« La nuée s’éloigna d’au-dessus de la Tente, et voici que Myriam était affectée d’une tsaraat comme de la neige. Aharon se tourna vers Myriam et voici, elle était affectée de tsaraat. » (Béahaloté’ha 12,10)

-> La guémara (Shabbath 97a) dit à ce sujet :
Rabbi Akiva enseigne que puisque le verset dit : « la colère de Hachem s’enflamma contre eux (Myriam et Aharon) » (v.12,9), cela signifie que Aharon a également été touché par la tsaraat.

Rabbi Yéhouda ben Bétéra a dit à Rabbi Akiva : « Que cela soit correct ou non, tu devras en rendre des comptes.
En effet, si cela est vrai que Aharon a été touché par la tsaraat, la Torah nous a caché ce fait. Pourquoi alors le révéler?
Si cela n’est pas vrai, tu est coupable de répandre de fausses rumeurs au sujet du tsadik Aharon. »

La guémara apporte ensuite une béraïta qui est d’accord avec Rabbi Akiva : Aharon a également été atteint par de la tsaraat.

=> Pourquoi la Torah nous cache ce fait?

b’h, Nous allons voir quelques réflexions sur ce sujet.

<—————–>

-> Myriam a été atteinte de tsaraat car c’est elle qui a commencé à faire la critique de Moché.

Rachi (v.12,1) fait remarquer que si elle a été punie alors qu’elle n’avait nullement l’intention de rabaisser Moché, à plus forte raison doit-on faire attention de ne pas médire son prochain.

-> « Nous voyons ici la sévérité de la faute du lachon ara. Regarde ce qui est arrivée à Myrian la prophétesse qui a parlé « légèrement » (des paroles en apparence insignifiantes) à l’encontre de son frère, Moché. »
[le Chla haKadoch]

-> Le midrach (Yalkout Chimoni 741) rapporte que lorsque Aharon observait Myriam, la tsaraat se développait ; et lorsqu’il se regardait lui-même, la tsaraat le quittait.

Selon le Sifté Cohen, c’est parce que Myriam a initié le lachon ara, causant Aharon de fauter avec elle.

Le midrach haGadol de dire : « Lorsque Hachem s’est mis en colère contre eux : Myriam et Aharon ont été atteint par de la tsaraat, cependant Aharon en a été guéri … Myriam est celle qui a commencé à parler, et ainsi elle est celle dont la Torah met l’accent ».

<—————–>

-> Aharon a été un métsora (suite à sa tsaraat) pour un très court instant et il a immédiatement été guéri.
Aharon aurait réellement dû être métsora comme l’a été Myriam, mais puisqu’il représentait la Kéhouna, il a été guéri tout de suite.
[Emek Anétsiv]

-> Il n’est pas convenable que le Cohen gadol soit atteint par la tsaraat.
[le Rokéa’h]

[Il en a été épargné en raison de sa position]

<—————–>

-> Myriam était bouleversée et le sang s’écoulait de son corps en raison de sa grande souffrance.
[Haémek Davar]

-> Selon le Baal Chem Tov, si une personne voit son prochain fauter, le fait qu’elle en est témoin montre qu’elle a un lien avec lui.
Lorsque Aharon a vu que Myriam avait de la tsaraat, il s’est souvenu de sa part dans la faute, et il en a été angoissé.

Le midrach (הבאור) dit en ce sens que si Aharon avait la tsaraat, il ne pouvait pas amener les sacrifices sur le mizbéa’h.
A la place, la vision de sa sœur atteinte par la tsaraat, va lui servir de réprimande.

Aharon avait tellement d’amour pour son prochain, qu’il ressentait l’état et la souffrance qu’avait sa sœur comme si lui-même était dans cette situation.

Puisqu’il ressentait exactement la même douleur, il n’était pas nécessaire qu’il en soit atteint.

<—————–>

-> Seulement un Cohen peut déclarer une tsaraat pure ou impure.
Cependant, un Cohen ne peut pas examiner la tsaraat d’un membre proche de sa famille. Or, les seuls Cohanim étaient : Aharon et ses fils.
Ainsi, comment Myriam est-elle devenue pure ou impure?

Hachem Lui-même a déclaré sa tsaraat impure (tamé), et plus tard, c’est Lui qui l’a déclaré pure (tahor).

