Les causes de l’exil en Egypte

+ Les causes de l’exil en Egypte (par le Méam Loez (Chémot 6,1)) :

-> 1ere raison = les juifs n’auraient jamais pu recevoir la Torah sans avoir connu de souffrances …
En effet, ils auraient été occupés à manger, à boire et à satisfaire toutes leurs mauvais habitudes et auraient considéré tout changement de mode de vie comme pratiquement impossible.
Or si les juifs n’avaient pas accepté la Torah, le monde n’aurait pu se maintenir en existence, l’univers entier n’existant que par le mérite de la Torah.

Lorsque Hachem les fit échapper à ces tourments, ils en furent si reconnaissants qu’ils acceptèrent joyeusement la Torah, de tout leur cœur et de toute leur âme.
Bien que la Torah fût difficile à observer et que la compréhension et l’accomplissement des mitsvot demandaient un grand effort, cela leur serait très facile comparé à la vie pénible qu’ils menaient en Egypte.

Grâce à leur labeur en Egypte, les juifs furent également prêts aux sacrifices que nécessite la véritable étude de la Torah. Ils avaient subsisté avec de l’eau et du pain dur, dormi là où ils le pouvaient et n’avaient jamais eu le temps ni la force pour des plaisirs physiques.
Une vie de dévouement total à la Torah leur serait donc, comparativement plus facile.
[…]

Avant de pousser, une graine doit être enterrée. De même, les juifs durent-ils être enterrés en Egypte avant de pouvoir grandir dans leur foi.

De plus, sans l’exil en Egypte, les juifs n’auraient pas été spirituellement préparés à comprendre la grandeur de D. ou la réelle signification de la Torah.
Leur asservissement en Egypte avait purifié leur corps, éveillé leur personne physique et les avait rendus extrêmement humbles.
Pendant la sortie d’Egypte, c’est comme s’ils étaient nés à nouveau.
Ils se rendirent compte qu’ils n’auraient jamais reçu la Torah sans cette purification du corps et l’abandon total du péché.

Telle était la signification de la promesse de D. à Avraham : « Après cela [les 400 ans d’exil], ils partiront avec de grandes richesses » (Béréchit 15,14).
Or, il ne peut s’agir ici de richesses matérielles.
[…]

Hachem dit à Avraham que ses descendants partiraient avec « de grandes richesses » (ré’houch gadol), plutôt que « beaucoup de richesses » (ré’houch rav). L’expression hébraïque indique que la richesse est évaluée en qualité, mais non en quantité …

La grande richesse que D. promit à Avraham ne consistait pas en or, en argent ou en diamants, qui en vérité n’ont aucune valeur.
En réalité, Hachem voulait expliquer à Avraham la raison de l’exil de ses descendants en Egypte : l’asservissement qu’ils endureraient en Egypte allait les préparer à accepter la Torah et reconnaître la grandeur de D.
C’est cela que représentait la « grande richesse ».

[Le Méam Loez (Bo 11,1-2) enseigne de nouveau que la promesse de grandes richesses désigne une richesse spirituelle plutôt que matérielle …
Toutefois, du fait que pris littéralement les termes de « grandes richesses » désignent la richesse matérielle, Hachem dit aux juifs de réclamer de l’or et de l’argent afin qu’Avraham n’ait plus la moindre doléance …
Les juifs allaient effectivement s’approprier toute la richesse de l’Egypte à la Mer Rouge, mais puisqu’au moment de la sortie d’Egypte, Avraham ne le savait pas encore, il aurait pu en être contrarié.
Hachem ne voulait pas que même pour quelques jours Avraham ait l’impression que la promesse Divine n’était pas tenue, et Il ordonna donc au peuple de demander aux égyptiens leur or et leur argent.]

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-> 2e raison = purifier les juifs de la souillure de l’idolâtrie

Depuis l’époque d’Enoch, on commença à adorer des idoles …
La majorité des hommes pensait que tout était soumis aux lois de la nature, que D. ne s’intéressait pas aux simples mortels … L’idée même des miracles leur semblait saugrenue.
[…]

Avraham fut le 1er à se couper de ces cultes et à rendre public le fait que le monde est dirigé par un D. invisible et omnipotent …

Après la mort des fils de Yaakov, les juifs commencèrent à s’assimiler aux égyptiens et à d’autres peuples environnants. Ils se mirent à adopter les pratiques idolâtres acceptées partout à cette époque.
Bientôt, les juifs furent totalement plongés dans l’idolâtrie.

Cependant, comme il étaient les descendants d’Avraham, Its’hak et de Yaakov, Hachem par bonté et plutôt que de les anéantir, les fit être asservis.
Les rudes travaux les purifièrent des dernières traces d’idolâtrie.
[…]

Ceci explique la réaction d’Avraham lorsque Hachem lui dit clairement : « Ta descendance sera étrangère dans un pays qui ne sera pas le sien, ils les asserviront et les opprimeront pendant 400 ans » (Béréchit 15,13).

