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Le véritable amour, c'est lorsque 2 personnes ne font qu'un, tout en restant deux.
[rabbi Ména'hem Mendel de Kotzk]

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[en ce sens un couple c'est faire 3 = chacun fusionne en un projet commun, tout en gardant et épanouissant leurs personnalités respectives. ]

L’importance de reconnaître l’intervention Divine dans son couple

+ L'importance de reconnaître l'intervention Divine dans son couple :

-> "Une personne doit savoir que son niveau de foi dans tout ce que nos Sages ont déclaré doit être comme si elle le savait elle-même, comme ce qu'ils [nos Sages] ont déclaré (Sotah 2a) que 40 jours avant la création d'un fœtus, une voix céleste proclame : "La fille d'untel est destinée à untel"
Ainsi, après avoir épousé une femme, il devrait être tout aussi clair, selon sa foi, qu'elle lui était destinée que s'il avait entendu cette voix céleste lui-même.

Et si sa foi est claire et qu'il n'attribue pas le résultat [de son mariage] à une coïncidence, [le mariage] sera certainement réussi et paisible pour tous leurs jours, car la parole d'Hachem n'est que pour le bien, pour la paix et pour l'éternité.

Mais s'il n'y croit pas complètement, et qu'il a un petit élément d'incertitude sur le fait que c'était dû à ses actions ou à la coïncidence, alors il sera puni de temps en temps, mesure pour mesure, selon les besoins, comme il est dit : "Moi aussi, je marcherai avec vous dans l'indifférence" (Bé'houkotaï 26,41), ce qui pourrait, D. nous en préserve, conduire à la séparation, ou à quelque chose de similaire [c'est-à-dire, le divorce]. De même, une personne doit croire en toutes les paroles de nos Sages à ce degré."
[rav Moché Feinstein - Darach Moché - dernier paragraphe de Vayé'hi]

-> Le rav Efraïm Pinczower commente :
Nous voyons, d'après les paroles du rav Moché Feinstein, comment le fait d'intérioriser notre croyance en l'intervention Divine (hachga'ha pratit) peut avoir une influence positive considérable sur le mariage et le shalom bayit.
Si l'on croit vraiment que c'est Hachem qui nous fait choisir notre conjoint, on ne pensera jamais : "Nous avons fait une erreur" ou "Je peux trouver quelqu'un de mieux" après l'avoir épousé, et le rav Feinstein garantit le succès de notre mariage dans ce cas.
En même temps, le rav Feinstein prévient que si l'on n'est pas convaincu à 100% dans cette croyance, et que l'on entretient le moindre doute sur le fait que le choix de notre conjoint était uniquement notre propre décision ou déterminé par le hasard [et non de D.], alors nous pourrions constater qu'Hachem punira le couple, ce qui pourrait conduire à [des disputation], à une séparation du couple ou pire encore.
[...]
Selon le rav Feinstein, le fait de reconnaître véritablement la supervision/intervention directe d'Hachem sur la personne que nous épousons contribuera certainement à accroître le succès et la paix au sein de notre mariage.

Quelques réflexions sur le couple

+++ Quelques réflexions sur le couple :

+ Un couple = se voir comme 2 moitiés d'un tout :

Nous devons réaliser que le mariage n'est pas une relation comme les autres. C'est totalement différent.

-> Le Raavad (dans son introduction à Baalé Néfech) explique que lorsque Hachem a créé les animaux, il les a tous créés mâles et femelles, deux êtres distincts. Cependant, lorsqu'Il a créé les humains, Il a créé un seul être, un mâle et une femelle ensemble, et les a ensuite séparés en deux.
Pourquoi a-t-il procédé de la sorte uniquement pour les êtres humains? Pourquoi n'était-il pas suffisant de créer l'homme et la femme séparément, comme Hachem l'a fait pour les animaux? Il allait de toute façon les séparer.

-> Le Rambam (Hilkhot Ichout 15:19) écrit que chaque homme est obligé d'aimer sa femme comme il s'aime lui-même. Comment cela est-il possible? Est-il possible d'aimer quelqu'un comme on s'aime soi-même?

-> Le Ramban explique que lorsque la Torah écrit : "Tu dois aimer ton ami comme toi-même" (Kédochim 19,18), il ne faut pas l'entendre au sens littéral. Il est impossible pour une personne d'en aimer une autre comme elle s'aime elle-même.
Cependant, en ce qui concerne le mariage, nous constatons qu'en effet, chaque homme est tenu d'aimer sa femme comme il s'aime lui-même.

=> C'est peut-être pour cette raison qu'Hachem a créé les humains différemment des animaux. Hachem a compris que pour qu'un mari et une femme parviennent à une relation parfaite, ils doivent être un seul être au départ, puis, plus tard, se diviser en deux. C'est seulement parce que l'homme et la femme n'étaient qu'un seul être au départ qu'il est possible pour lui de l'aimer comme il s'aime lui-même.
Il est impossible que deux êtres deviennent un s'ils n'étaient pas un à l'origine.
Le Arvé Na'hal (Béréchit) affirme que ce phénomène n'a pas seulement eu lieu lors de la création originale de l'homme, mais il s'applique également à tous les hommes qui ont été créés par la suite.

C'est de là que vient la halacha de "ichto kégoufo", la femme d'un homme faisant partie de son propre corps. Il ne s'agit pas seulement d'un beau concept, c'est la réalité. Ce n'est qu'en raison de cette réalité qu'un homme peut vraiment aimer sa femme comme il s'aime lui-même.

En gardant cela à l'esprit, il est beaucoup plus facile pour un homme et sa femme de s'entendre.
Le conjoint fait partie du corps de l'homme, comme un de ses membres. Comment ne pas aimer son propre bras?
Cet amour devrait même être plus grand que l'amour que nous avons pour nos enfants.
Nos enfants sont considérés comme notre progéniture, et non comme des parties de notre corps physique. Certains pères pensent le contraire. Les enfants sont leur chair et leur sang, et ils ont un amour naturel pour eux.
Un tel père peut penser que sa femme n'a pas cette relation avec lui. C'est une erreur. La situation est inverse. Sa femme fait partie de lui, plus que ses enfants.

C'est pour cette raison qu'Hachem décide 40 jours avant la conception d'une personne qui sera sa femme. Une femme fait partie de la constitution physique d'un homme. Ce processus doit avoir lieu au moment de son développement, avant sa naissance.
Souvent, le mari et la femme pensent de la même manière. Parfois, le mari est étonné de voir qu'il pense à quelque chose et qu'elle pense la même chose. Ont-ils le roua'h hakodech? Non, c'est parce qu'il ne fait qu'un avec son épouse.

=> Le mariage n'est pas simplement le fait de deux personnes choisies au hasard qui décident de vivre ensemble. C'est la réunion de deux moitiés en un tout. Le couple peut devenir un, ce qui le rend plus grand que n'importe quelle relation existant dans le monde entre deux êtres humains. Si nous prenons conscience du lien spécial qui existe, nous pouvons exploiter le pouvoir du mariage.

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+ Le Shalom Bayit :

-> Nous entendons constamment ces mots sacrés (shalom bayit). La paix doit résonner dans le foyer. Existe-t-il un ingrédient secret pour s'assurer qu'elle reste paisible?
Dans le Or'hot Tsadikim (chaar haSin'a), il est dit que si l'on veut s'entendre avec quelqu'un, il ne faut pas lui rendre visite souvent. Les personnes que nous visitons fréquemment finiront par devenir nos ennemis.
=> Comment se fait-il que la Torah attende de nous que nous nous entendions avec quelqu'un avec qui nous vivrons en permanence (notre conjoint-e)?

Comme nous l'avons vu, le mari et la femme sont essentiellement un seul être qui a été divisé en deux. Si l'homme et la femme ne font qu'un, il ne devrait pas être très difficile de s'entendre. Le côté droit de votre corps a-t-il du mal à s'entendre avec le côté gauche?
Ainsi, nous avons une longueur d'avance dans le mariage, mais pourquoi entraîne-t-il tant de complications et de disputes?

-> Le verset dit : "La recherche des désirs crée une séparation" ((Michlé 18,1).
Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 1,31) explique que quiconque court après ses désirs crée une distance entre lui et les autres. Tous les êtres humains ont des besoins et des désirs différents, et tant que nous chercherons à satisfaire nos propres désirs, nous ne serons jamais en mesure d'établir des liens avec les autres.
Mes besoins ne sont généralement pas les vôtres, et cette idée entraîne des complications dans les relations. Si un mari cherche à satisfaire ses propres désirs sans tenir compte de son épouse (vision égocentrique de la vie), il crée une séparation entre eux.

-> Le plus grand ciment d'un mariage est la spiritualité. Le rav Nathan Wachtfogel conseillait les jeunes hommes avant leur mariage sur l'importance de créer un lien spirituel entre eux et leur femme. Il est difficile de créer un lien basé sur le physique. Nous avons tous des besoins physiques différents. Mais une chose que nous avons tous en commun est la spiritualité. Lorsqu'il s'agit de faire la volonté d'Hachem, il n'y a pas d'écart ni de différence entre les humains. Plus un homme et une femme créent leur relation sur la base de la volonté d'Hachem, plus ils auront de choses en commun.

[un juif doit avoir en tête que l'essentiel est de se préparer pour le monde à Venir qui est éternel, tout autre tracas est éphémère. Ainsi, chacun dans un couple doit vouloir le meilleur pour son conjoint dans ce monde, mais surtout dans le monde à Venir. Il y a un objectif, une direction commune.]

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-> Si un conjoint considère sa relation avec sa femme comme ayant pour seul but de satisfaire ses désirs et que sa femme n'est qu'un moyen de les satisfaire, ses désirs deviendront incontrôlables. Il cherchera des moyens de satisfaire constamment ses désirs, même en dehors de son foyer.
Son chemirat énayim sera hors de contrôle. Il ne fera que nourrir ses désirs de plus en plus par le biais du mariage.
Cependant, s'il perçoit sa relation avec sa femme comme un moyen de renforcer le lien qui les unit, alors elle est limitée à cet objectif. S'il se rend compte que le temps passé avec sa femme lui permet de renforcer son mariage, il ne le désirera nulle part ailleurs. Quel but y aurait-il à satisfaire ses désirs en dehors de son foyer?

Le Or'hot Tsadikim (chaar ahava) nous enseigne qu'un homme doit diriger son amour vers sa femme en particulier et ne pas se contenter d'aimer les femmes en général. Il doit aimer sa femme pour tout le bien qu'elle lui fait. Elle le protège des péchés, elle élève ses enfants, elle est responsable de la maison et elle lui permet d'apprendre la Torah avec un esprit clair.
Avec ces pensées, l'amour d'un homme pour sa femme ne deviendra pas incontrôlable.
[rabbi Mordé'haï Sultan]

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+ Qu'est-ce que l'amour?

