Hachem se révèle à l’homme particulièrement dans l’obscurité

+ Hachem se révèle à l’homme particulièrement dans l’obscurité, d’où l’importance de Le servir dans cette circonstance :

-> "C’est dans une vision que Je me révèle à lui" (Béaaloté'ha 12,6)

-> Rabbi Yé’hezkel de Kozmir explique à partir de ce verset que c’est précisément grâce aux difficultés et aux embûches qu’un homme affronte dans son existence qu’il se rapproche le plus d’Hachem, lorsqu’il parvient à les surmonter. Le terme employé pour désigner la ‘vision’ (qui se dit en hébreu מראה - mar'a) et qui signifie aussi ‘miroir’ en est une allusion. Pour en fabriquer un, l’artisan doit prendre une vitre parfaitement transparente à travers laquelle il est possible de voir tout ce qui se déroule devant lui et y colle une feuille d’argent pur, qui la transforme en miroir. Il en ressort que le but recherché par cet artisan est atteint par une opération consistant à boucher son horizon.
Dès lors, la Torah vient suggérer que c’est en obstruant le champ de vision d’un homme (évoqué dans le verset par le mot ,מראה (mar'a) = miroir) que s’accomplit la fin du verset "Je me révèle à lui" = grâce aux difficultés et à l’obscurité, lorsqu’il ressent que tout est bouché et insoluble, l’homme mérite soudain qu’Hachem se révèle à lui.

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-> "Lorsque tu feras monter les lumières" (Béaaloté'ha 8,1)

Le midrach (Rabba 16,7) commente ce verset de la manière suivante :
Rabbi ‘Hanina enseigne : Hachem dit ‘les yeux que tu as en toi contiennent du blanc et du noir, et tu ne vois pas à travers le blanc mais à travers le noir.’
Si tes yeux qui contiennent du blanc et du noir ne te font voir qu’à travers le noir, Hachem qui n’est que lumière a-t-Il besoin de votre lumière (celle du candélabre)?

Certains Tsadikim (comme le Sifté Tsadik sur la paracha Béaaloté'ha) en tirent une leçon de vie :
on sait que les périodes de l’existence ne se ressemblent pas. Parfois, un homme ressent en lui une grande lumière, claire comme le blanc des yeux. Cela est dû au fait qu’Hachem l’éclaire de Sa propre lumière.
A ce moment-là, il mène une existence sereine, Hachem le guide tranquillement, tant spirituellement que matériellement.
En revanche, il perçoit à d’autres moments que son monde s’obscurcit entièrement comme le noir des yeux et qu’il est assailli de toute part d’épreuves interminables, dues soit à son yétser ara qui le poursuit sans cesse, soit aux vicissitudes matérielles de l’existence.
Certains se trompent et pensent que le travail accompli par l’homme et sa valeur se mesurent essentiellement lorsque Hachem l’éclaire de Sa lumière et non pas quand se côtoient la lumière et les ténèbres, et encore moins lors de l’obscurité totale.

C’est à ceux-là que Rabbi ‘Hanina vient objecter en disant : "Tu ne vois qu’à travers le noir des yeux", c’est précisément dans l’obscurité que tu verras Hachem.
Ne crois surtout pas qu’Il désire davantage les périodes lumineuses car "Hachem est tout entier lumière et il n’a pas besoin de vos lumières".
Par contre, c’est de notre travail pendant les moments obscurs dont Il a besoin (si l’on peut dire) car celui-ci, nul ange dans le Ciel ne peut l’accomplir, et il ne peut être effectué que par l’homme ici-bas.

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-> Nos Sages enseignent (midrach Kohélet rabba 2,9) : "La Torah que j’ai étudiée dans l’épreuve, c’est elle qui m’a aidé!"

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-> Le ‘Hidouché haRim (Likouté Harim Tazria) a dit un jour : "Les ‘Hassidim se considèrent souvent comme éloignés d'Hachem et leur plus grand désir consiste à vouloir ressentir une émotion et une ferveur dans le service d’Hachem.
C’est une sottise, car peut-être veut-on dans le Ciel les aider précisément dans l’obscurité!"

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
Il n’y a pas de temps plus propice et plus cher à Hachem que celui où l’homme Le sert alors qu’il se sent loin.
Plus encore, un homme doit rendre grâce à Hachem pour ces périodes ‘d’éloignement’, car le prophète a dit : "De loin, Hachem, Tu m’es apparu" (Yirmiyahou 31,2).
C’est grâce à cet éloignement que l’homme méritera une proximité encore plus grande !

