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Prêt avec des intérêts

"Ne prends de lui ni usure (nessé'h) ni intérêt (tarbit) ; et tu craindras ton D., et que ton frère vive avec toi" (Béhar 25,36)

-> Rachi commente : usure et intérêt = ces 2 termes sont synonymes. La guémara explique que cette interdiction a été mentionnée 2 fois pour rendre doublement coupables ceux qui la transgressent en percevant ou en payant des intérêts.

=> Pourquoi la Torah interdit-elle un seul acte (le prêt à intérêt) avec 2 interdictions distinctes?
La réponse est que neshech et tarbus reflètent deux aspects différents du prêt à intérêt :
- "Nessé'h" signifie mordre. Il reflète la douleur et les dommages qu'un usurier cause à l'emprunteur, comme la morsure d'un serpent. Le venin d'un serpent se répand dans tout le corps jusqu'à ce qu'il atteigne un organe vital et tue la victime. De même, l'intérêt d'un prêt répand son venin dans les biens de l'emprunteur, le privant de ses biens. Il finit par le tuer à son tour.

- "Tarbit" (תַרְבִּית) signifie augmenter. Il s'agit du profit que l'usurier tire du paiement des intérêts. Le prêt à intérêt étant très rentable, celui qui ignore cette interdiction de la Torah renie Hachem. Cela revient à dire : "Si Hachem avait su à quel point c'est rentable, Il ne l'aurait pas interdit".
La négation d'Hachem par l'usurier est évoquée dans la valeur numérique de "ribit" (רבית - intérêt), qui est de 612. Cela indique qu'en plus d'avoir transgressé l'interdiction de l'intérêt, l'usurier a également transgressé les 612 autres mitsvot de la Torah. Parce qu'un usurier nie Hachem, les mitsvot qu'il accomplit n'ont aucune valeur. Il n'a donc pas accompli de mitsvot.

Si l'on considère qu'un usurier nie Hachem, on peut comprendre la sévérité de sa punition.
Nos Sages (Pirké déRabbi Eliézer 33) nous disent qu'un usurier ne sera pas ramené à la vie lors de la résurrection des morts.
Ceci a été démontré dans un incident qui s'est produit avec le prophète Yé'hezkel (guémara Sanhédrin 92b). Hachem a donné la clé de la résurrection des morts à Yé'hezkel et lui a demandé de faire revivre les morts de la tribu d'Efraïm. Ces hommes avaient quitté précipitamment l'Égypte avant l'arrivée de la sortie d'Egypte et avaient été tués par les Pélichtim.
Lorsque Yé'hezkel s'exécuta, il remarqua que certaines personnes ne revenaient pas à la vie. Hachem l'informa que ces gens étaient des usuriers qui ne méritaient pas d'être ressuscités.
[Maharal - Gour Aryé - Béhar 25,36 ]

La chémita

+ Béhar - la chémita :

-> Pendant que le peuple juif séjournait dans le désert pendant 40 ans, Hacheù m l’a soutenu de manière miraculeuse. Une fois entrés en terre d’Israël, nous avons commencé à labourer la terre pour produire la nourriture nécessaire à l’alimentation d’une nation.

Comme nous allions passer beaucoup de temps dans les champs, Hachem a ordonné aux agriculteurs du peuple juif de laisser leurs champs en jachère tous les 7 ans et de consacrer leur temps à l’étude de la Torah.

Le rav Yonathan Eibshitz écrit que si nous n’avions pas fauté en dansant autour du Veau d’or, les miracles d'Hachem auraient continué même après notre entrée en Terre promise.
Ainsi, nous n’aurions pas eu à devenir agriculteurs pour subvenir aux besoins de nos familles, et nos journées auraient été entièrement consacrées au service d'Hachem et à l’étude de Sa Torah.
Il n’aurait donc pas été nécessaire d’introduire la loi de l’année sabbatique, qui visait à compenser le manque d’étude occasionné par le travail de la terre.