-> Dans la Torah, il nous est ordonné d'aimer Hachem : "Et tu aimeras Hachem, ton D." (Vaét'hanan 6,5).
Comment est-il possible d'aimer Hachem? A priori cela semble cela semble impossible (ex: Hachem étant infini, au-delà de nos capacités de perception).
Peut-être comprendrions-nous que nous aimons Hachem lorsqu'Il nous donne ce dont nous avons besoin.
Cependant, il existe une halakha selon laquelle nous devons aimer Hachem même lorsque nous nous sentons déçus, car le verset continue : "et avec tous tes moyens", ce que la guémara (Béra'hot 54a) explique comme signifiant "kol mida ou mida" (quelle que soit la situation, [qu'elle soit] bonne ou mauvaise".

=> Il est évident que nous devons redéfinir le mot "amour".
Onkelos (Vaét'hanan 6,5) interprète le mot "ahava" comme vétir'ham, qui vient du mot "ra'hem", qui signifie "miséricorde". Nous devons avoir pitié d'Hachem.
Comment pouvons-nous avoir pitié d'Hachem?

Nous y parvenons lorsque nous nous soucions d'Hachem.
Se soucier d'Hachem signifie que nous nous inquiétons lorsque nous-mêmes ou d'autres personnes n'accomplissent pas Sa volonté. C'est cela le véritable amour : lorsque nous nous soucions de quelqu'un.
Nous aimons aussi nos enfants. Cet amour est le même. Nous nous soucions de nos enfants, nous nous inquiétons constamment pour eux et nous ferions n'importe quoi pour leur bien-être.
Le même concept s'applique à Hachem, nous devrions nous soucier constamment de Son honneur. Nous ferions n'importe quoi pour Lui faire plaisir.

-> Le verset ('Hayé Sarah 24,67) décrit l'amour de Its'hak pour Rivka, et Onkelos explique "ahava" de la même manière : qu'il a eu pitié d'elle (véra'hama).
L'amour d'un homme pour sa femme doit être le même. Il doit prendre soin d'elle, assumer la responsabilité de son bien-être et s'inquiéter pour elle. C'est cela le véritable amour.
Tant qu'un mari n'éprouve pas de tels sentiments, il est loin de connaître le véritable amour.
Un tel mari peut penser qu'il aime sa femme, mais c'est faux, et il s'en rendra compte très vite lorsque cet amour disparaîtra sans raison apparente. S'il s'agit d'un amour égoïste, il peut facilement s'effondrer, car il est basé sur nos sentiments, et les sentiments ont tendance à changer.
Mais si l'amour d'un mari est basé sur l'attention qu'il porte au bien-être de sa femme, il ne fluctuera jamais. Lorsqu'il attend près de la fenêtre, inquiet parce que sa femme a quelques minutes de retard, il fait l'expérience du véritable amour.
Lorsqu'un mari exprime son souci pour sa femme, celle-ci voit qu'il l'aime. S'il se contente de dire "je t'aime", cela ne veut presque rien dire. Ce n'est que lorsqu'il s'enquiert de son bien-être ou qu'il écoute ses difficultés avec une réelle attention qu'elle verra qu'il l'aime.
[ex: une femme peut interroger son mari, et ce n'est pas vraiment une réponse cartésienne qu'elle veut, mais plutôt voir que son mari se préoccupe d'elle, de ce qu'elle ressent, ... ]

-> Il est écrit dans haKétav véhaKabbala (Lé'h Lé'ha 15,8) au nom du Ramban que le mot de la Torah "yada", qui signifie "savoir", "peut être interprété comme "donner le respect et l'honneur nécessaires à quelqu'un".
La Torah (Béréchit 4,1) utilise le mot "yada" en référence à la relation intime entre un mari et sa femme : "vé'aAdam yada ét 'Hava ichto" (Et Adam connut 'Hava, sa femme). Ici aussi, le mot "yada" signifie la même chose : donner à son conjoint le respect et l'honneur qui lui sont dus.
=> Le véritable amour n'est pas basé sur l'émotion, mais sur le respect et l'honneur. L'amour est logique et non émotionnel. Avec la logique, les émotions suivront.

-> C'est ce que signifie la michna (Pirké Avot 5,16) : Tout amour qui dépend de quelque chose ne durera pas. En revanche, l'amour qui ne dépend pas de quelque chose durera.
Lorsqu'un homme aime sa femme pour son propre bénéfice, cet amour est instable. Il peut aller et venir, selon les circonstances. Si la base de leur shalom bayit est que chaque partenaire atteigne ses propres objectifs, des disputes éclateront de temps en temps. En revanche, si l'un des conjoints aime l'autre simplement pour ce qu'il est, et qu'il se soucie de lui, cet amour ne dépend de rien.

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+ Se focaliser sur le bon en l'autre :

-> Après la faute d'Adam haRichon, Hachem lui demanda s'il avait mangé du Eits haDaat, le Fruit de la Connaissance (Béréchit 3,11). Adam répondit : "La femme que tu m'as donnée, elle m'a donné [quelque chose] à manger de là".
Rachi commente qu'ici nous voyons qu'Adam n'était pas reconnaissant.
Il semble qu'il reproche à Hachem de lui avoir donné 'Hava et que c'est la faute d'Hachem s'il a fini par manger du Eits haDaat. Mais pourquoi Rachi souligne-t-il le manque d'appréciation d'Adam? Il est vrai qu'elle l'a convaincu de manger du Eits haDaat. Qu'aurait-il pu dire d'autre?
Il serait juste de critiquer Adam pour avoir dit lachon ara, puisqu'il a parlé négativement de sa femme, mais Rachi dit qu'il n'a pas été reconnaissant. Pourquoi cela?

Ce Rachi soulève un principe fondamental. Si nous apprécions quelque chose, cette appréciation devrait être suffisamment forte pour que nous voulions protéger et ignorer tout acte répréhensible de la personne qui nous en a fait bénéficier. Puisque Adam a immédiatement blâmé 'Hava pour avoir mangé du Eits haDaat, il a montré qu'il ne l'aimait/appréciait pas vraiment, car s'il l'avait appréciée, il l'aurait protégée et ne lui aurait pas jetée sous le blâme.
Tout le monde a ses défauts et personne n'est parfait (puisque qu'humain). Si nous nous concentrons sur les aspects positifs, les aspects difficiles deviennent nuls et non avenus.

[ainsi, on doit constamment avoir un regard de reconnaissance, d'appréciation du conjoint (même sur les petites choses du quotidien). Comme cela lorsqu'arrive des aspects négatifs ils se trouveront noyés dans l'océan de positif.
Mais si on prend tout pour acquis, qu'on ne fait que se concentrer sur ce qui ne va pas, alors le négatif prend une place de plus en plus perceptible (surtout quand on compare que le positif d'autrui).]

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+ Ayin Tova :

-> La michna (Pirké Avot 5,19) nous dit qu'Avraham est un exemple de quelqu'un qui avait un ayin tova (bon oeil).
Qu'est-ce que l'ayin tova exactement?
Le Yaavets explique que l'ayin tova consiste à percevoir une petite quantité de bien comme une grande quantité. Une personne ayant un ayin tova magnifie tout le bien qu'elle possède. Elle se concentre sur le bien et le mal est balayé sous le tapis.
En revanche, une personne qui a un ayin raa (mauvais oeil) voit tout de suite le négatif et se concentre sur le mauvais.

=> La prochaine fois que nous serons nerveux sur une chose non essentielle, nous devrions regarder la situation dans son ensemble. C'est la bonne façon d'éveiller en nous des sentiments d'amour pour un conjoint.
[le rav Abba Chaoul dit que cela ressemble à quelqu'un qui a une belle maison/appartement, mais qui va mettre son nez dans la poubelle, et qui va se plaindre que c'est sale et que cela sent mauvais.
De même, toute personne (dont nous) a de moins bon aspects de sa personnalité, mais notre conjoint à tellement de belles choses, qu'il faut regarder la beauté, la chance d'avoir un bel ensemble, plutôt que de se focaliser sur la petite poubelle de négatif en l'autre.]

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+ Une relation réfléchie :

-> "Tout comme l'eau reflète notre image, le cœur reflète aussi nos sentiments" (Michlé 27,19).
Le Ohr ha'Haïm haKadoch (Ki Tissa 33,11) explique qu'une personne peut ressentir l'amour ou la haine qui se trouve dans le cœur d'une autre personne.
Il est possible qu'elle ne ressente pas de haine réelle, mais elle sent que quelque chose ne va pas et elle ne peut pas lui rendre la pareille avec amour s'il y a de la haine dans le cœur de son ami.
S'il y a de la discorde dans le cœur d'une personne, il est presque impossible que sa femme ne la ressente pas également.

Cependant, le Ohr ha'Haïm haKadoch nous informe d'un moyen d'éveiller l'amour chez l'autre. Il nous dit que plus une personne développe son cœur à aimer quelqu'un, plus l'autre personne lui rendra automatiquement son amour. C'est ce que nous appelons une relation réfléchie : ce que vous ressentez pour quelqu'un, il le ressentira pour vous. Vous ne pouvez pas les tromper. [Kéter Roch 119]

=> Alors, comment raviver l'amour pour son conjoint?
Nous devons nous arrêter et penser à tout le bien qu'il fait pour nous, à toute l'attention qu'il nous porte et à tout le temps qu'il passe à s'assurer que nous sommes heureux, ...
Cette méthode fonctionne pour toutes les relations. Plus nous pensons et repassons dans notre esprit le bien que les autres font pour nous (même les plus petites choses acquises/normales), plus nous ne pouvons nous empêcher d'être inspirés et d'aimer en retour.
Non seulement nous développons par cette attitude notre amour, mais cela suscitera aussi l'amour de l'autre personne.

La base d’un foyer juif = la certitude que mon conjoint est le seul qui m’est destiné

+ La base d'un foyer juif = la certitude que mon conjoint est le seul qui m'est destiné :

-> L'idée essentielle dans un couple est que : "Elle (ma femme) n'est peut-être pas la plus belle ni la plus intelligente, mais elle est la seule pour moi."
Un mariage fondé sur la Torah est un mariage dans lequel le mari et la femme croient sincèrement qu'il n'y a personne d'autre au monde pour eux, dans lequel il n'a de yeux que pour elle, et elle n'a de yeux que pour lui.
Il ne peut y avoir personne d'autre. Nous devons vivre notre vie de couple à partir de ce point de départ, non seulement en étant physiquement fidèles l'un à l'autre, mais aussi en adoptant un état d'esprit de dévouement mutuel total.
[de même que je ne suis pas le plus beau, le plus intelligent, ... au monde, de même pour mon conjoint, mais ce qui est certain c'est que c'est avec elle que Hachem souhaite que je fasse le chemin de ma vie, que personne d'autre au monde ne m'est plus adapté pour réussir ma mission dans ce monde. ]

La définition d'une "bayit nééman" est une relation dans laquelle, quelles que soient leurs déficiences ou imperfections et les hauts et les bas auxquels ils seront confrontés, le mari et la femme auront toujours la même attitude : "Il n'y a personne d'autre pour moi".

