âme (la néchama). Certes, ce gouf est physique afin de distinguer la personne ressuscitée de toute autre personne ressuscitée, mais ce gouf est essentiellement nafchi (spirituel), car ce corps, comme avant la faute d'Adam, n'aspirait qu'aux satisfactions spirituelles.
La résurrection des tsadikim avec leurs "habits" (lévouchéem) peut signifier également qu'ils reviendront en vie avec les bonnes qualités (midot) qu'ils avaient acquises dans le Olam Hazé dans leur vie antérieure ; ces mêmes midot les envelopperont comme un "habit".

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=> Comment comprendre la parabole des 2 potiers?

-> Selon Rachi :
Son père a reconnu que le potier capable de créer un ustensile (kéli) à partir de l'eau seulement est plus compétent que le potier qui crée le même ustensile à partir de l'argile (ou de la terre). Cette reconnaissance implique que le premier potier qui a créé le kéli à partir de l'eau est certainement capable de le créer à partir de l'argile.
Sa fille lui dit alors : Du fait que Hachem crée l'homme à partir d'une simple goutte séminale qui ressemble à l'eau, a fortiori qu'Il est capable de créer l'homme à partir de la poussière de la terre dénommée "argile".

-> Le Maharal ('Hidcouché Aggadot) nous explique :
A la difficulté de l'empereur de croire que les morts revivront à partir de la poussière de la terre, sa fille répond par une parabole qui prouve à son père que le corps (gouf) de l'homme est plus proche de la terre que de l'eau.
C'est pourquoi, si tous les descendants d'Adam haRichon sont créés à partir de l'eau (goutte séminale), a fortiori les ressuscités pourront être créés à partir de la poussière de la Terre.
Bien qu'aujourd'hui les enfants conçus ne peuvent se développer que dans le ventre de leur mère, dans le futur ils retourneront à la vie par une création Divine (directement), à partir de la poussière de la terre.
Ainsi, la création à partir de la poussière est à un niveau supérieur à la création à partir de "l'eau", car Adam haRichon placé au Gan Eden a été créé à partir de la poussière de la Terre. Donc, ceux qui ressusciteront à partir de la poussière de la Terre auront un niveau supérieur aux personnes nées dans le ventre de leur mère à partir de "l'eau".

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=> Comment comprendre le kal va 'homer de la parabole du souffleur de verre?
Comment comprendre le raisonnement a fortiori (kal va'homer) de l'école de Rabi Ichmaël?

-> Selon le Alchikh haKadoch :
Après avoir soufflé dans la pâte à verre pour fabriquer un kéli (ustensile) en verre, le souffleur de verre n'a plus aucun lien avec ce kéli dont l'existence ne dépend plus du souffleur. Pourtant, si ce kéli est brisé, le souffleur peut chauffer les débris pour obtenir une pâte à verre et y réinsuffler de l'air pour créer un nouveau kéli.
A fortiori, Hachem, qui avait insufflé l'âme de vie à une personne, dont le lien avec son Créateur n'a jamais été rompu, pourra redonner vie à cette personne après sa mort.

-> Selon le Bet Elokim (dans Hayéssodot 55) :
Le kal va 'homer est relatif à l'âme (néchama) de l'homme qui, elle, se maintient toujours en vie. Le kéli en verre a été créé par le souffle de l'artisan et, après sa brisure, cet artisan pourra de nouveau par son souffle le reconstituer tel qu'il était avant d'être brisé.
De même pour l'homme, dont l'existence est assurée par l'âme (néchama) insufflée par Hachem, par le pouvoir de sa néchama, même la poussière de la Terre redonnera l'homme tel qu'il était avant la mort (brisure).

-> Le Maharcha enseigne :
Il n'était pas nécessaire de prouver la résurrection des morts à partir de raisonnements a fortiori, comme dans cette agada, car nous avons de nombreux versets du Tanakh qui prouvent la résurrection (voir guémara Sanhédrin 90b).
De plus, quelle est la nécessité d'amener une preuve de la résurrection des morts par kal va 'homer que Hachem peut ressusciter les morts à partir de leur poussière, puisque le séfer Béréchit précise qu'Adam haRichon a été créé à partir de la poussière?
En fait, ce kal va'homer n'est destiné qu'aux hérétiques (comme cet
empereur) qui ne croient ni à la Torah ni à ses versets.

