« Faites le relevé de toute la communauté des enfants d’Israël » (Bamidbar 1,2)

-> Rachi (v.1,1) : « Du fait de l’amour d’Hachem pour Israël, Il les compte à chaque moment. »
[on compte (et recompte) ce qui est cher, ce qui a de la valeur à nos yeux! ]

De plus, Rachi rapporte que du fait de l’interdiction de compter des individus, chacun devait donner une pièce d’un demi-chékel, le représentant.

Le Rabbi de Loubavitch dit que dans un dénombrement, chacun compte pour un. On ne fait pas de différence entre les plus grands et les plus petits.
Par cela, on met en évidence le point le plus profond de sainteté qui réside en chacun. L’intériorité de l’âme de chaque juif est exactement le même pour tous.
Même le juif le plus éloigné de la Torah détient la même étincelle de judaïsme que le plus Saint.

Nos Sages disent que : « Même s’il a fauté, il reste un Israël ».
Ce point intérieur est souvent dissimulé et ne s’exprime pas forcément. Le décompte, qui ne fait pas de différence entre les personnes et qui compte chacun comme un, sert à mettre en évidence cette valeur profonde dont chacun dispose.

=> Par ce décompte, Hachem montre Son Amour pour chaque juif, car Hachem l’affectionne, même s’il est très éloigné, parce qu’il détient cette parcelle qui ne peut en aucun cas se séparer de Lui.
[nous ne devons jamais désespérer, déprimer profondément, car nous avons toujours une valeur interne sublime et Hachem nous aimera personnellement quoiqu’on fasse!]

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-> Le rav Moché Feinstein enseigne que cela est une bonne leçon d’introduction à Shavouot.
Le simple juif risquerait de se dire : « Que suis-je et qui suis-je? Comment, petit comme je suis, pourrais-je avoir une part quelconque dans la Torah? Cela ne me concerne pas! » (je ne suis là que par politesse, pour faire décoration!)

Vient alors ce décompte, montrant que même ce juif simple est égal au plus grand du point de vue de la profondeur de son âme. Il a tout autant de part dans la Torah que le plus grand et ne doit sûrement pas se décourager et baisser les bras!
Chaque juif a de l’importance et possède sa valeur intrinsèque, et il constitue une entité irremplaçable au sein de la communauté juive .

[chacun a des capacités différentes, mais tout le monde a sa part dans la Torah, et est jugé en fonction de l’investissement qu’il met pour la révéler!
Un grand qui exploite peu ses capacités, « vaut » moins qu’un tout petit qui les utilise au maximum!
Ce qui compte n’est pas l’extériorité, mais le cœur débordant d’amour dans la réalité!]

=> En comptant la collectivité, Hachem exprime à quel point individuellement chaque juif compte et est aimé de Lui! A quel point nous sommes tous indispensables pour combattre spirituellement au quotidien dans l’armée Divine, pour révéler Sa grandeur aux yeux de tous!

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-> Le livre de Bamidbar commence par le recensement du peuple juif.
Rachi commente : C’est l’amour qu’Il (Hachem) leur porte qui L’incite à les compter à tout moment.

=> Quel est l’intérêt de compter la même chose encore et encore?

Rabbi Yérou’ham Levovitz (Daat Torah) répond qu’on ne le fait pas pour connaître le total, puisqu’on le connaît déjà, mais parce qu’en comptant on se le rappelle constamment à l’esprit.
Ainsi, pour ainsi dire, le comptage permet de toujours garder dans l’esprit d’Hachem le peuple juif [et la fraîcheur et la plénitude de Son amour à leur égard!]

-> Le livre de Vayikra se termine avec la notion de la dîme des animaux (« le 10e sera consacré à Hachem » – Bé’houkotaï 27,32)

Le propriétaire faisait passer chacune de ses bêtes devant lui, et chaque dizaine était destinée à D.
Cela permettait de se rendre compte de tout ce que D. nous donne, par rapport au peu qu’Il nous demande de Lui restituer (90% c’est pour nous!).
Cela doit développer de la joie et de la reconnaissance d’être juif, d’avoir un papa Hachem qui nous aime et chouchoute tellement!
[nous avons la tendance à se focaliser sur ce que nous reversons (ex: tsédaka), en oubliant le restant!]