Ce dévouement mutuel absolu, l'état d'unité entre un mari et une femme, n'a pas besoin d'être créé artificiellement. Au contraire, si nous remontons au début des temps, à la création de l'homme et de la femme, nous verrons que cette réalité est la chose la plus naturelle au monde.
La guémara (Béra'hot 61a) affirme qu'Hachem voulait créer l'homme et la femme comme deux entités distinctes, mais qu'au lieu de cela, Il les a créés comme une seule forme conjointe. Ils ont commencé leur existence comme un seul corps, jusqu'à ce qu'Hachem les divise en deux individus distincts.
Le Gaon de Vilna (Biour haGra - Michlé 9) pose la question suivante : Quel était le but d'Hachem en faisant de l'homme et de la femme un seul être physique? Pourquoi ne les a-t-il pas créés séparément dès le début?
Le Gaon de Vilna explique qu'Hachem voulait créer une situation dans laquelle les deux partenaires d'un mariage auraient le sentiment d'être unis : unifiés dans l'esprit et dans l'âme.
Chaque mariage commence par le fait que deux personnes retrouvent leur moitié perdue depuis longtemps. Se marier, c'est revenir à soi.
Vous avez été séparé de votre femme et vous aspirez à retourner "à la maison", à retrouver la partie de vous qui a été perdue.
Lorsque vous retrouvez votre conjoint, vous redevenez entier. Tout comme le premier homme et la première femme ont été créés comme une seule unité, chaque mari et chaque femme sont créés comme une seule unité.

=> Selon le Gaon de Vilna : ainsi chaque homme devrait regarder sa femme et sentir intuitivement qu'elle fait partie de lui, et chaque femme devrait ressentir la même chose pour son mari. Le seul moyen d'y parvenir était que l'homme et la femme soient initialement créés comme un seul être.

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+ Chana Richona = construire la connexion :

-> La Torah accorde à chaque nouveau couple une période de temps qui doit être mise à profit pour établir un lien à tous égards et développer une relation d'union total. Cette période est appelée : chana richona, la première année de mariage.
Certains pourraient la considérer superficiellement comme une période pendant laquelle le mari reste à la maison le soir et joue à des jeux de société avec sa femme, mais en réalité, c'est bien plus que cela.
Chana richona donne le ton de la relation que le couple cultivera pour le reste de sa vie conjugale. C'est une année au cours de laquelle le 'hatan et la kalla créent leur propre univers.

-> Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 582) donne une description de l'objectif de la chana richona. [cela nous renseigne sur ce que doit être la base sur laquelle doit reposer tout couple juif]
Au cours de la première année de mariage, la Torah ordonne au mari de rester à la maison et de se réjouir avec sa femme ; il ne doit pas partir à la guerre ou parcourir de longues distances.
Quelle en est la raison?
Le Séfer ha'Hinoukh explique qu'Hachem veut que les enfants viennent au monde de la manière la plus pure possible, par le biais de mariages fondés sur une dévotion et une loyauté totales entre le mari et la femme. Le seul moyen d'atteindre cet objectif est que le mari et la femme développent un lien émotionnel profond l'un avec l'autre.

=> Étant donné qu'une personne est influencée par son environnement et les personnes avec lesquelles elle passe son temps, la Torah demande à chaque homme de consacrer une année entière à l'établissement d'une relation avec sa nouvelle épouse. Cela implique de passer du temps de qualité avec elle, ce qui permet de développer un attachement émotionnel.
Il s'agit d'une année qui a un but précis : ancrer dans le cœur et l'esprit du mari le sentiment qu'il n'y a qu'une seule femme au monde pour lui.
Le Séfer ha'Hinoukh ajoute que cet investissement en temps et en énergie amènera naturellement une personne à penser que toutes les autres femmes sont sans importance pour lui. Sa femme sera la seule qui l'intéresse, celle qu'il a hâte de voir chaque jour en rentrant à la maison.

Essentiellement, Hachem a désigné le début du mariage comme un moment où un mari intériorise l'idée que sa femme est la seule femme pour lui. C'est le défi de la chana richona, et s'il est abordé correctement, cette année créera une base solide pour le mariage.
En même temps, ce processus ne se termine pas après la première année de mariage ; c'est quelque chose sur lequel nous ne pouvons jamais vraiment cesser de travailler.
[quelque soit le nombre d'années de mariage, l'idée est que pour tout juif la base sur laquelle se repose, s'épanouie son couple, est celle que son conjoint est le seul qui m'est destiné sur mesure par Hachem pour ma mission sur ce monde. (avant le mariage on peut hésiter, mais ensuite il n'y a plus de doute, plus de comparaison à faire : c'est elle, et aucune autre au monde.)]

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-> Le roi Shlomo écrit : "Les eaux volées sont douces" (mayim genouvim yimtakou - Michlé 9,17).
Rachi explique que c'est une métaphore : [selon la nature humaine] la femme d'autrui a plus de saveur que sa propre femme.
Qu'est-ce qui rend ce type de relation "volée" si douce?
Le Malbim dit : une personne la trouve excitante parce que c'est quelque chose qu'elle n'est pas censée avoir. Il est attiré par cette relation parce que c'est quelque chose d'interdit.

C'est une raison plus profonde pour laquelle la Torah utilise le mot "gilouï" (dévoilement) dans l'expression "gilouï arayot", qui désigne les relations interdites. Pourquoi la Torah choisit-elle de définir cette aveirah comme la "révélation" ou le "dévoilement" de quelque chose de caché?
Avec cette phrase, la Torah nous ouvre les yeux sur le mode de pensée destructeur qui est à l'origine du désir d'arayot. Ce désir provient de l'envie de devenir un "explorateur", en quelque sorte, quelqu'un qui cherche à "dévoiler" et à découvrir des territoires inexplorés, des endroits mystérieux et inaccessibles, des endroits qui ne sont pas les nôtres.

[on a une tendance naturelle à désirer ce qu'on n'a pas, et surtout on ne regarde qu'un aspect valorisant de la chose (ex: sa beauté), sans y mettre le négatif, on est aveuglé par notre désir animal de l'interdit.
De plus, on refuse d'accepter le conjoint que Hachem nous a destiné, pour lequel on doit s'investir, donner, car on préfère prendre, ne pas trop faire d'efforts pour bâtir un bel édifice éternel d'un couple juif dans lequel Hachem résidera avec nous.
Rien que l'idée de comparer négativement sa femme à une autre ne devrait pas nous traverser l'esprit (l'inverse peut permettre de la rendre plus unique, belle à nos yeux.)]

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-> La guémara (Sanhédrin 75a) raconte l'histoire d'un homme qui devint obsédé par une femme particulière, au point de tomber gravement malade. Les médecins conclurent que la seule façon de le guérir était d'avoir une interaction avec elle, ne serait-ce qu'une simple conversation.
Nos Sages interdisent totalement ce remède, car ils considèrent que même cette petite interaction est un acte interdit.
Selon une opinion de la guémara, la femme n'était pas mariée et pouvait en fait l'épouser. Dans ce cas, demande la guémara, pourquoi l'homme n'aurait-il pas pu se guérir en l'épousant?
La guémara répond que la maladie de l'homme n'aurait pas été guérie par le mariage parce que "les eaux volées sont douces".

La maladie de cet homme était le désir de quelque chose qui ne lui appartenait pas. Le mariage ne pouvait pas l'aider, parce qu'il aurait rendu cette chose interdite permise.
[le fait d'épouser la plus belle femme du monde ne change pas la façon déformée de penser. Une fois que cette femme sera devenue son épouse, la chasse sera terminée et il finira par la trouver ennuyeuse elle aussi. ]
Une personne avec cet état d'esprit tordu recherchera constamment l'excitation et le frisson de l'exploration et de la violation des limites.

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+ Vivre dans un monde d'illusions :

-> On est dans une génération où la "réalité virtuelle" est plus accessible que jamais.
Notre première rencontre avec la "réalité virtuelle" a lieu au tout début de la Torah, lorsque 'Hava est incitée par le serpent à manger le fruit de l'Arbre de la Connaissance.
Le verset indique qu'elle "vit que l'arbre était bon à manger et qu'il était un plaisir pour les yeux ... et elle prit de son fruit et mangea" (Béréchit 3,6). Le fruit semblait être bon, mais en réalité, c'était tout le contraire!

Le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.15) enseigne qu'il s'agit là d'un stratagème toujours utilisé par le yétser ara :
"Ce qui attire la nature vers ces plaisirs ... c'est l'attrait des yeux, qui ont tendance à être séduits par l'apparence superficielle des choses qui paraissent bonnes et agréables. Cette séduction est à l'origine de la toute première faute, comme en témoigne la Torah : La femme vit que l'arbre était bon à manger et qu'il était un plaisir pour les yeux ... elle prit de son fruit et en mangea."

=> Le yétser ara présente une image visuelle du mensonge qui semble très attrayante, bien plus que le monde à Venir, qui est très éloigné de nous et ne peut être vu dans notre monde physique/matériel. Mais nous savons tous que cette histoire ne se termine pas bien. L'attrait est faux et éphémère ; le mensonge nous laisse vides et perdus.

-> Tragiquement, nous sommes témoins de ce résultat du sheker dans notre monde.
Il y a des gens qui vivent dans un monde de mensonges, plongés dans des jeux et absorbés par leurs iPhones jusqu'à ce qu'ils soient vieux et gris. Et où se retrouvent-ils à la fin de leur vie ? Nulle part !
Ils ont vécu des vies superficielles et vides, sans sens ni valeur, investissant tout leur temps sur terre dans une "réalité virtuelle".
À une autre occasion, mon rebbi a commenté la description particulière de Gehinnom comme une bière shachas (puits de destruction).5
Il a fait remarquer qu'une bière ou une source d'eau est normalement associée à un flux constant d'eau fraîche, connotant la force positive de la vitalité. Shachas, en revanche, est définie comme la destruction, ce qui est diamétralement opposé à une bière. Comment ces deux

-> Le terme "shéker" (mensonge - שקר) est composé de 3 des 4 dernières lettres de l'alphabet : kouf, réch, shin, mais il manque la dernière : le tav. Pourquoi est-elle manquante?

Le rav Moché Shapiro explique : le mensonge nous donne la fausse impression que nous allons quelque part, que nous progressons et que nous atteindrons un but. Soudain, tout à la fin, il nous dépose au milieu de nulle part. Nous pensons atteindre notre destination, mais nous découvrons que nous n'avons pas avancé du tout.

-> Tragiquement, nous sommes témoins de ce résultat du mensonge dans notre monde.
Il y a des gens qui vivent dans un monde de mensonges, plongés dans des jeux (des séries, des actualités futiles, ...) et absorbés par leurs iPhones jusqu'à ce qu'ils soient vieux. Et où se retrouvent-ils à la fin de leur vie? Nulle part!
Ils ont vécu des vies superficielles et vides, sans sens ni valeur, investissant tout leur temps sur terre dans une "réalité virtuelle".

-> Le guéhinam est décrit comme un "béer cha'hat" (un puits de destruction - Erouvin 19a).
Le rav Moché Shapiro fait remarquer qu'un puits ou une source d'eau est normalement associée à un flux constant d'eau fraîche, connotant la force positive de la vitalité.
"Cha'hat", en revanche, est définie comme la destruction, ce qui est diamétralement opposé à un puits [fournissant plutôt de l'eau, de la vie].
Comment ces 2 opposés peuvent coexister dans un même phénomène (le guéhina)?

