Nous remarquons que les 2 mots : "bémidbar Sinaï" (dans le désert du Sinaï - בְּמִדְבַּר סִינַי - Bamidbar 1,1) ont une valeur numérique de 378, équivalente à celle du mot : "béShalom" (dans la paix - בשלום), afin de nous enseigner que pour mériter la Torah, l'homme doit être en paix avec son prochain, dans l'amour et la solidarité.
[Imré Noam]

"Rangés chacun sous sa bannière, selon les signes, d’après leurs tribus paternelles, ainsi camperont les enfants d’Israël ; c’est en face et autour de la tente d’assignation qu’ils seront campés" (Bamidbar 2,2)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
On peut voir une allusion entre le campement des Bné Israël et le rassemblement après l’exil (kibouts galouyot). Car le fait de se ranger en formation pour le campement ressemble au moment où Hachem rassemble tous les Bné Israel pour revenir sur leur terre, qui avait été découpée en 12 parcelles, une par tribu, à l’instar des 12 parcelles de campement du désert.
Et de notre verset on peut voir un conseil qu’Hachem nous donne pour nous aider à y parvenir, c’est : l'unité.
En effet, les mots : "béotot lévét avotam" (selon les signes, d’après leurs tribus paternelles - בְאֹתֹת לְבֵית אֲבֹתָם), peut aussi se lire : "béotiyot" (בְאֹתֹיות - selon les lettres [des tribus paternelles]), c’est-à-dire que si on prend le nombre de lettres qu’il y a dans les noms d’Avraham, Its'hak et Yaakov, nos Patriarches, on arrive au chiffre 13 qui est la guématria du mot : é’had (Un).

=> Ce verset nous montre donc comment hâter la venue de machia’h et le retour en Israël de tout le peuple : grâce à l’unité et à l’amour entre les Bné Israël.

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-> Le Ben Ich 'Haï écrit (sur le verset Bamidbar 1,2) :
L’idée de toujours garder un œil bienveillant sur le juif qui s’égare, de lui chercher une défense plutôt que d’accuser et primordiale et même quand il y a une mistva de parler durement à quelqu’un pour l’aider à se ressaisir, cela doit être superficiel, mais au fond de soi et surtout envers le Créateur, on se doit de n’être que de bons avocats pour nos frères.

"Faites le relevé de toute la communauté des enfants d’Israël, selon leurs familles et leurs maisons paternelles" (Bamidbar 1,2)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
Ce verset se traduit littéralement par "lève la tête de toute la communauté", il nous permet de prendre une leçon sur la manière dont on doit regarder nos frères juifs qui se sont éloignés du droit chemin. Même s’ils en arrivent à force de concessions et d’imitations du monde non-juif, à ne plus être différents d’eux extérieurement, il reste un dernier rempart, qui des fois est même assez incompréhensible. C’est l’insistance à conserver la mitsva de la brit mila et de ne pas accepter les mariages mixtes.
Ces 2 choses là sont le dernier recours contre l’assimilation totale et c’est grâce à elles que le peuple juif est toujours là, certes affaibli par les exils, mais toujours présent.

L’idée de toujours garder un œil bienveillant sur le juif qui s’égare, de lui chercher une défense plutôt que d’accuser et primordiale et même quand il y a une mistva de parler durement à quelqu’un pour l’aider à se ressaisir, cela doit être superficiel, mais au fond de soi et surtout envers le Créateur, on se doit de n’être que de bons avocats pour nos frères.

On le lit ici dans ce verset, dans le terme "Lève la tête" pour parler du décompte, "de TOUTE la communauté", il n’y avait pas besoin de dire toute la communauté, comme si on allait recenser une partie seulement. Mais c’est pour nous dire de toujours chercher les circonstances atténuantes chez l’autre, chez tous les autres, même les plus éloignés, ceux qui se préservent des mariages mixtes "selon leurs familles" et n’ont plus que la brit mila de "leurs maisons paternelles".

"Vous vous adjoindrez un homme par tribu (ich ich miBné Israël), un homme qui soit chef de sa famille paternelle (ich roch lévét avotav)" (Bamidbar 1,4)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
Dans ce verset, Hachem demande à Moché et Aharon de prendre le prince de chaque tribu pour les assister dans le décompte des Bné Israel. Mais il y a caché ici un détail sur la nature de ces princes.
Il est dans la répétition du mot : "ich ich", il n’était pas nécessaire de répéter ce mot pour comprendre qu’on prend un prince par tribu et un seul. Mais pour le comprendre il nous faut citer le Arizal (Shaar Maamaré Rachbi 19c) qui lui-même cite le Zohar (Noa’h Tome 1 page 260a) qui demande pour quoi il est écrit 2 fois Noa’h à la suite (comme pour Avraham, Yaakov, Moshé et Shmouel)?
Et de répondre que les tsadikim ont 2 néchamot, le Arizal explique qu’une est dans leur corps mais l’autre est à l’extérieur et elle puise de la lumière Divine d’en haut et la renvoi sur la néchama du corps.
De là, il en ressort que les tsadikim, quelque part, comptent double, et c’est ce que veut dire notre verset : "Vous vous adjoindrez un homme par tribu", mais "ich ich" un vrai tsadik qui possède ces 2 néchamot, un qui soit "chef de sa famille paternelle" par sa tsidkout, le mot chef se dit "rosh" la tête c’est-à-dire le plus haut réellement.