Or, Avraham accepta calmement ce décret, et nous n’avons pas de preuves qu’il fît la moindre prière pour que D. l’annule.
Ceci est d’autant plus difficile à comprendre, que lorsque D. avait annoncé à Avraham la destruction imminente de Sodome, Avraham avait passé une journée entière en prière, suppliant D. d’épargner cette ville perverse.

Or ici, alors que ses propres descendants doivent être sujets à d’affreuses souffrances, il ne dit pas un mot.
Nous nous attendrions à ce qu’il verse des larmes de sang, qu’il jeûne et prie pendant des semaines pour faire annuler le décret.
Pour des étrangers [pervers], il pria du matin au soir, alors que pour ses propres descendants, il ne fit rien.

En réalité, Avraham avait une bonne raison de rester silencieux.
Il savait que, sans la servitude, les juifs n’auraient jamais été dignes de la Torah.
Ils devraient être raffinés comme l’argent par leur longue période d’esclavage.
Avraham comprit que l’asservissement n’était pas envisagée comme une revanche, mais comme un processus de purification dû à la bonté de D., par le mérite des Patriarches.

Bien que nombreux seraient les blessés et les morts, la nation entière en serait purifiée, et elle serait alors prête à croire totalement en Hachem.

C’est pour cette raison que [dans Chir haChirim (4,11-15)], l’Egypte est appelée le Liban (lévanon), littéralement ce qui blanchit (lavan) et purifie.
C’est leur expérience en Egypte qui lava les juifs de leurs péchés et les purifia spirituellement.
Il est d’ailleurs écrit : « Si tes péchés sont comme l’écarlate [rouge vif], ils deviendront blancs comme la neige » (Yéchayahou 1,18).

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-> 3e raison = en Egypte, les juifs avaient abandonné le rite de la circoncision ordonné à Avraham, et par cela ils montraient clairement qu’ils ne désiraient plus être soumis à Hachem …
D. les punit mesure pour mesure : s’ils ne voulaient pas être les esclaves de D. (abandonnant le signe de l’alliance), ils deviendraient donc les esclaves de Pharaon.

De plus, de nombreux juifs refusaient la circoncision parce qu’elle réduit le plaisir sexuel.
C’est d’ailleurs là une des raisons du commandement (affaiblir ce désir pour rester kadoch). Leur punition fut donc d’être si éreintés par leur travail que leur désir sexuel en serait totalement affaibli.
C’est pour cette raison que la tribu de Lévi ne fut jamais asservies, car ce fut la seule tribu où chacun de ses membres avait gardé la brit mila.
[…]

Bien entendu, ce n’était pas tous les juifs qui négligeaient la brit mila. Il y avait beaucoup de pieuses personnes qui l’accomplissaient en courant de grands risques pour leur personne …
D’ailleurs ces juifs répondaient aux égyptiens : « Commençons par circoncire nos enfants [même si vous allez les jeter à l’eau ou au feu]. Pour ce qui est de la suite, leur destin sera entre les mains de D. »

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-> 4e raison = l’ange du mal Samaël dénonça Yaakov pour avoir recouru à la ruse lorsqu’il voulut obtenir la bénédiction que Its’hak destinait à Essav.
Par leurs rudes travaux en Egypte, les juifs allaient mériter la bénédiction. [d’après le Yalkout Réouvéni]

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-> 5e raison = l’ange gardien de l’Egypte : Amon de No, avait saisi un chevreau en main et dénoncé les fils de Yaakov d’avoir vendu Yossef et trempé son manteau dans du sang de chèvre pour leurrer leur père (Béréchit 37,31).
En conséquence, il fut décrété que 10 des plus grands sages seraient brutalement assassinés par les romains.

Une 2e conséquence de cet incident fut le décret d’asservissement brutal des juifs en Egypte … Toutefois l’esclavage ne commença pas pendant la vie des fils de Yaakov car leur mérite suffisait à les protéger, eux et leurs enfants …

Nos Sages enseignent que le réel asservissement des juifs débuta à la naissance de Myriam et dura 83 ans et 4 mois.
Car les 12 tribus sont mises en parallèle avec les 12 heures de la journée.
Or, un jour de D. représente 1000 ans (Téhilim 90,4), et une heure de Hachem, 83 ans et 4 mois.
Puisque les fils de Yaakov voulaient détruire l’une des 12 tribus qui représente l’une des 12 heures du jour, il fut décrété, selon le principe de mesure pour mesure, que leurs descendants seraient asservis pendant une heure de D., soit 83 ans et 4 mois.

D’autres autorités affirment que les juifs durent asservis pendant 86 ans.
En mille ans, le mois d’Adar est doublé 368 fois. Il y a donc 1030 années de 12 mois lunaires, plus 8 mois.
Si l’on divise ce chiffre par 12, on obtient 86 ans moins 40 jours.

Benjamin n’avait pas participé à la vente de Yossef, mais puisque les égyptiens avaient reçu d’en-Haut la permission d’asservir les juifs, ils ne firent pas de différence entre les coupables et les innocents.
Nos Sages (Baba Kama 60a) enseignent la règle suivante : « Lorsque le destructeur reçoit autorité, il ne distingue pas entre le coupable et l’innocent ».

