L’étude de la Torah permet de nous épargner des souffrances

+ L’étude de la Torah permet de nous épargner des souffrances :

-> "Ils te prendront une huile pure d’olives concassées, pour le luminaire" (Tétsavé 27, 20)

-> "Seule la première goutte extraite de l’olive était apte pour l’huile du candélabre." (Rachi, guémara Ména’hote 86a).

-> L’Admour rabbi Yissa'har de Belz enseigne :
La Ménora suggère la Torah (guémara Baba Batra 28b), c’est pourquoi on ne pressait que la première goutte pour les besoins de l’allumage (celle-ci est extraite facilement sans effort). Car celui qui étudie la Torah n’a pas besoin d’être "concassé" sans arrêt et de subir maintes et maintes souffrances, comme l’enseignent nos Sages (guémara Béra'hot 5a) : "Celui qui s’adonne à l’étude de la Torah, les souffrances s’éloignent de lui".
Grâce à celle-ci, l’homme est épargné de toutes sortes de peines et de tourments.

-> D’après ce qui précède, le ‘Hidouché haRim explique l’enseignement de la guémara (Béra'hot 6b) : "La récompense du rassemblement de la Torah, c’est le do’hak (terme qui signifie à la fois contiguïté, mais aussi la pauvreté").
Rachi d’expliquer : "Le Shabbat d’avant chaque fête, tous venaient se rassembler pour écouter les lois relatives à celle-ci".
D’après cela, commente le ‘Hidouché haRim, cet enseignement vient suggérer en allusion que la récompense reçue pour se rassembler afin d’étudier la Torah est le
"do’hak" = que toutes sortes de difficultés et d’épreuves disparaissent.

-> Le midrach (Béréchit rabba 92,1) enseigne : "Il n’est pas un homme sans épreuve, heureux l’homme dont les épreuves viennent
de la Torah".
L’explication en est que l’homme est né pour l’effort. Cependant, heureux celui dont les efforts et la peine sont dans le but de comprendre la Torah, car ceux-ci l’exemptent de toutes les autres souffrances.

-> Le Yichma'h Moché dit que l'on y trouve une allusion dans le verset : "C’est à la sueur de ton front que tu mangeras du pain (Béréchit 3,19) : le mot "pain" peut avoir, en effet, deux significations : son sens propre, et aussi celui de "Torah", comme on le voit dans le verset : "Venez manger de Mon pain" (Michlé 9,5).
Or, si tout homme est soumis à ce décret, néanmoins, il peut choisir pour quel "pain" investir ses efforts. Car s’il les tourne tous vers la Torah (pour l’étude de laquelle il peine), il méritera de recevoir sa subsistance facilement, sans devoir beaucoup se fatiguer.

"Vous compterez pour vous 7 semaines entières à partir du lendemain du Shabbath [1er jour de Pessa'h], depuis le jour où vous avez offert le Omer en offrande balancée, jusqu'au lendemain de la 7e semaine, vous compterez 50 jours. Vous offrirez une offrande de nouveau blé à Hachem." (Emor 23,15-16)

-> Le rav Yossef Salant (Béer Yossef) note que le mot "Omer" est utilisé dans la Torah à propos des juifs qui reçurent la manne dans le désert. Dans la paracha Béchala’h (16,16), la Torah nous informe qu’Hachem ordonna au peuple de ramasser la manne : "un Omer par personne".
Le midrach relie également le sacrifice du Omer et la manne. Il nous dit que l’offrande du Omer était une sorte de reconnaissance et de gratitude de la part du peuple juif envers Hachem qui leur envoya la manne dans le désert.

Le rav Salant explique que pendant leur traversée du désert, les juifs avaient à ne fournir aucun effort pour vivre. La manne descendait directement du Ciel, sans aucune contribution humaine.
En outre, quelle que soit la quantité de manne qu’une personne essayait de ramasser, elle ne parvenait jamais à prendre plus que la part qui lui était allouée, elle gardait uniquement ce dont elle avait besoin. La nourriture leur ainsi étant fournie, les Juifs pouvaient se consacrer à l’étude de la Thora et au service d’Hachem.

