Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Chaque fois qu’une certaine crainte ou une certaine panique se répand dans le monde, c’est un signe venu d’en-Haut indiquant que les gens doivent s’attacher à la source de cette crainte.
Et lorsqu’il y a de la joie dans le monde, chacun doit s’attacher avec joie au service d'Hachem.
[Toldot Yaakov Yossef - Réé ]

<--->

[l'idée est que quelque soit la situation on ne doit pas être passif et subir, mais plutôt essayer de la rattacher à la spiritualité, pour améliorer notre relation avec le Maître du monde, Hachem. ]

"Vous prendrez beaucoup soin de votre âme" (vénichmartem méod lénafchoté'hem - Vaét'hanan 4,15).

-> Lorsque le corps est malade, l'âme est elle aussi affaiblie et incapable de prier convenablement, même si elle est exempte de toute faute. Il convient donc de veiller tout particulièrement à notre santé physique.
[Baal Shem Tov - Tsivat HaRivach p.13a ; Likouté Yékarim p.16d ]

<--->

(ex: du sport, une alimentation saine et équilibrée, du sommeil en bonne quantité, ... vont permettre à notre âme de pouvoir davantage se révéler.
On aura des comptes à rendre si en ne prenant pas soin de nous on s'impacte négativement, comme en ayant une productivité moindre, des traits de caractère dégradés, une vie plus courte ou moins intense, ...
On ne peut pas seulement prier Hachem pour une bonne santé, une bonne étude de Torah, ..., on doit aussi faire le nécessaire qui nous incombe selon la naturalité de ce monde. )

"On doit savoir qu'on peut trouver Hachem dans l'obscurité elle-même.
"Le peuple resta éloigné, tandis que Moché s'approcha du brouillard où était Hachem" (Yitro 20,17)
Moché excellait précisément parce qu'il s'approchait du brouillard, de l'inconnu, de l'incertitude et de la confusion. Il savait qu'il trouverait Hachem. Il savait que même dans l'obscurité, il trouverait la Lumière d'Hachem, qui illuminerait son chemin.
Il ne cessa jamais de chercher, ne recula pas un instant. Par conséquent, il s'éleva par au-dessus des plus grands Tsadikim".
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan I, 115]

=> Tout comme Moché qui put trouver la Lumière dans l'obscurité elle-même, nous devons aussi, aux moments les plus sombres de notre vie, fortifier notre foi, afin de trouver à notre tour, la Lumière, c'est-à-dire Hachem Lui-Même.

Par notre foi dans les Tsadikim, leur sainteté peut descendre sur nous et nous aider à atteindre la grandeur spirituelle.
Le simple fait de mentionner leurs noms nous aide à puiser dans leur sainteté.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Nétilat Yadaïm li'Séouda 4,6]

La Torah c’est aussi prendre soin de sa santé

Il est écrit dans les textes de nos Sages que la mitsva "Vous prendrez grand soin de vos âmes" (Vaét'hanan 4,15) constitue un avertissement tant pour l’âme que pour le corps, et qu’il nous incombe de veiller à la santé de notre corps tout autant qu’à celle de notre âme.
Cette mitsva fait partie des mitsvot que l’on a tendance à négliger et auxquelles nous n’accordons pas suffisamment d’attention aujourd’hui.
[rav Michel Twerski]

<--->

+ Quelques exemples de nos sages récents :

-> Le rav 'Haïm Ozer Grodzinski (1863-1940), chef de file de la communauté juive européenne avant la Shoa, avait reçu du 'Hafets 'Haïm la recommandation de prendre particulièrement soin de sa santé, "car ta santé, c’est la santé du peuple juif".
Conformément à cette mise en garde, alors que tout le monde assistait aux funérailles du 'Hafets 'Haïm en 1933, le rav 'Haïm Ozer resta chez lui car il avait un léger rhume (même s’il était certainement, plus que quiconque, conscient de la grande mitsva que représentait le fait d’honorer le 'Hafets 'Haïm).

-> Le rav Ben Zion Halberstam (1874-1941), le rabbi de Bobov, était extrêmement soucieux de sa santé.
Il a suivi le même régime alimentaire équilibré pendant plus de quarante ans et pratiquait la natation ou la marche pour faire de l'exercice.

