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Souccot = une période de bonté et de miséricorde extrêmes

+ La fête de Souccot en elle-même constitue une période de bonté et de miséricorde extrêmes :

-> Le Gaon de Vilna rapporte à ce sujet l’enseignement de la guémara (Souca 28b) qui traite du cas où la pluie tombe au beau milieu de la fête. Nos Sages comparent ce cas à celui d’un serviteur qui vient couper le vin de son maître, et lorsqu’il veut le servir, le maître lui jette une carafe d’eau en plein visage.

=> A priori, demande le Gaon de Vilna, pourquoi la guémara ne dit-elle pas simplement que le serviteur vient donner un verre à son maître (et précise-t-elle qu’il lui coupe son vin au préalable)?

Le Gaon de Vilna explique que cela se comprend par le fait que Roch Hachana et Yom Kippour sont des jours de Din (de rigueur Divine). Après eux, vient la fête de Souccot et ses mitsvot, le Loulav et la Soucca. Ces jours sont des jours de miséricorde qui adoucissent les décrets rigoureux grâce aux mitsvot qui nous entourent. Et nous jouissons alors de la bénédiction Divine.

Or, on sait que couper du vin avec de l’eau est destiné à adoucir la force du vin et à le rendre buvable.
C’est ce que la parabole de nos Sages vient suggérer par l’image du serviteur qui coupe le vin de son maître, à savoir qu’il vient adoucir sa force. Cela signifie que même si (à D. ne plaise) un décret sévère aurait été prononcé à l’encontre de quelqu’un durant les jours redoutables, il est encore en mesure de le commuer à Souccot en décret de bonté et de miséricorde.

"La raison pour laquelle nous recommençons tout de suite [la lecture de la Torah] depuis Béréchit est que le Satan ne puisse pas accuser en disant : 'Ils l'ont finie et ne veulent plus la lire'.
Ou bien, le but est [d'exprimer une prière] : de même que nous avons eu le privilège de la terminer, puissions-nous avoir le privilège de la commencer"
[Séfer Aboudraham - Yom Chemini Vessim'hat Torah]

Chémini Atséret – désirer Hachem

+ Chémini Atséret - désirer Hachem :

-> "Sache et comprends que l'étrog n'est pas attaché avec [les autres espèces], bien que la mitsva ne puisse être accomplie sans lui car il correspond à [Chemini] Atsérèt, qui est une fête à part ...
Pendant ces 7 [jours, la Torah nous ordonne de] le prendre le fruit d'un cédrat et le loulav attaché, et c'est pourquoi l'étrog est mis le premier. Mais le 8e jour, ce n'est pas nécessaire, car [ce jour] est hadar en lui-même".
[Ramban - Emor 23,40]

=> Que veut dire le Ramban lorsqu'il écrit que le Yom Tov de Chémini est "hadar en lui-même" [hadar = renvoie à ce qui est beau]? Pourquoi Chémini Atsérét est-elle qualifiée de "hadar" et de quelle façon Chemini Atsérèt est-elle liée à l'étrog (appelé : éts hadar - fruit du bel arbre )?

Un autre aspect de Chemini Atsérèt doit être expliqué : contrairement aux Yamim Tovim qui l'ont précédée, la Torah ne prescrit aucune mitsva ou pratique spécifique à Chémini Atsérèt.
A Roch Hachana, on sonne le chofar, Yom Kippour est un jour de jeûne et à Souccot nous résidons dans la soucca et prenons les 4 Espèces.
Chemini Atsérèt n'a aucune mitsva particulière ; elle est différente en raison des korbanot spéciaux de ce jour et des lois de Yom Tov qui s'appliquent à chaque fête.
=> Pourquoi Chemini Atsérèt n'a-t-elle pas de mitsvot?

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-> Rabbi Dovid Hofstedter enseigne :
Lorsqu'un homme atteint un haut niveau de proximité à D., il éprouve de la joie, la joie étant l'essence de Chémini Atsérét.
Le verset : "C'est le jour que D. a créé ; réjouissons-nous et soyons heureux en lui" évoque Chemini Atsérèt, comme le dit le midrach (Pessikta déRav Kahana 28) : "Lorsque les 7 jours de la fête [de Souccot] passent, Hachem dit aux Bné Israël : Mes enfants, Je sais que pendant les 7 jours de la fête, vous étiez occupés à offrir les sacrifices des nations du monde. A présent, vous et Moi nous nous réjouirons ensemble, et Je ne vous demanderai pas beaucoup : un seul taureau et un seul bélier. En entendant cela, les Bné Israël se mirent à louer D. et déclarèrent : "C'est le jour que D. a créé ; réjouissons-nous et soyons heureux en lui."

C'est peut-être aussi la raison pour laquelle les festivités qui marquent la fin du cycle annuel de la lecture de la Torah ont lieu à Chemini Atsérèt. La jouissance de Sim'hat Torah est basée sur notre proximité avec Hachem.
Le Pessikta poursuit : "Rabbi Aboun dit : nous ne savons pas si nous devons nous réjouir du jour ou de D. [car on peut comprendre : 'en lui', en le jour, ou 'en Lui', en D.], jusqu'à ce que vienne Chlomo et dise (Chir Hachirim 1.4) : 'Nous nous réjouirons et serons heureux en Toi' = en Toi et Ta Torah, en Toi et Ta délivrance.
Rabbi Its'hak dit : en les 22 lettres de l'alphabet par lesquelles la Torah fut donnée [comme l'indique la valeur numérique du mot bakb (בך - "en Toi") qui est de 22]".

L'affirmation du Ramban : Chemini Atsérèt est caractérisée comme "hadar" et liée à l'étrog nous semble plus compréhensible, à présent. L'étrog représente le désir de proximité à D. qui se trouve profondément ancré dans le coeur de l'homme, et ce désir s'exprime lorsqu'on se réjouit de notre lien avec D. et Sa Torah, réjouissance qui est l'essence même de la fête de Chemini Atsérèt.

Cette idée est également véhiculée par le fait que, contrairement aux autres Yamim Tovim, il n'y a pas de mitsvot spécifiques à accomplir à Chemini Atsérèt. Comme nous l'avons vu, Chemini Atsérèt est l'expression du désir des juifs d'être proches de D., et de la joie qu'ils en retirent lorsqu'ils atteignent cette proximité.
La tâche du peuple juif en ce jour est donc essentiellement de servir Hachem en son cœur, d'accomplir une avoda intérieure, qui a trait aux émotions plutôt qu'aux actes. Ainsi, l'expression du Ramban (Chemini Atsérèt est "hadar en lui-même") signifie que l'essence du jour est inextricablement liée à la force du désir et fait de Chemini Atsérèt un jour où nous pouvons nous réjouir avec D.

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-> C'est aussi la nature des festivités de Sim'hat Torah, qui ont lieu à Chemini Atsérèt. Chemini Atsérèt n'est pas un moment où nous étudions davantage la Torah, contrairement à Shavouot. C'est plutôt un moment où nous révélons notre attachement à la Torah en nous réjouissant du fait que nous avons terminé un cycle de la lecture de la Torah et que nous le recommençons.
Comme la fête est vouée à l'émotion, aucun acte spécifique n'y est associé.

Chémini Atsérét & Sim’ha Torah – Quelques enseignements

+ Chémini Atsérét & Sim'ha Torah - Quelques enseignements :

1°/ Chémini Atsérét :
Le dernier jour de la fête de Souccot s'appelle : Chémini Atsérét.
Selon Rachi (Réé 16,8), un des sens de "Atsérét" est : assembler, réunir.
Toute la nation juive venait à Jérusalem pour la fête et se rassembler dans la maison d'Hachem (le Temple) à Chémini Atsérét pour prendre congé avec respect et recevoir la bénédiction d'Hachem, avant de retourner à leur maison.

=> Pourquoi ce rassemblement n'avait-il pas lieu également à Pessa'h?

