"L'un tourné vers l'autre" (Térouma 25,20)

-> Nos Sages (guémara Baba Batra 99a) disent que lorsque Israël accomplissait la volonté d'Hachem, les visages des chérubins étaient tournés l'un vers l'autre.
Dans le cas contraire, ils se tournaient chacun vers les murs du Sanctuaire (ils étaient alors dos à dos).

-> Le Beit Israël voit en cela une allusion : lorsqu'un juif est tourné vers autrui et cherche à lui faire du bien, il accomplit alors la volonté d'Hachem.

L'allusion va plus loin : même celui qui est pur de toute faute comme un nouveau-né (évoqué par les chérubins), et "étend ses ailes vers le haut" symbolisant ainsi qu'il est spirituellement élevé, n'est pas encore considéré pour autant comme accomplissant la volonté d'Hachem tant qu'il ne se tourne pas vers autrui afin de lui venir en aide, en parole ou en acte, en renonçant parfois à son propre droit et en étant disposé à lui rendre le bien pour le mal.
En revanche, si "il tourne sa face vers le mur" en ignorant son prochain et ses besoins, il pourrait avoir "les ailes dirigées vers le haut" et se conduire avec piété dans ses devoirs envers D., il n'en demeurerait pas moins comme n'accomplissant pas la volonté d'Hachem.
Car le fondement de tout est de veiller à ses devoirs envers autrui.

-> Le Tiférét Chlomo enseigne : Grâce à la bienveillance qu'il manifeste envers son prochain, l'homme mérite également l'expiation de ses propres fautes.

Le Tiférét Chlomo voit une allusion à cela dans la fin du verset : "leur visage sera tourné l'un vers l'autre" = à savoir sans dispute ni haine.
Au contraire, en veillant à prier pour son prochain, il méritera alors d'être vers la Kaporet (sorte de couvercle de l'Arche en or massif orné des chérubins. En hébreu le terme "Kaporét" évoque "Kapara", l'expiation des fautes).

<--->

-> Le Sfat Emet (Shékalim 5634) enseigne que c'est précisément parce que "dès que débute le mois d'Adar on redoublera de joie" (guémara Taanit 29a), que nos Sages ont institué "dès le 1er Adar on rappelle l'obligation de donner le demi-Shékel" (Shékalim 2,1).
Ceci nous enseigne que grâce à la bienfaisance qu'il prodigue aux autres, un juif mérite de redoubler de joie.

-> "Tu as ouvert mon cilice et Tu m'as étreint de joie" (pita'hta shaki, vatéazéréni sim'ha - Téhilim 30,12)
Selon le Beit Israël, on peut le comprendre allusivement : "Tu as ouvert mon sac (c'est-à-dire ma bourse) et grâce à cela Tu m'as donné la joie".
En effet, telle est la nature des choses : celui qui donne aux autres se détache de ses propres besoins et il peut ainsi permettre à la joie de l'envahir.
[une personne qui manque de joie, est quelqu'un qui ne s'occupe pas assez d'être utile à son prochain]

[rapporté par le rav Elimélé'h Biderman]

"Tu feras 2 chérubins en or" (Térouma 25,18)

-> La Mékhilta (Yitro 10) enseigne qu'il est permis de confectionner tous les usteniles du Temple en argent ou dans un autre métal si l'on ne possède pas l'or requis, à l'exception des chérubins qui ne peuvent être fabriqués qu'en or (rapporté par le Rambam Beit haBékhira 3,4).

-> "En araméen, un enfant se dit : kéravia" (guémara Soucca 5b).
Cela vient nous enseigner que lorsqu'il s'agit de l'éducation des enfants, leur place doit être dans un lieu de Torah (au-dessus de l'Arche Sainte).
Dans ce domaine, il est défendu de lésiner sur les moyens et d'utiliser des "matériaux bon marché", car tout doit être accompli de la meilleure manière possible : tout en or!
[rav Moché Chapira de Lublin]

-> Le rav Elimélé'h Biderman rapporte que la voie la plus sûre pour réussir dans l'éducation de ses enfants est que parents et enseignants les encouragent et valorisent ce qu'ils font, à leurs propres yeux.
Chaque petit acte devra faire l'objet d'un compliment : "je considère ce que tu as fait comme de l'or pur".
On devra se garder à tout à tout prix de leur donner l'impression que ce qu'ils font n'a pas d'importance.
En agissant ainsi à l'occasion de chaque acte, fût-ce le plus anodin, le père suscitera chez ses enfants l'envie d'aller dans le droit chemin, d'accomplir vraiment des actions "en or pur", justes et intègres (ils aimeront également ainsi naturellement leurs parents et leurs enseignants et seront disposés à écouter leurs recommandations).

