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L’antisémitisme

+ L'antisémitisme (par le rav Moché Sternbuch) :

-> Nous sommes une nation sainte et unique, c'est pourquoi les non-juifs nous haïssent et nous jalousent, mais ils ne pourront jamais nous vaincre.
La haine qu'ils nous vouent n'est pas un phénomène naturel, mais une création d'Hachem.
Hachem nous accorde une protection spéciale contre nos ennemis, mais lorsqu'il nous retire cette bonté, ils sont plus sauvages que des bêtes.

Nous devons être fiers d'être des juifs, fiers de notre Torah et reconnaissants d'être différents de toutes les autres nations. Lorsque Hachem nous frappe, aucune autre nation n'est aussi frappée, mais lorsqu'Il nous aide, aucune autre nation ne reçoit une telle aide.
C'est pourquoi la nation juive doit revenir à la Torah, car elle nous préservera à jamais, nous et nos enfants, et nous épargnera les épreuves difficiles.

Nos ennemis cherchent à nous dévorer, ils nous persécutent et en tirent du plaisir.
Par exemple, pendant la 2e guerre mondiale, les allemands et leurs complices ont tiré une grande jouissance de leurs actes de meurtre et de torture. La haine intense des nazis et de leurs partisans à l'égard des juifs, qui s'est faite au détriment de leur effort de guerre et au prix de leur défaite finale, montre que cette haine était surnaturelle, une création d'Hachem.

Ce n'est que lorsque nous observons correctement la Torah qu'Hachem nous protège de tous nos ennemis.
Lorsque nous commençons à manquer d'observance [des mitsvot], nous perdons notre sécurité et nos ennemis sont prompts à agir. Il s'agit d'un principe général, bien que nous ne devions pas interpréter la Shoa, par exemple, comme une punition pour des fautes spécifiques.

Ni la sympathie pour nos souffrances, ni l'admiration ou la crainte de notre puissance militaire ne peuvent guérir le phénomène éternel de l'antisémitisme... En outre, plus nous comptons sur nos prouesses physiques ou en tirons fierté, plus nous encourons la colère Divine en plaçant notre foi dans le "ko'hi vé'otsem yadi" (la force de mes propres mains) plutôt que dans Hachem, qui souhaite ardemment que nous nous en remettions à Lui et à Lui seul.

Le rav de Brisk a déclaré il y a plusieurs décennies que la notion même d'un État servant de rempart contre l'antisémitisme est une théorie qu'il est interdit d'envisager, puisque la nation juive ne mène pas une existence naturelle et que sa survie entière dépend uniquement de l'accomplissement de la Torah et des mitsvot, et non de l'existence d'un État (que D. préserve).

Seul Hachem lui-même peut nous sauver de nos oppresseurs. En nous engageant dans l'étude de la Torah, nous sommes en mesure de surmonter les processus "naturels", qui semblent annoncer notre disparition, puisque la nature est soumise à la Torah.

En bref, puisque l'antisémitisme est si clairement un phénomène surnaturel, le moyen de le vaincre n'est clairement ni par la force, ni par la persuasion, mais uniquement par la prière sincère et l'observation scrupuleuse de la Torah et des mitsvot.
De cette façon, nous n'aurons plus besoin de réveil divin par la persécution pour nous rapprocher d'Hachem.

Après la venue du machia'h, nous comprendrons qu'Hachem ne s'est pas caché et n'a pas laissé le monde entre les mains de l'homme, mais qu'Il a toujours gouverné le monde avec bonté et justice.
Hachem nous révélera tous les grands miracles qu'Il a accomplis pour nous sauver des plans de nos ennemis visant à nous détruire complètement, et Il nous montrera comment Il nous a sauvés des machinations de nos ennemis au fil des générations, dont nous n'étions même pas conscients pour la plupart d'entre elles.
[rav Moché Sternbuch]

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-> La haine universelle du peuple juif a traversé toutes les générations, et c'est un phénomène qui ne peut pas être expliqué, bien que de nombreux historiens aient essayé. Cette haine est aussi illogique qu'intense et continue.
La seule raison pour laquelle l'antisémitisme se manifeste, explique le Rav Avigdor Miller, est de rappeler au peuple juif qu'il est différent. Par conséquent, si le peuple juif le reconnaît et agit en conséquence, l'antisémitisme n'aura pas lieu d'être.
Ainsi, le rav Miller explique que le niveau d'antisémitisme auquel le peuple juif est confronté à chaque génération est proportionnel à la reconnaissance qu'il a de son caractère unique.

-> b'h, des divré Torah sur : la grandeur d'être juif(ve) : https://todahm.com/category/moussar-pensee-juive/divers-divers/la-grandeur-detre-juifve

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+ Une autre origine de l'antisémitisme :

-> "Parce qu'Hachem nous a rendus uniques par Ses lois et Ses préceptes [au mont Sinaï], et que notre prééminence se manifeste dans Ses règles et Ses statuts ... c'est pourquoi toutes les nations idolâtres, animées par l'envie et l'impureté, s'élèvent contre nous, et tous leurs rois, motivés par l'aversion et la calomnie, s'emploient à nous persécuter. Leur désir est de se battre contre Hachem!"
[Rambam - Iguéret Téman]

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-> La guémara (Shabbath 89a) s'interroge : Pourquoi [le lieu de notre mariage avec Hachem, où l'on a reçu la Torah] est appelé : mont Sinaï?

Nos Sages d'y répondre : "Car c'est à partir de là que les nations [du monde] ont commencé à haïr les juifs".
[le mot : "sin'a" : שִׂנאָה = la haine]

Rachi explique : c'est parce qu'elles n'ont pas accepté la Torah lorsqu'elle leur a été offerte [et ce avant que le peuple juif ne l'accepte].
[lorsque les nations du monde ont réalisé leur erreur, et qu'elles ont pu voir les avantages énormes que les juifs en tiraient (l'éternité, la Vérité, ...), elles se sont remplies de jalousie et de haine [même de manière inconsciente].

Le sommeil : chez les tsadikim & réchaïm

+ Le sommeil : chez les tsadikim & réchaïm :

-> Le sommeil est considéré comme 1/60e de la mort (guémara Béra'hot 57b), et chaque individu fait l'expérience d'un avant-goût de son état futur pendant qu'il dort, que ce soit pour le bien ou pour le mal.
L'homme juste s'accroche à la Chékhina après sa mort. Pendant son sommeil, son âme monte dans la yéchiva céleste. L'âme, cependant, ne peut pas vivre pleinement cette expérience de son vivant lorsqu'elle est attachée au corps physique.
[ le rav 'Haïm de Volozhin assimile l'expérience du rayonnement de la Chekhina à la fréquentation de la yéchiva céleste. ]

Le racha doit faire l'expérience de la "kaf hakéla", l'errance de l'âme, à sa mort.
Pendant son sommeil, son âme connaît la souffrance de cette errance, mais à un niveau moindre.
Les justes (tsadikim) ajoutent donc des jours à leur vie, car leurs expériences nocturnes contribuent à leur perfection ; ils "vivent" même lorsqu'ils sont endormis.
Les réchaïm raccourcissent leur durée de vie. Car pendant la nuit, ils n'ont pas la plénitude de l'humanité, ils sont morts.
[rav 'Haïm de Volozhin - Roua'h 'Haïm - Avot 6,6 ]

[ le Gaon de Vilna (introduction au Sifra déTsniouta) explique que le but du sommeil est de libérer temporairement l'âme des entraves du corps. Même si une personne fait un effort maximal pour comprendre la Torah, il se peut qu'elle ne soit pas capable de comprendre certains concepts tant que son âme est emprisonnée dans son corps.
Pendant le sommeil, l'âme est libérée et devient capable de comprendre les concepts qui lui échappaient lorsqu'elle était éveillée. ]

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[ le concept de "kaf hakéla" est mentionné dans Chmouel I 25,29. La "Kaf hakéla" signifie : une fronde, un lance-pierres.
Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 2:18) explique que l'âme du racha, qui a consacré toute sa vie à des activités matérielles, redescendra à sa mort sur la terre, source de ses désirs. Cependant, elle sera d'abord amenée au ciel pour être jugée et montrer comment elle a remplacé les hauteurs par les profondeurs.
Il sera alors autorisé à descendre sur terre, tout comme une pierre tirée par une fronde doit descendre sur terre.

Le Radak comprend "kaf hakéla" comme l'existence de l'âme du racha après la mort, qui doit errer à toutes les extrémités des mondes, sans jamais trouver la paix.
Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.2) explique la nature de cette errance. L'homme racha conditionne son âme à ne rechercher que les plaisirs matériels. À sa mort, l'âme cherche à poursuivre sa pratique habituelle. Cependant, dans son nouvel état, l'âme est incapable d'acquérir des plaisirs physiques/matériels. Elle erre d'un bout à l'autre du monde dans une tentative vaine de satisfaire ses besoins.

Le rav 'Haim de Volozhin (Pirké Avot 2,2) explique qu'à chaque action d'un homme, son âme déclenche un flux de spiritualité dans les mondes supérieurs, pour le meilleur et pour le pire.
Ce flux s'accroche à l'âme même pendant la vie de l'homme, car l'âme jouit du plaisir ou souffre de l'inconfort de ces forces créées.
Après la mort de l'homme, ces forces sont sa récompense. Les forces du bien se rassemblent et forment un beau vêtement pour l'âme, tandis que celles du mal fusionnent pour former un vêtement sale.
Ces courants opposés ne peuvent coexister. C'est la kaf hakéla, l'âme luttant contre deux forces diamétralement opposées.

