Les étincelles d'âmes de Moché se déploient dans tous les tsadikim de toutes les générations.
[Tikouné Zohar 69,114a]

+ En infligeant un terrible esclavage aux Bné Israël, les égyptiens avaient l'intention de causer de la peine à Hachem.
Puisque nous savons que dans toutes les détresses que les Bné Israël peuvent traverser, Hachem en ressent la souffrance comme si c'était la Sienne, ainsi les égyptiens avaient l'intention d'infliger de la douleur à Hachem.
[imaginons la scène : lorsque les égyptiens frappaient les juifs, en réalité à leurs yeux c'est comme s'ils frappaient directement Hachem! Chaque souffrance que ressent un juif, Hachem également la ressent! Plus un juif croulait sous la douleur, plus les égyptiens étaient content car ainsi ils espéraient faire mal à Hachem! ]

C'est le sens de "afin de L'accabler de leur dure labeur" (léma'an anoto bésivlotam - Chémot 1,11).
En vérité, cette conscience de la souffrance d'Hachem (si l'on peut dire), était le plus douloureux pour les juifs, et c'est cela qui les a poussés à crier à Hachem de mettre un terme à leur esclavage.
[Imré Noam]

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[l'esclavage était tellement atroce qu'ils étaient obligés d'en arriver à souffrir, mais malgré cela ils souffraient encore davantage du fait que cela causait des souffrances à Hachem.
On doit essayer de s'inspirer de nos ancêtres, en évitant de souffrir inutilement pour la moindre petite chose (évitant ainsi des souffrances inutiles à Hachem), et en demandant d'être sauvés de nos difficultés non pas pour nous mais pour Hachem, car nous ne voulons pas causer de douleur à D. à cause de la nôtre!
("Tu aimeras Hachem ton D. de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton pouvoir" - Vaét'hanan 6,5).

On doit apprendre des égyptiens qu'à chaque fois que nous causons une souffrance à un juif, c'est comme si nous causions cette souffrance à Hachem!]

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-> b'h, également sur cette notion de souffrance d'Hachem : http://todahm.com/2016/08/22/quand-je-souffre-mon-papa-hachem-souffre-encore-plus-que-moi

Quelles tribus ont été exemptées de l’esclavage en Egypte?

+ Quelles tribus ont été exemptées de l'esclavage en Egypte?

1°/ la tribu de Lévi. [midrach rabba 5,16]
2°/ les tribus d'Efraïm et de Ménaché. [midrach Shocher Tov 81]
3°/ la tribu de Yissa'har (puisqu'ils étaient également immergés dans la Torah, comme la tribu de Lévi pouvait l'être). [Divré Shaül]

4°/ les tribus de Réouven, de Chimon et de Lévi.
Ces tribus n'ont pas reçu de bénédiction de leur père Yaakov, et il y avait une vraie préoccupation sur le fait que ces 3 tribus ne se considèrent pas elles-mêmes comme faisant partie des Bné Israël.
Si elles auraient été réduites à l'esclavage, il est fort probable qu'elles se seraient totalement assimilées avec les égyptiens, en croyant à tord que de toute façon elles ne faisaient pas partie des Bné Israël, puisque n'ayant pas reçu de bénédiction de la part de Yaakov.
Afin d'empêcher cela d'arriver, Hachem a orchestré de telle façon que ces 3 tribus ne soient pas soumises à l'esclavage.
[Messe'h 'Hokhma - Vaéra 6,13 ;
il ajoute ensuite que les tribus de Réouven, de Chimon et de Lévi ont en fait acheté de nombreux esclaves juifs (des autres tribus), au gouvernement égyptien, et ce afin de les avoir comme esclaves travaillant pour eux (les sauvant ainsi du terrible esclavage égyptien). ]

Par quels moyens les Bné Israël se sont-ils différenciés des égyptiens?

+ En Egypte, par quels moyens les Bné Israël se sont-ils différenciés des égyptiens?

Ils n'ont pas changé :
1°/ leurs noms ;
2°/ leur langue ;
3°/ leurs habits ;
4°/ leur nourriture ;
5°/ ils se sont mariés qu'entre eux ;
6°/ ils ne disaient pas de lachon ara ;
7°/ ils ont gardé la brit mila ;
8°/ ils avaient de la émouna en Hachem.
[midach Vayikra rabba 32,5 ; midrach Léka'h Tov 6,6 ; midrach Léka'h Tov Dévarim 26,5 ; Pirké déRabbi Eliézer 48]

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-> Bien que nous trouvions des sources indiquant que les juifs ne gardaient pas leur brit mila (cf. midrach Chémot 1,8), le Beit haLévi (paracha Chémot) explique qu'en réalité ils l'ont gardée, mais ils ont essayé de recouvrir leur brit mila afin qu'extérieurement en apparence, il semblerait qu'ils n'aient pas fait la circoncision.
En effet, ils pensaient à tord que cela permettrait de réduire le sentiment d'animosité des égyptiens à leur égard.