<--->

-> Le rav Wosner rapporte l'enseignement suivant du rav Chimchon Raphaël Hirsch :
Dans la méguilat Esther, on constate que la reine Esther resta fidèle à Mordé'haï.
Malgré toutes les tentatives du roi A'hachvéroch pour lui soutirer une information sur ses origines et sur le peuple dont elle faisait partie, elle demeura intransigeante : "Esther ne révéla pas son peuple ni ses origines car Mordé'haï lui avait ordonné de ne rien dire" (Eshter 2,10).

=> Comment a-t-elle pu faire preuve d'une telle fidélité et ce pendant une aussi longue durée dans la demeure d'un homme aussi racha que représente le palais d'A'hachvéroch? Comment une telle prouesse fut-elle possible?

La réponse se trouve dans la suite du verset : "Chaque jour Mordé'haï s'en allait dans la cour de la maison royale s'enquérir de l'état d'Esther et de ce qui lui était advenu".
=> Ainsi, jour après jour, Mordé'haï se rendait jusqu'à la cour du roi, non pas pour mettre Esther en garde d'obéir à son ordre, mais pour lui demander comment elle se porte et ce qui lui arrive.
C'est une telle attitude chaleureuse qui préserva éternellement l'éducation qu'elle a reçu.

Cela constitue un enseignement pour nous-mêmes : en faisant preuve de chaleur et de don de soi envers nos enfants et nos élèves, nous mériterons de les préserver et de les voir grandir dans le bon chemin malgré toutes les épreuves et les difficultés que traverse cette génération de la fin des temps.

Certes, nous sommes tenus de placer des barrières et de redoubler de vigilance dans une telle époque aussi bouleversée.
Néanmoins, cela doit s'effectuer avec sagesse en faisant comprendre à nos enfants et élèves que cela représente un bien pour eux à l'instar de la garde des réserves d'or pur qui patrouille autour du palais royal pour le préserver des éventuels voleurs.
En comprenant l'importance, ils accepteront d'eux-mêmes ces barrières et les réclameront, se sentant ainsi protégés, et ils ne tenteront pas de les franchir.

"Tu feras l’Autel en bois de Chittim : 5 coudées de long et 5 coudées de large, [de forme] carrée, et 3 coudées de haut" (Térouma 27,1)

-> Un Autel se dit en hébreu : "Mizbéa'h" (מִּזְבֵּחַ), mot qui provient de la racine zéva'h désignant : abattage d'un animal pour l'offrir en sacrifice (korban).

Le mot "Mizbéa'h" (מִּזְבֵּחַ) peut également être compris comme un acrostiche des mots : "mé'hila, zé'hout, béra'ha, 'haïm (pardon, mérite, bénédiction, vie)".
Tous ces avantages peuvent être acquis grâce à l'Autel : par les sacrifices offerts sur l'Autel, les péchés sont pardonnés (mé'hila). Par le mérite (zé'hout) des sacrifices, Israël reçoit la bénédiction (bérah'a) et une longue vie ('haïm).

C'est pour cette raison que D. a ordonné que le fer ne touche pas l'Autel lors de sa construction.
Habituellement, les pierres sont taillées au moyen d'outils de fer et de métal. Cependant, l'Autel est destiné à accroître la vie alors que le fer a été créé pour tuer et écouter les jours.
C'est pour cette raison que 2 objets si opposés : l'Autel en pierre et les outils en fer, ne devaient pas entrer en contact l'un avec l'autre.

L'Autel était couvert d'une couche de cuivre pour signaler qu'il expie l'effronterie du peuple.
Il est écrit : "Ta nuque est un nerf de fer et ton front est de cuivre" (Yéchayahou 48,4).

