« Tu seras une source de bénédiction » (Lé’h Lé’ha 12,2).

Le Kli Yakar commente : « C’est parce que tu t’attaches à … [la terre d’Israël], la terre à partir de laquelle les bénédictions se répandent sur le monde, et qui est la source de toutes les bénédictions.
C’est pourquoi, en s’attachant à l’endroit qui est la source de toutes les bénédictions, alors toi aussi tu pourras être la source de toutes les bénédictions ».

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-> « Quiconque vit en terre d’Israël est semblable à quelqu’un qui a un D., et quiconque vit ailleurs est semblable à quelqu’un qui n’a pas de D. »
[guémara Kétoubot 110b]

Le Kli Yakar (Chémot 6,6-8) explique que l’éloignement/distanciation de la Présence Divine [avec les juifs] est lié à leur séparation avec la terre [d’Israël], puisqu’ils sont interdépendants (Hachem et la terre d’Israël) …
C’est pourquoi lorsque la séparation s’inverse [que les juifs s’attachent à Israël alors] ils méritent que la Présence Divine s’attache à eux.

[plus nous sommes proches de Hachem, plus nous méritons des bénédictions.
Ainsi, plus nous sommes proches de la terre d’Israël, plus nous sommes automatiquement proches de Hachem, et nous méritons des bénédictions.]

Paracha Lé’h Lé’ha – Le saviez-vous?

+ Paracha Lé’h Lé’ha – Le saviez-vous? :

-> « Sarah était stérile, elle n’avait point d’enfant » (Noa’h 11,30)
Sarah est né sans matrice, et c’est le sens des mots : « elle n’avait point d’enfant », car elle ne pouvait porter un enfant.
Il s’avère qu’Avraham et Sarah naquirent sans organes de reproduction.
[Méam Loez]

-> Avraham était un astrologue éminent. Il se sentait extrêmement triste car tous les signes indiquaient qu’il ne procréerait pas.
Hachem envoya 3 anges, l’un après l’autre, pour lui assurer que Loth ne serait pas son héritier.

Puis D. lui-même s’adressa à Avraham en disant : « Ne te repose pas sur l’astrologie. Le pouvoir des astres n’a aucune prise sur Israël (én mazal léIsraël)
[…]

Laisse l’astrologie aux païens qui croient que rien ne peut supplanter l’influence des étoiles.
Celui qui croit en Moi ne doit pas tenir compte de ces choses.
Je t’annonce que je vais renverser ton étoile afin que tu puisses engendrer des enfants. Ne crains rien. »
[Méam Loez – Lé’h Lé’ha 15,2-5]

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-> Avraham a été emprisonné à Kouta et Kardo, durant 10 années, pour s’être opposé publiquement à l’idolâtrie.

Avraham a débattu avec eux, et il a démoli leurs théories, mais ils étaient si insensés, qu’ils ont préféré punir [en l’emprisonnant] celui qui disait la vérité.
[Séfer haDorot]

[nous devons faire attention dans notre vie, à ne pas emprisonner notre voix de la Vérité, lorsqu’elle nous conseille quoi faire, même si cela va à l’encontre de ce que l’on aimerait bien faire!]

-> Pendant l’Alliance des morceaux (brit ben haBétarim), où Hachem a promis à Avraham que sa descendance serait nombreuse comme les étoiles, Hachem a fait scintiller les étoiles en plein jour.
[Békhor Chor ; Chaaré Aharon]

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-> Avraham fut [considéré] comme le roi de toute la civilisation … il était si important qu’il fit même frapper une monnaie universellement acceptée pour les transactions commerciales.
Elle était pareille à celles émises par les rois sur lesquelles étaient gravés leur nom.
A l’égal des rois, seuls 4 hommes disposèrent d’une telle monnaie : Avraham, Yéhochoua, le roi David et Mordé’haï.

La monnaie d’Avraham comportait un couple de vieillards sur une face, et sur l’autre un couple de nouveaux mariés.
Le couple âgé représentait Avraham et Sara, tandis que le couple jeune correspondait à Its’hak et Rivka.
Cette monnaie se référait au miracle de la naissance d’Its’hak, alors qu’Avraham et Sarah étaient déjà vieux.
Lorsque Avraham atteignit l’âge de 100 ans, il retrouva la vigueur d’un jeune homme, quand Sarah eut 90 ans, elle devint pareille à une jeune femme.
[Méam Loez – Lé’h Lé’ha 12,4]

-> Lorsqu’Avraham fut circoncis, il maîtrisa tout son corps. Il ne regardait et n’entendait que ce qu’il voulait.
Personne n’a jamais atteint ce degré de perfection dans la maîtrise des 248 organes.
[la valeur numérique du nom d’Avraham est de 248.]
[…]

Avraham portait une pierre précieuse pendue à son cou.
Chaque fois qu’une personne alitée a regardait, elle recouvrait la santé.
Lorsqu’Avraham mourut, Hachem prit cette pierre et la posa sur le soleil.
C’est pourquoi, nous constatons souvent qu’un individu souffrant la nuit ressent une amélioration dès les premiers rayons du soleil.
Ainsi, il est préférable de ne pas rendre visite à un malade le matin. A ce moment-là, la personne semble mieux se porter et le visiteur pensant qu’elle est guérie ne priera pas pour elle.
[Méam Loez – Lé’h Lé’ha 12,4]