Après cette notion, le livre de Bamidbar commence avec le recensement des juifs, qui sont le « troupeau de Hachem ».
Selon le rabbi Shimshon Raphaeël Hirsch, le fait que D. compte chaque juif, témoigne que chaque juif compte, comme un membre unique [et indispensable] de Son troupeau.

A l’approche de Shavouot, nous ne devons pas se dire : moi qui suis si loin du niveau de Moché, suis-je vraiment concerné par le don de la Torah?
La réponse est : oui. Nous avons tous une part unique dans la Torah, une contribution unique à l’Histoire juive.

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+ « Faites le relevé de toute l’assemblée des enfants d’Israël … d’après le nombre de noms (bémispar chémot) » (Bamidbar 1,2)

-> Le ‘Hida (Pné David) fait remarquer que celui qui éprouve de la haine à l’encontre d’une personne se garde naturellement de prononcer son nom, le désignant tout au plus par un surnom ou par des sobriquets.
Or ici, Hachem demande à Moché de recenser les juifs « d’après le nombre de noms » = ils étaient si chers à Ses yeux qu’Il a voulu les compter nommément, et a tenu à ce que cette désignation individuelle éveille et amplifie Son affection pour chacun d’eux.

-> Le Baal haTourim explique que mentionner chaque personne par son nom, cela nous rappelle un des plus grands mérites des juifs lorsqu’ils étaient esclaves en Egypte : ne pas avoir changer leur nom.
Cela a renforcé l’affection que pouvait déjà avoir Hachem pour Son peuple, et par conséquent, Il utilise chaque occasion pour les compter et recompter, comme signe de Son amour pour les juifs.

En ce sens, le rav Yé’hezkel de Kouzmir dit que Hachem nous compte en fonction de nos meilleurs moments de notre vie, et par cela Il garde constamment un amour le plus important à notre égard.

-> Selon le Ramban (Bamidbar 1,45) :
« Si les enfants d’Israël reçurent l’ordre de se faire recenser par Moché et Aharon, c’est parce qu’en se présentant devant eux et en disant son nom, chacun y gagnait mérite et longévité … car Moché et Aharon (les tsadikim de la génération) allaient prier pour lui. »

Ainsi, lorsque Moché et Aharon se présentaient devant la maison de chaque juif (pour les compter), ils posaient leur regard bienveillant sur eux, et ils avaient un tel amour envers chaque juif, qu’ils ont traduit cela en priant pour le meilleur pour cet personne [dont sa descendance!].

=> Ainsi, en plus du fait que la collectivité est importante. Le décompte avait vocation d’apporter une valeur et une importance, une expression d’amour, à chaque individu.
[chaque juif quelqu’il soit a une contribution unique et indispensable à apporter à l’Histoire juive!]

« Faites le relevé de toute l’assemblée des enfants d’Israël selon leurs familles, selon leurs maisons paternelles, par dénombrement des noms, tout mâle selon [le décompte de] leurs têtes » (Bamidbar 1,2)

La paracha de Bamidbar commence par le recensement dans le desert. Lorsque Hachem a demandé à Moché de faire ce comptage, Il emploie le terme : légoulguélotam (selon leurs têtes – לגלדלתם).

-> Le Rama miPano (rav Ména’hem Azaria, un des élèves de rabbi Moché Cordovéro) enseigne que l’utilisation inhabituel de ce terme, vient nous enseigner que lorsque Moché a compté la nation juive, il a regardé chacun des juifs et il a vu par inspiration Divine combien cet individu devra revenir dans ce monde, en tant que réincarnation (guilgoul – גלגול).

Ce concept de transmigration des âmes et de réincarnation, nous apprend que la majorité des personnes dans ce monde ne vive pas pour la 1ere fois, leur âme ayant déjà vécu dans d’autres corps.
Hachem a admis qu’ils n’avaient pas encore atteint la plénitude de leur mission sur terre, et Il a alors décidé de leur donner une nouvelle opportunité de rectifier leurs erreurs et de réaliser ce qu’ils avaient manqué de faire par le passé.