3 miracles se produisaient constamment sur l'Autel :
- 1°/ le feu brûlait jour et nuit sans consumer le plateau de cuivre ni calciner le bois dont il était fait ;
- 2°/ dans le Michkan, l'Autel se trouvait dans la cour, un lieu ouvert, sans toit. Pourtant, aussi forte que fût la pluie elle n'éteignait jamais le feu de l'Autel.
- 3°/ La fumée de l'Autel s'élevait droite comme une colonne. Même si les vents soufflaient très fort, ils ne déviaient ni ne dispersaient la colonne de fumée.
["La pluie n'éteignit jamais le feu sur l'Autel et le vent ne dispersa jamais la colonne de fumée" - Pirké Avot 5,5]

Les dimensions latérales de l'Autel étaient de 5 coudées sur 5 pour rappeler le mérite des juifs d'avoir accepté les 10 Commandements : 5 Commandements étaient gravés sur une Table et 5 sur l'autre.

L'emplacement surplombant le karkov (la corniche décorative sur la hauteur de l'Autel) mesurait 3 coudées de haut pour rappeler le mérite des 3 grands guides d'Israël : Moché, Aharon et Myriam.

[Méam Loez - Térouma 27,2]

"Tu feras des barres transversales de bois de Chittim ... La barre transversale centrale passera au milieu des poutres, d'une extrémité à l'autre" (Térouma 26,26-28)

-> Avraham a planté un arbre à Béer Chéva (Chémot 21,33).
Lorsque les juifs ont traversé la mer Rouge, des anges sont descendus du ciel, ont coupé cet arbre et l'ont jeté dans la mer Rouge non loin des juifs.
Comme l'arbre flottait sur l'eau, les anges se sont exclamés : "C'est l'arbre qu'Avraham a planté à Beer Chéva! C'est sous cet arbre qu'il a prié!"
Les juifs l'emportèrent avec eux.

C'est le bois de cet arbre qui a été utilisé pour fabriquer la traverse centrale qui s'étendait d'une extrémité à l'autre du Michkan.
Les barres transversales s'appelaient "béri'him" (בְרִיחִם), car elles ressemblaient aux barres de fer (béri'him) employées pour barricader une porte.
La transverse centrale introduite au centre des poutres était faite de l'arbre d'Avraham. Elle mesurait 70 coudées de long et pénétrait dans les 3 murs du Michkan.

Elle était flexible comme un serpent pour pénétrer dans les 3 murs et les tenir solidement en place.
Cependant, une fois retirée du centre des poutres, elle redevenait droite comme une barre/bâton.

Cette barre transversale médiane permettait à elle seule de serrer et desserrer les poutres.
Les juifs n'avaient aucun effort à faire : tout se faisait automatiquement.
[Targoum Yonathan ben Ouziel]

<--->

-> C'est sous cet arbre que Avraham pratiquait une hospitalité exemplaire.
Le fait que cet arbre a été mis à une place centrale du Michkan, nous montre à quel pont l'hospitalité est fondamentale pour amener la Présence Divine parmi nous.

"Il y avait [sur le côté ouest] 8 poutres et 16 socles d'argent, 2 socles sous chaque poutre" (Térouma 26,25)

-> Les socles sont appelés en hébreu : "adanim" (אֲדָנִים), de la même racine que : "adnout", signifiant souveraineté.
Ceci nous donne une leçon d'humilité : si un homme se considère petit, Hachem l'élève et le rend important parmi ses contemporains.
Les socles représentaient les éléments les plus bas du Michkan sur lesquels reposaient les poutres. Malgré cela, on les appelait les "adanim" : les "seigneurs".

Ceci nous apprend que l'homme doit se considérer petit et laisser les gens le piétiner sans y prêter garde. S'il ne se considère comme rien, il se laissera insulter sans répondre. Hachem l'élèvera alors et le rendra important.

Toutefois, lorsqu'il a atteint cette position importe, il doit rester humble et ne pas s'enorgueillir en voyant les gens l'honorer.
Il doit comprendre qu'il a reçu un cadeau de D.
Son Créateur le fait honorer parce que c'est un élément nécessaire dans Sa façon de diriger le monde. Malgré cela, l'homme restera conscient que ses nombreux défauts ne lui font pas mériter ces honneurs.