Abarbanel (cité par le Oznayim laTorah - Vayikra 23,8) dit qu'à Souccot on a l'obligation de rester à Jérusalem pour toute la période de la fête, ce qui n'est pas le cas à Pessa'h, comme il est écrit : "Tu t’en retourneras au matin [Rachi : du 2e jour (de Pessa'h)] dans tes demeures" (Réé 16,7).
Puisque le 8e jour de Souccot, toute la communauté juive qui était venue à Jérusalem pour la fête était encore là-bas, alors "l'assemblée" était extrêmement importante et visible et c'est pour cela que la Torah appelle ce jour : "Atsérét".
Au dernier jour de Pessa'h, seul un petit nombre de juifs restait encore à Jérusalem, et puisque ce rassemblement n'était pas très notable, alors la Torah ne fait généralement pas référence au dernier jour de Pessa'h comme "Atsérét".

-> Le Oznayim laTorah (rabbi Zalman Sorotzkin) ajoute que le mot "Atsérét" signifie aussi : "fermer" (cf. Rachi Réé 16,8 : Atsérét = [une fermeture] = "Ferme-toi" au travail).
Rabbi Sorotzkin commente que "Atsérét" ne signifie pas uniquement de "fermer" ou de "se rassembler" dans un sens physique (ex: en s'abstenant de travailler, en se rassemblant au Temple).
"Atsérét" est également applicable dans un sens spirituel.
Le dernier jour de la fête est un moment où l'on doit s'arrêter et réfléchir aux messages de la fête, et les "rassembler" dans notre esprit, cela afin de garder ces messages avec nous dans notre vie de tous les jours.
Afin de complétement intégrer ces messages de la fête, idéalement il serait nécessaire d'avoir une période de 50 jours.
C'est pour cela qu'il y a 7 semaines entre Pessa'h et Shavouot. Shavouot étant le "Atsérét" de Pessa'h, et les 50 jours entre ces 2 fêtes fournissent une ample occasion de bien contempler les leçons de Pessa'h.

=> Si c'est ainsi, pourquoi Chémini Atsérét est-il observé le jour après Souccot? Ne serait-il pas mieux qu'il tombe 50 jours après Souccot, afin que nous puissions utiliser au mieux cette période pour absorber les sublimes leçons de Souccot.

Le midrach (Tan'houma Pin'has) répond à cette question :
"Il aurait été approprié que Chémini Atsérét soit 50 jours après Souccot, comme Atsérét [c'est-à-dire : Shavouot] qui est 50 jours après Pessa'h.
Cependant Hachem a dit : "C'est l'hiver, et ils ne pourront pas quitter leur maison pour venir ici [à Jérusalem]. Mais maintenant qu'ils sont déjà là devant Moi [à Souccot], laissons les faire Atsérét [le 8e jour de Souccot]."

Ainsi, la période de 50 jours de Pessa'h à Shavouot peut facilement se faire car c'est l'été, et il est facile de faire un aller-retour à Jérusalem. En hiver, alors que les routes sont impraticables à cause de la pluie, cela est beaucoup plus compliqué, et Chémini Atsérét tombe donc le 8e jour de Souccot, pour épargner aux gens les dérangements d'un aller-retour hivernal.

Rabbi Zalman Sorotzkin ajoute qu'en résumé, le peuple juif a reçu 2 Yom Tov qui sont intrinsèquement indépendant : Pessa'h et Souccot.
Chacune de ces fêtes comporte une fête supplémentaire d'Atsérét (rassembler), un jour où l'on revoit tous les messages de la fête qui est passée, les "rassemblant" dans notre mémoire, et les stockant pour le futur (pour que ces messages aient un impact concret dans notre façon d'agir et d'aborder notre quotidien).

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-> Cette approche que Shavouot (jour du don de la Torah) et Chémini Atsérét (qui coïncide avec Sim'ha Torah en Israël, où l'on témoigne de notre joie d'avoir reçu la Torah) ne semblent être que des moments de révisions des idées de Pessa'h et de Souccot, met en réalité au grand jour un nouveau concept : notre acceptation et notre célébration de la Torah.

En effet, à Pessa'h une personne va prendre conscience de l'infinie bonté d'Hachem : on avait chuté jusqu'au 49e niveau d'impureté sur 50, on était alors dans un esclavage terrible, traité pire que des animaux, ... et Hachem ne nous a pas seulement sorti d'un tel esclavage mais Il nous a élevé à la noblesse beaucoup plus haut que toute autre nation, en nous fournissant miraculeusement des Nuées de Gloire, qui nous fournissaient des conditions climatiques idéales (chauffage la nuit dans le désert, et climatisation le jour), qui aplanissait les montagnes/dunes, nettoyait nos vêtements, tuaient tous les serpents, les scorpions et autres habitants nuisibles du désert, ...
Une telle contemplation des bontés gratuites d'Hachem à notre égard, amène naturellement une personne à avoir un amour profond et une gratitude envers Hachem, et cela éveille un désir passionné de comprendre de tout cœur Sa Torah.
Et cela se ressent dans notre joie à Shavouot (on la reçoit), et à Chémini Atsérét (on fête le fait de l'avoir! ).
[d'après le rav Binyamin Wurzburger]

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-> "Et tu seras seulement joyeux" (Réé 16,15)
Nos Sages (guémara 48a) interprètent ce verset comme faisant référence à Chémini Atsérét.

=> Pourquoi est-ce que la joie de Chémini Atsérét est plus complète que la joie durant Souccot?

Rabbi Shlomo Zalman Auerbach (Halikhot Shlomo - Souccot chap.12) explique que toutes les expressions de joie matérielles, comme le fait de festoyer, de chanter ou bien de danser, vont au final quitter une personne, la laissant vide et insatisfaite.
[en ce sens : " la joie elle-même finit en tristesse" (Michlé 14,13)]
Puisque la joie à Chémini Atsérét est essentiellement spirituelle, puisqu'elle provient d'un attachement à Hachem, cette joie est donc pure et complète.

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-> "Force et splendeur sont ses vêtements, elle sourit au dernier jour" (oz véadar lévoucha, vatich'hak léyom a'haron - Michlé 31,25)

-> Le Gaon de Vilna (biour haGra - Michlé 31,25) commente que ce verset fait allusion aux fêtes du mois de Tichri :
- "oz" (Force - עֹז) = c'est une référence à Roch Hachana et Yom Kippour.
Le rav Hirsch ('Houmach Hirsch - Chémot 9,19) commente que le mot עֹז signifie toujours un abri protecteur avant un danger menaçant. C'est une description appropriée pour les jours de Jugement de Roch Hachana et de Yom Kippour.
- "hadar" (splendeur - הָדָר) = la beauté fait allusion à la fête de Souccot, puisqu'il y a une obligation que les 4 espèces que l'on utilise à Souccot soient belles/splendides (hadar) [cf. Rachi sur la guémara Soucca 29b].
[en ce sens, l'Etrog s'appelle aussi : "ets péri adar"]
- "vatich'hak léyom a'haron" (elle sourit au dernier jour - וַתִּשְׂחַק לְיוֹם אַחֲרוֹן) = cela correspond à Chémini Atsérét, le dernier jour de fête du mois de Tichri.
"ch'hok"(שחוק) fait référence à la joie absolue et en constante augmentation du monde à Venir.
[en ce sens : "Alors [avec l'arrivée du machia'h,] notre bouche s’emplira de rire (שְׂחוֹק)" (Téhilim 126,2)]
Le Gaon de Vilna était plus joyeux à Chémini Atsérét que durant les autres jours de Souccot, puisqu'elle représente la joie du monde à Venir.

"Elle sourit au dernier jour" = selon le midrach (Béréchit rabba 62,8), cela signifie que Hachem montre aux tsadikim, juste avant leur mort, la récompense qui les attend dans le monde à Venir.
Le Maharcha (guémara Soucca 55b) dit que d'une façon similaire, Hachem accorde aux juifs une indication du monde à Venir le jour de Chémini Atsérét, le "dernier jour" de la fête.

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2°/ Sim'hat Torah :

-> Nos Rabbanim ont fait en sorte que la fin du cycle annuel de lecture de la Torah coïncide avec Chémini Atsérét/ Sim'hat Torah, afin que la fête (siyoum) se tienne en ce jour.
Pourquoi nos Sages ont-ils jugé que c'était le moment le plus idéal de l'année pour se réjouir de la Torah?