-> De son côté, le rav Yossef Deutsch écrit : quelques juifs ont abandonné la brit mila après la mort de Yossef afin de mieux s'assimiler aux égyptiens, mais la majorité d'entre eux ont fermement continué à observer cette mitsva.

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-> Nous disons dans la Haggada : "les égyptiens nous ont fait mauvais" (vayir'ou otanou amitsrim)
Le Yaavets explique qu'ils ont pu y parvenir en rendant les juifs pauvres, comme la guémara (Erouvin 41b) l'affirme : "Un pauvreté extrême peut faire qu'une personne aille à l'encontre des paroles d'Hachem".

-> Le Maharil Diskin écrit que les égyptiens imposaient des impôts très élevés aux juifs, à tel point que les juifs tombaient dans une dette profonde, qu'ils ne pouvaient pas payer.
Les égyptiens ont décidé de les rendre esclaves afin qu'ils paient leurs dettes.

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-> Bien que les juifs étaient alors esclaves en Egypte [dans des conditions terribles], ils ont fait une alliance de bonté entre eux, afin de toujours être là l'un pour l'autre.
[Tana déBé Eliyahou rabba 23]

Cela n'était pas une tâche facile, puisqu'ils n'avaient pas grand chose à se partager ensemble.
Cependant, ils partageaient avec plaisir leur maigre ration de matsa que leur donnée à manger leur contremaître, s'il voyait qu'un autre juif en avait davantage besoin qu'eux.
De plus, ils s'encourageaient les uns les autres dans leurs moments de besoin.
[ainsi, malgré qu'ils n'avaient rien, ils partageaient tout ce qu'ils pouvaient à la fois matériellement que moralement!]

C'est pourquoi nous commençons le Séder de Pessa'h en proclamant : "tout ceux qui ont faim, viennent et mangent" (kol dikhfin yété véyékhol), puisque c'est par le mérite de la bonté qu'ils avaient les uns envers les autres que nous avons pu être libérés d'Egypte.
Nous devons également suivre leur exemple, et marcher dans leurs pas en pratiquant la bonté (en faisant une alliance de bonté entre nous!).
En effet, nous espérons que par le mérite de notre propre bonté, nous mériterons également la délivrance, comme nous l'affirmons à la fin de ce passage de la Haggada : "l'année prochaine en terre d'Israël" (léchana abaa béar'a déIsraël).

Les Bné Israël en Egypte

+ Les Bné Israël en Egypte :

-> En Egypte, chaque femme mariée sans exception avait la joie d'avoir des enfants et aucune ne restait stérile. [Nétsiv]
Les jeunes filles se mariaient très jeunes, et avaient immédiatement des enfants. [Nétsiv]
Il n'existe aucun cas de fausse couche et les nourrissons, lorsqu'ils viennent au monde sont tous vigoureux et robustes. [Yalkout Méen Ganim 1,7]

-> Il existe plusieurs opinions :
- elles donnaient naissance à des jumeaux [midrach Tan'houma Pékoudé 9] ;
- à des sextuplés : 3 garçons et 3 filles [Gour Aryié Chémot 1,7] ;
- il n'est pas impossible qu'elles avaient 60 enfants à la fois, comme le font les scorpions. [midrach Chémot rabba 1,8 ; Rachach]

-> Selon nos Sages, le chiffre 6 correspond aux 6 jours de la semaine durant lesquels les égyptiens ont fait souffrir les juifs sans interruption. Or, il est écrit : "Et comme ils le faisaient souffrir, ainsi il se multipliait".

-> L'augmentation de la population juive est si rapide qu'une certaine nuit, 600 000 enfants voient le jour. [midrach haGadol 1,7 ; Sefer haYachar]
Déjà avant la mort de Yaakov, 600 000 personnes étaient déjà nées. [midrach Béréchit rabba 79]

-> Le nombre des juifs atteint presque celui des égyptiens, et par la suite, il va même être 2 fois plus nombreux. [midrach Michlé 19]
Selon le Haamek Davar (Chémot 1,7), tous les juifs sont restés à Gochen, mais d'autres commentateurs pensent qu'au regard de leur nombre et de la petitesse de Gochen, certains juifs vont s'installer en Egypte.

