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La force d’une bonne résolution, d’une pensée positive

+ La force d'une bonne résolution, d'une pensée positive :

"Et plus ils les persécutaient, plus ils se multipliaient et plus ils se renforçaient" (Chémot 1,12)

-> Rachi commente : "Dans tout ce qu'ils (les égyptiens) mettaient leur coeur à les opprimer (les Hébreux), Hachem mettait Son coeur à les faire se multiplier et à être plus forts."

-> Le Chem miChmouël (Chémot - 5672) rapporte un enseignement à propos de ce verset concernant la force d’une bonne résolution :
les égyptiens eurent, en effet, à peine résolu d'opprimer les Bné Israël que cela leur fut compté comme s'ils l'avaient déjà accompli, car "chez les idolâtres, Hachem associe la (mauvaise) pensée à l'acte" (et la considère comme un acte avant même sa mise à exécution) comme l'enseigne la guémara Yérouchalmi (Péa 1,1).
C'est pourquoi, dès le début de leur conspiration, Hachem modifia les lois de la nature et conféra aux Bné Israël un nouveau corps afin qu'ils puissent donner naissance à des sextuplés, ce qui ne s'était jamais produit jusqu'alors.
C’est ce qui est écrit : "Plus ils les persécutaient et plus ils se multipliaient et plus ils se renforçaient."

A partir de là, conclut le Chem miChmouël, chacun fera, en ce qui le concerne, un raisonnement a fortiori : si pour une mauvaise pensée comme celle des Egyptiens, Hachem modifia la physiologie des juifs, à plus forte raison un juif deviendra un autre homme tant physiquement que spirituellement dès qu'il prendra une bonne résolution et qu'il décidera, ne fût-ce qu'en pensée, de s'adonner à l'étude de la Torah et de servir Hachem.

La valeur de la prière pendant nos moments difficiles de la vie

+ La valeur de la prière pendant nos moments difficiles de la vie :

"Les Bné Israël gémirent du sein de la servitude et se lamentèrent, et leur plainte monta vers D. du sein de la servitude" (Chémot 2,23)

-> Rabbénou Bé'hayé fait remarquer que le verset mentionne par 2 fois l'expression "du sein de la servitude".
Il écrit :
''Cela nous enseigne qu'il n'existe pas de prière aussi entière que celle d'un homme qui prie du sein des souffrances et des vicissitudes de l'existence, car celle-ci est bien plus accepté par Hachem, comme on trouve chez le prophète Yona (2,8) qui s'exprima en disant : "Quand mon âme, dans mon sein, allait défaillir, je me suis ressouvenu d'Hachem, et ma prière a monté vers Toi, vers ton saint Sanctuaire", en promettant ainsi que la prière prononcée du sein des souffrances et qui émane d'une âme contrite, est la prière qui mérite de pénétrer dans le saint Sanctuaire d'Hachem."

-> Le Ohr ha'haïm enseigne également à ce sujet :
"Tel est le sens du verset : "Du fond de ma détresse, j'ai invoqué Hachem ; et Il m'a répondu, Hachem, dans la largesse" (Téhilim 118,5) = car une des prières les plus acceptées est celle qui est exprimée du sein des malheurs.
C'est ainsi qu'il est dit : "Dans ma détresse j'ai invoqué Hachem" (Yona 2,3), car la prière dans laquelle un homme appelle Hachem du sein de son malheur et de tout son cœur, est celle qui monte immédiatement dans les hauteurs ...

La prière qui provient de la souffrance de l'homme n'est pas comme les autres prières qui ne montent vers Hachem et ne se présentent à Lui qu'à l'aide d'intermédiaires et des créatures ailées chargées de cette tâche (les anges), mais elle monte directement devant le Trône de Gloire sans aucun intermédiaire, et c'est ce qui est écrit : "leur plainte monta vers D. du sein de la servitude" pour suggérer que ce fut grâce au fait que leur plainte vers Hachem était du sein de la servitude qu'elle monta sur le champ devant le Maître du monde."

