« Il [Moché] dit à Aharon : Prends pour toi un veau adulte comme offrande de faute et un bélier comme offrande d’élévation, sans défaut, et offre[-les] devant Hachem.
Et aux enfants d’Israël parle en disant : Prenez un bouc comme offrande de faute, ainsi qu’un veau et un mouton dans leur 1ere année, sans défaut, comme offrande d’élévation » (Chémini 9,2-3)

-> Le Torat Cohanim et le Targoum Yonathan enseignent qu’avant l’inauguration du Michkan, Aharon et le restant des juifs ont demandé à être pardonnés pour leur faute du « début » et leur faute de la « fin ».

Celle du « début » = c’est la faute des frères qui ont trempé la tunique de Yossef dans le sang d’un bouc (cf. Vayéchèv 37,31) => le bouc apportait par le peuple venait en expiation.

Celle de la « fin » = c’est la faute du Veau d’or, que les juifs ont crée avec l’aide de Aharon => le veau venant en expiation.

=> Pourquoi demander l’expiation de ces 2 fautes en même temps, le jour de l’inauguration du Michkan?

-> Rabbi Its’hak Danzig (le Maharid) rapporte un midrach selon lequel les frères ont vendu Yossef parce qu’ils ont vu par inspiration Divine, que Yossef allait avoir comme descendant, plusieurs siècles plus tard, un homme du nom de Yéroboam Ben Névat, qui allait instaurer un culte idolâtre et qui allait entraîner beaucoup de juifs dans l’idolâtrie.
[ce roi racha a détourné Israël du service de D., au point que les 18 rois qui lui succédèrent ont tous pratiqué l’idolâtrie en entraînant l’ensemble du peuple à les suivre]

Les frères de Yossef souhaitaient empêcher tout cela en faisant disparaître Yossef, et c’est pour cela qu’ils l’ont vendu.

Ainsi, jusqu’à la faute du Veau d’or, les tribus avaient une sorte d’excuse pour la faute de la vente de Yossef.
Mais quand le peuple fit le Veau d’or et se voua à l’idolâtrie, ils montrèrent par là que eux aussi pouvaient s’adonner à un culte idolâtre. Par cela, toute leur excuse pour avoir vendu Yossef s’effondra, car les tribus aussi allaient avoir des descendants qui firent l’idolâtrie du Veau d’or et Yossef n’était pas le seul.

=> C’est pourquoi au moment où le peuple apporta une expiation pour la faute du Veau d’or, il devait aussi apporter une expiation pour la vente de Yossef, car la faute du Veau d’or réveilla et réactualisa la faute de la vente de Yossef.

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-> Le Messé’h ‘Hochma propose une autre explication.

Le Torah évoque que les tribus haïrent Yossef car il rapportait à leur père tous les mauvais comportements qu’il voyait chez eux (cf. Vayéchev 37,2). Ainsi, leur raison était qu’il aurait dû les réprimander directement et non par le biais de leur père.

Mais, lors de la faute du Veau d’or, les enfants d’Israël tuèrent ‘Hour, le fils de Myriam, pour les avoir réprimandé. Ils montrèrent par là qu’ils ne sont pas capables d’accepter les réprimandes directement.
Par cela, toute la raison que les tribus invoquèrent pour avoir vendu Yossef s’annula, car Yossef a bien fait de craindre de les réprimander en face à face. Il préféra donc, à juste titre, passer par l’intermédiaire de son père.

=> C’est pourquoi, la faute du Veau d’or réactiva la faute de la vente de Yossef? et à présent que l’on expie la faute du veau d’or, il fallait donc aussi se racheter pour la vente de Yossef.

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-> Le Kli Yakar explique que c’est la faute de la vente de Yossef qui généra la faute du Veau d’or.

Il est écrit : »Ses frères furent jaloux de lui (de Yossef) » (Vayéchev 37,11). C’est cette jalousie qui a entraîné la vente de Yossef.
Suite à cette faute de jalousie, ce défaut s’enracina dans le cœur des juifs pour les générations futures, et c’est cette jalousie latente qui s’éveilla pour entraîner la faute du veau d’or.

