« Et voici la loi de l’offrande de festin de paix (aChélamim) … s’il l’offre comme offrande de remerciement » (Tsav 7,11)

-> Nos Sages enseignent qu’après la venue du machia’h, le monde atteindra un degré de perfection dans lequel les offrandes de réparation deviendront inutiles, car les hommes ne commettront plus de fautes.
En revanche, selon le midrach (Vayikra rabba 9,7), les offrandes de remerciement continueront pour l’éternité, ce qui souligne combien il est important d’exprimer notre reconnaissance.

La guémara (Pessa’him 50a) nous apprend qu’aux temps du machia’h, les hommes béniront Hachem même pour ce qui peut sembler mauvais car ils réaliseront que tous Ses actes sont des bienfaits (tout est pour notre ultime bien, même si cela peut être momentanément désagréable).

-> Le sacrifice de remerciement (Toda), est un sacrifice apportait par une personne qui a été dans une situation dangereuse, et qui en a été sauvée.
[la guémara (Béra’hot 54) illustre 4 types de dangers : un voyage dans le désert [ou tout autre voyage comportant des risques], un emprisonnement présentant un danger, une maladie grave, et un voyage en mer.]

En lien avec ce sacrifice, le midrach (Vayikra rabba 9,2) cite le verset : « Quiconque offre un sacrifice de remerciement m’honore » (Téhilim 50,23).
Le midrach fait alors remarquer que : « m’honore » (yé’habédanéni – יְכַבְּדָנְנִי) est bizarrement écrit avec un double « נ », au lieu d’un seul comme d’habitude, et cette répétition implique : « un honneur après un honneur » (כבוד אחר כבוד).

=> Qu’est-ce que cela veut dire?

-> Selon le midrach (Vayikra rabba 9,1), on n’amène pas ce sacrifice afin d’obtenir le pardon de nos fautes, mais uniquement dans un but d’honorer Hachem.
[la valeur de la lettre « noun » est de 50 => 2×50= 100, comme le fait qu’on apporte le sacrifice à 100% pour Hachem, et non en partie pour nous : pour expier nos fautes!]

-> Le Ktav Sofer donne la réponse suivante :
Lorsqu’une personne est sauvée d’un danger, qu’elle reconnait que c’est grâce à Hachem, alors elle va remercier D. pour cela.
Cependant, on doit également réaliser que tout ce que fait Hachem est pour le bien. Même ce qui nous est paru comme une mauvaise situation était en réalité une bonne chose.
C’est pour cela que celui qui amène un sacrifice de remerciement, se doit d’exprimer un double merci à Hachem : un portant sur la situation difficile qui a été traversée, et un autre sur le fait d’en avoir été sauvée.

[plus on développe les occasions de remercier Hachem, et de reconnaître qu’absolument tout est pour notre bien, plus on permet à notre émouna de se répandre en nous, de devenir vivante et non uniquement théorique! La vie est alors tellement plus agréable!!]

-> Si une personne exprime sa gratitude à Hachem, alors Hachem lui fournira davantage de délivrances et d’opportunités de témoigner sa gratitude et d’amener de tels sacrifices.
[Rabbi Akiva Eiger – Drouch vé’Hidouch – Tsav 7,12]

[« un honneur après un honneur » => dire merci à D., c’est enclencher une spirale positive, où les occasions de Le remercier vont s’enchaîner!]

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-> « De ses propres mains, il l’apportera » (Tsav 7,30)
Rachi commente que le propriétaire et le Cohen participent tous les 2 au service.
Pendant le balancement, le propriétaire tient les morceaux entre ses mains et le Cohen place ses mains sous les siennes.

Le Panim Yafot enseigne : si un fauteur veut apaiser Hachem, il apporte un sacrifice par le biais des Cohanim, car si c’était lui-même qui le ferait, cela serait de l’insolence (‘houtspa), car il a fauté envers D.
Cependant, si quelqu’un apporte un cadeau à Hachem, il l’amène lui-même, sans les Cohanim comme intermédiaires.
C’est pourquoi, lorsqu’on amène son Chélamim (offrande de paix : comme celui de remerciement), qui est un cadeau, alors il participe au service avec ses mains.

