"Pour séparer entre l’impur et le pur… si une femme engendre et donne naissance à un mâle" (Chémini 11,47)

=> Pourquoi ce verset, qui est le dernier de Chémini, précède-t-il immédiatement la parachat Tazria?

Rabbi ‘Hiya bar Abba dit au nom de Rabbi Yo’hanan : Celui qui fait la havdala sur du vin à la sortie du Shabbat aura des fils mâles, ainsi qu’il est écrit : "pour séparer entre l’impur et le pur", et tout de suite après : "si une femme engendre et donne naissance à un mâle".
[guémara Chevouot 18b]

"Ce fut au 8e (chémini) jour" (Chémini 9,1)

-> Les 2 enfants de Aharon : Nadav et Avihou, sont morts en ce 8e jour où fût inauguré le Michkan.
Nos Sages font remarquer que les lettres du mot : 'hanoucca (חנוכה) qui signifie : "inauguration", renvoient à :
- le ח = en ce 8e jour (de valeur ח) a eu lieu la חנוכה (inauguration) ;
- les lettres : נו = ont une guématria de 56, qui est la même que : Nadav (נָדָב‎) ;
- les lettres : כה = ont une valeur de 25, soit la même : Avihou (אֲבִיהוּא‎).

[quelle chance nous avons d'être juifs, et d'avoir une Torah incomparable et aussi infiniment sublime! Merci Hachem! ]

"Il [Moché] dit à Aharon : Prends pour toi un veau adulte comme offrande de faute et un bélier comme offrande d'élévation, sans défaut, et offre[-les] devant Hachem.
Et aux enfants d'Israël parle en disant : Prenez un bouc comme offrande de faute, ainsi qu'un veau et un mouton dans leur 1ere année, sans défaut, comme offrande d'élévation" (Chémini 9,2-3)

-> Le Torat Cohanim et le Targoum Yonathan enseignent qu'avant l'inauguration du Michkan, Aharon et le restant des juifs ont demandé à être pardonnés pour leur faute du "début" et leur faute de la "fin".

Celle du "début" = c'est la faute des frères qui ont trempé la tunique de Yossef dans le sang d'un bouc (cf. Vayéchèv 37,31) => le bouc apportait par le peuple venait en expiation.

Celle de la "fin" = c'est la faute du Veau d'or, que les juifs ont crée avec l'aide de Aharon => le veau venant en expiation.

=> Pourquoi demander l'expiation de ces 2 fautes en même temps, le jour de l'inauguration du Michkan?

-> Rabbi Its'hak Danzig (le Maharid) rapporte un midrach selon lequel les frères ont vendu Yossef parce qu’ils ont vu par inspiration Divine, que Yossef allait avoir comme descendant, plusieurs siècles plus tard, un homme du nom de Yéroboam Ben Névat, qui allait instaurer un culte idolâtre et qui allait entraîner beaucoup de juifs dans l’idolâtrie.
[ce roi racha a détourné Israël du service de D., au point que les 18 rois qui lui succédèrent ont tous pratiqué l’idolâtrie en entraînant l’ensemble du peuple à les suivre]

Les frères de Yossef souhaitaient empêcher tout cela en faisant disparaître Yossef, et c'est pour cela qu’ils l’ont vendu.

Ainsi, jusqu’à la faute du Veau d’or, les tribus avaient une sorte d’excuse pour la faute de la vente de Yossef.
Mais quand le peuple fit le Veau d’or et se voua à l’idolâtrie, ils montrèrent par là que eux aussi pouvaient s’adonner à un culte idolâtre. Par cela, toute leur excuse pour avoir vendu Yossef s’effondra, car les tribus aussi allaient avoir des descendants qui firent l’idolâtrie du Veau d’or et Yossef n’était pas le seul.

=> C'est pourquoi au moment où le peuple apporta une expiation pour la faute du Veau d’or, il devait aussi apporter une expiation pour la vente de Yossef, car la faute du Veau d’or réveilla et réactualisa la faute de la vente de Yossef.

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-> Le Messé'h 'Hochma propose une autre explication.

Le Torah évoque que les tribus haïrent Yossef car il rapportait à leur père tous les mauvais comportements qu’il voyait chez eux (cf. Vayéchev 37,2). Ainsi, leur raison était qu’il aurait dû les réprimander directement et non par le biais de leur père.

Mais, lors de la faute du Veau d’or, les enfants d’Israël tuèrent 'Hour, le fils de Myriam, pour les avoir réprimandé. Ils montrèrent par là qu’ils ne sont pas capables d’accepter les réprimandes directement.
Par cela, toute la raison que les tribus invoquèrent pour avoir vendu Yossef s’annula, car Yossef a bien fait de craindre de les réprimander en face à face. Il préféra donc, à juste titre, passer par l’intermédiaire de son père.

=> C'est pourquoi, la faute du Veau d’or réactiva la faute de la vente de Yossef? et à présent que l’on expie la faute du veau d’or, il fallait donc aussi se racheter pour la vente de Yossef.

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-> Le Kli Yakar explique que c’est la faute de la vente de Yossef qui généra la faute du Veau d’or.

Il est écrit :"Ses frères furent jaloux de lui (de Yossef)" (Vayéchev 37,11). C'est cette jalousie qui a entraîné la vente de Yossef.
Suite à cette faute de jalousie, ce défaut s’enracina dans le cœur des juifs pour les générations futures, et c’est cette jalousie latente qui s’éveilla pour entraîner la faute du veau d’or.

En effet, beaucoup d’entre le peuple jalousait Moché, à l’instar de Kora’h et son assemblée, un peu plus tard.

Puisque dans cette génération Moché avait des jaloux, lorsque le peuple dit : "Cet homme Moché, nous ne savons pas ce qu’il est devenu de lui" (Ki Tissa 32,1), ils souhaitaient par cela se libérer de l’autorité de Moché pour "élire" ce Veau d’or à sa place
(en se faisant son propre dieu, on en vient à respecter ses propres commandements, et donc à se servir soi-même! [pourquoi c'est lui le responsable, et pas moi!]).

=> C’est donc bien la faute de la vente de Yossef qui, à travers la jalousie qu’elle imprégna dans le cœurs des juifs, provoqua la faute du veau d’or.

Le Kli Yakar poursuit son raisonnement et explique pourquoi Aharon ne devait pas, lui aussi, offrir un bouc, pour se racheter de la part de son ancêtre, Lévi, qui avait lui aussi participé à cette faute de la vente de son frère.

En effet, Aharon est caractérisé comme l’homme de la paix, comme le dit Hillel : "Sois parmi les disciples d’Aharon, en aimant la paix et en poursuivant la paix, en aimant les créatures et en les approchant à la Torah" (Pirké Avot 1,12).

Aharon a travaillé pour éradiquer la jalousie et la haine de son cœur, et pour n’y faire régner que l’amour de la paix et des hommes.
Il n’avait donc pas besoin d’offrir un bouc pour expier sa part dans la vente de Yossef, puisqu’il s’était déjà amendé pleinement de cette faute, par son travail personnel de renforcement de la paix et de l’amour des autres.

=> Puisqu'il ne lui restait plus aucune trace de ce défaut de la jalousie (racine de la vente de Yossef), il n’avait donc plus aucune raison de l’expier par l’offrande d’un bouc.

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+ Pourquoi la Torah demande-elle précisément un bouc et un veau pour expier ces fautes?

-> On a pu voir que le bouc renvoyait au bouc qui a été tué pour mettre du sang sur la tunique de Yossef, et que le veau faisait allusion au Veau d'or.

-> Rabbi Its'hak Soloveitchik apporte une autre explication.
En demandant à Aharon de lui construire un "dieu" pour remplacer Moché, le peuple avait prouvé sa trop grande dépendance vis-à-vis de son guide. Ils pensaient qu'ils ne pourraient pas subsister sans Moché ou autre chose qui prendrait sa place.

=> C'est donc un veau, un animal docilement attaché à sa mère, qui devait être apporté en sacrifice.

En revanche, en vendant Yossef, ses frères avaient fait preuve d'un esprit de rébellion et avaient refusé de s'incliner devant le choix de Yaakov qui destinait Yossef à être le chef de famille.
Ils s'étaient conduits comme un effronté, et c'est donc cet animal qu'il fallait apporter pour obtenir le pardon.

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+ "Comme offrande d'élévation (léola)" (Chémini 9,2 (pour Aharon) et aussi v.9,3 (pour le restant du peuple))

-> Un sacrifice d'élévation (korban ola) est un moyen pour élever [spirituellement] quelqu'un, comme tout autre sacrifice.