[le Sifri]

<—————–>

-> Le midrach (Bamidbar rabba 17,4) enseigne que lorsqu’une personne faute et mérite la tsaraat, elle va d’abord avoir de la tsaraat sur sa maison.
Si elle ne fait pas téchouva, la tsaraat viendra sur ses vêtements.
Si elle ne fait toujours pas téchouva, son corps en sera alors atteint.

=> Pourquoi Myriam a-t-elle été directement atteinte sur son corps?

Nos Sages enseignent que lorsque Hachem veut amener des souffrances sur un tsadik, pour des raisons connues par Lui seul, il doit y avoir une petite trace de faute.

C’est pourquoi, Hachem prépare pour le tsadik une « faute légère » et cela donne de la force à l’attribut de justice. En conséquence, le tsadik recevra les souffrances que Hachem souhaite lui donner.

Ainsi, la cause des souffrances n’est pas réellement la faute, mais une raison connue uniquement par Hachem.
La faute n’est qu’une « excuse ».

Myriam a fait une « faute légère », qui a donné à l’attribut de justice le pouvoir de la frapper par de la tsaraat sur son corps, une punition difficile, [dont la raison est]connue uniquement par Hachem.

[le Divré Yoël]

-> La Torah a dissimulé la tsaraat de Aharon afin de nous faire savoir que les raisons profondes des actions de Hachem nous sont cachées.
Au final, tout ce qu’Il fait est forcément pour le bien.

« Aharon dit à Moché : « Je t’en prie, mon seigneur, ne nous impute pas dans une faute, car nous avons été sots et nous avons fauté. » (Béahaloté’ha 12,11)

-> La paracha Béahaloté’ha se termine par l’incident de Myriam parlant du lachon ara sur Moché, lorsqu’elle a découvert qu’il s’était séparé de sa femme.

-> « [Hachem dit : ] De bouche à bouche Je lui parle, dans une claire vision et non avec des énigmes, et l’image de Hachem, il contemple [une vision par derrière – Rachi] » (Béahaloté’ha 12,8)

Les commentaires de Rachi sont très intéressants :
-> « Je [Hachem] lui ai dit de se séparer de sa femme. »

– « Vous auriez dû respecter Mon serviteur même si ce n’avait pas été Moché, et Moché même s’il n’avait pas été Mon serviteur, et ce d’autant plus qu’il est « Mon » serviteur.
Car « le serviteur d’un roi est roi lui-même » (Chevou’oth 47b).
Vous auriez dû vous dire que l’amour que lui porte le roi n’est pas sans fondement (Midrach Tan’houma).
Et si vous dites que Je ne sais pas ce qu’il fait, vous commettez une faute encore plus grave (Sifri). »

-> Le Or ha’Haïm haKadoch (v.12,11) explique que Aharon a pris conscience qu’il y avait 2 aspects dans leur faute :

1°/ le fait d’avoir dit du lachon ara en critiquant le comportement de Moché ;

2°/ la folie de comparer leur niveau de prophétie avec celui de Moché.
Pour Aharon cela est encore plus grave que le lachon ara qu’ils ont pu dire.

-> Le rav Avraham Pam dit que de là on apprend la gravité de se considérer comme capable d’argumenter avec les décisions des géants en Torah.

Il ne faut même pas que l’idée de remettre en question les paroles des Sages de notre génération puisse traverser notre esprit.
Nous nous devons de toujours suivre leurs décisions, sans jamais chercher à les contredire, car c’est ainsi que le peuple juif peut être assuré d’être entre de bonnes mains.

<———————–>

-> Le rav Chlomo Auerbach, qui était un des géants de sa génération a dit que le rav Chakh était un des 36 tsadik cachés sur lequel le monde tient.

Comment pouvait-il être caractérisé de « caché » alors que tout le monde religieux le connaissait très bien?

Rav Auerbach disait que les impressionnantes connaissances qu’on avait conscience de lui (par ses très nombreux cours en publics), n’étaient en réalité qu’une infime partie de sa sagesse.
C’est pourquoi il était bien un « tsadik caché ».

Nous ne voyons qu’une partie émergée des géants de notre génération (que nous avons déjà du mal à appréhender de notre niveau), et comme les iceberg la quasi-totalité se trouve enfouie.
=> Ainsi, comment pouvons-nous oser remettre en question leurs décisions?