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-> Le sacrifice Chélamim est une exclusivité du peuple juif.
Un idolâtre ne peut amener qu’un sacrifice Ola, qui est complètement brûlé sur l’Autel, mais pas un Chélamim qui lui est mangé.
=> Pourquoi cela?

Un idolâtre ne peut pas comprendre que le fait de manger peut être un acte de sainteté.
Ainsi, pour lui le sacrifice est saint, mais pas la partie consistant à le manger.

Cependant, les juifs ont reçu la Torah, et ils sont ainsi conscients que l’acte le plus simple, matériel, peut devenir spirituel.
Ainsi, le fait de manger la viande matérielle du sacrifice est un acte spirituel de mitsva, et cela témoigne du lien exclusif qu’il y a entre les juifs et Hachem.
[Béer Moché]

[le midrach Tan’houma Tsav (4) rapporte que le korban Ola est complètement brûlé ; le korban ‘Hatat est en partie brûlé et en partie donné aux Cohanim ; et le korban Chélamim est en partie brûlé, en partie donné aux Cohanim et en partie au juif qui l’a apporté.
Ainsi, ce dernier est le seul sacrifice qui apporte la paix aux 3 éléments : le mizbéa’h, les Cohanim et les juifs, chacun en recevant un morceau.]

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-> La guémara (Béra’hot 54b) enseigne que 4 personnes doivent apporter un Korban Toda :
– celui qui a été libéré de prison ;
– celui qui a traversé un désert ;
– celui qui a traversé une mer ;
– celui qui s’est rétabli d’une maladie.

Rabbénou Yoël dit que l’on trouve une allusion à cela à la fin de la amida : « vé’hol a’haïm yodou’ha chéla » (Tous les êtres vivants te remercieront – וכל החיים יודוך סלה).

En effet, le mot : ‘haïm (חיים) est l’acronyme de :
-> le ח (‘hét) = חבוש (‘havouch = le prisonnier) ;
-> le י (Youd) = ים (yam = la mer) ;
-> le י (Youd) = יסורין (yissourim = les souffrances physiques du malade) ;
-> le ם (Mem) = מדבר (midbar = le désert).

De nos jours, on récite la bénédiction du Gomel, en présence d’un minyan.

-> Le ‘Hatam Sofer enseigne qu’il n’est pas suffisant de remercier Hachem pour avoir été sauvé d’un moment difficile. Même en plein milieu de la douleur, nous devons avoir la confiance (bita’hon) que Hachem va nous sauver, et réaliser que tout ce que fait D. est pour le bien.

Il conclut : C’est uniquement celui qui est capable de remercier Hachem pendant la difficulté qui peut renforcer sa émouna, et qui croient réellement en Hachem.

[nos épreuves sont des occasions de témoigner concrètement de notre émouna, elles sont le thermomètre mesurant notre niveau de confiance en D.]

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-> Une personne qui était en danger de mort et a survécu apporte une offrande de remerciement (toda), pour exprimer sa gratitude envers D. et reconnaître que c’est D. qui l’a sauvé.
Ce sacrifice de remerciement est une forme d’offrande de paix (chélamim), mais elle diffère sur 2 points : il doit être consommé pendant un jour et une nuit alors que l’on dispose, pour le chélamim, d’une journée supplémentaire.
De plus il doit être accompagné de 40 pains (30 matsa et 10 pains).

=> Comment la Torah peut-elle nous ordonner de consommer ce sacrifice (qui pouvait être une vache, un mouton ou une chèvre), accompagné de 40 pains, et ce en uniquement 24 heures?

-> Le Nétsiv (Haémek Davar 7,13) répond qu’en réalité cela était pratiquement impossible, et que la personne qui avait apporté l’offrande était alors obligée d’inviter sa famille et ses amis pour prendre part au repas.
Ce repas devenait alors l’occasion d’expliquer au plus grand nombre ce qui s’était passé, et de reconnaître publiquement à quel point Hachem nous vient en aide dans nos moments difficiles (un juif n’est jamais abandonné! S’Il a aidé mon prochain, alors moi aussi Hachem m’aidera!).

Par ce récit de 1ere main, tout le monde est très touché et sensible à la bienveillance permanente de D. à notre égard.
Lorsque quelqu’un de proche remercie D., alors cela nous pousse à regarder dans notre vie et à également en venir à Le remercier pour Ses bontés!

