"Celui qui ne croit pas qu'il est possible cette nuit [du Séder] de sortir du plus profond des abîmes et d'atteindre les plus hauts niveaux, est le racha de la Haggada"
[Yichma'h Israël]

Le Yichma'h Israël explique que le racha de la Haggada n'est pas un apostat, mais quelqu'un qui a définitivement renoncé au repentir et qui s'imagine qu'il n'a plus de part dans le peuple d'Israël.
C'est à son sujet qu'il est dit "qu'il renie le fondement", parce qu'il se sort lui-même du peuple.
On lui répond alors : "C'est pour ceci qu'Hachem m'a fait sortir d'Egypte".
Cela s'adresse à chacun en particulier. Car même en Egypte, il y avait des juifs qui étaient noyés dans le 49e degré d'impuretés. Et malgré tout, Hachem les délivra et les fit sortir d'entre les ténèbres vers la lumière.
C'est pourquoi même aujourd'hui, chaque juif est tenu de croire et de dire : "c'est pour ceci qu'Hachem m'a fait sortir", précisément "moi".
Car cette nuit, même celui qui est plongé dans la pire des situations (dans les profondeurs de la faute, de l'impureté) sort des ténèbres vers la lumière.

[chaque année nous revivons la sortie d'Egypte = cette possibilité que nous offre Hachem, que même le plus misérable des juifs se hisse au plus haut des degrés]

Le rav Elimélé'h Biderman commente :
On pourrait penser que le fait de se trouver au plus profond de l'abîme spirituel est en soi une raison d'être appelé racha. Mais le Yichma'h Moché nous dévoile que même dans une pareille situation, il n'est pas encore qualifié de racha.
Quand méritera-il ce titre?
C'est seulement s'il désespère de lui-même et pense qu'il ne peut sortir de là où il se trouve.
C'est seulement alors qu'il sera considéré comme le racha de la Haggada.

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-> La guémara (Pessa'him 116a) dit : "nous commençons par quelque chose de déshonorant [notre esclavage et notre bassesse spirituelle], et nous terminons par des louanges [sur le fait que Hachem nous a délivré et amené à Son service]."

Le Yichma'h Israël dit que cela se reproduit chaque année au Séder. Même quelqu'un qui au début du Séder est au plus bas [spirituellement], lorsque nous le terminons il est alors à un niveau plus élevé.
Par le simple fait d'accomplir les mitsvot du Séder, nous montons à d'énormes hauteurs spirituelles.

Il est écrit sur la 1ere nuit de Pessa'h : "je vous ai portés sur l'aile des aigles, je vous ai rapprochés de moi" (Yitro 19,4).
Pourquoi la Torah mentionne-t-elle spécifiquement un oiseau qui est non-casher?
C'est pour nous enseigner que quelqu'un qui est impur par ses fautes va automatiquement devenir pur par la sortie d'Egypte et par la célébration du Séder.

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-> Le 'Hatam Sofer écrit :
"De même que [chaque année au Séder] on est obligé d'imaginer que nous avons [personnellement] quittés l'Egypte, de même nous devons imaginer que nous étions un idolâtre [comme les juifs à ce moment] et que [maintenant en cette nuit du Séder] Hachem nous a rapproché de Lui pour le servir par l'observance des mitsvot de la nuit."

=> C'est l'explication du mot : Pessa'h, qui est lié à Passa'h = sauter.
En effet, à Pessa'h nous avons la possibilité de sauter à des niveaux [spirituels] qui sont inatteignables le restant de l'année.

-> Rabbi Shlomo de Karlin commente les mots : "zéva'h Pessa'h ou l'Hachem", ainsi :
"zéva'h" : si on égorge et domine son yétser ara, alors : "Pessa'h ou l'Hachem" : on saute d'un coup au Trône d'Hachem.

Le Beit Israël dit : "Pendant toute l'année, même si nous ne valons pas un radis, le jour du Séder on a la capacité de mériter d'être placé sur le plateau du Séder [et d'être élevé]."
[de même tout juif même celui qui est plus bas que terre (comme les radis), peut à Pessa'h être élevé, et être utilisé au centre de la volonté de D.]

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-> Le Beit Aharon enseigne (Pessa'h p.85) : "Le Séder n'est pas uniquement pour ceux qui sont à un niveau [spirituel] très élevé. Il est pour tout juif, indépendamment de son niveau [spirituel]."

En ce sens, le racha de la Haggada est celui qui dit : "qu'est-ce que ce travail pour vous" (ma aavoda la'hem).
La Haggada explique clairement son problème : "pour vous, et non pour lui" (la'hem vélo lo).
Le racha c'est celui qui pense que le Séder est pour les autres, et non pour lui. Il ne croit pas que son Séder peut avoir énormément de valeur et de mérite auprès de Hachem.

[ainsi un racha, c'est celui qui désespère en ses capacités sublimes qu'il a enfoui au fond de lui, qui oublie qu'il a une âme magnifique que rien ne peut tâcher, qui oublie qu'il a un papa Hachem qui l'aime plus que tout (la preuve c'est qu'il lui donne la vie à chaque instant), ...
Un racha, c'est celui qui voit la vie en noir alors que Hachem lui donne les plus belles choses dont il a besoin pour réussir sa vie.]

"A chaque génération, on doit se considérer comme étant soi-même sorti d’Egypte" (bé’hol dor vador ‘hayav adam lir’ot ét atsmo kéilou yatsa mimitsra’im - Haggada de Pessa'h)

-> Le Sfat Emet commente :
Nous devons s'imaginer cela, car c'est réellement ce qui se produit chaque année.
Plus nous croyons que nous avons [personnellement] quitté l'Egypte, plus nous donnons de la force pour pouvoir sortir de nos problèmes et des difficultés de notre vie.

-> "C'est la Nuit prédestinée par Hachem, pour leur sortie du pays d'Égypte ... à toutes les générations des enfants d'Israël." (Bo 12,42)
Le Beit Aharon dit que ce verset indique qu'à "toutes les générations", Hachem nous fait sortir d'Egypte (la source de nos difficultés).
Il est écrit : "léotsi'am" (לְהוֹצִיאָם - pour les faire sortir). Le temps employé est le futur, bien que le verset aborde la sortie d'Egypte. La raison est qu'il fait référence à chaque génération, où nous sortons également d'Egypte [chaque année d'une façon identique].

-> "Lorsqu'on est persuadé que même dans notre génération Hachem continue à nous délivrer, alors on sera sauvé de tout type de problème"
[le Ohev Israël - le rabbi d’Apta]

-> Le Méor Enayim (Tsav) enseigne :
"A la mer Rouge, les anges ont protesté et ont dit que les juifs ont également voué un culte à l'idolâtrie [comme les égyptiens].
S'il en est ainsi, pourquoi ont-ils été sauvés?
C'est parce qu'en Egypte ils ont fait le Séder la nuit exactement de la même façon dont nous faisons le Séder de nos jours, et ils ont également raconté la sortie d'Egypte.
Ils ont eu la émouna totale qu'ils quitteraient l'Egypte.
C'est ce qui a fait descendre la bonté d'Hachem, et qui a entraîné leur délivrance.
Et de même qu'ils ont été délivrés, nous serons délivrés dans le futur."

-> Rabbénou Bé'hayé (Bo 12,13) écrit :
"Le sang sur les côtés de la porte n'ont pas empêché la plaie [de la mort des 1ers nés] de se produire dans nos maisons. Mais plutôt ... tout celui qui croyait et avait confiance en Hachem, qui n'avait pas peur de Pharaon et de ses décrets, sacrifiant publiquement le dieu des égyptiens (mouton) ... alors c'est un tsadik.
Puisqu'il croit en Hachem, alors il mérite d'être protégé des [anges] destructeurs".

-> Le Sforno enseigne également sur : "vous le mangerez : la ceinture aux reins, la chaussure aux pieds, le bâton a la main; et vous le mangerez à la hâte" (Bo 12,11) :
"Le fait que vous vous êtes préparés à voyager ... cela témoigne que vous croyez sans aucun doute dans la délivrance. Ils avaient cette émouna alors qu'ils étaient encore esclaves."

=> Nous devons tout faire pour témoigner un maximum de émouna en Hachem, en vivant notre Séder, car alors Hachem nous sauvera de notre exil actuel, comme Il l'a fait pour nos ancêtres grâce à leur émouna.
[dans notre vie de tous les jours, plus nous avons de la confiance en D., plus nous pouvons mériter des délivrances personnelles]

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+ L'impact de raconter les miracles :

-> Le Noam Elimélé'h (Bo) écrit :
"Lorsque Hachem fait un miracle pour les juifs ... dans le futur, quelque soit la génération, lorsque les juifs ont besoin [de ce miracle] ... Hachem le réalise pour eux, car la compassion Divine a déjà été suscitée dans ce sujet.
C'est l'explication du verset : "Afin que vous racontez ce que J'ai fait en Egypte" (oul'maan tessaper ... acher it'allalti bémitsaraïm) = lorsque nous racontons [les miracles de la sortie d'Egypte], cela éveille de nouveau la compassion [d'Hachem]."

-> Nous disons dans la Haggada : "celui qui fait la narration de la sortie d’Égypte plus longuement est digne de louanges" (vé’hol amarbé léssapèr bitsi’at mitsra’im aré zé méchouba’h).
Le Arizal explique qu'on gagnera ainsi beaucoup plus de bonté d'en-Haut, car par le fait de parler des miracles on fait descendre sur nous les mêmes miracles, pour qu'ils se reproduisent dans notre vie.