<——————————–>

-> Le Rambam (Hilkhot Yessodé haTorah 7,6) décrit les différences entre la prophétie de Moché et celle des autres prophètes.

Moché était réveillé et debout lorsqu’il recevait la prophétie, tandis que les autres prophètes la recevaient dans un rêve, dans une vision ou une transe.

Hachem parlait à Moché comme « un homme parle avec son ami » ; tandis que les autres avaient la visite d’un ange leur rapportant les paroles sous forme énigmatique à interpréter.

Les prophètes devaient se préparer spirituellement, et pendant la révélation ils étaient dans un état de terreur, tandis que Moché était toujours prêt pour la recevoir, et cela a nécessité de se séparer de sa femme.

« Lorsque l’Arche voyageait, Moché disait : « Lève-toi Hachem, et que Tes ennemis se dispersent, que ceux qui Te haïssent fuient devant Toi ».
Et lorsqu’elle faisait halte, il disait : « Réside sereinement, ô Hachem, parmi les myriades des milliers d’Israël ». « 
(Béahaloté’ha 10,35-36)

-> Rachi fait remarquer que dans le Séfer Torah, ces 2 versets sont encadrés, de part et d’autre d’un noun (נ) renversé, indiquant qu’ils ne sont pas à leur place.
Ils ont été insérés ici pour ne pas évoquer l’une à la suite de l’autre, 3 fautes consécutives dont les juifs se sont rendus coupables.

-> Selon la guémara (Shabbath 115b-116a), ces symboles avant et après nous enseignent que ces 2 versets sont un livre (Séfer) à part entière.
Ainsi, la Torah est composée de 7 livres : Béréchit, Chémot, Vayikra, Bamidbar jusqu’à ces versets, ces versets, le restant de Bamidbar, et Dévarim.

<——————->

-> Le peuple juif serait allé directement en terre d’Israël, s’il n’avait pas fauté dans le désert.

La largeur du Jourdain, qui est la frontière de la terre d’Israël, était de 50 amot.
La Torah a inversé ici les noun (lettre ayant une valeur de 50) pour nous dire que le peuple juif a fauté et ne passera pas le Jourdain, qui avait une largeur de 50 amot.

[le Rokéa’h]

<——————->

-> Les 1eres lettres de chacun des versets du Téhilim 145 (Achré) suivent l’ordre de l’alphabet.
La seule lettre qui manque est le « noun » (נ), car elle représente : la chute (néfila – נפילה).
Le roi David ne voulait pas parler de la chute et des fautes du peuple juif.

Selon le Zohar (se basant sur Chir haChirim 2,9), Hachem est comparé à une biche.
De même qu’une biche regarde en arrière lorsqu’elle est en fuite, de même Hachem « tourne toujours sa tête » en arrière vers nous, et ce même lorsqu’il semble qu’Il s’enfuit de nous.

La Torah a inversé ici les noun pour nous apprendre cette leçon : même lorsque nous chutons et que Hachem nous quitte, Il nous « regarde toujours ».

[le Tiféret Yonathan]

<——————->

-> La lettre noun (נ) n’est pas présente dans le Achré, car elle représente la chute du peuple juif.
La lettre samé’h (ס) représente le soutien de Hachem lorsqu’une personne tombe, comme le verset du Achré le dit : « Hachem soutient tous ceux qui tombent » (somé’h Hachem lékol anoflim – Téhilim 145,14).

Le mot : נס (miracle – néss) est composé de ces 2 lettres, indiquant qu’après une chute du peuple juif, Hachem apporte son soutien, et c’est en cela que consiste un miracle.

[Bné Yissa’har – Nissan 1,8]

Par l’utilisation de cette lettre, la Torah nous demande de ne pas déprimer après une faute.
Certes, nous avons fauté (noun), mais Hachem vient immédiatement nous relever (samé’h), à la condition que nous désirons aller de l’avant (les 2 versets entre les noun parlent des mouvements à faire en fonction de la Torah : avancer (mitsva de faire) et s’arrêter (mitsva de ne pas faire)).

<——————->

-> On a vu que la lettre noun renvoie à la notion de chute (néfila) [suite à une faute].
Le fait que ce passage est entouré de 2 noun tournés/inversés, nous enseigne qu’après une chute non désirée, il faut tout faire pour la tourner à notre avantage : par la téchouva, en apprenant de nos erreurs, …

[Un tsadik n’est pas celui qui ne tombe pas, c’est celui qui se relève et qui va de l’avant plus fort]

<——————->

-> Ces versets abordent le fait que lorsque l’Arche (Aron) devait partir, Moché lui disait de se mettre en marche, et lorsqu’elle devait s’arrêter, Moché le lui demandait.