En revanche, lorsqu’ils entrèrent en terre d'Israël, la manne ne tomba plus du Ciel et ils durent subvenir à leur besoin à travers des efforts physiques.
Avec ce changement, apparut un nouveau danger. Lorsqu’un homme voit que ses efforts portent leurs fruits, il risque de moins placer sa confiance en Hachem et d’attribuer ses réussites à son dur labeur.
Pour éviter ceci, la Torah nous prescrit d’apporter le Omer, la première production de la saison, à Hachem, reconnaissant ainsi qu’Il est la seule Source de revenus, et que notre gagne-pain n’est pas le résultat de notre propre hichtadlout (efforts fournis).
En faisant le lien entre la manne et le Omer (qui ont le même volume), la Torah nous montre qu’il n’y a en réalité aucune différence entre la façon de vivre dans le désert et en Erets Israël.
De la même manière qu’Hachem subvint à nos besoins dans le désert, Il resta notre source de revenus après cette période miraculeuse. La seule différence, c’est que nous ne méritons plus d’assister à des miracles dévoilés et qu’il nous faut donc fournir des efforts physiques pour gagner notre vie.

Le rav Yossef Salant (Béer Yossef) établit un autre lien entre la manne et le Omer. Il rapporte la guemara (Kidouchin 38a) qui affirme que la manne cessa de tomber quand Moché décéda, mais le peuple continua de manger ce qu’il leur restait jusqu’à ce qu’ils entrèrent en Terre sainte, le 16 Nissan.
C’est aussi la date à laquelle nous devons apporter le Omer. (le lendemain du 1er jour de Pessa'h, qui est le 15 Nissan).
Ainsi, chaque année, nous commençons à compter le Omer le jour où la manne cessa, pour nous enseigner que la subsistance symbolisée par le Omer est une suite de celle représentée par la manne.

Il poursuit en expliquant le rapport entre le Omer et Shavouot.
Jusqu’à présent, le Omer nous enseignait que notre gagne-pain provenait d’Hachem. Toutefois, cette prise de conscience ne suffit pas, nous devons également réaliser que la parnassa n’est pas une fin en soi, mais uniquement un moyen pour atteindre un but plus noble : celui de nous procurer la tranquillité d’esprit qui nous permettra de nous concentrer sur le service Divin et l’étude de la Torah, sans être accablé par les soucis de notre subsistance.
Ainsi, la Torah relie le compte du Omer à Shavouot, pour nous apprendre que le but de notre parnassa, représentée par le Omer, est de nous mener vers le don de la Torah, c’est-à-dire de nous permettre d’étudier et de respecter la Torah au mieux.
C’est pourquoi, durant 49 jours, nous comptons le Omer, et cela nous pousse à réaliser qu’Hachem est l’unique Source de subsistance et aussi, que le but est de nous permettre de nous rapprocher de Lui par l’intermédiaire de l’étude et de l’observance de Sa Torah.

-> Suite à cela, le rav Yéhonathan Gefen enseigne :
Les enseignements de la manne furent très pertinents à travers l’Histoire. À l’époque du prophète Yirmyahou, le peuple donnait priorité au travail plutôt qu’à l’étude de la Torah. Yirmyahou exhorta les juifs à faire de l’étude leur priorité. Les Bné Israël prétendirent qu’ils avaient besoin de travailler pour vivre. Yirmyahou leur apporta un récipient de manne qui était entreposé dans le Temple.
[voir Béchala’h 16,32, quand Moché demanda à Aharon de mettre ce récipient dans le Michkan comme rappel des enseignements de la manne pour les générations futures.]
Yirmiyahou leur montra qu’Hachem avait maintes façons de subvenir aux besoins de l’homme et qu’il lui fallait donc réaliser la futilité de la recherche de la matérialité.

Nous n’avons plus ce récipient de manne pour nous éveiller, mais il nous reste la mitsva du compte du Omer, elle est un rappel constant qu’il ne sert à rien de fournir plus d’efforts que nécessaire, puisqu’Hachem est l’unique Source de revenus.
De plus, elle nous rappelle que le but de la matérialité est de pouvoir se rapprocher d’Hachem.
[en ce sens, le Rambam explique que toutes les bénédictions physiques promises dans le Shéma si l’on respecte la Torah ne sont pas la récompense ultime. Hachem nous gratifie en nous donnant une source de revenus qui nous permettra de nous concentrer sur le spirituel, car la récompense réelle de l’observance des mitsvot est la possibilité d’accomplir d’autres mitsvot.]
Ces enseignements s’appliquent différemment chez chacun, il n’existe pas de "nombre d’heures précis" à consacrer au travail, à l’étude ou à d’autres activités spirituelles. Il convient cependant, durant cette période de Séfirat HaOmer (compte du Omer), de s’introspecter et de faire le bilan de notre implication dans le monde physique et spirituel.
Travaille-t-on plus que nécessaire? Durant les temps libres, se concentre-t-on plus sur le spirituel ou apporte-t-on du travail à terminer chez soi?
En se posant de telles questions, on peut espérer intérioriser les enseignements du Omer.

