« Se souvenir de la guerre avec Amalek est l’une des 613 mitsvot de la Torah.
Cette mitsva montre que quiconque attaque Israël est haï de D.
[…]
Comme Amalek a causé un grand tort à Israël en étant le 1er à les attaquer, Hachem a ordonné qu’il soit effacé de la terre. »

[Séfer ha’Hinoukh]

[effacer le souvenir d’Amalek : cela est si radical que selon le Sifri, toute chose qui pourrait faire mentionner son nom, que ce soit un animal, un arbre ou une pierre, doit être détruite.]

[Hachem nous aime tellement qu’envers le 1er peuple qui a osé nous attaquer, il nous demande de se souvenir de cet affront et d’effacer toute trace de son existence. Cela est une preuve de l’amour infini de Hachem à notre égard!]

« C’est Moi, c’est Moi (ano’hi ano’hi) celui qui suis votre consolateur » (début Haftara Choftim – Yéchayou 51,12)

=> Apparemment le mot : « celui » (ou – הוּא) est superflu, et il aurait suffi de dire : « Je suis votre consolateur ».

-> [Moché] dit : « Car la main est sur le Trône de D. (עַל-כֵּס יָהּ – al késs ya) : Hachem entretient une guerre contre Amalek, de génération en génération » (Béchala’h 17,16)

Rachi commente : Moché désigne le Trône sous une forme abrégée : késs (כֵּס), et il emploie le Nom Divin de 2 lettres (ya – יָהּ) au lieu du Nom complet (יהוָה).
Cela nous enseigne que le Nom et le Trône de D. ne sont pas complets tant que subsiste Amalek.

Ainsi, nous avons le « Trône de D. » qui est incomplet : כֵּס יָהּ, et
– pour avoir le mot « kess » en entier, il manque un « aleph » pour parvenir à : kissé » (כסא) ;
– pour avoir le Nom d’Hachem complet, il manque le « vav » et le « hé » [יָהּ + וה soit : יהוָה].

=> C’est à cela que fait allusion le verset : « c’est Moi celui (ou – הוּא) qui suis votre consolateur » = Hachem nous consolera dans l’avenir au moyen du הוּא (celui), pour compléter Son Nom divin et Son Trône comme ils étaient au commencement.

« Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek sur le chemin … qu’il a frappé en toi ceux qui étaient en arrière … et il n’a pas craint D. … Tu effaceras le souvenir d’Amalek de dessous le Ciel, n’oublie pas! » (Ki Tétsé 25,17-19 ; cf. également paracha Béchala’h)

=> Dans ce verset, il y a une contradiction apparente : effacer le souvenir d’Amalek et « n’oublie pas ».

-> Le Ktav Sofer explique la différence :
– « Tu effaceras le souvenir d’Amalek » = nous devons totalement faire disparaître Amalek et tout ce qu’il représente.

[Le Rokéa’h dit que nous devons prier Hachem de supprimer Amalek à l’exterieur et en nous.]

– « N’oublie pas! » = mais cependant, n’oublie jamais ce qui a donné à Amalek la capacité et la force d’attaquer le peuple juif. C’est parce qu’ils se sont affaiblis dans leur étude de la Torah et qu’ils n’avaient pas de crainte de Hachem.

Nous ne devons jamais oublier que nous pouvons être attaqué par d’autres nations du monde à partir du moment où nous abandons la Torah et que nous manquons de crainte de D. En effet, sinon, nous sommes toujours protégés de toutes les nations du monde, quelque soit leur puissance.

-> Le ‘Hidouré haRim donne l’explication suivante :
« Tu effaceras le souvenir d’Amalek » = ce qui cause le fait que l’on oublie, c’est notre arrogance, comme il est écrit : « Ton cœur s’enorgueillira-t-il, et tu oublieras » (Ekev 8,14).

Amalek (עמלק) a la même guématria que : ram (élevé – רם).
Ainsi, c’est en supprimer l’orgueil qui est en nous, que nous pouvons en arriver à : « tu n’oublie pas ».

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-> Amalek (עמלק) a la même guématria que : « un dieu étranger » (אל אחר – él a’her).

Amalek fait tout pour retirer aux juifs la certitude que Hachem est l’Unique, le poussant petit à petit à croire qu’il y a d’autres dieux.
Nous devons le combattre en renforçant notre certitude que Hachem est l’Unique, infiniment supérieur à toute chose.
[le Imré Yossef]

-> Amalek (עמלק) a la même guématria que : ram (élevé – רם), car il était d’avis que Hachem est tellement élevé qu’il ne va pas se déshonorer en s’abaissant aux problèmes de notre monde, restant plutôt en hauteur (au Ciel).
C’est pour cela qu’il est écrit : « il n’a pas craint D. »
[avec cette logique : Puisque papa Hachem est en haut, alors en bas les souris peuvent danser!]