La tribu de Yossef fut asservie elle aussi, car Yossef avait sa part de responsabilité dans ces événements, car par sa calomnie, il avait provoqué la haine de ses frères (cf. Béréchit 37,2).
[Pourtant, si l’une des tribus avait observé la brit mila, ce mérite aurait suffi à la protéger de l’asservissement, et c’est pour cela que la tribu de Lévi fut épargnée.]

Le châtiment correspondait bien à la faute puisque ses frères avaient vendu Yossef comme esclave, alors leurs enfants devinrent des esclaves.
Du fait qu’ils l’avaient jeté dans un puits, les égyptiens, en retour, jetèrent leurs enfants dans le Nil.

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-> 6e raison = les fils de Yaakov avaient fait souffrir leur père.
Yaakov porta le deuil de son fils pendant 22 ans : depuis la vente de Yossef jusqu’à ce qu’il ait appris qu’il était vivant.

10 frères (en excluant Yossef et Binyamin) étaient responsables de ce crime.
Les juifs méritaient un exil de 22 ans pour chacun des frères, soit 220 ans au total. Mais puisque les 10 frères moururent hors de la terre Sainte, cette punition réduisait leur sentence d’un an pour chacun.
Les juifs demeurèrent donc en Egypte pendant 210 ans.
[…]

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Par ailleurs, dans le Zohar, rabbi Its’hak enseigne que si les juifs n’avaient jamais mangé la nourriture des égyptiens ni tiré profit d’eux, ils n’auraient jamais été asservis et les égyptiens n’auraient eu aucun pouvoir sur eux.
Mais dès que les juifs eurent mangé le pain des égyptiens, ils tombèrent sous leur domination.
[…]

Le fait que la souffrance des juifs s’aggravât après la visite de Moché à Pharaon était pour le bien d’Israël …
En effet, constatant qu’ils étaient persécutés au lieu d’être libérés, ils n’avaient pas d’autre espoir que de se tourner de tout leur cœur vers Hachem, et d’implorer Son pardon pour toutes leurs fautes.

Au commencement de l’exil des juifs [en Egypte], les âmes de tous les fils de Yaakov se rassemblèrent dans la grotte de Ma’hpéla et crièrent aux Patriarches : « Une nation cruelle asservit vos enfants! »
Elles s’y étaient réunies afin de demander aux Patriarches de prier pour leurs enfants.

La Torah dit donc : « Voici les noms des fils d’Israël qui vinrent avec Yaakov » (Chémot 1,1) = après leur mort, ils vinrent avec Yaakov prier pour leurs enfants.
[l’exil égyptien ne commença qu’après la mort du dernier des enfants de Yaakov (Lévi)].
[rabbi El’azar ben Arakh – Zohar]

« Assurément, la chose est connue » (Chémot 2, 14)

-> Rachi explique que Moché se demandait quelle était la faute des juifs pour  »mériter » de telles souffrances.
Quand il constata qu’il y avait parmi eux des médisants, il comprit que c’était cela la cause de l’exil, et il dit : « Assurément, la chose est connue » = je connais à présent la raison de cette chose.

Mais lorsque plus tard, Hachem se dévoilera à Moché sur le buisson, et qu’Il l’enverra libérer les juifs d’Egypte, Moché demandera : « Pourrai-je sortir Israël du pays d’Egypte? » (Chémot 3,11)
Rachi d’expliquer cette question : « Mais quel mérite ont-ils pour être libérer? »

=> Ainsi, au départ, Moché ne voyait aucune raison à cet esclavage, mais quand il sut qu’il y avait parmi eux de la médisance, tout d’un coup, il ne voit à présent plus aucune raison pour qu’ils soient libérés.
Même si cela semble étonnant et paradoxal, c’est la réalité : lorsqu’il y a de la médisance, plus aucun mérite ne peut plus aider pour être sauvé!

[Sfat Emet]

« Moché consentit à demeurer avec cet homme » (Chémot 2,21)

-> Dans la Mékhilta, il est écrit que lorsque Moché demanda à Yitro la main de sa fille Tsipora, il accepta à la condition que le fils qu’il aurait en premier (té’hila) serve l’idolâtrie, tandis que les suivants pourraient servir Hachem.
Moché accepta et Yitro le fit jurer, comme le laisse entendre le terme « vayoel » (consentit) qui se réfère à un serment.

-> Selon le ‘Hidouché haRim, nous ne devons pas comprendre cela au sens propre, mais plutôt ainsi :
Yitro voulait que le fils qu’aurait Moché suive sa voie, c’est-à-dire serve d’abord (té’hila) l’idolâtrie, puis constate sa vanité et son abomination et découvre ensuite la vérité : la foi en Hachem, D. du peuple juif.
Mais Moché changea d’avis et s’y opposa, car il est impossible de se soustraite à toute impression de l’idolâtrie une fois qu’on l’a servie.

