« La mitsva n’est pas de se souvenir que Amalek est venu nous attaquer, mais plutôt de se souvenir de la raison pour laquelle Hachem lui a permis de nous attaquer. »

[Rabbi Tsadok haCohen (Pri Tsadik)
– « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek » – Ki Tétsé 25,17]

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Amalek est le fils de Elifaz, et le petit-fils de Essav.

-> Le nom de son père : Elifaz (אליפז) est une combinaison des mots : « éli » (mon dieu – אלי) et « paz » (l’or – פז).
=> Ainsi, cela représente la notion de : « Mon dieu est mon or! »
Tout son système de croyance était dans son argent et ses possessions matérielles.
Plutôt que de croire en Hachem, son dieu réside dans tout ce qui « brille » extérieurement, dans ce que son égo désire sur le moment.

[notre yétser ara (le Amalek en nous) est tellement fort qu’il arrive à nous vendre des actions contraires à la volonté de D., comme des affaires en or massif!
Mais un juif doit vérifier la marchandise, et si nécessaire se rendre chez des experts (nos sages), car tout ce qui brille n’est pas de l’or.
Notre vie est ce que nous avons de plus précieux, dommage de se la faire voler par des tromperies sur la marchandise!]

-> Le nom Amalek (עמלק) est la combinaison de 2 mots : « am » (peuple – עם) et « malak » (décapiter – מלק), ce mot provient du concept de : « mélika » (מליקה) qui dans le service du Temple était la partie où le Cohen coupait la tête de l’oiseau que l’on allait sacrifier à Hachem.
=> Ainsi, Amalek a pour objectif de couper la connexion entre le peuple juif et leur source Divine, d’endommager la émouna qui nous lie à Hachem.

Amalek marche dans les voies de ses ancêtres, persuadé qu’il n’y a pas de D. dans ce monde, et en ce sens il passe son temps à essayer d’anéantir toute relation entre les juifs et Hachem.

« Lorsque les juifs observent fidèlement la Torah et les mitsvot, au point qu’ils sont prêts à sauter dans la mer [agitée], alors non seulement la mer s’ouvre, mais elle se transforme en une barrière protectrice qui les protège. »

[le rabbi de Loubavitch – rabbi Ména’hem Mendel Schneerson]

« Moché étendit sa main au-dessus de la mer au-dessus de la mer, et Hachem déplaça la mer par un vent d’est puissant toute la nuit » (Béchala’h 14,21)

-> Pour quelle raison était-il nécessaire que ce soit Hachem qui réalise le miracle de la mer Rouge (« Hachem déplaça la mer »)?
En effet, la Torah (Béchala’h 13,18) nous rapporte que les juifs étaient armés. Pourquoi ne leur a-t-Il ordonné de combattre avec leurs armes, entraînant une victoire par les moyens naturels.

Le ‘Hatam Sofer donne la réponse suivante.

Les juifs n’avaient pas le droit moralement de combattre les égyptiens.
En effet, ils devaient à l’Egypte une dette de gratitude, pour avoir bien voulu héberger notre Patriarche Yaakov et ses enfants.

Il est écrit : « N’aie pas en horreur l’égyptien, car tu as séjourné dans son pays » (Ki Tétsé 23,8)
Rachi commente : Entièrement, et bien qu’ils aient jeté tes enfants mâles dans le fleuve (Chemoth 1, 22). Et pour quelle raison? Parce qu’ils vous ont hébergés en période de détresse.

« Ne lance pas une pierre au fond du puits duquel tu as bu » (guémara Baba Kama 92b).

C’est ainsi que : « Hachem combattra pour vous et vous, gardez le silence! » (Béchala’h 14,14)
En effet, par reconnaissance il ne convenait pas que les juifs s’engagent dans une bataille contre les égyptiens, et c’est pour cela que « Hachem combattra pour vous ».

=> Combien à plus forte raison, devons-nous témoigner de la gratitude à Hachem, Source de toute chose, envers nos parents, …

« A la mer Rouge, les juifs étaient largement plus nombreux que leurs poursuivants égyptiens, et pourtant ils n’ont pas pensé à se défendre, car ils gardaient toujours leur mentalité d’esclaves.

Le même principe s’applique chez chacun de nous dans sa bataille contre son yétser ara.
Si une personne se voit comme inférieure et se sent excessivement coupable, elle n’essaiera même pas de se battre contre ses pulsions négatives.
Puisqu’elle ne croit pas en elle et en ses capacités, une telle personne se décourage totalement.

Notre travail est de nous regarder d’une manière élevée, internalisant la certitude que nous avons un énorme potentiel (divin, puisque D. nous a créé à Son image!).

Soyons conscients de nos forces, et sachons que lorsque nous sommes décidés à être victorieux de nos pulsions (négatives), alors nous en serons victorieux. »

[Rav ‘Haïm Chmoulévitz – Si’hot Moussar]

« La mer Rouge ne s’est pas ouverte en une seule fois, mais plutôt petit à petit. En effet, alors que les juifs continuaient d’avancer dans le lit sec, [à chaque pas] la mer continuait de s’ouvrir devant eux.

Ceci est à l’image du miracle de la manne, qui ne survenait pas qu’une seule ou deux fois par mois, mais plutôt chaque jour il tombait [du Ciel] une nouvelle portion.

