Les bénéfices causés à l’homme par l’étude de la Torah

+ Les bénéfices causés à l'homme par l'étude de la Torah :

-> Le Gaon de Vilna (Chénot Eliyahou sur Péa 1,1) écrit : "Il faut apprécier considérablement l'étude de la Torah, parce que chaque mot est une mitsva. Ainsi, celui qui étudie une page de guémara a accompli plusieurs centaines de mitsvot".

-> Le 'Hafets 'Haïm ajoute que chaque mot d'étude de Torah créé un ange qui présentera des arguments en sa faveur.

-> Le Talmud de Jérusalem (Péa 4a) rapporte au sujet de rabbi Bérakhia et de rabbi 'Hiya de Kfat Dé'houmin : l'un disait : "Le monde entier ne vaut pas une parole de Torah".
Cela signifie que si on propose à un homme, soit toutes les richesses du monde et les fonctions importantes, soit l'étude d'une parole de Torah, celui lui vaut la peine de choisir l'étude de la Torah, parce que la récompense qu'il recevra dans le monde futur est plus importante que tous les plaisirs de ce monde.
Un homme d'un niveau plus élevé se rendra compte, à une échelle supérieure, que l'accomplissement de la volonté divine et l'attachement à Hachem réalisés par une parole de Torah valent bien plus que tous les plaisirs de ce monde.
Cette citation du Talmud de Jérusalem fait référence à une parole de Torah, il est évident que cela s'applique de façon bien plus intense lors d'une session d'étude, car on apprend à chaque fois de nombreux enseignements.

-> Le rav Yaakov Adès enseigne : ces éléments doivent nous inciter à étudier : en effet, lorsqu'un homme réfléchit à son avenir, il décidera plus facilement de s'adonner à l'étude de la Torah s'il en connaît les bénéfices.
D'autre part, un homme qui ne peut pas se consacrer entièrement à l'étude, mais qui a un moment de libre, sera incité à étudier s'il est conscient qu'en peu de temps, il accomplit une multitude de mitsvot de grande importance.

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-> Le 'Hafets 'Haïm (Chem Olam - chap.9) écrit : "L'étude est une mitsva positive de la Torah, comme il est dit : 'Vous les apprendrez et vous les garderez pour les accomplir'.
L'homme a été essentiellement créé pour étudier la Torah, selon l'affirmation de la guémara (Sanhédrin 99) : L'homme a été créé pour œuvrer, il s'agit de l'étude de la Torah, comme il est dit : 'Ce livre de la Torah ne se retirera pas de ta bouche'."

-> Le rav Yaakov Adès enseigne :
Tout juif désire combler son Créateur de satisfaction. Ainsi, plus on sera conscient que l'étude de la Torah est le but essentiel de la création, plus on sera incité à étudier.

Celui qui désire s'attacher à Hachem et qui est conscient que l'étude de la Torah est le but essentiel de la création, comprendra que c'est l'étude qui permet l'attachement à Hachem le plus intense et qui engendre la plus grande récompense.

Il est évident que lorsqu'on affirme que l'étude est le but essentiel de la création, il s'agit d'étudier et de mettre en pratique ce qu'on a étudié.
En effet, on rapporte au nom du 'Hazon Ich que le but essentiel de l'homme dans ce monde est de vivre en toute sainteté, et que le moyen d'y parvenir est d'étudier.
De plus, l'homme doit être conscient que même s'il traverse une période de faiblesse spirituelle, il ne doit pas négliger l'étude de la Torah : au contraire, il doit étudier de toutes ses forces et cela l'aidera à s'attacher à nouveau à Hachem.

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-> Le Zohar (dans son introduction rapportée par le Néfech ha'Haïm - 4e partie chap.15) écrit : "C'est une mitsva de fournir des efforts quotidiens dans l'étude de la Torah. Lorsque l'homme étudie, son âme se perfectionne au point de devenir une autre âme plus pure, et il devient comparable à un ange sacré".

Le rav Yaakov Adès explique :
Tout celui qui comprend cette notion devrait déborder d'enthousiasme pour étudier la Torah de toutes ses forces, puisque tout juif désire s'élever, se rapprocher d'Hachem, devenir plus spirituel, transformer son essence en une essence plus pure, et que s'il connaissait la voie pour y parvenir, il serait prêt à s'y investir de toutes ses forces.
La voie est toute tracée devant nous, puisque l'étude de la Torah purifie l'âme et lui permet de s'élever de plus en plus et de s'attacher à Hachem.

Cependant, certaines personnes ont du mal à renforcer leur enthousiasme pour étudier parce que la transformation opérée par l'étude n'est pas apparente.

L'homme doit donc s'habituer à comprendre que la valeur spirituelle n'est pas ce qui apparaît à l'œil nu.
En effet, le 'Hazon Ich (Emouna ouBita'hon) écrit qu'il arrive qu'un homme ait pratiquement atteint le niveau des anges, sans qu'on puisse discerner de différence entre lui et son entourage.
Le véritable niveau ne peut être jaugé que dans l'intériorité.
Tous les commentateurs affirment que les prophètes se trouvaient à un niveau indescriptible ; néanmoins, on trouve dans le livre Méla'him que la Chounamit a remarqué que le prophète Elicha était un homme saint parce qu'une mouche ne s'était jamais approchée de sa table, ce qui prouve qu'en dehors de ce signe révélateur, le niveau spirituel exceptionnel du prophète était totalement dissimulé.

