« Yaakov n’a jamais cru que Yossef a été tué par un animal sauvage ; il pensait que Yossef avait perdu sa tête en devenant un animal sauvage!

En effet, Yaakov a raisonné que si Yossef était mort, il lui serait apparu en rêve. Mais puisqu’il ne l’a pas fait, cela signifiait forcément qu’il avait perdu sa tête, qu’il était devenu fou et qu’il vivait parmi les animaux.
Le sang sur sa tunique provenait probablement de l’attaque d’un prédateur malade qui l’aurait mordu, ce qui a entraîné qu’il en soit également contaminé. »

[‘Hatam Sofer – Torat Moché]

« Le puits était vide, il n’y avait pas d’eau dedans » (Vayéchev 37,24)

-> De façon assez surprenante, la guémara (Sabbath 22a) fait suivre les 2 sujets suivants :
« Rabbi Tan’houm enseigne que si les lumières de ‘Hanoucca sont au-dessus de 20 amot, cela n’est pas valable.
[Rachi explique : car un passant ne pourra pas la voir, et il n’y aura alors pas de publication du miracle]

Rabbi Tan’houm demande : Quelle est la signification du verset : « le puits était vide, il n’y avait pas d’eau dedans »?
Il n’y avait pas d’eau dans le puits, mais il y avait des serpents et des scorpions. »

=> Quel est le lien entre ces 2 affirmations?

Le Gaon de Vilna donne la réponse suivante.

Les lumières de ‘Hanoucca doivent être placées au maximum à 20 amot (environ 9,6 mètres) de hauteur afin que les passants puissent les observer.

« Ils le jetèrent (vayachli’hou) dans le puits » (37,24)
Le Tossafot Yom Tov (Tamid 1,4) dit que le mot « vayachli’hou » fait référence à une chose qui est jetée à au moins 20 amot de haut, ce qui permet d’affirmer que le puits avait une hauteur de plus de 9,60 mètres (20 amot).

Pour cette même raison, les frères de Yossef n’ont pas pu savoir qu’il y avait des serpents et des scorpions dans le puits, car ne pouvant pas regarder jusqu’au fond.

=> La juxtaposition des 2 sujets vient nous avertir qu’une compréhension du sujet des lumières invalides de ‘Hanoucca, est nécessaire pour comprendre le comportement des frères de Yossef.

<—————->

-> La guémara (Soucca 2a) enseigne :
Une Soucca qui fait plus de 20 amot de hauteur n’est pas valable.
Rava affirme qu’on apprend cela du verset : « afin que vos générations sachent que [c’est] dans des Souccot [que] J’ai fait résider les enfants d’Israël lorsque Je les ai fait sortir du pays d’Egypte. » (Emor 23,43).

Jusqu’à 20 amot, on a conscience d’être assis dans une Soucca [puisque sans effort nous voyons son toit qui nous rappelle la mitsva]
Au-dessus de 20 amot, on n’a plus conscience d’être assis dans une Soucca, car nos yeux ne peuvent plus voir involontairement le toit en raison de sa hauteur.

-> Le Maharam Schick dit qu’il existe une énorme différence entre savoir et regarder.
Dans ce monde matériel, on a beau « savoir » quelque chose, cela ne deviendra une certitude dans notre esprit qu’à partir du moment où on la voit.
C’est ainsi, que nous devons regarder le toit de la Soucca pour être certain de résider dans une Soucca

-> Il est écrit : « ils tirèrent Yossef et [le] remontèrent du puits, et ils vendirent Yossef » (37,28)

=> Comment les frères de Yossef ont-ils pu le vendre alors qu’il venait juste de survivre miraculeusement au puits?

La réponse est qu’ils n’étaient pas certain à 100% que Yossef ait été sauvé de serpents et de scorpions, puisque le puits faisait plus de 20 amot de hauteur, ils ne pouvaient pas les voir.
Ainsi, ils « savaient » qu’un puits dans le désert à de très fortes probabilités d’être rempli de bêtes vénéneuses, mais puisqu’ils ne les « voyaient » pas, ils n’ont pas pris pleinement conscience de ce fait.

