« Toutes les âmes [juives] sont intégralement unies. C’est les fautes qui séparent les gens ».

[Sfat Emet (Yom Kippour 651)]

Ainsi, après avoir été nettoyés de toutes nos fautes [à Yom Kippour], nous nous asseyons dans la Soucca, avec des sentiments d’unité et de paix avec tout le monde.

[de plus, à Kippour nous nous sommes normalement tous demandés pardon entre nous, ce qui fait qu’ensuite nous sommes en paix, il n’y a plus vraiment de différents.]

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-> « Tous les membres d’Israël demeureront dans la Soucca » (Emor 23,42)
Se focalisant sur le mot : « kol » (tous), la guémara (Soucca 27b) enseigne : « Tous les juifs sont aptes à résider dans la même Soucca » (כל ישראל ראוים לישב בסוכה אחת).

-> Attaches-les [les 4 espèces : qui représentent les 4 sortes de juifs] ensemble et ils seront pardonnés pour leurs fautes ensemble » (midrach Vayikra rabba 30,12).

[Hachem aime tellement que la paix, l’unité, règne entre Ses enfants (les juifs), qu’Il les comble de bénédictions, qu’Il pardonne leurs fautes, …
A Souccot, nous sommes en intimité avec la Présence Divine dans la Soucca. Combien il est important de montrer à papa Hachem, que Ses enfants sont unis!
En effet, il est très douloureux à des parents de voir leurs enfants se disputer entre eux!]

Chémini Atsérét – Sim’hat Torah

+ Chémini Atsérét – Sim’hat Torah :

-> La dernière mitsva de Souccot est réalisée à Hochana rabba.
Nous prenons la arava, qui représentent nos lèvres, afin de faire avec une mtisva, et ensuite nous la mettons de côté.
Jusqu’à Chémini Atsérét, nous pouvons parler. Mais la sainteté de Chémini Atsérét est si grande qu’il est difficile d’articuler.
[rav Moché Wolfson]

-> Les Yamim Tovin sont appelés : ‘haguim.
Littéralement, ‘hag (חג) signifie : un cercle.
Certaines opinions (comme le Choul’han Aroukh 668) disent que Chémini Atsérét n’est pas appelé : ‘hag, contrairement aux autres fêtes.

Le Rama miPano ainsi que le ‘Hatam Sofer (Drachot vol.1,p.94) disent que tous les Yamim Tovim (jours de fête juif) sont comme un cercle autour de Chémini Atsérét, dont Chémini Atsérét en est le centre.
C’est pourquoi nous ne l’appelons pas : ‘hag Chémini Atsérét, comme nous le faisons pour ‘Hag haMatsot (Pessa’h) ou ‘Hag haSouccot.
Chémini Atsérét ne fait pas partie du cercle, c’est le point central.

[dans nos prières, lorsque nous disons « Chémini ‘hag Atsérét » ou « Chémini ‘Hag haAtsérét », c’est uniquement dans l’intention d’un terme emprunté

Le ‘Hatam Sofer enseigne que Chémini Atsérét est plus important que Yom Kippour, car Kippour c’est aimer Hachem en s’affligeant (dans la souffrance du jeûne, en ne se lavant pas, … ), tandis qu’à Chémini Atsérét c’est aimer Hachem par la joie, ce qui est un lien beaucoup plus fort.
Comme il est écrit : « Comme c’est beau, lorsque l’amour est un plaisir et une joie » (ma yafit ou naaam’te aava bataanouguim – Chir haChirim 7,7)

Le ‘Hatam Sofer note qu’il n’y a aucune mitsva particulière à Chémini Atsérét.
Roch Hachana a son Shofar, Yom Kippour son jeûne, Souccot le fait de résider dans la Soucca et la mitsva des 4 espèces, mais il n’y a pas de mitsva particulière à Chémini Atsérét.
Il écrit : « C’est en raison du fait que la sainteté de Chémini Atsérét provient de la joie des gens. Ils ont plaisir en Hachem … cela n’est pas dépendant d’une mitsva en particulier. »

-> Le Séfer ha’Hinoukh (324) écrit que nous ne prenons pas les 4 espèces à Chémini Atsérét, car : « le 8e jour est uniquement pour Hachem » (yom achémini koulo l’Hachem).

[d’une certaine façon, nous n’avons pas besoin de passer par une mitsva pour se lier à D., puisque nous sommes en privé face à Lui!
On a besoin des 4 espèces pour diriger notre joie de la récolte (matérialité) vers Hachem, tandis qu’à Chémini Atsérét, c’est le jour où l’on est en intimité avec papa Hachem, et l’on n’a pas besoin de rappel, car être proche de D. c’est la plus grande des joie possibles!]

-> Le Ramban (Emor) explique : « On n’a pas besoin de prendre les 4 espèces en ce jour, car cela n’est pas nécessaire, puisque l’essence de Chémini Atsérét est magnifique (hadar). [éno tsari’h ki ou atsmo hadar]

-> Le Kamarna (Séfer Hékhal – Bamidbar 22,32) apporte une allusion montrant que Shémini Atsérét comprend Pessa’h, Shavouot et Souccot.
La phrase : « chaloch péamim bachana » (3 fois par an – שָׁלֹשׁ פְּעָמִים בַּשָּׁנָה – Michpatim 23,17) qui fait référence aux 3 fêtes, a la même valeur numérique que les mots : « bayom achémini atsérét » (le 8e jour, Atsérét – בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי עֲצֶרֶת – Pin’has 29,35).
Cela montre que la sainteté de Chémini Atsérét est plus importante que tous les autres Yamim Tovim.

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-> Le Sfat Emet dit que le toit de la Soucca (S’chakh) ressemble à la ‘houppa d’un mariage.
Après la Soucca, vient le moment du yi’houd (l’isolement entre les nouveaux mariés), qui est un moment d’une plus grande unité. C’est cela Chémini Atsérét.

-> Il est écrit : « oz véadar lévoucha, vatis’hak léyom a’haron » (Parée de force et de dignité, elle sourit au dernier jour – Michlé 31,25 – chant du Echét ‘hayil).

Le Gaon de Vilna explique :
– « oz » = c’est Roch Hachana, car Hachem nous juge avec sa puissance/force ;
– « véadar » = c’est Souccot, le jour où nous prenons le « ets péri adar » (l’étrog) ;
– et ensuite, il y a Chémini Atsérét, comme il est écrit : « vatis’hak léyom a’haron » (il/elle sourit au dernier jour) = c’est le dernier des jours de fêtes qui ont commencé avec Roch Hachana (voir Elloul), et c’est un jour d’immense joie.

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-> La guémara (Taanit 7) affirme : « Combien est grand le jour où il pleut » (gadol yom aguéchamim)

La guémara dit qu’un jour où il pleut est :
– plus grand que la résurrection des morts (car la pluie profite à tout le monde : aux réchaïm et aux tsadikim) ;
– aussi grand que le jour où Hachem a donné la Torah [selon Rav Yéhouda, et Rava dit que c’est un jour plus grand que celui où a été donné la Torah, car si la Torah est comparée à la pluie, c’est que la pluie est plus grande que la Torah] ;
– aussi grand que le jour où le ciel et la terre ont été créés [allusion au jour de la Création].
Rabbi Ochaya dit que le jour de la pluie est grand, car la pluie facilite la délivrance [de mauvaises choses personnelles et collectives].

Le Avodat Israël explique que la guémara fait allusion à la grandeur de Chémini Atsérét qui est le jour où nous prions pour la pluie.

-> Le rabbi Aharon de Tchernobyl dit que prier pour la pluie à Chémini Atsérét est propice pour développer la parnassa (subsistance).

-> Le rabbi Mendel de Kotzk enseigne qu’à Chémini Atsérét, il est décrété combien de parnassa une personne aura pendant l’année à venir.
Cela est en allusion dans le verset : « והיית אך שמח » (véayita a’h saméa’h), dont la guémara précise que c’est une allusion à Chémini Atsérét. Ces 3 termes ont pour lettre finale : חת »ך , qui est le nom de l’ange attitré pour la parnassa.

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-> Soyez très très prudent avec les prières de Chémini Atsérét, à les dire avec une immense intention (kavana), car c’est un jour qui complète nos prières de Roch Hachana, et ainsi tout dépend de ce jour. Mais en plus de cela, il n’y a pas de meilleur jour, ni de moment plus propice que ce jour, où Hachem désire entendre nos prières.
[rabbi ‘Haïm Palaggi]

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-> Il y a également une autre différence.
Tous les Yamim Tovim sont précédés par des jours de la semaine. Mais la sainteté de Chémini Atsérét est beaucoup trop importante pour qu’on puisse y rentrer directement dans la fête depuis un simple jour de la semaine.

Nous devons avoir le Yom Tov de Souccot, puis les jours de ‘hol hamoéd, mais cela n’est pas suffisant, et nous avons besoin de Hochana rabba, qui est un jour particulièrement spécial.
Après cela, nous sommes prêts pour entrer dans la sainteté de Chémini Atsérét.

Cela suit la règle de comment approcher quelque chose d’extrêmement élevé : nous devons y accéder par étapes. Nous ne pouvons pas y sauter directement, nous devons entrer progressivement.

Le nom Chémini Atsérét (chémini signifie le chiffre : 8) nous dit plus à propos de sa sainteté.
Rabbénou Bé’hayé écrit que le but de toutes les mitsvot est d’améliorer le monde (tikoun haolamm).
Toutes les mitsvot sont liées aux 7 jours durant lesquels le monde a été créé.
Mais le Temple est au-dessus de ce monde, et c’est pour cela que dans le Temple les choses étaient en rapport avec le chiffre 8.

Le 7 est lié aux 7 jours de la semaine, aux 7 jours de la Création, il symbolise ce monde.
Le chiffre 8 symbolise ce qui est au-delà de la naturalité de ce monde (lémala min atéva).
Pour cette raison le Temple a été inauguré par le roi Shlomo le 8e jour du mois de Tichri.
« C’était le 8e jour » (Chémini 9,1) = le Michkan a également été inauguré un 8e jour.
De même, le Cohen Gadol portait 8 vêtements différents.

Chémini Atsérét est un Yom Tov lié au chiffre 8. Comme le Temple, il est au-delà de ce monde …
Chémini Atsérét est un goût du monde à venir, de l’époque du machia’h …

Les jours de Souccot sont pour toutes les nations du monde.
La guémara (Soucca 55b) dit que les 70 vaches apportées comme sacrifice à Souccot correspondent aux 70 nations.
Mais cependant à Chémini Atsérét, une seule vache est sacrifiée comme sacrifice (korban), correspondant au peuple juif uniquement.

