Les miracles de la manne

+ Les miracles de la manne :

b’h, quelques exemples :

1°/ La Torah fut donnée 20 jours après que la manne ait commencé à tomber. La manne tomba pour la 1ere fois le 16 Iyar (un mois après la sortie d’Egypte) et la Torah fut donnée le 6 Sivan.

La manne était une nourriture très spirituelle. Lorsque les juifs quittèrent l’Egypte leur esprit était encore trop brut pour recevoir la Torah, Hachem les nourrit donc de manne afin de les purifier afin de d’être ensuite dignes de recevoir la Torah.

La manne développait l’intelligence et la sensibilité spirituelle des juifs.
[C’est ainsi,] qu’au bout de quelque temps, ils méritèrent le nom de « génération de la connaissance » (dor déa).
Ils parvinrent à ce niveau grâce à la manne préparée dès le crépuscule de la Création. [Zohar]

[selon le Sifté Cohen, chaque jour la manne purifiait et rendait davantage spirituels chaque juif.]

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2°/ La manière dont tombait la manne était exceptionnelle.
Durant toute la nuit, un vent du nord soufflait qui glaçait le désert.
La pluie tombait et en lavait le sol. Ensuite, du sol montait de la rosée que le vent répandait sur toute la surface du désert, brillante comme une table d’or pure. C’était alors que la manne tombait sur la surface reluisante du désert.

C’est pourquoi la Torah dit que la manne tombait « sur la face du désert » (Chémot 16,14).
Elle tombait uniquement aux endroits nettoyés (pana) si parfaitement que l’on pouvait y voir son visage (panav) refléter sur le sol …

Elle tombait si délicatement que les juifs ne s’en rendaient pas compte …
Comme un sandwich, la manne était recouverte de rosée au-dessus et au-dessous.
Ainsi, était-elle protégée de la saleté, de insectes ainsi que des sables du désert.

A leur lever, les juifs récitaient leur prière, puis sortaient de leur tente où ils trouvaient toute la nourriture dont ils avaient besoin …

[D’ailleurs, de nos jours nous avons la coutume de placer une étoffe au-dessus et au-dessous des pains du Shabbath, en souvenir de la rosée recouvrant la manne au-dessus et en dessous.]

La manne tombait dans la maison et dans la bouche des juifs saints, ainsi qu’il est écrit : « [Hachem] fit pleuvoir sur eux la manne comme nourriture, Il leur octroya du blé du ciel » (Téhilim 78,24).
La manne leur tombait réellement dans la main, ils n’avaient plus qu’à la porter à leur bouche pour la manger.

Par contre, au sujet des réchaïm, la Torah dit : « Le peuple s’éparpilla et ramassa [la manne] » (Bamidbar 11,8). Ce verset implique qu’ils devaient aller loin dans le désert pour ramasser la manne …

[le Méam Loez enseigne que : le érev rav ne mangeait pas la manne dès qu’elle tombait, mais une fois qu’elle avait commencé à fondre au soleil. De plus, il ne pouvait pas la manger nature mais il la broyait, puis la pétrissait comme du blé, et il en faisait ensuite des gâteaux qu’il consommait (Bamidbar 11,8). Il n’en appréciait pas la nature spirituelle, c’était comme un produit végétal quelconque.]

Chaque nuit, de l’herbe poussait dans le désert pour nourrir les animaux des juifs.
Quelque fût la quantité qu’ils mangeassent, chaque matin, de l’herbe nouvelle avait poussé.

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3°/ De hautes montagnes de manne tombaient pour les juifs, et il existe une tradition selon laquelle la hauteur de la manne dépassait celle des eaux du Déluge de l’époque de Noa’h …
Par conséquent, puisque les eaux du Déluge atteignirent 15 coudées (Béréchit 7,20), la manne tombait à une hauteur de 60 coudées.

Des rois du monde entier venaient dans le désert pour assister à ce phénomène miraculeux.
Ils observaient les juifs tranquillement assis en train de manger leur manne.
Il est fait allusion à cela dans le verset : « Tu as disposé une table devant moi en présence de mes adversaires » (Téhilim 23,5).

Selon une autre opinion : [« Chaque jour, lorsque la manne tombait dans le désert, il y avait suffisamment de nourriture pour que le peuple tout entier puisse vivre pendant 2000 années.
Les juifs prenaient ce qu’ils avaient besoin pour la journée, et le reste fondait au soleil. » – midrach Téhilim 78]

C’est pourquoi, la Torah dit [littéralement] : « Le peuple sortit pour la ramasser, pour chaque jour de Son jour » (Chémot 16,4). Or, un jour de Hachem représente 1000 ans .
[ex: le monde existe sous cette forme pour maximum 6000, comme les 6 jours de la semaine avant le Shabbath]

La manne tombait chaque jour sur 2000 coudées (environ 800 mètres) autour du camp des juifs.
C’était la récompense des juifs pour avoir observé Shabbath, y compris les lois du té’houm, qui leur interdisaient de s’éloigner du camp de plus de 2000 coudées.

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4°/ Lorsque le peuple ramassait la manne, certains en prenaient une grande quantité et d’autres très peu.
Pourtant, lorsqu’ils rentraient dans leur tente et mesuraient leur récolte, ils trouvaient ni plus ni moins d’un omère pour chaque membre de la maison (Chémot 16,18).

Ce miracle avait pour but d’enseigner aux juifs qu’ils devaient se satisfaire de leur lot et ne pas rechercher de superflu.
Si un homme veut mériter la couronne de la Torah, il doit se satisfaire de ce qu’il possède et se dévouer au service de D.
De plus, puisque tous les juifs recevaient en fin de compte la même part de manne, la jalousie était inexistante.

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5°/ Bien que d’ordinaire, la manne que les juifs laissaient pour le lendemain pourrît et empestât, elle demeurait fraîche le Shabbath (Chémot 16,24).
C’était là un témoignage de la sainteté du Shabbath.

Lorsque la Torah déclare : « Hachem bénit le 7e jour » (Béréchit 2,3), elle fait allusion à la manne. [Rachi – Béréchit 2,3]

Le vendredi, il y avait une double part, comme il est écrit : « Le vendredi, ils ramassaient une double part de pain, 2 omères par personne » (Chémot 16,22).
Ce verset peut être interprété de 2 façons :
-> le vendredi, chacun en ramassait 2 fois plus que les autres jours, ce qui suffisait pour le vendredi et le Shabbath.
Hachem dit : « Le vendredi, Je vous ai donné du pain pour 2 jours » (Chémot 16,29) = une double part tombait le vendredi.

-> ou bien : il y avait une double part pour le Shabbath = Le vendredi les juifs ramassaient 3 omères par personnes : un pour vendredi et 2 pour Shabbath.
Ainsi le vendredi, ils ramassaient 2 omère par personne, mais le omère du Shababath, objet de la bénédiction, était équivalent à 2 omères (2 fois la quantité habituelle) …

Le Shabbath, la manne avait un meilleur goût encore que les autres jours.
Elle paraissait aussi plus brillante.

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6°/ La manne était la nourriture spirituelle des anges, concept incompréhensible pour un être humain.

Le peuple pouvait savourer, dans la manne, toutes sortes de goûts.
A la fin des déplacements dans le désert, Moché leur dit : « Ces 40 ans, Hachem votre D. a été avec vous, vous n’avez manqué de rien » (Dévarim 2,7).
Bien que les juifs n’eussent mangé que de la manne, ils n’en ressentirent aucune frustration.

Si une personne disait : « J’ai envie de faisan rôti » ou « J’aimerais bien un peu de gibier », la manne prenait immédiatement ce goût et cette consistance.

Les saints n’avaient même pas à exprimer ce désir verbalement : dès qu’ils y pensaient, la manne prenait exactement le goût de la nourriture qu’ils désiraient.

La manne pouvait prendre jusqu’à 546 goûts différents.
Il est écrit à ce propos : « Le fruit [de D.] m’est agréable (matok – מָתוֹק) au goût » (Chir haChirim 2,3).
La valeur numérique du mot « matok » est de : 546 …

Selon une opinion, non seulement la manne prenait-elle le goût et la consistance de tous aliments possibles, mais elle en prenait également la forme.
Elle prenait immédiatement la forme de ce que tout juif souhaitait manger.