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=> Pourquoi était-il nécessaire d'illustrer la résurrection par 2 paraboles : celle des potiers et celle du souffleur de verre?

-> Selon le Ein Eliyaou :
De l'exemple de l'eau et de l'argile, on aurait pu en déduire que tous les morts se lèveront à l'époque de la résurrection des morts (té'hiat hamétim), ce qui est inexact. C'est pourquoi, il était nécessaire de préciser la parabole du kéli de verre. En effet, d'après ce verset : "Ni l'or ni le verre ne peuvent rivaliser avec elle" (la Torah) (Iyov 28,17), la Torah est comparée à un ustensile (kéli) de verre, afin d'enseigner qu'à l'époque de té'hiat hamétim ne pourront se lever que ceux qui avaient cru à la Torah et avaient accomplies les mitsvot que D. a prescrites ; par contre celui qui n'accomplit aucune mitsva ne sera pas concerné par la résurrection des morts.

-> Selon le Arou'h laNer :
Les 2 exemples cités étaient nécessaires :
De l'exemple des potiers, on apprend seulement que les morts ressusciteront avec une vie végétative, comme l'animal.
C'est pourquoi, il fallait compléter avec l'exemple du souffleur de verre où on apprend, par kal va'homer, que le souffle d'Hachem redonnera vie à cet homme mort ; ce verset : "Hachem insuffla dans ses narines une âme de vie" (Béréchit 2, 7), prouve alors que l'homme ressuscitera dans le futur avec sa néchama (son âme supérieure) insufflée en lui par Hachem.

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-> La "Résurrection des Morts" aura lieu 40 ans après le Rassemblement des Exilés (Zohar I, 139a) ou 40 ans après la venue du Machia’h (voir HaRan sur Sanhédrin 99a).
[Il s’agit de la Résurrection de l’ensemble du peuple juif. En revanche, dès la venue du Machia’h, les Tsaddikim qui sont morts en Exil, reviendront à la vie physique du Olam Hazé (HaRitba sur Roch Hachana 16b)].
Cependant, si Israël est méritant, les 40 années seront remplacées par 40 "instants" de courte durée (Si’ha Balak 5741).

Le mérite du kirouv

+ Le mérite du kirouv :

-> "Amener une personne sous les ailes de la Présence Divine (chékhina) est équivalent à l'avoir formée et l'avoir mise au monde".
[ Tossefta - Horayot 2,7]

-> Si seulement les gens savaient combien d'avantages et de mérites sont acquis par ceux qui apportent du mérite spirituel à la collectivité [en les motivant à faire les mitsvot], ils courraient après cette mitsva comme quelqu'un qui poursuit la vie.
[Zohar - paracha Térouma]

-> La Présence Divine vient principalement sur quelqu'un lorsqu'il va amener les gens à davantage servir le Créateur, chacun à son niveau.
Par le mérite de la collectivité qu'il engage à éventuellement faire téchouva, Hachem va amener sur lui la Présence Divine.
Cependant, le tsadik qui ne va pas à la rencontre de tout individu, mais qui va plutôt uniquement se renforcer lui-même [spirituellement], ne va pas atteindre la Présence Divine car il lui manque le mérite de la communauté.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi (Chémini)]

-> Tout celui qui enseigne la Torah à l'enfant de quelqu'un d'autre aura le privilège de s'asseoir dans l'Académie céleste (yéchiva chel maala) ...
Et tout celui qui enseigne la Torah à un enfant d'un ignorant (am aarets), même si Hachem a fait un décret [sévère à son égard], Il l'annule en son honneur.
[guémara Baba Métsia 85a]

-> A l'époque précèdant la venue du machia'h (ikvéta déméchikha), la [mission] principale est d'extraire ce qui est précieux de ceux qui sont [spirituellement] bas.
[rabbi Tsadok Hacohen de Lublin - Tsidkat haTsadik (siman 111)]

-> Uniquement les bonnes actions d'une personne ne suffisent pas à la rendre digne de la récompense du monde à Venir. Hachem ne la considère digne [de cela] qu'en raison de 2 autres facteurs en plus de ses bonnes actions.
Le premier est qu'elle enseigne à d'autres le service d'Hachem, les guidant à faire le bien [selon la Volonté de d'Hachem] ... et le deuxième [facteur] est la bonté 'Hachem et sa bienfaisance.
['Hovot haLévavot - chaar haBita'hon (chap.4)]