Il en résulte que lorsque Yaakov est sorti vivant du puits, à leurs yeux ce n’était pas un si grand miracle que cela, et ils n’en ont pas déduit que c’était un tsadik.
Il n’y avait alors aucune raison solide s’opposant à le vendre.

Il en est de même à ‘Hanoucca, où il est nécessaire d’avoir les lumières situées à une hauteur de moins de 20 amot, pour que cette vision permette une prise de conscience ferme du grand miracle qui a eu lieu pour le peuple juif.

La vision est ce qui nous permet d’internaliser et de vraiment s’approprier une notion, pour peu que nous ayons la volonté personnel d’en absorber le message latent.
Le rav Moché Feinstein dit que l’on peut très bien regarder les bougies de ‘Hanoucca, sans se focaliser sur le message qu’elles nous transmettent (ex: l’idée que Hachem est derrière chaque chose de ce monde, pas uniquement les miracles grandioses, …).

<—————->

+ « Son maître vit que Hachem était avec lui et que tout ce qu’il faisait, Hachem le faisait réussir dans sa main » (Vayéchev 39,3)

-> Le Zohar explique : Même si Yossef avait une certaine chose dans sa main, et que son maître voulait une autre chose, Hachem faisait changer ce qui était dans la main de Yossef pour qu’il devienne exactement ce que son maître demandait.
C’est ce que son maître a vu : que Hachem était avec Yossef dans tout ce qu’il faisait.

=> Pourquoi est-ce que Hachem a -t-il réalisé des miracles aussi visibles?

Selon le Adéret Eliyahou, c’est parce qu’il n’y a pas de comparaison entre « savoir » qu’une chose se passe et la « regarder ».
C’est pourquoi Hachem faisait changer les objets dans sa main à chaque instant en fonction de la demande de son maître. Cela avait pour objectif de faire bénéficier Yossef d’un bisous divin du plus haut niveau : c’est-à-dire « voir » les miracles/bontés que D. lui faisait, plutôt que d’uniquement le savoir (en théorie).

[le fameux : je ne crois que je que je vois, témoigne de la force de la vision!]

-> Le Pné Yéhochoua dit qu’il en est de même à ‘Hanoucca, où Hachem a fait un miracle clairement VISIBLE afin de nous faire prendre conscience au plus haut niveau possible de l’énorme amour qu’Il a pour nous.

<—————>

+ « Et voici qu’une caravane d’Ichmaélites arrivait de Guilad, et leurs chameaux transportaient des aromates, du baume et du lotus, qu’ils allaient faire descendre en Egypte. » (Vayéchev 37,25)

-> Rachi commente : Les arabes ne transportent, d’habitude, que du naphte et du pétrole, dont les relents sont nauséabonds. Mais il s’est agi ici de parfums, afin que Yossef ne soit pas incommodé par de mauvaises odeurs.
[il a pu voir que ses habits sont restés propres, qu’il sentait bon, … comme une bulle agréable dans un univers de marchands de pétrole : d’ordinaires sûrement grossiers, sales et sentant mauvais!]

=> Hachem a fait en sorte que Yossef puisse voir, sentir, … des choses agréables.
Cela a permis d’accroître le pouvoir de sa consolation, de sa prise de conscience que Hachem était avec lui, à un niveau beaucoup plus élevé que d’intellectualiser sa émouna

<——————————————->

+ Autre explication de ce lien entre les 2 idées de la guémara (‘Hanoukia et le puits) :

-> « Yossef rapportait des paroles médisantes sur eux, à leur père » (Vayéchev 37,2)

Le rav Nevenzahl explique que c’est pour cette raison qu’il y avait spécifiquement des serpents dans le puits, puisque c’est le serpent qui a parlé du lachon ara à propos de Hachem à ‘Hava.
Ainsi, à un certain niveau Yossef aurait dû être puni par le biais des serpents pour avoir été impliqué dans la même faute que lui.
Pourquoi alors a-t-il été sauvé?