Le Sfat Emet (Souccot 5637) explique que puisque le peuple juif désire s’attacher à Hachem, alors Hachem ne nous quitte pas, mais Il va s’attarder un jour de plus.
Les 7 jours de Souccot sont comparés à un roi qui fait un grand festin et distribue de nombreux cadeaux.
Lorsque le festin se termine et que la distribution de cadeaux est terminée, tous les invités partent.
C’est alors que les enfants du roi vont dans la chambre intérieure afin de passer en privé du temps avec le roi. Ils ne veulent pas de cadeaux, ils veulent le roi, lui-même.

Les 7 premiers jours de festin sont pour les non-juifs.
Le 8e jour est comparé à un moment que le roi passe avec ses enfants.
A Chémini Atsérét, Hachem Lui-même s’attarde pour être avec Ses enfants : les juifs.
C’est de quoi il s’agit à Chémini Atsérét, c’est un moment avec Hachem, Lui-même [la source de toutes les bénédictions, de toute la joie, …].

De Roch ‘Hodech Elloul jusque pendant tous les jours redoutables (Yamim Noraïm), nous sommes concentrés sur la prière.
A Souccot aussi, nous récitons les prières spéciales des hochanot.
La prière n’est pas spécifique aux juifs, comme il est écrit : « Ma maison sera dénommée Maison des prières pour toutes les nations » (Yéchayahou 56,7).
Toutes les nations ont également le droit à la prière.

Cependant, les non-juifs n’ont pas de lien avec la Torah, comme il est écrit : « Il a révélé ses paroles à Yaakov, ses statuts et ses lois de justice à Israël. Il n’a fait cela pour aucun des autres peuples ; aussi ses lois leur demeurent-elles inconnues » (Téhilim 147,19-20).

Les juifs, qui sont liés spécifiquement à la Torah, reçoivent un jour additionnel : Chémini Atsérét.
Pendant ce jour, nous sommes élevés à un niveau où les non-juifs ne peuvent pas entrer, dans le monde de la Torah.
Nous nous réjouissons avec la Torah, fêtant le fait que nous avons l’infini chance d’être juif et que Hachem nous a donné la Torah.
Nous célébrons le fait que : Il nous a choisi parmi toutes les nations et nous a donné Sa Torah (acher ba’har banou mikol aamim vénatan lanou ét torato).

La Torah est aussi au-delà du 7, c’est toujours du : 8 (au-delà de la naturalité), et c’est pour cela qu’on la fête à Chémini Atsérét.
La Torah a été donné le 1er jour de la 8e semaine.
Le Maharal fait remarquer que dans le Téhilim 19, les 7 premiers versets parlent du monde, et le 8e verset est : « la Torah de Hachem est parfaite » (Torat Hachem témima) = elle est au-delà de la nature …

Chémini Atsérét est également un jour qui a un pouvoir phénoménal de prière.
Le Zohar (Tsav 32a) écrit que Chémini Atsérét est le jour où le peuple juif est tout seul avec le Roi [Hachem], et que tout ce qu’on lui demande nous sera accordé.

Rabbi Pin’has de Koritz (Imré Pin’has 1,590) explique que toutes les prières d’une personne sont répondues en ce jour, car c’est un moment très favorable (eit ratson) pour cela.
Mais il ajoute que cela ne peut avoir lieu que si nous nous asseyons avec le Roi, c’est-à-dire que nous ne pensons pas à des futilités, mais uniquement à Hachem.
[on doit être mentalement à 100% à disposition de Hachem]

Le Sar Shalom, rabbi Shalom de Belz (Séfer Midbar Kodech 1,262) dit : Atsérét signifie : se rassembler.
Il y a des prières, des supplications, et des requêtes que le peuple juif a fait tout au cours de l’année, dont les Yamim Noraïm, et qui n’ont pas été priées convenablement, et c’est pour cela qu’elles n’ont pas monté comme il le faudrait devant Hachem. [Plus une prière a de l’intention (kavana), plus elle a de la force pour s’élever et se présenter devant Hachem.]
Le jour de Chémini Atsérét, toutes nos prières sont rassemblées (atsérét) ensembles, et elles s’élèvent alors pour trouver faveur devant Hachem.

Pendant les prières et les hakafot de Chémini Atsérét, le Baal Chem Tov rectifiait et élevait des prières qui avaient été rejetées pendant [parfois] des milliers d’années.

La guémara (Taanit 7a) dit que : « Grand est le jour de la pluie comme le jour où la Torah a été donnée ».
Le sens simple est que la pluie est si importante pour le monde, qu’un jour où il pleut est un jour important.

Le rabbi de Kozhnitz (Séfer Avodat Israël) dit que la guémara fait référence à Chémini Atsérét, le jour où nous disons la prière de la pluie (téfilat guéchem), car Chémini Atsérét est un jour d’une sainteté énorme.

Lorsqu’un juif dit la téfilat guéchem, il fait référence à une pluie spirituelle.
Selon guémara (Avoda Zara 5b) : « L’eau ne fait référence qu’à la Torah » (én mayim ella Torah).
Le Zohar (tikoun 13,p.29b) écrit qu’à Chémini Atsérét, les fontaines de la Torah s’ouvrent.
Nous prions Hachem : « al tim’na mayim » (Ne nous refuse pas d’eau).
Hachem nous donne la Torah afin que nous puissions nous rapprocher toujours plus de Lui …

Quoiqu’on n’ait pas fait pendant Roch Hachana, Yom Kippour et Souccot, nous pouvons le compléter pendant les jours de Hochana rabba, Chémini Atsérét et Sim’hat Torah.

[rav Moché Wolfson]

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-> Le Zohar écrit : « A Hochana rabba leur jugement a été terminé, et maintenant leurs bénédictions commencent.
Car le jour suivant [à Chémini Atsérét] les juifs célèbrent avec leur Roi et reçoivent les bénédictions pour l’année entière.
A cette fête, uniquement les juifs sont présents, et lorsqu’on est assis en privé avec le roi, tout ce que nous demandons nous sera accordé. »

De même, le Zohar écrit : « Lorsque Hachem s’unit avec la nation juive [à Chémini Atsérét – Sim’hat Torah], aucune autre nation ne peut se joindre à eux … Hachem est seul avec eux ».

-> Le midrach dit qu’après les 7 jours de Souccot, Hachem demande aux juifs de rester encore un jour [avant de vaquer chacun à ses affaires du quotidien] : « car cela m’est difficile lorsque que vous Me quittez ».

Le Imré Emet explique que les juifs doivent aussi ressentir qu’ils ne veulent pas quitter les yamim tovim. C’est l’essence de Chémini Atsérét.

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-> Le Yessod Yossef dit :
« La coutume est de sortir tous les Sifré Torah du aron kodech …
A l’image de l’amour qu’a un père pour son fils unique, il ouvre pour lui tous ses trésors, et ne lui refuse rien.
De même, Hachem nous accorde d’immenses bontés [cela est symbolisé par l’ouverture du aron qui contient les trésors de ce monde : la Torah]. »

-> Rabbi Hench Alexander explique que nous ne disons pas la birkat Cohanim à Sim’hat Torah, car en ce jour nous lisons les bénédictions de Moché, et « il cela serait une honte pour les bénédictions de Moché si nous ajoutions d’autres bénédictions ».

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-> Le Yessod vécChorech haAvoda (chap.16) enseigne :
« Tout celui qui est vigilant à être joyeux avec la Torah en ce jour [de Sim’hat Torah], il est garanti que ses enfants et ses descendants seront toujours des érudits en Torah. »

-> Le Shlomé ‘Haguiga (p.292) écrit :
« A Sim’hat Torah, heureux soient ceux qui sont joyeux avec la Torah, car cela va rectifier leur âme pour tous les moments où ils ont déshonoré la Torah.
De plus, il y a une garantie de nos Sages que tout celui qui est joyeux avec la Torah en ce jour, il aura une descendance qui étudiera toujours la Torah. »

[réjouis-toi de la Torah dans ce monde éphémère, et elle te réjouira pour l’éternité!]

-> Rabbi ‘Haïm Vittal (Chaar haKavanot) dit :
« Mon maître [le Arizal] faisait le tour de la bima, devant ou derrière le Séfer Torah, il dansait et il chantait de toutes ses forces..
A la sortie de yom tov [en Israël où il n’y a qu’un jour], il allait de synagogue en synagogue pour danser avec la Torah, et il faisait cela pendant de nombreuses heures. »

-> Le Maassé Rav rapporte que le Gaon de Vilna : « aller devant le Séfer Torah très heureux, avec un joie immense, son visage était comme un feu brûlant, et il tapait des mains et il dansait de toutes ses forces devant la Torah. »

-> Le Yichma’h Israël enseigne que danser devant la Torah est propice pour avoir des enfants.
Il apprend cela de la femme du roi David : Mikhal, qui était dégoûtée de voir David danser de toutes ses forces devant le Aron (cf. Shmouel II 16,23). [en effet, David était prêt à renoncer à son honneur, bien que roi, pour celui de la Torah]
Elle a été puni par le fait qu’elle ne pouvait plus avoir d’enfant.
De là, nous pouvons apprendre que si quelqu’un est joyeux avec la Torah, alors il sera récompensé par des enfants.

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-> « Toutes les prières qui ne montent pas pendant toute l’année s’élèvent grâce aux hakafot ».
[rabbi Shalom de Belz]

-> Le ‘Hida écrit (dans une prière que certains récitent avant les hakafot), que danser à Sim’hat Torah fait tomber les murs de fer qui nous séparent d’Hachem.

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-> Chémini Atsérét/Sim’hat Torah représente la forte unité entre les juifs.
La guémara (Shabbath 31) rapporte qu’un non juif est venu voir Hillel et lui a demandé : « Convertis-moi, mais à la condition que tu m’enseignes toute la Torah tandis que je me tiens sur un pieds ».
Hillel l’a converti et lui a dit : « Ce que tu détestes, ne le fais pas à ton prochain. Ceci est toute la Torah, le reste est commentaire … »
=> Que voulez le converti? N’a-t-il pas réalisé que la Torah est vaste et qu’elle ne peut pas être enseignée en un moment?

Le rabbi Israël de Ruzhin explique que le converti ne demandait pas de connaître toute la Torah.
Il demandait qu’on lui apprenne les secrets kabbalistiques en lien avec la fête de Chémini Atsérét.