Le rav Moché Shapiro répond : le mensonge nous donne la fausse impression que nous allons quelque part, que nous progressons et que nous atteindrons un but. Soudain, tout à la fin, il nous dépose au milieu de nulle part. Nous pensons atteindre notre destination, mais nous découvrons que nous n'avons pas avancé du tout.

[au début, on est tout content c'est une "source de vie" (béer), mais au final dans l'éternité du monde à Venir de Vérité, il s'avère que ce n'est que pour notre "destruction" (cha'hat).
Il en est de même lorsque nous convoitons d'autres femmes que la notre ...]

Coutume de casser le verre à un mariage

+ Coutume de casser le verre à un mariage :

-> Il n’existe aucune personne qui n’ait pas de raison de remercier Hachem.
Face à cela, l’homme a tendance en général à s’imaginer qu’il lui manque quelque chose et à regarder la moitié vide du verre.
Le sage ('hakham - חכם) considérera toujours la moitié pleine, et se réjouira de son sort, tandis que l’idiot aura toujours la moitié vide devant les yeux. Par conséquent, il ne cessera de se plaindre et d’être amer.
Le חכם est celui qui voit le 'hatsi koss malé (חצי כוס מלאה - la moitié pleine du verre), est celui qui, en toute circonstance, réfléchit aux bontés d’Hachem.

Certains commentateurs expliquent d’après cela l’allusion contenue dans la coutume du verre brisé par le marié sous la 'houppa : c’est comme si on venait le guider au début de sa nouvelle vie en lui suggérant de briser le verre vide et de cesser ainsi de regarder ‘le verre à moitié vide’ et ce qu’il lui manque.
On lui dit : "A partir d’aujourd’hui, place devant tes yeux un verre plein de bénédictions du Ciel. Ainsi, la joie, l’allégresse et la paix seront ton lot quotidien!"
[d'après le rav Elimélé'h Biderman]

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-> b'h, d'autres explications sur le fait de briser le verre à un mariage : http://todahm.com/2014/04/01/1257-2

Le véritable test de maîtrise de la colère se déroule au sein de la famille.
Par exemple, il est naturel pour un père de se sentir en position d'autorité. Lorsqu'il a l'impression que son autorité est remise en question, il est facile de se mettre en colère.
[rav Eliyahou Lopian]

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-> Le 'Hozé de Lublin enseigne que la colère se produit principalement à la maison. Lorsque l'on est dans le beit midrach et au travail, on sait (généralement) comment contenir la colère. [ex: la peur du regard d'autrui (on veut faire bonne figure publiquement), nous fait renoncer. ]
La colère se produit dans l'intimité de la maison.
[ex : on prend les choses pour acquis (donc je peux tout faire/demander), on se déchaîne pour la colère qu'on a pas pu exprimer auparavant, pour l'honneur qu'on s'est vu piéter (alors on fait de même chez soi pour contrebalancer), ...]

-> Il est parfois plus facile d'être gentil avec des étrangers qu'avec des personnes avec lesquelles on vit.
Les midot d'une personne se mesure à la façon dont il traite sa femme. Même si quelqu'un fait beaucoup de bonté ('hessed) pour de nombreuses personnes, [au Ciel après sa mort] on ne se souviendra pas de lui [du 'hessed qu'il a pu faire], s'il n'a pas été gentil avec sa femme.
[rav 'Haïm Vittal]

Vivre extérieurement à soi-même, à son couple, à sa famille

+ Vivre extérieurement à soi-même, à son couple, à sa famille :

-> Aujourd'hui, de nombreuses gens vivent en dehors de leur propre vie. Ils vivent leur propre vie en tant que spectateurs, pensant que rien de ce qu'ils font n'est significatif à moins qu'ils ne le "postent".
C'est un peu comme si rien ne s'était vraiment passé tant qu'ils n'avaient pas pris une vidéo-photo et ne l'avaient pas partagée sur WhatsApp ou Instagram.
Au lieu de vivre leur vie de l'intérieur, ils l'appréhendent à travers les images et les vidéos qu'ils créent, en se concentrant uniquement sur ce que les autres voient.
[...]

Cette nouvelle mentalité qui consiste à "vivre à l'extérieur" est également à l'origine d'un phénomène contemporain qui nous touche tous : la peur de manquer quelque chose, qui est la crainte qu'un événement passionnant ou intéressant se produise ailleurs.

Tout le monde est devenu complètement absorbé par ce que les autres font ou pensent. Nous nous efforçons tellement d'être "à la page" dans la vie des autres que nous perdons notre sens de l'autonomie et de l'indépendance.
Nous avons atteint un point où les gens ont peur de vivre leur propre vie sans être impliqués dans la vie des autres, et beaucoup de gens sont en fait mal à l'aise dans leur propre réalité.
Chaque vibration ou bip de leur appareil est ressenti comme une urgence fédérale à laquelle il faut répondre immédiatement.
De nombreuses personnes ressentent même une envie incontrôlable de cliquer sur des clips vidéo d'une absurdité absolue, simplement parce qu'un type quelconque les a stratégiquement étiquetés comme étant "à voir" ... et on les regarde de peur de "rater quelque chose".

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=> Quelle est l'approche de la Torah sur ce problème de notre génération (issu de l'essor des nouvelles technologies)?

-> Le 'Hovot haLévavot (chaar יחוד המעשה פרק ד) affirme qu'une personne qui vit pour impressionner les autres et gagner leur approbation est dans un état pire que celui qui sert l'idolâtrie (ovéd avod zara).
Il explique qu'un idolâtre n'adore qu'un seul faux dieu, mais qu'une personne qui cherche à gagner l'approbation de tous les autres adore en fait tous ceux qui l'entourent!

C'est peut-être le message que Hillel Hazaken avait l'habitude de transmettre à Souccot lors des Sim'hat Beit Hachoéva, à un moment de grande joie.
[selon la michna (Soucca 5,1) : "tout celui qui n'a pas été témoin de la sim'hat beit hachoéva (cérémonie de libation des eaux au Temple pendant Souccot) n'a jamais connu de la vraie joie".]
La guémara (Sota 53a) rapporte que Hillel avait l'habitude de dire en ces occasions : "Si je suis ici, alors tout le monde est ici, et si je ne suis pas ici, alors qui est ici?"
=> Cette déclaration semble étrangement orgueilleuse, d'autant plus que Hillel était réputé pour sa grande humilité. De plus, il est difficile de voir en quoi cette déclaration est liée à la joie de ces festivités.
Qu'est-ce que cela signifie?

La déclaration d'Hillel révèle une formule pour un bonheur authentique.
Hachem donne à chaque individu un mission unique dans ce monde qui est faite sur mesure pour lui. Chacun d'entre nous est doté de talents et de ressources spécifiques pour remplir sa mission personnelle dans la vie.
En nous séparant de la foule et en puisant dans la richesse de notre propre monde intérieur, nous découvrirons ce qui rend chacun d'entre nous unique. Vivre avec un tel sentiment d'utilité apporte une joie incroyable.
[grâce à D. j'ai des capacités/talents sublimes, et ainsi je suis indispensable au monde par ces aspects et ce que je peux faire! ]

Si nous sommes pleinement présents dans notre propre vie, comme l'a dit Hillel : "quand je suis là", alors nous devons avoir l'impression que "tout le monde est là" et que nous ne manquons de rien.
Toute l'excitation que la vie a à offrir est en nous, et nous n'avons pas à craindre que quelque chose de plus excitant se passe ailleurs.
[ j'aurai pu avoir plus, j'aurai pu avoir moins, mais ce que j'ai c'est ce que Hachem a jugé [dans Sa bonté parfaite] comme étant le mieux pour réaliser ma mission dans ce monde. Si j'ai l'impression qu'il me manque, c'est que je cherche à vivre une autre vie ... ]

Cependant, lorsque nous sommes concentrés sur ce que font les autres et que nous ne sommes pas présents dans notre propre vie, nous devons être honnêtes avec nous-mêmes et poser la question d'Hillel : "Qui est vraiment ici? " = Pourquoi ne vis-je pas ma propre vie?

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+ Faire des comparaisons dans un couple :

-> Le fait de comparer son conjoint avec un autre conjoint (ex: lui/elle agit comme ça [contrairement à toi])
D'où viennent ces échanges?

Lorsqu'un mari et une femme ont vécu pendant des années en concentrant leur attention sur tous ceux qui les entourent, en s'occupant des affaires des autres, cela aura un impact toxique sur la construction de leur propre foyer.
Si nous passons notre vie à regarder en dehors de notre propre intimité, nous pouvons avoir une infinité de "conseils" à nous donner l'un à l'autre en nous basant sur toutes les relations "merveilleuses" que nous voyons autour de nous, mais nous aurons aussi des mariages misérables.
Un maison juive ne peut être construite correctement que lorsque le mari et la femme se concentrent l'un sur l'autre plutôt que sur le monde qui les entoure.

Il s'agit également d'un élément clé d'une éducation réussie.
Combien d'enfants deviennent des korbanot (sacrifices) pour l'image publique, élevés avec une attitude qui donne la priorité à ce qui sera bien vu par les voisins plutôt qu'à ce qui est vraiment bon pour eux?
Tout comme un mari et une femme doivent se concentrer sur leur mariage et ignorer les influences du monde extérieur, les parents ne doivent pas permettre au monde extérieur de donner le ton à la vie de leurs enfants.

-> Le rav Matisyahou Salomon souligne ce point avec un aperçu étonnant de la prophétie de Bilam.
L'un des éloges de Bilam à l'égard du peuple juif portait sur leurs habitations.
Selon le midrach (aggada Bamidbar 24,5), Bilam soulignait le fait que les tentes du peuple juif étaient montées de manière à ce qu'il n'y ait pas 2 entrées en face l'une de l'autre, ce qui était un signe du caractère élevé de notre nation.

Le rav Matisyahou pose une question très fondamentale concernant ce midrach : Pourquoi les Bné Israël ont-ils été félicités pour le fait que leurs tentes n'avaient pas d'entrées en face l'une de l'autre?
Toute personne normale concevrait sa maison en tenant compte de cette mesure d'intimité la plus élémentaire, afin d'empêcher les autres de voir dans son espace personnel (on préfère naturellement éviter d'avoir du vis-à-vis). Pourquoi une prophétie était-elle nécessaire pour révéler et louer ce "grand" aspect de notre nation?

Selon le rav Salomon, la réponse est que la principale motivation du peuple n'était pas de préserver sa propre intimité, mais leur véritable intention était que chaque famille reste concentrée sur sa propre maison et ne se préoccupe pas de ce que faisaient les autres. [on se concentre à l'épanouissement de notre propre intériorité familiale! ]
Cette motivation sous-jacente n'a pu être révélée que par la prophétie et exprime véritablement la grandeur du peuple juif en tant que nation entièrement concentrée sur ses propres maisons.

=> Si nous nous entraînons à nous concentrer sur notre monde intérieur et à nous protéger du bombardement constant de mises à jour et de messages sur la vie des autres, nous découvrirons une existence beaucoup plus riche dans nos propres maisons.