Il y a eu de grands géants spirituels de notre passé qui étaient à l’égal des Bné Israël avant la faute du Veau d’or. Ils ont donc pu se consacrer de tout leur cœur à l’étude de la Torah, et Hachem les a miraculeusement soutenus et pourvus de tout ce dont ils avaient besoin.
[ rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan - Béhar ]

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+ Chemita = quel est notre priorité dans la vie? :

-> Si nous prenons le temps de réfléchir un instant, l’obligation de la chemita est très exigeante et difficile. Imaginez qu’on nous dise que nous devons fermer notre boutique, non pas un jour par semaine, mais pendant une année entière.

Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 1) écrit qu’on nous enseigne une leçon de vie cruciale.
Et c’est que nous ne devrions pas passer notre vie à courir après le "dieu" argent. Au contraire, nous devrions trouver le contentement et la satisfaction dans le fait d’avoir moins plutôt que d’avoir plus.

"Si ton frère s'appauvrit, ... tu le soutiendras" (Béhar 25,35)

-> Le rav 'Haïm Vital, le disciple principal du Arizal, rapporte :
"Mon Maître donnait la tsédaka avec une grande joie et un bon cœur ...
Mon Maître disait aussi que chaque mitsva correspond à une des 22 lettres de l'alphabet hébraïque (toutes les mitsvot pouvant être regroupées en 22 correspondant aux 22 lettres). Lorsqu'un Juif accomplit une mitsva, la lettre correspondant à cette mitsva se met à briller sur son front (à qui sait le voir). Mais lorsqu'il réalise une autre mitsva, c'est la lettre correspondant à cette nouvelle mitsva qui apparaîtra, au détriment de la précédente mitsva, dont la lettre disparaîtra pour s'imprégner à l'intérieur même du front.
Cependant, la lettre correspondant à la mitsva de la tsédaka ne se retire pas aussi vite que les autres lettres correspondant aux autres mitsvot. Elle continue de briller sur le front du donateur tout au long de la semaine."

"Lorsqu’un homme n’aura personne pour le racheter, et qu’il trouve de quoi se racheter" (Béhar 25,26)

-> Le 'Hatam Sofer commente :
"Cela signifie que celui qui s’imagine réellement qu’aucun homme ne peut le racheter et qui s’en remet entièrement à Hachem peut être certain qu’il trouvera finalement la délivrance".

-> Le rav Elimélé'h Biderman explique :
Sachons que c’est précisément le fait de se sentir dépendant d'Hachem et de penser que ‘sans Ton aide aucune délivrance n’est possible’ qui apporte la bénédiction.
Lorsqu’un homme ressent réellement que personne n’est en mesure de l’aider, Hachem le délivre de toutes ses épreuves.

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[Il est écrit : "Donnez de la force à Hachem" (ténou oz lélokim - Téhilim 68,35) = d'une certaine façon, plus nous donnons de la force, de l'importance à Hachem à nos yeux (au point que rien d'autre peut nous aider/sauver que Lui), alors plus nous donnons de la force à Hachem, qui pourra ainsi nous sortir de toute difficulté et nous combler de bénédictions. ]

"Et qu'un homme n'offense pas son prochain, et tu craindras ton D. car Je suis Hachem ton D." (Béhar 25,17)

A partir de ce verset, la guémara (Baba Métsia 58b-59a) nous enseigne :

-> "Et qu'un homme n'offense pas son prochain" = "il s'agit ici de l'offense causée par la parole" ;

-> Rabbi Yo'hanan (au nom de Rabbi Chimon Bar Yo'haï) dit : "L'offense causée à autrui par la parole est plus grave qu'un dommage occasionné dans ses biens". En effet, il est écrit à son sujet [dans le même verset] : "Tu craindras ton D." ;

-> Rabbi El'azar enseigne : "Pour toutes (les fautes), Hachem se fait payer par l'intermédiaire d'un émissaire, à l'exception de l'offense". La Chita Mékoubetset nous explique cette guémara : "Car parfois l'ange (chargé d'appliquer la sentence) se trouve au loin, comme il est enseigné (guémara Béra'hot 4b) : 'Mikhaël en une (enjambée), Gavriel en deux, Eliyahou en quatre', et il ne peut pas voler en une seule fois. En revanche, en ce qui concerne l'offense [à autrui], Hachem se fait payer Lui-même, et le châtiment se hâte d'arriver".

