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"[La terre d'Israël est] le trésor de tout le peuple juif, et de tout l'univers".
[Gaon de Vilna - rapporté par rabbi Moché Sorotzkin]

[ La terre d'Israël est la seule qui n'est pas placée sous le contrôle d'un intermédiaire, d'un "Sar hamémouné" (un ange directeur et protecteur), mais plutôt elle est placée directement sous la supervision Hachem. ]
Cela signifie que pour chaque espèce végétale qui pousse sur la terre d'Israël, chaque brindille, Hachem en personne vient, la frappe et lui dit : "pousse". C'est la raison pour laquelle les fruits d'Israël ont une importance et une bénédiction particulières.
[Zohar haKadoch - Noa'h 61]

La terre d'Israël est appelée : "la terre de la vie" (érets a'haïm), car l'Esprit d'Hachem y est davantage perceptible qu'ailleurs.
[Méor Enayim - Chéla'h]

Rabbi Méïr dit : Adam haRichone fut créé avec la poussière rassemblée de toutes les terres du monde ...
Rabbi Ocha'iya dit au nom de Rav : le corps d'Adam haRichone fut créé à partir de la terre de Bavél, sa tête à partir de la terre d'Israël et ses membres des autres terres ...
[guémara Sanhédrin 38a]

=> Pourquoi la tête d'Adam haRichone fut-elle créée à partir de la terre d'Israël?

-> La tête est la partie la plus haute et la plus importante de l'homme. C'est pourquoi, elle a été créée avec la poussière de la terre d'Israël qui est la terre la plus "élevée" et la plus importante parmi les autres terres du globe terrestre.
[Rachi]

-> La poussière qui a servi à façonner la tête, siège principal de la
Sagesse d'Adam haRichone, a été prise de la terre d'Israël, car sur cette terre, l'aptitude à acquérir la Sagesse est supérieure à celle de toutes les autres terres, d'après cet enseignement de Rabi Zira dans la guémara (Baba-Batra 158a) : "L'atmosphère de la Terre d'Israël rend plus sage".
De plus, c'est sur la terre d'Israël que se situe la ville de Jérusalem qui est la porte d'accès au Ciel pour la néchama (l'âme).
[Maharcha]

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-> Par contre, d'après le Maharcha, les autres membres (les bras et les iambes) ne sont que des kélim (outils) au service de la tête et du cour de l'homme : donc ces membres sont secondaires par rapport à la tête et au coeur. C'est pourquoi, ils ont été façonnés avec la poussière des autres terres qui sont secondaires par rapport à la terre d'Israël.

L’importance de désirer la reconstruction du Temple

+ L'importance de désirer la reconstruction du Temple :

"Un héritage ne passera pas d'une tribu à une autre tribu" (Massé 36,9)

-> Le Tiféret Shlomo commente ce verset :
"Cela vient faire allusion à la valeur de la sainteté de la terre d'Israël et de Jérusalem, car chaque homme doit désirer ardemment et de tout son coeur la terre d'Israël et sa sainteté, comme il est écrit : "Recherchez la paix de Jérusalem" (Téhilim 122,6), ou encore "Tsion n'a personne qui la recherche" (Yirmiyahou 30,17) = on en déduit qu'elle a besoin qu'on la recherche (guémara Souca 41a).
Et ce désir en lui-même contribue à la délivrance future.

Si le désir d'un juif s'enflamme pour la terre et la reconstruction du Temple, les Bné Israël seront très rapidement exaucés, car le Temple est déjà construit et se tient prêt En-Haut. Il faut seulement demander à ce qu'il descende … C'est d'ailleurs à cela que fait allusion l'expression "Dévir Bété'ha" (le 'parvis de Ta Maison' - employée dans plusieurs de nos prières comme dans celle de 'Rétsé' de la Amida).
Le mot ''dévir'' (דביר) ) est associé au mot "dibour" (la parole - דיבור), afin de suggérer la nécessité de demander à Hachem qu'il soit reconstruit de nos jours, comme l'enseignent nos Sages : "Celui qui s'afflige sur la destruction de Jérusalem méritera de la voir consolée" (guémara Taanit 30b).
[En ce sens,] chaque juif qui prononce sincèrement dans sa prière les mots "vélirouchalayim ir'ha béra'hamim" tachouv" (et à Jérusalem Ta ville reviens avec miséricorde - Amida dans le rite achkénaze - ולירושלים עירך ברחמים תשוב), agit réellement dans le Ciel pour anticiper la délivrance".