-> Le Malbim dit que la haine des égyptiens était déjà perceptible au temps de Yossef, et lorsque Yaakov est mort, les Bné Israël n'ont pas pu sortir d'Egypte avec son cercueil sans l'autorisation de Pharaon. Ils ont été ainsi obligés de laisser leurs femmes et leur troupeau en Egypte comme gage pour garantir leur retour.

Selon nos Sages (Haggada 'Hakhmé Yérouchalayim), le mélange des Bné Israël avec les égyptiens était contraire à la volonté de D. Lorsque les Hébreux sont sortis de Gochen, [apprenant la pratique de la sorcellerie et de la magie qui étaient populaire en Egypte, allant dans leurs théâtres et leurs cirques, s'efforçant d'être intelligents et bien informés aux yeux des égyptiens], alors Hachem leur a envoyé un roi cruel dont les décrets ont forcé les Hébreux à se séparer des égyptiens.

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-> Dans un but de réduire le peuple juif à l'esclavage, Pharaon a demandé de leur dire :
"Sa Majesté, roi d'Egypte cherche des volontaires pour ses nouveaux chantiers de construction.
Comme la population égyptienne va en s'accroissant, il faut construire des cités pour loger les habitants.
Tous les résidents hébreux résidant en Egypte qui se porteront volontaires pour s'associer à ces projets seront largement récompensés. Tout Hébreu qui travaillera à la construction des quartiers résidentiels d'une veille nouvelle aura le premier choix d'un logement pour sa famille et tout Hébreu qui participera à la construction d'autres bâtiments officiels bénéficiera de cadeaux du trésor royal. [Baal haTourim ; Léka'h Tov (Chémot 1,13)]
Posez une brique, vous aurez droit à une pièce d'or! Posez-en 2, vous en aurez 2! [midrach Haggada Chémot 1,13]"

-> Sur place, ils voient de nombreux égyptiens déjà au travail, et tranquillement ils pensent qu'il s'agit d'un très vaste programme de construction demandant un effort national à partager entre tous, égyptiens comme Hébreux. [Séfer haYachar]
Même le Pharaon va venir, et il participe à l'élaboration des briques. [Yalkout Chimoni 163]

-> Que ce soit pour recevoir les récompenses promises ou parce que la visite de Pharaon sur le chantier les a conquis, les travailleurs Hébreux se mettent de tout cœur à l'ouvrage.
A la fin de la journée, les contremaîtres égyptiens comptent les briques fabriquées par chacun des Hébreux. Ce nombre va devenir le quota quotidien exigé. [midrach haGadol]
Les semaines passent, et Pharaon vient de moins en moins souvent sur les chantier, de même pour les travailleurs égyptiens qui vont progressivement aller sur d'autres tâches, et tous sont promus au rang de contremaîtres, surveillant le travail des hébreux et maniant le fouet, plutôt que les pelles et truelles. [Séfer haYachar]

-> Pour semer la discorde parmi les hébreux, les égyptiens vont créer une police juive dirigée par des contremaîtres égyptiens, chargée de superviser le travail de leurs frères.
Un contremaître égyptien sera responsable de 10 policiers hébreux, et ainsi un seul égyptien gardait 100 travailleurs sous son contrôle. [Yéfé Toar ; Méam Loez]
[selon le rav Yonathan Eibschutz, l'objectif des égyptiens en élevant certains juifs à des positions plus élevées que d'autres, était de créer des disputes, de la haine, au sein de la nation juive. En effet, les égyptiens savaient que les pires tragédies sont arrivées aux juifs à cause de la "haine gratuite" (sin'at 'hinam) entre eux. ]

Si le quota de brique quotidien n'était pas rempli à la fin de la journée, le policier hébreu sera tenu de dénoncer les ouvriers responsables et les malheureux seront sévèrement punis.
Mais les policiers hébreux refusent de collaborer, et au contraire vont s'efforcer de traiter les travailleurs avec bonté et ne dénoncent jamais ceux qui n'ont pas rempli leur quota.
Cette solidarité va provoquer la rage des égyptiens, qui vont les fouetter, et malgré la douleur les policiers hébreux ne vont jamais dénoncer leurs frères.
Le jour viendra où ils seront récompensés : lorsque Moché sera chargé de désigner les membres du Sanhédrin, D. lui dira de choisir ces hommes intègres. [Yalkout Chimoni 163]

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=> Pourquoi Pharaon pensait-il que les Lévi'im étaient des grands patriotes de son pays?