-> Rav 'Hisda enseigne : "toutes les portes (de la prière sont fermées) sauf celles de l'offense", celui qui est blessé et humilié, au point de crier sa souffrance vers le Ciel, voit sa plainte atteindre le trône Céleste.
Selon Rachi : "Celui qui crie parce qu’il a été offensée, la porte ne se ferme pas devant lui"
Rabbénou Bé'hayé explique que du fait que la personne offensée éprouve beaucoup de peine et de désespoir, cette détresse le pousse à se soumettre au Créateur, et sa prière, qui jaillit d’un cœur chagriné, est prononcée avec ferveur et exaucée.

-> Rav Abbaou dit : il existe 3 choses devant lesquelles le rideau (la séparation entre Hachem et l'armée céleste - Rachi) n'est pas fermé : l’offense, le vol et l'idolâtrie.
Rachi explique : "(le rideau de séparation avec Hachem n'est pas fermé) pour faire disparaître les preuves (de leur bien-fondé) devant D., mais Hachem les voit constamment pour se faire payer".

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-> "Ne vous lésez point l’un l’autre" (Béhar 25,17)
Rachi commente : "Ici, on interdit le préjudice par des paroles : qu’il ne blesse pas son prochain".

-> Rabbi Eliézer de Metz (Séfer Yiréïm - 51) écrit : "Tel qu'il existe l'offense par la parole, il existe aussi l'offense par une mauvaise conduite, lorsqu'il montre à autrui un mauvais visage".

-> "Tu ne monteras pas sur mon autel avec des marches afin de ne pas dévoiler ta nudité" (Yitro 20,23)
Rachi commente : "(si tu montes avec des marches) il s'avère que tu te conduits avec dédain ; et un raisonnement a fortiori s'impose : si envers ces pierres, qui n'ont aucune intelligence pour ressentir l'affront qui leur est fait, la Torah a ordonné, parce qu’elles ont une utilité, de ne pas se conduire avec dédain, à plus forte raison
envers ton prochain qui est à l'image de ton Créateur, et qui ressent l'affront".

-> Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 348) écrit :
"Combien nos Sages nous ont-ils mis en garde et incités à ne causer, sous aucun prétexte, de la peine aux créatures, ni à les humilier ... Et il est juste également, de veiller à ne pas insinuer un quelconque dédain (même par des gestes) envers elles.
Car la Torah est très sévère en ce qui concerne l'offense, du fait que celle-ci leur cause beaucoup de peine. Et nombre d'entre elles en seront plus blessées qu'à cause de l'argent, comme ils ont enseigné (guémara Baba Métsia 58b) : "L'offense due à la parole est plus grave que celle due à l'argent, car il est écrit à son sujet : "Tu craindras Hachem ton D."."

A propos de la bénédiction octroyée à ceux qui respectent les lois de la Chemita, la Torah affirme : "La terre donnera ses fruits, dont vous vous nourrirez abondamment, et vous y résiderez en toute quiétude. Mais si vous dites : Que mangerons-nous la septième année, puisque nous ne pouvons ni semer, ni rentrer nos récoltes? Je vous octroierai Ma Bénédiction dans la sixième année, tellement qu’elle produira la récolte de trois années" (Béhar 25,19-21)

=> Pourquoi la bénédiction divine est-elle liée au questionnement des Bné Israël: ‘Que mangerons-nous’?