Rav Nevenzahl explique que Yossef avait un mérite particulier : chaque fois qu’il en avait l’occasion, il parlait de l’implication de Hachem dans le monde, d’à quel point Il gouverne la naturalité du monde et tous les événements.
Nous retrouvons cette attitude à plusieurs reprises dans la Torah, comme par exemple :
– « son maître (Potiphar) vit que Hachem était avec lui » (Vayéchev 39,3) ;
Rachi explique : « Le nom de Hachem sortait fréquemment de sa bouche ».
– Yossef leur dit [à l’échanson et au panetier] : Les interprétations ne sont-elles pas à D.? » (Vayéchev 40,8) ;
Le Radak de commenter : « Racontez-moi votre rêve, peut-être que D. me donnera-t-Il la sagesse nécessaire pour le comprendre ».
– « Yossef dit à Pharaon : C’est au-dessus de moi ; c’est D. Qui répondra du bien-être de Pharaon » (Vayéchev 41,16).
Rachi de dire : « La sagesse n’est pas de moi, mais « c’est D. (Elokim) qui donnera une réponse ». Il mettra dans ma bouche la réponse qui « donnera la paix à Pharaon ». »

=>Yossef ne révélait pas les miracles évidents, mais plutôt ceux qui sont dissimulés, et dont l’homme peut facilement voler la vedette à Hachem.
Yossef non seulement était certain que c’est D. qui contrôle toute la nature, mais il enseignait cette idée à d’autres.

Le rav Nevenzahl dit que cela peut expliquer le lien entres les 2 notions abordées dans la guémara ci-dessus.
Une bougie de la ‘hanoukia allumée à une hauteur supérieure de 20 amot n’est pas valable, car elle est trop haute pour rendre convenablement public du miracle.
Juste ensuite, la guémara parle du puits dans lequel Yossef a été jeté, et dont il a pu être sauvé des serpents par son attitude de toujours publier autour de lui les miracles cachés de la nature, la totale implication de Hachem dans le monde.
=> Ainsi, de même qu’on ne pouvait pas voir Yossef a une profondeur de plus de 20 amot, de même on ne peut pas partager le miracle au-dessus d’une telle hauteur.

5 Questions/Réponses – Paracha Vayéchev

+ 5 Questions/Réponses – Paracha Vayéchev :

1°/ Le Tossafot haChalem fait remarquer que tous les versets de la paracha Vayéchev commencent par la lettre vav (ו), à l’exception de 8.
Quel autre livre du Tana’h partage cette particularité inhabituelle? Quel est le lien avec la paracha Vayéchev?

-> Le Tossafot haChalem répond qu’à la fois la paracha Vayéchev et à la fois la méguilat Ruth, ont en commun d’avoir tous leurs versets commençant par un « vav », à l’exception de 8.
Cela est en relation avec les pleurs, les cris de : וי וי [en yiddish : vé – וויי est l’expression de la souffrance (oh vey!).]

La paracha Vayéchev est remplie de tragédies, comme la vente de Yossef, les morts de Er et Onan, et ainsi que l’emprisonnement de Yossef.
De façon similaire, la méguilat Ruth discute d’une génération dans laquelle les dirigeants étaient corrompus : cela commence par les morts de Elimélé’h, de Ma’hlon et de Kilyon, et aborde également la situation difficile de Ruth.

De façon remarquable, les 8 versets qui ne commencent pas par la lettre « vav », correspondent aux événements positifs qui s’y trouvent (dans Vayéchev et méguilat Ruth).

-> Rav Matis Bloum (Torah léDaat vol.9) ajoute quelques autres parallèles.

Les 2 (Vayéchev et méguilat Ruth) parlent de grands dirigeants : Yéhouda et Eliméle’h, qui avaient chacun 2 enfants : Er et Onan (pour Yéhouda), Ma’hlon et Kilyon (pour Elimélé’h), qui sont tous morts en raison de leurs fautes.