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-> Rabbi Ami bar Abba dit : Il est appelé (avant la mila) : Avram (אברם) de valeur numérique 243, puis (après la mila) : Avraham (אברהם) de valeur numérique : 248.
C’est pour nous enseigner qu’au début Hachem a donné à Avraham le pouvoir sur 243 membres de son corps, et par la suite, Il lui a donné le pouvoir sur 248 membres de son corps, donc sur 5 organes de plus : les 2 yeux, les oreilles et le membre génital.
[guémara Nédarim 32a-32b]

=> Comment s’est opéré le changement d’Avraham avant et après la mila (circoncision)?

-> Avant la circoncision, Avram ne pouvait gérer que les 243 membres qu’il avait le pouvoir de maîtriser pour prévenir une transgression, mais il ne maîtrisait ni ses yeux qui voyaient contre son gré, ni ses oreilles qui entendaient contre son gré.
Après le changement de son nom par adjonction de la lettre ה (hé), et après la circoncision, il put gérer même ses yeux et ses oreilles qu’il avait habitués à ne voir que des choses permises et à n’entendre que des paroles de Torah et de mitsva.
[Ran]

-> Selon le midrach Tan’houma (paracha Lé’h Lé’ha), avant d’être circoncis, Avram n’avait pas le pouvoir de « voir » la Présence Divine ni d’entendre la Voix Divine ; lorsque Hachem se révélait à lui, il tombait sur sa face, car il était incirconcis.
Après la circoncision, Avraham acquit le pouvoir de voir la Présence Divine, d’entendre la Voix Divine et il ne tombait plus face à terre, car il dominait les 5 autres membres signalés.
[Iyoun Yaakov]

-> Avant le changement de son nom et la circoncision, Avraham, grâce à son niveau élevé, n’avait pas eu besoin de lutter contre le yétser ara de ses 243 membres, mais il avait dû lutter, avec succès, afin de maîtriser le yétser ara de ses 5 autres membres (yeux, oreilles et membres de la mila).
Après la circoncision, il a pu maîtriser facilement, sans devoir lutter pour cela, le yétser ara des 5 membres cités et il a pu transformer ainsi ce yétser ara en yétser atov.
[Ben Ich ‘Haï]

-> Alors que les 3 sens de l’odorat, du goût et du toucher sont essentiellement utilisés dans le domaine matériel, les 2 autres sens de la vision et de l’ouïe ont une fonction essentiellement spirituelle.
Ce n’est qu’après la circoncision qui a le pouvoir de perfectionner l’homme dans ses midot, qu’Avraham a pu maîtriser les 2 sens spirituels : la vision et l’ouïe à des niveaux spirituels élevés, devenant ainsi entier (chalem) et intègre (tam) pour gérer tous ses 248 membres.
[Maharcha]

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-> « Hachem affligea des plaies terribles à Pharaon et sa maison, à cause de Sarah » (Lé’h Lé’ha 12,17)

Chaque fois que Pharaon essayait de s’approcher de Sarah, l’ange Gabriel survenait et le frappait sans pitié. Ses esclaves et ses courtisans subirent le même sort.

Leurs souffrances furent telles qu’ils gémirent et pleurèrent toute la nuit, mais ils ignoraient qui les frappait. [puisque tous étaient punis, il devenait clair que l’origine provenait du fait d’avoir enlever Sarah]
[Méam Loez]

-> Selon le Sifté Cohen (Vayéchev), Sarah a créé un démon pour dormir avec Pharaon à sa place.

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-> Sarah avait une servante nommée Hagar, qui était la fille de Pharaon et la petite-fille de Nimrod.
[Targoum Yonathan]

-> En effet, suite à leur passage, Pharaon confia sa fille à Sarah afin qu’elle serve dans la maison d’Avraham, et il lui dit : « Ma fille, il est préférable que tu sois une servante dans la maison d’Avraham, car il est béni, plutôt que d’être une princesse dans mon palais. »
[Séfar haYachar ; Pirké rabbi Eliézer – Méam Loez (Lé’h Lé’ha 12,20)]

« Pour toi, sois fidèle à Mon alliance, toi et ta postérité après toi » (Lé’h Lé’ha 17,9)

-> Rabbi Shablom de Belz s’interroge sur la redondance du pronom : « toi ».

Il explique que nous avons le devoir d’accomplir toute mitsva de manière parfaite, c’est-à-dire : par la pensée, par la parole et par l’acte.

Or, celle de la circoncision ne peut être accomplie simultanément à ces 3 niveaux, puisque c’est le père qui la fait pratiquer sur le corps du nourrisson.
Lorsque cet enfant grandira et circoncira, à son tour, son propre fils, il complétera l’aspect manquant de cette mitsva, celui de la pensée.

=> Tel est le sens implicite de notre verset : « Pour toi … toi et ta postérité » = c’est seulement lorsque l’homme circoncit son fils, il parvient à un accomplissement parfait de la mitsva de la circoncision.