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-> Nos Sages illustrent les dangers de vivre en dehors de nos propres vies dans leur discussion sur le sort de la Sotah.
Où est-ce que la sotah s'est-elle trompée? Nos Sages décrivent sa faute d'une manière à laquelle nous ne nous serions pas attendus : la gémara (Sota 9a) déclare que le crime de la femme sotah a été de poser les yeux sur un homme qui ne lui était pas destiné.
La conséquence de cela, poursuit la guémara, est que la sotah ne gagne pas l'homme qu'elle voulait, puisqu'elle devient interdite pour lui, tandis que son mari, l'homme qui est en fait le sien, lui est également enlevé. Tout son monde s'écroule et elle se retrouve sans rien.

Et où tout cela a-t-il commencé? Nos Sages révèlent que la racine du problème de cette femme n'était pas ses désirs primaires ; son problème était qu'elle ne reconnaissait pas le cadeau qu'elle avait dans son propre mariage. Elle a essayé de poursuivre une vie qui n'était pas la sienne, et elle a tout perdu en conséquence.
La guémara conclut par une leçon de vie : si une personne jette son dévolu sur quelque chose qui n'est pas pour elle, elle ne recevra pas ce qu'elle désire et perdra tout ce qui lui était destiné.

-> Tout comme les nos Sages considèrent qu'il s'agit là du principal défaut de la sotah, ils considèrent également qu'il s'agit du cœur de l'épreuve de Yossef avec la femme de Potiphar.
La guémara (Zéva'him 118b) enseigne que Yossef a refusé de regarder "quelque chose qui ne lui appartenait pas" (c'est-à-dire la femme de Potiphar), et sa récompense a été que dans sa portion en terre d'Israël, on pouvait manger des kodchim "à perte de vue".
[ lorsque le Michkan fut installé à Shilo, qui faisait partie de la portion de terre de Yossef, il était permis de manger des kodchim dans n'importe quel endroit d'où l'on pouvait voir Shilo de loin, même si l'on ne se trouvait pas à proximité du Michkan.
Le refus de Yossef de regarder la femme de Potiphar montrait qu'il ne s'intéressait qu'à sa propre réalité personnelle ; par conséquent, sa récompense fut qu'une nouvelle réalité halakhique fut générée sur son territoire par le pouvoir de la vue. ]

=> Pourtant la guémara semble avoir ignoré le principal défi auquel Yossef a été confronté. La guémara ne mentionne pas la beauté de la femme de Potiphar ou la tentation (l'envie d'avoir une si jolie femme) créée par l'épreuve.
L'accent est mis uniquement sur le fait que Yossef ne voulait pas regarder "quelque chose qui n'était pas à lui". Est-ce vraiment une représentation exacte de l'ampleur de l'épreuve à laquelle Yossef a dû faire face, en ne regardant pas la "propriété" de quelqu'un d'autre?

La réponse est : oui! Nos Sages nous révèlent ici que l'échec sous-jacent d'une personne qui ne protège pas ses yeux est l'acte de laisser ses yeux errer vers des personnes et des choses qui ne lui sont pas destinées!

-> Lorsqu'une personne comprend qu'elle a sa propre vie à vivre, elle devient très motivée pour se tenir à l'écart de toute personne et de tout ce qui n'est pas fait pour elle.
Une personne ayant une perspective correcte voudra profiter de sa propre vie et ne se laissera pas distraire par quoi que ce soit d'autre.
Par conséquent, l'accomplissement de Yossef était enraciné dans sa reconnaissance du fait qu'il ignorait tout ce qui se trouvait en dehors de son monde personnel.

Ainsi, nos Sages nous enseignent que l'incroyable force de volonté de Yossef était chargée par son désir de vivre sa propre vie. Il ne s'agissait pas d'un acte visant à surmonter le désir pour les femmes. C'était plutôt le résultat d'un travail de développement d'un état d'esprit correcte et une croyance totale en la vérité fondamentale : Pour chaque homme, la femme qu'il épousera est la seule qui lui convienne.
[de même que je ne suis pas le plus beau et le plus intelligent, elle n'est pas la personne la plus belle et la plus intelligente, mais c'est la personne que Hachem m'a destinée, c'est la meilleure pour moi (pourquoi alors regarder ailleurs)! ]
C'est le message que Yossef a intériorisé lorsqu'il était un jeune homme célibataire en Egypte, et tous les bachourim, même aujourd'hui, sont capables de vivre avec ce type de clarté.

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-> La michna (Guittin 91a) aborde les points de vue de divers Tanaïm sur ce qui est considéré comme une raison légitime de divorcer. L'opinion de Rabbi Akiva est qu'un homme est autorisé à divorcer de sa femme même s'il a simplement trouvé quelqu'un d'autre qui lui semble plus convenable qu'elle.

Rabbi Akiva tire son opinion des mots "si elle a perdu la faveur de ses yeux", qui apparaissent dans la description du divorce faite par la Torah (lo timtsa 'hen béénav - Ki Tétsé 24,1)
Ce verset traite d'un divorce qui a lieu lorsque la faveur/grâce ('hén) du mariage a disparu et que le mari ne se sent plus lié à sa femme.
Mais pourquoi Rabbi Akiva interprète-t-il ce verset comme signifiant que le mari a trouvé une autre femme, alors qu'il dit simplement que sa femme "a perdu la faveur de ses yeux" ( 'hen béénav)?

La réponse est que si un homme perd la capacité de voir l'éclat sublime chez sa femme, c'est le signe qu'il "explore" et la compare à d'autres femmes.
Cet homme n'a pas réussi à intérioriser l'attitude cruciale suivante : "ma femme n'est peut-être pas la plus belle ou la plus intelligente, mais elle est la seule pour moi".
Si la Torah affirme qu'elle a perdu son faveur à ses yeux, c'est uniquement parce qu'il a laissé son regard s'égarer en dehors de son propre mariage. Et le résultat, comme nous l'avons vu, est qu'il perdra même ce qui lui était destiné.

[ainsi à trop vivre en dehors de soi-même, de son foyer, alors non seulement on ne profite pas des trésors qui y sont, mais en plus on se fait du mal en ayant constamment l'impression que l'herbe est plus verte ailleurs (si j'avais ça alors je serais heureux, et si ...).
A force d'avoir peur de louper quelque chose à l'extérieur, de tout comparer, zapper, ... on passe à côté de s'épanouir dans le cadre de la vie intérieure qu'a choisi papa Hachem pour nous.
Le monde nous vend pleins d'informations (des alertes potins, photos, vidéos, ...), on a peur de passer à côté de quelque chose, mais en réalité c'est le yétser ara qui fait que l'on passe à côté de notre vie, de l'essentiel: toi, ton conjoint, Hachem, ...]

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-> Le dernier des 10 Commandements nous ordonne : "Ne convoite pas la femme de ton prochain" (lo ta'hmod échet réé'ha).
Comment la Torah peut-elle dire à une personne de ne pas désirer quelque chose?
Il est certainement juste d'attendre de quelqu'un qu'il n'agisse pas en fonction de sa jalousie, mais comment peut-on ordonner à une personne de ne même pas avoir un tel intérêt ?

Le Ibn Ezra (Yitro 20,14) donne une réponse étonnante :
Si quelqu'un croit vraiment que quelque chose lui est interdit, il ne le convoitera pas. Cette chose sera si éloignée de lui qu'il ne lui viendra jamais à l'esprit d'essayer de la posséder. C'est la raison pour laquelle la relation d'une personne avec sa mère ne présente pas une épreuve.
Le Ibn Ezra explique que même si une personne a une mère qui est très belle, il ne sera jamais attiré par elle, parce qu'elle sera considérée comme une personne dont le seul rôle dans sa vie est celui de mère.
Son rôle est si clair pour lui qu'il lui est impossible d'établir une relation avec elle d'une autre manière.
Le Ibn Ezra ajoute que toutes les femmes du monde sont en fait dans la même catégorie qu'une mère ; elles appartiennent à quelqu'un d'autre et devraient être complètement hors du champ d'intérêt de quiconque.

=> Le message du Ibn Ezra est que dans la mesure où un homme se concentre sur son propre monde intérieur et sa propre femme, dans la mesure où il perçoit que toutes les autres femmes dans le monde sont tout simplement hors limites (comme sa propre mère), il peut alors trouver un contentement total dans sa propre vie.

La tendance à vivre "en dehors" de sa vie est une maladie qui empêche de nombreuses personnes de profiter de leur propre foyer.
Les réseaux sociaux ont créé un état d'esprit qui modifie la façon dont les gens se rapportent à la vie et au monde qui les entoure. Les gens vivent-ils leur vie à l'intérieur ou à l'extérieur d'eux-même? Sont-ils présents à eux-mêmes et à leur famille, ou sont-ils ailleurs? (ex: vite vite une photo pour la partager, plutôt que de profiter de l'instant présent avec ses yeux, ses sentiments ... )

Ce danger touche toutes les dimensions de notre vie, mais en l'exposant et en prenant conscience du problème, nous faisons un grand pas en avant. Une fois que nous avons identifié les problèmes fondamentaux, nous pouvons commencer à y travailler.
Il faut beaucoup de maturité pour construire un foyer, et une partie de cette maturité est la capacité à regarder le monde différemment. Si nous y parvenons, chacun d'entre nous se sentira satisfait et épanoui dans le foyer qu'il construit, avec l'attitude sincère suivante : "ma femme est la seule pour moi!"
C'est la clé pour créer une véritable bayit né'eéman béIsraël.
[rav 'Haïm Dov Stark]

La nature de l'âme d'un enfant dépend de la pensée du couple au moment de la conception.
Des intentions impropres attireront sur cette semence une "âme impure".
Par contre, des pensées pures donneront naissance à une âme sainte et pure.
[ Zohar - vol.3,p.80 ]

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-> Le Ohr ha'Haïm (Tazria 12,2) commente :
D'après cela, le principal de l'enfantement, c'est-à-dire la nature de l'âme qui va être enfantée se fait au moment de la conception. La pensée a devancé l'acte c'est elle qui est à l'origine de la semence.

"Parle aux Bné Israël, et dis leur : une femme qui a un flux (icha ki tazria) et a enfanté un mâle" = suivant la semence une femme enfante. La Torah veut nous apprendre que le principal de l'enfantement est au moment de la conception.
Sitôt qu'il sème, il enfante. Tout se passe à ce moment-là, à savoir donner naissance à une âme pure ou non. Après, il ne faut pas espérer pouvoir changer sa nature.
Donc, un homme qui désire un "bon enfantement" doit s'efforcer de purifier ses pensées au moment de la conception (du rapport conjugal). Bien qu'étant invisible, c'est cela qui s'appelle l'enfantement.

D'après notre explication, nous pouvons maintenant comprendre le sens du verset : "Avraham a pris avec lui ... les âmes qu'ils avaient créées lors du séjour à Haran" (Lé'h lé'ha 12,5) = il s'agit des âmes qu'ils ont conçues au moment de leur accouplement. Bien que Sarah n'ait jamais enfanté, à chaque relation qu'ils avaient des âmes naissaient. Et bien qu'elles ne donnent pas naissance à des corps, cela ne contredit pas la vérité (réalité).