En effet, beaucoup d’entre le peuple jalousait Moché, à l’instar de Kora’h et son assemblée, un peu plus tard.

Puisque dans cette génération Moché avait des jaloux, lorsque le peuple dit : « Cet homme Moché, nous ne savons pas ce qu’il est devenu de lui » (Ki Tissa 32,1), ils souhaitaient par cela se libérer de l’autorité de Moché pour « élire » ce Veau d’or à sa place
(en se faisant son propre dieu, on en vient à respecter ses propres commandements, et donc à se servir soi-même! [pourquoi c’est lui le responsable, et pas moi!]).

=> C’est donc bien la faute de la vente de Yossef qui, à travers la jalousie qu’elle imprégna dans le cœurs des juifs, provoqua la faute du veau d’or.

Le Kli Yakar poursuit son raisonnement et explique pourquoi Aharon ne devait pas, lui aussi, offrir un bouc, pour se racheter de la part de son ancêtre, Lévi, qui avait lui aussi participé à cette faute de la vente de son frère.

En effet, Aharon est caractérisé comme l’homme de la paix, comme le dit Hillel : « Sois parmi les disciples d’Aharon, en aimant la paix et en poursuivant la paix, en aimant les créatures et en les approchant à la Torah » (Pirké Avot 1,12).

Aharon a travaillé pour éradiquer la jalousie et la haine de son cœur, et pour n’y faire régner que l’amour de la paix et des hommes.
Il n’avait donc pas besoin d’offrir un bouc pour expier sa part dans la vente de Yossef, puisqu’il s’était déjà amendé pleinement de cette faute, par son travail personnel de renforcement de la paix et de l’amour des autres.

=> Puisqu’il ne lui restait plus aucune trace de ce défaut de la jalousie (racine de la vente de Yossef), il n’avait donc plus aucune raison de l’expier par l’offrande d’un bouc.

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+ Pourquoi la Torah demande-elle précisément un bouc et un veau pour expier ces fautes?

-> On a pu voir que le bouc renvoyait au bouc qui a été tué pour mettre du sang sur la tunique de Yossef, et que le veau faisait allusion au Veau d’or.

-> Rabbi Its’hak Soloveitchik apporte une autre explication.
En demandant à Aharon de lui construire un « dieu » pour remplacer Moché, le peuple avait prouvé sa trop grande dépendance vis-à-vis de son guide. Ils pensaient qu’ils ne pourraient pas subsister sans Moché ou autre chose qui prendrait sa place.

=> C’est donc un veau, un animal docilement attaché à sa mère, qui devait être apporté en sacrifice.

En revanche, en vendant Yossef, ses frères avaient fait preuve d’un esprit de rébellion et avaient refusé de s’incliner devant le choix de Yaakov qui destinait Yossef à être le chef de famille.
Ils s’étaient conduits comme un effronté, et c’est donc cet animal qu’il fallait apporter pour obtenir le pardon.

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+ « Comme offrande d’élévation (léola) » (Chémini 9,2 (pour Aharon) et aussi v.9,3 (pour le restant du peuple))

-> Un sacrifice d’élévation (korban ola) est un moyen pour élever [spirituellement] quelqu’un, comme tout autre sacrifice.

Nous apprenons de là que si une personne souhaite véritablement s’élever et se rapprocher de D. alors « offre[-les] devant Hachem » = on doit sacrifier sa propre volonté, comme nos Sages disent : « Accomplis Sa volonté comme si elle était la tienne, de sorte qu’Il accomplisse ta volonté comme si elle était la Sienne. Efface ta volonté devant la Sienne » [Pirké Avot 2,4 – Rabban Gamliel]
[Maguid de Mézéritch]

=> De nos jours où il n’y a plus le Temple/Michkan, chaque fois que nous sacrifions notre volonté pour respecter celle de Hachem, c’est comme si l’on avait apporté un korban qui nous permet de nous élever spirituellement vers D.
On ne perd pas à renoncer à notre volonté, puisqu’on y gagne une proximité, un attachement accru avec Hachem.

