« Ainsi fit Aharon » (Béaaloté’ha 8,3)

Rachi commente : c’est l’éloge de Aharon qui n’a rien changé [à l’ordre reçu relatif à l’allumage et à l’entretien des lumières de la Ménora].

=> Pourquoi pourrions-nous penser que Aharon aurait modifié l’ordre reçu?

Le rav Shloime Halberstam répond que les flammes que Aharon allumait sur la Ménora représentent les âmes du peuple juif. En enflammant ces âmes, Aharon témoignait de son amour envers chaque juif, en les ramenant plus proche du Service de leur père au Ciel (avi’hem chébachamaïm).

A cet égard, Aharon travaillait d’une manière parfaitement égale pour chaque membre du peuple juif, ne témoignant d’aucun favoritisme ou d’un amour supplémentaire qu’à celui de ses propres enfants.

=> C’est cela toute la profondeur de l’éloge de Aharon : « il n’a rien changé ».

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-> Dans la bénédiction : « sim shalom » de la Amida, il est écrit : « Une loi (Torat) de vie, l’amour de la vertu, et de la justice, la bénédiction, la miséricorde, la vie, et la paix. » (torat ‘haïm, véaavat ‘héssed, vétsédakat, vébéra’ha, véra’hamim, vé’haïm, véshalom).

Ces 7 formulations correspondent aux 7 flammes de la Ménora qui dispensaient la lumière Divine au peuple juif et à tout l’univers.
[Kohélét Its’hak – Béaaloté’ha]

« Moché dit : 600 000 hommes à pied, c’est le peuple au milieu duquel je suis » (Béaaloté’ha 11,21)

-> Le midrach nous rapporte que lorsque Pharaon a décrété que les bébés juifs devaient être jetés dans le Nil, les mères juives les ont alors cachés dans leur sous-sol/cave afin que les égyptiens ne puissent pas les retrouver.
Cependant afin de les débusquer, les égyptiens amenaient leurs propres bébés dans les maisons juives, et les faisaient pleurer, ce qui entraînait les bébés juifs à pleurer également.
C’est alors que les égyptiens prenaient les enfants juifs et les noyaient dans le Nil.

Rav Lévi affirme que 600 000 enfants ont été ainsi jetés dans le fleuve, et cela a poussé Moché à déclarer : « 600 000 hommes à pied, c’est le peuple au milieu duquel je suis », et pour chacune de ces 600 000 personnes, un enfant a été jeté dans le fleuve.

-> Le rav Shimshon d’Ostropoli écrit à ce sujet :
En réalité, chacun de ces 600 000 enfants a vécu pendant encore 80 années.
En effet, à la place d’être noyés dans le Nil, ils se sont parfaitement développés dans le fleuve, comme le font les poissons.

Ce miracle a été révélé au grand jour, lorsque les juifs ont traversé la mer Rouge, puisque à ce moment ces enfants qui ont été transportés par les courants d’eau, sont sortis vivant de la mer.
=> Ainsi en plus des miracles sublimes liés à l’ouverture de la mer Rouge, il y a également eu des retrouvailles de chaque juif avec son enfant perdu (persuadé à tord d’être mort noyé!).

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-> Lorsque le machia’h arrivera, il se produira la même chose (ceux qui seront morts reviendront), comme le prophète Mala’hi (3,24) l’écrit : « Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, et le cœur des enfants à leurs pères ».

« Moché entendit le peuple pleurer pour ses familles » (Béaaloté’ha 11,10)

-> Selon nos Sages, si une personne meurt sans avoir fait téchouva, alors Hachem prend son âme et l’a fait se réincarner sous la forme d’un animal casher.
Par la suite, lorsqu’il sera égorgé par une bonne ché’hita, cela va permettre à cette âme de recevoir une expiation totale.

-> Le ‘Hatam Sofer nous enseigne :
Pendant la 9e plaie, celle de l’obscurité, nos Sages nous rapportent que les 4/5e des juifs sont morts en raison d’un manque de croyance totale en la délivrance imminente, promise par Hachem.