C’est ce qu’on voit 13 versets plus loin : "Moché et Aharon s’adjoignirent ces hommes, nommément désignés" (Bamidbar 1,17). Le mot "nommément" est écrit : "בְּשֵׁמֹת" (béchémot – par leur nom), mais peut se lire : "ב-שמות" (beit chémot – deux noms), c’est la double néchama de ces tsadikim qui est encore mise en avant ici.

Le puits de Myriam

+ Le puits de Myriam :

-> Grâce au puits de Myriam, on identifiait les sites de campements des différentes bannières et on marquait leurs frontières.
Les puits s'arrêtait à l'endroit où devait se placer le Michkan, précisément à l'entrée du parvis, près de la tente de Moché. Ainsi, on dressait les 12 piliers du Michkan autour du puits.

Ensuite, au début du chant des Lévi'im (évoqué dans la paracha 'Houkat), l'eau de ce puits commençait à surgir de la terre et à se diviser en plusieurs ruisseaux. L'un d'eux se partageait pour couler [vers l'intérieur] en direction des 4 angles de l'enceintE du Michkan et [vers l'extérieur] en direction de l'extrémité du camp.

L'un de ces ruisseaux traversait le camp des Lévi'im dont il faisait le tour, puis il atteignait chaque famille individuellement. Les autres affluents jaillissaient en direction des tribus juives et encerclaient chacune d'elles. De la sorte, chaque tribu connaissaient les limites de son territoire.

De plus, une voie d'eau reliait une bannière à l'autre. Ainsi, chaque fois qu'une femme désirait passer d'un camp à l'autre [par exemple pour épouser une homme d'une autre tribu], elle s'y rendait en bateau.
[cela se passa en plein désert aride pendant 40 ans pour des millions de personnes!]
[Méam Loez - Bamidbar 2,25-31]

"Ils mettront par dessus une couverture de peau de Ta'hach, et y étendront un tissu tout en bleu azur par dessus" (Bamidbar 4,6)

-> Pendant les déplacements, l'arche sainte devait être couverte d'une couverture en peau de Ta'hach (animal multicolore), et par dessus, avec un tissu en bleu azur. Cela vient nous apprendre une leçon concernant l'étude de la Torah symbolisée par l'arche sainte.
La Thora contient de nombreux sujets difficiles et complexes, qui nous paraissent cachés et loin de notre compréhension. C'est à cela que fait allusion la couverture de Ta'hach qui recouvre et cache l'arche sainte. Mais, cette couverture était elle-même recouverte d'un tissu bleu azur. En effet, nos Sages disent que le bleu azur évoque le ciel et le Trône Divin. Cette couleur représente donc la foi en Hachem. Car, même si la Torah nous semble parfois cachée et inaccessible, celui qui s'arme d'une foi pure en Hachem, Qui nous a donné la Torah, méritera d'arriver à comprendre tous ses enseignements.
Peu importe la couverture qui cache la Torah. Il doit y avoir par dessus le bleu azur, cette foi pure, grâce à laquelle tous les mystères de la Torah pourront être éclaircis.
[rabbi Moché Feinstein - Darach Moché]

"Et la tribu de Gad, et le chef des enfants de Gad est Elyassaf fils de Réouel" (Bamidbar 2,14)

-> Le ‘Hida (‘Homat Anakh) rapporte les paroles du Imré Noam selon lesquelles Gad mérita que Moché soit enterré dans son territoire, du fait que, lorsque ce dernier désigna Dan comme chef des 3 bannières dont il faisait partie, Gad aurait pu rétorquer : "Je suis l’aîné de Zilpa et Dan est l’aîné de Bilha, aussi, pourquoi ne serais-je pas chef comme lui?"
[Rachi (Badmidbar 2,2) rapporte qu'il y avait un drapeau pour chaque tribu, mais également une bannière pour 3 tribus. (donc le camp avait 12 drapeaux et 4 bannières différents)]

Or, il se tut et ne protesta pas. C’est pourquoi le chef (nassi) de la tribu de Gad est ici appelé "Elyassaf fils de Réouel", bien que son vrai nom fût "fils de Déouel" (cf. Bamidbar 1,14), afin de souligner allusivement qu’il mérita d’être élevé en cela que "réa El", l’ami de D., en l’occurrence Moché, fut enterré dans son territoire.

Le 'Hida ajoute que le nom Réouel figure justement concernant les bannières, alors qu’auparavant, au sujet des sacrifices des princes, il était écrit Déouel, afin de nous enseigner que son renoncement concernant la direction des 3 drapeaux (symbolisé par le fait d'avoir une bannière), lui valut un tel mérite.

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[reformulation du dvar Torah ci-dessus]

-> Dans le passage qui traite de l'emplacement des tribus sous les drapeaux, le chef de la tribu de Gad est appelé Elyassaf fils de Réouël. Mais au début de la Paracha, quand on parle du décompte du peuple, par rapport à la tribu de Gad, la Torah appelle son chef Elyassaf fils de Déouël. Comment comprendre ce changement?

