« Pardonne, de grâce, le péché de tes frères et leur faute, car ils t’ont rendu du mal » (Vayé’hi 50,17)

-> Les termes « Pardonne, de grâce » se disent dans le Texte : « sha na » (שא נא), expression composée des initiales des 4 formes figurant sur le Char Céleste (la merkava), comme le décrivit le prophète Yé’hezkel.
Ces 4 figures sont : le taureau (שור), le lion (אריה), l’aigle (נשר) et l’homme (אדם).

Or, le taureau est le symbole de Yossef, comme dans le verset : « C’est l’aîné de son taureau ».
=> Les frères veulent signifier ici à Yossef que c’est uniquement s’il leur pardonne qu’il méritera de voir son représentant, à savoir le taureau, sur le Char Céleste. Mais s’il ne leur pardonne pas, alors quelqu’un qui aura gardé rancune ne pourra pas avoir le mérite de se voir représenter sur le Char Céleste.

Ainsi, l’allusion est la suivante : « Pardonne de grâce » (שא נא), car c’est seulement dans ce cas qu’apparaîtront sur le Char, les 4 formes en allusion justement par les initiales de ces mots (שא נא).
Mais si tu ne pardonnes pas, alors il manquera une figure parmi les 4, à savoir celle du taureau, qui fait allusion à Yossef.

[Rabbi Chimchon d’Ostropoli]

« Zévouloun occupera le littoral des mers ; il offrira des ports aux vaisseaux » (Vayé’hi 49,13)

-> Selon nos Sages (Sifrei 33,19), résidant sur le littoral, Zévouloun avait la particularité d’entretenir des relations commerciales avec les autres nations par le biais de ses ports.
Son attitude va entraîner que les marchands étrangers vont vouloir visiter la terre d’Israël, en se rendant entre autre à Jérusalem, afin d’y apprendre davantage sur les juifs.
Il en résulta que ces marchands vont devenir si impressionnés de ce qu’ils vont y voir, qu’ils vont quitter leur religion païenne et se convertir au judaïsme.

=> Ainsi, la tribu de Zévouloun grâce à son comportement exemplaire dans ses relations commerciales avec les non-juifs, va générer des impressions très positives sur la religion juive, entraînant au final un kidouch Hachem très nombreux.

-> Le rav Matisyahou Salomon dit que de nos jours nous devons créer un kidouch Hachem dans nos affaires économiques avec les non-juifs, leur permettant ainsi d’avoir un bel aperçu de ce qu’est être juif.

Rabbi ‘Haïm Mordé’haï Katz enseignait à ses élèves quittant la yéchiva pour aller travailler : « Vous devez avoir une préoccupation au-dessus de toute autre : sanctifier le Nom de Hachem. Souvenez-vous que chaque chose que vous faites est soit un kiddouch Hachem, soit un ‘hiloul Hachem. Faites le maximum pour choisir correctement! »

=> La tribu de Zévouloun nous sensibilise à l’importance de représenter au mieux Hachem, sans nous laisser aveugler par l’argent, nos perspectives futures, l’honneur, …

Paracha Vayé’hi & ‘Hayé Sarah

+ Paracha Vayé’hi & ‘Hayé Sarah :

->  » ‘Hayé Sarah et Vayé’hi, sont les noms de parachiot, décrivant les morts de Sarah et de Yaakov.

– Le 1er mot de ‘Hayé Sarah est : « vayiyou » (וַיִּהְיוּ ), d’une guématria de 37, insinuant que ses seules années véritablement heureuses étaient les 37 années qui ont suivi la naissance de son fils ‘Its’hak (jusqu’à ce qu’elle décède).

– Yaakov a eu 34 années pleinement heureuses : 17 années entre la naissance et la disparition de Yossef ; et 17 autres années où toutes la famille a été réunie à Goshen (en Egypte).
La guématria de : « Vayé’hi » (וַיְחִי) est de : 34, qui correspondent aux années où il a pu être ensemble avec son fils Yossef, soit durant 34 ans. »

[Rav ‘Haïm Yossef Kofman – Ma’hchévet haLev]

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Comment comprendre que :
– Vayé’hi signifie : « Yaakov vécut », et traite de la mort de Yaakov ;
– ‘Hayé Sarah signifie : « la vie de Sarah » et commence par la mort de Sarah.

-> Le rav Zalman Sorotzkin (Oznaïm laTorah) suggère que cela nous apprend que la véritable vie n’est pas celle dans ce monde-ci, mais plutôt, celle qui démarre après que l’âme quitte le corps et entre dans le monde à venir.
Ainsi, Sarah et Yaakov sont morts dans ce monde, et ils ont alors pu commencer leur véritable vie.