"... et a enfanté un mâle"" = pour faire suite à l'explication précédente, le couple a ce pouvoir, au moment de la conception, de donner naissance à "un garçon". Et ce, suivant la pensée qu'il aura d'amener une âme du "monde masculin".

Shalom Bayit – Conclusions du rav ‘Haïm Friedlander

+ Shalom Bayit - Conclusions du rav 'Haïm Friedlander dans son kountres :

1°/ La maison = l'école du 'hessed :

-> La maison est une école pour développer la mida du 'hessed (trait de caractère de bonté).
Selon les directives de la Torah, en matière de tsédaka (charité) et de 'hessed, plus une personne est proche de vous, plus elle est prioritaire.
En ce sens, "Entre les indigents de ta ville et les indigents d'une autre ville, les indigents de ta ville sont prioritaires" (guémara Baba Métsia 71a).
De même, en ce qui concerne les besoins d'un pauvre qui est un membre de la famille et d'un autre qui ne l'est pas, le membre de la famille a la priorité ; comme il est dit : "Ne te cache pas de ta propre famille" (Yéchayahou 58,7).
Or, parmi tous les parents d'une personne, il n'y a pas de parent plus proche que sa femme, la femme d'une personne est comme sa propre personne (ichto kégoufo). Par conséquent, la plus grande obligation de 'hessed est envers sa femme.

On observe parfois un phénomène étrange : une personne se consacre à donner beaucoup d'aide à tous ceux qui se tournent vers elle, et pourtant sa propre femme est pleine de plaintes contre elle : pourquoi ne voit-elle pas cette même attitude de 'hessed aussi à la maison?
Cette personne a l'impression erronée que le 'hesed avec les étrangers est plus important ; elle ne réalise pas que [selon la Torah] l'expression première de son 'hesed devrait être envers sa femme.

-> Il faut ajouter à ces paroles du rav Friedlander, celles du rav 'Haïm Vital (rapportées par le rav Wolbe - maamaré haDracha lé'Hatanim - p.11) :
En ce qui concerne le 'hessed, les midot d'un homme ne se mesurent qu'en fonction de la façon dont il traite sa femme.
C'est-à-dire qu'un homme qui s'active à faire du 'hessed pour de nombreuses personnes : en prêtant de l'argent et en aidant les gens financièrement, en visitant les malades, en consolant les personnes en deuil, en apportant de la joie à un 'hatan et à une kala, ... s'attend certainement à recevoir une grande récompense dans l'autre monde ... Mais il doit savoir sans aucun doute qu'au Ciel, on examinera son comportement envers sa femme.
S'il l'a également traitée avec bonté toute sa vie, il est digne d'éloges et tout ira bien pour lui. Mais s'il l'a provoquée et l'a négligée, ou si, dans sa maison, il a exprimé sa colère et s'est montré excessivement strict, qu'il n'a pas été aimable et a refusé de partager son fardeau, cela déterminera l'issue du jugement.
On ne mentionnera pas pour sa défense les bonnes actions qu'il a faites pour les autres!

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2°/ Une atmosphère positive :

-> L'objectif est de créer une atmosphère dans la maison qui soit constamment agréable et bonne. C'est le shalom bayit = la shlémout habayit (la perfection du foyer).
[Shalom (paix), est liée au mot shlémout (perfection). L'absence de conflit ne constitue pas à elle seule un véritable shalom ; pour qu'il y ait un véritable shalom, une atmosphère de fraternité et de camaraderie doit régner dans le foyer. ]

Nos Sages nous enseignent ce point : "Lorsque l'amour entre ma femme et moi était fort, nous pouvions tous les deux nous reposer sur la largeur de la lame d'une épée. Maintenant que notre amour n'est pas fort, un lit de 60 ama n'est pas suffisant pour nous" (guémara Sanhedrin 7a - avec Rashi).
On peut noter que la guémara ne dit pas "Maintenant qu'il y a un conflit entre nous", mais seulement "Maintenant que notre amour n'est pas fort", comme c'était le cas auparavant.

La règle d'or est de s'efforcer constamment de créer une atmosphère de "aava vé'achva shalom vé'reyout" (d'amour, de fraternité, de paix et d'amitié entre vous - nous souhaitons cela dans la 7e bénédiction des chéva brakhot). Ainsi, les disputes n'auront pas lieu et tous les problèmes susceptibles d'apparaître pourront être résolus de manière agréable.

-> On peut rapporter les paroles du rav Wolbe (maamaré haDracha léKallot - p.37-39) :
Essayons de clarifier ce que signifie le vrai bonheur, ce qu'il faut en attendre et ce qu'il ne faut pas en attendre ... Lorsque l'amour est fort, il n'y a pas besoin d'une grande maison. Mais lorsque la relation entre le couple est plus froide, ils auront beau agrandir leur maison, elle ne sera jamais assez grande ...
Un amour vrai et fort [entre époux] qui remplit le cœur de chacun est la base du vrai bonheur.

Lorsqu'un tel amour existe, un couple peut se contenter d'un mode de vie modeste. Ils n'ont pas besoin d'un grand appartement, de meubles coûteux, de tapis et de rideaux tape-à-l'œil, car ils ont la pnimiout [un sens et un épanouissement intérieurs], et la pnimiout ne peut pas tolérer les pièges extérieurs excessifs.
[c'est parce qu'une personne dotée d'une pnimiout vit dans un monde de vérité, qui est incompatible avec les étalages superficiels de richesse. ]

-> La bonne température dans une maison est maintenue par la chaleur des cœurs.
[rabbi Paysach Krohn]

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3°/ Du 'hessed avec son corps :

-> La guémara (Soucca 49b) rapporte :
Les rabbins ont enseigné : Il y a 3 façons avec lesquelles le 'hessed (bonté) est supérieur à la tsédaka (charité) :
1°/ la tsédaka est faite avec l'argent d'une personne, alors que le 'hessed peut être fait à la fois avec le corps et l'argent d'une personne ;
2°/ la tsédaka est seulement pour les pauvres, alors que le 'hessed peut bénéficier à la fois aux pauvres et aux riches ;
3°/ la tsédaka ne peut être donnée qu'aux vivants, alors que le 'hessed peut être fait à la fois pour les vivants et pour les défunts.

-> Chaque personne a besoin de recevoir des actes de bonté, [comme] une attention, un sourire. Ces actes ne coûtent rien puisqu'ils sont faits uniquement avec le corps.
Il n'existe pas de situation où il y a une telle abondance d'opportunités et d'obligations d'accomplir la mitsva de guémilout 'hassadim (agir avec bonté), à la fois avec son corps et avec son argent, que dans un foyer entre un mari et sa femme.

Le rav Yaakov Israël Kanievsky (le Steïpler) écrit dans une lettre :
Si l'on fait preuve de proximité et que l'on embrasse [sa femme], et que l'on fait d'autres actions similaires pour le bien du Ciel et par compassion, afin qu'elle ne se sente pas peinée ou abattue, cela n'entraînera pas du tout un affaiblissement de la yirat Chamayim (crainte du ciel) ou une chute dans les désirs physiques. Au contraire, cela mènera à la sainteté (kédoucha) et il accomplira la mitsvat positive de la Torah : "Tu suivras Ses voies" (Ki Tavo 28,9) : tout comme Il [Hachem] est miséricordieux, tu dois aussi être miséricordieux.

En faisant du 'hessed avec son corps, une personne s'élève à la fois dans son corps et dans son âme, et elle est ainsi méritante de se connecter aux midot d'Hachem.
Une personne est composée d'un corps et d'une âme qui sont fusionnés en un seul être, et ils doivent être utilisés ensemble pour servir Hachem. L'utilisation du corps et de l'âme en harmonie est une forme particulière de cette avoda qui existe dans la relation entre un mari et une femme.

Nous apprenons ce concept d'unité du corps et de l'âme à un niveau élevé, dans les bénédictions que Yaakov a donnés avant sa mort. Cette idée est mentionnée par le rav Yossef Leib Bloch (dans Shiour" Daat - vol. I).
En décrivant la scène où Yossef a amené ses 2 fils à Yaakov pour recevoir des bénédictions, le verset dit : "[Yaakov] les attira près de lui, il les embrassa et les serra dans ses bras" (Vayé'hi 48,10).
Il est certain que la Torah ne se contente pas de décrire une rencontre émotionnelle au cours de laquelle un grand-père embrasse ses petits-enfants avant de mourir ; tout ce qui est écrit là fait partie intégrante de l'épisode des bénédictions.
Comme l'explique le Sforno : "Il les embrassa et les serra dans ses bras' = afin que son âme se connecte avec eux et que sa bénédiction prenne effet".
La bénédiction se déverse de l'intérieur depuis l'âme de celui qui la donne, et plus son âme est liée au destinataire, plus la bénédiction aura de pouvoir.

Le Sforno fait une remarque similaire (Vayétsé 32,1), lorsque Lavan donne une bénédiction à ses filles : "[Cet incident est décrit dans la Torah] pour nous apprendre que la bénédiction d'un père, qui est donnée à ses enfants avec toute son âme, sera sans aucun doute plus puissante."

Cependant, nous devons encore clarifier pourquoi il était nécessaire pour Yaakov d'embrasser et d'étreindre ses petits-fils pour que son âme se connecte à eux. Bien que "ses yeux étaient alourdis par l'âge et qu'il ne pouvait pas voir" (Vaéy'hi 48,10), Yaakov avait toujours une vision spirituelle claire.
Il a vu devant lui non pas les corps physiques d'Efraïm et de Ménaché, mais leurs âmes et tout le potentiel qu'elles renferment. Il a vu Yéhochoua descendre d'Efraïm, il a vu Yarav'am et Yéhou, il a vu les tribus et leurs destins devant lui, et il les a tous bénis.
Si c'est le cas, en quoi les actes physiques de Yaakov (embrasser et étreindre) ont-ils contribué à renforcer le lien spirituel pour rendre sa berakha plus efficace?

Ceci nous enseigne une grande leçon : même si Yaakov était à la fin de sa vie et presque complètement détaché du monde physique (ce qui est la raison profonde pour laquelle "ses yeux étaient lourds de vieillesse"), tant qu'il avait un corps, il avait besoin de l'impliquer également pour que la connexion spirituelle soit complète. En effet, quel que soit le niveau spirituel d'une personne, le corps et l'âme fonctionnent ensemble comme une unité, et l'absence de connexion physique signifie que la connexion spirituelle fait également défaut.

De cette manière, le Sforno explique l'effort de Yossef pour que Yaakov place sa main droite sur Ménaché, et le fait que Yaakov change de main en réponse. Ici aussi, nous devons nous demander, si Yaakov voulait bénir Efraïm plus que Menaché, il aurait pu simplement l'exprimer dans sa kavana de la bénédiction.
Pourquoi devait-il spécifiquement croiser ses mains et placer sa main droite sur Efraïm pour accomplir cela ? Le Sforno explique (48:18) comme suit :
Parce qu'en vérité, le repos physique de la main dirige l'âme vers ce sur quoi la main se repose... La force de la main droite est plus grande que celle de la main gauche, donc le repos de la main droite provoquera une plus grande concentration de l'âme vers son sujet que le repos de la main gauche ne provoquera vers son sujet.