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-> "Les épreuves adoucissent les fautes de l'homme (les fautes suscitant la rigueur)" [guémara Béra'hot 5a]
Le Ohr ha'Haïm ('Houkat) explique que ce sont précisément les épreuves et les difficultés qui adoucissent les rigueurs (dinim) [d'Hachem] et qui font disparaître le mal qui plane au-dessus de la tête d'une personne.

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-> "Les épreuves d'une personne sont une préparation, telles les douleurs de l'enfantement, à la joie et à la délivrance dont il a besoin.
Tu pourras me répondre que l'on n'en voit pas les conséquences immédiates. Certes, mais nous devons néanmoins être convaincus qu'il en est ainsi".
[rav Eïsik Cher, roch Yéchiva de Slabodka]

-> Le Rav Chakh a dit :
Regarde cet aliment que l'on nomme le miel, et réfléchis à cette chose merveilleuse : il est l'oeuvre des abeilles qui, par nature, ne cessent de tourmenter l'homme de toute part. Sans lui laisser de répit, elles l'accablent en volant autour de lui de tous les côtés. S'il se trouve sur leur chemin, elles sont capables de le piquer jusqu'au sang, au point de l'envoyer à l'hôpital.
Néanmoins, c'est précisément d'elles que sort le miel, l'aliment le plus doux au monde ...
Il en est de même de nos 'persécuteurs' : ce sont précisément de ceux qui nous rendent la vie si amère que sortira finalement un miel si doux au palais".

=> Cela ne concerne d'ailleurs pas seulement les persécuteurs au sens littéral du terme, mais toutes sortes de soucis et de "piqûres" qui viennent tourmenter un homme. C'est d'eux que sortira le miel qui adoucira, en fin de compte, son existence.

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-> "Les jours nuageux de la vie annoncent une averse de bénédictions d'en-Haut"
[Noda biYéhouda - rabbi Yé'hezkel Landau]

-> Selon le Noda biYéhouda, les nuages lourds sont en fait imprégnés d'une pluie bénie.
Comme le roi David l'écrit : "C’est lui [Hachem] qui couvre le ciel de nuages, prépare la pluie pour la terre, fait pousser l’herbe sur les montagnes" (Téhilim 147,8).
Nos périodes stressantes et incertaines s'avèrent souvent être des bénédictions déguisées.

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-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
Que personne ne dise jamais : "Hachem m'a abandonné".
Chacun doit au contraire avoir confiance que précisément au moment où il est dans l'épreuve, la miséricorde du Père pour son fils est encore plus grande et que plus que jamais, Il veille sur lui et est à ses côtés dans les moments difficiles.

Le Mabit (dans son Beit Elokim - chaar haTéfila - chap.1) explique ainsi le verset : "Vous servirez Hachem votre D. et Il bénira ton pain et ton eau et Je ferai disparaître la maladie de ton sein" (Michpatim 23,25) = à priori, demande-til, il faut comprendre la cause de ce changement de personne entre le début et la fin de ce verset, qui commence par la 3e personne "Il bénira" et se termine par la première personne "Je ferai disparaître la maladie".
La réponse qu'il en donne est la suivante : "On a écrit "Je ferai disparaître" et non pas "Il a fait disparaître" comme au début "Il bénira ton pain", parce que la Providence Divine d'Hachem sur Ses créatures s'exerce de manière plus particulière lorsqu'il s'agit de les délivrer d'une épreuve que lorsqu'il s'agit de leur prodiguer du bien. Dans ce dernier cas, il est en effet écrit "Hachem est bon avec tous" (Téhilim 145,9).
Par contre, lorsqu'Il doit les délivrer d'une épreuve et manifester Sa miséricorde, une providence individuelle est davantage nécessaire. C'est pour cela qu'au sujet de la bénédiction, c'est la 3e personne qui est employée, alors que pour la délivrance et la guérison des souffrances, il est dit "Je ferai disparaître", à savoir ''C'est Moi qui ferai disparaître la maladie de ton sein, de manière à ce que vous sachiez et que vous compreniez d'où proviennent l'épidémie et la maladie, car c'est Moi qui délivre et guéris tous les vivants par Ma Providence qui s'exerce sur chacun d'entre vous en particulier". "

Cela ressemble à un père de plusieurs enfants qui les aime chacun comme s'il était son fils unique, et qui se souvient d'eux constamment à égalité. Néanmoins, lorsque l'un d'entre eux doit subir une opération et qu'il se trouve sous le scalpel du chirurgien, toute son attention sera dirigée uniquement vers lui afin de lui prodiguer tout ce dont il a besoin pour guérir.
Il en est de même (si l'on peut dire) pour nous : tous les Bné Israël sont Ses fils uniques.