Nous apprenons de là que si une personne souhaite véritablement s'élever et se rapprocher de D. alors "offre[-les] devant Hachem" = on doit sacrifier sa propre volonté, comme nos Sages disent : "Accomplis Sa volonté comme si elle était la tienne, de sorte qu’Il accomplisse ta volonté comme si elle était la Sienne. Efface ta volonté devant la Sienne" [Pirké Avot 2,4 - Rabban Gamliel]
[Maguid de Mézéritch]

=> De nos jours où il n'y a plus le Temple/Michkan, chaque fois que nous sacrifions notre volonté pour respecter celle de Hachem, c'est comme si l'on avait apporté un korban qui nous permet de nous élever spirituellement vers D.
On ne perd pas à renoncer à notre volonté, puisqu'on y gagne une proximité, un attachement accru avec Hachem.

"Ce fut au 8e jour" (vayéhi bayom achémini - Chémini 9,1)

Il est intéressant de constater que ce 8e jour, où fût inauguré le Michkan, possède un mélange :

-> de souffrance. La guémara (méguila 10b) dit : "Nous savons par tradition que partout où il est écrit "vayéhi" (Et ce fut), c’est toujours l’expression d’une douleur".

-> de joie : "Le jour de l'inauguration du Michkan était aussi joyeux pour Hachem que le jour où Il a créé la terre et le Ciel."
[guémara Méguila 10b]
D'ailleurs, la Torah utilise la même terminologie : "Et ce fut le soir et ce fut le matin".
Dans les 2 cas, le verset commence par : "Et ce fut" (vayéhi - ויהי)

De même, au sujet de la joie le Apiryon écrit :
"Nos Sages (Yalkout Chimoni Chémini 98) enseignent que la joie de D. dans les sphères supérieures au moment de l’inauguration du Michkan fut égale à celle régnant lorsque le ciel et la terre furent créés.
Comment en comprendre la raison ?
En fait, quand Hachem créa le monde, Sa Présence emplit la création. Mais alors, l'homme commit la faute, et suite à cela, la Présence Divine se retira. Puis, les générations suivantes aussi fautèrent et repoussèrent la Présence Divine. De la sorte, Hachem n'avait plus où résider dans ce monde.
Cette situation continua jusqu'à la venue de Moché qui inaugura le Michkan. Alors, la Présence Divine reposa dans le Michkan, et par cela, dans le monde, comme ce fut le cas lors de la création du monde.
Ainsi, ce fut la première fois où on revint à la même situation qu'à la création. La joie fut donc semblable à celle de la création du monde.

=> Comment comprendre qu'il y avait 2 sentiments opposés?

1°/ Car 2 enfants de Aharon, Nadav et Avihou, sont morts en ce jour, entraînant de la douleur chez tous les juifs qui ne comprenaient pas pourquoi un jour aussi joyeux devait comporter une si grande perte.

Selon le rav David Hoffman, cela illustre le fait que nous ne comprenons pas pourquoi Hachem agit ainsi, mais néanmoins nous devons croire d'un cœur rempli de émouna qu'il y a une raison derrière chaque chose, et que Hachem fait tout pour le bien.
[c'est la particularité de ce monde où un événement peut sembler bon ou mauvais, mais dans le monde de Vérité, nous prendrons conscience que ce n'était que bonté!
C'est également cette force du yétser ara : le doute (mélange de : Hachem est bon/miséricordieux (inauguration du Michkan, lieu de résidence de la Chékhina) et Il est également cruel/très rigoureux avec nous (mort des tsadikim Nadav et Avihou : comment des personnes aussi élevées sont mortes en voulant faire Sa volonté, à cause de détails!)]

[Rachi (10,3) : Lorsque D. applique la stricte justice même aux tsadikim, on Le craint et on Le vénère, car on dit : si tel est le sort réservé aux tsadikim, à plus forte raison le sort réservé aux réchaïm doit-il être sévère.]

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2°/ Après que les juifs aient fauté avec le Veau d'or, ils ont recherché des signes de pardon de Hachem. Ils ont donné de tout leur cœur au Michkan, et l'ont construit avec un dévouement exemplaire.
Moché les a informé qu'un signe apparaîtra du Ciel symbolisant l'acceptation par Hachem de leur téchouva.

Pendant 7 jours de suite, Moché a construit le Michkan, y a fait le service Divin, avec l'ensemble du peuple qui venait y assister, et rien ne s'est passé.
Le 8e jour (chémini) les juifs étaient déçus, à l'exception de Moché qui était plein de confiance comme au 1er jour.

[ => Vayéhi = mélange de joie liée à l'inauguration, et également de douleur, car pour le moment D. n'avait pas encore manifesté qu'Il leur pardonnait leur faute!]

Le Messekh 'Hokhma écrit que Moché était à un niveau supérieur aux autres, et bien qu'il n'a pas vu de signe de progrès, il est resté quand même totalement confiant dans le fait que Hachem ne les laisserait pas tomber, et c'est par le mérite de sa confiance, que Moché a amené le feu du Ciel.

[v.9,24 : le feu est descendu comme un pilier du ciel vers la terre - Sifra.
Le chiffre 7 représente les 7 jours de la semaine (la naturalité de ce monde), et le 8 correspond à ce qui est au-delà. C'est cette persévérance et cette émouna surnaturelle de Moché qui a permis de créer le miracle!]

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3°/ Rabbi Binyamin Adler enseigne qu'en suspendant au 8e jour l'arrivée du feu comme signe de pardon, Hachem voulait montrer que les sacrifices (de nos jours = c'est la prière) ne sont pas une formule magique, D. désire notre cœur, et sans une connexion sincère nous ne pouvons pas pleinement susciter Son amour.

=> Hachem attend impatiemment de pouvoir nous combler de bénédictions abondantes, mais cela dépendant du cumul : action + intention.

[Ainsi, en ce 8e jour, il y avait un mélange de joie de pouvoir inaugurer le Michkan, mais également de la douleur, allusion au fait de briser totalement son cœur vers D.
Le peuple voulait tellement être pardonné pour le Veau d'or, qu'ils ont vidé toutes leurs forces à papa Hachem. Or, il est écrit : "D. est proche de tous ceux qui L’appellent, de tous ceux qui L’appellent avec sincérité" (Téhilim 145,18).

=> De même, nous devons faire attention à ce que nos prières ne soient pas routinières, un simple mouvement de nos lèvres, car sinon elles produisent beaucoup moins de résultats!]

[pendant nos prières, on doit injecter toutes nos souffrances, en vidant notre cœur à papa Hachem. Il s'y mêle la joie de s'adresser à l'Unique, à notre papa Hachem qui peut tout et qui nous aime tellement! ]

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4°/ Le Sforno enseigne qu'avant la faute du Veau d'or, chacun des juifs étaient digne de la Présence Divine.

[Par exemple, au sein des familles, chaque aîné aurait joué le rôle du Cohen, et suite au Veau d'or ce sont les Cohanim qui ont rempli ce rôle pour tous! ]

Cette faute ayant entraînée une chute désastreuse du peuple, la construction du Mickan devint nécessaire pour servir de résidence à la Présence Divine.

=> Rabbi Israël de Rozhin explique que le regret d'avoir perdu la possibilité d'une sainteté encore plus grande se mêlait à la joie de l'inauguration du Michkan.

Il explique que le but essentiel du Michkan comporte une trace de malheur, car au début Hachem avait envisagé que Son saint Michkan soit dans le cœur de chaque juif, ainsi qu’il est écrit : "ils Me feront un Michkan et Je reposerai en eux".
Le cœur juif devait être un réceptacle pour la Présence Divine, et alors il n’y aurait pas eu besoin de construire le Michkan. Mais comme les bnei Israël ont commis la faute du Veau d’Or, il s’est avéré nécessaire de réduire la Présence Divine entre les murs du Michkan.

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5°/ Vayéhi est un langage de douleur, Moché était peiné de ne pas être le Cohen Gadol (il l'a été jusqu'au 8e jour, où Aharon et ses descendants ont été nommés à ce poste : cf.v.9,1).

Puisque les juifs était des baalé téchouva (faute du Veau d'or), ils avaient besoin d'un baalé téchouva pour accomplir le Service Divin à leur place : Aharon haCohen.
[Sfat Emet]

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6°/ Aharon était si humble et modeste que le fait d'être nommé Cohen Gadol était douloureux pour lui (d'où l'utilisation du Vayéhi).
En réalité, il est plus facile pour un tsadik d'être jeté dans une fournaise ardente, que de devenir renommé comme un des grands tsadikim du peuple d'Israël!