-> Le 'Hida rapporte que les quatre tribus qui étaient chefs de drapeaux, étaient majoritairement les aînées des tribus. Ainsi, Réouven était l'aîné de Léa, Dan l'aîné de Bilhaa, et Efraïm représentait la tribu de Yossef l'aîné de Ra'hel. Par contre, Gad qui était l'aîné de Zilpa n'était pas chef de drapeau. C'était Yéhouda le quatrième et non lui.
Ainsi, Gad aurait humainement pu se sentir lésé au point d'exprimer son mécontentement devant Moché. Mais, par respect pour ce dernier, le maître de tout Israël, il a gardé le silence et a supporté son sentiment désagréable sans rien dire.

Hachem a apprécié ce comportement et a souhaité l'en récompenser.
- Tout d'abord, pour avoir préservé le respect de Moché, la tribu de Gad mérita que celui-ci fut enterré dans son territoire.
- Et pour s'être contenu et ne pas avoir fait de querelles, il mérita le qualificatif de Réouël, l'ami de D., bien que son véritable nom était ''(Elyassaf fils de) Déouël''.

=> Cela montre combien grand est le mérite de celui qui sait garder le silence même quand il sent une injustice.
Si Gad avait parlé, même s'il aurait peut-être obtenu gain de cause et aurait eu dans ce monde l'honneur de voir son nom sur un drapeau. Mais, grâce à son silence et son humilité, combien plus a-t-il gagné!
Moché, le plus grand prophète de toute l'histoire a été enterré dans son territoire et il mérita le qualificatif éternel de Réouël, l'ami de D.
Qu'y a-t-il plus grand que cela ? L'homme qui sait supporter la vexation sans faire de querelle gagne toujours plus que ce qu'il aurait pu peut-être gagné en protestant pour son honneur!

"Procédez à un recensement" (Bamidbar 1,2)

-> En général, tous les avantages que Hachem offre au peuple juif sont soumis à la condition qu'ils observent les commandements de la Torah.
D. leur dit : "Je vous aime plus qu'aucun peuple et Je désire vous élever au-dessus de toutes les nations. Moi qui suis élevé au-dessus de toutes les créatures, comme il est écrit : "A toi, Hachem, est la royauté et Tu es élevé au-dessus de toutes choses", Je vous élèverai au-dessus de tous les peuples, comme il est écrit : "D. fera de vous les plus hauts parmi toutes les nations de la terre".
Cependant, il n'en sera ainsi que si vous observez les commandements de D."

["Procédez à un recensement" (chéou ét roch = qui signifie littéralement : "élevez la tête".]
La Torah fait allusion à cette promesse dans l'expression "élevez la tête" qu'elle emploie dans ce verset. Au lieu d'utiliser le mot usuel "pékod" signifiant compter (comme : pékoudé), comme elle le fait au sujet du recensement des Lévi'im, la Torah emploie l'expression : séou ét roch, littéralement : élevez la tête".

L'expression "élevez la tête" a 2 connotations, l'une positive, l'autre négative.
Elle peut signifier être élevé à une fonction importante, ou être décapité.
En effet, lorsque Yossef déclara au maître panetier : "Pharaon élèvera ta tête" (Béréchit 40,19), il voulait dire que le roi le décapiterait.

L'expression "élever la tête" signifie que les juifs peuvent devenir supérieurs aux nations. Cependant, s'ils négligent les commandements le contraire se produira et ils seront livrés aux mains de leurs ennemis pour briser leur orgueil.

[Méam Loez - Bamidbar 1,2]

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-> Le Sim’hat haTorah soulève 2 questions : pourquoi le verset n’emploie-t-il pas le verbe "compter" mais "élever" [traduction littérale de : séou - שְׂאוּ] et pour quelle raison évoque-t-on "toute la communauté", alors qu’il est ici question d’un compte individuel?

En réalité, Hachem connaît pertinemment le nombre exact de Ses enfants, mais, en les comptant, chacun d’entre eux acquiert plus de valeur à Ses yeux. Devenant ainsi membre de la légion du Roi, il s’élève et devient plus important.
Néanmoins, le particulier ne prend toute sa valeur que dans la mesure où il fait partie intrinsèque de la collectivité. C’est pourquoi le relevé des enfants d’Israël correspond au compte de "toute la communauté".

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-> Le rav Yaakov Galinsky (Véhigadéta) enseigne :
"La paracha Bamidbar commence par le décompte des juifs. Ce recensement se fait en 2 temps. Tout d'abord, il y a le compte individuel où chaque personne par tribu fut comptée (Bamidbar 1,20-43). Puis, intervient le décompte global où la Torah donne le nombre de tous ceux qui ont été dénombrés.
La 2e partie de la paracha Bamidbar consiste à placer chaque tribu sous des drapeaux autour du camp d'Israël. Là aussi tout d'abord chaque tribu, placée à une certaine position, est comptée. C'est la dimension individuelle. Puis la Torah englobe tout le peuple et
donne le nombre de toute la communauté.
=> On peut se demander pourquoi la Torah, qui est d'une précision et d'une exactitude absolue, a tenu à réaliser ces deux décomptes : l'un individuel, et l'autre collectif ?

