"Ils mettront par dessus une couverture de peau de Ta'hach, et y étendront un tissu tout en bleu azur par dessus" (Bamidbar 4,6)

-> Pendant les déplacements, l'arche sainte devait être couverte d'une couverture en peau de Ta'hach (animal multicolore), et par dessus, avec un tissu en bleu azur. Cela vient nous apprendre une leçon concernant l'étude de la Torah symbolisée par l'arche sainte.
La Thora contient de nombreux sujets difficiles et complexes, qui nous paraissent cachés et loin de notre compréhension. C'est à cela que fait allusion la couverture de Ta'hach qui recouvre et cache l'arche sainte. Mais, cette couverture était elle-même recouverte d'un tissu bleu azur. En effet, nos Sages disent que le bleu azur évoque le ciel et le Trône Divin. Cette couleur représente donc la foi en Hachem. Car, même si la Torah nous semble parfois cachée et inaccessible, celui qui s'arme d'une foi pure en Hachem, Qui nous a donné la Torah, méritera d'arriver à comprendre tous ses enseignements.
Peu importe la couverture qui cache la Torah. Il doit y avoir par dessus le bleu azur, cette foi pure, grâce à laquelle tous les mystères de la Torah pourront être éclaircis.
[rabbi Moché Feinstein - Darach Moché]

"Lève la tête (compte) des enfants de Guerchon eux aussi" (Nasso 4,22)

-> L'expression "Lève la tête" employé pour désigner le fait de compter connote la notion d'encouragement.
Les enfants de Kehat ont bénéficié en premier lieu de cette expression. Mais pourquoi pour Guerchon, la Torah ajoute les termes : "eux aussi"?

En fait, le travail de Kehat, qui était de porter l'arche sainte et les ustensiles du Michkan était plus noble que le travail de Guerchon de porter les rideaux, couvertures, toiles ... du Michkan.
On aurait pu penser que Kehat est donc plus grand que Guerchon.
La Torah veut nous apprendre ici que l'essentiel est de faire ce qu'Hachem nous demande. Il n'y a aucune différence entre celui qui a un grand rôle et celui dont le travail est plus simple. Tant qu'ils font leur mission comme il se doit, pour l'Honneur d'Hachem et le respect de Ses Ordres, ils sont alors égaux.
Ce qu'Hachem attend de l'homme c'est qu'il fasse ce qu'il doit faire, lui. Quand c'est le cas, il obtient sa perfection, au même titre que celui qui remplit une mission plus haute.
C'est pourquoi, la Torah dit : "Lève la tête des enfants de Guerchon eux aussi" = pour dire qu'ils sont égaux à Kéhat. Ne pensons surtout pas que la grandeur d'une personne dépend du niveau
du travail. Tout dépend du fait de faire son ''job'' comme il se doit, pour réaliser la Volonté Divine et pour Sa Gloire.
[rabbi Moché Feinstein - Darach Moché]

[c'est notre vision humaine qui nous pousse à envier ce que font d'autres personnes en pensant à tord qu'ils réalisent des choses plus appréciées par D.
C'est dommage de se gâcher la vie, car en vérité aux yeux d'Hachem, nous sommes tous autant aimés (les grands rabbanim et les "simples" juifs), pour peu que nous fassions du mieux que nous pouvons.]

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-> "Lève la tête" (nasso ét roch - 4,22)

Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°369) enseigne :
"Une fois que nous avons reçu la Torah à Shavouot, c’est le moment où chacun doit étudier plus encore.
C’est pourquoi cette parachah est [la plus] longue : pour nous enseigner que si l’on se consacre à la Torah, il ne faut pas choisir le chemin le plus court, mais justement le chemin le plus long.
Et quand nous parlons d’un chemin long, cela signifie prolonger le temps d’étude et ne pas chercher à le raccourcir
en regardant continuellement sa montre ... pour savoir quand il va enfin se terminer.

Nous apprenons cette leçon de la parachat Nasso, qui est la parachah la plus longue de toute la Torah. Elle s’appelle Nasso : c’est un mot qui évoque l’élévation (hitnassout).
En effet, le but de la Torah est d’enseigner à l’homme comment s’élever ...
Nasso désigne l’élévation.
Non pas pour se sentir supérieur aux autres et se dire qu’on est meilleur qu’eux, mais s’élever soi-même, être quelqu’un de moral, savoir se conduire dans la vie, et travailler sur soi-même pour grandir dans le service
de Hachem.
Malheur à l’homme qui lève la tête sans être rempli de qualités pour le service de D.!