-> Le Ohr haTorah explique :
Lévi n'a pas porté le cercueil de Yaakov lorsque celui-ci a été transporté en dehors d'Egypte pour être enterré en terre de Canaan.
Cela se basait sur les dernières instructions de Yaakov avant qu'il ne meurt.
Cependant, Pharaon pensait à tort que Lévi était motivé par des intentions nationalistes, et que Lévi a refusé de porter le corps de [son père] Yaakov car il était opposé au fait de l'enterrer en dehors d'Egypte.
En récompense de cette loyauté de Lévi pour son pays, Pharaon a exempté toute la tribu de Lévi d'être des esclaves.

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+ Décret de mort des nouveau-nés mâles juifs :

-> Souvent les égyptiens vont jusqu'à affamer leurs propres enfants afin qu'ils pleurent plus facilement, les aidant ainsi à dénicher les nourrissons des hébreux. [midrach Haggada 3,6]
Egyptiens comme égyptiennes, dès qu'ils découvrent la présence d'un enfant, ils courent le dénoncer. [Séfer haYachar]
Les enfants égyptiens eux-mêmes au lieu de jouer à des jeux ordinaires, vont allaient dans les quartiers juifs pour découvrir des signes indiquant la présence d'enfants, et ils s'empressent d'aller prévenir leur père. [Yalkout Chimoni 182]
Quant aux parents qui ont commis le crime de sauver ce nourrisson, ils sont également punis. [Malbim - Chémot 2,1]

-> Les mères n'ont alors d'autre choix que d'aller dans les champs et les vergers se cacher pour donner naissance. Là, sous un pommier, Hachem les fait sombrer dans un profond sommeil afin que l'enfant vienne au monde sans les faire souffrir. Les larmes aux yeux, elles laissent leur enfant à l'ombre du pommier et s'en retournent, le cœur bien gros.
A chacun de ces enfants, Hachem envoie un ange pour prendre soin de lui, le laver, le nourrir et veiller à tous ses besoins.
A côté de chacun l'ange place 2 roches : l'un lui fournit du lait, l'autre du miel.
Miraculeusement, les nourrissons reçoivent également de la crème et de l'huile pour protéger leur peau. Leurs cheveux poussent si vite qu'ils arrivent rapidement pratiquement jusqu'aux genoux et les habillent parfaitement.
Lorsque les égyptiens envoient la police dans les champs, les enfants hébreux s'enfoncent dans la terre et disparaissent sans laisser de traces, et même les charrues labourant la terre des égyptiens ne servent à rien. Dès que les égyptiens ont tourné le dos, les enfants sortent de terre.
[Séfer haYachar]

-> Lorsque ces enfants sont suffisamment mûrs, ils retournent chez eux, et de façon miraculeuse, chacun retrouve et reconnaît ses parents. Grâce à leur ressemblance frappante avec leur père, leurs parents n'ont pas non plus de mal à les reconnaître.
Ce sont ces enfants, qui à la traversée de la mer Rouge, relateront les miracles dont ils ont été témoins et proclameront, dans le cantique qu'ils chanteront à D. : "C'est Lui, mon D., et je veux Le glorifier" (zé Eli véan'véou) [midrach Chémot rabba 1,12]

-> Selon le Pirké déRabbi Eliézer (et le Radal), ce décret a duré 3 mois, et Aharon est né durant cette période.

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-> Que sont devenus les 600 000 bébés qui ont été jetés dans le fleuve?

Hachem ne les a pas abandonnés non plus, et à l'instant même où ils étaient précipités dans le Nil, D. a envoyé des anges les protéger.
Les anges les ont repêchés et les ont conduits très loin, sur un rocher dans le désert. Ces enfants aussi ont été nourris de lait et de miel et ont grandi jusqu'à leur maturité. [midrach Chir haChirim rabba 2,23]

b'h, Pour prolonger ce point : http://todahm.com/2019/07/07/9432-2

-> Un des noms de Moché est Avigdor, donné par son grand-père Kéhat, car Moché est comparable à une clôture ; il a empêché les autres enfants d'être jetés à l'eau car le décret de Pharaon a été levé dès que Moché a été déposé dans le fleuve.

-> Dans la Haggada de Pessa'h, nous disons : "c'est elle qui s'est réalisée" (véhi chéamda) = Hachem a protégé Ses enfants contre tous les décrets de Pharaon, et quelque soit la décision de Pharaon : "c'est elle [celle d'Hachem] qui s'est réalisée".
[n'oublions pas dans notre vie que c'est toujours Hachem qui aura le dernier mot, donc autant l'écouter dès le début!]