« Ce fut au 8e (chémini) jour » (Chémini 9,1)

Il est intéressant de constater que ce 8e jour, où fût inauguré le Michkan, possède un mélange :

-> de joie : « Le jour de l’inauguration du Michkan était aussi joyeux pour Hachem que le jour où Il a créé la terre et le Ciel. »
[guémara Méguila 10b]
D’ailleurs, la Torah utilise la même terminologie : « Et ce fut le soir et ce fut le matin ».
Dans les 2 cas, le verset commence par : « Et ce fut » (vayéhi – ויהי)

-> de souffrance. La guémara (méguila 10b) dit : « Nous savons par tradition que partout où il est écrit « vayéhi » (Et ce fut), c’est toujours l’expression d’une douleur ».

=> Comment comprendre qu’il y avait 2 sentiments opposés?

1°/ Car 2 enfants de Aharon, Nadav et Avihou, sont morts en ce jour, entraînant de la douleur chez tous les juifs qui ne comprenaient pas pourquoi un jour aussi joyeux devait comporter une si grande perte.

Selon le rav David Hoffman, cela illustre le fait que nous ne comprenons pas pourquoi Hachem agit ainsi, mais néanmoins nous devons croire d’un cœur rempli de émouna qu’il y a une raison derrière chaque chose, et que Hachem fait tout pour le bien.
[c’est la particularité de ce monde où un événement peut sembler bon ou mauvais, mais dans le monde de Vérité, nous prendrons conscience que ce n’était que bonté!
C’est également cette force du yétser ara : le doute (mélange de : Hachem est bon/miséricordieux (inauguration du Michkan, lieu de résidence de la Chékhina) et Il est également cruel/très rigoureux avec nous (mort des tsadikim Nadav et Avihou : comment des personnes aussi élevées sont mortes en voulant faire Sa volonté, à cause de détails!)]

[Rachi (10,3) : Lorsque D. applique la stricte justice même aux tsadikim, on Le craint et on Le vénère, car on dit : si tel est le sort réservé aux tsadikim, à plus forte raison le sort réservé aux réchaïm doit-il être sévère.]

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2°/ Après que les juifs aient fauté avec le Veau d’or, ils ont recherché des signes de pardon de Hachem. Ils ont donné de tout leur cœur au Michkan, et l’ont construit avec un dévouement exemplaire.
Moché les a informé qu’un signe apparaîtra du Ciel symbolisant l’acceptation par Hachem de leur téchouva.

Pendant 7 jours de suite, Moché a construit le Michkan, y a fait le service Divin, avec l’ensemble du peuple qui venait y assister, et rien ne s’est passé.
Le 8e jour (chémini) les juifs étaient déçus, à l’exception de Moché qui était plein de confiance comme au 1er jour.

[ => Vayéhi = mélange de joie liée à l’inauguration, et également de douleur, car pour le moment D. n’avait pas encore manifesté qu’Il leur pardonnait leur faute!]

Le Messekh ‘Hokhma écrit que Moché était à un niveau supérieur aux autres, et bien qu’il n’a pas vu de signe de progrès, il est resté quand même totalement confiant dans le fait que Hachem ne les laisserait pas tomber, et c’est par le mérite de sa confiance, que Moché a amené le feu du Ciel.

[v.9,24 : le feu est descendu comme un pilier du ciel vers la terre – Sifra.
Le chiffre 7 représente les 7 jours de la semaine (la naturalité de ce monde), et le 8 correspond à ce qui est au-delà. C’est cette persévérance et cette émouna surnaturelle de Moché qui a permis de créer le miracle!]

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3°/ Rabbi Binyamin Adler enseigne qu’en suspendant au 8e jour l’arrivée du feu comme signe de pardon, Hachem voulait montrer que les sacrifices (de nos jours = c’est la prière) ne sont pas une formule magique, D. désire notre cœur, et sans une connexion sincère nous ne pouvons pas pleinement susciter Son amour.