Chaque juif a son importance de par lui-même. Il a un rôle spécifique à jouer que personne d'autre ne pourra faire à part lui. Il a son originalité et des forces uniques ...
Personne n'est parfait, comme le dit si bien le verset : "Il n'existe point d'homme sur terre qui fasse le bien sans jamais fauter".
Quand un homme est observé de façon individuelle, ses défauts apparaissent. Mais, quand il est intégré dans la collectivité, alors tous ses défauts sont neutralisés. On ne les voit plus.
Si au titre personnel, l'individu a des défauts, au titre global, la collectivité d'Israël est parfaite. Comme le dit le verset :
"Tu es toute entière belle, ma compagne, et tu n'as aucun défaut".
C'est à dire que quand tu es ''toute entière'', c'est-à-dire que toute la communauté est rassemblée, alors ''tu es belle, sans aucun défaut''. Tous les défauts de l'individu se dissolvent quand il fait partie de l'ensemble.
Ainsi, les accusations qui peuvent exister quand on regarde chacun séparément n'ont plus de place dans la collectivité.

C'est pourquoi, dans la paracha Bamidbar après avoir dénombré chaque juif pour faire apparaître sa spécificité, il est nécessaire de l'inclure ensuite dans le groupe. C'est alors que les accusations disparaissent.

Après la paracha de Bé'houkotaï, qui décrit les malédictions, la Torah doit introduire Bamidbar, pour inclure chaque juif dans la totalité, de sorte que par rapport à cette collectivité, toutes les malédictions et les accusations se taisent.
On peut dire que Bamidbar permet de se protéger de Bé'houkotaï, c'est le remède à ses malédictions.
Quand Balak cherche à obtenir les malédictions de Bil'am à l'encontre d'Israël, il l'amène à un certain endroit et lui dit que là "tu le verras en partie, mais pas en entier" = c'est le moyen que Balak a trouvé pour maudire Israël. Quand on le voit en partie. Là les défauts apparaissent. Mais, si on le voit en entier, on ne peut plus maudire.
"Ton peuple est tout entier des Justes (tsadikim)" = Quand le peuple est réuni, tout entier, il n'y a alors que des Justes. Les imperfections de chacun disparaissent.

A l'image de Bamidbar pour Bé'houkotaï, la paracha de Ki Tetsé aussi rapporte de dures malédictions. Mais là aussi, la paracha qui la suit, Nitsavim, vient s'en prémunir. En effet, cette Paracha commence par les mots : "Vous êtes debout aujourd'hui vous tous". Là encore, c'est le "vous tous", c'est l'union de toute la communauté, qui a la force de se protéger des malédictions et de s'en prémunir."

-> b'h, également sur ce sujet : http://todahm.com/2021/05/23/31770

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+ Les raisons du recensement :

[Outre le fait qu'il exprimait l'amour de D. envers les juifs, le recensement avait plusieurs autres objectifs dont : ]

1°/ Faire passer chaque homme devant les saints Moché et Aharon.
Tandis qu'ils inscrivaient le nom de l'homme debout devant eux, Moché et Aharon le regardaient et lui murmuraient une bénédiction :"Puisse D. te multiplier mille fois et te bénir".
Cela éveillait l'attribut de pitié et de bonté de D. en faveur de chacun, ce qui ferait prospérer le peuple juif.

2°/ [Inscrire tous les hommes aptes aux services militaires.] De même que les souverains recensent leurs armées lorsqu'ils se préparent à la guerre pour connaître les forces dont ils disposent, Hachem ordonna le recensement des juifs avant leur départ en guerre contre Si'hon, Og et tous les autres rois cananéens pour conquérir la Terre Sainte.

Certes, les guerres menées par les juifs ne ressemblaient pas à celles livrées par les autres rois, tablant sur leur supériorité numérique et la puissance de leur armée. Toute chose que l'on peut accomplir par des moyens naturels doit être effectuée de cette façon.

3°/ Selon certaines opinions, Hachem a ordonné de compter les bnei Israël est pour que les forces impures n’aient aucune prise sur eux. Car le désert est l’endroit où règnent les démons et les esprits mauvais, c’est pourquoi Hachem les a protégés dans le désert en les comptant, puisque les forces impures n’ont aucune emprise sur toute chose comptée et mesurée.

Cette idée figure dans la guémara 'Houlin (chap.8), où la guémara parle de travailleurs qui transportaient du vin, et à chaque fois ils se reposaient dans la rue au-dessous d’une gouttière. Un jour, un démon arriva et cassa tous les fûts. Les travailleurs décidèrent d’assigner ce démon en din Torah devant Mar fils de Rav Achi.
Quand Mar fils de Rav Achi entendit leurs griefs, il décida d’excommunier le démon.
Quand le démon entendit cela, il eut peur, se présenta devant le Rav, et lui dit que les travailleurs s’étaient assis exactement sur son lit.
Le Rav lui demanda : "Et pourquoi as-tu choisi de dormir dans la rue? S’il en est ainsi tu dois payer".
Le démon promit de payer, mais de nombreux jours passèrent et il n’apparaissait pas. Quand il finit par se montrer, Mar fils de Rav Achi lui demanda : "Pourquoi as-tu tellement tardé?", et il répondit : "Sache que sur toute chose liée, mesurée et scellée, je n’ai aucun pouvoir. C’est pourquoi j’ai cherché une chose abandonnée qui ne présentait aucune de ces caractéristiques, et c’est seulement maintenant que je suis venu".