-> Selon le Imré Emet, si nous devons manger en un seul jour le korban de remerciement, c’est parce au cours du jour suivant Hachem nous fera tellement de nombreux miracles que nous devrons apporter un nouveau sacrifice.
=> C’est une reconnaissance du fait que Hachem nous comble miraculeusement de bonnes choses absolument tous les jours.

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-> Rabbi Its’hak Hutner enseigne que la racine du mot : « toda » est « odaa », qui signifie à la fois : « remercier », et « admettre » (modé).
En effet, pour remerciement pleinement une personne, il faut d’abord admettre que nous avions besoin de son aide.
Cela va à l’encontre de la nature humaine, car nous préférons penser que nous pouvons tout faire par soi-même (j’ai besoin de personne! je contrôle tout!), et que nous n’aimons pas être en situation de dettes de gratitude envers autrui.

-> Rabbi ‘Haïm Yossef Kofman fait remarquer que dans la prière nous disons d’abord : « modim ana’hnou la’h » (par cela nous admettons qu’il est D., et donc nous avons besoin de Lui pour tout), et ensuite : « nodé lé’ha ounéssaper téhilaté’ha » (on le remercie alors pour toutes Ses bontés permanentes).

Cela explique aussi pourquoi dans la répétition de la Amida, chacun doit réciter lui-même ce passage du modim, sans compter sur la lecture de l’officiant comme pour le restant de la Amida.
En effet : le fait d’admettre en nous-même notre totale dépendance à Hachem, est un processus que personne ne peut faire à notre place!

[une fois que cette rampe de lancement est construite dans notre cœur, on peut pleinement lancer les remerciements à proprement parler! (et chacun en a des uniques à lui!)]

-> Le Ets Yossef affirme qu’il n’y aura plus de maladie, ni de danger de mort à l’époque du machia’h, faisant que l’on apportera un Korban Toda non par obligation, mais volontairement comme moyen d’exprimer notre appréciation totale pour tout ce que fait Hachem.

[En effet, c’est la nature même des juifs, que de pouvoir remercier, apprécier les bienfaits reçus.
Dans la répétition de la amida, dans Modim, nous remercions Hachem de pouvoir le remercier (modim … al chéana’hnou modim la’h).
En effet, la capacité de remerciement nous oblige à se focaliser sur ce que l’on a, et notre vie devient alors tellement plus belle!
Ce que l’on pense être manquant est en réalité tellement minime face à l’immensité de ce que l’on a!
Plutôt que de passer ma vie à courir après ce que je n’ai pas, j’apprécie tout ce que j’ai, et qui est déjà énorme!

Hachem n’a pas besoin de nos remerciements.
Naturellement D. semble caché dans ce monde, et à chaque fois que nous le remercions, cela est un moyen de reconnaître, d’admettre Sa présence permanente (et notre dépendance totale à Lui), repoussant la tendance humaine à croire en la naturalité des choses.
Chaque occasion (même petite) de remercier D., et un moyen de renforcer concrètement notre émouna en l’illustrant de faits personnels et réels.]

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-> b’h, également sur l’offrande de paix : https://todahm.com/2020/03/06/13200

« Ne mangez pas quelconque de sang, que ce soit d’un mammifère ou d’un oiseau, où que vous viviez.
Toute personne qui mangerait du sang, son âme sera retranchée de son peuple » (Tsav 7,26-27)

-> L’interdiction du sang est l’une des plus faciles à observer car la tentation est faible.
Si telle est la récompense pour un commandement facile, on peut imaginer celle que l’on reçoit lorsqu’on se garde des relations interdites et d’autres fautes pour lesquelles on éprouve un grande désir.
L’homme qui se garde de ces péchés sera largement rétribué car leur observance exige une lutte acharnée contre ses désirs.

Hachem nous a interdit de consommer du sang pour 4 raisons :
1°/ Les parties du sacrifice offertes sur l’autel étaient la graisse consumée et le sang aspergé sur ses parois. Etant donné que ces parties « appartiennent » à l’autel, Hachem a ordonné qu’elles ne soient pas consommées.