=> Hachem attend impatiemment de pouvoir nous combler de bénédictions abondantes, mais cela dépendant du cumul : action + intention.

[Ainsi, en ce 8e jour, il y avait un mélange de joie de pouvoir inaugurer le Michkan, mais également de la douleur, allusion au fait de briser totalement son cœur vers D.
Le peuple voulait tellement être pardonné pour le Veau d’or, qu’ils ont vidé toutes leurs forces à papa Hachem. Or, il est écrit : « D. est proche de tous ceux qui L’appellent, de tous ceux qui L’appellent avec sincérité » (Téhilim 145,18).

=> De même, nous devons faire attention à ce que nos prières ne soient pas routinières, un simple mouvement de nos lèvres, car sinon elles produisent beaucoup moins de résultats!]

[pendant nos prières, on doit injecter toutes nos souffrances, en vidant notre cœur à papa Hachem. Il s’y mêle la joie de s’adresser à l’Unique, à notre papa Hachem qui peut tout et qui nous aime tellement! ]

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4°/ Le Sforno enseigne qu’avant la faute du Veau d’or, chacun des juifs étaient digne de la Présence Divine.

[Par exemple, au sein des familles, chaque aîné aurait joué le rôle du Cohen, et suite au Veau d’or ce sont les Cohanim qui ont rempli ce rôle pour tous! ]

Cette faute ayant entraînée une chute désastreuse du peuple, la construction du Mickan devint nécessaire pour servir de résidence à la Présence Divine.

=> Rabbi Israël de Rizhin explique que le regret d’avoir perdu la possibilité d’une sainteté encore plus grande se mêlait à la joie de l’inauguration du Michkan.

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5°/ Vayéhi est un langage de douleur, Moché était peiné de ne pas être le Cohen Gadol (il l’a été jusqu’au 8e jour, où Aharon et ses descendants ont été nommés à ce poste : cf.v.9,1).

Puisque les juifs était des baalé téchouva (faute du Veau d’or), ils avaient besoin d’un baalé téchouva pour accomplir le Service Divin à leur place : Aharon haCohen.
[Sfat Emet]

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6°/ Aharon était si humble et modeste que le fait d’être nommé Cohen Gadol était douloureux pour lui (d’où l’utilisation du Vayéhi).
En réalité, il est plus facile pour un tsadik d’être jeté dans une fournaise ardente, que de devenir renommé comme un des grands tsadikim du peuple d’Israël!

[Rabbi Ouri de Strelisk (le Saraf)]

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7°/ La paracha Chémini (le 8e) aborde ce qui s’est passé le 8e et dernier jour de la période d’inauguration du Michkan, c’était alors Roch ‘Hodech Nissan.

Rachi rapporte que pendant chacun des 7 jours précédents, Moché construisait le Michkan, y exécutait à lui seul tout le service, puis démontait le Michkan.
A partir du 8e jour, seul les Cohanim (Aharon et ses enfants) pouvaient exécuter ce service, et c’est en ce jour que le Michkan va être édifié de façon définitive.

=> Quel était la nécessité pour Moché d’édifier, puis de démonter le Michkan à chacun des 7 jours?

Selon rabbi Barou’h Simon, cela nous enseigne la force de la téchouva.
Le midrach (Béréchit rabba 3,7) nous rapporte qu’avant de créer ce monde, Hachem a créé des mondes et les a détruit.

D. étant parfait, pourquoi devait-Il agir ainsi?
Le Noam Elimélé’h répond que c’est parce qu’Hachem voulait intégrer dans la Création le concept de regret, de tout recommencer à zéro, qui est la base de la téchouva.

D’ailleurs, selon la guémara (Pessa’him 54a), la téchouva est l’une des 7 choses qui a été créée avant même la Création de ce monde (au même titre que la Torah!).

=> Même si Hachem ne fait pas d’erreur, Il a quand même agit comme s’Il regrettait Ses actions, voulant recommencer à nouveau, et cela uniquement pour nous apprendre de ne jamais désespérer puisque nous avons la téchouva.