Ces âmes ont toutes été placées dans les corps des animaux que les juifs ont pu prendre avec eux, lorsqu’ils ont quitté l’Egypte.

Par la suite dans le désert, lorsque les juifs se sont plaints et ont demandé de la viande (à la place de la manne), Moché qui accorde toujours le bénéfice du doute, a compris de leur demande désespérée que ce qu’ils voulaient véritablement, c’était de pouvoir égorger leurs animaux afin de libérer les âmes des nombreux juifs qui avaient pu périr durant la plaie de l’obscurité, juste avant la sortie d’Egypte.

Ainsi, le verset ci-dessus : « Moché entendit le peuple pleurer pour ses familles » = Moché croyait que les juifs pleuraient pour une indignation bien fondée : ils désiraient véritablement pouvoir aider les âmes perdues de leurs proches, et la manière d’y procéder était en consommant leurs animaux.
C’est pour cela qu’ils pleuraient et demandaient de la viande. [certes la manne c’est super, mais comment pouvons-nous la manger sans s’occuper de nos frères juifs « prisonniers » dans nos animaux!]

Malheureusement, ce n’était pas les intentions véritables des juifs, et Hachem, dans Sa sagesse infinie, était capable de le discerner.
Il savait que leurs intentions n’avaient rien d’honorable, qu’ils voulaient manger de la viande uniquement afin de satisfaire leurs désirs personnels.
C’est pourquoi il est écrit dans la suite de ce verset : « la colère de Hachem s’enflamma grandement, et aux yeux de Moché, c’était mal ».

« La nuée s’éloigna d’au-dessus de la Tente, et voici que Myriam était affectée d’une tsaraat comme de la neige. Aharon se tourna vers Myriam et voici, elle était affectée de tsaraat. » (Béahaloté’ha 12,10)

-> La guémara (Shabbath 97a) dit à ce sujet :
Rabbi Akiva enseigne que puisque le verset dit : « la colère de Hachem s’enflamma contre eux (Myriam et Aharon) » (v.12,9), cela signifie que Aharon a également été touché par la tsaraat.

Rabbi Yéhouda ben Bétéra a dit à Rabbi Akiva : « Que cela soit correct ou non, tu devras en rendre des comptes.
En effet, si cela est vrai que Aharon a été touché par la tsaraat, la Torah nous a caché ce fait. Pourquoi alors le révéler?
Si cela n’est pas vrai, tu est coupable de répandre de fausses rumeurs au sujet du tsadik Aharon. »

La guémara apporte ensuite une béraïta qui est d’accord avec Rabbi Akiva : Aharon a également été atteint par de la tsaraat.

=> Pourquoi la Torah nous cache ce fait?

b’h, Nous allons voir quelques réflexions sur ce sujet.

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-> Myriam a été atteinte de tsaraat car c’est elle qui a commencé à faire la critique de Moché.

Rachi (v.12,1) fait remarquer que si elle a été punie alors qu’elle n’avait nullement l’intention de rabaisser Moché, à plus forte raison doit-on faire attention de ne pas médire son prochain.

-> « Nous voyons ici la sévérité de la faute du lachon ara. Regarde ce qui est arrivée à Myrian la prophétesse qui a parlé « légèrement » (des paroles en apparence insignifiantes) à l’encontre de son frère, Moché. »
[le Chla haKadoch]

-> Le midrach (Yalkout Chimoni 741) rapporte que lorsque Aharon observait Myriam, la tsaraat se développait ; et lorsqu’il se regardait lui-même, la tsaraat le quittait.

Selon le Sifté Cohen, c’est parce que Myriam a initié le lachon ara, causant Aharon de fauter avec elle.

Le midrach haGadol de dire : « Lorsque Hachem s’est mis en colère contre eux : Myriam et Aharon ont été atteint par de la tsaraat, cependant Aharon en a été guéri … Myriam est celle qui a commencé à parler, et ainsi elle est celle dont la Torah met l’accent ».