Cependant, lorsqu'un juif se trouve dans l'épreuve, le Créateur manifeste une attention toute particulière à son égard.
Le Tana Dé Bé Eliahou (Rabba chap.18) enseigne à ce sujet : "Béni Soit Celui dont la miséricorde pour Israël est immense et éternelle. Bien qu'ils aient fauté et que Lui soit en colère contre eux, malgré tout, Il les prend en pitié chaque jour, comme il est dit : "Je chanterai les bontés d'Hachem éternellement, je proclamai Ta foi par ma bouche" (Téhilim 89,2) et encore : "Dans toutes leurs épreuves, Il est dans l'épreuve, et Son ange est devant Lui pour les sauver" (Yéchayahou 63,9).
Hachem dit : dans chacune des épreuves d'Israël, Je suis (si on peut dire) avec eux, comme il est dit "Il est dans l'épreuve"."

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-> "Moché parla aux chefs de tribus (matot - מטות) et aux Bné Israël en disant : voici ce qu'Hachem a ordonné" (Matot 26,8)

-> Ce verset, explique le rav de Helmenik, peut être interprété allusivement afin de nous enseigner que lorsqu'un juif se voit déchoir (jeu de mots entre le terme "matot" (מטות), signifiant "les tribus" et le verbe "lin'tot" (לנטות) qui veut dire "pencher, déchoir", et également le mot "mata" (מטה) , ''en bas''), il ne devra pas s'en irriter ni en perdre sa confiance en Hachem.
Au contraire, il devra l'accepter avec amour et joie, convaincu "qu'Hachem a ordonné", que c'est précisément ce que la sagesse Divine a décrété pour lui pour son plus grand bénéfice.
Le rav de Helmenik affirme : "Celui qui agit de la sorte, je lui promets qu'il gravira les sommets de la réussite".

-> Le rav Eliyahou Lopian explique dans le même esprit la guémara (Béra'hot 59b) qui enseigne que "le tonnerre n'a été créé que pour redresser les coeurs tordus".
S'il en est ainsi, on peut, en effet, a priori, se demander pourquoi Hachem le fait retentir précisément avant la tombée de la pluie.

La réponse est que D. désire parfois prodiguer l'abondance dans le monde alors que les mérites sont insuffisants. Il fait alors retentir le tonnerre dans le but de redresser et de soumettre le coeur des hommes à leur Créateur.
De la sorte, ils deviennent aptes à recevoir la bénédiction du Ciel et méritent alors les pluies bienfaisantes.

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
Ce qui précède constitue également un enseignement : il arrive parfois qu'un homme subisse dans sa vie spirituelle ou matérielle toutes sortes ''d'éclairs et de coups de tonnerre'', provenant de l'extérieur ou de lui-même. Il devra se rappeler alors qu’ils n’ont pour but que de corriger ce qui ne va pas en lui.
Lorsqu'il redressera ce qui est tordu et affermira sa émouna, il trouvera immédiatement grâce aux yeux d'Hachem et méritera ainsi d'être délivré de ses épreuves.

Hachem trône dans les cieux, mais néanmoins : "Il scrute par les fentes et veille à travers les fenêtres" (Chir Hachirim 2,9) sur le monde entier et Il dirige toutes Ses créatures par les fils de Sa bonté.
Même lorsque le regard humain ne peut le discerner, en tant que 'croyants fils de croyants', nous savons que tout est dirigé par une providence individuelle s’appliquant à chaque instant, pour notre bénéfice, et que rien n'est le fruit du hasard.
Aucun événement ne se produit sans raison et tout est scrupuleusement calculé.

"Or, le jour où l’on eut érigé le Michkan" (Béaaloté'ha 9,15)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
De ce verset, Abayé (dans la guémara Shvouot 15b) apprend qu’on ne montait pas le Michkan la nuit mais seulement le jour.
La raison en est que le Mishkan représente une proximité ultime entre Hachem et le peuple d’Israel, et cette proximité ne peut se construire que le jour, car la nuit et l’obscurité représente l’exil et l’emprise des forces du mal tandis que le jour représente la lumière de la guéoula.
Ce verset vient donc aussi nous enseigner de ne pas essayer de provoquer les événements et d’essayer de reconstruire le Temple pendant l’obscurité de l’exil, mais d’attendre la venue de machia'h et la lumière de la guéoula, là où il sera enfin possible de retrouver cette proximité avec Hachem que l’on a eu grâce aux 2 Temples et le Michkan. Très rapidement b'h. Amen!

