La paix

+ La paix (par le Méam Loez - Dévarim) :

-> Nous ne trouvons aucune autre mitsva où la Torah nous recommande de "poursuivre quelque chose.
Par exemple, dans le cas d'un nid d'oiseau, la Torah dit : "Lorsque tu rencontreras un nid d'oiseau" (Dévarim 22,6). Il n'est pas nécessaire de poursuivre ce commandement ; on l'accomplira seulement si l'occasion se présente.
Par contre, il est écrit : "Cherche la paix et poursuis-là" (Téhilim 34,15).

La paix entre les hommes est le pilier du monde et l'un des 3 fondements de la Création.
Si un homme est pris dans une querelle, il doit rechercher la paix même si son adversaire cherche la dispute. Il est écrit : "Cherche la paix et poursuis-là" = même si ton prochain ne veut pas la paix, tu dois la poursuivre. Agis comme un homme qui a perdu quelque chose et qui le cherche jusqu'à le trouver.

En effet, D. loue les juifs pour son unité : "Qui est comme Ton peuple Israël, une nation unique sur terre" (Chmouël II 7,23). Le peuple juif tout entier est semblable à une seule âme.
S'il est uni et sans dissensions, D. fait reposer Sa Présence parmi le peuple.

Même lorsque les juifs étaient idolâtres mais restaient unis, la Présence Divine ne les quittait pas. En effet, l'un des noms de D. est : Shalom, qui veut dire paix.
Lorsqu'il n'y a pas de querelles parmi les juifs et qu'ils sont unis, le nom de D., Shalom, réside parmi eux et D. les protège. Mais si les disputes les déchirent, la Présence Divine les quitte, et lorsqu'ils fautent personne ne les protège.

A l'époque du Déluge, les hommes s'étaient rendus coupables de vol et d'immoralité, ces crimes qui sèment la dispute. Hachem a précipité le Déluge et n'a laissé aucun survivant. Par contre, comme la génération qui a construit la Tour de Bavél vivait en harmonie, D. ne l'a pas détruite.

-> Lorsque les juifs vivent en harmonie, ils sont comparables à un seul corps. C'est comme s'ils observaient toute la Torah qui est le fondement du monde.

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-> L'un des fondements du monde est la paix.
Lorsque les juifs vivent en harmonie, tous sont considérés comme un seul corps et une seule âme. Chaque fois qu'un juif accomplit un commandement, c'est comme si tout Israël avait observé toute la Torah et le monde peut survivre, mais lorsque la dispute déchire les hommes, il est impossible de considérer que tous observent la Torah et cela cause la destruction du monde.

Il est enseigné dans la michna : "D. n'a trouvé d'autre réceptacle pour la bénédiction dans le monde que la paix, comme il est écrit : D. donne la force à Son peuple, D. bénira Son peuple par la paix."
Hachem nous a donné la Torah. Elle est appelé : "oz" (force), donc il est impossible à chacun de l'observer toute entière. C'est seulement en tant que nation unie que les juifs peuvent l'accomplir complètement. Le seul moyen pour cela est la paix qui règne entre eux.

-> Toutes les bénédictions se terminent par la paix.
Dans la dernière bénédiction après le Shéma le vendredi soir, nous disons : "Tu es source de bénédictions, D., qui étend une tente de paix".
De même, la dernière bénédiction de la Amida est : "qui bénit Son peuple Israël par la paix".
Lorsque nous terminons la Amida, nous disons : "Lui qui fait la paix en Haut".
La bénédiction des Cohanim se termine par : "et qu'Il t'accorde la paix".

-> L'une [des rares] choses dont l'homme profite des fruits dans ce monde et garde le capital pour le monde futur, est de rétablir la paix parmi ses prochains et entre l'homme et son épouse ...
Ramener la paix entre les hommes était également l'une des actions caractéristiques du Cohen Gadol ...

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-> Hachem fait des miracles pour l'homme qui s'efforce de vivre en paix avec autrui, et Il le sauve de la mort.