« Il dressa sa tente » (Lé’h Lé’ha 12,8)

1° / La Torah écrit : « Ohalo » (sa tente – אָהֳלֹה) avec la lettre « hé » à la fin [au lieu de ohalo avec la lettre « vav ». Ce mot peut se lire : « ohala » signifiant : « sa tente à elle ».]

Nous apprenons ainsi qu’à chaque déplacement, Avraham dressait en premier lieu la tente de Sarah, et seulement ensuite la sienne.
Ceci nous enseigne qu’un homme doit honorer son épouse, et lui procurer les meilleurs vêtements possibles.

Bien entendu, l’épouse ne doit pas exagérer et ne pas demander des choses qui dépassent les moyens de son mari.

[Méam Loez]

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2°/ Selon le midrach, Avraham plantait d’abord la tente de Sarah, et seulement ensuite la sienne.

Le rabbi Zalman Sorotskin fait remarquer qu’Avraham nous transmet l’enseignement suivant :

Mieux vaut « la tente de Sarah » = pour convertir les femmes, que la « tente d’Avraham » = pour convertir les hommes.

La « tente de Sarah » a la priorité sur la « tente d’Avraham », parce que nous savons que les femmes sont davantage portées vers la foi que les hommes, et celui qui commence par implanter la foi dans le cœur des femmes, pour ensuite aller vers les hommes, va du plus facile au plus difficile, ce qui est la démarche admise dans l’enseignement.
Ensuite, les femmes influencent les hommes par leur foi.

C’est aussi ce que Hachem a dit à Moché (Chémot 19,3) : « Voici comment tu parleras à la maison de Yaakov » = ce sont les femmes, « et ce que tu diras aux bnei Israël » = ce sont les hommes, au moment où il s’est agi de préparer les juifs à recevoir la Torah.

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-> « Quand un homme meurt dans la tente » (‘Houkat 19,14)

Nos Sages (guémara Béra’hot 63b ; Shabbath 83b) explique que les les paroles de la Torah ne se maintiennent que chez celui qui se tue pour elles.
[au moment où l’on étudie, il faut faire le mort, dans le sens où rien d’autre n’existe pour venir nous déconcentrer]

La tente fait allusion au fait que de même qu’elle ne comporte pas de porte ni de clef, et qu’elle est ouverte à quiconque veut y entrer, ainsi la Torah est placée dans un coin et quiconque veut l’étudier peut venir le faire (cf. guémara Kidouchin 66a)

Le mot : « Ohél » (tente – אוהל) a une valeur numérique de 42, ce qui correspond à « tu parleras d’eux » (bam) », où le mot « bam » (בם) a aussi une guématria de 42.

Les lettres dé : bam (בם) renvoient à la 1ere lettre :
-> du 1er mot de la Torah écrite (בְּרֵאשִׁית – Béréchit)
-> du 1er mot de la Torah orale (מאימתי – michna Béra’hot).

[il faut se considérer comme de passage dans ce monde éphémère (à l’image d’une tente), et se consacrer de toutes ses capacités à la Torah, qui est l’essentiel, puisque chaque lettre que nous y étudierons nous accompagnera et nous servira d’habitat pour l’éternité.]

La bataille pour libérer Loth

+ La bataille pour libérer Loth :

-> Og, le roi de Bachan fit une bonne action en prévenant Avraham que son neveu Loth avait été capturé.
Og fut récompensé en ce monde en vivant longtemps, puisqu’il connut le Déluge [en l’an 1656 de la Création], et également la sortie des juifs d’Egypte (environ 800 ans plus tard!).
Cependant, son intention était mauvaise, puisqu’il désirait la mort d’Avraham [dans la guerre contre les 4 rois pour libérer Loth], c’est pourquoi les descendants d’Avraham le tuèrent (cf.Dévarim 1,4).

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-> Avraham résidait à ‘Hébron, tandis que les 4 rois se trouvaient dans ce qui est aujourd’hui la Syrie …

Hachem accorda des pouvoirs prodigieux à Avraham.
1°/ Les 10 jours de voyage qui séparaient ‘Hebron à la Syrie [où se trouvaient les 4 rois] lui furent aussi aisés à franchir que la distance séparant 2 maisons voisines.

2°/ D. donna également à Avraham une poudre spéciale lui permettant de combattre. Lui et ses hommes n’eurent ni besoin d’épées, ni de toute autre arme pour se battre.

Ils prirent une petite quantité de cette poudre, la mélangèrent avec de la paille et la lancèrent sur leurs adversaires.
La poudre était plus efficace que des glaives, et les gerbes de pailles, telles des flèches fauchaient l’ennemi …
Inversement, les flèches et les javelots tirés par ces rois contre Avraham se changeaient en poussière.