« Un nouveau roi s’éleva sur l’Egypte, lequel n’avait pas connu Yossef » (Chémot 1,8)

-> « Rav et Chmouël au sujet de ce verset : l’un pense qu’il s’agissait véritablement d’un nouveau roi, le second estime que seuls ses décrets changèrent […]
« Lequel n’avait pas connu Yossef » = il laissait croire qu’il ne l’avait jamais connu. »
[guémara Sotah 11a]

-> Rav Méïr Rubman (Zikhron Méïr) rapporte le michnat Rabbi Eliézer :
« Pourquoi la Torah se montre-t-elle si intransigeante envers l’homme ingrat?

Parce que l’ingratitude est assimilable au reniement de Hachem, car celui qui refuse de croire en D. n’est en réalité qu’un homme ingrat : il refuse aujourd’hui de reconnaître le bienfait dont l’a gratifié son prochain, et le lendemain il conteste les bienfaits de son Créateur.

C’est ce qui est dit au sujet de Pharaon : « Lequel n’avait pas connu Yossef » = Pourtant, les bienfaits de Yossef n’étaient-ils pas jusqu’à ce jour reconnus par toute l’Egypte?

C’est qu’en réalité, Pharaon savait mais refusait de l’apprécier. Et pour avoir nier les bienfaits de Yossef, il finit par renier la bonté de Hachem, comme il est dit : « Je ne connais point Hachem ».
Il est donc établi que l’ingratitude est assimilable à l’athéisme. »

-> Une idée similaire se trouve dans le midrach (Chémot rabba chap.1) :
« Lequel n’avait pas connu Yossef » = Se peut-il réellement qu’il ne l’ait pas connu? …

Le verset renvoie ici à l’idée que : « Aujourd’hui, Pharaon ne connait pas Yossef, et demain, il finira par dire : Je ne connais pas Hachem! »

[ainsi, toute la chute de Pharaon a résidé dans sa non appréciation de tout le bien que Yossef lui apportait!
=> Dans notre vie, chaque occasion de témoigner de notre gratitude est un pas nous rapprochant de Hachem, et inversement.
La reconnaissance est à la base de la foi juive!]

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-> Le Kli Yakar dit que la vie de Yossef démontre que malgré toute la volonté de ses frères de le faire disparaître et de lui nuire pour empêcher ses rêves de se réaliser, pour ne pas qu’il règne sur eux, ce sont justement ces tentatives qui ont menées à sa réussite et à sa grandeur.

Quand Hachem décide d’élever quelqu’un, rien ne sert de le rabaisser. Seule la Volonté Divine se réalisera, et les actions de ses ennemis pour lui nuire seront utilisées par Hachem pour justement le mener à sa réussite.

Pharaon ne connaissait pas Yossef = c’est-à-dire qu’il ignorait cet enseignement qui ressort de la vie de Yossef, car s’il en avait conscience, il n’aurait pas essayer de nuire aux juifs de peur que le mal qu’il leur ferait entraînerait justement leur délivrance et leur grandeur.

Et c’est effectivement ce qui se passa, la Torah nous dit que « plus il les oppressait, plus ils se multipliaient ».
Le mal que Pharaon imposait aux juifs pour ne pas qu’ils se multiplient entraîna l’inverse de sa volonté et Pharaon n’a réussi qu’à se causer des nuisances à lui-même.

Ainsi :
– « S’est levé un nouveau roi sur l’Egypte » = ce nouveau roi s’est en fait « élevé » sur l’Egypte, c’est-à-dire « contre » l’Egypte :
– comme « il ne connaissait pas (l’histoire de) Yossef » = en fait, en voulant nuire aux juifs, il ne nuisit qu’à l’Egypte : « Il s’éleva contre l’Egypte ».

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-> Le ‘Hatam Sofer rapporte les propos du Targoum qui dit : « Qui ne réalisa pas l’ordre de Yossef ».
Il ignorait Yossef, c’est-à-dire les décrets de Yossef, comme le fait que les égyptiens devaient se circoncire, ce qu’ils firent.
Cependant, ce nouveau roi qui se leva ignora ce décret de Yossef et l’annula. Il décréta qu’à présent les égyptiens ne devaient plus se circoncire.

Le ‘Hatam Sofer explique que cela était un remède pour les juifs, et ne servit que de moyen pour amener la libération des juifs.
En effet, la Torah nous dit que quand la fille de Pharaon vit le panier sur le Nil, elle a su que le bébé était un juif, et c’est ainsi qu’elle accepta de le confier à des juifs, à savoir à ses vrais parents qui lui enseignèrent l’existence de Hachem et lui révélèrent que lui aussi était un Hébreu.
Sans cela, il n’aurait rien su de tout cela, et il n’aurait probablement jamais été apte à délivrer le peuple juif d’Egypte.
[le jour même où il fut mis sur le Nil, Moché fut également confié par Batiya à sa mère (Batiya ne savait pas que c’était sa mère), pour qu’elle le nourrisse (il refusait tout autre lait). Moché est resté chez ses parents jusqu’à l’âge de 2 ans, et il a rejoint alors le palais où il vécu jusqu’à ses 12 ans.]

Cependant, nos Sages enseignent que Pharaon décréta de jeter dans le Nil tous les garçons, et même les égyptiens et pas seulement les juifs.
=> Comment la fille de Pharaon a-t-elle pu savoir que le bébé était un juif et pas un égyptien?