"Le peuple sortit ramasser (la manne)" (Béaaloté'ha 11,8)

-> Un jour, le 'Hafets 'Haïm demanda à un disciple : "Nos Sages enseignent que la manne pouvait avoir tous les goûts. Quand un homme pensait à un certain goût, on pouvait ressentir ce goût dans la manne. Mais si un homme ne pensait à rien de particulier, dans ce cas la manne prenait quel goût?"
Le 'Hafets 'Haïm n'attendit pas la réponse et poursuivit de lui-même : "Si on ne pensait à aucun goût, alors la manne n'avait aucun goût. Et sais-tu pourquoi? Parce que la manne était une nourriture spirituelle, qui descendait du ciel. Et dans le spirituel, on ne peut ressentir du goût que si on met de la pensée. Ainsi, celui qui étudie la Torah, prie ou encore fait des mitsvot sans concentration et sans penser à ce qu'il fait, il n'en ressentira aucun "goût". Mais plus il mettra de la pensée et de la ferveur, et plus il en sentira le goût".

Parfois des gens accomplissent toutes les mitsvot sans ressentir de goût. Ils peuvent même avoir l'impression que la Torah est une contrainte et non un plaisir. La raison est qu'ils ne mettent pas de pensée dans ce qu'ils font.
Mais quand on sert Hachem avec conscience, alors on en ressentira une joie et un plaisir intense.

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-> Le midrach (Chir Hachirim (966 Yalkout Chimoni) enseigne : "la manne était bonne pour le Klal Israël, ils en recevaient largement et ils pouvaient y trouver 546 goûts différents, valeur numérique du mot matoq (doux). Comme cela est écrit dans le Chir Hachirim : "oupir'yo matok lé'hiki" (son fruit était doux à mon palais)".

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-> Le Chav Chematata (dans son introduction) explique que la manne avait comme particularité de pousser un homme vers la Torah et les mitsvot comme l'écrit le Beit Yossef (dans son Séfer Maguid Mecharim).
Le Midrach Yalkout Réouvéni (Béchalla'h) rapporte que l'ange qui distribuait la manne était l'ange chargé de l'étude la Torah, ce qui confirme que la manne poussait ceux qui la consommaient vers l'étude de la Torah.
Inversement, la manne privait des taavot (désirs) vers la matière et vers ce monde-ci car un désir pour la Torah ne peut pas se maintenir chez une personne qui éprouve un désir pour la matière ; et l'apparition d'un désir pour l'un implique forcément la disparition d'un désir pour l'autre.
Il en ressort que ceux qui mangeaient tout le temps la manne et ne consommaient pas d'autres aliments (viandes ou autres aliments qu'ils possédaient [dont ceux achetés à des marchands non-juifs]) voyaient se développer en eux une forte volonté vers l'étude et un dégoût de la matière, vu que la manne les privait de taava (désir).

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-> "Le peuple alla déambuler, ils récoltèrent (la manne), la moulurent dans la meule ou la pilèrent au pilon et la cuisirent au four ... et son goût était comme celui des beignets à l’huile" (Béaaloté'ha 11,8)

-> Le Zohar (2, 62b-63a) commente en disant "Maï Chatou? Chétouta Havou Nasbé Lagavmayou Béguine Dé Lo Havou Bné Mnéémouta" = ce qui signifie que parmi les Bné Israël se trouvaient des gens de cette génération qui choisirent d’aller dans la voie de la stupidité. Et en quoi consistait-elle?
En cela qu’ils "la moulurent, la pilèrent et la cuisirent".
Cela, affirme le Zohar, fut provoqué par leur manque de émouna. En d’autres termes, si leur foi avait été suffisamment solide, ils auraient été convaincus que leur nourriture allait parvenir jusqu’à leur bouche, prête à être consommée sans qu’ils aient à se fatiguer autant à la moudre et à la piler.