Les seuls aliments auxquels la manne ne s’apparentait pas étaient ceux que les juifs mentionnèrent dans leur plainte : « concombre, melon, poireau, oignon et ail » (Bamidbar 11,5).
La raison en est que ces aliments sont malsains pour les bébés et les femmes enceintes. [guémara guémara Yoma 75a]
De plus, ces aliments lourds empêchent de se concentrer dans l’étude. [Pessikta – Béaaloté’ha]

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7°/ La manne était une nourriture spirituelle complètement assimilée par le corps, et qui ne laissait absolument aucun déchet.

Pour y faire allusion, la Torah qualifie la manne de « petits grains (mé’houpass) » (Chémot 16,14).
Le mot « mé’houpass » (מְחֻסְפָּס) a une valeur numérique de 248, le nombre de membres du corps humain.
Ce mot fait donc allusion au fait que la manne était absorbée par les 248 parties du corps et ne laissait pas le moindre déchet.

[Selon le Méam Loez : Au cours de la 1ere année, les juifs se plaignirent (Bamidbar 11,6), et à partir de ce moment ils devaient se soulager uniquement pour la nourriture achetée aux nations voisines, qui n’était alors plus absorbée totalement par le corps, contrairement à la manne.
A la fin des 40 ans, lorsqu’ils se plaignirent à nouveau de la manne (Bamidbar 21,5), c’est alors qu’ils perdirent cet avantage, ils devaient se soulager à nouveau même pour la manne.
De ce point de vue, ils n’étaient plus différents des animaux, alors qu’avant ils ressemblaient aux anges.]

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8°/ Selon la guémara (Béra’hot 57b), la manne avait un goût [extrêmement savoureux] : « 60 fois plus doux que le miel » …

Bien que la manne prenait le goût recherché par celui qui la mangeait, elle avait généralement le goût du lait pour les nourrissons, du pain pour les jeunes gens et du miel pour les vieillards.

Le goût naturel de la manne était donc celui qui convenait le mieux à chacun. Il arrive parfois que l’on en réfléchisse pas à ce que l’on fait, et que l’on ne veille pas à éviter les aliments nocifs.
Hachem fit donc que la manne prenne automatiquement le goût et la consistance la plus bénéfique pour celui qui la mangeait, sans qu’il n’ait à y penser.

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9°/ Le vent du nord soufflait au-dessus du Gan Eden et apportait aux juifs toutes sortes d’arômes exquis. Ainsi, jusqu’à l’odeur de la manne était très rafraîchissante. [Zohar]

Elle parfumait les femmes juives au point que durant les 40 années passées dans le désert, elles n’eurent pas besoin d’autre parfum.

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10°/ Pour les juifs, toutes sortes de pierre précieuses tombaient avec la manne.

Les dirigeants les ramassaient et les gardaient en sûreté.
Moché avait instruit que seuls les dirigeants prissent les pierres précieuses pour les utiliser plus tard, pour la construction du Michkan.

[ils y avaient un grand nombre d’autres pierres précieuses emportées d’Egypte et de la mer Rouge, mais elles ne convenaient pas à la réalisation d’objets précieux/kadoch comme le Pectoral et l’éphod du Cohen Gadol.]

Selon Rabbénou Bé’hayé, pas toutes ces pierres ne furent utilisées pour le Michkan, mais par son mérite, des pierres précieuses et des perles tombèrent dans le désert avec la manne durant 40 ans.

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11°/ La manne restait sur le sol durant les 4 premières heures du jour. Ensuite, lorsque les juifs avaient terminé leur cueillette, elle fondait en ruisseaux qui se jetaient dans la mer.

Ces ruisseaux étaient si profonds qui’il était possible d’y nager.
Des animaux venaient de loin pour y boire, si bien que les juifs pouvaient les capturer et s’en nourrir.
Les nations voisines capturaient elles aussi ces animaux, et constataient qu’ils avaient un goût délicieux et inhabituel en raison de la manne. Ainsi, tous eurent connaissance de ce que D. offrait à Israël.

Cependant, si les non-juifs buvaient l’eau de ces ruisseaux, elle était amère comme la galle.
[même pour les juifs la manne fondue n’était pas consommable, afin que l’on n’en gardât pas d’un jour pour l’autre.]

La manne restante fut gardée pour les saints au Monde futur.
Quiconque a foi en la Torah méritera d’en manger dans le futur. Par contre, les incroyants ne pourront pas même la voir.

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12°/ La manne que Hachem prescrit de garder dans un récipient se conserva de nombreuses années.
Alors que la manne fondait à la chaleur du soleil, celle gardée dans le récipient resta intacte et visible jusqu’à la destruction du 1er Temple, près de 900 ans plus tard. [Abarbanel] …

Avant la destruction du 1er Temple, 5 choses furent dissimulées dans une catacombe sous la pierre d’assisse (évène chétia) : l’Arche du Témoignage, les Tables des 10 Commandements, le bâton d’Aharon, l’huile d’onction et le récipient de manne. [Yalkout Réouvéni]

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13°/ Hachem envoya aux juifs des oiseaux appelés « slav » [généralement traduit par « cailles »].
Les oiseaux volaient à 2 coudées du sol si bien qu’il n’y avait qu’à étendre la main pour les capturer. Il n’était pas même nécessaire de se pencher pour s’en saisir.
[…]

Durant la 1ere année, la caille accompagnait la manne chaque jour mais Hahem ne s’irrita pas contre le peuple puisqu’il ne consommait qu’une petite quantité de viande.
L’année suivante, à Kivrot hataava (Bamidbar 11,4-34), le peuple protesta que cette quantité était insuffisante. [Abarbanel ; Kli Yakar]

Durant les 40 ans que les juifs passèrent dans le désert, il y eut des cailles (slav) tous les jours.
La nuit, la manne tombait et en fin d’après-midi, la caille apparaissait.
La Torah insiste sur la fait que « les juifs mangèrent la manne pendant 40 ans » (Chémot 16,35) pour la seule raison que la manne représentait un miracle manifeste.
La caille pouvait, quant à lui, être interprété comme un phénomène naturel.

Ainsi, les juifs avaient à la fois, la manne et la caille durant 40 ans dans le désert. Ils avaient également le puits miraculeux [de Myriam] qui les suivait partout ». [Rabbénou Bé’hayé]

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-> D’après la tradition, la manne cessa de tomber le 7 Adar, à la mort de Moché.
Recueillie ce jour-là par les juifs, elle dura jusqu’au 16 Nissan, ce qui constitue un miracle évident.
[ils en mangèrent jusqu’après avoir traversé le Jourdain, et être entrés en Terre sainte (cf. Yéhochoua 5,12).]

[b’h, compilation personnelle des divré Torah du Méam Loez (Béchala’h 16,36)]

« Hachem combattra pour vous, et vous gardez le silence » (Béchala’h 14,14)

-> Le midrach dit que Hachem se bat contre les anges [responsables des nations] qui élève des accusations contre le peuple juif.
Hachem rejette leurs arguments, en déclarant que les juifs sont néanmoins meilleurs que les autres nations du monde.

Cependant, lorsque Satan accuse les juifs de parler dans les synagogues et les lieux d’étude, contrairement aux nations du monde qui s’assoit en silence [durant leur prière], alors pour ainsi dire, Hachem n’a rien à répondre.

Cela est sous-entendu dans le verset : « Hachem combattra pour vous » = Il va combattre pour nous contre les nations du monde, mais cependant cela n’est possible que si : « vous gardez le silence » pendant la prière.
Si nous y parlons alors D. ne combat pas les nations pour nous.

[au nom de rabbi Yéivi]

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-> Chaque synagogue et lieu d’étude dans le monde, possède une synagogue et un lieu d’étude correspond dans le monde Supérieur.
Ainsi, nous devons être vigilant à n’y parler aucune parole qui n’est pas liée à la Torah et à la prière.

[Parler dans une synagogue] est similaire à discuter avec un roi et brusquement se détourner de lui en disant : « Mon seigneur, le roi, je ne peux pas parler avec vous, car je préfère parler de choses qui m’intéresse. »
Cela éloigne la Présence Divine de ce monde [éloignant les flux de bénédictions, et laissant alors place aux malheurs].

