« L’arbre du champ donnera son fruit » (Bé’houkotaï 26,4)

-> Selon Rachi : Ce sont les arbres non fruitiers, qui un jour donneront des fruits.

=> On peut se demander quel en est l’intérêt?
En effet, n’y a-t-il pas déjà assez d’arbres fruitiers pour en avoir besoin d’autres?

Le rav Moché Feinstein (Darach Moché) nous enseigne :
Le tsadik qui marche dans les voies de la Torah, sert Hachem dans toutes ses actions. Il profite de chaque occasion et de chaque occupation pour louer D. et Le servir.
Ainsi, quand les juifs seront méritants et serviront Hachem comme il se doit, ils seront bénis et les arbres stériles donneront des fruits. Cela leur donnera encore davantage d’occasions de glorifier Hachem.
En effet, ils loueront D. sur la beauté de ces fruits et Le béniront sur le bon goût et l’agréable profit que leur apportent ces fruits.
=> Ces tsadikim saisiront ainsi ces nouvelles occasions produites par ces nouveaux fruits pour encore plus servir Hachem.

« Parle aux enfants d’Israël et dis-leur : si un homme formule un vœu portant sur la valeur estimative d’une personne à Hachem » (Bé’houkotaï 27,2)

-> La paracha Bé’houkotaï débute par une liste de bénédictions (v.26,3-13), puis elle continue par une liste encore plus longue de malédictions (v.26,14-43) dans le cas où l’on ne respecterait pas la Torah.

Ensuite la paracha se poursuit avec les contributions bénévoles destinées au Temple.
Dans ce contexte (27,1-8), il est abordé la notion de : « érékh » (pluriel: arakhin), traduit dans le verset par : « valeur estimative ».
De même que l’on peut s’engager à donner une somme d’argent définie au Sanctuaire, on peut aussi s’engager à donner sa propre « valeur » ou celle d’une autre personne sans préciser de somme.

Il y a 2 façons de faire un tel don :
– soit s’engager à donner la valeur de la personne en tant que bien commercial, c’est-à-dire son prix sur le marché aux esclaves.

– ce chapitre de la paracha traite d’une forme de vœu spécifique appelée : « érékh » = qui se fonde sur la sainteté intrinsèque de chaque juif.
Puisqu’il n’existe pas de « marché » estimant la valeur de l’âme (entité spirituelle, seul D. pouvant le faire), la Torah a elle-même fixé le montant du paiement sans tenir compte de l’état de santé, de la force, du potentiel de travail ou de la valeur marchande de la personne, mais en se fondant uniquement sur des critères d’âge et de genre.

La somme qui est payée au trésor du Temple sera utilisée pour l’entretien et les autres dépenses du Temple.

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-> Pourquoi est-ce que le passage traitant des « arakhin » suit directement celui des réprimandes (malédictions)?

1°/ Un homme qui entendrait toutes les malédictions risquerait de désespérer et de faiblir moralement, ressentant une profonde insignifiance et perte de toute valeur personnelle.
C’est pourquoi, la Torah enchaîne avec le thème de l’évaluation des personnes, comme pour dire que malgré toutes ces réprimandes, tu continues toujours à avoir de la valeur. Cela est donc une invitation à ne pas désespérer et se décourager, car malgré tout, sa valeur reste très importante.
[Rabbi Chnéour Zalman de Liadi]

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2°/ Dans cette paracha Bé’houkotaï, il y a 45 malédictions de réprimande si l’on ne suit pas la Torah, et dans la paracha Ki Tavo, il y en a 98 autres, ce qui fait un total de 143.

Le nombre de total des estimations données dans le cadre des « arakhin » est de : 143 (cf.ci-dessous le détail).

=> Cela nous enseigne que les « arakin » (dans le cadre de dons volontaires au Temple) permettent d’obtenir une expiation pour toutes les potentielles malédictions.

[Rabbi El’azar de Worms]

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Dans le cadre de ces estimations, la Torah distingue :
– de 1 mois à 5 ans : Hommes = 5 Shekels sacrés ; Femmes = 3 ;
– de 5 ans à 20 ans : Hommes = 20 ; Femmes = 10 ;
– de 20 à 60 ans : Hommes = 50 ; Femmes = 30 ;
– au-delà de 60 ans : Hommes = 15 ; Femmes = 10.

=> Au total =5+3+20+10+50+30+15+10= 143.

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-> La Torah liste 4 groupes de « arakhin », mais cependant seulement 3 de ces groupes peuvent encore se transformer en un autre groupe.
En effet, les 3 plus jeunes peuvent devenir un groupe plus âgé, et uniquement celui des plus de 60 ans n’a pas de groupe au-delà.