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-> sujet également abordé dans le divré Torah de Chémot : http://todahm.com/2018/04/21/6392-2

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-> Le 'Hafets 'Haïm disait :
''Pourquoi venez-vous à moi ... répandez votre cœur devant Hachem qui attend vos prières et ne demande qu'une chose : que vous insistiez auprès de Lui sans relâche : "Ceux qui invoquent Hachem, ne demeurez pas silencieux et ne Le laissez pas demeurer silencieux, ne vous taisez pas" (Yéchayahou 62,5-6) ...
Il n'est nul besoin de réciter des requêtes, seulement ce qui pèse sur le cœur.
Lorsqu'un enfant a soif ou faim, il ne cherche pas dans le recueil des requêtes, il pleure avec ses propres mots. Nous aussi, nous devons être comme "le nourrisson pendu au sein de sa mère" (Téhilim 131,2).
Doit-on rechercher des formules toutes faites? On déverse son cœur devant notre Père rempli de miséricorde".

"Un juif ne pleure jamais de désespoir mais toujours d'espérance"
[Nétivot Shalom]

[d'un côté nous devons trouver la possibilité de décharger notre souffrance et de répandre son coeur en un flot de larmes sur nos tourments et ceux du peuple juif, en un temps défini de prières/discussions avec papa Hachem (qui peut tout).
Mais en même temps, on se renforça sachant que les bontés d'Hachem ne se tarissent jamais, et on retrouva ainsi courage. ]

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Lorsque la fille de Pharaon descendit au fleuve afin de s'y tremper, elle y trouva un berceau qui flottait sur l'eau ; "Elle l'ouvrit, vit l'enfant, et voici que le garçon pleurait. Elle fut prise de compassion pour lui et dit : "Celui-ci est un enfant des Hébreux"." (Chémot 2, 6)

=> Pourquoi n'est-il pas écrit : "Elle vit l'enfant et dit : "Celui-ci est un enfant des Hébreux".", mais plutôt : "Elle l'ouvrit, vit l'enfant, et voici que le garçon pleurait. Elle fut prise de compassion pour lui et dit : "Celui-ci est un enfant des Hébreux".", ce qui semble suggérer un lien entre le fait qu'elle reconnut qu'il était un enfant des Hébreux et ses pleurs?

-> Rabbi Mordé'hai 'Haïm de Slonim explique qu'il existe une grande différence et une énorme distance entre les pleurs d'un goy et celui d'un juif : un goy pleure par découragement et par tristesse sur ce qui lui manque, et par désespoir sur ce qu'on lui a pris et qui ne reviendra jamais, alors qu'un juif pleure en ayant l'espoir que son Père céleste ne l'abandonnera pas.
Ce fut ce que la fille de Pharaon perçut dans les pleurs de l'enfant : l'espérance et non le désespoir, d’où le fait qu’elle s’exclama : "Celui-ci est un enfant des Hébreux."

Hachem parla ainsi à Moché : "Va, réunis les anciens d'Israël, et dis-leur : "Hachem, le D. de vos pères m'est apparu, le D. d'Avraham, Its'hak et Yaakov, en disant 'Je me suis souvenu de vous' ...'' ; et ils écouterons ta voix" (Chémot 3,16-18)

-> Rachi explique : "Ils écouteront ta voix", d'eux-mêmes, du moment que tu leur parleras ce langage (פקד פקדתי - pakod pakadti - "Je me suis souvenu"), ils écouteront ta voix, car c'est un signe qui leur a été transmis déjà depuis Yaakov et Yossef, que ce serait par ces mots qu'ils seraient délivrés.

=> Pourquoi précisément ce langage de פקד devait-il être annonciateur de la délivrance et pas un autre?
De plus, pourquoi ce mot est-il écrit dans le verset sans Vav, פקד au lieu de פקוד (bien qu'il se prononce "Pakod" comme si le Vav était écrit)?