[Ce monde n’est qu’un bref lieu de passage vers notre endroit de vie éternelle, comme il est écrit (Pirké Avot 4,16) : « Ce monde ressemble à un vestibule devant le monde à venir [éternel]. Prépares-toi dans le vestibule [en accomplissant des bonnes actions, des mitsvot dans ce monde] pour entrer dans le palais. » ]

« Efraïm et Ménaché, comme Réouven et Chimon seront à moi » (Vayé’hi 48,5)

-> Le ‘Hida (Rabbi ‘Haïm Yossef David Azoulaï) enseigne à ce sujet :

« De nombreuses personnes comparent les valeurs numériques de 2 choses, et assez souvent ils ont un écart de 1. Cependant, nous disons que les 2 sont comparables, puisque nous ajoutons le kollel (possibilité d’ajouter un pour le mot lui-même).

Nous trouvons ici une allusion :
– la guématria de : « Efraïm et Ménaché » (אֶפְרַיִם וּמְנַשֶּׁה) est de 732 ;
– la guématria de : « Réouven et Chimon » (רְאוּבֵן וְשִׁמְעוֹן) est de 731.

Bien qu’en apparence, il y a une différence d’une unité, « ils seront à moi » (יִהְיוּ-לִי) = Yaakov montre qu’ils sont les mêmes pour lui. »

« Le sceptre ne quittera jamais Yéhouda, ni l’autorité de sa descendance » (Vayé’hi 49,10)

-> « Tout homme qui affirme descendre de la lignée de ‘Hachmonaï ne peut être qu’un esclave, car pas un seul ne survécut. »
[guémara Baba batra 3b]

Les ‘Hachmonaïm se dévouèrent corps et âme pour la cause du kidouch Hachem, puisqu’ils agirent afin de rétablir la gloire du Nom divin aux yeux des nations.
Ils célébrèrent même des miracles qui se sont déroulés à leur époque en instaurant des mitsvot particulières, qui sont encore fêtées chaque année à ‘hanoucca.

Cependant, le Ramban fait remarquer qu’appartenant eux-même à la tribu de Lévi, ils s’arrogèrent le statut de roi, et démentirent en cela l’annonce faite par Yaakov : « le sceptre ne quittera jamais Yéhouda ».

=> Ainsi, si un léger écart de conduite peut entraîner des conséquences si terribles, et ce à une famille si prestigieuse, combien nos actes vertueux, même minimes et insignifiants, donneront lieu à des récompenses incommensurables!

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-> « Yéhouda, c’est toi que tes frères reconnaîtront » (Vayé’hi 49,8)

Yaakov a béni Yéhouda par la royauté.
Il est écrit dans les Pirké Avot (6,6) : « La Torah surpasse la prêtrise et la royauté, car la royauté est acquise par 30 vertus et la prêtrise par 24, tandis que la Torah est acquise par 48 vertus. »

La guématria de : Yéhouda (יְהוּדָה) est de 30, comme le nombre de vertus nécessaire pour acquérir la royauté.
[Rabbi David Feinstein – Kol Dodi]

« Que l’ange qui m’a délivré de tout mal » (amala’h agoél oti mikol ra – Vayé’hi 48,16)

-> Rachi : « L’ange qui m’est envoyé habituellement dans ma détresse »

-> Le ‘Hidouché Harim de commenter : « Toute détresse ne peut venir que s’il est possible de s’en sortir.
C’est ce que dit ce verset, le mal ne peut exister que s’il est possible d’en être libéré. »

Avant même de nous envoyer une difficulté, Hachem en a déjà préparer la solution.
=> Un juif ne peut jamais se dire : c’est fichu, je suis perdu!

« On l’annonça à Yaakov, en disant : ‘Voici (הִנֵּה) que ton fils Yaakov vient te voir’. Israël rassembla ses forces et s’assit sur le lit (הַמִּטָּה). » (Vayé’hi 48,2)

La guémara (Nédarim 39b) enseigne que chaque visiteur qui est né sous le même mazal (ben guilo) que le malade, lui retire 1/60e de la souffrance.

Rachi (Vayéchev 37,3) laisse comprendre que Yossef était le « ben guilo » de Yaakov, car la vie de l’un était le reflet de l’autre (ils avaient les mêmes traits du visage ; tout ce que Yaakov avait appris, il le lui avait transmis).

Se basant sur cette guémara, le Gaon de Vilna (Kol Eliyahou) fait remarquer que la visite de Yossef à son père, a bien permis de lui retirer 1/60e de sa douleur.

Comment voir cela dans notre verset?

La 1ere fois que Yaakov a appris la visite de son fils, la Torah utilise le mot : « Voici » (הִנֵּה), qui a une valeur numérique de 60.

Le verset nous rapporte que Yaakov s’est renforcé, jusqu’à pouvoir s’asseoir sur « le lit » (הַמִּטָּה), mot ayant une guématria de 59.

Le Gaon de Vilna dit qu’avant l’arrivée de Yossef dans la pièce, Yaakov était trop malade pour pouvoir s’asseoir, mais en raison de la visite de son fils qui lui était un « ben guilo », il a pu retirer 1/60e de sa souffrance (passant de 60 : הִנֵּה à 59 : הַמִּטָּה), ce qui lui a permis de pouvoir s’asseoir.