2°/ Le sang représente l’âme, comme il est écrit : « Car le sang est l’âme » (Dévarim 12,23).
Hachem nous a permis de consommer le corps et non l’âme d’un animal.
Il avait ordonné à Adam de ne pas manger de créatures vivantes mais de se nourrir de végétaux.
Cependant, comme Noa’h sauva toutes les créatures de la destruction, Hachem lui permit de manger leur chair.
L’âme de l’animal reste interdite, et donc son sang également.

3°/ La vie du corps dépend du sang. Par conséquent, si un homme en consomme, son corps devient semblable à celui d’un animal.
Il devient grossier et insensible. Il risque d’adopter les mauvaises tendances des bêtes et de ne pas avoir pitié de ses prochains.

Hachem nous a donné la Torah pour purifier notre âme afin d’être capables de comprendre les mystères de la Torah et d’avoir pitié de nos semblables.
C’est pourquoi il nous est interdit de manger le sang d’un animal …

4°/ A leur sortie d’Egypte, les juifs étaient plongés dans les pratiques occultes des égyptiens.
Par exemple, ils emplissaient un bol de sang autour duquel se rassemblaient des démons (chédim).
Lorsqu’ils voulaient prédire l’avenir, ils buvaient de ce sang.

On trouve ainsi juxtaposer ces 2 commandements : « Ne faites point de repas près du sang ; ne vous livrez pas à la divination ni aux présages » (Kédochim 19,26)
Pour nous séparer des pratiques païennes, Hachem nous interdit de consommer le sang et nous enjoint de l’asperger sur l’autel pour expier nos fautes.

[Méam Loez – Tsav 7,26-27]

Le Korban Toda (sacrifice de remerciement) était apporté comme moyen pour remercier Hachem après avoir vécu personnellement une délivrance miraculeuse.

Mais si quelqu’un a une vie normale : lui et sa famille sont en bonne santé, bénis en subsistance et en joie, n’en devrait-il pas moins être redevable en remerciements à Hachem pour toute la souffrance dont Il le dispense?

[Rabbi El’azar Mena’hem Mann Shach]

[ex: au lieu d’attendre des années pour avoir un enfant, tu l’as eu tout de suite! Soit on se dit c’est la nature, c’est normal ; soit on remercie encore davantage D. de ne pas nous avoir fait attendre longtemps en souffrances!

=> On doit certes remercier Hachem lorsqu’Il nous sort de galère, mais nous devons encore plus le remercier lorsque tout va bien!]

« Un feu continuel brûlera sur l’Autel (mizbéa’h), il ne devra pas s’éteindre » (Tsav 6,6)

-> C’est une ségoula pour échapper aux mauvaises pensées, que de réciter ce verset, qui est en hébreu : « éch tamid toukad al amizbéa’h lo ti’hbé ».

Ce conseil a été transmis à rabbi Moché Cordovéro, par Eliyahou haNavi lui-même, mais dans sa grande humilité, il a choisi de cacher cette source.
[le Chla haKadoch]

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Selon le Ktav Sofer, on peut trouver une allusion à cela dans le verset lui-même :
-> « un feu continuel brûlera sur l’Autel » = l’Autel symbolise l’homme, car c’est avec la poussière de la terre, issue de l’endroit même du mizbéa’h, que D. façonna l’être humain.
Et sur cet Autel incarné par l’homme, « un feu [ardent d’enthousiasme, de désir de respecter les mitsvot] brûlera » …

Lorsqu’une personne veut se purifier, D. la soutient et l’encourage dans cette voie, et lorsqu’elle se sanctifie ici-bas (un feu de sainteté brûlant en elle), on la sanctifie depuis les Cieux, avec le feu de l’Autel (mizbéa’h) céleste.

[ainsi, dans le cas d’une mauvaise pensée, si le feu de désir de pureté ne s’éteint pas, alors D. nous viendra en aide en amenant un feu qui va consumer ces mauvaises pensées!]

« [L’offrande de farine] est éminemment sacrée (kodech kodachim – קֹדֶשׁ קָדָשִׁים), comme l’offrande de faute (‘hatat) et l’offrande de délit (acham)«  (Tsav 6,10)

-> La guémara (Yoma 86b) nous enseigne que lorsqu’une personne fait téchouva par amour pour Hachem, ses fautes ne sont pas seulement effacées, mais elles sont transformées en mérites.