[Kli Yakar]

Signification de la Table & des pains de proposition

+ Signification de la Table & des pains de proposition (par le Méam Loez - Térouma 25,30):

Hachem créa le monde ex nihilo, à partir du néant (yéch méayin).
Cependant, après les 6 jours de la Création, Hachem ne désira plus faire de miracles en créant la matière à partir du néant. A présent, Hachem dirige le monde de façon à ce que la matière soit toujours créée à partir d'une autre (yéch miyéch).

La bénédiction, l'abondance, ne peut donc pas reposer sur rien : il doit y avoir quelque chose sur lequel la bénédiction Divine peut s'attacher.
[Par exemple,] Nous le constatons dans le récit du prophète Elicha. Après que la femme sunamite eut trouvé une cruche d'huile, Elicha fut à même d'y faire reposer la bénédiction.
La quantité d'huile s'accrut jusqu'à fournir à la femme de quoi payer toutes ses dettes et subsister avec son fils (Méla'him II 4,1-7).

Hachem nous ordonna de faire la table et le pain de proposition, pour qu'il y ait toujours quelque chose sur laquelle la bénédiction Divine puisse s'attacher.
Le pain de proposition était consommé par les prêtes. Ils se partageaient les 12 pains de sorte que chacun en recevait un morceau de la taille d'un haricot.
Cette petite quantité suffisait à les rassasier comme s'ils avaient pris un repas substantiel parce que la source de la bénédiction et de l'influence qui descendait dans ce monde passait par le pain de proposition.

Lorsque les juifs s'élevaient spirituellement, ils étaient tant aimés de Hachem qu'Il accordait la nourriture et l'abondance au monde entier.
A l'époque où les juifs vivaient dans leur pays, l'abondance descendant sur Israël. Ce qui restait était donné aux autres nations du monde.
A présent, nous sommes en exil et la situation s'est inversée ...

Tant que les juifs accomplissent la volonté de D., ils méritent de siéger à la "table qui est devant Hachem".
Le "repas" entier, c'est-à-dire la bénédiction Divine descendant sur le monde, ne vient que par leur mérite. Lorsqu'ils ne font pas la volonté Divine, ils doivent travailler dur pour leur nourriture et ne reçoivent que les restes des autres nations.
Ils ressemblent à un prince qui doit se contenter des miettes recueillies à la table d'un esclave ...

Hachem montrait Son amour envers Israël lorsque le Temple existait et que le pain de proposition était posé sur la table.
Par l'intermédiaire de ce pain, l'abondance descendait sur le monde entier.
C'est pour cela qu'il était interdit de laisser la table [du Temple] vide serait-ce un instant : la bénédiction ne peut reposer sur un endroit vide.
Par conséquent, lorsqu'une personne récite Hamotsi (la bénédiction sur le pain) ou les grâces après le repas, il faut qu'il reste sur la table du pain sur lequel les bénédictions Divines reposeront.
[...]

Les paroles de Torah dites à table la rendent très précieuse : un ange responsable de ces paroles les prend, les assemble en forme de table et les apporte devant Hachem.
D'une telle table, on peut dire : "C'est la table qui est devant D."
[...]

Un homme ne peut pas mériter de s'asseoir à la "table qui est devant D." dans le monde futur s'il ne veille pas, dans ce monde-ci, à réjouir les mendiants, à les faire asseoir à la sienne et à partager sa nourriture avec eux.
Il est écrit à ce sujet : "Tends ton âme vers les affamés et satisfais l'âme affligée" (Yéchayahou 58,10).
Si l'on fait un effort pour contenter l'âme des pauvres, on méritera de se délecter à la table de D. dans le monde futur.

Une telle table est honorée par la présence de 2 anges, l'un à la droite du maître de maison et l'autre à sa gauche. Ils le bénissent dans ce monde et dans le prochain que sa table soit entière et abondante ...

Le racine du mot "chol'han" (table) est : chala'h, qui veut dire : "envoyer".
Ce nom lui est donné parce que si l'homme veille à ce qu'il fait à sa table, en particulier en ce qui concerne les pauvres, Hachem lui enverra la bénédiction et la prospérité ...
Le mot "choul'han" est égalment l'acronyme de : "choél lé'ha 'hanina nétina" (Il te demande la pitié, le don) ...