Puissions-nous tous mériter de recevoir notre subsistance sans difficulté, et avoir plus d’opportunités de nous rapprocher d’Hachem. [Amen! ]

"Rangés chacun sous sa bannière, selon les signes, d’après leurs tribus paternelles, ainsi camperont les enfants d’Israël ; c’est en face et autour de la tente d’assignation qu’ils seront campés" (Bamidbar 2,2)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
On peut voir une allusion entre le campement des Bné Israël et le rassemblement après l’exil (kibouts galouyot). Car le fait de se ranger en formation pour le campement ressemble au moment où Hachem rassemble tous les Bné Israel pour revenir sur leur terre, qui avait été découpée en 12 parcelles, une par tribu, à l’instar des 12 parcelles de campement du désert.
Et de notre verset on peut voir un conseil qu’Hachem nous donne pour nous aider à y parvenir, c’est : l'unité.
En effet, les mots : "béotot lévét avotam" (selon les signes, d’après leurs tribus paternelles - בְאֹתֹת לְבֵית אֲבֹתָם), peut aussi se lire : "béotiyot" (בְאֹתֹיות - selon les lettres [des tribus paternelles]), c’est-à-dire que si on prend le nombre de lettres qu’il y a dans les noms d’Avraham, Its'hak et Yaakov, nos Patriarches, on arrive au chiffre 13 qui est la guématria du mot : é’had (Un).

=> Ce verset nous montre donc comment hâter la venue de machia’h et le retour en Israël de tout le peuple : grâce à l’unité et à l’amour entre les Bné Israël.

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-> Le Ben Ich 'Haï écrit (sur le verset Bamidbar 1,2) :
L’idée de toujours garder un œil bienveillant sur le juif qui s’égare, de lui chercher une défense plutôt que d’accuser et primordiale et même quand il y a une mistva de parler durement à quelqu’un pour l’aider à se ressaisir, cela doit être superficiel, mais au fond de soi et surtout envers le Créateur, on se doit de n’être que de bons avocats pour nos frères.

"Parle ainsi à Aharon et à ses fils : Voici comment vous bénirez les Bné Israel ; vous leur direz ..." (Nasso 6,23)

-> Le Ben Ich 'Haï (Bénayahou - Roch Hachana 38a) fait le commentaire suivant :
Le mot : "Ko" (voici comment - כֹּה), nous apprend qu’il faut être face aux Cohanim pendant la bénédiction, et que ceux qui sont sur les cotés ou derrière ne la reçoivent donc pas. [pendant la birkat Cohanim, pour pleinement absorber les bénédictions, on doit faire face aux Cohanim, et ne pas leur tourner le dos, ou être de côté]
Par contre, ceux qui sont déjà aux champs (la journée de travail officielle débutait dès le lever du soleil, et les ouvriers priaient en travaillant) et qui ne peuvent pas être présents, peu importe leur endroit ou leur orientation face aux Cohanim, eux, la reçoivent, car ils sont "Anoussim" (contraints et forcés).

Seulement une question se pose, même s’il est compréhensible qu’une personne contrainte ne peut pas être punie si elle fait une faute (avéra) ou si elle ne fait pas une mistva, mais de là à aller jusqu’à récompenser la personne malgré l’absence d’action, cela nécessite un éclaircissement.
La réponse réside dans la différence fondamentale qui existe entre les affaires humaines et les affaires célestes. Les premières se règlent à l’aide de la justice et de la rigueur, et il est donc normal que celui qui ne vient pas travailler ne reçoive pas salaire, par contre les affaires célestes se règlent à l’aide de la miséricorde et de la bonté, et c’est pour cela que la personne qui voulait faire une mitsva et qui en a été empêchée est considérée comme l’ayant faite.
Mais il y a une condition pour cela, afin de parvenir à un traitement par bonté et miséricorde, il faut soi-même servir Hachem avec amour et non juste par crainte.

Il en ressort, que les ouvriers aux champs ne reçoivent la bénédiction que s’ils servent Hachem avec amour, et c’est pour cela qu’ils sont mieux placés que ceux qui sont à la prière mais qui restent derrière ou sur les côtés.