Dans la parachat Nasso, la Torah parle à quiconque veut s’élever dans l’étude de la Torah, arriver à des niveaux supérieurs et être enflammé par l’étude. Il doit aspirer à s’élever encore et encore, car la progression dans le service de Hachem n’a aucune limite.
C’est pourquoi la Torah vient nous dire d'élever la tête (nasso ét roch) : l’essentiel de l’aspiration doit commencer par la tête."

"Que Hachem lève Son visage vers toi" (Nasso 6,26)

-> Les anges du service ont demandé à Hachem : Pourquoi manifestes-Tu de la partialité [littéralement: lèves-Tu Ton visage] envers les bnei Israël, alors qu’il est écrit dans Ta Torah de ne pas être partial?
Hachem leur a répondu : "Comment est-ce que Je ne serais pas partial envers eux, alors que J’ai écrit dans Ma Torah "tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras", et eux font déjà attention à partir d’un kazayit" (guémara Béra'hot 20 & Midrach).

=> La question se pose de savoir en quoi le fait de faire attention à partir d’un kazayit est une partialité envers Hachem.
En général, quand quelqu’un reçoit un cadeau d’une personne importante, même si c’est un petit cadeau de peu de valeur, il lui attribue tout de même une grande valeur à cause de l’importance de celui qui l’a donné.
Les juifs sont partiaux envers Hachem en cela que même si ce qu’Il leur a donné est peu, c’est à leurs yeux un cadeau important au point de dire une bénédiction dessus, parce que celui qui donne leur est cher.
C’est pourquoi Hachem Lui aussi est partial envers eux et accepte leur service minime en lui accordant une grande importance, car il a été exécuté par des hommes en dépit de leur peu de possibilité et de leur compréhension limitée. C’est une mesure pour mesure.
[Kol Sim’ha]

[d'une certaine façon en acceptant et en étant heureux de ce que Hachem nous donne (même si c'est peu par rapport à ce que l'on voudrait), alors on donne la possibilité à D. d'accepter nos petites actions en y accordant une importance énorme.]

"Et la tribu de Gad, et le chef des enfants de Gad est Elyassaf fils de Réouel" (Bamidbar 2,14)

-> Le ‘Hida (‘Homat Anakh) rapporte les paroles du Imré Noam selon lesquelles Gad mérita que Moché soit enterré dans son territoire, du fait que, lorsque ce dernier désigna Dan comme chef des 3 bannières dont il faisait partie, Gad aurait pu rétorquer : "Je suis l’aîné de Zilpa et Dan est l’aîné de Bilha, aussi, pourquoi ne serais-je pas chef comme lui?"
[Rachi (Badmidbar 2,2) rapporte qu'il y avait un drapeau pour chaque tribu, mais également une bannière pour 3 tribus. (donc le camp avait 12 drapeaux et 4 bannières différents)]

Or, il se tut et ne protesta pas. C’est pourquoi le chef (nassi) de la tribu de Gad est ici appelé "Elyassaf fils de Réouel", bien que son vrai nom fût "fils de Déouel" (cf. Bamidbar 1,14), afin de souligner allusivement qu’il mérita d’être élevé en cela que "réa El", l’ami de D., en l’occurrence Moché, fut enterré dans son territoire.

Le 'Hida ajoute que le nom Réouel figure justement concernant les bannières, alors qu’auparavant, au sujet des sacrifices des princes, il était écrit Déouel, afin de nous enseigner que son renoncement concernant la direction des 3 drapeaux (symbolisé par le fait d'avoir une bannière), lui valut un tel mérite.

"Et pourtant, même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, Je ne les aurai pas dédaignés" (Béhar 26,44)

-> Rabbi Elazar a interprété ainsi l’expression : "Et pourtant, même alors" :
Israël est le plus heureux des peuples!
En effet, même s’ils ont irrité leur Créateur, D. ne délaisse pas les juifs. Où qu’ils aillent en exil, Il les accompagne.
Tel est le sens du verset : "Et pourtant, même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, Je ne les aurai pas dédaignés".