[Rabbi Ouri de Strelisk (le Saraf)]

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7°/ La paracha Chémini (le 8e) aborde ce qui s'est passé le 8e et dernier jour de la période d'inauguration du Michkan, c'était alors Roch 'Hodech Nissan.

Rachi rapporte que pendant chacun des 7 jours précédents, Moché construisait le Michkan, y exécutait à lui seul tout le service, puis démontait le Michkan.
A partir du 8e jour, seul les Cohanim (Aharon et ses enfants) pouvaient exécuter ce service, et c'est en ce jour que le Michkan va être édifié de façon définitive.

=> Quel était la nécessité pour Moché d'édifier, puis de démonter le Michkan à chacun des 7 jours?

Selon rabbi Barou'h Simon, cela nous enseigne la force de la téchouva.
Le midrach (Béréchit rabba 3,7) nous rapporte qu'avant de créer ce monde, Hachem a créé des mondes et les a détruit.

D. étant parfait, pourquoi devait-Il agir ainsi?
Le Noam Elimélé'h répond que c'est parce qu'Hachem voulait intégrer dans la Création le concept de regret, de tout recommencer à zéro, qui est la base de la téchouva.

D'ailleurs, selon la guémara (Pessa'him 54a), la téchouva est l'une des 7 choses qui a été créée avant même la Création de ce monde (au même titre que la Torah!).

=> Même si Hachem ne fait pas d'erreur, Il a quand même agit comme s'Il regrettait Ses actions, voulant recommencer à nouveau, et cela uniquement pour nous apprendre de ne jamais désespérer puisque nous avons la téchouva.

=> Moché a agit de la même façon pour montrer aux yeux de tous que si l'on veut mériter de voir Hachem résider parmi nous, nous devons saisir l'importance de la téchouva.
Cette capacité d'effacer le négatif, pour encore mieux générer du positif.

[on peut imaginer que le terme "vayéhi" renvoyant à une notion de douleur, fait allusion au peuple qui ayant vu pendant 7 jours Moché leur expliquer ce concept, commencer à faire une téchouva très profonde en eux-mêmes, dans la douleur d'avouer leurs fautes à Hachem.
Suite à cela (le 8e jour), la Présence Divine est venue résider dans le Michkan, et en chacun des juifs, ce qui génère la plus grande des joies!]

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-> "Ce fut le 8e jour, Moché appela Aharon, ses enfants et tous les anciens d'Israël" (Chémini 9,1)

=> Pourquoi Moché a-t-il dû les appeler [précisément ce 8e jour] alors que les 7 jours précédents, ils se présentèrent d'eux-mêmes devant Moché?

La guémara explique que le terme "ce fut" (Vayehi), qui introduit ce verset, évoque un malheur et fait ici allusion au fait que ce jour connaîtra le drame de la mort de Nadav et Avihou, deux des enfants d'Aharon.
Et même si bien sûr personne ne pouvait prévoir à l'avance ce drame, malgré tout, selon l'expression de nos Sages, même si eux ne savaient pas, leur âme le pressentait.
Ainsi, sans même savoir pourquoi, Aharon, ses enfants et les anciens, avaient des réticences à s'approcher du service ce jour-là. Leur esprit pressentait que ce service, qui allait attirer le feu céleste, sera la cause de l'acte qui allait entraîner la mort de Nadav et Avihou.
Et comme Moché constatait que Aharon, ses enfants et les anciens ne venaient pas, il fut contraint de les appeler.
[Imré Shéfer]

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-> "Prends pour toi un veau" (Chémini 9,2)

Rachi explique que ce veau que devait apporter Aharon venait en expiation à la faute du veau d'or.

On peut s'interroger : pendant les 7 jours de préparation, on apporta un taureau en sacrifice. Et nos Sages enseignent qu'il venait en expiation pour la faute du Veau d'or, le petit du taureau.
=> Dès lors, pourquoi apporter encore une fois de plus une expiation pour cette faute par ce Veau?

En fait, quand pendant ces 7 jours préliminaires on apporta ce taureau, la faute du Veau d'or fut expiée. Dès lors, le niveau d'Aharon et du peuple s'éleva considérablement, puisque cette faute ne venait plus les freiner.
Mais, une fois qu'ils s'élevèrent, une dimension plus fine de la faute du Veau d'or s'éveilla. En effet, un certain aspect de la faute, qui n'était pas considéré jusqu'à présent comme une faute, apparut. Comme le peuple s'éleva, les exigences envers eux devinrent plus strictes. Et même ce qui n'était pas une faute jusque là apparut à présent comme une faute, selon leur nouveau niveau plus élevé.
Et il fallait dès lors expier même ce nouvel aspect de la faute. Tel était le but de ce veau à sacrifier le 8e jour, en expiation à cet aspect plus fin de cette faute.
[Chem miChmouel]

[d'où une certaine dualité : on termine d'expier la faute du Veau d'or, mais alors un nouvel aspect beaucoup plus fin fait son apparition, qui nécessite à son tour d'être expié]

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-> Chaque fois que le mot "vayéhi" est employé, il exprime la tristesse. Qu’y avait-il donc de triste le jour de l’inauguration du tabernacle?

Le Imré 'Haïm (l'Admour de Vizhnitz), répond ainsi à cette question :
"Le saint peuple juif a 7 jours. L’homme se salit, jour après jour, avec la poussière de la matière et des péchés ; la saleté s’accumule et la couche s’épaissit de plus en plus. La poussière du premier jour ne peut être comparée à celle du sixième. Que faire?
Finalement, vient le 7e jour, le Shabbat, lors duquel l’homme se lave et se purifie de toute la poussière accumulée les jours précédents. Ouvrant une nouvelle page dans sa vie, il a l’air d’un autre homme.

Et le lendemain? Ce n’est pas le 8e jour, mais le premier.
Cependant, s’il ne s’est pas purifié de ses fautes, le Shabbat passera sans laisser sur lui la moindre trace, tandis que l’épaisse couche de poussière et de saleté persistera sur lui et continuera encore à s’épaissir la semaine suivante, si bien que le premier jour, qui sera une continuation de la semaine passée, correspondra à un 8e jour ...
Face à une telle situation, il y a de quoi se désoler en disant : “Quand on fut (vayéhi) au 8e jour”."

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-> Le Tiféret Torah écrit :
"Le jour de l'inauguration du Michkan, on apporta des sacrifices. Puis alors, le verset vient relater que : "Un feu sortit de devant Hachem et consuma (les sacrifices de) sur l'autel".
Ce moment était intense en joie et constitua le moment tant désiré et tant espéré par tout le peuple d'Israël, car alors on a pu voir qu'Hachem a agréé tout le travail de la construction du Michkan et par cela, on comprit qu'Hachem a pardonné la faute du Veau d'or. Ce fut donc un événement d'une joie intense.
Puis, juste après, lorsque les enfants de Aharon allumèrent un feu étranger et offrirent des encens non ordonnés, alors la Torah emploie exactement la même formule et la même expression pour décrire leur punition : "Un feu sortit de devant Hachem et les consuma". Cela constitua bien-sûr un moment très dur et d'une extrême sévérité.

Et ces 2 événements qui se sont suivis, le premier qui constitua un bonheur extrême et l'autre une peine inimaginable, survinrent exactement de la même façon, comme l'atteste l'utilisation de la même formule qui les décrit (vayéhi).
Tout le peuple put alors constater que la grande bonté et l'extrême sévérité proviennent de la même Source et alors on s'est rendu compte par cela de l'Unicité Absolue d'Hachem. Effectivement, le bien et le mal proviennent de la même origine.
Par cela, la mort de Nadav et Avihou a concouru à dévoiler aux yeux de tous l'Unicité d'Hachem et par cela, le Nom d'Hachem a été sanctifié. Et le Michkan a pu aussi être sanctifié. Son inauguration a pu aboutir. Car ce Michkan, où la Gloire Divine allait résider, se doit d'attester l'Unicité d'Hachem.
Ce Michkan qui témoigne du pardon de la faute du veau d'or, quand les juifs ont laissé apparaître l'idée d'une dualité, se doit de proclamer la totale Unicité d'Hachem, Qui va y résider et par cela, s'installer au sein du peuple d'Israël.

