Le Korban Toda (sacrifice de remerciement) était apporté comme moyen pour remercier Hachem après avoir vécu personnellement une délivrance miraculeuse.

Mais si quelqu’un a une vie normale : lui et sa famille sont en bonne santé, bénis en subsistance et en joie, n’en devrait-il pas moins être redevable en remerciements à Hachem pour toute la souffrance dont Il le dispense?

[Rabbi El’azar Mena’hem Mann Shach]

[ex: au lieu d’attendre des années pour avoir un enfant, tu l’as eu tout de suite! Soit on se dit c’est la nature, c’est normal ; soit on remercie encore davantage D. de ne pas nous avoir fait attendre longtemps en souffrances!

=> On doit certes remercier Hachem lorsqu’Il nous sort de galère, mais nous devons encore plus le remercier lorsque tout va bien!]

« Un feu continuel brûlera sur l’Autel (mizbéa’h), il ne devra pas s’éteindre » (Tsav 6,6)

-> C’est une ségoula pour échapper aux mauvaises pensées, que de réciter ce verset, qui est en hébreu : « éch tamid toukad al amizbéa’h lo ti’hbé ».

Ce conseil a été transmis à rabbi Moché Cordovéro, par Eliyahou haNavi lui-même, mais dans sa grande humilité, il a choisi de cacher cette source.
[le Chla haKadoch]

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Selon le Ktav Sofer, on peut trouver une allusion à cela dans le verset lui-même :
-> « un feu continuel brûlera sur l’Autel » = l’Autel symbolise l’homme, car c’est avec la poussière de la terre, issue de l’endroit même du mizbéa’h, que D. façonna l’être humain.
Et sur cet Autel incarné par l’homme, « un feu [ardent d’enthousiasme, de désir de respecter les mitsvot] brûlera » …

Lorsqu’une personne veut se purifier, D. la soutient et l’encourage dans cette voie, et lorsqu’elle se sanctifie ici-bas (un feu de sainteté brûlant en elle), on la sanctifie depuis les Cieux, avec le feu de l’Autel (mizbéa’h) céleste.

[ainsi, dans le cas d’une mauvaise pensée, si le feu de désir de pureté ne s’éteint pas, alors D. nous viendra en aide en amenant un feu qui va consumer ces mauvaises pensées!]

« [L’offrande de farine] est éminemment sacrée (kodech kodachim – קֹדֶשׁ קָדָשִׁים), comme l’offrande de faute (‘hatat) et l’offrande de délit (acham)«  (Tsav 6,10)

-> La guémara (Yoma 86b) nous enseigne que lorsqu’une personne fait téchouva par amour pour Hachem, ses fautes ne sont pas seulement effacées, mais elles sont transformées en mérites.

Ainsi, concernant ces sacrifices apportés pour expier les fautes, la Torah écrit :
– « kodéch » (saint) = le korban purifie, efface l’impact de nos fautes ;
– et également « kodachim » = il s’agit des mérites supplémentaires qui viennent s’y ajouter grâce à la téchouva par amour.

[Kli Yakar]

=> La téchouva nous permet de passer en un instant, de tout sale spirituellement, à tout pur et pleins de mérites! Du statut de pécheur à celui de « éminemment sacré »!
D’ailleurs, selon la guémara (Béra’hot 34b), la téchouva élève tellement que : « Les justes parfaits ne peuvent se tenir où se tiennent les repentis ».

« Ordonne à Aharon et à ses fils en disant : « Voici la règle de l’offrande d’élévation (holocauste)«  (Tsav 6,2)

-> « En disant » = selon le midrach, c’est une allusion au fait que la lecture orale du passage relatif à ce sacrifice revêt elle-même un grande importance.
Le ‘Hafets ‘Haïm commente que de la même façon que l’effet néfaste des fautes peut être corrigé par le biais des sacrifices, la Torah elle-même peut amener leur réparation par le biais de son étude.