De cette façon, Hachem accoutumait leur nature à avoir confiance en Lui. Par le biais de cette émouna, Hachem rendait apte la Nation juive à recevoir la Torah. »

[Rabbénou Bé’hayé – Introduction Béchala’h]

-> « Fournir la subsistance (parnassa) à l’homme est aussi difficile que l’ouverture de la mer Rouge »
[guémara Pessa’him 118a]

-> « Il est aussi difficile de mettre ensemble [un mari et une femme] que l’ouverture de la mer Rouge »
[guémara Sotah 2a]

=> Est-ce que quelque chose peut être difficile à réaliser pour Hachem?

Nous allons voir b’h 2 explications, ci-dessous.

-> 1°/ La guémara (Sotah 37a) rapporte que lorsque les juifs se sont approchés de la mer Rouge, ils se sont inquiétés, se rendant compte d’à quel point la mer était profonde [et agitée]. Cependant, Na’hchon ben Aminadav a plongé, avançant jusqu’à avoir de l’eau lui arrivant à ses narines, et ce n’est qu’alors que la mer Rouge s’est divisée.

Selon le rabbi Its’hak Marinover, ont apprend de là que Hachem réalise des miracles pour une personne, tant qu’elle ne lève pas son nez vers haut, c’est-à-dire qu’elle tant qu’elle n’est pas orgueilleuse.

En effet, nos Sages (guémara Sotah 4b) affirment que D. dit au sujet d’un orgueilleux : « Moi et Lui, nous ne pouvons pas demeurer ensemble! »
Rabbénou Yona commente : « du fait que Hachem le tient en horreur, il ne bénéficie d’aucune aide divine. »

=> Na’hchon a été sauvé en provoquant l’ouverture de la mer pour tout le peuple juif, car il n’a pas levé son nez, le gardant hors de l’eau, en essayant de s’en sortir uniquement par ses propres moyens (je vais nager!).
D’un côté, il était conscient qu’il devait réaliser sa hichtaldout jusqu’au bout, mais d’un autre côté, il est resté convaincu que la finalité est à 100% dans les Mains de Hachem.

[de même que la mer a commencé brusquement à s’ouvrir, de même notre délivrance personnelle et collective peuvent arriver à tout instant, et ce d’une façon totalement inattendue.
A l’image de nos ancêtres, nous devons prier du plus profond de notre cœur, et également faire notre hichtaldout (se jeter dans le bain!).
De plus, pour que Hachem nous vienne en aide, nous devons être humble, nous reposant sincèrement sur Son aide.]

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-> 2°/ Les Tossafot (guémara Arakhin 15a) affirment que le trajet dans la mer Rouge avait la forme d’un demi-cercle, puisque les juifs ont émergé du même côté duquel ils ont pu y entrer, mais plus en amont.

Nos Sages (Pirké déRabbi Eliézer 42) enseignent que chacune des 12 tribus avait un chemin unique pour traverser la mer Rouge. Il y avait ainsi 12 demi-cercles concentriques, impliquant que les distances parcourues pouvaient être significativement différentes (très courtes proche du centre, et très longues vers l’extrémité).

Le rav Israël Reisman dit qu’il en est de même avec les chidou’him : certains rencontrent très rapidement leur conjoint, tandis que pour d’autres le chemin est beaucoup plus long.
Même si nous ne pouvons pas connaître à l’avance quel chemin Hachem nous a octroyé, nous devons toujours garder notre émouna, confiant que nous sommes sur le chemin voulu par D. et que la sortie peut avoir lieu à tout moment.

De même que l’ensemble du peuple a chanté la Chirat haYam, de même quelque soit la durée de la recherche de notre conjoint, nous ne devons pas oublier d’exprimer nos louanges de remerciement à Hachem, confiants que tout est pour le bien.

[d’ailleurs, lorsque cela se fait rapidement, au lieu de prendre cela pour la normalité de la vie, il faut doublement apprécier de ne pas avoir eut à subir les frustrations d’atteindre, et d’avoir à la place pu bénéficier des joies du couple, en avance sur les autres! ]

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-> « Fournir la subsistance (parnassa) à l’homme est aussi difficile que l’ouverture de la mer Rouge » [guémara Pessa’him 118a]

Le Alshich haKadoch écrit :
« Mais pourtant, l’ouverture de la Mer Rouge était un miracle, alors que la parnassa de l’homme semble venir de manière naturelle.
[notre yétser ara nous fait être ingrats envers D. : mon salaire arrive depuis des années par virement sur mon compte. J’ai travaillé, j’ai mon argent! ]
En vérité, la raison est que puisque l’homme n’est pas apte à recevoir un certain flux d’abondance, alors ce qu’Hachem lui donne par l’intermédiaire de la nature est considéré comme un aussi grand miracle que l’ouverture de la Mer Rouge. »

-> b’h, pour continuer à développer ce point :
https://todahm.com/2019/07/08/9701
https://todahm.com/2019/07/08/9693

« Le jour de mon Jugement, je n’aurai pas peur de la question : Pourquoi n’as-tu pas été comme Moché rabbénou?

La question que je me dois de garder à l’esprit est : Pourquoi est-ce que je ne suis pas parvenu à la totalité de ce que Israël Salanter aurait pu être? »

[Rabbi Israël Salanter]

[lors de la traversée de la mer Rouge, il y avait 12 passages, un par tribu. Notre vécu dans ce monde est unique, mais la question finale est la même : as-tu réussi à atteindre le maximum de TA personne?]