-> Le 'Hazon Ich (1878-1953), modèle par excellence du talmid 'hakham, savait et enseignait que la douceur de la Torah est incomparable à tout plaisir terrestre (matériel), exhortant même ses élèves : "Abstenez-vous de manger des mets raffinés, car c’est une dégradation qui entrave votre progression dans l’étude".
Pourtant, conscient que l’exercice physique est bon pour le cœur, il marchait tous les jours. Il nageait également de temps à autre dans l’océan, affirmant : "Dix minutes suffisent!" pour revitaliser le corps et clarifier l’esprit.

-> Le rav Yé'hezkel Levenstein (1885-1974) mangeait avec modération : avant de se mettre à table, il déterminait la quantité de nourriture dont il avait besoin ; il mangeait lentement et faisait une pause de quelques minutes au cours du repas, simplement pour exercer sa maîtrise de soi.
[cela suit le Rambam (Michné Torah - Hilkhot Déot) : "La suralimentation excessive est un poison pour la santé du corps et constitue l’une des principales causes de maladie." ]

-> Le rav de Brisk, le Rav Its'hak Zev Soloveitchik (1886-1959), marchait régulièrement, y compris une longue promenade le jour de Yom Kippour. Lorsqu’on lui demanda pourquoi il quittait la synagogue le jour le plus sacré de l’année, il répondit : "Si c’est une mitsva de marcher tous les autres jours de l’année pour ma santé, n’est-ce pas également une mitsva le jour de Yom Kippour?"

-> Le rabbi de Satmar, le rav Yoel Teitelbaum (1887-1979), était connu pour manger lentement et avec modération.

-> Le rav Aharon Kotler (1891-1962) mangeait avec une grande maîtrise de soi, s’arrêtant toujours avant d’être complètement rassasié. Il était également très attentif aux conseils des médecins. Lorsque son médecin lui recommandait d’arrêter de consommer certains aliments, tels que le choulent et le raifort, il s’y conformait.
Si un médecin lui prescrivait de prendre ses médicaments toutes les quatre heures, il regardait sa montre et les prenait précisément toutes les quatre heures. Lorsque le vaccin contre la polio fut disponible en 1956, le Rosh Yeshiva fut l’un des premiers à Lakewood à se faire vacciner.

-> Le rav Yaakov Kamenetsky (1891-1986) était connu pour faire régulièrement de l’exercice et pour être très attentif à son alimentation, suivant strictement le régime alimentaire du Rambam ou les prescriptions de son propre médecin.
Son biographe rapporte : "Le voir suivre son régime à base de légumes crus ... c’était comme observer l’avodah du Cohen Gadol le jour de Yom Kippour, tant Reb Yaakov prenait au sérieux la mitsva consistant à veiller sur sa santé, "nichmartem méod lé'nafchoté'hem" (vous prendrez grand soin de vos âmes)."

-> Le rav Shlomo Zalman Auerbach (1910-1995) suivait une alimentation saine, comprenant du pain complet et beaucoup de légumes.

-> Le rav Elazar Ména'hem Man Shach (1899-2001) se nourrissait selon les principes alimentaires du Rambam. Lorsqu’il apprit que le pain complet était plus sain que le pain blanc, il se mit immédiatement à ne manger que du pain complet, y compris le Shabbat.
Il était également connu pour encourager ses élèves à manger en pleine conscience et avec une grande gratitude.

-> Le rav Yaakov Yitzchok Ruderman (1901-1987) aurait eu dans son sous-sol un vélo d’appartement muni d’un support à livres (stender). Il avait également l’habitude de marcher quotidiennement pendant des heures tout en révisant ses études. (on ignore s’il considérait la marche elle-même comme bénéfique pour son étude ou s’il le faisait simplement pour la solitude, mais le fait est qu’il marchait.)

-> Le rav Yéhouda Davis (1907-1997), l’un des innovateurs et éducateurs de yeshiva les plus influents d’Amérique, interdisait les aliments frits dans sa yéchiva, exigeait de ses talmidim (étudiants) qu’ils fassent de l’exercice tous les jours et, dès les années 1950, avait interdit de fumer.

-> Le rav Shimon Schwab (1908-1995) marchait régulièrement et veillait à avoir une alimentation saine, comprenant notamment beaucoup de légumes. Conscient de l’attrait des aliments malsains, il apprenait à ses enfants à s’habituer à des repas réguliers afin d’éviter le piège de la poursuite de la taava.