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-> Lorsque Yo'hévét a donné naissance à Moché, elle avait 130 ans, et toutes ses rides, sa peau et son visage ont alors repris la fraîcheur de la jeunesse. [guémara Sotah 12a]
Moché est né le 7 Adar 2368. [Séder Olam 10]
Il était circoncis, resplendissait comme un ange, et rayonnait de la lumière ayant éclairé le monde durant les 6 jours de la Création (le ohr haganouz). [Yalkout Réouvéni]
Selon le Pirké déRabbi Eliézer (48), cette lumière l'a quitté à partir du moment où il est entré dans le palais de Pharaon, jusqu'au don de la Torah.

Selon un avis, il a été mis sur le fleuve le 6 Sivan, le jour où les Bné Israël recevront la Torah de nombreuses années plus tard.[rabbi A'ha bar 'Hanina - guémara Sotah 12a]

-> La nacelle de de Moché flotte au-dessus de l'endroit où le cercueil de Yossef a été immergé. Le mérite de Yossef protège l'enfant. [Min'ha Beloula]

Myriam regarda ce qui se passa, mais dans le Ciel également un vigile se tint en permanence au-dessus du panier abritant Moché. Les anges observent la peine et la détresse du futur sauveur d'Israël, et ils supplient Hachem de mettre fin à l'épreuve de l'enfant.
D. écoute leur requête, et pour sauver Moché, Il envoi Batya, la fille de Pharaon. [Pirké déRabbi Eliézer 48 ; Radal]

-> Les 2 premières années, c'est Yo'hévét (sa mère) qui va nourrir Moché dans sa propre maison, et déjà à 3 mois, il avait l'esprit prophétique et prédit : "Le jour viendra où je recevrai la Torah de la torche de feu". [midrach Dévarim rabba 11,9]
A partir de ce moment, jusqu'à ce qu'il soit rendu à Batya, Moché apprend toute la Torah de la bouche d'un messager céleste et il devient un érudit exceptionnel dès son plus jeune âge. [Sifté Cohen 2,10]
A partir de l'âge de 2 ans lorsque sa mère le ramène à Batya au palais royal, un ange lui préparera sa nourriture et la lui servira, faisant que jamais Moché ne mangea ou boira une chose venant du palais. [Sifté Cohen 2,10]

"Ils (les égyptiens) rendirent leur vie amère (aux Bné Israël)" (Chémot 1,14).

-> Au fur et à mesure que les juifs s’imprégnaient de la conception égyptienne selon laquelle le succès dans la vie dépend du respect des lois de la nature, ils commencèrent à se relâcher dans leur étude de la Torah.
S’ils avaient œuvré pour leurs besognes tout en continuant à s’affairer à l’étude de la Torah, ils n’auraient pas eu à encourir des labeurs physiques : ils auraient pu accomplir le décret de l’exil en s’impliquant avec force dans la Torah, comme l’enseigne les Pirké Avot (3,5) : "Celui qui prend sur lui le joug de la Torah, se trouve affranchi du joug de l’État et du joug du gagne-pain".

Notre verset aurait alors pris la signification suivante : "Ils rendirent leur vie amère" = Ils se seraient sentis amers de leur manque de compréhension de la Torah, qui est notre vie, et se seraient efforcés de mieux la comprendre "par un travail difficile" (avoda kacha - עֲבֹדָה קשָָׁה)", c’est-à-dire par l’argumentation du questionnement (le mot "Kacha" = dur, s’apparentant au mot "Kouchiya" = question), et "avec du mortier" (‘Homer - חֹמֶר), soit en déduisant de nouvelles Lois à travers un raisonnement à fortiori (Kal Va’Homer - קל וחומר -> le mot "‘Homer" = mortier, s’apparentant aux mots "kal
va’homer" = léger et consistant [le raisonnement à fortiori]), "et avec des briques (lévénim - לְבֵנִים), autrement dit l’affinage de la compréhension de la Loi juive (le mot "lévénim" = briques, s’apparentant aux mots "liboun Hilkheta" = éclaircissement de la Halakha), et "toutes sortes de besognes dans les champs" (עֲבֹדָה בַּשָּׂדֶה - avoda baSadé), en d’autres termes, les braïtot (les prescriptions orales laissées à l’extérieur, dans le champs, c’est-à-dire, non intégrées dans la michna) ; et ils auraient étudié "avec une dureté accablante" (béFarekh – בְּפָרֶךְ), soit plus durement et davantage que ce à quoi ils étaient habitués.

De la même façon, il est possible en tout temps de remplacer le labeur profane par l’effort dans l’étude de la Torah.
Nous devrons certes continuer de travailler, mais notre travail ne sera plus un fardeau ; il sera béni par l’aide de D. et ne nous causera pas de soucis.
Or, au lieu de cela, les juifs se relâchèrent dans la Torah en raison de l’influence omniprésente de leur culture d’accueil.
Dans ce contexte, la phrase "qu’ils rendirent leur vie amère" prit ce sens = "[Les égyptiens] firent que l’étude de la Torah (leur vie) leur soit amère". Leur manque d’enthousiasme pour l’étude de la Torah laissa un vide dans leur vie qu’ils durent remplir autrement ; par l’idolâtrie aisément accessible partout en Égypte.