De plus, l'homme charitable recevra une récompense dans le monde futur, pour lui et pour ses descendants.
Le mot "choul'han" lu à l'envers est une abréviation de : "notsère 'hessed laalafim chamour" : quiconque montre de la bonté à des milliers [de générations] sera gardé.
En d'autres termes, la bonté envers les pauvres est gardée et préservée pendant de nombreuses générations.

Le Michkan comptait 48 poutres, 100 paires de brides (loula'ot - cf.v.26,5) et 100 crochets (les agrafes d'or (v.26,6) se terminaient par un crocher à chacune de leur extrémité), ni plus ni moins.
Ce nombre n'est pas arbitraire : il fait allusion aux 248 commandements positifs de la Torah et aux 248 membres du corps humain.

Ceci explique les paroles de Hachem à Moché : "Selon tout ce que Je te montre, le modèle du Michkan et le modèle de tous les objets, ainsi ils feront" (Térouma 25,9).
Ces paroles signifient : "Moché, Je t'ai montré les 248 membres du corps humain. Faites le Michkan avec exactement le même nombre d'éléments.
"Ainsi ils feront" = en observant les 248 commandements que Je te donnerai"."
[Yalkout Réouvéni]

<--->

-> Le Méam Loez (Térouma 27,19) enseigne :
Ceci nous apprend à ne pas croire que la Présence Divine reposait sur le bois et les divers matériaux du Michkan. Elle réside principalement sur les 248 commandements positifs.

Par conséquent, l'homme doit veiller à sanctifier et à purifier ses 248 membres pour permettre à la Présence Divine de résider sur lui.

<--->

-> Hachem a dit à Yé'hezkel : Ce que Je te dis est un précieux cadeau pour eux [les juifs]. Tant qu'ils seront en exil, qu'ils liront la section expliquant la façon de construire le Temple et qu'ils contempleront mentalement sa forme, Je leur compterai cela comme s'ils l'avaient construit!"

Ainsi en est-il de celui qui lit les sections de la Torah décrivant la confection du Michkan et des vêtements sacerdotaux et qui s'applique à bien les comprendre.
Hachem lui compte cet effort comme s'il les avait lui-même fabriqués.

De même, lorsqu'une personne étudie les lois des sacrifices et y médite, Hachem considère son étude et sa réflexion comme une offrande de sacrifices.
[Yalkout Chimoni (Yé'hezkel) - rapporté dans le Méam Loez (Térouma 27,19)]

"Tu feras une Ménora" (Térouma 25,23)

-> Nos Sages expliquent que Moché avait des difficultés à réaliser la Ménora, et alors Hachem lui montra une Ménora pour lui faire comprendre comment elle devait être faite.
Par ailleurs, un autre enseignement dit que la Ménora s'est faite d'elle-même, par Hachem Lui-Même.

=> Si elle s'est faite d'elle-même, pourquoi Hachem avait-Il besoin de montrer à Moché comment elle devait être faite?

Dans toute action qu'un homme réalise, l'essentiel de sa part, c'est sa volonté complète de faire cette action, et le reste, c'est Hachem Qui parachève l'action.
Il en est ainsi pour chaque mitsva, et ce qu'Hachem attend de l'homme, c'est qu'il renforce sa volonté d'accomplir cette mitsva.
En ce qui concerne la réalisation concrète, Hachem aidera et finalisera le tout.

Ainsi, Hachem montra à Moché la Ménora pour qu'il ait la volonté et l'envie de la réaliser dans ses détails. C'était cela l'essentiel : éveiller la volonté.
Et une fois que Moché a cherché au maximum à réaliser la Ménora, alors l'essentiel de sa contribution était apportée et Hachem pouvait réaliser la part concrète de la Ménora.

=> Pour qu'Hachem apporte Sa Contribution et Son Aide à l'homme, Il attend que celui-ci témoigne de sa volonté et qu'il fasse le maximum de ses efforts.
Une fois cela obtenu, Hachem intervient et apporte Sa Contribution pour finaliser l'action.
Une fois la volonté obtenue, pour le reste, c'est Hachem qui s'en occupe.