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-> En s'efforçant de faire du kirouv, nous accomplissons magnifiquement la mitsva d'aimer Hachem.
Il n'y a rien de plus grand que cela, et aucun niveau n'est plus élevé, que de transformer les âmes comme notre Patriarche Avraham l'a fait à son époque.
C'est quelque chose qui est pour l'éternité ...
Lorsque quelqu'un est engagé à rapprocher ceux qui sont éloignés d'Hachem (méazaké ré'hokim), même s'il est décrété sur lui des souffrances, comme par exemple qu'il doit avoir une maladie, au Ciel on va considérer les effets sur ceux qu'ils renforcent et on va le sauver car sa maladie va leur entraîner d'y perdre sans que cela ne soit de leur faute.
Au final, son travail de sauver [spirituellement autrui] va en réalité le sauver lui-même.
[rav Moché Sternbuch]

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-> Le ‘Hatam Sofer ('Hout Yoré Déa - Pitou'hé 'Hotam) expliquant pourquoi Avraham est qualifié d' "Avraham oavi" (אברהם אהבי - Avraham qui m'aimait - Yéchayahou 41,8), il avance qu’il renonça à sa croissance spirituelle personnelle afin d’aider ses contemporains à se rapprocher d’Hachem comme l’énonce un verset : "les âmes qu’ils firent à ‘Haran" (véét anéfech achèr assou bé'haran - Lé'h Lé'ha 12,5). [on peut noter que le verset utilise le terme néfech '(âme), puisqu’Avraham leur insufflait de la spiritualité.]
Or cela lui attira l’affection divine :"Je l’ai aimé pour qu'il prescrive à ses fils et à sa maison après lui d'observer la voie de l'Éternel, en pratiquant la vertu et la justice" (Vayéra 18,19).

=> C’est cela la messirout néfech (le sacrifice de soi - מסירת נפש). [sacrificier de sa croissance spirituelle personnelle pour permettre celle d'autrui! ]

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-> Même si quelqu'un a essayé [sans succès] de motiver vers le bien la collectivité, alors même s'il n'est pas écouté, la Torah considère comme s'il les avait motivé/inspiré [avec succès].
[Séfer 'Hassidim (104)]

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-> Même celui qui a atteint la plus grande rectification de son âme par son dévouement à Hachem et qui s'est rapproché [du niveau] des prophètes dans leurs bons traits de caractère, son comportement louable, son zèle dans le service d'Hachem, et son amour pur pour Hachem, [cependant] cela n'est pas comme le mérite de celui qui amène les gens dans le bon chemin, redressant les réchaïm au service d'Hachem, car ses mérites se multiplient en fonction de leurs mérites, chaque jour et à tout moment ...
Celui qui se rectifie lui-même aura un petit mérite, mais s'il se rectifie lui-même ainsi que de nombreuses autres personnes, alors il aura ses mérites multipliés en fonction des mérites de toutes les personnes qu'il aura corrigé ...
"ceux qui auront dirigé la multitude dans le droit chemin seront comme les étoiles, à tout jamais" (Daniel 12,3).
['Hovot haLévavot - chaar aavat Hachem (chap.6)]

-> Tout celui qui inspire les autres à être vertueux n'en viendra pas à fauter.
C'est par bonté d'Hachem car il ne serait pas approprié que les bénéficiaires [de cette sensibilisation à Hachem] soient au gan Eden alors que lui [qui les a inspirés] soit au guéhinam.
Il est écrit : "Tu ne laisseras pas Tes pieux expérimenter le guéhinam" (lo titen 'hassidékha lir'ot cha'had - Téhilim 16,10).
Sur quelle base une personne pieuse peut-elle expérimenter le guéhinam?
Cela doit être [que le verset fait référence à une personne ordinaire qui encourage les autres à être méritantes]. Il est considéré comme pieux puisqu'il n'y a pas de piété dans le monde aussi grande que motiver la collectivité à la bonté (mézaké arabim).
Hachem ne permet pas à une telle personne de faire une faute qui entraînera sa perte, puisqu'il ne convient pas de mettre au guéhinam quelqu'un dont le mérite de la collectivité est venu de par son influence.
[Méïri - Beit haBér'hira (Pirké Avot - chap.5)]