Les anges parlent, certains peuvent les écouter

+ Les anges parlent, certains peuvent les écouter :

-> Le rav Mordé'haï Shoulman (roch yéchiva de Slobodka à Bné Brak), qui a croisé le 'Hafets 'Haïm durant son enfance (pendant la 1ere guerre mondiale), dit :
"J'ai parcouru le sidour du Gaon de Vilna et j'y ai trouvé une explication des mots : "Créateur d'anges tutélaires, dont tous les anges tutélaires se tiennent au sommet de l'univers et proclament, avec crainte, ensemble, à haute voix, les paroles du D. vivant et du Roi de l'univers" (yotser méchartim vaacher méchartav koulam omdim béroum olam ... - bénédictions du Shéma).
Le Gaon de Vilna explique : chaque jour, les anges proclament à haute voix la parole du Créateur, l'informant des décrets qu'Il a pris ce jour-là pour diriger le monde.

Le rav Shoulman ajoute : et j'ai réalisé que le 'Hafets 'Haïm n'avait pas besoin d'avoir le roua'h hakodech (intuition/esprit Divin) pour connaître les nouvelles. Il était capable d'entendre les annonces des anges, qui l'informaient de ce que Hachem ferait ensuite pour diriger le monde. C'est ainsi qu'il savait tout!"

Pour le rav Shulman, il était évident que le 'Hafets 'Haïm pouvait entendre les annonces des anges ; c'était encore plus évident que l'idée qu'il avait le roua'h hakodech. Il n'a même pas considéré qu'il s'agissait d'un miracle!
[Ki Im - chap.2]

Pourquoi aucune personne décédée ne revient d’en-Haut?

+ Pourquoi aucune personne décédée ne revient d'en-Haut :

-> "Il y a des insensés qui disent : pourquoi personne ne revient-il du monde supérieur pour raconter ce qui s'y passe? Ils ne comprennent pas que l'atmosphère entre ce monde et le monde d'en-Haut est pleine de démons, et que l'âme doit se frayer un chemin à travers eux pour arriver au Ciel.
L'âme n'est pas prête à prendre le risque de refaire ce chemin ...

A Volozhin, il y avait un juif du nom de Rabbi Feivish, qui avant de mourir, avait conclu un accord avec son ami selon lequel il reviendrait du monde d'en-Haut et lui parlerait de son jugement.
Rabbi Feivish mourut, mais son ami n'eut pas de nouvelles. Il ne revint pas pour tenir sa promesse.

Un long moment s'écoula lorsqu'une nuit, Rabbi Feivish apparut en rêve à son ami. "Ne t'étonne pas que je ne sois pas venu jusqu'à présent. Le chemin qui mène de ce monde au monde supérieur est rempli de démons et d'anges destructeurs, et l'âme a peur de le parcourir.
Mais à l'instant même, ils décidèrent d'envoyer une bénédiction de "yacher koa'h" au Gaon de Vilna pour un 'hidouch (nouveauté en Torah) qu'il venait de faire, et ils ouvrirent la voie aux démons pour s'assurer que la bénédiction arriverait jusqu'ici. J'ai saisi l'occasion et je suis venu avec eux. Je dois me dépêcher de revenir maintenant, tant que la voie est encore libre!".

['Hafets 'Haïm - Si'hot hé'Hafets 'Haïm - vol.2, p.23]

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-> L'ange qui a pu être créé à partir d'une mitsva [faite dans la difficulté] peut nous précéder dans notre voyage vers le monde d'en-Haut et chasser tous les démons et les Accusateurs qui se trouve sur notre chemin. Cela peut nous sauver de souffrances indicibles et de jugements sévères.
[adapté du 'Hafets 'Haïm - Téchouot 'Hen - vol.2 , p.24]

La magie (3e partie)

+++ La magie (3e partie) :

-> Amalek avait une grande armée avec de nombreux magiciens et sorciers.
En effet, Amalek était persuadé que la force de Moché provenait de la sorcellerie, et qu'il a été uniquement plus fort que les magiciens égyptiens.
Dans le combat contre le peuple juif, il y avait aussi des sorcières, dont la propre femme d'Amalek, afin de multiplier les forces surnaturelles.
Moché par la puissance de la prière a réduit à néant ces forces de la sorcellerie, inversant par exemple les horaires du soleil, de la lune et des autres astres.

-> Amalek, l'ennemi juré des juifs, était un sorcier, et la nation amalécite utilisait la sorcellerie dans ses combats. (voir Yérouchalmi - Roch Hachana 3:8)
Lorsque le roi Saül reçut l'ordre de détruire la nation amalécite, il lui fut demandé de tuer également tous les animaux, car les Amalécites savaient se déguiser en animaux grâce à la sorcellerie. (voir Chmouël I avec Rachi)

-> De même, les femmes moabites utilisaient également la sorcellerie pour attirer les hommes juifs dans l'adoration de l'idole Baal Péor. (voir Zohar 'hadach vol.2, Ruth 37a)

-> Concernant Amalek, il est écrit : "Tu effaceras le souvenir d'Amalek de dessous le Ciel" (Ki Tétsé 25,19).
Concernant la génération du Déluge, il est écrit : "Je vais effacer l'homme que J'ai créé de la surface de la terre" (Béréchit 6,7).

=> Quelle est la différence entre ces 2 expressions : "de dessous le Ciel" et "de la surface de la terre"?

Le rav 'Haïm Kanievsky (Taima dékra - Béchala'h) cite Rachi (Chmouël I 15,3), qui écrit que les Amalecites étaient très compétents dans les domaines de la magie et de la sorcellerie.

Concernant les pouvoirs des magiciens/sorciers, Rachi (Matot 31,6) commente par exemple : "Bil'am était avec eux et il faisait planer, par des sortilèges, les rois de Midiyan au-dessus d'eux et lui même planait avec eux."

La Torah nous ordonne de tuer tout être vivant appartenant à Amalek : "de dessous le Ciel", c'est-à-dire même ceux qui voleraient alors dans les airs.

Il n'y avait pas besoin d'une telle précision en ce qui concerne la génération du Déluge.
En effet, la guémara (Sanhédrin 67b) enseigne que les sorciers ne peuvent pas réaliser leur magie lorsqu'ils sont en contact avec l'eau (l'eau empêchant tout effet de la sorcellerie).
Ainsi, en raison du Déluge, ils leur étaient impossible de voler dans les airs, d'où l'utilisation du : "de la surface de la terre".

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-> "Il vit de là les dernières lignes du peuple" (Balak 22,41)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch enseigne :
Or les Sages ont dit (guémara Taanit 9a) que les nuées recouvraient Israël, si bien qu’on ne pouvait pas le voir.
Quand Aharon est mort et que les nuées ont disparu, alors Israël est apparu aux yeux, et les Cananéens ont su où il se trouvait et l’ont attaqué. Ensuite les nuées sont revenues par le mérite de Moché, comme l’ont dit les Sages, donc les bnei Israël étaient recouverts par elles.
=> Alors comment le verset peut-il dire : "il vit de là les dernières lignes du peuple"? Au contraire, Hachem aurait dû redoubler de protection envers eux contre le mauvais œil de Bilam!

Mais il est évident qu’il a pu le voir par sorcellerie, par un certain oiseau qui les révélait.
La sorcellerie a ce pouvoir, comme le disent les Sages (guémara Sanhédrin 67b), que les sorcières révélaient ce qui est caché aux yeux. Et le verset nous informe que c’est seulement les dernières lignes qui se sont trouvées découvertes, et non le coin des tsaddikim et des grands.

-> Rabbi Yonathan Eibschutz (Tiféret Yonathan) écrit que Bilaam essaya toutes sortes de sorcelleries pour faire retourner le peuple d'Israël en Égypte. Toutefois, sa magie noire dépendait du soleil et de son ange et lorsque le soleil était recouvert de nuages, aucune magie n'avait d'emprise.
Les Bné Israël étant recouverts des nuées de gloire, la sorcellerie n'avait pas d'emprise sur eux.

-> La magie est constituée essentiellement d'actes tandis que les incantations ont pour fondement la parole. Il y a plusieurs sortes de magie : rassembler des démons; faire descendre des influences à partir des étoiles et des signes astrologiques en créant une effigie à des moments précis qui correspondent à la domination de l'Etoile ; attirer un esprit d'impureté provenant directement de la klipa du serpent originel.
Balak était expert en sorcellerie et Bilaam la maîtrisait mais pas autant que Balak. Par contre, il était un expert en incantations et c'est la raison pour laquelle le Zohar (Bé'houkotaï 112b) le compare au serpent dont la force provient essentiellement de la bouche. (:3'p "mpna am) Ainsi, ils s'associèrent pour unir leurs forces.

Il est rapporté dans le Zohar ('hadach Balak 54) qu'il n'y a pas un seul jour depuis le début de la création où Israël a autant eu besoin d'Hachem qu'au moment où Bilaam voulut exterminer le peuple d'Israël par ses malédictions.

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-> "Il n'y a pas de divination en Yaakov, pas de sortilège en Israël" (Balak 23,23)

-> Rachi : Ils méritent d’être bénis car ils n’y a chez eux ni devins ni sorciers ... le message leur en est transmis par la bouche de leurs prophètes.

-> Le midrach nous rapporte que Bilam a vu que la raison pour laquelle les juifs ont mérité la protection Divine était qu'ils étaient assis devant Hachem comme un élève face à son professeur, et ils examinent et clarifient chaque section de la Torah pour déterminer Ses intentions.
Même les anges n'ont pas accès à ces connaissances et ils doivent demander aux juifs ce que Hachem leur a enseigné.
=> Telle est la force de la Torah, faisant que nous sommes véritablement méritant des bénédictions Divines.