"Or, le jour où l’on eut érigé le Michkan" (Béaaloté'ha 9,15)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
De ce verset, Abayé (dans la guémara Shvouot 15b) apprend qu’on ne montait pas le Michkan la nuit mais seulement le jour.
La raison en est que le Mishkan représente une proximité ultime entre Hachem et le peuple d’Israel, et cette proximité ne peut se construire que le jour, car la nuit et l’obscurité représente l’exil et l’emprise des forces du mal tandis que le jour représente la lumière de la guéoula.
Ce verset vient donc aussi nous enseigner de ne pas essayer de provoquer les événements et d’essayer de reconstruire le Temple pendant l’obscurité de l’exil, mais d’attendre la venue de machia'h et la lumière de la guéoula, là où il sera enfin possible de retrouver cette proximité avec Hachem que l’on a eu grâce aux 2 Temples et le Michkan. Très rapidement b'h. Amen!

Les épreuves de la vie sont la Prophétie d’aujourd’hui

+ Les épreuves de la vie sont la Prophétie d'aujourd'hui :

La paracha Tazria décrit plusieurs sortes de négaïm (plaies, affections lépreuses) ainsi que le processus grâce auquel la personne peut en guérir. Depuis la destruction du Beit HaMikdach, les lois de négaïm ne s’appliquent plus.
=> Dans ce cas, en quoi cette paracha nous concerne-t-elle, dans la vie quotidienne?

-> Le Séfer ha’Hinoukh (mitsva 169) répond à cette question. Il écrit que l’impureté du métsora (lépreux) provient de ses fautes. La souffrance endurée n’est pas un hasard : elle vient d’Hachem. Le lépreux doit vivre un isolement très difficile durant lequel il est censé s’introspecter et mettre le doigt sur son erreur.
Cet enseignement est très pertinent dans chaque génération. Nous ne souffrons plus des négaïm, mais nous traversons d’autres sortes d’épreuves. L’impureté de ces plaies nous apprend que nous ne devons pas attribuer ces difficultés au hasard, mais plutôt les considérer comme un moyen utilisé par Hachem pour nous faire passer un message.

Il existe une autre mitsva liée aux négaïm qui nous enseigne également comment réagir et comment ne pas réagir aux souffrances. La Torah nous informe que l’un des négaïm est appelé "nézek". Si quelqu’un trouve un nézek (une teigne) sur son corps, il doit s’isoler puis se faire examiner par un Cohen. Si après une semaine de retranchement, le nézek n’a pas grossi, la personne peut raser la zone qui l’entoure. Il est cependant formellement interdit de raser les cheveux ou les poils qui se trouvent sur le nézek (voir Tazria 13,31-34).

Le Séfer ha’Hinoukh (mitsva 170) nous explique la signification de cette prohibition :
"Cette mitsva nous montre que chacun doit accepter l’épreuve ou la punition qu’Hachem lui envoie ; il ne faut pas se révolter contre elles, ni se croire capable de les supprimer et de les camoufler".
Ces 2 réactions incorrectes que l’on peut avoir face aux souffrances sont symbolisées par le rasage du nézek envoyé par Hachem. Tout d’abord, la personne peut "se révolter" quand elle souffre, remettant en cause la justice Divine. Et même sans critiquer l’épreuve envoyée par Hachem, elle peut adopter une autre conduite, elle aussi incorrecte. Elle peut essayer de supprimer la plaie sans en tirer la bonne leçon. En outre, elle peut être plus concernée par ce que les gens vont penser et tout faire pour dissimuler sa souffrance, plutôt que de l’utiliser pour grandir.

L’interdit d’enlever le nézek nous enseigne qu’il ne faut pas pratiquer la politique de l’autruche lorsque nous sommes confrontés à une difficulté, mais que nous devons utiliser cette dernière pour nous élever.

-> Le rav Avraham Grodzinski (Torat Avraham) écrit que la prophétie avait pour objectif principal de notifier au peuple ses erreurs. Même quand les Bné Israël ne faisaient "rien de mal", le prophète scrutait leurs cœurs et savait mettre le doigt sur les domaines qui leur faisaient défaut.

