Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Rachète tes fautes par la charité (bi'tsédaka), et tes iniquités par la pitié envers les pauvres, si tu veux que ta prospérité se prolonge" (Daniel 4,24)

-> Le Séfer Ahavat Shalom explique :
La tsédaka a le pouvoir de contribuer à racheter nos fautes.
En donnant la tsédaka, on peut repousser la midat hadin (la Rigueur Divine) et nos fautes ne pourront plus nous causer de tort.

Cependant, on ne peut donner à la tsédaka que les jours de la semaine, ne pouvant le faire à Shabbath. Par conséquent, il faut faire très attention à ne pas fauter pendant Shabbath, car si la midat hadin est éveillée contre nous, alors nous n'aurons pas le mérite de donner la tsédaka pour se protéger.

"Le bitoul Torah est une faute grave, mais embarrasser un autre juif est bien pire.
Il est préférable d'être mévatel Torah (renoncer à de l'étude) plutôt que d'embarrasser un autre juif".
[ Maharcha - guémara Sanhédrin 11a ]

Prière & importance de la pureté de notre langage

+ Prière & importance de la pureté de notre langage :

-> La parole est particulièrement puissante lorsqu'elle est utilisée dans la prière.
La prière, service du coeur, doit être exprimé par la parole afin de produire l'effet désiré. C'est pourquoi il est si important de préserver la pureté de notre parole, afin que nos prières soient acceptables devant Hachem.

A ce sujet l'Alchikh haKadoch (Tétsavé 28,35) écrit :
"Si une personne souille sa parole par des mots sales et profanes, sa bouche et sa langue sont infestées d'impuretés, ce qui rend tout ce qu'elle dit dégoûtant.
Comment a-t-elle pu parler devant Hachem [en prière], le Roi des rois, avec une bouche aussi sale? Comment a-t-elle pu oser s'approcher d'Hachem pour prier pour le pardon avec un instrument de parole aussi bas et méprisable?

Cette personne ne vaut pas mieux qu'un serviteur qui sert à la table du roi en portant des vêtements sales et souillés. C'est une insulte au roi, pour laquelle on tirerait l'épée contre lui.
Si tel est le respect que l'on doit au roi d'une tribu sauvage et si tel est le châtiment que l'on doit infliger à celui qui porte atteinte à son honneur, combien plus en est-il lorsqu'un humain, à peine meilleur qu'un moucheron, s'approche en priant de Celui qui a parlé et qui a fait naître le monde, de Celui qu'aucun ange du Ciel ni aucun humain de la Terre n'est capable de louer avec la sainteté et la clarté qui lui conviennent.
À plus forte raison, il est impensable qu'une personne fauteuse s'adresse à Hachem avec des lèvres rendues sales par des paroles malveillantes et des blasphèmes.
De quel droit peut-il louer Hachem avec les mêmes lèvres qui disent des choses horribles?"

-> Le Chlah haKadoch (Tamid - Déré'h 'Haïm to'hékhat moussar 11) écrit :
"La prière est un cadeau pour le Roi des rois, Hachem, et la bouche est le récipient qui contient le cadeau. Si quelqu'un apportait un beau cadeau à un roi de chair et de sang, et qu'il le plaçait dans un ustensile sale, rempli de déchets, il mériterait la peine de mort pour deux raisons : pour avoir déshonoré le roi et pour avoir offert un cadeau aussi honteux.
De même, celui qui fait une prière avec une bouche qui profère des blasphèmes, celui qui a dit lachon ara ou qui a juré ou maudit, et d'autres mots inappropriés, a placé sa prière, qui est un cadeau au Roi des rois, Hachem, dans un récipient rempli de vomissures.
C'est pourquoi il faut purifier sa bouche et sa langue ; si l'on a fauté, on peut rectifier sa faute en faisant téchouva et en sanctifiant sa bouche et sa langue.
On doit également purifier tous ses actes avant de s'approcher du sanctuaire intérieur du Roi des rois, avant de faire la prière de la Amida (nous entrons dans le Saint des saints, où même les anges ne peuvent y aller!)."

<--->

-> Nos Sages (guémara Baba Kama 38b) nous disent qu'Hachem ne retient jamais la récompense due à l'une de Ses créations.
Cependant, nous voyons qu'il y a des gens qui étudient la Torah, prient avec kavana, récitent tous les béra'hot appropriés, mais ne parviennent toujours pas à voir la bénédiction dans ce qu'ils font.
Il semble que leurs prières soient ignorées et qu'ils ne reçoivent pas l'aide du Ciel dont ils ont besoin pour réussir. Pourquoi en est-il ainsi?

Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Aleph Bina - Téhilim 119) explique que l'influence de nos prières dépend non seulement de la profondeur de notre kavana pendant que nous prions, mais aussi de la valeur de la bouche par laquelle nos prières sont prononcées.
Une bouche qui a été souillée par de mauvaises paroles ne peut pas ensuite produire des mots de prière qui seront acceptables devant Hachem. Ses prières ne peuvent pas s'élever pour faire descendre la bénédiction des mondes supérieurs, et par conséquent, les demandes qu'on formule dans notre prière restent sans réponse.
Telles sont les prières des personnes qui disent des mensonges, des plaisanteries insensées, du lachon ara et du ré'hilout (colportage), et qui utilisent ensuite la même bouche et la même langue pour prononcer les mots saints de la prière à Hachem.
Il est écrit à leur sujet : "celui qui débite des mensonges ne subsistera pas devant mes yeux" (Téhilim 101,7).

Le prophète (Yéchayahou 66,20) dit : "Les Bné Israël apporteront leur sacrifice de min'ha dans un récipient pur".
De même qu'un korban (sacrifice) doit être offert dans un récipient pur, de même nos prières doivent être offertes par une bouche pure. Mentir et ensuite prier Hachem avec la même bouche peut être comparé au fait de voler du blé et de l'offrir comme korban à Hachem. Nos Sages disent à ce sujet : "Ce n'est pas une bénédiction, mais un blasphème" (guémara Baba Kama 94a).

Pour que nos prières soient acceptées par Hachem, nous devons protéger notre langue des paroles interdites. Les mots de notre prière seront alors purs et saints, et trouveront grâce aux yeux d'Hachem lorsqu'ils monteront au ciel pour apporter la bénédiction sur tous les mondes.

À la naissance d'une personne, il est décidé du nombre de mots qu'elle prononcera au cours de sa vie.
À la fin de sa vie, les mots sont comptés et évalués afin de déterminer s'ils ont été prononcés à des fins de mitsva ou, à D. ne plaise, à des fins contraires.
[Séfer 'Hassidim]

La gravité du lachon ara

+ La gravité du lachon ara :

-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 3:206) écrit :
"Ceux qui parlent du lachon ara ont tendance à prendre leurs fautes à la légère. Ils imaginent que les mots prononcés sont relativement inoffensifs, ne reconnaissant pas l'ampleur des dégâts qu'ils causent en réalité.
Par conséquent, il est peu probable qu'ils reviennent à la téchouva. Et même s'ils le font, leur téchouva est superficielle et peu sincère. Ils ne reconnaissent pas la gravité de leurs fautes.
La véritable téchouva, qui purifie l'âme du péché, exige un feu brûlant de remords au plus profond de l'âme".

-> Après toutes les fautes des Bné Israël, leur destin n'était pas scellé, à savoir mourir dans le désert et se voir refuser l'entrée en terre d'Israël, jusqu'à ce qu'ils parlent de lachon ara à propos de la terre d'Israel.
Nos Sages (Arakhin 15a) en concluent que les fautes avec des mots sont pires que les fautes des actes.

-> Dire du lashon hara est comparable à nier l'existence d'Hachem, comme il est écrit : "Ils disent : 'Nos langues vont dominer. Nos lèvres sont avec nous. Qui est notre maître?" (Téhilim 12,5)

-> Le guémara (Yérouchalmi Péa 1,1) affirme qu'il y a 4 fautes pour lesquelles une personne est partiellement punie dans ce monde, sans pour autant diminuer le poids principal de la punition qu'elle devra endurer dans le monde à Venir : l'idolâtrie, les relations illicites et le meurtre ; alors que la punition pour le lachon ara est équivalente à tous ces 3 autres fautes réunies.

Le Maharal (drouch léShabbath téchouva) écrit qu'il ne faut pas s'étonner de trouver une faute qui semble si petite et qui est pourtant si terriblement sévère. Il en va de même, dans un sens opposé, pour les mitsvot. Elles semblent souvent petites et insignifiantes, mais leur récompense dépasse notre imagination. Nos Sages (Pirké Avot 2,1) nous disent d'être aussi prudents avec une "petite" mitsva qu'avec une mitsva "sérieuse/importante", puisque nous ne connaissons pas la véritable récompense des mitsvot.
Il en va de même pour les fautes tels que le lachon ara, qui nous paraissent peu importants (ça va ce n'est que des mots, que bouger ça bouche, il n'y a pas mort d'homme!) et dont nous pensons qu'ils n'entraînent qu'une punition mineure, alors qu'en réalité le lachon ara est le pire des péchés (au moins équivalent au cumul des 3 fautes capitales : l'idolâtrie, les relations illicites et le meurtre), avec la punition la plus horrible qui soit.
La guémara (Sota 42a) affirme que ceux qui disent lachon ara font partie des 4 groupes de personnes qui ne mériteront pas de voir le visage de la Shechinah.