Le Zohar rapporte le récit d'un homme qui a bénéficié de 2 miracles (être sauvé d'un serpent, et être sauvé d'une chute d'un rocher). Rabbi Abba qui a été témoigné de cela lui demanda : "Quelles bonnes actions as-tu accomplies pour mériter ces miracles?"
Il a répondu : "Toute ma vie, il n'est jamais arrivé qu'un homme m'ait causé du tort sans que je lui pardonne. Même si je ne parvenais pas à me réconcilier avec lui, je n'allais pas dormir avant de lui avoir pardonné de tout mon cœur. Je n'ai jamais gardé de haine en mon cœur et à chaque fois qu'un homme me faisait du mal, je lui prodiguais du bien en retour".
Rabbi Abba lui a dit : "Tes actes sont supérieurs à ceux de Yossef! Bien que les frères de Yossef lui aient fait du mal, il leur a fait du bien. Mais ils étaient frères et il les aimait. Toi, par contre, tu agis ainsi envers des hommes qui ne sont pas de ta famille. C'est pour cette raison que tu as mérité de bénéficier de ces 2 miracles".

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-> Par le mérite de la paix, D. enverra le machia'h, comme il est écrit : "Le juste prospérera dans sa vie et amènera la paix" (Téhilim 72,7). Par ce mérite, le Temple sera reconstruit.
De plus, lorsque le machia'h viendra annoncer sa reconstruction, il commencera par un message de paix : "Comme sont beaux, sur les montagnes, les pas de l'annonciateur qui fait entendre la paix" (Yéchayahou 52,7).

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-> Nous voyons aussi que lorsque les juifs ont fabriqué le veau d'or, D. a pardonné leur faute. Par contre, lorsque Kora'h a fomenté sa révolte et s'est opposé à la paix, la terre a ouvert sa bouche et l'a englouti, lui et tout son clan (Bamidbar 26,10).

Nos Sages enseignent que le 1er Temple a été détruit parce que les juifs étaient coupables de meurtre, d'idolâtrie et d'adultère. A l'époque du 2e Temple, le peuple étudiait beaucoup la Torah et n'adorait pas d'idoles. Cependant, il y avait des querelles parmi eux et ils se haïssaient. Le Temple a été détruit et le peuple, exilé de sa terre.

-> Nous devons donc nous efforcer de rechercher la paix même si notre prochain nous cause du tort.
Même après que le roi Saül ait cherché à le tuer, David a tenté de faire la paix avec lui.
Lorsque Saül est entré dans une grotte, David a coupé le pan de son manteau (Chmouël I 24,5) [pour lui montrer qu'il ne lui voulait pas de mal]. David aurait pu le tuer mais il a cherché à faire la paix avec Saül.
Par ce mérite, D. a sauvé le roi David de tous ses ennemis.

De même, lors de la révolte de Kora'h, Moché a convoqué Datan et Avriam pour tenter d'étouffer la dispute (Bamidbar 16,25). Lorsque Moché a vu qu'ils refusaient de venir, il est allé lui-même leur parler gentiment, sans se soucier de son honneur. Il ne cherchait qu'à rétablir la paix parmi les juifs.

-> "Du désert de Kedmot, j'envoyai des émissaires à Si'hon, roi de 'Hechbon, avec le message de paix" (Dévarim 2,26)
Bien que D. a ordonné à Moché de combattre Si'hon, il a commencé par faire une proposition de paix à ce roi.
Il a appris cela de D. Lui-même. Lorsque D. voulait faire sortir les Bné Israël d'Egypte, Il lui a dit : "Va, je T'enverrai à Pharaon et tu lui diras de laisser sortir les Bné Israël d'Egypte" (Chémot 3,10).
Hachem savait bien que Pharaon ne laisserait pas partir Son peuple. Pourtant, Il a envoyé Moché le lui demander de façon diplomatique ...

Depuis lors, chaque fois que les juifs s'apprêtaient à faire la guerre, ils commençaient par proposer la paix à leurs ennemis. Avant chaque affrontement, les juifs étaient tenus de demander à leurs adversaires s'ils voulaient la guerre ou la paix, comme il est écrit : "Quand tu t'approcheras d'une ville pour l'attaquer, tu dois d'abord lui proposer la paix" (Dévarim 20,10).
Ils devaient commencer par donner à la ville la possibilité de faire la paix et de leur remettre un impôt. C'est seulement si les habitants refusaient qu'ils pouvaient les combattre.