Ces 3 groupes représentent la capacité d’évolution dans ce monde.

Pour les hommes, les valeurs sont : 5+20+50 = 75, qui et la guématria de : akhèn (préparer – הכן).
=> Nous devons toujours avoir à l’esprit que ce monde doit nous permettre de se préparer au monde à venir.

C’et également la même guématria que le mot : nika (diminuer – נִכָּה).
=> La manière d’atteindre le monde à venir est de diminuer nos besoins en matérialité dans ce monde.

[Adéret Eliyahou]

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-> Nos Patriarches sont : Avraham (אברהם), Yit’hak (יצחק) et Yaakov (יעקב).

La dernière lettre de chacun de ces noms : מ-ק-ב a une guématria de : 143 (avec le kollel).
Cela est une allusion au fait que le mérite de nos Patriarches peut sauver le peuple juif des 143 malédictions.

De plus, la somme des lettres est de : 142, auxquelles on ajoute le : 1 = l’Unique, Hachem.
Ainsi c’est par le mérite de nos Patriarches, et grâce à la grande bonté de Hachem, que nous serons sauvés de ces malédictions.

[Na’hal Kédomim]

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-> Hachem dit : « Par le mérite des « arakhin (litt. estimation/comptes), Je vous sauverai des comptes du Guéhinam ».
[le תנומא ישן]

« Vous mangerez votre pain à satiété » (Bé’houkotaï 26,5)

-> La nourriture se dit en hébreu : « maa’hal » (מאכל).
Celui qui mange dans la sainteté peut transformer la nourriture de l’état de : « maa’hal » (מאכל) en « mal’akh »(un ange – מלאך).
[un ange Défenseur personnel est généré grâce à la bénédiction que l’aliment nous aura permis de faire!]

De même, avant de consommer du pain, on récite la bénédiction : « Qui fait sortir le pain de la terre » (amotsi lé’hem min aarets), c’est-à-dire qu’en mangeant le pain comme il se doit, on fait « sortir » ce pain de la « terre », c’est-à-dire de sa dimension terrestre et de sa matérialité, pour en faire une entité spirituelle et céleste.

[Tséma’h Tsédek]

[c’est tout le but d’un juif, saisir la matérialité de ce monde et l’élever vers la spiritualité, en faisant la volonté de D.]

« Je briserai le génie de votre puissance » (Bé’houkotaï 26,19)

-> Selon Rachi, il s’agit de la destruction du Temple.

-> Cette malédiction qu’Hachem brisera le génie du peuple d’Israël comporte, comme toutes les autres malédictions, un point positif.
En effet, quand une personne faute, l’impact et les conséquences de cette faute, dans ce monde matériel ainsi que dans tous les mondes spirituels, sont tellement graves et terribles, que si ce pêcheur en avait conscience, il ne pourra plus continuer à vivre comme avant, car il en serait détruit.

Cependant, Hachem, dans Sa bonté, annonce qu’Il brisera le génie des Juifs. Ainsi, leur intelligence et leur niveau de perception une fois réduits, le pêcheur ne saura plus mesurer l’impact de sa faute qui lui en sera complètement caché. Cela lui donnera la possibilité de continuer à vivre de façon sereine et équilibrée, même après sa faute. Il pourra la supporter.

[Rabbi Tzvi Elimelech de Dinov (le Bné Yissa’har) – dans son Agra DéKalla]

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[c’est une malédiction lorsque nous en venons à oublier les conséquences graves de nos mauvaises actions (ex: qu’est-ce que ça peut bien faire à D. si je porte une simple feuille dehors pendant Shabbath?, alors qu’en réalité cet acte en apparence banal détruit ce monde et les mondes supérieurs, car contraire à la volonté de D.).

Mais c’est une bénédiction lorsque nous savons faire téchouva et aller de l’avant en gardant un moral plein de joie et d’espoirs positifs!]

« J’installerai Mon Sanctuaire parmi vous » (Bé’houkotaï 26,11)

-> Selon le Sforno : c’est une promesse que la présence Divine demeurera toujours parmi les juifs où qu’ils se trouvent.

-> Le Ohr ha’Haïm commente : « parmi vous = cela veut dire que D. sera toujours plus proche des tsadikim que des anges.