Rabbi Shlomo Zalman Auerbach (Halikhot Shlomo - Souccot chap.12) commente que chaque fête a une focalisation particulière : Pessa'h est la sortie d'Egypte, Shavouot est le temps où l'on a reçu la Torah au mont Sinaï, et Souccot a les messages inhérents à la Soucca et aux 4 espèces.
Chémini Atsérét/Sim'hat Torah n'est rien d'autre que le moment où Hachem désire se réjouir de notre compagnie, et nous réciproquement nous exprimons notre désir d'avoir une proximité amoureuse avec Hachem, un prélude de ce que nous vivrons dans le monde à Venir.
Puisque le seul moyen d'atteindre une proximité avec Hachem passe par la Torah (puisque Hachem, Israël [les juifs] et la Torah, ne sont qu'un), alors c'est pourquoi nous incorporons la Torah dans les festivités du jour.
[on célèbre la Torah ce point d'union, de liaison, entre nous et Hachem!]

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-> On est obligé de se tenir debout lorsqu'un Séfer Torah est déplacé de sa place, comme lorsqu'il est pris de l'arche à la bima pour la lecture de la Torah.
=> Selon cela, comment peut-il être permis de s'asseoir à la synagogue pendant les hakafot de Sim'hat Torah, puisque la Torah ne reste pas statique à un même endroit?

Rabbi Shlomo Zalman Auerbach (Halikhot Shlomo - Souccot) justifie cette pratique courante de s'asseoir à la synagogue alors que la Torah est en mouvement (les gens dansant avec elle!).
Il explique qu'à Sim'hat Torah, nous considérons que la totalité de la synagogue est un seul lieu adéquat pour que la Torah puisse "se reposer".
Alors que durant toute l'année, la Torah est enfermée dans l'Arche sainte, le jour de Sim'hat Torah la totalité de la synagogue devient comme une grande Arche, et la Torah et les juifs n'ont pas de différence.
[ainsi d'une certaine façon en ce jour, nous sommes tous des Séfer Torah dans l'Arche Sainte!]

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-> Pourquoi à Sim'ha Torah, recommençons-nous immédiatement la lecture de Béréchit après avoir achevé celle de toute la Torah?

Le Aboudarham en explique le sens simple : il s’agit de faire taire l'accusation du Satan selon laquelle les Bné Israël seraient contents d'avoir enfin fini la Torah à cause du joug que cela représente.

Le rav Elimélé'h Biderman dit que cette habitude renferme une allusion supplémentaire : même au moment de l'achèvement, l'essentiel de la joie est dû aux aspirations futures : c'est le moment où chacun prend sur lui d'ouvrir une nouvelle page en se tournant vers l'avenir et non vers le passé, en désirant désormais investir tous ses efforts dans la Torah d'Hachem.

Le rav Mendel de Kotsk dit : "L'essentiel de la joie consiste à recommencer la Torah car personne au monde ne peut prétendre avoir achevé la Torah. Par contre, en ce qui concerne le futur, il est donné à tout un chacun de prendre sur lui de bonnes résolutions. Dès lors, la joie concerne tout le monde."

Le 'Hidouché haRim confirme également que la joie de Sim'hat Torah est celle de se préparer à recevoir la Torah chaque jour de l'année.

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3°/ L'influence bénéfique du mois de Tichri pour toute l'année juive :

-> Il est écrit dans le midrach (Kohélète Rabba 9) : "Lorsque les Bné Israël quittent les synagogues, une voix céleste retentit en disant : "Va et mange joyeusement ton pain, car D. a agréé tes actions"."

Rabbi Leibele Eiger explique que ce midrach fait référence au jour de Chemini Atséret qui marque la fin des jours sacrés qui sont passés [Roch Hachana, Kippour, Souccot, ...].
C’est alors qu’une voix céleste retentit et pénètre le cœur des âmes juives qui sont alors joyeuses et confiantes que leurs prières ont été agréées. Et même si le cœur ne le ressent pas, cette réalité existe.
Elle est telle une graine ensemencée qui a germé dans le cœur du juif, comme on le dit (dans la bénédiction après la lecture de la Torah) : "Et la vie éternelle qu’il a plantée en nous".
Tel un plant qui a pris racine dans la Terre, certes encore caché sous la terre et dissimulé des regards, qui, le moment venu, s’épanouira au grand jour, il en est de même de la sainteté de la fête qui a été semée discrètement en son temps : le moment venu, au cours de l’année, celle-ci se réveillera dans tous ses détails.

Il en ressort qu’un immense trésor est enfoui dans nos coeurs formé de toute la sainteté des jours
redoutables (de Roch Hachana à Yom Kippour) et des fêtes qui ont suivi (Soucot et Sim’hat Torah) ainsi que de toutes les grandes mitsvot que nous avons mérité d’accomplir dans ces moments extraordinaires.
Et même, si l’homme ne ressent encore aucun changement, la vérité est que la graine qu’il a semée a germé et il n’a plus qu’à en dévoiler la sainteté au cours de l'année.

-> Le Imré ‘Haïm dit que pour beaucoup de gens le mode de vie est que : durant toute l’année, ils sont pauvres en mitsvot et persuadés que leur chance se trouve à Roch Hachana et à Yom Kippour. C’est, se disent-ils, le moment de bénéficier d’une pleine poignée de sainteté grâce à laquelle, ils pourront s’élever sans arrêt.
Cependant, lorsque les saints jours arrivent, ils se rendent compte que la richesse se trouve en eux mêmes, car en chacun sont dissimulées d’immenses forces spirituelles pour l’accomplissement du service Divin.
Ils prennent alors sur eux de bonnes résolutions pour améliorer leurs actions.
Lorsque toutes les fêtes sont finies, leur travail consiste à "vivre" la découverte de ce trésor de l’âme, et de mettre en pratique leurs décisions sans retourner (à D. ne plaise) à leurs anciennes habitudes.

L’importance de Chémini Atséret

+ L'importance de Chémini Atséret :

-> Le degré spirituel extrêmement élevé de Chémini Atséret est exprimé dans l'enseignement du Zohar (3e partie 32b) : "Et Israël, en ce jour (à Hochaana Rabba), parvient au terme de son jugement et entame une (période de) bénédictions, car le lendemain (Chémini Atséret), il est invité à se réjouir avec son Roi et à recevoir de Lui les bénédictions de toute l'année. Dans cette réjouissance, seul Israël est présent et celui qui réside seul avec le Roi peut Lui demander tout ce qu'il désire, cela lui sera accordé."

-> Le Rama miPano ('Hikour Hadin 2e partie, fin chap.27) fait remarquer que le mot 'Hag (la fête) est à relier également au mot 'Houza qui signifie une ronde et évoque la notion de cercle tournant autour d'un point central.
C'est la raison pour laquelle Chémini Atséret n'est pas dénommé 'Hag (ainsi tranche le Rema dans le Choul'han Aroukh 668,1 étant donné que l'on n'a trouvé en aucun endroit dans la Torah, que ce jour est appelé 'Hag). Cela fait allusion au fait que les autres jours de fête "tournent autour" du centre de toutes les fêtes que représente Chémini Atséret, sa sainteté étant supérieure à celle de toutes les fêtes, y compris Yom Kippour, et il ne convient pas de l'appeler 'Hag.

-> Le 'Hatam Sofer abonde dans ce sens en expliquant que la sainteté de Yom Kippour est basée sur la mortification, alors que celle de Chémini Atséret repose sur la joie.
C'est ce que le verset de Chir Hachirim (7,7) évoque : "Comme elle est belle et agréable l'amour dans les délices" (מה יפית ומה נעמת אהבה בתענוגים), l'amour pour Hachem qui provient du jeûne (comme à Yom Kippour) est moindre que l'amour pour Hachem qui provient de la joie.
Or, par ailleurs, il existe un parallèle entre les 2 jours, puisque ce sont 2 fêtes où l'on n'offre comme sacrifice de Moussaf qu'un taureau. Cependant, la sainteté de Chémini Atséret est supérieure à celle de Yom Kippour car elle provient de la joie, la joie du Roi [Hachem] avec son peuple.