Rabbi Abba a déclaré : Vois combien est grand l’amour de D. pour les juifs. Bien qu’Il ait été contraint de les disperser parmi les nations, la présence Divine ne s’est jamais éloignée d’eux et ne les quittera jamais.
On ne peut pas dire qu’ils sont seuls en exil, car "même Elle" les accompagne.
[Zohar - Haazinou 297b]

"La terre aura une année de repos" (Béhar 25,4)

-> Le 'Hatam Sofer (Séfer haZikaron - discours veille de Kippour), enseigne que le mot chemita (שמיטה) a une valeur numérique de 364, pour nous enseigner que celui qui pratique la chemita a pendant toute l’année un statut de Yom Kippour, qui s’appelle chabbaton.
En effet, nos Sages (guémara Yoma 20a) disent que pendant 364 jours de l’année le Satan a la permission d’accuser, alors qu’à Yom Kippour il n’a pas cette permission.
=> Par conséquent cet homme qui observe la 7e année est à un niveau très élevé, car le Satan n’a pas le droit de l’accuser pendant toute l’année.
L’année entière constitue pour lui une sorte de Yom Kippour qui s’appelle chabbaton.

"[Moché] réunit 70 Anciens du peuple et les fit se tenir autour de la tente. [Hachem] fit émaner l'esprit prophétique octroyé à [Moché] et le reporta sur les 70 Anciens ...
2 hommes étaient restés dans le camp et l'esprit [saint] se posa [aussi] sur eux.
L'un s'appelait Eldad, le second Médad. Bien qu'ils fussent sur la liste [des Anciens], ils ne s'étaient pas rendus à la Tente d'audience mais prophétisèrent dans le camp." (Béaaloté'ha 11,24-26)

-> Moché tira au sort 70 Anciens d'Israël en écrivant le mot "ancien" sur 70 morceaux de papier et en laissant 2 bulletins vides.
Parmi les 72 Anciens (6 pour chacune des 12 tribus : 6*12=72) que Moché avait assemblés, Eldad et Médad fuyaient les hautes fonctions. Ainsi, lorsque Moché demanda à tous d'entrer dans la Tente d'audience pour procéder au tirage au sort, ces 2 anciens restèrent dans le camp.
Ils dirent : "Nous ne méritons pas d'accéder à une fonction si éminente".

Lors du tirage au sot, 68 anciens prirent un morceau de papier portant le mot "ancien" et 2 tirèrent un papier vierge.
Il resta donc dans l'urne 2 morceaux de papier portant le mot "ancien", destinés aux 2 anciens [Eldad et Médad] qui n'avaient pas quitté le camp.
Tel est le sens de l'expression : "bien qu'ils fussent sur la liste", littéralement : "bien qu'ils fussent inscrits", c'est-à-dire bien que leur bulletin portât le mot "ancien".
Hachem leur dit plus tard : "Vous vous êtes faits petits, aussi Je vous grandirai davantage que tous les autres".

La supériorité de Eldad et Médad sur les autres Anciens prit 4 formes :
1°/ Les anciens n'étaient capables de prophétiser que les événements du lendemain, comme il est écrit : "Quand au peuple, dis-lui ainsi : "Sanctifiez-vous pour demain"".
Par contre, Eldad et Médad prophétisèrent les événements des 40 années à venir, notamment que Moché allait mourir et que Yéhochoua conduirait les juifs en Terre sainte.

2°/ Les noms Eldad et Médad sont mentionnés dans la Torah alors que celui des autres anciens ne l'est pas.

3°/ La prophétie des anciens cessa par la suite car elle provenait d'un être humain, Moché ("Je ferai émaner sur eux une partie de l'esprit qui et sur toi").
Par contre, la prophétie de ces 2 Anciens venait directement de Hachem ("l'esprit se posa sur eux") et ne les quitta pas jusqu'à leur mort.

4°/ Contrairement aux Anciens, Eldad et Médad entrèrent en terre d'Israël.
Eldad est "Elidad fils de Kislone", le chef de la tribu de Binyamin, l'un de ceux qui allaient partager la terre (v.34,21), et Médad est "Kémouel fils de Chiftane", le chef d'Efraïm.

[Méam Loez - Béaaloté'ha 11,26]

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"Eldad et Medad prophétisent dans le camp" (Béaaloté'ha 11,27)

-> Que disaient-ils?
Moché va mourir, et Yéhochoua va faire entrer les bnei Israël dans le pays (guémara Sanhédrin 17a).

-> Le 'Hanoukat haTorah enseigne :
Dans la parachat Chémot, il est écrit : "Elle l’appela Moché, ‘car je l’ai tiré de l’eau (min hamayim - מן המים)’".
Apparemment, elle aurait pu dire simplement "mimayim" (de l'eau - ממים), les lettres "noun" (נ) et "hé" (ה) paraissent superflues.