De plus, dans chacun des cas, des efforts inhabituels ont été entrepris afin de perpétuer le nom des morts par le biais d’une forme atypique de yiboum :
– D’un côté, Tamar va se déguiser comme une prostituée afin d’avoir une relation avec son beau-père Yéhouda.
– D’un autre côte, à la fin des récoltes, Ruth va s’allonger aux pieds de Boaz, alors qu’il dort profondément, en lui découvrant le bas des pieds, et après s’être enduite d’huile parfumée, de s’être revêtue de ses habits de Shabbath, et de s’être parer de ses bijoux. [c’est comme cela que Naomie voulait provoquer la rencontre des 2]

De façon incroyable, chacune de ces situations atypiques va entraîner la continuation de la lignée d’ancêtres menant au roi David, et ensuite au Machia’h.
C’est ainsi que ces 8 versets ne commençant pas par la lettre « vav », font allusion aux 8 générations allant de Yéhouda à Boaz.

En effet :
-> « Elle [Tamar] accoucha, que voici des jumeaux … il [Yéhouda] l’appela Pérets … il l’appela Zara’h » (Vayéchev 38,27-30)
-> « Voici les générations de Pérets : Pérets engendra ‘Hétsron … engendra Ram … engendra Aminadav … engendra Na’hchon … engendra Chalma … engendra Boaz … engendra Ovéd … Yissaï … engendra (le roi) David. » (méguilat Ruth 4,18-22)

<—————————–>

2°/ « Ses frères lui dirent : « Régnerais-tu donc sur nous? Nous dominerais-tu donc? » Et ils le haïrent encore plus à cause de ses rêves et à cause de ses paroles. Il fit encore un autre rêve et le raconta à ses frères » (37,8-10)

=> Pourquoi Yossef leur a-t-il raconté son 2e rêve, dans lequel « 11 étoiles se prosternaient devant moi » (v.9), au lieu de le garder pour lui même (évitant ainsi d’éveiller davantage de jalousie et de haine)?

-> Le Moshav Zékénim est d’avis que les rêves de Yossef étaient une forme de prophétie, et la michna (Sanhédrin 11,5) statue qu’une personne qui va garder pour elle sa prophétie, refusant de la partager avec d’autres est passible de mourir.
Ainsi, Yossef a raisonné qu’il valait mieux partager ses prophéties avec ses frères, et prendre le risque d’éventuelles répercutions liées à leur jalousie, plutôt que de taire ses prophéties devenant alors assuré d’être puni du Ciel.

-> Le Ohr ha’Haïm haKadoch répond que Yossef espérait qu’en racontant ses rêves à ses frères, cela leur montrerait qu’ils auront véritablement besoin de son aide ultérieurement.
Puisque qu’ils auront besoin de lui dans le futur, ils devront donc éviter de lui témoigner de la haine d’ici là, afin de ne pas prendre le risque qu’il ne se venge lorsqu’ils auront besoin de lui.

Par cela, il espérait également leur signifier que sa supériorité sur eux, a été décrétée du Ciel, ce qui fait qu’ils ne doivent pas ressentir que leur père Yaakov témoigne d’un traitement de faveur envers lui.

-> La guémara (Béra’hot 55b) enseigne que la signification d’un rêve est déterminée par l’interprétation qu’en font ceux qui l’ont écoutée.
La guémara conseille de raconter ses rêves à ses amis, afin qu’ils lui donnent une explication positive.

C’est pourquoi Yossef a dit ses rêves à ses frères, dans un but de leur montrer qu’ils les aimaient et avaient confiance en eux, au point de laisser entre leurs mains l’interprétation de ses rêves.

<—————————–>

3°/ Après que la femme de Potiphar ait accusé à tord Yossef, du fait qu’il a essayé de la violer, « la colère [de son mari] s’enflamma » (v.39,19).
Nos Sages disent que s’il s’était conformé aux principes de la société égyptienne, Potiphar aurait mis son esclave à mort.
=> Qu’est-ce qui a défendu Yaakov, le sauvant d’une mort certaine?

-> Le midrach (Yalkout Chimoni 146) relate que lorsque Potiphar a entendu les allégations de sa femme envers Yossef, il a voulu le tuer, jusqu’à ce que sa fille Osnat vienne au secours de Yossef en lui disant secrètement ce qui s’est réellement passé.