Yéhochoua a agi de la même façon : lorsqu'il est entré en terre sainte, il a envoyé 3 missives aux habitants.
Dans le premier message, il a écrit : "Quiconque désire être en paix avec nous restera où il se trouve et nous enverra un impôt".
Dans la 2e, il a écrit : "Quiconque le désire peut quitter le pays et aller là où il veut sans que personne ne lui dise un mot".
Dans la 3e missive, il a inscrit le message suivant : "Que quiconque veut se battre sache que nous sommes prêts à la guerre".

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-> b'h, également sur la paix : https://todahm.com/2019/07/08/la-paix

+ Rabbi 'Hanina dit : "La séparation de l'âme et du corps est aussi difficile que la sortie d'une corde enfilée dans le trou du mât d'un bateau".
Rabbi Yo'hanan dit : "C'est comme une corde épaisse, qui relie 2 bateaux, qu'on sort difficilement des trous pratiqués dans le bois (de la coque)".
Rabbi Lévi fils de 'Hayata dit : "Lorsqu'on se sépare d'un mort, on ne lui dira pas : "Va vers la paix (léShalom)", mais "Va en paix (béShalom)".
Par contre, lorsqu'on se sépare d'un vivant on ne lui dira pas "Va en paix (béShalom)", mais : "Va vers la paix (léShalom)" ..."
[guémara Moéd Katan 28b-29a]

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-> Dans la guémara (Moéd Katan 28a), Rabba, qui était au chevet de rav Na'hman mourant, lui fit promettre de lui apparaître en rêve après sa mort. Lorsque rav Na'hman lui apparut, Rabba lui demanda s'il avait souffert pour mourir.
Rav Na'hman lui répondit : "Ce fut aussi facile que le retrait d'un cheveu à la surface du lait!"
=> Comment lever la contradiction apparente entre cette affirmation et les enseignements de la guémara précédente?

-> Selon le Maharcha, la mort aussi facile qu'ôter un cheveu sur la surface du lait est réservée aux tsadikim, comme rav Na'hman.
Par contre, [l'autre passage] souligne la difficulté de la mort pour les gens "moyens" et a fortiori pour les réchaïm.

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou - tome.3,p.28-30) explique la différence entre la façon de mourir des 2 extrêmes : chez les tsadikim (justes) et chez les réchaïm :
- chez les tsadikim = au moment de leur mort, son âme supérieur (qui réside dans le Ciel) descend pour s'unir à son âme d'ici-bas.
Dans cette fusion, le tsadik bénéficie d'une lumière spirituelle intense, à laquelle il n'a jamais eu accès de son vivant, et son âme quitte facilement le corps, dans un attachement intense avec Hachem, sans que son corps ne s'y oppose.
C'est la mort par "baiser Divin" où la néchama est attirée irrésistiblement vers le monde à venir.

- chez le racha, qui a délaissé les besoins de son âme (néchama) de son vivant et qui a éteint en lui toute aspiration spirituelle = cette séparation corps-âme est très difficile.
Du fait que tous les désirs de sa vie étaient matérialistes, son âme ne veut pas sortir de son corps et souffre de cette séparation contre son gré.
Même après la mort, cette âme cherchera en vain à réintégrer le corps, et devant ce corps en décomposition, la prise de conscience de la nullité de ses aspirations matérialistes auxquelles il a consacré sa vie, renforce sa douleur.

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=> Pourquoi doit-on souhaiter : "Va vers la paix" (lé'h léShalom) à un vivant que l'on quitte, et "Va en paix" (lé'h béShalom) à un mort que l'on quitte?

