« Devant les Cohanim et les juges qui seront en ces jours » (Choftim 19,17)

-> Selon Rachi : Yifta’h dans sa génération vaut Chmouël dans la sienne : Tu dois leur témoigner le même respect.

-> Le Yitèv Lev (Rav Yékoutiel Yéhouda Teitelbaum) commente :
« Le nom de Yifta’h (יִפְתָּח) vient de la racine : s’ouvrir (פתח – pata’h).
Nous apprenons de là une importante leçon : Si une personne fait son possible pour ouvrir et développer son service de D., et ce à tout moment de sa vie (même quand c’est très dur), alors Hachem la regardera avec beaucoup d’honneur et de respect, comme si elle avait autant de valeur que le grand tsadik : le prophète Chmouël. »

« L’arbre du champ c’est l’homme même » (Choftim 20,19)

-> Le rav Sim’ha haKohen Kook explique qu’à l’image de l’arbre qui doit se battre contre les forces naturelles de la gravité afin de grandir, de même le but de chaque juif dans ce monde est de grandir dans la Torah et la crainte du Ciel, malgré les forces naturelles du yétser ara pour l’amener à terre.

-> Selon le Maharal, de la même façon que les arbres, pour remplir leur fonction, doivent produire des branches, des rameaux, des fleurs et des fruits, l’homme est envoyé sur terre pour agir de façon productive et s’attacher à des idéaux de vérité morale, intellectuelle et spirituelle.
[on doit se nourrir des racines fortes et profondes de notre tradition pour grandir droit vers le Ciel (Hachem)]

« Des juges et des officiers tu nommeras (titen lé’ha – תִּתֶּן-לְךָ) » (Choftim 16,18)

Rabbénou Efraïm fait remarquer que le mot : « titèn » (תִּתֶּן) a une guématria de 850, qui correspond au nombre d’années durant lesquelles le peuple juif a vécu en Israël jusqu’à la destruction du 1er Temple.

=> C’est par le mérite de la justice, que les juifs ont pu y vivre en paix, et dès qu’ils ont arrêté de la poursuivre ils ont été immédiatement exilés.

Il est écrit : « Tsion sera sauvée par la justice » (Yéchayahou 1,27)
Nous serons libérés et nous retournerons sur notre terre avec le Temple, par le mérite de la justice.

Cependant, la justice n’est pas suffisante, il faut y ajouter la tsédaka, comme nous trouvons dans la suite de ce verset : « et ceux qui retournent vers elle par la tsédaka » (Yéchayahou 1,27).

Rabbénou Efraïm dit qu’en plus de la justice, nous devons faire téchouva (retourner vers D.) et donner à la tsédaka.

Il est écrit : « Justice, justice (צֶדֶק צֶדֶק), tu poursuivras » (Choftim 16,20).
La guématria de « צֶדֶק צֶדֶק » est la même que : למשיח (léMachia’h).

=> Grâce à la tsédaka, nous mériterons l’arrivée du machia’h.

« Quand tu t’avanceras contre tes ennemis pour leur livrer bataille, et que tu verras une cavalerie et des chariots de guerre, une armée supérieure à la tienne, ne les crains pas, car tu as avec toi Hachem ton D. qui t’a fait sortir du pays d’Egypte » (Choftim 20,1)

-> Le rav Yé’hezkel Levistein (Ohr Yé’hezkel) dit que l’homme profondément croyant doit savoir que tous les pouvoirs sont entre les mains de D.

Nous devons avoir la conviction qu’aucune force autonome n’existe dans le monde : seul Sa volonté règne ici-bas!
En effet, toute « cause » que l’on pourrait invoquer est absolument fictive, comme on l’annonça à Sarah :  » Est-il rien d’impossible à Hachem? » (Béréchit 18,14).

A chaque seconde, D. renouvelle la Création à partir du néant, et Il peut la modifier à Son gré.

Ainsi, lorsque nous sommes confrontés à une armée supérieure en nombre, il nous faut rester sereins et être certains de la victoire.