Nous savons que l’Arche ne bougeait pas selon l’ordre de Moché, mais selon celui de Hachem.
Ainsi, l’adhésion de Moché à la volonté de D. fut si entière que ses propres désirs convergeaient totalement avec ceux de D.

De plus, à chaque mouvement de l’Arche, il faisait une prière pour que la présence divine soit toujours intensément perçue par le peuple.

=> Par ces 2 versets qui sont le 5e Séfer de la Torah, nous voyons à quel point un homme doit s’identifier totalement avec la volonté de Hachem.
Nous devons calquer les mouvements de notre vie sur ceux de l’Arche, symbole de la Torah.

[inspiré de paroles du rav Chimchon Raphaël Hirsch]

<—————————–>

-> Ces 2 versets ont été placés là entre 2 fautes.
La 1ere est pour le fait que les juifs ont quitté [avec empressement] le mont Sinaï, se détournant de la présence divine ; la 2e porte sur les récriminations qui ont suivi (car en s’enfonçant dans le désert immense et sauvage, le peuple s’interrogea alors sur ses moyens de survie). [guémara Shabbath 116a]

Tout de suite après, il y a une 3e faute qui porte sur l’insatisfaction du peuple pour la manne.

Pourquoi est-ce que la séparation est-elle entre la 1ere et la 2e faute?

La 2e et 3e faute ont résulté de la 1ere : le fait de se détourner de Hachem et de Sa Torah.
La Torah nous protège de la faute.
Celui qui est totalement plongé dans la Torah ne veut rien d’autre que la Torah.
Le peuple juif ne s’est plaint de sa situation uniquement parce qu’il n’était pas plongé dans la Torah.

Dans la Torah, il y a une séparation après la 1ere faute pour nous enseigner que le fait de se détourner de la Torah est la racine de toute cause nous poussant à fauter.

[Ben Ich ‘Haï – Ben Yéhoyada – Shabbath 116a]

<———>

+ « Ils parcourent de la montagne de Hachem » (Béahaloté’ha 10,33)

-> Selon le Ramban, les juifs ont quitté le mont Sinaï à la manière d’un enfant qui quitte l’école après une longue journée de cours.
Ils sont partis avec précipitation, avant que Hachem ne change d’avis et ne leur donne de nouveaux commandements.
C’est ce comportement qui a été la base de l’errance dans le désert.
Le Ramban d’ajouter : « Peut-être que s’il n’y avait pas [cette attitude], ils seraient entrés directement en terre d’Israël ».

Les juifs auraient dû quitter le Sinaï avec des regrets, avec tristesse de partir de l’endroit où ils ont vécu une telle union avec Hachem.

-> Après la traversée de la mer Rouge : « Moché fit décamper Israël » (Béchala’h 15,22)
Rachi de commenter : « Il les a forcés à partir, car les égyptiens avaient orné leurs cheveux de parures d’or et d’argent et de pierres précieuses, et les enfants d’Israël s’affairaient à les extraire de la mer … le butin de la mer a été plus important que celui d’Egypte … voilà pourquoi il (Moché) a dû les faire partir contre leur gré. »

L’Alter de Slabodka (Ohr haTsafoun) enseigne qu’ils ne voulaient pas quitter car ils accomplissaient la volonté de Hachem en collectant des richesses.

=> Si le fait de quitter d’immenses richesses matérielles a été si difficile, combien à plus forte raison le fait de quitter le mont Sinaï, source d’immenses richesses spirituelles.

<——->

-> « Cette voix, c’est la voix de Yaakov, mais ces mais sont les mains d’Essav » (Toldot 27,22)

Nous avons besoin du son de la Torah (kol Yaakov) afin d’être à l’écart des attaques d’Essav (yédé Essav), qui n’attendent que le moment où l’on abandonne la Torah.

-> « Le puits était vide, il n’y avait pas d’eau » (Vayéchev 37,24)

Selon Rachi : « Il n’y avait certes pas d’eau, mais il y avait des serpents et des scorpions ».
Le Gaon de Vilna explique que lorsqu’il n’y a pas d’eau (qui est une référence à la Torah), alors il y a des serpents et des scorpions, c’est-à-dire des punitions et la mort.