Ainsi, concernant ces sacrifices apportés pour expier les fautes, la Torah écrit :
– « kodéch » (saint) = le korban purifie, efface l’impact de nos fautes ;
– et également « kodachim » = il s’agit des mérites supplémentaires qui viennent s’y ajouter grâce à la téchouva par amour.

[Kli Yakar]

=> La téchouva nous permet de passer en un instant, de tout sale spirituellement, à tout pur et pleins de mérites! Du statut de pécheur à celui de « éminemment sacré »!
D’ailleurs, selon la guémara (Béra’hot 34b), la téchouva élève tellement que : « Les justes parfaits ne peuvent se tenir où se tiennent les repentis ».

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[une explication du fait que nos Sages sont jugés avec une grande précision, sur des fautes extrêmement fines (de l’épaisseur d’un cheveu)est puisque toute faute peut se transformer en mérites, alors Hachem par amour pour les Sages va prendre même les minuscules miettes, pour que rien ne leur soit perdu pour leur éternité!]

« Ordonne à Aharon et à ses fils en disant : « Voici la règle de l’offrande d’élévation (holocauste)«  (Tsav 6,2)

-> « En disant » = selon le midrach, c’est une allusion au fait que la lecture orale du passage relatif à ce sacrifice revêt elle-même un grande importance.
Le ‘Hafets ‘Haïm commente que de la même façon que l’effet néfaste des fautes peut être corrigé par le biais des sacrifices, la Torah elle-même peut amener leur réparation par le biais de son étude.

-> « Lorsqu’un homme, dans une synagogue ou une maison d’étude, évoque verbalement les passages des sacrifices (korbanot) et du service sacerdotal, et qu’il les prononce avec attention, une alliance est scellée à son sujet, stipulant que les anges chargés de mentionner ses démérites pour le tourmenter ne pourront lui faire que du bien. »
[Rabbi Krouspédaï – Zohar – Vayéra 100a]

-> Le passage de la prière du matin : « ézéou mékomane » contient l’essentiel des lois relatives aux sacrifices.
Or, la guémara (Ména’hot 110a) rapporte que toute personne qui étudie les lois relatives aux sacrifices [‘hatat (péché), acham (faute), …], est considérée comme avoir fait un tel sacrifice.

-> Dans la guémara (Méguila 31b), Avraham demande à Hachem qu’est-ce qui permettra d’expier les fautes des juifs, lorsque le Temple et ses sacrifices n’existeront plus?

Hachem lui répondit : « J’ai déjà prévu un texte traitant des sacrifices. Que mes enfants le lisent et Je leur compterai comme s’ils avaient fait des sacrifices quotidiens et leur pardonnerai toutes leurs fautes. »

« Un feu permanent (éch tamid) sera entretenu sur l’autel, il ne devra pas s’éteindre » (Tsav 6,6)

-> On a : « un feu permanent … sera entretenu … ne devra pas s’éteindre. »
Selon nos Sages cela met en avant l’importance de traduire une inspiration en une action, et de tout faire pour garder en nous ce feu qu’elle a allumé, le temps passant.

-> Le Rabbi de Loubavitch, rabbi Ména’hem Mendel Schneerson explique ce verset :
« Dans chaque homme existe un autel : le cœur.
C’est en lui que brûle le feu de l’amour de D.

Souvent ce feu ne brûle pas au grand jour, mais couve sous les braises, invisible, et pourtant existant.
C’est à l’homme qu’il incombe de ranimer cette étincelle, de raviver la foi enfouie dans son cœur et de la nourrir de « matières inflammables » : la Torah et les commandements.

L’homme se doit donc de préserver ce feu pour qu’une flamme claire illumine sa vie quotidienne. »

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-> « Un feu permanent (tamid) sera entretenu sur l’Autel »

Le livre Likutei basar likutei écrit qu’il faut observer les paroles :
->  » Je fixe en permanence (tamid) mes regards sur Hachem » (chiviti Hachem lénegdi tamid – Téhilim 16,8) ;
-> « qui a le cœur content est en permanence (tamid) en fête (vétov lev michté tamid – Michlé 15,15).