[à l’image de Na’houm Ich Gamzou qui apportant au roi un présent de grande valeur de la part des juifs, s’arrêta sur son chemin dormir dans une auberge.
L’aubergiste vida ce coffre rempli de pierres précieuses, et le remplit de sable. Par la suite, lorsque le roi ouvrit le coffre, il voulu tuer Na’houm Ich Gamzou pour cet affront de lui offrir en cadeau du simple sable.
Eliyahou haNavi se déguisa en courtisan du roi, et affirma au roi que ce sable était la poudre spéciale utilisée par Avraham contre Nimrod.
Le roi décida de l’employer contre des guerriers très puissants qu’il n’arrivait pas à vaincre depuis longtemps. Le sable détruisit toute l’armée ennemie.
Le roi libéra Na’houm et ordonna qu’on remplisse son coffre d’argent et d’or, et on l’accompagna d’une escorte royale.

L’aubergiste apprenant l’histoire de Na’houm, a ensuite amené au roi du même sable qu’il avait mis précédemment dans le coffre de Na’houm à la place des pierres précieuses.
Comme il est resté du simple sable, le roi le tua.
– récit rapporté dans la guémara Ta’anit 21a]

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=> Pourquoi cela?

1°/ Puisqu’Avraham dans son immense modestie se considérait comme de la poussière et de la cendre (Béréchit 18,27), il mérita de vaincre ses ennemis avec un peu de poussière.
Par contre Nimrod qui affichait une arrogance sans limite, vit ses armes devenir aussi inefficaces que la poussière, et il fut détruit.

-> Les juifs sont comparés à la poussière/sable.
On apprend des armes de Nimrod se transformant en poussière/sable, que nous devons être humbles comme la poussière de la terre.
En effet :
– Hachem a dit à Israël : « Je vous aime, car même lorsque Je vous accorde de la grandeur, vous minimisez votre valeur devant Moi ». (guémara ‘Houlin 89a) ;
– Le roi David nous enseigne : « [Hachem] glorifie les humbles » (Téhilim 149,4 – yéfaér anavim)

=> On observe que lorsque nous nous considérons comme petit, à la hauteur de la poussière (par rapport à la grandeur de D.), c’est alors que nous sommes en réalité aux yeux de Hachem comme des personnes redoutables!
A l’inverse, ceux qui pensent qu’ils sont très forts par eux même, dotés des armes les plus puissantes du moment, en réalité aux yeux de D., ils ne sont rien d’autres que de la poussière.

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2°/ Les réchaïm transforment l’attribut de miséricorde en attribut de justice.
A l’inverse, pour les tsadikim l’attribut de justice devient l’attribut de miséricorde.
Ainsi, lorsque les cieux leur envoient des épreuves, elles se transforment en bien, chacun étant récompensé selon ses actes.

C’est pourquoi chez Avraham, sa sainteté le protégea des flèches et des lances. Pour lui ces armes n’étaient rien de plus que du sable.
Par contre, du fait de leur impiété, Nimrod était à la merci d’Avraham, car il pouvait les tuer simplement en leur jetant un peu de poudre/sable.

[combien nous devons nous focaliser à suivre les traces d’Avraham, en faisant la volonté de D., car alors nous n’avons rien à craindre! Quelques soient les armes de nos ennemis, cela ne sera pour nous que du simple sable!

Ce qui est considéré comme de la poussière (sans importance) dans ce monde, est au-dessus/supérieur à tout, dans le monde de réalité. Et inversement!
(en effet, ce monde est rempli de mensonges apparents, diffusés par le yétser ara dans le cadre de l’existence d’un libre arbitre crédible!)]

[On peut également l’expliquer par le fait qu’à chaque fois qu’un homme fait une bonne action, un ange est créé. Ainsi, nos véritables armes protectrices sont nos Anges protecteurs générés par nos mitsvot, et qui nous défendent en permanence.
A l’inverse, nos fautes créent des Anges Accusateurs, souhaitant nous faire mordre la poussière.
=> Lorsque j’ai réduis à la poussière mon égo pour faire la volonté de D., alors il en découle des armes redoutables (anges protecteurs).
Et inversement, lorsque j’agis en me croyant plus malin, plus fort que tout, alors il en découle des anges Accusateurs qui me font mordre la poussière! ]

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3°/ Une autre explication est que cette poudre n’eut qu’un effet purement psychologique.
Hachem provoqua la panique parmi les 4 rois et leurs armées.
C’est le pouvoir de l’imagination!

Nimrod et ses alliés virent que tout ce qu’ils faisaient contre Avraham restait sans aucun effet : leurs armes étant totalement inutiles contre lui.
C’est pourquoi lorsqu’ils le virent jeter de la poudre sur eux, ils crurent qu’il s’agissait d’une substance extrêmement toxique entraînant la mort.
La panique que D. mit dans leurs cœurs, les fit fuit et mourir.