Le Ramban répond qu’elle constata qu’il était circoncis (Moché est né ainsi).
Il en ressort que si Pharaon n’avait pas supprimé l’ordre de Yossef que les égyptiens doivent se circoncire, alors tous les égyptiens aussi l’auraient été et la fille de Pharaon n’aurait pas pu savoir que le bébé était juif, avec toutes les conséquences que cela auraient entraîné.

=> Ainsi, Pharaon pensaient faire du mal en annulant l’ordre de Yossef, mais en réalité Hachem était en train, sur son dos, de préparer la délivrance.

« Les égyptiens asservirent les enfants d’Israël avec une extrême rigueur » (Chémot 1,13)

-> Les Tossafot (Pesachim 117b) utilise le système at’bach (א-ת ב-ש), dans lequel chaque lettre hébraïque est substituée par son inverse en partant de la fin de l’alphabet.
Ainsi, à la place de la 1ere lettre (aleph), on prend la 1ere en partant de la fin (tav), pour la 2e lettre (bét), on prend la 2e en partant de la fin (shin), …

Le mot : « faré’h » (une extrême rigueur – פָרֶךְ), se transforme alors en : וגל, qui a une guématria de 39.
Cela fait allusion au fait que les égyptiens obligeaient leurs esclaves juifs à accomplir l’ensemble des 39 méla’hot (travaux créatifs).
Par conséquent, après leur libération de l’esclavage, Hachem leur a ordonné d’observer le Shabbath en n’accomplissant pas ces 39 méla’hot.

Cela permet de mieux comprendre pourquoi nous récitons dans le Kidouch : « en souvenir de la sortie d’Egypte » (זכר ליציאת מצרים).
De même que sur : « Tu te souviendras que tu étais esclave dans le pays d’Egypte et que Hachem ton D. t’en a fait sortir d’une main puissante et d’un bras étendu ; c’est pourquoi Hachem ton D. t’a ordonné de faire le jour du Shabbath » (Vaét’hanan 5,15)

[Moché et Aharon vinrent et dire à Pharaon : … ] « Laisse-nous donc partir 3 jours de chemin dans le désert et nous offrirons des sacrifices à Hachem notre D. » (Chémot 5,3)

-> Hachem ne donne pas à un homme une épreuve s’il ne peut pas la surmonter.
Cela est valable même pour un non-juif, et même pour un racha.

En effet, Hachem savait que si Moché avait demandé à Pharaon de libérer son peuple pour toujours, alors Pharaon n’aurait pas pu surmonter cette épreuve. Le peuple juif lui servait grandement et lui amenait la bénédiction.

C’est pourquoi, Moché lui a dit : « Laisse-nous donc partir 3 jours de chemin dans le désert » = sous-entendant qu’ils reviendraient ensuite.
[Pharaon pouvait alors pleinement exercer son libre arbitre pour y répondre]

[d’après le Alshich haKadoch]

[Chaque épreuve que D. nous envoie est une occasion de nous élever, de rendre réel nos potentialités internes, et d’ainsi nous rapprocher davantage de Hachem, ce qui est l’objectif de notre vie.
Toute épreuve est décrétée par D., pour notre bien, et est dosée dans les moindres détails pour que nous puisions la surmonter (la durée, l’intensité, …).]

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-> « Hachem n’élève personne à la dignité avant de l’avoir testé » (midrach Béréchit rabba)

-> « Il [D.] voulait t’éprouver par les tribulations pour te rendre heureux à la fin » (Ekev 8,16)

[Une épreuve est pour nous comme un test personnalisé de notre fidélité à Hachem.
A quel point Lui resterons-nous confiant, plein d’amour?]

« De même qu’en Egypte, Hachem a nommé 2 messagers pour mener les juifs en dehors de l’esclavage : Moché et Aharon, de même nous aurons 2 émissaires au moment de la délivrance finale : Machia’h ben Yossef et Machia’h ben David.

Pourquoi cela?
Un pour sortir les juifs de l’exil, et un autre pour sortir l’exil des juifs. »

[rabbi Chmouël Mohilever]

Réincarnations & paracha Chémot

+++ Réincarnations & paracha Chémot :

+ Quelle est la raison profonde qui poussa Batya a prendre le risque de sauver Moché?

-> Selon le Arizal (Chaar haGuilgoulim), Batya, fille de Pharaon, était une réincarnation de ‘Hava.
Or, ‘Hava est la mère de toute l’humanité, et elle n’est pas née de parents : Hachem ayant pris une partie d’Adam pour la créer.

– Le nom Batya (בתיה) est constitué de : בת – יה (bat ya) = la fille de Hachem.
– Moché (משה) est l’acronyme de : Moché (משה), Chét (שת) et Hével (הבל), dont il en était la réincarnation.

=> Batya (‘Hava) a pris Moché, car elle avait beaucoup de miséricorde pour ses propres enfants (Chét et Hével).

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-> Rabbi Eliezer Friedman poursuit cette idée un peu plus loin.

