« La Tente d’Assignation (Ohel Moèd), le camp des Lévi’im, voyagera au centre du camp » (Bamidbar 2,17)

-> Le Ohel Moèd contenait le Aron (avec les Tables de la Loi), et il était au centre du camp.
Cela symbolise le fait que la Torah doit toujours être placée au centre de notre vie.

-> Le ‘Hafets ‘Haïm compare la Torah au cœur, qui pompe le sang dans tout le corps.
De même, la Torah fournit le sang spirituel, la force vitale, à toute la nation juive.

-> Le rav Yits’hak Hutner enseigne que le plus grand bienfait que l’on peut apporter aux juifs, c’est de s’asseoir et d’apprendre la Torah.
En effet, en étudiant la Torah, nous devenons une partie du cœur du peuple juif, et nous fournissons alors de la vie spirituelle pour tout le monde.

« Les enfants d’Israël camperont, chacun dans son camp et chacun sous sa bannière, selon leurs légions » (Bamidbar 1,52)

-> Selon l’Alter de Kelm, les déplacements des juifs dans le désert nous enseigne l’importance de maintenir de l’ordre dans notre vie.

Il compare cela à un collier de perles.
Les perles ont beaucoup plus de valeur que la ficelle, mais sans sa présence elles se détacheraient et seraient perdues.

De même, l’ordre protège des pertes dans l’accomplissement des mitsvot : nous avons un lieu et un moment désignés pour prier, pour étudier la Torah, …

-> A Pessa’h, moment de liberté suite à la sortie d’Egypte, on a un Séder (un ordre) que nous devons suivre scrupuleusement.

L’ordre, la discipline, représente ce que nous voulons véritablement faire.
Le laisser faire représente ce que nos humeurs, nos envies du moment décident de faire pour nous.

=> Pour être sûr d’être pleinement soi-même, il faut suivre cette ficelle durant notre vie, afin d’y mettre un maximum de perles (nos belles actions).

+ Le mot Bamidbar …

Le mot « bamidbar » (במדבר) peut se lire en 2 mots : « bam dabeir » (בם דבר – d’eux vous devrez en parler).

La guémara (Yoma 19b) commente les mots : « védibarta bam » par : tu parleras [de Torah] et non pas de paroles vaines, inutiles (dévarim bétélim).

Les lettres du : bam (בם) renvoient à la 1ere lettre :
-> du 1er mot de la Torah écrite (בְּרֵאשִׁית – Béréchit)
-> du 1er mot de la Torah orale (מאימתי – michna Béra’hot).

=> Dans nos discussions, le mot bamidbar vient nous demander de parler de Torah, qui est composée d’une partie écrite et orale, en faisant le vide autour de nous (à l’image d’un désert, vide de toute fioriture).

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« D. parla à Moché dans le désert du Sinaï » (bémidbar Sinaï – Bamidbar 1,1)

Le Sinaï est une partie du désert dans lequel ont résidé les juifs durant leur séjour de 40 ans.
Pourquoi alors la Torah ne dit-elle pas uniquement : « D. parla à Moché à Sinaï »?

Les termes : « bémidbar Sinaï » (dans le désert de Sinaï), ont une valeur numérique de : 378, qui est la même que le mot : « béshalom » (en paix).
Le ‘Hida ajoute que la plupart des années, nous lisons cette paracha de Bamidbar le Shabbath précédant Shavouot. Cela est un rappel sur l’importance de chercher à augmenter l’unité et la réalisation de mitsvot envers son prochain, afin de pouvoir mériter de recevoir la Torah.

-> « Israël campa là en face de la montagne » (Yitro 19,2)
Rachi de commenter : « le verbe (camper) est au singulier, à la différence des verbes précédents, pour enseigner que la multitude des enfants d’Israël a campé comme un seul homme, animé d’un seul et même désir ».

Selon le Or ha’Haïm = « [les juifs] se sont humblement soumis à la parole de D., car les paroles de la Torah ne demeurent que chez ceux qui se jugent aussi peu importants qu’un désert ».

=> Un pré-requis pour recevoir la Torah est le shalom.