La leçon pour nous est claire : c’est le renforcement dans l’étude de la Torah qui allège les douleurs des derniers instants de l’exil jusqu’à les faire définitivement disparaître avec la venue du machia’h.
[Kollel - le feuillet de la Communauté Sarcelles - 5782]

"Un nouveau roi se leva sur l'Egypte, qui ne connaissait pas Yossef" (Chémot 1,8)

-> Selon nos Sages (guémara Kidouchin 30b), le yétser ara se renouvelle chaque jour.
Le mauvais penchant est appelé : "un roi vieux et sot" (Kohélét 4,13).
Il est "vieux" car il arrive dès la naissance d'une personne, tandis que le yétser atov (le bon penchant) ne vient qu'à compter de 12 ans (femme) ou 13 ans (homme).
Il est un "roi sot", car il règne sur la folie en faisant tomber les hommes, comme il est dit : "Un homme ne peut fauter que si un esprit de folie pénètre en lui" (guémara Sotah 3a).

Ainsi, notre verset : "Il s'éleva ... un nouveau roi" = c'est le mauvais penchant, qui est nouveau car il se renouvelle chaque jour "sur l'Egypte (mitsrayim)", sur le corps humain qui doit faire face à un grand nombre de dangers et de malheurs (métsarim).
Il "ne connaissait pas Yossef" = il ne savait pas à quel point l'homme serait capable de se renforcer (yassaf - ajouter) chaque jour dans la sainteté.

[dvar Torah du Abir Yaakov - rabbi Yaakov Abe’hssera - dans son Pitou’hé ‘Hotam]

"Je ne suis habile à parler, ni depuis hier, ni depuis avant-hier, ni depuis que Tu parles à Ton serviteur, car j’ai la bouche pesante et la langue embarrassée" (Chémot 4,10)

-> Pourquoi Hachem a-t-il fait en sorte que Moché ait du mal à parler?
En fait, Moché a réussi à réunir le peuple d'Israël et à le diriger, jusqu'à lui donner la Torah. Ainsi, certains auraient pu dire que c'est par la force de sa parole et la beauté de son élocution, que Moché a réussi à autant influencer les foules. Pour éviter une telle erreur, Hachem a occasionné que Moché ait justement de grandes difficultés à parler. Ainsi, il devenait évident que toute sa force lui revenait de l'authenticité de son message et du fait qu'il était envoyé par Hachem pour transmettre Sa Parole.
[Drachot haRan]

-> Le Rachbam (dans son commentaire sur la Torah) réfute cette explication courante et acceptée, rapportée par de nombreux Richonim, selon laquelle Moché bégayait.
Il insiste : "Est-il possible qu’un prophète à qui Hachem S’est adressé face à face et qui a reçu la Torah en mains propres, ait bégayé?"

Selon le Rachbam, l’expression "j’ai la bouche pesante et la langue embarrassée" signifie : "Je ne suis pas expert dans la diction de la langue égyptienne car j’ai fui cet endroit dans ma jeunesse et je suis à présent âgé de 80 ans".

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-> Le Ramban explique : "Hachem a dit à Moché ... J'ai la capacité de te guérir, mais puisque tu ne veux pas être guéri, et que tu n'as pas prié pour être guéri, va et fait ce que je t'ai ordonné, et je vais t'aider."

Ainsi, selon cela Moché n'a pas été guéri car il n'a pas prié pour cela.
La prière a le pouvoir de tout faire, mais tout dépend du fait que la personne va prier pour cela, car seulement ensuite elle peut l'obtenir.
[plein de super bénédictions nous attendent au Ciel, mais si on ne prie pas pour cela, elles ne peuvent pas descendre et nous parvenir!]

-> Le rav Elimélé'h Biderman apporte l'allusion suivante :
Un roi a donné l'autorisation à l'un de ses sujets de prendre ce qu'il voulait dans la salle des trésors du roi. L'homme se tenait face à la salle des trésors, mais il n'avait pas la clé pour y entrer.

La clé représente la téfila (prière), qui nous permet d'ouvrir les trésors d'Hachem, et de remplir les désirs de notre cœur.
Mais sans prière il nous manque les clés pour ouvrir les salles du trésor royal.