Cela signifie que sur une chose comptée et scellée, les démons n’ont pas de pouvoir, c’est pourquoi Hachem a ordonné de compter les bnei Israël.

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-> [Ce recensement permet aux juifs de dire : ] "Nous avons été recensés afin de pouvoir répondre aux nations : "Nous sommes les fils du D. vivant", et nous ne servons que Lui.
Il nous est impossible de nous assimiler parmi vous car nous sommes une entité individuellement dénombrée."
[Méam Loez - Bamidbar 1,2]

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+ "Tel fut le nombre des juifs selon leur famille paternelle, répartis dans les camps par divisions : 603 550 hommes" (Bamidbar 2,32)

-> Bien que la Torah ait donné plus haut dans la paracha, le résultat du recensement, elle le répète ici pour souligner le fait remarquable que pendant les 20 jours séparant le recensement de leur départ, le nombre des juifs n'avait pas diminué. Aucun d'eux n'était mort!

Sur une multitude de plus de 600 000 hommes, le fait qu'aucun homme ne soit mort est vraiment surprenant.
La Torah l'atteste explicitement plus (v.34) : "Ils campèrent sous leurs bannières de la façon prescrite, chaque personne marchant avec sa famille, selon sa lignée paternelle" = autrement dit, depuis leur dénombrement, chacun campa dans sa tente, pas un d'entre eux ne mourut.
[Méam Loez]

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-> "Hachem parla en ces termes à Moshé, dans le désert de Sinaï, dans la tente d’assignation, le 1er jour du second mois de la 2e année après leur sortie du pays d’Egypte" (Bamidbar 1,1)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
Ce verset introduit le compte des Bné Israel, qui intervient le 1er Iyar juste un mois après l’intronisation du Michkan. Dans la paracha Ki Tissa, on nous explique qu’il faut donner un demi-shékel par personne et ensuite on multiplie le nombre de shékalim par deux pour savoir combien de Bné Israel nous avons, ceci pour ne pas laisser le ayin ara avoir emprise sur le peuple quand on le compte.
Mais dans la précision de la date du compte on peut voir une autre protection qu’Hachem a prévu pour ses enfants. En effet, le premier [Iyar], valeur numérique du Alef, du deuxième mois, valeur du Beth, de la deuxième année, encore un Beth. Cela nous donne Beth, Beth, Alef, qui sont les premières lettres de : Béréchit Bara Elokim.
C'est pour nous dire que c’est grâce au mérite de la sainte Torah que ce compte ne fera pas de mal aux Bné Israël.

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Hachem a donné la Torah à Israël. Le corps de la Torah est l'âme de la nation juive, parce que les 600 000 racines d'âmes de la nation sont enracinées dans les 600 000 lettres de la Torah.
Il en résulte que lorsque Moché à compter les juifs, il était en train d'étudier la Torah.

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Métsora]

La responsabilité d'El'azar, fils du Cohen Aharon, [portera sur] l'huile d'éclairage, l'encens odorant, l'offrande de semoule pour le sacrifice quotidien et l'huile d'onction.
[Il sera également] responsable de tout le Michkan et de tous ses sujets et ustensiles sacrés. (Bamidbar 4,16)

-> Lors des déplacements des juifs, El'azar, fils d'Aharon avait pour charge de transport de 4 objets : l'huile d'éclairage, l'encens parfumé, l'huile d'onction et les offrandes de semoule nécessaires au sacrifice quotidien ...

Selon une interprétation, El'azar fils d'Aharon devait porter ces 4 objets sur lui.
Dans sa main droite, il tenait l'huile d'éclairage ; dans sa gauche, l'encens ; l'offrande de semoule pendait de son bras et la fiole d'huile d'onction était attachée à sa ceinture.

[Concrètement,] il lui fallait porter la réserve d'huile d'éclairage pour un an, c'est-à-dire 1 278 log, soit plus de 320 okkas (soit environ 700 litres).
La quantité d'encens qu'El'azar portait devait également suffire pur un an.
Il s'agissait donc de 365 portions pesant chacune 150 draches, soit 137 okkas (soit environ 300 litres).
Avec 13 log de l'huile d'onction, El'azar portait 460 okkas au total (soit environ 1 000 litres), sans compter l'offrande de semoule.

S'il avait porté ce poids sur son dos, ce n'aurait peut-être pas été surprenant, mais il portait ces objets en main : 320 okkas (environ 700 litres) d'huile d'éclairage dans sa main droite et 137 okkas (environ 300 litres) d'encens dans sa gauche.
En ajoutant l'offrande de semoule qu'il portait sur le bras, cela représentait une masse extrêmement lourde.

[Méam Loez - Bamidbar 4,16]

"Faites le relevé de toute la communauté des enfants d'Israël" (Bamidbar 1,2)

-> Rachi (v.1,1) : "Du fait de l’amour d’Hachem pour Israël, Il les compte à chaque moment."
[on compte (et recompte) ce qui est cher, ce qui a de la valeur à nos yeux! ]

De plus, Rachi rapporte que du fait de l'interdiction de compter des individus, chacun devait donner une pièce d'un demi-chékel, le représentant.