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-> Le rav David Cohen (roch Yéchiva 'Hevron) enseigne :
Le rav Itzelé Peterberger (Ohr Yisraël) dit qu'il est connu (voir guémara Yoma 86a) que faire téchouva le jour de Kippour expie toutes les fautes à l'exception de l'offense de 'hilloul Hachem, qui peut être expiée uniquement par la mort.
L'inverse du 'hilloul Hachem est le kidouch Hachem ...
Si le 'hilloul Hachem est la pire faute, cela signifie que le kiddouch Hachem offre le mérite ultime, qui durera pour l'éternité.
Le principe fondamental de kidouch Hachem est d'augmenter l'honneur d'Hachem (kvod chamayim) parmi les juifs en les rapprochant de leur Père au Ciel.
Dans l'introduction au Néfech ha'Haïm, le rav Itzele de Volozhin écrit à propos de son père [le rav 'Haïm de Volozhin] : "il me disait toujours que c'est ça être un être humain. Une personne n'a pas été créée pour elle-même, mais pour faire profiter aux autres dans la mesure où il le peut."
Le rav Itzelé Peterberger, cite le rav Israël Salanter, que si ce principe est véridique concernant les sujets matériels, à plus forte raison cela est vrai en ce qui concerne le chemin vers le monde à Venir [qui est éternel].
Une personne ne doit pas rechercher ses propres besoins sans se soucier des autres. Mais plutôt, elle doit augmenter le "kvod Chamayim" et avoir pitié de l'humanité en inclinant leur cœur à craindre Hachem et à suivre Ses voies.

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-> "Je serai avec toi et Je te bénirai (...) En récompense de ce qu'Avraham a écouté Ma voix et suivi Mon observance, exécutant Mes préceptes, Mes lois et Mes doctrines" (Toldot 26,3-5)

-> Le Sforno explique : Qu'il a "suivi Mon observance" signifie qu'Avraham a toujours suivi la voie particulière qui est la Mienne, c’est-à-dire prodiguer du bien à autrui, comme il est dit : "Toutes les voies d'Hachem sont bonté et vérité" (Téhilim 25,10), et montrer le droit chemin aux pécheurs, ce qu'il fit lorsqu'il a propagé le Nom d'Hachem, et qu'il a, en outre, "exécuté Mes préceptes, Mes lois et Mes doctrines"."

Le Sforno demande également : pourquoi voit-on précisément au sujet d'Its'hak, qu'Hachem le bénit uniquement par le mérite d'Avraham et non par son propre mérite, alors qu'Avraham lui-même, ainsi que Yaakov, méritèrent la bénédiction d'Hachem par leur propre mérite?

Il répond que ce verset concerne une époque où Its'hak n'avait pas encore pris conscience de devoir propager le Nom d'Hachem et de rapprocher les gens de Ses voies.
Le Sforno explique : "Mais, après qu'il eut répandu la gloire d'Hachem, il est écrit à son sujet : "Avimélekh se rendit chez lui à Grar et lui dit : 'Nous avons vu qu'Hachem était avec toi ; à présent, tu es béni d'Hachem’" (Toldot 26,28), et on ne trouve plus désormais à son encontre de contestations jalouses ni de querelles comme au début.
Néanmoins, au sujet de Yaakov, on ne fit pas dépendre du tout son mérite des autres. Car depuis son plus jeune âge, il demeura dans les tentes de la Torah à l'étudier et à l'enseigner, en particulier à la yéchiva de Chem et Ever où, sans nul doute, se rendaient tous ceux qui avaient soif de la parole Divine."

Cela vient nous enseigner à quel point Hachem désire que Ses créatures se prodiguent du bien les uns aux autres (ex: le kirouv), et que, par ce mérite, ils soient dignes de recevoir Sa bénédiction.
[de même que tu fais des efforts pour que ton prochain (également fils d'Hachem) soit davantage proche d'Hachem, alors mesure pour mesure papa Hachem viendra davantage proche de toi, et alors : "Je serai avec toi et Je te bénirai" ]