C’est ce qu’il signifie en disant : « Enseignes-moi toute la Torah tandis que je me tiens sur un pieds (al régél a’hat) ».
Chémini Atsérét est appelé « régél », comme l’écrit la guémara (Soucca 48) : « [Chémini Atsérét] est une fête en soi » (régél bifné atsmo).

Ainsi, le converti voulait connaître le secret significatif de cette grande fête.
La réponse de Hillel était : « Ce que tu détestes, ne le fais pas à ton prochain » = en d’autres termes, Hillel lui disait que le secret de Chémini Atsérét est : l’unité.
Il y a de grands secrets dans Chémini Atsérét, mais pour les résumer simplement : la fête de Chémini Atsérét et Sim’hat Torah a pour objectif de développer notre bienveillance à l’égard de notre prochain.

[d’une certaine façon, en se réjouissant et en tournant avec la Torah, on se focalise sur l’aspect unificateur (la spiritualité) entre les juifs.
Certes nous sommes différents au niveau du corps (physiquement), mais nous provenons tous d’une même source commune, d’une même âme originelle.
Nous avons un papa Hachem qui est Unique, et notre objectif commun, chacun en fonction de son unicité, est de Le grandir dans ce monde!]

Hochana rabba

+ Hochana rabba :

-> Le 7e jour de Souccot est appelé Hochana rabba. Ce jour-là, on abonde en étude de la Torah et en supplications.
Il est dit dans le midrach : « Hachem a dit à Avraham Avinou : Je suis unique dans Mon monde et tu es unique dans ton monde. Dans le futur, Je donnerai à tes enfants un jour spécial afin de réparer leurs fautes, c’est Hochana rabba.
Si les fautes de tes enfants n’ont pas été réparées pendant Roch Hachana, elles le seront à Yom Kippour. Et sinon, elles le seront à Hochana Rabba. »
[rav Ovadia Yossef – ‘Hazon Ovadia Souccot]

[Selon le Zohar, les décrets d’Hachem pour l’année à venir ne « partent » qu’au début du 8e jour, le soir de Chémini Atséret, mais durant toute la journée de Hochana rabba qui le précède, il est encore possible de modifier le jugement.]

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-> Une des questions à laquelle nous devrons tous répondre après notre mort est : « As-tu attendu la Délivrance? » (tsipita lichoua – guémara Shabbath 31a).

Le Imré Emet dit que cette question signifie également : « Est-ce que tu as attendu la yéchoua (délivrance), c’est-à-dire Hochana rabba, le jour où Hachem accorde des délivrances aux juifs. »

-> Roch Hachana vient de passer, ainsi que Yom Kippour, et la majorité de Souccot.
A ce moment [de Hochana rabba], de nombreuses personnes sentent qu’elles ont accompli ce qu’elles pouvaient, et elles ne ressentent plus une importance à investir des efforts dans les derniers jours des Yamim Noraïm.
Parfois, les gens se découragent car ils sentent qu’ils n’ont pas pleinement exploiter ces jours saints par de la téchouva, des prières et de la Torah, et ils ne sont pas prêts à le faire maintenant

[on baisse les bras en se disant que puisque tous les jours redoutables de tichri (et Elloul) sont presque finis, il est trop tard, mais on oublie l’infinie miséricorde de papa Hachem, qui en l’espace d’une seconde où nous Lui ouvrons totalement notre cœur peut tout changer pour notre meilleur, rempli de bénédictions.]

Ainsi, lorsque nos Sages disent : « As-tu attendu la Délivrance? » = est-ce que tu as attendu ardemment Hochana rabba, par exemple par la conscience du pouvoir exceptionnel des prières, de la téchouva, de la tsédaka, .. de ce jour.
Comment ne pas attendre impatiemment un tel jour, où nous pouvons gagner tellement! …

Même si on s’investit de notre mieux à Souccot, on peut avoir tendance à laisser passer, sans attention particulière, le jour de Hochana rabba.
Pourtant, Hochana rabba est le point culminant de tous les jours redoutables, au point que nous pouvons obtenir les plus grandes délivrances [à tous nos problèmes].

Même en ce jour, nous devons être vigilants, et continuer notre batail contre le yétser ara.
[rav Elimélé’h Biderman]

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-> Bientôt le jour sera terminé. Nous pensons que le Roi [Hachem] n’est plus là [à Hochana rabba], mais nous devons savoir que cela n’est pas vrai. Hachem est là! [tout particulièrement proche de nous!]

Appelons Hachem et demandons-Lui qu’Il nous sauve. Allons crions ensemble : « Hocha Na, véOchia Na, avinou ata! (Sauve de grâce (Ton peuple)! Secours-nous! Tu es notre Père!) …

L’année dernière, il y avait des gens parmi nous qui ne sont plus vivants.
Il est possible que s’ils avaient prié davantage à Hochana rabba, ils auraient annulé le décret.
[rabbi de Satmar]

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-> Le Divré Yossef de Satmar priait pendant très longtemps à Hochana rabba.

-> La dernière année de sa vie, le ‘Hatam Sofer a dit : « J’ai passé le jugement de Roch Hachana et de Yom Kippour, mais je n’ai pas réussi à passer le jugement de Hochana rabba ».

-> Le rav Elimélé’h Biderman enseigne :
Au début les livres juifs n’ont pas révélé que Hochana rabba était un jour de jugement.
Par exemple, la guémara appelle Hochana rabba : « Yom Arava », le jour où nous prenons la Arava.
Il n’y aucune mention que c’est un jour de jugement.
Pourquoi cela?

Le rav Shlomo Zalman Auerbach explique que pour les premières générations, la crainte du jugement était si important, que si les gens savaient que Hochana rabba était également un jour de jugement, alors cela leur aurait retiré la joie pour le Yom Tov. Ils seraient incapables d’observer la mitsva de se réjouir de la fête [à Souccot] (vésama’hta bé’haguékha).

Dans les générations ultérieures, la crainte était moins grande, et ainsi les Séfarim nous ont révélés qu’il y a également un jugement à Hochana rabba, et ce afin que nous prions et fassions téchouva et donnons à la tsédaka, et annulions tous les décrets difficiles.

Le rav Auerbach dit qu’il y a quand même une indication dans la guémara, avec les mots : « bé’hag nidounim al amayim » (A Souccot nous sommes jugés pour la pluie [sur combien on en aura cette année]).

Le Lévouch écrit : « Ainsi, les gens allument davantage de bougies à la synagogue à Hochana rabba, à l’image de Yom Kippour, car c’est le jour final de jugement pour la pluie ».

Le rav Shlomo Zalman Auerbach explique que par le passé, la pluie signifiait la vie. S’il ne pleuvait pas, alors les gens allaient mourir.
Les choses ont changé à notre époque, puisque l’eau peut être transportée et les pays ont des réservoirs d’eau.
[En ce sens le ‘Hazon Ich dit que nous ne jeûnons plus pour la pluie, car un manque de pluie n’est pas une tragédie comme cela pouvait l’être.]

Ainsi, il y a des années, il était suffisant aux gens de savoir qu’ils étaient jugés sur la pluie, et cela les réveillait immédiatement à faire téchouva, à prier et à donner à la tsédaka.
Aujourd’hui, les gens ne sont pas sensibles à cela, et ils n’améliorent pas leur comportement sur une peur de manquer de pluie.
C’est pour cette raison que dans les dernières générations, on nous a révélé davantage d’aspects de ce grand jugement [à Hochana rabba].

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-> Le Zohar écrit : « A Hochana rabba leur jugement a été terminé, et maintenant leurs bénédictions commencent.
Car le jour suivant [à Chémini Atsérét] les juifs célèbrent avec leur Roi et reçoivent les bénédictions pour l’année entière.
A cette fête, seulement les juifs sont présents, et lorsqu’on est assis en privé avec le roi, tout ce que nous demandons nous est accordé. »

[on voit à quel point Hochana rabba est le point culminant, les derniers moments où l’on peut encore changer toute notre année à venir.
Ainsi, ce dernier jour ne doit pas être pris à la légère, au contraire c’est le sprint final! ]

Lorsqu’un homme danse, il s’élève tout en sachant qu’il finira par retomber …

Nos Sages (midrach Cho’had Tov 2) enseignent : « Dans la mer, chaque vague s’élève comme si elle voulait submerger le monde et lorsqu’elle parvient sur la plage, elle vient s’écraser sur le sable sans réussir à le submerger. Et bien que chaque vague constate que celle qui l’a précédée a échoué, elle ne renonce pas et tente elle-même à nouveau de submerger le monde » …

Il est écrit : « lorsque les vagues s’écraseront, rends leur hommage » (Téhilim 89,10) = car c’est faire l’éloge des vagues que de proclamer qu’elles ne renoncent jamais et que chacune se dit : « je réussirai ».
[Yétev Lev]

[de même à Sim’ha Torah, lorsque nous dansons nous nous élevons vers le Ciel (davantage de spiritualité), nous retombons par terre (dans la matérialité), et immédiatement nous retentons de s’élever vers le haut.

On peut rapprocher cela à : « Le tsadik tombe 7 fois, et se relève ; mais les réchaïm sont effondrés par le malheur » (Michlé 24,16) [les hakafot consistent en 7 tours]
Dans notre vie, nous avons des moments d’impulsion, des moments où tout tourne tranquillement, et des moments de chute. L’essentiel est que même si l’on tombe, nous ne devons pas désespérer en se lamentant sur notre sort, en restant inerte, mais plutôt nous efforcer de se relever par la téchouva et de repartir de plus belle de toutes nos forces! ]

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-> Il faut savoir que la valeur d’un homme se mesure par son obstination à se battre.
[Un juif a une obligation de moyens [faire de son mieux], et le résultat dépend de D.].

Le Zohar enseigne que le Loulav est comme une arme qui vient proclamer : « Les nôtres ont vaincu », en faisant référence aux juifs qui sont sortis vainqueurs dans le combat qu’ils livrèrent pendant les jours de jugement (à Roch Hachana et Kippour) …

Cela nécessite une explication. En effet, il est de coutume qu’après la victoire finale, le vainqueur range ses armes. Le roi parade alors en compagnie de ses soldats en toute tranquillité d’esprit.
Dès lors, pourquoi la Torah nous ordonne-t-elle de sortir en brandissant cette arme que représente le Loulav, immédiatement après la victoire des jours redoutables?