Dans le futur, Hachem démontrera clairement qu’il est responsable de chaque aspect de ce monde, et il donnera au peuple juif le pouvoir de supprimer la mémoire d’Amalek de « dessous le Ciel ».
[mesure pour mesure : Amalek a supprimé D. de ce monde, alors Hachem le supprimera et la Vérité deviendra éclatante]

Le pouvoir d’Amalek n’est pas apparent, il réside dans la pensée (du fait que D. est absent).
Pour lutter contre cela, nous devons accomplir de nombreuses actions positives et renforcer notre émouna en Hachem

[Rabbi Zvi Hirsch Friedman – Akh Pri Tévoua]

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+ « Et il dit : « Car la main est sur le trône de D. : Hachem entretient une guerre contre Amalek, de génération en génération ». » (Béchala’h 17,16)

En hébreu ce verset s’écrit : וַיֹּאמֶר, כִּי-יָד עַל-כֵּס יָהּ, מִלְחָמָה לַיהוָה, בַּעֲמָלֵק–מִדֹּר, דֹּר
Si l’on prend les 10 mots de ce versets (à l’exception du 1er : « vayomer » – et il dit), nous avons la même valeur numérique que : שְׁמַע יִשְׂרָאֵל ד’ אֱלֵֹקֵינוּ ד’ אֶחָד (Écoute Israël, Hachem est notre D., Hachem est Un).

C’est une allusion au fait que la guerre contre Amalek est essentiellement d’ordre spirituel, avec la lecture du Shéma (notre proclamation de foi, de l’Unité de D.).
En effet, lorsqu’une personne a une émouna totale en Hachem, elle a alors les forces pour vaincre le yétser ara, en lui retirer toutes ses forces.

[Amalek a la même guématria que « safék » (doute), ce qu’on n’a plus lorsque nous sommes armés de la émouna!]

[Rabbi Moché Yé’hiel Epstein – Béer Moché]

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+ « Tu effaceras le souvenir d’Amalek de dessous le Ciel » (Ki Tétsé 25,19)

Le Ciel se dit en hébreu : « שמים » (chamayim).
En descendant dans l’alphabet hébraïque, quelles sont les lettres qui viennent « en dessous » (après) celles de שמים?

Dans ce mot, il y a 3 lettres différentes : après le ש vient le ת ; après le מ vient le נ ; et après le י vient le כ.
Cela permet de former : תנך (Tana’h), qui est l’acronyme de : Torah, Névi’im et Kétouvim (תורה נביאים וכתובים), qui comprend toute la Torah Écrite.

=> Ainsi : « Tu effaceras le souvenir d’Amalek », mais avec quoi?
« de dessous le Ciel » : avec ce qui se trouve sous les lettres du mot Ciel (שמים) soit : le Tana’h (תנך).

En effet, par le mérite de la Torah, le nom d’Amalek sera effacé.

[le Adéret Eliyahou]

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+ « Souviens-toi de ce que t’a fait (עָשָׂה לְךָ) Amalek sur le chemin »

-> Amalek fait référence au yétser ara , et il fait en sorte que l’on agisse : « pour toi » (לְךָ), pour soi-même et non pas pour Hachem.

La guémara (Pessa’him 50b) fait remarquer :
– « Ta bonté s’élève jusqu’au Ciel (ad chamayim) » [Téhilim 57,11]
– « Ta bonté s’élève par-dessus le Ciel (méal chamayim) » [Téhilim 108,5]
=> La bonté de D. est-elle au-dessus ou bien en-dessous du Ciel?

Lorsque nous agissons de manière désintéressée (lichma), uniquement parce que telle est la volonté de D., alors nous sommes au-dessus du Ciel.
Tandis le cas contraire, nous restons en-dessous du Ciel.

Le verset dit : « Tu effaceras le souvenir d’Amalek de dessous le Ciel (mita’hat haChamayim) ».
=> Il faut supprimer notre yétser ara qui nous pousse à agir au mieux d’une manière intéressée (lo lichma), faisant que nous restons limité sous le Ciel.

Ainsi,nous devons tout faire pour agir d’une façon lichma afin de pouvoir monter toujours plus haut dans le Ciel, exprimer pleinement nos énormes potentialités, et être ainsi toujours plus proches de papa Hachem.