-> Le rav Avigdor Miller (1908-2001) avait cessé de manger du gâteau au chocolat afin d’apprendre à maîtriser ses taavot.
Il effectuait également une marche quotidienne de 90 minutes, qu’il expliquait ainsi : "S’il nous est ordonné de transgresser le Shabbat pour sauver une vie afin que cette personne puisse observer davantage de Shabbath, nous sommes d’autant plus tenus de marcher pour rester en bonne santé et observer davantage de Shabbath."
Lorsqu’on lui a demandé si les étudiants de yéchiva devaient faire de l’exercice, il a répondu : "Oui, ils devraient marcher d’un bon pas pendant trente minutes chaque jour."

<--->

-> Le rav Yossef Shalom Eliyashiv (1910-2012), connu pour agir en toutes circonstances dans le strict respect de la halakha (loi juive), vouait un immense respect aux médecins. Lorsqu’un médecin qui s’occupait de lui lui demanda : "Qu’aimez-vous manger?", le rav Eliyashiv répondit : "Que voulez-vous dire? Je mangerai tout ce que vous me direz de manger." (ce qu'il y a de mieux pour ma santé)

-> Le rav Pin'has Scheinberg (1910-2012) veillait scrupuleusement à manger sainement et avec modération. Bien que son régime alimentaire ait évolué au fil des ans, il visait entièrement à optimiser sa santé, en incluant des aliments riches en vitamines, du poisson et des œufs "tous les jours", et en jeûnant jusqu’à midi (bien que le jeune intermittent puisse être une mode actuelle, le rav faisait au mieux pour sa santé).
Bien qu’il évitât les sucreries en général, pour s’entraîner à maîtriser ses envies (taavot), il lui arrivait parfois de manger une tablette de chocolat par petites bouchées.

-> Le rav Mordé'haï Gifter (1915-2001) disait : "Si vous restez assis au même endroit toute la journée sans faire d’exercice, votre cerveau ne fonctionnera pas correctement."
À Cleveland, il encourageait les étudiants à jouer au ballon et demandait à certains d’entre eux de s’engager à faire vingt minutes d’exercice par jour.
Il encourageait les étudiants mariés à se rendre à la yeshiva à vélo plutôt qu’en voiture.
Lui-même marchait lorsque son emploi du temps le lui permettait, et lorsque ce n’était pas le cas, il lançait avec humour : "Rav Israël Salanter était un vrai mensch : quand son médecin lui a dit de faire de l’exercice, il l’a écouté. Si seulement que je sois un tel mensch!"

-> Le rav Yaakov Weinberg (1923-1999) a appris à ses enfants à manger avec beaucoup de gratitude. Il disait souvent qu’une personne qui mange lentement mange naturellement moins.
Il a fumé pendant des années ; en 1982, lorsque le ministre de la Santé des États-Unis a publié son rapport sur le tabagisme et le cancer, le rav Weinberg a arrêté de fumer en déclarant : "Maintenant que c’est officiellement dangereux, je n’ai plus le droit de continuer."

-> Le rav Aharon Yéhouda Leib Shteinman (1914-2017) abordait la nourriture avec une immense maîtrise de soi : à quelques exceptions près, il limitait la consommation de pain, de viande et de vin au Shabbat et aux Yom Tov ; il ne mangeait jamais de sucreries ; et, d’une manière générale, il mangeait avec modération. Il jeûnait également régulièrement lorsque cela était possible (il définissait le terme "possible" comme n’étant pas nuisible, ni à la santé ni à l’étude).
Il a dit un jour : "Je ne comprends pas pourquoi les gens mangent des bourekas. Trop de margarine, ce n’est pas bon pour la santé. Pourquoi quelqu’un mangerait-il quelque chose de mauvais pour la santé?"

-> Le rav Ovadiah Yossef (1920-2013) marchait chaque jour pendant trente minutes, calculant ce temps en fonction de la durée qu’il lui fallait pour réciter les Pirké Avot de mémoire.

-> Le rav Shlomo Brevda (1931-2013) mangeait avec beaucoup de réflexion ; il ne consommait que les types et les quantités d’aliments dont il estimait avoir besoin, et sa manière de manger était lente et digne.