C’est qu’en réalité, la guerre contre le yétser ara est différente de tout autre affrontement : même après l’avoir vaincu, l’homme doit savoir qu’il demeure en permanence un soldat prêt à se battre, et c’est précisément l’essence de sa victoire : continuer à se tenir prêt au combat, car c’est là tout l’homme [tant qu’il vit, c’est qu’il y a un combat à mener contre son yétser ara].
[rav Elimélé’h Biderman]

[on ressort pur de faute après Yom Kippour, et en sortant notre arme (le loulav) nous exprimons notre motivation à tendre vers un état de perfection dans notre service Divin.
De plus, Hachem est très très proche de nous pendant les yamim noraïm et Souccot, ce qui nous donne envie de ne pas fauter, de ne pas écouter notre yétser ara, afin de rester au plus proche de papa Hachem.
En ce début de nouvelle année, rempli de motivation spirituelle : à l’attaque! ]

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-> « Car Hachem, ton D., est un feu dévorant » (Dévarim 4,24)

Selon le Maguid de Mézéritch, Hachem dévore (si l’on peut dire) le feu que l’homme allume dans son cœur pour combattre son yétser ara.
Il s’agit du feu de la bataille contre lui sans aucun rapport avec son issue victorieuse ou non.
En effet, Hachem ne demande à l’homme qu’une seule chose : s’efforcer d’agir de son mieux, le reste appartient à D.

[la danse de Sim’hat Torah symbolise notre désir de s’élever de la terre vers le ciel, notre souhait de se jeter dans les bras de Hachem par nos actions, et ce de manière constante.
Nous y mettons le feu avec la Torah (antidote du yétser ara), témoignage de notre envie folle de faire Sa volonté.]

« Vous demeurez dans des Souccot durant 7 jours, tous les membres d’Israël habiteront dans des Souccot afin que nos générations sachent que j’ai fait résider les Bné Israël dans des Souccot lorsque Je les ai fait sortir d’Egypte » (Emor 23,42-43)

-> Le mot « demeurez » (téchévou – תֵּשְׁבוּ) est composé des mêmes lettres que le mot : bochét (בושת), qui signifie : la honte.
Cela vient avertir celui qui entre dans sa Soucca, qu’il doit prendre conscience de l’immense sainteté de celle-ci.

En y réfléchissant, il sera rempli de honte à cause de son passé. Il devra alors pallier à ses manquements en prenant sur lui d’améliorer désormais ses actes.
Dès lors, il pourra pénétrer dans la Soucca en s’appuyant sur ses bonnes résolutions prises pour l’avenir, car Hachem considère les résolutions sincères d’un juif comme s’il les avait déjà mises en pratique (guémara Kidouchin 40a).

[bien que maintenant je ne sois pas méritant de rentrer dans la Soucca, par le mérite de mon amélioration future, je peux y pénétrer tout de suite.]

[Yétev Lev]

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-> « L’orgueilleux repousse les pieds de la Présence Divine.
D. dit à son sujet : Moi et lui, nous ne pouvons demeurer ensemble! » (guémara Sotah 4b).

Le Arizal dit que dans la Soucca, Hachem nous enlace d’amour ; le Zohar (Emor 103a) enseigne que lorsque nous entrons dans une Soucca la Présence Divine déploie Ses ailes par le haut sur nous.
=> Face à une telle proximité avec Hachem, comment peut-on avoir des pensées d’orgueil (moi je!)?
Il faut lever les masques, reconnaître Son infini grandeur, et retourner vers Lui.

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-> On doit avoir 2 pensées en s’asseyant dans la Soucca : en souvenir des Soucca suite la sortie d’Egypte, et en souvenir des Nuées de Gloire.
Or, lorsque nous sommes sortis d’Egypte, nous n’étions pas méritants, mais par le mérite futur de recevoir la Torah, les juifs ont pu sortir d’Egypte et s’assoir dans les Nuées de gloire.
De même, à partir du moment où je prend sur moi d’améliorer mon comportement, alors j’ai pleinement le droit de rentrer dans la Soucca.

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-> La Soucca est similaire à l’Arche de Noa’h (la téva).
Rachi écrit que les animaux venaient d’eux-mêmes dans l’Arche de Noa’h, mais c’est uniquement les animaux qui n’avaient pas fauté qui pouvaient entrer dans l’Arche.
Ceux qui avaient fauté étaient chassés de l’Arche.

D’une manière identique, tout le monde s’assoit dans la Soucca, mais uniquement ceux qui sont méritants peuvent ressentir sa grande joie et sainteté.
Si la Soucca accepte une personne, alors elle ressentira un très bon sentiment dans la Soucca.
Mais, si à D. n’en plaise, la Soucca ne l’accepte pas, il n’y sera pas joyeux …

Si quelqu’un apprécie immensément la Soucca, cela prouve que la Soucca l’a accepté immensément.
C’est quelque chose qui ne peut pas être vu, c’est un sentiment du cœur, qui n’est révélé qu’à Hachem …
Souccot vient après Yom Kippour, car on doit être pur de toute faute pour être accepté dans la spiritualité de la Soucca.
[Chem miChmouel – 5673]

-> De même, le Tossefet ‘Haïm (145) dit que la mitsva de la soucca vient immédiatement après la fin de Yom Kippour afin que la soucca soit fabriquée par un homme pur de toute faute et que la Présence Divine repose sur l’œuvre de ses mains.

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-> « Vous demeurez/résiderez dans des Souccot durant 7 jours »

Souccot est le moment où l’on complète la téchouva qui a commencé en Elloul.
C’est un temps où l’on développe une compréhension plus profonde de ce qu’est la téchouva.
Le verset dit que le peuple juif doit : téchévou (s’assoir), qui est un langage de téchouva (tachouv – תשוב).
Nous résidons dans la Soucca pendant 7 jours et essayons de renforcer les 7 midot de Hachem (‘hessed, guévoura, tiféret, nétsa’h, od, yessod, mal’hout).
Ce n’est qu’une fois que nous sommes purs de toute faute [après Yom Kippour], que nous pouvons travailler à faire une téchouva complète et devenir un véritable serviteur d’Hachem.
[Tiférét Shlomo]

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-> Le ‘Hatam Sofer dit qu’en allant dans la Soucca, on se rend compte que le véritable or et argent de ce monde c’est la Torah et les mitsvot. [en comparaison rien n’a de valeur!]
[On a tellement envie d’être proche de Hachem (être dans la Soucca, c’est être enlacé par Hachem), de nous éloigner de la faute et faire sa volonté, que notre téchouva en devient plus parfaite, plus vécue.]

Souccot – La mitsva d’être joyeux

+ Souccot – La mitsva d’être joyeux :

-> Il y a une mitsva d’être joyeux à toutes les fêtes juives, mais il y a une importance toute particulière à être joyeux à Souccot, comme il est dit : « Tu te réjouiras devant Hachem, ton D., pendant 7 jours » (Vayikra 23,40).
[Rambam]

De même, il est également écrit à propos de Souccot : « Tu te réjouiras à ta fête … et tu seras exclusivement joyeux » (Dévarim 16,14-15).

-> Nous ne sommes pas capables de mesurer la valeur des mitsvot.
Peut-être que la mitsva d’être joyeux à Souccot est juste aussi importante que celle du loulav et de la Soucca? Peut-être que la joie est la plus grande mitsva de cette fête?

Nous ne savons pas, mais ce que nous devons savoir c’est qu’être joyeux à Souccot n’est pas simplement une bonne idée, un concept ‘hassidique, un attitude convenable, … mais c’est une obligation de la Torah.
[rav Elimélé’h Biderman]

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-> Le Imré Noam fait remarquer que la mitsva du loulav n’est une obligation de la Torah que le 1er jour de Souccot (comme il est écrit : « oulka’htem lakhem bayom arichon »), [elle l’est ensuite de nos Sages], tandis que la mitsva d’être joyeux à Souccot est de la Torah (comme il est écrit : « ousmartem lifné Hachem Eloké’hem chiv’at yamim »).

Le Imré Noam dit que cela nous enseigne que Hachem aime voir Ses enfants (les juifs) joyeux et dans un bon état d’esprit, au point de fixer cette mitsva d’être dans la joie à Souccot, pendant une durée de 7 jours.

=> Nous voyons ainsi que la mitsva de la joie est d’un niveau supérieur (car de la Torah) à celles des 4 espèces.
[combien investissons-nous pour acquérir les 4 espèces, et combien nous négligeons de s’investir à être joyeux à Souccot!]

En poussant cette notion un peut plus loin, on peut remarquer qu’une année où le 1er jour de Souccot tombe un Shabbath, nous n’utilisons pas les 4 espèces à Shabbath, et cette mitsva est alors uniquement d’après nos Sages (déRabbanan).
De son côté, la mitsva de la joie est de la Torah (déOïrata) pendant les 7 jours de la fête.
=> Une telle année, où le 1er jour est Shabbath, il est certain que la mitsva de la joie est prioritaire sur celle des 4 espèces.

D’après le Choul’han Aroukh (Ora’h ‘Haïm 529,2) : « Une personne est obligée d’être heureuse et de bonne humeur à un Yom Tov, lui, sa femme et ses enfants, et tous ceux qui sont associés à lui.
Comment cela? En distribuant des noisettes et des graines grillées [cela signifie de nos jours de donner par exemple des bonbons à nos enfants]. Pour les femmes, de lui acheter des habits et des bijoux selon nos moyens. »

=> En ce sens, un Sage en Torah a dit à quelqu’un : « Tu es occupé avec une mitsva déRabban, et je suis occupé par une mitsva de la Torah ». En effet, cette année le 1er jour de Souccot était un Shabbath, et la mitsva des 4 espèces étaient de nos Sages (déRabban), tandis que le fait d’acheter un bijoux à sa femme afin de la réjouir pendant le Yom Tov est une mitsva de la Torah.

[d’une certaine façon complimenter davantage notre femme (ce qui l’a réjouit) pendant la fête ne coûte rien mais c’est une mitsva de la Torah, tandis qu’acheter ses 4 espèces peut nous coûter cher, et être une mitsva moindre car d’après nos Sages.]

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-> Le Beit Aharon dit qu’à Roch Hachana et Yom Kippour notre moyen de se connecter à la fête est par le biais de la crainte, tandis qu’à Souccot nous nous lions à la fête par la joie.

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-> Le Gaon de Vilna dit qu’être joyeux à Souccot est la plus dure des mitsvot de la Torah, et ce spécialement car elle dure 7 jours.

-> A Souccot, nous devons être joyeux de pouvoir réaliser des mitsvot aussi exceptionnelles, précieuses.

-> Le Tséma’h Tsédek nous recommande de prier pour être joyeux, à l’image du roi David qui pria : « Réjouis l’âme de ton serviteur » (Téhilim 86,4).