On peut citer les explications suivantes :
1°/ Le premier verset ("La terre donnera ses fruits, dont vous vous nourrirez abondamment, et vous y résiderez en toute quiétude") promet que quelle que soit la quantité de nourriture disponible, celle-ci suffira grâce à la Bénédiction divine.
Cependant, si votre foi n’est pas assez forte pour vous satisfaire de cette promesse et que vous vous demandez comment une seule récolte pourra suffire si longtemps, Hachem promet d’assurer une bénédiction telle, que vous serez tranquillisés en voyant l’abondance de la récolte. [Sforno]

En revanche, le ‘Hazon Ich [Cheviit 18,4] enseigne : La Torah ne garantit pas que chacun jouira d’une grande prospérité d’une nourriture abondante malgré les restrictions de la Chemita. Elle promet seulement à Israël que, contrairement à la nature apparente des choses, le repos de la terre ne provoquera pas forcément un manque de nourriture ; il y aura une bénédiction générale pour ceux qui observent ces Lois. Cependant, comme c’est toujours le cas, les fautes de certains peuvent annuler la bénédiction et des particuliers souffriront peut-être à cause des actes de leurs prochains.

2°/ Puisqu’ils demandent "Que mangerons-nous?", il sera nécessaire de leur accorder la bénédiction.
Mais s’ils avaient une foi parfaite, et n’avaient pas posé de questions, la bénédiction aurait déjà été présente. [Noam Eliméle'h]

3°/ Que signifie la question : "Que mangerons-nous"? Celui qui donne la vie ne donne-t-il pas la subsistance. Etant donné que toutes les générations ne méritent pas que D. leur fasse des miracles, elles veulent savoir comment leur subsistance leur viendra de façon naturelle. La réponse est que la bénédiction reposera sur la récolte de la 6e année, phénomène qui ressemblera à un "évènement naturel".
Mais l’homme doit savoir qu’en réalité, il n’y a pas de différence entre la nature et le miracle. La nature est le miracle le plus grand et le plus extraordinaire qui soit. Si l’on comprend les choses ainsi, la question "Que mangerons-nous?", n’a pas de raison d’être. Pendant toute l’année, avoir de quoi manger est un miracle.
Pourquoi demander comment et de quelle façon ce miracle se produit? Si les Enfants d’Israël posent cette question, cela signifie qu’ils voient une différence entre la nature et le miracle. Il faudra donc que "Ma Bénédiction" se manifeste sous une apparence naturelle. [Sfat Emet]

A ce sujet, on peut citer un enseignement du rav Elimélé'h Biderman :
Si l’homme est véritablement convaincu que c’est Hachem qui conduit le monde et s’il comprend que rien ne se fait tout seul, il saura aussi qu’il n’y a aucune différence entre la nature et le miracle mais que tout est le fruit de la Parole Divine. Il comprendra alors que même après qu’il laboure et ensemence (les autres années), il est encore nécessaire que Hachem fasse germer la récolte et les fruits de la terre et il se gardera de se glorifier en disant : "Voilà l’oeuvre de mes mains!" [certes on doit faire une hichtadlout nécessaire, mais sans un décret d'Hachem rien n'est possible]
C’est ainsi que le ‘Hatam Sofer explique que la génération du désert à la sortie d’Egypte avait été habituée de tout temps à ce que la récolte et la subsistance poussent du sol. Dès lors, lorsqu’ils virent qu’Hachem accomplissait le verset "Voici que Je vais vous faire descendre le pain du Ciel", ils n’en crurent pas leurs yeux. Avait-on déjà entendu pareille chose? La nourriture qui tombe du Ciel pour tout le peuple d’Israël!
Ce transport de la manne attisa en eux la conscience que le Créateur existe. En revanche, leurs enfants, qui naquirent sur le chemin de la sortie d’Egypte, ne s’étonnèrent nullement de ce phénomène car ils y avaient été habitués depuis leur naissance. A quel moment furent-ils saisis de surprise?
Lorsqu’ils entrèrent en terre d'Israël et qu’ils virent de leurs propres yeux que l’on enfonçait des graines de semence dans le sol et que, des profondeurs de la terre, apparaissait soudain une pousse, qui fleurissait, bourgeonnait et finissait par donner naissance à un fruit. Quel grand miracle!
Mais en réalité, la tombée de la manne ne constitue pas un prodige plus extraordinaire que ce qui pousse de la terre et ce qui pousse de la terre n’est pas plus prodigieux que la tombée de la manne (mais seulement l’étonnement de l’homme est fonction de l’habitude). Le travail de chacun consiste à percevoir le miracle d’Hachem dans chaque détail de son existence et la multitude de Ses bienfaits.
Par ailleurs, en réfléchissant aux événements inhabituels qui surviennent parfois, il prendra conscience que la Royauté Divine s’étend sur le monde entier et qu’Hachem peut modifier à Sa guise les lois naturelles.
Il se rendra ainsi à l’évidence que ‘la nature’ elle aussi est gérée selon une providence prodigieuse jusque dans
ses moindres détails ...
Seule la force de l’habitude empêche l’homme de s’émerveiller lorsqu’il voit le même phénomène chaque jour.
C’est pourquoi le véritable croyant devra s’efforcer en permanence de réfléchir et de voir dans chaque chose les merveilles de la Providence Divine.
[d'une certaine façon la Chemita (tous les 7 ans), fonctionne comme le Shabbath (tous les 7 jours), où l'on arrête tout et où l'on doit prendre du recul sur notre train-train quotidien, et y mettre plus fortement le "je place Hachem en face de moi en permanence" (chiviti Hachem lénegdi tamid).]

