« Haazinou hachamayim va’adabéra » (Ecoutez, cieux! Je vais parler! – Haazinou 32,1 – début du cantique de Moché)

-> « Haazinou » (écoutez) = cette paracha contient 613 mots, correspondant aux 613 mitsvot.
Chaque mot fait allusion à un commandement.

-> « hachamayim va’adabéra » (השמים ואדברה) = cette expression a une valeur numérique de : 613.

« Ce n’est pas un enseignement vide pour vous. C’est votre vie! Grâce à qui, vous vous maintiendrez longtemps sur la terre que vous occuperez après avoir traversé le Yarden » (Haazinou 32,47)

-> Le Méam Loez commente :

«  »Ce n’est pas un enseignement vide pour vous » = il n’y a rien de vide dans la Torah ; tout ce qui y est écrit contient des secrets sublimes.
De plus, s’il vous semble qu’un enseignement de la Torah est vide de sens, sachez que ce vide [de compréhension] est en vous.

« Grâce à [la Torah], vous vivrez longtemps » = même si vous ne saisissez pas ses secrets, l’étude prolongera vos jours, comme il est écrit : « Ils sont la vie pour ceux qui les prononcent ».
[…]

« C’est votre vie » = grâce à la Torah, vous êtes appelés « vivants » même après votre mort.
Certains commentateurs expliquent ainsi le verset : « Ne pensez pas que votre service de D. sera vain un jour! Il est votre vie, et grâce à lui, vous vous maintiendrez longtemps … Vous recevrez une récompense dans ce monde-ci et dans le prochain. »
[« Il (l’homme) peine dans ce monde (pour la Torah), et sa Torah peine pour lui autre part (dans le monde à venir) » (guémara Sanhédrin 99b)]
[…]

Voici une autre explication du verset : « C’est votre vie pour que vous jouissez de la récompense dans ce monde. Grâce à lui, vous vous maintiendrez longtemps = car la Torah est différente des autres sagesses : vous profiterez de sa récompense même lorsque vous serez vieux. Vous seuls l’avez méritée pour qu’elle vous procure constamment un profit, de votre jeunesse à votre mort.
[…]

« C’est votre vie! » = si vous instruisez vos enfants afin qu’ils observent la Torah, vous serez considérés comme vivants.
En effet, quiconque laisse après lui un fils tsadik et intègre dans ce monde-ci, c’est comme s’il n’était pas mort …
[De plus,] vos jours ne seront pas raccourcis, au contraire, grâce au mérite d’avoir enseigné la Torah à vos enfants, vous vous maintiendrez longtemps, comme il est écrit : « la crainte de D. ajoute des jours ».

Les mots : « ki lo davar rék hou mikèm » (כִּי לֹא דָבָר רֵק הוּא מִכֶּם – ce n’est pas un enseignement vide pour vous – 679) ont une valeur numérique équivalente au mot : « guématriot » (גימטריות – valeurs numériques – 678 + 1 du kollel).
Cela nous apprend que les interprétations de la Torah à partir des valeurs numériques ont elles aussi une grande importance.

Les 248 mitsvot positives correspondent aux 248 membres de l’homme, et les 365 mitsvot négatives à ses 365 tendons.
Chaque mitsva donne vie et santé à un membre.

Ainsi, le verset recommande-t-il d’observer avec soin toutes les paroles de cette Torah sans omettre une seule mitsva. Pourquoi?
« Car ce n’est pas un enseignement vide pour vous » = Il n’existe pas, dans la Torah de chose qui ne corresponde pas à l’un des membres ou des tendons de votre corps.
« C’est votre vie! » = chaque mitsva donne la vie à l’un de vos membres.
Ainsi, « grâce à lui, vous vous maintiendrez longtemps. »
[…]

Si un juif ne connaît pas la Torah, on ne peut pas simplement dire : « Untel est vide de Torah », car sans Torah le juif est comme une corps sans âme, il est dépourvu de toute vitalité.

Voilà pourquoi le verset dit : « Ce n’est pas un enseignement vide pour vous ».
Pour quelle raison?
Car « c’est votre vie! » = la Torah est votre vitalité ; sans elle votre vie n’en est pas une! »

« [Il] fera expiation sur Sa terre et sur Son peuple » (Haazinou 32,43)

Ci-dessous, une partie du commentaire du Méam Loez sur ce verset :

-> Dans le midrach, nos Sages enseignent : Rabbi Méïr disait : « La terre d’Israël fait expiation pour quiconque y habite comme il est écrit : « Le peuple qui y habite voit sa faute levée » (Yéchayahou 33) … »
Le verset : « [Il] fera expiation sur Sa terre et sur Son peuple » vient nous préciser que c’est D., Lui-même, qui pardonne les fautes des juifs habitant en terre sainte.