=> Tout juif doit s’assurer que brûle toujours en lui un feu : de émouna et de joie.

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+ « Un feu permanent sera entretenu sur l’autel, il ne devra pas s’éteindre »

-> Le Chla haKadoch dit que de nos jours, notre table à manger est comparé à l’Autel (mizbéa’h), qui est le lieu où toute la famille se retrouve pour célébrer Shabbath, les Yamim Tovim, …
A quel type de feu fait-on référence?

A chaque repas, il doit y brûler le feu de la Torah.
Rabbi Guttman commente que l’idée est que nous ne devons pas nous abaisser aux préoccupations des non-juifs (ex: la politique, le commérage), mais nous devons plutôt élever notre vie quotidienne en y mettant notre Torah de vie!
C’est grâce à ce feu d’amour pour Hachem et Sa Torah, que nous pourrons transmettre le flambeau à la génération suivante. En effet, plus nos enfants remarquent à quel point cela est important à nos yeux, à quel point cela apporte de la joie, du sens (et non un fardeau), plus ils ont envie de suivre ce chemin.

=> Le verset prend alors tout son sens : si tu entretiens toujours ce feu sur l’Autel (à table), alors il ne s’éteindra jamais, puisque tes enfants suivront ton exemple!

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+ « Voici la loi (litt. Torah) de l’offrande de l’élévation (aola – litt. qui monte) : c’est l’offrande d’élévation sur le feu de l’Autel » (Tsav 6,2)

-> De façon plus littérale, ce verset peut être traduit ainsi : « Ceci est la Torah qui monte, elle monte sur le feu de l’autel ».
En effet, la Torah que l’on étudie, pour pouvoir monter dans les Cieux et parvenir auprès d’Hachem, devra être étudiée avec amour, enthousiasme et ardeur.
Cela est en allusion dans ce verset : « Ceci est la Torah qui monte », pour que la Torah puisse monter, il faut qu’elle soit étudiée « sur le feu de l’autel », avec le feu sacré de l’amour et de l’enthousiasme.
[Toré Zahav]

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-> Le midrach (Chir haChirim rabba) nous rapporte l’histoire de ‘Hananya, Michaël et Azarya allant dans la fournaise car ils avaient refusé d’accorder le moindre crédit à l’idolâtrie.

Névou’hadnétsar a ordonné qu’ils soient jetés dans la fournaise ardente, mais au final ils en sont sortis sains et saufs, n’ayant même pas l’odeur de la fumée!
Une importante foule a pu être témoin de cet énorme miracle.

De façon étonnante le midrach demande : Quel est l’élément de kidouch Hachem dans cet épisode?

=> Comment comprendre cette question du midrach alors que 3 tsadikim juifs ont miraculeusement survécu au feu d’une fournaise ardente?

Le rav Eliyahou Dessler nous donne une explication à ce sujet.
Le kiddouch Hachem n’est pas dans l’événement initial, mais dans ce qui va en suivre.
En effet, si un énorme miracle ne produit pas d’effets par la suite, il n’y a pas de kiddouch Hachem.
A l’inverse, une petite action qui produit des effets positifs (Quelle honnêteté, quelle droiture!), est un kiddouch Hachem.

Le rav Dessler dit que la foule a pu voir l’énorme miracle de la fournaise, mais ils ont cependant continué à vivre comme avant, rentrant ensuite chez eux faire de l’idolâtrie.

=> Ressentir une belle inspiration, voir un miracle, cela n’a que peu d’importance, si nous ne transformons pas cela en quelque chose de concret.
Le feu brûle en moi sur le moment, mais après qu’en reste-t-il?

[Tâchons au maximum d’éviter une déperdition entre le : « j’aimerai faire, je devrais faire », et ce qu’on va finalement faire.
Travaillons à conserver l’enthousiasme initial en alimentant dans le temps ce feu interne d’amour pour Hachem.]

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-> Sur ce sujet voir aussi : https://todahm.com/2018/01/02/5950

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+ « Toute l’assemblée des enfants d’Israël se retira de devant Moché. Puis vinrent tous les hommes (kol ich) portés par leur cœur » (Vayakél 35,20-21)

Il y a un passage de « toute l’assemblée » (impliquant l’ensemble des juifs) à « tout homme » (kol ich : le terme ich est un singulier), impliquant que la taille de la foule a fondu.
Pourquoi cela?