4°/ Rabbi Leib ‘Harif disait dans le même sens, quelque peu différemment : Si un juif se décharge de son fardeau sur D., s’il éprouve une confiance parfaite en Lui, sans poser de question, il n’a nul besoin d’une bénédiction d’abondance. Il n’est pas nécessaire que son champ de blé produise une récolte abondante, ce qui lui demandera un gros travail de moissonnage, battage et mouture. Il se suffira de peu, alors "que vous mangerez à satiété" = c'est-à-dire : il mangera peu et ce peu lui suffira.
Lorsque les Bné Israël demandent "Que mangerons-nous?", cela montre qu’ils ne sont pas animés d’une foi très intense. Il leur faut donc que "J’accorderai Ma Bénédiction" soit tangible: que le blé soit abondant dans le champ et que le travail soit abondant lui aussi.
Cependant, lorsqu’ils le mangeront, la bénédiction ne sera pas présente et, de ce fait, ils n’éprouveront pas une sensation de satiété.

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-> "Et si vous dites : Que mangerons-nous la 7e année" (Béhar 25,20)

-> La Torah rapporte que si l'homme s'interroge sur ce qu'il mangera lors de l'année de la Chemita, où tout travail agricole lui est interdit, alors Hachem lui répond : "J'ordonnerai Ma Bénédiction la 6e année et la terre produira alors assez de récolte pour les 3 années suivantes ».
Apparemment, Hachem vient ici rassurer ceux qui doutent sur Sa capacité de les nourrir suite à la Chemita et Il promet de leur envoyer Sa Bénédiction. Seulement, Hachem bénira bien-sûr aussi, et même encore plus, ceux qui ont confiance en Lui et ne se posent pas de question.
=> Pourquoi donc relier cette bénédiction à une interrogation qui semble exprimer un certain doute?