[b’h, compilation personnelle basée sur le Méam Loez (Lé’h Lé’ha 14,14)]

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-> On ne doit pas se mettre en danger et compter sur un miracle.
C’est pourquoi l’intention première d’Avraham n’était pas de s’opposer à ces rois.
Il pensait plutôt payer une rançon pour délivrer Loth. Mais dès qu’il fut en route, il vit à ses côtés des anges qui lui insufflèrent le courage nécessaire pour livrer bataille.
[Zohar – rapporté dans le Méam Loez (Lé’h Lé’ha 14,22-24)]

La circoncision

+ La circoncision :

-> Tout homme se doit de circoncire ses fils. Le judaïsme repose tout entier sur cette mitsva fondamentale de la Torah.
[…]

La récompense relative à ce précepte est immense.
On nous enseigne que des anges prennent le sang [de la circoncision] et le conservent dans un endroit spécial.
Lorsque D. se met en colère contre son peuple, Il contemple ce sang et son courroux s’apaise.
[…]

Le midrach rapporte que Hachem promit à Avraham d’épargner du Guéhinam (purgatoire) tous ses descendants circoncis.
Avraham veille [dans le monde à venir] à ce qu’aucun de ses descendants portant le signe de l’alliance (brit mila) ne soit frappé par ce châtiment Divin.

Cependant, quand un individu donne libre cours à ses penchants, pèche et meurt sans se repentir, des anges viennent et lui remettent un prépuce.
Il est alors à nouveau incirconcis et conduit au Guéhinam.
Avraham ne lui vient pas en aide puisqu’il n’est plus circoncis.
[…]

Bien que D. créa l’homme circoncis, Il le façonna avec un prépuce qui doit être retiré.
C’est pourquoi l’homme vient au monde avec un défaut, et dès qu’il l’efface de son corps, il peut modifier les défauts de son âme.
[Grâce à la circoncision,] L’homme est libre de choisir le bien et de ne pas pécher. [Séfer ha’Hinoukh]
[…]

Les commandements (mitsvot) révèlent l’amour que D. porte à Israël.
S’il nous avait demandé de circoncire nos enfants à l’âge de 3 ans ou à 13 ans lors de leur bar mitsva, le père et le fils auraient souffert.
Mais D. promulgua ses mitsvot pour notre bien afin de nous permettre d’accéder au monde à venir.
Les dispositions Divines sont telles que la douleur est infime, et la récompense immense. [Ralbag – Tazria]
[…]

Le fait d’être Sandak (celui qui tient l’enfant pendant la circoncision) est extrêmement important …
Sous bien des aspects, le Sandak est plus important que le Mohel.
Les genoux du Sandak sont comparés à un autel et l’acte de tenir l’enfant représente l’offrande des encens à Hachem.
[…]

Hachem envoie sa bénédiction à Israël uniquement grâce au mérite de la circoncision. (d’après le Zohar)

Dès que le père porte son fils à la circoncision, D. réunit les anges et dit : « Voyez quel peuple loyal j’ai sur la terre. »
Alors le prophète Eliyahou, en 4 battements d’ailes majestueux, vient assister à la cérémonie.
C’est pourquoi, on lui prépare une chaise en son honneur, et après y avoir placé le bébé, on annonce : « Voici le trône du prophète Eliyahou, ange de l’alliance, d’heureuse mémoire » (zé akissé chél Eliyahou haNavi, mal’akh abérit za’hour latov).
Si on omet cette phrase, Eliyahou haNavi n’assiste pas à la cérémonie.

La raison de la présence d’Eliyahou haNavi à chaque circoncision repose sur le fait qu’il parla contre les juifs, et dit : « Les enfants d’Israël ont abandonner Ton alliance » (Mala’him I 19,10).
Hachem pour le punir, l’oblige depuis lors, à assister à chaque circoncision, afin qu’il constate avec qu’elle joie les juifs accomplissent ce précepte.

S’il en est ainsi, comment peut-on affirmer que le prophète Eliyahou n’y assiste pas si l’annonce appropriée n’est pas prononcée?
En réalité, Eliyahou haNavi n’est pas tenu de s’associer à chaque circoncision.
Il lui suffit d’en être le témoin et de se tenir à l’écart.
Mais quiconque désire sa présence dans sa maison, doit dire : « Voici le trône du prophète Eliyahou », et alors il vient et s’assoie sur sa chaise.

[Méam Loez – Lé’h Lé’ha 17,9-14]

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+ Qui effectua la circoncision d’Avraham?

-> A l’aube du 10 Tichri 2040 (de la Création), Avraham âgé de 99 ans fut circoncis.

Il y a différents avis :
1°/ Il effectua lui-même l’opération et souffrit extrêmement du fait de son grand âge. Hachem l’assista afin que sa récompense soit double.

2°/ Selon une autre opinion, Avraham et Ichmaël furent circoncis par Chèm, le fils de Noa’h.

3°/ D’autres affirment qu’Avraham se saisit du couteau pour se circoncire, mais comme ses mains tremblaient, il renonça.
Alors Hachem se saisit du couteau et acheva l’opération.
C’est pourquoi, il est écrit : « [D.] trancha l’alliance avec lui » (Né’hémia 9,8).

[Méam Loez – Lé’h Lé’ha 23,24]

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+ « En ce même jour fut circoncis Avraham, ainsi qu’Ichmaël son fils, et tous les gens de sa maison, nés chez lui ou achetés à prix d’argent, furent circoncis en même temps » (Lé’h Lé’ha 17,25-27)

-> Avraham commença par circoncire tous les hommes, puis seulement après, il le fit sur lui-même.
S’il avait fait l’inverse, il aurait été trop faible pour mener à terme cette tâche.