-> Par ailleurs, le même Zohar enseigne que la manne répandait un parfum de paradis parce qu’en tombant du ciel, elle traversait le Gan Eden.
De même, certains parmi les Bné Israël en ressentaient tous les goûts les plus exquis du monde.
Cependant, le méritaient que ceux qui ne faisaient pas d’efforts outre mesure pour la consommer. Par contre, ceux qui la moulaient à la meule n’en sentaient que le goût mentionné dans le verset "comme celui des beignets au miel", et pas plus.

=> Il en ressort qu’à cause de son inquiétude due à son manque de émouna, l’homme, loin de gagner quoi que ce soit, finit même par s’occasionner une perte.

"Le peuple murmura des mauvaises paroles" (Béahaloté'ha 11,1)

-> Rachi explique que quand le peuple quitta le mont Sinaï pour se diriger vers la terre sainte, Hachem leur fit parcourir en un jour un chemin de trois jours, ce qui les épuisa. C'est de cela que le peuple s'est plaint.

=> Pourquoi Hachem a-t-Il eu besoin de les fatiguer de la sorte ?

-> Nos Sages disent que la terre sainte s'acquiert par des épreuves. L'homme doit surmonter des difficultés pour
la mériter. Cela est la raison profonde pour laquelle le peuple d'Israël a dû passer 40 ans à tourner dans le
désert avant d'entrer en terre sainte.
Le 'Hidouché haRim ajoute qu'au départ, Hachem souhaita leur simplifier cette difficulté en leur octroyant une épreuve plus légère. C'est pourquoi, Il les fit parcourir en un seul jour une distance de 3 jours. Cette fatigue allait servir à constituer cette fameuse épreuve. Le projet était qu'ensuite, ils puissent y entrer immédiatement.
Mais le peuple, fatigué par la route, commença à murmurer contre Hachem et se plaindre de cette épreuve. Par cela, ils trébuchèrent. L'épreuve n'a pas été surmontée.
Dès lors, ils ne pouvaient plus entrer immédiatement en terre sainte, car ils n'ont pas surmonté l'épreuve nécessaire pour la mériter. Il s'en suit la faute des explorateurs et le séjour de 40 ans dans le désert.

A présent, ils devaient traverser des difficultés plus dures et longues. C'est ainsi qu'Hachem procède. Quand Il compte envoyer une épreuve ou une souffrance à l'homme du fait d'une faute commise par exemple, Il opte d'abord pour une épreuve relativement légère. Mais si l'homme se plaint et ne la surmonte pas, alors il devient nécessaire de passer à une épreuve plus lourde.
Cette idée doit nous accompagner pour nous aider à nous réjouir des petites épreuves, en sachant que celles-ci viennent peut-être nous sauver de plus lourdes, et que dans Sa grande Bonté, Hachem commence d'abord par envoyer une épreuve plus légère. Ne nous plaignons pas et remercions Hachem pour celle-ci, car Il cherche à nous épargner des épreuves plus difficiles qu'on se sera soi-même envoyé pour ne pas avoir surmonté la plus simple, alors que c'était en fait une Bonté d'Hachem.
[rapporté par le rav Mikaël Mouyal]

"L'homme Moché était extrêmement humble, plus que tout homme sur la face de la terre!" (Béahaloté'ha 12,3)

-> Une des explications de nos sages est que :
Lorsque Moché est monté au Ciel, et qu'il a passé 40 jours consécutifs pour recevoir les Tables de la Loi, il a pu être témoin de la réalité d'en-Haut.
Il s'est rendu compte d'à quel point Hachem aime infiniment chaque juif, même le plus grand des racha.
[bien qu'un juif est un fils d'Hachem, l'amour de D. envers nous est d'une intensité infiniment plus grande que celle d'un parent envers son enfant!]
Il a pu voir combien Hachem est attentif et miséricordieux envers chaque juif.
Même si le plus grand racha (juif) souffre, D. souffre également avec lui!

Moché a été témoin d'à quel point Hachem se réjouit et apprécie chaque mot de prière, de chaque mot de Torah, de chaque mitsva réalisée (même la plus simple), de chaque bonne pensée, de chaque joie de faire sa volonté, ...
Moché a vu combien chaque juif par son bon comportement peut donner de la grandeur à Hachem dans le monde d'en-bas et ceux d'en-Haut.

Les juifs sont comparés aux étoiles, car de loin elles ne sont qu'un point négligeable, un point de rien du tout, mais plus on s'en rapproche, plus on réalise qu'elles sont en réalité énormes, grandioses!