-> Le rav Moché Twerski (1955-2014) accordait une attention extrême à ce qu’il mangeait, ne mettant dans sa bouche que ce qu’il jugeait nécessaire pour une santé optimale. De plus, il mangeait avec modération et laissait toujours un peu de nourriture dans son assiette.
Il estimait que la marche était très importante pour la santé, et disait à son fils : "C’est très bon pour toi! Et ne t’inquiète pas en pensant que c’est une perte de temps. Profite de ce temps pour réfléchir et étudier. Certaines de mes meilleures idées sont celles que j’ai formulées en marchant."
Il se souciait également beaucoup de la santé d’autrui.

-> Le Dayan Asher Zelig Weiss (né en 1953) marche quotidiennement et fait très attention à ce qu’il mange.

<--->

-> Prendre soin de sa santé constitue, tant du point de vue halakhique que logique, est un fondement du service d'Hachem.
[rav Réouven Feinstein ]

<--->

-> "Il faut éviter l'excès dans la nourriture et la boisson ; il convient plutôt de manger et de boire uniquement pour le maintien et la santé du corps, afin qu'il puisse servir l'âme, de sorte que chaque repas puisse être un repas de mitsva."
[Michna Béroura 170,45 ]

-> Le Rambam (Michné Torah - Hilkhot Déot) enseigne que préserver la santé de notre corps fait partie de l’obéissance aux directives d'Hachem.
Il y écrit par exemple :
"La suralimentation excessive est un poison pour la santé du corps et constitue l’une des principales causes de maladie. La plupart des maladies sont causées soit par la consommation d’aliments nocifs, soit par le fait qu’une personne se remplit l’estomac (totalement, sans s'arrêter avant d'être plein), même avec des aliments bénéfiques.
C’est ce qu’a dit le roi Salomon dans son livre des Proverbes (Michlé) : "Celui qui garde sa bouche et sa langue se préserve des ennuis. Sa bouche, de manger ce qu’il ne devrait pas, et sa langue, de tenir des propos malveillants.""

<--->

-> Le rav Israël Salanter (1810-1883) a un jour demandé à ses élèves si trois étoiles étaient apparues, signe que la nuit tombait. Lorsqu’ils répondirent par l’affirmative, il sortit un comprimé et l’avala. Ils lui demandèrent alors quel était le rapport entre ce comprimé et l’apparition des trois étoiles.
Il répondit : "Il nous est ordonné par la Torah d’obéir à nos médecins" (Choulkhan Aroukh - Yoré Déah - 336).
Le suicide ne se limite pas à un acte instantané, commis à l’aide d’une arme à feu, mais englobe également le fait de désobéir aux conseils du médecin et, ce faisant, de raccourcir notre espérance de vie, ne serait-ce que d’un mois, d’une semaine, d’un jour, voire d’une heure ou d’une minute!

Si cela résulte d’un relâchement de notre part, consistant à ne pas respecter les consignes de santé, nous serons tenus pour responsables d’avoir commis, en fin de compte, un suicide.
Puisque mon médecin m’a dit de prendre un comprimé pendant la journée et un autre la nuit, toute la rigueur de la halakha s’applique à ses conseils et s’il a dit "la nuit", je dois prendre le comprimé la nuit. J’ai donc attendu l’apparition des trois étoiles pour savoir, d’un point de vue technique et selon la Torah, quand c’est la nuit."

<--->

-> "Une personne ne peut atteindre son plein potentiel spirituel que si elle est physiquement forte"
[rav Shimshon Rafaël Hirsch (1808-1888) - sur Chéla'h Lé'ha 13,16]

=> Tout ce qui est relatif à la mitsva d'être en bonne forme (physique, morale) est vital, car cela va nous permettre d'exprimer le meilleur de nous-même.
[on comprend pourquoi le yétser ara cherche tellement à nous faire traiter cette mitsva avec légèreté, voir à croire que nous perdons notre temps lorsque nous prenons soin (nécessaire, et non superflu) de nous.
Nous accomplissons une mitsva de la Torah (qui va en plus illuminer nos autres mitsvot, relation avec autrui et nous-même)! ]

<--->

=> ainsi d'une manière générale on aura des comptes à rendre : est-ce que si on avait tenu notre corps en meilleure santé (ex: sommeil, nourriture, sport, ...), on aurait pu avoir de meilleures midot, on aurait pu mieux servir Hachem, avec une prière et une étude de meilleure qualité, par exemple?
Sinon on fait pas de notre mieux pour "Vous prendrez grand soin de vos âmes" (Vaét'hanan 4,15), alors on pourrait être responsable de suicides spirituelles (ex: opportunités gâchées car pas en état moral, physique, car on a pas assez pris soin de nous), voir réel (en vivant moins longtemps, ou dans un moins bon état).