-> A partir de là, nous pouvons commencer à comprendre l'ampleur du lashon hara aux yeux d'Hachem, et l'influence horrible et destructrice qu'il exerce sur l'humanité, détruisant le corps et l'âme.
Le Zohar (II,264b) affirme que le lachon ara provoque des accusations contre le peuple juif devant la Cour céleste, libérant ainsi des forces néfastes de destruction dans ce monde.
Dans les mots du Zohar :
"Lorsque l'humanité se met à parler de lachon ara, ou même si une seule personne se met à parler de lachon ara, un mauvais esprit d'impureté appelé Sach'sicha est réveillé dans le Ciel.
Cet esprit s'appuie sur l'éveil du lachon ara prononcé par l'humanité. Il s'élève dans les cieux pour lancer des accusations, et en réveillant le lachon ara, il apporte la mort, la guerre et le meurtre dans le monde."

<--->

-> Les dommages causés par le lachon ara ne se limitent pas à la personne qui le prononce.
Par nos fautes (avec la parole), on réveille le pouvoir de la sitra a'hra (force du mal/impureté) et on lui permet de s'introduire dans le camp des saints anges du Ciel, où elle lance des accusations contre l'ensemble du peuple juif.

Le Abir Yaakov (Makhsof haLavan - Kédochim) écrit qu'une indication à ce sujet peut être trouvée dans le verset : " Ne va point colportant (ra'hil) le mal parmi les tiens, tu ne te tiendras pas sur le sang de ton prochain : Je suis Hachem" (Kédochim 19,16).
Le mot "ra'hil" (רָכִיל) dans ce verset signifie littéralement un marchand ambulant (un colporteur). Dans le contexte du verset, il est généralement compris comme désignant un orateur de lachon ara, qui voyage d'un endroit à l'autre pour "acheter" des histoires intéressantes ici et les "vendre" là.
Toutefois, on peut également y voir une référence à Satan, qui est réveillé par la lachon ara et voyage de son lieu de malheur jusqu'au camp céleste des anges.

Lorsque les anges voient que le Satan est venu parmi eux, ils se demandent les uns aux autres quelle horrible faute a été commis sur terre pour lui permettre d'entrer.
L'auteur du lachon ara est alors désigné comme la source de l'habilitation soudaine du Satan. Il s'agit là d'une accusation majeure à l'encontre de l'orateur lui-même et de notre nation tout entière, comme il est écrit : "Un seul fauteur peut ruiner beaucoup de bonté" (Kohélet 9,18) = un seul mot de lachon ara peut empêcher une grande quantité de bénédictions qui auraient dû descendre sur le peuple juif.

C'est pourquoi nous sommes avertis : "N'allez pas comme un colporteur (ra'hil)", un conteur itinérant, de peur de réveiller l'autre mauvais "ra'hil", le Satan, pour qu'il lance des accusations "parmi votre nation". [en colportant contre autrui, tu permets au Satan de colporter, d'attaquer contre toi et tout le peuple juif! ]

"tu ne te tiendras pas sur le sang de ton prochain" = ces accusations peuvent entraîner de terribles décrets d'effusion de sang sur notre nation, que D. préserve. C'est pourquoi nous sommes avertis de ne pas causer de chagrin et de douleur au sein du peuple juif, par nos fautes de lachon ara.

<--->

Dire du lachon ara a le pouvoir incomparable de briser les barrières de la sainteté.
En évitant le lachon ara, nous protégeons la sainteté de notre corps et de notre âme, en refusant toute entrée aux forces du mal.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Noa'h]

<--->

-> La parole est si puissante parce qu'elle est essentiellement une force spirituelle, non encombrée par une substance matérielle. Elle peut donc s'élever jusqu'aux plus hautes sphères du Ciel pour effectuer des rectifications spirituelles qui ne peuvent être faites ici-bas.
Pour qu'elle ait un tel pouvoir au profit des mondes purs et saints du Ciel, elle doit elle aussi être pure et sainte, dépourvue de lachon hara et d'autres formes de paroles interdites.
Lorsque la voix d'une personne est souillée par la faute, non seulement elle est incapable de profiter aux mondes spirituels, mais au contraire, elle cause de grands dommages.