-> Le Sfat Emet (5648) enseigne que lorsque l'on étudie l'esclavage d'Egypte, c'est comme si on avait été esclave d'Egypte. C'est comme si cela nous était arrivé à nous.
Ainsi, il vaut mieux "souffrir" en racontant la sortie d'Egypte, à la place de véritablement souffrir dans notre vie.

Le Sfat Emet écrit : "Hachem nous a envoyés en exil en Egypte ... afin que lorsque les gens en parleraient, cela seraient à la place de réelles souffrances.
Comme nos Sages (guémara Ména'hot 110) disent : "Tout celui qui étudie le korban Ola, c'est comme s'il avait amené un [korban] Ola".
Cela s'applique également à la sortie d'Egypte. En parler est considéré comme si nous étions en exil."

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-> Le Ram'hal (maamar haHokhma) écrit :
"Voici qu'en ce jour de la sortie d'Egypte, les juifs ont été séparés et purifiés de toutes les Nations. Ils sont montés de niveau, ils sont sortis, et se sont détachés de l'Humanité qui jusque-là était obscurcie et enfermée dans la matérialité.
Jusqu'à ce jour, le monde était obscur, la matière était souveraine et la lumière de la Torah et de la sainteté (kédoucha) ne pouvaient pas briller.
Mais, après que les juifs aient tellement souffert en Egypte, et aient été rendus esclaves, alors la Rigueur Divine s'est apaisée.
Les accusations ont été mises de côté, et la Lumière Divine a pu se révéler.
C'est en cette nuit que cela s'est passé et cela se renouvelle et se réveille chaque année à l'image de la nuit de la sortie d'Egypte.
Il faut savoir que c'est également un pas en avant pour la guéoula finale."

-> Le Ram'hal insiste beaucoup sur le fait que tous les flux de délivrance et de kédoucha qui ont été envoyés à nos Pères à cette période se renouvellent chaque année à la même date. Comme nous le disons dans la bénédiction de Chéassa Nissim : "qui a fait des miracles à nos Pères, en ces jours-là (bayamim ha'em) en ce temps-ci (bazéman azé)".
Le Ram'hal dit que cela est vrai pour toutes les fêtes de la Torah, et en particulier pour la fête de Pessa'h. Comme le disent nos Sages : "ils ont été libérés [d'Egypte] en Nissan, ils seront délivrés en Nissan dans les temps futurs".
Cela signifie que nous avons besoin des mêmes flux exactement que nos Pères et spécialement, en cette période, pour mériter des délivrances individuelles et la grande Délivrance collective.
Le Ram'hal dit que le meilleur moyen de recevoir tous ces cadeaux spirituels et matériels qu'Hachem renouvelle chaque année, est de revivre la sortie d'Egypte comme si nous y étions, en racontant la détresse extrême de l'escalavage, la joie folle de la Délivrance, en racontant les miracles à nos enfants et les détails de l'histoire de la sortie d'Egypte.
Grâce à cela, nous pourrons revivre les événements et remercier Hachem pour Ses bontés, et également recevoir tous les énormes flux spécifiques à ce jour, dans la mesure où nous l'aurons justement revécu avec cœur.
[plus nous l'aurons vécu comme à l'époque, plus nous mettons en place un récipient apte à recevoir les énormes bénédictions de ce jour]
C'est sûrement la raison de toutes ces différences qu'il y a entre "cette nuit" et "toutes les autres nuits" = c'est une nuit qui est un échantillon de la délivrance d'Egypte, mais également de la Délivrance finale (la guéoula).

Le Séder : une nuit prédestinée aux miracles

+ Le Séder : une nuit prédestinée aux miracles :

-> L'intensité de l'énergie spirituelle qui rayonne pendant la nuit du Séder est incalculable.
Hachem se détourne (si l'on peut dire) de toutes ses occupations pour accomplir à notre intention des miracles à notre époque, de même qu'il a pu le faire à celle de la sortie d'Egypte.
En effet, le midrach (Panim A'hérim - 2e version, 6) enseigne à ce sujet : "Le D. de ce peuple est occupé à leur faire des miracles pendant cette nuit".

La traduction araméenne de Yonathan ben Ouziel commente le verset : "Il advint que lorsque Its'hak devint vieux, sa vue s'affaiblit" (Toldot 27,1), ainsi : "Its'hak appela son fils aîné Essav, le jour du 14 Nissan et lui dit : "Mon fils, cette nuit, tous les serviteurs célestes louent le Créateur du Monde et les trésors du Ciel sont ouverts".

Pour sa part, le Pirké déRabbi Eliézer enseigne que : "la nuit du Séder toutes les portes de l'abondance sont ouvertes".

Dans toutes les générations, les juifs méritèrent des miracles et des prodiges pendant cette nuit.
La première fois, ce fut au temps d'Avraham lorsqu'il combattit les rois et qu'il les vainquit, comme il est écrit : "Il se partagea cette nuit, lui et ses serviteurs, contre eux" (Béréchit 14,15).
Hachem est venu en rêve à Avimélé'h la 1ere nuit de Pessa'h pour lui dire de ne pas faire de mal à Sarah. De même, Hachem est venue en cette nuit en rêve à Lavan pour l'avertir de ne pas faire de mal à Yaakov.
Its'hak a béni Yaakov, en cette nuit-là.
C'est aussi cette même nuit de Pessa'h que Hachem se révéla à Yaakov dans un rêve nocturne lorsqu'il était chez Lavan.
Yaakov a combattu l'ange et l'a gagné, en cette nuit.
De même, toute l'armée de San'hériv périt la nuit du Séder.

-> Le Kédouchat Lévi (Béchala'h) explique que ce n'est pas les miracles de la sortie d'Egypte qui se sont produits cette nuit l'a, qui l'ont rendu spéciale, mais plutôt c'est parce que cette nuit est spéciale de façon inhérente, que les miracles se sont produits.
Il écrit : "Il y a des jours où Hachem déverse Sa bonté sur Sa nation [les juifs], et Il révèle Son amour pour eux. Le jour le plus propice pour cela est : Pessa'h."

-> "Il accomplit de grandes choses insondables et des prodiges incalculables" (Iyov 9,10)
=> Comment comprendre le terme "incalculable", car même s'ils sont extrêmement nombreux, les prodiges accomplis possèdent néanmoins encore une limite.

Le Sfat Emet explique :
"En réalité, comme Hachem renouvelle chaque année les prodiges qu'il accomplit pour les juifs, il en résulte qu'ils sont incalculables puisqu'ils ne sont pas encore parvenus à terme".

Cela nous permet de comprendre le langage employé par la Haggada : "Et si Hachem ne nous avait pas fait sortir d'Egypte, nous serions nous et nos enfants encore asservis en Egypte".
En effet, il n'est pas dit "nous aurions été asservis" au passé, mais "nous serions asservis" encore aujourd'hui. Car cela concerne l'Egypte de nos jours, chaque génération avec ses oppresseurs spirituels.
Cette nuit-là, nous nous libèrerons grâce à la force spirituelle contenue dans la sortie d'Egypte qui eut lieu alors, et qui se manifeste chaque année à notre époque.

La raison profonde en est que cette nuit, toute la création se hisse à un niveau qui se situe au-dessus de l'ordre naturel.
De fait, chacun a la possibilité de modifier son mazal en bien.
Certains y voient une allusion dans l'étape du Séder appelée Ya'hats, et dans la coutume répandue de faire les matsot du Séder de forme ronde.
Elles représentent ainsi ce monde qui est rond. Dès lors, lorsque nous brisons la matsa, nous évoquons par ce geste que nous sommes en mesure de briser l'ordre naturel de ce monde symbolisé par la forme ronde et de nous élever, grâce à cela, au-dessus des contingences naturelles.

De manière générale, tout ce qui se produisit à l'époque de la sortie d'Egypte se reproduit de nos jours.
Le Zohar (2,38a) enseigne que cette nuit fut pour les Bné Israël illuminée comme par le soleil en plein jour. Et non seulement l'année où ils sortirent d'Egypte, mais chaque année une immense lumière [spirituelle] brille réellement comme au midi.

Rabbi Elimélé'h Biderman commente que la nuit du Séder "illumine comme ne plein jour" par :
La lumière dont il est question est celle de la émouna qui éclaire le cœur des Bné Israël. La présence Divine qui se voile d'ordinaire dans la Création, brille alors d'un éclat extraordinaire. Cette lumière de la émouna aide chaque juif à abandonner les calculs, à faire taire les soucis qui le tourmentent et à se reposer entièrement sur Hachem.
Car lorsque le juif est convaincu que toutes les actions de l'homme passées et futures sont dans les mains du Créateur, son existence devient sereine et remplie de confiance en D.
[le Maharal dit que Pessa'h tourne autour de la matsa qui est faite de 2 éléments basiques (eau + un céréale), car lorsqu'un juif a Hachem dans sa vie, alors il n'a pas besoin de superflu. Lorsque l'on a Hachem dans notre vie, alors on a tout.]

Les 3 matsot du Séder représentent les actions passées, présentes et futures.
Au Ya'hats, nous prenons la matsa du milieu, qui symbolise le présent, car l'essentiel du travail de cette soirée est d'enraciner en nous qu'au présent aussi, Hachem se trouve à chaque pas de notre existence.
En brisant cette matsa du milieu, nous exprimons notre soumission totale à Hachem et que le présent appartient à Lui seul et non aux hommes.