=> De nos jours, comment Hachem nous communique-t-Il nos erreurs?
Le rav Grodzinski répond que les souffrances remplacent la prophétie. Lorsqu’une personne traverse une épreuve, quelle que soit sa dureté, elle reçoit un message d’Hachem Qui lui montre, par son biais, comment s’améliorer. Les difficultés endurées sont donc un cadeau exceptionnel : elles nous offrent l’opportunité de nous amender.
La guemara (Arakhin 16b) précise que les difficultés dont on parle ne sont pas forcément de grandes afflictions, mais se présentent parfois comme des ennuis mineurs ; elle nous donne l’exemple d’une personne qui veut retirer trois pièces de sa poche et qui n’en sort que deux.
[autre exemple donné : mettre sa chemise dans le mauvais sens de sorte qu'il faut la retirer pour l'enfiler de nouveau ]
Ainsi, Hachem communique constamment avec nous à travers les souffrances (même les petites).

-> Si un homme voit qu'il commence à connaître des souffrances, il doit examiner ses actes et s'efforcer de se repentir. [guémara Béra'hot 5a]
[ b'h, voir à ce sujet : http://todahm.com/2019/07/07/9530-2 ]

-> Nous pouvons nous poser la question suivante. À l’époque du Beit HaMikdach, tout ceci était très simple ; les gens souffraient de négaïm lorsqu’ils commettaient certaines fautes spécifiques, comme le lachon ara (médisance). Mais de nos jours, comment peut-on savoir quel message Hachem veut nous transmettre à travers les souffrances?
Le Torat Cohanim rapporte un principe de nos Sages selon lequel Hachem punit l’individu pour ses fautes, mida kénégued mida (mesure pour mesure).
Par exemple, la guémara (Sota 9b) nous raconte que Chimchon fauta avec ses yeux, et par conséquent, ce sont ses yeux qui furent touchés ; les Pélichtim les lui crevèrent ; Avchalom s’enorgueillissait de sa belle chevelure et ce fut ses cheveux qui entraînèrent sa mort, lorsqu’ils s’entremêlèrent dans les branches d’un arbre.
Il est donc recommandé de rechercher une raison quelque peu liée à la douleur subie.

-> Le rabbi Yéhonathan Gefen commente cela :
Il est toutefois plus important de se mettre à la recherche d’un point faible que de trouver, ou pas, la faute concrètement commise.
L’objectif principal de l’épreuve = s’efforcer de s’améliorer (ex: dire moins de lachon ara).

On a naturellement tendance à rechercher toutes sortes de ségoulot (remèdes spirituels) pour mettre fin à la douleur. Or, cela va à l’encontre de l’enseignement du Séfer ha’Hinoukh, à savoir qu’il ne faut pas simplement essayer de supprimer la souffrance.
Hachem n’envoie pas des souffrances pour que nous trouvions une ségoula appropriée (bien que ce soit un moyen efficace pour neutraliser l’épreuve), mais Il veut plutôt que nous en grandissions.
Cela ne signifie pas que toutes les ségoulot sont négatives, mais il convient de ne pas oublier quel est l’objectif des yissourim – Hachem nous demande de grandir.
[de même, bien que le fait de recevoir des bénédictions de grands rabbanim soit parfaitement acceptable, cela ne doit pas nous distraire du but principal des épreuves. ]

[ nous devons voir chaque souffrance comme une frappe, plus ou moins forte de papa Hachem, nous demandant de se réveiller. Il souffre de nous voir agir ainsi, alors que l'on pourrait faire tellement mieux.
Réveillons-nous dans ce monde, pour se construire un monde éternel qui soit le plus beau possible, où l'on pourra être le plus proche d'Hachem.
Plus vite nous réagissons en s'améliorant dans un domaine (en percevant les petites souffrances), moins Hachem aura besoin de nous frapper encore plus fort pour que l'on se réveille. ]

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-> Dans un autre divré Torah, rabbi Gefen explique :
Hachem peut, dans Sa sagesse infinie, récompenser et "sanctionner" quelqu’un simultanément.
Le fait d’infliger une punition, d’après la Torah, ne consiste pas à causer une souffrance sans raison. Les "punitions" divines sont des "stratégies" par lesquelles Hachem communique avec nous et nous exhorte, de manière allusive, à changer de comportement dans certains domaines.