[Sfat Emet]

Hachem parla à Moché pour qu'il dise : "Parle aux juifs et qu'ils M'apportent une offrande élevée. Vous prendrez Mon offrande de toute personne portée par son cœur à donner." (Térouma 25,1-2)

-> Le Tabernacle était appelé en hébreu : Michkan, ce mot a la connotation d'une résidence [de la racine "chakhane", signifiant "habiter"], mais également celle d'une garantie ou d'un gage : machkon, en hébreu.

Les actes des juifs sont déterminants :
- S'ils agissent bien, ils méritent que la Présence Divine réside parmi eux, ils sont les enfants qui mangent à la Table de leur père et sont nourris par Sa bonté.
Le Tabernacle est alors "une résidence".

- Cependant, si les juifs fautent et méritent d'être anéantis, Hachem retire Sa Présence de parmi eux et détruit le Tabernacle.
Dans ce cas, le Michkan est semblable à un "gage" que le prêteur emporte pour s'assurer du remboursement du prêt. Si l'emprunteur ne s'acquitte pas de sa dette, le prêteur lui prend le gage.
[...]

Est-il possible que Hachem fasse résider Sa Présence en un lieu construit par des êtres humains? ...

Le verset dit : "L'intérieur est dallé de l'amour des fils de Jérusalem" (Chir haChirim 3,10) = le but essentiel du Michkan est de démontrer l'amour de D. pour Israël.

Comme chaque juif avait offert les matériaux nécessaires à la construction de cet édifice, Hachem fut satisfait et fit résider Sa Présence parmi eux constamment.
Ce n'était pas de cet édifice lui-même que D. était satisfait mais de l'intention que les juifs y avaient investi.
[...]

Lorsque Hachem dit : "Qu'ils apportent pour Moi une offrande élevée", Il employa le mot hébreu "li" (pour Moi - לִי), qui peut signifier également : "pour le youd" (lé youd - לִ י).

Ceci nous enseigne qu'une personne donnant la charité doit penser au Tétragramme (יהוה) :
- L'argent donné représente le youd.
- La main représente le Hé. Elle a 5 doigts [et la valeur numérique de Hé est de : 5].
- Le bras étendu pour donner la charité au pauvre est le : vav.
- La main ouverte du pauvre est le Hé final.

=> Ceci nous enseigne que Hachem est avec les pauvres, et nous montre l'importance de la charité.

Hachem dit donc que les offrandes devaient être données : "pour le youd".
Une personne qui donne la charité aux pauvres ou au responsable de la caisse de charité dans un but désintéressé complète le Nom Divin (Tétragramme).
[...]

La Torah dit : "Ils prendront Mon offrande de toute personne portée par son cœur à donner".
Les collecteurs n'étaient pas autorisés à prendre l'offrande à moins qu'elle ne fût donnée de tout cœur ...
En effet, une personne pouvait avoir décidé de ne rien donner, mais en voyant les collecteurs approcher, elle contribuait par gêne (ex: le qu'en dira-t-on?). Dans ce cens, elle ne donnait l'offrande que par honte.

Hachem ordonna donc de ne pas aller trouver les gens ou les convoquer pour la collecte des matériaux. Les responsables devaient rester assis passivement, et quiconque voulait donner une offrande venait à eux.
Ainsi, pouvaient-ils être certains que le donateur offrait sa part "pour D.", et non par respect/crainte pour les collecteurs.
[c'était à 100% : "Qu'ils apportent pour Moi (Hachem)", sans aucunement vexer quelqu'un en le forçant, lui rappeler qu'il n'a pas donné!]

[Méam Loez - Térouma 25,1-2]

"Qu'ils Me fassent un Sanctuaire (mikdach) et Je résiderai parmi eux. Vous ferez le Michkan et tous ses ustensiles selon le modèle que Je te montre" (Térouma 25,8-9)

-> La Présence Divine allait résider essentiellement à l'intérieur des juifs, et non dans le bois et le métal du Michkan.
Certes, un édifice tangible devait être construit mais sa seule fonction était de stimuler spirituellement le peuple.