-> « Lorsqu’un homme, dans une synagogue ou une maison d’étude, évoque verbalement les passages des sacrifices (korbanot) et du service sacerdotal, et qu’il les prononce avec attention, une alliance est scellée à son sujet, stipulant que les anges chargés de mentionner ses démérites pour le tourmenter ne pourront lui faire que du bien. »
[Rabbi Krouspédaï – Zohar – Vayéra 100a]

-> Le passage de la prière du matin : « ézéou mékomane » contient l’essentiel des lois relatives aux sacrifices.
Or, la guémara (Ména’hot 110a) rapporte que toute personne qui étudie les lois relatives aux sacrifices [‘hatat (péché), acham (faute), …], est considérée comme avoir fait un tel sacrifice.

-> Dans la guémara (Méguila 31b), Avraham demande à Hachem qu’est-ce qui permettra d’expier les fautes des juifs, lorsque le Temple et ses sacrifices n’existeront plus?

Hachem lui répondit : « J’ai déjà prévu un texte traitant des sacrifices. Que mes enfants le lisent et Je leur compterai comme s’ils avaient fait des sacrifices quotidiens et leur pardonnerai toutes leurs fautes. »

« Un feu permanent (éch tamid) sera entretenu sur l’autel, il ne devra pas s’éteindre » (Tsav 6,6)

-> On a : « un feu permanent … sera entretenu … ne devra pas s’éteindre. »
Selon nos Sages cela met en avant l’importance de traduire une inspiration en une action, et de tout faire pour garder en nous ce feu qu’elle a allumé, le temps passant.

-> Le Rabbi de Loubavitch, rabbi Ména’hem Mendel Schneerson explique ce verset :
« Dans chaque homme existe un autel : le cœur.
C’est en lui que brûle le feu de l’amour de D.

Souvent ce feu ne brûle pas au grand jour, mais couve sous les braises, invisible, et pourtant existant.
C’est à l’homme qu’il incombe de ranimer cette étincelle, de raviver la foi enfouie dans son cœur et de la nourrir de « matières inflammables » : la Torah et les commandements.

L’homme se doit donc de préserver ce feu pour qu’une flamme claire illumine sa vie quotidienne. »

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-> « Un feu permanent (tamid) sera entretenu sur l’Autel »

Le livre Likutei basar likutei écrit qu’il faut observer les paroles :
->  » Je fixe en permanence (tamid) mes regards sur Hachem » (chiviti Hachem lénegdi tamid – Téhilim 16,8) ;
-> « qui a le cœur content est en permanence (tamid) en fête (vétov lev michté tamid – Michlé 15,15).

=> Tout juif doit s’assurer que brûle toujours en lui un feu : de émouna et de joie.

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+ « Un feu permanent sera entretenu sur l’autel, il ne devra pas s’éteindre »

-> Le Chla haKadoch dit que de nos jours, notre table à manger est comparé à l’Autel (mizbéa’h), qui est le lieu où toute la famille se retrouve pour célébrer Shabbath, les Yamim Tovim, …
A quel type de feu fait-on référence?

A chaque repas, il doit y brûler le feu de la Torah.
Rabbi Guttman commente que l’idée est que nous ne devons pas nous abaisser aux préoccupations des non-juifs (ex: la politique, le commérage), mais nous devons plutôt élever notre vie quotidienne en y mettant notre Torah de vie!
C’est grâce à ce feu d’amour pour Hachem et Sa Torah, que nous pourrons transmettre le flambeau à la génération suivante. En effet, plus nos enfants remarquent à quel point cela est important à nos yeux, à quel point cela apporte de la joie, du sens (et non un fardeau), plus ils ont envie de suivre ce chemin.

=> Le verset prend alors tout son sens : si tu entretiens toujours ce feu sur l’Autel (à table), alors il ne s’éteindra jamais, puisque tes enfants suivront ton exemple!

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+ « Voici la loi (litt. Torah) de l’offrande de l’élévation (aola – litt. qui monte) : c’est l’offrande d’élévation sur le feu de l’Autel » (Tsav 6,2)

-> De façon plus littérale, ce verset peut être traduit ainsi : « Ceci est la Torah qui monte, elle monte sur le feu de l’autel ».
En effet, la Torah que l’on étudie, pour pouvoir monter dans les Cieux et parvenir auprès d’Hachem, devra être étudiée avec amour, enthousiasme et ardeur.
Cela est en allusion dans ce verset : « Ceci est la Torah qui monte », pour que la Torah puisse monter, il faut qu’elle soit étudiée « sur le feu de l’autel », avec le feu sacré de l’amour et de l’enthousiasme.
[Toré Zahav]

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-> Le midrach (Chir haChirim rabba) nous rapporte l’histoire de ‘Hananya, Michaël et Azarya allant dans la fournaise car ils avaient refusé d’accorder le moindre crédit à l’idolâtrie.