[Avodat Israël – Pirké Avot 5,7]

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-> Malheur à la personne qui a une discussion quelconque dans une synagogue.
Malheur à lui pour avoir [ainsi] développer une division dans les mondes supérieurs.
Malheur à lui d’avoir diminué la foi.
Malheur à lui, parce qu’il n’a pas de part dans le D. d’Israël.
Il agit comme s’il n’avait pas de D., et qu’il n’a pas de part en Lui (Hachem), et qu’il ne Le craint pas.
[En agissant ainsi,] il exprime un manque de respect pour les effets surnaturels que nous provoquons à chaque prière.
[Zohar 2,131b]

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-> b’h, également sur ce sujet : http://todahm.com/2016/12/26/la-gravite-de-parler-a-la-synagogue

Hachem nous aime!

+ Hachem nous aime! (paracha Béchala’h) :

« Hachem allait devant eux le jour dans une colonne de nuée pour leur montrer le chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu’ils puissent voyager de jour et de nuit. » (Béchala’h 13,21)

-> Un roi jugeait son peuple, ses fils à ses côtés.
Alors qu’ils se rendait au palais, le roi saisit une torche et marcha devant ses fils pour les éclairer.
Ses ministres se proposèrent de lui tenir la torche en disant : « Nous voudrions marcher devant vos fils et les éclairer ».
Le roi répondit : « Non. La raison pour laquelle je tiens moi-même la torche n’est pas que je manque de serviteurs. Je veux montrer à tous combien j’aime mes enfants. Lorsque les gens verront cela, ils honnoreront mes fils à leur tour. »

=> De même, Hachem voulait montrer au monde entier Son amour pour les juifs. Il voulait que toutes les nations respectassent et honorassent Ses enfants. Il portait donc devant eux une « torche » : la colonne de nuée le jour, et la colonne de feu la nuit.
[…]

La colonne de feu n’avait pas l’apparence d’un grande torche dont la lumière n’est pas très puissante et n’éclaire que ceux qui se trouvent à proximité. Au contraire, elle offrait une lumière [pendant la nuit] aussi forte que celle du jour …

Hachem envoya 7 Nuées de Gloire pour protéger Israël.
6 nuages entouraient les juifs des 4 côtés, au-dessus et au-dessous, les protégeant des intempéries ainsi que des serpents et des scorpions au sol.
Les nuages les transportaient jour et nuit tel un immense paquebot.
Le 7e nuage avançait à leur tête, aplanissant collines et vallées pour leur préparer une route lisse. Ce nuage précédait les juifs d’une distance de 3 jours de marche.
[le transport était ainsi le plus agréable possible, sans la moindre secousse!]

[Méam Loez (Béchala’h 13,21 ; chap.5)]

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+ « Vers la fin de la nuit, Hachem baissa le regard vers le camp égyptien par la colonne de feu et de nuée. Il jeta la confusion dans le camp égyptien. » (Béchala’h 14,24)

-> A ce moment les anges voulurent chanter leur louange, mais Hachem dit : « Mes armées en bas souffrent. Comment pouvez-vous chanter? »

Hachem parlait des juifs terrorisés à la vue des égyptiens chargeant à leur poursuite. Ils étaient pris au piège dans la mer, serrés entre 2 murs d’eau et poursuivis par leurs ennemis mortels.D’un instant à l’autre, les égyptiens allaient les rattraper.
A cause de la terreur des juifs, Hachem empêcha les anges de chanter.

=> Ceci nous montre à quel point Hachem aime Son peuple. Pendant leur souffrance, Il ne voulait pas entendre la louange des anges.
Hachem dit : « Je suis avec [Israël] dans sa souffrance » (Téhilim 91,15) …

Par ailleurs, D. ne désire pas la mort des réchaïm mais leur perfectionnement. Il les préfère forts et en bonne santé pour Le servir …
[Cependant,] lorsqu’un peuple fait du mal aux juifs, Hachem le punit même avant son temps [avant que le moment qui leur est accordé pour se repentir a pris fin].

C’est pourquoi Hachem noya les égyptiens qui poursuivaient les juifs.
Quiconque attaque Israël peut être puni même avant son temps.
Dans ce cas, il y a une grande tristesse devant Hachem.
Mais lorsque la mesure des réchaïm est atteinte et que leur temps est passé, leur châtiment Lui cause de la joie.

[Hachem ne laissa pas chanter les anges, pour attendre l’aube où le monde entier constaterait la puissance de D., et on célébrerait alors la sanctification de Son nom.]

[Méam Loez – Béchala’h 14,23-24]

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+ « Les eaux reflueront sur l’Egypte, leurs chars et leur cavalerie » (Béchala’h 14,26)

-> La Torah dit littéralement : « les eaux reviendront sur l’Egypte »
Leur plan d’extermination des juifs par l’eau revint à présent contre eux : ce fut eux qui se noyèrent.

Il y avait une autre raison pour laquelle les égyptiens méritaient de mourir noyés : la peine encourue pour l’adultère est la strangulation.
Israël étant la fiancée de D., l’asservissement que lui fit subir l’Egypte constituait un acte d’adultère. Or la noyade est un des aspects de la strangulation.

[Méam Loez – Béchala’h 14,26]

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-> b’h, un dvar Torah sur la traversée de la mer Rouge : http://todahm.com/2018/02/20/la-traversee-de-la-mer-rouge

-> Le Méam Loez (Béchala’h – chap.5) rapporte la liste des 50 miracles qui se sont produits à la mer Rouge.

Voici une compilation personnelle, de quelques incroyables miracles que D. a fait pour nous, et qui nous aide à développer notre confiance et notre amour en Hachem :

-> 1°/ La mer méritait d’être punie pour avoir à l’origine refusé de s’ouvrir sur l’ordre de Moché, et ce même après qu’il lui eût montré le bâton portant le Nom Divin.
Son châtiment consista à être d’abord solidifiée, puis fendue comme un morceau de bois dur.

Deuxièmement, D. ne voulait pas que l’on pût croire à un phénomène naturel. Par conséquent, la mer se solidifia avant de se fendre.
Par conséquent, la mer se solidifia avant de se fendre.
Lorsque les égyptiens avancèrent sur le lit de la mer, l’eau reprit sa forme liquide et les y noya.

Il y eut un double miracle : la mer se solidifia comme des montagnes des 2 côtés des juifs, mais cette mer solide et salée leur offrit de l’eau fraîche et potable, alors que la chaleur faisait souffrir les égyptiens de soif.
Il est écrit en allusion : « Il transforme un étang en rocher ; [puis] une pierre dure en fontaine d’eau » (Téhilim 144,8) …

Tous les juifs avaient de l’eau potable pour eux, et pour leur bétail.
Ils pouvaient trouer de leurs doigts les murs d’eau séparant les tribus et faire couler comme des fontaines des ruisseaux d’eau fraîche …
Dès qu’ils avaient terminé de boire d’une fontaine coulant des murs qui les entouraient, l’eau se solidifiait.

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-> 2°/ En ce 7e jour de Pessa’h, toutes les eaux du monde s’ouvrirent.
La Torah ne dit donc pas : « la mer fut divisée », mais « l’eau fut divisée » (Béchala’h 14,21).

Ce miracle s’étendit aux rivières, aux citernes et aux puits, ainsi qu’à l’eau recueillie dans les carafes, les tonneaux et les bouteilles.
En voyant toutes les eaux se fendre en 12 percées, les peuples du monde entier furent effrayés.
Les nations du Moyen-Orient vinrent trouver Bil’am pour lui demander la signification de cet étranger phénomène.
[…]

Lorsque l’eau dans les carafes, les tonneaux et les bouteilles se fendit, elle le fit jusqu’au fond du récipient. L’eau déplacée remonta sur les côtés.

Le seul cours d’eau qui ne se divisa pas de cette façon était le Jourdain, qui inversa son cours pour laisser le lit du fleuve sec.
Telle est la signification du verset : « le Jourdain retourna en arrière » (Téhilim 114,3).
Par contre tous les autres fleuves se fendirent dans la longueur.

L’eau coulait sur les côtés, laissant un passage sec au milieu. Ensuite, les fleuves se solidifièrent comme et se dressèrent comme un mur le long de leur courant.