-> Tant qu'un homme est en vie, il peut encore accomplir la Volonté d'Hachem par ses actes, ses paroles et ses pensées. Il peut ainsi augmenter, de son vivant, sa récompense dans le monde à venir où il espère bénéficier d'une paix éternelle (béShalom).
C'est pourquoi, on lui souhaite : "Va vers la paix (léShalom) afin d'atteindre ton objectif futur (béShalom).
Par contre, au sujet d'un défunt que l'on quitte, il ne lui est plus possible de bénéficier d'une récompense supplémentaire ; il est donc déjà dans la situation de béShalom, l'état de paix interne qu'il a acquis de son vivant par ses mitsvot et ce capital ne peut plus progresser.
[Hakotev - dans Ein Yaakov]

[la vie d'une personne devrait consister en un effort continu dans la direction de la paix et de l'harmonie. C'est pourquoi, lorsqu'on prend congé d'un vivant, on lui souhaite "va vers la paix" (lé'h léShalom), c'est-à-dire de tendre asymptotiquement vers un état de paix relatif croissant.
Par contre, lorsqu'on prend congé d'un mort qui a atteint le but de ses pérégrinations sur terre, on lui souhaite : "va en paix" (lé'h béShalom), car il a atteint son état de paix absolu (éternel).]

-> Le Maharcha explique :
- "Va vers la paix" (lé'h léShalom) = partout où tu te déplaceras que la réussite t'accompagne dans cet endroit, afin de te sentir apaisé. Ce souhait ne s'adresse qu'aux vivants.
- "Va en paix" (lé'h béShalom) = que le déplacement lui-même vers le monde à venir, vers ses pères, s'effectue sans obstacles.

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[on fête Roch Hachana qui est le jour de la création de l'homme, et pas le jour de la création du monde. Pourquoi?
Car c'est à partir de ce jour que l'homme est né avec ses potentialités sublimes, et son travail d'au maximum les exprimer dans la réalité!]

+ "Jusqu'à (l'époque) d'Avraham, les signes de vieillesse n'existaient pas. Ainsi, celui qui voulait parler à Avraham, parlait (par erreur) à Its'hak (qui lui ressemblait) et celui qui voulait parler à Its'hak parlait à Avraham.
Alors, Avraham pria et les traits de vieillesse apparurent (afin de distinguer un vieillard d'un jeune) sur son visage, d'après le verset : "Avraham était devenu vieux, avancé dans la vie" ('Hayé Sara 24,1).

Jusqu'à (l'époque de) Yaakov, la maladie qui précédait la mort n'existait pas. Alors Yaakov pria et la maladie apparut, selon le verset : "On vint dire à Yossef : Voici, ton père est malade"(Vayé'hi 48,1).

Jusqu'à (l'époque de) Elicha, toute personne malade ne guérissait jamais. Elicha (tombé malade) pria et il guérit.
[guémara Baba Métsia 87a]

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=> Comment interpréter au sens figuré le fait que la vieillesse n'existait pas jusqu'à Avraham?

-> Le Maharal enseigne :
Le mot "zikna" (זקנה) dont le sens habituel est "la vieillesse", peut prendre le sens de "sagesse" ('hokhma) d'après l'enseignement de la guémara (Kidouchin 32b) : "On désigne "zaken" (זקן) celui qui a acquis de la sagesse" (zé kana 'hokhma).
En effet, lorsqu'un homme vieillit, son corps s'affaiblit, et corrélativement ses "forces" de l'âme se renforcent.
La guémara (ci-dessus - Baba Métsia 87a) a donc voulu nous enseigner que jusqu'à l'époque d'Avraham, les gens n'avaient pas de sagesse, car ils n'avaient pas reconnu leur Créateur qui dirige le monde.
"Celui qui voulait parler à Avraham parlait par erreur à Its'hak et vice-versa" = l'intention est d'enseigner que jusque-là, les gens mettaient au même niveau le vieux sage et le jeune qui n'a pas de sagesse.
Par sa prière, Avraham, qui désirait que la matérialité s'affaiblisse et la sagesse remplisse le monde, obtint que le monde renforce son niveau d'intelligence et accède à un niveau de sagesse sur le plan spirituel, même si tout le monde n'accédait pas à cette sagesse.