Ces prépuces furent laissés au soleil, se décomposèrent et dégagèrent une odeur nauséabonde.
Pour D., ces effluves étaient pareils au plus précieux des encens.
Hachem promis à Avraham : « Chaque fois que tes descendants pécheront, je me souviendrai de ces prépuces et je leurs pardonnerai ».

[Avraham se trouvait à Jérusalem lorsqu’il effectua ces circoncisions,] et le grand autel fut érigé exactement à l’emplacement où furent déposés ces prépuces.

[Cet événement eut lieu un Yom Kippour.] C’est pourquoi à chaque Yom Kippour, D. contemple le sang de ces circoncisions et quand les juifs se repentent sincèrement, il pardonne leurs péchés.

[Méam Loez – Lé’h Lé’ha 17,25-27]

 » Avraham l’Hébreu (a’ivri – הָעִבְרִי)«  (Lé’h Lé’ha 14,13)

-> « ha’Ivri » = celui qui se tient de l’autre côté (de : évér – cf. Rachi).
Même si l’ensemble du monde se tient avec une vision de ce qu’il faut faire dans la vie, les juifs (a’ivri) se tiennent solidement de l’autre côté, fidèles à la Volonté de D.

-> Le Divré Yé’hezkel (le rabbi de Shiniava) commente ce verset :
« Le mot « Ivrim » (hébreux) est dérivé du verbe : « avar » (passer).
Pourquoi les juifs sont-ils appelés : « Ivrim » (Hébreux)?

Un juif doit savoir que ce monde n’est rien d’autre qu’un passage vers le monde futur.
Nous ne sommes que des gens en transit, nous déplaçant d’un monde [éphémère] à l’autre [éternel].
Rappelez-vous, la chose principale est le monde futur. »

[Après avoir défait les 4 rois puissants qui avaient capturé Loth, Avraham] « rapporta toutes les possessions, ramena aussi Loth son parent, avec ses biens, et les femmes et le peuple » (Lé’h Lé’ha 14,16)

-> Rabbi Yéhouda Leib Eiger (petit-fils de rabbi Akiva Eiger), dans son Torat Emet, enseigne :
Pourquoi Avraham risqua-t-il sa vie à attaquer les puissants rois pour sauver Loth?
En effet, après tout, Loth s’était séparé d’Avraham et avait abandonné les idéaux qu’il prônait, choisissant à la place de vivre dans la cité pécheresse de Sodome.

Le Zohar nous dit qu’Avraham, dans une vision prophétique, avait vu qu’un des descendants de Loth serait le roi David. Ainsi, en sauvant Loth, Avraham voulait préserver un descendant à naître dans un lointain futur.

La formulation du verset cité fait allusion à cette pensée : « Avraham rapporta toutes les possessions, ramena aussi Loth son parent ».
=> C’est étrange : un être humain n’a-t-il pas la préséance par rapport à un bien matériel? (d’abord Loth et ensuite les possessions)

Le verset avait en tête la raison réelle pour laquelle Avraham poursuivait les rois : le « sauvetage des possessions » = le futur roi David.
En ce sens, dans un effort d’une telle envergure historique, le sauvetage d’une personne telle que Loth n’arrive qu’en second plan.

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-> « Qui d’autre as-tu ici (פֹה)? » (Vayéra 19,12)

Cette phrase est prononcée par les anges lorsqu’ils sont venus sauver Loth et sa famille de la ville de Sodome.

Rabbénou Efraïm fait remarque que la guématria de פֹה est de 85, et est une allusion à Boaz (בועז) qui a la même valeur numérique.
=> Cela signifie que c’est par le mérite de Boaz, par son mariage futur avec une descendante de Loth : Ruth, que Loth et ses filles ont été sauvés.

De plus, on peut noter qu’il y a 85 versets au total dans le livre de Ruth.

[Ruth va vivre assez longtemps pour voir son arrière petit-fils : David, monter sur le trône.
En effet, selon le midrach, à la mort du roi David, lorsque Chlomo a été appelé à régner, Ruth avait sa place à côté de lui. ]

« Hachem avait dit à Avram : Eloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que Je t’indiquerai » (Lé’h Lé’ha 12,1)

-> Le Zéra Kodéch (rabbi Naftali Tsvi Horowitz de Ropshitz) de commenter :

Avraham était obsédé par son infériorité.
Il pensait : « Comment oserais-je aspirer à devenir un tsadik et à proclamer la grandeur de D.! Ma ville natale Our Kasdim est une cité pécheresse. Les membres de ma famille seront tous des idolâtres. Comment quelqu’un avec un tel pedigree/parenté pourrait-il devenir un homme saint? »

Alors qu’il est vrai qu’une personne doit méditer sur son indignité, il est néanmoins écrit : « Son cœur grandit dans les voies de D. » (Divré Hayamim II 17,6), qui signifie que lorsque vient le moment de servir Hachem, vous devez être fier et plein d’assurance, confiant dans le fait que D. pardonne et qu’Il fait le bien envers Ses serviteurs.