C’est parce que les lettres de "mimayim" sont les initiales de "Moché met Yéhochoua makhnis" (Moché est mort et Yéhochoua fait entrer), or Batya fille de Pharaon n’était pas d’accord avec cela, c’est pourquoi elle a délibérément ajouté deux lettres et a dit "min hamayim".
Eldad et Medad ont prophétisé "bama’hané" (dans le camp - בַּמַּחֲנֶה), c’est-à-dire "moa’h" (למחות - lim'not = effacer), en effaçant les lettres "noun hé" que Batya avait ajoutées, pour qu’il ne reste que "mimayim", initiales de "Moché met Yéhochoua makhniss".
Car c’était un décret du Ciel, c’est pourquoi "le garçon courut le dire à Moché".

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-> "Eldad et Meidad prophétisent dans le camp"

Les Sages ont expliqué qu’ils disaient : Moché va mourir et c’est Yéhochoua qui fera entrer le peuple dans le pays.

Le Roch enseigne :
Le mot "mitnabim" (prophétisent - מִתְנַבְּאִים) est un acrostiche de "Moché Tanoua’h Nafcho BaEden Az Yéhochoua Makhnis" (l’âme de Moché se reposera dans le gan Eden, alors Yéhochoua fera entrer).
C’était cela leur prophétie.

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-> A propos de notre verset (Béaaloté'ha 11,26) qui relate la prophétie de Eldad et Médad dans le camp d'Israël, le Targoum Yonathan dit que Eldad et Médad étaient les enfants de Yo'hévét, donc les demi-frères de Moché, car après qu'Amram ait divorcé de Yo'hévét, cette dernière épousa Elitsafane fils d'Ouziel, et petit-fils de Kéhat, donc neveu de d'Amram.
Yo'hévét et Elitsafane ont donné naissance à Eldad et Médad.

-> Selon le commentateur Adéret Eliyahou, après que Yo'hévét quitta Elitsafane, elle se remaria avec Amram avec une cérémonie très discrète, afin que les égyptiens ne le sachent pas et ne les surveillent pas sur une éventuelle naissance.
Mais Amram a constaté que tous les autres n'avaient pas repris leur repris leurs épouses, car ils ignoraient le remariage discret d'Amram avec Yo'hévét.
Ainsi, après avoir conçu Moché, après leur remariage, Amram et Yo'hévét firent une nouvelle cérémonie, 3 mois après leur remariage, mais cette fois avec faste et publicité, afin que chacun des Bné Israël reprenne sa divorcée.
C'est pourquoi, ce mariage fastueux a eu lieu alors que Yo'hévét était déjà enceinte de 3 mois de son fils Moché.

Lachon ara

+ Lachon ara :

-> En réfléchissant, on s’aperçoit que la pratique des mitsvot de juger autrui favorablement et de garder sa langue dépend de la pratique de la mitsva positive : "Aime ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18).
En effet, si l’on aime véritablement le prochain, on ne dira certainement pas du lachon ara sur lui, et on cherchera de toutes ses forces à le justifier.
On se représentera que si l’on avait fait soi-même quelque chose de mal, que des gens aillent le raconter, et qu’on se connaisse une excuse, ce n’était pas exprès ou toute autre raison, combien on désirerait qu’il se trouve quelqu’un qui nous justifie, pour ne pas être tellement humilié!
C’est tout à fait de cette façon qu’il faut se comporter avec autrui.
['Hafets 'Haïm - Chmirat haLachon - Chaar haTévouna chap.5]

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-> Dans le Pirké de Rabbi Eliezer, nous trouvons ces mots du testament qu’il adressa à son fils Horkenos : "Mon fils! Ne prends pas place parmi les gens qui médisent de leur prochain, car lorsque leurs paroles arrivent en haut, elles sont écrites dans le Livre et tous ceux qui se trouvent présents y sont inscrits sous le nom de membres d’un clan de méchants (racha) et de médisants."

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-> "Tu n’iras pas colporter le mal dans ton peuple" (Kédochim 19,16)

Le Zohar (Nasso 121b) enseigne :
Rabbi Abba a dit : lorsque les gens dorment, goûtent à la mort [le sommeil étant 1/60e de la mort] et que l’âme s’élève au ciel, elle se tient là où elle se tient, on l’examine sur ses actions de la journée et on les écrit dans un registre.
Pourquoi les écrit-on dans un registre ?
Parce que l’âme monte et témoigne des actions de l’homme et de chaque parole qui sort de sa bouche.
Lorsque la parole qui est sortie de sa bouche est correcte, comme des paroles de sainteté, d’étude de la Torah ou de prière, elle monte et se tient là où elle se tient jusqu’à ce qu’arrive la nuit, alors l’âme monte, saisit cette parole et l’introduit devant le Roi [Hachem].
Mais quand elle n’est pas correcte et fait partie des paroles interdites, comme le lachon ara, elle monte là où elle monte, et alors elle est inscrite comme une accusation pour l’homme.