-> Le Na'halat Yaakov écrit :
La guémara (Baba Métsia 97b) enseigne que les pièces de monnaie à l'époque d'Avraham, portaient gravées un homme âgé et une femme âgée (Avraham et Sarah) sur une face, un jeune homme et une jeune fille (Its'hak et Rivka) sur l'autre face de la pièce, ce qui traduisait l'équivalence des 2 faces de la même pièce.
Avant qu'Avraham ne prie, les gens pensaient que de même que le corps périt après la mort, l'âme aussi ; d'après leur opinion, plus l'homme vieillit, plus il perd de son importance, car son corps et son âme s'affaiblissent et vont vers leur disparition.
Ainsi, ils portaient plus de considération aux jeunes qu'aux vieux : c'est le sens de l'expression : "la vieillesse n'existait pas".
Avraham a alors prié pour "ouvrir" les yeux de ses contemporains et leur dire que l'âme des vieux se renforce, et donc, au contraire, il faut honorer davantage les vieux que les jeunes, et c'est le sens de "la vieillesse a été instaurée" après la prière d'Avraham qui a été exaucée.

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=> Pourquoi Yaakov a-t-il demandé l'instauration de la maladie?

-> Yaakov a demandé la maladie, afin que chacun de ses enfants, notamment Yossef, ait le temps de se déplacer et d'être présent à ses côtés au moment de sa mort, afin de leur communiquer ses dernières volontés et de les bénir.
[Rachi]

-> Depuis la Création du monde et jusqu'à la fin de la vie de Yaakov, personne n'était malade [avant de mourir].
Qu'une personne soit à son domicile ou dans la rue, elle éternuait simplement et mourait soudainement.
Yaakov intervint et pria ainsi : "Maître du monde, ne reprends pas mon âme avant que je n'aie eu le temps d'exprimer mes dernières volontés à tous mes enfants et de faire pénitence" et il fut exaucé : la maladie l'a frappé quelques jours avant sa mort.
La coutume est demeurée de dire à celui qui éternue : lé'haïm (pour la vie) ou "labriout" (à ta bonne santé).
[Pirké déRabbi Eliézer - chap.52]

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=> Comment peut-on interpréter au sens figuré le fait que la maladie n'existait pas jusqu'à Yaakov?

-> D'après la guémara (Shabbath 12b), la Présence Divine est présente au-dessus de la tête du malade et le soutient d'après ce verset : "Hachem soutiendra (le malade) au-dessus de son lit de douleur" (Téhilim 41,4).
Lorsque le malade souffre, ses fautes sont pardonnées dans ce monde-ci, afin de recevoir la récompense complète de ses bonnes actions dans le monde futur.
De plus, parfois Hachem éprouve une personne qui n'a presque pas de faute à expier, par des souffrances induites par l'amour d'Hachem à son égard (yissourim chel aava), afin d'augmenter sa récompense dans le monde futur.

Ainsi : "Jusqu'à Yaakov, il n'y avait pas de maladie" = les hérétiques, jusqu'à l'époque de Yaakov ne croyaient pas qu'un homme frappé de souffrances ou d'une maladie bénéficierait de ces privilèges : Présence Divine, expiation des fautes, affection d'Hachem.
Ils pensaient donc que la maladie ou une épreuve n'apportait aucun avantage, et ils n'y voyaient que des souffrances "pour rien".
Cependant, à l'époque de Yaakov, ils ont reconnu sa droiture et sa sainteté exemplaires.
Ils ont compris qu'il était "aimé" par Hachem, et pourtant il a été fortement éprouvé durant sa vie.
De plus, lorsque Yaakov a demandé lui-même à Hachem de créer la maladie, ils ont compris les "bénéfices" que l'homme peut tirer des épreuves et d'une maladie.
[Ora'h Yacharim]

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=> La maladie n'existait-elle pas déjà avant Yaakov?