-> Rabbi Méïr disait : Quiconque habite en terre d’Israël, lit le Shéma matin et soir et parle hébreu a une place au monde futur », car la reconnaissance de l’unité de D. se réalise principalement en terre d’Israël.

Nos Sages ajoutent : « Quiconque est enterré en terre d’Israël est comme enterré sous l’autel … »
Adam a été formé à partir de la terre prise à l’endroit de l’autel car c’est là qu’il obtiendra l’expiation pour ses fautes.

Lorsque nos Sages disent : « Quiconque est enterré en terre d’Israël est comme enterré sous l’autel », il s’agit du cas où un homme est mort avant d’avoir eu le temps de se repentir. Dans ce cas, la terre fait expiation pour lui comme s’il était enterré sous l’autel et comme si tous les sacrifices offerts venaient expier ses fautes.

-> Nos Sages disent : « Quiconque parcourt 4 coudées en terre d’Israël, toutes ses fautes lui seront pardonnées » …

-> Rabbi Yéhouda dit : « Heureux le sort de l’home qui a mérité de s’installer en terre sainte de son vivant! Quiconque a mérité de s’attacher à la terre d’Israël ici-bas méritera de s’attacher la terre d’Israël d’En-Haut après sa mort. »

De quiconque n’a pas eu ce mérite mais a été amené en terre sainte après sa mort pour y être enterré … l’âme de l’homme mort en diaspora le quitte dans le domaine des non-juifs alors que son corps entre dans le domaine de la terre d’Israël. C’est comme s’il profanait les choses saintes et sanctifiait les choses profanes.

-> « Quiconque a mérité que son âme le quitte en terre d’Israël, ses fautes lui sont pardonnées et il mérite de s’attacher à la Présence Divine, comme il est écrit : « [Il] fera expiation sur Sa terre et sur Son peuple »
Si de plus, il a acquis des mérites pendant sa vie, l’esprit saint reposera sur lui. »

-> Le Sifri rapporte que si un juif est assassiné par un non-juif, cela expie ses fautes au monde futur.

« Je fais mourir et Je donne la vie » (Haazinou 32,39)

-> « Les hommes qui naissent sont voués à la mort, et les morts sont voués à la résurrection »
[Rabbi El’azar Hakappar]

La résurrection doit nécessairement être précédée de la mort.
Pour la génération qui vivra à l’époque de la résurrection (suite à la venue du machia’h), la séparation de l’âme de leur corps se fera sans aucune souffrance. De plus, cette génération mourra pour un instant seulement : elle ressuscitera immédiatement après la mort.

« Je fais mourir et Je donne la vie » = cela veut donc dire que Hachem opérera ces 2 actes radicalement opposés en un seul.

[compilation personnelle du Méam Loez sur ce verset]

« Son oeuvre est parfaite, car toutes Ses voies sont justice. D. de fidélité et sans iniquité, Il est juste et droit » (Moché rabbénou – Haazinou 32,4)

-> « L’homme ne voit qu’une partie des événements et c’est pourquoi il a du mal à les comprendre.
S’il voyait les œuvres de D. du début à la fin, il constaterait que tout est juste.

Notre verset exprime cette idée :
– « Son oeuvre est parfaite » = Ne voyez pas les choses telles qu’elles sont! Il peut vous sembler que le monde est désordonné, mais ce que vous voyez n’est qu’une petite partie de l’oeuvre de Hachem.
Si vous pouviez en contempler l’ensemble, vous sauriez que tout est juste et équitable

– « D. de fidélité » = ses pensées [Divines] n’étant pas semblables aux vôtres [Humaines], cette idée n’est pas perceptible par les sens mais seulement accessible par la foi en Ses paroles, en Sa promesse de récompense et punition.
Grâce à cette foi, vous parviendrez à comprendre qu’il n’est aucune iniquité devant D. »

[le Méam Loez]

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+ « Son oeuvre est parfait »

-> Le rabbi Chimon de Yéroslav a vécu très longtemps, et ses élèves lui ont demandé à quoi il attribuait sa longévité.
Leur rabbi leur a répondu : « J’ai toujours accepté avec amour et je n’ai pas protesté contre ce que faisait Hachem.
Car il est clair comme le soleil que tout ce que fait Hachem est justifié et bon, mais quand l’homme se plaint et pose des questions, on le fait monter au Ciel (lui reprenant alors la vie!) et on lui montre : « Regarde, tout est bon et juste … »
Moi, je ne me plains pas, c’est pourquoi on ne me fait pas monter pour discuter de la justice de Hachem (me laissant en vie dans ce monde!).