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-> Onkélos ... neveu de Titus par sa sœur, voulut se convertir (au judaïsme).
Il fit remonter Titus (son oncle) du séjour des morts par la magie.
Onkelos lui demanda : "Qui est important dans le monde futur?"
Titus répondit : "Israël!"
[...]
Puis Onkélos fit remonter Bil'am (du séjour des morts) par la magie.
Il demanda : "Qui est important dans le monde futur?"
Bil'am répondit : "Israël!"
[...]
Enfin, Onkélos fit remonter un pêcheur juif (du séjour des morts) par la magie.
Il lui demanda : "Qui est important dans le monde futur?", et il répondit : "Israël!"
[guémara Guittin 56b-57a]

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+ Mordé'haï et Esther :

-> "Chaque jour Mordé'haï déambulait devant la cour de la maison des femmes, pour s'informer du bien-être d'Esther et de ce qui advenait d'elle" (Esther 2,11)

-> Selon le midrach (Esther rabba 6,8), Mordé'haï venait quotidiennement afin de répondre aux questions de Esther, qui voulait savoir si elle était Nidda.

Ce même midrach donne une autre raison : Mordé'haï voulait s'assurer que Esther n'était pas victime de sorcellerie de la part des autres femmes de la maison du roi, qui pouvaient désespérer de devenir un jour reine à la place d'Esther.

Le Ibn Ezra et le Gaon de Vilna disent que Mordé'haï venait quotidiennement pour la guérir, car il avait atteint un tel niveau spirituel qu'il pouvait tout guérir, même les maux issus de la sorcellerie.

-> Une des raisons de se déguiser à Pourim est donnée par le rav Nevenzahl, qui enseigne que les costumes sont un souvenir d'Amalek, qui a une force énorme de magie noire.
En effet, ils ont la capacité de se transformer en des animaux et d'autres formes, mais Hachem nous sauvera toujours d'eux.
En se déguisant, on se rappelle de ce pouvoir d'Amalek, et du fait que nous avons toujours D. pour nous défendre.

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-> "Mordé'haï passa (vayavor), il agit selon tout ce qu'Esther lui avait ordonné" (méguilat Esther 4,17)

-> Rav enseigne : "Mordé'haï passa outre au 1er jour de Pessa'h en jeûnant"
Chmouël affirme : "Il passa [dans le sens de traverser] le cours d'eau."
[guémara Méguila 15a]

=> Pourquoi est-il si important de relater que Mordé'haï a traversé un cours d'eau?

-> Le Zohar (III,276a) pose la question : "Comment un méchant comme A'hachvéroch a-t-il pu se trouver attaché à la vertueuse Esther, la prophétesse?

Et de répondre qu'en réalité, c'était une "démone" ayant l'apparence d'Esther qui se montrait à lui.

-> C'est ainsi, lorsque Mordé'haï lut le message provenant d'Esther demandant de passer outre le 1er jour de Pessa'h par le jeûne, et de déroger ainsi à l'obligation de manger de la matsa, il craignit qu'il s'agît là d'un acte n'émanant pas d'Esther, mais de la "démone" ayant son apparence.
Peut-être cette créature voulait inciter le peuple à la faute en l'écartant de la mitsva de matsa.

-> Selon nos Sages (Sanhédrin 67b), un élément relevant de la sorcellerie qui entre en contact avec l'eau, vient à disparaître.

=> Telle est la raison pour laquelle Mordé'haï traversa un cours d'eau, et soumit cette lettre à une telle authentification : émanait-elle réellement d'Esther, ou bien s'agissait-il d'un acte de sorcellerie?

La magie (2e partie)

+++ La magie (2e partie) :

+ L'Egypte :

-> La guémara (Ména'hot 85a avec Rachi) explique que l'Égypte était remplie de magiciens et de sorciers.
La guémara (Kidouchin 49b) raconte que sur les 10 mesures de magie qui sont descendues dans le monde, 9 ont été données à l'Égypte.

Selon la guémara (Kidouchin 49b), chaque pays a des midot ou des tendances qui lui sont propres : "en Israël la sagesse, à Bavél l'orgueil, en Perse le courage, en Egypte la sorcellerie, en Arabie la débauche, à Michane l'effronterie".
Le Beit haLévi commente : "C'est une chose qui ne peut pas être expliquée par les principes de la logique ou de l'intellect mais que l'on ressent très bien lorsqu'on arrive dans un pays qui a telle tendance ou une telle mida pour le bien comme pour le mal ; on se sent naturellement attiré par cette tendance, beaucoup plus que lorsqu'on habitait dans un pays voisin.

-> Les égyptiens protégeaient leurs secrets de sorcellerie et ne laissaient personne quitter le pays avec des formules magiques écrites ou des procédures magiques.
[ le Talmud mentionne cependant un individu qui a écrit les formules sur sa chair et qui était capable de réaliser ces secrets et d'accomplir des prodiges - voir guémara Shabbath 104b). ]

-> Le Ibn Ezra commente que les égyptiens, la nation la plus puissante en magie, avaient jeté un sort à leurs frontières de telle façon que personne ne pouvait en sortir librement.

Le midrach (Yalkout Réouvéni - Arachim Kelev 10) explique que les magiciens égyptiens utilisaient la sorcellerie pour garder les frontières de l'Égypte en formant des portes à partir d'images d'animaux tels qu'un cheval ou un chien, et si quelqu'un essayait de s'échapper, l'animal ensorcelé à la porte brairait ou aboierait (selon l'animal), déclenchant ainsi l'appel de tous les animaux de son espèce à travers tout le pays. De cette manière, les égyptiens savaient non seulement que quelqu'un s'était échappé, mais aussi par quelle porte. Il leur était donc facile de retrouver le fugitif.

Le midrach (Mékhilta - Yitro 1) raconte que jusqu'à ce que le peuple juif sorte au complet, aucun esclave n'avait réussi à s'échapper d'Égypte.

-> "Hachem dit à Moché : Va vers Pharaon" - Bo 10,1)
Le Ohr ha'Haïm haKadoch enseigne sur "Va vers Pharaon" :
En utilisant "Va" (bo), contrairement aux autres plaies, la Torah souhaite indiquer que Pharaon s'était caché dans l'une de ses chambres fortes secrètes qu'il avait ensorcelées de toute part afin de ne pas être retrouvé.
Il avait prononcé des incantations et sollicité des démons pour que sa cachette soit invisible et que personne ne puisse le retrouver ; comme s'il n'était plus de ce monde.
Hachem savait que si Moché le cherchait, il ne le trouverait pas.
Hachem dit donc à Moché : "Va vers Pharaon" = autrement dit : "Je te montrerai où il se trouve".
Moché s'exécuta et parvint à retrouver Pharaon sans la moindre difficulté.
Lorsque Pharaon aperçut Moché, il fut extrêmement surpris. Il lui demanda : "Comment es-tu entré? Comment as-tu fait pour trouver cet endroit?"
Moché lui répondit : "J'ai emprunté la même porte par laquelle tu es entré?"

-> Le rav Yissa'har Chmouëli Beniahou écrit :
La surprise de Pharaon était si grande qu'il se dit : "Les plus grands sorciers d'Egypte ne peuvent entrer dans cette pièce, car j'ai mis en place une garde surnaturelle autour de ce lieu ..."
En effet, par ses forces d'impureté, Pharaon y plaça des meutes de chiens noirs de très grande taille. Ils n'étaient autres que des démons capables de nuire à tout celui qui tenterait d'y pénétrer.
Alors que Moché certifia être entré par la même porte que lui, Pharaon comprit que Moché bénéficiait de la protection d'un Gardien unique. Malgré tout, son cœur s'endurcit et il ne délivra pas Israël, c'est la raison pour laquelle Hachem demanda à Moché d'aller à sa rencontre.

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-> Le midrach Séfer HaYachar (Chémot 4,19) décrit les débuts de Bilam en tant que serviteur d'un roi africain nommé Augias. À l'âge de 15 ans, il était déjà réputé pour ses capacités extraordinaires en matière de magie et de divination. Travaillant d'abord avec l'armée du roi contre l'Égypte, Bilam finit par s'enfuir en Égypte où il fut accueilli avec beaucoup d'honneur en raison des nombreux égyptiens qui souhaitaient apprendre ses talents.
Bilam, le grand magicien et ennemi du peuple juif, était l'un des conseillers les plus respectés de Pharaon et était complice du plan visant à débarrasser l'Égypte de la nation juive (guémara Sotah 11a).

-> "Pharaon ordonna à tout son peuple en disant : Tout fils qui naîtra, jetez-le dans le fleuve!" (Chémot 1,22)

Le Kéhilat Its'hak apporte une autre explication.
Selon la Torah, il est clair que l'Egypte de l'époque était la capitale mondiale de la sorcellerie, de la magie noire et de l'illusion.
En souhaitant la mort des nouveaux nés, Pharaon avait peur que les juifs créent de faux bébés par la magie, qu'ils tueraient en les faisant passer pour des vrais.

Selon nos Sages (Sanhédrin 67b), une chose réalisée à partir de la magie retourne à son état d'origine, lorsqu'elle est placée dans de l'eau ou sur un plan d'eau.

La guémara rapporte l'histoire de rabbi Zééri, se déroulant 1700 années après notre esclavage en Egypte.
Il a acheté un âne dans la ville égyptienne d'Alexandrie, sans savoir qu'il avait été créé par le biais de la magie.
Lorsqu'il est arrivé à un point d'eau, afin de donner de l'eau à boire à son âne, celui-ci est redevenu une planche de bois sur laquelle avait été jetée un sort pour la transformer en un animal.

=> On comprend mieux le choix de Pharaon, dirigeant de la capitale mondiale de la sorcellerie, qui voulait être sûr à 100% de la mort des nouveaux-nés juifs.

