« Nous [le peuple juif] nous trouvons en exil et nous sommes soumis à D. au milieu de peuples qui nous persécutent et nous causent du tort.
Celui qui réalise cela prend conscience du grand miracle dont nous avons bénéficié en ayant survécu depuis la destruction du Saint Temple jusqu’à aujourd’hui.

Pour moi [rav Emden], ce miracle est le plus grand de tous.
Il dépasse toutes les merveilles que D. a accomplies en Egypte, lorsqu’Il nous a délivrés de l’esclavage et qu’Il a ouvert la Mer Rouge. »

[rav Yaakov Emden – Yaavetz – dans son introduction à son Sidour]

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-> « Le voici qui se tient derrière notre mur (Chir haChirim 2,9) : ce mur se réfère au Mur Occidental du Temple qui ne sera jamais détruit. »
[midrach Bamidbar Rabba 11,2]

Le Rav Eliya Lopian avait pour habitude de dire, lorsqu’il citait ce midrach, que les gens se trompent.
Ils pensent que D. a garanti que le Kotel continuerait d’exister parce que nous avons besoin d’un endroit pour prier, mais cela n’est pas vrai.

Nous avons besoin de prier à proximité de la terre sacrée sur laquelle le Temple était érigée autrefois.
Nous voulons en être aussi près que possible, mais nous n’avons pas besoin d’un Mur.
=> A quoi donc nous sert ce Mur (le Kotel)?

Le rav Lopian répond que nous en avons besoin pour prouver à ceux dont la foi est chancelante, que comme les Sages l’ont affirmé : la Torah est d’origine divine.
Si l’on pouvait accrocher une banderole sur le Mur, elle proclamerait : « Cet endroit est l’argument qui s’oppose à ceux qui nient l’origine divine de la Torah ».

[=> de même qu’il est totalement improbable que le mur du Kotel n’a pas été détruit durant les centaines d’années d’absence des juifs sur leur terre, de même il renvoie au plus grand miracle de l’Histoire : l’existence du peuple juif, petit en nombre parmi des nations qui ont constamment essayé de le détruire.]

Les gens qui voyagent à bord d’un train ont la permission de bouger et de faire ce qu’ils veulent [pendant leur trajet].
En revanche, le conducteur doit maîtriser ses émotions et concentrer toutes ses capacités à contrôler chaque aspect du train.

De même, le rabbin d’une communauté conduit le train spirituel des personnes de sa communauté.
Tous leurs yeux sont levés vers lui, recherchant dans chacun de ses actes en privé et en public des conseils pour mener leur vie.
Ainsi, s’il se relâche [dans son comportement], il peut entraîner de tragiques défaillances dans l’ensemble de la vie spirituelle de la communauté.

[rav Yé’hiel Michel haLévi Epstein – Aroukh haShoul’han]

Les juifs sont tous liés au niveau de leur âme, et ne forment qu’une seule unité.
[Sfat Emet]

[le peuple juif est une entité unique, que seule la matière divise]

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+ Avoir de la reconnaissance envers chaque juif :

-> « Même les juifs les plus insignifiants sont remplis de mitsvot comme une grenade [l’est de graines]. »
[guémara Sanhédrin 37a]

=> Nous devons avoir de la gratitude envers tout juif, car nous avons pu profiter indirectement du flux positif qu’a entraîné ses mitsvot.

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+ Aimer chaque juif, pour le mal indirect que nous lui avons infligé :

-> « Les juifs sont tous liés entre eux.
Leurs âmes sont unies, chacune contenant [en elle] une partie de toutes les autres [âmes].
C’est pourquoi : « Tous [les juifs] sont responsables les uns des autres. » (guémara Sanhédrin 27b )
[En effet,] Lorsqu’un juif faute, il porte atteinte non seulement à son âme, mais également à sa partie de lui-même qui est présente au sein de tous les autres juifs. »
[Ram’hal – Tomer Dévora]

-> Selon la guémara (Shabbath 55a), il y a uniquement 4 personnes dans l’histoire du monde qui sont mortes sans n’avoir jamais fait de faute.
Il s’agit de : Binyamin (le fils de Yaakov), Amran (le père de Moché), Yshaï (le père du roi David) et Kilav (le fils du roi David). Selon certains, on peut y ajouter : Lévy et Yéhochoua.

