« Tu feras l’Autel en bois de Chittim : 5 coudées de long et 5 coudées de large, [de forme] carrée, et 3 coudées de haut » (Térouma 27,1)

-> Un Autel se dit en hébreu : « Mizbéa’h » (מִּזְבֵּחַ), mot qui provient de la racine zéva’h désignant : abattage d’un animal pour l’offrir en sacrifice (korban).

Le mot « Mizbéa’h » (מִּזְבֵּחַ) peut également être compris comme un acrostiche des mots : « mé’hila, zé’hout, béra’ha, ‘haïm (pardon, mérite, bénédiction, vie) ».
Tous ces avantages peuvent être acquis grâce à l’Autel : par les sacrifices offerts sur l’Autel, les péchés sont pardonnés (mé’hila). Par le mérite (zé’hout) des sacrifices, Israël reçoit la bénédiction (bérah’a) et une longue vie (‘haïm).

C’est pour cette raison que D. a ordonné que le fer ne touche pas l’Autel lors de sa construction.
Habituellement, les pierres sont taillées au moyen d’outils de fer et de métal. Cependant, l’Autel est destiné à accroître la vie alors que le fer a été créé pour tuer et écouter les jours.
C’est pour cette raison que 2 objets si opposés : l’Autel en pierre et les outils en fer, ne devaient pas entrer en contact l’un avec l’autre.

L’Autel était couvert d’une couche de cuivre pour signaler qu’il expie l’effronterie du peuple.
Il est écrit : « Ta nuque est un nerf de fer et ton front est de cuivre » (Yéchayahou 48,4).

3 miracles se produisaient constamment sur l’Autel :
– 1°/ le feu brûlait jour et nuit sans consumer le plateau de cuivre ni calciner le bois dont il était fait ;
– 2°/ dans le Michkan, l’Autel se trouvait dans la cour, un lieu ouvert, sans toit. Pourtant, aussi forte que fût la pluie elle n’éteignait jamais le feu de l’Autel.
– 3°/ La fumée de l’Autel s’élevait droite comme une colonne. Même si les vents soufflaient très fort, ils ne déviaient ni ne dispersaient la colonne de fumée.
[« La pluie n’éteignit jamais le feu sur l’Autel et le vent ne dispersa jamais la colonne de fumée » – Pirké Avot 5,5]

Les dimensions latérales de l’Autel étaient de 5 coudées sur 5 pour rappeler le mérite des juifs d’avoir accepté les 10 Commandements : 5 Commandements étaient gravés sur une Table et 5 sur l’autre.

L’emplacement surplombant le karkov (la corniche décorative sur la hauteur de l’Autel) mesurait 3 coudées de haut pour rappeler le mérite des 3 grands guides d’Israël : Moché, Aharon et Myriam.

[Méam Loez – Térouma 27,2]

« Tu feras des barres transversales de bois de Chittim … La barre transversale centrale passera au milieu des poutres, d’une extrémité à l’autre » (Térouma 26,26-28)

-> Avraham a planté un arbre à Béer Chéva (Chémot 21,33).
Lorsque les juifs ont traversé la mer Rouge, des anges sont descendus du ciel, ont coupé cet arbre et l’ont jeté dans la mer Rouge non loin des juifs.
Comme l’arbre flottait sur l’eau, les anges se sont exclamés : « C’est l’arbre qu’Avraham a planté à Beer Chéva! C’est sous cet arbre qu’il a prié! »
Les juifs l’emportèrent avec eux.

C’est le bois de cet arbre qui a été utilisé pour fabriquer la traverse centrale qui s’étendait d’une extrémité à l’autre du Michkan.
Les barres transversales s’appelaient « béri’him » (בְרִיחִם), car elles ressemblaient aux barres de fer (béri’him) employées pour barricader une porte.
La transverse centrale introduite au centre des poutres était faite de l’arbre d’Avraham. Elle mesurait 70 coudées de long et pénétrait dans les 3 murs du Michkan.

Elle était flexible comme un serpent pour pénétrer dans les 3 murs et les tenir solidement en place.
Cependant, une fois retirée du centre des poutres, elle redevenait droite comme une barre/bâton.

Cette barre transversale médiane permettait à elle seule de serrer et desserrer les poutres.
Les juifs n’avaient aucun effort à faire : tout se faisait automatiquement.
[Targoum Yonathan ben Ouziel]

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-> C’est sous cet arbre que Avraham pratiquait une hospitalité exemplaire.
Le fait que cet arbre a été mis à une place centrale du Michkan, nous montre à quel pont l’hospitalité est fondamentale pour amener la Présence Divine parmi nous.