-> Le rav Yissa’har Frand fait remarquer que bien que les profondeurs du concept de la réincarnation sont au-delà de notre compréhension, c’est une notion importante pour nous aider à appréhender des situations paraissant totalement incompréhensibles, comme les tragédies sur de jeunes enfants ou sur des personnes semblant très tsadik.

Nous devons avoir une vision plus large prenant en compte l’ensemble des incarnations de cette personne durant toute l’histoire du monde.
[cela nous est impossible, et nous devons avoir confiance en Hachem!]

Par exemple, la guémara (Guitin 58a) rapporte l’histoire où le fils et la fille de rav Yichmaël ben Elicha, ont été pris en captivité et ensuite vendus à 2 maîtres non-juifs différents.
Par la suite, ces 2 propriétaires se sont rencontrés et en discutant ils ont chacun fait l’éloge de la beauté exceptionnelle de leur esclave respectif.
C’est alors qu’ils ont élaboré un plan de les faire s’accoupler, de sorte que les maîtres puissent profiter de la belle progéniture qui serait engendrée par de si beaux parents.
Ils les ont mis ensemble dans dans une pièce sombre, et leur ont annoncé leur projet pour eux.

Puisqu’il n’y avait pas de lumière dans la pièce, aucun des esclaves n’a pu reconnaître l’autre. Ils se sont assis chacun dans un coin, de la chambre, et l’esclave mâle s’est dit à lui même : “Je suis Cohen, et je suis un descendant des Cohanim Guédolim. Comment puis-je me marier avec une simple esclave?”

De même, sa sœur a pensé à elle-même : “Je suis la fille d’un Cohen, une descendant de Cohanim Guédolim. Comment puis-je avoir des relations avec un esclave?”

Ils ont passé la nuit entière à pleurer jusqu’à ce que l’aube arrive, et qu’ils ont pu se reconnaître l’un l’autre. Ils se sont alors enlacés et ont continué à pleurer sur leur situation difficile, jusqu’à ce qu’ils en meurent.

=> Comment ce peut-il que les enfants du grand rav Yichmaël ont dû subir de telles souffrances, et avoir une fin si cruelle?

Le Rama miPano nous aide à y voir plus clair, en expliquant qu’ils étaient en réalité la réincarnation des enfants du roi David : Amnon et Tamar.
Amnon avait un très fort désir pour Tamar, et il a ainsi arrangé les choses pour être seule avec elle, et à ce moment il l’a forcée avec violence à avoir une relation (cf. Chmouël II 13,1-22).
Afin d’expier et de rectifier cette faute, Hachem les a renvoyés dans ce monde, les plaçant dans une situation similaire, où au lieu de céder à la tentation, cette fois-ci ils sont restés forts et ont sanctifié le Nom Divin.

=> Ainsi sans cette donnée, la situation peut nous sembler être une terrible injustice, alors qu’en réalité c’est une énorme bonté de Hachem, qui leur permet pour l’éternité d’être propre de cette faute, plutôt que de subir une honte publique éternelle.

==> De même dans notre vie nous vivons de nombreuses situations qui nous paraissent injustes, mais il faut prendre du recul en acceptant que nous sommes la réincarnation de plusieurs vies passées, et que certaines situations peuvent venir réparer pour le passé.
C’est certes désagréable sur le moment, mais pour l’éternité c’est un énorme cadeau que nous fait Hachem.

« Voici les descendants de Aharon et Moché, au jour où Hachem s’adressa à Moché au Mont Sinaï. Et voici les noms des fils d’Aharon … » (Bamidbar 3,1)

-> Ce passage ne mentionne que les fils de Aharon
Rachi explique que ce verset nous apprend qu’enseigner la Torah à un enfant, c’est comme lui donner la vie, comme l’avoir engendré (guémara Sanhédrin 19b).
Ainsi, en enseignant la Torah aux 4 fils de Aharon, Moché est devenu leur père spirituel, tout comme Aharon est leur père biologique.

-> « Tu l’enseigneras à tes enfants » (Vaét’hanan 6,7)
Rachi commente : Il se trouve que les élèves (talmidim) sont très souvent appelés des « fils ».