-> Selon le midrach (Tan’houma Bé’houkotaï 3), cela signifie : « Si vous accomplissez Mes commandements, J’abandonnerai [Ma résidence dans] les royaumes supérieurs et Je descendrai résider parmi vous. »

« Et pourtant, même alors, quant ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, Je ne les aurai ni dédaignés ni repoussés au point de les anéantir, de dissoudre Mon alliance avec eux ; car Je suis Hachem leur D. » (Bé’houkotaï 26,44)

La guémara (Méguila 11a) de commenter :
– « Et pourtant, même alors […] Je ne les aurai ni dédaignés » = c’est une allusion à l’exil des Chaldéens (Babylone), où J’ai désigné Daniel, ‘Hanania, Michaël et Azarya pour les guider ;

– « ni repoussés » = c’est une allusion à l’invasion grecque, pendant laquelle J’ai désigné Chimon le Juste, ‘Hachmonaï et ses fils, et Matitya le Cohen Gadol pour les guider ;

– « au point de les anéantir » = c’est une allusion à l’époque de Haman, pendant laquelle J’ai désigné Mordé’haï et Esther pour les guider ;

– « de dissoudre Mon alliance avec eux » = c’est une allusion à l’époque des Perses, où J’ai désigné la maison de Rabbi et les maîtres des générations pour les guider.

=> Selon le Yalkout Léka’h Tov, au terme du long passage décrivant les malheurs appelés à frapper le peuple juif, ce verset vient nous annoncer qu’une lumière jaillira toujours au sein de l’obscurité.
Au fil de tous nos longs et douloureux exils, la flamme des Maîtres d’Israël accompagnera éternellement le peuple juif.

Cette promesse est un réconfort (Hachem ne nous abandonnant jamais!) et un encouragement, car à la conscience de l’accomplissement des paroles de la Torah, une génération après l’autre, notre foi en D. en est stimulée.

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-> La paracha commence par : « Si vous obéissez à Mes décrets … » (Im bé’houkotaï télé’hou – v.26,3)

Le terme « im » (אִם) fait allusion aux personnages qui ont pour mission de délivrer Israël, lors des exils passés et futurs.
En effet, les 2 lettres du mot « im  » sont les initiales de :
– Aharon (אהרן) et Moshé (משה) qui ont sauvé les enfants d’Israël d’Egypte ;
– Esther (אסתר) et Mordé’haï (מרדכי) qui ont délivré le peuple du décret d’Haman ;
– Eliahou (אליהו) et Mashia’h (מש’ח) qui délivreront le peuple dans l’avenir.

Avant de commencer le long passage de la paracha Bé’houkotaï comportant les 45 malédictions, la Torah nous prévient que la délivrance a déjà été préparée.
Si (אִם) nous suivons le chemin de Hachem alors nous aurons le mérite de voir la guéoula.
[Min’ha Béloula]

[à chaque génération, à tout moment, le machia’h est prêt, attendant uniquement que nous en soyons méritants!
Sur un plan individuel et collectif, Hachem crée toujours la solution, avant d’amener une problématique]

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-> Rabbi Its’hak Karo (Toldot Its’hak) nous enseigne :
La paracha commence par la lettre : aleph (אִם – im bé’houkotaï – v.3) et elle termine la partie des bénédictions par la lettre : tav (komémiyout – קוֹמְמִיּוּת – v.13).
Cela signifie que lorsque les juifs accomplissent la Torah et les mitsvot, et ce de la lettre « aleph à tav » (de A à Z), ils seront bénis.

Le passage des réprimandes commencent par la lettre : vav (vé’im – וְאִם – v.14) et se termine par la lettre : hé (Moché – מֹשֶׁה – v.46).
Ces 2 lettres (וה) composent la moitié du Nom Divin (יהוה), pour nous signifier : « Hachem est parmi nous, lorsque nous souffrons » (imo ano’hi bétsrara).

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-> Le Mechekh ‘Hokhma enseigne :
Hachem déclare sur ce verset (v.26,44) à propos de Son peuple : « Si Je les ai rejetés ou les ai dédaignés au point de les forcer à résider dans les pays de leurs ennemis, ce n’est pas parce que Je cherche à les détruire ou à annuler Mon alliance. Au contraire, Je suis leur D.!

Si Je les exile, c’est parce que, souvent, c’est la seule façon d’empêcher une assimilation qui finira par entraîner leur disparition en tant que peuple ».

« Ils confesseront leur faute » (Bé’houkotaï 26,40)

-> Le ‘Hafets ‘Haïm a dit un jour :
« A quoi bon réciter ces supplications (les séli’hot), en racontant à Hachem que nous avons fauté, alors qu’Il connaît chacune de nos pensées et chacun de nos gestes.
Ces prières n’ont de sens que si elles nous incitent à prendre la ferme résolution de ne plus jamais réitérer nos écarts. »

[il faut taper contre sa poitrine pour se réveiller et changer, et non comme pour tasser un sac de farine pour pouvoir encore davantage le remplir (de fautes)! ]