Le Ohr ha'Haïm haKadoch commente le verset : "Le D. qui les fait sortir d'Egypte", qui est exprimé au présent, ainsi : à chaque génération, l'homme est tenu de se considérer comme s'il était lui-même sorti d'Egypte.
Chaque année lors de la nuit du Séder, les forces de sainteté sortent de leur écorce et rejoignent purifier le peuple juif.

=> Il en ressort que même si quelqu'un se trouve à un niveau spirituel très bas, à l'instar des Bné Israël qui étaient plongés en Egypte dans le 49e niveau d'impureté, il est encore en mesure d'en sortir en s'élevant pendant cette nuit là.
C'est ce que le Beit Aharon déduit du verset : "Nuit de protection pour Hachem afin de les faire sortir de la terre d'Egypte" (Bo 12,42).
Le Beit Aharon dit : "Ce verset est écrit au futur parce qu'Hachem est amené à les faire sortir perpétuellement chaque année pendant cette nuit-là, "c'est cette nuit qui est pour Hachem une nuit de protection pour tous les Bné Israël dans leurs générations (fin du verset précédent), même dans les générations futures, car dans chaque génération, Hachem fait sortir Israël de l'Egypte cette même nuit".

Le Maguid de Koznitz (Haggada du Guévourot Israël) enseigne : "Dans chaque génération, l'homme est tenu de se considérer comme s'il était lui-même sorti d'Egypte. Cela a commencé en Egypte qui était le début de toutes les délivrances jusqu'à la fin des temps. Chaque année, la nuit de Pessa'h, cela se renouvelle et on peut alors annuler tous les mauvais décrets et les transformer en bien".

C'est nuit a un potentiel si important que le Pricha (chap.473) rapporte au nom du rav Amram Gaon que : "la raison pour laquelle on ne prononce pas à Pessa'h la bénédiction de "Al Hanissim" est que c'est un jour de délivrance, et en cela, il est supérieur à n'importe quel miracle".
Le fait de prononcer une bénédiction sur ce miracle diminuerait l'ampleur de tout ce qui se produisit cette nuit-là. Car la délivrance qui se manifeste en ce jour entraîne que tout se retourne en bien.

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-> Le rabbi Eliyahou Gutmakher (Shabbath haGadol 5598 [1838]) fit le discours suivant : "Même celui qui est né sous une mauvaise étoile que ce soit en ce qui concerne les enfants (comme leur éducation), la vie elle-même (les problèmes de santé) ou la subsistance, doit prier en cette nuit du Séder. Et il agira ainsi pour changer son mazal en bien".

Mordé'haï décréta de jeûner depuis le 14 Nissan jusqu'au 16 Nissan. Pourquoi se hâta-t-il autant et entraîna-t-il par cela d'annuler toutes les mitsvot de la nuit du Séder, alors que le décret d'Hahman ne devait s'appliquer que le 13 Adar, à savoir 11 mois après?
De plus, cela est d'autant plus étonnant qu'il aurait été plus judicieux de fixer ce jeune le jour du jugement à Roch Hachana et à Yom Kippour, où les livres de la vie et de la mort sont ouverts devant D.

Le rabbi Gutmakher répond qu'en fait : "Mordé'haï comprit tout ce qui s'était passé".
Il comprit que le décret d'exterminer tous les juifs ne venait pas du roi stupide qu'était A'hachvéroch mais du Roi du monde Lui-même.
Il comprit également qu'aucune prière ne pourraient annuler ce décret, et que le seul et unique moment où il demeurait encore possible de fendre tous les Cieux était la nuit du Séder.
En effet, cette nuit [du Séder de Pessa'h] avait déjà été définie depuis les temps anciens comme un moment de délivrance pour les Bné Israël : Avraham avait combattu et vaincu les 4 rois la nuit du 15 Nissan.
Et il est écrit à ce sujet (Lé'h Lé'ha 14,15) : "Il se partagea lui et ses serviteurs cette nuit-là", et Rachi de rapporter le commentaire de nos Sages : "La nuit se partagea ; la 1ere moitié, il eut droit à un miracle, et la 2e fut conservée pour la nuit de la sortie d'Egypte".
Et depuis ce temps-là, cette nuit a été fixée comme "nuit de protection dans leurs générations".
C'est pourquoi Mordé'haï décréta un jeûne précisément la nuit du Séder qui est le temps le plus approprié pour fendre les portes en fer qui nous séparent d'Hachem et élargir ainsi la brèche dans la muraille de la Rigueur Divine.
Même s'agissant d'un décret scellé, il serait encore possible de l'annuler pendant cette nuit.
[le Séder est un moment de l'année tellement propice pour l'acceptation de nos prières, qu'immédiatement après Haman a été pendu : soit le 2e jour de Pessa'h.]

-> Le Tiférét Shlomo écrit :
"C'est incroyable toutes les énormes choses ... qui se produisent [au Séder] dans les mondes supérieurs avec la matsa, avec le récit de la sortie d'Egypte et avec toutes les autres mitsvot que les juifs font lors de la nuit du Séder."

Le Tiféret Shlomo donne une autre vision sur ce que rabbi Gutmakher rapporte.
Esther a décrété 3 jours de jeûne, qui comprenaient la nuit du Séder. Ainsi, en cette année à la place de manger de la matsa, les juifs ont jeûné.
Pourquoi n'ont-ils pas jeûner plus tard, afin de ne pas compromettre le Séder?
Il explique que Mordé'haï voulait montrer au Ciel à quoi ressemblerait le monde si le plan d'Haman réussissait et si le peuple juif était détruit.
Chaque année à la nuit du Séder, il y a une joie immense au ciel. Tous les anges fêtent les nombreuses mitsvot que les juifs accomplissent.
En jeûnant plutôt qu'en faisant le Séder, Mordé'haï voulait montrer au ciel, un monde sans les juifs, un monde sans les incroyables mitsvot du Séder.
Toute la joie et les célébrations qui se produisent normalement au Ciel pendant le Séder ont été manquantes, et cela a réveillé le Ciel pour sauver les juifs.

Le Tiférét Shlomo écrit : "Une grande agitation a eut lieu à ce moment où personne n'a fait le Séder.
Les anges ont demandé : "Que ce passe-t-il? [Où est toute la spiritualité et la bonté qui descend sur le monde lorsque les juifs font le Séder? On leur a dit que les juifs ne faisaient pas le Séder cette année] ...
Cela a témoigné au Ciel que si le plan d'Haman réussissait et que les juifs étaient détruits, alors le monde entier cesserait d'exister".

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-> "Ainsi parle Hachem, au temps favorable Je t'ai mortifié et au jour de la délivrance Je t'ai aidé" (Yéchayahou 49,8)

Le rav de Greïditch explique : au temps favorable, il s'agit de Yom Kippour où Je t'ai ordonné 5 actes de mortifications (ne pas se laver, ne pas manger ni boire, ...), et le jour de la délivrance, il s'agit de la nuit du Séder où Hachem délivre Son peuple de toutes les épreuves.
Cela ressemble à un homme qui aurait demandé un prêt à son ami. Ce dernier, n'ayant pas l'argent à sa disposition, l'aurait envoyé alors chez l'une de ses connaissances en lui faisant savoir qu'il se porterait garant de l'emprunter.
Il en est de même de celui qui a besoin d'être délivré : même si cela était impossible, on lui trouverait quand même dans le Ciel un moyen de l'être d'une autre manière. Car cette nuit possède intrinsèquement la force du salut, à l'instar d'une source qui aurait déjà jailli par le passé et qu'il serait facile de recreuser pour la raviver à nouveau.
De même, cette nuit, au cours de laquelle nos pères ont déjà vu se réaliser maintes miracles est prédisposée à toute délivrance.
[rabbi Elimélé'h Biderman]

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-> Les trésors du Ciel sont ouverts la nuit du Séder, sachons utiliser ce temps propice pour prier pour tous nos besoins.
Cette nuit est un temps très propice à la prière, car Hachem et Son cortège céleste sont alors présents autour de nous et observent tout ce que nous faisons.
L'amour du Créateur pour Ses enfants se réveille alors.
Les portes de la miséricorde sont ouvertes et Hachem nous comblera de tous Ses bienfaits si nous le lui demandons ...

La nuit du Séder est un moment particulièrement approprié afin de prier pour la subsistance, et cela pendant toute la fête. On demandera à Hachem de pouvoir à tous nos besoins.
La guémara (Roch Hachana 16a) enseigne en effet qu'à Pessa'h, nous sommes jugés sur la récolte. C'est donc le temps de supplier pour l'abondance.
[rabbi Elimélé'h Biderman]

-> Le rabbi Rayatz de Loubavitch enseigne :
"Le monde se trompe en pensant que nous sommes différents de la génération de ceux qui sortirent d'Egypte parce qu'il nous manque Moché pour nous libérer de nos épreuves, chacun suivant ce qu'il traverse dans l'existence.
C'est faux, car les Bné Israël en Egypte méritèrent qu'Hachem leur envoie Moché pour les libérer uniquement parce qu'ils "crièrent vers Hachem".
Et il en est de même à notre époque : si nous savons crier comme il se doit, nous serons nous aussi délivrés sur le champ de toutes nos souffrances et nous mériterons ainsi de faire venir le machia'h dans la joie, très bientôt b'h."

La sainteté de Pessa’h

+ La sainteté de Pessa'h :

-> "A toutes les fêtes juives (Souccot, Shavouot, ...), la sainteté de la fête ne vient pas sur une personne d'un seul coup. On fait descendre la sainteté du yom tov sur nous graduellement par nos prières du soir, du matin et de l'après-midi.
Cependant à Pessa'h, la sainteté du yom tov nous parvient d'un seul coup.
C'est pourquoi elle est appelé : Pessa'h, qui signifie littéralement : "sauter" [car dès son entrée on saute au sommet de la sainteté du yom tov].