C'est ainsi que l'on peut comprendre le verset : "Vous serez saints, car Moi, Hachem votre D., Je suis saint" (Kédochim 19,2).
Si une personne souhaite se rapprocher d'Hachem et jouir de l'éclat de sa sainteté, elle doit d'abord faire de son mieux pour se sanctifier. Dans ce mérite, elle est récompensée par un flux correspondant de sainteté venant d'en-Haut. [Torat Cohanim - Kédochim 1 ; Zohar III:42a]
[...]

La parole étant une force purement spirituelle, elle résonne dans les mondes spirituels les plus élevés d'où elle est tirée.
Il peut nous sembler qu'un mot, une fois sorti de la bouche, est passé et a disparu, mais il n'en est rien. Chaque mot que nous prononçons continue d'exister à jamais dans les royaumes spirituels.
Une parole sainte, prononcée par une bouche exempte de faute, franchit toutes les barrières qui séparent les mondes. Elle s'élève jusqu'à la source de la vie éternelle et y apporte la guérison à tous les maux du monde.

Tout cela n'est possible que lorsque nos paroles de Torah et nos prières sont prononcées par des bouches pures et exemptes de fautes. C'est alors qu'elles ressemblent alors à la sainteté du Ciel et sont capables d'exercer leur influence dans ces royaumes immaculés.
Cependant, si la bouche d'une personne a été souillée par des paroles sales de lachon ara et autres, alors même lorsqu'elle prononce des paroles saintes d'étude de la Torah et de prière, celles-ci sont également entachées par les forces du mal.
La sitra a'hra (force du mal/impureté) s'attache à ses paroles de Torah et de prière.
Au lieu de renforcer les forces saintes de la création, ses paroles les affaiblissent.

Il est écrit : "Tu as fatigué Hachem par tes paroles" (Mala'hi 2,17).
Bien sûr, Hachem lui-même n'a pas de limites physiques et ne peut jamais être fatigué. Cela signifie plutôt que les forces de sainteté qu'Il a mises en place pour le bien du monde sont affaiblies par le mal que nous causons avec nos paroles.
Au lieu de construire des mondes de sainteté et de renforcer ainsi les forces du bien, nous renforçons la sitra a'hra avec des mots qui ont été entachés par la faute.
[...]

Lorsque la bouche n'est utilisée que pour des sujets saints, elle reçoit un grand pouvoir d'influence sur les mondes les plus élevés du Ciel.

[d'après les enseignements de rabbi Yaakov Abou'hatséra, le Abir Yaakov]

Notre prière & lachon ara

+ Notre prière & lachon ara :

-> Les hommes ont à peine conscience de la puissance de leur parole. Nous ne voyons devant nos yeux que la matière, et nous ne percevons pas la grande puissance des mots spirituels et informes qui sortent de nos bouches. Nous ne pouvons pas imaginer le mal que nous causons par nos mauvaises paroles, tant au Ciel que sur la Terre.
Si nous réalisions que ce monde matériel n'est que la plus petite facette de la réalité, alors que les Cieux constituent la grande majorité de l'existence, et que ces mondes spirituels n'ont pas de forme ou de substance matérielle, nous nous rendrions compte de la puissance investie dans les mots que nous prononçons.

"Lorsque j'invoquerai le Nom d'Hachem, attribuez de la grandeur à notre D." (Haazinou 32,3).
Le Abir Yaakov (Pitou'hé 'Hotam - Haazinou) commente : ici, Moché dit aux Bné Israël combien de bénéfices sont apportés aux mondes célestes chaque fois qu'ils invoquent le Nom d'Hachem dans leurs bénédictions. Nous ne devons jamais sous-estimer le pouvoir de nos bénédictions et de nos prières.
Nos mots spirituels de prière ont un grand pouvoir dans le monde spirituel du Ciel.

Les anges ne peuvent chanter leurs grandes et saintes louanges au Ciel qu'après que les juifs ont chanté les louanges d'Hachem ici sur terre.
Nous voyons ici le véritable pouvoir de la voix des bné Israël (juifs) et l'influence qu'ils exerce sur les mondes célestes.
[...]

Nous ressemblerons aux anges dans leurs prières, comme nous le disons dans les bénédictions qui précèdent le Shéma le matin : "Ils ouvrent tous la bouche dans la sainteté et la pureté ... ils proclament avec crainte et parlent avec effroi".
Lorsque nous prions avec la même sainteté, la même pureté et la même crainte, la ressemblance entre nos prières et celles des anges les incite à chanter les louanges d'Hachem dans les cieux.
Cependant, lorsque nos prières sont prononcées par des bouches souillées par le lachon ara et d'autres fautes de la parole, elles ne ressemblent en rien aux prières des anges et ne peuvent les éveiller à chanter.