Le grondement de la mer Rouge résonna à travers le monde entier, comme il est écrit : « les nations entendirent et tremblèrent » (Béchala’h 15,14).

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-> 3°/ La mer formait comme une tente qui couvrait les juifs de tous côtés … Hachem perça la mer par le bâton de Moché, formant une grotte dans laquelle, protégée de toutes parts, marchèrent les juifs …

Ce phénomène constituait la récompense des juifs pour avoir placé le sang du sacrifice de Pessa’h sur les 2 montants et le linteau de leur porte. Comme le sang entourait la porte, ainsi la mer formait-elle un tunnel au cours de leur traversée.

De plus, un si grand nombre de juifs furent circoncis la nuit avant la sortie d’Egypte que le sol fut recouvert de leur sang figé. A présent, Hachem figea la mer en leur honneur.
Comme toujours, la récompense correspondait à l’acte.

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-> 4°/ Au cours de la traversée, lorsque les enfants se mirent à pleurer, Hachem produisit pour les calmer, des fruits et des friandises qui sortirent des murs du tunnel …

D. donna aux juifs de la nourriture et des friandises lors de la traversée de la mer Rouge. Ils y eurent autant de fruits que dans un verger.
De plus, Hachem parfuma le chemin des juifs des arômes les agréables.
Il est dit à ce sujet : « Il rendit la mer comme une parfumerie » (Iyov 41,23) …
Les vents exhalèrent les odeurs du gan Eden dans la mer qui coulait comme du parfum.

Des plantes poussèrent dans le lit de la mer pour nourrir les animaux des juifs.

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-> 5°/ Malgré la présence de profonds abîmes et de crevasses dans le lit de la mer, les juifs marchèrent sur un terrain lisse. Dans les zones profondes, l’eau resta en place et se solidifia, permettant aux juifs de marcher sur l’eau durcie.
Il est écrit : « Les profondeurs durcirent au cour de la mer » (Béchala’h 15,8).

Bien que le lit de la mer fût dur comme la pierre pour les juifs, la colonne de nuée le transforma en boue lors de la traversée des égyptiens.
Puisqu’ils avaient forcé les juifs à passer leurs journées dans la boue, ils y furent eux aussi embourbés jusqu’aux genoux.
En plus de cela, la colonne de feu rendit cette boue si brûlante que les chevaux en perdirent leurs sabots.

Bien que boueux, le sol était aussi dur que la pierre quand les égyptiens tombaient et ils s’y brisèrent les os. De même, l’eau qui s’abattait sur eux des 2 côtés était aussi dure que de la pierre.
L’eau devint si dure qu’elle fracassa la tête des égyptiens.

-> 6°/ Les flèches et missiles que les égyptiens lançaient contre les juifs se retournaient contre eux.
De plus, des pierres, de la grêle et des braises ardentes s’abattaient du ciel sur les égyptiens.

-> 7°/ L’eau poursuivit et noya les égyptiens qui réussirent à regagner le rivage.
Certains utilisèrent leurs pouvoirs occultes pour échapper aux eaux, mais l’ange gardien de la mer les poursuivit sans merci.

Par exemple, 2 des sorciers les plus renommés d’Egypte : Yohni et Mamré, utilisèrent leurs pouvoirs pour s’élever dans l’espace au moment où les eaux se refermèrent.
L’ange Mikhaël les saisit par leur chevelure sacrée et les précipita au fond de la mer.

Pharaon emmena avec lui 600 chars transportant les plus grands sorciers d’Egypte.
Soudain, une main immense, sur laquelle étaient inscrits tous les symboles magiques du monde, apparut dans le ciel. Tous les sorts que les magiciens égyptiens tentaient de lancer étaient renversés par cette main
La Torah dit à ce sujet : « Israël vit la grande Main avec laquelle Hachem avait agi contre l’Egypte » (Béchala’h 14,31).

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-> 8°/ Hachem souleva le pays d’Egypte afin que les survivants, restés chez eux, assistassent à la débâcle de leur armée.
En effet, le verset dit : « L’Egypte dit : Fuyons devant Israël! D. combat en leur faveur en Egypte » (Béchala’h 14,25).
Bien que l’Egypte se trouvât à plusieurs journées de marche de la mer, les égyptiens restés au pays virent jusqu’aux visages des soldats noyés.

Hachem « combattait en leur faveur en Egypte » = d’une autre façon également : la mer souleva d’immenses montagnes d’eau qui gagnèrent l’Egypte et noyèrent un bon nombre d’égyptiens restés chez eux.
Quant aux soldats, ils virent depuis la mer leur pays en flammes.

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-> 9°/ Chaque juif reconnut sur le rivage son maître d’autrefois, maintenant totalement impuissants (mourants).

A ce moment là, les juifs virent également l’ange gardien de l’Egypte mort.
Ainsi, la Torah dit : »Israël vit l’Egypte (au singulier) mort sur le rivage » (Béchala’h 14,30).
La Torah n’emploie pas le mot « mort » au pluriel (métim), mais bien au singulier (mét), car elle fait référence l’ange gardien de l’Egypte.

Le fait que les juifs aient pu voir de leurs yeux une entité spirituelle constituait un grand miracle.

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-> 10°/ Lorsque Pharaon poursuivit Israël, il emmena avec lui de nombreux soldats étrangers.
Bien que ceux-ci fussent également balayés par la mer, ils ne se noyèrent pas. La mer choisit uniquement les égyptiens.

En effet, la Torah dit : « Pas un ne survécut parmi eux » (Béchala’h 14,28). L’emploi « parmi eux » (bahèm) plutôt que « d’entre eux » (méhem), vient nous apprendre qu’aucun égyptien ne survécut parmi les soldats étrangers.

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-> 11°/ Bien que Pharaon eût mené ses troupes au combat, il fut épargné afin de pouvoir relater au monde entier la puissance de D.

De plus, Pharaon se repentit en voyant la mer approcher vers lui pour l’engloutir.
Alors qu’il avait dit : « Qui est D. que je doive écouter Sa voix? » (Chémot 5,2), il s’exclama à présent : « Qui est comme Toi, ô D., parmi les puissants? » (Béchala’h 15,11).

Au lieu de rentrer en Egypte, Pharaon s’établit à Ninvé où il devint un important gouverneur.
Après avoir perdu toute l’armée égyptienne, il eut honte de retourner dans son pays.
Sous son influence, Ninvé allait devenir, à l’époque de Yona, le modèle du repentir.

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-> 12°/ Aucun juif ne perdit même un seul de ses bagages dans la mer.

De plus, la mer rejeta sur le rivage, en plus des soldats égyptiens, tous les trésors royaux qu’ils avaient emportés avec eux au combat. [Pharaon les ayant distribuait aux soldats pour les motiver à partir en guerre.]

Les juifs s’emparèrent alors d’un butin encore plus abondant que les richesses privées emportées à leur sortie d’Egypte …
[le midrach Chir haCharim (1,11) comparent la différence entre ces 2 butin à : des « paillettes d’argent » face à des « chaînons d’or » (le trésor royal).]

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-> 13°/ L’ange de la mer comme celui de la terre refusaient de garder les égyptiens.
Lorsque la mer rejeta les égyptiens sur la plage, la terre les renvoya dans l’eau.
Ceci se produisit à plusieurs reprises, si bien que les égyptiens furent rejetés de la terre à la mer comme des ballons.

[Finalement,] Hachem accorde aux égyptiens un enterrement honorable car :
– toute l’Egypte accompagna Yaakov avec de grands honneurs (Béréchit 50,7), lorsque celui-ci fût amené pour être enterrée en Canaan.
Hachem récompensa les égyptiens en leur accordant d’être enterrés ;
– D. récompensa Pharaon d’avoir admis : « D. est juste » ;
– Hachem avait accompli tous ces miracles et fait connaître Sa grandeur au monde entier à cause des égyptiens. Ils méritaient donc une récompense pour avoir servi d’instrument au dévoilement de D.

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-> 14°/ Hachem ramena Yaakov à la vie …
En effet, au moment de la traversée de la mer Rouge, D. réveilla Yaakov et lui dit : « Lève-toi. Vois tes enfants quitter l’Egypte. Vois les miracles que J’accomplis pour eux ».