-> Le Bné Yissa’har enseigne que même si nous ne pouvons augmenter notre joie que d’un tout petit pourcentage (même 1% de plus), alors cela vaut la peine de le faire, car Hachem ne demande pas l’impossible.
Il est écrit : « véayita a’h saméa’h » (et tu seras joyeux). Selon nos Sages, le mot « a’h » (אך) indique une petite quantité.

[A Souccot, nous devons faire de notre mieux pour être joyeux, quitte à se forcer extérieurement à le faire!]

-> Le ‘Hidouché haRim dit que nous lisons Kohélét (écrit par le roi Salomon et qui commence par : « Vanité des vanités, vanité des vanités; tout est vanité! ») pour nous rappeler que la joie n’est pas la conséquence des vanités de ce monde. En effet, une véritable joie est atteinte lorsque l’on se connecte à Hachem par la Torah et les mitvot.

[les danses de Sim’hat beit hachoéva, par les grands tsadikim montraient à quel point une joie provenant de la sainteté est pure et très puissante!]

-> Les gens se disent : « J’ai tellement de problèmes, je suis préoccupé par le futur, comment puis-je être pleinement joyeux?
La solution est d’avoir de la émouna et du bita’hon.
[or, le Zohar (Emor 103b) appelle la Soucca : « l’ombre de la émouna » (tsila dimEménouta)]
Nous ne comprenons pas toujours comment tout est pour notre bien, mais nous devons être persuadés que cela l’est.

L’Alter de Slobodka dit que le Rambam a écrit sa halakha dans son livre, et que jusqu’à maintenant même les grands Sages passent des nuits pour essayer d’en comprendre les profondeurs.
Il est certain qu’il y a une logique et une raison, puisqu’il n’a rien mis par hasard!
A plus forte raison quand il manque quelque chose dans notre vie [où à chaque seconde Hachem en permet le scénario], comment pouvons-nous penser qu’il y a une erreur, une place au hasard, à l’injustice?

Le ‘Hazon Ich a dit à quelqu’un : « Si tu n’arrive pas à comprendre quelques lignes de Tossefot, comment peux-tu t’attendre à comprendre les voies d’Hachem, qui sont cachées de l’homme. »

[de même, on accepte de prendre un médicament sans comprendre les détails de son fonctionnement et de ses conséquences, mais on n’est pas prêt à reconnaître notre impuissance à comprendre ce que D. nous fait.
A Souccot, nous quittons tout ce qui nous conforte dans l’idée que l’on a une certaine maîtrise de ce monde, pour se placer dans une cabane fragile, signifiant que nous sommes totalement dépendant d’Hachem, que tout nous dépasse dans ce monde.]

-> « Qu’elles sont grandes tes œuvres Hachem, infiniment profondes tes pensées! … le sot ne comprend pas cela » (Téhilim 92,6-7)
Pourquoi le verset précise que le sot ne comprend pas les œuvres d’Hachem? N’est-ce pas le cas également pour le sage?

La réponse est qu’un sage sait qu’il ne peut pas comprendre (d’ailleurs, rien que l’idée de pouvoir comprendre le Divin est insultante! Comment peut-on oser se mettre sur un même plan que Hachem!!).
Lorsque quelque chose lui arrive qui n’a pas de logique, le sage n’est pas surpris, car il sait qu’il ne peut pas saisir la sagesse Divine.
[Pour lui : « Qu’elles sont grandes tes œuvres Hachem, infiniment profondes tes pensées »]

Les sots pensent qu’ils doivent tout comprendre, et quand ils ne comprennent pas, alors c’est Hachem qu’ils remettent en question.

-> Parfois, les gens pensent avoir un grande confiance en Hachem, mais ils sont pleins de soucis et de tensions. Cela témoigne qu’ils n’ont pas véritablement confiance en Hachem.

Il est écrit : « Béni soit l’homme qui Se confie en Hachem, et dont Hachem est l’espoir » (barou’h aguéver acher yivta’h b’Hachem, véaya Hachem mivta’ho – Yirmiyahou 17,7).
Cela signifie : Qui est la personne qui est bénie d’avoir confiance en Hachem?
« véaya Hachem mivta’ho » : or, nos Sages disent que le terme : « véaya « (ce sera – והיה), est un mot qui implique de la joie.

=> Si une personne est joyeuse, heureuse [en toute situation], alors cela prouve qu’elle a véritablement confiance en Hachem.

« A son ombre je prends plaisir et m’assoie » (Chir haChirim 2,3)

-> Le Zohar (Emor 103a) dit que ce verset fait référence à la Soucca.
Ce même Zohar précise : « Lorsqu’une personne s’assoit à « l’ombre de la émouna » (tsila dimEménouta = la Soucca), la Présence Divine déploie Ses ailes sur elle par le haut, et Avraham, 5 autres invités, ainsi que le roi David, viennent y établir leur résidence. »

-> Il est écrit dans la prière de Yom Kippour : « ya’hbiénou tsél yado kanfé aShé’hina » (Il [Hachem] va nous cacher à l’ombre de Sa main, sous les ailes de la Shé’hina [la Présence Divine]).
Selon nos Sages, cela est aussi un allusion à la Soucca.

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-> Lorsque nous sommes dans la Soucca, nous pouvons ressentir des rayonnement spirituels qui sont au-delà de ce monde.
Les murs de la Soucca retire une personne de ce monde, et la place dans le domaine du Ciel [du Divin].
[rav Moché Wolfson]

-> On ne peut atteindre ces rayonnements spirituels [exceptionnels] qu’après avoir vécu Yom Kippour.
A tout autre moment de l’année, cela nous serait impossible, et c’est uniquement grâce la purification de Yom Kippour que nous pouvons entrer dans la Soucca, prêts à se réjouir de sa spiritualité.
[d’après le Sfat Emet (5639)]

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-> Le Eliyahou rabba et le Bikouré Yaakov enseignent que le mot : Soucca (סוכה) a une guématria de 91, la même que les 2 Noms Divins sous la forme écrite (אדני) et orale (יהוה).
Cela nous apprend sur l’énorme sainteté de la Soucca, et d’à quel point Hachem s’y trouve.

-> Un des tsadikim de Tsfat a rencontré un de ses élèves qui avait peur de rentrer dans une Soucca.
Il disait : « la Soucca est rempli des Noms Divins. Comment puis-je y marcher? »
Le tsadik lui répondit : « Un juif est aussi composé de Noms d’Hachem. Des Noms peuvent aller sur des noms. »

-> Le rabbi Yé’hiel d’Alexander dit : « Le fait que nous puissions entrer dans un Soucca est très étonnant.
Mais chaque juif est une partie de Hachem (‘helek Elokim mimaal). Le Nom d’Hachem est en nous, et c’est pourquoi nous pouvons entrer dans une Soucca. »

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-> Nos Sages font allusion au fait de s’asseoir dans une Soucca, comme s’asseoir à l’ombre de Hachem.

Le rabbi de Rupshitz (Séfer Kodech 56b) demande : lorsqu’une personne s’assoit sous un objet, il n’est pas convenable de dire que l’on s’assoit à son ombre.
Par exemple, si quelqu’un s’assoit sous un arbre, nous ne disons pas qu’il est assis sous l’ombre d’un arbre, mais plutôt qu’il est assis sous un arbre.
Lorsqu’il n’est pas sous l’arbre, mais qu’il profite uniquement de son ombre, alors on dira qu’il est assis à l’ombre de l’arbre (mais pas directement sous l’arbre).

=> Si c’est ainsi, pourquoi faisons-nous référence à une personne sous la Soucca comme étant à l’ombre, et non pas comme étant sous la Soucca?

Le rabbi de Rupshitz explique : lorsque nous construisons un Soucca physique, [cela génère] qu’elle a sa Soucca spirituelle correspondante au Ciel.
Ainsi, lorsque nous nous asseyons dans la Soucca, nous sommes également à l’ombre de la Soucca spirituelle.
C’est pourquoi l’on fait allusion au fait d’être assis à l’ombre de la Soucca.

Hachem nous a donné un cadeau spécial, un goût de la Soucca céleste.
Les rayonnements de la Soucca du Ciel nous sont destinés afin que nous les absorbions tout en étant dans la Soucca physique, durant les jours de Souccot.

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-> « Hachem est ton ombre » (Hachem tsilé’ha – Téhilim 121,5)

Le Baal Chem Tov explique que cela signifie que de la même façon qu’une personne agit (avec ‘hessed, miséricorde, …), alors de même Hachem imite son comportement, et Il agit avec Lui et le peuple juif de cette manière.

Selon le Zéra Kodech (rav Naftali Zvi de Ropshitz), la Soucca est appelé : « ombre » (tsél), car en s’asseyant dans la Soucca qui est faite de bois et de branches, Hachem nous imite, et alors Il nous assoit à l’ombre de la Soucca Divine (bétsel Soucca él’yiona).

Lorsque nous nous asseyons dans une Soucca, nous sommes enlacés par Hachem, comme il est écrit : « Son bras gauche soutient ma tête et Sa droite me tient enlacée » (Chir haChirim 2,6).
Le midrach commente qu’il s’agit de la Soucca.

[b’h, à ce sujet : http://todahm.com/2014/10/23/soucca-etreinte-damour-de-d ]

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-> « [La Soucca] est comparable au Gan Eden.
L’homme a été créé pour vivre dans le Gan Eden, l’endroit de la vraie joie (comme nous disons dans les Shéva Bra’hot : kéSimh’a yétsir’ha béGan Eden – « Comme la joie lors de ta création dans le Gan Eden »).

Certes, il est également écrit que D. chassa Adam de cet endroit extraordinaire. Toutefois, il existe des époques où même la lumière spirituelle scintille comme au Gan Eden. Et Hachem nous fait alors pénétrer dans cette demeure dans laquelle repose Son Nom, et puisque la joie règne là où réside la Présence Divine, alors se trouver dans la Soucca procure de la joie. »

[Sfat Emet – 5643]

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-> Le midrach rapporte : « Lorsque Iyov s’est plaint à Hachem à propos de ses souffrances, Hachem lui a montré une Soucca avec 3 murs ».
Comment cette vision a-t-elle calmée Iyov?

La Soucca, qui est le Gan Eden en miniature, nous rappelle qu’il y a un monde après ce monde.
Lorsque l’on se souvient de cela, alors toutes les souffrances de ce monde deviennent supportables, car le Gan Eden est éternel tandis que ce monde a une durée très courte.

