« L’amour ferme les yeux sur les défauts ; la haine ferme les yeux sur les qualités »
[Ibn Ezra]

-> Le rav Ben Tsion Aba Chaoul explique que celui qui se focalise sur les défauts d’autrui, ressemble à quelqu’un qui rentre d’une maison incroyablement belle, avec une odeur exquise, … et il va mettre sa tête dans la poubelle de la maison, s’exclamant : « C’est sale, immonde ici! Quelle odeur insupportable! »
De même, nous sommes tous des êtres humains, non des anges, et nous avons ainsi tous en nous quelques aspects négatifs, quelques déchets.
De même qu’il est normal d’avoir un espace avec des saletés dans notre maison, de la même façon nous devons accepter qu’il y a quelques « saletés » dans notre prochain.

Je n’ai jamais entendu de cas où une personne a renoncé à quelque chose (dans un but de préserver la paix), et qui en est ressorti perdante.
Une personne qui cède (pour le shalom, l’honneur d’autrui, …) est toujours gagnante.

[rav Eliézer Ména’hem Shach]

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-> Le fait d’aimer autrui, de le juger favorablement, … sont des mitsvot comme d’autres qui nécessitent de dépenser de l’argent.
Nous sommes prêt à dépenser de l’argent pour un étrog, pour écrire un Séfer Torah, pour recevoir des invités (hachnassat or’him), pour faire une mariage, …

Le ‘Hafets ‘Haïm dit que nous devons également être prêt à dépenser, à « perdre » de l’argent pour préserver l’harmonie dans notre famille, avec nos amis et voisins.
Plutôt que de discuter sans fin et de se battre sur de petites sommes d’argent, nous devons consacrer cet argent pour promouvoir la paix.

Le ‘Hafets ‘Haïm conclut que cela est certainement aussi important que pour toute autre mitsva.

[ex: en acceptant de céder (de l’argent, de notre honneur) afin de préserver l’amour avec notre prochain (tu aimeras ton prochain comme toi-même), nous nous évitons également beaucoup de lachon ara et d’agir à de nombreuses reprises à l’encontre de notre obligation d’aimer notre prochain, de la juger favorablement.
De plus, la paix est le canal permettant aux bénédictions de descendre sur nous!]

-> b’h, à ce sujet : http://todahm.com/2013/12/01/garder-le-silence-pour-preserver-la-paix
et : http://todahm.com/2019/07/08/la-paix

-> « Ne hais point ton frère en ton cœur » (Kédochim 19,17
Nos Sages (guémara Sanhédrin 27b) disent que si un juif évite de parler à une connaissance pendant plus de 3 jours en raison de sa haine, il a transgressé cette mitsva.

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-> Une personne ne peut pas imaginer combien de douleurs elle se dispense en acceptant avec amour et confiance, les insultes, les coups et les attaques qu’elle peut recevoir d’autrui.
A la place de réagir radicalement et avec colère, on doit accepter que cela nous vient en place de souffrances beaucoup plus importantes, et que cela peut même venir sauver notre vie.
[Ben Ich ‘Haï]

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-> « Dans le Shalom Bayit, celui qui renonce, c’est celui qui gagne »
[rabbi de Satmar]

Le rav Yé’hia Benchétrit de commenter :
-> « Ce que l’on a dans la vie, ce n’est pas ce que l’on a obtenu, c’est ce que l’on a sacrifié pour l’avoir »
-> « Une chose n’a de place en soi, que par rapport au sacrifice que tu as fait pour elle ».

=> Lorsque cela se fait de façon saine et dans le respect de la Torah, la personne qui a cédé par amour de l’autre, va être la grande gagnante, car bien qu’elle n’a pas eu le dernier mot, elle aura par cet acte développé davantage son amour, son attachement pour l’autre.
[selon le rav Dessler, plus on donne à autrui (du temps, des paroles positives, de l’aide, …), plus on met une partie de soi en cette personne, et plus on en vient à l’aimer.]

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-> Le Baal Chem Tov enseigne que lorsqu’une personne meurt, son âme monte dans le tribunal d’en-Haut, et elle doit y subir un jugement.
On lui monde la vidéo de toutes ses années de vie.
Chaque action, chaque mot et chaque pensée passent devant ses yeux. Tout est très réel et clair.
Alors, on demande à cette personne de juger tout ce qu’elle a vu, déterminant ainsi son propre verdict.
On est dans le monde de Vérité et on ne peut y dire que la vérité.

Si durant sa vie cette personne était habituée à juger autrui favorablement, alors son âme va automatiquement n’avoir que des choses favorables à dire, même concernant ses méfaits.
Mais si elle était habituée à critiquer et condamner les actions de autres, alors elle va se juger elle même d’une façon identique.

-> Rachi (guémara Shabbath 127) enseigne que le fait d’amener la paix est : une extension du fait de juger favorablement autrui.