=> Combien nous devons être remplis de honte face à tout juif pour lui avoir infligé indirectement les conséquences de nos fautes.
Rien que pour cela, nous devons toujours être bienveillants, au point d’en venir à aimer chacun de nos frères juifs.

[en effet, quoiqu’on puisse reprocher à autrui, cela sera toujours inférieur à la la souffrance que nous lui avons imposée à cause de notre mauvais comportement!)]

La paix

+ La paix (shalom) :

-> Au niveau le plus élevé des hauteurs célestes se trouve le Shalom, source de toutes les bénédictions qui se déversent sur la terre.

Un des Noms de D. est : Shalom (guémara Shabbath 10b), et c’est depuis la sphère du Shalom que D. répand Sa bonté sur terre.
Lorsqu’un homme s’efforce de faire régner la paix sur terre et s’applique de tout cœur à empêcher les querelles et la haine avec son prochain, il occasionne un redoublement d’intensité de la bénédiction de la sphère du Shalom.

Même s’il a commis des fautes, il sera pardonné parce qu’il poursuit la paix et la fraternité.

[Yessod véChoréch haAvoda]

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-> Toutes nos bénédictions sont scellées par la paix.
[Sifra – Bé’houkotaï]

-> Rabbi Chimon ben Halafta dit : « Hachem ne pouvait trouver de récipient plus adéquat que la paix pour contenir les bénédictions d’Israël.
Comme il est dit : « Hachem donnera la force à son peuple, Hachem bénira Son peuple par la paix » (Téhilim 29,11). »
[Ouktsin 3,12 = c’est à la conclusion des 6 traités de la michna ]

-> Selon le Sforno (Vayé’hi 49,15), la paix représente la plénitude spirituelle.

-> Selon le Gaon de Vilna (Even Chléma – Méguilat Esther), la bénédiction de la paix, se rapporte à la perfection des qualités morales.

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-> La paix n’est pas simplement l’absence de guerre. C’est une harmonie entre des forces contraires.

A l’intérieur de l’homme, c’est le juste équilibre entre les besoins matériels et ses obligations spirituelles.
Pour l’univers, c’est l’équilibre entre l’infinité de ses éléments, entre le sacré et le profane.

Quand Israël faute, il cause la rupture de cet équilibre, car il n’utilise pas comme il le devrait les éléments de la Création que D. met à sa disposition.
Un écran se dresse alors entre Hachem et Son peuple, un écran que D. dans Sa miséricorde retire afin de lui permettre de faire téchouva et de retrouver la paix et l’harmonie.

[Ohr ha’Haïm (Nasso 6,26) ; Malbim ]

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+ Le roi Salomon dit : « Toi qui te tiens dans les jardins, les compagnons tendent l’oreille pour écouter ta voix » (Chir haChirim 8,13)

-> Le midrach (rabba Chir haChirim 8,13) de commenter :
Quels sont ces jardins?

Ce sont les synagogues.
Lorsque les juifs se rassemblent dans les synagogues pour prier tous à l’unisson, en parfaite harmonie, D. leur dit : « Élevez la voix pour que les « compagnons » : les anges de service, puissent aussi vous entendre!
Ayez soin de ne pas vous haïr, vous jalouser ni vous quereller et de ne pas vous faire honte les uns aux autres, pour ne pas donner aux anges l’occasion de se plaindre et de dire : « Maître du monde! La Torah que Tu as donnée aux enfants d’Israël, ils ne l’observent : ils se haïssent et se querellent! »
Je vous en prie! Observez-là dans la paix! »

[si la prière en minyan a une puissance tellement supérieure à celle récitée individuellement, c’est en grande partie grâce à l’unité des juifs pendant la prière, qui va contribuer à l’élever aux hauteurs les plus hautes, permettant de générer de sublimes bénédictions. ]