Et quand on s'est rendu compte que le mal provient de la même origine que le bien, à travers la mort de Nadav et Avihou, cela a pu renforcer cette Unicité, et constitua justement l'aboutissement de l'inauguration du Michkan, dont la vocation était justement de proclamer cette Unicité. Tout cela attesta de la grandeur de Nadav et Avihou, car ce sont précisément eux qui furent choisis par Hachem pour révéler l'Unicité et ainsi parachever l'inauguration du Michkan ...
Cela a renforcé la conscience de l'Unicité d'Hachem, Qui est le Seul à être l'Auteur de tout ce qui arrive dans le monde."

"Voici les créatures que vous pouvez manger parmi tous les animaux sur la terre" (Chémini 11,2)

-> Hachem interdit aux juifs certains animaux en raison de leur statut particulier.
Alors qu'Israël est destiné à vivre au monde futur, les nations ne le mériteront pas, ainsi tout leur est permis ici-bas ...

Les nations n'étant pas destinées à vivre au monde futur, les aliments non cashère ne leur ont pas été interdits.
Par contre, les juifs ont une âme taillée à partir d'un endroit précieux sous le Trône de Gloire. Ils sont destinés à revivre à la résurrection et à hériter du monde futur.
Hachem ordonna donc qu'ils veillent à ne pas souiller leur âme pure par des aliments impurs.

Tous les aliments non cashère interdits par la Torah proviennent de l'Autre Côté (sitre a'hra) ; un esprit impur les habite.
Lorsqu'un homme consomme un aliment non cashère, il absorbe cet esprit impur (roua'h tamé) qui s'incruste en son âme.
Si son âme souillée quitte ce monde sans s'être repentie, tous ces esprits impurs s'attachent à elle. Au monde futur, elle sera donc ballottée d'un endroit à l'autre comme un objet répugnant dont personne ne veut.
L'esprit impur est attaché définitivement à l'âme sans qu'elle ne puisse s'en défaire.

[La Torah dit : "Ne souillez pas votre âme par toute créature rampante et ne devenez pas impurs car vous seriez souillés (vénitmétem – ונטמתם) par elle" (Chémini 11,43).
La guémara (Yoma 39a) enseigne : Ne lis pas "impureté" mais "occlusion" [vénitamtem – ונטמאתם], car les fautes obstruent le cœur de l’homme.]
Les aliments non cashère ferment le cœur de l'âme de l'homme qui les consomme.

Quiconque mange des aliments non cashère risque de perdre son âme pure au monde futur et d'être anéanti en Enfer (guéhinam) ...

Voici les mots de réprimande que Hachem adresse aux hommes dans le monde futur : "Regardez et réfléchissez! La punition de ceux qui n'ont pas gardé leur bouche et ont mangé des aliments interdits n'est pas simplement d'être rongés par les vers. Pire encore, leurs vers ne mourront jamais!"

Car ces gens n'ont pas vérifié les légumes et autres aliments pour s'assurer qu'ils ne contenaient pas de vers. Ils disaient : "Ne mangerons-nous pas des vers encore plus gros dans la tombe?"
Les vers de ces personnes ne mourront pas même au monde futur, ils continueront à grouiller, ne mettant ainsi jamais fin à la punition des réchaïm.
Ensuite, les fauteurs hériteront du guéhinam dont le feu ne s'éteindra jamais.

Le roi Salomon dit à leur propos : "Tous les efforts de l'homme vont à sa bouche mais son âme n'est jamais satisfaite" (Kohélét 6,7).
Un homme peut avoir peiné et travaillé dur toute sa vie mais souffrir dans le monde futur à cause des aliments interdits dont il s'est souillé.
"L'âme n'est pas satisfaite" signifie que sa punition durera éternellement car son âme ne sera pas attachée à la vie éternelle.

Ceci éclaire les paroles du midrach : dans le futur, on fera l'annonce suivante : "Quiconque n'a pas mangé d'insectes et de vers vienne recevoir sa récompense!"
Cette annonce demande explication : Pourquoi mentionner l'abstention "d'insectes et de vers", mais aucun des 613 autres commandements, tels que les tsitsit, les téfilin, ...?

En réalité, les vers, les insectes et les autres aliments interdits souillent considérablement l'âme. Ils la détruisent et la déracinent de son lien à la vie, la privant de tout espoir au monde futur.
L'âme elle-même en est anéantie.

Par contre, si une personne évite tout aliment interdit et ne souille pas son âme, elle ne perd pas la récompense de ses bonnes actions, même si elle a commis d'autres fautes.
Au monde futur, après avoir été punie pour ses fautes, elle est récompensée pour ses bonnes actions.

[Méam Loez - Chémini 11,2]

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-> "Si vous vous rendez impurs sur terre [en mangeant des aliments interdits], Je (Hachem) vous traiterai, Moi aussi, comme impurs dans le monde à venir et dans le séjour [éternel] dans l’au-delà."

[Rachi (Chémini 11,43) – citant la guémara Yoma 39a]

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-> Rabbi Its'hak dit : "Quiconque se souille par des aliments interdits est comparé à un idolâtre, ce qui est une abomination pour Hachem, or il est écrit ‘Tu ne mangeras pas toute abomination’."

Un idolâtre s’exclut de la vraie vie, quitte le domaine de la sainteté pour appartenir à un autre.
Plus encore, il est souillé dans ce monde-ci et dans le monde à venir ; non seulement cela, mais c’est la raison pour laquelle le mot "vénitmetem (vous en contracteriez la souillure - v.11, 43)" est écrit sans "aleph". [alouf aolam : le Maître du monde, l'Unique, Hachem]
[Zohar - Chemini 42a]

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-> Nous voyons aujourd'hui de nombreuses personnes emprunter de mauvaises voies et abandonner la Torah de Hachem.
Dans de nombreux cas, c'est parce qu'elles ont mangé des aliments non cachère dans leur enfance.
Nombreux sont les parents qui croient cela inoffensif tant que l'enfant n'est pas bar mitsva. Ils ne se rendent pas compte du grand danger qui résulte de la consommation d'aliments non cachère ...

Elicha ben Abouya était un très grand érudit de la Torah. Mais lorsque sa mère était enceinte de lui, elle passa devant une maison où des non-juifs faisaient cuire de la nourriture non cachère.
Elle respira cette odeur qui pénétra en elle comme le venin d'un serpent.
Plus tard, cela eut pour conséquence que son fils quittât la communauté juive et fût attiré par la faute.

Une femme doit donc veiller attentivement à la nourriture de ses enfants et ne pas considérer cela comme peu important.

[Méam Loez - Chémini 11,9-12]

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-> "Une femme qui concevra" (Tazria 12,2)

=> Ce verset (au tout début de Tazria) suit immédiatement le passage de la Torah qui traite des lois de Cacherout (fin de Chémini). Quel en est le lien?

Nos Sages (ex: Ramban) nous enseignent que : cela vient faire allusion au fait que les parents peuvent avoir une influence sur la pureté et la sainteté de leurs enfants en fonction de ce qu'ils mangent.
Des parents qui, malheureusement, ne respectent pas les lois de la Cacherout et consomment des aliments interdits, peuvent causer à leur descendance des dommages spirituels telles que par exemple la perte de la sensibilité à la sainteté et l'indifférence à la Torah.

-> Le Rama (Yoré Déa 81,7) écrit que l'on doit empêcher les enfants de consommer des aliments interdits pour éviter que leur potentiel spirituel en soit affecté [et ce alors qu'ils n'ont pas encore l'obligation d'accomplir les mitsvot].

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-> Le Ohr ha’Haïm haKadoch écrit qu’il a entendu du Arizal que parfois l’homme se transforme, et de bon devient mauvais, sans qu’on sache pour quelle raison. Lui-même s’étonne qu’on puisse se transformer ainsi.
Il estime que c’est provoqué par le fait de faire rentrer dans sa bouche des aliments interdits, qui ont une partie mauvaise.

-> De même que les aliments interdits peuvent avoir une mauvaise influence sur l’homme, les aliments cacher peuvent avoir une bonne influence, comme nous trouvons chez le non-juif Antoninus, qui étant bébé a sucé le lait de la mère de Rabbi. Les Sages ont estimé que c’était la raison pour laquelle Antoninus a fini par étudier la Torah, se convertir et se circoncire (Tossefot Avoda Zara, 10,2).

