« Avram entendit que son parent (son neveu Lot) avait été fait prisonnier, il arma ses disciples qui étaient nés dans sa maison, 318, et il mena la poursuite jusqu’à Dan » (Lé’h Lé’ha 14,14)

-> Au moment de se séparer avec Lot, Avraham lui dit : « Où que tu viennes à t’installer, je ne m’éloignerai pas de toi et je serai pour toi un bouclier et une aide.
Et par la suite, Lot a eu effectivement besoin d’Avram (cf. verset ci-dessus) »
[Rachi – Lé’h Lé’ha 13,9]

Selon le Béer Yossef, c’est pour cela que Avraham a été prêt à risquer sa vie pour aller le sauver, afin d’éviter un ‘hilloul Hachem : les gens disant que Avraham le fidèle de D. ne respectait pas ses promesses.

-> Selon Rachi, ces 318 guerriers ne sont en réalité qu’une seule et même personne : Eliézer (אֱלִיעֶזֶר), le fidèle serviteur d’Avraham.
Celui-ci équivalait à 318 personnes, comme le suggère la valeur numérique de son nom, égale à ce nombre.

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-> « Il arma ses disciples »

La guémara (Nédarim 32b) nous enseigne :
– selon Rav : Avraham a armé ses hommes avec la Torah.
Le Ben Yéhoyada commente : il les a rempli de Torah, afin que la Torah soit pour eux une protection pendant la bataille.

– selon Chmouël : Avraham les a armé d’or.
Le Ben Yéhoyada commente : il leur a donné en avance beaucoup d’or, afin de s’assurer qu’ils seront prêts à renoncer au butin de la guerre.

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« Avram déplaça sa tente et vint s’établir dans les plaines de Mamré » (Lé’h Lé’ha 13,18)

Pourquoi la Torah vient nous spécifier que juste avant la guerre des rois, Avraham est venu vivre dans les plaines de Mamré?

Le midrach nous dit qu’au moment de la guerre avec les 4 Rois, des anges sont venus assister Avraham dans la bataille, mais il a refusait leur aide, car il voulait uniquement que Hachem l’accompagne.
En effet, Avraham avait une foi totale dans le fait que D. aura pitié de lui et le sauvera.

-> « Lui et ses serviteurs, il les frappa, il les poursuivit » (Lé’h Lé’ha 14,15)
Avraham est parti en guerre avec au minimum son serviteur Eliézer, alors pourquoi ce verset utilise-t-il le singulier?

Le Rokéa’h répond : le « Il » dans ce verset fait référence à Hachem.
Puisque Avraham était totalement dépendant de Hachem, alors Hachem a fait la guerre pour Avraham.

La plaine de Mamré était un lieu particulièrement dangereux pour y vivre, puisque les nations autour avaient d’importantes armées.
Le verset nous dit que Avraham y a vécu sans aucune inquiétude car il avait un bita’hon total en Hachem.

« J’agrandirai ton nom, et tu seras bénédiction » (Lé’h Lé’ha 12,2)

-> Les mots : « ton nom, et tu seras bénédiction (chémé’ha vééyé béra’ha – שְׁמֶךָ וֶהְיֵה בְּרָכָה) ont une guématria de 613.
Cela fait référence au fait que Avraham respectait toutes les 613 mitsvot de la Torah, et que ses descendants accepteraient la Torah et garderaient ces mitsvot.

Les mots : « tu seras une bénédiction » (éyé béra’ha – הְיֵה בְּרָכָה) ont la même guématria que : Avraham.
Cela indique que la bénédiction était l’essence même de Avraham.

[le ‘Hida – Pné David]

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-> Les Patriarches sont : Avraham (אברהם), Yit’hak (יצחק ) et Yaakov (יעקב ) = il y a un total de 13 lettres.

Les Matriarches sont : Sarah (שָׂרָה), Rivka (רבקה ), Rachel (רָחֵל ) et Léa (לֵאָה) = il y a également un total de 13 lettres.

Les noms de nos Patriarches et de nos Matriarches ont en tout 26 lettres, comme la guématria du Nom de Hachem (יהוה).
C’est une allusion au fait qu’ils représentent Hachem dans ce monde.

[Rabbi Barou’h de Mezivin – petits-fils du Baal Chem Tov – Boutsina Dinhora]

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+ « Depuis le jour où Hachem a créé le monde, personne ne L’a appelé : Seigneur (Adon), jusqu’à ce que Avraham vienne et appelle Hachem : « Mon Seigneur » (Adonaï – אֲדֹנָי). » (Lé’h Lé’ha 15,8) »
[guémara Béra’hot 7b]

-> Le Maharcha commente que jusque là, Hachem était identifié par le Tétragramme (יהוה), et qu’Avraham a introduit le : אֲדֹנָי au monde, qui exprime Sa domination sur le monde entier.