=> Moché a agit de la même façon pour montrer aux yeux de tous que si l’on veut mériter de voir Hachem résider parmi nous, nous devons saisir l’importance de la téchouva.
Cette capacité d’effacer le négatif, pour encore mieux générer du positif.

[on peut imaginer que le terme « vayéhi » renvoyant à une notion de douleur, fait allusion au peuple qui ayant vu pendant 7 jours Moché leur expliquer ce concept, commencer à faire une téchouva très profonde en eux-mêmes, dans la douleur d’avouer leurs fautes à Hachem.
Suite à cela (le 8e jour), la Présence Divine est venue résider dans le Michkan, et en chacun des juifs, ce qui génère la plus grande des joies!]

« Voici les créatures que vous pouvez manger parmi tous les animaux sur la terre » (Chémini 11,2)

-> Hachem interdit aux juifs certains animaux en raison de leur statut particulier.
Alors qu’Israël est destiné à vivre au monde futur, les nations ne le mériteront pas, ainsi tout leur est permis ici-bas …

Les nations n’étant pas destinées à vivre au monde futur, les aliments non cashère ne leur ont pas été interdits.
Par contre, les juifs ont une âme taillée à partir d’un endroit précieux sous le Trône de Gloire. Ils sont destinés à revivre à la résurrection et à hériter du monde futur.
Hachem ordonna donc qu’ils veillent à ne pas souiller leur âme pure par des aliments impurs.

Tous les aliments non cashère interdits par la Torah proviennent de l’Autre Côté (sitre a’hra) ; un esprit impur les habite.
Lorsqu’un homme consomme un aliment non cashère, il absorbe cet esprit impur (roua’h tamé) qui s’incruste en son âme.
Si son âme souillée quitte ce monde sans s’être repentie, tous ces esprits impurs s’attachent à elle. Au monde futur, elle sera donc ballottée d’un endroit à l’autre comme un objet répugnant dont personne ne veut.
L’esprit impur est attaché définitivement à l’âme sans qu’elle ne puisse s’en défaire.

[La Torah dit : « Ne souillez pas votre âme par toute créature rampante et ne devenez pas impurs car vous seriez souillés (vénitmétem – ונטמתם) par elle » (Chémini 11,43).
La guémara (Yoma 39a) enseigne : Ne lis pas « impureté » mais « occlusion » [vénitamtem – ונטמאתם], car les fautes obstruent le cœur de l’homme.]
Les aliments non cashère ferment le cœur de l’âme de l’homme qui les consomme.

Quiconque mange des aliments non cashère risque de perdre son âme pure au monde futur et d’être anéanti en Enfer (guéhinam) …

Voici les mots de réprimande que Hachem adresse aux hommes dans le monde futur : « Regardez et réfléchissez! La punition de ceux qui n’ont pas gardé leur bouche et ont mangé des aliments interdits n’est pas simplement d’être rongés par les vers. Pire encore, leurs vers ne mourront jamais! »

Car ces gens n’ont pas vérifié les légumes et autres aliments pour s’assurer qu’ils ne contenaient pas de vers. Ils disaient : « Ne mangerons-nous pas des vers encore plus gros dans la tombe? »
Les vers de ces personnes ne mourront pas même au monde futur, ils continueront à grouiller, ne mettant ainsi jamais fin à la punition des réchaïm.
Ensuite, les fauteurs hériteront du guéhinam dont le feu ne s’éteindra jamais.

Le roi Salomon dit à leur propos : « Tous les efforts de l’homme vont à sa bouche mais son âme n’est jamais satisfaite » (Kohélét 6,7).
Un homme peut avoir peiné et travaillé dur toute sa vie mais souffrir dans le monde futur à cause des aliments interdits dont il s’est souillé.
« L’âme n’est pas satisfaite » signifie que sa punition durera éternellement car son âme ne sera pas attachée à la vie éternelle.