[rav Elimélé’h Biderman]

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-> « Lorsqu’on s’assoit dans la Soucca léchem chamayim, nous percevons la sainteté.
Nous ressentons la lumière de la mitsva, et nous savons que c’est vrai à 100% que nous sommes entourés par les Nuées de gloire.
C’est quelque chose qui ne peut pas être expliqué. Mais pour quelqu’un qui l’a vécu, cela est vrai. »

[Keren léDavid]

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-> Concernant le Shalom Alé’hém, il existe différentes coutumes lors du vendredi soir de Souccot (le dire ou ne pas le dire, et si oui est-ce qu’il faut d’abord convier les Ouchpizin).

Le Chem miChmouël explique qu’on ne le dit pas, car la sainteté de la Soucca est si énorme, que les anges ne peuvent pas y entrer.

[après la prière de Arvit du vendredi soir, un juif est accompagnait de 2 anges, et à la fin de Shalom Alé’hem nous disons : « tsété’hem léShalom » (allez en paix), pour qu’ils nous laissent seuls avec papa Hachem, en ce jour d’intimité qu’est le Shabbath.
Or, puisque la Soucca est si sainte, les anges ne peuvent pas y rentrer, et cela ne sert à rien de chanter pour eux.]

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+ Soucca & Temple :

-> Le rav Moché Wolfson rapporte, que selon nos Sages, une Soucca en dehors d’Israël a la sainteté de la terre d’Israël.

-> Le rav Shalom de Belz dit que la Soucca a la sainteté du Temple.

-> « A son ombre je prends plaisir et m’assoie » (bétsilo ‘himadéti véyachavti – בְּצִלּוֹ חִמַּדְתִּי וְיָשַׁבְתִּי – Chir haChirim 2,3)

Le Yalkout Chimoni (Chir Hachirim 986) commente que cela référence au Michkan.
Cela n’est pas en contradiction avec le Zohar ci-dessus qui dit que ce même verset fait allusion à la Soucca, car la Soucca est similaire au Temple [de par sa sainteté].

-> Le Séfer Yessod Yossef (chap.77) dit qu’on ne doit pas laisser entrer un non-juif dans un Soucca.
En effet, un non-juif n’avait pas le droit d’entrer au-delà du mur de rempart (le cheil) du Temple, de même les non-juifs n’ont pas le droit d’entrer dans une Soucca.

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-> La guémara (Soucca 9b) dit : « De même que le Nom d’Hachem est sur un korban ‘haguiga, de même Son Nom est sur la Soucca ».

Il est écrit dans la Torah : « La fête de Souccot, 7 jours pour Hachem » (‘hag aSouccot chiv’at yamim l’Hachem).

Le Torat Cohanim (suivant l’interprétation du Raavad) demande : puisque la Torah dit que la Soucca doit être « l’Hachem » (pour Hachem), et que la Torah compare une Soucca à un korban (sacrifice), peut-être que nous aurions dû construire la Soucca sur l’esplanade du Temple (har habayit), et la sanctifier comme un korban?

Le Torat Cohanim répond que puisqu’il est aussi écrit : « Vous ferez pour vous-même la fête de Souccot » (‘hag aSouccot taassé la’hem), alors nous comprenons que c’est pour un usage de chaque personne individuellement [et non pas une seule Soucca sur le mont du Temple servant pour tout le peuple juif].
C’est pourquoi, on ne doit pas la construire sur le mont du Temple.

Ainsi, bien que le Torat Cohanim désapprouve sa théorie initiale, le fait qu’il a suggéré que la Soucca puisse être construite sur le mont du Temple et sanctifiée comme un korban, cela vient nous aider à reconnaître à quel point la Soucca est sainte.

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-> Le Pri Mégadim dit : « On ne doit pas utiliser une Soucca comme d’un raccourci.
D’une manière certaine, on ne doit pas y cracher, car la Soucca est sainte, et elle a des lois similaires à celles pratiquées dans le Temple. »

-> Une synagogue est un « Temple en miniature », et il faut faire attention à ce qu’on y dit en raison de sa sainteté.
La michna Beroura (439,2) écrit : « Puisque la Soucca est extrêmement sainte, il est approprié d’y minimiser les paroles inutiles (divré ‘hol), et à la place parler de Torah et de mots saints.
On doit incontestablement être vigilant de ne pas y parler de lachon ara, de colportage, et d’autres formes de paroles interdites dans la Soucca. »

En ce sens, le Reichit ‘Hokhma, rapporte que le Ramak était vigilant à ne dire que des mots saints dans la Soucca, en raison de la sainteté de la Soucca.

-> Le Arizal enseigne que la table sur laquelle nous mangeons dans la Soucca doit avoir 4 pieds, d’une façon similaire à la Choul’han du Temple.

[cela atteste également que la Soucca est comparable au Temple, de par sa sainteté!]

Les 4 espèces

+ Les 4 espèces :

-> Le Beit Yossef (Ora’h ‘Haïm – siman 561), rapporte le Recanati, qui dit que les 4 espèces représentent les 4 lettres du Nom d’Hachem.
Le Etrog représentant le hé final, a besoin d’être relié aux 3 autres espèces.

Le Sar Shalom de Belz ajoute que les lettres du Nom Divin ne peuvent pas être trop proches, elles ont besoin d’un petit espace entre chaque lettre.
C’est pour cette raison que certains les espèces mettent dans une sorte d’étui (faisant alors une légère séparation, même si au bout chaque espèce se touche).

-> Le Ramban (Emor 23,40) rapporte le midrach suivant : « L’Etrog est Hachem … le Loulav est Hachem … les Hadassim sont Hachem … les Aravot sont Hachem … »
L’explication apparente de ce midrach est que les 4 espèces représentent les 4 lettres du Nom Divin (יהוה).

-> Le ‘Hatam Sofer tenait [ses 4 espèces] pendant la prière, et il prenait tellement de plaisir à cette mitsva que cela l’aidait à mieux se concentrer.
C’est ainsi, qu’à Souccot avec les 4 espèces il avait plus de kavana dans sa prière que le jour de Kippour.

-> Le rabbi Naftali de Ropshitz explique le verset (Téhilim 118,6) :
– « Hachem li » (D. est avec moi) = puisque Hachem est dans ma main [lorsque je tiens les 4 espèces] ;
– « vélo yira » (je n’aurai pas peur) = Je n’ai rien à craindre

=> Ainsi, d’une certaine façon lorsque nous tenons les 4 espèces, Hachem est avec nous et Il y peut répondre à tous nos désirs.

-> Le rabbi Aharon Kotler enseigne que le fait de balancer les 4 espèces ensemble constitue une façon d’accepter la royauté de Hachem sur nous, qui est similaire à la récitation du 1er verset du Shéma, lorsque nous prolongeons la prononciation de la lettre dalét du mot é’had (Un – אחד), moment où nous devons méditer sur l’Unicité de Hachem, en haut, en bas, et dans les 4 directions de l’espace.

-> Bien sûr ce concept est au-delà de notre compréhension, mais néanmoins, cela nous donne une indication de la grandeur de cette mitsva, et du potentiel de nos prières, lorsque nous tenons les 4 espèces ensembles.

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-> Le Tiféret Shlomo dit que lorsqu’un juif paie beaucoup d’argent pour les 4 espèces, cela lui garantit une bonne année.
Pourquoi cela?

Il donne l’explication suivante :
Au jugement de Yom Kippour, lorsque toutes les fautes sont exposées devant le tribunal, un ange Défenseur dit : « Ce juif n’est pas responsable de ses fautes, parce que le Satan l’a trompé ».

Le tribunal répond : « Qu’est-ce que tu dis? Est-ce que tu penses que les juifs sont si simples d’esprit qu’ils croient tout ce qu’on leur dit?
Le Satan cherche à les attirer, mais ils auraient dû être plus intelligent, et l’ignorer. »
L’ange Défenseur dit : « Non, ils sont vraiment très simples d’esprit, et il est très facile de les tromper. Attendez quelques jours et vous verrez ».

Les jours suivants [Yom Kippour], les juifs paient [parfois] des centaines d’euros pour un fruit [l’étrog] dont la vraie valeur dans le commerce n’est que de quelques centimes/euros. [d’ailleurs en général, les juifs s’en débarrassent ensuite sans même le consommer!]
L’ange Défenseur dit alors : « Vous voyez, ils sont faciles à tromper! »

Grâce à cela, les juifs sont acquittés de toutes leurs fautes, et ils sont signés pour une bonne année.

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-> Le rav de Berditchev a une fois rencontrer le Satan, et il a vu que celui-ci était très triste.
Il lui a demandé : « Quel est le problème? »
Le Satan lui a répondu : « Une cargaison de bateau d’étroguim doit arriver.
Les juifs vont faire des bénédictions dessus, et la guémara (Soucca 38a) dit que la mitsva des 4 espèces est comparable à un flèche dans mes yeux. »

[dans la guémara, il est écrit : « le balancement des 4 espèces : « C’est une flèche dans l’œil du Satan ». »
Ainsi d’une certaine façon, en balançant les espèces à Souccot, nous réduisons la puissance, l’influence du Satan (yétser ara) à notre égard pour le restant de l’année.]

Souccot – le bita’hon

-> Chaque Yom Tov a une midda que nous devons prendre pour le restant de l’année.
Roch Hachana nous donne la crainte du Ciel (yirat chamayin).
Yom Kippour nous donne la téchouva.
A Pessa’h, nous prenons la émouna.
Shavouot nous donne la Torah.
Et à Souccot, nous pratiquons le bita’hon.

Une personne a un besoin naturel de se sentir sûre et en sécurité.
Ainsi, dans sa maison/appartement, elle s’assure d’être protégée des éléments extérieurs (ex: froid, pluie, vent, …).
Nous avons du bita’hon en notre maison, qui nous protège. C’est une confiance dans la toute puissance de l’homme (c’est bon Hachem je gère tout seul!).

A Souccot, nous pratiquons le véritable bita’hon : le bita’hon en le Créateur du monde.
A Souccot, nous entrons dans une structure temporaire, dans laquelle la pluie et le froid peuvent pénétrer. Mais nous plaçons notre bita’hon en Hachem : nous n’avons que Lui sur qui compter.
Nous quitter notre maison sûre et sécuritaire pour s’asseoir sous les ailes de la Présence Divine (ta’hat kanfé aShékhina).

Le Téhilim (91,1-2) décrit :
– « Celui qui demeure sous le refuge de Hachem, à l’ombre de Hachem » (yochèv bésséter eliyon, bétsél Shadaï yitlonan) = on entre dans la Soucca et on demeure alors à l’ombre de Hachem.
– « qu’il dise à Hachem : « Tu es mon refuge, ma citadelle, mon D., en qui je place ma confiance! » » = il faut se sentir en sécurité, avoir du bita’hon en Hachem.