« Il y avait [sur le côté ouest] 8 poutres et 16 socles d’argent, 2 socles sous chaque poutre » (Térouma 26,25)

-> Les socles sont appelés en hébreu : « adanim » (אֲדָנִים), de la même racine que : « adnout », signifiant souveraineté.
Ceci nous donne une leçon d’humilité : si un homme se considère petit, Hachem l’élève et le rend important parmi ses contemporains.
Les socles représentaient les éléments les plus bas du Michkan sur lesquels reposaient les poutres. Malgré cela, on les appelait les « adanim » : les « seigneurs ».

Ceci nous apprend que l’homme doit se considérer petit et laisser les gens le piétiner sans y prêter garde. S’il ne se considère comme rien, il se laissera insulter sans répondre. Hachem l’élèvera alors et le rendra important.

Toutefois, lorsqu’il a atteint cette position importe, il doit rester humble et ne pas s’enorgueillir en voyant les gens l’honorer.
Il doit comprendre qu’il a reçu un cadeau de D.
Son Créateur le fait honorer parce que c’est un élément nécessaire dans Sa façon de diriger le monde. Malgré cela, l’homme restera conscient que ses nombreux défauts ne lui font pas mériter ces honneurs.

[Kli Yakar]

Signification de la Table & des pains de proposition

+ Signification de la Table & des pains de proposition (par le Méam Loez – Térouma 25,30):

Hachem créa le monde ex nihilo, à partir du néant (yéch méayin).
Cependant, après les 6 jours de la Création, Hachem ne désira plus faire de miracles en créant la matière à partir du néant. A présent, Hachem dirige le monde de façon à ce que la matière soit toujours créée à partir d’une autre (yéch miyéch).

La bénédiction, l’abondance, ne peut donc pas reposer sur rien : il doit y avoir quelque chose sur lequel la bénédiction Divine peut s’attacher.
[Par exemple,] Nous le constatons dans le récit du prophète Elicha. Après que la femme sunamite eut trouvé une cruche d’huile, Elicha fut à même d’y faire reposer la bénédiction.
La quantité d’huile s’accrut jusqu’à fournir à la femme de quoi payer toutes ses dettes et subsister avec son fils (Méla’him II 4,1-7).

Hachem nous ordonna de faire la table et le pain de proposition, pour qu’il y ait toujours quelque chose sur laquelle la bénédiction Divine puisse s’attacher.
Le pain de proposition était consommé par les prêtes. Ils se partageaient les 12 pains de sorte que chacun en recevait un morceau de la taille d’un haricot.
Cette petite quantité suffisait à les rassasier comme s’ils avaient pris un repas substantiel parce que la source de la bénédiction et de l’influence qui descendait dans ce monde passait par le pain de proposition.

Lorsque les juifs s’élevaient spirituellement, ils étaient tant aimés de Hachem qu’Il accordait la nourriture et l’abondance au monde entier.
A l’époque où les juifs vivaient dans leur pays, l’abondance descendant sur Israël. Ce qui restait était donné aux autres nations du monde.
A présent, nous sommes en exil et la situation s’est inversée …

Tant que les juifs accomplissent la volonté de D., ils méritent de siéger à la « table qui est devant Hachem ».
Le « repas » entier, c’est-à-dire la bénédiction Divine descendant sur le monde, ne vient que par leur mérite. Lorsqu’ils ne font pas la volonté Divine, ils doivent travailler dur pour leur nourriture et ne reçoivent que les restes des autres nations.
Ils ressemblent à un prince qui doit se contenter des miettes recueillies à la table d’un esclave …

Hachem montrait Son amour envers Israël lorsque le Temple existait et que le pain de proposition était posé sur la table.
Par l’intermédiaire de ce pain, l’abondance descendait sur le monde entier.
C’est pour cela qu’il était interdit de laisser la table [du Temple] vide serait-ce un instant : la bénédiction ne peut reposer sur un endroit vide.
Par conséquent, lorsqu’une personne récite Hamotsi (la bénédiction sur le pain) ou les grâces après le repas, il faut qu’il reste sur la table du pain sur lequel les bénédictions Divines reposeront.
[…]

Les paroles de Torah dites à table la rendent très précieuse : un ange responsable de ces paroles les prend, les assemble en forme de table et les apporte devant Hachem.
D’une telle table, on peut dire : « C’est la table qui est devant D. »
[…]

Un homme ne peut pas mériter de s’asseoir à la « table qui est devant D. » dans le monde futur s’il ne veille pas, dans ce monde-ci, à réjouir les mendiants, à les faire asseoir à la sienne et à partager sa nourriture avec eux.
Il est écrit à ce sujet : « Tends ton âme vers les affamés et satisfais l’âme affligée » (Yéchayahou 58,10).
Si l’on fait un effort pour contenter l’âme des pauvres, on méritera de se délecter à la table de D. dans le monde futur.