Incroyable! Même la différence la plus infime entre placer la main droite au lieu de la gauche affectera la concentration de l'âme ; ceci est vrai même pour Yaakov à la fin de sa vie [bien qu'il ait été à un niveau si élevé, son âme était néanmoins affectée par son corps physique]

=> Nous pouvons en déduire un principe concernant les possibilités de faire du 'hessed avec le corps, qui ne peuvent être trouvées qu'entre un mari et sa femme.
Comme le 'Hazon Ich l'a écrit dans sa lettre : "[Ils] doivent faire des efforts pour s'unifier. Cette unification est le but de leur création, car la Torah dit] "Ils deviendront un seul être", [ce qui nécessite d'utiliser à la fois son corps et son âme].

Shalom bayit – étude d’une lettre du ‘Hazon Ich

+ Shalom bayit - étude d'une lettre du 'Hazon Ich :

-> Le 'Hazon Ich écrit dans une lettre à un avrékh dans sa première année de mariage :
[La Torah ordonne à un mari nouvellement marié : ] "Il sera dispensé [des obligations militaires] pendant un an pour être à la maison et il apportera de la joie à la femme qu'il a épousée" (Ki Tétsé 24,5).
[Il s'agit] d'une obligation. Comment peut-il lui apporter de la joie?
C'est dans la nature de la femme de se réjouir de trouver grâce aux yeux de son mari, et ses yeux sont levés vers lui. Il doit s'efforcer de lui montrer son amour et sa proximité par une conversation abondante et des paroles gratifiantes.
(Bien que nos Sages nous mettent en garde : "Ne conversez pas excessivement [avec les femmes, y compris avec votre épouse]", cela ne concerne que les cas où l'épouse n'a pas besoin d'entendre des paroles gratifiantes, et cela ne fait pas référence à la première année (chana richona), un moment qui nécessite un effort pour s'unir. Cette unité/union est le but de leur création, comme le dit la Torah : "Ils deviendront un seul être," et [quand il y a une véritable "unité" entre eux] nos Sages disent que la Présence Divine (Chékhina) est présente entre un homme et sa femme]. [guémara Sotah 17]).

Parfois, le fait de se témoigner d'un honneur formel et d'une politesse révérencieuse indique un manque de proximité. Il faut être plus proche [de son épouse], sans laisser de place à l'interaction formelle.
L'humour et la légèreté sont plus souhaitables que le sérieux et l'honneur révérencieux. Il faut s'efforcer de se comporter de manière intime, comme la relation entre la main droite et la main gauche d'une personne, qui ne sont pas étrangères l'une à l'autre, mais plutôt font parties de nous.
Ne parlez pas en utilisant un langage formel ; conversez de manière informelle. En partant, dites où vous allez, et en revenant, partagez avec elle ce que vous avez fait, et faites de même avec d'autres petites choses.
Vous devez également exprimer des mots d'encouragement qui réjouissent le cœur.
Il est essentiel de prier Hachem pour la miséricorde, comme le disent nos Sages (Béra'hot 63a) à propos du verset : "Dans tous tes chemins, tu Le connaîtras, et Il redressera tes chemins" (Michlei 3,6).

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-> Ci-dessous une compilation personnelle de commentaires du rav 'Haïm Friedlander sur cette lettre du 'Hazon Ich (ainsi que des ajouts de conseils du rav Wolbe) :

La Torah nous enseigne l'importance de l'obligation énoncée dans les mots : "Il sera exempté [des devoirs de l'armée] pendant un an pour être chez lui, et il apportera de la joie à sa femme qu'il a épousée" = en le dispensant de toute responsabilité envers l'effort de guerre, la Torah démontre qu'il a une obligation qui n'est pas moins importante pour l'existence du peuple juif, celle de poser les fondations de son propre foyer!
Cette obligation n'est pas moins importante que l'obligation d'aller à la guerre et de se sacrifier pour le peuple juif ...
C'est le point sur lequel insiste le 'Hazon Ich : "[c'est] une obligation" qu'il ne soit pas encombré par des responsabilités communautaires afin qu'il consacre sa première année à son mariage.

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+ Réjouir sa femme :

-> La tâche du 'hatan pour la première année de mariage est "d'apporter de la joie à sa femme". C'est ainsi qu'il pose les fondations de son foyer et le construit.
[...]
Les mots du 'Hazon Ich "ses yeux sont levés vers lui" englobent 2 points importants.
Premièrement, le regard de la femme sur ses propres actions est entièrement centré sur son mari : être son ézer (aide).
Deuxièmement, elle cherche également à trouver reconnaissance et approbation dans les expressions de son visage et dans ses paroles. Elle ne ressent de la satisfaction et du plaisir que lorsqu'il reconnaît qu'elle a trouvé grâce à ses yeux. Par conséquent, un mari doit aider sa femme à atteindre cet objectif de lui plaire et de lui servir d'ézer kénegdo.

Il a l'obligation de "s'efforcer de lui montrer son amour et sa proximité". L'accent est mis sur "montrer" ; il ne suffit pas qu'elle trouve grâce à ses yeux et qu'il l'aime dans son cœur. Il ne suffit pas non plus qu'il exprime ces sentiments une fois ou en quelques occasions isolées. Il doit lui témoigner son affection et sa proximité au quotidien ; c'est le réconfort qu'elle mérite pour son aspiration constante à être un ézer kénegdo.

Pour expliquer ce point, le rav Yaakov Israël Kanievsky (le Steïpler) écrit, dans une lettre à un avreich :
"... Il est bien connu que le principal espoir d'une femme est d'avoir un mari qui l'aime. Si elle voit que ce n'est pas le cas, elle est presque en danger de mort à cause de l'énorme douleur et du chagrin de sa solitude, elle est [alors] comme une veuve vivante."

Le monde d'une femme, c'est son mari qui l'aime ; c'est tout ce qu'elle espère et désire ardemment. Si son mari ne valide pas cela, son monde devient obscur.
Nos guédolim n'exagèrent pas. Si le Steïpler écrit "presque à la limite du danger de mort", il faut le prendre au pied de la lettre, et il le savait grâce aux cas réels qui lui ont été présentés. Si une femme est émotionnellement brisée, elle tombe dans la dépression et devient susceptible de contracter toutes sortes de maladies ...

Un mari peut rentrer à la maison de temps en temps, préoccupé par une certaine affaire, et donc (involontairement) ne pas donner à sa femme l'attention dont elle a besoin. En conséquence, sa femme est déçue et blessée, et se demande :pourquoi n'est-il pas heureux de rentrer à la maison?
Elle travaille si dur pour lui, pour faire de la maison un endroit agréable pour lui ; pour elle, c'est une offense personnelle. Le monde d'une femme est son foyer, et elle veut s'y épanouir.
(Même si elle travaille à l'extérieur du foyer, elle veut que son foyer soit sa principale source de satisfaction).
Sa satisfaction au foyer dépend entièrement de son mari. Dans la mesure où il lui consacre son attention et exprime son amour pour elle, il lui fait comprendre qu'elle remplit effectivement son rôle d'ézer kénegdo à son entière satisfaction et qu'il est content d'elle et du foyer.

-> Le rav Wolbe (maamaré haDracha lé'Hatanim p.6) écrit :
Le fait de respecter sa femme est fondamental, par cela le mari détermine le statut de son épouse au sein du foyer.
La femme s'occupe volontiers des tâches ménagères, même les plus insignifiantes.
Cependant, elle veut se sentir comme une reine dans son foyer et avoir une place de choix aux yeux de son mari et de ses enfants. Si son mari apprécie le bien qu'elle fait et prête attention à son dévouement, elle se sentira honorée.

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+ La proximité par la discussion :

-> Il est écrit : "10 mesures de parole sont des descendues dans le monde ; les femmes en ont pris 9" (guémara Kidouchin 49b) ...

Nos Sages nous révèlent les différentes facettes de la nature de la femme que Hachem a implanté en elle pour la préparer à remplir correctement son rôle.
D'une part, la femme est orientée vers l'extérieur, vers le monde qui l'entoure. Elle est impliquée dans le monde physique, le monde matériel des sens, afin de pouvoir répondre à tous les besoins de son foyer et de sa famille. (Les hommes, en revanche, sont généralement plus tournés vers l'intérieur, vers le monde de la Torah, qui est un monde interne, spirituel).
Pour contrebalancer cette implication dans le monde extérieur, Hachem a créé la femme à partir d'un endroit caché (elle ne vient pas de la tête, des yeux ... d'Adam, mais d'un lieu caché) et a intégré la vertu de la modestie dans chacun de ses membres, comme il est dit : "kol kévoda bat mélé'h" (toute la gloire de la fille du roi est à l'intérieur [c'est-à-dire dans la modestie]" - Téhilim 45,14).
Ainsi, il existe au sein d'une femme 2 forces contradictoires [d'une part, un désir de faire partie du monde extérieur, et d'autre part, un ordre d'Hachem de rester modeste].

Les femmes ont besoin de parler parce qu'elles ont besoin de faire sortir ce qu'elles ont dans le cœur et de l'exprimer aux autres.
Le verset dit : "Le souci abat le cœur de l'homme; mais une bonne parole y ramène la joie" (Michlé 12,25). Ce qui signifie que lorsqu'une personne est accablée par ses problèmes, elle doit les raconter aux autres, et elle se sentira soulagée (guémara Yoma 75a).
Cependant, comme il est dans la nature de la femme de se tourner vers l'extérieur, elle a un besoin émotionnel intrinsèque de transmettre aux autres non seulement ses soucis, mais aussi tout ce qui l'occupe, toutes ses expériences et tout ce qui lui arrive.
Une femme attend avec impatience le retour de son mari pour pouvoir partager avec lui tout ce qui s'est passé dans la journée, que ce soit important ou anodin.
Avant de se marier, elle avait plusieurs personnes à qui elle pouvait s'adresser pour se décharger de ses soucis : sa mère, ses sœurs, ses amis. Mais dès qu'elle se marie, elle considère son mari comme son adresse principale pour partager ses expériences.

[Dans la lettre du 'Hazon Ich, il écrit qu'un mari "doit s'efforcer de lui montrer son amour et sa proximité à travers une conversation abondante et de mots gratifiants".
quand une conversation abondante et des mots gratifiants."]
"Une conversation abondante" est une voie à double sens, qui implique à la fois de parler et d'écouter. Cependant, lorsqu'il converse avec sa femme, le mari doit écouter plus qu'il ne parle. Il doit également écouter les paroles de sa femme avec intérêt.
Si la femme voit que ses paroles sont un fardeau pour lui, elle se sentira étouffée, et donc déçue et dégradée, par le désintérêt de son mari. Par conséquent, un mari doit accorder à sa femme de l'attention pour les longues conversations et lui donner l'occasion de parler dans une atmosphère détendue.
Un moment propice à cela est le repas, lorsque sa femme n'est pas sous pression. Cela peut aussi être à un autre moment de la journée ou de la soirée.

-> Le rav Wolbe (maamaré haDracha lé'Hatanim p.24-25) rapporte :
Qui se considère comme une personne plus sérieuse et sainte que le gaon rav Akiva Eiger, dont on dit qu'il avait 36 cours de Torah chaque jour, et malgré cela il trouvait le temps d'avoir des discussions profondes aves sa femme, comme il l'écrit lui-même : "débattant de questions de yirat chamayim jusqu'à minuit!".