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-> Chémini Atsérét et Sim'hat Torah ne sont pas simplement des jours de bénédictions, mais un moment de la forme la plus pure de la bénédiction divine disponible uniquement pour ceux qui se consacrent à la Torah (les juifs).
[Sfat Emet - 5662]

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-> Le Sfat Emet (5632 ; 5660) enseigne :
Les 7 jours de Souccot sont un moment d'abondance matérielle, un temps où les juifs et les non-juifs sont inondés de la générosité d'Hachem ...
Cependant, Chémini Atsérét symbolise les plaisirs du monde à Venir (olam aba) qui sont accordés exclusivement au peuple juif [le jour qui leur est réservé], le 8e jour.
[le chiffre 8 représente le monde à venir, un au-dessus du 7 (les 7 jours de la semaine)]
[...]
Le midrach (Yalkout Chimoni - Emor 782) décrit Chémini Atsérét comme un jour de bénédictions supplémentaires, une fête additionnelle aux 3 fêtes de pèlerinage (Chaloch Régalim).
[...]
Selon les kabalistes, les 3 fêtes de pèlerinage correspondent aux 3 parties de l'âme : néfech, roua'h et néchama.
A quoi correspond Chémini Atsérét, cette fête supplémentaire?
Elle correspond à la néchama yétéra (l'âme supplémentaire) que tout juif reçoit chaque Shabbath (guémara Beitsa 16a).
L'âme supplémentaire ajoute non seulement un niveau supérieur de spiritualité à la journée, mais permet également à celui qui observe le Shabbath de manger sans devenir excessivement matérialisme (Rachi - Beitsa 16a).
De plus, la guémara suggère que si l'humanité a certainement été sensibilisée [théoriquement à l'existence] du jour du Shabbath, cette dimension unique du Shabbath ne peut être appréciée [concrètement] que par les juifs eux-mêmes.

De même, Chémini Atsérét est une occasion uniquement pour les juifs, un goût de l'au-delà, correspond à l'âme supplémentaire.
Les 3 fêtes de pèlerinage, qui sont des occasions où toute l'humanité est bénie, correspondent aux aspects de l'âme partagé par tous les êtres humains.
[certains commentateurs disent que les non-juifs ne possèdent que le 1er composant d'âme (le néfech), mais le Sfat Emet se reposant sur la guémara (Beitsa 16a) émet le fait que chez les non-juifs il ne manque que l'âme supplémentaire, impliquant que selon lui ils ont les autres composants. ]

Chémini Atsérét est donc une expérience purement juive. C'est le jour de l'âme supplémentaire, le jour qui est un avant-goût de l'au-delà et de la période pendant laquelle Sim'hat Torah est célébrée.
Il ne pouvait y avoir de meilleur moment pour l'achèvement de la Torah que ce jour si spécial. La Torah n'est-elle pas le mécanisme par lequel Israël mérite le monde à Venir?
N'est-ce pas à travers la Torah que le peuple juif peut apprécier [davantage] "l'âme supplémentaire"?

Si Chémini Atsérét est un jour d'une telle intensité spirituelle, pourquoi ne nous asseyons-nous pas dans la soucca [comme les jours précédents à Souccot], qui symbolise le monde à venir?
A Souccot, la soucca qui est un avant-goût de l'au-delà, protège le juif des imperfections de ce monde.
Cependant à Chémini Atsérét, l'univers tout entier est saturé de l'esprit de la soucca. En effet, le juif et son monde entier sont transformés en une grande soucca.

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-> Ailleurs, le Sfat Emet (5654) écrit :
Les bénédictions de Souccot sont segmentées en 7 portions égales, chaque jour représentant une portion. Ces segments des bénédictions totales peuvent être partagés avec toute l'humanité.
Cependant, Chémini Atsérét est un jour où les bénédictions sont conservés (le mot "atsérét" est étroitement lié à "otsar" - un entrepôt), lorsque la totalité des bénédictions de Souccot est appréciée [que] par Israël.
En effet, les bénédictions individuelles peuvent être réparties et partagées avec d'autres peuples, mais les bénédictions de ce jour (Chémini Atsérét), qui est le sommet de Souccot, ne sont pas partagées avec d'autres nations.

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-> Dans la continuité du premier Sfat Emet cité précédemment, on peut rapporter un autre enseignement du Sfat Emet (5662) :
[les 3 fêtes de pèlerinage sont à mettre en parallèle avec nos 3 Patriarches (Avraham, Itsh'ak et Yaakov), où nous abandonnons nos recherches matérielles pour rechercher Hachem en visitant le Temple à Jérusalem.
Chémini Atsérét (Sim'hat Torah) fait référence à un concept plus élevé, elle est reliée à Moché.]
En effet, à la différence des Patriarches, Moché a souligné aux Bné Israël que Hachem peut être trouvé partout, même chez soi loin du Temple (de Jérusalem), sans efforts manifestes pour rechercher Hachem.
C'était la mission de Moché, contrairement aux Patriarches, de souligner que la Présence d'Hachem peut être ressentie n'importe où grâce à l'immersion dans Sa Torah.
Chémini Atsérét commémore l'achèvement de la Torah (Sim'hat Torah), le jour où nous lisons les bénédictions finales de Moché aux Bné Israël.
Aucun pèlerinage dans un lieu spécial, aucun effort supplémentaire n'est requis pour rechercher Hachem [comme l'enseignaient nos Patriarches], [mais plutôt Moché nous apprend que] cela peut être réalisé simplement par le fait d'étudier la Torah.
La Présence d'Hachem peut alors être perçue par tout juif se dévouant à la Torah, où qu'il puisse se trouver et non pas seulement à Jérusalem.

[ainsi, nous seulement Chémini Atsérét (Sim'hat Torah) est un jour où Hachem nous retient pour passer encore un jour seul à seul avec Lui, mais c'est également un jour où l'on développe notre conscience qu'on peut Le chercher et Le trouver à tout moment de l'année en se plongeant dans la Torah. D'où la fête de Sim'hat Torah.]

Sim’hat beth hachoéva – la célébration du puisage de l’eau

+ Sim'hat beth hachoéva - la célébration du puisage de l'eau :

-> "C'est une mitsva de faire [de la sim'hat beth hachoéva] une grande célébration. Elle n'était pas célébrée par les ignorants ou par quiconque le désirait, mais par les plus grands sages
d'Israël : les Roché Yéchivot et le Sanhédrin, les hommes pieux et les hommes aux bonnes actions.
C'étaient eux qui dansaient, tapaient des mains, jouaient de la musique et se réjouissaient au Temple pendant la fête de Souccot. Le reste du peuple, tous les hommes et les femmes, venaient voir et écouter".
[Rambam - Hilkhot Loulav 8,14]

-> Le Rambam décrit la sim'hat beth hachoéva à partir de la Michna (Soucca 5,4) :
"Les hommes pieux et les hommes aux bonnes actions dansaient devant eux, des torches allumées en main ; ils chantaient et récitaient des louanges devant eux".

-> Les commentateurs (Tossafot Yom Tov, Melèkhèt Chlomo et Tiférèt Israël) expliquent que ces hommes jouaient devant le reste du peuple présent au Beth Hamikdach.
[le Tiférèt Israël offre une autre explication : l'expression "devant eux" fait référence aux candélabres allumés au Temple ; les "hommes pieux et les hommes de bonnes actions" dansaient à la lumière de ces candélabres. ]

-> Cette michna implique donc que seuls les hommes les plus éminents dansaient et chantaient à la sim'hat beth hachoéva alors que le reste du peuple ne faisait qu'assister aux festivités.
Le Ritva (Soucca 53a) en explique la raison : "Sache que toute cette célébration avait pour but de louer et de remercier D. pour tout le bien qu'Il a fait aux Bné Israël en faisant reposer Sa Chekhina (Présence Divine) parmi eux ; elle fait aussi allusion au monde futur accordé aux justes. Ainsi, seuls les hommes les plus grands et les plus justes [la célébraient) afin qu'elle ne soit pas une simple frivolité et des jeux de la jeunesse."