On peut rapporter la guémara (Pessa'him 50a) :
Rav Yossef, fils de rabbi Yéhochoua ben Lévi, tomba malade dans un état comateux, puis reprit conscience.
Il répondit à son père qui lui demandait ce qu'il avait vu : "J'ai vu un monde à l'envers : les gens importants (notables et riches) ici-bas (mais peu appréciés aux yeux d'Hachem) sont insignifiants dans le monde d'en-haut"
Son père lui lui dit alors : "Mon fils, c'est un monde ordonné (clair) que tu as vu!"

=> Dans ce monde, les juifs sont considérés (plus ou moins consciemment) comme des : "Sales juifs!", mais en réalité aux yeux de Hachem ils ont une valeur phénoménale.
"L'homme Moché était extrêmement humble" = lorsqu'au Ciel Moché a pris conscience de la véritable échelle de valeur de ce monde, il a pris conscience d'à quel point chaque juif (même s'il fait les pires choses) a une valeur intrinsèque phénoménale, il restera toujours l'enfant adoré de son papa Hachem, le Roi des rois.
Plus Moché a intégré le fait que tout juif est très très très grand, plus l'orgueil naturelle de son égo (son "moi je") s'est réduit à néant, faisant que son humilité a été extrême!

[il est écrit ensuite dans ce verset : "plus que tout homme sur la face de la terre" = car au Ciel (les anges et autres créatures célestes) ont conscience de cette réalité, d'à quel point tout juif est toujours immensément grand et adoré par Hachem.
Dans ce monde, c'est une des grandes armes du yétser ara (libre arbitre oblige), car moins l'on s'accorde de la valeur spirituelle, moins on agit avec grandeur en désirant exploitant le plus possible nos sublimes potentialités!
Le plus on apprécie, on se réjouit, de la beauté d'être juif, le plus on pourra vivre en tant que juif!]

"La manne était comme de la graine de coriandre" (Béaaloté'ha 11,7)

- La manne = cela représente la parnassa d'une personne ;
- "kézéra gad" (était comme de la graine de coriandre" - כִּזְרַע גַּד) = elle est comme la quantité de "gad" (ג"ד) : le gomél dalim (גומל דלים) : la bonté que l'on fait au pauvre.
Car lorsque quelqu'un a de la compassion [pour autrui], alors il reçoit de la compassion d'en-Haut.
[Dégél Ma'hané Efraïm]

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-> "[Hachem dit : ] S'ils ouvrent leurs mains et font des actes de tsédaka et de 'hessed, alors Je vais également ouvrir Mes mains ... et les couvrir de Mes bons trésors"
[Ramban - Chémot 3,14]

"Myriam fut mise en quarantaine à l'extérieur du camp durant 7 jours, et le peuple ne se mit pas en route jusqu'à ce que Myriam fût ramenée" (Béaaloté'ha 12,15)

-> A la fin de notre paracha, Myriam prononce des paroles quelque peu péjoratives sur Moché. Suite à cela, elle est atteinte de tsaraat (sorte de lèpre) et de ce fait, est renvoyée du camp. Mais, la Torah précise que "le peuple n'a pas voyagé jusqu'à ce que Myriam revienne". Tout le peuple attendit que Myriam guérisse, soit purifiée et réintègre le camp, pour reprendre leur marche.
Rachi explique que cet honneur qu'Hachem lui témoigna venait pour la récompenser pour le court moment où elle surveilla son frère Moché quand, à sa naissance, il fut déposé sur le Nil (dans le panier). Pour cette bonne action qu'elle fit pendant ce court moment, elle mérita que tout le peuple l'attende pendant 7 jours.

=> On voit de là combien Hachem récompense toute bonne action. Rien n'est perdu!
Seulement, on peut se demander pourquoi la récompense pour ce bon comportement revint à Myriam à ce moment-là précisément (où elle est puni pendant 7 jours par de la tsaraat), plus de 80 ans après sa réalisation?
Hachem n'a-t-Il pas trouvé une autre occasion plus tôt pour la récompenser pour ce bien?