-> Le Tossefot (guémara Baba Batra 16b) enseigne :
Selon la guémara (Baba Batra 16b), une pierre précieuse était suspendue au cou d'Avraham, et tout malade qui l'observait guérissait.
Donc la maladie existait déjà à l'époque d'Avraham, le grand-père de Yaakov, contrairement ce qu'affirme notre guémara.
On pourrait répondre qu'à l'époque d'Avraham, la pierre précieuse guérissait une blessure ou un coup, mais une véritable maladie interne n'existait pas.
Rabbénou Tam répond autrement : même si la maladie existait au temps d'Avraham, elle n'entraînait pas la mort et la pierre d'Avraham avait un pouvoir de guérison.
Lorsque Yaakov pria pour la maladie, il s'agissait d'une maladie qui précédait la mort, sans possibilité de guérir, afin que le malade se prépare à quitter ce monde.
D'ailleurs, plus tard, Elicha réclama la guérison de maladies mortelles.

+ Avant d'être tué par les nazis, le rav El'hanan Wasserman a dit à ses élèves :
"Il semble qu'au Ciel on nous considère comme étant des tsadikim car nos corps ont été choisis comme expiation pour le peuple juif.
C'est pourquoi, nous devons immédiatement nous repentir. Il reste très peu de temps. Nous devons garder à l'esprit que nous serons un meilleur sacrifice si nous faisons téchouva.
De cette manière, nous sauverons les vies de nos frères à l'étranger.
Ne laissons pas de mauvaises pensées traverser notre esprit, qui risqueraient de rendre inapte notre sacrifice, que D. nous en préserve.

Nous accomplissons maintenant la plus grande des mitsva [mourir al kidouch Hachem].
Avec le feu [Jérusalem] a été détruite, et avec le feu elle sera reconstruite. Ce même feu qui consume nos corps, va un jour servir à reconstruire les juifs."

La bonne année civile

+ La bonne année civile!

-> "A Roch Hachana, certaines de nos prières ne sont pas acceptées à cause des accusateurs, mais quand le nouvel an non-juif arrive et que l’on peut constater la différence entre les juifs qui décrètent à Roch Hachana que la terre et tout ce qu’elle contient appartiennent à Hachem, et les goyim qui passent cette soirée en débauche, alors les accusateurs s’effacent et les prières de Roch Hachana peuvent enfin monter.
Enfin peut commencer la bonne année juive débutée en Tishri!"
[le Ohév Israël – Rabbi Avraham Yéhochoua Hechel d’Apta]

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[on peut éventuellement ajouter qu'en assistant à l'attitude des non-juifs qui sont enfoncés dans les futilités, les grossièretés de ce monde, alors comparativement nous apprécions le fait d'être juif, de pouvoir vivre une vie pleine de sens, de Vérité.
Ils font des efforts pour du vide, nous faisons des efforts pour un monde éternel sublime, proche d'Hachem.
On a beau avoir plein de raisons de se plaindre dans la vie, mais le fait d'apprécier la chance d'être vivant et juif nous octroie une joie qui supplante tout. Ainsi leur "bonne année", fait notre "bonne année" !!]

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-> Un soir de 31 décembre, le Rabbi de Loubavitch se trouvait dans son bureau avec l’un de ses secrétaires, Nissan Mindel.
Ce dernier ne fut pas peu stupéfait de s’entendre souhaiter par le Rabbi : "Bonne année!"
Devant la mine passablement hébétée de Nissan Mindel, le Rabbi dit dans un sourire : "N’est-il pas écrit : "Hachem tient la chronique des peuples" (ה' יִסְפֹּר בִּכְתוֹב עַמִּים - Téhilim 87,6)?"
Le Rabbi savait imprégner de sainteté les domaines les plus étrangers à la tradition juive.

La raison de l’augmentation de l’espérance de vie

+ La raison de l'augmentation de l'espérance de vie :

-> Depuis plusieurs années, la durée de vie de l'être humain est plus longue qu'aux siècles derniers.
Il est fréquent de rencontrer des personnes âgées dépassant les 80 ou même 90 ans.
Ce phénomène est généralement expliqué par les avancées dans le domaine médical et la technologie, du fait qu'il existe un médicament pour presque chaque maladie.