-> En fait, Rambam lui-même fait allusion à cette raison. A la suite du passage cité plus haut (Hilkhot Loulav 8,15), il écrit : "Se réjouir de l'accomplissement d'une mitsva, par amour pour D. qui nous a ordonné de les [accomplir], est un grand service [de D.]."
Comme il n'est pas donné à chaque juif d'atteindre un "grand service" de D., la célébration de la sim'hat beth hachoéva était limitée aux membres les plus justes et les plus respectés du peuple juif.

=> Puisque le reste du peuple ne participait à la sim'hat beth hachoéva, ni en dansant ni en jouant de la musique ni même en tapant des mains, pourquoi tous les Bné Israël devaient-ils y assister?
[comme l'indique le Rambam : "le reste du peuple ... venaient tous voir et écouter"]
Si c'était pour leur permettre d'accomplir : "Vous vous réjouirez devant Hachem votre D. pendant 7 jours" (Emor 23,40), le peuple devrait non seulement assister aux festivités, mais aussi y jouer un rôle actif. Le fait qu'une personne ne se trouve pas à un niveau assez haut pour accomplir une mitsva de la meilleure façon, avec une pleine conscience de sa signification profonde, ne la décharge pas d'accomplir la mitsva. Il doit donc certainement y avoir une autre explication au fait que tous les Bné Israël devaient être présents à la sim'hat beth hachoéva sans participer activement à la célébration.

-> Le rabbi Dovid Hofstedter (Darach David) enseigne :

+ "Vous vous réjouirez devant Hachem" :
L'explication la plus simple est que l'acte même de se réjouir est influencé et défini par les intentions d'une personne. La réjouissance suscitée par l'amour et le dévouement pour D. peut être définie comme "se réjouir devant D. (lifné Hachem)".
Sans cette disposition d'esprit, ce n'est, comme le dit Ritva, que "simple frivolité et jeux de jeunesse". On ne peut considérer ces actes comme l'accomplissement de la mitsva de se réjouir devant D.

Le Netsiv (Méromé Sadé, Soucca) écrit :
"Le but est que l'homme s'attache à l'amour d'Hachem. Dans cette situation, il est permis de danser et de se réjouir au Temple ; ce n'est pas considéré comme frivole.
Mais un individu qui ne s'attache pas à l'amour de D. mais danse au Temple ne fait que repousser la Chekhina".

Ailleurs, le Netsiv (Haémek Davar) dit :
bien que l'obligation de se réjouir devant Hachem à Souccot comprenne des danses, cette mitsva doit être accomplie en associant la joie à la crainte révérencielle. C'est quelque chose que la plupart des gens ne sont pas capables de faire. Ainsi, bien que tous les Bné Israël fussent tenus de se réjouir à Souccot, seuls les membres les plus justes de la nation participaient réellement aux festivités.
Le Nétsiv explique : "Il est interdit à quiconque ne possède pas un esprit élevé d'amour de D., et [la conscience qu'il se réjouit devant D., de se réjouir par la danse".

Nous comprenons de là que tout le peuple juif était effectivement tenu d'assister aux festivités pour accomplir la mitsva de se réjouir à Souccot, mais la plupart des juifs étaient exclus de l'acte de la mitsva, limité aux hommes les plus méritants.

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+ Être liés par le cœur :
=> En quoi la réjouissance des érudits de la Torah influençait-elle la foule des spectateurs?

On peut l'expliquer d'après le commentaire du Gon de Vilna (sur Michlé 23,15) : "Mon fils, si ton cœur est sage, mon cour aussi se réjouira". Le Gaon de Vilna développe : "Un père et son fils proviennent de la même racine. Lorsque le fils est sage dans son cœur et se réjouit, même s'il n'exprime pas verbalement sa sagesse, son père est content lui aussi. On peut le comparer un aimant. Lorsqu'on le coupe en deux et qu'une partie se déplace, le deuxième morceau se déplace aussi. Telle est aussi la nature d'un enfant : lorsque son cœur se réjouit, son père éprouve lui aussi de la joie".

Le commentaire du Gaon de Vilna révèle un aspect incroyable du lien entre un père et son fils. Même si le père ne voit pas ou n'entend pas parler des réussites de son fils, il ressent le sentiment de joie qu'éprouve son fils et son cœur aussi s'emplit de joie. Un père peut sentir que son fils s'est imprégné de la sagesse de la Torah et s'en réjouit, car "la joie d'accomplir les mitsvot et d'étudier la Torah est la seule joie authentique" (Maguid Michné - Hilkhot Loulav 8,15).

Nous suggérons qu'il en est ainsi du lien entre les dirigeants spirituels du peuple juif (les sages de la Torah et les roché yéchivot) et le peuple.
Pendant toute l'année, ces dirigeants portent la charge du peuple sur leurs épaules. Avec amour et dévouement, ils consacrent leur temps et leurs forces à s'occuper du peuple et de ses besoins.
Le peuple lui-même s'adresse à ses dirigeants dans tous les domaines, ce qui forge un lien profond entre eux qui relie leurs cœurs comme ceux d'un père et son fils. Le lien tissé entre le peuple et ses grands dirigeants conduit toute la nation à partager la joie qui jaillit du cour des sages de la Torah à Souccot, lors de la sim'hat beth hachoéva.

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+ Répandre la sagesse et la joie :

Ceci peut expliquer la traduction que donne le Targoum du verset : "Vous puiserez de l'eau dans la joie des sources de la délivrance" (Yéchayahou 12,3).
Le Targoum écrit : "Vous tirerez une nouvelle sagesse dans la joie de l'élite des justes".

L'élite désigne les tsadikim parmi le peuple juif, qui se réjouissent par amour de D. et ont foi en Lui, eux que les festivités de la sim'hat beth hachoéva emplissent de sainteté.
Grâce à la sainteté dont ils s'imprègnent, ils peuvent influencer le reste du peuple présent au Temple.
Cette sainteté (kédoucha) est transmise, dans un sens, au reste de la nation à travers le lien profond qui existe entre eux. C'est pourquoi les dirigeants du peuple étaient ceux qui "dansaient, tapaient des mains, jouaient de la musique et se réjouissaient" tandis que le reste du peuple venait "voir et écouter" car, à ce moment-là, les Bné Israël absorbaient la sagesse et la sainteté des tsadikim.

[cela illustre le fait que Sim'hat beth hachoéva était la célébration du puisage de l'eau également au niveau spirituel. Les dirigeants spirituels par leur sainteté et leur joie (100% face à Hachem) puisaient de l'eau, et en faisaient profiter tout le peuple! ]

Les Hochanot – Quelques enseignements

+ Les Hochanot - Quelques enseignements :

-> La cérémonie de l'arava était un service unique au Temple qui était réalisée chaque jour de Souccot.
Lorsque le Temple existait, les Cohanim disposaient de grandes branches d'arava sur les côtés de l'Autel, et ils tournaient une fois autour chaque jour de Souccot, et 7 fois le 7e jour.
Pendant cette procession, ils priaient : "Ana Hachem ochia na, ana Hachem atsli'ha na". [guémara Soucca 45a]
[on dénomme cette cérémonie : "hochanot", car la prière contient le mot "hochana" (s'il Te plaît sauve [nous])]

Après la destruction du Temple, nos Sages ont institué que nous commémorons cette cérémonie de l'arava en tournant autour de la bima de la synagogue, tout en tenant le loulav et l'étrog.
Le midrach (Yalkout Téhilim 703) rapporte que bien que nous n'avons plus le Temple ni l'Autel, le 'hazan qui se tient sur la bima tout en tenant le séfer Torah est assimilé à un ange céleste, la bima sert de substitut pour l'Autel, et la communauté qui entoure la bima est considérée comme encerclant l'Autel pendant la cérémonie de l'arava dans le Temple.
[Ma'hzor Vitri - Séder Souccot 12]

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-> Tandis que la cérémonie des Hochanot dans le Temple était une halakha léMoché miSinaï, (une loi communiquée par D. à Moché au mont Sinaï sans aucune référence dans le texte de la Torah), les Guéonim trouvent des allusions de cette mitsva, ainsi que sur les raisons latentes.