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-> "Va donc Je seconderai ta parole" (Chémot 4,12)

-> Moché s'étonna que Hachem l'envoie parler à Pharaon alors qu'il bégayait.
D. lui répondit : "Va donc" = c'est-à-dire commence à accomplir cet ordre et Je t'aiderai ensuite.
Nous en déduisons que quiconque désire bénéficier de l'assistance Divine, il lui suffit d'effectuer les premiers pas pour se voir ensuite aidé du Ciel et assister à des miracles.
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

"Le roi d'Egypte s'adressa aux sages femmes hébreux, qui se nommaient : l'une Chifra, l'autre Poua" (Chémot 1,15)

=> Pourquoi Pharaon attribua-t-il à Yo'hévét et Myriam des noms égyptiens : Chifra et Poua?

-> Le rabbi de Riminov explique que Pharaon savait que tant que les sages femmes garderaient leurs noms hébraïques, il ne pourrait pas leur demander d'agir cruellement, en tuant les nouveau-nés juifs.
C'est pourquoi il commença par leur imposer de nouveaux noms égyptiens, espérant que ceux-ci influeraient sur leur intériorité. Seulement alors, il leur énonça son cruel décret, escomptant qu'elles seraient désormais en mesure de s'y plier.

En effet, généralement l'attribution d'un nom à une personne influe considérablement sur son essence, son caractère profond.

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-> Le Bné Yissa'har fait un commentaire similaire.
Il explique que Pharaon changea les noms des Bné Israël et particulièrement ceux de Chifra et Poua.
Son intention était d'enfouir encore un peu plus profondément le peuple juif dans l'impureté de l'Egypte afin d'augmenter son emprise sur lui.
En effet, le nom attribue des forces particulières à l'âme.
En changeant leurs noms, Pharaon voulait annihiler la totalité des forces de l'âme juive.

Qu'a-t-il dit aux sages-femmes?
"Le nom de l'une est Chifra et le nom de la deuxième Poua" = en réalité, les 2 sages-femmes étaient Yo'hévét et Myriam. Cela nous apprend que Pharaon les nomma avant même de leur donner leur mission, persuadé qu'elles écouteraient ses directives par la force des nouveaux noms qu'il leur avaient attribués.
Mais : "les sages-femmes craignaient Hachem" (Chémot 1,17) = elles ne respectèrent pas les ordres du roi d'Egypte. Elles restèrent fidèles à leur appartenance et à leur nom, Yo'hévét et Myriam.

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-> b'h, sur l'importance du nom voir également : http://todahm.com/2014/10/23/limportance-du-nom

Le bâton de Moché

+ Le bâton de Moché :

-> Le bâton de Moché est l'un des [10] objets crées le vendredi soir, à l'issue de la Création.
Adam le reçut lorsqu'il se trouvait dans le Jardin d'Eden.
Avant sa mort, il le donna à Enoch, qui le donna à son tour à Chèm, fils de Noa'h.
Lorsqu'il émigra en Egypte, Yaakov apporta ce bâton avec lui, et le laissa en héritage à Yossef.
A la mort de Yossef, Pharaon s'appropria le bâton ainsi que d'autres biens de Yossef.
[une loi dans l'Egypte ancienne stipulait que lorsqu'un proche de la royauté mourait, tous ses biens étaient saisis au profit des caisses du trésor royal. Ainsi, à la mort de Yossef, le bâton se trouva dans les caisses du trésor royal.]

Yitro, conseiller de Pharaon, connaissait l'existence de ce bâton de Saphir et désirait vivement l'acquérir. Ainsi, lors de sa fuite d'Egypte, Yitro prit le bâton avec lui, utilisant ses pouvoirs occultes pour le dérober à la surveillance des gardes du Trésor.
Toujours grâce à ses dons occultes, il le planta au milieu de son jardin de telle sorte que personne ne serait capable de le déraciner.

Il annonça que quiconque réussirait à tirer le bâton du sol pourrait épouser Tsipora, la plus belle de ses filles.
Nombreux furent les hommes les plus vigoureux de Midiyan qui tentèrent de déraciner le bâton, mais en vain.
Un jour, alors qu'il traversait le jardin, Moché vit le bâton. Il remarqua les signes qui y étaient inscrits et reconnut immédiatement des lettres hébraïques.
Une observation plus attentive lui prouva qu'elles formaient l'un des noms mystiques de D., et Il le prit en main pour mieux le voir et le bâton émergea sans difficulté du sol.
[...]