Le midrach (Tan’houma Vayéra) dit sur le verset : "Sarah a allaité des fils" que les femmes égyptiennes menaient leurs enfants chez Sarah pour qu’elle les allaite, et que tous ces bébés égyptiens ont fini par se convertir.
Il est raconté dans Pessikta Rabati (44-90) que tous ceux qui venaient se convertir et tous les convertis du monde qui craignent le Ciel descendent de ceux qui ont sucé le lait de Sarah.

-> Le Or ha’Haïm haKadoch (A'haré Mot 18,2) écrit que chez celui qui se garde des aliments interdits, le désir grandit de se rapprocher de D., de Sa Torah et de ses mitsvot, car l’aliment amplifie dans son âme et dans son cœur la lumière supérieure de la sainte Torah.

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Le Ramban (Chémini 11,13) explique que la Torah a interdit les animaux impurs parce que leur consommation fait entrer la cruauté dans le cœur.

Abrabanel écrit que la Torah a interdit les animaux qui endommagent l’âme humaine.

Le kli Yakar (Chémini 11,1) écrit : "De nombreux commentateurs ont parlé de l’interdiction de certains aliments ; certains pensent qu’il s’agit de la santé du corps et de sa guérison, car ces aliments engendrent des humeurs mauvaises, et le Ramban penche vers cet avis. Mais il n’en est pas ainsi, car tous les peuples du monde mangent de la viande d’animaux interdits ainsi que tout ce qui est impur, et ils sont forts et sains.
Il est évident que dans tout cela il ne s’agit que de la guérison de l’âme, car ces aliments souillent l’âme pure, chassent l’esprit de sainteté et de pureté de l’homme, et engendrent des obstructions du cerveau et des traits de cruauté."

Le Pri 'Hadach écrit : "Comme à notre époque on ne fait pas attention à la cacherout des aliments, la plupart des enfants s’éloignent de la Torah, il y a beaucoup d’insolents, la crainte de D. ne touche pas leur cœur, et même quand on leur fait des reproches ouverts, ils ne sont pas capables d’accepter la leçon".

Le Malbim (Vayikra 11, 43) écrit aussi : "Ne vous souillez point par elles, vous en contracteriez la souillure» signifie que ce sera la raison qui vous rendra véritablement souillés, car ils vous rendront répugnants et vous engourdiront le cœur de façon à ce que vous ne voyiez pas la lumière de la mitsva et de la Torah."

A ce sujet, le Déguel Ma’hané Ephraïm rapporte l’histoire de gens d’un certain pays qui ont demandé au Rambam pourquoi s’éveillait en eux des doutes sur des sujets concernant la foi.
Le Rambam leur a répondu : "Il est évident que votre tête s’est alourdie à cause d’aliments interdits, c’est pourquoi vous ne pouvez plus comprendre la douceur des paroles des Sages à ce propos".

Le Pri ‘Hadach explique la raison pour laquelle la Torah s’est montrée sévère sur la consommation d’insectes rampants : "La Torah s’est montrée sévère à cet égard par beaucoup d’interdictions, parce que c’est une interdiction qui se rencontre très fréquemment dans les fruits, les légumes, les légumes secs et toutes sortes d’aliments, et il est impossible de ne pas se fourvoyer si l’on n’y prête pas une attention extrême. Il faut également expliquer en public la gravité de ces interdictions, pour que tout le monde s’en écarte."

Selon le Rama miPano (Kanfei Yona), même sur les aliments non-cacher qui sont venus en bouche malgré soi, il faut se repentir.

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-> Le Séfer ha’Hinoukh enseigne l'idée que par l’intermédiaire de ce que l’homme absorbe, ils deviennent des constituants du corps, font partie de l’homme et l’accompagnent pendant toute sa vie.

C’est pourquoi il est écrit dans le Choul’han Aroukh (Yoré Déa 81, 7) qu’une femme qui allaite, même juive, si elle est obligée de manger des choses interdites parce qu’elle est malade ou pour une autre raison, n’a plus le droit d’allaiter le bébé, parce que ce lait lui ferait du mal quand il grandira et engendrerait en lui une mauvaise nature.

Cette loi qui est valeur pour tout juif, découle du fait que Moché n'a voulu allaiter qu'une femme juive. Pourquoi cela? Parce que Hachem a dit : "La bouche qui plus tard parlera avec Moi sucerait quelque chose d’impur?"
=> Comment est-il possible d’apprendre ce din de Moché pour toute la communauté d’Israël?

Rabbi Yaakov Kaminetski répond qu'on apprend de là un grand principe éducatif : il faut élever tout enfant juif de la meilleure façon possible, au point qu’il soit digne de parler avec la Présence Divine, c’est pourquoi on doit faire attention à ce qu’il ne mange que des aliments cacher dès sa toute petite enfance.

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-> b'h, par exemple également sur ce sujet :
- La cacherout : http://todahm.com/2015/02/16/la-cacherout
- Divré Torah sur Chémini 11,44, au sein de : http://todahm.com/2019/04/16/8899

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-> Il faut être très vigilant avec l'interdiction de manger des vers qui est la plus sévère de tous les commandements de la Torah.
En effet, chaque fois qu'un homme transgresse une loi de la Torah, il enfreint un commandement négatif (lav), mais par contre s'il mange un ver, il aura transgressé 5 commandements, que voici :
1°/ "Tout petit animal qui rampe sur la terre sera répugnant ; il sera pas consommé" (11,41) ;
2°/ "Tout [animal] qui rampe sur son ventre parmi tous les petits animaux qui se développent sur terre, vous ne mangerez pas" (11,42) ;
3°/ "Ne vous rendez pas abominables par tout ce qui rampe sur la terre" (11,43) ;
4°/ "Ne vous souillez pas par tout petit animal qui rampe sur la terre" (11,43) ;
5°/"Ne vous souillez pas par eux" (11,20).
[Méam Loez]

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-> Hachem a dit : "Si je n'avais fait sortir les Bné Israël d'Egypte que pour qu'ils ne se rendent pas impurs par des insectes, cela suffirait."
[Tana déRabbi Yichmaël - (rapporté par Rachi (Chémini 11,45)]

-> celui qui mange des insectes, son âme elle-même devient répugnante.
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

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-> "Je suis Hachem qui vous fais monter du pays d'Egypte » (Chémini 11,45)

Rachi explique ce verset en disant que même si Hachem avait sorti les juifs d'Egypte uniquement pour ne pas qu'ils se souillent avec des insectes, cela aurait suffi.

=> Comment comprendre cet enseignement?

Rabbi Moché Feinstein (Darach Moché) explique :
En fait, même sans la Torah, on n'aurait pas mangé d'insectes, car cela est repoussant voire même abominable.
Seulement, quand les juifs n'en mangent pas, ils ne le font pas par rapport à leur répulsion naturelle, mais essentiellement parce que la Torah l'interdit. C'est cela la grandeur de la chose.
Même des actes que l'on ne ferait jamais de par notre nature, on les respecte surtout pour réaliser la Parole Divine. Une telle attitude d'acceptation de la Volonté Divine au-delà même de notre propre volonté personnelle, est en soi une grandeur qui mérite bien qu'Hachem nous sorte d'Egypte et nous prenne comme peuple.

"Si les nations savaient quel bénéfice le Michkan (plus tard le Temple) leur apporte, elle l'entoureraient de gardes et le protégeraient pour qu'il dure à jamais."

[rabbi Yéhochoua ben Lévi - midrach]

+ Moché dit : "Cela est la chose que Hachem a ordonnée. Accomplissez-la et la gloire de Hachem se révélera à vous" (Chémini 9,6)

-> Cela est la chose que Hachem vous a ordonné = cette chose essentielle est le repentir (téchouva)!
... Purifiez votre cœur, repentez-vous et la Présence Divine reposera sur vous.
[Méam Loez]

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-> b'h, sur ce sujet : http://todahm.com/2019/07/08/9745

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-> "Cela est la chose que Hachem a ordonnée. Accomplissez-la" (Chémini 9,6)

L'expression utilisée pour dire "Cela est la chose" est l'expression : "zé hadavar" (זה הדבר), à propos de laquelle, nos Sages disent qu'il s'agit de la formule correspondant à la prophétie de Moché.
Ainsi, ces mots évoquent un niveau spirituel très haut.

Notre verset dit : "Cela est la chose que Hachem a ordonnée. Accomplissez-la" = Cela fait référence à une dimension où on accomplit les mitsvot parce que "Hachem a ordonné de (le) faire".
Ainsi, parmi toutes les intentions les plus profondes et les plus élevées dans la pratique d'une mitsva, l'intention la plus haute qu'un homme peut avoir, et à laquelle fait référence l'expression "cela est la chose" (זה הדבר) correspondant au niveau de Moché, c'est de faire la mitsva uniquement parce qu'Hachem l'a ordonné.
Le fait de se soumettre à Hachem et de réaliser Ses Ordres juste pour faire Sa Volonté, c'est cela le niveau le plus haut.