-> Le Chla'h haKadoch (§22) explique :
La réponse est basée sur l'enseignement de la guémara (Méguila 13b) : "Hachem fait précéder toujours le mal de son remède."
Suivant ce principe, les lettres du mot פקד précèdent celles du mot צרה [tsara - le malheur] (la lettre צ précède la lettre פ dans l'alphabet, de même pour le ק et le ר), afin de suggérer que le remède précéda le mal.
En d'autres termes, le fondement de la délivrance consiste à reconnaître et à être convaincu qu'un malheur n’en est pas un, mais est une préparation à la délivrance.

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-> b'h, autres commentaires sur cette expression : pakod pakadti : http://todahm.com/2020/03/23/12855-2

"Ceci est Mon Nom pour toujours, et ceci est Ma Mention pour les générations" (Chémot 3,15)

-> Quand on accomplit toutes les mitsvot de la Torah, on unifie et on recompose le Nom d'Hachem (יהוה) dans sa totalité, qui est appelé Mon Nom et Ma Mention.
En effet, le verset dit : "Ceci est Mon Nom" (chémi - שמי) pour toujours". Le terme שמי (de valeur numérique 350) ajouté aux 2 premières lettres du Saint Nom יה de valeur numérique 15), donne la valeur numérique de 365, correspondant aux interdits de la Torah.
Et "ceci est Ma Mention" (zir'hi - זכרי) pour les générations". Le terme זכרי (de valeur numérique 237) ajouté aux 2 dernières lettres du Saint Nom וה (de valeur numérique 11), donne la valeur numérique de 248, correspondant aux commandements positifs.

Ainsi, grâce à l'accomplissement de toutes les mitsvot, on unifie le Nom Divin et on dévoile Sa Présence dans le monde.
[d'après les Tikounim]

Ne pas se décourager, toujours continuer à espérer en Hachem

+ Ne pas se décourager, toujours continuer à espérer en Hachem :

"Dan jugera son peuple ... En Ta délivrance j'ai espéré, Hachem" (Vayé'hi 49,16-18)

-> "Du fait que Yaakov vit Chimchon (qui est de la tribu de Dan), et qu'il pensa qu'il était le Machia'h, lorsqu'il le vit mourir, il s'écria : 'Quoi, lui aussi mourra ?’ En Ta délivrance j'ai espéré, Hachem!"
[midrach Béréchit rabba 98,14]

-> Le Yichma'h Israël explique :
"Car Yaakov vit par esprit prophétique ce qui allait arriver à l'avenir, et il perçut ainsi tous les malheurs, les souffrances et les tribulations qui s'abattraient sur ses enfants. Cependant, lorsqu'il vit Chimchon le valeureux, il se consola en se disant : "Voici le Machia'h, celui qui délivrera les Bné Israël de tous leurs malheurs et de toutes les difficultés qu'ils traversent, à D. ne plaise !"
Mais, lorsqu'il le vit mourir, et qu'il s'avéra que la fin des temps et l'heure de la délivrance n'étaient pas encore arrivés, il ne perdit pas espoir, mais il s'écria : "Je crois d'une foi parfaite que Hachem recherche le bien de Son peuple et que l'heure de la grâce Divine n'a pas encore sonné. J'ai pourtant encore confiance en Ta délivrance, Hachem, j'attends encore que, dans Ta grande miséricorde, Tu les délivres!

La conduite de Yaakov nous donne une leçon de morale et nous enseigne la voie à suivre dans le service d'Hachem et l'attente du salut. En effet, lorsque Yaakov eut connaissance des épreuves qui allaient s'abattre sur ses enfants, et sut qu'elles ne cesseraient de se multiplier avec le temps, la vision de Chimchon l'apaisa, car il pensa qu'il était le Machia'h et qu'Hachem avait mis un terme aux ténèbres.
Pourtant, lorsqu'il le vit mourir, il s'écria : "En Ta délivrance j'ai espéré, Hachem et je ne me découragerai pas !" Et il se renforça constamment avec cette phrase.