[ainsi en renonçant pour préserver la paix, l’harmonie avec autrui, cela implique que nous jugeons autrui positivement.
Au-delà de nous être bénéfique dans ce monde, dans le monde à venir cela sera un joker incroyable. En effet, en cédant pour la paix, en jugeant positivement, alors il en sera de même concernant nos mauvaises actions, qui ne seront alors pas vraiment considérées comme telles au moment de notre jugement.]

-> b’h, concernant l’importance de juger autrui favorablement : http://todahm.com/2018/12/09/limportance-de-garder-sa-langue-4e-partie

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-> « Plus un homme est donneur, plus il est à l’image de son Créateur, et plus il est important (‘hachouv). »
[Ben Ich ‘Haï – guémara Kétouvot 5a]

Le plus il y a d’harmonie, de respect mutuel, d’attachement entre un mari et sa femme, en particulier lorsque les 2 observent la Torah et les mitsvot, le plus sera importante la quantité des bénédictions d’Hachem à eux 2, pour combler tous leurs besoins.

[rabbi de Loubavitch]

Si un homme [marié] est capable de trouver une femme plus belle que la sienne, c’est qu’il n’a jamais vraiment aimé la première …

Autrement dit, lorsque je me marie, la problématique n’est pas de prendre la plus belle du monde, mais que, dès lors que je l’ai choisie, la plus belle, c’est elle!

[rav Yossef ‘Haïm Sitruk]

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-> Le Séfer ha’Hinoukh (mitsva 572) enseigne que lorsqu’un homme aime sa femme, aucune autre femme au monde ne semble attirante à ses yeux, et il n’en a aucune envie de fauter.

[pour cela par exemple, on essaiera autant que possible d’apprécier les qualités de notre épouse, tout ce qu’elle apporte à notre vie, … En effet, en ne prenant pas cela pour acquis, nous pouvons développer son importance, notre estime d’elle à nos yeux, et ainsi réduire à néant toute autre femme (puisque ne lui arrivant pas à la cheville!), et tout moment de friction (comment puis-je m’emporter contre elle, alors qu’elle fait tellement pour moi, qu’elle m’apporte tellement dans ma vie, qu’elle a de si belles qualités, …)]

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[b’h, issu du 2°/ du divré Torah : http://todahm.com/2018/10/10/3-questions-reponses-paracha-ki-tetse ]

[Même] s’ils ont eu une maison/foyer paisible pendant la semaine, lorsque Shabbath arrive ils doivent se couvrir l’un l’autre de mots agréables et de davantage d’amour.

[Tikouné Zohar – p.64b]

Rabbi Akiva fait ce commentaire : « Si un homme et sa femme sont méritants, la Présence Divine résidera parmi eux, sinon un feu les consumera »

Rava précise : le feu de la femme est plus dévastateur que le feu de l’homme.
Pour quelle raison?
C’est parce que pour la femme (icha – אשה) les lettres (aléph et chin, qui forment le mot : éch – feu – אש) son juxtaposées, tandis que pour l’homme (ich – איש) ces lettres (qui forment le mot אש) sont séparées (par la letttre « youd »).

[guémara 17a]

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-> Lorsque les 2 conjoints sont méritants, en demeurant fidèles l’un à l’autre et en suivant le chemin « droit » de la Torah, Hachem distribuera les lettres de Son Nom י-ה, le youd à l’homme (איש) et le hé à la femme (אשה).

Mais s’ils ne sont pas méritants, Hachem retirera Son Nom, donc les lettres youd et hé, et il ne restera plus chez chacun que les lettres aléph et chin qui forment le mot אש (éch – feu) ; ce couple va alors à sa perte par le feu de la dispute.
[Rachi]

-> Tant qu’Adam était seul, il s’appelait : « adam » (אדם).
Lorsque Hachem lui a donné sa compagne ‘Hava, ils se sont appelés : « éch » (אש).
Hachem a dit : « S’ils suivent Mes voies et accomplissent Mes commandements, Mon Nom י-ה sera posé sur eux pour devenir איש et אשה dignes de ce Nom, et Je les épargnerai de toute détresse ; sinon Je retirerai d’eux Mon Nom, c’est-à-dire les lettres youd et hé, et ils redeviendront אש (un feu), selon le verset : « Car ce sera un feu dévorant jusqu’à la perdition » (Iyov 31,12).
Ils se « brûleront » alors l’un l’autre jusqu’à se détruire mutuellement.
[Pirké déRabbi Eliézer – chap.12]

-> La lettre youd (י) du milieu du mot איש, qui s’écrit en plein יוד, a pour guématria : 20.
La lettre chin (ש) du milieu du mot אשה, qui s’écrit en plein שין, a pour guématria 360;
La guématria totale de ce couple de lettre est donc de 380 (20+360) ; si on ajoute les 6 lettres (de איש et אשה), on obtient 386 qui est la guématria du mot : « Ché’hina » (Présence Divine – שכינה), de valeur 385 auquel on ajoute 1 pour le mot lui-même (le kollel), soit au total 386.