C’est ‘Hava qui a donné à son mari du fruit interdit, entraînant alors leur exil du gan Eden, avec l’obligation de vivre une vie difficile, plein d’efforts, et avec l’apparition de la mort.
D’une certaine façon, ‘Hava est « responsable » à chaque fois qu’une personne va mourir, puisqu’elle a conduit à introduire cette réalité.

Cependant, Moché a permis de ramener la vie dans le monde, en libérant le peuple juif de l’esclavage et en apportant la Torah, au point où l’on parle de : Torat Moché du Sinaï!
En effet, la Torah c’est la vie, et c’est l’héritage qu’il nous laisse chaque jour.

Batya en récupérant Moché du fleuve, elle lui a sauvé la vie, mais également celle de chacun des juifs (car seul Moché avait la capacité de faire sortir le peuple!), et en réalité c’est toute l’humanité, le monde entier qu’elle a également sauvé en permettant le don futur de la Torah (en effet, si à un seul instant personne n’étudie la Torah, alors le monde disparaît immédiatement!).

=> C’est ainsi que Batya (réincarnation de ‘Hava) a pu effacer la faute originelle de ‘Hava.

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+ Comment comprendre que Moché a pu se marier avec une fille de Yitro, un des principaux prêtes idolâtres de l’époque? Est-ce vraiment approprié pour un enfant de la tribu de Lévi?

-> « Celui qui verse le sang de l’homme, par l’homme (baadam) son sang sera versé » (Noa’h 9,6)

Le Chla haKadoch note que le mot : baadam (par l’homme) est en trop, et cela afin de nous enseigner que si quelqu’un est tué par les mains d’un d’autre, alors son âme réincarnée devra tuer celui qui l’a tué.

Le premier meurtre de l’histoire du monde fut lorsque Caïn a tué son frère Hével. C’est ainsi, que la future réincarnation de Hével devra tuer la future réincarnation de son frère Caïn.

-> Rabbi Chimchon d’Ostropoli (grand kabbaliste du 17e siècle) nous livre le développement suivant.
Il est écrit : « Caïn a subi vengeance » (Béréchit 4,24), qui se dit : « youkam Caïn ».

– Caïn a été réincarné dans 3 personnes, qui sont l’acronyme du mot : youkam (יֻקַּם), soit : Yitro (י), Kora’h( ק) et Mitzri (מ).
– Moché rabbénou était la réincarnation de 2 âmes : Chét et Hével.
[le nom Moché (משה) est l’acronyme de : Moché (משה), Chét (שת) et Hével (הבל)]

=> C’est pourquoi selon nos Sages, il était nécessaire pour Moché de venger la mort de Hével par Caïn en : tuant l’égyptien (Mitzri), en se débarrassant de la nation de Kora’h, et en convertissant Yitro.

-> Selon le midrach (Béréchit rabba 22), Caïn et Hével sont nés avec des sœurs jumelles, avec lesquelles ils se sont mariés ensuite.
Cependant, Hével est né avec une jumelle supplémentaire (à partir des mots : « elle enfanta encore son frère Hével » – Béréchit 4,2).
Cela a rendu Caïn jaloux, qui a alors tué Hével afin de pouvoir revendiquer pour lui cette sœur.

Tsipora, la fille de Yitro, était une réincarnation de cette fille.

=> C’est pourquoi, Moché, la réincarnation de Hével, devait se marier avec Tsipora, la jumelle pour laquelle il était destiné, qui lui a été accordée par Yitro, la réincarnation de son meurtrier : Caïn.

« L’enfant grandit et elle l’amena à la fille de Pharaon et il devint un fils pour elle. Elle lui donna le nom de Moché, disant : « Parce que je l’ai tiré (méchiti’ou) de l’eau ». » » (Chémot 2,10)

-> Moché avait 10 noms : Yéred, ‘Héver, Yékoutiel, Avigdor, Avi Socho, Avi Zanoa’h, Touvia, Chémaya, Lévi et Moché (midrach rabba Vayikra 1,3).

-> Bien qu’il avait ces différents noms, la Torah entière ne l’appelle que par le nom donné par Batya, la fille de Pharaon. Hachem ne l’appela jamais par un autre nom. (midrach Chémot rabba 1,26)

-> Le ‘Hida (Chem haGédolim) fait remarquer qu’il est notable de constater qu’aucun Tana ou Amora ne s’est appelé : Moché.
Pour cette raison, l’expression est devenue : « De Moché (rabbénou) à Moché (le Rambam), il n’y a pas de Moché » = en effet, aucun Tana ou Amora ne portait ce nom saint et pur.

-> Le père de Moché (Amran) et sa mère (Yo’hévét) l’appelèrent Yékoutiel (selon le Yalkout chimoni), nom qui veut dire qu’il a enseigné aux juifs à placer leur espoir et leur confiance en D.

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-> Selon le Ibn Ezra, la fille de Pharaon lui a donné le prénom égyptien Monios, qui en hébreu, se traduit par Moché, tiré de l’eau.