Il en est de même pour chacun de nous en période de rigueur Divine, lorsque les malheurs deviennent insupportables et menacent de nous anéantir. Si alors, nous pensons que la délivrance est certainement proche et, qu’à notre grande déception, les malheurs ne font que s'amplifier, il nous incombe de ne pas céder au découragement, de ne pas émettre de grief.
Au contraire, il nous faudra continuer à espérer en pensant de toutes nos forces que la bonté d'Hachem n'arrive jamais à son terme."

-> Puis, le Yisma'h Israël explique, grâce à ce qui précède, la suite du midrach : "Tout est sujet d'espérance, les souffrances sont un sujet d'espérance".
Cela signifie que, même si un homme était persuadé qu’en raison des nombreux malheurs qui le frappent, une aide Divine lui serait envoyée, et que son espérance est ensuite déçue, sa situation n s’améliorant pas, il raffermira ses sentiments et espérera en Hachem, comme l'enseigne la guémara (Béra'hot 32b) : "Espère, et espère encore!"

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-> "Celui qui place sa confiance en Hachem, la bonté l'enveloppera" (Téhilim 32,10)
Le Maguid de Mézéritch enseigne qu'il n'y a dans ce verset ni remède magique, ni bénédiction, ni promesse. C'est purement et simplement une conséquence "naturelle" des choses. Celui qui place sa confiance en Hachem se voit entouré de 'Hessed (bonté).

-> "Je plein de foi quand je parle, si pauvre que j'aie pu être" (éémanti ki adabér, ani aniti méod - האמנתי כי אדבר אני עניתי מאוד - Téhilim 116,10).
Le rav de Kobrin explique :
Un juif doit être plein de foi (éémanti - האמנתי) [il doit avoir confiance] que viendra un temps (meilleur), "où il parlera" (ki adaber - כי אדבר) du passé en se rappelant combien il était pauvre alors (אני עניתי מאוד) .Car au temps de la détresse, il incombe à l'homme d'être confiant que des jours meilleurs viendront où il pourra raconter que les épreuves qu'il subit aujourd'hui font désormais partie du passé, et qu'il pourra ainsi rendre grâce d'en être sorti.

-> Le 'Hafets 'Haïm enseigne que lorsque le Tribunal céleste demandera à chaque homme (quand il quittera ce monde) : "As-tu espéré la délivrance?", cela ne concernera pas simplement la délivrance collective ("as-tu espéré la délivrance du peuple d'Israël" [la guéoula]). Mais, on demandera également à chacun sur les sujets qui le concernent en particulier : "As-tu fait preuve d'une totale confiance en ton Créateur, et dans chaque moment de détresse, as-tu espéré être délivré ?"

L'explication en est la suivante :
L'espérance dont il s'agit ici n'est pas un simple souhait sans être certain que cela se produira, mais il s'agit d'une attente en étant persuadé que cela arrivera.
Tel est le sens profond des paroles du 'Hafets 'Haïm : "As- tu fait preuve d'une totale confiance en ton Créateur", à savoir que l'on exige de l'homme que son bita'ho soit total, sans l'ombre du moindre doute.

-> "Mon âme âme espère en Hachem plus que les guetteurs le matin" (נפשי לה' משומרים לבוקר שומרים לבוקר - Téhilim 130,6)
Le Malbim commente :
"Car un homme qui guette la venue de quelqu'un qui doit le sauver n'est pas certain de sa venue, puisqu'il se pourrait que son "sauveur" meure ou tombe malade et qu'il ne vienne pas. En revanche, celui qui guette l’arrivée du matin est certain qu'il surviendra à l'heure.
Néanmoins, "mon âme qui espère en Hachem" espère encore plus "que les guetteurs du matin". Cela signifie qu'un homme doit espérer en Hachem avec une certitude totale que la délivrance viendra, plus encore qu'il est certain que le jour poindra, le matin venu.