Rachi commente :
-> « Cavalerie et chariot » : Tous les chevaux [de l’armée égyptienne] ne comptaient, pour Hachem, que pour un seul (Béchala’h 14,23 & Choftim 20,1) ;

-> « Un peuple plus nombreux que toi » (Choftim 20,1) : [Hachem nous dit : ] C’est à tes yeux qu’il est plus nombreux, mais il ne l’est pas aux Miens.

=> En arrivant au front, même s’il y a l’armée la plus puissante et nombreuse, nous devons être animés du sentiment que nous allons combattre un seul et unique cavalier, car l’ennemi n’est pas plus puissant que cela aux yeux de D.

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-> « Notre souci essentiel doit être de savoir ce que l’on pense de nous dans le Ciel!
Car si là-bas, on nous juge favorablement, nous n’avons rien à craindre des hommes »

[Rav de Brisk]

« Tu institueras pour toi des juges et des policiers dans toutes tes portes que Hachem ton D. te donnera, dans chacune de tes tribus » (Choftim 16,18)

-> Selon le Chla haKadoch, les « juges et policiers » sont une allusion à certains aspects de l’être humain.

Notre corps possède 7 « portes » par lesquelles il communique avec le monde environnant : 2 yeux, 2 oreilles, 2 narines et une bouche.
Selon ce que l’individu en fait, ces orifices peuvent être soit une source de bonheur, soit produire des effets dévastateurs.

-> Le rav Eliyahou Lopian rajoute que ce verset nous enjoint implicitement à ne pas laisser nos yeux errer où bon leur semble, sans l’accord préalable du « juge ».
Avant d’orienter son regard dans quelque direction, il faut d’abord s’imaginer être en présence d’un magistrat qui pèsera le pour et le contre, et qui décidera si l’on peut regarder ou s’il faut au contraire se détourner.

Or, qui est ce « juge »?
C’est l’intellect, l’âme. La Torah appelle notre intelligence à s’imposer en tant qu’arbitre et à déterminer chacune de nos décisions.

Par exemple, il est écrit :
– « Ne vous égarez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux » (Dévarim 15,39), que nos Sages commentent : « L’œil voit, le cœur convoite et les membres exécutent » et également : « Le cœur et les yeux sont les 2 intermédiaires de la faute ».
=> Si l’on ne contrôle pas ces 2 organes, la faute va être réalisée.

– « Que chacun évite de faire entendre des paroles futiles à ses oreilles, car de tous les organes, elles sont les premières à brûler » (guémara Kétoubot 5b), et cela, car elles sont « plus délicates et sensibles au feu » (Rachi).

Nous apprenons aussi que lorsqu’une personne écoute des propos médisants, elle perd sa part du monde futur et paiera le prix de sa faute à jamais (cf.Rambam Hilkhot Téchouva chap.3,6).

[on a tendance à dire que ce n’est que des paroles écoutées, sous-estimant leur gravité, et le pire c’est que cela va empêcher toute téchouva dessus, puisque si peu grave à nos yeux.]

– Sur le verset : « Hachem façonna l’homme … et l’homme devint un être vient », Onkelos écrit : « Il devint un esprit parlant ».
L’essence de l’homme est : un esprit issu d’une âme de vie, doté du pouvoir de la parole.
=> Chacun de nos mots a un impact considérable, et il faut donc y faire attention.

[on fait très attention à ce qui rentre dans notre bouche (la cacherout), mais on n’exerce aucun contrôle sur la cacherout de ce qui en sort!]

=> En tout situation, nous devons nous remettre à notre « juge », qui décidera à quel moment il peut regarder et quant il doit détourner son regard, ce qu’il peut entendre et ce qu’il ne doit pas écouter, ce qu’il peut dire et quand il doit garder le silence.

Il est écrit : « Les réchaïm savent qu’ils se dirigent vers la mort et ils persistent néanmoins dans leurs voies » (guémara Shabbath 31b).
Pourquoi cela?

Parce qu’il leur manque la crainte du Ciel!

« Tu institueras pour toi des juges et des policiers dans toutes tes portes » :
=> « Pour toi » = chaque personne se doit d’avoir « des juges » pour savoir ce qu’elle doit faire ou ne pas faire, et également « des policiers » pour inspirer un climat de crainte, de défense face aux ruses du yétser ara, nous obligeant à suivre la Loi : celle de Hachem.