Cependant, sur cette question le rav Steinman a un point de vue complétement différent.
Les générations qui précèdent la guéoula mènent la dernière lutte contre Essav : ce dernier avait le mérite et la particularité de respecter son père de la meilleure façon possible.
C'est pourquoi dans nos générations, Hachem nous donne l'occasion de multiplier les mitsvot de respect des parents afin de pouvoir annuler le mérite d'Essav et d'arriver donc à la guéoula complète très bientôt.

"Partout des opprimés en larmes et personne pour les consoler" (Kohélét 4,1)

-> Le midrach commente ce verset : "Ce sont les enfants qui sont cachés dans leur vie ... dans le futur, ils seront parmi les tsadikim."
=> Cela fait référence aux enfants qui meurent à un jeune âge.

-> Le rav Shmouël Wosner explique que cela fait également allusion aux enfants avec des besoins spéciaux, aux enfants qui doivent être cachés dans leur maison, incapables de vivre en société comme tout le monde.
Ils se sentent oppressés, se demandant pourquoi ils sont dans un tel corps.

Personne ne peut les réconforter car uniquement Hachem connait la réponse.
Cependant, ceux qui prennent soin d'eux, qui leur donnent de l'amour et de l'attention, qui les aident à s'épanouir, qui leur fournissent un certain type de confort, alors il n'y a pas de limite à leur récompense pour cela.
Dans le futur, ils seront ensemble avec ces âmes ("oppressées dans leur corps"), parmi les tsadikim.

Comment pouvons-nous comprendre la Shoa, alors que nous ne savons pas encore la globalité des choses?

C'est comme étudier un morceau de guémara sans Rachi, Tossefot, et autres commentateurs.
Est-ce que l'on peut dire que cette guémara est difficile, au-delà de notre compréhension?
Ce qu'on peut dire c'est que nous avons vu bien trop peu pour la comprendre.
L'Histoire n'est pas différente!

['Hazon Ich]

Kaddich de l’endeuillé – 3 explications

+ Kaddich de l'endeuillé - 3 explications :

-> Bien que nous puissions ne pas comprendre pourquoi la mort du défunt a été aussi rapide ou sa vie si difficile, nous reconnaissons que D. est juste.
En effet, nous disons dans le kaddich : "Que Son grand Nom soit exalté et sanctifié ... Que Son grand Nom soit béni à tout jamais".

Ainsi, en réalité nous disons : "J'éprouve du réconfort de la perte de mon parent terrestre parce que son destin est une manifestation de la volonté de mon Père céleste, et cette volonté est juste ; par conséquent, la disparition de mon parent et mon acceptation de ce fait sont une sanctification du Nom".

Ainsi, les morts trouvent le pardon à travers leurs héritiers vivants.

[rav 'Haïm ben Bétsalel - Séfer ha'Haïm]

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-> Dans une armée humaine, la perte d'un seul soldat passe complètement inaperçue.
Quant des centaines de milliers de soldats disparaissent, on ressent un vide et il faut enrôler de nouvelles recrues, autrement il serait impossible de poursuivre la stratégie élaborée par l'Etat, mais enfin on peut se permettre de perdre un soldat individuel.

Hachem a lui aussi Ses plans. Son Nom doit être sanctifié et chaque juif est un soldat dans l'armée qui lutte pour atteindre ce but.
La perte d'un seul soldat n'est pas négligeable pour D., et nous non plus n'avons pas le droit de la considérer comme telle, car Son royaume s'en est trouvé pour ainsi dire diminué.
C'est pourquoi ses héritiers doivent combler le vide en annonçant à une communauté juive que le Nom de D. doit être sanctifié (yéhé chémé raba mévara'h).

Les Sages enseignent : "Les enfants d'Israël sont aimés parce qu'ils sont appelés enfants de D." (Pirké Avot 3,14).
Un juif est mort. Ses enfants ont perdu un parent ; Hachem a perdu un fils.
Il y a un vide dans Son armée. Comblons-le.