-> En fait, pour le 'Hatam Sofer, cette question n'exprime pas un manque de confiance. Bien-sûr qu'Hachem peut nourrir chacun même sans passer par le travail de la terre. Dans Sa Toute-Puissance, Il peut réaliser un miracle et les nourrir en envoyant même de la Manne ou autre. Seulement, nos Sages disent que l'essentiel de la joie qu'un homme éprouve de ses biens provient de l'effort qu'il a investi pour les obtenir. Un bien obtenu sans effort ne procure pas autant de profit que ceux qu'on a peiné pour acquérir.
De ce fait, même s'il sait avec certitude qu'Hachem peut le nourrir même miraculeusement, l'homme pourrait encore se demander : "Que mangerons-nous la 7e année?". Dans la vision de la Torah, ''manger'' ce n'est pas seulement consommer, mais c'est profiter pleinement de ce que l'on consomme. Et si Hachem réalise un miracle et que l'on vit la 7e année en consommant une nourriture miraculeuse, que l'on n'aura pas obtenue par notre effort, on n'en profitera pas pleinement.
C'est exactement cela le sens de la question : "Et si vous dites : Que mangerons-nous la septième année, mais voici que nous ne sèmerons pas et nous n'engrangerons pas notre récolte". Même si Hachem nous entretient miraculeusement, mais que mangerons-nous, c'est-à-dire qu'en profiterons-nous vraiment? Si on n'a pas semé et investi des efforts pour obtenir cette subsistance et que nous n'engrangerons pas notre récolte, obtenue par nos efforts, quel profit en tirerons-nous?
Et Hachem de répondre qu'Il bénira les fruits de la 6ème année, qui auront eux été obtenus par son effort et ils suffiront pour les 3 années suivantes, de sorte que même pendant la Chemita, on profitera de ses efforts.
Hachem souhaite nous donner un bien parfait, qui nous procurera un profit total. C'est aussi pour cela qu'Il nous a donné toutes les mitsvot a accomplir, pour mériter leurs récompenses et recevoir Ses Bénédictions par nos efforts et non gratuitement. C'est seulement ainsi, que nous pouvons profiter pleinement de Ses Bienfaits.

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b'h, d'autres commentaires sur ce verset :
-> https://todahm.com/2020/03/11/13346-2

-> https://todahm.com/2021/05/23/31747
-> https://todahm.com/2020/05/23/13504-2
-> https://todahm.com/2015/06/23/3325-2

Si ton frère s'appauvrit et qu'il est vendu à un idolâtre (Béhar 25,47)

-> Le terme Eker (עקר) qu'emploie le verset et que l'on a traduit par "idolâtre", signifie plus précisément "l'idolâtrie". C'est que l'esclave d'un idolâtre, devient en même temps esclave de son idolâtrie, car il sera contraint de réaliser des tâches qui serviront à cette idolâtrie. Les commentateurs expliquent que l'idolâtrie est exprimée par le terme "Eker" (עקר) qui signifie littéralement "déraciné", car l'idolâtrie est amenée à être déracinée du monde et à disparaître définitivement.
=> Mais pourquoi définir l'idolâtrie par un terme qui évoque sa disparition finale dans le futur et non par un terme qui la définit en elle-même, le temps de son existence?

-> Le Rabbi de Loubavitch explique qu'en fait, toute la raison pour laquelle Hachem a créé l'idolâtrie, et plus généralement le mal dans son ensemble, c'est pour le déraciner du monde. Hachem a créé le mal pour donner à l'homme la mission de nettoyer le monde et le purifier de cette impureté et ainsi recevoir la récompense de ce travail.
Le mal n'a aucun but en soi, aucune raison d'être intrinsèque. Il n'existe et n'a été créé que pour disparaître, pour que l'homme s'évertue par ses efforts à le déraciner, apportant par là au monde sa réparation.
Ainsi, l'homme ne doit pas chercher à vivre et s'adapter avec le mal en lui donnant une place dans sa vie. Car toute sa place ne se résume que par son annulation, il n'a aucune autre raison d'être. Ce n'est que quand l'homme s'efforce de l'écarter de sa vie et de le supprimer, sans compromis, qu'il l'élève et le répare, car il lui permet ainsi d'atteindre son objectif et la raison pour laquelle il a été créé, qui est justement le fait d'être déraciné.
On comprend donc pourquoi l'idolâtrie est appelé "Eker", car c'est bien là toute son identité.

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"Car les Bné Israël sont pour Moi des serviteurs" (Béhar 25,55)

-> Ce verset conclue le thème de l'esclave Hébreu. La Torah reproche à un juif de s'être vendu en esclave, même s'il se vend à un juif, "car les Bné Israël sont Mes serviteurs", et comme l'expliquent nos Sages
"et ils ne sont pas les serviteurs de Mes serviteurs", c'est-à-dire d'un autre homme.
Il en ressort qu'un juif qui devient serviteur d'un autre homme, ne peut plus être considéré comme serviteur d'Hachem, mais il n'est que serviteur du serviteur. Pourtant, l'esclave Hébreu est soumis à l'accomplissement des 613 Mitsvot, il peut parallèlement à sa servitude être un très bon juif, accomplissant toutes les lois de la Thora dans les moindres détails.
=> Pourquoi ne peut-il pas être un parfait serviteur d'Hachem, malgré sa servitude?