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-> Aharon a été un métsora (suite à sa tsaraat) pour un très court instant et il a immédiatement été guéri.
Aharon aurait réellement dû être métsora comme l’a été Myriam, mais puisqu’il représentait la Kéhouna, il a été guéri tout de suite.
[Emek Anétsiv]

-> Il n’est pas convenable que le Cohen gadol soit atteint par la tsaraat.
[le Rokéa’h]

[Il en a été épargné en raison de sa position]

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-> Myriam était bouleversée et le sang s’écoulait de son corps en raison de sa grande souffrance.
[Haémek Davar]

-> Selon le Baal Chem Tov, si une personne voit son prochain fauter, le fait qu’elle en est témoin montre qu’elle a un lien avec lui.
Lorsque Aharon a vu que Myriam avait de la tsaraat, il s’est souvenu de sa part dans la faute, et il en a été angoissé.

Le midrach (הבאור) dit en ce sens que si Aharon avait la tsaraat, il ne pouvait pas amener les sacrifices sur le mizbéa’h.
A la place, la vision de sa sœur atteinte par la tsaraat, va lui servir de réprimande.

Aharon avait tellement d’amour pour son prochain, qu’il ressentait l’état et la souffrance qu’avait sa sœur comme si lui-même était dans cette situation.

Puisqu’il ressentait exactement la même douleur, il n’était pas nécessaire qu’il en soit atteint.

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-> Seulement un Cohen peut déclarer une tsaraat pure ou impure.
Cependant, un Cohen ne peut pas examiner la tsaraat d’un membre proche de sa famille. Or, les seuls Cohanim étaient : Aharon et ses fils.
Ainsi, comment Myriam est-elle devenue pure ou impure?

Hachem Lui-même a déclaré sa tsaraat impure (tamé), et plus tard, c’est Lui qui l’a déclaré pure (tahor).

[le Sifri]

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-> Le midrach (Bamidbar rabba 17,4) enseigne que lorsqu’une personne faute et mérite la tsaraat, elle va d’abord avoir de la tsaraat sur sa maison.
Si elle ne fait pas téchouva, la tsaraat viendra sur ses vêtements.
Si elle ne fait toujours pas téchouva, son corps en sera alors atteint.

=> Pourquoi Myriam a-t-elle été directement atteinte sur son corps?

Nos Sages enseignent que lorsque Hachem veut amener des souffrances sur un tsadik, pour des raisons connues par Lui seul, il doit y avoir une petite trace de faute.

C’est pourquoi, Hachem prépare pour le tsadik une « faute légère » et cela donne de la force à l’attribut de justice. En conséquence, le tsadik recevra les souffrances que Hachem souhaite lui donner.

Ainsi, la cause des souffrances n’est pas réellement la faute, mais une raison connue uniquement par Hachem.
La faute n’est qu’une « excuse ».

Myriam a fait une « faute légère », qui a donné à l’attribut de justice le pouvoir de la frapper par de la tsaraat sur son corps, une punition difficile, [dont la raison est] connue uniquement par Hachem.

[le Divré Yoël]

-> La Torah a dissimulé la tsaraat de Aharon afin de nous faire savoir que les raisons profondes des actions de Hachem nous sont cachées.
Au final, tout ce qu’Il fait est forcément pour le bien.

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« Voici que Myriam fut lépreuse comme la neige. Aharon se tourna vers Myriam, et voici qu’elle était lépreuse » (Béaaloté’ha 12,10)

Pourquoi répéter à 2 reprises que Myriam était lépreuse? Et pourquoi la 2e fois, il n’est pas dit : « comme la neige »?

En réalité, un tsadik a la capacité d’apporter la guérison juste en regardant la personne. Ainsi, Aharon aussi aurait pu guérir Myriam par son regard.
Cependant, Aharon n’a pas réussi à le faire, car lui aussi avait une part, avec Myriam, dans cette médisance qu’ils prononcèrent sur Moché. Mais malgré tout, il réussit à atténuer la blancheur de la lèpre.
Au début, après avoir médis sur Moché, « Myriam fut lépreuse comme la la neige », mais quand « Aharon se tourna vers Myriam » et la regarda, sa lèpre se réduisit, « et voici qu’elle était lépreuse », mais plus comme la blancheur de la neige.