-> Dans ce verset, la Torah enjoint à chaque personne de placer pour soi-même des juges et des policiers.
Le juge correspond au fait qu’avant chaque action, il faut réfléchir et juger si cette action doit être faite ou pas, si elle est bonne ou mauvaise.
Et une fois que le jugement et la décision a été prise, il faut ensuite faire intervenir le policier pour contraindre le corps à accepter la décision et à la réaliser.
Si l’action a été jugée bonne, le policier doit pousser l’homme à surmonter sa paresse pour agir. Et si l’action est jugée mauvaise, alors il faut agir sur le désir pour que le corps renonce à faire.
[le Beit Its’hak]

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-> En général, les gens ont plutôt l’habitude de juger les autres avec une certaine sévérité, quant à eux-mêmes, ils se jugent plus favorablement.
Pour soi, on essaie souvent de se trouver des bonnes excuses, mais ce n’est pas le cas par rapport aux autres.

Dans ce verset, la Torah vient ici faire allusion qu’en vérité, on ne doit pas avoir deux poids et deux mesures. Le même mode de jugement que l’on emploie pour les autres (souvent dans le sens de la rigueur), on doit aussi se l’appliquer à soi-même.

« Tu institueras pour toi des juges et des policiers » : Le même jugement que tu utilises pour les autres, tu l’institueras et tu l’appliqueras aussi « pour toi ».

[le Toldot Yaakov Yossef – Rav Yaakov Yossef de Polnoa]

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-> Lorsque le peuple juif se conduit avec miséricorde et bonté, se jugeant l’un l’autre favorablement, alors Hachem à son tour juge Son peuple favorablement, accordant le bénéfice du doute, et déversant (sur nous) Ses bénédictions de bonté et de vie.
[Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev]

-> « Ils devront juger le peuple selon la justice » (Choftim 16,18)
Le Rambam (Séfer haMitsvot 147) écrit qu’on apprend de là que le juge a une mitsva particulière de toujours essayer de voir le positif dans chaque plaideur et de juger en accordant le bénéfice du doute.
La guémara (Shabbath 10) dit : « Tout juge qui juge l’honnête vérité (émét laamito) devient un partenaire dans la Création du monde. »

-> « Celui qui juge son prochain avec bienveillance sera jugé, lui-même (par le Ciel) avec bienveillance »
[guémara Shabbath 127b]

b’h, voir également : https://todahm.com/2016/10/18/4883

-> Selon le Baal Chem Tov, quelqu’un est jugé de la même façon dont il va juger une autre personne dans un scénario similaire.
En effet, lorsqu’on est amené en jugement, on nous montrera alors comment nous avons jugé autrui pour la même chose.
Si nous avions été indulgent, en accordant le bénéfice du doute, alors il sera fait de même à notre égard.
Mais si nous avions été sévère et critique, alors nous serons jugés avec la même sévérité.

En réalité, le fait de voir un autre juif faire une transgression doit être une expérience nous remplissant d’humilité.
En effet, si nous en sommes témoins c’est que nous possédons en nous la même faute, et Hachem nous présente une occasion de nous juger par le biais des actions d’autrui.

Rabbi Na’hman de Breslev affirme qu’aucun décret n’est émis contre une personne, tant qu’elle n’a pas apposé son jugement, elle-même.

=> Nous avons réellement intérêt à juger notre prochain favorablement, et cela doit être comme si nous regardions dans un miroir : Comment vais-je me juger?

-> Le Sfat Emet (sur Pirké Avot 1,6) explique que la façon dont nous jugeons notre prochain, va directement impacter la façon dont il va être jugé.
« Juge ton prochain favorablement » : en réalité, c’est toi qui va impacter son verdict par ton jugement à son égard!

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-> Le rav Yaakov Neuman (Darké Moussar) enseigne que même les préceptes que le bon sens nous dicte, comme l’instauration d’un système juridique, sans lequel aucune société ne saurait subsister, doivent être mis en place uniquement parce que la Torah nous l’ordonne.