Névou’hadnétsar a ordonné qu’ils soient jetés dans la fournaise ardente, mais au final ils en sont sortis sains et saufs, n’ayant même pas l’odeur de la fumée!
Une importante foule a pu être témoin de cet énorme miracle.

De façon étonnante le midrach demande : Quel est l’élément de kidouch Hachem dans cet épisode?

=> Comment comprendre cette question du midrach alors que 3 tsadikim juifs ont miraculeusement survécu au feu d’une fournaise ardente?

Le rav Eliyahou Dessler nous donne une explication à ce sujet.
Le kiddouch Hachem n’est pas dans l’événement initial, mais dans ce qui va en suivre.
En effet, si un énorme miracle ne produit pas d’effets par la suite, il n’y a pas de kiddouch Hachem.
A l’inverse, une petite action qui produit des effets positifs (Quelle honnêteté, quelle droiture!), est un kiddouch Hachem.

Le rav Dessler dit que la foule a pu voir l’énorme miracle de la fournaise, mais ils ont cependant continué à vivre comme avant, rentrant ensuite chez eux faire de l’idolâtrie.

=> Ressentir une belle inspiration, voir un miracle, cela n’a que peu d’importance, si nous ne transformons pas cela en quelque chose de concret.
Le feu brûle en moi sur le moment, mais après qu’en reste-t-il?

[Tâchons au maximum d’éviter une déperdition entre le : « j’aimerai faire, je devrais faire », et ce qu’on va finalement faire.
Travaillons à conserver l’enthousiasme initial en alimentant dans le temps ce feu interne d’amour pour Hachem.]

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-> Sur ce sujet voir aussi : https://todahm.com/2018/01/02/5950

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+ « Toute l’assemblée des enfants d’Israël se retira de devant Moché. Puis vinrent tous les hommes (kol ich) portés par leur cœur » (Vayakél 35,20-21)

Il y a un passage de « toute l’assemblée » (impliquant l’ensemble des juifs) à « tout homme » (kol ich : le terme ich est un singulier), impliquant que la taille de la foule a fondu.
Pourquoi cela?

Le ‘Hida répond que cela fait référence à une réalité de la vie commune.
Au départ tout le monde a été excité en entendant de Moché ce qu’il fallait faire, mais quand est venu le moment de sortir le chéquier pour contribuer au michkan, beaucoup de personnes se sont refroidis.

L’inspiration initiale ressentie par « toute l’assemblée » sur la construction du michkan s’est dissipée au moment de mettre la main à la pâte.
La construction du Sanctuaire repose alors sur « kol ich », ces quelques personnes restants qui ont réussi à passer du potentiel à la réalité, de leur aspiration à l’action.

[nous sommes souvent plein de bonne volonté dans nos actions, mais à partir du moment où il faut commencer à agir, beaucoup de ces aspirations s’évaporent!]

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-> Selon la loi juive (par exemple : Choul’han Arou’h 180,5 ; Michna Broura 180,11), nous avons l’habitude de recouvrir les couteaux à notre table au moment de réciter le birkat hamazon.

Il y a 2 raisons principales à cela :

1°/ Le métal étant souvent utilisé pour raccourcir la vie, tandis que la table est comparée à Autel du Temple (cf. ‘Haguiga 27a), qui allongeait la vie.
La vision du couteau est incompatible avec l’émotion de notre remerciement à Hachem pour notre repas.

2°/ Nous couvrons les couteaux car une fois une personne disant : « ou’vné Yérouchalayim » (que Hachem reconstruise Jérusalem) s’est alors poignardée, submergée par la tristesse que cela ne soit pas encore arrivé.

[c’est une réaction normale à avoir (au point d’être pris en compte dans la halakha!), c’est nous qui sommes trop apathiques dans notre douleur liée à la perte du Temple]

Concernant la 2e raison, le rav Chatzkel Levenstein demande : en quoi le fait de couvrir les couteaux à table peut-il aider?
Si quelqu’un a beaucoup de peine sur la destruction de Jérusalem au point de se poignarder, en quoi un petit bout de papier/tissu, va-t-il l’en dissuader?