La prière qui est récitée pendant la procession de la arava provient du Téhilim 118
- dans le verset 25, on y trouve : "ana Hachem ochia na" (אָנָּא יְהוָה הוֹשִׁיעָה נָּא) ;
- dans le v.27, il est écrit : "isrou 'hag baavotim ad karnot amizbéa'h" (entourez [pendant] la fête avec les hadassim jusqu'aux coins de l'Autel - אִסְרוּ חַג בַּעֲבֹתִים עַד קַרְנוֹת הַמִּזְבֵּחַ).
Le mot "isrou" (אִסְרוּ) signifie : encercler/entourer (cf. Targoum - Béréchit 49,11), et "avotim" (עֲבֹתִים) fait référence aux hadassim, qui sont aussi appelés : ets avot (עץ עבות).
Ainsi, le verset enjoint le peuple (par le biais des Cohanim) à entourer l'Autel avec les 4 espèces.
[Téchouvat haGaonim - Chaaré Téchouva 12]

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-> Il y a une discussion chez nos commentateurs sur la fonction de cette mitsva :

- Le Lévouch (Ora'h 'Haïm 660,2) écrit que l'objectif de cette cérémonie était d'exprimer notre joie.
La procession démontrait notre joyeuse gratitude à Hachem pour nous avoir donné une récolte abondante (Souccot a lieu juste après la récolte), et elle était accompagnée d'une prière pour que l'année prochaine soit aussi bénie, voir plus, que celle qui vient de passer.
Le Bikouré Yaakov (Ora'h 'Haïm 664,9) note que nous trouvons une allusion à cela : "Je fais le tour de Ton Autel, Hachem, pour proclamer ma reconnaissance à haute voix" (vaassovéva ét mizbakhakha Hachem, lachmia békol toda - Téhilim 26,6-7).

Le Targoum Shéni (Esther 3,8) dit que l'aspect circulaire des Hochanot donne l'apparence d'une dance joyeuse.
Il rapporte que Hachem a dit à A'hachvéroch : "Le 15 [du mois de Tichri], les juifs accomplissent les Hochanot et vont dans leur synagogue où ils prient et sont joyeux et entourent avec leur hochanot et dansent comme des chèvres".

- selon d'autres sources, le fait que nous récitons des supplications pendant les Hochanot témoignent que cette cérémonie est essentiellement une d'aspiration et de prières, plutôt qu'un service de joie.

La guémara (Yérouchalmi Soucca 26,6) dit que le tour unique autour de l'Autel pendant les 6 premiers jours de Souccot, et les 7 tours le 7e jour, sont à mettre en parallèle des juifs qui ont entouré Yéricho dans leur conquête de la terre d'Israël. [cf. Yéhochoua - chap.6]
De même qu'à Yéricho, ces processions ont provoqué la chute de nos ennemis, de même nous prions que nos tours autour de l'Autel (et en exil autour de la bima de la synagogue) vont amener la chute de nos ennemis.
[rabbénou Bé'hayé (Kad haKéma'h - éré'h Arava) ; Maharcha (guémara souca 45b)]

Certains Sages (ex: Kol Bo (72), Aboudraham (Séder Hochana rabba)) sont d'avis que nous trouvons cette idée dans le Tana'h.
En effet, le mot : "vaassovéva" (Je fais le tour - וַאֲסֹבְבָה) n'apparaît que 2 fois dans le Tana'h :
- "Je me lève maintenant et je fais le tour de la ville" (Chir haChirim 3,2) ;
- "Je fais le tour de Ton Autel, Hachem" (Téhilim 26,6).
Cela fait allusion au lien entre le fait de faire le tour de l'Autel à Souccot et de faire le tour de "la ville" (Yéricho).

-> Une conséquence entre ces 2 approches consiste à savoir si un endeuillé peut tourner autour de la bima avec son loulav en même temps que la communauté :
- si cette coutume a été instituée comme une expression de joie, alors il ne serait pas approprié qu'un endeuillé y participe.
- cependant, si la coutume a été institué afin de fournir un véhicule pour la prière, alors l'endeuillé peut aussi s'y joindre.
[cf. à ce sujet : Biour haGra (Ora'h 'Haïm 661,2 ; Tossafot (Soucca 45a) ; Igrot Moché (Yoré Déa vol.4 61,11) ; michna broura (660,2) ; ...]

Le Rama (Ora'h 'Haïm 660,2) statue qu'il est de coutume pour les endeuillés de ne pas encercler la bima pendant les Hochanot.

La Soucca = une leçon de hichtadlout pour l’année à venir

+++ La Soucca = une leçon de hichtadlout pour l'année à venir :

+ "Dans des Souccot vous habiterez pendant 7 jours ; tous les habitants d'Israël habiteront dans des Souccot" (Emor 23,42)

-> "La Torah dit : 'Pendant ces 7 jours, quittez votre habitation permanente et habitez dans une habitation temporaire.
Jusqu'à une hauteur inférieure à 20 amot, l'habitation d'un homme est une construction temporaire. A une hauteur supérieure à 20 amot, l'homme ne fait pas une construction temporaire, mais une construction permanente". [guémara Soucca 2a]

-> "Nos Sages enseignent : Vous habiterez [dans la soucca] comme vous logez [chez vous], c'est-à-dire que pendant les 7 jours de [Souccot], un homme doit faire de sa soucca une habitation permanente et de sa maison, une habitation temporaire. Comment? S'il a de beaux plats, il doit les apporter dans la soucca. [S'il a de beaux tissus], il doit les apporter dans la soucca." [guémara Soucca 28b]

=> Pourquoi la soucca doit-elle être une construction essentiellement temporaire, si on demande à un homme de s'y conduire de la même façon que dans sa maison (construction permanente)?

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+ "Afin que vos générations sachent que J'ai fait habiter les Bné Israël dans des cabanes (souccot) lorsque Je les ai fait sortir d'Egypte" (Emor 23,43)

-> La guémara (Soucca 11b) apporte 2 avis :
- selon Rabbi Akiva : le mot "souccot" est à prendre littéralement : les Bné Israël ont construit de réelles cabanes [pendant leur 40 années d'errance dans le désert].
Rachi explique que ces cabanes avaient pour but de les protéger du soleil pendant leurs campements.
- selon Rabbi El'azar : le mot "souccot" fait référence aux Nuées de Gloire (Anané haKavod) qui entouraient le peuple juif dans le désert.

=> Selon l'explication de Rabbi Akiva, il est difficile de comprendre l'expression : "J'ai fait habiter les Bné Israël dans des cabanes". Pourquoi le verset laisse-t-il entendre que l'acte venait de D. [alors que c'est plutôt des Bné Israël en raison de la chaleur]?
De plus, selon Rabbi Akiva, il semble ne rien y avoir de significatif aux souccot du le peuple juif, car les voyageurs ont l'habitude de construire des cabanes dans le désert pour se protéger du soleil. Pourquoi alors la Torah nous demande-t-elle de commémorer éternellement ces cabanes?

-> Cette question a été posée par Ramban (Emor 23,43).
Il répond que selon Rabbi Akiva, le but de la mitsva est de se souvenir des cabanes que nos ancêtres construisirent dans le désert afin de nous rappeler "qu'ils étaient dans le désert, dépourvus de maison, sans rencontrer la moindre ville habitée pendant 40 ans, mais que D. était avec eux et ils ne manquèrent de rien".

=> Cette explication ne résout pas complètement, semble-t-il, la difficulté que nous avons soulevée.
Les souccot que les Bné Israël construisirent dans le désert n'étaient pas plus qu'un effort naturel (hichtadlout) pour se protéger du soleil du désert. Pourquoi commémorerions-nous ces souccot, fabriquées par des hommes, pour nous souvenir que D. nous a miraculeusement fourni tout ce dont nous avions besoin pendant les 40 ans dans le désert?