Ceci éclaire les paroles du midrach : dans le futur, on fera l’annonce suivante : « Quiconque n’a pas mangé d’insectes et de vers vienne recevoir sa récompense! »
Cette annonce demande explication : Pourquoi mentionner l’abstention « d’insectes et de vers », mais aucun des 613 autres commandements, tels que les tsitsit, les téfilin, …?

En réalité, les vers, les insectes et les autres aliments interdits souillent considérablement l’âme. Ils la détruisent et la déracinent de son lien à la vie, la privant de tout espoir au monde futur.
L’âme elle-même en est anéantie.

Par contre, si une personne évite tout aliment interdit et ne souille pas son âme, elle ne perd pas la récompense de ses bonnes actions, même si elle a commis d’autres fautes.
Au monde futur, après avoir été punie pour ses fautes, elle est récompensée pour ses bonnes actions.

[Méam Loez – Chémini 11,2]

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-> « Si vous vous rendez impurs sur terre [en mangeant des aliments interdits], Je (Hachem) vous traiterai, Moi aussi, comme impurs dans le monde à venir et dans le séjour [éternel] dans l’au-delà. »

[Rachi (Chémini 11,43) – citant la guémara Yoma 39a]

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-> Nous voyons aujourd’hui de nombreuses personnes emprunter de mauvaises voies et abandonner la Torah de Hachem.
Dans de nombreux cas, c’est parce qu’elles ont mangé des aliments non cachère dans leur enfance.
Nombreux sont les parents qui croient cela inoffensif tant que l’enfant n’est pas bar mitsva. Ils ne se rendent pas compte du grand danger qui résulte de la consommation d’aliments non cachère …

Elicha ben Abouya était un très grand érudit de la Torah. Mais lorsque sa mère était enceinte de lui, elle passa devant une maison où des non-juifs faisaient cuire de la nourriture non cachère.
Elle respira cette odeur qui pénétra en elle comme le venin d’un serpent.
Plus tard, cela eut pour conséquence que son fils quittât la communauté juive et fût attiré par la faute.

Une femme doit donc veiller attentivement à la nourriture de ses enfants et ne pas considérer cela comme peu important.

[Méam Loez – Chémini 11,9-12]

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-> b’h, par exemple également sur ce sujet :
– La cacherout : https://todahm.com/2015/02/16/la-cacherout
– Divré Torah sur Chémini 11,44, au sein de : https://todahm.com/2019/04/16/8899

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-> Il faut être très vigilant avec l’interdiction de manger des vers qui est la plus sévère de tous les commandements de la Torah.
En effet, chaque fois qu’un homme transgresse une loi de la Torah, il enfreint un commandement négatif (lav), mais par contre s’il mange un ver, il aura transgressé 5 commandements, que voici :
1°/ « Tout petit animal qui rampe sur la terre sera répugnant ; il sera pas consommé » (11,41) ;
2°/ « Tout [animal] qui rampe sur son ventre parmi tous les petits animaux qui se développent sur terre, vous ne mangerez pas » (11,42) ;
3°/ « Ne vous rendez pas abominables par tout ce qui rampe sur la terre » (11,43) ;
4°/ « Ne vous souillez pas par tout petit animal qui rampe sur la terre » (11,43) ;
5°/ »Ne vous souillez pas par eux » (11,20).
[Méam Loez]

« Si les nations savaient quel bénéfice le Michkan (plus tard le Temple) leur apporte, elle l’entoureraient de gardes et le protégeraient pour qu’il dure à jamais. »

[rabbi Yéhochoua ben Lévi – midrach]

+ Moché dit : « Telle est la chose que Hachem a ordonnée. Accomplissez-la et la gloire de Hachem se révélera à vous » (Chémini 9,6)

-> Telle est la chose que Hachem vous a ordonné = cette chose essentielle est le repentir (téchouva)!
Purifiez votre cœur, repentez-vous et la Présence Divine reposera sur vous.
[Méam Loez]

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-> b’h, sur ce sujet : https://todahm.com/2019/07/08/9745

« Toute l’assemblée s’approcha et se tint devant Hachem » (Chémini 9,5)

-> Le Ari zal avait l’habitude de dire qu’avant d’accepter sur nous la souveraineté de Hachem, on doit tout d’abord accepter sur nous la mitsva : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

On trouve une allusion à cela dans le verset : d’abord « Toute l’assemblée » unifiée, et c’est seulement ensuite qu’elle « s’approcha et se tint devant Hachem ».