-> Le Tiférète Shlomo ajoute grâce à cela, une explication des versets suivants (Nitsavim 29,21-23) : "Alors, quand viendra la dernière génération, vos descendants qui naîtront plus tard ... et que diront tous ces peuples : 'A quel propos Hachem a-t-Il ainsi traité ce pays? Pourquoi s'est allumée cette grande colère ?' "
On peut en effet se demander pourquoi on précise ici que ce sera seulement "quand viendra la dernière génération", que l'on posera cette question.
Et de répondre que ce sera la génération qui mettra tout son coeur à demander cette question, et qui se lamentera réellement sur la destruction de la terre et de Jérusalem, qui sera la dernière génération de l'exil.
Car ce sera grâce à son désir ardent qu'elle suscitera la délivrance, et "celui qui s'afflige sur la destruction de Jérusalem méritera de la voir consolée".

-> Le ‘Hatam Sofer (dans ses Drachot) affirme que grâce à ce désir intense, l’homme est considéré comme étant déjà présent à l’intérieur du Temple (beit hamikdach) :
""Je me suis réjoui lorsqu’on m’a dit ‘allons à la maison d’Hachem’, nos pieds se trouvaient aux portes de Jérusalem" (Téhilim 122,1), car même à notre époque, lorsqu’un homme a le coeur joyeux et qu’il désire ardemment la reconstruction du Temple, c’est comme s’il l’avait reconstruit.
C’est ce que le verset : "Nos pieds se trouvaient aux portes de Jérusalem" signifie, c’est-à-dire que c’est comme si nous nous y trouvions déjà. Par notre pensée, nous lui conférons déjà sa sainteté".

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+ Les 4 espèces = en souvenir du Temple :

Il y avait une grande différence entre la réalisation de la mitsva du loulav dans le Temple (beit hamikdach) ou bien ailleurs.
Lorsque l'on prenait le loulav dans le Temple, il y avait une mitsva supplémentaire d'être joyeux, comme il est écrit : "vous vous réjouirez [avec les 4 espèces], en présence d'Hachem [c'est-à-dire au Temple]" (Emor 23,40).

=> Pourquoi peut-on ressentir une joie pure uniquement en tenant les 4 espèces à proximité du Temple?

Rabbi Shlomo Zalman Auerbach (Halikhot Shlomo 11,120) explique que cette joie spirituelle est le résultat d'atteindre une unité complète entre les juifs.
Les 4 espèces représentent l'unité des différents groupes de juifs, et l'unique endroit où l'on pouvait arriver à cela à la perfection était à l'intérieur du Temple.

-> Selon la Torah, c'est uniquement dans le Temple que que l'on pouvait prendre le loulav tous les jours de Souccot. Dans tous les autres endroits (en dehors du Temple, ou bien selon une opinion en dehors de Jérusalem), on ne le prenait que le 1er jour.
Après la destruction du Temple, rabbi Yo'hanan ben Zakaï a institué que le loulav soit pris tous les jours de Souccot (à l'exception de Shabbath), partout dans le monde.
La motivation de cela est basée sur le verset : "cette Sion dont personne ne se soucie [de son bien]" (Yirmiyahou 30,17) = cela implique qu'il convient de chercher le bien de Sion en commémorant la manière dont le loulav était pris au Temple. [guémara Roch Hachana 30a ; ainsi que guémara Souccot 41a]

=> Comment rabbi Yo'hanan ben Zakaï a pu promulguer que prendre le loulav à Souccot va encourager les gens à "chercher Sion" et à prier pour son bien?

Le Ram’hal (Messilat Yécharim - chap.19) explique que la commémoration de rabbi Yo'hanan n'a pas était établi comme une fin en soi, mais plutôt son but était que les gens se rappellent de la joie qui existait au Temple et qu'ils soient ainsi inspirés à prier pour sa restauration.