Il en résulte que Pessa'h nécessite une préparation, car ainsi une lumière puissante descendra sur nous, et nous devons être purs pour la recevoir ...
Le 'hamets symbolise le yétser ara. Nous détruisons le 'hamets (yétser ara) la veille de Pessa'h, afin de pouvoir recevoir la grande lumière qui se révèle la nuit de Pessa'h."
[Avodat Israël - Shabbath haGadol]

-> Le Imré Emet dit que la quantité de sainteté que nous recevons dépend d'à quel point nous nous sommes préparés auparavant.
[en se nettoyant et en se purifiant soi-même, nous mettons en place le récipient pour recevoir un maximum de l'énorme sainteté de la fête.]

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-> Le Sar Shalom de Belz dit : "Eliyahou haNavi vient au Séder de chaque juif, et il y a des tsadikim qui le voit. Mais un niveau encore plus élevé est de croire que Eliyahou vient dans notre maison [sans même le voir]".

Selon le 'Hidouché haRim, le soir du Séder le Noda biYéhouda raccompagnait Eliyahou haNavi dehors de chez lui, sans le voir réellement, mais en étant totalement persuadé de sa présence.
Or, croire dans le fait qu'il soit là est un niveau bien plus grand que de voir Eliyahou haNavi.

-> Rabbi Mendel de Kotzk dit à l'un de ses élèves : "Tu crois que je t'ai demandé d'ouvrir, en cette soirée de Pessa'h, la porte de la maison afin que le machia'h puisse entrer. Pas du tout! Sache que ce n'est pas par la porte qu'entre le machia'h mais par l'esprit."

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-> Le Maharal (Haggada chel Pessa'h) compare l'habitude qu'ont certains de porter un kittel au Séder aux vêtements blancs que portait le Cohen Gadol le jour de Yom Kippour, lorsqu'il entrait dans le kodech kodachim.

Rabbi Elimélé'h Biderman dit que nous pouvons comprendre de là que l'accomplissement du Séder est similaire à entrer dans le saint des Saints (kodech kodachim).
En ce sens, lorsque le Séder tombe un vendredi soir, certains ne disent pas le "Shalom Alé'hem", le chant qui accueille les anges avant le kidouch.
Une explication est qu'au moment du Séder nous sommes comme dans le kodech kodachim, à propos duquel la guémara (Yérouchalmi Yoma 5,2) dit qu'aucun ange ne peut y pénétrer.
Ainsi nous ne chantons pas "Shalom Alé'hem" car au Séder notre maison reçoit une sainteté similaire au kodech kodachim et les anges ne peuvent alors pas rester avec nous pour le Séder.
[c'est un moment de face à face en proximité avec papa Hachem]

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+ La Présence Divine est parmi nous au Séder :

-> Le Tiféret Chlomo commente les mots de la michna (Pessa'him 114) : "aviou léfanav" (ils amènent devant lui) par : tout ce que nous faisons lors de la nuit du Séder est "devant Lui" (léfanav), devant Hachem.

Nous disons également dans la Haggada : "vénéémar léfanav chira 'hadacha" (nous dirons devant Lui un nouveau chant) = pendant la totalité du Séder nous nous trouvons devant Hachem.

-> Le Chla haKadoch (cité dans la Michna Broura 473,71) enseigne que nous ne devons pas réciter le maguid de la Haggada en étant accoudés, car la Présence Divine est présente.
[cela est semblable à la halakha où l'on ne doit pas s'accouder au Séder lorsque son rav est présent (par respect)]

-> "Hachem est passé par dessus les maisons des enfants d’Israël" (Bo 12,27)
Le Maharal explique que Hachem a élevé les juifs à Son niveau.
Si l'on peut dire, ils sont devenus comme unis avec Hachem ('helek élokim mimaal), et ils ont ainsi été sauvé.
C'est pour cela que ce yom tov s'appelle : "Pessa'h", qui signifie : "sauter" (Rachi - Chémot 12,23), car à cette fête nous sautons au niveau d'Hachem (si l'on peut dire).
[nous revivons cela de la même façon chaque année au Séder, et quelque soit notre niveau spirituel, Hachem nous élève, nous fait sauter, jusqu'à être face à Lui!]

-> Le Séder commence par Kadéch (sanctifie), qui est suivi par : Our’hatz (nettoyer [de nos fautes] - la pureté).
Cela ressemble à l'ordre des anges, comme nous le disons dans la prière du matin : "vékoulam pot'him ét piém bigdoucha ouvta'ora" (la sainteté précède la pureté).
Généralement, d'abord on est nettoyé (our'hats) pour être purs, et ensuite seulement nous devenons saints (téhora oukédoucha).
Mais au Séder, nous "sautons", nous sommes élevés, au niveau des anges.
C'est pour cela que nous commençons par "kédoucha" (sainteté).

Les différentes étapes du Séder s'appellent les simanim (qui veut dire littéralement : les signes).
Lorsque quelqu'un réclame un objet qu'il a perdu, il doit donner des signes attestant qu'il en est le propriétaire et alors il obtient l'objet perdu.
Pendant toute l'année, à cause de nos fautes, une personne peut perdre une partie de sa sainteté.
Au Séder, en faisant les "simanim" (signes) du Séder, alors on peut récupérer toute la sainteté que nous avons perdu pendant l'année.
[le Yessod véChorech haAvoda dit que rien qu'en disant les noms des simanim (kadech, our'hats, ...), nous obtenons déjà de la sainteté.]
[rabbi Elimélé'h Biderman]
[or, plus nous sommes kadoch, plus nous sommes proches de D.]

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-> La guémara (Shabbath 12) dit qu'on ne doit pas prier en Araméen car les anges ne comprennent pas cette langue.
Cependant, lorsque la Présence Divine est présente, on peut parler en araméen, car les mots sont parlés directement à Hachem. Il n'y a alors pas besoin des anges, qui doivent les comprendre pour pouvoir les élever et les transmettre ensuite à Hachem.
Par exemple, il est écrit : "D. le soutiendra sur le lit de douleur" (Tehilim 41,4).
La guémara (Nédarim 40a) en tire que la Présence Divine se trouve au-dessus de la tête du malade.
En ce sens, par respect pour la Présence Divine, il ne faut pas s’asseoir à un niveau plus élevé que le malade.
On peut donc prier en araméen à proximité du lit d'un malade, car c'est comme parler directement à Hachem sans l'intermédiaire des anges.

Au Séder, nous disons quelques mots en araméen (ha la'hma aniya ...).
Le Arougat haBosem explique que Hachem est présent du début à la fin du Séder.
Cela explique pourquoi le Séder est un moment si propice pour nos prières. En effet, puisque Hachem est présent parmi nous, alors tout ce qu'on pourra lui demander à un impacter au Ciel.

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-> Au début de la Haggada nous disons : "Que tout celui qui a faim vienne et mange" (kol di'hfin yité véyékhol).
=> Que se passera-t-il si de très nombreuses personnes affamées acceptent notre offre et viennent à notre Séder? Où trouverons-nous assez de place pour elles? Comment aurons-nous assez de nourriture à leur donner?

Le 'Hatam Sofer (drachot Shababth haGadol) répond qu'en cette nuit du Séder, nos maisons reçoivent la sainteté de la terre d'Israël, et partout où il y a de la sainteté, il y a beaucoup de place et de l'abondance.
Nos Sages disent : "on s’y tenait debout serré et on s’y prosternait [pourtant] avec aisance ... Jamais personne ne dit à autrui : "Je n’ai pas de place où loger cette nuit à Jérusalem"." (Pirké Avot 5,5).
En raison de la sainteté de Jérusalem, il y avait toujours de la place pour toute personne qui y venait.
De même, le "pain de proposition" (lé’hem apanim) était suffisant pour tous les Cohanim présents. Et même si un Cohen en recevait un tout petit bout, c'était suffisant pour le rassasier.

Le 'Hatam Sofer explique la raison de cela : lorsqu'il y a de la sainteté, il y a de la place et de la bonté.
Il ajoute par la suite :
""Que tout celui qui a faim vienne et mange" = il y en aura assez.
Nos Sages disent : "Tout le peuple juif peut manger le même sacrifice Pessa'h".
Nos appartements et nos maisons deviendrons spacieuses, et il y aura de la place pour nos invités.
Ceci est parfaitement logique car [la nuit du Séder] fait des miracles au point que notre maison devienne similaire à la terre d'Israël en miniature.
Nos Sages (guémara Méguila 29a) affirment : "Dans le futur, les maisons d'étude et les synagogues vont être déplacées en Israël".
Nos maisons vont également être déplacées en Israël. C'est le sens des mots : "Nous sommes là maintenant. L'année prochaine cette maison sera en Israël" (achana akha, léchana abaa béar'a déIsraël)."

[Du fait qu'il y a au Séder un aspect de la sainte terre d'Israël, il y a de la place et de la nourriture pour tous ceux qui veulent venir à notre table.
De plus, le Séder, où l'on reçoit la sainteté d'Israël, nous sommes en face à face avec Hachem, comme il est écrit : "Les yeux de D. y [en terre d’Israël] sont constamment rivés, depuis le début de l’année jusqu’à la fin de l’année" (Ekev 11,12)]

Le Séder – Moment propice pour prier

+ Le Séder - Moment propice pour prier :

-> Le Rema (Darké Moché) écrit :
"Parler de la sortie d'Egypte est similaire à une prière, car nous disons des louanges d'Hachem.
C'est pourquoi nous lavons nos mains [dans le Our'hats], comme nous lavons nos mains avant une prière."