Le ‘Hida répond que cela fait référence à une réalité de la vie commune.
Au départ tout le monde a été excité en entendant de Moché ce qu’il fallait faire, mais quand est venu le moment de sortir le chéquier pour contribuer au michkan, beaucoup de personnes se sont refroidis.

L’inspiration initiale ressentie par « toute l’assemblée » sur la construction du michkan s’est dissipée au moment de mettre la main à la pâte.
La construction du Sanctuaire repose alors sur « kol ich », ces quelques personnes restants qui ont réussi à passer du potentiel à la réalité, de leur aspiration à l’action.

[nous sommes souvent plein de bonne volonté dans nos actions, mais à partir du moment où il faut commencer à agir, beaucoup de ces aspirations s’évaporent!]

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-> Selon la loi juive (par exemple : Choul’han Arou’h 180,5 ; Michna Broura 180,11), nous avons l’habitude de recouvrir les couteaux à notre table au moment de réciter le birkat hamazon.

Il y a 2 raisons principales à cela :

1°/ Le métal étant souvent utilisé pour raccourcir la vie, tandis que la table est comparée à Autel du Temple (cf. ‘Haguiga 27a), qui allongeait la vie.
La vision du couteau est incompatible avec l’émotion de notre remerciement à Hachem pour notre repas.

2°/ Nous couvrons les couteaux car une fois une personne disant : « ou’vné Yérouchalayim » (que Hachem reconstruise Jérusalem) s’est alors poignardée, submergée par la tristesse que cela ne soit pas encore arrivé.

[c’est une réaction normale à avoir (au point d’être pris en compte dans la halakha!), c’est nous qui sommes trop apathiques dans notre douleur liée à la perte du Temple]

Concernant la 2e raison, le rav Chatzkel Levenstein demande : en quoi le fait de couvrir les couteaux à table peut-il aider?
Si quelqu’un a beaucoup de peine sur la destruction de Jérusalem au point de se poignarder, en quoi un petit bout de papier/tissu, va-t-il l’en dissuader?

Rav Levenstein répond que la majorité des gens sont paresseux, au point qu’une fois que le couteau est recouvert nous n’avons pas a craindre qu’ils fassent l’effort de le découvrir dans le but de s’en saisir pour se poignarder.

=> Nous avons tous de très belles aspirations, mais leur conversion dans la pratique va malheureusement en éliminer la majorité.
Par exemple, une douleur immense sur la perte de notre Jérusalem, va être réduite à néant par un petit bout de serviette trop fatiguant à nos yeux à retirer.

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+ « Un feu continuel brûlera sur l’autel, il ne devra pas s’éteindre » (Tsav 6,6)

-> Le Séfer ha’Hinoukh (mitsva 132) enseigne :
« Il est bien connu dans notre tradition que les grands miracles que D. dans Sa grande bonté, opère en faveur des hommes sont toujours réalisés de manière voilée.
En effet, lorsqu’on les observe, ils semblent véritablement relever des lois de la nature, ou de s’en approcher tout au moins.

Ainsi, même au sujet de l’ouverture de la mer Rouge, qui fut un miracle évident, le verset précise pourtant : « Hachem fit reculer la mer toute la nuit par un vent d’est impétueux, Il mit la mer à sec et les eaux furent divisées » (Chémot 14). [il était possible de justifier ce miracle Divin, et de la banaliser : c’est normal, il y a eut un coup de vent d’une force rare!]
Toute personne intelligente comprendra que ce voile [placé devant tout miracle] atteste de la grandeur du Créateur, et de la petitesse des créatures.