-> Le midrach (Béréchit rabba 39,1) rapporte comment Avraham a regardé le monde en se demandant à lui-même : « Se peut-il que le monde n’a pas de maître (à l’image d’un magnifique palais sans propriétaire)? »

Hachem a regardé Avraham et a déclaré : « Je suis le Maître du monde! »

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-> Le Psikta Rabbati fait remarquer qu’en dédiant totalement sa vie à diffuser le Nom de Hachem au travers le monde, chacune des lettres du 1er mot des 10 Commandements : Ano’hi (אנכי) font référence à Avraham :

– le aleph : 1 = c’est l’unicité de Avraham ;
– le noun : 50 = c’est l’âge auquel il a pleinement reconnu Hachem ;
– le kaf : 20 = c’est le nombre de générations entre Adam qui est né circoncis, et Avraham, qui a reçu la mitsva de la circoncision (brit mila) ;
– le youd : 10 = c’est les 10 épreuves qu’il a surmonté.

« Je bénirai ceux qui te béniront et celui qui te maudira Je le maudirai » (Lé’h Lé’ha 12,3)

-> Pourquoi pour la bénédiction : la récompense (Je bénirai) précède le mérite (ceux qui te béniront), tandis que cela est l’inverse pour la malédiction?

Nos Sages enseignent qu’Hachem considère une bonne intention comme si c’était déjà une bonne action, alors qu’une mauvaise intention n’est pas comptée comme un acte.

Ainsi, pour le bien, Hachem bénira même la personne qui a seulement l’intention de bénir, avant même qu’elle bénisse concrètement. Il est donc dit : « Je bénirai » avant de dire : « Ceux qui te béniront ».

Mais pour le mal, Hachem ne maudira que celui qui maudira concrètement. Il est donc dit en premier : « Celui qui te maudira », qui sera déjà passé à l’acte, alors « Je le maudirai ».

[Kli Yakar]

« Alors qu’il était sur le point d’entrer en Egypte, il dit à Saraï son épouse : Voici, je savais que tu es une femme de belle apparence » (Lé’h Lé’ha 12,11)

-> La guémara (Yoma 28b) dit que Avraham observait la Torah toute entière, même si elle n’avait pas encore été donnée.

-> Rachi écrit qu’en raison de son niveau de modestie, Avraham n’avait encore jamais regardé Sarah, sa femme, avant qu’ils ne soient sur le point d’entrer en Egypte.

-> La guémara (Kidouchin 41a) établie qu’il est interdit de se marier avec une femme sans l’avoir au préalable regardée pour s’assurer qu’elle trouve faveur à nos yeux.

=> Si Avraham suivait toute la Torah, pourquoi ne l’avait-il pas déjà regardée avant le mariage?

-> Le Maharcha (guémara Baba Batra 16a) répond qu’en réalité Avraham a vu Sarah dans sa jeunesse avant de se marier avec elle.
Après leur mariage, il ne l’a plus regardé, en ayant conscience que sa beauté diminuera avec le temps passant.
Cependant, lorsqu’il la regarda avant d’entrer en Egypte, il réalisa que son apparence n’avait pas changé pendant tout ce temps (cf. Rachi Béréchit 23,1).

Il donne un autre avis (guémara Yébamot 100b), selon lequel Avraham n’a commencé à observer les mitsvot qu’après avoir réalisé sa circoncision, ce qui n’était alors pas le cas.

-> Le rav Chmaryahou Ariéli (Michméret Ariel), cite le commentaire de Rachi (Béréchit 11,29), disant que Sarah était appelée : Yiska (provenant d’un mot hébreu signifiant : regarder), car tout le monde la regardait pour sa beauté.
Avraham se reposait sur sa réputation, plutôt que de la regarder lui-même avant le mariage.

-> Le rav Zalman Sorotzkin (Oznayim laTorah) dit que la guémara explique que la raison de l’obligation de regarder une femme avant le mariage, est par peur de trouver un défaut chez elle lorsqu’il la regardera après le mariage, et d’en venir alors à la mépriser.
Cette raison ne s’appliquait pas à Avraham qui n’a jamais eu l’intention de regarder Sarah par la suite.

Rabbi Barou’h Téoumim Frankel dit que Avraham (symbole du ‘hessed), avait dans son cœur uniquement de l’amour envers autrui.
Ainsi, même en se forçant, il ne pourrait jamais en venir à mépriser une autre personne, et à plus forte raison sa femme.
C’est pourquoi, il n’avait pas besoin de la regarder avant le mariage.

« [Hachem] le fit sortir en plein air, et dit: « Regarde le ciel et compte les étoiles, si tu peux les compter! » Et Il lui dit : « Ainsi sera ta descendance ». » (Lé’h Lé’ha 15,5)

-> Lorsque nous regardons les étoiles, elles semblent plutôt petites (comme un petit point lumineux!).
Cependant, en réalité elles sont énormes, comme nous pouvons le constater en s’en rapprochant.