[Ra Sar Shalom de Belz)

« Aharon dit à Moché : « Je t’en prie, mon seigneur, ne nous impute pas dans une faute, car nous avons été sots et nous avons fauté. » (Béahaloté’ha 12,11)

-> La paracha Béahaloté’ha se termine par l’incident de Myriam parlant du lachon ara sur Moché, lorsqu’elle a découvert qu’il s’était séparé de sa femme.

-> « [Hachem dit : ] De bouche à bouche Je lui parle, dans une claire vision et non avec des énigmes, et l’image de Hachem, il contemple [une vision par derrière – Rachi] » (Béahaloté’ha 12,8)

Les commentaires de Rachi sont très intéressants :
-> « Je [Hachem] lui ai dit de se séparer de sa femme. »

– « Vous auriez dû respecter Mon serviteur même si ce n’avait pas été Moché, et Moché même s’il n’avait pas été Mon serviteur, et ce d’autant plus qu’il est « Mon » serviteur.
Car « le serviteur d’un roi est roi lui-même » (Chevou’oth 47b).
Vous auriez dû vous dire que l’amour que lui porte le roi n’est pas sans fondement (Midrach Tan’houma).
Et si vous dites que Je ne sais pas ce qu’il fait, vous commettez une faute encore plus grave (Sifri). »

-> Le Or ha’Haïm haKadoch (v.12,11) explique que Aharon a pris conscience qu’il y avait 2 aspects dans leur faute :

1°/ le fait d’avoir dit du lachon ara en critiquant le comportement de Moché ;

2°/ la folie de comparer leur niveau de prophétie avec celui de Moché.
Pour Aharon cela est encore plus grave que le lachon ara qu’ils ont pu dire.

-> Le rav Avraham Pam dit que de là on apprend la gravité de se considérer comme capable d’argumenter avec les décisions des géants en Torah.

Il ne faut même pas que l’idée de remettre en question les paroles des Sages de notre génération puisse traverser notre esprit.
Nous nous devons de toujours suivre leurs décisions, sans jamais chercher à les contredire, car c’est ainsi que le peuple juif peut être assuré d’être entre de bonnes mains.

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-> Le rav Chlomo Auerbach, qui était un des géants de sa génération a dit que le rav Chakh était un des 36 tsadik cachés sur lequel le monde tient.

Comment pouvait-il être caractérisé de « caché » alors que tout le monde religieux le connaissait très bien?

Rav Auerbach disait que les impressionnantes connaissances qu’on avait conscience de lui (par ses très nombreux cours en publics), n’étaient en réalité qu’une infime partie de sa sagesse.
C’est pourquoi il était bien un « tsadik caché ».

Nous ne voyons qu’une partie émergée des géants de notre génération (que nous avons déjà du mal à appréhender de notre niveau), et comme les iceberg la quasi-totalité se trouve enfouie.
=> Ainsi, comment pouvons-nous oser remettre en question leurs décisions?

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-> Le Rambam (Hilkhot Yessodé haTorah 7,6) décrit les différences entre la prophétie de Moché et celle des autres prophètes.

Moché était réveillé et debout lorsqu’il recevait la prophétie, tandis que les autres prophètes la recevaient dans un rêve, dans une vision ou une transe.

Hachem parlait à Moché comme « un homme parle avec son ami » ; tandis que les autres avaient la visite d’un ange leur rapportant les paroles sous forme énigmatique à interpréter.

Les prophètes devaient se préparer spirituellement, et pendant la révélation ils étaient dans un état de terreur, tandis que Moché était toujours prêt pour la recevoir, et cela a nécessité de se séparer de sa femme.

« Lorsque l’Arche voyageait, Moché disait : « Lève-toi Hachem, et que Tes ennemis se dispersent, que ceux qui Te haïssent fuient devant Toi ».
Et lorsqu’elle faisait halte, il disait : « Réside sereinement, ô Hachem, parmi les myriades des milliers d’Israël ». « 
(Béahaloté’ha 10,35-36)

-> Rachi fait remarquer que dans le Séfer Torah, ces 2 versets sont encadrés, de part et d’autre d’un noun (נ) renversé, indiquant qu’ils ne sont pas à leur place.
Ils ont été insérés ici pour ne pas évoquer l’une à la suite de l’autre, 3 fautes consécutives dont les juifs se sont rendus coupables.