=> C’est ce que D. voulait dire lorsqu’Il s’adressa à Avraham : « Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal » = vous pensez que vos origines souillées et vos ancêtres défaillants vous empêchent d’atteindre le degré suprême de sainteté. Chassez ces pensées de votre esprit!
Soyez vaillants dans les voies d’Hachem! Vous serez celui qui fera connaître le Nom de D. dans le monde. »

[chaque juif en tant que descendant d’Avraham, se doit de suivre son chemin, et non celui que notre yétser ara souhaite nous faire prendre (pour qui te prends-tu à vouloir faire autant de mitsvot?, soit humble! = fait le minimum dans ta judaïcité, spiritualité).
De même que Avraham malgré ses origines est devenu le fondateur du peuple juif, de même en suivant son exemple (viser notre grandeur spirituelle), nous avons l’assurance qu’également : « Vous serez celui qui fera connaître le Nom de D. dans le monde »]

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-> Rachi : Va pour toi = Pour ton bonheur et pour ton bien.

-> « Va pour toi » = Il y a dans cet ordre une allusion pour tout juif : « lé’h lé’ha » = de servir Hachem dans le plaisir et la joie.
En effet, le service de D. s’appelle une marche. Ainsi qu’il est écrit dans les Téhilim : « Je marcherai devant Hachem dans les pays de la vie » (Tehilim 116,9).
A ce propos, la Torah ordonne que la marche devant Hachem soit pour ton agrément et pour ton bien, dans le plaisir et la joie.
De plus, « quitte ton pays et ta patrie » = sépare-toi de toutes les vanités du monde qui t’entoure, et de la maison de ton père, des habitudes ancrées en toi depuis le jour où tu es né dans la maison de ton père, va et sépare-toi de toutes ces vanités et des habitudes de ton enfance, progresse! Améliore-toi!
[le Ouva haLévi]

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+ « Va pour toi, hors de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, vers le pays que Je t’indiquerai »

-> Le rabbi Na’houm de Tchernobyl commente :
Hachem a dit à Avraham, qui pratiquait l’hospitalité à une grande échelle : « Va t’en » (lé’h), et sois toi-même nomade, ainsi tu sauras exactement de quoi souffrent les invités nomades.
Mais sache que c’est pour ton profit et pour ton bien (lé’ha), pour que tu accomplisses ensuite la mitsva avec un grand plaisir et une grande joie, une fois que tu auras bien compris le cœur des invités.

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-> Le rabbi Bounim de Pschis’ha nous fait comprendre ce verset de la façon suivante :
« Etant donné que la vision du tsadik éclaire les yeux de l’homme et lui ajoute de la sagesse, Hachem enjoignit à Avraham de se rendre en un lieu où il montrerait son visage saint et lumineux aux autochtones.
Telle est l’ordre : « Va pour toi, hors de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, vers le pays que Je t’indiquerai (aréka – אַרְאֶךָּ) ».
Ce dernier mot est un verbe transitif pouvant être décomposé en : « aré oté’ha », autrement dit : « Je te montrerai là-bas, ainsi que ton saint visage, afin que les gens acquièrent la crainte du Ciel et la sainteté en t’observant, de même que [par la vision] de ton comportement. »

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+ « Avraham partit comme le lui avait dit Hachem » (Lé’h Lé’ha 12,4)

-> Hachem avait promis à Avraham qu’il avait tout intérêt à partir ( « Va pour TOI »).
Hachem lui donnerait une bonne renommée, des enfants, des richesses, … Cependant, il est écrit : « Avraham partit comme le lui avait dit Hachem » = c’est-à-dire sans aucun calcul!
Si Hachem dit de s’en aller, Avraham s’en va, comme Hachem le lui a dit, et non pour recevoir une récompense!
[Sfat Emet]

[d’une certaine façon, le fait de pouvoir réaliser la volonté de D. est en soi une si grande chose, un si grand honneur, qu’aucune récompense n’a de valeur en comparaison!]

« Avram entendit que son parent (son neveu Lot) avait été fait prisonnier, il arma ses disciples qui étaient nés dans sa maison, 318, et il mena la poursuite jusqu’à Dan » (Lé’h Lé’ha 14,14)

-> Au moment de se séparer avec Lot, Avraham lui dit : « Où que tu viennes à t’installer, je ne m’éloignerai pas de toi et je serai pour toi un bouclier et une aide.
Et par la suite, Lot a eu effectivement besoin d’Avram (cf. verset ci-dessus) »
[Rachi – Lé’h Lé’ha 13,9]

Selon le Béer Yossef, c’est pour cela que Avraham a été prêt à risquer sa vie pour aller le sauver, afin d’éviter un ‘hilloul Hachem : les gens disant que Avraham le fidèle de D. ne respectait pas ses promesses.

-> Selon Rachi, ces 318 guerriers ne sont en réalité qu’une seule et même personne : Eliézer (אֱלִיעֶזֶר), le fidèle serviteur d’Avraham.
Celui-ci équivalait à 318 personnes, comme le suggère la valeur numérique de son nom, égale à ce nombre.

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-> « Il arma ses disciples »

La guémara (Nédarim 32b) nous enseigne :
– selon Rav : Avraham a armé ses hommes avec la Torah.
Le Ben Yéhoyada commente : il les a rempli de Torah, afin que la Torah soit pour eux une protection pendant la bataille.