À cet égard, le Abir Yaakov (Chaaré Téchouva 14) nous avertit que la voix de la prière avec laquelle nous éveillons les chants des anges doit être exempte de faute. Sinon, elle pourrait réveiller les forces du mal et se joindre à elles.
Le mot קול (kol - voix), qui fait référence à la voix de la prière, nous donne une indication à ce sujet. La guématria de קול, lorsqu'elle est doublée, est égale à ערב (arèv - doux), comme nous le voyons dans le verset : "Car ta voix est douce" (ki kolé'h arèv - כי קולך ערב - Chir haChirim 2,14).
Cela fait référence à la voix des Bné Israël, qui s'unit à la voix des anges dans le Ciel, pour faire une louange douce et agréable devant Hachem. Tout cela n'est possible que lorsque notre voix est gardée dans la pureté, afin qu'elle soit digne de se joindre à la voix des anges.

Cependant, la gematria de קול (voix), lorsqu'elle est doublée, est également égale à ברע (béra - avec le mal). Lorsqu'une voix est souillée de mauvaises paroles, au lieu de s'unir à la voix des anges, elle s'unit à la voix de la sitra a'hra (forces du mal/d'impureté).
Il est écrit à ce sujet : "Garde ta langue du mal" (nétsor léchoné'ha méra - Téhilim 34,14) = garde-la, de peur que tes prières ne soient souillées par le lachon ara, et qu'elles ne se joignent ainsi à la sitra a'hra.

[d'après rabbi Yaakov Abou'hatséra ]

Le pouvoir de nos paroles

+ Le pouvoir de nos paroles :

-> L'humanité s'est vue confier un don précieux et céleste : le pouvoir de la parole.
C'est l'avantage principal de l'homme sur l'animal.
Hachem "souffla dans ses narines l'âme de la vie, et l'homme devint un être vivant" (Béréchit 2,7), selon le Targoum Onkelos : "un esprit de parole" (roua'h mémaléla).
Les gens sous-estiment souvent l'importance de ce don. Ils ne se rendent pas compte du pouvoir qu'il confère, celui de construire ou de détruire des mondes entiers.

-> Le Zohar (III,31b) enseigne :
""Il prononcera un discours" (védabèr davar - Yéchayahou 58,13) = [la double formulation de ce verset implique que] lorsqu'une personne prononce une parole ici-bas, elle éveille un pouvoir de parole correspondant en-Haut ... Sa parole monte au ciel, à l'endroit qui lui correspond, et éveille les forces qui lui sont liées.
Une bonne parole éveille les forces du bien, tandis qu'une mauvaise parole éveille les forces du mal. "

-> Le Zohar (II,47b) affirme que chaque mot prononcé par une personne monte au Ciel pour éveiller une influence correspondante d'en haut.
Les bonnes paroles éveillent une force du bien, tandis que les mauvaises paroles éveillent une force du mal.

<--->

-> Selon le Zohar (tikoun 69,p.105b) :
"Lorsque l'homme émet de sa bouche des paroles de prière, combien de saints anges étendent leurs ailes et ouvrent leur bouche pour les recevoir, comme il est écrit : "Car un oiseau du Ciel portera la voix, et les ailés rapporteront ce qui a été dit" (Kohélet 10,20).
Ensuite, Hachem prend ces mots et construit avec eux des mondes célestes, dont il est écrit : "Les nouveaux Cieux et la nouvelle Terre que Je ferai" (Yéchayahou 66,22).
... "Ne lisez pas ceci "Vous êtes Ma nation" (ami ata - Yéchayahou 51,16), mais plutôt "imi ata" (Tu es avec Moi", ensemble en tant que Mon partenaire.
Par nos mots, Hachem construit des mondes, et c'est comme si la personne qui prie les avait construits en partenariat avec Hachem."

-> Selon le Arizal (chaar Roua'h haKodech 1) :
"Nos Sages (Pirké Avot 4,11) nous disent que pour chaque mitsva qu'une personne accomplit, un ange est créé pour plaider en sa faveur.
Les paroles d'une personne créent des forces bonnes ou mauvaises, selon le contenu de son discours."

-> Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 1,13) écrit à ce sujet :
"Chaque mot prononcé par une personne éveille une puissance au Ciel. Les bonnes paroles renforcent les forces de la sainteté."

-> Le roi Shlomo commence le livre de Kohélet par 7 utilisations du mot : hével (hével havalim ...). Hével signifie littéralement "brume". Le Zohar (I, p.146b) explique qu'il s'agit de la vapeur insubstantielle que l'homme émet de sa bouche lorsqu'il parle, et qui forme les piliers sur lesquels repose le monde entier.