Il y a donc ici une allusion au fait que la Présence Divine (chékhina) règne au « milieu » du couple.
[Ben Ich ‘Haï]

« Tout homme qui n’a pas d’épouse ne peut pas être appelé : « Adam » (Homme).« 

[rabbi El’azar – guémara Yébamot 63a]

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-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou – tome.3,p.33) commente :
Hachem a doté l’homme et la femme d’un pouvoir de donation (koa’h hanétina) par lequel ils se complètent mutuellement au cours de leur vie matrimoniale.
Le donneur apporte au receveur le complément qui lui manque, et le receveur permet au donneur d’exercer son pouvoir de donation.
Par cet échange réciproque, l’unité du couple se renforce, car chacun donne et reçoit.

Plus l’homme et la femme sont différents, plus cette complémentarité est nécessaire et devient une source d’amour mutuel.
Mais si chacun des 2 membres du couple veut vivre une vie égoïste en ne pensant qu’à prendre (koa’h hanétila), la discorde s’installe, voire même la haine.

Nous comprenons pourquoi un homme non marié ne peut pas être entier, car il n’échange pas et ses manques demeurent ; il ne peut donc pas être appelé : Adam.

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-> Il n’y a pratiquement aucun endroit ou moyen pour qu’un homme puisse arranger son caractère et devenir complet, si ce n’est dans sa maison et son comportement en cet endroit.
A chacun Hachem donne la femme dont il a besoin et qui correspond [le mieux] pour compléter son objectif.
[rabbi ‘Haïm Vittal – début du Chaaré Kédoucha]

« De chaque être humain s’élève une lumière qui atteint directement le Ciel, et lorsque 2 âmes qui sont destinées à être ensemble se trouvent l’une l’autre, les flux de lumière s’écoulent ensemble et une seule lumière plus brillante sort de cet être uni. »

[Baal Chem Tov]

+ Les défis de notre génération (par le rabbi Friedlander) :

« Les gens d’aujourd’hui ont une vie moins difficile que ceux des générations précédentes, c’est la raison pour laquelle ils ont moins d’endurance pour affronter les situations difficiles.
Ainsi, dans notre génération moderne en avancée perpétuelle, les gens cherchent des solutions rapides à leurs problèmes et ne sont pas prêts à s’armer de patience.

De plus, notre société habituée au luxe, au confort et aux solutions faciles refuse de souffrir et de faire des concessions.
Ce phénomène accentue l’égocentrisme et amoindrit le désir de se dévouer pour son conjoint et donc de céder. »

[rabbi ‘Haïm Friedlander – Introduction au « Véyadata ki shaom aolé’ha »]

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-> Cela est à mettre en parallèle avec les paroles fondamentales de rav Dessler (Mikhtav méEliyahou) :
« Nous avons tendance à penser que le don est une conséquence de l’amour car il est logique d’avoir envie de donner à une personne que l’on aime.
Mais l’inverse est d’autant plus vrai. En effet, l’homme aime le fruit de son investissement, car il ressent qu’une partie de lui s’y trouve désormais ».

-> Aux couples à l’aube de leur mariage, le rav Dessler disait :
« Faites en sorte d’aspirer toujours à vous prodiguer du bien mutuellement comme maintenant, au début de votre couple.
Et sachez que dès lors que vous commencerez à réclamer l’un de l’autre ce que vous pensez vous revenir de droit, votre bonheur se dissipera. »

« Selon nos Sages, il est plus important de se marier et d’avoir des enfants que de construire le Temple.
[…]

La mitsva relative au mariage est si importante que nos Sages n’hésitent pas à autoriser quelqu’un à vendre un rouleau de la Torah dans ce but.
[…]

Tant qu’un homme reste sans épouse, la Présence Divine l’abandonne.
Un célibataire doit implorer D. de le sauver du mal, car toutes sortes d’esprits maléfiques s’attachent à lui.
Quiconque ne s’est jamais marié, il eut mieux valu qu’il ne vienne pas au monde.
Lorsqu’il quitte ce monde, il est puni pour ne pas avoir laissé de descendance.
[…]

Dans le monde futur, les provisions principales dont dispose l’homme pour le sauver, sont les bons enfants dont il est le père.
[…]

Tout comme le commandement nous enjoint de « croître et de multiplier », il nous ordonne également de « croître et de multiplier » notre étude de la Torah …
Un homme doit ressentir les mêmes souffrances lorsqu’il perd un enfant ou oublie une étude. »

[Méam Loez – Béréchit 1,28 : « Croissez et multipliez et remplissez la terre »]