-> Selon le Ohr ha’Haïm et le Kli Yakar, c’est au mont Sinaï que Moché est devenu leur père, quand D. courroucé par la participation d’Aharon à la faute du Veau d’or, s’apprêtait à détruire sa famille (Ekev 9,20).
Par ses prières, Moché a obtenu qu’Elazar et Itamar soient épargnés.
Rachi commente : « J’ai prié aussi pour Aharon » (Ekev 9,20) = [Moché dit: ] Ma prière a été efficace pour obtenir un demi-pardon : Deux [de ses fils] sont morts (Nadav et Avihou) et deux sont restés en vie [alors qu’il avait été décrété que tous les enfants de Aharon devaient mourir].

-> Rachi rapporte la guémara (Sanhédrin 19b) disant que l’on apprend de ce verset qu’enseigner la Torah à un enfant, c’est comme l’avoir engendré.
Les parents donne à le corps à leur enfant, et celui qui leur enseigne la Torah lui donne sa néchama (âme), puisque la Torah est la néchama du peuple juif.
Loué est celui qui apprend et enseigne aux enfants de son prochain la Torah. Celui qui le fait gratuitement reçoit une récompense qui est doublée.
[dans le : דרך חיים תוכחת מוסר – ל »ו]

-> Un élève est appelé « enfant » de son rabbi, par la sagesse qu’il reçoit de son rabbi.
Nous voyons d’ici l’énorme pouvoir de la parole [de la Torah que l’on enseigne], puisqu’elle a la faculté de créer des « enfants spirituels ».
[Gaon de Vilna]

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-> « Le fruit du tsadik est un arbre de vie ; et un sage acquiert des âmes » (Pri tsadik éts ‘haïm, vélokéa’h néfachot ‘hakham – Michlé 11,30)

Le Gaon de Vilna commente :
– « Le fruit du tsadik est un arbre de vie » = cela fait référence aux enfants, car si une personne laisse derrière elle des enfants, c’est comme si elle était toujours en vie ;

– « et un sage acquiert des âmes » = cela fait référence aux élèves (talmidim) d’une personne, qui sont un plus grand accomplissement que ses enfants, car les enfants se rapportent au néfech (la force de vie physique au sein d’une personne), tandis que les élèves se rattachent à la néchama (la force spirituelle intérieure qui va la pousser à être attirer vers Hachem et ses mitsvot).

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-> L’homme sans la Torah n’a aucun avantage par rapport à un animal.
Ce n’est que la connaissance de la Torah qui fait une distinction avec les animaux, et qui rend méritant d’être appelé un homme, car la Torah est l’objectif de la Création.
[Maharcha – guémara Sanhédrin 99b]

[Si les parents donne le titre d’être vivant, l’enseignant octroie celui d’homme.
Si les parents permettent la vie physique dans ce monde, l’enseignant permet d’obtenir la vie éternelle]

-> Nous pouvons réaliser des mitsvot uniquement de notre vivant.
Ensuite, cela n’est plus possible et nous n’avons plus la possibilité d’enseigner la Torah.
Cependant, celui qui a le mérite d’écrire de vrais livres, ne s’arrête pas de produire des « enfants » même après sa mort, puisqu’il a des élèves qui étudient la Torah de ses livres.

[le fait de soutenir l’édification/maintient d’une yéchiva, la publication de livres, … sont d’autres moyens permettant d’avoir des mérites éternels!]

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+ Pourquoi est-ce que la Torah ne mentionne-t-elle pas également les enfants de Moché?

-> « Un homme de la maison de Lévi alla et prit une fille de Lévi » (Chémot 2,1)
Le Maharal fait remarquer que les noms des parents de Moché ne sont pas mentionnés. Pourquoi?

Moché était un [être humain] tellement spirituel que sa seule véritable connexion était avec Hachem.
Ainsi, en comparaison aux autres, c’est comme s’il n’avait aucun lien avec un être humain, même ses propres parents ou ses enfants. [Ce qui explique que ses enfants ne sont pas rapportés].
[Béer Moché]

-> Les enfants d’une personne, l’aide à se compléter.
Aharon était grand, mais ses enfants l’ont aidé à atteindre sa plénitude spirituelle (chlémout), et c’est pour cela que la Torah les mentionne pour dresser une image complète de la spiritualité de Aharon.
Cependant, Moché a atteint tout seul sa plénitude spirituelle, et il n’est ainsi pas nécessaire de mentionner ses enfants.
[Tsor haMor]