-> La guémara (Sotah 36b) enseigne que Pharaon, son père, ne connaissait pas l’hébreu.
Comment Batya pouvait-elle connaître cette langue?
Lorsque les juifs sont arrivés en Egypte, elle l’a appris d’eux.
[Daat Zékénim miBaalé Tossafot]

-> Il est probable que ce soit la mère de Moché, Yo’hévét, qui a nommé Moché.
Elle a dit à Batya qu’elle nommait le bébé Moché par gratitude du fait qu’elle l’a sorti de l’eau.
[Tossefét Bra’ha]

-> Il est écrit : « La fille de Pharaon descendit se baigner au fleuve » (Chémot 2,5)
Le midrach commente qu’elle avait de la lèpre (tsara’at), entraînant qu’elle ne pouvait pas se baigner dans de l’eau chaude, mais uniquement dans du froid comme l’est le Nil.
A l’instant où elle a touché Moché, elle a été immédiatement guérie.

Cependant, le Tikouné Zohar ajoute que sa tsara’at a été transmise à Moché, qui en est resté atteint pendant pratiquement 80 années, jusqu’au moment où Hachem a parlé avec lui au buisson ardent, et où il en a été guéri.

[malgré cela, selon le Ibn Ezra, à chaque fois qu’on l’appelait « Moché », cela lui rappelait le sauvetage des eaux du fleuve par Batya, et à chaque fois, il l’a remercié en son cœur! ]

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-> Hachem a placé dans la bouche de Batya le nom : Moché (משה), qui se lit à l’envers : Hachem (השם).
[Tsor haMor]

Le Torat Gavriel enseigne également que le nom lui a été communiqué par inspiration divine (roua’h haKodech), le Ciel jugeant ce nom approprié.
En effet, dans le verset elle le nomme tout d’abord : Moché, et ensuite en donne l’explication.

-> Il aurait été plus correcte de l’appeler : machouï (משוי) : « celui qui a été tiré ».
Le nom : Moché (משה) implique qu’il s’est sorti lui-même de l’eau. En effet, ses propres mérites (futurs) ont entraîné qu’il en soit sauvé.
[midrach haGadol]

Le Rokéa’h enseigne que c’est parce qu’il va sauver d’autres de l’eau dans le futur, lorsqu’il mènera le peuple juif dans la traversée de la mer Rouge, survivant à l’armée égyptienne.

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-> Pharaon lui-même ne connaissant pas l’hébreu, et il avait même fait jurer à Yossef de ne le révéler à personne.
=> Comment sa fille pouvait-elle parler la langue sainte, pour le nommer Moché : « car je l’ai retiré de l’eau »?

Rabbi Yi’hiya Na’hmani (le Imré Noam) explique que lorsque Yossef parlait avec Pharaon en hébreu, ce dernier ne savait pas lui répondre, et il lui a fait jurer de ne le révéler à personne. Malgré tout Pharaon n’a pas eu confiance en Yossef à ce sujet, et il avait peur que cela se sache.
C’est pourquoi, il a été obligé d’apprendre l’hébreu, et de cette façon la langue sacrée a été apprise dans toute sa maison, et sa fille savait parler cette langue.

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-> Il était considéré comme si Moché avait été noyé dans l’eau, et qu’il n’était plus l’enfant de ses parents.
Batya disait que puisqu’elle l’a sauvé de l’eau, c’est comme si elle en était sa mère.
[Nétsiv – Haémek Davar]

-> En lui donnant ce nom (« je l’ai tiré de l’eau »), Batya, la fille de Pharaon, voulait mettre en avant qu’elle avait pris un bébé qui avait déjà été jeté dans l’eau.
Ainsi, le décret de Pharaon a bien été respecté, et elle ne risquait pas la mort puisque n’ayant pas agi en opposition avec le décret du roi.
[Gaon de Vilna]

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-> Batya est allée se tremper dans le fleuve afin de retirer l’idolâtrie (avoda zara) de la maison de son père, et afin de se convertir au judaïsme.
[guémara Méguila 13a]

[peut-être qu’en nommant Moché, elle faisait référence à Hachem qui l’a « sorti » de l’idolâtrie, de l’eau du mikvé (le fleuve), l’amenant alors à faire partie de Son peuple.]

-> « La fille de Pharaon descendit pour se baigner dans le fleuve »
La guémara (Sotah 12b) commente : « Cela nous enseigne qu’elle est descendue pour se laver de l’idolâtrie de son père. »
Elle s’est rendue auprès du Nil pour faire la tévila (l’immersion) pour devenir une convertie au judaïsme (Rashi – Sotah 12b).
Certains commentateurs enseignent que le fait qu’elle soit allée se baigner justement dans le fleuve pour se purifier des idoles de son père, et non à un autre endroit, était dû au fait que le fleuve était l’idole de l’Egypte, comme l’écrit Rachi (Chémot 7,17). C’est là qu’elle est allée se convertir, pour annuler leur idole, et montrer qu’elle n’y croyait pas.