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-> Le Divré Israël (Vayé'hi) enseigne au sujet de l'ordre des 3 dernières parachiot de Béréchit :
Nos Sages enseignent (Sanhédrine 97b) que "tous les limites (kétsin - קיצין [singulier : kéts - limite]) de la délivrance) ont été dépassés et la chose ne dépend plus que de la téchouva (le repentir) du peuple juif".
D'après cela, le Divré Israël écrit qu'on peut dire par allusion que lorsqu'un homme se trouve dans ''Mikèts'' (מקץ - après la limite), lorsque toutes les limites de la délivrance ont été dépassées, son salut se trouve dans "Vayigach" (qu'il "s'approche") d'Hachem et revienne à Lui, et grâce à cela, il accomplira sur lui "Vayé'hi" ("il revivra").

"Vous avez pensé me faire du mal, mais Hachem a pensé pour le bien" (Vayé'hi 50,20)

-> Quand ses frères s'inquiètent que Yossef ne cherche à se venger du mal qu'il a subit, il les rassure. Il leur dit qu'il ne pourrait se permettre de leur rendre du mal puisque même s'ils ont cherché à lui faire du mal, malgré tout, finalement, ils lui ont fait du bien. Pourquoi?
Parce qu'il en est ressorti vice-roi d'Egypte et cela lui a permis de sauver sa famille de la famine qui sévissait dans le monde. En effet, si un homme cherche à faire du mal à son prochain, si finalement il lui fait du bien, même contre son intention première, il n'y aura pas lieu de se venger, car au bout du compte, c'est son bien qui en est ressorti.

Le Rabbi de Loubavitch apprend de là qu'en réalité, il est totalement injustifié de se venger, peu importe la situation. Car en réalité, au bout du compte, toute personne qui fait du mal à son prochain se retrouve exactement dans la même situation que les frères de Yossef.
En effet, tout ce que Hachem fait, c'est pour le bien. Hachem envoie chaque situation à chaque individu pour son bien. Ainsi, même quand un homme fait du mal à son prochain, en réalité seule son intention est mauvaise. Mais l'action en elle-même lui est envoyée par Hachem, par l'intermédiaire de cette personne. Et tout ce qu'Hachem envoie c'est pour son bien.
Ainsi, même s'il ne le voit pas ni ne le comprend pas encore, la réalité est que cet homme lui prépare du bien, même s'il a une mauvaise intention. Certes, dans un premier temps, il pourra en souffrir, comme Yossef a souffert au départ, mais en fin de compte, c'est le bien qui va ressortir. Ainsi, pourquoi se vengerait-il? Pour sa mauvaise intention? Mais convient-il de rendre le mal pour un bien, uniquement parce que l'intention est mauvaise? Mais on ne se venge pas par un acte pour une mauvaise intention!

=> Aussi, celui qui se venge témoigne par là son manque de foi en Hachem. Il pense que cet homme lui fait du mal, comme s'il faisait quelque chose par lui-même ... En renforçant notre foi, nous enlevons la haine et la vengeance de notre coeur.

La émouna permet d’adoucir la Rigueur

+ La émouna permet d'adoucir la Rigueur :

"Elokim parla à Moché et lui dit : Je suis Hachem" (Vaéra 6,2)

-> Rachi : "Il lui parla (sur un ton de) jugement."

-> Le Ohev Israël d'Apta explique que Rachi base son commentaire sur le terme employé dans le verset pour désigner le verbe ‘parler’, וידבר (vaydaber), et la présence du Nom de D., "Elokim", qui, tous deux, suggèrent un ton sévère et la rigueur Divine.
Dès lors, demande-t-il, il y a lieu de s’interroger sur la fin du même verset : "et lui dit Je suis Hachem", dans laquelle le verbe ‘dire’ (vayomer - ויאמר) évoque un ton de douceur et le Nom "Hachem" désigne l’attribut Divin de miséricorde, ce qui semble contredire le début.