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+ « Son oeuvre est parfait »

-> On raconte sur le ‘Hazon Ich, qu’un jour quelqu’un est venu le trouver pour poser des questions sur la Providence Divine, en rapport avec la Shoa.
Le ‘Hazon Ich lui fit remarquer : « Celui qui ne connaît pas la couture et voit un tailleur qui coupe et déchire un tissu pense qu’il abîme le tissu, alors qu’en réalité, il prépare simplement un vêtement neuf. »

-> Selon le rabbi Chlomo Kluger, on ne pourra jamais comprendre pourquoi Hachem a agit de telle ou de telle façon à moins qu’Il ne « découse » toute la Création, c’est-à-dire qu’il défasse tout, pour montrer la Création du début jusqu’à la fin, et qu’Il explique chaque acte séparément : avec son but, sa raison d’être, et quelles sont ses conséquences.

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+ « Toutes Ses voies sont justice »

-> Rabbi Israël Salanter enseigne :
« Quand les autorités veulent punir un homme de sa faute, on le juge uniquement lui-même, et même si sa famille et ses proches sont appelés à souffrir du verdict, cela n’empêche pas de le condamner sévèrement.
Mais il n’en va pas de même de Hachem, qui avant de punir le pécheur regarde ses proches, et si quelqu’un risque d’en pâtir, alors Il examine si celui-ci a mérité cette souffrance.
En effet : « toutes ses voies sont justes » = que ce soit en ce qui concerne celui dont on parle ou ses proches, c’est un « D. de vérité, sans iniquité » = car chacun ne recevra que le châtiment qu’il a mérité, et pas plus. »

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+ « Toutes ses voies sont justes, un D. de confiance en qui il n’y a pas d’injustice »

-> Le rav Yaakov Neiman (Darké Moussar) enseigne :
Pour croire en D. qui a créé le Ciel et la terre, il n’y a pas besoin d’une sagesse extraordinaire, car c’est une chose que l’intelligence la plus ordinaire peut comprendre.
Le grand test de la foi est justement quand on voit des choses apparemment étonnantes, alors que les questions et les doutes s’agitent dans l’âme.
Si à ce moment-là, l’homme fait abstraction de tous ses doutes et croit fermement dans le Créateur du monde, il est arrivé au niveau de foi exigé.
En effet, la véritable exigence envers l’homme est de croire qu’il n’y a pas d’injustice, alors que se révèle aux yeux ce qui apparaît comme une terrible injustice, incompréhensible.
[…]
Il n’est pas dans la possibilité d’un être de chair et de sang de comprendre les voies de Hachem, qui dépassent notre entendement. [rester à sa place d’humain, et avoir D. à Sa place de notre Créateur, de l’Unique]
Nous devons seulement croire que : « toutes Ses voies sont justes, un D. de confiance en qui il n’y a pas d’injustice. »

« Car la portion de Hachem [dans ce monde-ci], c’est Son peuple » (Haazinou 32,9)

-> Rav ‘Haïm de Volozhin s’interrogea un jour à propos d’un enseignement du Tana déBé Eliyahou, selon lequel l’un des Attributs de Hachem est qu’ « Il est satisfait de Sa portion ».
Comment peut-on limiter Son domaine à une « portion » alors que tout l’univers est à Lui?

Son maître, le Gaon de Vilna, a répondu à sa question en citant le verset ci-dessus, et il expliqua :
« Hachem est heureux d’avoir choisi Israël pour être Son peuple, et non une autre nation du monde.
Il est heureux de Sa portion, même aux moments où elle décline spirituellement.
Il n’en fait pas moins, alors résider Sa présence divine en son sein. Il reste « avec » elle et ne l’abandonnera jamais, car Il est satisfait de Son choix. »

« Comprenez les années des générations » (Haazinou 32,7)

Que signifie ce verset ?
En fait, chaque génération et chaque période reçoit du Ciel une nouvelle compréhension dans la Torah, qui correspond et qui est adaptée à la nature de la génération.

Les tsadikim et les Sages de chaque période comprennent et diffusent la Torah selon ce qui leur est demandé de comprendre et d’enseigner aux personnes qui vivent dans leur génération.

[ainsi, chaque génération a les meilleurs rabbanim, qui lui transmettent les paroles les plus pertinentes]

[le ‘Hidouché haRim]