-> Selon la guémara (Shabbath 115b-116a), ces symboles avant et après nous enseignent que ces 2 versets sont un livre (Séfer) à part entière.
Ainsi, la Torah est composée de 7 livres : Béréchit, Chémot, Vayikra, Bamidbar jusqu’à ces versets, ces versets, le restant de Bamidbar, et Dévarim.

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-> Le peuple juif serait allé directement en terre d’Israël, s’il n’avait pas fauté dans le désert.

La largeur du Jourdain, qui est la frontière de la terre d’Israël, était de 50 amot.
La Torah a inversé ici les noun (lettre ayant une valeur de 50) pour nous dire que le peuple juif a fauté et ne passera pas le Jourdain, qui avait une largeur de 50 amot.

[le Rokéa’h]

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-> Les 1eres lettres de chacun des versets du Téhilim 145 (Achré) suivent l’ordre de l’alphabet.
La seule lettre qui manque est le « noun » (נ), car elle représente : la chute (néfila – נפילה).
Le roi David ne voulait pas parler de la chute et des fautes du peuple juif.

Selon le Zohar (se basant sur Chir haChirim 2,9), Hachem est comparé à une biche.
De même qu’une biche regarde en arrière lorsqu’elle est en fuite, de même Hachem « tourne toujours sa tête » en arrière vers nous, et ce même lorsqu’il semble qu’Il s’enfuit de nous.

La Torah a inversé ici les noun pour nous apprendre cette leçon : même lorsque nous chutons et que Hachem nous quitte, Il nous « regarde toujours ».

[le Tiféret Yonathan]

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-> La lettre noun (נ) n’est pas présente dans le Achré, car elle représente la chute du peuple juif.
La lettre samé’h (ס) représente le soutien de Hachem lorsqu’une personne tombe, comme le verset du Achré le dit : « Hachem soutient tous ceux qui tombent » (somé’h Hachem lékol anoflim – Téhilim 145,14).

Le mot : נס (miracle – néss) est composé de ces 2 lettres, indiquant qu’après une chute du peuple juif, Hachem apporte son soutien, et c’est en cela que consiste un miracle.

[Bné Yissa’har – Nissan 1,8]

Par l’utilisation de cette lettre, la Torah nous demande de ne pas déprimer après une faute.
Certes, nous avons fauté (noun), mais Hachem vient immédiatement nous relever (samé’h), à la condition que nous désirons aller de l’avant (les 2 versets entre les noun parlent des mouvements à faire en fonction de la Torah : avancer (mitsva de faire) et s’arrêter (mitsva de ne pas faire)).

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-> On a vu que la lettre noun renvoie à la notion de chute (néfila) [suite à une faute].
Le fait que ce passage est entouré de 2 noun tournés/inversés, nous enseigne qu’après une chute non désirée, il faut tout faire pour la tourner à notre avantage : par la téchouva, en apprenant de nos erreurs, …

[Un tsadik n’est pas celui qui ne tombe pas, c’est celui qui se relève et qui va de l’avant plus fort]

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-> Ces versets abordent le fait que lorsque l’Arche (Aron) devait partir, Moché lui disait de se mettre en marche, et lorsqu’elle devait s’arrêter, Moché le lui demandait.

Nous savons que l’Arche ne bougeait pas selon l’ordre de Moché, mais selon celui de Hachem.
Ainsi, l’adhésion de Moché à la volonté de D. fut si entière que ses propres désirs convergeaient totalement avec ceux de D.

De plus, à chaque mouvement de l’Arche, il faisait une prière pour que la présence divine soit toujours intensément perçue par le peuple.

=> Par ces 2 versets qui sont le 5e Séfer de la Torah, nous voyons à quel point un homme doit s’identifier totalement avec la volonté de Hachem.
Nous devons calquer les mouvements de notre vie sur ceux de l’Arche, symbole de la Torah.