-> Par exemple, le Zohar (II,39a) affirme : "C'est le secret des précieuses vapeurs qui sortent de la bouche et se transforment en sons. Le monde entier est soutenu par le "hével" des enfants qui étudient la Torah et qui sont innocents de toute faute".
L'étude de la Torah est plus qu'un simple effort intellectuel. Les mots de Torah prononcés ont un grand pouvoir. La guémara (Erouvin 54a) affirme que lorsqu'une personne prononce à haute voix des mots de Torah qu'elle étudie, ils la vivifient, comme il est écrit : "Car ils sont vie pour ceux qui les trouvent, et guérison pour toute sa chair" (Michlé 4,22). Ne lisez pas cela comme "lémotséé'ém" (pour ceux qui les trouvent), mais plutôt "lémotsié'ém bapé" (pour ceux qui les prononcent à haute voix).

-> De même que des paroles de Torah ont le pouvoir d'attirer la sainteté sur une personne, de même, dans une mesure égale et opposée, des paroles mauvais (selon la halakha - ex: lachon ara) attirent l'impureté sur elle.
Le Méor Enayim (Vayéra) écrit : "lorsque la parole d'une personne est pure, elle attire en elle la sainteté d'Hachem. En revanche, lorsqu'elle souille sa bouche par le mensonge, le rékhilout et le lachon ara, leur impureté bloque l'ouverture de la bouche et empêche cette sainteté d'entrer.

<--->

-> En protégeant notre parole du lachon ara et d'autres mots interdits, nous préservons son pouvoir et sa sainteté pour l'étude de la Torah et la prière.
Le Ri Ibn Shou'ivo (Shlach) écrit que la parole est la porte de l'âme sainte. Lorsqu'une personne contamine son discours avec du lachon ara, c'est comme faire couler des eaux usées d'égout à ciel ouvert devant l'entrée du Temple.

-> Le Chlah haKadoch (chaar ha'Otiyot - shin-Shétika 22) avertit que si nous souillons bouche par du lachon ara ou d'autres formes de paroles interdites, alors toutes les paroles de Torah et de prière qu'on prononce sont dégradées par leur impureté.
Non seulement on ne recevra aucune récompense pour ces paroles, mais on sera puni. On est comme quelqu'un qui offre un cadeau au roi sur un plat sale et maculé de boue.

-> Le Chlah haKadoch (chaar ha'Otiyot - shin-shétika) compare les bavardages insensés à des relations interdites. Tout comme chaque graine est sacrée et ne doit jamais être gaspillée, il en va de même pour chaque mot que nous prononçons.
La brit de la parole est en parallèle à la brit mila. Le mot מילה (mila - l'organe masculin) a la même guématria que פה (pé - la bouche). Les efforts que nous faisons pour s'améliorer dans un domaine améliore également l'autre domaine (les 2 brit [alliance] étant liées).
De même, les fautes de l'un sont équivalents aux fautes de l'autre, comme il est écrit : "Ne laisse pas ta bouche porter le péché sur ta chair" (Kohélet 5,5).

-> Le Alchikh haKadoch (Tétsavé 28,35) ajoute que lorsqu'une personne prie, elle plaide devant le Trône d'Hachem au nom de son âme. Cependant, lorsque la même langue qui implore la miséricorde est également utilisée pour du lachon ara et d'autres fautes avec la parole, son avocat/défenseur se transforme alors en son pire procureur/accusateur.
Chaque mot prononcé pour sa défense ne fait que rappeler à la Cour céleste les nombreuses fautes qu'elle commet avec sa bouche. Ce n'est que lorsque la bouche est utilisée pour le bien, et non pour le mal, que ses paroles trouveront grâce aux yeux d'Hachem lorsqu'on se tiendra debout pour prier.

-> Le midrach (Vayikra rabba 16,2) raconte l'histoire d'un marchand ambulant qui allait de ville en ville en criant : "Qui veut la vie? Qui veut la vie?"
Rav Yanaï entendit l'appel de sa fenêtre et invita le marchand à venir chez lui pour lui vendre la vie.
Le marchand lui répondit : "Vous n'avez pas besoin de ma marchandise".
Le marchand vint chez lui, ouvrit un livre de Téhilim et lut le verset suivant : "Qui est l'homme qui désire la vie? Garde ta langue du mal" (Téhilim 34,13).
Rav Yanaï acquiesça et ajouta les mots du roi Shlomo : "Celui qui garde sa bouche et sa langue, garde son âme du mal" (Michlé 21,13).
"J'ai lu ce verset tout au long de ma vie, mais je n'avais jamais réalisé sa signification simple, jusqu'à ce que ce marchand vienne et me l'explique", conclut Rav Yanaï.