En vertu de ce principe, la Torah nous ordonne d’allumer un feu sur le mizbéa’h. Or, bien qu’un feu descendit du Ciel à cet endroit, nous y étions cependant tenus afin de dissimuler le miracle. En effet, le feu qui descendait du Ciel n’était pas perceptibles à l’œil humain [car D. réalise pour nous de grands miracles d’une manière voilée]. »

=> Si cela est vrai pour les miracles exceptionnels, combien encore davantage pour ceux qui sont fréquents, dissimulés dans la normalité de la vie!!
Ainsi, si nous n’avons pas « un feu continuel » de émouna qui brûle en nous, alors nous sommes dans l’obscurité et n’avons pas la possibilité de distinguer l’évidence : Hachem fait en permanence pour chacun d’entre nous des miracles!
[ex: si l’ensemble de nos facultés humaines fonctionne correctement, ce n’est pas une normalité des lois de la nature, mais plutôt grâce à la bonté de D. qui à chaque instant recrée le monde!]

[lorsque l’on sait remercier Hachem au maximum pour Sa bonté à notre égard, alors on entretient en nous un feu d’amour pour Lui.
La résultante est : s’il est si bon, alors c’est la moindre des choses que de faire Sa volonté au mieux avec enthousiasme, avec joie! (on est alors capable de sacrifier ses envies, pour celles de D., et ce avec le sourire!)]

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« Il lèvera la cendre que le feu aura consumé » (6,3)

-> On peut voir dans ce verset une allusion dans le Service d’Hachem.
Quand une personne lève la cendre et s’inspire d’elle, en se remplissant d’humilité, à l’image de Avraham qui dit : « Je suis poussière et cendre », alors il méritera d’être « consumé » par le feu sacré.
=> Ainsi, pour mériter d’être enflammé et enthousiasmé dans le Service d’Hachem, pour être empli du feu sacré, il faut commencer par s’emplir d’humilité et de modestie, au point de se voir « comme terre et cendre ».
[Déguel Ma’hané Efraïm]

-> Chaque matin, la 1ere tâche que devait faire le Cohen en entrant dans le Michkan était de retirer les cendres qui se sont accumulées par tous les sacrifices de la veille.
Le ‘Hovot haLévavot explique que la Torah ne voulait pas que la position élevée du Cohen lui monte à la tête, qu’il en vienne à se voir comme meilleur que les autres.
C’est pourquoi sa 1ere mission était de retirer les cendres (regarde la fin de toute animalité!).

-> Rabbénou Yona demande pourquoi est-ce que la Torah juxtapose la mitsva de nettoyer les cendres de l’Autel (téroumat hadéchen), avec celle du Korban Ola (l’offrande de l’élévation).
Il explique qu’une personne doit réaliser que ce qui peut paraître aux yeux humains comme une tâche indigne (ex: faire le ménage sur l’Autel!) est en réalité de la plus haute importance aux yeux de Hachem.
La mitsva de nettoyer l’Autel est introduite par le terme : « tsav » (un commandement Divin) = ainsi même l’acte le plus insignifiant de notre vie de tous les jours, lorsqu’il est réalisé selon la volonté de D. contient une énorme sainteté.
L’offrande d’élévation et le nettoyage, sont des moyens de nous élever spirituellement, de nous attacher davantage avec D., et nous ne devons pas mépriser ce qui semble indigne à nos yeux (l’essentiel n’est pas notre égo, mais de faire ce que Hachem désire!).

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« Un feu continuel sera allumé sur l’autel » (Tsav 6,6)

-> Rachi explique que ce verset nous apprend que le feu des bougies de la Ménora (chandelier), qui est appelé « bougie continuelle » sera allumé à partir du feu de l’autel des sacrifices.
Que vient nous enseigner cela ?

-> Rabbi Moché Feinstein (Darach Moché) de répondre :
Les bougies de la Ménora représentent la lumière de la Thora. Cette étude doit se faire avec amour, joie et enthousiasme.
Seulement, tous ces sentiments doivent imprégner l’homme surtout avant d’étudier, quand on prend conscience de la grande mitsva qu’on va accomplir. Mais l’étude à proprement dite doit se faire avec beaucoup de calme et de sérénité, et pas avec des sentiments d’ardeur, qui risqueraient de mener l’homme à des erreurs de raisonnement.
Ainsi, le feu de la Ménora, qui symbolise le feu de l’étude, doit être allumé à partir de l’autel des sacrifices, qui se situe à l’extérieur du Michkan et plus tard, du Temple. Car cette ardeur doit surtout exister avant de pénétrer à même l’étude, quand on est encore un peu à l’extérieur.