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-> Selon le midrach, lorsque D. a demandé à Aharon de jeter le bâton de Moché au sol, il s'est transformé en serpent.
Nullement impressionné par ce tour, Pharaon a demandé à ses sorciers, à sa femme et même à des enfants de 4-5 ans de jeter leur bâton au sol, et tous les bâtons se sont aussi transformés en serpent.

-> Les sorciers ne parvenaient à transformer en sang que le contenu de petites bouteilles d'eau.
Le fait qu'ils y parvinrent convainquit Pharaon que Moché et Aharon n'avaient rien accompli de plus qu'un habile tour de magie.
Selon certains, la seule eau utilisable était l'eau salée de la mer méditerranée.
[Méam Loez - Vaéra 7,21 & 22]

-> Le Zohar (rapporté dans le Méam Loez (Vaéra 7,20)), nous enseigne :
L’approvisionnement en eau d'une nation peut avoir un effet profond sur son peuple.
C'est ainsi qu'en raison de la composition chimique de l'eau, ainsi que des créatures qui y vivent, une certaine sorte d'eau peut être thérapeutique ou une autre développer l'intelligence.
Les eaux du Nil étaient particulièrement efficaces pour donner à ceux qui en buvaient des pouvoirs mystiques et occultes.
Mais après sa transformation en sang et la mort de toute vie aquatique, le fleuve cessa de posséder ces propriétés.

-> Les sorciers égyptiens furent eux aussi capables de produire des grenouilles en maîtrisant des démons.
Ils pensèrent que Moché avait lui aussi fait venir les grenouilles par la sorcellerie.
[Méam Loez - Vaéra 8,3]

Sur : "Il dit : Demain" (Vaéra 8,6), le Tossefot haShalim explique :
Pharaon espérait que ses sorciers puissent trouver un moyen de retirer les grenouilles pendant cette journée, et il a donc demandé à Moché de ne prier que le jour suivant.

-> Cependant, les sorciers égyptiens n'ont par réussi à reproduire la 3e plaie, celle des poux, car :
1°/ ils n'ont de pouvoir que sur ce qui a une taille supérieure à celle d'un grain d'orge (guémara Sanhédrin 67).
Bien que les poux en étaient beaucoup plus grand durant la plaie, ce n'est pas le cas en temps normal, où ils sont plus petits qu'un grain d'orge.
2°/ la magie ne peut se faire que lorsque l'on est sur un sol solide, ce qui était alors impossible puisqu'un lit de poux le recouvrait (d'une épaisseur de 60cm à 3m!).
[le Shach]

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-> Selon une version, le cercueil de Yossef était gardé au parlais, dans une chambre funèbre protégée par des statues conçues de façon à aboyer à l'approche d'intrus . Moché a réduit ces statues à l'impuissance.
[midrach Chémot rabba 20,19]

-> Pharaon se fit accompagner par les plus grands sorciers de son pays lorsqu'il partit à la poursuite des Bné Israël. Il prit également avec lui toutes les forces d'impureté, les démons des mondes supérieurs, ainsi que l'ange directeur de la nation d'Egypte.
Ainsi, les 600 chars étaient composés de forces terrestres mais également de forces célestes.
[rav Yissa'har Chmouëli Beniahou]

-> Lorsque l'armée égyptienne était à la poursuite des juifs dans la mer Rouge ouverte, alors boyant qu'il est absolument impossible de s'échapper par des moyens naturelles, les égyptiens ont fait appel à de la magie noire et à de la sorcellerie.
Certains s'élèvent très haut dans les airs grâce à des procédés de lévitation.
Mais immédiatement, une vague géante happe ces fuyards suspendus dans les airs, et les fait retomber dans la mer.
[midrach Yalkout Chimoni 235]

-> Selon le Méam Loez (Béchala'h) :
Lorsque les égyptiens était à la mer Rouge ouverte, l'eau poursuivit et noya les égyptiens qui réussirent à regagner le rivage.
Certains utilisèrent leurs pouvoirs occultes pour échapper aux eaux, mais l'ange gardien de la mer les poursuivit sans merci.
Par exemple, 2 des sorciers les plus renommés d'Egypte : Yohni et Mamré, utilisèrent leurs pouvoirs pour s'élever dans l'espace au moment où les eaux se refermèrent.
L'ange Mikhaël les saisit par leur chevelure sacrée et les précipita au fond de la mer.

Pharaon emmena avec lui 600 chars transportant les plus grands sorciers d'Egypte.
Soudain, une main immense, sur laquelle étaient inscrits tous les symboles magiques du monde, apparut dans le ciel. Tous les sorts que les magiciens égyptiens tentaient de lancer étaient renversés par cette main
La Torah dit à ce sujet : "Israël vit la grande Main avec laquelle Hachem avait agi contre l'Egypte" (Béchala'h 14,31).

-> De même, le rav Yissa'har Chmouëli Beniahou enseigne :
Pharaon se fit accompagner par les plus grands sorciers de son pays lorsqu'il partit à la poursuite des Bné Israël. Il prit également avec lui toutes les forces d'impureté, les démons des mondes supérieurs, ainsi que l'ange directeur de la nation d'Egypte.
Ainsi, les 600 chars étaient composés de forces terrestres mais également de forces célestes.

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-> Le érev rav (ces égyptiens qui se sont joints au peuple juif à la sortie d'Egypte) ont été les initiateurs du Veau d'or, qui connaissaient de nombreux tours de sorcellerie, ainsi que les moments de la journée où la magie est particulièrement efficace. [Méam Loez - Ki Tissa 32,4]
La fabrication d'un veau, plutôt que n'importe quelle autre image, a surtout été le fait de 2 anciens sorciers égyptiens (Ianous et Iambrous), qui ont rejoint le peuple d'Israël avec le érev rav
Au moment le plus propice pour leurs tours de sorcellerie, ils se sont mis à l'oeuvre et ont prononcé des incantations (lui jetant un sort) puis, prenant l'or avec précaution, ils l'ont mis entre les mains d'Aharon qui, ne se doutant de rien, l'a lancé dans le feu, et un Veau d'or est apparu.

La magie (1ere partie)

+++ La magie (1ere partie) :

-> D'un point de vue juif, il existe des forces de sainteté et des forces d'impureté.
Hachem a créé un monde dans lequel le côté de la sainteté et le côté de l'impureté sont toujours sur un pied d'égalité (Kohélet 7,14).
[par exemple, il existe 50 niveaux d'impureté, et en parallèle 50 niveaux de pureté. ]

C'est ainsi que la prophétie et l'inspiration Divine, dans le domaine de la sainteté, sont mises en parallèle, dans le domaine de l'impureté, avec divers pouvoirs magiques ou divinatoires.
Le mystique juif et le magicien païen peuvent accomplir des exploits similaires et sembler avoir des pouvoirs similaires, mais les sources de ces pouvoirs sont totalement opposées.

-> Le principal point de distinction entre la magie et la mystique est la perspective. La magie subordonne les besoins d'un monde passif aux caprices personnels du magicien, alors que la mystique juive met l'accent sur notre subordination à une puissance supérieure (Hachem).

-> La michna déclare qu'une personne "qui utilise la couronne périra" (voir Pirké Avot 1,13).
Rabbi Ovadia de Barténoura dit que "la couronne" se réfère à quelqu'un qui utilise le Nom ineffable de D. pour son bénéfice matériel.
Hachem dit : "De même que Je crée les mondes et que Je les détruis, de même Mon Nom crée et détruit les mondes" (Pessikta Rabbati 21). D. a donné du pouvoir à Ses Noms afin que les pieux et les prophètes puissent accomplir des actes par leur intermédiaire et qu'ils démontrent ainsi la "grandeur et la puissance" de D. [voir Sach - Yoré Déa 246:70]
Ces pouvoirs ne peuvent être utilisés que par des personnes ayant un niveau de sainteté et de pureté exceptionnellement élevé, ce qui n'existe pratiquement pas dans notre génération actuelle.

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+ La racine de la sorcellerie :

-> La littérature juive est confrontée à la distinction entre la magie noire et la magie blanche, pouvoirs interdits et pouvoirs potentiellement autorisés.
Le terme "sorcier" (mé'hassef - מְכַשֵׁף) est une contraction des mots hébreux signifiant "affaiblir les agents célestes de D." (ma'hich pamalya chel mala'h).
Il existe un ordre métaphysique des anges et des pouvoirs mis en place par D. qui facilite l'ordre naturel du monde. Toute tentative de modifier cet ordre est considérée comme de la sorcellerie et est interdite.
Ces anges et ces puissances ne sont que des intermédiaires qui transmettent l'effusion Divine dans les domaines physiques.

Le sorcier s'efforce de forcer les forces spirituelles à faire ce qu'il veut.
L'erreur de la magie est de penser que les forces surnaturelles peuvent être indépendantes de D., ou que le magicien est mieux équipé que D. pour répartir cette influence Divine.
Rabbi Yéhoudah haLévi (Kouzari 1:79) écrit que la différence entre la magie païenne et les actes de mystique juif est comparable à celle qui existe entre le médecin sage et le fou qui dispense des médicaments au hasard.

-> La croyance en de nombreuses forces et puissances contredit l'unicité de Dieu et constitue une forme d'idolâtrie. C'est pour cette raison que les interdictions contre la magie dans la Torah sont regroupées avec l'idolâtrie. [voir Rambam - Moré Névou'him 3,37]
La pratique de la sorcellerie affaiblit également la confiance en D., car la personne en vient à se fier à la manipulation magique plutôt qu'à la souveraineté de D. [selon le Yessod Yossef - chap.25]
De plus, lorsqu'on cherche à obtenir quelque chose par des moyens magiques, on se place sous la providence de l'impureté au lieu de s'adresser directement au Divin.