=> Sur la base de ces versets, le Ménorat Hamaor (chap.18) avertit que toutes les difficultés et les souffrances qui s'abattent sur une personne sont uniquement dues au lachon ara qu'elle prononce.

-> Le Rav 'Haïm Vital écrit dans Shaaré Kédoucha (2:5) :
"Lorsqu'une personne n'étudie pas la Torah, ses lèvres doivent rester serrées l'une contre l'autre comme une meule de pierre sur une autre. Toutes les bonnes actions et tous les mérites qu'une personne accumule tout au long de sa vie ne suffisent pas à compenser une seule mauvaise parole qu'elle prononce.
Heureux celui qui sait se comporter comme s'il était muet, sourd, aveugle ou infirme, selon la situation, afin que ses membres ne fautent pas et ne le condamnent pas à Guéhinam, comme l'a dit David Hamelech : 'Je suis comme les sourds qui n'entendent pas et les muets qui ne peuvent pas ouvrir la bouche' (Téhilim 38,14)."

<--->

-> Il est très difficile de protéger notre parole parce que nous ignorons à quel point elle est puissante.
Nous sommes tellement immergés dans nos activités quotidiennes banales (dans le monde matériel avec la même vision que les juifs qui nous entourent) que nous perdons la sensibilité nécessaire pour percevoir la spiritualité qui sous-tend la création et les ramifications célestes de tous nos actes et paroles.
C'est pourquoi les gens ont tendance à dire des choses telles que : "Ce n'était qu'une blague. Juste quelques mots. Où est le problème? Comment pourrais-je être puni si sévèrement pour une simple remarque?" ...
C'est le plus dangereux de tous les pièges du yétser ara.
[...]

L'ampleur des pouvoirs de l'esprit (spirituel), par rapport aux pouvoirs beaucoup plus limités de la matière physique (matériel), peut être constatée en comparant le corps et l'âme. Bien que le corps semble être la principale force active, il n'en est ainsi qu'au niveau le plus superficiel.
Dans la profondeur de la réalité, c'est l'âme invisible qui agit sur le monde, utilisant le corps comme une main dans un gant.
Il en va de même pour le pouvoir de la parole, qui influence la réalité plus profonde et spirituelle de la création d'une manière que nous ne pouvons pas voir, mais que nous savons être vraie.
[...]

Puisque la parole est si importante dans notre avodat Hachem, nous devons prendre grand soin de protéger notre pouvoir de parole et ne pas le souiller avec la saleté du lachon ara et d'autres fautes de parole qui nuisent à son efficacité. La bouche souillée par des paroles fauteuses ne peut attirer la sainteté dans le monde par le biais de la Torah et de la prière.
Au contraire, de telles paroles sont aussi offensantes qu'un cadeau offert au roi sur un plat taché de boue. [voir Zohar II 263b]

[d'après les enseignements de rabbi Yaakov Abou'hatséra, le Abir Yaakov]

<--->

Nos paroles sont articulées par la bouche, la langue et les lèvres, chacune d'entre elles représentant représentent les noms d'Hachem.

-> la bouche (pé - פה) en guématria équivaut à 85, soit 63 plus 22.
63 est la guématria des lettres du Nom d'Hachem (יהוה) lorsqu'elles sont écrite pleinement : יוד הי ואו הי.
Il y a 22 lettres dans l'alphabet hébraïque.
L'ensemble est égal à פה. Après avoir ajouté 1 pour la valeur du mot, cela équivaut également au Nom Divin : Elokim - אלהים (valeur de 86).

-> la langue (lachon - לשון) a une guématria de 386, ce qui équivaut à : Chékhina (Présence Divine) - שכינה (après avoir ajouté 1 pour la valeur du mot).
Cela équivaut également aux lettres pleines de אלהים soit : אלף למד הי יוד מם (valeur de 300), auquel on rajoute le Nom Divine : Elokim - אלהים (soit 86). [le total est 386 = lachon]

-> la lèvre (chafa - שפה) a une guématria de 385, ce qui correspond exactement à la valeur de שכינה (Chékhina).
Après avoir ajouté 1 pour la valeur du mot (שפה), il est également égal aux lettres de אלהים lorsqu'elles sont épelées : אלף למד הי יוד מם, plus le nom אלהים (86).