« Les enfants d’Israël camperont chacun dans son camp et chacun sous sa bannière selon leurs légions » (Bamidbar 1,52)

La notion de bannière va bien au-delà d’un simple bout de tissu, de chiffon attaché à un morceau de bois.
Nos Sages (Midrach Bamidbar Rabba 2) de nous enseigner :
« Lorsque D. se révéla sur le mont Sinaï, 22 myriades d’anges descendirent en Sa compagnie, et ils étaient disposés en cortèges sous des bannières distinctes.
Quand Israël les vit, rangés sous des étendards distincts, il commença à éprouver l’envie d’avoir des bannières.
Il [Israël] se dit : Ah! comme il serait bon que nous puissions être rangés sous des bannières comme eux …

D. leur dit : Vous aspirez ardemment à être rangés sous des bannières!
Par votre vie, J’accomplirai votre souhait!

Immédiatement,D. fit preuve de son amour envers Israël et dit à Moché : Va, place-les sous des bannières comme ils le désirent, chaque homme sous sa bannière selon mes signes.  »

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-> « Ils dirent à Moché : « Parle-nous, toi, et nous entendrons ; et que D. ne nous parle pas de peur que nous mourrions » (Yitro 20,16)

Les anges sont les intermédiaires entre le monde supérieur et notre monde.
Ils vont par exemple prendre nos prières et les apporter dans les sphères supérieures.

Au-moment du don de la Torah, les juifs ont été dépassés par les 2 premiers Commandements donnés directement par Hachem, et ils ont fait l’erreur de souhaiter un intermédiaire (cf.verset ci-dessus).

Lorsque les juifs ont demandé des bannières, ils ont rectifié leur mauvaise compréhension passée.
En effet, ils ont fait cette demande afin de ressembler aux anges qui communiquent directement avec Hachem.
Par là, le peuple juif veut être connecté au plus proche de D., même s’il n’est pas capable de le supporter.

[le Chem miChmouel]

« Ils prendront tous les ustensiles du service avec lesquels ils accompliront le service dans le Sanctuaire. » (Bamidbar 4,12)

Le Or ha’Haïm commente :
« J’ai lu dans les écrits de pieux maîtres d’Israël que la bouche des étudiants de la Torah a le statut d’ « ustensile avec lequel on accomplit le service du Sanctuaire ».

Car il n’est pas de plus grande sainteté que celle de la Torah.

Telle est la raison pour laquelle, au milieu de l’étude, il est interdit de s’interrompre pour émettre des paroles qui ne relèvent pas de celle-ci, même si, émanant d’une personne qui n’est pas en train d’étudier, ces propos ne seraient pas prohibés. »

 

Source (b »h) : issu du « talelei Oroth » du rav Yissa’har Dov Rubin

« Ils campaient ainsi par bannières et ils marchaient dans cet ordre, chacun selon sa famille, près de sa maison paternelle. » (Bamidbar 2,34)

Le peuple juif a voyagé dans le désert en 4 groupes, chacun constitué de 3 tribus, chacun ayant sa propre bannière .

Il est à noter que dans chacun de ces 4 groupes, le nasi (chef) de la tribu du milieu avait un nom contenant le nom de D. : « El » :

-> à l’est (bannière de Yéhouda) : la tribu de Yissa’har était au milieu de ce groupe de 3 tribus avec pour nasi : Nétan-EL ;
-> au sud (bannière de Réouven) : la tribu de Shimon était au milieu avec pour nasi : Shloumi-EL ;
-> à l’ouest (bannière de Ephraïm) : celle de Ménaché était au milieu avec pour nasi : Gamli-EL ;
-> au nord (bannière de Dan) : celle de Achèr était au milieu avec pour nasi : Pagi-EL.

=> Cela nous apprend que D. reste constamment au milieu de la communauté juive, comme il est dit : « Leur camp au milieu duquel je réside » (Bamidbar 5,3).

Dans la paracha suivante (Nasso), on a le déroulement concernant les offrandes apportées par les princes (nasi) au moment de l’inauguration de l’Autel.
On avait :
– Nétanel qui a apporté son offrande le 2e jour ;
– Shloumiel qui a apporté son offrande le 5e jour ;
– Gamliel qui l’a apporté le 8e jour ;
– Pagiel qui l’a apporté le 11e jour.