-> Le judaïsme est totalement opposé à la sorcellerie. La Torah interdit explicitement toute forme de sorcellerie, de magie pratique et de pratiques occultes.
[voir Chémot 22,17 ; Vayikra 20,27 ; Dévarim 18,9-13]

Le Rambam (intro Hilkhot Avodat Ko'havim) énumère 11 commandements négatifs relatifs à la sorcellerie. Les détails de ces interdictions sont énumérés dans la guémara (Sanhedrin 65a-b) et dans Rambam (Hilkhot Avodat Kochavim - ch.11).

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-> Est-ce réel?
Il existe 2 approches :
Selon le Rambam (Hilkhot Avodat Kochavim 11,16), les pouvoirs que les sorciers prétendent détenir n'existent même pas. Tous les prodiges qu'ils accomplissent impliquent une forme de tromperie. Selon lui, il est interdit de s'adonner à la magie, car elle n'est que stupidité.
L'autre point de vue, qui est majoritaire, est que de tels pouvoirs magiques existent dans le monde, mais que la Torah interdit d'y participer. [Ramban - Dévarim 18,13 ; Drachot haRan n°4 ; Gaon de Vilna]

Selon toutes les autorités halakhiques, il est interdit de consulter des sorciers en raison du verset de la Torah qui dit : "Intègre tu seras avec Hachem" (tamim tiyé im Hachem - Choftim 18,13) , ce qui signifie qu'une personne doit s'en remettre à D. et ne pas essayer d'obtenir des informations en dehors des paramètres naturels autorisés.

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+ Transmission de la magie selon la Torah :

-> Origine et développement de la magie :
La Torah commence avec Adam et 'Hava dans le jardin d'Eden et parle de "l'Arbre de Vie" et de "l'Arbre de la Connaissance".
L'Arbre de Vie représente la communion avec Hachem, tandis que l'Arbre de la Connaissance représente l'expérience de la conscience de soi.
Hachem dit à Adam qu'il peut manger de tous les arbres du jardin, à l'exception de l'Arbre de la Connaissance (Béréchit 2,9 & ensuite).
D'un point de vue kabbalistique, tous les arbres du jardin d'Eden avaient le potentiel d'être des Arbres de Vie, une expérience du Divin, ou des Arbres de Connaissance, une conscience de soi. [rabbi Tsadok haCohen - Pri Tsadik Béréchit 8]
Les séquelles du choix d'Adam pour l'expérience égoïste de l'Arbre de la Connaissance ont ouvert la voie aux générations futures qui devaient choisir entre se connecter à D. ou utiliser les pouvoirs de l'occulte. [Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - Sanhédrin 67b]

-> Après avoir mangé de l'Arbre de la Connaissance, la Torah dit qu'Adam et 'Hava prirent conscience de leur nudité et se couvrirent de feuilles de figuier. (Béréchit 3,7)
Les kabbalistes juifs expliquent cet événement d'un point de vue ésotérique. L'acte de manger de l'arbre était un acte d'égoïsme qui a lancé les forces de l'impureté dans la réalité. Le monde n'était plus une pure extension d'une réalité spirituelle, mais une existence polluée par la grossièreté/impureté.
Adam et 'Hava ont reconnu que la présence de D. avait été retirée, et ils se sont sentis "nus" et vulnérables à ces forces impures. [voir Zohar]

-> Les fruits représentent la fonction première d'un arbre. Les feuilles représentent une partie plus externe et secondaire de l'arbre. Pour les kabbalistes, le fait de se couvrir de feuilles signifiait qu'ils essayaient de protéger leur moi spirituellement nu et vulnérable en utilisant des forces étrangères à la création. (voir Rékanti)
Le Zohar (Béréchit 36b & 53b) dit que se protéger des forces étrangères à la création signifiait apprendre les arts occultes, et qu'en conséquence, le niveau spirituel d'Adam, autrefois élevé, a été diminué.

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+ La génération du déluge :

-> Adam et 'Hava ont abandonné ces pratiques lorsqu'ils ont quitté le jardin d'Eden, mais plus tard, dans la génération d'Énoch et dans celle du Déluge (maboul), ces arts magiques se sont à nouveau répandus, au point que même les enfants les connaissaient.
L'une des raisons pour lesquelles la génération du déluge n'a pas écouté l'appel de Noa'h à changer ses habitudes est qu'elle pensait pouvoir utiliser sa sagesse occulte pour se protéger. [Zohar Béréchit 56a-b]

-> Lorsque la Torah décrit la génération d'Enoch, elle dit : "En ce temps-là, le nom de D. était invoqué de façon profane" - Béréchit 4,26. Les gens de cette époque utilisaient les noms divins pour manipuler la nature. (ainsi, Noa'h on n'a pas peur de ta prédiction de Déluge, car on pourra utiliser les noms Divin, la magie, pour contrecarrer cela.

Le Méam Loez (Noa'h 5,9-11) écrit : "Lors de la période d'Enoch, la magie noire et les sciences occultes se sont développées au point où même les jeunes enfants connaissaient de telles pratiques. Clamant qu'ils ne craignaient rien, les hommes prétendirent détenir des sortilèges avec lesquels ils contrôlaient même les anges préposées au feu et à l'eau, desquels ils couraient donc aucun danger. "

-> D'ailleurs, même le nom de Noa'h n'était qu'une façade pour le protéger, comme l'enseigne le Méam Loez (Béréchit 5,28-31) sur : "Lémé'h ... engendra un fils, il l'appela du nom de Noa'h" :
Mathusalem, dont la sagesse était immense, avertit Lémé'h de ne pas nommer son fils dès sa naissance.
En effet, en ce temps, les maîtres de la magie noire étaient nombreux, et Mathusalem craignait qu'ils usent de leurs pouvoirs contre l'enfant s'ils connaissaient sa destinée.
Son vrai nom fut tenu secret.
C'est ainsi, aux yeux de tous, ils l'appelèrent Noa'h, mais ses proches savaient que son véritable nom était : Ména'hem [signifiant : "celui qui soulage"], indiquant que si les hommes se repentaient, leur vie serait alors plus douce.

-> La génération de la tour de Bavél pensait neutraliser le Divin par leur magie et leur sorcellerie.
Selon Rabbénou Bé'hayé (Noa'h 11,4), ils pensaient que la tour leur permettrait d'atteindre les sphères supérieures, et l'immortalité des êtres célestes.

-> Par ailleurs,selon la guémara (Kidouchin 49b), 10 mesures de sorcellerie ont été données au monde, et 9 d'entre elles furent prises par l'Egypte
D'une certaine façon, lorsque Pharaon dira qu'il ne connait pas notre D., il voulait signifier que l'Egypte étant la capitale de la magie/sorcellerie, ils étaient tellement forts que D. était comme inexistant en comparaison. )

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+ A l'époque d'Avraham :

-> À l'époque d'Avraham, après le décès de sa femme Sarah, il donna naissance à des enfants avec Kétoura. La Torah ('Hayé Sarah 25,1-6) précise que les enfants qu'il a eus avec elle ont reçu des "cadeaux" et ont été envoyés en Orient.
La guémara (Sanhédrin 91a) enseigne que ces "cadeaux" qu'Avraham leur a offerts étaient des noms divins impurs.
En d'autres termes, il leur a donné des secrets spirituels qui ne nécessitaient pas de pureté rituelle et qui décrivaient la manipulation de l'énergie dans la nature.
Ces noms et secrets leur ont été donnés pour les défendre contre les attaques spirituelles nuisibles. (voir Maharal - Gour Aryé Béréchit 25,6)

Il existe également d'autres explications. Le Panéa'h Raza explique que l'objectif d'Avraham était d'éviter qu'ils ne succombent à l'interdiction beaucoup plus sévère de l'idolâtrie et de leur donner à la place une méthode beaucoup plus bénigne pour découvrir l'avenir.
D'autres soutiennent que l'instruction d'Abraham était purement éducative, qu'ils devaient savoir ce qu'il fallait éviter. (voir Maasé Hashem, haKtav véhaKabbala)

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-> Le Méam Loez ('Hayé Sarah 24,30) enseigne :
La lévitation s'accomplissant également par l'intermédiaire de la magie noire, Eliézer s'éleva au-dessus de l'eau [du puits] afin que Lavan ne pense pas qu'il était un sorcier. En effet, ceux qui pratiquent les sciences occultes voient leurs pouvoirs s'amoindrir au contact de l'eau.
[la guémara (Sanhédrin 67b) enseigne que les sorciers ne peuvent pas réaliser leur magie lorsqu’ils sont en contact avec l’eau (l’eau empêchant tout effet de la sorcellerie).]

-> Lavan savait comment utiliser ces idoles [pour obtenir des pouvoirs extrasensoriels]. Ra'hél les lui vola afin qu'il ne puisse découvrir leur destination. [Méam Loez - Vayétsé 31,19]

-> D'après une opinion (Zohar - Vayichla'h), Lavan ne poursuivit pas Yaakov (lorsqu'il le quitta) pour le combattre physiquement. Yaakov disposait de plus d'hommes que Lavan. Ce dernier désirait tuer Yaakov par des paroles : à l'aide d'incantations magiques ...
Lavan voulait "déraciner" Yaakov de ce monde en usant de la sorcellerie.
[Méam Loez - Vayétsé 31,24]

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-> Selon une opinion, lorsque Yossef vit que la femme de Potiphar essayait de le séduire, il réalisa un double de lui-même sous la forme d'un golem.
Il comptait laisser cet androïde dormir avec la femme de Potiphar, se débarrassant ainsi d'elle.
Sarah avait agi de même avec Pharaon, et Esther eut recours à ce subterfuge avec A'hachvéroch.