Le Rabbi de Loubavitch dit que dans un dénombrement, chacun compte pour un. On ne fait pas de différence entre les plus grands et les plus petits.
Par cela, on met en évidence le point le plus profond de sainteté qui réside en chacun. L’intériorité de l’âme de chaque juif est exactement le même pour tous.
Même le juif le plus éloigné de la Torah détient la même étincelle de judaïsme que le plus Saint.

Nos Sages disent que : "Même s’il a fauté, il reste un Israël".
Ce point intérieur est souvent dissimulé et ne s’exprime pas forcément. Le décompte, qui ne fait pas de différence entre les personnes et qui compte chacun comme un, sert à mettre en évidence cette valeur profonde dont chacun dispose.

=> Par ce décompte, Hachem montre Son Amour pour chaque juif, car Hachem l’affectionne, même s’il est très éloigné, parce qu’il détient cette parcelle qui ne peut en aucun cas se séparer de Lui.
[nous ne devons jamais désespérer, déprimer profondément, car nous avons toujours une valeur interne sublime et Hachem nous aimera personnellement quoiqu'on fasse!]

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-> Nous trouvons dans la guémara (Baba Metsia 21a) : "L’homme risque de vérifier ses poches à tout instant ».
Pourquoi cela?
Parce que son argent lui est cher et compte à ses yeux, c’est pourquoi sa pensée ne se détourne pas de vouloir bien garder son argent à tout instant.
De même, les bnei Israël sont chers à D., qui les "vérifie" à tout instant, et les recompte encore et encore ...

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-> Le rav Moché Feinstein (Igrot Moché) enseigne que cela est une bonne leçon d’introduction à Shavouot.
Il y a des gens qui disent : Qui suis-je et que suis-je? Même si j’étudie la Torah, je n’arriverai jamais à un véritable niveau! Et cela les mène à la négligence et à la paresse dans l’étude.

Vient alors ce décompte, montrant que tout juif est égal au plus grand du point de vue de la profondeur de son âme. Le juif le plus simple a tout autant de part dans la Torah que le plus grand et ne doit sûrement pas se décourager et baisser les bras!
Chaque juif a de l'importance et possède sa valeur intrinsèque, et il constitue une entité irremplaçable au sein de la communauté juive .
Chaque juif a une importance, il a une part dans la sainte Torah, et il peut donner de nouvelles explications [uniques] que son âme a reçue au Sinaï.

[chacun a des capacités différentes, mais tout le monde a sa part dans la Torah, et est jugé en fonction de l'investissement qu'il met pour la révéler!
Un grand qui exploite peu ses capacités, "vaut" moins qu'un tout petit qui les utilise au maximum!
Ce qui compte n'est pas l'extériorité, mais le cœur débordant d'amour dans la réalité!]

=> En comptant la collectivité, Hachem exprime à quel point individuellement chaque juif compte et est aimé de Lui! A quel point nous sommes tous indispensables pour combattre spirituellement au quotidien dans l'armée Divine, pour révéler Sa grandeur aux yeux de tous!

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-> Le livre de Bamidbar commence par le recensement du peuple juif.
Rachi commente : C’est l’amour qu’Il (Hachem) leur porte qui L’incite à les compter à tout moment.

=> Quel est l'intérêt de compter la même chose encore et encore?

Rabbi Yérou'ham Levovitz (Daat Torah) répond qu'on ne le fait pas pour connaître le total, puisqu'on le connaît déjà, mais parce qu'en comptant on se le rappelle constamment à l'esprit.
Ainsi, pour ainsi dire, le comptage permet de toujours garder dans l'esprit d'Hachem le peuple juif [et la fraîcheur et la plénitude de Son amour à leur égard!]

-> Le livre de Vayikra se termine avec la notion de la dîme des animaux ("le 10e sera consacré à Hachem" - Bé'houkotaï 27,32)

Le propriétaire faisait passer chacune de ses bêtes devant lui, et chaque dizaine était destinée à D.
Cela permettait de se rendre compte de tout ce que D. nous donne, par rapport au peu qu'Il nous demande de Lui restituer (90% c'est pour nous!).
Cela doit développer de la joie et de la reconnaissance d'être juif, d'avoir un papa Hachem qui nous aime et chouchoute tellement!
[nous avons la tendance à se focaliser sur ce que nous reversons (ex: tsédaka), en oubliant le restant!]

Après cette notion, le livre de Bamidbar commence avec le recensement des juifs, qui sont le "troupeau de Hachem".
Selon le rabbi Shimshon Raphaeël Hirsch, le fait que D. compte chaque juif, témoigne que chaque juif compte, comme un membre unique [et indispensable] de Son troupeau.

A l'approche de Shavouot, nous ne devons pas se dire : moi qui suis si loin du niveau de Moché, suis-je vraiment concerné par le don de la Torah?
La réponse est : oui. Nous avons tous une part unique dans la Torah, une contribution unique à l'Histoire juive.