Par son mérite d’avoir sauvé la vie de Yossef, Hachem a déclaré que les 2 tribus qui devaient émerger de Yossef (Efraïm et Ménaché) viendrait par Osnat, puisqu’elle va finalement se marier avec Yossef (Mikets 41,50).

Précision : Le Daat Zékénim nous enseigne que lorsque Shé’hem a « souillé » Dina, fille de Yaakov, cette dernière est tombée enceinte d’une fille, qui va être envoyée au loin jusqu’à arriver par les miracles de la providence divine en Egypte. Là-bas, elle sera connue sous le nom de Osnat, et elle se mariera avec son oncle Yossef.
Selon le midrach (Yalkout Chimoni Vayichla’h 134), l’épouse de Potiphar était stérile.
[la Torah emploie : « Osnat fille de Potiphar ». Est-ce pour garder l’honneur d’Osnat au regard des conditions dans lesquelles elle a été conçue? Est-ce pour dire que ce couple de la bourgeoisie égyptienne l’a élevé depuis son plus jeûne âge, à l’image d’une fille adoptive?]

<—–>

-> Le ‘Hizkouni (39,20) écrit que l’ange Gavriel est apparu sous l’apparence d’un être humain, et a suggéré qu’il fallait examiner quel vêtement a été déchiré.
– Si c’est les habits de la femme de Potiphar qui ont été déchirés, alors cela vient conforter sa version des faits : que Yossef a tenté de l’agresser (d’où une déchirure sur ses vêtements à elle).
– A l’inverse, si c’est les habits de Yossef qui ont été déchirés, cela témoigne que c’est elle qui a initié l’incident, et donc que sa demande lui a été refusée (les déchirures sur les vêtements de Yossef témoignent de son insistance).

Cette proposition a été acceptée, et lorsqu’il a été découvert que c’était l’habit de Yossef qui a été arraché (v.39,12), on lui a alors épargné son exécution à mort.
Cependant, en même temps, afin de protéger la dignité de la femme de Potiphar, et pour qu’elle ne soit pas connue publiquement comme une menteuse, Yossef ne pouvait pas être libéré immédiatement, devant aller en prison.

[Abarbanel (v.39,20) rapporte que c’est Potiphar lui-même qui l’a accompagné personnellement en prison, ce qui montre sa profonde estime pour lui! ]

-> Selon le ‘Hida (se basant sur le Séfer haYachar), lorsque sa femme a accusé Yossef d’avoir tenté de la séduire, Potiphar est devenu fou de rage et a décidé de le tuer.
Hachem a alors réalisé un miracle : un enfant dans son lit de bébé a commencé à parler, et a révélé qu’en réalité c’était la femme de Potiphar qui avait essayé de séduire Yossef.
Potiphar et son foyer ont été témoins de ce grand miracle, et ont pris conscience de la réalité.
Ils ont alors laissé Yossef en vie, mais afin de préserver leur honneur, ils l’ont condamné à de l’emprisonnement.

<—————————–>

4°/ « Yéhouda dit : « Faites-là sortir et qu’elle [Tamar] soit brûlée! » (Vayéchev 38,24)

=> Est-ce que Yéhouda comptait la brûler entièrement?

-> NON :
Le Baal haTourim et le Panéa’h Raza (sur 38,24), citant le rav Yéhouda ha’Hassid, sont d’avis que Yéhouda n’avait pas l’intention de la brûler vivante et de la tuer, mais plutôt de lui graver au feu une marque sur sa joue, comme signe qu’elle a été engagée dans des relations interdites.

-> OUI :
D’autres commentateurs, comme le rav Its’hak Katz (beau-fils du Maharal), et le rav Sim’ha Zissel Broide, rapportent la guémara (Sotah 10b) qui tire de la volonté de Tamar d’être prête à se faire tuer plutôt que de faire honte à Yéhouda, qu’une personne doit préférer se jeter dans une fournaise ardente plutôt que d’humilier son prochain en public.
La guémara ajoute qu’une voix venue du Ciel (bat kol) a proclamé, que par le mérite de Yéhouda annulant son décret et épargnant Tamar ainsi que ses 2 garçons qui étaient alors dans son ventre, de brûler jusqu’à la mort, Hachem va de la même façon épargner 3 des futurs descendants de Yéhouda : ‘Hanania, Michaël et Azaria, de mourir brûlés par le feu.
Ces affirmations indiquent que le plan de Yéhouda était véritablement de brûler Tamar, et pas uniquement de la marquer comme une immorale prostituée.