Cependant, la femme de Potiphar, elle, connaissait suffisamment la magie pour déjouer cette supercherie.
C'est pourquoi la Torah dit : "Elle le saisit par son vêtement" (Vayéchev 39,12). En hébreu, le mot "béguéd" désigne un vêtement, dont la racine "bagad" signifie : "tromper".
Ainsi, elle "saisit" la tromperie de Yossef, et comprit par quel moyen il tentait de l'abuser.
[Méam Loez - Vayéchev 39,11]

Les rêves

+ Les rêves :

-> Le sommeil et l'ascension de l'âme :
Une tradition ancienne du judaïsme, en particulier dans les textes les plus mystiques (comme le Zohar), veut que pendant notre sommeil, l'esprit humain s'élève temporairement vers les royaumes supérieurs ... L'âme se recharge et peut entrer en contact avec les royaumes incorporels.
Le sommeil est considéré comme un avant-goût de la séparation ultime entre le corps et l'âme, et quantifié comme représentant un soixantième de la mort. [guémara Béra'hot 57b]

-> Rabbi Yossef Karo (Maggid Mécharim), avait un maggid, un ange venu d'en-Haut, qui lui enseignait de nombreuses idées ésotériques. Le maggid lui dit qu'un homme peut souffrir de voir quelque chose dans un rêve plus que lorsqu'il est éveillé, parce que lorsqu'il est éveillé, le corps agit comme une armure protectrice et émousse sa sensibilité. En revanche, lorsqu'il est dans un état de rêve, l'événement peut pénétrer plus profondément et il peut donc souffrir davantage.

-> Signification des rêves :
Il semble qu'il y ait une certaine division quant à la signification et à l'importance des rêves dans la tradition juive :
- Certains points de vue semblent impliquer que les rêves n'ont aucune signification. Les rêves sont considérés comme des déceptions de ce qui était dans l'esprit de l'individu le jour donné. [voir Béra'hot 55b avec Rachi ; Abarbanel (Bérechit 40,24)]
- Un certain nombre de sources accordent une valeur considérable aux symboles contenus dans les rêves et à leur capacité à prédire l'avenir ou à établir la loi juive. [voir par exemple : Kouzari (3:53)]
[voir la guémara 'Haguiga 5b, où D. dit : "Bien que Je leur cache Ma face, Je leur parlerai en rêve"]
Les déclarations assimilant les rêves à des prophéties suggèrent qu'ils sont très spéciaux et dignes d'être sérieusement pris en considération. [voir Béra'hot 57b]

-> On dit : "Les rêves sont divisés en gradations, selon la quantité de vérité qu'ils contiennent".
Le Maharcha ('Hidouché Agadot - Béra'hot 55a) divise les rêves en 3 catégories : (1) les rêves qui dépendent entièrement de leur interprétation ; (2) les rêves qui proviennent des royaumes célestes et sont proches de la vérité, et une interprétation peut les transformer et les rendre réels, et (3) les rêves qui n'ont qu'une seule interprétation et qui se réaliseront.

La plupart des rêves proviennent d'influences externes, comme la nourriture que l'on mange ou notre vécu quotidien ; puis il y en a qui ont une valeur prophétique. En effet, rabbi Na'hman de Breslev écrit qu'il existe 2 types de rêves : l'un qui provient de la nourriture que la personne a mangée, et l'autre de sources angéliques.
En hébreu, les mots "nourriture" (maa'hal - מאכל) et "ange" (mal'akh - מלאך) sont composés des mêmes lettres.

-> Par exemple, le Arou'h haChoul'han (13) écrit que si une personne a pensé aux événements du rêve au cours de la journée précédente ou si elle s'est endormie avec l'estomac plein, il ne s'agit pas d'un mauvais rêve qui nécessite un jeûne (pour annuler les mauvais effets).

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-> Les rêves dans la Torah :
Le mot qui désigne le rêve en hébreu est : 'halom (חלום), qui est lié à la racine 'halam, qui signifie "renforcer" (comme dans Yéchayahou 38,16 - tu m'as renforcé - ta'haliméni), car les rêves sont le résultat de la force de l'âme qui l'emporte sur celle du corps. [rav Aryeh Kaplan]

-> Il existe 10 exemples dans le texte de la Torah où les rêves ont une signification et même une utilité prophétique. Les 10 sont mentionnés dans le livre de la Béréchit :
1. Aviméle'h à propos de Sarah ;
2. Yaakov et l'échelle qui monte au ciel ;
3. Les brebis de Yaakov fuyant Lavan ;
4. Les rêves de Lavan à la poursuite de Yaakov ;
5. Les gerbes des frères de Yossef s'inclinent devant les siennes ;
6. Le soleil, la lune et les étoiles se prosternent devant Yossef ;
7 & 8. Le boulanger et l'échanson en prison en Egypte ;
9 & 10. Rêves de Pharaon concernant les 7 vaches et les 7 épis de blé.

-> La racine du mot pour "rêve" en hébreu apparaît 48 fois dans le livre de Béréchit et 7 autres fois dans le reste des 5 livres de la Torah.
Il est intéressant de noter que la guémara (Méguila 14a) affirme que 48 prophètes et 7 prophétesses ont transmis leur prophétie au peuple juif. [il s'agit des prophètes dont les mots seront éternellement significatifs. ]
Cela témoigne du lien entre les rêve et la prophétie.
De plus, la prophétie était reçue sous la forme d'une vision de rêve (à l'exception de Moché qui parlait debout face à D. - Béaaloté'ha 12,6).

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-> Les rêves dans le Talmud :
On peut rapporter :
Rav 'Hisda (guémara Béra'hot 55a) : "on devrait voir n'importe quel rêve, mais pas un rêve de jeûne".
Cela signifie soit que jeûner en rêve est un mauvais présage, soit que si l'on fait un mauvais rêve alors que l'on jeûne, il ne faut pas y prêter attention, mais plutôt attribuer le rêve pénible à la privation de nourriture. [Rachi ; Aroukh]

-> Rav 'Hisda a également déclaré qu' "un rêve qui n'a pas été interprété est comme une lettre non lue".
Cela signifie que les rêves suivent leur interprétation, et que si le rêve n'est pas interprété, il ne peut être considéré comme un "bon" ou un "mauvais" rêve.
Rav 'Hisda explique également que ni un bon ni un mauvais rêve ne s'accomplit dans son intégralité, car il y a toujours un élément de fantaisie qui s'y mêle.
[ sur la même page de la guémara, Rabbi Yo'hanan dit également, au nom de Rabbi Chimon bar Yo'hai, que de même qu'il n'y a pas de blé sans un peu de paille, de même il n'y a pas de rêve sans un peu d'absurdité. ]
De plus, il dit également qu'un mauvais rêve est meilleur qu'un bon rêve, dans le sens où il peut être le catalyseur d'une téchouva.

Dans cette même section de la guémara (Béra'hot 55b), il y a un débat sur la réalité pratique des rêves, avec certaines preuves qui font allusion à la capacité prophétique des rêves et d'autres qui disent que les rêves sont simplement le produit des pensées quotidiennes du rêveur.

-> b'h, voir aussi : https://todahm.com/2020/07/20/les-reves

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-> Les rêves suivent leur interprétation :
On dit que les rêves "suivent la bouche", ce qui signifie qu'ils suivent l'interprétation qui leur est donnée.
[guémara Béra'hot 55b-56a]

Il est intéressant de noter qu'en guématria, le mot désignant le rêve (cha'halom - חלום), vaut 84 et le mot désignant la bouche (pé - פה), qui vaut 85, ce qui suggère que le rêve vient en premier, suivi de la bouche. Le rêve suit la bouche, son interprétation.

La guémara (Béra'hot 55b) mentionne un certain rêve qui a reçu 84 interprétations différentes et chacune d'entre elles s'est réalisée.
Puisque l'actualisation d'un rêve vient de celui qui donne l'interprétation, la tradition juive recommandent de ne raconter son rêve qu'à son ami.
L'ami est prédisposé à voir le rêveur sous un jour positif ; son interprétation sera donc favorable et le rêve s'actualisera pour le mieux.

La guémara (Béra'hot 56a) parle de Rava et de son collègue Abbayé, qui faisaient régulièrement des rêves similaires et allaient voir Bar 'Hedya pour en obtenir l'interprétation.
Bar 'Hedya donnait à chaque fois des interprétations favorables à Abbayé, tandis que Rava recevait toujours des prédictions sombres. La véritable différence entre leurs prévisions était qu'Abbayé payait l'interprète et obtenait ainsi de bonnes interprétations, alors que Rava ne le faisait pas.
Curieusement, les interprétations se sont réalisées. En effet, comme nous l'avons vu, la façon dont on interprète un rêve peut avoir un effet sur sa réalisation. S'il est qualifié de mauvais, il le sera ; s'il est qualifié de bon, c'est ce qui se réalisera : le rêve "suit la bouche".

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-> A l'époque du moyen âge, les rêves étaient considérés comme ayant la capacité d'atteindre un certain degré de prophétie, bien qu'à un niveau inférieur. [ceci est basé sur la guémara (Béra'hot 57b) où un rêve est considéré comme 1/60e de la prophétie. ]

-> Le Ram'hal (18e siècle - dans son Dére'h Hachem3,1) écrit qu'il existe 2 types de rêves :
1°/ Les rêves naturels sont dus à des causes naturelles et n'ont pas de signification spirituelle ;
2°/ Les rêves spirituels sont le résultat de l'ascension de l'âme (néchama) pendant le sommeil.
Dans cet état, l'âme peut capter des informations de sources spirituelles qui sont perçues dans un rêve.
Ces informations ne sont pas nécessairement vraies et sont perçues avec plus ou moins de clarté. Même les informations exactes peuvent être mélangées à des informations incorrectes, et le rêveur moyen ne sera pas en mesure de discerner quelles parties du rêve, s'il y en a, ont une signification pratique

Ailleurs, le Ram'hal (Kla'h Pisché 'Hokma) écrit que "comme on le voit dans un rêve, où les sujets fluctuent rapidement en un instant ... les éléments réels vus dans le rêve ne sont pas vraiment vus, seule l'imagination fonctionne et montre ce que l'âme expérimente".

