« Vous poursuivrez vos ennemis et ils tomberont devant vous par l’épée » (Bé’houkotaï 26,7)

-> Le ‘Hazon Ich enseigne :
« Vous devez faire attention à ne pas devenir le poursuivant par le fait que vous êtes poursuivi [dans des disputes].
En effet, il y a une ligne très fine entre un poursuivant et celui qui est poursuivi.

Un faux pas peut inverser les rôles et changer le résultat final, car [la règle] est que Hachem vient toujours en aide à celui qui est poursuit, et ce même si c’est celui qui a mal agit. »

=> Même si notre égo nous crie le contraire, nous devons autant que possible rester l’attaqué, car cela nous assure d’avoir Hachem à nos côtés pour nous défendre.

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-> Le midrach (Vayikra rabba 27,5) affirme que même si un tsadik pourchasse un racha, Hachem portera assistance au racha, par le fait que c’est lui qui est poursuivi.

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-> « Vous fuirez sans que personne ne vous poursuive » (Bé’houkotaï 26,17)

En quoi est-ce une plus grande malédiction que de ne pas avoir de poursuivants?

En fait, il est dit : « Hachem protège celui qui est poursuivi ». Ainsi, si les Juifs fuyaient devant quelqu’un, ils seraient alors des poursuivis et bénéficieraient de ce fait de la protection Divine.
La malédiction ici est que vous aurez la peine de devoir fuir, mais Hachem ne vous aidera pas ni ne vous protégera, car n’ayant pas de poursuivants, vous ne serez donc pas poursuivis.
[Gaon de Vilna]

« Si vous obéissez à Mes décrets et observez Mes mitsvot » (Bé’houkotaï 26,3)

-> Rachi : « Donnez-vous de la peine dans la Torah afin de l’observer et de la pratiquer »

-> Selon la guémara (Nidda 30a), un ange enseigne toute la Torah à chaque enfant lorsqu’il est dans le ventre de sa mère.

Rav ‘Haïm Chmoulévitch fait l’observation suivante : Pourquoi n’accordons nous pas le même respect à une femme enceinte qu’à un érudit en Torah, comme le fait de se lever lorsqu’elle entre dans une pièce, car elle a en elle un enfant qui connait toute la Torah?

Il répond que le plus important dans nos connaissances en Torah c’est les efforts que nous avons fait pour les acquérir.
Ce qu’on honore principalement c’est les efforts, les heures d’études, les sacrifices personnels qui ont conduit à son érudition.

L’enfant dans le ventre de sa mère est certes un érudit en Torah, mais puisqu’il a reçu ses connaissances en cadeau, nous ne l’honorons pas.

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-> Ce terme : « Bé’houkotaï » (dans Mes Décrets – בחוקותי), provient de la racine : חק (‘Hok – un décret), qui donne aussi le terme : « חקיקה » (‘Hakika), qui signifie : « gravure ».
=> Quand on marche dans les Décrets Divins en fournissant de grands efforts dans l’étude (comme l’explique Rachi), alors cette étude s’imprégnera en soi et laissera dans le cœur une trace indélébile, comme si l’étude se sera gravée dans son cœur.
[d’après le ‘Hidouché haRim)]

« Si vous obéissez à Mes décrets et observez Mes commandements et les accomplissez … Vous demeurerez en sécurité sur votre terre. Je ferai régner la paix dans le pays » (Bé’houkotaï 26,1-6)

-> Selon le Ramban :
– « demeurerez en sécurité sur votre terre » = une bénédiction de sécurité avec nos ennemies extérieurs ;

– « ferai régner la paix dans le pays » = une bénédiction assurant que l’harmonie et un amour fraternel vont régner entre les juifs.

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-> Le Ktav Sofer développe cette idée du Ramban :

Les différends sont fréquemment le résultat d’une compétition acharnée pour le succès matériel.
Consciemment ou de façon subconsciente, une personne peut ressentir : « il en a plus que moi », et cela le rend triste.

Or, certes la matérialité divise (puisque limitée, tout le monde nous est concurrent dans un domaine), mais la spiritualité unie (puisqu’on est tous uniques et complémentaires vers un même but).

« Lorsque les juifs accomplissent les mitsvot, la terre d’Israël est aussi parfaite que l’était le monde avant la faute d’Adam.

La guémara (Béra’hot 33a) statue : « Une vipère ne tue pas, c’est la faute qui tue ».
Les animaux sauvages ne sont devenus dangereux uniquement à la suite de la faute d’Adam.