Les juges ne sont pas nommés par égard pour le sens commun, mais en vertu de l’ordre explicite de la Torah.
= >Les lois de la Torah ne sont pas le produit de quelques conventions humaines, mais le reflet d’une Vérité absolue, permettant de vivre une dans une réalité authentique.

[Il faut savoir être humble, et reconnaître la justesse et la supériorité des Lois de la Torah, qui sont parfaites, puisqu’émanant du Créateur, Hachem.]

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« Tu te nommeras un roi sur toi (alé’ha) » (Choftim 17,15)

-> Le Kli Yakar explique que le roi d’Israël doit être précisément au-dessus du peuple (« sur toi »).
Il doit dominer le peuple et lui inspirer de la crainte, afin qu’en tant que dirigeant, il n’en vienne jamais à flatter quiconque pour lui plaire ou le séduire.
Seule la vérité doit guider ses pas!

-> Le rav Israël Salanter (Iguéret haMoussar) extrapolait cela à chaque individu : d’après lui, tout homme est le juge de sa propre attitude, et doit rendre des verdicts sur son propre compte.
Pour échapper au yétser ara, la crainte de la punition doit être continuellement dans sa tête.

Dans ses mots : « Le travail que l’homme doit fournir dans son service divin consiste à avoir sous les yeux, en permanence, la crainte de D. et la peur de la punition, au point qu’il puisse presque entendre de ses oreilles et voir de ses propres yeux le terrible châtiment qui le guette.

Comme le disent nos Sages : « Le juge (cela s’adresse aussi à tout homme qui est juge sur lui-même) devra considérer à tout moment qu’une épée est plantée entre ses jambes et que la porte de l’Enfer est ouverte sous ses pieds » (guémara Sanhédrin 7a).

S’il tient à cette ligne de conduite et imprègne son cœur de cette idée, il sera épargné. »

[Seule la vérité doit guider nos pas, ne laissant rien nous corrompre. En effet, la réussite de notre vie est en jeu!]

« Sois entier avec Hachem ton D. » (Choftim 18,13)

-> Selon Rachi : « Suis-Le avec intégrité en Lui faisant confiance, et ne cherche pas à connaître l’avenir. Au contraire, tout ce qui t’arrivera, accepte-le avec simplicité.
Tu seras alors avec Lui, considéré comme Sa part. »

-> Selon le Ohr ha’Haïm : Si ta foi en D. est totale, toutes les prédictions des devins et des prophètes te sembleront insignifiantes, car D. annulera tous les mauvais présages qui te menacent, comme il l’a fait pour Avraham et Sarah : la nature les avait condamnés à ne jamais avoir d’enfants, mais D. a renversé le message des étoiles (cf.Lé’h Lé’ha 15,5).
Israël n’a donc besoin d’aucune divination, il doit seulement s’en remettre entièrement à D.

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-> Le rav Aharon Kotler (Michnat Rabbi Aharon) dit que la mitsva d’être « entier avec Hachem » consiste à éviter toutes formes de contradiction internes.
Il nous incombe d’être entiers avec nous-mêmes, selon notre véritable niveau, et ne pas laisser les contradictions nous envahir.

[ex: Je devrais faire/arrêter de … mais dans la pratique cela n’est pas le cas => contradiction entre la pensée et l’action]

-> Les Tossefot (‘Houlin 121b) affirment que la plus pénible question que l’on trouve dans la guémara est celle qui consiste à opposer l’avis d’un Sage à ce qu’il soutient lui-même par ailleurs.

=> A plus forte raison, ceci est également vrai pour chacun de nous, dans notre quotidien.

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-> Ce verset vient faire allusion au fait que même quand tu es seul et que personne n’est avec toi si ce n’est : Hachem ton D. », même alors, « sois entier/intègre ».
Il ne faut pas être pieux que devant les hommes et se laisser tomber dans la faute quand on est seul. Car même si personne ne te voit, Hachem scrute les actions de chaque personne et voit toutes tes actions (et tes pensées).

Cela est en allusion dans le verset : « Sois entier » même quand tu ne te retrouves que « avec Hachem ton D. », et en présence de personne d’autre.