=> On comprend pourquoi contrairement aux autres fautes, il n’est pas décrit de punition pour cette faute d’être parti précipitamment du mont Sinaï.
En effet, tout abandon de la Torah entraîne naturellement des conséquences néfastes, c’est un règle établie par Hachem.

[l’inverse est vrai : toute étude de la Torah amène des torrents de bénédictions!]

« En tout ennemi d’Israël, il y a un ennemi du Créateur de l’univers »

[Rachi – Béahaloté’ha 10,35]

« L’homme Moché était extrêmement humble, plus que tout homme sur la face de la terre! » (Béahaloté’ha 12,3)

-> Selon le Ibn Ezra, Moché était si humble qu’il était impensable de l’accuser d’un quelconque sentiment de supériorité envers ses frères.

-> Selon le rav Nathan Scherman, en disant que Moché était un homme humble, la Torah fait ressortir ce qu’est la véritable humilité.

Loin de ressembler à un sentiment d’infériorité, l’humilité procède d’une autocritique permanente faisant prendre conscience du fait que l’on n’a pas exploité pleinement ses capacités, ou si on les a exploitées que les dons innés que l’on possède imposent une responsabilité plus grande et que nul ne peut s’enorgueillir d’accomplir simplement son devoir [d’agir selon la vérité, la volonté de Hachem].

-> Il faut faire attention à ne pas s’enorgueillir d’être humble.
Une personne qui a de super capacités se doit de toujours en être consciente, de les utiliser au mieux, car c’est pour cela que Hachem lui donne la vie.

On devra rendre compte de l’utilisation que l’on aura fait des outils momentanément mis à notre disposition par Hachem.
Si j’ai de beaux outils, ce n’est pas que je suis supérieur à autrui. Si je les ai, c’est uniquement car ils me sont nécessaires dans ce que Hachem souhaite que je fasse de ma vie.

Il peut être très agréable de fermer les yeux sous couvert d’une fausse humilité car cela vient comme justification à notre paresse naturelle.
En effet, pourquoi devrais-je faire des efforts pour réaliser de grandes choses, car après tout je ne suis rien, même pas de la poussière!

<————————>

-> Rabbi Yossef dit : « Une personne doit toujours apprendre de Son Créateur, car Hachem a mis de côté toutes les montagnes et collines, et a choisi le mont Sinaï ».
[guémara Sotah 5a]

Le don de la Torah requiert de l’humilité, et c’est pour cela que Moché, le plus humble des hommes, a pu acquérir plus de Torah que quiconque.

Si l’humilité est si importante, pourquoi la Torah n’a-t-elle pas été donnée dans un terrain plat?

Rabbi Mendel de Kotzk répond qu’il n’est pas difficile pour un terrain plat d’être humble, car il n’a pas de quoi s’enorgueillir.
Le mont Sinaï a un peu de hauteur, et malgré la possibilité de se la « raconter » (regardez les terrains plats comment je suis haut par rapport à vous!), il est quand même resté humble.

<————–>

-> Rabbi Yo’hanan dit : « Hachem ne fait pas résider sa présence divine (Ché’hina) sur une personne sauf si elle est forte, intelligente, riche et humble, et tous ces traits se trouvaient chez Moché. »
[guémara Nédarim 38a]

La guémara (Shabbath 92a) mentionne une autre condition pour recevoir la prophétie : avoir une grande taille.

-> Hachem dit : « Moi et lui [celui qui est arrogant] ne peuvent pas résider dans le même monde »
[guémara Sotah 5a]

Il est ainsi évident que l’humilité est une condition nécessaire pour que la présence divine soit sur nous.
Mais en quoi les autres conditions en sont-elles des prérequis?

Rabbi ‘Haïm de Volozhin explique qu’on parle ici de véritable humilité.
Seule une personne qui est riche, forte, intelligente, grande de taille, a sur quoi s’enorgueillir, et en restant quand même humble, elle démontre une véritable humilité, et mérite d’être un Sanctuaire pour la présence divine.

Une personne peut être en apparence très humble, mais pour « valider » cela, il faut la voir traverser ces occasions de devenir arrogante (que je suis intelligent!, que je suis riche!, …).