<—————————–>

5°/ Le midrach (michlé 1) nous enseigne que les 10 martyrs du peuple juif (assara arougué malkhout), sont morts pour expier la faute de la vente de Yossef (« vendons-le » – Vayéchev 37,27).

=> Puisque Réouven et Binyamin n’étaient pas présents au moment où Yossef a été vendu, il n’y avait alors que 9 frères qui ont participé à cette vente. Pourquoi 10 éminents rabbanim ont-ils alors été tués, au lieu de 9?

-> Rabbénou Bé’hayé suggère que le 10e Sage qui a été puni, est à mettre en correspondance avec Yossef.
En effet, puisque Yossef s’est conduit d’une manière arrogante envers ses frères, encourageant leur jalousie et leur colère à son égard, il était partiellement responsable d’avoir causé sa vente.

-> Selon un autre avis, le 10e était Réouven, non pas à cause de la vente de Yossef dont il n’avait pas pris part, mais en raison de sa faute lorsqu’il a déplacé le lit de Yaakov : de la tente de Bilha dans la tente de sa mère Léa (v.35,22 ; guémara Shabbath 55b).

[tous les frères ont fait une téchouva totale sur leur faute, mais en raison du fait qu’ils étaient tous égaux à un niveau exceptionnellement élevé, il restait une petite réparation nécessaire par la mort des 10 martyrs.
D. jugeant les tsadikim selon l’épaisseur d’un cheveu …]

« Chaque année, le jour de notre naissance, notre mazal est fort et couronné de succès.
[Par exemple, ] Le jour du 18e anniversaire de rav Elazar ben Azarya, un miracle s’est produit et 18 rangées de cheveux blancs ont poussé sur sa tête, comme il sied à son statut [de Nassi, président du Sanhédrin].

Par conséquent, c’est une coutume de faire de son jour d’anniversaire un Yom Tov pour soi-même. »

[Ben Ich ‘Haï – Ben Yéhoyada]
[ « Le 3e jour, jour d’anniversaire de Pharaon » (Vayéchev 40,20)]

<——->

-> Le Ben Ich ‘Haï (paracha Réé – Halakha 17) enseigne également que la joie ressentie durant ce jour doit être suite aux sentiments de reconnaissance envers Hachem de nous avoir donné la possibilité de vivre afin d’accomplir Ses mitsvot et d’étudier Sa Torah.

« Yaakov demeura dans le pays du séjour de son père » (Vayéchev 37,1)

-> Le ‘Hida affirme que le mot : « vayéchev » (demeura) nous témoigne de la grandeur de Yaakov.
Comment cela?

Ce mot (וַיֵּשֶׁב) est constitué de la 2e lettre de chacune de ses épreuves majeures :
– Yossef (יוסף) => le ו ;
– Dina (דינה) => le י ;
– Essav (עשו) => le ש ;
– Lavan (לבן) => le ב.

Malgré avoir subi de nombreuses souffrances, son état d’esprit n’en a jamais été brisé et il n’a jamais abandonné. Plutôt, il était « vayéchev,  » = « il demeura » fixe dans sa confiance en Hachem.

Le ‘Hida conclut : c’est par le mérite de sa confiance qu’il a été libéré de toutes ses difficultés.

<————->

-> Rachi : au terme d’un long exil, Yaakov espérait enfin s’installer en toute tranquillité, mais les tourments de la disparition de Yossef se sont abattus sur lui.

-> Le Kli Yakar nous enseigne que Hachem désirait raccourcir la durée pendant laquelle les juifs resteraient en exil.
A cette fin, Il commença par compter les années d’exil à partir du moment où Avraham et Its’hak se déplaceraient de place en place durant leur vie.