[le Yatsèv Avraham – רבי אברהם צבי גינצלער]

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+ « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek sur le chemin » (Ki Tétsé 25,17)

-> Le yétser ara fait tout pour que nous soyons tellement occupés par les problèmes de ce monde, que nous n’avons alors plus de temps à consacrer pour Hachem et Sa Torah.

Ainsi, la mitsva de toujours se rappeler de l’attaque d’Amalek, qui est venue en conséquence d’un relâchement dans notre service de D., nous permet de toujours se rappeler de Hachem et de Sa Torah.

[si tu veux éviter que Amalek te rende visite pour te pousser à te rapprocher de D. par ses attaques douloureuses, alors reste proche de papa Hachem dès maintenant!]

Par ailleurs, la mitsva de se souvenir de ce que t’as fait Amalek, est une allusion au fait de constamment observer les conséquences du fait d’avoir écouté notre yétser ara, « sur le chemin » dans cet exil.

[plus on se rend compte de ce qu’il nous a fait perdre de bien (du temps de vie, des mitsvot, …) et gagner de mauvais (ex: des souffrances en réparation de nos fautes, …), plus nous pourrons lui répondre la prochaine fois : Non, je ne t’écoute plus. Stop aux dégâts la vie est si courte!! Je perds tellement à t’écouter!!]

[basé sur des écrits du ‘Hida]

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+ « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek … il a frappé en toi ceux qui étaient en arrière »

-> Amalek a attaqué tous les Juifs. Le verset aurait dû donc dire : « Souviens-toi de ce que vous a fait Amalek ».
En fait, la force d’Amalek est d’attaquer les juifs qui se mettent à l’écart de la communauté et se séparent de l’ensemble du peuple.

Selon l’expression de nos Sages, il attaque ceux que les nuées de gloire ont rejeté, c’est-à-dire ceux qui se sont exclus.

C’est pourquoi, le verset dit : « Souviens toi de ce que t’a fait Amalek », au singulier, car Amalek ne peut endommager que ceux qui ne sont plus parmi la communauté, mais qui se sont divisés et qui ont mis leur individualité au-dessus de l’unité juive.

Mais quand tous les Juifs sont réunis et que la communauté est forte, toute entière rassemblée, alors Amalek perd toute sa force.

[Rabbi Bounim de Pchis’ha]

[nos divisions donnent de la force/puissance à Amalek, pour d’une certaine façon qu’il vienne nous unir dans la souffrance.
Nous devons prendre le mal à la racine, en combattant pour que l’unité, l’amour entre les juifs soit présent, plutôt que de se focaliser sur la conséquence : chercher à combattre les expressions de la puissance d’Amalek dans ce monde.]

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b’h, sur ce sujet,
-> il y a : https://todahm.com/2015/10/25/3841
-> et également : https://todahm.com/2018/03/05/effacer-amalek-de-nos-jours
-> et aussi : https://todahm.com/2014/08/08/reflexions-sur-la-difference-entre-amalek-et-le-peuple-juif

« Hachem combattra pour vous, et vous tenez-vous tranquilles » (Béchala’h 14,14)

-> Rabbi Elimélé’h de Lizensk (Noam Elimélé’h) commente ;

Toute existence est imprégnée d’étincelles de sainteté. Sans étincelles de sainteté, rien ne pourrait survivre dans l’univers.
L’étincelle de sainteté qui est prisonnière des nations du monde est jalouse de la pureté et de la sainteté du Peuple juif. C’est la racine de leur haine du juif.

C’est ce à quoi Moché faisait allusion quand il disait : « Hachem combattra pour vous » = Hachem faisant référence à l’étincelle Divine prisonnière des égyptiens. Cette étincelle est la source de leur hostilité. C’est cela la force qui vous livre combat.

Le mot hébreu : « ta’harichoun » (et vous tenez-vous tranquilles – תַּחֲרִשׁוּן), peut également être traduit par : « vous devez labourer » (du verbe ‘harach).
C’est la tâche spécifique d’Israël de labourer, c’est-à-dire de travailler dur pour libérer ces étincelles de sainteté prisonnières.
Quand cela se produira, les nations malfaisantes, ayant perdu leur force vitale, cesseront d’exister et la Présence Divine dominera.
Très bientôt, la fin de l’obscurité arrivera et la Rédemption finale se produira.