Il est intéressant de noter que chacune de ces capacités est un don temporaire de D., que l’homme va Lui voler en se l’appropriant (MA sagesse c’est grâce à moi, de même pour MA richesse, …), et en « kiffant » penser être meilleur que son prochain.

[Dans sa fameuse lettre le Ramban écrit : « Est-ce que cela n’appartient-il pas à Hachem? » (alo lélokim ou) ]

Moché possédait toutes ces capacités comme personne, et malgré tout il est resté humble, ce qui fait qu’il a véritablement mérité d’être dénommé : « extrêmement humble, plus que tout homme sur la face de la terre ».

<————–>

-> Le Ktav Sofer (Vayikra 161b) enseigne que la Torah appelle Moché par le nom de sa mère adoptive, plutôt que par celui donné par ses parents, pour bien mettre en avant qu’il a été élevé dans un palais (de Pharaon) avec tous les fastes, comme un fils d’un grand roi.

Il avait toutes les raisons pour devenir hautain, mais cependant il ne se considérait pas supérieur au plus bas des esclaves.
C’est pourquoi, il a pleinement mérité son titre du plus humble de tous les hommes.

[la Torah a également gardé le nom donné par la fille de Pharaon par reconnaissance pour son acte qui a permis de sauvé Moché, et par ricochet l’ensemble du peuple juif]

<———————————————————–>

Nous allons voir (b’h) quelques enseignements du rabbi David Feinstein.

-> Les lettres du mot : anav (une personne humble – ענו) peuvent constituer le mot : avon (faute – עון).
Chacun est confronté dans sa vie à un choix : l’humilité ou la faute, et il n’y a pas de position médiane (c’est l’une ou l’autre).

-> Nos Sages enseignent (guémara Sotah 5a) qu’idéalement une personne doit posséder 1/64e d’orgueil, qui est nécessaire pour l’estime de soi et la confiance.
Que se passe-t-il si l’on augmente ce ratio à 1/63e?
Le nombre 63 en lettres hébraïques forme : גס (gass), faisant référence à l’arrogance, à une personne grossière.

Ainsi, la ligne séparant l’humilité de l’arrogance est très fine, sans situation neutre.

-> La guémara (‘Houlin 89a) identifie 3 personnes comme étant spécialement humbles : Avraham, Moché et le roi David.

Leur humilité peut se voir dans la façon dont ils s’adressaient à Hachem :
– Le roi David : « Moi, je suis un vermisseau, et non un homme » (Téhilim 22,7) ;
C’est quand même un être vivant.
– Avraham : « Moi poussière et cendre » (Vayéra 18,27)
C’est une matière inanimée.
– Moché : « Nous, que sommes nous » (וְנַחְנוּ מָה – Béchala’h 16,7)
Cela implique de se considérer tellement sans valeur, encore moindre que de la poussière ou qu’un vermisseau.

Notre verset est : « L’homme Moché était extrêmement humble » (Béahaloté’ha 12,3).
Le terme « extrêmement » se dit : méod (מאד), et il a la même guématria que : ma (quoi – מה), mot employé par Moché (« que sommes-nous? »), le plus humble des hommes.
Par ailleurs, on peut remarquer que : מאד : le מ (Moché) ; א (Avraham) et ד (David).
L’ordre des lettres du mot suit l’humilité décroissante.

<———————————————————–>

-> Le mot : anav (humble – עניו), est écrit dans la Torah sans la lettre youd (ענו).
Pourquoi cela?

La lettre youd (י) est la plus petite de l’alphabet. Elle est manquante et malgré tout le mot peut être lu.
Cela nous enseigne que nous n’avons pas besoin de monopoliser toute la place autour de nous pour être quelqu’un de grand (et ce au détriment d’autrui).
Moché était très effacé (à l’image du youd absent), malgré le rôle très important qu’il assumait pour le peuple juif (le mot anav pouvant quand même être lu).

-> Pourquoi est-ce que l’humilité de Moché est-elle rapportée dans le contexte du lachon ara de Myriam et Aharon sur lui?

La Torah nous dit que le fait qu’une personne dise : « cela m’importe peu que vous parlez en mal sur moi! » (humilité), cela ne doit pas nous servir d’excuse pour justifier notre lachon ara.

Par ailleurs, cet épisode montre que même en privé avec uniquement son frère et sa soeur, Moché est demeuré plus humble que quiconque.
Le vrai test se fait souvent dans notre intimité avec nos très proches, où la peur du regard des autres n’est plus présente.