['Hidouché haRim]

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+ Moché dit : Voici la chose que Hachem a ordonnée que vous fassiez, et la gloire de Hachem se montrera à vous (Chémini 9,6)

-> Les juifs se sont approchés et se sont tenus prêts à atteindre des niveaux élevés.
Moché leur a dit : "Vous voulez des niveaux? Faites donc seulement ce qui vous incombe, à savoir chasser le mauvais penchant de votre cœur, et alors par là même "la gloire de Hachem se montrera à vous", les niveaux viendront d’eux-mêmes."
[rabbi Mendel de Kotzk]

"Toute l'assemblée s'approcha et se tint devant Hachem" (Chémini 9,5)

-> Le Ari zal avait l'habitude de dire qu'avant d'accepter sur nous la souveraineté de Hachem, on doit tout d'abord accepter sur nous la mitsva : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même".

On trouve une allusion à cela dans le verset : d'abord "Toute l'assemblée" unifiée, et c'est seulement ensuite qu'elle "s'approcha et se tint devant Hachem".

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-> Dans cette nécessité d'aimer son prochain comme soi-même, le Ari zal a institué un court passage à lire avant même de commencer notre prière du matin.
On y trouve : "Je prends sur moi de recevoir la mitsva positive d'aimer mon prochain comme moi-même, et je vais aimer tout un chacun (du peuple) d'Israël (comme moi-même) ..., et je prends sur moi de venir prier devant le Maître de tout, Hachem."
[aréni mékabel alaï mitsva assé shél véaavta léréa’ha kamo’ha …]

=> On voit le même schéma : l'amour de mon prochain est la condition préalable à pouvoir venir me rapprocher de Hachem (ici par la prière).

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+ "Toute la communauté se rapprocha et se tenait devant Hachem" (Chémini 9,5)

-> Le Rav Moché Almosnino explique ainsi le verset : "le peuple vit et se réjouit, et ils s’éloignèrent et se tinrent au loin" : Cela signifie que celui qui fait un seul pas pour s’éloigner de la Torah se tient déjà très loin d’elle.
C’est ce qui est dit : "le peuple vit" = ils ont compris et réfléchi, "et ils s’éloignèrent" = que s’ils s’éloignaient seulement, en cela ils se tiendraient déjà loin.
Dans cet ordre d’idées, il faut expliquer ici que celui qui désire se rapprocher de Hachem et Le servir doit se tenir immédiatement devant Lui. C’est cela "toute la communauté se rapprocha", et déjà "se tenait devant Hachem".

"Parlez aux enfants d'Israël, en disant : Voici les bêtes que vous pouvez mangez parmi tous les animaux de la terre." (Chémini 11,2)

-> A partir des mots : "voici les bêtes" (zot a'haya), nous apprenons que Hachem a pris chacune des espèces animales et qu'Il a montré à Moché ce qui est permis et ce qui est interdit à la consommation.

=> Pourquoi était-il nécessaire de les montrer, plutôt qu'une simple énonciation du nom des animaux cashers?

Nos Sages enseignent qu'Adam n'avait pas le droit de manger de la viande. Ce n'est qu'à l'époque de Noa'h, après le déluge, qu'elle est devenue permise à l'homme.
Pourquoi cela?

Hachem souhaite que l'homme libére les étincelles de sainteté qui sont emprisonnées dans la viande d'un animal.
Adam avait la capacité de libérer ces étincelles uniquement en nommant les animaux, et c'est pourquoi il n'avait pas besoin de les manger.
Cependant, après sa faute, le niveau spirituel d'Adam a chuté, entraînant qu'il n'avait plus la possibilité de libérer les étincelles contenues dans la matière.

Noa'h qui était un "ich tsadik", ne pouvait libérer les étincelles uniquement en mangeant les animaux. C'est pourquoi Hachem a alors rendu permise la viande pour Noa'h, ainsi que pour toutes les générations suivantes.

Si Hachem avait énoncé à Moché les noms des animaux, cela aurait certainement effectué la réparation totale de ces animaux, en libérant toutes les étincelles de sainteté qui étaient contenues en eux.
Par conséquent, puisqu'il n'y aurait alors plus d'étincelles chez les animaux, leur consommation en aurait été de nouveau interdite.

=> Pour éviter cela, D. a montré à Moché les animaux, au lieu de les énumérer.

[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - guémara 'Houlin 42a]

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-> "Voici la bête que vous mangerez" (Chémini 11,2)

Comme la pureté de la nourriture et sa cacherout font partie des choses les plus graves, celui qui les transgresse se fait du mal à lui-même, à son âme et son corps en même temps, et celui qui s’en garde sanctifie son âme et purifie ses membres.
Rabbi Moché Malka (Nétifé haMayim) dit que c'est pourquoi lorsque Moché est venu donner aux bnei Israël les mitsvot qui les concernent, il n’a pas pu se contenter d’enseignements oraux, et il leur a donné les noms des choses impures et pures comme tout le reste des mises en garde. Mais il a bien pris la peine de leur montrer chaque bête domestique et sauvage et chaque oiseau que l’on peut manger ou que l’on ne peut pas manger, pour qu’ils n’en viennent surtout pas à se tromper.

Sifra dit également sur le verset "Voici la bête que vous mangerez" : cela nous enseigne que Moché tenait la bête, la montrait aux bnei Israël et leur disait : "voici ce que vous pouvez manger et voici ce que vous ne devez pas manger", "voici ce que vous devez abhorrer et voici ce qu’il n’y a pas à abhorrer" ; "Voici ce qui est pour vous impur et voici ce qui n’est pas impur".

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"Vous ne souillerez pas vos âmes par toute créature grouillante (chéréts -שֶּׁרֶץ ) qui rampe sur la terre" (Chémini 11,44)

-> Eliyahou haNavi a demandé à Rav Néhoraï pourquoi Hachem a-t-Il créé les créatures grouillantes (les "chératsim")?

Rav Néhoraï lui expliqua qu'elles ont été créées comme défense pour le peuple juif.
En effet, lorsque quelqu'un faute, Hachem dit : "De même que les "chératsim" n'ont pas d'utilité et cependant Je subviens à leurs besoins, alors il est certain que Je me dois de soutenir une personne qui a un but/utilité."

Cependant, si les juifs mangent les "chératsim", alors les "chératsim" ont un but (servir de nourriture!).
Il en découle que les juifs perdent alors le raisonnement (kal va'homer) des "chératsim" qui permet de les sauver lorsqu'ils fautent.
=> C'est la raison pour laquelle manger des "chératsim" est si préjudiciable pour un juif.

[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - guémara Baba Métsia 61b]

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-> Hachem dit : Si Je n'avais fait "monter" le peuple d'Israël depuis l'Egypte que pour lui éviter de se rendre impur en mangeant des rampants (que consomment les autres peuples), cela aurait été une raison suffisante.
[guémara Baba Métsia 61b]

"Ceux-là vous écarterez parmi les oiseaux" (Chémini 11,13)

-> La Torah prend la peine d’énumérer tous les oiseaux interdits, car ils sont moins nombreux que les oiseaux permis, les autres étant interdits.
En revanche, en ce qui concerne les animaux, c’est l’inverse, les espèces interdites sont plus nombreuses.

En effet, les animaux proviennent de la terre, qui est ce qui a de plus matériel. De ce fait, elle produit surtout des espèces interdites.
En revanche les oiseaux émanent surtout de l’air (c’est pourquoi ils peuvent voler), qui est plus raffiné et plus pur que la terre, et c’est pourquoi, la majorité des oiseaux est autorisée.

[Kli Yakar]

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"Mais celui-ci vous ne pourrez pas" (Chémini 11,4)

-> Lorsque la Torah mentionne les animaux non cacher, elle commence par indiquer le signe qu'ils possèdent au lieu de dire simplement qu'ils ne sont pas casher à cause du signe qu'ils ne possèdent pas.
Cela suggère que la présence d'un seul signe de casherout (ruminant ou sabot fendu) est pire, car elle symbolise l'hypocrisie de certaines personnes qui tentent de faire connaître leurs rares bonnes actions ou les qualités qu'elles possèdent, au lieu de s'appliquer à se débarrasser de leurs défauts.
[Kli Yakar]

[ainsi, les mitsvot sont pour eux comme des déguisements à leur service, agissant comme des faire-valoir dans leur entourage!]

