« Hachem parla à Moché dans le désert du Sinaï » (Bamidbar 1,1)

-> Le midrach rabba cite les paroles de nos Sages :
« Avec 3 choses la Torah a été donnée : avec le feu, avec l’eau et avec le désert … et pourquoi cela?
De même que ces 3 choses sont gratuites, libres pour tout le monde, de même les mots de la Torah sont libres pour tous. »

-> Le Maguid de Doubno fait remarquer que le feu, l’eau et le désert, sont 3 qualités nécessaires pour toute personne souhaitant grandir en Torah :
– le feu = nous devons être enflammés dans notre service divin ;
– l’eau = nous devons être assoiffés de mots de Torah, comme nous pourrions l’être [de l’eau] en plein désert ;
– le désert : nous devons savoir se satisfaire de peu et se libérer du matérialisme, comme le désert (lieu vide et à l’écart de tout).
Chacun en fonction des besoins qui lui sont véritablement nécessaires : « Telle est la voie qui mène à la Torah : de pain et de sel tu te nourriras, de l’eau avec mesure tu boiras, sur le sol tu dormiras, une existence de peine tu vivras, et dans [l’étude de] la Torah tu te dépenseras. » (Pirké Avot 6,4)

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-> Rabbi Méïr Shapiro dit que Hachem nous a donné Sa Torah à la condition que nous continuons à accomplir Ses mitsvot même si cela nécessite des sacrifices personnels.

En ce sens :
– le feu : c’est une allusion au sacrifice d’Avraham, qui a été prêt à se jeter dans la fournaise ardente ;
– l’eau : c’est une référence à l’acte exceptionnel de Na’hchon ben Aminadav, qui a été le 1er à oser se jeter dans la mer Rouge avant qu’elle ne s’ouvre ;
– le désert : c’est une allusion aux sacrifices de nos ancêtres, qui avec un foi parfaite en Hachem sont restés 40 ans dans le désert.

« Hachem parla à Moché en disant : Voici, J’ai pris les Lévi’im de parmi (mito’h) les enfants d’Israël » (Bamidbar 3,11-12)

-> Rachi commente : c’est aux premiers-nés qu’incombait le service, mais ils sont devenus inaptes lorsqu’ils ont péché avec le Veau d’or. Tandis que les Lévi’im, qui n’avaient pas adoré d’idole, ont été choisis à leur place.

-> Les lettres du mots : Israël (יִשְׂרָאֵל) s’écrivent pleinement :
– le youd = יוד ;
– le shin = שין ;
– le réch = ריש ;
– le aléph = אלף ;
– le laméd = למד

=> Les lettres du milieu forment : לויים (Lévi’im).
La tribu de Lévi est bien située parmi (mito’h – מִתּוֹךְ) le milieu d’Israël.

Selon le rav Yossef ‘Haïm Sonnenfeld, note 2 choses :
– bien que la tribu de Lévi soit la seule qui n’a pas reçu de territoire attitré en terre d’Israël, elle n’a pas une valeur moindre par rapport aux autre tribus.
Tout le peuple juif doit la considérer comme étant au milieu/parmi d’elle, et non comme une entité à part, car étant la seule à ne pas posséder de terre.

– par ailleurs, la tribu de Lévi est à un niveau spirituel plus élevé que le restant de la nation, et cela ne doit pas la conduire à se considérer comme étant à part du restant du peuple.
Elle est au milieu/parmi les autres, constituant un membre égal de la nation juive (chacun a un rôle unique et nécessaire à remplir pour parvenir à une réussite collective totale).

« Par dénombrement des noms » (Bamidbar 1,2)

=> Que signifie le fait que les juifs sont comptés par le nombre « des noms »?

-> De même qu’il y a 600 000 lettres dans la Torah, il y a aussi 600 000 âmes [primaires] dans le peuple juif. Ainsi, chaque âme a sa racine dans une lettre de la Thora.
[Zohar Chir haChirim maamar 2,51]

[d’ailleurs, le rav ‘Haïm de Volozhin (Néfech ha’Haïm 4,11) écrit : « La sainteté de chaque âme juive est littéralement la sainteté du Séfer Torah. »
Même le juif qui nous semble le plus simple/le plus bas spirituellement, son service Divin est crucial pour la perfection et la rédemption de l’ensemble du peuple juif.
=> A l’image de chaque lettre de la Torah, tout juif est indispensable et d’une valeur infinie.]

-> Le Maharcha (guémara Béra’hot 21a) enseigne :
« La Torah entière est faite des Noms de Hachem.
Lorsqu’une personne étudie la Torah, c’est comme si elle mentionnait constamment le Nom de D., et Hachem vient alors la bénir. »

-> En se basant sur ces enseignements, le ‘Hidouché haRim dit que chaque juif, a sa racine dans la Torah, et est ainsi relié aux Noms Divins.
=> C’est pourquoi, pour parler du nombre de juifs, la Torah écrit : « Par dénombrement des noms » = en allusion aux Noms Divins auxquels tout juif est relié.

« La Tente d’Assignation (Ohel Moèd), le camp des Lévi’im, voyagera au centre du camp » (Bamidbar 2,17)

-> Le Ohel Moèd contenait le Aron (avec les Tables de la Loi), et il était au centre du camp.
Cela symbolise le fait que la Torah doit toujours être placée au centre de notre vie.

-> Le ‘Hafets ‘Haïm compare la Torah au cœur, qui pompe le sang dans tout le corps.
De même, la Torah fournit le sang spirituel, la force vitale, à toute la nation juive.