Ainsi, si Yaakov avait vécu tranquillement de la façon dont il le voulait, les années de sa vie n’auraient pas pu compter parmi celles de l’exil, entraînant que les juifs devraient rester davantage d’années en Egypte.
=> C’est pour cela que Yaakov a enduré les souffrances de la vente de Yossef.

« Le maître échanson ne se souvient pas de Yossef, et il l’oublia » (Vayéchev 40,23)

=> S’il ne s’en souvient pas, c’est qu’il l’oublia. Que vient nous apprendre cette apparente répétition?

-> Selon Rachi, il ne s’en souvient pas = le jour où il fut libéré ; et l’oublia = par la suite.

-> Le Maharam d’Amshinov explique que : dès le moment où Yossef a fait sa demande au maître échanson, il a réalisé qu’il avait fauté en mettant sa confiance dans un être humain et non en Hachem.
Il a alors prié à D. pour que le maître oublie totalement sa demande.

C’est ce qui arriva : « il ne se souvient pas … et il l’oublia » = à la fois le jour où il fut libéré, et à la fois après, suite à la prière de Yossef.

-> Selon le ‘Hidouché haRim, on peut expliquer que le sujet de l’expression : « il l’oublia », n’est pas le maître échanson, mais plutôt Yossef.
En effet, de son côté, « le maître échanson ne se rappela pas de Yossef », et donc ne parla pas de lui à Pharaon pour le libérer de la prison.
Mais, en parallèle, Yossef aussi « l’oublia » : il oublia le maître échanson et écarta complètement de son esprit le souvenir du maître échanson et l’espoir qu’il intervienne en sa faveur pour l’aider à sortir de prison. Il n’attendait pas après lui et ne se posa jamais la question de savoir avec impatience quand interviendra-t-il pour lui.
Il retira sa confiance du maître échanson et plaça son espoir uniquement sur Hachem, conscient que seul Lui pourra le sauver.

-> Le midrach Sechel Tov (Béréchit) enseigne à ce sujet :
« il l’oublia » = en réalité, le maître échanson avait fait des nœuds à son habit afin de se rappeler de mentionner Yossef à Pharaon, mais un ange est venu et a retiré ces signes en défaisant ses nœuds.
Il est écrit dans les Téhilim (105,20) : « chala’h mélé’h vayatiréou » (Le Roi l’envoya et il l’a délié) = le Roi des rois a envoyé un ange afin de délier ses nœuds.

Dès l’instant où est arrivé son moment de sortir de prison, Hachem a dit au maître échanson : Même si tu as oublié Yossef, Je ne l’ai pas. Maintenant, je te le rappelle.

« Hachem était avec Yossef, et il devint un homme qui réussissait » (Vayéchev 39,2)

La guématria du nom Yaakov (יעקב) est de 182, et correspond à 7 fois le nom Divin (7*26).
Cela fait allusion aux 7 Séfirot, les aspects de la conduite divine (‘Hessed, Guévoura, Tiféret, Nétsa’h, Od, Yessod et la Mal’hout), qui correspondent à leur tour aux 7 jours de la semaine.

Lorsque Hachem dit à Yaakov : « Et voici, Je suis avec toi ; Je te garderai partout où tu iras » (Vayétsé 28,15), Il lui révèle le message suivant : « Puisque 7 de Mes Noms sont contenus dans ton nom, je vais te garder et Je serais « avec toi » pendant les 7 jours de la semaine ».

En revanche, la guématria de Yossef (יוסף) est de 156, ce qui est équivalent à 6 fois le Nom de Hachem (6*26).
Cela correspond aux 6 jours de la semaine, Yossef n’ayant pas le Nom Divin pour le Shabbath.

Afin de lui fournir une protection contre la faute pendant le Shabbath, Hachem a ajouté une fois supplémentaire, Son Nom à celui de Yossef, comme le dit le verset : « Hachem était avec Yossef ».

=> Une fois que cela a eu lieu : « il devint un homme » (vayéhi ich – וַיְהִי אִישׁ), et le mot ich (homme – אִישׁ) est l’acronyme de : ét yom Shabbath (le jour du Shabbath), et c’est alors : « qu’il réussissait (dans toute la semaine – matslia’h) ».

[le Ben Ich ‘Haï]