Le rabbi Nathan Scherman dit que de telles personnes agissent comme le porc qui a l'habitude de s'allonger sur le sol, pattes en avant, comme s'il voulait montrer ses sabots fendus et tromper les gens en faisant croire qu'il est casher.

[ils sont totalement dépendants du regard des autres (regardez mes beaux sabots!), oubliant que ce que désire Hachem, c'est leur cœur!]

-> Le Yashresh Yaakov fait remarquer que pour exister un bon mensonge doit forcément reposer sur de la vérité, et c'est là tout le problème avec ces animaux ne possédant qu'un seul des 2 signes. En effet, ils ont une base pour faire un beau mensonge/illusion, ce qui n'est pas le cas des animaux n'ayant aucun des signes (il n'y a alors pas à discuter!).
Par exemple, le gamal (chameau), peut être traduit par : "gomel" (celui qui accorde des bontés), alors qu'en réalité il n'en est rien.
De même le chafane (שָּׁפָן), possède les mêmes lettres que : "néfech" (l'âme), ce qui laisse penser qu'il fait preuve de gentillesse envers les âmes opprimées, mais cela n'est que de façade.
=> Ces animaux sont non seulement non-cashers par nature, mais également trompeur.

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-> Le Méam Loez (Chémini 11,4-8) écrit que ce verset fait allusion aux hommes qui paraissent très pieux mais qui en leur for intérieur sont emplis de mauvaises pensées et de méchanceté.
Ces hypocrites sont encore plus répugnants aux yeux de D. qu'un homme franchement racha.
Alors qu'un racha ne trompe personne, les hypocrites ne sont pieux qu'en apparence et dupent leurs prochains ...

Hachem désire que les hommes fassent de bonnes actions discrètement sans se vanter.
Le prophète dit : "[Hachem] dit à l'homme ce qui est bon. Que Hachem demande-t-Il? Seulement de faire la justice, d'aimer la bonté et de marcher discrètement avec ton D." (Mi'ha 6,8) ...

Si un homme dissimule ses actions louables, la bénédiction réside dans ses actes.
Si un décret est arrêté contre le monde, par exemple la mort ou la maladie, cet homme sera protégé par Hachem.
En effet, Yov dit : "Si un homme dirige sa voie avec discrétion, Hachem le protégera" (Yov 3,23).
[b'h, voir également : http://todahm.com/2014/08/07/1762 ]

Il est écrit : "C'est un jour [de châtiment] pour le D. des Armées célestes sur chaque haut lieu et sur chaque endroit élevé et bas" (Yéchayahou 2,12)
Ce verset signifie que Hachem punira 2 sortes de personnes :
1°/ celle qui s'enorgueillit publiquement ("chaque haut lieu") = elle éprouve de l'orgueil et le montre ouvertement.
2°/ Cependant, Hachem punira aussi celui qui adopte l'attitude de : "élevé et bas" = intérieurement, ces personnes sont orgueilleuses mais elle se montrent humbles comme la poussière afin de tromper autrui.
Elles veulent qu'on les prenne pour pieuses et religieuses afin de tromper et escroquer leurs semblables. Ce genre d'individus est haï de D., davantage qu'un homme franc, qui aussi mauvais à l'extérieur qu'à l'intérieur, a au moins l'avantage de ne pas duper autrui.
[...]

Il faut se méfier d'une personne qui exhibe trop sa pitié. Il est possible qu'elle agisse ainsi pour tromper ses semblables.
Hachem n'apprécie pas un tel comportement : Il veut qu'un homme observe les commandements et accomplisse des actes de piété supplémentaire ('hassidout) chez lui, là où personne ne peut le voir.
Lorsqu'il se trouve parmi d'autres, il doit agir comme ses semblables sans se distinguer.

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"Le chameau, car il rumine mais son sabot n'est pas fendu ... le chafane, car il
rumine mais son sabot n'est pas fendu ... la arnévét car elle rumine mais son sabot n'est pas fendu ... le porc car son sabot est fendu et son sabot est complètement séparé, mais il ne rumine pas sa nourriture" (Chémini 11,4-7)

-> Rabbi 'Haïm Yossef Kofman fait remarquer que la Torah expose d'abord la qualité (il rumine, sabot fendu), et seulement ensuite le défaut.
C'est une importante leçon d'éducation pour une critique constructive : il faut d'abord exprimer beaucoup de positifs, et seulement ensuite faire une petite remarque (c'est dommage, tu frôles l'excellence, il faudrait juste que tu perfectionnes cette petite chose!).
Sinon le risque est qu'autrui pour se protéger de son imperfection découverte, va se braquer et refuser de la prendre en compte, voir vouloir faire le contraire (c'est moi qui est raison! je fais ce que je veux!).

-> Le rav Israël Salanter fait remarquer que dans le texte les mots décrivant le "défaut" : "son sabot n'est pas fendu", sont écrits :
- pour le chameau au présent (oufarssa énénou mafriss) ;
- pour le chafane au futur (oufarssa lo yafriss) ;
- pour la arnévét au passé (oufarssa lo yafriss).
=> Nous devons juger autrui favorablement car nous ne connaissons pas toute l'histoire.

Rabbi Israël Salanter enseigne que la Torah nous dit en allusion qu’avant de venir donner son opinion en disant qu’Untel est impur, on doit bien réfléchir d’abord et prendre en considération non seulement le présent mais aussi le passé et l’avenir de cet homme.
Ne nous dépêchons pas de juger et de le déclarer impur, même si le passé et le présent ne sont pas ce qu’il faudrait, car peut-être y aura-t-il dans l’avenir des signes de pureté?
Ce n’est qu’après s’être assuré que ni dans l’avenir, ni dans le présent ni dans le passé on ne voit autre chose que des signes d’impureté, qu’on a le droit de dire: "Il est impur".

Rabbi Guttman dit que le Nom Divin (Tétragramme) représente la miséricorde et il renvoie à : "qui est (aya), qui a été (ové), qui sera (yiyé)", puisque Seul Hachem n'est pas limité par la notion de temps, et grâce à cela Il est infiniment miséricordieux.
Nous devons essayer de suivre le comportement de D., en se disant que puisque nous ne possédons pas tous les éléments, alors nous avons certainement une mauvaise vision de l'intégralité des choses.
Le fait de juger positivement autrui est la base de la miséricorde et de la bonté, que nous devons nous témoigner l'un l'autre.

-> On a pu voir précédemment que ce verset fait allusion aux hypocrites : ceux qui s'efforcent de dissimuler leur véritable nature, et affichant une pseudo honnêteté pour tromper leur entourage.
D'ailleurs, le midrach (Vayikra rabba 13,5) commente :
- le chameau = symbolise l'empire de Babylone "parce qu'il rumine", car il éleva Daniel à la dignité ;
- le chafane = symbolise l'empire perse "parce qu'il rumine", car il éleva Modé'haï à la dignité ;
- la arnévét = symbolise l'empire grec "parce qu'il rumine", car il honore les tsadikim : lorsque Alexandre le Grand vit apparaître Chimon haTsadik, il se leva devant lui ;
- le porc =symbolise l'empire romain "parce qu'il ne rumine pas", car il n'honore pas les tsadikim, mais au contraire il les assassine."

=> Durant leur règne respectif, chacun de ces empires s'efforça de paraître bienveillant à l'égard des juifs, alors qu'en leur for intérieur, ils ne songeaient qu'à les détruire.
Ils élevaient et exposaient des tsadikim à la dignité, qu'afin de servir leur propre intérêt.
==> La société environnante peut nous séduire par des choses qui paraissent bénéfiques/cashères (1 signe sur 2) mais sans l'accord de nos Sages, et nous devons encore plus être vigilants car cela est pire que des concepts clairement non cashers.
[on est dans un exil où le juif n'est pas détruit physiquement, mais spirituellement, en le faisant se comporter sur certains points comme les non-juifs!]

-> Le rav Yoël Schwatz fait remarquer :
- les descendants d'Essav, c'est-à-dire le monde chrétien et les tenants de la culture occidentale sont représentés par le porc.
Cet animal doté d'un sabot fendu, symbolise le progrès et l'évolution de la société. De fait, cette civilisation fait bien peu cas du passé, qu'elle relègue systématiquement au second plan (il faut vivre avec son temps!).
Ainsi, les jeunes, qui sont détenteurs du progrès, méprisent leurs aînés, incarnation d'un temps révolu et dépassé.