[inspiré de paroles du rav Chimchon Raphaël Hirsch]

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-> Ces 2 versets ont été placés là entre 2 fautes.
La 1ere est pour le fait que les juifs ont quitté [avec empressement] le mont Sinaï, se détournant de la présence divine ; la 2e porte sur les récriminations qui ont suivi (car en s’enfonçant dans le désert immense et sauvage, le peuple s’interrogea alors sur ses moyens de survie). [guémara Shabbath 116a]

Tout de suite après, il y a une 3e faute qui porte sur l’insatisfaction du peuple pour la manne.

Pourquoi est-ce que la séparation est-elle entre la 1ere et la 2e faute?

La 2e et 3e faute ont résulté de la 1ere : le fait de se détourner de Hachem et de Sa Torah.
La Torah nous protège de la faute.
Celui qui est totalement plongé dans la Torah ne veut rien d’autre que la Torah.
Le peuple juif ne s’est plaint de sa situation uniquement parce qu’il n’était pas plongé dans la Torah.

Dans la Torah, il y a une séparation après la 1ere faute pour nous enseigner que le fait de se détourner de la Torah est la racine de toute cause nous poussant à fauter.

[Ben Ich ‘Haï – Ben Yéhoyada – Shabbath 116a]

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+ « Ils parcourent de la montagne de Hachem » (Béahaloté’ha 10,33)

-> Selon le Ramban, les juifs ont quitté le mont Sinaï à la manière d’un enfant qui quitte l’école après une longue journée de cours.
Ils sont partis avec précipitation, avant que Hachem ne change d’avis et ne leur donne de nouveaux commandements.
C’est ce comportement qui a été la base de l’errance dans le désert.
Le Ramban d’ajouter : « Peut-être que s’il n’y avait pas [cette attitude], ils seraient entrés directement en terre d’Israël ».

Les juifs auraient dû quitter le Sinaï avec des regrets, avec tristesse de partir de l’endroit où ils ont vécu une telle union avec Hachem.

-> Après la traversée de la mer Rouge : « Moché fit décamper Israël » (Béchala’h 15,22)
Rachi de commenter : « Il les a forcés à partir, car les égyptiens avaient orné leurs cheveux de parures d’or et d’argent et de pierres précieuses, et les enfants d’Israël s’affairaient à les extraire de la mer … le butin de la mer a été plus important que celui d’Egypte … voilà pourquoi il (Moché) a dû les faire partir contre leur gré. »

L’Alter de Slabodka (Ohr haTsafoun) enseigne qu’ils ne voulaient pas quitter car ils accomplissaient la volonté de Hachem en collectant des richesses.

=> Si le fait de quitter d’immenses richesses matérielles a été si difficile, combien à plus forte raison le fait de quitter le mont Sinaï, source d’immenses richesses spirituelles.

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-> « Cette voix, c’est la voix de Yaakov, mais ces mais sont les mains d’Essav » (Toldot 27,22)

Nous avons besoin du son de la Torah (kol Yaakov) afin d’être à l’écart des attaques d’Essav (yédé Essav), qui n’attendent que le moment où l’on abandonne la Torah.

-> « Le puits était vide, il n’y avait pas d’eau » (Vayéchev 37,24)

Selon Rachi : « Il n’y avait certes pas d’eau, mais il y avait des serpents et des scorpions ».
Le Gaon de Vilna explique que lorsqu’il n’y a pas d’eau (qui est une référence à la Torah), alors il y a des serpents et des scorpions, c’est-à-dire des punitions et la mort.

=> On comprend pourquoi contrairement aux autres fautes, il n’est pas décrit de punition pour cette faute d’être parti précipitamment du mont Sinaï.
En effet, tout abandon de la Torah entraîne naturellement des conséquences néfastes, c’est un règle établie par Hachem.

[l’inverse est vrai : toute étude de la Torah amène des torrents de bénédictions!]

« En tout ennemi d’Israël, il y a un ennemi du Créateur de l’univers »

[Rachi – Béahaloté’ha 10,35]