Il explique qu’il est écrit dans Eikha (3,38) : "De la bouche du Très-Haut ne sort ni mal ni bien", ce qui signifie que lorsqu’un homme vit un événement malheureux, subit une épreuve ou une situation de détresse (à D. ne plaise), il doit savoir que cela est pour son bien mais que ce bien est dissimulé dans son épreuve et n’est pas révélé au grand jour.

Le Ohev Israël écrit :
"Chaque membre du peuple d’Israël doit posséder la foi que tout provient d’Hachem, est pour son bien et qu’Hachem se conduit avec bienveillance envers Ses créatures et tout particulièrement avec les Bné Israël, Son peuple de prédilection. Même si, pour l’heure, ce bien et cette bonté ne sont pas encore dévoilés, mais voilés et dissimulés, car cet homme n’en est pas encore digne.
Lorsqu’il atteindra cette compréhension et cette émouna intègre, la rigueur qui pèse sur lui s’en verra adoucie.
Et il ne verra alors que le bien et la bonté que le Créateur lui a prodigué à travers ces difficultés."

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-> "Elokim parla à Moché en disant : Je suis Hachem" (Vaéra 6,2)

=> Que veulent dire les mots "Je suis Hachem" et que vinrent-ils apprendre à Moché?

-> Le rav de Liska en apporte une explication en se basant sur ce qu’écrit le Chakh dans son commentaire sur la Torah :
Le Nom Elokim (אֱלֹהִים) a une valeur numérique de 86, tandis que les mots "Je suis Hachem" (אני יהוה) ont, eux, une valeur de 87.
A savoir que Hachem ajoute la lettre א (Aleph qui a pour valeur numérique un) au Nom ‘Elokim’ qui représente la "Midat Hadin" (l’attribut de rigueur), ce qui le transforme en celui d’Hachem (יהוה) qui évoque l’attribut de miséricorde. «

Le rav de Liska dit :
"Le sens profond (de cet enseignement du Chakh), est à mon avis le suivant : lorsque survient une épreuve dans la vie d’un homme (à D. ne plaise), on doit présumer qu’elle est le fait de la rigueur Divine qui s’est abattue sur lui.
Cependant, cet homme devra savoir que rien n’est livré au hasard (à D. ne plaise) mais que tout est l’objet de la Providence du Créateur. Grâce à cette prise de conscience, il adoucira la rigueur qui pèse sur lui et le Nom Elokim (attribut de rigueur) se transformera en "Je suis Hachem" (attribut de miséricorde).
C’est ce que signifie le verset "Je réside avec lui dans l’épreuve, Je le sauverai et Je le comblerai d’honneurs" (Téhilim 91,15), à savoir : lors de toute épreuve, l’homme devra dire que "c’est Hachem qui en a fait ainsi, et non le hasard, à D. ne plaise" (et il dira avec une foi entière qu’Hachem est avec lui dans cette épreuve, parce que celle-ci provient de Lui), et de la sorte, (Hachem assure que : ) "Je le sauverai et Je le comblerai d’honneurs" et son sort se changera en bien.
C’est le sens profond des paroles du Chakh (qu’en ajoutant un à la valeur numérique de Elokim, on obtient celle de "Je suis Hachem") : dans toute épreuve (suggérée par le Nom ‘Elokim’), on prend en compte le ‘Un’, Hachem, en se souvenant que tout vient de Lui (et ainsi, on obtient la valeur numérique de "Je suis Hachem", évocation de la miséricorde Divine)."

D’après ce qui précède, le rav de Liska explique ce que la guémara (Taanit 21a) rapporte à propos de Na’houm Ich Gamzou.
Celui-ci fut surnommé ainsi parce qu’il avait coutume de dire sur tout ce qui lui arrivait : gamzou lé tova (gamzou : ‘même cela’; lé tova : ‘c’est pour le bien).
A priori, on ne peut que s’étonner : parmi les 2 parties de cette phrase, la plus significative de la valeur de ce tsadik n’est pas Gamzou, ‘même cela’, mais plutôt Lé Tova (‘c’est pour le bien’). Dès lors, pourquoi fut-il surnommé : gamzou, si cette expression n’a pas de signification en soi? Il aurait davantage convenu de le surnommer : na’houm ich lé tova.