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-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°881) enseigne :
"Hachem a ordonné à Moché de faire le décompte des tribus des bnei Israël, en commençant par les chefs de tribus, puis les chefs de famille, chacun selon la maison de son père, à partir de l’âge de 20 ans et au-delà. Or la Torah nomme extrêmement longuement avec tout un luxe de détails tous les chefs de famille de chaque tribu, sans se contenter d’évoquer globalement ceux qui sont comptés dans la tribu, mais en prenant la peine de compter chacun individuellement selon son rang, sans en omettre un seul.

Cela suscite un étonnement : les mitsvot du Chabbat sont données par allusion aux travaux du Michkan ; tous les travaux qui étaient nécessaires à la construction du Michkan, il est interdit de les faire le Chabbat (Chabbat 49b), or ces travaux ne sont pas évoqués dans la Torah, mais on les apprend uniquement par allusion ; ce sont les Sages qui nous ont informés de ce qu’il est permis ou interdit de faire le Chabbat.
De même, en ce qui concerne Pessa’h, qui tient une place particulièrement importante et centrale, avec plusieurs mitsvot, la Torah rappelle extrêmement brièvement celles qui se rattachent à Pessa’h, alors que les autres halakhot, dans tous leurs détails complexes, s’étudient dans le traité Pessa’him ...

Il faut comprendre quelle est la différence entre le décompte du peuple d’Israël, qui est rapporté dans les moindres détails, et certaines mitsvot importantes qui ne sont décrites dans la Torah que très brièvement, voire par allusion. Or à cause de leur valeur de ces mitsvot la Torah aurait dû prendre la peine de longuement préciser, alors pourquoi dans le décompte des bnei Israël, qui est apparemment quelque chose de secondaire qui n’a aucune conséquence sur l’avenir, la Torah s’est-elle donné la peine d’en rapporter chaque détail?

On peut expliquer que la conduite des bnei Israël est due au fait qu’ils sont un peuple persécuté par les non-juifs. A chaque génération, nos ennemis se lèvent pour nous anéantir, et Hachem nous sauve de leurs mains. Dans cette difficile réalité de la brutalité des nations du monde envers les bnei Israël et des massacres épouvantables, l’humeur et le courage du peuple d’Israël risqueraient d’être brisés au point de tourner le dos à Hachem et à Sa Torah, parce que la réalité est tellement difficile, nous sommes comme une petite brebis au milieu de 70 loups, et le désespoir pourrait broyer le peuple élu.
C’est pourquoi Hachem a ordonné d’écrire longuement les noms du peuple d’Israël en les précisant avec une grande exactitude, tout cela pour prouver aux bnei Israël qu’ils sont Ses enfants bien-aimés et qu’Il ne détourne pas d’eux Son regard un seul instant. La réalité des persécutions ne doit pas affaiblir l’esprit du peuple ni le faire tomber dans le désespoir, mais au contraire, il doit reconnaître que cela vient de Hachem, et que pour que Son peuple reste bien vivant dans toutes les générations, Hachem a délibérément fait tomber la haine dans le monde afin que les nations cherchent à le tourmenter, ce qui lui évitera de s’assimiler.

Et lorsque les bnei Israël s’apercevront que Hachem n’a pas épargné les versets lorsqu’il s’agit de les compter et d’évoquer les noms de leurs ancêtres, cela les consolera. La longue énumération de ces noms prouve au peuple l’amour de Hachem pour lui, et il comprendra immédiatement que si les non-juifs le frappent, ce n’est pas parce que Hachem ne veille pas sur lui, mais parce que qu’Il a décidé que leur haine est indispensable pour préserver la flamme juive afin qu’elle ne s’éteigne pas.

Hachem a voulu nous montrer qu’au moment où s’est déroulé le décompte, un an et un mois après la sortie d’Egypte, le peuple d’Israël était déjà vraiment un peuple. Or si nous essayons de vérifier l’élaboration de diverses nations dans le monde entier, nous voyons immédiatement que la formation d’un peuple n’est pas quelque chose d’anodin. Il y faut de nombreuses années, parfois même des dizaines et des centaines d’années s’écoulent avant qu’un groupe de personnes s’unisse au point de devenir digne de porter le nom de "peuple".

Or chez le peuple d’Israël, nous trouvons un phénomène extraordinaire qui n’a pas son pareil dans le monde entier : un an et un mois après la sortie d’Egypte, il pouvait déjà s’appeler un peuple, et il fallait les compter.
Certes, ce décompte était évident pour le Créateur, et de Son point de vue, il n’y avait nul besoin de compter, mais Il a voulu montrer à toutes les nations du monde, qui ont demandé ce qu’il y avait d’écrit dans la Torah, que les bnei Israël représentaient un phénomène unique et extraordinaire : ils avaient mériter de s’unir et de devenir un peuple en un temps si court parce qu’ils s’étaient tenus au pied du mont Sinaï et avaient reçu la Torah.
Par ce mérite, ils étaient devenus une partie de la Torah, dont le compte est semblable à celui des bnei Israël, et ils sont devenus le peuple d'Hachem et de la Torah.