Si une personne mérite de sanctifier sa parole, chaque mot qu'elle prononce est investi de secrets célestes, provenant des 6 noms d'Hachem qui composent son pouvoir de parole.
Cependant, s'il ne garde pas sa langue, les forces du mal (yétser ara) usurperont le saint pouvoir de la parole pour lequel l'homme a été créé, et les déformera à des fins maléfiques.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra]

<--->

Si une personne croyait que la providence d'Hachem guide tout ce qui lui arrive, et qu'elle n'est jamais à la merci des autres pour l'aider ou lui nuire, mais qu'elle est toujours entre les mains d'Hachem, alors elle ne serait pas poussé à la colère par les blessures qu'il a subies de leur part.
Elle ne serait pas motivée à dire du lachon ara contre eux, puisqu'elle sait que tout vient d'Hachem et que tout est pour le mieux.
De plus, même si elle voulait prononcer des paroles de lachon ara contre eux, elle serait retenu par la reconnaissance du fait qu'Hachem entend toutes ses paroles et qu'un jugement sévère attend chaque parole de lachon ara qu'elle prononce.

Réprimander avec amour

+ Réprimander avec amour :

-> La guémara (Yoma 54b) écrit que lorsque les non-juifs sont entrés dans le Temple pour le détruire, ils ont vu les kérouvim (chérubins) s'enlacer.

Le Ritva note que les Bné Israël n'accomplissaient certainement pas la volonté d'Hachem à ce moment-là, alors pourquoi les kérouvim ne s'étaient-ils pas détournés les uns des autres?

-> Le Ri Migach (cité dans Shita Mékoubétsét Baba Batra 99a) répond qu'Hachem voulait offrir aux non-juifs un aperçu de Son amour pour le peuple juif, même avant la destruction.
[Peu importe ce que nous pouvons faire, Hachem a un amour inconditionnel, une proximité particulière, avec chaque juif! ]

-> Le rav 'Haïm Chmoulévitz (Si'hot Moussar 5731:26) adopte une approche différente.
La punition et la réprimande ne sont efficaces que si elles découlent d'un amour intense pour la personne qui les reçoit. Dans le cas contraire, la réprimande est impure et vouée à l'échec.
Ainsi, lorsque Hachem a puni les Bné Israël par la destruction du Temple (malgré de la patience et des avertissements préalables), les kérouvim étaient enlacés, démontrant l'amour absolu avec lequel Hachem nous réprimande.

=> Ainsi, même lorsqu'autrui, et à plus forte raison nos proches (enfants, conjoint) ... pousse notre patience à bout, avant toute réaction nous devons d'abord nous assurer que cela repose sur un amour intense, et non pas sur une blessure de notre orgueil, une vengeance de notre égo (ex: je vais avoir le dernier mot, tu vas voir de quel bois je me chauffe, tu sais qui JE suis, ...).

Chaque mot de bonté, chaque mot de Torah ou de prière, crée un ange Défenseur céleste pour celui qui le prononce.
Chaque mot blessant, chaque mot de lachon hara ou de mensonge, crée un ange Accusateur.
[rabbi Avraham Azoulai - 1570-1643 ]

Autrui & se lier pour l’éternité avec Hachem

+ Autrui & se lier pour l'éternité avec Hachem :

-> "L'homme a été créé uniquement pour se réjouir d'Hachem et pour se réjouir de l'éclat de la Chékhina, car il s'agit là du plaisir le plus vrai et le plus grand qui puisse exister.
Le lieu de ce plaisir, en vérité, est le monde à Venir car il a été créé exclusivement dans ce but.
Mais le chemin pour arriver à cette "destination choisie" se trouve dans ce monde."
[Ram'hal - Messilat Yécharim chap.1]

-> Le 'Hafets 'Haïm (Ahavat 'Hesed - partie 2, chap.2) précise la condition pour que cela puisse se réaliser :
"Le fait que l'homme mérite ou non de se prélasser de la Gloire d'Hachem dans le monde à Venir dépend de son attachement à Hachem de toutes ses forces pendant qu'il est encore en vie, ce qui signifie qu'il doit s'attacher à Ses Attributs.
Tout au long de sa vie, l'homme doit s'efforcer d'acquérir les Attributs Divins, qui sont uniquement orientés vers la bonté et la bienveillance. Il méritera alors de rester pour l'éternité devant Hachem et d'assouvir le désir de son âme.
Cela n'arrivera pas à quelqu'un qui n'a pas vécu sa vie en essayant d'aider les autres. S'il agit à l'encontre des voies d'Hachem, comment est-il possible qu'il puisse enfin s'attacher à Hachem dans le monde à Venir?"