Une telle table est honorée par la présence de 2 anges, l’un à la droite du maître de maison et l’autre à sa gauche. Ils le bénissent dans ce monde et dans le prochain que sa table soit entière et abondante …

Le racine du mot « chol’han » (table) est : chala’h, qui veut dire : « envoyer ».
Ce nom lui est donné parce que si l’homme veille à ce qu’il fait à sa table, en particulier en ce qui concerne les pauvres, Hachem lui enverra la bénédiction et la prospérité …
Le mot « choul’han » est égalment l’acronyme de : « choél lé’ha ‘hanina nétina » (Il te demande la pitié, le don) …

De plus, l’homme charitable recevra une récompense dans le monde futur, pour lui et pour ses descendants.
Le mot « choul’han » lu à l’envers est une abréviation de : « notsère ‘hessed laalafim chamour » : quiconque montre de la bonté à des milliers [de générations] sera gardé.
En d’autres termes, la bonté envers les pauvres est gardée et préservée pendant de nombreuses générations.

Le Michkan comptait 48 poutres, 100 paires de brides (loula’ot – cf.v.26,5) et 100 crochets (les agrafes d’or (v.26,6) se terminaient par un crocher à chacune de leur extrémité), ni plus ni moins.
Ce nombre n’est pas arbitraire : il fait allusion aux 248 commandements positifs de la Torah et aux 248 membres du corps humain.

Ceci explique les paroles de Hachem à Moché : « Selon tout ce que Je te montre, le modèle du Michkan et le modèle de tous les objets, ainsi ils feront » (Térouma 25,9).
Ces paroles signifient : « Moché, Je t’ai montré les 248 membres du corps humain. Faites le Michkan avec exactement le même nombre d’éléments.
« Ainsi ils feront » = en observant les 248 commandements que Je te donnerai ». »
[Yalkout Réouvéni]

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-> Le Méam Loez (Térouma 27,19) enseigne :
Ceci nous apprend à ne pas croire que la Présence Divine reposait sur le bois et les divers matériaux du Michkan. Elle réside principalement sur les 248 commandements positifs.

Par conséquent, l’homme doit veiller à sanctifier et à purifier ses 248 membres pour permettre à la Présence Divine de résider sur lui.

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-> Hachem a dit à Yé’hezkel : Ce que Je te dis est un précieux cadeau pour eux [les juifs]. Tant qu’ils seront en exil, qu’ils liront la section expliquant la façon de construire le Temple et qu’ils contempleront mentalement sa forme, Je leur compterai cela comme s’ils l’avaient construit! »

Ainsi en est-il de celui qui lit les sections de la Torah décrivant la confection du Michkan et des vêtements sacerdotaux et qui s’applique à bien les comprendre.
Hachem lui compte cet effort comme s’il les avait lui-même fabriqués.

De même, lorsqu’une personne étudie les lois des sacrifices et y médite, Hachem considère son étude et sa réflexion comme une offrande de sacrifices.
[Yalkout Chimoni (Yé’hezkel) – rapporté dans le Méam Loez (Térouma 27,19)]

« Tu feras une Ménora » (Térouma 25,23)

-> Nos Sages expliquent que Moché avait des difficultés à réaliser la Ménora, et alors Hachem lui montra une Ménora pour lui faire comprendre comment elle devait être faite.
Par ailleurs, un autre enseignement dit que la Ménora s’est faite d’elle-même, par Hachem Lui-Même.

=> Si elle s’est faite d’elle-même, pourquoi Hachem avait-Il besoin de montrer à Moché comment elle devait être faite?

Dans toute action qu’un homme réalise, l’essentiel de sa part, c’est sa volonté complète de faire cette action, et le reste, c’est Hachem Qui parachève l’action.
Il en est ainsi pour chaque mitsva, et ce qu’Hachem attend de l’homme, c’est qu’il renforce sa volonté d’accomplir cette mitsva.
En ce qui concerne la réalisation concrète, Hachem aidera et finalisera le tout.