-> Lé 'Hazon Ich affirme clairement que toute conversation nécessaire pour mettre sa femme à l'aise n'est pas incluse dans l'interdiction de "Ne pas converser excessivement avec une femme" (Pirké Avot 1,5).
En particulier pendant la première année après le mariage, on devra passer beaucoup de temps à parler avec sa femme et à lui dire qu'on est heureux avec elle. La tâche principale que la Torah assigne à un mari pendant la première année est de créer une union/unité entre lui et sa femme.
La Torah nous demande : "ils deviendront un seul être" à travers la mitsva de "d'apporter de la joie à sa femme" (véchama'h ét ichto). Cette union n'est pas un résultat naturel de la 'houpa et des kidouchin.

Évidemment, il faut continuer à entretenir cette relation même après la première année, car cette union n'est pas quelque chose qui, une fois réalisée, est fixe et immuable. C'est un état qui est sujet au changement et à la fluctuation, et il n'y a pas de limite au niveau d'unité/union qu'ils peuvent atteindre.
[le rav Wolbe rapporte que lorsque les anges ont dit à Avraham que "elle est dans la tente", le but était d'apporter un compliment de Sarah à Avraham. En effet, même s'agissant de nos Patriarche et Matriarche, d'un couple centenaire, et bien il y a toujours besoin d'augmenter le niveau d'unité entre eux. ]

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-> Le rav Wolbe (maamaré haDracha lé'Hatanim p.27-28) écrit:
Il n'y a rien de plus dangereux pour la relation d'un couple que la routine. Grâce aux lois strictes des jours de niddah, la Torah nous aide à nous assurer que la routine ne prenne pas le dessus [et ne sape pas l'intensité de la relation] ...
[en ce sens, selon la guémara (Nidda 31b) : "Pourquoi la Torah sépare-t-elle une niddah de son mari pendant 7 jours? Parce que son mari peut devenir trop habitué à elle et perdre tout intérêt, la Torah a déclaré qu'elle sera rituellement impure pendant 7 jours, et après sa purification, elle deviendra aussi chère à son mari que le jour de leur 'houppa." ]

Tout au long de leur vie, le mariage sera renouvelé : une union plus profonde, un amour plus grand et une appréciation plus forte ...
Un homme doit faire de son mieux pour approfondir sa relation et son appréciation de sa femme, en toute circonstance et à chaque étape de la vie. Pour y parvenir, il doit prêter attention à ce point : au cours des premières années de mariage, un homme a tendance à se laisser tromper par la proximité physique et à penser que leur relation est déjà parfaite, avec une proximité impressionnante, que lui faut-il de plus?
Les femmes, en revanche, ne sont pas influencées par la proximité physique ... Une proximité physique dépourvue de proximité émotionnelle est une insulte pour une femme.
Une femme qui se respecte attend une proximité émotionnelle. Elle attend de son mari qu'il lui porte une attention affectueuse. Si une telle relation est en place, elle désirera aussi une proximité physique.

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+ Une atmosphère positive et agréable :

-> Le 'Hazon Ich poursuit : "Parfois, une relation avec un honneur formel et une politesse révérencielle indique un manque de proximité."
Peut-être l'intention du 'Hazon Ich est-elle d'expliquer les paroles de nos Sages : "[Un mari] doit aime sa femme comme lui-même et l'honore plus que lui-même" (guémara Yébamot 62b) = il ne s'agit pas de l'honorer avec l'étiquette et la politesse ; il s'agit de prendre en considération ses désirs et sa nature.

Le 'Hazon Ich ajoute : "Il faut être plus proche [de son épouse], sans laisser de place à l'interaction formelle. L'humour et la légèreté sont plus souhaitables que le sérieux et l'honneur révérencieux."
[Le 'Hazon Ich souligne l'importance de maintenir] un environnement léger et agréable, par opposition à une atmosphère lourde, tendue et trop sérieuse. Il faut s'assurer qu'une atmosphère joyeuse règne dans la maison.

L'un des bénédictions des shéva bra'hot commence par : "qui a créé la joie et le le bonheur, le 'hatan et la kalla, les réjouissances et les chants d'allégresse, la gaieté et la joie, l'amour et la fraternité, la paix et la camaraderie" (acher bara chasson vésim'ha ...).
Cela signifie que pour créer l'amour, la fraternité, la paix et la camaraderie entre un 'hatan et une kalla, Hachem a créé un esprit de "joie et de bonheur", ... qui repose entre eux.
Il faut s'efforcer de faire en sorte que cette atmosphère imprègne constamment la relation, en particulier pendant la première année, car c'est ce qui crée l'amitié et l'unité/l'union.
Ce n'est pas toujours facile ; il arrive que des événements et des humeurs résistent à une atmosphère heureuse et légère. Néanmoins, il est de la responsabilité du mari de toujours veiller à ce qu'il y ait une atmosphère positive et qu'il présente une attitude agréable.

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+ Le couple - comme la relation entre la main droite et la main gauche :

-> Le 'Hazon Ich écrit : "Il faut s'efforcer de se comporter de manière intime, comme la relation entre la main droite et la main gauche d'une personne, qui ne sont pas étrangères l'une à l'autre, mais plutôt sont nous-même. "

[La relation entre un homme et son ami est extérieure.] Le Ramban et le In Ezra expliquent tous deux que la mitsva de "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (véaavta léréa'ha kamokha), n'est pas une mitsva consistant à aimer littéralement un autre juif autant que vous vous aimez vous-même. Il s'agit plutôt de vouloir qu'il ait également tout le bien que vous désirez pour vous-même.
C'est pourquoi le verset utilise le mot "vers ton prochain" (léréé'ha), et non "ton prochain" (ét réé'ha).
Cependant, on doit aimer sa femme littéralement comme on s'aime soi-même car ils sont une unité (véayou lébassar é'had), une main droite et une main gauche du même corps.

Cette unité ne se produit pas d'elle-même comme un résultat naturel du mariage ; c'est une tâche qui exige du travail et des efforts. La clé est la mitsva "d'apporter de la joie à sa femme" (vésama'h ét ichto), prendre soin d'elle et lui donner abondamment de bon cœur.
Le Rav Dessler (Mikhtav Me'Eliyahou) explique que l'amour est le résultat du don. En donnant à une personne des actes de 'hessed, on se lie à son bénéficiaire par des liens d'amour. Plus on donne, plus l'amour qui en découle est grand. [plus on s'investie pour autrui, plus on y met une partie de soi-même, et alors plus on est aime cette personne, car inconsciemment il y a davantage de "nous" en elle. D'une certaine façon c'est cela aimer autrui comme soi-même, et qui ne peut être pleinement réalisé qu'avec sa femme, ses enfants] (cette idée fondamentale du rav Dessler doit être le fil conducteur d'un mariage).

Les choses qui occupent l'épouse doivent également être importantes pour le mari, et vice versa, comme l'explique plus loin le 'Hazon Ich. Lorsqu'une femme partage tous les événements de sa journée, qu'ils soient importants ou non, son mari doit l'écouter avec une oreille attentive.
Les sujets qui sont stressants pour elle doivent également le préoccuper. Il se peut que le mari ne voie pas cela de la même manière, qu'il ne les prenne pas aussi au sérieux qu'elle.
Peut-être prend-elle cela plus à cœur parce que ses émotions sont dominantes, alors que son point de vue intellectuel ne leur accorde pas autant d'importance. [majoritairement, les femmes sont de nature plus émotionnelles, les hommes rationnalisant plus avec l'intellect. ]
Néanmoins, le simple fait que sa femme soit troublée doit peser sur lui aussi, tout comme la main droite ressent automatiquement la douleur de la gauche. Par conséquent, il lui incombe de l'encourager et de la renforcer en compatissant sincèrement à sa douleur.

En raison de sa nature sensible, la femme est susceptible d'avoir des humeurs fluctuantes. Il est du devoir du mari d'accepter cela avec patience et tolérance et de la rassurer dans toutes les situations.
Comme l'écrit le 'Hazon Ich, "exprime des mots d'encouragement qui réjouissent le cœur".

Une femme est particulièrement sensible pendant sa période menstruelle. Les maux de tête et les douleurs corporelles sont courants ; il est compréhensible que cela affecte son humeur et qu'elle ait besoin d'être rassurée et soutenue. Bien que Chazal ait institué des protections et des barrières autour des interdictions imposées par la Torah pendant cette période, le mari doit réaliser que, spécifiquement pendant ces jours, il doit faire un effort pour lui accorder une attention supplémentaire et se préoccuper de son bien-être.
Il ne doit certainement pas minimiser les conversations autorisées. [Ces éléments] contribueront à alléger son fardeau émotionnelle.

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+ Partager sa vie avec sa femme :

-> Le 'Hazon Ich poursuit : "En partant, dites où vous allez, et en revenant, ce que vous avez fait ; faites de même avec les autres petites choses."

Ici, le azon Ish nous donne un autre principe important pour créer l'unité. Il faut impliquer sa femme dans toutes ses affaires, petites et grandes.
Lorsqu'un mari quitte la maison pour s'occuper de quelque chose, il ne doit pas penser : "Qu'est-ce que cela a à voir avec ma femme?" Au contraire, à partir de maintenant, toutes leurs préoccupations sont mutuelles.
Le 'Hazon Ich nous enseigne qu'il faut constamment exprimer ce partenariat en disant à sa femme où il va quand il part et en partageant avec elle ce qu'il a fait quand il revient.

Le 'Hazon Ich ajoute un autre principe : "faites de même avec les autres petites choses". C'est-à-dire que les relations humaines en général, et la relation entre un mari et sa femme en particulier, se construisent à partir de petites choses.
Ce ne sont pas seulement les cadeaux qu'un mari offre à sa femme de temps en temps, à diverses occasions, qui traduisent l'intérêt et l'appréciation qu'il lui porte ; ce sont surtout les petites choses, telles que ses paroles et son visage qu'il a en partant et en revenant, et avec quels mots et quelle expression d'amour il se tourne vers elle ici et là tout au long de la journée.

Le 'Hazon Ich poursuit : ".....exprime des mots d'encouragement qui réjouissent le cœur."
Cela doit également se faire de manière constante, parsemée tout au long de la journée. Quelques mots ici et là sont plus efficaces que de longues conversations occasionnelles.

Le 'Hazon Ich conclut : "Il est essentiel de prier Hachem de faire preuve de miséricorde, comme le disent nos Sages ... 'Dans tous tes chemins, tu Le connaîtras et Il redressera tes voies'".
À chaque action, une personne doit réaliser que tout est entre les mains d'Hachem et qu'il faut se tourner vers Lui dans la prière pour obtenir l'aide céleste.
Encore plus lorsqu'il s'agit de construire les fondations d'une maison, une tâche qui dépend de la coopération d'une autre personne, sa femme. Par conséquent, il doit se tourner vers Hachem pour obtenir sa miséricorde et lui demander de lui accorder la bonne compréhension dans chaque situation et de couronner ses efforts de succès.