[le Alchikh Hakadoch]

[d’une certaine façon ce comportement est pire, car on témoigne ainsi que l’on craint le regard des hommes, mais pas celui de Hachem … ]

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+ « Sois entier avec Hachem ton D. » (Choftim 18,13)

-> Que vient nous apprendre l’ajout de « ton D. » (c’est déjà sous-entendu dans la mention de : Hachem)?

Cela vient ajouter que : si tu es entier avec Hachem, alors en conséquence tu seras avec Hachem « ton D. ».
[le Gour Aryé]

Le Aavat David (אהבת דוד) enseigne que si l’on est entier dans notre démarche de faire au mieux la volonté de Hachem, alors le « ton D. » vient s’ajouter, dans le sens où D. vient nous aider à réaliser Ses mitsvot.

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-> La guématria de : תָּמִים תִּהְיֶה (tamim tiyé – Sois entier) est la même que : תשרי (Tichri).

Nous devons être certain que lorsqu’arrive le mois de Tichri (mois de la téchouva avant Roch Hachana), nous corrigeons nos mauvaises actions afin de devenir « tamim » (entier) avec Hachem (sans faute faisant écran entre nous).
[Rabbénou Efraïm]

-> « Sois entier » : cela signifie que nous ne devons jamais remettre en question, même dans notre cœur, les commandements de Hachem.
Nous devons suivre la volonté de D. même si nous n’y comprenons pas la raison.
[le Na’hal Kédoumim]

-> Nous ne devons pas dire que Avraham, Its’hak et Yaakov étaient « tamin », et que nous pouvons alors nous reposer sur leurs mérites.
Mais plutôt, chaque juif doit faire tout son possible pour être au niveau de : « Sois entier avec Hachem ton D. »
[Midrach haGadol]

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+ « Sois entier (tamim) avec Hachem ton D. » (Choftim 18,13)

+ Le roi David a écrit : « La doctrine de Hachem est parfaite (témima) : elle réconforte l’âme » (Téhilim 19,8)

Le rav Its’hak El’hanan Spektor dit :
« Le lien entre ces 2 versets, nous enseigne que le peuple juif et la Torah ne sont qu’un.
De même qu’un Séfer Torah n’est plus valable si une seule lettre est manquante, de même le peuple juif est incomplet lorsqu’un seul juif est loin de la Torah. »

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-> On a pu voir Rachi sur ce verset disant : « Suis-Le avec intégrité en Lui faisant confiance, et ne cherche pas à connaître l’avenir. »

Comment savons-nous que nous ne devons pas interroger des astrologues concernant le futur?
Cela vient du verset : « tamim tiyé » (« Sois entier [avec Hachem ton D.] » – Choftim 18,13).

Selon la guémara (Pessa’him 113b), le peuple juif ne dépend pas des mazalot (signes astrologiques), puisqu’ils ont une brit mila.

Hachem a demandé à Avraham « marche devant Moi et sois intègre (tamim) » (Lé’h Lé’ha 17,1).
La guémara (Nédarim 32) enseigne que Avraham n’a été appelé « tamim » qu’après avoir fait sa circoncision.

Cependant, il est écrit : « Noa’h était un homme juste, intègre (tamim) » (Noa’h 6,9).
Comment a-t-il pu être appelé ainsi, sachant que la brit mila a commencé avec Avraham?

Rachi (guémara Avoda Zara 6a) explique que c’est parce que Noa’h était humble, qu’il a également été qualifié de : « tamim ».

Hachem dit : « Moi et lui [celui qui est arrogant] ne peuvent pas résider dans le même monde » [guémara Sotah 5a]

=> Ainsi, si une personne est humble, alors elle mérite de toujours évoluer avec Hachem à ses côtés.
[le תוספות אמרות טהורות]

[D’une façon passive, notre brit mila permet d’être « tamim » avec Hachem.
Nous pouvons également l’être d’une manière active, en étant humble. ]

« Tu procéderas selon la loi qu’ils t’enseigneront, selon la règle qu’ils t’indiqueront. Ne t’écarte de ce qu’ils diront ni à droite, ni à gauche » (Choftim 17,11)

-> Rachi dit que nous devons écouter nos Sages : « Même s’il te présente la droite comme étant la gauche et la gauche comme étant la droite. »

-> Le Ramban enseigne : Même si une personne est aussi certaine que nos Sages se sont trompés, qu’elle peut différencier sa droite de sa gauche, elle doit quand même suivre les paroles de nos Sages.
La raison est que Hachem nous a donné la Torah afin qu’elle soit interprétée selon leurs enseignements, et nous nous devons donc de les suivre, même si nous sommes certains qu’ils se trompent.