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-> Le Gaon de Vilna écrit que le but des rêves est de permettre à l'homme de saisir dans le sommeil ce qu'il est impossible de saisir à l'état éveillé. Il décrivait le corps comme une barrière, et lorsque l'âme s'élève pendant le sommeil, elle est capable de percevoir les choses qui ne peuvent pas appréhendées pendant les heures d'éveil.

-> Le rabbi 'Haïm de Volozhin approuvait les rêves et les visions de l'élite spirituelle, en particulier de son maître le Gaon de Vilna, mais il était en même temps très critique quant à la validité ou à la réalité pratique d'autres rêves.
Lorsqu'un homme interrogea Rabbi 'Haïm sur un rêve récurrent dans lequel il se noyait dans la glace brisée d'une rivière gelée, Rabbi 'Haïm lui conseilla de ne pas y prêter attention car la guémara (Guittin 52a) dit : "Les rêves n'ajoutent ni ne retranchent".
Lorsque l'homme se noya effectivement lors d'un voyage d'affaires dans une fleuve gelé, sa famille interrogea Rabbi 'Haïm sur les raisons pour lesquelles il avait si peu apprécié le rêve.
Il répondit que lorsque la guémara dit que "les rêves n'ajoutent ni ne retranchent", il s'agit de la réalité, et que le fait que cet événement malheureux se soit produit n'avait rien à voir avec le rêve.

-> Rabbi 'Haïm de Volozhin chérissait les véritables révélations des rêves, mais s'opposait farouchement aux affirmations ne relevant pas du domaine de la Torah et émanant de personnes n'ayant pas le calibre spirituel adéquat. Son maître, le Gaon de Vilna, avait adopté la même perspective.

Il est écrit (Biour haGra léSefer diTsinouta) :
Il y avait à Vilna un rêveur qui semblait avoir une vision des affaires privées des habitants de la ville.
Les habitants de la ville étaient à la fois stupéfaits et terrifiés par cet homme. L'homme fut convoqué devant le Gaon de Vilna. Il décrivit alors au Gaon un événement qui s'était produit dans l'intimité de la maison du Gaon, et qu'il ne pouvait pas connaître. Le Gaon déclara que le rêveur était simplement atteint d'une maladie mentale et le renvoya. Le Gaon n'a pas été impressionné.
Ce n'est pas parce qu'une personne a l'intuition de choses qu'elle ne devrait peut-être pas savoir, que cela vient nécessairement d'un lieu de sainteté. À moins que des capacités extra-sensorielles n'émanent d'un érudit de la Torah, les paroles de cette personne doivent être prises avec des pincettes.

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-> Rabbi Tsadok haCohen de Lublin écrit que les rêves et l'inconscient sont le reflet de l'accomplissement spirituel personnel.
Il (Tsidkat haTsadik) cite son maître le rabbi Morde'hai Leiner sur le verset "Yaakov a rêvé" : les rêves révèlent le niveau d'une personne. Comme les rêves représentent l'inconscient, plus ils montrent le Divin, plus on a purifié son cœur. Par conséquent, seul celui qui est au-delà du désir et rempli de Torah peut atteindre une quelconque vérité par le biais de l'imagination ou des rêves.

Le rav Tzsdok haCohen explique que c'est ainsi que l'on peut même étudier la Torah pendant une journée entière, mais que si l'on n'a pas fui les pensées étrangères, on y reste attaché et on n'y échappera pas dans ses rêves.
En ce sens, le rêve est un indicateur fiable du progrès spirituel d'une personne, puisqu'il ne peut être contrôlé par l'esprit conscient. Tout comme l'intellect peut s'attarder sur la vérité de la Torah ou sur les vanités du monde, l'imagination peut également le faire.
La qualité des rêves dépend entièrement de la perfection des illusions. Bien que les rêves soient le fruit de l'imagination d'un individu, plus l'inconscient est pur, plus la révélation est précieuse.

Rabbi Na'hman de Breslev (séfer haMidot) aborde également l'idée des rêves comme une fenêtre sur l'être intérieur et un rapport sur l'état du développement spirituel.
[de même, le rabbi Yékoutiel Halberstam, écrit que l'exactitude des rêves dépend de la droiture de celui qui rêve. ]

Le rav Tsadok haCohen aborde également les différents niveaux possibles de compréhension Divine par le biais de la Torah, des rêves authentiques et de la prophétie. Lorsque le Jacob biblique fait son rêve archétypal de l'échelle des anges qui montent et descendent, le rêve extraordinaire lui a été accordé en proportion de sa pureté de l'inconscient.
Notre réalité est toujours un rêve par rapport à nos niveaux supérieurs, de même lorsqu'il est dit que la prophétie est venue dans un rêve, c'est parce qu'elle est illusoire par rapport aux niveaux supérieurs de la prophétie. [Pri Tsadik 37,59]

=> Ainsi, les rêves sont un véhicule potentiel de sagesse supérieure, mais que ce potentiel est rarement exploité en raison de la grossièreté spirituelle de la majorité des gens.

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-> Rabbi Schneur Zalman (maamaré Admour haZaken 5565) écrit que les rêves sont enracinés dans makif el'yon, qui est également décrit essentiellement comme un royaume de la bonté Divine qui précède la division du temps et de l'espace, un état dans lequel les opposés coïncident.
[dans nos rêves, nous sommes les créateurs d'un monde où le temps et l'espace, qui limitent toutes les activités de notre corps, n'ont aucun pouvoir. ]

Ainsi, il existe un autre type de logique, un autre système de réalité, auquel on accède potentiellement par le biais des rêves. C'est par ce portail que l'on accède à une compréhension plus profonde du monde et de soi-même.
Rabbi Schneur Zalman décrit également les rêves comme une conscience élargie s'exprimant dans une conscience restreinte.
Ces descriptions de ce que les rêves peuvent atteindre contrastent fortement avec celles de Rabbi Pin'has de Koretz, qui était un de ses contemporain et un disciple du Baal Chem Tov, qui écrit que "les rêves sont les déchets de l'esprit" (midrach Pin'has 10b).

-> Il est écrit : "avec le retour de Sion, nous serons comme des rêveurs" (Téhilim 126,1).
A cet égard, Rabbi Schneur Zalman (Torah Ohr) explique que l'exil est comparable à un état de rêve. Dans l'existence réelle, prier et gagner sa vie ne vont pas de pair. La jouissance physique et la jouissance spirituelle ne peuvent coexister. Ce n'est que dans l'état de rêve de l'exil que le juif est contraint de vivre dans une réalité où 2 opposés peuvent fonctionner simultanément, et cela semble tout à fait normal.

De son côté, le Tséma'h Tsédek explique que l'exil et le rêve sont un processus de guérison. Tout comme dans le sommeil, le cerveau se purifie en "transpirant" les processus de pensée superflus et se renforce, ainsi il en va de même pour l'état d'exil.

-> La guémara (Béra'hot 55b) enseigne que le roi David faisait un mauvais rêve chaque nuit.
La 'hassidout explique que tout au long de la journée, David rectifiait le mal auquel il était confronté et le transformait en bien. Ses cauchemars étaient le résidu maléfique de ce qui ne pouvait être transformé en bien pendant la journée.
De même, les gens peuvent faire de mauvais rêves afin d'annuler les mauvais décrets.

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-> Il est écrit : "avec le retour de Sion, nous serons comme des rêveurs" (Téhilim 126,1).

-> Rabbi Yosef Yitzchak Schneersohn (le 6e Rabbi de Loubavitch, le Rayatz) dit qu'un rêve combine 2 opposés. Il écrit qu'un juif en exil peut être absorbé par l'unité de D. en récitant la prière du Shéma, et plus tard dans la journée, il peut se laisser entraîner par des activités mondaines et par l'orgueil.
Il explique que cela est dû au fait que l'exil est un état de rêve où les opposés peuvent être recherchés simultanément.

Le 4e Rabbi de Loubavitch (rabbi Shmouel Schneersohn) enseigne aussi à ce sujet : le monde n'est pas indépendant ; il est l'expression de la volonté de D. La création pourrait être comparée à une manifestation ou à une extension des pensées de D. Dans la pensée humaine, quelqu'un peut imaginer un monde entier avec des détails, des personnes et des événements. Cependant, les personnages de l'imagination humaine ne pourraient pas se rebeller contre la volonté et le désir de l'imaginateur humain, ce serait absurde.
Néanmoins, il est possible que l'être humain en exil puisse se rebeller contre D., même si toute son existence est une extension de la pensée de D.
Tel est le paradoxe de l'état onirique de l'exil.

-> Cependant, il est à noter qu'il écrit que le verset : "Bien que je m'assoupisse, mon cœur est éveillé" (Chir haChirim 5,1), enseigne un résultat positif de l'exil : que bien que je m'assoupisse au temps de l'exil, je suis éveillé au sacrifice de soi.
Le Rayatz explique que c'est précisément pendant l'exil, l'état de rêve, que l'on peut plus facilement éveiller en soi le pouvoir du sacrifice de soi (abnégation).