-> Rachi sur la guémara (Béra'hot 4b) explique : "Une personne doit apaiser Hachem par les louanges de la sortie d'Egypte, et en suite Hachem viendra tout proche de lui. Et lorsque Hachem est à proximité, on peut Lui demander tous nos besoins."
[en ce sens, nous commençons la amida en liant la bénédiction de : "gaal Israël" (qui a délivré les juifs d'Egypte). Si cela est vrai avec 2 mots, combien à plus forte raison lorsque nous multiplions nos paroles sur le récit de la sortie d'Egypte lors du Séder. A ce moment Hachem est très proche de nous, et c'est un moment très propice pour lui exprimer nos besoins, pour qu'Il nous les accorde.]

-> "Je suis, Moi, Hachem, ton D. qui t’ai tiré du pays d’Egypte. Ouvre largement ta bouche [en demandant beaucoup de choses petites et grandes] et je la remplirai." (Téhilim 81,11)

Hachem nous assure, Lui-même, qu'il exaucera nos prières!
Rabbi Elimélé'h Biderman ajoute un autre aspect :
Lorsqu'on ouvre largement notre bouche, on sourit. Ainsi, nous pouvons [également] expliquer ce verset ainsi : "Souris, sois joyeux, et alors Hachem exaucera toutes tes demandes".
[c'est pourquoi nous devons véritablement vivre la Haggada : s'imaginer en train de crouler sous les terribles souffrances de l'esclavage en Egypte, puis de vivre les miracles incroyables de D., menant jusqu'à la libération d'Egypte. Nous devons mettre du cœur, une joie infinie en papa Hachem. Par cela, nous maximisons l'efficacité de nos prières.]

-> Toutes nos 3 prières quotidiennes (cha'harit, min'ha et Arvit) ont été instituées par nos Patriarches, et à chaque fois cela l'a été le 1er jour de Pessa'h.
[Beit Aharon]

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-> Lorsqu'on écrit pleinement les lettres du mot מצה, on a :
-pour le mémé ( מ) : מם ;
- pour le tsadik (צ) : צדיק ;
- pour le hé (ה) : הא.
Les lettres qui sont cachées (autres que pour : מצה) forment le mot : אקדים (je viendrai en premier).
Le Sar Shalom de Belz dit que cela fait allusion que certaines prières ne sont pas répondues immédiatement, mais les prières de Pessa'h (אקדים) ont la capacité d'être répondues immédiatement par Hachem.

En ce sens, rabbi Leibele Eiger dit que nous mangeons des œufs au Séder pour indiquer que de même qu'un simple œuf devient un poulet lorsqu'il est couvé au chaud sous une poule, de la même façon de nombreuses choses peuvent se passer pour nous durant le Séder. En effet, notre chaleur, notre enthousiasme et notre joie, on la capacité de nous faire mériter d'énormes choses.

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-> Selon le Ohèv Israël, lorsque nous disons dans la Haggada : "vanits'ak él Hachem" (ils crièrent vers Hachem) est un moment tout spécial pour prier [dans ce moment déjà spécial du Séder].

-> Le rabbi Yossef Its'hak de Loubavitch dit que de nos jours les gens pensent que tout ce qu'il manque est la venue du machia'h. Mais en Egypte, ils avaient compris qu'attendre n'est pas suffisant.
Il est aussi nécessaire de prier. La guéoula leur est arrivée car "ils crièrent [en prières]" (vanits'ak).

-> Le Vayaguéd Moché dit que d'après la kabbala, le fait de dire "Ma Nichtana" est propice pour ouvrir son cœur à l'étude de la Torah.

-> Le Akédat Its'hak dit qu'au "Ma Nichtana", il est bien de prier pour ses enfants et pour avoir de bons enfants.

-> Le Beit Ahraon enseigne que de même qu'après avoir servi le 2e verre de vin, que les enfants vont poser des questions (ad kan abén choél), il est alors bien de demander à notre Père au Ciel tout ce que l'on désire, et en particulier d'avoir des enfants.

-> "Par le mérite de raconter les miracles de la sortie d’Egypte, Hachem va vous bénir d’enfants à qui vous pourrez leur dire ce qui s’y est passé."
[Or ha’Haïm – Chémot 13,8]
[ainsi la Haggada en elle-même est une sorte de louange, de prière à Hachem, réveillant Sa miséricorde sur nous.
En racontant dans la joie et en détails la sortie d'Egypte, on témoigne à Hachem notre désir de le partager à nos enfants (véigadéta lébin'ha), et Hachem nous l'accorde par ce mérite.]

Le Séder – Nuit propice à enraciner la émouna

+ Le Séder - Nuit propice à enraciner la émouna :

-> L’une des mitsvot est : "Tu le raconteras à tes fils" : raconter la sortie d’Egypte à ses enfants.
Le Ohev Israël enseigne que toute l’année la Torah nous ordonne de rappeler la sortie d’Egypte.
Et si un fils le demande à son père, celui-ci a le devoir de lui raconter la sortie d’Egypte et les autres fondements de la émouna. Néanmoins, il arrive parfois que ces notions ne s’impriment pas dans le cœur de l’enfant qui n’est pas suffisamment réceptif à leur contenu.
Mais le soir de Pessa’h, une lumière formidable éclaire le cœur des enfants qui les aide à intérioriser profondément cette émouna et leur père peut alors la faire pénétrer en eux pour toujours.
Il devra pour cela leur parler selon leur niveau de compréhension, comme l’enseigne la michna (Pessa’him 10,4) : "Si l’enfant ne comprend pas, son père lui enseigne", car à ce moment, les choses resteront gravées éternellement dans leur cœur.

Dans les mots du Ohev Israël : "Le restant de l'année, lorsqu'il y a de l'obscurité [spirituelle] dans le monde, l'enfant n'est pas capable de prendre les mots de son père et de pleinement les croire ...
La nuit de Pessa'h, les esprits sont ouverts à la compréhension ... la lumière de la sagesse est révélée, et la émouna et le bita'hon survolent les juifs à ce moment où l'on répond à notre enfant et où nous lui disons tout le récit. Les mots du père vont très certainement pénétrer l'enfant et il va pleinement croire dans la sortie d'Egypte."

[même si nous ne voyons pas de résultat sur le moment, nos Sages nous assurent que chacun de nos mots dit au Séder a un impact profond et éternel sur l'âme de nos enfants.]

-> "Tu raconteras à tes enfants" (véhiguadéta lébiné'ha)
Le rabbi Yissa'har Dov de Belz enseigne que nous sommes tous les enfants d'Hachem, ainsi au Séder c'est Hachem, Lui-même, qui nous enseigne la émouna.
Il ouvre notre cœur pour saisir les merveilleux miracles qui s'y sont passés.
[en ce sens même une personne seule doit se raconter le récit].

-> Au moment du Ya'hats nous coupons la matsa en deux, en gardant le morceau le plus grand.
Le Sfat Emet (5652) explique que cela implique que l'inspiration et le développement [spirituel] qu'engendre cette nuit va nous accompagner tout le restant de l'année.

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+ La majorité du Séder consiste à émettre les questions des enfants, puis à les aider à comprendre le message.
Comment cette technique éducative peut-elle être utile pour des adultes?

-> Rabbi Eliyahou Dessler affirme : "Alors que l'esprit peut être sage, le cœur est un enfant simple et naïf.
Lorsque le message de liberté est exprimé à un niveau simple, il parvient au cœur."

-> "Je suis plein de foi quand je parle" (Téhilim 116,10 - הֶאֱמַנְתִּי, כִּי אֲדַבֵּר)
Rabbi Avraham de Slonim dit qu'il ne s'agit pas de l'esprit, mais du cœur et des émotions qui sont le siège de notre émouna.
L'expression verbale de nos certitudes de foi, les aide à pénétrer au plus profond de notre conscient et inconscient.

-> "La émouna est morte, elle est bannie de sa bouche" (Yirmiyahou 7,28 - הָאֱמוּנָה, וְנִכְרְתָה, מִפִּיהֶם)
La émouna se perd lorsque l'on arrête d'en parler.

-> Il est écrit dans la Haggada : "Plus on racontera sur la sortie d'Egypte, plus on est digne de louanges" (kol amarbé léshapèr bitsiat mitsrayim aré zé méchouba'h).