Lorsque l’on additionne ces jours (2+5+8+11), on obtient : 26, qui est la valeur numérique du nom de D., dans sa bonté (le Tétragramme).

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+ Supplément :

« Rangés chacun sous une bannière distincte, d’après leurs tribus paternelles, ainsi camperont les enfants d’Israël » (Bamidbar 2,2)

Comment s’est faite la structure de campement du peuple juif dans le désert?

Les 12 tribus étaient répartis en 4 groupes, ayant chacun sa bannière.
Ce système de bannières a été établi par Yaakov, au moment où il a demandé à être enterré en Israël.
Il a alors enseigné à ses enfants l’emplacement de chacun au moment où l’on portera son cercueil.

Lorsque Yaakov a donné ses bénédictions à Ménaché et Ephraïm, il est dit : « II plaça Ephraïm avant Ménaché. » (Béréchit 48,20).
Rachi de commenter : afin de placer Ephraïm avant Ménaché dans la formation des bannières.
C’est ainsi, que l’on trouve dans notre paracha : « La bannière du camp d’Ephraïm, avec ses légions, occupera le couchant … Près de lui, la tribu de Ménaché. » (Bamidbar 2,18-20)

On peut aussi noter que les 2 phrases suivantes ont la même guématria (1653) :
– « II plaça Ephraïm avant Ménaché. » (Béréchit 48,20)
– « Les enfants d’Israël se fixeront chacun dans son camp et chacun sous sa bannière » (Bamidbar 1,52)

– וַיָּשֶׂם אֶת-אֶפְרַיִם, לִפְנֵי מְנַשֶּׁה
– וְחָנוּ, בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, אִישׁ עַל-מַחֲנֵהוּ וְאִישׁ עַל-דִּגְלוֹ

 

Source (b »h) : traduction & compilation personnelle d’un dvar Torah du Rabbi Moshe Bogomilsky (Védibarta Bam)

+ « Ceux-ci étaient les fils de Lévi, selon leurs noms : Guerchon, et Kéhat et Mérari ». (Bamidbar v.3 ; v.17).

Les Lévites sont les guides et les juges de tout le peuple d’Israël (Dévarim ch. 33; v.11 : « Ils enseigneront Tes statuts à Yaakov et Ta Torah à Israël …), et ils n’ont pas fauté avec le Veau d’Or.

Les noms des fils de Lévi, sont évocateurs des différentes étapes que l’homme doit franchir dans sa lutte contre le mauvais penchant.
– Kehat (responsable des articles les plus sacrés : l’Arche, la Table, la Ménora, …)
= briser (comme dans l’expression : « cogne lui les dents »).
= Dès que le mauvais penchant tente l’homme, celui-ci doit le repousser avec détermination et ne pas le laisser prendre place.

– Guerchon (responsable d’articles moins sacrés que Kehat : le Tabernacle, la Tente, …)
= chasser = Si le mauvais penchant a réussi à pénétrer l’esprit de l’homme, celui-ci doit le rejeter avec vigueur.

– Mérari (responsable d’articles moins sacrés que Guerchon : les planches du Tabernacle, ses barres, …)
= amer = fait référence au sentiment amer qu’éprouve l’homme après avoir commis une faute. Ce goût amer doit être conservé pour inciter la personne à se préserver à l’avenir et empêcher toute récidive.

B »H que la force des Lévi soit en nous afin de pouvoir lutter, à chaque instant, de façon victorieuse fasse au mauvais penchant. Amen!

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Rabbi David Feinstein fait remarquer :
Il est écrit : « Elle dit: « Ah! désormais mon époux me sera attaché (יִלָּוֶה), puisque je lui ai donné 3 fils. » C’est pourquoi on l’appela Lévi.  » ( Vayétsé 29,34)

Les Lévi’im ont une capacité unique d’attachement à un idéal.
Un attachement à quoi?
La guématria de : Lévi’im (לוים) est la même que le Nom de D. : אלהים, car c’est à Hachem qu’ils sont attachés plus que tout.
C’est ainsi par exemple qu’ils ne se joignirent pas aux fautes commises par le restant de la nation juive.

=> Que nous puissions à l’image des Lévi’im avoir cet attachement à l’idéal divin qui puisse être au-dessus de tout.