-> Le Sfat Emet (5652) commente ce passage de la guémara :
"cette Sion dont personne ne se soucie [de son bien]" (tsion hi dorech én la - Yirmiyahou 30,17)
[litt. "dorech" = rechercher]. Cela signifie qu'en "recherchant" (dorech) le Temple, nous pouvons atteindre le même accomplissement spirituel que le Temple lui-même fournissait.
Le prophète Yirmiyahou écrit ailleurs : "nos danses joyeuses sont changées en deuil" (Eikha 5,15). Le cri plaintif du prophète peut aussi être interprété dans un sens plus positif : notre deuil sur la destruction du Temple a le même effet sur nos âmes que sa réjouissance pendant qu'il existait.
Ainsi prendre le deuil du Temple de nos jours, nous permet de toujours en ressentir les effets!

"Est-ce qu'il existe vraiment une Jérusalem Céleste [qui correspond à la ville de Jérusalem sur terre et à son Temple]?
Oui c'est le cas.
Comme il est écrit : "Jérusalem qui est bâtie comme une ville unie ensemble" (Téhilim 122,3).
[le terme "unie" indique qu'il y a 2 villes de Jérusalem : une au Ciel et une sur terre, qui sont liées l'une à l'autre.]
[...]
Hachem a dit : Je n'entrerai pas dans la Jérusalem céleste, jusqu'à ce que J'entre dans la Jérusalem terrestre [au moment de la guéoula]."
[guémara Taanit 5a]

Un fruit de la terre d'Israël entraîne de la pureté spirituelle chez celui qui le consomme, mais également à sa descendance.
C'est pourquoi la Torah met sur un même plan : "il bénira le fruit de tes entrailles (c'est-à-dire tes enfants) et le fruit de ton sol" (פְּרִי בִטְנְךָ וּפְרִי אַדְמָתֶךָ - Ekev 7,13), ce qui suggère qu'en mangeant un fruit de la terre d'Israël, on alimente également la fibre morale (spirituelle) des générations futures.
[Sfat Emet - Ekev 5656]

La terre d’Israël & la Torah

+ La terre d'Israël & la Torah (selon le Sfat Emet) :

-> Pour chaque 4 amot du sol de la terre d'Israël, il existe une lettre de la Torah.
Nos ancêtres aimaient la terre d'Israël, réalisant que chacun profitait de sa portion unique dans la terre, tout comme ils appréciaient leur rôle unique dans la Torah.
Ils ont été comptés avant d'entrer en terre d'Israël, afin qu'ils puissent être capables de distinguer leur portion.
[Sfat Emet - Pin'has 5648]

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-> De même qu'on a été chassé de la terre d'Israël car on négligeait l'étude de la Torah, de même on méritera d'y retourner par le mérite de l'étude de la Torah.
[Sfat Emet - Dévarim 5659]

[puisqu'il y a un lien entre la terre d'Israël et les lettres de la Torah, alors plus on l'étudie plus on obtient le droit d'y résider]

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-> Les juifs risquent de perdre la terre d'Israël s'ils oublient l'objectif principal comme étant le lieu privilégié pour la Torah et les mitsvot.
Si la terre d'Israël n'est rien de plus pour nous qu'une terre matérielle où coule le lait et le miel, alors nous compromettons notre existence même.
[Sfat Emet - Shoftim 5645]

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-> La terre d'Israël a une relation unique avec la Torah.
De même que le mont Sinaï a été désigné comme le lieu où les juifs vont recevoir la Torah, la terre d'Israël a été choisie comme le lieu dans lequel la Torah doit être interprétée (Torah chébéal pé).
Moché cherchait si ardemment à entrer en Israël car il désirait expliquer ainsi que recevoir la Torah.
[Sfat Emet - Dévarim 5658]

-> Gagner sa subsistance en terre d'Israël est directement dépendant de l'observation des mitsvot par Israël.
Comme la Torah l'affirme : "Ce sera, si vous écoutez Mes commandements ... Je donnerai la pluie de votre pays en son temps" (Ekev 11,13-14). [la pluie symbolisant la parnassa]
[Sfat Emet - Ekev 5646]

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-> L'air de la terre d'Israël rend sage.
C'est peut être parce que Moché a respiré son air alors qu'il se tenait au sommet du mont Névo.
[Sfat Emet]