Rabbi Aharon de Karlin affirme que le mot : "léshapèr" (raconter - לספר) renvoie à la notion de briller (ספיר - Saphir).
Cette nuit a une faculté particulière de faire briller la émouna qui est en nous, par nos les paroles que nous tiendrons.
Egalement en cette nuit, plus nous parlerons de ce qu'a fait Hachem en Egypte, plus nous en serons exaltés. Cela va nous élever, et nous faire briller, à l'image d'un diamant [d'un saphir] dont on a retiré la boue qui l'entourée.
[voir la Haggada comme du Saphir, c'est parler en sachant que c'est des paroles très précieuses, et pas uniquement pour faire comme papa maman l'ont fait ...
Il faut faire les efforts pour que ces paroles brillent dans le cœur de nos proches, en les rendant intéressantes, pédagogique, à leur portée, ... ]

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-> A la fin du Séder, nous chantons : "é’had mi yodéa" (un qui sait?).
C’est pour suggérer à chacun la question : "Spontanément : que te rappelle le chiffre un?"
Dès lors, la personne a le choix de citer tout ce qui dans le monde lui rappelle le chiffre un.
Néanmoins, si elle a intériorisé sa foi de manière intègre, elle répondra : ''é'had élokénou ché bachamaïm ou baarets" (un c'est notre D. qui est dans les Cieux et sur la Terre [il n'y en a pas d'autre que Lui!])
[rabbi Yéhouda de Belz]

-> A la fin du Séder, nous disons : ''é'had ani yodéa'' (Un, je sais) car après tout le déroulement du Séder, nous savons désormais et nous vivons cette réalité que D. est Un dans le Ciel et sur la Terre.
De plus en hébreu, le verbe : "yodéa" (savoir, connaître) marque l’union avec le sujet (comme il est dit : "Adam connut (yada) ‘Hava" - Béréchit 4,1).
D’après cela, nous pouvons affirmer à la fin du Séder que nous intériorisons cette vérité selon laquelle D. est Unique et nous ne faisons qu’un avec elle.
Et nous mènerons ainsi notre existence en conséquence.
[rabbi Elimélé'h Biderman]

La mitsva de raconter la sortie d’Egypte

+ La mitsva de raconter la sortie d'Egypte :

-> Avant Maguid de la Haggada, certains ont l'habitude de rapporter le Zohar suivant :
"Tout celui qui rapporte l'histoire de la sortie d'Egypte et qui en est heureux sera heureux avec la Présence Divine dans le monde à venir, ce qui est la plus grande de toutes les joies.
Il est joyeux avec le Maître, et Hachem est joyeux de l'histoire qu'il raconte.
Hachem réunit tous les anges dans le Ciel et dit : "Venez et écoutez Mes louanges que Mes enfants disent. Ils sont heureux avec la libération" ... Les anges louent Hachem pour les miracles et pour Sa sainte nation qu'Il a sur terre ...
Par cela, les juifs donnent de la force à leur Maître [Hachem], comme la force d'un roi qui augmente lorsque ses sujets le louent et lui expriment sa gratitude à son égard ...
C'est pourquoi, nous devons louer Hachem et raconter cette histoire ...
En rapportant [la sortie d'Egypte au Séder] nos mots montent au Ciel et tous les anges se rassemblent et louent Hachem. Cela amène de l'honneur à Hachem en Haut et en bas."

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-> Le Yessod Yossef (85) dit :
"Pour tout celui qui dit ... la Haggada avec joie, sans aucune colère, aucune paresse et sans le sentiment que c'est une routine, un moment à "expédier" ... alors la Présence Divine déploie Ses ailes sur lui afin de le sauver dans tous les endroits, dans tous ses déplacements, et il mérite des miracles".

-> Le 'Hatam Sofer (Drachot vol.2 p.252) écrit :
"Nous avons la garantie que même dans cet exil amer, lorsque nous sommes assis et que nous racontons l'histoire de la sortie d'Egypte à nos enfants pour leur implanter la sortie d'Egypte, alors la bonté d'Hachem est sur nous, de la même façon qu'elle l'était au moment de la sortie d'Egypte."

Les matsot

+ Les matsot :

-> La consommation de matsa possède de grandes propriétés spirituelles.
Selon le Zohar (2,183b), elle est appelée : "l'aliment qui guérit" (mikhla dé Asvata), ou encore "l'aliment [qui enracine] la émouna [dans le coeur]" (mikhla dé Méémnouta).

Le Tiféret Chlomo explique que ces 2 appellations du Zohar ne font qu'une car celui qui manque de émouna est considéré comme nécessitant une guérison.
La matsa possède la propriété miraculeuse de guérir ce manque. Grâce à elle, l'homme mérite de reconnaître Celui qui a dit au monde d'exister.

Le Tiférét Chlomo ajoute que la matsa possède la particularité de s'accomplir à l'intérieur du corps de l'homme à l'inverse de toutes les autres mitsvot qui s'accomplissent à l'extérieur.
C'est ce qui lui confère son caractère de remède spirituel qui permet, à lui seul, de déraciner tout le mal qui est en lui et l'aide aussi à s'attacher au D. vivant.

Le rabbi Ména'hem Mendel de Riminov affirme que la consommation de matsa permet d'annuler toute passion [négative] pour les désirs matériels.

Le Zohar (3,151b) enseigne que la matsa purifie l'âme juive de tous ses défauts. Et pas seulement des fautes commises par le passé, mais elle a le pouvoir de purifier aussi pour l'avenir.

Le Yichma'h Israël rapporte que la matsa réveille en nous l'amour d'Hachem.
C'est ce qui est évoqué dans le mot "Afikoman" qui est l'acrostiche de l'expression : Afiko ("sortez" en araméen) Miné Métika ("les douceurs", en araméen).
Grâce à cette mitsva de la matsa, le juif se débarrasse de tous les plaisirs du monde matériel et s'attache à Hachem.
[notre amour profond pour Lui surpasse alors toute passion pour le monde matériel]

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-> Le Netsiv (Haémek Davar - Vayikra 2,11) explique l’interdit de ‘hamets à Pessa’h ainsi que l’interdiction d’apporter au Temple des offrandes de pain ‘hamets de la manière suivante :
"Le levain constitue un moyen d’ajouter à ce que D. a créé, grâce à un stratagème qui provient de l’homme. C’est pour cela que la Torah nous l’interdit au Temple, afin de nous enseigner que plus l’homme se rapproche d’Hachem, plus il incombe de réduire la mise en œuvre de moyens
humains.
C’est la raison pour laquelle la Torah nous défend le 'hamets à Pessa’h, car c’est le moment où un juif
enracine la émouna dans son cœur.
Néanmoins, à l’endroit où l’on vient apporter des sacrifices, cette défense est permanente."

-> Le Bné Yissa'har rapporte l'enseignement du Zohar selon lequel la matsa est appelée : "l'aliment de la émouna" (mikhla déNéhémnouta), et il explique le lien entre la matsa et la émouna.
Le ‘hamets possède la propriété de gonfler et d’arriver à un volume supérieur à ce qu’il était lorsque l’artisan l’a formé en mélangeant l’eau à la farine.
La pâte ainsi constituée lève et sort des limites qui lui ont été assignées au départ.
La matsa, au contraire, demeure exactement telle qu’elle a été formée et n’ajoute rien par elle-même ...
C’est dans ce but que Hachem nous a ordonné de manger cette matsa. Celle-ci ne rajoute rien par elle-même de plus que ce que l’artisan a confectionné.
Elle évoque ainsi la émouna et le fait que tout est dirigé par l’Artisan du monde, Hachem.

Le Bné Issakhar conclut ainsi : "Et c'est ce qui a été dit au sujet de la raison de la matsa : car en ce jour, le 15 du mois de Nissan, où l'influence du signe du bélier, le premier de tous les signes, est à son paroxysme, "J'ai fait alors sortir vos légions de la terre d'Egypte". Cela afin que tu vois que les forces naturelles des astres sont impuissantes sans la Providence Divine.
C'est pourquoi l'homme est tenu de s'en remettre à Hachem et d'accepter Ses décrets, car Lui-seul sait ce qu'il y a de bien pour chacun, et c’est Lui qu’il doit supplier et c’est à Lui qu’il doit demander, car tout provient de Lui."

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-> "Ils cuisirent en gâteaux de matsot la pâte qu'ils avaient sortie d'Egypte, car ils furent expulsés d'Egypte et ne purent s'attarder" (Chémot 12,39)

Le Mahari Assod (Responsa chap.157) explique :
Le terme de gâteau suggère une forme circulaire.
A priori, on est en droit de se demander pourquoi la Torah juge nécessaire de préciser que leurs matsot étaient rondes et quelle différence cela peut faire.
A cette époque, les égyptiens avaient l’habitude de cuire leur pain en forme de carrés (à 4 coins) ou de triangles (à 3 coins), car ils croyaient stupidement qu’il existait plusieurs dieux et ils confectionnaient leurs pains en fonction du nombre de divinités (chacun cuisait son pain avec le nombre de coins correspondant au nombre de dieux qu’il servait).
Dès lors, les Bné Israël voulurent marquer leur distance avec l’idolâtrie égyptienne et firent leur pain sous forme de disque (sans coin) pour évoquer l’unicité, et montrer ainsi que nous croyons en un D. unique.
C’est dans ce but que la Torah précise des "gâteaux de Matsot", afin d’enseigner que le fondement de la sortie d’Egypte et le but des mitsvot consistent à montrer qu’il n’y a dans notre cœur qu’un seul D. en Lequel nous croyons et qu’Il est unique dans le monde.

La recherche et la destruction du ‘hamets

+ La recherche et la destruction du 'hamets :

-> Rabbi Akiva Eiger (dans ses lettres [Mikhtavé n°12]) écrit :
"Il faut rappeler au sujet de la veille de Pessa'h qu'à l'époque où Israël résidait sur sa terre, ce jour était celui des réjouissances où l'on sacrifiait l'agneau pascal (korban Pessa'h) et où l'on récitait le Hallel.
Aujourd'hui, malheureusement, il faut tout au moins faire un rappel de cela, adopter une conduite en accord avec la sainteté de ce jour et être empreint de crainte de D. en s'adonnant toute la journée aux mitsvot de destruction et d'annulation du ‘hamets et de préparation du Séder."

Le rav Elimélé'h Biderman dit que cette lettre suggère les paroles de nos Sages : "Réjouissez-vous dans la crainte".
D’une part, il y a la joie et l’allégresse dues au sacrifice de Pessa’h, et d’autre part, la crainte qui doit nous accompagner lorsque nous faisons disparaître le 'hamets au sens propre et au sens figuré de destruction du yétser ara à l’intérieur de nos cœurs.