Selon la guémara (Taanit 7a), « l’eau, c’est la Torah » , mais l’eau symbolise également l’humilité (« de même que l’eau coule d’un point haut vers un point bas, de même les paroles de Torah restent uniquement chez celui qui est humble »).
=> C’est ce que dit le verset : « La fille de Pharaon descendit se baigner dans le fleuve », elle est descendue de sa grandeur en tant que fille de roi pour se tremper dans l’eau de la Torah.
[rabbi David Pinto]

-> Que venait faire une princesse égyptienne, fille de Pharaon dans le fleuve de la région de Goshèn, habitée uniquement par les juifs?
En lui donnant ce nom, Batya exprimait [indirectement] qu’elle a été « tirée en dehors » de son palais habituel vers le fleuve afin de sortir ce bébé de l’eau.
[le Alshich Hakadosh]

Le ‘Hokhmat haTorah note que c’est uniquement parce que son père Pharaon, a décrété que tous les bébés garçons juifs doivent être jetés dans le fleuve, qu’elle a eu le mérite de retirer Moché de l’eau.

=> On voit comment Hachem peut absolument tout faire. Lorsque plein de fierté, on pense avoir trouvé LA solution pour éviter un décret divin, et bien c’est justement notre action qui va permettre d’amener notre perte.

[on peut observer la même chose dans le récit de Pourim avec Haman, qui a mis en place la potence sur laquelle il sera finalement pendu!]

-> A ce sujet, le Ben Ich ‘Haï enseigne :
« Non seulement Pharaon, son père, a permis cela par son décret, mais en plus il l’appelait Moché dans le palais.

Comment ne s’est-il jamais interrogé davantage sur la provenance de ce bébé?
N’aurait-il pas dû déduire qu’il y avait un risque pour que ce soit le sauveur du peuple juif?

Tout cela montre la providence Divine.
Le nom de Moché était utilisé par tous, même par Pharaon, et ils ne se sont jamais rendus compte qu’il allait être le sauveur des juifs.
[le midrach nous relate certes l’incident où Moché jeune a mis la couronne de Pharaon, mais ce dernier n’a eu peur que de perdre sa royauté, et pas d’autre chose!]

Hachem ne leur a donné aucune compréhension ou aperçu de la vérité. »

[ =>Etant humain, nous avons par définition des limitations à comprendre ce qui se passe. Mais plus que cela, nous ne pouvons voir, penser, … que ce que Hachem souhaite! ]

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-> b’h, Autre dvar Torah sur ce verset : https://todahm.com/2016/04/25/4319

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+ « Yo’hévét (enfanta un fils et) vit qu’il était bon (tov) » (Chémot 2,2)
Une braïta enseigne : selon rabbi Méïr, son nom était Tov ; selon rabbi Yéhouda, il s’appelait Touvia ; selon rav Né’hémia, le mot « tov » indique qu’il était apte à la prophétie ; selon A’hérim, il était né circoncis ; selon les autres sages, la maison fut remplie de lumière lorsque Moché naquit, car ils ont rapproché notre verset : « Elle vit que la lumière était bonne (ki tov) », et le verset : « D. vit que la lumière était bonne (ki tov) » (Béréchit 1,4).
[guémara Sota 12a]

-> Du fait que Moché est né le 7 Adar, ses parents ont pu le cacher durant 3 mois (lunaires) et le jour où ils ont dû le mettre dans le fleuve était donc le 6 Sivan, le futur jour réservé au don de la Torah.
Le verset « elle vit qu’il était bon » fait donc allusion à la Torah (désignée : tov) qui sera donnée au peuple d’Israël le 6 Sivan par le mérite de Moché.
C’est pourquoi Yo’hévét a caché son fils Moché dans sa maison, sans aucune crainte jusqu’au jour du don de la Torah, car le mérite de la Torah future le protégeait.
[Alchikh haKadoch]

-> C’est Myriam qui a nommé son frère Tov à sa naissance inspirée par une intuition prophétique, et sa mère Yo’hévét aurait agréé ce prénom.
[Ets Yossef]

-> Le prénom Tov a été attribué par sa mère Yo’hévét, car elle a pressenti que cet enfant amènerait un bienfait (tova) à Israël et la délivrance (guéoula) du peuple.
[Maharcha]

-> Rabbi Yéhouda a ajouté au prénom Tov (טוב) les lettres youd et hé (du Tétragramme) pour former le prénom Touvia (טוביה).
En effet, dans l’expression du verset (v.2,2) : ki tov hou (כי טוב הוא), le mot טוב est entouré de la lettre youd (du mot כי) et de la lettre hé (du mot הוא).
Ce prénom Touvia montre donc qu’Hachem s’est associé à cet enfant.
[Maharcha]

-> Dès que Moché a été sauvé des eaux du Nil par Batya, le décret de Pharaon de jeter les nouveaux-nés mâles dans le fleuve a été abrogé.
Donc Moché a indirectement fait du bien (tov) aux nouveau-nés qui sont nés après lui ; c’est pourquoi rabbi Méïr a dit qu’il s’appelait Tov.
Et pour rabbi Yéhouda, le rajout des lettres youd et hé pour former le nom טוביה (Touvia) fait allusion au fait qu’après le sauvetage de Moché et l’annulation du décret, les gens ne craignaient plus de se marier ou de se remarier.
La Présence Divine, symbolisée par la lettre youd de l’homme (ich – איש) et la lettre hé de la femme (icha – אשה), régna donc de nouveau dans les foyers juifs.
[Adérét Eliyahou]