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-> Dans cette nécessité d’aimer son prochain comme soi-même, le Ari zal a institué un court passage à lire avant même de commencer notre prière du matin.
On y trouve : « Je prends sur moi de recevoir la mitsva positive d’aimer mon prochain comme moi-même, et je vais aimer tout un chacun (du peuple) d’Israël (comme moi-même) …, et je prends sur moi de venir prier devant le Maître de tout, Hachem. »
[aréni mékabel alaï mitsva assé shél véaavta léréa’ha kamo’ha …]

=> On voit le même schéma : l’amour de mon prochain est la condition préalable à pouvoir venir me rapprocher de Hachem (ici par la prière).

« Parlez aux enfants d’Israël, en disant : Voici les bêtes que vous pouvez mangez parmi tous les animaux de la terre. » (Chémini 11,2)

-> A partir des mots : « voici les bêtes » (zot a’haya), nous apprenons que Hachem a pris chacune des espèces animales et qu’Il a montré à Moché ce qui est permis et ce qui est interdit à la consommation.

=> Pourquoi était-il nécessaire de les montrer, plutôt qu’une simple énonciation du nom des animaux cashers?

Nos Sages enseignent qu’Adam n’avait pas le droit de manger de la viande. Ce n’est qu’à l’époque de Noa’h, après le déluge, qu’elle est devenue permise à l’homme.
Pourquoi cela?

Hachem souhaite que l’homme libére les étincelles de sainteté qui sont emprisonnées dans la viande d’un animal.
Adam avait la capacité de libérer ces étincelles uniquement en nommant les animaux, et c’est pourquoi il n’avait pas besoin de les manger.
Cependant, après sa faute, le niveau spirituel d’Adam a chuté, entraînant qu’il n’avait plus la possibilité de libérer les étincelles contenues dans la matière.

Noa’h qui était un « ich tsadik », ne pouvait libérer les étincelles uniquement en mangeant les animaux. C’est pourquoi Hachem a alors rendu permise la viande pour Noa’h, ainsi que pour toutes les générations suivantes.

Si Hachem avait énoncé à Moché les noms des animaux, cela aurait certainement effectué la réparation totale de ces animaux, en libérant toutes les étincelles de sainteté qui étaient contenues en eux.
Par conséquent, puisqu’il n’y aurait alors plus d’étincelles chez les animaux, leur consommation en aurait été de nouveau interdite.

=> Pour éviter cela, D. a montré à Moché les animaux, au lieu de les énumérer.

[Ben Ich ‘Haï – Ben Yéhoyada – guémara ‘Houlin 42a]

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« Vous ne souillerez pas vos âmes par toute créature grouillante (chéréts -שֶּׁרֶץ ) qui rampe sur la terre » (Chémini 11,44)

-> Eliyahou haNavi a demandé à Rav Néhoraï pourquoi Hachem a-t-Il créé les créatures grouillantes (les « chératsim »)?

Rav Néhoraï lui expliqua qu’elles ont été créées comme défense pour le peuple juif.
En effet, lorsque quelqu’un faute, Hachem dit : « De même que les « chératsim » n’ont pas d’utilité et cependant Je subviens à leurs besoins, alors il est certain que Je me dois de soutenir une personne qui a un but/utilité. »

Cependant, si les juifs mangent les « chératsim », alors les « chératsim » ont un but (servir de nourriture!).
Il en découle que les juifs perdent alors le raisonnement (kal va’homer) des « chératsim » qui permet de les sauver lorsqu’ils fautent.
=> C’est la raison pour laquelle manger des « chératsim » est si préjudiciable pour un juif.

[Ben Ich ‘Haï – Ben Yéhoyada – guémara Baba Métsia 61b]