Lorsque la terre d’Israël atteindra la perfection, les animaux sauvages vont cesser d’être dangereux, et ils retournerons à leur nature paisible, comme ils l’étaient au moment où ils ont été créés. « 

[le Ramban – Vayikra – Bé’houkotaï 26,6
– « Je (Hachem) ferai disparaître du pays les animaux nuisibles » ]

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-> La guémara (Kidouchin 81b) nous enseigne que le monde n’a été créé que pour servir l’homme, de même que l’homme n’a été créé que pour servir Son Créateur.

Le Zohar (‘Hadach 14) dit que si Adam n’avait pas fauté, il aurait régné même sur les anges.
Par exemple, selon la guémara (Sanhédrin 59b), avant la faute d’Adam, même les anges le servaient, filtrant le vin et rôtissant la viande pour lui.

[les fruits avaient un goût incroyablement meilleur, il n’y avait aucune épine, …]

=> N’oublions pas que toute la Création nous reste soumise tant que nous nous efforçons de remplir notre rôle de l’amener à la perfection en observant la Torah et les mitsvot.

« Et même alors, quand ils se trouveront relégués dans les pays de leurs ennemis, Je ne les aurai ni dédaignés ni repoussés au point de les anéantir et de dissoudre Mon alliance avec eux, car Je suis Hachem leur D. » (Bé’houkotaï 26,44)

Nous allons voir ci-dessous un dvar Torah du rav Chakh sur ce verset.

Le midrach Torath Cohanim demande : Après tous les malheurs qui ont frappé notre peuple au cours de notre histoire, ne pourrait-on pas penser que D. nous a dédaignés?

De tous les honneurs dont D. nous a gratifiés,il ne nous reste plus rien, sauf … la Torah!

Le midrach de répondre :
-> « Je ne les aurai ni dédaignés » = à l’époque de l’empereur romain Vespasien ;
-> « Ni repoussés » = à l’époque des Grecs (‘Hanoucca) ;
-> « Ni anéantis » = au temps d’Haman (Pourim) ;
-> « Car Je suis Hachem, leur D. » = à la guerre de Gog et Magog.

Le rav Chakh de poursuivre :
En dépit des persécutions que les nations nous infligent, notre existence en tant que peuple de D. est éternelle.
Il nous reste la Torah! Il nous reste tout!

La Torah de D. est éternelle et, par elle, le peuple juif devient éternel.
Par l’étude et la connaissance de la Torah, notre peuple garantit son existence au-delà de tous les temps.

Notre survie et notre salut ne s’opèrent que grâce à la Torah et les Maîtres de chaque génération.
Il en sera de même pour notre avenir, car le verset : « Je suis Hachem ton D. » fait allusion à Gog et Magog, l’époque du Machia’h.

« Si vous obéissez à Mes décrets (‘houkotaï) et observez Mes commandements et les accomplissez » (Bé’houkotaï 26,3)

1°/ Si vous obéissez à Mes décrets …

La Torah nous enseigne les lois concernant « un fils dévoyé et rebelle » (Dévarim – Ki Tsé 21,18), qui s’il n’écoute pas la voix de ses parents, sera amené devant les anciens de la ville, et ensuite il sera lapidé par tous les hommes de sa ville.

Les conditions à remplir pour que cette peine de mort puisse être appliquée, sont si nombreuses qu’il est pratiquement impossible de les voir réunies.
Au point que, selon nos Sages (guémara Sanhédrin 71a), la peine de mort n’a jamais été appliquée à un fils dévoyé et rebelle, et ne le sera jamais.
Mais alors, pourquoi cela est-il écrit dans la Torah?

Rabbi Yisraël Salanter nous dit que les lois concernant le « fils dévoyé et rebelle » nous donne l’opportunité d’acquérir un mérite spécial : le fait d’étudier la Torah uniquement pour l’étude, car elles n’ont aucune incidence pratique.

Un ‘hok est une mitsva dont l’explication n’est pas connue.
=> En disant : « Bé’houkotaï télé’hou », la Torah nous incite à l’étudier de façon désintéressée, uniquement parce telle est la volonté de D.

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+ « Si vous obéissez à Mes décrets » (Im bé’houkotaï télé’hou)

Cette phrase peut également être traduite comme : « Si vous marchez avec Mes décrets ».
La Torah doit toujours accompagner un juif.
Où qu’il soit, et quoi qu’il fasse, ses pensées, ses attitudes et ses actions doivent être en accord avec la Torah.

-> Le roi David a dit : « J’ai médité sur mes voies, et ramené mes pas vers tes statuts » (Téhilim 119,59).
Le midrach explique que David voulait signifier : « Maître de l’univers, chaque jour je décide de me rendre à un certain endroit ou maison, cependant mes pieds m’amènent vers les synagogues et les lieux d’étude ».