"La disparition des justes (tsadikim) est plus dure aux yeux d'Hachem, que la destruction du Saint Temple."
[midrach Eikha raba - Introduction 24 ]

<--->

-> "La mort des justes est équivalente au Temple (litt. la Maison de notre D.) qui a pris feu"
[guémara Roch Hachana 18b-19a]
[explication sur pourquoi nous jeûnons en commémorations de l'assassinat de Guédalia ben A'hkham]

-> Selon le midrach Eikha rabati (1,37), la mort des justes fait peser sur le monde un décret plus sévère que l'incendie du Temple.
[le midrach rapporte : "au sujet de la destruction du Temple, il est écrit : « Elle a décliné de façon extraordinaire (péla'im)". (dans les malédictions de la paracha Ki Tavo on ne mentionne qu'une fois le mot "והפלא" (véapélé))
En revanche, au sujet du départ des justes, il est écrit : "C’est pourquoi, voici, je continuerai à stupéfier (léhafli) ce peuple, stupéfaction (apélé - הַפְלֵא) sur stupéfaction (vapélé - וָפֶלֶא)" (Yéchayahou 29,14)."

=> Cela laisse entendre que la mort des tsadikim est deux fois plus douloureuse que la destruction du Temple. Pourquoi cela?
Bien que le texte talmudique principal utilise le terme "équivalent" (chékoula) et que les midrachim utilisent "pire/plus dur" (yoter kaché), des commentateurs rabbiniques plus tardifs (comme l'Eretz 'Hemda, des maîtres hassidiques comme le Tiféret Shlomo, ou les enseignements de Breslev) expliquent pourquoi cette perte est ressentie comme doublement sévère (keflayim) :
1°/ Une perte irremplaçable : Le Temple physique, bien que très saint, sera finalement reconstruit. En revanche, un tsadik spécifique qui a développé une grandeur dans la Torah et une lumière spirituelle unique au cours de sa vie ne peut pas être remplacé à l'identique.
2°/ Une double fonction : Un tsadik sert à la fois de "Sanctuaire en miniature" vivant (Beit HaMikdach) et de bouclier protecteur/guide pour toute sa génération. Le perdre revient à perdre à la fois son sanctuaire vivant et son mérite protecteur.

Lorsque le corps et l’âme sont en bonne santé, une personne est naturellement joyeuse, car [le bonheur, le fait d'être heureux] est l’état naturel de l’âme.
[rav Avraham Kook - Ein Aya sur Shabbat 98a ]

<--->

=> dans le judaïsme on peut avoir tendance à se focaliser uniquement sur le spirituel, en ayant une sorte de rejet (négligence) pour ce qui semble matériel.
Le rav Kook met bien en avant que les besoins nécessaires du corps doivent être pris en compte ("bénafcho végoufo" - son âme et son corps) pour parvenir à un état de joie ("saméa'h").
Dans son Orot haTéchouva, le rav Kook développe l'idée qu'on aura des comptes à rendre pour ne pas avoir assez pris soin de son corps (ex: en faisant du sport), ce qui aura entraîné une diminution dans sa productivité spirituelle.
[chacun en fonction de ses besoins personnels du moment, devra prendre soin de son corps physique et moral (ex: alimentation, sommeil, sports, musique) en toute sincérité et honnêteté avec Hachem pour ne pas tomber dans de l'excès. ]

Tout possède une énergie spirituelle.
Les énergies spirituelles des biens d’une personne sont spécifiquement liées à son âme.
[rav Tsadok haCohen de Lublin - Pri Tsadik - Shékalim 1 ]

Lorsqu’une personne ressent de la peur, c’est parfois parce qu’elle est entrée dans un lieu où un démon a marché. Dans ce cas, la peur disparaîtra si elle s’éloigne de trois pas.
[ séfer 'Hassidim - 1146 ]

-> Tout ce qui existe au monde a un ange qui lui est attribué, y compris chaque brin d'herbe.
[ séfer 'Hassidim - 1160 ]

<--->

-> Les détails de la vie d'une personne sont entre les mains de l'ange de son destin (mala'h mazalo). Tant que cet ange est à ses côtés, aucun mal ne peut lui arriver.
[ séfer 'Hassidim - 1162 ]