-> Les enfants de Moché ne sont pas rapportés ici, car ils n’ont pas mérité de prendre part à la sortie d’Egypte, et de traverser la mer Rouge avec le peuple juif. [les rejoignant ensuite avec Yitro et leur mère]
[Rabbénou Zé’haria]

-> Tous les juifs étaient considérés comme les enfants de Moché et de Aharon, car à la fois Moché et Aharon ont enseigné la Torah à toute la nation. En effet, Moché disait une halakha, et Aharon la répétait [au peuple].
En raison de cela, le peuple avait peur d’approcher Moché, posant directement les questions à Aharon.
[Sifté Cohen]

[puisque le lien de proximité n’était pas totalement à l’image de ses propres enfants (ex: peur d’approcher Moché), alors ses enfants ne sont pas mentionnés]

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-> « Voici les descendants de Aharon et Moché » (Bamidbar 3,1)

Rachi constate que la Torah ne mentionne juste après que les descendants de Aharon et non ceux de Moché.
Cela vient enseigner que celui qui apprend la Torah à son prochain, c’est comme s’il l’avait fait naître. Les enfants de Aharon étaient donc aussi enfants de Moché.

=> Mais pourquoi cet enseignement n’a été dit que pour les fils d’Aharon alors que Moché avait appris la Torah à tout le peuple?

En réalité, tout l’intérêt de dire qu’enseigner c’est comme enfanter, dépend du principe selon lequel le fils peut donner du mérite à son père. Ainsi, si un élève dépasse son Maître, il pourra aussi faire profiter de sa grandeur à son Maître parce qu’il est considéré comme son fils.

Or, Moché était plus grand que tout le peuple. Personne ne pouvait donc le dépasser. Le fait que tout le peuple, qui ont appris de lui, soient ses enfants n’avait donc pas d’intérêt, car ils ne pouvaient pas lui faire bénéficier d’une grandeur qu’il n’avait pas.
Cependant, Moché reconnut lui même que Nadav et Avihou, les fils de Aharon étaient plus grands que lui et Aharon. C’est donc à leurs propos qu’il est intéressant de signaler qu’ils étaient comme ses enfants, pouvant lui faire profiter de leurs grandeurs.
[‘Hatam Sofer]

-> Le Sifté ‘Hakhamim enseigne que Moché a reçu l’ordre de Hachem d’enseigner la Torah à toute la nation. Puisqu’il en avait un ordre explicite, il ne pouvait être considéré comme leur ayant donné la naissance en agissant ainsi.
D’un autre côté, il a choisi de lui-même d’enseigner individuellement la Torah aux enfant de Aharon, et pour cette raison ils étaient considérés comme ses enfants.

-> Le Netsiv dit que ce concept où l’on est considéré comme ayant donné naissance à celui à qui on a étudié la Torah, ne s’applique que pour la Torah Orale, qui est l’étude qui fait et créée véritablement une personne.

Moché n’a commencé à enseigner la Torah Orale à l’ensemble de la communauté juive que bien plus tard (« Moché commença à expliquer cette Torah » – Dévarim 1,5), et ceci explique pourquoi à ce moment tous les juifs n’étaient pas considérés comme ses enfants.
Cependant, puisqu’il avait déjà commencé à enseigner en privé la Torah Orale aux enfants d’Aharon, il était déjà considéré comme leur ayant donnés naissance.

« Les enfants d’Israël camperont, chacun sous sa bannière, selon les insignes de leur maison paternelle, à distance et autour du Ohel Moed, ils camperont » (Bamidbar 2,2)

-> Chaque bannière (de 3 tribus) possédait une couleur distincte [et, d’après le Targoum Yonathan, chaque bannière comportait les couleurs des 3 tribus qu’elle représentait]
Chaque tribu possédait également son propre drapeau, doté lui-même d’un emblème illustrant les traits dominants de son caractère.
Le drapeau de chaque tribau était de la couleur de la pierre la représentant sur le Pectoral du Cohen Gadol.
[Rachi]

-> Le midrach (Bamidbar rabba 2,10) enseigne que le campement d’Israël sur terre est la contrepartie de la Cour Céleste où le trône Divin est entouré de 4 groupes d’anges, à l’instar des 4 camps situés autour du Michkan.