- à l'opposé, les descendants d'Ichmaël, c'est-à-dire la culture arabe, se glorifient essentiellement de leur passé.
[Le Yalkout Réouvéni dit que les enfants d'Ichmaël on le symbole du chameau (à l'image du chameau qui traîne sa bosse de souvenir avec lui tout le temps!)]
Les anciens ressassent sans cesse les exploits de leurs ancêtres et l'âge d'or de leur civilisation, comme au temps de Saladin.
Cette tendance est incarnée par la nature ruminante du chameau : cette culture reconnaît l'importance du passé, mais elle nie tout espoir futur, car le "pied corné" leur fait défaut.

- face à ces 2 civilisations se dresse le peuple juif, symbolisé par la brebis ("Israël est une brebis pourchassée" - Yirmiyahou 50), qui est à la fois "ruminant" = fidèle aux valeurs véhiculées par le passée ; et également le "sabot fendu" = ses yeux étant continuellement tournées vers l'avenir.
Pour les juifs, tous les événements de l'histoire sont comme d'innombrables maillons, reliant la Création du monde à la venue du machia'h.

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Nous allons voir ci-dessous, b'h, une vision 'hassidique sur ces 2 signes de casherout :
-> Le pied d'un animal est le membre le plus près de la terre. Mais lorsqu'il possède un sabot se crée alors entre lui et la terre une séparation (le mot hébreu : parsa, qui signifie "sabot, a pour racine un mot qui signifie : "séparer").
La terre symbolise ici le monde matériel, tandis que le sabot symbolise la distance qu'un juif doit installer entre lui et ses préoccupations matérielles.
Une adhésion véritable au judaïsme n'est possible qu'en réduisant un attachement excessif à la matérialité.

-> La Torah nous enseigne qu'un juif doit "ruminer" les idées qui l'entourent pour pouvoir (selon les critères de la Torah) déterminer ce qui est du domaine de la sainteté de ce qui ne l'est pas. A l'image du ruminant qui pour bien assimiler sa nourriture la régurgite plusieurs fois pour qu'elle puisse être dirigée facilement par la suite.
[il faut faire attention à l'effet de masse/mouton, l'influence extérieur (besoin d'être comme les autres), ...]

[extrait d'un divré Torah du rav Gérard Touaty]

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"Hachem parla à Moché et à Aharon pour leur dire" (Chémini 11,1)

En général, la Torah dit : "Hachem parla à Moché (et à Aharon) pour dire (lémor)".
Pourquoi ici écrit-elle : "pour leur dire (lémor aléhém)" ?

-> Ce verset introduit le passage des animaux cashers. Or, nos Sages disent sur Moché, que comme il sera amené à parler avec Hachem, il ne devait pas, même nourrisson, consommer du lait d’une égyptienne.
De même, comme tous les juifs seront amenés, dans les temps futurs, à parler avec Hachem, il convient déjà dans ce monde de se purifier et de ne pas introduire des aliments non cashers dans leur bouche.

Cela est en allusion dans ce verset :
- "Hachem parla à Moché et à Aharon" = en vue de leur transmettre les lois de casherout de sorte à ce que les juifs préservent leur bouche ;
- "pour leur dire" = pour pouvoir leur parler dans les temps futurs.

[Kedouchat Levi]

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-> "Si vous vous rendez impurs sur terre [en mangeant des aliments interdits], Je (Hachem) vous traiterai, Moi aussi, comme impurs dans le monde à venir et dans le séjour dans l’au-delà."

[Rachi (Chémini 11,43) - citant la guémara Yoma 39a]

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"Vous vous sanctifierez et vous serez saints, car Je suis saint ; et vous ne souillerez pas vos âmes par toute créature ... car Je suis saint" (Chémini 11,44)

-> Si vous faites un effort sincère pour vous sanctifier, D. vous aidera en vous protégeant contre le risque toujours présent de consommer involontairement des aliments interdits.
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

-> D., qui est Saint, désire que Son peuple accède à la sainteté et à l'éternité, en apprenant à connaître le Créateur et en suivant Ses voies, ce qui n'est possible que s'ils s'abstiennent de tout aliment interdit.
[Sforno]

-> "Hachem, l'essence de la pureté et de sainteté, est tellement repoussé par les aliments non-cashers, qu'Il prend distance avec ceux qui en consomment." [Mizra'hi al aTorah]

-> "Bien que dans ce monde l'impact négatif [de manger des aliments non-cashers] apparaît minimal, du Ciel il est considérable."
[le Maharal - sur Yoma 39a]

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-> "La Torah interdit certains aliments, car même si la médecine ne reconnaît aucun mal latent en eux, ne te questionne pas à leur sujet, car le "Médecin Fidéle" (Hachem) qui nous en a averti est de loin plus Sage que toi et qu'eux (les docteurs).
Combien idiot et insensé est celui qui pense qu'il n'y a aucun mal ou but, dans ce qu'il ne comprend pas."

[Séfer ha'Hinoukh - mitsva 73]

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-> "Vous ne rendrez pas vos personnes impures par tous ces reptiles qui se meuvent sur la terre" (v.11,44)

Le Ohr ha'Haïm haKadoch commente :
"Par le mérite de l’observance de cette mitsva, les non-juifs ne domineront pas les juifs, parce qu’ils s’appellent des reptiles qui se meuvent sur la terre.
Quand les juifs veillent à ne pas manger de nourritures interdites, aucun peuple n’a de pouvoir sur eux et ils sont vainqueurs de leurs ennemis".

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-> "Qui vous ai fait monter du pays d'Egypte" (Chémini 11,45)

Selon Rachi, le choix du terme : "aalé" (monter, litt. élever), indique que les lois de la casherout ont été données pour élever le niveau du peuple d'Israël, l'évitant de devenir impur par le biais d'aliments.

Le rabbi Nathan Scherman commente que la consommation d'aliments interdits réduit l'aptitude d'une personne à s'élever et à se sanctifier, elle souille l'âme sans qu'il soit possible de s'en rendre compte et dresse une barrière qui l'empêche de percevoir D.

D'ailleurs, le Rama (Yoré Déa 81,7) écrit que l'on doit également empêcher les enfants de consommer des aliments interdits pour éviter que leur potentiel spirituel en soit affecté [et ce alors qu'ils n'ont pas encore l'obligation d'accomplir les mitsvot!]

-> b'h, également à ce sujet : https://todahm.com/2015/02/16/la-cacherout

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-> La guémara (Béra'hot 29a) rapporte que Yo'hanan Cohen Gadol, après avoir été Cohen Gadol durant 80 années, a ensuite quitté la religion juive en devenant Sadducéen.

Le Arizal affirme que Yo'hanan a mangé des aliments qu'il n'aurait pas dû, et c'est cela qui entraîna sa chute spirituelle.

=> On apprend de là que le fait de manger non-casher cause des dommages tels, que l'on chute dans les profondeurs de l'impureté.
D'ailleurs si les juifs n'avaient pas été vigilants avec cette mitsva pendant leur esclavage en Egypte, ils auraient atteint le 50e et dernier niveau d'impureté, et n'auraient pas mérité d'être délivrés.

[le Béré'h Moché]

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+ Est-ce que si une personne se doit obligatoirement de manger de la nourriture non cachère pour des raisons de santé, cela lui cause quand même une impureté spirituelle?

-> Rav ‘Haïm Soloveitchik (cité dans Torat ‘Haïm) explique que ce n’est pas la nourriture qui entraîne un dommage spirituel, mais plutôt son interdit de la manger.
Ainsi, selon son fils, rav Yits’hak Zev Soloveitchik, une personne qui doit manger de la nourriture non cashère afin de sauver sa vie, ne sera pas négativement impactée.

-> Le ‘Hatam Sofer (Chout ‘Hatam Sofer, Ora’h ‘Haïm 1,83) et le Messé’h Hokhma (Dévarim 6,11) ne sont pas d’accord, et sont d’avis que toute nourriture non cashère a en elle des qualités spirituelles négatives qui vont automatiquement entraîner des dommages après consommation.

-> Le rav ‘Haïm Kanievsky (Or’hot Yochère 13) enseigne que s’il n’y a absolument aucun autre moyen de sauver une vie que de consommer du non-cashère, alors une personne qui en consommera sera négativement impactée, mais le mérite de la mitsva de sauver une vie va protéger cette personne de tout préjudice spirituel.