-> On apprend de là, constate le Saba de Kelem, que pour être un serviteur d'Hachem, il ne suffit pas d'accomplir toute la Thora dans sa totalité. Un serviteur, c'est celui qui n'est assujetti qu'à la volonté de son maître, rien ne compte et n'a d'existence pour lui, si ce n'est la volonté de son Maître, exclusivement.
Or, l'esclave Hébreu, même s'il accomplit toute la Torah et se conforme à la Volonté d'Hachem dans tous les détails, mais il doit parallèlement à cela, se soumettre également à la volonté de l'homme dont il est esclave. Sa volonté également compte et a de l'importance pour lui, il se doit de la remplir.
Certes, il peut être un très bon juif, mais pas un serviteur d'Hachem. Car pour en être un, l'homme ne doit avoir aucun autre centre d'intérêts, aucune autre priorité ou autre chose qui n'a d'existence pour lui, si ce n'est la Volonté Divine.

"Et pourtant, même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, Je ne les aurai pas dédaignés" (Béhar 26,44)

-> Rabbi Elazar a interprété ainsi l’expression : "Et pourtant, même alors" :
Israël est le plus heureux des peuples!
En effet, même s’ils ont irrité leur Créateur, D. ne délaisse pas les juifs. Où qu’ils aillent en exil, Il les accompagne.
Tel est le sens du verset : "Et pourtant, même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, Je ne les aurai pas dédaignés".

Rabbi Abba a déclaré : Vois combien est grand l’amour de D. pour les juifs. Bien qu’Il ait été contraint de les disperser parmi les nations, la présence Divine ne s’est jamais éloignée d’eux et ne les quittera jamais.
On ne peut pas dire qu’ils sont seuls en exil, car "même Elle" les accompagne.
[Zohar - Haazinou 297b]

"La terre aura une année de repos" (Béhar 25,4)

-> Le 'Hatam Sofer (Séfer haZikaron - discours veille de Kippour), enseigne que le mot chemita (שמיטה) a une valeur numérique de 364, pour nous enseigner que celui qui pratique la chemita a pendant toute l’année un statut de Yom Kippour, qui s’appelle chabbaton.
En effet, nos Sages (guémara Yoma 20a) disent que pendant 364 jours de l’année le Satan a la permission d’accuser, alors qu’à Yom Kippour il n’a pas cette permission.
=> Par conséquent cet homme qui observe la 7e année est à un niveau très élevé, car le Satan n’a pas le droit de l’accuser pendant toute l’année.
L’année entière constitue pour lui une sorte de Yom Kippour qui s’appelle chabbaton.

+ Qu'est-ce qui est si spécial à propos de ceux qui accomplissent la mitsva de la Chemita? Hachem n'a-t-il pas promis qu'Il augmentera Ses bénédictions pendant la 6e année au point où ils auront suffisamment de nourriture jusqu'à la fin de la Chemita.

Cependant, cela nous montre la pleine mesure et pouvoir du yétser ara dans sa bataille contre l'homme et pour pervertir ses pensées ...

Même si un homme possède 3 années de récolte (la 6e année, l'année de la chemita, et l'année suivante où l'on plante avec de récolter), qu'il a conscience de l'énorme miracle de cette bénédiction [Divine], il va quand même regarder son champ qui est en jachère et [se focaliser à] penser combien il est en train de perdre [à cause de la Chemita].

[Rabbi Aharon Kotler - Michnat Rabbi Aharon - Béhar]

=> D'une manière générale, quelques soient les bénédictions dont Hachem nous comble, en tant qu'être humain nous trouverons toujours à nous plaindre, sans apprécier ces bontés énormes.