L’attirance pour l’argent, un esclavage

+ L'attirance pour l'argent, un esclavage :

Hachem parla à Moché en disant : "Ordonne (tsav) à Aharon et à ses fils et dis : ‘Ceci est la loi de la Olah’ " (Tsav 6,1-2)

-> Au début de la paracha Tsav, Hachem demande à Moché de prescrire aux Cohanim les différentes lois concernant le korban Olah (l’holocauste).
Nos Sages attirent l’attention sur l’utilisation du mot "tsav". La Torah aurait pu utiliser la formule habituelle : "Parle à Aharon et à ses fils". Pourquoi emploie-t-elle un terme plus fort, "Ordonne"?
Rachi rapporte le midrach qui note que "tsav" laisse sous-entendre un zèle, un empressement supplémentaire, particulièrement nécessaire pour le korban de Olah.
Rabbi Chimon explique que ce sacrifice implique une certaine perte financière [étant entièrement brûlé, le Cohen ne peut donc en profiter] ; les Cohanim risquent de se montrer hésitants à accomplir cette mitsva. Il fallait donc employer un terme plus fort pour les éveiller à ce zèle additionnel requis pour la Olah.[3]

-> Le rav Yé’hezkel Levinstein zatsal tire une importante leçon de ce midrach.
Le Cohen Gadol était, dans la plupart des cas, l’homme le plus vertueux et le plus saint de la génération. [à l’exception des Cohanim de l’époque du 2e Temple qui obtenaient souvent ce titre par corruption ou grâce à des affiliations politiques.]
La guémara (Yoma 18a) nous informe par ailleurs que pour devenir Cohen Gadol, ce dernier devait obligatoirement être très riche.
=> Compte tenu de la vertu et de l’aisance du Cohen Gadol, pourquoi faut-il se soucier d’un éventuel manque d’empressement à cause d’une perte financière relativement minime!
On déduit de cette remarque que même le Cohen Gadol est enclin au yétser hara de l’argent!

-> A plusieurs reprises, nos Sages mettent l’accent sur la force de l’attrait pour l’argent.
L’un des exemples est la guemara (Baba Batra 165a) qui parle des fautes les plus communément transgressées. Rav Yéhouda dit au nom de Rav : "La plupart des gens [trébuchent] dans le vol ; la minorité, dans l’immoralité".
Selon Rachi, la guemara ne notifie pas que les gens volent de façon éhontée, mais qu’ils trouvent toutes sortes de justifications, dans leurs affaires, pour escroquer de l’argent que d’autres méritent. Elle nous indique que chacun risque d’être incité par le yétser ara de l’argent et tente de légitimer cette attitude malhonnête qui est, d’après la Torah, considérée comme du vol.

-> Les plus grands tsadikim ressentaient la force du yétser ara pour l’argent.
Le rav Israël Salanter rendit un jour visite à un homme très riche. L’hôte dut quitter la pièce quelques instants, et laissa le rav Salanter seul. Quand il revint, le rav Salanter n’était plus là. Il le trouva debout, à l’extérieur de la maison.
Le rav Salanter déclara qu’il y avait dans la salle une grosse somme d’argent qui n’avait pas été comptée et il ne voulait pas rester seul avec ces espèces.
Il s’expliqua en énonçant la guemara précitée. Nous connaissons l’interdit de yi’houd (le fait, pour un homme, de s’isoler avec une femme) de peur qu’il ne parvienne pas à se contrôler et qu’il se livre à la débauche. Le rav Salanter conclut que s’il existe un interdit de yi’houd à cause de l’immoralité, infraction que seule une minorité de gens commet, il devrait y avoir, à plus forte raison, une interdiction de s’isoler avec de l’argent, étant donné qu’une majorité de personnes trébuche dans ce domaine.
Il ne voulut donc pas rester seul, dans la même pièce que cet argent non compté.
[le rav Yérou’ham Leibowitz (Daat ‘Hokhma ouMoussar,) raconte que le rav Salanter ne restait jamais seul avec de l’argent qui n’avait pas été compté. Le rav Leibowitz ajoute qu’il ne voulait même pas être seul avec de l’argent compté, malgré les grands risques d’être pris sur le fait].

-> Rabbi Yéhonathan Gefen enseigne :
Si un homme comme le rav Israël Salanter ressentit un besoin de se surprotéger de l’attrait pour l’argent, chacun doit être très vigilant quant à ce puissant yétser ara.
Cette attention est nécessaire dans plusieurs cas. Tout d’abord, nous apprenons de la paracha Tsav que la crainte de perdre de l’argent ne doit pas affecter l’accomplissement des mitsvot. De nombreux commandements impliquent des dépenses significatives et il faut tenter de garder la même diligence pour exécuter ces mitsvot que celles qui sont moins coûteuses.
Il faut également faire attention à ne pas dépenser beaucoup plus d’argent pour notre confort matériel que pour l’accomplissement des mitsvot. Si l’on débourse de grosses sommes pour les vacances, la maison, la voiture, ..., nous devons manifester le même désir et le même zèle pour les dépenses nécessaires aux mitsvot, de façon générale et à la tsedaka en particulier.