Ainsi, Hachem montra à Moché la Ménora pour qu’il ait la volonté et l’envie de la réaliser dans ses détails. C’était cela l’essentiel : éveiller la volonté.
Et une fois que Moché a cherché au maximum à réaliser la Ménora, alors l’essentiel de sa contribution était apportée et Hachem pouvait réaliser la part concrète de la Ménora.

=> Pour qu’Hachem apporte Sa Contribution et Son Aide à l’homme, Il attend que celui-ci témoigne de sa volonté et qu’il fasse le maximum de ses efforts.
Une fois cela obtenu, Hachem intervient et apporte Sa Contribution pour finaliser l’action.
Une fois la volonté obtenue, pour le reste, c’est Hachem qui s’en occupe.

[Sfat Emet]

Hachem parla à Moché pour qu’il dise : « Parle aux juifs et qu’ils M’apportent une offrande élevée. Vous prendrez Mon offrande de toute personne portée par son cœur à donner. » (Térouma 25,1-2)

-> Le Tabernacle était appelé en hébreu : Michkan, ce mot a la connotation d’une résidence [de la racine « chakhane », signifiant « habiter »], mais également celle d’une garantie ou d’un gage : machkon, en hébreu.

Les actes des juifs sont déterminants :
– S’ils agissent bien, ils méritent que la Présence Divine réside parmi eux, ils sont les enfants qui mangent à la Table de leur père et sont nourris par Sa bonté.
Le Tabernacle est alors « une résidence ».

– Cependant, si les juifs fautent et méritent d’être anéantis, Hachem retire Sa Présence de parmi eux et détruit le Tabernacle.
Dans ce cas, le Michkan est semblable à un « gage » que le prêteur emporte pour s’assurer du remboursement du prêt. Si l’emprunteur ne s’acquitte pas de sa dette, le prêteur lui prend le gage.
[…]

Est-il possible que Hachem fasse résider Sa Présence en un lieu construit par des êtres humains? …

Le verset dit : « L’intérieur est dallé de l’amour des fils de Jérusalem » (Chir haChirim 3,10) = le but essentiel du Michkan est de démontrer l’amour de D. pour Israël.

Comme chaque juif avait offert les matériaux nécessaires à la construction de cet édifice, Hachem fut satisfait et fit résider Sa Présence parmi eux constamment.
Ce n’était pas de cet édifice lui-même que D. était satisfait mais de l’intention que les juifs y avaient investi.
[…]

Lorsque Hachem dit : « Qu’ils apportent pour Moi une offrande élevée », Il employa le mot hébreu « li » (pour Moi – לִי), qui peut signifier également : « pour le youd » (lé youd – לִ י).

Ceci nous enseigne qu’une personne donnant la charité doit penser au Tétragramme (יהוה) :
– L’argent donné représente le youd.
– La main représente le Hé. Elle a 5 doigts [et la valeur numérique de Hé est de : 5].
– Le bras étendu pour donner la charité au pauvre est le : vav.
– La main ouverte du pauvre est le Hé final.

=> Ceci nous enseigne que Hachem est avec les pauvres, et nous montre l’importance de la charité.

Hachem dit donc que les offrandes devaient être données : « pour le youd ».
Une personne qui donne la charité aux pauvres ou au responsable de la caisse de charité dans un but désintéressé complète le Nom Divin (Tétragramme).
[…]

La Torah dit : « Ils prendront Mon offrande de toute personne portée par son cœur à donner ».
Les collecteurs n’étaient pas autorisés à prendre l’offrande à moins qu’elle ne fût donnée de tout cœur …
En effet, une personne pouvait avoir décidé de ne rien donner, mais en voyant les collecteurs approcher, elle contribuait par gêne (ex: le qu’en dira-t-on?). Dans ce cens, elle ne donnait l’offrande que par honte.

Hachem ordonna donc de ne pas aller trouver les gens ou les convoquer pour la collecte des matériaux. Les responsables devaient rester assis passivement, et quiconque voulait donner une offrande venait à eux.
Ainsi, pouvaient-ils être certains que le donateur offrait sa part « pour D. », et non par respect/crainte pour les collecteurs.
[c’était à 100% : « Qu’ils apportent pour Moi (Hachem) », sans aucunement vexer quelqu’un en le forçant, lui rappeler qu’il n’a pas donné!]

[Méam Loez – Térouma 25,1-2]