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-> A ce sujet, il est écrit dans le Séfer ha’Hinoukh :
« Dans chaque génération, nous devons nous en remettre aux Sages contemporains, qui ont reçu leur science de leurs prédécesseurs et s’abreuvent à la source.
Pour cela, ils s’absorbent jour et nuit dans l’étude de leurs enseignements et de leurs discussions, pour les comprendre profondément.
Si l’on suit cette voie, nous trouverons le chemin de la vérité dans une compréhension authentique de la Torah.
Mais dans le cas contraire, si nous nous laissons séduire par nos pensées et la pauvreté de nos conceptions, nous ne connaîtrons jamais la réussite …

Même s’ils te disent que la droite est gauche, ne t’écarte pas de leurs enseignements.
Autrement dit, même si les Sages d’Israël se trompent dans un domaine quelconque, il ne convient pas pour autant de les contester : il faudra au contraire les suivre dans leur erreur. Car il est préférable de souffrir d’une erreur, qui permettre au peuple entier de rester toujours soumis à leur vision éclairée, plutôt que de laisser chacun agir comme bon lui semble, ce qui conduirait fatalement à l’anéantissement du judaïsme, à des oppositions violentes au sein du peuple et à la fin de notre nation.

C’est en vertu de cela que l’interprétation de la Torah fut confiée uniquement aux Sages d’Israël, et que nous sommes également tenus de faire fléchir la minorité face à la majorité. »

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-> On peut illustrer cela à partir de la discussion citée par la guémara (Baba Métsia 59b), dans laquelle s’opposèrent Rabbi Eliézer et les Sages concernant « le four d’Akhnaï », un four d’une forme particulière, dont le statut de pureté fut l’objet de leur désaccord.

La guémara relate qu’après que tous les arguments de Rabbi Eliézer furent repoussés, ce dernier voulut prouver la justesse de son opinion à l’aide de différents prodiges : un gros caroubier se déracina de son emplacement, une rivière remonta son cours, les murs de la maison d’étude menacèrent de s’effondrer.
Finalement, une Voix sortie du Ciel proclama qu’il avait raison!

Pourtant, tous ces phénomènes n’eurent aucun effet sur la décision des Sages : s’il est dit que « la Torah n’est pas dans les Cieux » (Nitsavim 30,12), cela signifie que depuis le don de la Torah, c’est à la majorité de trancher la loi, et non aux prodiges de la nature.

A la suite de ce récit, la guémara raconte que Rabbi Nathan rencontra peu après le prophète Eliyahou et lui demanda ce que Hachem avait fait pendant ce temps.
Le prophète répondit : « Il riait en disant : Mes fils M’ont vaincu! Mes fils M’ont vaincu! »

-> Le Séfer ha’Hinoukh explique que dans l’absolu, c’est effectivement Rabbi Eliézer qui avait vu juste, comme le démontrèrent les prodiges et la Voix du Ciel.
Cependant, ses compagnons ne parvenaient pas à comprendre son point de vue, celui-ci ne put être retenu et il fallut s’en remettre à la majorité.

C’est pourquoi D. proclama : « Mes fils M’ont vaincu », car bien qu’ils se soient trompés dans leur jugement, il convient néanmoins de faire fi de la vérité pour se conformer à la mitsva de « fléchir dans le sens de la majorité ».

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-> « Il n’existe aucune interrogation qui n’ait sa réponse dans notre sainte Torah!
Il faut simplement être doté d’un regard suffisamment perspicace pour découvrir à quel endroit la réponse est écrite. »
[le ‘Hafets ‘Haïm]