-> Le rav Yérouh'am Lévovitz de Mir enseigne :
"Est-ce que l'homme ne recherche au cours de cette vérification que le ‘hamets?
Nos Sages ont surnommé le yétser ara, le levain de la pâte. Il semble d'après cela que le ‘hamets représente donc le yétser ara. Par conséquent, on comprend bien toutes les prescriptions relatives au 'hamets : la défense d'en posséder et d'en conserver chez soi, la défense de manger un mélange qui en contiendrait même une quantité infime (tandis que pour les autres interdits, ceux-ci s'annulent dans une quantité 60 fois plus grande d'aliment permis).
On comprend également la recherche méticuleuse du 'hamets dans tous les trous et les recoins afin qu'il ne reste pas même une minuscule miette du "levain de la pâte".
Et de fait, la recherche du ‘hamets à elle-seule amène l'homme à une élévation spirituelle considérable, au point que l'on n'a aucune idée de la sainteté et de la pureté qu'acquiert un juif au cours de la recherche du ‘hamets le soir du 14 Nissan.

De même, lorsque l’on réfléchit à toutes les prescriptions relatives à la cuisson des matsot et à la vigilance extrême afin qu’elles ne fermentent pas ne fût-ce qu’un tant soit peu, on est saisi de frisson ...
En résumé, tout ce travail est destiné à se garder et à veiller à ce que même un soupçon de yétser ara ne s’introduise pas en lui et afin qu’il le fasse disparaître entièrement de son cœur.
Celui qui réfléchit aux mitsvot de la veille de Pessa’h constatera que la purification qu’elles opèrent sur chaque juif dépasse l’entendement humain.
Le juif de la veille de Pessa’h est déjà à un niveau tel qu’aucune créature ne peut l’approcher.
Personne ne peut connaître la valeur de ces mitsvot et l’influence que leur accomplissement produit En-Haut.
Le réveil dans le Ciel est fonction du réveil ici-bas.
Et si nous n’étions venus dans ce monde que pour accomplir les mitsvot de la veille de Pessa’h cela aurait suffi."

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-> Le Bat Ayin (Drouch léPessa'h - Métsora) écrit :
"On peut dire que c'est l’objet de la veille de Pessa'h à la 6e heure ... qui est le moment de l’annulation de tout. Et lorsqu'une personne revient en se repentant sincèrement vers Hachem et fait disparaître et annule de son cœur toutes ses mauvaises actions, cet instant est le temps le plus propice de toute l'année.
Et celui qui vient se purifier, on lui vient en aide."

-> Le rabbi Aharon de Tchernobyl dit :
"Au moment de brûler le 'hamets, il est possible d’annuler toutes sortes de mauvais et cruels décrets."

-> Rabbi Elimélé'h Biderman dit :
"Lorsque nous brûlons le 'hamets, le monde est nettoyé de ses impuretés, et les prières que nous disons à ce moment sont exaucées ...
Les tsadikim enseignent que la guerre de Gog et Magog, qui va annoncer la venue du machia'h, se tiendra la veille de Pessa'h, pendant les 3 heures où les gens sont en train de brûler le 'hamets".

[d'une certaine façon, plus nous allumons une lumière pour rechercher notre 'hamets intérieur, plus nous provoquons que la lumière du machia'h vienne.
L'idée est que le machia'h peut venir à chaque instant, pour peu que nous fassions téchouva, que nous brûlons notre 'hamets intérieur.]

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-> Selon le Pné Ména'hem, parfois une personne se dit : "Que puis-je faire? Hachem m'a donné ce yétser ara! Ce n'est pas de ma faute."
Mais nous devons répondre : "Des morceaux de pains sont placés dans notre maison, afin que nous les trouvions et que nous nettoyons notre maison d'eux.
De même, bien que le yétser ara nous a été donné, c'est notre travail de chercher à s'en débarrasser."

-> Nous faisons un bénédiction lorsque nous recherchons du 'hamets, mais n'en disons pas lorsque nous le brûlons.
Cela fait allusion à notre obligation d'essayer, de faire de notre mieux pour se débarrasser du 'hamets en nous.
Mais nous ne pouvons pas faire de bénédiction sur le résultat car cela n'est pas entre nos mains (cela vient de D.).
Nous avons l'obligation de faire de notre mieux, de se nettoyer de tout mal, et c'est tout ce que Hachem attend de nous.
En ce sens la guémara (Pessa'him 8a) dit que nous devons vérifier qu'il n'y a pas de 'hamets aussi loin que la main peut atteindre (ad chéyado maguiya).
Hachem attend que nous fassions de notre mieux, au maximum de nos capacités, mais il n'attend pas plus de nous. [c'est le yétser ara qui nous pousse sur ce terrain pour nous faire déprimer!]

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-> Le Beit Aharon écrit :
"La différence entre מצה et חמץ est un tout petit trait (le ח est un ה dans le mot : matsa).
Cela signifie une goutte de mal.
On doit se débarrasser de la goutte de mal qui est dans notre cœur, et la jeter dans les profondeur de la mer, et venir proche de la goutte de bien qui est en nous".

[Le rabbi Shlomo David de Slonim dit que le ה est un ח qui s'est brisé en haut à gauche (comme le cœur humain : il n'y a rien de plus entier qu'un cœur brisé!). Cela fait allusion à l'humilité.
La différence entre de la matsa et du 'hamets réside dans un cœur brisé [face à la grandeur d'Hachem], à l'humilité.
Cela nous enseigne également l'importance d'évoluer spirituellement pas à pas, et pas brusquement. Il vaut mieux être l'héro de tous les jours (la constance), plutôt que l'héro d'un jour.
La différence entre מצה et חמץ est un tout petit trait. Cela implique qu'une petite amélioration de nos midot, un petit pas régulier vers Hachem, ... peut faire la différence entre 'hamets et matsa, entre la sainteté et l'impureté.
Ce qui semble insignificatif à nos yeux peut générer au final une croissance spirituelle immense.
(c'est pour cela que nos Sages nous conseillent à Roch Hachana, Kippour, de prendre une petite résolution qu'on va tenir toute l'année, plutôt qu'une grande qu'on risque d'abandonner. Par exemple, de nombreuses personnes ont pu étudier des guémarot entières en utilisant 5 minutes de libres par çi et par là.)]

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-> Rabbi Elimélé'h Biderman enseigne ironiquement :
Pourquoi est-ce qu'on enterre les morts? C'est parce qu'il ne proteste pas.
De même, si nous ne protestons pas, et que nous laissons le yétser ara faire ce qu'il veut de nous, alors nous serons enterrés vivant. [nous serons des morts vivants]
Nous devons protester, prendre le contrôle de notre vie, et se bagarrer contre notre yétser ara.
[il essaie de nous endormir en mettant de l'obscurité, en se cachant, mais à l'image de la recherche du 'hamets, nous devons sans cesse en rechercher toute trace pour qu'il ne s'installe pas en nous, et qu'il n'en vienne à nous dicter quoi faire, quoi penser, ...]

Le rabbi de Satmar dit que la façon dont une matsa est faite représente l'idéal : cela nécessite un travail constant d'être en mouvement, à l'image du fait d'être toujours actif dans notre service Divin.
A l'inverse, laisser la pâte au repos, alors elle va fermenter, devenir 'hamets.
[Selon le rav Yé'hia Benchétrit, l'expression "pierre qui roule n'amasse pas mousse", renvoie à cette idée que le fait d'être en mouvement empêche notre yétser ara de s'attacher à nous comme de la mousse à une pierre qui bouge constamment.]

Nettoyage de Pessa’h

+ Le nettoyage de Pessa'h :

-> Le rabbi de Berditchev ne tarissait pas d'éloges sur les juifs qui ne ménagent pas leurs efforts pour faire disparaître le moindre soupçon de 'hamets.
Il déclara un jour que toutes les actions entreprises dans ce but sont comparées aux sonneries du Shofar.
Et les anges créés par les frottements du nettoyage intercèdent en faveur d'Israël.
Il en donne même une allusion en soulignant le verset : "Et tu accompliras ce travail (aavoda azot) en ce mois-ci" (Bo 13,5) qui est écrit au sujet de Pessa'h, et qui évoque allusivement le travail de nettoyage du 'hamets.
De plus, le démonstratif employé pour désigner "ce travail" est l'adjectif démonstratif "zot" qui est également utilisé dans le verset : "Avec celle-ci (bézot), Aharon pénétra dans le Sanctuaire" (A'haré Mot 16,3), qui est écrit au sujet de Yom Kippour.
Ceci vient nous enseigner que le nettoyage de la maison avant Pessa'h (mois de Nissan) ressemble au service du Cohen Gadol le jour de Kippour.

-> Le rabbi de Berditchev disait également que le bruit qui provient du frottement et du raclage des tables monte dans les cieux et annule tous les anges accusateurs dans le Ciel.

-> Le Chout Min haChamaïn (71) souligne que "nos Sages ont été très sévères en général et jusque dans les moindres détails (sur l'interdit du 'hamets)", et il promet que : "celui qui s'attarde minutieusement au respect de cet interdit verra sa vie se prolonger".

-> Le Kav haYachar écrit : "J'ai pour tradition que celui qui peine en l'honneur de la fête de Pessa'h tue grâce à cela tous les anges destructeurs".
[grâce à ses efforts, l'homme repousse tout le mal de lui-même!]