C’est qu’en fait, explique-t-il, le mot : gam (‘même’) suggère à chaque fois l’ajout de quelque chose. Du fait que Na’houm disait en toute circonstance, ‘Même cela, c’est pour le bien’, et qu’il voyait la Présence Divine dans chaque chose, il ajoutait (suggéré par le mot ‘Gam’) à chaque occasion, le ‘’Un’’ (Hachem) et de la sorte, transformait la valeur numérique de Elokim (qui représente la rigueur) en celle de "Je suis Hachem" (évoquant la miséricorde).

D’après tout ce qui précède, conclut-il, on pourra comprendre le verset de notre paracha ("Elokim parla à Moché en disant Je suis Hachem") : A la fin de la paracha précédente, il est écrit que Moché se plaignit à Hachem en ces termes : "Mon D., pourquoi as-tu rendu ce peuple misérable?" (Chémot 5,22).
=> C’est pourquoi Hachem lui répondit en lui enseignant la manière d’adoucir les décrets rigoureux : grâce à la émouna que cela provient d’Hachem ("Je suis Hachem").

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-> Rabbi Eizik de Kamarna (Zohar 'Haï - Vaéra) écrit :
"Lorsqu’un homme croit sincèrement qu’il n’existe rien au monde en dehors d'Hachem, tous les décrets rigoureux sont adoucis grâce à la lumière de la émouna, et il n’a même plus besoin de crier vers Lui.
Car par le mérite de la confiance en D. et de la foi, la bonté d’Hachem se dévoile sur le champ."

-> D’après cette explication, Rabbi Eizik donne une nouvelle lecture du verset : "Moché retourna vers Hachem et dit : Mon D. pourquoi as-Tu rendu ce peuple misérable ? Dans quel but m’avais-Tu envoyé?" (Chémot 5,22).
En effet, Moché demanda à Hachem: "pourquoi as-Tu rendu ce peuple misérable" parce qu’il savait que l’aggravation de la servitude provoquait un affaiblissement de leur émouna. Or, un manque d’émouna leur ferait perdre leur mérite d’être délivrés.
Dans ces conditions (où leur émouna faisait défaut), "dans quel but m’avais-Tu envoyé", dans celui de me faire faire des efforts en vain, car sans émouna, la délivrance tant attendue ne pourrait survenir.

-> "Et vous saurez que c’est Moi Hachem votre D. qui vous ai fait sortir de la servitude d’Egypte" (Vaéra 6,7)
Le Sfat Emet (année 5634) explique : cette connaissance (la émouna), "vous saurez que c’est Moi Hachem", est celle qui libère l’homme de sa peine, de ses asservissements et de ses épreuves.
[quelques soit les rigueurs qui sont prévus, grâce à notre émouna on peut les adoucir, au point d'en être finalement délivrés. ]

-> "Moi aussi, j’ai entendu la plainte des Bné Israël qui sont asservis par les égyptiens. C’est pourquoi parle ainsi aux Bné Israël : Je suis Hachem" (Vaéra 6,5-6)
L'Admour de Kalov enseigne :
Hachem dit à Moché : "J’entends qu’ils crient que les égyptiens les asservissent, néanmoins, Je ne les entends pas dire que leur souffrance et leur peine proviennent de la main d’Hachem, et telle n’est pas la voie qui peut conduire à la délivrance. Par conséquent, "parle aux Bné Israël" afin qu’ils disent : "Je suis Hachem". Car, comme on le sait, parler de la émouna constitue un moyen extraordinaire de l’enraciner dans le coeur, et grâce à elle, les Bné Israël méritèrent d’être délivrés de leur servitude."