-> « C’est des bannières (dégalim) du peuple juif que les nations du monde ont appris à faire des bannières/drapeaux colorés »
[midrach Bamidbar rabba 2,7 ]

-> Au-delà de l’unité, les bannières étaient le signe d’un amour de Hachem pour son peuple : https://todahm.com/2016/06/30/4611

-> « Les bannières ont cessé quand le peuple s’est dispersé à travers tout le pays pour le conquérir et ne campait plus autour du michkan. Par conséquent, la sainteté du camp d’Israël a cessé d’exister. »
[Rachi – guémara Zéva’him 112b]

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-> « Le juste fleurira comme le palmier » (Téhilim 92,13)

« [Le palmier représente le peuple juif car] il ne contient pas de déchets : ses dattes sont mangées, ses feuilles sont utilisées comme loulavim à Souccot, ses branches séchées servent de sekha’h (toit) sur la Soucca, ses fibres sont torsadées pour faire des cordes, ses brindilles sont tressées en paniers et ses longues planches sont rabotées pour en faire des pièces de bois de soutient de la toiture.

De même, Israël ne contient pas de déchets : certains excellent dans la Torah, d’autres dans la michna, d’autre dans la Aggada, d’autres dans l’observance des mitsvot, d’autres dans les bonnes actions. »
[midrach bamidbar rabba]

=> Les bannières mettaient en avant les qualités de chacune des tribus.

D’un côté, il faut suivre l’ordre de campement imposé par Hachem, mais d’un autre côté, chacun se doit d’utiliser au mieux ses particularités dans lesquelles il excelle.
Lorsque chacun est à sa place pour accomplir son rôle, n’empiétant pas sur celle d’un autre, ni ne le jalousant, alors la partition est sublime!

Tout comme chaque juif a une mission unique à remplir, chaque tribu a une tâche particulière à assumer.
L’unité du peuple juif et l’intégralité de ce que Hachem attend de nous ne peuvent être atteintes que si chaque individu remplit sa mission personnelle, sans usurper l’espace ou la tâche d’un autre (ex: par orgueil), car la mission de l’un ne correspond pas au caractère et au potentiel de l’autre.
Les bannières aident, par la visualisation, à se rendre compte de cela.

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-> « Chaque homme selon sa bénédiction, il les a bénis » (Vayé’hi 49,28)

Le Or ha’Haïm haKadoch explique que la façon dont Yaakov a béni chacun de ses fils montre que les bénédictions convenaient à la personnalité et aux actes de chacun car chaque personne a un trait particulier qui la distingue de ses semblables.
Pour certains, ce trait peut être la prêtrise, pour d’autres la royauté, pour d’autres la Torah, la force, la richesse, le succès, …

En bénissant ses fils, Yaakov inspiré par l’esprit prophétique a donné à chacun la bénédiction qui lui convenait en fonction de ses dispositions positives et négatives sans changer leur destinée.

=> Tâchons d’avancer dans la vie sous la bannière du peuple juif qui nous convient le mieux (être réellement soi-même), afin d’enrichir la collectivité par notre individualité.

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-> b’h, Nous allons voir un dvar Torah du Ben Ich ‘Haï (Aderet Eliyahou – Balak 23,10).

Lorsque le peuple d’Israël était divisé selon des bannières, il y avait 4 groupes différents.
Le mot : ישראל a une guématria de 541. Si on le divise par 4, on obtient : 135, ainsi que 1 (représentant le fait que c’est le seul peuple véritablement uni).

Lorsque ces 4 groupes (valeur de 135) se tournent vers l’Unique, il invite le 1, et arrivent à 136, qui est la guématria de : kol (קול).
C’est une allusion au fait que la force d’Israël se tient dans sa « voix » lorsqu’il étudie la Torah (akol kol Yaakov – יעקב קול הקול – Béréchit 27,22).

Il y a 4 groupes de : « kol », comme les 4 niveaux de la Torah : le pchat, le rémez, le drach et le sod.