Conduisant Yaakov à la mer Rouge, D. lui montra les égyptiens morts.
La Torah y fait allusion dans le verset : « Israël (Yaakov) vit les égyptiens morts sur le rivage » (Béchala’h 14,30).

Les juifs virent aussi Yaakov, et dans leur cantique, dirent : « C’est mon D. et je Le glofierai, le D. de mon père (Yaakov) et je L’exalterai » (Béchala’h 15,2).

Il est également écrit : « Sous les yeux de leurs pères, Il fit des prodiges » (Téhilim 78,12).
Hachem accomplit le miracle de la mer Rouge sous les yeux de Yaakov.

Ceci explique également la structure du verset : « Israël (Yaakov) vit la grande Main avec laquelle D. avait agi contre l’Egypte et le peuple craignit D. » (Béchala’h 14,31). La Torah mentionne d’abord « Israël » puis « le peuple ».

Selon une autre opinion, Hachem ressuscita les 3 Patriarches : Avraham, Its’hak et Yaakovv, et les posta sur la rive de la mer Rouge pour qu’ils assistent au miracle.
Les juifs chantèrent donc : « Je chanterai à D. car Il est haut (gaa) » (Béchala’h 15,1). Le mot : gaa (גָּאָה) est un acronyme des mots : guimél avot haolam (les 3 Pères du monde = les Patriarches).

[De plus, ]Les juifs portaient les 12 fils de Yaakov pour les enterrer en Terre Sainte. Tous furent ressuscités pour assister au miracle de la mer Rouge.

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-> 15°/ Avec le Cantique de la mer Rouge, chanté mot à mot avec Moché, même les enfants et les personnes les plus simples parvinrent au niveau spirituel de prophètes expérimentés.
La preuve est que tous les juifs ont récité le cantique comme une seule personne, sans répétition, uniquement parce qu’ils connaissaient les mots par inspiration prophétique.

Les juifs eurent une vision des anges et de toute l’Assemblée Céleste. Ils virent également Jérusalem et le Temple céleste.
Ils atteignirent un degré de prophétie supérieur à celui d’Ekhezkiel …

D’après la guémara, même les embryons se trouvant dans le ventre de leur mère pouvaient chanter, la matrice se transformant en une sorte de chambre spacieuse et éclairée.
Rabbi Lévi dit qu’à la fin du cantique, les embryons retournèrent à leur état normal dans le ventre de leur mère, et les nourrissons, ayant fini de chanter reprirent le sein.

-> « Hachem allait devant eux, le jour, dans une colonne de nuée pour les diriger sur la route et la nuit, dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu’ils puissent marcher jour et nuit » (Béchala’h 13,21)

-> On remarque que 2 parachiot plus tard, il est écrit : « Voici, J’envoie devant toi un ange pour te garder sur le chemin et pour te conduire au lieu que J’ai préparé pour toi » (Michpatim 23,20).

-> Les juif, face à la mer, furent saisis de frayeur devant les égyptiens qui les poursuivaient : ils placèrent alors toute leur confiance en Hachem.
C’est pourquoi, ils bénéficièrent de la conduite de Hachem (« Hachem allait devant eux »).

Cependant quand leur confiance s’amoindrit, même s’ils savaient pertinemment que le puits, la manne et les nuées venaient de Lui, ils ne se sentirent plus en danger comme au moment de la traversée de la mer Rouge.
Ainsi, l’assistance Divine s’estompa, et ce ne fut qu’un ange qui les conduisit.

=> Le rav ‘Haïm Friedlander conclut que la conduite de Hachem dépend de la confiance que l’homme Lui accorde. En effet, l’aide Divine que nous recevons est proportionnelle à l’intensité de notre reconnaissance que tout vient de Hachem, à notre confiance en Lui.

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[par nature l’homme n’aime pas avoir des dettes de gratitude envers autrui. Cela est valable envers Hachem, avec qui nous oublions tellement facilement à quel point Il nous donne à chaque moment.
De plus, la routine et les préoccupations de notre vie, nous empêchent de se poser quelques instants pour développer en nous des sentiments d’appréciation pour ce que Hachem fait pour nous.
=> Ainsi, nous devons constamment travailler pour reconnaître et apprécier ce que D. fait pour nous, et de là développer une confiance pour la suite!
Plus nous allons dans cette direction, plus Hachem ira dans la nôtre, se rapprochant alors de nous! Quel kiff ultime!!!
Plus nous apprécions ce que D. fait pour nous, plus Il nous enverra davantage de belles choses dans la vie, pour que nous ayons encore davantage d’occasions de le remercier!]

« Ce fut (vayéhi) lorsque Pharaon eut renvoyé le peuple » (Béchala’h 13,17)

-> Nos Sages (guémara Méguila 10b) expliquent que lorsque la Torah emploie ce terme, elle veut exprimer la souffrance.

Ainsi, ici il s’agit de la souffrance matérielle ressentie par Pharaon suite à la libération des juifs et de leur départ d’Egypte, car ils étaient pour lui une main-d’oeuvre abondante et gratuite.

Cependant, le midrach (Chémot rabba 20,7) nous enseigne d’une autre manière la douleur de Pharaon.
Il s’est dit : « Lorsque les juifs se trouvaient en Egypte et que Hachem Lui-même avait besoin de moi, il m’envoyait Moché pour me demander de les libérer. J’étais alors important devant Lui et j’étais honoré! »
Ainsi, c’est cet honneur perdu qui le fit souffrir.

Le rav David Povarsky explique que l’âme de Pharaon ressentait une certaine souffrance de son éloignement de Hachem, car comme tout homme, Pharaon était formé d’un corps et d’une âme, et dans sa souffrance matérielle se mêlait une souffrance spirituelle.

Le rav Povarsky conclut que dans toutes nos actions le corps et l’âme interviennent.
Le but de la vie est que l’âme (néchama) prenne le dessus, et finisse par purifier au maximum l’intention des mitsvot, afin qu’elles soient toujours faites en l’honneur de Hachem.

[en s’épanouissant spirituellement, on en vient à être heureux de ce que l’on a, ce qui apporte une paix intérieure totale.
A l’inverse, en cherchant en priorité l’épanouissement matériel, on ne peut jamais être vraiment satisfait, car par nature nous désirons toujours davantage (nous souhaitons ce que nous n’avons pas, au lieu de profiter de ce que l’on a!), et en venons à négliger notre âme, entraînant une souffrance interne!
Si même Pharaon souffrait de son éloignement avec Hachem, alors à combien plus forte raison cela est-il vrai pour nous!!]

« Ils marchèrent pendant 3 jours dans le désert et ne trouvèrent pas d’eau » (Béchala’h 15,22)

-> La guémara (Ta’anit 7a) affirme : « l’eau, c’est la Torah ».

Nos Sages (Mékhilta) en déduisent que les juifs ont négligé l’étude de la Torah (l’eau) pendant 3 jours, et qu’en conséquence, ils ont chuté jusqu’à la rébellion.
=> C’est à cause de cet épisode que les prophètes ont institué la lecture de la Torah le Shabbath, le lundi et le jeudi, pour éviter de laisser passer 3 jours sans Torah.

-> Le Kli Yakar explique que le peuple, occupé à amasser du butin sur le rivage au point d’en négliger l’étude de la Torah, comparée à l’eau, a commis une faute pour laquelle ils ont été punis par un manque physique/réel d’eau.

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-> Le Ben Ich ‘Haï (Ben Yéhoyada – guémara Baba Kama 82a) nous enseigne :
Les jours du lundi et jeudi, durant lesquels nous devons lire la Torah, ont été choisis afin de rappeler aux juifs que le but de ce monde est la Torah.

Il y a 2 témoins : le ciel et la terre, attestant que le monde a été créé grâce à la Torah, que le peuple juif étudiera et pratiquera.
En effet, il est écrit : « Je prends aujourd’hui le ciel et la terre à témoin contre vous » (Nitsavim 30,19).

– Le lundi = le 2e jour de la semaine = c’est le 2e jour de la Création que sont apparus le ciel et de la terre.
– Le jeudi = le 5e jour de la semaine = le 5e jour de la Création ont été créés les poissons. De même que les poissons ont besoin d’eau pour survivre, de même un juif a besoin de Torah a tout moment pour survivre.