Rav Levenstein répond que la majorité des gens sont paresseux, au point qu’une fois que le couteau est recouvert nous n’avons pas a craindre qu’ils fassent l’effort de le découvrir dans le but de s’en saisir pour se poignarder.

=> Nous avons tous de très belles aspirations, mais leur conversion dans la pratique va malheureusement en éliminer la majorité.
Par exemple, une douleur immense sur la perte de notre Jérusalem, va être réduite à néant par un petit bout de serviette trop fatiguant à nos yeux à retirer.

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+ « Un feu continuel brûlera sur l’autel, il ne devra pas s’éteindre » (Tsav 6,6)

-> Le Séfer ha’Hinoukh (mitsva 132) enseigne :
« Il est bien connu dans notre tradition que les grands miracles que D. dans Sa grande bonté, opère en faveur des hommes sont toujours réalisés de manière voilée.
En effet, lorsqu’on les observe, ils semblent véritablement relever des lois de la nature, ou de s’en approcher tout au moins.

Ainsi, même au sujet de l’ouverture de la mer Rouge, qui fut un miracle évident, le verset précise pourtant : « Hachem fit reculer la mer toute la nuit par un vent d’est impétueux, Il mit la mer à sec et les eaux furent divisées » (Chémot 14). [il était possible de justifier ce miracle Divin, et de la banaliser : c’est normal, il y a eut un coup de vent d’une force rare!]
Toute personne intelligente comprendra que ce voile [placé devant tout miracle] atteste de la grandeur du Créateur, et de la petitesse des créatures.

En vertu de ce principe, la Torah nous ordonne d’allumer un feu sur le mizbéa’h. Or, bien qu’un feu descendit du Ciel à cet endroit, nous y étions cependant tenus afin de dissimuler le miracle. En effet, le feu qui descendait du Ciel n’était pas perceptibles à l’œil humain [car D. réalise pour nous de grands miracles d’une manière voilée]. »

=> Si cela est vrai pour les miracles exceptionnels, combien encore davantage pour ceux qui sont fréquents, dissimulés dans la normalité de la vie!!
Ainsi, si nous n’avons pas « un feu continuel » de émouna qui brûle en nous, alors nous sommes dans l’obscurité et n’avons pas la possibilité de distinguer l’évidence : Hachem fait en permanence pour chacun d’entre nous des miracles!
[ex: si l’ensemble de nos facultés humaines fonctionne correctement, ce n’est pas une normalité des lois de la nature, mais plutôt grâce à la bonté de D. qui à chaque instant recrée le monde!]

[lorsque l’on sait remercier Hachem au maximum pour Sa bonté à notre égard, alors on entretient en nous un feu d’amour pour Lui.
La résultante est : s’il est si bon, alors c’est la moindre des choses que de faire Sa volonté au mieux avec enthousiasme, avec joie! (on est alors capable de sacrifier ses envies, pour celles de D., et ce avec le sourire!)]

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« Il lèvera la cendre que le feu aura consumé » (6,3)

-> On peut voir dans ce verset une allusion dans le Service d’Hachem.
Quand une personne lève la cendre et s’inspire d’elle, en se remplissant d’humilité, à l’image de Avraham qui dit : « Je suis poussière et cendre », alors il méritera d’être « consumé » par le feu sacré.
=> Ainsi, pour mériter d’être enflammé et enthousiasmé dans le Service d’Hachem, pour être empli du feu sacré, il faut commencer par s’emplir d’humilité et de modestie, au point de se voir « comme terre et cendre ».
[Déguel Ma’hané Efraïm]

-> Chaque matin, la 1ere tâche que devait faire le Cohen en entrant dans le Michkan était de retirer les cendres qui se sont accumulées par tous les sacrifices de la veille.
Le ‘Hovot haLévavot explique que la Torah ne voulait pas que la position élevée du Cohen lui monte à la tête, qu’il en vienne à se voir comme meilleur que les autres.
C’est pourquoi sa 1ere mission était de retirer les cendres (regarde la fin de toute animalité!).