Par conséquent, c’est la raison pour laquelle la Torah prend la peine de souligner la date et l’année où s’est passé le décompte. Elle indique aussi le désert du Sinaï où se tient le mont Sinaï, afin de prouver au monde entier que le peuple d’Israël est devenu le peuple élu, dont Hachem Se glorifie (Yéchayahou 49,3).
Tout cela est arrivé en un laps de temps très court, ce qui est unique dans toute l’histoire de l’humanité, et à quoi tout cela est-il dû? Au fait qu’ils ont pris sur eux la Torah avec dévouement, sans rien demander et sans poser de questions."

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+ "Faites le relevé de toute l’assemblée des enfants d’Israël, selon leurs familles et leurs maisons paternelles, (bémispar chémot)" (Bamidbar 1,2)

-> Le 'Hida (Pné David) fait remarquer que celui qui éprouve de la haine à l'encontre d'une personne se garde naturellement de prononcer son nom, le désignant tout au plus par un surnom ou par des sobriquets.
Or ici, Hachem demande à Moché de recenser les juifs "d'après le nombre de noms" = ils étaient si chers à Ses yeux qu'Il a voulu les compter nommément, et a tenu à ce que cette désignation individuelle éveille et amplifie Son affection pour chacun d'eux.

-> Le Baal haTourim explique que mentionner chaque personne par son nom, cela nous rappelle un des plus grands mérites des juifs lorsqu'ils étaient esclaves en Egypte : ne pas avoir changer leur nom (comme l'enseigne le midrach Vayikra rabba 32,5).
Cela a renforcé l'affection que pouvait déjà avoir Hachem pour Son peuple, et par conséquent, Il utilise chaque occasion pour les compter et recompter, comme signe de Son amour pour les juifs.

En ce sens, le rav Yé'hezkel de Kouzmir dit que Hachem nous compte en fonction de nos meilleurs moments de notre vie, et par cela Il garde constamment un amour le plus important à notre égard.

Le Mélo haOmer explique que le fait de ne pas avoir modifier leurs noms en Egypte a préservé les juifs de l’assimilation, car leurs noms leur rappelèrent leur appartenance à une nation sainte et, subséquemment, leur interdiction de se mêler aux Egyptiens impurs.
D’où la redondance de notre verset (Bamidbar 1,2) qui peut sembler en apparence superflue.
L’expression "selon leurs familles et leurs maisons paternelles" indique qu’ils furent fidèles à leur appartenance au peuple juif, tandis que les mots "d'après le nombre de noms" nous indiquent comment, en conservant les noms traditionnels de leurs pères.

L'admour de Miskoltz a l'habitude de dire lors d'une brit mila :
"Nous bénissons le nouveau-né en lui souhaitant que, "de même (kéchem) qu’il est entré dans l’alliance d’Avraham avinou, il puisse entrer dans celle de la Torah, du mariage et des bonnes actions". A travers le mot kéchem, nous pouvons lire une allusion au nom (chem) juif reçu par le bébé lors de sa circoncision et par le mérite duquel il pourra aussi étudier la Torah, entrer sous le dais nuptial et pratiquer de la bienfaisance.
Autrement dit, ce nom juif lui sera d’un grand secours, lui rappelant, où qu’il se trouve, qu’il est juif et se doit de se conduire en tant que tel en restant fidèle à la Torah, en l’étudiant, en craignant D., en se mariant et pratiquant de bonnes actions.

-> Selon le Ramban (Bamidbar 1,45) :
"Si les enfants d'Israël reçurent l'ordre de se faire recenser par Moché et Aharon, c'est parce qu'en se présentant devant eux et en disant son nom, chacun y gagnait mérite et longévité ... car Moché et Aharon (les tsadikim de la génération) allaient prier pour lui."

Ainsi, lorsque Moché et Aharon se présentaient devant la maison de chaque juif (pour les compter), ils posaient leur regard bienveillant sur eux, et ils avaient un tel amour envers chaque juif, qu'ils ont traduit cela en priant pour le meilleur pour cet personne [dont sa descendance!].

=> Ainsi, en plus du fait que la collectivité est importante. Le décompte avait vocation d’apporter une valeur et une importance, une expression d’amour, à chaque individu.
[chaque juif quelqu'il soit a une contribution unique et indispensable à apporter à l'Histoire juive!]

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-> "Faites le relevé de toute la communauté des enfants d’Israël, selon leurs familles et leur maison paternelle"

Le Ben Ich 'Haï (dans son Od Yossef 'Haï) s’intéresse à la précision du langage du verset : "Faites le relevé de toute la communauté des enfants d’Israël". Le mot "toute" semble ici superflu, puisqu’il est évident que la mitsva de compter inclut tout l’ensemble d’Israël, sans exception. Le texte aurait donc dû dire : "Faites le relevé de la communauté d’Israël", en retirant le terme "toute".
Le Ben Ich 'Haï explique : comme nous le savons, il faut faire très attention à ne pas accuser les bnei Israël devant D., même les plus réchaïm d’entre eux. Certes, l’homme instruit et érudit a l’obligation de réprimander les réchaïm et de leur montrer la bêtise de leur comportement, et il peut leur parler durement afin de les mener au repentir. Mais malgré tout, devant Hachem, il ne les accusera pas, ne les critiquera pas, et parlera au contraire en leur faveur.