– selon Chmouël : Avraham les a armé d’or.
Le Ben Yéhoyada commente : Avraham a couvert ses talmidim de quantités importantes d’or fin, pour les rassasier sur le plan matériel afin qu’au cours de la guerre, ils ne soient pas tentés de prendre le butin du roi de Sedome.

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« Avram déplaça sa tente et vint s’établir dans les plaines de Mamré » (Lé’h Lé’ha 13,18)

Pourquoi la Torah vient nous spécifier que juste avant la guerre des rois, Avraham est venu vivre dans les plaines de Mamré?

Le midrach nous dit qu’au moment de la guerre avec les 4 Rois, des anges sont venus assister Avraham dans la bataille, mais il a refusait leur aide, car il voulait uniquement que Hachem l’accompagne.
En effet, Avraham avait une foi totale dans le fait que D. aura pitié de lui et le sauvera.

-> « Lui et ses serviteurs, il les frappa, il les poursuivit » (Lé’h Lé’ha 14,15)
Avraham est parti en guerre avec au minimum son serviteur Eliézer, alors pourquoi ce verset utilise-t-il le singulier?

Le Rokéa’h répond : le « Il » dans ce verset fait référence à Hachem.
Puisque Avraham était totalement dépendant de Hachem, alors Hachem a fait la guerre pour Avraham.

La plaine de Mamré était un lieu particulièrement dangereux pour y vivre, puisque les nations autour avaient d’importantes armées.
Le verset nous dit que Avraham y a vécu sans aucune inquiétude car il avait un bita’hon total en Hachem.

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+ Pourquoi Avraham a-t-il été sanctionné et ses enfants asservis en Egypte durant 210 ans?
Selon rabbi Abahou au nom de rabbi Eliézer : C’est pour avoir enrôlé de force les « talmidé hakhamim » (disciples des sages) pour faire la guerre (contre les 4 rois) …
Selon Chmouel, c’est parce qu’Avraham est allé trop loin (dans sa réaction de scepticisme) à l’égard de Hachem, lorsqu’il a dit : « Comment saurai-je que je posséderai ce pays? ».
Enfin, selon rabbi Yo’hanan, c’est parce qu’Avraham a privé des hommes d’une occasion d’entrer sous les ailes de la Présence Divine, lorsque le roi de Sodome lui proposa : « Donne-moi les âmes, et le butin garde-le » (Béréchit 14,21) (et Avraham rendit tout).
[…]
De plus, rabbi Ami bar Abba, à propos du nombre 318 (cf.v.14,14), explique : ils étaient 318 personnes à accompagner Avraham dans cette guerre (pour sauver son neveu Loth), et la force d’Eliézer (serviteur d’Avraham) équivalait à celle de tous.
Selon un autre avis, seul Elézer, de guématria 318, l’a accompagné à la guerre.
[guémara Nédarim 32a]

-> Les imperfections de émouna attribuées au tsadik Avraham, dans les 3 raisons qui ont conduit à l’exil de ses enfants, ne sont pas de véritables fautes.
La Torah a tenu à nous révéler des fautes insignifiantes et subtiles de nos tsadikim, que rav Dessler (Mikhtav méEliyahou tome.2,p.175) désigne des « ombres de fautes ».
En effet, après qu’un tsadik ait maîtrisé son mauvais penchant (yétser ara) et perfectionné ses midot, il lui reste encore à purifier son inconscient de ces « ombres » de résidus, qui le conduiraient à certaines attitudes, et qu’on a peine à discerner à notre niveau.
[rav Lumbroso]

-> « Ta postérité séjournera sur une terre étrangère, où elle sera asservie et oppressée durant 400 années » (Béréchit 15,13)
La révélation de cet exil long et difficile a donc causé une peine intense à Avraham et constitue une sanction personnelle. [pour ses « ombres de fautes »]
Elle est indépendante du séjour tourmenté que ses descendants vont subir en Egypte.
[Ben Ich ‘Haï]

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-> Avraham avait armé ses 318 talmidim pour faire la guerre, mais ils refusaient d’aller avec lui.
Il choisit alors parmi eux Eliézer, fils de Nimrod, dont la force équivalait à celle des 318 jeunes talmidim, ce qui est confirmé par la guématria de : Eliézer (אליעזר), qui est de 318.
[Targoum Yonathan]

-> Eliézer est allé avec Avraham à la guerre, accompagné de 318 talmidim d’Avraham.
La victoire militaire a été assurée miraculeusement par Eliézer seul, et la présence passive des 318 talmidim n’avait pour but que d’atténuer ce grand miracle et de le dissimuler aux yeux de tous.
[Maharal – Gour Arié]

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-> Cette guerre où Avraham partit, sans hésiter, sauver son neveu Loth, bien que ce dernier eût abandonné sa foi en Hachem, s’est produite durant la nuit du 14 au 15 Nissan.
Par ce mérite, les descendants d’Avraham bénéficieront à cette même date de la générosité d’Hachem qui les sortira de l’exil d’Egypte, même s’ils n’en étaient pas dignes.
[rav Lumbroso]