L’attirance pour l’argent peut aussi inciter la personne à "arrondir" les lois de la Torah, et ainsi, entraver sa avodat Hachem. Un homme qui craint D. peut ainsi être tenté de ne pas poser des questions de halakha concernant des affaires d’argent.

Il semble que l’origine de cette tentation pour l’argent soit liée à l’esclavage que nous tentons d’éradiquer à Pessa’h. Les commentateurs soulignent que la liberté ne se limite pas à la capacité de faire ce que bon nous semble. La liberté, selon la Torah, c’est de ne pas être trop attaché au monde matériel. L’attrait pour l’argent est l’une des manifestations principales de cette forme d’ "esclavage", cette quête nuit à notre capacité d’accomplir les mitsvot, parce que l’on a du mal à s’en défaire, même quand la Torah nous y enjoint.

Pessa’h est le moment où l’on met l’accent sur notre liberté, notre indépendance quant à la matérialité. Ceci est symbolisé par la mitsva de manger de la matsa, le soir du Séder.
La matsa est plate et sans ajouts. À Pessa’h, nous revenons à notre essence pure, sans "ajouts" [accessoires], les biens matériels qui nous empêchent de servir Hachem correctement.

"Le Cohen sortira en dehors du camp et verra que la plaie de la lèpre a guéri chez le lépreux" (Métsora 14,3)

-> Etant donné que tout dépend de ce que dit le Cohen, la Torah a ajouté une mise en garde particulière : "Observe avec un soin extrême et exécute les prescriptions relatives à la lèpre : tout ce que les Cohanim, descendants de Lévi, vous enseigneront d’après ce que Je leur ai prescrit, vous vous appliquerez à le faire" (Devarim 24, 8).
On tire de là une halakha : un lépreux qui enlève les signes de l’impureté devient pur, mais il transgresse l’interdiction de "observe ... les prescriptions relatives à la lèpre".

-> Le gaon Rabbi Mordekhaï Epstein dit : on peut en apprendre la gravité de la faute. D’après les lois concernant le lépreux, il doit être à l’écart en dehors du camp. C’est un décret très difficile à supporter, car on est séparé de sa famille et de ses proches, éloigné de ses amis et connaissances, isolé et solitaire. Cela en plus de la souffrance due aux plaies elles-mêmes.
Or il existe un moyen de sortir de cette solitude et de cette souffrance : il suffit d’arracher simplement les signes de l’impureté et de se purifier immédiatement!
C’est là son épreuve : va-t-il résister à la tentation et préférer souffrir dans une terrible solitude, pour une période indéterminée, peut-être même pour le restant de ses jours, pour ne pas enfreindre une interdiction de la Torah?
Car toutes les terribles souffrances qu’il endure à cause des plaies et de la solitude n’approchent pas de ce qu’il devrait souffrir dans le monde à venir s’il transgressait une interdiction.

"Voici ce qui est impur pour vous parmi les reptiles" (Chémini 11,29)

-> Certains commentateurs (comme le Maguid de Koznitz ) voient dans ce verset une allusion à un phénomène persistant jusqu'à nos jours : l'impureté des 8 reptiles recensés par la Torah se dit en hébreu : "toumat chmoné chératsim". Le mot "chératsim" (les reptiles) peut être décomposé en l'expression : "ché ratsim" (qui courent), évoquant ainsi la course effrénée de ceux qui investissent des efforts démesurés dans toutes leurs entreprises, que ce soit dans la recherche de leur subsistance, dans la poursuite d'une personne bien placée ou du Chadkhan (entremetteur matrimonial) tant prisé, ...

Cette attitude traduit en réalité un manque de foi et de confiance en D.
Lorsqu'un homme est convaincu que Hachem subvient aux besoins de chacun, il devient serein.
De toute façon, Hachem dirige tout selon Sa Volonté. Ainsi est-il inutile de courir puisqu'il n'obtiendra pas ce qui ne lui a pas été octroyé par le Ciel. A quoi bon, dès lors, s'évertuer en vain?
En plaçant sa confiance en Hachem, il retrouvera sa tranquillité d'esprit. La joie l'envahira en permanence, pour son plus grand bien et celui de ceux qui l'entourent.