=> Souccot incarne le bita’hon.
[quitter et vivre sans tout l’accessoire, le luxe de ce monde, et ce rendre compte que nous sommes alors plus proches de Hachem (car moins de choses s’interposent entre nous et D.).
Quitter et vivre sans certitude, si ce n’est celle de ne compter que sur notre papa Hachem, qui nous aime au-delà de l’imaginable.]

Lorsque nos Sages parlent des lois de la Soucca, ils abordent souvent une personne dormant dans la Soucca, plutôt qu’y mangeant.
Dormir dans la Soucca nécessite un niveau supérieur de bita’hon. En effet, sans bita’hon en Hachem, on est trop nerveux de dormir dehors, sans protection, dans une Soucca.

Qu’est-ce qu’exactement le bita’hon? En quoi se différencie-t-il de la émouna?

La émouna signifie croire en Hachem.
Le bita’hon est le fruit de la émouna.
[bita’hon = avoir émouna dans la pratique, et non qu’intellectuellement, dans la théorie]
Quelqu’un peut avoir de la émouna qui ne débouche pas forcément sur du bita’hon.
Mais celui qui a du bita’hon, a évidemment aussi de la émouna, car sans émouna en Hachem on ne peut pas ressentir du bita’hon en Lui.

[rav Moché Wolfson]

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-> Le Zohar (Emor 103b) appelle la Soucca : « l’ombre de la émouna » (tsila dimEménouta).

-> Le ‘Hidouché haRim enseigne que lorsqu’on est assis dans la Soucca, nous pouvons mériter d’atteindre une émouna claire.
En effet, il est écrit : « Vous résiderez dans la Soucca 7 jours … afin que vous sachiez (lémaan yéd’ou)

Le ‘Hidouché haRim explique que Souccot suit Yom Kippour, car on doit d’abord être nettoyés de nos fautes afin d’être capables de véritablement saisir la émouna.
En effet, il est écrit : « vos fautes ont mis une barrière entre vous et Hachem » (Yéchayahou 59,2).
Notre émouna en Hachem ne peut être parfaite que lorsque nous sommes nettoyés de nos fautes.
C’est pourquoi, lorsque nous sommes assis dans la Soucca, c’est un moment idéal pour penser à la émouna, et renforcer notre conscience de Hachem.

-> La guémara (Yérouchalmi Soucca 2,3) enseigne qu’à priori, on doit être capable de voir les étoiles au travers le toit de la Soucca.
Le rav Elimélé’h Biderman dit qu’ainsi nous pouvons regarder le ciel et s’entraîner à avoir confiance en Hachem.

-> La guémara (Avoda Zara 3) dit que dans le futur les nations du monde viendrons demander à Hachem de pouvoir observer les mitsvot afin de mériter le monde à venir.
Hachem leur dira de s’assoir dans une Soucca.
La guémara dit que Hachem fera sortir un soleil très brûlant, et que les nations vont sortir de leur Soucca en lui donnant un coup. Elles perdront ainsi leur monde à venir.

Une explication est que le soleil brûlant symbolise les temps très difficiles.
Un juif croit en Hachem dans les bons moments, mais aussi dans les moments difficiles.
Mais lorsque pour les nations du monde des moments dures arrivent, alors elles ratent le test. Elles sont prêtes à s’assoir dans la Soucca, ce qui signifie qu’elles croient en Hachem tant que tout est bien et confortable pour eux. Mais elles ne croient pas en Hachem lorsque les temps sont difficiles (symbolisé par le coup dans la Soucca en la quittant!).

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-> « La mitsva de la Soucca est la mitsva de bita’hon.
Comme le disent nos Sages : « tsé midirat araï » (sortez de votre maison permanente) = arrêtez de mettre votre confiance dans ce que vous avez, et commencez à croire uniquement en Hachem …

Souccot est « le temps de la joie » (zman sim’haténou), car personne n’est pleinement heureux/joyeux, si ce n’est celui qui a confiance en Hachem …
Il est écrit : « abotéa’h b’Hachem ‘hessed yéssovévénou » (Celui qui a confiance en D. sera entouré de bonté – Téhilim 32,10).
Pendant cette fête [de Souccot,] Hachem plane au-dessus de nous avec le toit de la Soucca (s’chakh) …

Souccot est également appelée : ‘hag aassif (la fête du rassemblement), car en cette saison de l’année, les gens vendangent les récoltes [de toute l’année].
De même, les bénédictions d’Hachem sont données à ce moment pour toute l’année à venir, à ceux qui ont confiance en Lui ».

[Sfat Emet – 5645]

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-> Le Arou’h Laner (fin du traité Soucca) écrit :
Le toit de la Soucca (s’chakh) représente les délivrances d’Hachem …
Les murs [de la Soucca] représentent les sujets de ce monde …

Une Soucca supérieure à 20 amot est invalide (passoul) car une personne est alors assise à l’ombre des murs, et non pas à l’ombre du toit (s’chakh) [cf. guémara Soucca 2a].
Cela signifie qu’il place sa confiance dans les problématiques de ce monde, et non pas dans Hachem.

-> Lors du mariage du rabbi de Satmar, son père lui a dit : « Pourquoi est-ce que la ‘houppa est habituellement sous le ciel?
Afin de rappeler aux ‘Hatan et à la kalla de se tourner vers le Ciel pour tous leurs besoins.
C’est pour cette même raison que la Soucca est à l’extérieur. Voir le ciel aide à se rappeler de Hachem. »

-> Le Ora’h léNéïr dit que les murs de la Soucca représentent ce monde-ci, qui nous entoure de tous les côtés, et les gens pensent que tout se produit par les forces de la nature (D. a créé le monde, et ensuite il l’ a mis en pilotage automatique : avec la naturalité).
Mais le toit de la Soucca en-haut, nous rappelle qu’en réalité absolument rien ne peut se produire sans que Hachem n’émette un décret en ce sens.

Une Soucca qui fait plus de 20 amot est non cashère (passoul), et une des interprétations de la guémara est que la Soucca est trop haute, une personne s’assoit alors à l’ombre des murs, et non pas à l’ombre du toit de la Soucca.
Le Ora’h léNéïr explique que s’asseoir à l’ombre des murs ferait perdre l’objectif de la Soucca, qui est de s’asseoir sous le toit de la Soucca, et ce afin d’ancrer en nous que ce n’est pas la nature (les murs) qui gère le monde, mais c’est d’en-Haut, d’Hachem que tout provient.

Souccot est également appelée : ‘hag aassif (la fête du rassemblement), car en cette saison de l’année, les gens vendangent leurs récoltes [de toute l’année] (cf. Chémot 34,22).
En rassemblant notre récolte (fruit d’une année de labeur), on a tendance à s’auto-congratuler (c’est grâce à moi! que j’ai bien travailler pour cela!).
En s’asseyant dans la Soucca, particulièrement à ce moment de la récolte, nous remettons les pendules à l’heure : tout ne vient que grâce à Hachem!

-> Le Haémék Davar dit que le message de la Soucca est différent pour le riche et pour le pauvre.
Pour le riche, la Soucca lui rappelle que tout vient d’Hachem.
Pour le pauvre, la Soucca l’encourage au fait que Hachem va prendre soin de lui, même dans sa pauvreté.

Il écrit : « [Le pauvre] ne doit pas perdre espoir de pouvoir profiter d’une belle vie …
Rappelez-vous que lorsque les juifs ont quitté l’Egypte, ils ont vécu dans des Souccot, et néanmoins, ils ont vécu dans la joie et ils n’ont jamais manqué de rien.
Je suis Hachem, votre D., et Je peux vous donner des bontés et des bénédictions [à tout moment et sans limitation]. »

-> Le Rachbam dit que nous nous asseyons dans la Soucca pour se rappeler du peu que nous avions lorsque nous vivions dans des Souccot dans le désert, protégés par de fragiles murs et toit.
Ce rappel doit nous éveiller à remercier Hachem pour tout ce que nous avons actuellement.

Sur les mots : « lémaan yéd’ou doroté’hém » (Emor 23,43), le Rachbam commente : « [Asseyez-vous dans la Soucca] afin de vous rappeler que j’ai fait vivre le peuple juif dans des Souccot pendant 40 années, sans qu’ils ne possèdent leur terre, … ainsi remerciez Hachem et ne dites pas que [ce que vous avez,] vous ait parvenu uniquement par hasard ».

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-> Quand les juifs sont sortis d’Egypte, ils ont d’abord campé dans des souccot (des cabanes).
Certains de nos Sages ont dit que Hachem leur avait fait de vraies cabanes, d’autres qu’Il les avait entourés de 7 nuées de gloire.
Les 2 opinions sont les paroles du D. vivant .

Ainsi, au début, D. leur a fait de vraies cabanes, et comme ils avaient quitté leurs maisons en Egypte pour s’installer dans des cabanes provisoires sans se plaindre, Hachem les a entourés des nuées de gloire = à l’ombre de Sa soucca.

Ceci étant, les bnei Israël ont reçu l’ordre, à ce moment-là et pour toutes les générations : « Vous vous installerez dans des souccot pendant 7 jours, tout citoyen d’Israël s’installera dans une soucca, pour que vos générations sachent que j’ai installé les bnei Israël dans des soukot ».

[on voit que la bita’hon, accepter que tout vient d’Hachem pour notre bien, même quand cela n’est pas agréable actuellement, est à la base de la fête de Souccot.
b’h, pour se rendre compte des bénéfices de la émouna/bita’hon : http://todahm.com/category/moussarpensee-juive/foiconfiance-en-d ]

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-> Le rav Yonathan Eibschutz (Yaarot Dvach 6,1) écrit :
« Celui qui craint Hachem n’aura pas Souccot uniquement pendant la fête de Souccot.
Tout au long de l’année, il se rappellera que la vie est temporaire, et qu’il vit dans ce monde comme un invité [de passage pour son temps limité de vie] … »

[même si nous avons la tête baissée dans les préoccupations de ce monde, nous pourrons remarquer l’ombre qui vient du toit, du Ciel, et donc mettre notre confiance en Hachem.]

« Au moment où un homme s’assoit à « l’ombre de la Emouna » [la Soucca], la Présence Divine étend Ses ailes d’En-Haut sur cette personne »

[Zohar – vol.3,103]

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-> « Lorsque tu engrangeras le produit de ta récolte et de ta vigne » (Réé 16,13)

Nos Sages (guémara Soucca 12a) commentent : « des résidus de ta récolte et de ta vigne » (à partir de ceux-là tu feras ta Soucca).