-> Lorsque la paix et l’harmonie font de nous une seule et même famille [juive], nous montrons que nous sommes les enfants d’un même père.
Nous méritons alors les bénédictions promises à Avraham.
[Ets Yossef]

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-> « Désire ce que le Créateur a voulu pour toi. Jouis de ce que tu possèdes, peu ou beaucoup. »
[O’hot ‘Haïm 69]

-> « Si les choses ne sont pas comme vous les auriez désirées, désirez qu’elles soient ce qu’elles sont [puisque provenant avec précision de Hachem] »
[Rabbi Mordé’haï de Lechovitz]

=> Pour avoir une véritable paix d’esprit, il faut savoir accepter ce que la vie nous donne sans attendre qu’elle se plie à nos exigences.
[c’est pas comme je le veux, mais c’est comme D. le veut, alors c’est encore mieux!]

-> Dans un commentaire, rabbi Avraham Feuer fait remarquer que le mot : « joie » (שמחה) contient la racine : « effacer » (מחה), car quiconque désire éprouver une joie véritable doit d’abord apprendre à gommer ses propres sentiments. En un sens, il doit s’oublier.

[nous devons nous oublier, car nous ne comprenons rien de ce qui se passe dans le monde.
A la place, nous devons mettre toute notre confiance en papa Hachem, qui peut tout et qui pilote toute chose pour notre plus grand bien.

Si nous pensons être à la place de D., en sachant ce qu’il nous faut de mieux dans la vie, alors nous ne pourrons jamais être heureux, car cela ne se passera jamais à 100% comme désiré.

A l’inverse, si nous restons à notre place, plein de confiance en D., alors nous nous permettons de vivre une vie de joie, puisqu’ayant toujours exactement ce qu’il me faut!

=> Effacer le « moi », au profit de « Hachem », permet de voir la vie positivement, plein de sérénité!]

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-> « Grande est la paix car chaque fois que D. déverse Ses bénédictions, Ses prières, Ses souhaits et Ses paroles de réconfort sur le peuple juif, Il les clôt par le mot : « shalom » (paix).

De plus lorsque le machia’h viendra pour délivrer le peuple juif, il commencera par une incitation à la paix. »
[midrach Vayikra rabba 9,9]

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-> « Le seul objectif du machi’ah est d’amener la paix sur la terre …

Nos Sages et prophètes n’attendaient pas l’ère messianique pour pouvoir dominer le monde et être supérieurs aux non-juifs.
Ils ne désiraient qu’une chose, être libres de se consacrer à la Torah et à sa sagesse.
Ils souhaitaient que rien ne les dérange ou ne les distraie, afin de s’efforcer de mériter la vie du monde à venir.

A l’époque messianique, il n’y aura ni guerre ni famine. Jalousie et compétitivité disparaîtront totalement, car toutes les bonnes choses se trouveront en abondance et les merveilles seront aussi banales que la poussière.
L’humanité toute entière se livrera à la connaissance de D. »
[Rambam – Hilkhot Mélakhim 12, 2-5]

Les réformistes

+ Les réformistes – Paroles du ‘Hatam Sofer :

-> « Ils se croient éclairés parce qu’ils ont fait quelques années d’études à l’université.
Ils sont certains qu’ils peuvent tout expliquer.

Mais que savent-ils?
Que le couteau coupe et que l’eau éteint le feu?

Si nous leur en demandons la raison, ils répondent : « Elle est évidente! Le couteau est dur : il coupe donc le pain, qui est tendre ».
Mais si nous insistons et que nous demandons en vertu de quoi ce qui est dur coupe ce qui est tendre, et pourquoi ce n’est pas l’inverse, pourquoi ce qui est tendre ne dissout pas ce qui est dur. Ils n’ont alors pas de réponse.

Nous, juifs croyants, nous savons la réponse!
Nous avons étudié le récit de la Création dans la Torah et nous savons que le Créateur a donné des propriétés particulières à chacune de Ses œuvres. C’est Lui qui a conféré à une substance dure le pouvoir de trancher une substance tendre!