En fait, il est dit dans les Téhilim : "Ta Bonté est (grande) comme de hautes montagnes et Ta Justice est (profonde) comme une l'importante abîme".
Ce verset fait état de 2 comportements d'Hachem dans le monde : l'attribut de bonté et l'attribut de justice.
En général, on pense que ces 2 attributs s'appliquent à des moments différents. Parfois c'est la bonté qui intervient, et parfois c'est la justice. Mais, en réalité, la vérité est qu'ils s'appliquent en même temps. Hachem organise les événements de sorte que Sa Bonté intervienne au sein même de Sa Rigueur.
Ainsi par exemple, la Torah relate que Yossef fut vendu à des Yichmaélim qui transportaient dans leur caravane de bons parfums. Nos Sages s'en étonnent car d'ordinaire, ils transportaient du pétrole. Seulement, au moment même où la sévérité frappait Yossef, qui venait d'être vendu en esclave par ses propres frères, Hachem voulait lui témoigner un signe de Bonté. Il envoya donc cette caravane qui, contrairement à l'habitude, transportait ce jour là des parfums, pour ne pas que Yossef ne sente la mauvaise odeur du pétrole.

Car tel est le Comportement d'Hachem. Au moment où Il frappe, en même temps Il introduit Sa Bonté dans la rigueur même. Quand une personne souffre, dans sa détresse même, Hachem lui envoie aussi des signes de bonté et de bienveillance.
Telle est la Voie d'Hachem en ce qui concerne la sévérité.
Certes, on peut comprendre simplement la raison de cette Attitude. Hachem, Qui est Bon et ne cherche que le Bien, même si parfois Il sait qu'il faut être sévère, Il cherche en même temps à soulager et à réconforter ceux qui souffrent pour ne pas être que dur. Cela est un signe de la Bienveillance Divine.

Mais en réalité, il y a une raison encore plus profonde à ce Comportement Divin.
En effet, toute souffrance est envoyée par Hachem à l'homme du fait de ses fautes. Certes, parfois Hachem use de sévérité et punit une personne très durement pour une faute qui peut nous sembler en soi insignifiante. Mais malgré tout, le principe que nos Sages nous révèlent est qu'"il n'y a pas de souffrance sans faute".
Or, quand un individu commet une faute, il transgresse la Volonté Divine. Par cela, il serait logique de penser qu'il éveille la Colère d'Hachem, voire même Son inimitié.
Rappelons qu'Hachem est, en Lui-Même, bien au-delà de ces sentiments, mais Il a choisi de se comporter avec le monde à la manière des comportements humains. Et en cela, la faute d'un homme devrait entraîner une sorte de ''rancune'', si l'on peut ainsi s'exprimer, vis à vis de cet homme.
Seulement, un jugement qui serait rendu avec des sentiments de haine ne peut être un jugement authentique, car il risquerait d'être trop dur du fait de ces sentiments qui s'en mêleraient.
C'est pourquoi, au moment où Hachem souhaite juger une personne et la sanctionner du fait d'une faute, alors Il éveille un amour très puissant vis-à-vis de cette personne pour que Son Jugement ne soit aucunement influencé par une quelconque rancœur.
C'est pourquoi, au moment où Sa Rigueur s'applique, en même temps Hachem éveille la Bonté, car cette Bonté est la condition même de la possibilité d'appliquer la Rigueur.
C'est uniquement parce qu'à ce moment même la Bonté Divine est dans toute sa force, qu'il est possible d'appliquer la Rigueur.

Ainsi, nos Sages enseignent qu'au moment de la destruction du Temple, les Chérubins qui s'y trouvaient s'enlaçaient.
En général, quand les juifs fautaient, les chérubins se tournaient le dos. Et là, au moment de la sévère punition de la destruction, non seulement les Chérubins ne se tournaient pas le dos, mais en plus ils s'enlaçaient.
La raison de cela est qu'au moment où Hachem frappe Son Peuple, Il pose la condition même que pour que cette punition soit possible, Il doit s'emplir d'amour pour lui.
En cela, la Justice Divine diffère grandement de la justice humaine, où le juge tranche l'affaire qui lui est présentée, sans rappeler à ce moment la grandeur et les louanges de la personne jugée.
Mais, comme cela a été dit, un jugement ne peut vraiment être authentique que s'il n'est influencé par aucun sentiment négatif. Et pour ce faire, il est nécessaire d'éveiller l'amour et la bonté, au moment même de la rigueur.
Cela est le sens du verset : "Les Jugements d'Hachem sont Vérité, ils sont justes ensembles" = c'est seulement des jugements qui sont ''justes ensembles'', c'est-à-dire où l'on éveille la bonté en même temps que la rigueur et où ces 2 attributs se trouvent réunis ''ensembles'', seuls de tels jugements peuvent être des jugements de vérité. Et ce comportement là est celui d'Hachem.
Ce sont "les Jugements d'Hachem". Jamais l'ampleur du reproche ne cache et ne camoufle les mérites de la personne.