Les jours de la semaine où l’on ne lit pas la Torah sont : le dimanche (1er jour), le mardi (3e jour), le mercredi (4e jour) et le vendredi (6e jour de la semaine).
En les cumulant : 1+3+4+6, on obtient : 14, qui est la guématria du mot : préoccupez-vous! (daagou – דאגו).
Ainsi, les jours où nous n’avons pas de lecture de la Torah, nous devons [particulièrement] nous préoccuper que le yétser ara risque d’infiltrer notre âme, nous poussant à la faute.

La guémara (Nidda 13b) nous enseigne la façon de procéder du yétser ara : le 1er jour, il nous dit de faire un chose ; le jour suivant il nous demande une autre chose ; et le jour suivant, il nous demande de se prosterner devant une avoda zara (idolâtrie).
Ainsi, il en ressort que cela lui prend 3 jours, et c’est pour cela que nous ne devons jamais laisser passer 3 jours de suite sans Torah, pour nous protéger du yétser ara.
En effet, Hachem nous enseigne (guémara Kiddoushin 30b) : « J’ai créé le yétser ara et J’ai créé la Torah comme antidote ».

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+ « Si tu écoutes avec attention la voix de Hachem ton D. … » (Béchala’h 15,26)

-> Le Shach (rabbi Shabtaï HaKohen) dit que ce verset commence par la lettre vav (ו) et se termine par la lettre kaf (כ), ce qui fait une guématria de 26, renvoyant au Nom Divin.
Cela nous enseigne que par le mérite de la Torah, Hachem a témoigné de la miséricorde au peuple juif.

De plus, il y a 27 mots dans ce verset, qui est une allusion aux 27 lettres de l’alphabet hébraïque, avec lesquelles la Torah a été écrite.

=> Ce verset exprime que c’est grâce au mérite de l’étude de la Torah, que Hachem veille sur nous.

« Se souvenir de la guerre avec Amalek est l’une des 613 mitsvot de la Torah.
Cette mitsva montre que quiconque attaque Israël est haï de D.
[…]
Comme Amalek a causé un grand tort à Israël en étant le 1er à les attaquer, Hachem a ordonné qu’il soit effacé de la terre. »

[Séfer ha’Hinoukh]

[effacer le souvenir d’Amalek : cela est si radical que selon le Sifri, toute chose qui pourrait faire mentionner son nom, que ce soit un animal, un arbre ou une pierre, doit être détruite.]

[Hachem nous aime tellement qu’envers le 1er peuple qui a osé nous attaquer, il nous demande de se souvenir de cet affront et d’effacer toute trace de son existence. Cela est une preuve de l’amour infini de Hachem à notre égard!]

« C’est Moi, c’est Moi (ano’hi ano’hi) celui qui suis votre consolateur » (début Haftara Choftim – Yéchayou 51,12)

=> Apparemment le mot : « celui » (ou – הוּא) est superflu, et il aurait suffi de dire : « Je suis votre consolateur ».

-> [Moché] dit : « Car la main est sur le Trône de D. (עַל-כֵּס יָהּ – al késs ya) : Hachem entretient une guerre contre Amalek, de génération en génération » (Béchala’h 17,16)

Rachi commente : Moché désigne le Trône sous une forme abrégée : késs (כֵּס), et il emploie le Nom Divin de 2 lettres (ya – יָהּ) au lieu du Nom complet (יהוָה).
Cela nous enseigne que le Nom et le Trône de D. ne sont pas complets tant que subsiste Amalek.

Ainsi, nous avons le « Trône de D. » qui est incomplet : כֵּס יָהּ, et
– pour avoir le mot « kess » en entier, il manque un « aleph » pour parvenir à : kissé » (כסא) ;
– pour avoir le Nom d’Hachem complet, il manque le « vav » et le « hé » [יָהּ + וה soit : יהוָה].

=> C’est à cela que fait allusion le verset : « c’est Moi celui (ou – הוּא) qui suis votre consolateur » = Hachem nous consolera dans l’avenir au moyen du הוּא (celui), pour compléter Son Nom divin et Son Trône comme ils étaient au commencement.

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-> Un jour le ‘Hafets ‘Haïm dit à l’un de ses élèves :
« Je te lance un défi, fais le tour de la ville et cherche parmi tous les pauvres, même les plus démunis, un pauvre qui n’ait pas de chaise chez lui!
L’élève assidu releva le défi ; il chercha dans toute la ville et se rendit compte du grand nombre de pauvres et de la misère qui pouvait sévir ; ce qui fut déjà une leçon pour lui.
Et en plus, il constata que tous avaient, au moins une chaise chez eux.
Il revint vers le ‘Hafets ‘Haïm et lui dit : Le Rav a gagné, je n’ai pas trouvé.
Le ‘Hafets ‘Haïm lui dit : J’ai doublement gagné car non seulement tu n’as pas trouvé ce que tu cherchais, mais il y a un pauvre qui n’a pas de chaise chez lui!
C’est la Présence Divine (Chékhina) qui est « pauvre » et sans chaise ; comme il est écrit : « ki yad al kess ka mil’hama lamalek dor dor » (car il a la main sur le kess (Trône) d’Hachem ; la guerre contre Amalek perdure de génération en génération! »).
Pourquoi il n’est pas écrit le mot kissé (chaise) en entier?
Pour te dire que la Présence Divine n’a plus de chaise à cause des forces du Mal.

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-> Rabbi Chlomo Elkabets a écrit une lettre où il rapporte une révélation de la Présence Divine, à laquelle il a assisté pendant une veillée de Shavouot :
« Une voix se fit entendre dans la bouche du ‘Hassid (il s’agit de rabbi Yossef Caro), une voix forte et claire mais sans que la bouche du ‘Hassid ne bouge.
La voix s’est adressée à nous en ces termes : « Écoutez mes Chéris, ceux qui embellissent l’embellissement, mes Aimés, que le Shalom soit sur vous!
Heureux de vous et heureux vos mères qui vous ont enfantées, heureux de vous dans ce monde-ci et vous serez heureux dans le monde futur …
Depuis de nombreuses années Ma couronne est tombée. Je n’ai personne qui vient me consoler. Je suis jetée dans la poussière ; Je jonche les poubelles.
[…]
Et si vous saviez un millième, de millième de millième, ou un dizaines de milliers, de dizaines de milliers, de la souffrance que je ressens et dans laquelle je me trouve, il n’y aurait plus de joie dans vos cœurs, plus de rires sur vos lèvres et vous n’auriez même plus de goût pour la nourriture, en vous rappelant que c’est à cause de vous que je suis dans cette situation.
Alors, renforcez-vous, et continuez à m’aider et à me couronner comme vous le faites … »

Rabbi Chlomo Elkabets conclut : « Nous avons tous pleuré ce soir-là de tristesse et de joie, d’entendre la Voix de la Présence Divine et de nous rendre compte combien Elle souffre par nos fautes, alors nous sommes renforcés dans l’étude de la Torah et jusqu’au petit matin, la guémara n’a pas quitté nos bouches dans la crainte et dans la joie. »

=> On voit que par nos fautes, la Présence Divine est « jetée à la poussière », et que c’est à nous de : « renforcez-vous, et continuez à m’aider et à me couronner comme vous le faites » (le Trône Divine [kess ya] redevenant alors complet!).

« Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek sur le chemin … qu’il a frappé en toi ceux qui étaient en arrière … et il n’a pas craint D. … Tu effaceras le souvenir d’Amalek de dessous le Ciel, n’oublie pas! » (Ki Tétsé 25,17-19 ; cf. également paracha Béchala’h)

=> Dans ce verset, il y a une contradiction apparente : effacer le souvenir d’Amalek et « n’oublie pas ».

-> Le Ktav Sofer explique la différence :
– « Tu effaceras le souvenir d’Amalek » = nous devons totalement faire disparaître Amalek et tout ce qu’il représente.

[Le Rokéa’h dit que nous devons prier Hachem de supprimer Amalek à l’exterieur et en nous.]

– « N’oublie pas! » = mais cependant, n’oublie jamais ce qui a donné à Amalek la capacité et la force d’attaquer le peuple juif. C’est parce qu’ils se sont affaiblis dans leur étude de la Torah et qu’ils n’avaient pas de crainte de Hachem.