C’est le message que Hachem a souhaité transmettre ici à Avraham : dans ce monde, tes enfants seront considérés comme ayant peu d’importance (des sales juifs!), comme insignifiants parmi les nations.
Cependant, dans le Ciel, ils sont considérés comme étant bien plus important que toute autre nation!

[le Divré ‘Haïm]

[lorsque nous ne considérons pas un autre juif avec assez de valeur, c’est parce que dans notre cœur nous sommes trop distant de lui pour pleinement apprécier sa grandeur]

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-> D’une façon similaire, le ‘Hatam Sofer enseigne :
« Pour nous une étoile semble petite, mais nous n’avons pas idée à quel point elle est grande et brillante. De la même manière, nous n’avons pas idée d’à quel point les tsadikim sont véritablement grands et brillants. »
[Torat Moché – Béréchit p.44]

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-> Le midrach (Pessikta Zoutreta) émet l’idée que Hachem a fait sortir Avraham, d’un lieu construit par l’homme vers l’extérieur lui montrant qu’à l’image des étoiles, Israël est au-dessus et transcende les lois de la nature (én mazal léIsraël).
Ainsi, si Hachem le désire, Avraham et Sarah auront des enfants, bien que de façon naturelle cela soit impossible (Sarah n’ayant pas de matrice).

Cette vision a également montré à Avraham que de même que nul ne peut conquérir les étoiles, de même aucune nation ne pourra jamais anéantir Israël.

-> De même, la guémara (Méguila 16a) dit qu’en comparant Israël aux étoiles, D. nous apprend que lorsqu’Israël accomplit Sa volonté, il est au-dessus de tout, comme les étoiles.
En revanche, quand il désobéit, il est piétiné par tous, comme la poussière.

« Sache-le bien, ta postérité séjournera sur une terre étrangère » (Lé’h Lé’ha 15,13)
[Dans le texte : יָדֹעַ תֵּדַע כִּי-גֵר יִהְיֶה זַרְעֲךָ בְּאֶרֶץ לֹא לָהֶם]

Ce verset aborde l’esclavage que les juifs seront forcés de subir en Egypte par la suite.
Cependant, nos Sages nous enseignent qu’il est également une allusion aux 6 jeûnes fixés dans le calendrier juif :
-> le youd (de yadoa : יָדֹעַ), d’une valeur de 10 = allusion au 10 Tévet ;
-> le tav (de téda : תֵּדַע) = allusion à TIcha béAv et au TAanit Esther ;
-> le kaf et youd (ki : כִּי) = c’est Yom KIppour, qui tombe le 11 Tichri ;
-> le guimel (de gèr : גֵר), d’une valeur de 3 = c’est celui de Guédalia, qui tombe le 3 Tichri ;
-> le youd et zaïn (de yiyé zar’a’ha : יִהְיֶה זַרְעֲךָ), d’une valeur de 17 = c’est le jeûne du 17 Tamouz.

[Rabbi Israël Bronstein]

« Il y eut une famine dans le pays et Avram descendit en Egypte … car la famine était sévère dans le pays » (Lé’h Lé’ha 12,10)

Pourquoi est-ce que la famine est mentionnée 2 fois dans ce verset?

Nos Sages (guémara Yoma 28b) nous enseignent que Avraham observait toutes les mitsvot, même les lois de nos rabbanim, comme le érouv tavchilin, une disposition qui permet de préparer le Shabbath pendant Yom Tov.

Or selon la hala’ha, un juif n’a pas le droit de quitter la terre d’Israël de façon durable que pour une des 4 raisons suivantes :
1°/ Trouver une femme pour se marier si on n’y arrive pas en Israël.
2°/ Suivre son rabbin parce qu’on n’en trouve pas en Israël.
3°/ Aller sauver des juifs des non-juifs à l’étranger.
Cela inclut le fait de les sauver de l’assimilation en donnant des cours de Torah.
4°/ Si c’est vraiment la famine en Israël et qu’on n’y arrive plus du tout financièrement, on peut quitter Israël pour revenir par la suite lorsque ça ira mieux.

Le Oznayim laTorah enseigne que Avraham était pointilleux sur la loi juive, et même lorsqu’il y avait de la famine en Israël, il n’est pas parti. [c’est la 1ere apparition du mot « famine »]

Quand est-ce qu’il « descendit en Egypte »?
Uniquement quand la « famine était sévère dans le pays », qu’il n’y avait absolument aucun moyen d’y trouver de la nourriture. [c’est la 2e apparition du mot « famine »]

=> Ce verset est une des preuves que Avraham accomplissait les mitsvot avant qu’elles ne soient données au mont Sinaï.