-> Le Netsiv (Méromé Sadé, Soucca 2b) déduit du commentaire de Rachi (qui ne mentionne que l'opinion de Rabbi Eliézer et pas celle de Rabbi Akiva), que Rabbi Akiva ne nie pas que le peuple juif était entouré par les Nuées de Gloire dans le désert ; il affirme simplement qu'ils ont construit de réelles souccot lors de leurs campements.
Telle est, ajoute le Netsiv, l'opinion du Tour et du Choul'han Aroukh, qui tous deux, citent uniquement l'opinion de Rabbi Eliézèr selon laquelle la soucca a pour but de commémorer les Nuées de Gloire.

=> Si donc Rabbi Akiva ne conteste pas l'existence des Nuées de Gloire et leur protection, pourquoi affirme-t-il que la soucca doit commémorer les cabanes construites par le peuple juif plutôt que les Nuées miraculeuses?

-> Le rabbi Dovid Hofstedter explique :
La réponse est peut-être que, selon Rabbi Akiva, c'est justement parce que le peuple juif était entouré des Nuées de Gloire dans le désert que la Torah nous ordonne de commémorer les cabanes qu'ils ont construites.
Ces souccot édifiées par les Bné Israël dans le désert étaient une forme de hichtadlout, un effort physique qu'ils ont dû fournir pour se protéger des conditions pénibles du désert. En fin de compte, ce n'étaient pas elles qui les protégeaient des éléments. S'ils n'avaient pas été protégés par les Nuées de Gloire, les cabanes n'auraient pas été efficaces.
Ainsi, lorsque le verset dit que : "J'ai fait résider les Bné Israël dans des cabanes" dans le désert, il faut effectivement l'interpréter comme signifiant que D. Lui-même "a fait résider" le peuple juif dans les cabanes qu'ils se construisirent, car ils étaient en réalité protégés par Ses Nuées de Gloire, et pas par leurs cabanes.

Ceci explique pourquoi, selon Rabbi Akiva, nous avons reçu l'ordre de commémorer ces souccot pour toutes les générations. De même que nos ancêtres ont construit de vraies cabanes dans le désert, mais que leur réelle protection provenait des Nuées de Gloire, tous les efforts physiques que nous déployons pour pourvoir à nos besoins, et qui semblent nous aider, ne sont pas réellement la source de notre bien-être.
Le monde est ainsi fait que nous devons faire semblant d'entreprendre une hichtadlont matérielle alors qu'en réalité, chaque forme de réussite dans ce monde provient de D. seul.
Si D. ne nous protège pas, tout effort pour nous protéger ne servira à rien.

Ceci explique le commentaire de Ramban : même selon Rabbi Akiva, la soucca nous rappelle que D. a pourvu à tous nos besoins dans le désert. D'après notre approche, nous voyons que, même lorsque nos ancêtres ont entrepris une hichtadlout physique, les bénéfices qu'ils en ont tirée n'étaient pas réellement le produit de leur hichtadlout, mais venaient de D. Lui-même.
De même, ce n'étaient pas leurs cabanes qui les protégeaient du soleil, mais les Nuées de Gloire.

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+ Être chez soi dans la Soucca :

-> Nous comprenons mieux pourquoi la Torah demande que la soucca soit une construction temporaire : cela fait partie intégrante du sens et du message de la soucca.
Les souccat que nous construisons aujourd'hui commémorent le temps, dans le désert, où les Bné Israël habitaient dans de fragiles demeures temporaires, pas vraiment adéquates pour les protéger de l'environnement. Sans l'intervention miraculeuse de D., le peuple juif aurait souffert de la faim, de la soif et de l'exposition aux éléments naturels durant son long séjour dans le désert aride.
C'est par Son amour pour les Bné Israël que D. les a protégés et les a fait vivre pendant 40 ans.

La Torah demande que nous vivions dans nos souccot de la même façon que nous habitons dans nos maisons, que nous traitions la soucca comme notre résidence permanente.
Cela aussi contribue à nous transmettre le message de la soucca : notre nourriture et notre sécurité de toute l'année ne dépendent pas de notre hichtadlout ; c'est Hachem qui nous fournit tout.
Habiter dans la soucca de cette façon, ce qui veut dire en fait s'installer dans la soucca plutôt que dans notre maison, montre que cette habitation temporaire, qui représente notre foi et notre confiance en D., est le paradigme de notre bita'hon en D. pendant toute l'année.
En "déménageant" dans la soucca, nous nous imprégnons de la confiance en D. qui restera en nous pendant toute l'année, accomplissant ainsi le verset : "Ayez confiance en Lui à jamais" (Téhillim 62,9).

Souccot – le yétser ara nous attaque après qu’on le vainc

+++ Souccot - le yétser ara nous attaque après qu'on le vainc :

+ "Car Il me cachera dans Sa soucca au jour du malheur ; Il me dissimulera à l'intérieur de Sa tente" (Téhillim 27,5)

-> Ce chapitre de Téhillim commence par les mots : "A David ; D. est ma lumière et ma délivrance; de qui aurais-je peur?"
Nos Sages (midrach Téhillim - Cho'her Tov 27,4)" que le terme "ma lumière" fait allusion au jour du Jugement (Roch Hachana) ... le terme de "délivrance" évoque Yom Kippour, quand D. nous délivre en pardonnant toutes nos fautes.
Le Matté Ephram (Elèf Lamatté 581.6) dit que les mots "Il me cachera dans Sa soucca" font allusion à la fête de Souccot.
Or, le Zohar (Emor 103a) dit qu'un homme assis dans la soucca se trouve "abrité par la émouna" et est considéré comme protégé par D.

=> Comment comprendre le verset de Téhilim (attribué à Souccot) qui décrit un homme "caché" dans une soucca pour échapper, semble-t-il, à un malheur.
La fète de Souccot est-elle désignée pour la punition divine?

-> Rabbi Dovid Hofstedter développe l'idée qu'en période de guerre contre notre yétser ara, ce dernier va chercher à nous désorienter/perturber pour nous inciter à la faute.
Mais une fois la guerre passée, on doit continuer à se méfier du yétser ara qui cherchera à nous vaicnre justement une fois la guerre calmée, quand nous commençons à sentir que c'est plus la peine de rester sur nos gardes et de se défendre contre les tentations du yétser ara.
Ainsi, non seulement le yétser ara essaie de prendre l'homme au piège, et il va attaquer lorsque l'homme goûte au calme, après avoir repoussé la tentation du péché, qu'il devient vulnérable [pensant que le danger est passé, vaincu].

-> Rabbi Dovid Hofstedter écrit :
Ce principe peut expliquer pourquoi une allusion à Souccot figure dans un verset décrivant l'homme qui cherche refuge au moment du malheur.
A la fin des Yamim Noraïm, le peuple juif a bénéficié d'un jugement favorable et a été purifié de toutes ses fautes. A ce moment-là, il pourrait se croire dispensé de lutter contre le yétsèr ara et libre de profiter de la sainteté et de l'élévation spirituelle offerts par la fête de Souccot et toutes ses mitsvot.
Comme nous l'avons expliqué, c'est justement à un moment pareil que le yétser ara redouble d'efforts pour faire fauter l'homme. A de tels moments, le yétser ara sait que l'homme n'est plus sur ses gardes et attend de le prendre dans son filet. Il emploie donc toutes sortes de stratagèmes pour le faire fauter.

Une protection spéciale est donc nécessaire justement après les Yamim Noraim. A ce moment-là, chaque juif est considéré comme un tsadik car ses fautes sont pardonnées et son âme, purifiée.
A Souccot en particulier, alors que nous sommes dans la soucca dans la paix et la tranquillité, le danger d'être vaincus par le yétsèr ara est encore plus grand que d'ordinaire.
Comme le dit le roi David
: "Le méchant guette le juste et cherche à le tuer" (Tehillim 37,32). C'est justement lorsque l'homme est juste que le "méchant", le yétser ara, cherche à le prendre au piège.

Nos Sages enseignent que "si D. n'aidait pas [l'homme], il serait incapable de le vaincre" (guémara Kidouchin 30b). A Souccot donc, nous avons besoin du refuge que D. nous offre dans Sa "soucca" afin d'échapper à notre plus grand ennemi.
Le verset appelle ces jours-là "le jour du malheur" : le danger posé par le yétser ara est particulièrement prononcé pendant cette période de calme.