[divré Torah du rabbi Yéhouda Gross]

<———————————————————–>

Nous allons voir b’h, une autre vision de ce verset rapportée par Rabbi David Ashear dans son « Living Emouna 3 ».

Il est écrit : « Moché était extrêmement humble de tout homme » (mikol adam).

-> Le Séfer Maamarim rapporte que lorsque Moché est monté sur le mont Sinaï pendant 40 jours, il a eu le privilège de voir le Séfer de Adam haRichon, qui contient toutes les personnes ainsi que tous les actes réalisés au travers toutes les générations jusqu’à la fin des temps.

Moché a alors vu la période précédant la venue du machia’h (ikvéta déMéchi’ha), qui est la notre selon nos rabbanim.

Cette génération a une faible compréhension de Qui est Hachem (par rapport aux autres générations).
C’est une période où Hachem est caché, et durant laquelle les mitsvot sont faites sans pleinement les vivre.

Cependant, malgré les défis du moment (ex: internet), les juifs continueront à servir Hachem avec une force et des sacrifices personnels impressionnants.
Lorsque Moché a vu cela, il est devenu humble.

=> Moché a vu que notre génération est pleine de défis pour notre émouna ; malgré cela les juifs acceptent la volonté de Hachem et Le servent du mieux qu’ils le peuvent.
Cela a émerveillé Moché, qui en est devenu très humble!

( « Moché anav méod » = Moché était très humble ; « mikol aadam » = [à la vision] de tout homme [de notre génération précédant le machia’h et restant fidèle à Hachem malgré toutes les difficultés en terme de émouna] )

« Moché implora Hachem en disant : « De grâce, D., guéris-là maintenant ». » (Béahaloté’ha 12,13)

Moché faisant une prière, il ne peut implorer que Hachem. Pourquoi la Torah n’écrit-elle pas alors : « Moché implora en disant » ?

Nos Sages enseignent que quand une personne souffre, Hachem aussi « souffre » avec elle.

Ainsi, selon le Yichma’h Moché, l’essentiel de la prière de Moché était tourné vers Hachem, implorant la guérison de Myriam afin que D. arrête de « souffrir » du fait de sa douleur.

=> Il faut comprendre le verset comme disant : « Moché implora pour Hachem » : il pria surtout pour que Hachem calme Sa peine.

« J’ai destiné les Lévi’im à être donnés à Aharon et à ses fils, d’entre les enfants d’Israël, pour accomplir le service des enfants d’Israël dans la Tente d’Assignation et pour procurer la réparation aux enfants d’Israël, afin qu’il n’y ait pas de plaie parmi les enfants d’Israël quand les enfants d’Israël s’approchent du Sanctuaire » (Béha’aloté’ha 8,19)

Selon Rachi, les enfants d’Israël sont mentionnés 5 fois dans ce verset, pour montrer l’immense amour, affection que D. leur porte, et ces 5 évocations font allusion aux 5 livres de la Torah.

Pourquoi la Torah fait-elle connaître précisément dans ce verset, l’amour que D. porte aux enfants d’Israël?

-> Le ‘Hidouché haRim donne l’explication suivante :
Au verset précédant, Hachem vient juste de faire savoir : « J’ai pris les Lévi’im à la place de tout 1er-né d’entre les enfants d’Israël » (v.18), pour accomplir Son service dans le Sanctuaire.

En entendant cela, le reste du peuple (ceux qui n’étaient ni des Cohanim, ni des lévi’im) risquait d’être accablé et de succomber à un véritable sentiment d’infériorité, puisque n’ayant été choisi pour aucun service dans le Tabernacle.

=> Voilà pourquoi, la Torah les mentionne à 5 reprises, ici précisément, pour bien souligner l’amour que D. leur porte.

<————->

-> Selon le Torah Or, ce verset nous apprend ainsi, que par l’étude et la pratique de la Torah, il est possible de se hisser plus haut encore que le service dans le Sanctuaire (la avoda).

Les membres de la tribu de Lévi ont certes été désignés pour la prêtrise et pour le service dans le Michkan.
Néanmoins, la couronne de la Torah reste à la disposition de quiconque veut s’en coiffer.

=> Tout juif désireux de l’acquérir est apte à la saisir et à en orner sa tête!