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-> Le ‘Hafets ‘Haïm a dit : "On s’adresse à moi avec des questions dans tous les domaines de la Torah, même des choses qu’il est très simple de permettre, ou des sujets dans lesquels il y a diverses raisons de se montrer sévère, et c’est seulement dans le domaine du lachon ara qu’on ne vient pas encore me poser de questions.
Je ne comprends pas pourquoi on ne vient pas me demander s’il est permis ou interdit de dire telle chose, et j’écrirais une longue réponse avec des sources tirées des versets jusqu’à ce qu’il soit clair si la chose est permise ou non".

[notre yétser ara fait tout pour que l'on minimise cette faute si grave (ça va, c'est que des paroles!)]

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-> "Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël" (Nasso 7,23)

Rachi explique que la bénédiction (des Cohanim) doit se faire "en langue sainte", c'est à dire en Hébreu.

Mais d'après le Tiferet Chelomo cela suggère aussi que pour qu'une bénédiction ait de l'effet, il faut sanctifier sa langue. Une bénédiction qui sort d'une bouche qui prononce des paroles interdites (médisance, mensonge, moqueries, ...), n'aura pas tant d'effet. Mais celui qui sanctifie sa langue pour ne prononcer que des paroles permises ou même sacrées (étude de Torah, prière, bienveillance...), alors Hachem valorisera sa parole, et ses bénédictions auront une grande force.
Pour avoir le plus d'effet, la bénédiction doit donc provenir d'une "langue sainte".

[ainsi plus nous utilisons notre bouche pour dire du lachon ara, plus nous réduisons notre force de prière!]

"Qui réside avec eux parmi leurs souillures" (A'haré Mot 16,16)

-> A partir de ce verset, le Baal Chem Tov enseigne que le défaut d’orgueil est pire que toutes les fautes de la Torah.
En effet, lorsque les juifs ont fauté, la Torah a dit : "qui réside avec eux parmi leurs souillures" : la Présence Divine reste avec eux même lorsqu’ils sont profondément enfoncés dans leurs fautes et leurs transgressions.
En revanche, au sujet de l’homme orgueilleux il est dit : "Des yeux hautains et un cœur enflé d’orgueil, Je ne puis les supporter" (Téhilim 101,5), et nos Sages (guémara Sotah 4b) expliquent : "Lui et moi ne pouvons résider ensemble".

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-> b'h, quelques citations de nos Sages sur l'orgueil : http://todahm.com/2018/12/25/lorgueil-quelques-citations-de-nos-sages

+ Il est intéressant de relever que les parachiot d’A’haré Mot et de Kédochim sont juxtaposées. On en a même fait un proverbe : "Après la mort (a'haré mot), on devient saint (kédochim)".
En d’autres termes, une fois que l’homme meurt, il devient saint, en cela que son âme se sépare de son enveloppe corporelle et qu’il n’est donc plus assujetti aux pulsions physiques.
En effet, tant que l’homme vit sur terre, l’esprit et la matière se disputent en lui les reines du pouvoir. Cette lutte des penchants étant constante, il n’est jamais à l’abri du péché, ne sachant qui va finalement l’emporter.
C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont affirmé : "Ne crois pas en toi jusqu’au jour de ta mort". (Pirké Avot 2,4) ...

Tel est donc le sens du dicton populaire : "après la mort, on devient saint" : lorsque l’âme de l’homme se détache de son corps, elle ne lui laisse plus l’opportunité de fauter, outre le fait que le monde à venir est celui de la récompense, et non de l’action (guémara Erouvin 22a) ...

Pour en revenir au titre de notre paracha, A’haré Mot (אַחֲרֵי מוֹת), notons que la valeur numérique de ses dernières lettres : 410, équivaut à celle du terme kadoch (saint). Ceci confirme, sur le mode allusif, qu’après sa mort, un homme atteint la plénitude et devient saint.
[...]

A’haré Mot, Kédochim et Émor, que l’on peut respectivement traduire par "après la mort", "saints" et "dis".
Autrement dit, après la mort, on doit considérer le disparu comme saint.
La Halakha (Choul’han Aroukh Ora’h ‘Haïm 606, 3) corrobore ce point, en mentionnant l’interdit absolu de médire d’une personne qui n’est plus parmi nous, ce qui est d’ailleurs l’objet d’un anathème. La Michna Broura va aussi dans ce sens, et c’est pourquoi celui qui a transgressé cet anathème doit faire téchouva.
[rabbi David Pinto]