Nous ne devons jamais oublier que nous pouvons être attaqué par d’autres nations du monde à partir du moment où nous abandons la Torah et que nous manquons de crainte de D. En effet, sinon, nous sommes toujours protégés de toutes les nations du monde, quelque soit leur puissance.

-> Le ‘Hidouré haRim donne l’explication suivante :
« Tu effaceras le souvenir d’Amalek » = ce qui cause le fait que l’on oublie, c’est notre arrogance, comme il est écrit : « Ton cœur s’enorgueillira-t-il, et tu oublieras » (Ekev 8,14).

Amalek (עמלק) a la même guématria que : ram (élevé – רם).
Ainsi, c’est en supprimer l’orgueil qui est en nous, que nous pouvons en arriver à : « tu n’oublie pas ».

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-> Amalek (עמלק) a la même guématria que : « un dieu étranger » (אל אחר – él a’her).

Amalek fait tout pour retirer aux juifs la certitude que Hachem est l’Unique, le poussant petit à petit à croire qu’il y a d’autres dieux.
Nous devons le combattre en renforçant notre certitude que Hachem est l’Unique, infiniment supérieur à toute chose.
[le Imré Yossef]

-> Amalek (עמלק) a la même guématria que : ram (élevé – רם), car il était d’avis que Hachem est tellement élevé qu’il ne va pas se déshonorer en s’abaissant aux problèmes de notre monde, restant plutôt en hauteur (au Ciel).
C’est pour cela qu’il est écrit : « il n’a pas craint D. »
[avec cette logique : Puisque papa Hachem est en haut, alors en bas les souris peuvent danser!]

Dans le futur, Hachem démontrera clairement qu’il est responsable de chaque aspect de ce monde, et il donnera au peuple juif le pouvoir de supprimer la mémoire d’Amalek de « dessous le Ciel ».
[mesure pour mesure : Amalek a supprimé D. de ce monde, alors Hachem le supprimera et la Vérité deviendra éclatante]

Le pouvoir d’Amalek n’est pas apparent, il réside dans la pensée (du fait que D. est absent).
Pour lutter contre cela, nous devons accomplir de nombreuses actions positives et renforcer notre émouna en Hachem

[Rabbi Zvi Hirsch Friedman – Akh Pri Tévoua]

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+ « Et il dit : « Car la main est sur le trône de D. : Hachem entretient une guerre contre Amalek, de génération en génération ». » (Béchala’h 17,16)

En hébreu ce verset s’écrit : וַיֹּאמֶר, כִּי-יָד עַל-כֵּס יָהּ, מִלְחָמָה לַיהוָה, בַּעֲמָלֵק–מִדֹּר, דֹּר
Si l’on prend les 10 mots de ce versets (à l’exception du 1er : « vayomer » – et il dit), nous avons la même valeur numérique que : שְׁמַע יִשְׂרָאֵל ד’ אֱלֵֹקֵינוּ ד’ אֶחָד (Écoute Israël, Hachem est notre D., Hachem est Un).

C’est une allusion au fait que la guerre contre Amalek est essentiellement d’ordre spirituel, avec la lecture du Shéma (notre proclamation de foi, de l’Unité de D.).
En effet, lorsqu’une personne a une émouna totale en Hachem, elle a alors les forces pour vaincre le yétser ara, en lui retirer toutes ses forces.

[Amalek a la même guématria que « safék » (doute), ce qu’on n’a plus lorsque nous sommes armés de la émouna!]

[Rabbi Moché Yé’hiel Epstein – Béer Moché]

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+ « Tu effaceras le souvenir d’Amalek de dessous le Ciel » (Ki Tétsé 25,19)

Le Ciel se dit en hébreu : « שמים » (chamayim).
En descendant dans l’alphabet hébraïque, quelles sont les lettres qui viennent « en dessous » (après) celles de שמים?

Dans ce mot, il y a 3 lettres différentes : après le ש vient le ת ; après le מ vient le נ ; et après le י vient le כ.
Cela permet de former : תנך (Tana’h), qui est l’acronyme de : Torah, Névi’im et Kétouvim (תורה נביאים וכתובים), qui comprend toute la Torah Écrite.

=> Ainsi : « Tu effaceras le souvenir d’Amalek », mais avec quoi?
« de dessous le Ciel » : avec ce qui se trouve sous les lettres du mot Ciel (שמים) soit : le Tana’h (תנך).

En effet, par le mérite de la Torah, le nom d’Amalek sera effacé.

[le Adéret Eliyahou]

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+ « Souviens-toi de ce que t’a fait (עָשָׂה לְךָ) Amalek sur le chemin »

-> Amalek fait référence au yétser ara , et il fait en sorte que l’on agisse : « pour toi » (לְךָ), pour soi-même et non pas pour Hachem.

La guémara (Pessa’him 50b) fait remarquer :
– « Ta bonté s’élève jusqu’au Ciel (ad chamayim) » [Téhilim 57,11]
– « Ta bonté s’élève par-dessus le Ciel (méal chamayim) » [Téhilim 108,5]
=> La bonté de D. est-elle au-dessus ou bien en-dessous du Ciel?

Lorsque nous agissons de manière désintéressée (lichma), uniquement parce que telle est la volonté de D., alors nous sommes au-dessus du Ciel.
Tandis le cas contraire, nous restons en-dessous du Ciel.

Le verset dit : « Tu effaceras le souvenir d’Amalek de dessous le Ciel (mita’hat haChamayim) ».
=> Il faut supprimer notre yétser ara qui nous pousse à agir au mieux d’une manière intéressée (lo lichma), faisant que nous restons limité sous le Ciel.

Ainsi,nous devons tout faire pour agir d’une façon lichma afin de pouvoir monter toujours plus haut dans le Ciel, exprimer pleinement nos énormes potentialités, et être ainsi toujours plus proches de papa Hachem.

[le Yatsèv Avraham – רבי אברהם צבי גינצלער]

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+ « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek sur le chemin » (Ki Tétsé 25,17)

-> Le yétser ara fait tout pour que nous soyons tellement occupés par les problèmes de ce monde, que nous n’avons alors plus de temps à consacrer pour Hachem et Sa Torah.

Ainsi, la mitsva de toujours se rappeler de l’attaque d’Amalek, qui est venue en conséquence d’un relâchement dans notre service de D., nous permet de toujours se rappeler de Hachem et de Sa Torah.

[si tu veux éviter que Amalek te rende visite pour te pousser à te rapprocher de D. par ses attaques douloureuses, alors reste proche de papa Hachem dès maintenant!]

Par ailleurs, la mitsva de se souvenir de ce que t’as fait Amalek, est une allusion au fait de constamment observer les conséquences du fait d’avoir écouté notre yétser ara, « sur le chemin » dans cet exil.

[plus on se rend compte de ce qu’il nous a fait perdre de bien (du temps de vie, des mitsvot, …) et gagner de mauvais (ex: des souffrances en réparation de nos fautes, …), plus nous pourrons lui répondre la prochaine fois : Non, je ne t’écoute plus. Stop aux dégâts la vie est si courte!! Je perds tellement à t’écouter!!]

[basé sur des écrits du ‘Hida]

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+ « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek … il a frappé en toi ceux qui étaient en arrière »

-> Amalek a attaqué tous les Juifs. Le verset aurait dû donc dire : « Souviens-toi de ce que vous a fait Amalek ».
En fait, la force d’Amalek est d’attaquer les juifs qui se mettent à l’écart de la communauté et se séparent de l’ensemble du peuple.

Selon l’expression de nos Sages, il attaque ceux que les nuées de gloire ont rejeté, c’est-à-dire ceux qui se sont exclus.

C’est pourquoi, le verset dit : « Souviens toi de ce que t’a fait Amalek », au singulier, car Amalek ne peut endommager que ceux qui ne sont plus parmi la communauté, mais qui se sont divisés et qui ont mis leur individualité au-dessus de l’unité juive.

Mais quand tous les Juifs sont réunis et que la communauté est forte, toute entière rassemblée, alors Amalek perd toute sa force.