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[ certes il faut faire le strict nécessaire selon la hichtadlout, mais toute poursuite excessive provient d'un manque de confiance en D., car rien ne pourra modifier le décret Divin.
Ainsi, plutôt s'investir davantage dans la prière, les bonnes actions, la Torah, qui génèrent des flux de bénédictions sur nous et sur tous les juifs! ]

"Et le Cohen verra la lèpre sur la peau et un poil aura blanchi ... Le Cohen le verra et le déclarera impur" (Tazria 13, 3)

-> A priori, on est en droit de s’interroger : dans toute la Torah, le blanc vient toujours faire allusion à ce qu’il y a de plus pur, comme il est écrit : "Si vos fautes sont écarlates, elles blanchiront comme la neige" (Yéchayahou 1,18).
[A Yom Kippour, on attachait même un morceau de laine rouge sur les cornes du bouc expiatoire et sur le coin de l’autel et tous attendaient avec impatience qu’il blanchisse car tel était le signe que toutes leurs fautes étaient pardonnées.]

=> Dès lors, pour quelle raison un cheveu blanc constitue-t-il ici un signe d’impureté de la lèpre?

-> Le rav Elimélé'h Biderman explique :
En fait, la Torah nous enseigne ici une notion de morale primordiale : même si toutes les actions d’un homme sont ‘blanches’, saintes et pures et qu’il accomplit la Volonté Divine, mais qu’en s’abstenant de tenir sa langue et en prononçant des propos médisants, il en vient à causer un préjudice à autrui et à lui faire de la peine, alors tout ce ‘blanc’ qu’il possède se transforme en signe d’impureté.
Car le propre de l’homme est justement de reconnaître qu’Hachem a créé une multitude d’âmes ayant chacune des besoins particuliers et qu’il incombe à chacun de se préoccuper également des autres.

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-> On raconte que le Imré Emet était une fois assis à un repas de noces et qu’un des convives lui posa la question suivante :
Nos Sages (guémara Moèd Katan 7b) enseignent : "Certains jours, on vérifie la lèpre et certains jours, on ne la vérifie pas."
De là, on apprend qu’on laisse 7 jours à un jeune marié qui se verrait frappé de la lèpre pendant la période de ses noces ainsi qu’à ses vêtements (on ne statue pas sur la tache de lèpre qui serait apparue sur lui et sur ses vêtements afin de ne pas les déclarer impurs).
=> Comment peut-il se produire qu’une tâche de lèpre apparaisse chez un jeune marié pendant les 7 jours de noces? Nos Sages n’ont-ils pas enseigné (guémara Yérouchalmi Bikourim 3,3) : "On pardonne toutes ses fautes au jeune marié" ?
Par conséquent, comment pourrait-il être encore coupable de médisance (qui provoque la lèpre)?"

Le Imré Emet répondit :
"Néanmoins, le jour du mariage ne peut être supérieur à Yom Kippour.
Et si au sujet de ce saint et grand jour, on enseigne (guémara Yoma 85b) : "Yom Kippour n’efface pas les fautes commises envers autrui tant que l’on n’a pas obtenu le pardon de l’offensé", alors, à plus forte raison, le jour des noces n’efface-t-il que les fautes commises envers D.
Et si le jeune marié a prononcé des paroles médisantes sur quelqu’un, Hachem lui en impute la faute et celle-ci ne lui sera pardonnée qu’après avoir obtenu le pardon de la personne qu’il a dénigrée".

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-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
La mesure de bien est toujours plus grande que celle de mal, et si nous constatons que parler en mal d’un juif est si grave, combien davantage est louable celui qui met un frein à sa langue.
Chaque instant où il se retient de parler en mal de son prochain, de lui répondre par des paroles acerbes alors qu’il a subi un affront, qui lui pardonne facilement et s’abstient de l’humilier en retour lui fait mériter des bénédictions sans limites.

-> Le Beit Aharon fait remarquer que l’on dit dans la prière : "qui ressuscite les morts par sa parole" (dans le rituel ashkénaze).
Cette expression concerne également l’homme qui possède la force ressusciter les morts par ce qu’il dit.
En effet, il arrive qu’une personne se sente comme morte spirituellement et rongée par l’amertume, jusqu’à ce qu’un ami vienne et lui dise un mot gentil qui lui redonne littéralement goût à la vie.