[rabbi Sim'ha Bounam de Pschischa]

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-> Le frère du Maharal (dans son Séfer ha'Haïm - partie 'Haïm Tovim) enseigne :
On ne meurt pas sans faute et la plupart des gens meurent à cause de la profanation du nom de D. (qui avec tous ses dérivés est une faute très vaste), pour la quelle, seule la mort permet d'être pardonné.
Lorsque Hachem fait payer le fauteur (au moment de sa mort), le nom de D. est sanctifié.
C'est pour cela que le fils du fauteur se met (à la synagogue) devant la Téva et récite : "Yitgadal véyitkadach ...", à savoir, je me console de la mort de mon père par le fait que le nom de D. est grandi et sanctifié par sa mort, et aussitôt la faute de la profanation du nom de D. qu'il a commise est pardonnée.

Cela correspondrait à l'image d'un accusé qui a été jugé dans un tribunal. Les proches de ce dernier doivent se présenter à la salle d'audience et proclamer : "Le jugement que vous avez fait est juste!"
Ceci, afin de faire savoir qu'ils n'ont rien contre le tribunal.
Cela concorde aussi avec la fin d'une phrase du kaddich où l'on dit : "De notre vivant et de nos jours", à savoir : vous êtes le peuple juif, faîtes attention à vos actions pour ne pas causer la mort de vos âmes, vivez donc avec la crainte de D.

[ Le mot : "yécharim" (יְשָׁרִים - les justes) est l'acronyme de : Yéhé Chémé rabba mévara'h.]

Les rêves

Rabbi El'azar énonce la règle : "Tous les rêves se réalisent selon leur interprétation".
[...]

Rav 'Hisda dit :
"Un rêve qui n'a pas été interprété est comme une lettre que l'on n'a pas lue ...
[Rachi : un rêve non interprété par une tierce personne demeurera "neutre", ni bon ni mauvais : il ne se réalisera pas, car il n'a pas reçu de signification, à l'image d'une lettre non lue, dont on ignore le contenu.]

Un bon rêve ne se réalise pas totalement ; un mauvais rêve ne se réalise pas totalement ; un mauvais rêve est préférable à un bon rêve ...
Le trouble où vous jette un mauvais rêve suffit à l'annuler ; la joie que vous procure un bon rêve suffit aussi à la dissiper ...
Faire un mauvais rêve est plus dur que recevoir 40 coups de fouet"
[...]

Rabbi Berkhia a dit : "Bien qu'un rêve puisse se réaliser partiellement, il ne se réalisera jamais totalement.
Comment le sait-on? Grâce à la vente de Yossef (Béréchit 37,9) : "Voici j'ai vu le soleil et la lune et 11 étoiles se prosterner devant moi".
Or, à cette époque, la mère de Yossef n'était plus en vie."

[guémara Béra'hot 55a]

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-> Le rêve en lui-même ne contient que des éléments véridiques, mais c'est l'imagination de celui qui rêve qui intervient lors d'un rêve, et qui introduit des éléments mensongers ou n'ayant aucun rapport avec ce rêve.
[Torat 'Haïm]

-> Alors que la prophétie (névoua) provient d'un monde qui est au-dessus du libre arbitre, le rêve provient du monde du libre arbitre lié à la volonté de l'individu.
Comme le libre arbitre consiste à choisir entre le bien et le mal, il est obligatoire que dans le rêve se mêlent le bien et le mal sous les formes du vrai et du faux, afin que le mensonge et les paroles vaines viennent cacher la vérité, et à l'homme de faire le tri.
[rav Dessler - Mikhtav méEliyahou (tome 4, p.165)]

-> Dans la majorité des rêves se mêlent des éléments relatifs aux pensées, aux visions ou aux activités de la journée de la personne qui rêve, et qui n'ont rien à voir avec le rêve lui-même.
[Pitrone 'Halomot]

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-> A propos de l'enseignement de rav 'Hisda, le Zahav Seiva en tire les conseils suivants :
- lorsqu'une personne a un mauvais rêve, il est recommandé de s'en attrister afin qu'il ne se réaliser pas ;
- lorsqu'une personne a un bon rêve, il est recommandé de ne pas s'en réjouir, car cela pourrait empêcher sa réalisation.