Les filles de Yitro s'étaient toutes converties à la religion juive et avaient nettoyé la maison de toute idolâtrie.
[Méam Loez - Chémot 2,21]

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-> Hachem dit à Moché de prendre avec lui le bâton miraculeux ... ce bâton de pur saphir pesait 40 saa (environ 300 kg) ...
Sur le bâton était gravé l'un des noms mystiques de D, et y figurait l’abréviation des 10 Plaies que D. allait amener sur l'Egypte ...
[d'ailleurs, à chaque plaie Moché plaçait sa main sur la lettre correspond à la plaie à venir (Drachot Yéchénim - Chémot)]

Gravé sur le bâton figuraient également le nom des Patriarches : Avraham, Its'hak, Yaakov et les noms des 6 Matriarches : Sarah, Rivka, Ra'hél, Léa, Bil'a et Zilpa.
Les noms des 12 fils de Yaakov y apparaissaient aussi : Réouven, Chimon, Lévi, Yéhouda, Yissa'har, Zévouloun, Dan, Naphtali, Gad, Acher, Yossef et Binyamin.
[Méam Loez - Chémot 4,14-17]

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-> Après la mort de Moché, le bâton sera conservé pour le roi David et transmis à tous les rois de Yéhouda jusqu'à la destruction du Temple.
Il réapparaîtra finalement dans les mains du machia'h, qui s'en servira pour détruire les nations impies et instaurer la délivrance.
[Yalkout Chimoni 'Houkat 763]

-> Le Zohar rapporte que ce bâton a ensuite été conservé dans le Saint des saints, avec les Tables de l'alliance.

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-> Le Arizal enseigne :
Le Nom divin (יהוה) était inscrit sur le bâton de Moché de haut en bas. Ainsi, lorsque Moché voulait faire descendre la miséricorde sur Israël, comme lorsqu'il frappa le rocher pour pouvoir faire sortir de l'eau et abreuver le peuple juif, il devait saisir son bâton tout droit de sorte que les lettres du Nom divin étaient disposées dans l'ordre, du haut vers le bas, et faisaient ainsi descendre la miséricorde sur Israël depuis les mondes supérieurs dans le monde d'en bas.
En revanche, lorsque Moché devait faire descendre le din et la rigueur, il se saisissait de son bâton en le retournant à l'envers, de telle sorte que les lettres du Nom divin étaient inversées (הוהי), ce qui attirait automatiquement la pleine mesure de rigueur sur l'Egypte.

-> "Voici je frappe sur les eaux avec le bâton qui est dans ma main sur les eaux" (Vaéra 7,17)

Rabbi Chimchon d'Ostropoli explique :
Que viennent nous apprennent les termes "dans ma main" qui sont en apparence superflus?
Moché dit à Pharaon : je frappe le fleuve "avec le bâton qui se trouve dans ma main" = c'est-à-dire avec la partie du bâton que je saisis dans la paume de ma main.
Inversement, Moché retourna le bâton afin de frapper le fleuve avec l'autre côté du bâton qui se trouve dans la paume de sa main.
Ainsi, il inversa l'ordre des lettres du Nom de D. de יהוה en הוהי en ayant l'intention de faire descendre la rigueur des mondes supérieurs sur l'Egypte et transformer le Nil en fleuve de sang.

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-> "Aharon jeta son bâton devant Pharaon et devant ses serviteurs, il devint serpent" (Vaéra 7,10)

-> Le Zohar (Chémot 28) explique que le bâton d'Aharon n'était pas le même bâton que celui de Moché.
Il s'agissait de 2 bâtons distincts.
C'est le sens du verset d'après le Zohar lorsqu'il dit : Aharon "prends ton bâton".

=> Pour quelle raison Aharon ne s'est-il pas servi du bâton de Moché pour accomplir les prodiges d'Hachem?

Il faut répondre que le bâton de Moché était plus élevé en sainteté puisqu'il provenait du gan Eden et que le Nom d'Hachem y était inscrit.
Hachem ne voulait pas que le bâton de Moché puisse être en contact directement avec les bâtons impurs des sorciers égyptiens.
Ainsi Aharon avait son propre bâton et l'utilisa pour accomplir la volonté de D.

-> Le livre Tsafnat Paanéa'h rapporte que le bâton de Moché était orné de pierres précieuses, de saphirs, tandis que le bâton d'Aharon était en bois.

-> Cependant d'après le midarch (Chémot rabba 26), le bâton d'Aharon était le même que celui de Moché avec lequel il accomplit les miracles en Egypte.
Comment comprendre alors le sens du verset?
Le midrach répond : il faut simplement comprendre le verset de la façon suivante : lorsqu'Aharon accomplissait les miracles, la Torah emploi les termes "le bâton d'Aharon", mais lorsque Moché accomplissait des miracles, le bâton est appelé dans la Torah "le bâton de Moché".