Entrer dans le Michkan, le Temple ou une synagogue n'est pas suffisant en soi. Un bâtiment n'est fait que de bois et de pierre. Le principal, ce sont les personnes qui s'y trouvent et qui doivent s'imprégner de la sainteté de la Présence Divine, sanctifier leur cœur et se tenir avec crainte devant D. pour ne pas agir contrairement à Sa volonté.

Un tel édifice peut alors être appelé "un Sanctuaire", un Michkan, une congrégation sainte ou un Temple.
Ce n'est pas le bois dont il est fait qui est important mais le cœur des fidèles qui s'y rassemblent.

L'édifice physique a pour seul but de tirer ceux qui le fréquentent de leur torpeur spirituelle et de diriger leur conscience vers Hachem.
Ainsi chacun se dira : "Si je me trouve dans ce lieu saint où réside la Présence Divine, je dois me comporter avec crainte et ne pas prendre part à des conversations futiles". [Alchikh haKadoch]

Ce sont donc les personnes elles-mêmes qui constituent le "vrai" Michkan. C'est pourquoi après avoir dit : "Qu'ils me fassent un Michkan", Hachem ajouta : "ainsi ils feront".
Les hommes doivent travailler sur eux-mêmes pour faire le Michkan en purifiant leur cœur.
[...]

Construire une synagogue est considéré comme un acte aussi important que de bâtir le Temple.

Les prières offertes chaque jour à la synagogue sont comparables au service (avoda) des sacrifices effectué au Temple. En effet, la prière est aussi appelée "service" (avoda) ...
La synagogue qui reflète le Temple d'en-Haut doit être aussi belle que possible.
[...]

Le roi David dit : "Il a libéré mon âme dans la paix parce qu'un grand nombre était avec moi" (Téhilim 55,19)
Ce verset signifie : "Hachem m'a libéré des ennemis qui m'attaquaient parce qu'un grand nombre était avec moi, car je priais toujours avec la communauté" ...

Si un homme prie à la synagogue, c'est comme s'il avait apporté une offrande de farine (korban min'ha), en d'autres termes un don à Hachem. [guémara Yérouchalmi Béra'hot 5,1 ; 33b]

"Je suis un mur et ma gorge ressemble à des tours" (Chir haChirim 8,10).
Les érudits sont comparés à un "mur" car le mérite de la Torah qu'ils étudient protège les juifs et annule les décrets funestes comme un mur protège une ville et empêche l'ennemi d'y pénétrer.

Les synagogues et les maisons d'étude, quant à elles, sont appelées des "tours".
Le mérite de la Torah et de la prière protège la génération comme des tours protègent une ville.
Les tours, très hautes, accordent une meilleure protection que le mur.
Depuis la tour, les soldats peuvent tirer des flèches, catapulter des pierres sur l'ennemi et le mettre en fuite. [guémara Pessa'him 87a]
[...]

Il est écrit : "Dans une multitude est l'honneur du Roi" (Michlé 14,28).
L'honneur du roi est rehaussé par la présence d'une multitude de personnes ...

Lorsque les juifs se rassemble dans les synagogues et les maisons d'étude pour prier et écouter l'enseignement du rav, Hachem dit aux anges : "Venez voir Mon peuple, celui que J'ai créé" ...

Si un homme fréquentant régulièrement la synagogue s'en absente une jour, Hachem demande de ses nouvelles.
S'il ne s'y est pas rendu parce qu'il devait accomplir une autre bonne action, ce sera admis.
Mais s'il s'est absenté à cause de ses affaires commerciales, il ne connaîtra pas de succès dans ses entreprises étant donné qu'il n'a pas mis sa confiance en Hachem.

Rabbi Yo'hanan enseignait qu'en l'absence d'un groupe de 10 hommes (minyan) à la synagogue, Hachem dit, dans Son courroux : "Pourquoi suis-Je venu alors que personne n'est là pour M'accueillir? J'ai appelé sans que personne ne réponde!" (Yéchayahou 50,2).
Hachem demande : "Pourquoi n'y a-t-il personne pour répondre Amen et dire la Kédoucha?"

Un homme qui dispose d'une synagogue dans son quartier et ne s'y rendant pas est appelé un mauvais voisin. Il attire l'exil, à lui-même ainsi qu'à ses enfants.

[Méam Loez - Térouma 25,8-9]