[ ainsi, l’essentiel du travail de l’homme dans ce domaine est de ne pas perdre ses moyens lorsque surgissent les difficultés et que la Présence divine se voile. Car faire preuve de bita'hon est la meilleure 'arme' pour détruire la Rigueur qui plane sur nous. ]

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-> également sur ce verset (Vaéra 6,2) : http://todahm.com/2018/03/04/6246-2

Yaakov a pourvu aux besoins de Yossef pendant 17 ans (âge où il a été vendu - Vayéchev 37,2), et en compensation de cela, Yossef a rendu à Yaakov toutes les bonnes choses qu'il avait reçues de lui pendant 17 années. [durée qu'il passa en Egypte après avoir retrouvé Yossef, avant de mourir]
Sans cela, il est possible que Yaakov aurait pu vivre moins d'années si ce n'est que pour que [son fils] Yossef ait le mérite de lui rendre ces années de biens.
[Ohr ha'Haïm haKadoch - Vayé'hi 47,28]

[certes les parents donnent beaucoup à leurs enfants, mais au Ciel on donne aussi aux parents par le mérite de leurs enfants. ]

Etre joyeux = une prérequis pour accéder à la sainteté

+ Etre joyeux = une prérequis pour accéder à la sainteté :

-> "Yaakov vécut dans le pays d'Egypte 17 ans ; la durée de la vie de Yaakov fut donc de 147 années" (Vayé'hi 47,28)

-> "Hachem dit à Yaakov : "ton nom Yaakov ne sera plus Yaakov, mais Israël"" (Vayichla'h 35,10)

=> Comment comprendre que la Torah l'appelle encore Yaakov de nombreux versets après annoncer que désormais il s'appelle : Israël?

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch (v.47,28) enseigne :
"Le nom de Yaakov est l'essence même de son âme et donc on ne peut le déraciner de son nom, par conséquent, il sera toujours nommé avec 2 noms (certaines fois Yaakov et certaines fois Israël)
Mais nous devons comprendre la raison pour laquelle parfois ils sera nommé Yaakov et parfois Israël.

Yaakov a toujours aspiré à atteindre des niveaux de sainteté extraordinaires et afin d'y arriver il fallait qu'il retire de lui toutes sortes de tristesse, de mélancolie et d'inquiétude. C'est la condition essentielle afin d'y accéder. La Sainteté est le fruit de la joie et de la sérénité intérieure.
Lorsqu'il atteignait ces niveaux il était surnommé Israël sitôt qu'il s'en écartait il était appelé Yaakov ...

[A l'image du Shabbath, où nous recevons une âme supplémentaire provenant d'un endroit spirituellement très élevé,] Hachem a octroyé [en permanence] à Yaakov une nouvelle âme très élevée qui porte le nom "Israël" et son lieu de résidence [à cette nouvelle âme] se trouvant en lui pendant toute la période où il ne montra aucun signe d'inquiétude ou de tristesse.

Sitôt que cette vertu disparaîtra de lui, alors cette partie âme supplémentaire qu'il a reçu le quittera. De la même manière que dès que se termine le Shabbat, l'âme supplémentaire [que nous recevons la veille de Shabbat] nous quitte, et à ce moment-là il ne sera pas surnommé Israël, car ce surnom qui indique la grandeur supplémentaire l'a quitté, ne se trouve plus. Il sera alors surnommé Yaakov.

Cette âme supplémentaire, spirituellement élevée, reviendra par une nouvelle préparation et par un nouveau travail spirituel, de la même manière que l'âme supplémentaire revient sur chacun d'entre nous de Shabbat en Shabbat par les préparatifs en vue de ce jour saint.

D'après cela, tu peux comprendre d'une manière profonde la raison pour laquelle chaque fois qu'il est nommé Yaakov dans la Torah, ce nom lui est attaché en raison du fait qu'il a montré une nuance de tristesse ou d'inquiétude au fond de lui."