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+ « Bila’am leva les yeux et vit Israël camper selon ses tribus » (Balak 24,2)

-> « Cela fait allusion aux bannières. Il leva les yeux et dit : ‘Qui est capable de toucher à ce peuple? Ils reconnaissent leurs ancêtres et les membres de leur famille! …
Les bannières étaient à la fois une mesure de grandeur et une frontière pour le peuple juif »
[midrach Bamidbar rabba 2,4]

-> Les 12 tribus étaient répartis en 4 groupes, ayant chacun sa bannière.
Ce système de bannières a été établi par Yaakov, au moment où il a demandé à être enterré en Israël.
Il a alors enseigné à ses enfants l’emplacement de chacun au moment où l’on portera son cercueil.

Lorsque Yaakov a donné ses bénédictions à Ménaché et Ephraïm, il est dit : « II plaça Ephraïm avant Ménaché. » (Béréchit 48,20).
Rachi commente : afin de placer Ephraïm avant Ménaché dans la formation des bannières.
C’est ainsi, que l’on trouve dans notre paracha : « La bannière du camp d’Ephraïm, avec ses légions, occupera le couchant … Près de lui, la tribu de Ménaché. » (Bamidbar 2,18-20)

-> « [Au moment d’établir les bannières, Hachem dit à Moché :] Je ne dis rien de nouveau : leur place dans le camp leur a été attribuée par leur père Yaakov. Ils disposeront leur camp autour du michkan de la même façon que leurs pères se sont placés autour du cercueil de Yaakov pour l’emporter d’Egypte en terre d’Israël ».
[midrach Bamidbar rabba 2,8]

=> La vision des bannières rappelait à chaque juif ses racines et sa généalogie, et cela transmet de la grandeur.
(à la vue de notre bannière, on vient à penser : étant un descendant direct des Patriarches, comment puis-je me comporter ainsi! ; ayant une telle ascendance, c’est sûr que je peux faire de grandes choses dans ma vie!).

Les bannières rappellent que nos désirs égoïstes passent au second plan, et que nos désirs doivent être en accord avec l’objectif commun : témoigner de l’honneur à Hachem.

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-> b’h : Un dvar Torah sur ce sujet : https://todahm.com/2013/10/27/panneau-dinterdiction-de-maudire

+ Qu’est-ce qui est si spécial à propos de ceux qui accomplissent la mitsva de la Chemita? Hachem n’a-t-il pas promis qu’Il augmentera Ses bénédictions pendant la 6e année au point où ils auront suffisamment de nourriture jusqu’à la fin de la Chemita.

Cependant, cela nous montre la pleine mesure et pouvoir du yétser ara dans sa bataille contre l’homme et pour pervertir ses pensées …

Même si un homme possède 3 années de récolte (la 6e année, l’année de la chemita, et l’année suivante où l’on plante avec de récolter), qu’il a conscience de l’énorme miracle de cette bénédiction [Divine], il va quand même regarder son champ qui est en jachère et [se focaliser à] penser combien il est en train de perdre [à cause de la Chemita].

[Rabbi Aharon Kotler – Michnat Rabbi Aharon – Béhar]

=> D’une manière générale, quelques soient les bénédictions dont Hachem nous comble, en tant qu’être humain nous trouverons toujours à nous plaindre, sans apprécier ces bontés énormes.

« Tous les recensements des Lévi’im … chaque mâle âgé d’un mois et au-delà, furent de 22 000 » (Bamidbar 3,30)

=> Pourquoi est-ce que la plus sainte tribu des Lévi’im est également la moins nombreuse?

-> Il est écrit : “à mesure qu’ils l’accablaient ainsi il se multipliait” (Chémot 1,12)
Rachi : Plus ils tourmentaient les juifs, plus ceux-ci se multipliaient.

Ainsi, le Ramban explique que puisque la tribu de Lévi était exempte de l’esclavage en Egypte, ils n’ont pas mérité la bénédiction de donner naissance à 6 enfants en même temps.

-> Le Ohr ha’Haim haKadoch répond que lorsque Pharaon a décrété que tous les bébés mâles juifs soient tués, Amram (le père de Moché et responsable de la tribu de Lévi) a divorcé de sa femme, et le restant des Lévi’im ont suivi son exemple.
Bien que par la suite Amram s’est remarié avec sa femme, il se peut que de nombreux autres Lévi’im n’ont pas procédé de la sorte, et cela a entraîné que leur population était nettement moins nombreuse.