C’est cela, l’explication! C’est cela la Science!
Les réformistes ne savent rien de cette vérité, et ils ont l’outrecuidance de se croire éclairés! »

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[Etre réformiste, c’est dire à D. que Sa Création n’est pas parfaite, et qu’heureusement nous sommes là pour venir l’aider!
Un juif ne s’arrête pas sur un voile de la nature, de la compréhension humaine, mais il sait que l’origine première de toute chose est : Hachem, l’Unique Maître du monde.
Plutôt que de chercher à se croire supérieur, profitons de notre courte vie pour faire confiance à Ses conseils, à Sa Torah de vie!]

« Tout ce qui porte atteinte aux juifs sera détruit.
Cela fait référence même aux pierres utilisées pour mettre en application une peine [du beit din] de mort par lapidation ou bien à l’épée nécessaire à l’exécution d’une punition [du beit din] de mort par lapidation.
Elles sont brûlées, pour annuler leur force après avoir appliquées le décret.

Une fois que le jugement est exécuté, la compassion reprend le dessus à un tel point qu’il semble que Hachem regrette son jugement sévère. »

[Ram’hal – Tomer Dévora – 9e Attribut]

« Les juifs sont tous liés entre eux.
Leurs âmes sont unies, chacune contenant [en elle] une partie de toutes les autres [âmes].

C’est pourquoi : « Tous [les juifs] sont responsables les uns des autres. » (guémara Sanhédrin 27b )
[En effet,] Lorsqu’un juif faute, il porte atteinte non seulement à son âme, mais également à sa partie de lui-même qui est présente au sein de tous les autres juifs.

Chacun de nous est le garant de cette partie de nous-même qui se trouve dans le restant de notre peuple.

Puisque tous les juifs sont une même famille, on doit désirer uniquement le meilleur pour notre prochain, regarder positivement la réussite de son voisin, et chérir l’honneur de son ami comme le sien. »

[Ram’hal – Tomer Dévora]

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-> Dans le domaine matériel, si nous nous cognons violemment notre doigt, c’est le corps entier qui a mal, puisqu’il constitue une seule entité.

Il en est de même dans notre monde spirituel.
Puisque nous sommes tous intimement connectés, toutes mes décisions spirituelles vont affecter l’âme collective [juive].

[C’est ainsi que,] Ma croissance spirituelle va accroître la fibre morale de l’ensemble des juifs, tandis qu’à l’inverse mes mauvaises actions vont impacter négativement la spiritualité de l’ensemble de la nation juive.

[Rav Eliahou Dessler – Mikhtav méEliyahou]

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-> « Si l’homme s’élève spirituellement, l’univers entier s’élèvera avec lui, mais s’il s’abîme, l’univers entier s’abîme avec lui. »
[Ram’hal]

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-> Lorsqu’un juif faute, c’est tous les juifs qui souffrent du renforcement du mal que cela engendre.

S’il en est ainsi, par exemple, lorsqu’un juif est tenté d’aller dans un restaurant sans contrôle de la cacherout, il doit penser : « Si je mange ici j’aurai un plaisir momentané, mais à quel prix?
Je vais nuire à mes amis et à mon entourage. Suis-je égoïste au point de porter atteinte à autant de personnes, et ce uniquement pour pouvoir manger ce sandwich?
Notre exil n’a-t-il pas duré assez longtemps, pour que je sois celui qui va prolonger les souffrances de l’ensemble des juifs? »

Une personne qui aime véritablement son prochain juif évitera d’infliger ce type de dommage.

[Rabbi El’hanan Wasserman – Kovets Maamarim]

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-> « Si un juif s’écarte de sa judaïcité à Paris, c’est parce des gens se relâchent dans leur étude de la Torah à Kovno (en Lituanie)« 
[Rabbi Israël Salanter]

[la réalité est que tous les juifs sont liés, dépendants les uns avec les autres.
La réussite d’autrui devient également la mienne! Lorsqu’il va mieux, je vais forcément mieux!
Quand je demande à mon prochain : « Comment ça va? », d’une certaine façon c’est comme si je prends des nouvelles d’une partie de moi-même!]