[Rabbi Bounim de Pchis’ha]

[nos divisions donnent de la force/puissance à Amalek, pour d’une certaine façon qu’il vienne nous unir dans la souffrance.
Nous devons prendre le mal à la racine, en combattant pour que l’unité, l’amour entre les juifs soit présent, plutôt que de se focaliser sur la conséquence : chercher à combattre les expressions de la puissance d’Amalek dans ce monde.]

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+ Pourim et l’unité :

-> « Haman dit au roi A’hachvéroch : Il y a (yéchno) un peuple disséminé et dispersé parmi les [autres] peuples » (Esther 3,8)

Selon la guémara (méguila 13b), les mots : « un peuple disséminé  » (Yéchno am é’had) signifient : endormi (yochèn) et négligeant à l’égard des commandements.

Il n’y est pas spécifié quelles mitsvot en particulier, mais le Kli Yakar (Chémot 17,8) et le Sfat Emet (5641) viennent expliquer qu’il s’agit des mitsvot entre l’homme et son prochain, et de l’unité.
D’ailleurs, Haman observe que c’est : « un peuple disséminé et dispersé ». Il fait alors remarqué à A’hachvéroch que puisqu’il y manque de l’unité, alors il est possible de les attaquer. (à l’image d’Amalek, dont il était un descendant).

En effet, le Kli Yakar explique que la 1ere attaque de Amalek a immédiatement suivi le lieu de : Massa ouMériva (Béchala’h 17,7) qui veut dire littéralement : « épreuve et querelle ».
Dans le sens simple, cela signifie que les juifs se sont rebellés contre Hachem car ils manquaient d’eau, mais le Kli Yakar affirme que cela fait référence aux querelles et disputes entre les juifs.

-> « Israël y campa face à la montagne [de Sinaï] » (Yitro 19,16)
Rachi commente : Comme un seul homme, d’un seul cœur [d’où l’emploi du singulier], tandis que les autres étapes ont eu lieu dans des récriminations et des querelles

=> On voit que si Amalek a pu nous attaquer c’est à cause du manque d’unité, et que si on a pu recevoir ensuite la Torah c’est grâce à notre unité.
D’ailleurs, Hachem dit : « Puisqu’ils haïssent la discorde et aiment la paix, le moment est venu que Je leur donne la Torah. » (traité Déré’h Erets Zouta)

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-> Dans le désert Amalek a également attaqué le peuple juif à Réfidim (רפידים), et le Kli Yakar fait remarquer que c’est les mêmes lettres que le mot : פרידים qui signifie : séparés.

Puisque les juifs étaient divisés entre eux, alors Hachem a donné la permission à Amalek de nous attaquer.
[=> se souvenir de Amalek/Haman et vouloir le combattre, c’est se souvenir de la raison qui lui a permis de nous nuire!]

-> Lorsque le peuple juif a combattu Amalek, la Torah rapporte que Aharon et ‘Hour tenaient les bras de Moché (lorsqu’ils étaient au-dessus de sa tête les juifs étaient en train de gagner la bataille).
=> Quelle est la signification de Aharon et ‘Hour dans ce contexte?

Le Kli Yakar explique que ‘Hour était le fils de Myriam.
Myriam est le symbole ultime des mitsvot entre un homme et son prochain. En effet, pendant l’esclavage en Egypte elle était une sage-femme qui passait son temps à aider autrui pour donner la vie, elle a également aidé Moché en le plaçant sur le Nil.

Hillel dit : « Sois parmi les disciples d’Aharon, en aimant la paix et en poursuivant la paix, en aimant les créatures » (Pirké Avot 1,12). Il passait son temps à développer l’harmonie dans le peuple.
D’ailleurs, dans la paracha ‘Houkat (21,1), il est rapporté une autre attaque de Amalek contre les juifs.
Rachi commente : « [Amalek] entendit que Aharon était mort et que les nuées de gloire avaient disparu »
Selon le Kli Yakar, Amalek a attaqué car il savait qu’en l’absence de Aharon, l’unité des juifs s’est trouvée affaiblie, les rendant vulnérables.

=> On comprend mieux pourquoi c’était particulièrement ces 2 personnes qui soutenaient les bras de Moché, pendant la bataille contre Amalek.

[Les mains devaient être grandes ouvertes vers le haut pour gagner, symbolisant la nécessité de témoigner de l’amour l’un envers l’autre et de l’unité (mains grandes ouvertes à autrui = tu es le bienvenue mon frère, ta présence me comble de joie!)]

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b’h, sur ce sujet :
-> il y a : https://todahm.com/2015/10/25/3841
-> et également : https://todahm.com/2018/03/05/effacer-amalek-de-nos-jours
-> et aussi : https://todahm.com/2014/08/08/reflexions-sur-la-difference-entre-amalek-et-le-peuple-juif

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+ « Et les bras de Moché étaient pesants … Aharon et ‘Hour soutinrent ses bras … jusqu’au coucher du soleil » (Béchalah’ 117,12)

-> Dans le désert, la guerre contre Amalek n’a duré qu’une journée, jusqu’au coucher du soleil.
Ainsi, plusieurs fois au cours de cette même journée, le peuple d’Israël passait d’un état de confiance envers Hachem à un état de découragement, ce qui se traduisait par des phases successives de victoire et de défaite.
Quelle est l’origine de cette instabilité?

Chaque homme est relié à 2 réservoirs : un réservoir de lumière spirituelle grâce à son âme (néchama) et un réservoir d’obscurité spirituelle à cause de son corps.
Après un élan spirituel intense, induit par les forces de lumière, où ils priaient en manifestant leur confiance totale en Hachem, les forces d’obscurité réagissaient en freinant cet élan spirituel, entraînant un découragement, l’arrêt de leur prière et de la défaite.
Les forces d’obscurité se sont agrippées aux forces de lumière pour les contrecarrer et les chasser.
[rabbi ‘Haïm Chmoulévitch – Si’hot Moussar (si’ha 2)]

[cela est applicable dans notre vie quotidienne, où le yétser ara (« Amalek ») fait tout pour diminuer autant que possible nos élans, notre dynamique spirituelle.
A nous d’en être conscients, et de tâcher que notre « machine » tourne à plein régime, avec le moins possible de pertes de réalisations de notre potentiel par le yétser ara.]

« Hachem combattra pour vous, et vous tenez-vous tranquilles » (Béchala’h 14,14)

-> Rabbi Elimélé’h de Lizensk (Noam Elimélé’h) commente ;

Toute existence est imprégnée d’étincelles de sainteté. Sans étincelles de sainteté, rien ne pourrait survivre dans l’univers.
L’étincelle de sainteté qui est prisonnière des nations du monde est jalouse de la pureté et de la sainteté du Peuple juif. C’est la racine de leur haine du juif.

C’est ce à quoi Moché faisait allusion quand il disait : « Hachem combattra pour vous » = Hachem faisant référence à l’étincelle Divine prisonnière des égyptiens. Cette étincelle est la source de leur hostilité. C’est cela la force qui vous livre combat.

Le mot hébreu : « ta’harichoun » (et vous tenez-vous tranquilles – תַּחֲרִשׁוּן), peut également être traduit par : « vous devez labourer » (du verbe ‘harach).
C’est la tâche spécifique d’Israël de labourer, c’est-à-dire de travailler dur pour libérer ces étincelles de sainteté prisonnières.
Quand cela se produira, les nations malfaisantes, ayant perdu leur force vitale, cesseront d’exister et la Présence Divine dominera.
Très bientôt, la fin de l’obscurité arrivera et la Rédemption finale se produira.

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-> « Le but de tous les exils du peuple juif aux 4 coins de la terre est de libérer les étincelles de sainteté qui sont emprisonnées dans ces endroits.
Lorsque les juifs quittèrent l’Egypte, la rédemption était totale, car il ne restait plus aucune étincelle de sainteté dans le pays, comme il est écrit : « de sorte qu’il dépouilla les égyptiens » (Bo 12,35).
La Rédemption finale d’Israël de l’exil ne surviendra que lors de l’arrivée du machia’h . Alors, toutes les étincelles de sainteté (nitsotsot hakédochim) dispersées dans le monde auront été libérées, tout comme elles l’ont été en Egypte. »
[rabbi Pin’has Horowitz – Panim Yafot – Yitro]