Im bé’houkotaï télé’hou => c’est un appel de la Torah, qui va au-delà d’une recherche active de D., il nous faut orienter notre vie afin d’en arriver à suivre instinctivement le chemin de la Torah.

Rabbi Na’houm Zev de Kelm disait que le succès d’une éducation en yéchiva ne peut se voir qu’une fois qu’on la quitte, et qu’on doit affronter les défis de la vie.
Sur le chemin de ma vie, est-ce que je suis capable de mettre en pratique ce que j’ai étudié?
Est-ce que je suis capable d’avancer main dans la main fièrement avec la Torah ou bien je la laisse au placard quand ça m’arrange?

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2°/ Observez Mes commandements :

+ « Si vous obéissez à Mes décrets et observez (tichmérou) Mes commandements et les accomplissez » (Bé’houkotaï 26,3)

La Torah promet alors des récompenses matérielles pour notre fidélité à la volonté de D.
Cela semble contredire les paroles de nos Sages : « Il n’y a pas de récompense pour une mitsva dans ce monde » (guémara Kiddouchin 39b).
Comment comprendre cette apparente contradiction?

Le Zekan Aharon répond en disant que le terme « tichmérou » (observez Mes commandements), renvoie à la notion : d’attendre (chamar = il a attendu – cf. Rachi Vayéchev 37,11).

Ainsi, même si nos Sages statuent qu’il n’y a pas de récompense pour la réalisation des mitsvot dans ce monde, D. nous paye en retour, dans ce monde et dans le monde à venir, en fonction de l’intensité de notre impatience et de notre recherche d’opportunités de faire des mitsvot.

En effet, notre amour pour D. peut se mesurer selon notre attitude vis-à-vis de ce qu’Il nous demande de faire ou de ne pas faire …

Plus j’ai envie, plus je suis joyeux à l’idée de faire des mitsvot, … plus c’est le signe que mon amour envers D. se développe (à l’inverse d’une routine, faire par obligation).

[Dans notre attitude, D. veut le cœur, et non un robot rabbin = la 1ere et la dernière lettre de la Torah forme le mot : lev = coeur.]

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3°/ Les accomplissez …

+ « Si vous obéissez à Mes décrets et observez Mes commandements et les accomplissez (va’assitèm otam – וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם) » (Bé’houkotaï 26,3)

Le mot otam (אתם) sans la lettre vav, peut aussi se lire : atem (vous).

La guémara (Béra’hot 17a) enseigne qu’une personne qui étudie la Torah sans intention de la pratiquer, il aurait mieux valu qu’elle ne soit pas née.

Ainsi, en réalité, par le fait de réaliser les mistvot, un être humain va, se recréer lui-même

[va’assitèm atem = et vous vous ferez/accomplissez => faire une mitsva, c’est justifier son droit à l’existence!]

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+ Bonus (partie 1°/):

Au mont Sinaï,les juifs ont déclaré : « Naassé véNichma » (nous ferons, et nous écouterons).
Le Zohar commente : « Nous ferons de bonnes actions et des mitsvot, nous écouterons les paroles de la Torah ».

Le Beit haLévi explique qu’en déclarant :
-> « nous ferons », les juifs se sont engagés à accomplir correctement les mitsvot, comprenant le fait d’étudier ce qui touche au comment les réaliser.
-> « nous écouterons », les juifs se sont engagés à étudier la Torah pour elle-même, et non seulement pour une préparation afin d’accomplir les mitsvot.

« Si vous obéissez à Mes décrets et observez Mes commandements et les accomplissez, Je donnerai vos pluies en leur temps et la terre donnera son produit et l’arbre du champ donnera son fruit. » (Bé’houkotaï 26,3-4)

Le midrach Tan’houma (Bé’houkotaï 2) de nous dire que lorsque les juifs fautent et sont punis, les non juifs en souffrent aussi.

Rabbi Yéhochoua ben Lévi enseigne que si les nations du monde savaient que la raison de leurs souffrances est : les fautes des juifs, elles affecteraient 2 soldats à chaque juif, afin de s’assurer que la Torah soit scrupuleusement respectée.

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-> Hachem a établi la loi de la nature suivante : « Je donnerai vos pluies en leur temps », alors : « la terre donnera son produit/récolte ».
Le verset nous apprend que d’une façon identique il existe une autre loi fixée dans la nature qui est : « Si vous obéissez à Mes décrets », alors : « Je donnerai vos pluies en leur temps ».
=> La bénédiction ne peut réellement intervenir que par notre respect de la Torah et des mitsvot.
[Rabbi Nathan Tsvi Finkel – le Saba de Slabodka]