-> Vivre en terre d'Israël favorise la sagesse.
Pas seulement la terre elle-même, mais également chaque ville de la terre d'Israël favorise la connaissance d'Hachem.
Le Zohar affirme que Avraham ne pouvait pas atteindre une vraie compréhension du Créateur jusqu'à ce qu'il soit arrivé en terre d'Israël.
[Sfat Emet - Shoftim 5645]

La terre d’Israël & le peuple juif

+ La terre d'Israël & le peuple juif (selon le Sfat Emet) :

La terre d'Israël se révèle différemment à chaque génération en fonction des mérites [des juifs de cette génération].
[Sfat Emet - 5649]

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-> Les juifs ne peuvent atteindre leur plein potentiel qu'en terre d'Israël, et la terre d'Israël ne peut atteindre sa pleine potentialité que par les juifs.
[...]
Idéallement les juifs gagnent la terre d'Israël sur la base de leurs propres mérites. Cependant, même s'ils s'en trouvent manquant, les juifs obtiennent la terre par le biais des mérites des Patriarchess et de la promesse qu'Hachem leur a fait.
[...]
Les explorateurs ont été incapables de percevoir la véritable intériorité et sainteté de la terre d'Israël.
Par conséquent, ils l'ont dénigrée, disant : "elle dévore ses habitants" (Chéla'h Lé'ha 13,32).
Aussi longtemps que les Canaanites étaient là-bas, le potentiel caché de la terre n'était pas révélé.
[Sfat Emet - Chéla'h 5661]

-> "C'est la terre qui tombera pour vous" (zé aareets acher tipol la'hem - Massé 34,2)
La véritable nature de la terre d'Israël était cachée au Ciel tant que les Canaanites y résidaient.
Lorsque les juifs y sont entrées, Hachem a fait descendre du Ciel la véritable sainteté intrinsèque de la terre.
[Sfat Emet - Massé 5639]

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-> Tandis que la terre d'Israël est régulée par les standards de la stricte justice Divine, tant qu'elle est habitée par les non-juifs ; lorsqu'un juif est sur sa terre sacrée il bénéficie de la miséricorde Divine.
[Sfat Emet - Chéla'h 5653 ; Ki Tavo 5656]

-> La terre d'Israël a besoin du peuple juif, elle ne peut tolérer une autre nation, la présence Divine ne peut y résider sans que le peuple juif s'y trouve.
De même, le peuple juif a besoin de la terre d'Israël. On peut dire que la vraie nature de la terre n'a pu devenir complète qu'une fois que le peuple juif a pu y entrer.
[Sfat Emet - Massé 5647]

-> A leur entrée en terre d'Israël, les juifs ont reçu une infusion Divine de sainteté, similaire à l'âme supplémentaire que nous recevons chaque Shabbath.
[Sfat Emet - Massé 5646]

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+ Conquérir et rester en terre d'Israël :

-> La terre d'Israël est comparée à la Torah Orale (Torah chébéal pé) dans la mesure où les deux requièrent un grand effort pour être appréciées.
Hachem a demandé aux explorateurs (méraglim) de faire un tour de la terre d'Israël d'une durée de 40 jours afin de reproduire la période de 40 jours que Moché a passé au mont Sinaï [pour recevoir la Torah].
Il a nécessité 40 années d'errance dans le désert pour remédier à cette erreur [des explorateurs].
[Sfat Emet - Chéla'h 5653]

-> Conquérir la terre d'Israël nécessite une annulation de soi.
Les explorateurs se sont trompés en prétendant que c'était leur tâche de conquérir la terre.
[Sfat Emet - Chéla'h 5651]

-> [A l'époque de nos ancêtres dans le désert,] même si le peuple juif n'était pas encore prêt pour conquérir la terre d'Israël, leur véritable désir aurait été suffisant.
De nos jours également, si nous désirons vraiment retourner à Hachem, Il hâterait notre délivrance.
[Sfat Emet]

Alors que normalement on ne reçoit pas de récompense pour les mitsvot dans ce monde (olam azé), en vivant sur la terre d'Israël, qui est un microcosme du monde à venir, on peut déjà être récompensé.
[...]
De la même façon, le Shabbath qui est un semblant du monde à Venir (méen olam aba), l'observation des mitsvot peut être récompensée [également déjà en ce monde].
[Sfat Emet - Ekev 5648]