-> L'Admour de Loubavitch a dit : "Les efforts physiques fournis dans ce domaine [du nettoyage de Pessa'h] ont la ségoula de nettoyer le corps de l’homme de son aspect matériel dominant et d’octroyer une dimension spirituelle à son existence. "
De même selon le rabbi Pin’has de Koritz, ces travaux de nettoyage, de rangement, de tri d’objets superflus nous mènent à épurer et renouveler notre âme.
[rapporté dans la voie à suivre n°1179]

-> Le Chomer Emounim témoigne avoir pris une fois une décision dès le début du mois de Nissan : cette année, il désirait recevoir l'influence spirituelle qui rayonne la nuit du Séder.
Ainsi, il ordonna à tous ses serviteurs de réduire autant que possible les moments réservés à la réception du public. Il désirait en effet s'enfermer dans sa chambre afin de procéder à la "grande préparation" que cette décision nécessitait.
De fait, il ne participa pas au nettoyage.
Or, lorsque la fête arriva, il constata qu'il n'avait jamais vécu un Séder aussi lamentable et aussi dépourvu d'émotions que cette année.
[on culpabilise à tord sur le fait que le nettoyage de Pessa'h vient nous faire perdre tellement de temps, que nous pourrions par exemple consacrer à étudier la Torah.
Cependant, au contraire, toutes ces contraintes sont précisément ce qui nous permettra d'accueillir la fête et de profiter de tout son apport spirituel.]

-> Rabbi Chimchon Aharon Polanski aperçut une année à la maison d'étude (beit midrach) plusieurs Avré'him s'adonnant avec ferveur à l'étude de la Torah lors des jours précédant Pessa'h.
Il comprit que leur absence devait se ressentir dans leur foyer en cette période intensive de préparatifs.
C'est pourquoi il monta sur l'estrade et annonça : "J'ai en main une liste de malheureuses veuves qui supplient qu'on vienne les aider pour les besoins de la fête. Qui est donc prêt à se dévouer?"
Comme un seul homme, tous ses levèrent avec empressement pour proposer leur soutien.
Il leur demanda alors de se mettre en rang afin de recevoir une feuille comportant le nom et l'adresse de la famille qui leur serait attribuée.
Lorsqu'ils la lurent, chacun y découvrit sa propre adresse.
L'intention du rav par ce subterfuge était de réprimander leur conduite : en effet, ils étaient disposés à aider des étrangers davantage que leur propre famille.
Or Hachem désire exactement l'inverse, puisqu'il est écrit : "Ne fait pas fi de ta propre chair" (Yéchayahou 58,7).

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+ Le danger de se mettre en colère :

-> Rabbi Sim'ha Bounim de Peschi'ha dit :
"Pour toutes les mitsvot, il ne convient pas de multiplier les 'houmrot (application de la loi de la manière la plus rigoureuse possible). Néanmoins, dans les lois de Pessa'h, il est préférable d'être strict car chaque 'houmra est comparée à un bijou dont on pare une mariée".
=> Ainsi, on comprend que les préparatifs de Pessa'h doivent s'accomplir dans la joie et la sérénité, sans énervement ni colère à l'instar d'une mariée qui se pare de ses attraits avec une immense allégresse.

-> Le rabbi de Berditchev déclare : "grâce aux préparatifs de Pessa'h, l'homme a la possibilité de parvenir au niveau d'inspiration Divin (roua'h haKodech). Cependant, la colère l'empêche d'atteindre ce degré spirituel si élevé."
[on prendra donc garde à ne pas s'irriter sur son conjoint ni sur ses enfants]

-> Rabbi Elimélé'h Biderman enseigne :
A priori, on ne comprend pas vraiment l'argument provocateur du "Racha" de la Haggada : "Qu'est donc ce travail pour vous?"
Pessa'h est en effet un temps de libération où tous sont assis comme des princes et il n'y a pas apparemment de plus grand plaisir que celui-ci.
Qu'est-ce qui entraîne cette animosité envers la mitsva de Pessa'h? On se serait plutôt attendu à entendre sa plainte à un moment où tout le monde jeûne ou pour d'autres mitsvot qui n'impliquent aucune jouissance pour le corps.

La raison est qu'en fait lorsque le "Racha" assiste aux préparatifs de Pessa'h et voit que toute la famille procède au nettoyage dans un état de tension nerveuse et qu'au lieu de se réjouir de l'accomplissement de cette mitsva d'Hachem, chacun s'irrite et se met en colère, alors il en vient à détester le service Divin.
Et tout le bénéfice de la mitsva est perdu.
[cela peut s'appliquer à toutes les mitsvot, où les parents doivent être certes un exemple vivant, mais surtout doivent l'accomplir dans la joie et la fierté.
Par exemple, si un enfant voit que le Shabbath est une corvée, un jour de privations, un moment dont on attend impatiemment la fin, alors l'enfant recevra une mauvaise image de la religion, et en deviendra un racha.]

-> Le 'Hida enseigne :
"Il me semble que c'est parce que cette nuit éclaire comme le soleil à son zénith tous les mondes supérieurs que le yétser ara s'ingénie par tous les moyens à vouloir pénétrer dans l'un des membres de la famille ou par l'intermédiaire des servants (en semant la discorde).
L'homme sage s'armera donc de patience sans "fermer la porte" à ceux qui l'entourent. Il répudiera les disputes et fera régner l'amour chez lui.
Heureux est celui qui agit de la sorte".
[en succombant à la colère même une fois, on se prive de recevoir un maximum de lumière sainte!]

-> Rabbi Asher de Stolin rapporte l'allusion suivante : "Tu ne te feras pas de divinité en métal" (Ki Tissa 34,17), et le verset juste après est : "Tu respecteras la fête des matsot" (v.34,18).
Il est en effet fréquent que l'on se mette en colère à l'occasion des préparatifs de Pessa'h et même lors de la fête elle-même.
Or, nos Sages (guémara Shabbath 105b) nous enseignent que celui qui se met en colère est comparé à un idolâtre. C'est pourquoi la Torah nous met particulièrement en garde pendant cette période de ne pas sombrer dans l'idolâtrie de la colère, mais au contraire d'agir sereinement et de nettoyer sa maison de tout soupçon de 'hamets, heureux d'accomplir une mtisva.
[réjouissons-nous de l'immense mérite que nous avons de procurer de la joie à Hachem, en éliminant le mal qui est en nous.]

-> Le Pélé Yoets (Erekh Galout) écrit :
"Lorsque l'on fait déambuler le maître de maison d'un endroit à l'autre de la maison lors des préparatifs de Pessa'h et qu'il est obligé de s'asseoir entre les meubles, cela constitue pour lui un exil expiatoire.
Car quelle différence y a-t-il entre un exil total ou partiel?
Il y a cependant une condition à cela : qu'il en ait la ferme intention et qu'il accepte ce désagrément avec amour."

-> "Tout levain, et tout miel, vous n'encenserez pas comme sacrifice en l'honneur d'Hachem" (Vayikra 2,11).
Rabbi 'Haïm 'Haïkel fait le commentaire suivant :
Le levain symbolise en effet l'orgueil, puisqu'il provoque la montée de la pâte.
Le miel, quant à lui, rappelle la colère.
Ces 2 défauts sont réprimandables même lorsqu'ils sont dirigés vers un but sacré.
Le Maguid a une fois mis en garde le Beit Yossef à ce sujet en lui disant que même lorsqu'il s'agit de défendre l'honneur d'Hachem, il fallait s'abstenir de la colère car rien de bon n'en sort.
C'est pourquoi le verset vient nous enseigner allusivement que "tout levain" = tout orgueil, "et tout miel" = toute colère, "vous n'encenserez pas" même "comme sacrifice en l'honneur d'Hachem", même pour un but sacré.

On l'apprend également de la matsa.
Tandis que le 'hamets gonfle et ressemble à une poche remplie d'air, ce qui illustre parfaitement la personne lorsqu'elle s'enfle de colère, d'arrogance (c'est pas comme JE veux) ; la matsa, elle, évoque l'humilité et la modestie qui permettent à l'homme de conserver sa sérénité et de ne pas élever de plaintes contre Hachem.
Car il ne se considère pas comme important et sait que si l'on s'en tient à la stricte justice, il n'est pas digne de recevoir quoi que ce soit.

Nous devons avoir à l'esprit les paroles de nos Sages (guémara Kidouchin 41a) : "Il ne reste dans les mains de celui qui se met en colère que sa colère", car celle-ci ne l'aidera en rien à changer la situation.
En plus de tout le mal que nous amenons sur notre corps et notre âme, que gagnons-nous à se laisser submerger par la colère!
[en brûlant notre 'hamets, nous matérialisons notre conscience que le 'hamets (la colère) n'est que négativité, et doit être détruit à tout prix!]

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-> Tous les préparatifs pour Pessa'h sont là pour nous aider à nous oublier un instant.
[rabbi Pin’has de Koritz]

[d'une certaine façon les préparatifs de Pessa'h demandent tellement d'investissement personnel, qu'on en arrive à être vidé, à tuer notre égo de fatigue pour Hachem, et alors on peut mieux mettre au monde notre réel soi-même spirituel. On peut pleinement vivre la sortie d'Egypte [de cette année], plein d'amour et de reconnaissance pour notre papa Hachem.]

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-> "Ne faites pas de Pourim un jour si joyeux qu'il en devient non casher, et ne faites pas de Pessa'h un moment si casher qu'il n'en devient plus joyeux"
[la Bostoner rabbanite]

[comme on dit : "la poussière n'est pas du 'hamets", et elle ne doit pas nous faire passer à côté de l'essentiel : vivre la fête de Pessa'h! On ne doit pas avoir la tête dans la poussière, et ne plus voir la grandeur de la sortie d'Egypte qui a lieu cette année!]