« Car la portion de Hachem [dans ce monde-ci], c’est Son peuple » (Haazinou 32,9)

-> Rav ‘Haïm de Volozhin s’interrogea un jour à propos d’un enseignement du Tana déBé Eliyahou, selon lequel l’un des Attributs de Hachem est qu’ « Il est satisfait de Sa portion ».
Comment peut-on limiter Son domaine à une « portion » alors que tout l’univers est à Lui?

Son maître, le Gaon de Vilna, a répondu à sa question en citant le verset ci-dessus, et il expliqua :
« Hachem est heureux d’avoir choisi Israël pour être Son peuple, et non une autre nation du monde.
Il est heureux de Sa portion, même aux moments où elle décline spirituellement.
Il n’en fait pas moins, alors résider Sa présence divine en son sein. Il reste « avec » elle et ne l’abandonnera jamais, car Il est satisfait de Son choix. »

« Comprenez les années des générations » (Haazinou 32,7)

Que signifie ce verset ?
En fait, chaque génération et chaque période reçoit du Ciel une nouvelle compréhension dans la Torah, qui correspond et qui est adaptée à la nature de la génération.

Les tsadikim et les Sages de chaque période comprennent et diffusent la Torah selon ce qui leur est demandé de comprendre et d’enseigner aux personnes qui vivent dans leur génération.

[ainsi, chaque génération a les meilleurs rabbanim, qui lui transmettent les paroles les plus pertinentes]

[le ‘Hidouché haRim]

« D. protège ceux qui Lui font confiance comme un homme protège la prunelle de ses yeux »

[midrach Tan’houma – Haazinou 32,1
– « Il le protège, Il veille sur lui, le garde comme la prunelle de Ses yeux »]

« La Torah que j’ai donnée à Israël, elle est la vie donnée au monde, tout comme la pluie est la vie donnée au monde quand le ciel distille de la rosée et de la pluie. »

[Rachi – Haazinou 32,2
– « Que mon enseignement ruisselle comme la pluie » – Le Cantique de Moché]

<————–>

-> « Ce n’est pas en vain que vous peinez pour l’apprendre [la Torah] : une grande récompense lui est attachée « car elle est votre vie ». »
[Rachi – Haazinou 32,47]

-> Rabbi Méïr dit : « Quiconque étudie la Torah de façon désintéressée … est appelé ami, bien-aimé, adorateur du Créateur, un homme qui aime les hommes, qui réjouit D. et ses semblables ; la Torah le revêt d’humilité et de crainte. » (Pirké Avot 6,1)

« Souviens-toi des jours antiques » (Haazinou 32,7)

-> « Tant que D. vous inflige des souffrances, rappelez-vous les bienfaits et les consolations qu’Il vous apportera dans le futur. »

[Midrach Raba et Yalkout Chimoni]

-> Le ‘Hafets ‘Haïm disait :
Chacun a des soucis. Il vaut mieux avoir des soucis d’ordre spirituel afin d’être dispensé des soucis matériels, conformément à cet enseignement de Avot de Rabbi Nathan (début du chapitre 20) :
« Celui qui applique les paroles de la Torah sur son cœur, on le préserve des affres de la guerre et de la famine et de tous les soucis d’un être de chair et de sang ; et celui qui n’applique pas les paroles de la Torah sur son cœur, on lui impose les affres de la guerre et les soucis d’un être de chair et de sang ».

-> Le Tana déBé Elyahou compte parmi les Attributs de D. qu’Il est content de Son lot.
Comment peut-on expliquer ce qualificatif au Maître de l’univers, à qui appartient la terre et ce qu’elle renferme?

Rabbi ‘Haïm de Volozine qui posa cette question au Gaon de Vilna, obtenu comme réponse :
« D. est toujours content de Son lot, c’est-à-dire des enfants d’Israël, Il continue à résider parmi eux et Il ne les abandonne pas! »

-> Un jour, le ‘Hafets ‘Haïm demanda à quelqu’un : « Comment allez-vous? », l’autre répondit : « Un léger mieux ne ferait pas de mal! »
Le ‘Hafets ‘Haïm lui rétorqua : « D’où sais-tu que cela ne ferait pas de mal?
D. sait mieux ce qui est bien pour toi. Il est clément et miséricordieux. Il veut et Il peut donner plus. A l’évidence, si cela ne va pas mieux, c’est très bien ainsi ».

« Lorsque les enfants d’Israël échangent leur foi contre des sottises et des coutumes non-juives qui leur paraissent plus importantes que les commandements éternels de la Torah, ils sont attaqués et pourchassés par des peuples qui perdent leur aspect humain et les haïssent de façon irrationnelle. »

[le Avnei Azel (1897-1943) – Rabbi Alexander Zoucha Friedman (auteur aussi du Maayana chel Torah) – commentaire sur Haazinou (32,20) ]

« Que mon enseignement s’infiltre/tombe comme la pluie ; que coule ma parole comme la rosée » (Haazinou 32,2)

-> Le Rabbi Bounim de Pischis’ha a dit :
« Les paroles de Torah ressemblent à la pluie : au moment où elle tombe, on ne voit pas encore son effet sur les plantes.
C’est lorsque le soleil fait une apparition derrière les nuages et éclaire la terre qu’on constate l’influence de la pluie.

De la même façon, bien qu’au moment où on écoute les paroles de la Torah, on ne remarque pas immédiatement leur influence, elles finissent par faire leur effet. »

-> Le Midrach Sim’ha écrit aussi :
« La Torah ressemble à la pluie.
Tout comme l’effet des précipitations n’est pas immédiatement visible, les récoltes dont elle favorise la maturation n’étant recueillies qu’à terme, de même l’effet de l’étude de la Torah n’est-il pas aussitôt perceptible. »

-> Nous trouvons un verset explicite à ce sujet (Yéchayahou 55,10) :
« Comme la neige et la pluie, une fois descendues du ciel, n’y retourne pas avant d’avoir humecté la terre, de l’avoir fécondée et fait produire … ainsi est Ma parole : une fois sortie de Ma bouche, elle ne revient pas à vide sans avoir accompli Ma volonté et mené à bonne fin la mission que Je lui ai confiée ».

-> Le Gaon de Vilna fait remarquer que même si la pluie tombe uniformément sur le sol, le profit qu’elle procure dépend du lieu où elle se déverse.
Si l’on plante du blé, elle le fera pousser ; mais si l’on fait pousser une plante vénéneuse, c’est son poison qu’elle favorisera.
Il n’empêche que ses fonctions bénéfiques la font considérer comme fondamentalement bonne.

Il en est de même de la Torah, qui a le pouvoir de faire progresser ce que contient notre cœur.
Si nous l’étudions dans de bonnes dispositions, elle développera notre caractère positivement.
Mais celui qui l’approfondit en la décriant, en fait un usage perverti et en devient indigne.

C’est ce que nous apprend le verset : « … les justes y marcheront, mais les pécheurs y trébucheront » (Hochéa 14,10).