Dans cette perspective, on comprend bien pourquoi c'est au moment même où Hachem sanctionna Myriam, qu'Il choisit de la récompenser grandement pour sa bonne action d'avoir surveillé Moché quand il fut déposé sur le Nil.

Nous pouvons retirer de tout cela (au moins) 3 enseignements :
1°/ Nous devons nous impressionner de la Grande Bonté Divine et de la Perfection de Sa Justice, Lui Qui sait éveiller le Bien et récompenser l'individu même dans les moments de sévérité.
2°/ Nous devons aussi nous habituer à distinguer le positif dans nos vies même dans les moments difficiles. Car même alors, Hachem prodigue à Ses créatures de grands biens.
A nous de les voir et de ne pas se contenter de nous lamenter sur le négatif en occultant totalement le positif.
Par cela, nous augmenterons notre amour pour Hachem, Qui s'occupe de nous et veille à notre bien-être même dans les durs moments. Même là, Il entoure l'homme de Sa Bienveillance.
3°/ Enfin, comme le dit la Torah : "Tu marcheras dans Ses Voies", nous devons imiter les Voies d'Hachem. Ainsi, même quand il faut réprimander quelqu'un ou le sanctionner, rappelons-nous de ses mérites et n'oublions pas de voir ses côtés positifs.
Nous aussi, nous devons nous emplir d'amour pour autrui et le couvrir de respect et de bienveillance, même (voire surtout) quand il faut sévir.
Même dans la colère, n'oublions pas l'amour!

Source : basé sur le 'Hokhmat 'Haïm.

"L’homme Moché était très humble" (Béaaloté'ha 12,3)

-> Rabbi Daniel Plavni (dans son Pniné Daniel) donne l’allusion suivante :
Moché, qui était le symbole de la modestie, avait en lui tout ce que renferme le mot : "humilité" (anava - ענוה), c’est-à-dire :
- Ayin (ע - valeur numérique 70) : les 70 aspects de la Torah ;
- Noun (נ - valeur numérique 50) : les 50 portes de la sagesse ;
- vav (ו - valeur numérique 6) : les 6 ordres de la Michna, qui sont la Torah orale ;
- Hé (ה - valeur numérique 5) : les 5 livres de la Torah, qui sont la Torah écrite.

"Pourquoi serions-nous privés d’offrir le sacrifice de Hachem en son temps?" (Béaaloté'ha 9,7)

-> Le ‘Hidouché haRim s’étonne :
Hachem ne tient pas rigueur dans un cas de force majeure, or quelqu’un d’impur est dispensé par la loi, alors pourquoi y aurait-il lieu de se plaindre? Il n’y a pas ici de privation mais d’exemption.

Il explique : Ces hommes aspiraient tant à offrir le sacrifice de Pessa’h que par la force de ce désir, ils ont attiré une nouvelle mitsva, Pessa’h Chéni.
Comme ils ont crié du plus profond du cœur : "Pourquoi serions-nous privés", par leurs cris ils ont ouvert une nouvelle porte, par l’intermédiaire de laquelle la lumière de la sainteté s’est étendue jusqu’à Pessa’h Chéni.

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[cela illustre la puissance folle d'une prière de tout notre cœur.
Rabbi Na'hman de Breslev disait : "Il faut 'vaincre' D. par la prière. C'est ce qu'il attend de nous ... Priez. Priez. Priez encore, car c'est la meilleure façon d'obtenir ce dont vous avez besoin.")

"Aharon balancera les lévi'im" (Béaaloté'ha 8,11)

=> Rabbi Yéhouda a demandé à Rabbi Abba : pourquoi le cohen balance-t-il les lévi'im?

Il lui a répondu : A quoi est-ce que cela ressemble? A un bébé quand il pleure et se met en colère, que fait-on pour l’apaiser?
Rabbi Yéhouda lui a dit : on le balance et on le berce pour qu’il se taise.

Rabbi Abba lui a dit : Yéhouda, tu as trouvé cette explication et tu ne l’as pas examinée? Que tes oreilles entendent ce que dit ta bouche, ainsi la mida de la justice se met en colère ... c’est pourquoi le cohen, qui représente le ‘hessed d’en-haut, balance le côté des lévi'im qui représentent la mida de la justice ... afin qu’elle ne s’éveille pas dans le monde.
[Zohar]