-> Rabbénou Yona demande pourquoi est-ce que la Torah juxtapose la mitsva de nettoyer les cendres de l’Autel (téroumat hadéchen), avec celle du Korban Ola (l’offrande de l’élévation).
Il explique qu’une personne doit réaliser que ce qui peut paraître aux yeux humains comme une tâche indigne (ex: faire le ménage sur l’Autel!) est en réalité de la plus haute importance aux yeux de Hachem.
La mitsva de nettoyer l’Autel est introduite par le terme : « tsav » (un commandement Divin) = ainsi même l’acte le plus insignifiant de notre vie de tous les jours, lorsqu’il est réalisé selon la volonté de D. contient une énorme sainteté.
L’offrande d’élévation et le nettoyage, sont des moyens de nous élever spirituellement, de nous attacher davantage avec D., et nous ne devons pas mépriser ce qui semble indigne à nos yeux (l’essentiel n’est pas notre égo, mais de faire ce que Hachem désire!).

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« Un feu continuel sera allumé sur l’autel » (Tsav 6,6)

-> Rachi explique que ce verset nous apprend que le feu des bougies de la Ménora (chandelier), qui est appelé « bougie continuelle » sera allumé à partir du feu de l’autel des sacrifices.
Que vient nous enseigner cela ?

-> Rabbi Moché Feinstein (Darach Moché) de répondre :
Les bougies de la Ménora représentent la lumière de la Thora. Cette étude doit se faire avec amour, joie et enthousiasme.
Seulement, tous ces sentiments doivent imprégner l’homme surtout avant d’étudier, quand on prend conscience de la grande mitsva qu’on va accomplir. Mais l’étude à proprement dite doit se faire avec beaucoup de calme et de sérénité, et pas avec des sentiments d’ardeur, qui risqueraient de mener l’homme à des erreurs de raisonnement.
Ainsi, le feu de la Ménora, qui symbolise le feu de l’étude, doit être allumé à partir de l’autel des sacrifices, qui se situe à l’extérieur du Michkan et plus tard, du Temple. Car cette ardeur doit surtout exister avant de pénétrer à même l’étude, quand on est encore un peu à l’extérieur.

« S’il offre comme offrande de remerciement (תּוֹדָה) » (Tsav 7,12)

-> Le mot en hébreu pour « remerciement » (hodaa), signifie également : « reconnaissance ».

Le rav Yits’hak Hutner explique qu’une expression de remerciement est le fait de reconnaître que nous ne pouvons pas tout faire soi-même, que nous avons besoin de l’aide d’autrui.

-> A ce sujet, le rav Chlomo Wolbe fait une observation intéressante.
Nous n’avons pas de difficulté à lire un journal, un roman ou une autre littérature, et ce pendant une longue période.
Cependant, lorsqu’il s’agit de la prière, dès que le Sidour est ouvert, notre esprit se disperse : toutes sortes de plans et de pensées viennent nous distraire, et rendent quasiment impossible de se concentrer.

Pourquoi cela?

Le rav Wolbe explique que la prière nous fait réaliser à quel point nous sommes dépendants de Hachem, et nous ne sommes pas confortables avec cela.
Notre esprit joue alors toutes sortes d’astuces, et créé des distractions pour nous éviter une telle reconnaissance.

Il peut également en être de même avec autrui, car il n’est pas « agréable » et évident de reconnaître notre dépendance à l’autre [cela va à l’encontre de mon « moi je n’ai besoin de personne », de mon égo dominateur].

« Telle est la loi de l’offrande d’élévation » (Tsav 7,37)

-> La guémara (Ména’hot 110a) tire de ce verset que : « quelqu’un qui étudie les lois d’un sacrifice, c’est comme s’il l’apportait en pratique. »

-> Rav Yonathan Eibeshitz explique que selon certains commentateurs (comme le Ramban), le fait d’apporter un sacrifice est une expérience nécessitant de l’humilité, et c’est cela qui expie la faute.

De même, lorsque nous étudions la Torah, il nous arrive de poser des questions utiles pour comprendre, où l’on se sent un peu « bête » (du fait de ne pas savoir).
Nécessitant des moments d’humilité, la Torah expie également nos fautes.