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-> « Le but de tous les exils du peuple juif aux 4 coins de la terre est de libérer les étincelles de sainteté qui sont emprisonnées dans ces endroits.
Lorsque les juifs quittèrent l’Egypte, la rédemption était totale, car il ne restait plus aucune étincelle de sainteté dans le pays, comme il est écrit : « de sorte qu’il dépouilla les égyptiens » (Bo 12,35).
La Rédemption finale d’Israël de l’exil ne surviendra que lors de l’arrivée du machia’h . Alors, toutes les étincelles de sainteté (nitsotsot hakédochim) dispersées dans le monde auront été libérées, tout comme elles l’ont été en Egypte. »
[rabbi Pin’has Horowitz – Panim Yafot – Yitro]

« La mitsva n’est pas de se souvenir que Amalek est venu nous attaquer, mais plutôt de se souvenir de la raison pour laquelle Hachem lui a permis de nous attaquer. »

[Rabbi Tsadok haCohen (Pri Tsadik)
– « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek » – Ki Tétsé 25,17]

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Amalek est le fils de Elifaz, et le petit-fils de Essav.

-> Le nom de son père : Elifaz (אליפז) est une combinaison des mots : « éli » (mon dieu – אלי) et « paz » (l’or – פז).
=> Ainsi, cela représente la notion de : « Mon dieu est mon or! »
Tout son système de croyance était dans son argent et ses possessions matérielles.
Plutôt que de croire en Hachem, son dieu réside dans tout ce qui « brille » extérieurement, dans ce que son égo désire sur le moment.

[notre yétser ara (le Amalek en nous) est tellement fort qu’il arrive à nous vendre des actions contraires à la volonté de D., comme des affaires en or massif!
Mais un juif doit vérifier la marchandise, et si nécessaire se rendre chez des experts (nos sages), car tout ce qui brille n’est pas de l’or.
Notre vie est ce que nous avons de plus précieux, dommage de se la faire voler par des tromperies sur la marchandise!]

-> Le nom Amalek (עמלק) est la combinaison de 2 mots : « am » (peuple – עם) et « malak » (décapiter – מלק), ce mot provient du concept de : « mélika » (מליקה) qui dans le service du Temple était la partie où le Cohen coupait la tête de l’oiseau que l’on allait sacrifier à Hachem.
=> Ainsi, Amalek a pour objectif de couper la connexion entre le peuple juif et leur source Divine, d’endommager la émouna qui nous lie à Hachem.

Amalek marche dans les voies de ses ancêtres, persuadé qu’il n’y a pas de D. dans ce monde, et en ce sens il passe son temps à essayer d’anéantir toute relation entre les juifs et Hachem.

« Lorsque les juifs observent fidèlement la Torah et les mitsvot, au point qu’ils sont prêts à sauter dans la mer [agitée], alors non seulement la mer s’ouvre, mais elle se transforme en une barrière protectrice qui les protège. »

[le rabbi de Loubavitch – rabbi Ména’hem Mendel Schneerson]

« Moché étendit sa main au-dessus de la mer au-dessus de la mer, et Hachem déplaça la mer par un vent d’est puissant toute la nuit » (Béchala’h 14,21)

-> Pour quelle raison était-il nécessaire que ce soit Hachem qui réalise le miracle de la mer Rouge (« Hachem déplaça la mer »)?
En effet, la Torah (Béchala’h 13,18) nous rapporte que les juifs étaient armés. Pourquoi ne leur a-t-Il ordonné de combattre avec leurs armes, entraînant une victoire par les moyens naturels.

Le ‘Hatam Sofer donne la réponse suivante.

Les juifs n’avaient pas le droit moralement de combattre les égyptiens.
En effet, ils devaient à l’Egypte une dette de gratitude, pour avoir bien voulu héberger notre Patriarche Yaakov et ses enfants.

Il est écrit : « N’aie pas en horreur l’égyptien, car tu as séjourné dans son pays » (Ki Tétsé 23,8)
Rachi commente : Entièrement, et bien qu’ils aient jeté tes enfants mâles dans le fleuve (Chemoth 1, 22). Et pour quelle raison? Parce qu’ils vous ont hébergés en période de détresse.

« Ne lance pas une pierre au fond du puits duquel tu as bu » (guémara Baba Kama 92b).

C’est ainsi que : « Hachem combattra pour vous et vous, gardez le silence! » (Béchala’h 14,14)
En effet, par reconnaissance il ne convenait pas que les juifs s’engagent dans une bataille contre les égyptiens, et c’est pour cela que « Hachem combattra pour vous ».

=> Combien à plus forte raison, devons-nous témoigner de la gratitude à Hachem, Source de toute chose, envers nos parents, …