-> Une nuance intéressante enseignée par le Rabbi Loubavitch (rabbi Ména'hem Schneersohn) est une perspective sur la raison pour laquelle l'être humain dort. Apparemment, on pourrait accomplir beaucoup plus s'il n'était pas nécessaire de rester inactif pendant près de 8 heures [de sommeil] par nuit.
Le Rabbi précise que si le sommeil n'existait pas, il n'y aurait pas de différence entre aujourd'hui et demain, et aucune chance de se renouveler et de repartir à zéro. Le fait que nous devions dormir nous permet de penser que le lendemain sera meilleur, ce qui nous donne une fenêtre d'espoir et de croissance.

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-> "Avec le retour de Sion, nous serons comme des rêveurs" (Téhilim 126,1).

-> Selon rabbi Tsadok haCohen de Lublin, lorsque nous serons témoins du monde spirituel du machia'h, nous comprendrons que notre monde actuel était superficiel et irréel, un rêve fantastique.

-> Selon le Maharal (Nétsa'h Israël - chap.47), le monde du machia'h sera un monde spirituel de la réalité réelle.

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+ D'après le rav Avraham Its'hak haCohen Kook :

-> Le Rar Avraham Kook explique que tous les rêves contiennent un certain élément de mensonge, étant donné qu'ils proviennent de nos facultés imaginatives et émotionnelles qui, par défaut, contiennent des exagérations et des éléments absurdes.

Le rav Kook explique que le mensonge peut même être présente dans les vrais rêves prophétiques, parce que la vérité dans ces rêves est basée sur la réalité générale de ce qui devrait être.
Les circonstances peuvent changer la façon dont ces événements se déroulent en réalité, mais le rêve reste vrai en tant que scénario alternatif possible.
Par exemple, notre ancêtre Yossef rêve que ses parents se prosternent devant lui. Bien que sa mère soit décédée plusieurs années auparavant, la réalité est que si elle avait été en vie, elle se serait également inclinée devant lui lorsqu'il était vice-roi d'Égypte.

Le rav Kook écrit qu'il est certain que tous les rêves ne sont pas censés être considérés comme prophétiques. Lorsque l'humanité a été créée, dans son état le plus pur, les rêves étaient censés être un moyen de générer une vision prophétique.
Avec la chute d'Adam, l'ancienne élévation spirituelle de l'humanité est tombée à un point tel que les rêves étaient plus faux que vrais.
À l'origine, et dans certains cas actuellement, l'humanité a reçu la capacité de rêver afin de saisir un scénario possible de la façon dont les événements pourraient se dérouler. Ce faisant, elle se donnait la possibilité de s'amender si nécessaire.

Comme nous l'avons vu, la clé essentielle des rêves est leur interprétation. Les rêves peuvent être une expression de l'âme. Les âmes contiennent un mélange de bons et de mauvais traits.
Un même rêve peut avoir plusieurs significations, car il reflète des qualités contradictoires au sein de l'âme.
Lorsque l'interprète des rêves donne une interprétation positive, il aide à actualiser les traits positifs cachés dans l'âme du rêveur. Une interprétation négative, en revanche, favorisera et fera ressortir les traits négatifs.

Les prophètes et les personnes saintes font des rêves importants et significatifs. La plupart des rêves, cependant, sont insignifiants ou inutiles, comme le dit la Bible : "Les rêves disent des choses fausses" (Zé'haria 10,2).
La différence de qualité des rêves est essentiellement basée sur la concentration d'une personne tout au long de la journée. Les serviteurs de D. consacrent leurs pensées et leurs actions uniquement au perfectionnement de toute la création ; par conséquent, leur imagination dans leurs rêves ne sera stimulée que par des sujets liés à la réalité universelle.
Il en résulte que leurs rêves sont d'une grande importance, car ils capturent la vérité intérieure de la réalité.
L'homme moyen, en revanche, s'occupe tout au long de la journée des vanités de la vie quotidienne. Il n'est donc pas surprenant que ses rêves ne soient que des pensées et des désirs vains.

C'est ce que veut dire la guémara (Béra'hot 55b) lorsqu'elle affirme que les anges apportent des rêves prophétiques et que les démons apportent de faux rêves.
Les anges sont des forces constantes dans l'univers, préétablies pour parfaire le monde. Les vrais rêves sont liés à ces forces positives sous-jacentes inhérentes.
Les démons, en revanche, sont des forces impies enracinées dans des désirs privés qui sont incompatibles avec l'ordre universel global. Par conséquent, les faux rêves sont le résultat de ces désirs privés.

La capacité de rêver a été donnée à l'humanité afin d'élargir ses horizons. Une vie plongée uniquement dans le matérialisme est grossière et limitée à une vision très étroite. Les rêves permettent de se libérer de ces contraintes. C'est à partir des rêves que l'on peut surmonter la vision grossière et fragmentée de la réalité et appréhender plus précisément la vérité ultime.

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+ D'après le rav Eliyahou Dessler :

-> Le rav Eliyahou Dessler écrit qu'il existe principalement 3 types de rêves :
1°/ les rêves qui révèlent des aspects négatifs de la personnalité d'une personne qui, autrement, seraient restés cachés et inconnus.
La découverte de ces défauts de la personnalité permet de faire les changements nécessaires.

2°/ les rêves ayant des capacités prophétiques qui donnent un aperçu des scénarios futurs possibles.

3°/ Les rêves qui révèlent des aspects positifs de la personnalité d'une personne qui, autrement, seraient restés cachés et inconnus.

-> Le Or'hot Tsadikim (ouvrage du 15e siècle) enseigne que :
"puisque toutes les pensées d'une personne ne sont pas vraies, tous ses rêves ne sont pas vrais. Si quelqu'un s'habitue à ne penser que des pensées vraies, alors la nuit aussi il aura des visions vraies et connaîtra le futur, comme les anges".

-> Cela fait écho à un ouvrage antérieur, le Séfer 'Hassidim, qui écrit que "si l'on veille à dire la vérité absolue dans toutes ses affaires, ses rêves se réaliseront exactement comme le ferait une prophétie".
[cité par rabbi 'Haïm Vital (chaaré kédoucha IV)]

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.4) cite le parallèle évident entre l'implication d'une personne dans la vérité pendant la journée et la façon dont elle s'exprime dans ses rêves.
Le renforcement de la qualité intérieure de la vérité pendant les heures où l'on est éveillé, renforcera à son tour la qualité du contenu de la vérité dans les rêves. En ce sens, les rêves peuvent servir en quelque sorte de jauge pour vérifier où se situent les préoccupations quotidiennes.

-> Bien que cela soit rare de nos jours, certains rêves peuvent encore avoir des capacités prophétiques.
Le rav Na'houm Velvel Dessler, fils du rav Eliyahou Dessler, se rendit un jour chez le rav Eliyahou Lopian, et pendant le voyage, il faillit être renversé par une voiture. Lorsqu'il arriva, le rav Lopian lui demanda pourquoi il avait l'air si secoué et si pâle. Il raconta au rav Lopian qu'il avait failli être victime d'un accident.
Le rav Lopian se réjouit que le danger soit passé, car la nuit précédente, il avait rêvé que le rav Na'houm avait eu un terrible accident, et il avait prié toute la journée pour qu'il arrive sain et sauf.
Le rav Eliyahou Dessler raconta plus tard à son fils qu'il avait fait le même rêve cette nuit-là et qu'il jeûnait depuis lors.

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-> Le rabbin 'Haim Bellaïche, ancien grand rabbin de Tunisie au début du 20 siècle, écrit que la capacité d'interpréter les rêves est depuis longtemps révolue. C'était quelque chose de répandu et de réalisable à l'époque biblique, mais même à l'époque talmudique, cette compétence était déjà en grande partie perdue.

Il est intéressant de noter que le monde à Venir n'est mentionné nulle part dans la Torah.
Le rabbi Shlomo de Zhvil explique que c'est parce que nous sommes les enfants d'Hachem (Réé 14,1).
Quelle est la différence entre un serviteur et un enfant? Un serviteur fait son travail pour recevoir une compensation. Ce n'est pas le cas d'un enfant. Tout ce que le père possède est à la disposition de l'enfant, tant qu'il ne se rebelle pas ou ne s'enfuit pas. Un enfant n'a pas besoin de salaire car il héritera de tout.
De même, la Torah n'a pas besoin de mentionner la plus grande des récompenses. En tant qu'enfants de D., absolument tout est à nous tant que nous faisons Sa volonté.

Une origine de l’antisémitisme

+ Une origine de l'antisémitisme :

-> "Parce qu'Hachem nous a rendus uniques par Ses lois et Ses préceptes [au mont Sinaï], et que notre prééminence se manifeste dans Ses règles et Ses statuts ... c'est pourquoi toutes les nations idolâtres, animées par l'envie et l'impureté, s'élèvent contre nous, et tous leurs rois, motivés par l'aversion et la calomnie, s'emploient à nous persécuter. Leur désir est de se battre contre Hachem!"
[Rambam - Iguéret Téman]

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-> La guémara (Shabbath 89a) s'interroge : Pourquoi [le lieu de notre mariage avec Hachem, où l'on a reçu la Torah] est appelé : mont Sinaï?

Nos Sages d'y répondre : "Car c'est à partir de là que les nations [du monde] ont commencé à haïr les juifs".
[le mot : "sin'a" : שִׂנאָה = la haine]

Rachi explique : c'est parce qu'elles n'ont pas accepté la Torah lorsqu'elle leur a été offerte [et ce avant que le peuple juif ne l'accepte].
[lorsque les nations du monde ont réalisé leur erreur, et qu'elles ont pu voir les avantages énormes que les juifs en tiraient (l'éternité, la Vérité, ...), elles se sont remplies de jalousie et de haine [même de manière inconsciente].