Selon le rabbi Avraham de Sadigora : Cela vient nous apprendre que même le plus misérable des juifs qui est comme un résidu, lui aussi mérite une ascension spirituelle pendant Souccot, comme le toit de la Soucca sur lequel repose le Nom d’Hachem.

[on pourrait croire que Hachem désire les tsadikim, et non les réchaïm. Mais en réalité, la Soucca nous montre que Hachem prend dans Ses bras, sous Ses ailes, même le plus grand racha, s’il rentre dans la Soucca.
En effet, les résidus/indésirables de ta récolte, deviennent saints, car utilisés pour le toit de la Soucca.]

-> La guémara (Soucca 22a) dit également que si le toit de la Soucca est très épais, et qu’il ressemble à une maison, c’est quand même cashère.
Nos Sages expliquent que cela fait allusion aux juifs qui sont très épais, très « grossiers » et liés à la matérialité. La Soucca est quand même valable pour eux.
[tout juif est le bien venu dans l’extrême sainteté de la Soucca! ]

-> Nos Sages disent que cela est également en allusion dans le loulav qui est agité dans toutes les directions (cf. guémara Soucca 37 : moli’h oumévi maala morid).
Cela nous indique que même ceux qui sont partis (moli’h) de la sainteté, peuvent retourner (mévi), car à Souccot tout le monde peut retourner à Hachem.

[l’agitation part du cœur vers le loin, puis du lointain vers le cœur, comme pour signifier que même celui qui est parti au loin, est rapproché du cœur. A Souccot : il est aimé et dans les bras, coeur de Son papa Hachem! ]

-> Le Ohev Israël explique le thème de la Soucca en la comparant à ce qui se passe lorsqu’une poule appelle ses poussins après leur avoir apportée leur nourriture : elle pose celle-ci devant eux et les recouvre ensuite de ses ailes.
C’est de cette manière que la Présence Divine se comporte avec nous : à Roch Hachana et à Yom Kippour, elle note notre subsistance et nous inscrit pour une vie heureuse.
Après avoir fixée nos ressources pour toute l’année, elle nous recouvre de Ses ailes.

[à ce moment, peu importe que nous soyons le plus grand des tsadik ou bien le juif le plus simple, ce qui compte c’est le fait d’être un juif : un enfant unique de papa Hachem, qui nous aimera toujours plus que tout.]

=> Tout le thème de Souccot tourne autour de l’idée qu’à Souccot la Présence Divine est comme une mère qui nous enveloppe de Sa protection.

-> Le ‘Hidouché haRim enseigne que Hachem nous traite pendant cette période comme une mère prend soin de ses enfants.
A Roch Hachana, Hachem souffle en nous (nous donnant de nouvelles forces de vie) et Il souffle sur nous, repoussant au loin le mauvais.
A Yom Kippour, Hachem nous nettoie, comme il est écrit : « J’épancherai sur vous des eaux pures afin que vous deveniez purs ; de toutes vos souillures et de toutes vos abominations, je vous purifierai » (Yé’hezkel 36,25).
Et à Souccot, Hachem nous couvre et nous emmaillote (le fait d’ envelopper le bébé dans une couverture).

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-> « Le Roi m’a fait venir dans Sa chambre » (Chir haChirim 1,4).

Le Chem miChmouël (Souccot 5679) explique :
Mis en rapport avec la mitsva de la Soucca, ce verset vient nous enseigner que celui qui entre dans la Soucca ressemble à celui qui entre dans la chambre personnelle de Hachem, Lui-même.
C’est pourquoi il est alors empreint d’une joie toute particulière, car là où réside la Présence Divine, la joie est aussi présente.

Lors des jours redoutables de Roch Hachana à Yom Kippour, les juifs se trouvent dans la « Résidence extérieure » d’Hachem, là où Il fait comparaître toute la terre en jugement sans afficher de signe d’affection et de proximité.

Cependant, à Souccot, les juifs méritent d’entrer dans Sa « Résidence intérieure », dans la chambre intime du Roi des rois.
Là-bas, « la force de la joie est dans Son endroit » (Divré haYamim I 16,27), seules règnent la joie et l’allégresse.

-> La guémara (Soucca 4b) enseigne qu’une Soucca qui ne possède pas 10 téfa’him de hauteur (environ 1 mètre) est impropre à l’accomplissement de la mitsva (pessoula).
Nos Sages déduisent cette loi à partir du fait que la Présence Divine ne descend pas sous 10 téfa’him.

Le ‘Hessed léAvraham (grand-père du ‘Hida) dit que cela nous apprend que la Présence Divine règne dans toute la Soucca, et c’est pourquoi on ne peut pas la construire en dessous de 10 téfa’him, car la Présence Divine ne pourrait y descendre.

[Or, si Hachem ne peut pas descendre comment peut-Il nous enlacer d’amour comme l’affirme le Arizal, ou bien le Zohar ci-dessus : « Au moment où un homme s’assoit à « l’ombre de la Emouna » [la Soucca], la Présence Divine étend Ses ailes d’En-Haut sur cette personne » (Zohar – vol.3,103).
D’où la nécessité d’être au-dessus de 10 téfa’him.]

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-> « Hachem est ton ombre » (Hachem tsilé’ha – Téhilim 121,5)

-> Le rav de Rupshitz enseigne :
A l’image de l’ombre qui épouse chaque mouvement de l’homme, l’homme lui-même suscite par sa conduite ici-bas, la même conduite du Ciel à son égard.
D’après cela, la Soucca que nous construisons dans ce monde est elle aussi le reflet d’une Soucca qui existe dans les mondes supérieurs.
Lorsqu’un juif bâtit sa Soucca ici-bas, il mérite ainsi d’être assis à l’ombre de la « Soucca spirituelle » qui la reflète dans le Ciel.
Bien qu’il n’existe aucune commune mesure entre les 2 Soucot, il en est réellement ainsi.

-> Le Yessod Yossef (chap.77) écrit :
« Celui qui étudie ou prie dans une Soucca se trouve littéralement installé dans les mondes supérieurs.
Chaque monde spirituel est en effet dénommé « un jour » (comme cela est connu des kabbalistes).
Le verset : « Vous résiderez dans des Souccot 7 jours » (Emor 23,42), vient à ce sujet évoquer que l’homme entre dans les 7 mondes supérieurs durant toute la fête. »
[Quelle occasion unique!]

-> Le rav Yonathan Eibschutz (Yaarot Dvach 1,6) écrit :
« La nuée d’Hachem plane constamment sur la Soucca, et bien qu’elle soit invisible, il est clair que ceux qui sont assis dans la Soucca avec l’intention d’accomplir cette mitsva et qui s’y adonnent à l’étude de la Torah, en se réjouissant de la fête, résident ainsi sous cette nuée Divine qui plane sur eux, les élevant ainsi à un niveau spirituel inimaginable ».

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-> « Telle était la coutume de mon maître (le Ramak) de ne parler dans la Soucca durant toute la fête que de Torah, tellement la sainteté de cette mitsva est élevée.
Les bois de la Soucca [et les simples feuilles du toit] en témoignent, car de ce fait ils sont empreints de cette sainteté et sont à cause de cela, interdits à toute utilisation pendant 7 jours ».
[Réchit ‘Hokhma – Chaar haKédoucha]

-> « Du fait de la sainteté immense de la Soucca, il est bon d’y limiter les conversations profanes et de n’y parler que de propos saints et de paroles de Torah.
A plus fortes raison, on veillera à ne pas y prononcer de propos médisants, de colportage ou d’autres paroles interdites.
[michna Beroura 639,2]

-> Selon le Chla haKadoch, il faudra se préserver de la colère dans la Soucca.
En effet, la sainteté y est très grande, nous sommes devant Hachem, et nous devons agir en conséquent.

[la guémara (Nédarim 22b) enseigne qu’au moment d’une colère, toutes les pensées d’une personne sont : « Il n’y a pas d’Hachem ».
En effet, une personne en colère voue un culte à elle-même (moi je … !), au point où il n’y a plus de place pour Hachem.
=> Comment pouvons-nous être dans la Soucca, en intimité totalement avec Hachem, et lui faire l’affront de penser : « Il n’y a pas d’Hachem ».]

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-> Le Sfat Emet (année 5643) rapporte que la Présence Divine repose sur la Soucca essentiellement grâce à la purification de Yom Kippour.
Or, même les réchaïm bénéficient de cette purification et de l’expiation inhérente à ce grand jour.

Le Sfat Emet écrit :
« Les jours de Souccot sont ainsi appelés : « le temps de notre joie » (zman sim’haténou), car Hachem nous donne alors le mérite d’être assis à l’ombre de Sa Présence.
Il y a en cela un aspect du Gan Eden …où règne la joie véritable, ainsi qu’il est écrit : « Comme la joie lors de ta création dans le Gan Eden ».

Certes, il est également écrit que D. chassa l’homme de cet endroit extraordinaire. Toutefois, il existe des époques où même la lumière spirituelle scintille comme au Gan Eden. Et Hachem nous fait alors pénétrer dans cette demeure dans laquelle repose Son Nom, et puisque la joie règne là où réside la Présence Divine, alors se trouver dans la Soucca procure de la joie.

Il est certain que le fait que les juifs se soient purifiés à Yom Kippour apporte une joie à Hachem dans les Hauteurs Célestes.
C’est ce qui est écrit (au sujet de Yom Kippour) : « Devant Hachem vous vous purifiez », et outre la purification de Yom Kippour, nous devons nous délecter de la joie qu’éprouve le Créateur à notre égard. »

-> De même, le Alcheikh haKadoch (Torah ouMitsvot – Emor) enseigne :
A chaque génération, Hachem n’a pas de plus grande joie que celle de Souccot, car les juifs sont alors purifiés de toutes leurs fautes grâce au pardon de Yom Kippour.
Et puisque toute la joie d’Hachem est due à la purification de nos âmes, il fallait qu’Il en fasse un rappel lors de cette fête grâce aux Souccot ».

=> Il faut croire dans le pouvoir de la téchouva.
Quoiqu’on est pu faire par le passé, à Souccot, même le pire des juifs, grâce à la téchouva [ex: à Kippour] est selon le Rambam (Hilkhot Téchouva 7,4) : « aimée et chérie par D., comme s’il n’avait rien transgressé ».
On comprend mieux l’expression d’amour infinie d’Hachem à notre égard, et cela génère en nous une joie énorme!