-> Le rav Yits’hak Hutner enseigne que le plus grand bienfait que l’on peut apporter aux juifs, c’est de s’asseoir et d’apprendre la Torah.
En effet, en étudiant la Torah, nous devenons une partie du cœur du peuple juif, et nous fournissons alors de la vie spirituelle pour tout le monde.

« Les enfants d’Israël camperont, chacun dans son camp et chacun sous sa bannière, selon leurs légions » (Bamidbar 1,52)

-> Selon l’Alter de Kelm, les déplacements des juifs dans le désert nous enseigne l’importance de maintenir de l’ordre dans notre vie.

Il compare cela à un collier de perles.
Les perles ont beaucoup plus de valeur que la ficelle, mais sans sa présence elles se détacheraient et seraient perdues.

De même, l’ordre protège des pertes dans l’accomplissement des mitsvot : nous avons un lieu et un moment désignés pour prier, pour étudier la Torah, …

-> A Pessa’h, moment de liberté suite à la sortie d’Egypte, on a un Séder (un ordre) que nous devons suivre scrupuleusement.

L’ordre, la discipline, représente ce que nous voulons véritablement faire.
Le laisser faire représente ce que nos humeurs, nos envies du moment décident de faire pour nous.

=> Pour être sûr d’être pleinement soi-même, il faut suivre cette ficelle durant notre vie, afin d’y mettre un maximum de perles (nos belles actions).

+ Le mot Bamidbar …

Le mot « bamidbar » (במדבר) peut se lire en 2 mots : « bam dabeir » (בם דבר – d’eux vous devrez en parler).

La guémara (Yoma 19b) commente les mots : « védibarta bam » par : tu parleras [de Torah] et non pas de paroles vaines, inutiles (dévarim bétélim).

Les lettres du : bam (בם) renvoient à la 1ere lettre :
-> du 1er mot de la Torah écrite (בְּרֵאשִׁית – Béréchit)
-> du 1er mot de la Torah orale (מאימתי – michna Béra’hot).

=> Dans nos discussions, le mot bamidbar vient nous demander de parler de Torah, qui est composée d’une partie écrite et orale, en faisant le vide autour de nous (à l’image d’un désert, vide de toute fioriture).

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« D. parla à Moché dans le désert du Sinaï » (bémidbar Sinaï – Bamidbar 1,1)

Le Sinaï est une partie du désert dans lequel ont résidé les juifs durant leur séjour de 40 ans.
Pourquoi alors la Torah ne dit-elle pas uniquement : « D. parla à Moché à Sinaï »?

Les termes : « bémidbar Sinaï » (dans le désert de Sinaï), ont une valeur numérique de : 378, qui est la même que le mot : « béshalom » (en paix).
Le ‘Hida ajoute que la plupart des années, nous lisons cette paracha de Bamidbar le Shabbath précédant Shavouot. Cela est un rappel sur l’importance de chercher à augmenter l’unité et la réalisation de mitsvot envers son prochain, afin de pouvoir mériter de recevoir la Torah.

-> « Israël campa là en face de la montagne » (Yitro 19,2)
Rachi de commenter : « le verbe (camper) est au singulier, à la différence des verbes précédents, pour enseigner que la multitude des enfants d’Israël a campé comme un seul homme, animé d’un seul et même désir ».

Selon le Or ha’Haïm = « [les juifs] se sont humblement soumis à la parole de D., car les paroles de la Torah ne demeurent que chez ceux qui se jugent aussi peu importants qu’un désert ».

=> Un pré-requis pour recevoir la Torah est le shalom.

« Les enfants d’Israël camperont chacun dans son camp et chacun sous sa bannière selon leurs légions » (Bamidbar 1,52)

La notion de bannière va bien au-delà d’un simple bout de tissu, de chiffon attaché à un morceau de bois.
Nos Sages (Midrach Bamidbar Rabba 2) de nous enseigner :
« Lorsque D. se révéla sur le mont Sinaï, 22 myriades d’anges descendirent en Sa compagnie, et ils étaient disposés en cortèges sous des bannières distinctes.
Quand Israël les vit, rangés sous des étendards distincts, il commença à éprouver l’envie d’avoir des bannières.
Il [Israël] se dit : Ah! comme il serait bon que nous puissions être rangés sous des bannières comme eux …

D. leur dit : Vous aspirez ardemment à être rangés sous des bannières!
Par votre vie, J’accomplirai votre souhait!

Immédiatement,D. fit preuve de son amour envers Israël et dit à Moché : Va, place-les sous des bannières comme ils le désirent, chaque homme sous sa bannière selon mes signes.  »

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-> « Ils dirent à Moché : « Parle-nous, toi, et nous entendrons ; et que D. ne nous parle pas de peur que nous mourrions » (Yitro 20,16)

Les anges sont les intermédiaires entre le monde supérieur et notre monde.
Ils vont par exemple prendre nos prières et les apporter dans les sphères supérieures.

Au-moment du don de la Torah, les juifs ont été dépassés par les 2 premiers Commandements donnés directement par Hachem, et ils ont fait l’erreur de souhaiter un intermédiaire (cf.verset ci-dessus).

Lorsque les juifs ont demandé des bannières, ils ont rectifié leur mauvaise compréhension passée.
En effet, ils ont fait cette demande afin de ressembler aux anges qui communiquent directement avec Hachem.
Par là, le peuple juif veut être connecté au plus proche de D., même s’il n’est pas capable de le supporter.

[le Chem miChmouel]