[la Soucca vient donc nous rappeler de cette statrégie du yétser ara, qui va parfois faire exprès que nous gagnons contre lui, pour ensuite mieux nous faire tomber, profitant du fait que nous avons baissé la garde.
D'une certaine façon, nous agissons d'une façon inverse avec le yétser ara, nous lui envoyons un cadeau (un azazel), pour qu'ensuite il baisse la garde, de même notre yéser ara nous laisse une victoire, une montée spirituelle, pour mieux nous faire tomber ensuite.
Ce message est actuel après ces jours d'énorme élévation (d'Elloul à Roch Hachana et Kippour).]

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+ Un autre regard sur Hachana Rabba : la fin du jugement :

-> Nous savons que le jugement des Yamim Noraim est scellé à Yom Kippour, mais il est enseigné aussi qu'il est scellé à Hochana Rabba (voir Choul'han Aroukh, Ora'h 'Haïm 664,1). Ce jour-là, une missive est envoyée aux messagers célestes (voir Zohar Térouma 142a).
=> Que signifie cette étape du jugement?

On pourrait l'interpréter comme une prolongation du jugement céleste jusqu'à Hochana Rabba par pitié divine, en donnant à certains une chance supplémentaire de se racheter et de mériter une bonne année.
Mais d'après ce que nous venons de voir, il semble nécessaire de reprendre le jugement de tous, même de ceux qui ont été scellés à Yom Kippour pour une année de vie.
Lorsqu'arrive Hochana Rabba, chacun est jugé pour examiner s'il a réussi, à travers les jours paisibles qui viennent de s'écouler, à garder sa tsidkout fraichement acquise.

[selon le Zohar enseigne que le Loulav est comme une arme qui vient proclamer : "Les nôtres ont vaincu", en faisant référence aux juifs qui sont sortis vainqueurs dans le combat qu'ils livrèrent pendant les jours de jugement (à Roch Hachana et Kippour)]
Une fois les Yamim Noraim passés, la tendance naturelle de sentir que la bataille contre le yétser ara a été gagnée refait surface et le mauvais penchant redouble d'efforts.
Ainsi, un nouveau "jour de jugement" est fixé pour s'assurer que chaque personne a résisté aux épreuves de cette période.

=> Cette discussion doit nous ouvrir les yeux sur les stratagèmes qu'emploie le yétser ara qui essaie perpétuellement de nous faire fauter même, et plus particulièrement lorsque nous nous sentons en sécurité. Chacun doit donc être constamment sur ses gardes pour éviter de tomber dans ses pièges et mettre sa confiance en D. pour l'aider dans cette bataille.
En fin de compte, c'est D. Qui nous aidera à maîtriser le yétsèr hara en nous "dissimulant" dans Sa "souca" pour nous protéger de ses attaques.

Hochaana Rabba : frapper les Aravot sur le sol

+ Hochaana Rabba : frapper les Aravot sur le sol :

Après les hakafot de Hochaana Rabba, on frappe l'Arava sur le sol.
On peut citer les raisons suivante :

-> La arava sert d'expiation pour les juifs.
La arava a la forme de lèvres. Abaisser les aravot jusqu'au sol symbolise qu'en s'engageant à s'abstenir de dire des paroles interdites, on peut s'attendre à une année pleine de bontés et de bénédictions.
[rav Tséma'h Gaon - Téchouvat haGaonim (Chaaré Téchouva 340)]

-> En frappant sur le sol les aravot, qui ont la forme de lèvres, cela signifie que les lèvres de tous les accusateurs au Ciel seront jetés au sol et empêchés de parler.
[rav Tséma'h Gaon - Téchouvat haGaonim (Chaaré Téchouva 340)]

-> Le fait de frapper les aravot jusqu'à ce que ses feuilles tombent, symbolise la fin de toutes les formes de justice stricte contre nous.
[Maharit, cité dans le Bikouré Yaakov (Ora'h 'Haïm 664,15)]
[selon le Arizal on frappe les aravot 5 fois]

-> Les aravot représentent les réchaïm parmi les juifs. Pendant Souccot, la arava se joint aux 4 espèces.
Cela symbolise que dans le monde nous permettons aux réchaïm de se joindre à notre service Divin, dans l'espoir qu'ils amélioreront leur comportement.
Cette cérémonie [de la arava] sert d'avertissement que si les réchaïm ne se repentent pas de leur vivant, ils seront isolés du restant de leurs frères et qu'ils recevront leur punition dans le monde à venir.
[rabbi Shlomo Kluger ('Hokhmat Shlomo - Ora'h 'Haïm 664,2)]

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-> Hochana Rabba est appelé : "Yom haArava".
Les Aravot qui n'ont pas de goût et pas d'odeur, représentent les juifs au niveau le plus bas et le plus distant dans le peuple d'Israël, et les Aravot correspondant aussi aux lèvres.
Cela nous enseigne que c'est spécialement les prières d'un juif qui se sent si bas (si modeste), qui sont chéries et acceptées par Hachem avec un grand amour.
[Sfat Emet]

-> Celui qui se considère humblement, sa prière ne sera pas repoussée.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - Téfila]

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-> b'h, voir également : http://todahm.com/2021/11/07/33471

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-> Le Imré Noam voit une allusion dans la coutume, qui consiste à Hochaana Rabba à enlever les anneaux qui attachent les 4 espèces du Loulav à ce que dit le verset : "Le roi ôta son anneau, qu'il avait fait enlever à Haman, et le remit à Mordé'haï" (Esther 8,2).
Car, explique-t-il, le sceau se trouve dans l'anneau du roi, comme il est écrit : "Et ils le scellèrent de l'anneau du roi" (Esther 8,8) ; or, on sait qu'à chaque fois qu'il est écrit "le roi" dans la Méguilat Esther (sans le nom A'hachvéroch), cela évoque le Roi des rois.
Dès lors, cela vient suggérer qu'Hachem remet son sceau aux tsadikim et leur dit (comme dans la Méguila) : "Ecrivez vous-mêmes, au nom du Roi, en faveur des juifs" (Esther 8,8), et Il leur donne ainsi le pouvoir de décision.
Par ailleurs, nos Sages (midrach Vayikra rabba 30,9) enseignent que le Loulav évoque Hachem.
C'est pourquoi on ôte du Loulav son anneau afin de montrer par cela que le scellement du jugement de Hochaana Rabba, pour le bien ou pour le pire, est remis par Hachem entre les mains des Bné Israël pour qu'ils en fassent l'usage qu'ils désirent.

-> La guémara (Soucca 48a) enseigne : "Comment accomplissait-on la mitsva de la Arava? Un endroit existait en contre-bas de Jérusalem nommé Motsa (''sortie''). On y descendait pour y cueillir des bouquets de Arava".
La guémara poursuit : "Pourquoi appelait-on cet endroit Motsa? Du fait qu'on l'avait exempté (sorti) de l’impôt Royal."

Dans son livre "Chir Maone", l'auteur explique que l’impôt dont il est question est une allusion à l'impôt du Ciel qui représente les "souffrances qu’il a été décrété qu’un homme subisse dans ce monde".
On sait par ailleurs au nom du Arizal qu'à Hochaana Rabba, tous les décrets rigoureux s'annulent lorsque l'on frappe la Arava sur le sol. Dès lors, l'impôt Royal disparaît et c'est la raison pour laquelle cette Arava est cueillie à Motsa afin de suggérer que l'on est exempté de cet impôt en ce jour.

-> Le Beit Aharon écrit :
"A Hochaana Rabba, grâce au fait de la frapper sur le sol, tous les décrets rigoureux sont adoucis, et une abondance de bonté est déversée par le Ciel."

Il ajoute dans un autre endroit :
"Particulièrement à Hochaana Rabba, il faut veiller à bien se repentir au moment où l'on frappe la Arava sur le sol, car cet instant est celui où s'achève le scellement final. L'homme doit alors abondamment se repentir, ce qui provoquera la création d’un nouvel être, comme on le sait, car la Arava (ערבה) possède la même valeur numérique que le mot זרע (zéra - semence) qui est aussi celle du mot עזר (ézer - une
aide)."