-> Le Beit haLévi suggère que puisque la tribu de Lévi était soutenue par les autres juifs, par le biais de donations de dîme (maaser), Hachem a fait en sorte que leur tribu soit la moins nombreuse pour ne pas accabler le restant de la nation.

[même si Hachem pouvait désirer davantage de juifs étudiant la Torah, cela ne devait pas se faire au détriment des autres juifs qui auraient alors davantage d’efforts à déployer pour venir en aide matériellement à leurs frères Lévi’im]

-> Le Nétsiv (HaEmek Davar) est d’avis que les Lévi’im étaient déjà choisis pour servir Hachem, et ainsi ils étaient jugés avec davantage de sévérité, entraînant que leur nombre global soit réduit en raison de leurs fautes, puisqu’etant punis immédiatement par la peine de mort.

-> Le rav El’hanan Wasserman (Kovetz Maamorim) écrit que Hachem a créé le monde de telle manière que tout ce qui est plus noble est également plus rare [à trouver].
De même que les animaux dépassent en nombre les êtres humains, de même il y avait davantage de non Lévi’im que de Lévi’im.

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-> Compte les enfants de Lévi … à partir de un mois tu les compteras » (Bamidbar 3,15)

=> La fonction des Lévi’im étaient de garder le Michkan. Ainsi, comment un nourrisson de un mois peut-il garder quoi que ce soit ?

Cela prouve que la garde du Michkan n’était pas une garde physique, par des gens physiquement forts, mais c’était spirituel.
Ce n’était pas par la force de leurs corps que les Lévi’im ont gardé le Michkan, mais par leur sainteté et leur grand niveau spirituel. Or, les Lévi’im disposent de ces dimensions déjà dès leur naissance.

[Avné Ezel]

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+ « Par tête » (Bamidbar 1,2)

=> En revanche, pour le compte des Lévi’im, il n’est pas dit qu’il soit fait [un compte] « par tête ». Pourquoi cette différence ?

En réalité, la guémara (Ména’hot 37a) parle de l’existence d’individus qui ont 2 têtes. C’est ce qu’on appelle des siamois.
Seulement, nos Sages disent que ces individus ne peuvent pas vivre plus que 12 mois.

Ainsi, les juifs qui furent comptés à partir de 20 ans, pouvaient être comptés par tête, car ils n’avaient pas le risque d’avoir des siamois. [ne vivant que 12 mois maximum]
Mais les Lévi’im, qui étaient comptés depuis un mois, pouvaient avoir ce risque de compter un bébé avec 2 têtes. C’est pourquoi, il n’est pas dit qu’ils soient comptés par tête, pour ne pas qu’on compte pour deux ce genre de personnes.
[‘Hatam Sofer]

« Depuis l’âge de 20 ans et au-delà, quiconque part pour l’armée en Israël, vous les compterez » (Bamidbar 1,3)

– Selon le Ramban : avant cet âge de 20 ans, l’homme n’est pas suffisamment fort pour affronter l’ennemi.

– Selon la guémara (Baba Batra 121b) : les hommes âgés de plus de 60 ans n’étaient pas inclus dans le dénombrement.

=> Est-ce que ceux qui étaient malades au point de ne pas pouvoir partir à la guerre étaient inclus dans le compte?

-> Le Sifté ‘Hakhamim écrit que les juifs (entre 20 et 60 ans) qui étaient maladies et incapables d’aller à la guerre, étaient quand même inclus dans le compte.

-> Le Gaon de Vilna et le Nétsiv ne sont pas d’accord, et sont d’avis que la capacité de servir dans l’armée était un prérequis pour être inclus dans le recensement, et cela explique pourquoi les mots : « quiconque part pour l’armé », sont répétés constamment en rapportant les détails du recensement.

-> Le Ohr ha’Haïm haKadoch suggère que ces mots ne sont répétés que pour nous apprendre qu’à ce moment tous les hommes au-delà de 20 ans étaient forts, en parfait santé et donc aptes à servir dans l’armée juive. La question ne se posait même pas!