Cela ne signifie pas qu'il faut cacher ses actes afin de dissimuler absolument son niveau élevé. Bien que la discrétion soit une attitude positive, le livre 'Hovot haLévavot précise qu'une telle conduite peut être néfaste : par exemple, si un homme prie moins longtemps qu'il ne le désire afin de ne pas se faire remarquer, il peut en venir à baisser de niveau.
Lorsque nous affirmons que le niveau spirituel n'est pas toujours apparent, c'est pour qu'on ne se dise pas : "Il ne sert à rien de continuer à progresser, puisque je ne remarque aucune différence".
Il est possible de s'élever bien au-delà de son niveau antérieur, sans que cela se remarque extérieurement.

Cependant, il arrive souvent que l'homme ait du mal à se consacrer à l'étude de la Torah, parce que non seulement personne ne remarque sa progression, mais qu'en plus, il ne ressent en lui-même aucune transformation majeure.

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-> Le 'Hafet 'Haïm écrit : une peau d'animal à l'état brut n'a aucune sainteté. Par contre, si on la tanne dans l'intention d'y écrire un Séfer Torah et qu'on y inscrit les paroles des la Torah, elle acquiert une sainteté extraordinaire.
Il est donc évident que celui qui étudie la Torah fait acquérir à son cerveau et à toute sa personne un niveau de sainteté extraordinaire.
En effet, pour un Séfer Torah, les paroles de Torah sont uniquement inscrites sur le parchemin, tandis que la Torah pénètre à l'intérieur du cerveau humain.
Ainsi, la différence entre un homme avant qu'il n'étudie et après son étude est comparable à celle qui existe entre un morceau de peau et un Séfer Torah.

Il est vrai que tout juif est doté d'un certain niveau de sainteté par le simple fait d'être juif, même sans qu'il étudie la Torah. Néanmoins, la différence entre son niveau de sainteté avant qu'il n'étudie et après son étude est aussi grande que celle qui existe entre un morceau de peau et un Séfer Torah.

De plus, même un homme qui a déjà étudié la Torah peut atteindre un niveau supérieur de sainteté considérablement supérieur s'il poursuit ses efforts.

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-> Rabbi 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm - 4e partie chap.18) écrit :
"Celui qui se soumet au joug de la sainte Torah de façon désintéressée s'élève au-dessus de toute contingence matérielle, et Hachem lui accorde une Providence divine surnaturelle.
Puisqu'il s'attache à la Torah et à Hachem, qu'il se sanctifie par la sainteté suprême de la Torah qui est plus élevée que tous les mondes et qui fait vivre et exister toutes les forces naturelles, cet homme fait tout exister et se trouve au-delà de tout, c'est pourquoi Hachem agit avec lui de façon surnaturelle".

-> Le rav Yaakov Adès explique :
Cela signifie que celui qui étudie la Torah de façon désintéressée jouit d'une aide divine surnaturelle.
Cela n'est pas toujours visible parce qu'Hachem accomplit parfois des miracles qui ont l'air naturel.
[Il semble de ces paroles du Néfech ha'Haïm que cette aide divine surnaturelle ne concerne pas seulement le succès dans l'étude, mais également d'autres domaines]

Le fait que cette aide divine surnaturelle soit accordée uniquement à ceux qui étudient la Torah de façon désintéressée ne doit pas décourager l'homme : lorsqu'on parle d'étude désintéressée, il ne s'agit pas d'un attachement suprême et d'un niveau particulièrement élevé difficile à atteindre ; il s'agit simplement d'étudier afin de comprendre la Torah et pas par intérêt personnel, comme la poursuite d'honneurs.

Cependant, il est évident que lorsque l'homme étudie dans l'intention de combler son Créateur de satisfaction et que son étude provient d'un sentiment d'attachement à Hachem, il se trouvera à un niveau bien plus élevé et même son étude se situera à un niveau supérieur.
En effet, bien que le Néfech ha'Haïm ait écrit que s'attacher à la Torah revient à s'attacher à Hachem puisque la Torah représente la parole divine, il en existe de nombreux niveaux.
Le Néfech ha'Haïm y fait lui -même allusion lorsqu'il explique en détail les diverses catégories d'attachement à Hachem : il affirme que celui qui craint Hachem doit essayer d'atteindre le niveau le plus élevé lorsqu'il prie, ou au moins à certains moments de la prière, et ajoute qu'il faut également s'y efforcer lorsqu'on étudie la Torah.
Néanmoins, en ce qui concerne le mérite de l'étude désintéressée, comme une aide divine surnaturelle, le Néfech ha'Haïm précise explicitement qu'il n'est pas nécessaire d'atteindre un niveau particulièrement élevé pour la mériter et qu'il suffit d'étudier dans l'unique intention de comprendre la Torah, sans intérêt personnel.

Si, en plus du niveau de désintéressement le plus simple, quelqu'un étudie avec des intentions pures, par exemple : l'intention de combler son Créateur de satisfaction, d'augmenter le nombre de mérites d'Israël, de contribuer à la délivrance du peuple d'Israël, d'apprendre afin de pouvoir transmettre ou de savoir comment accomplir les mitsvot, il est évident que le niveau de son étude en sera rehaussé.

Comment éviter le découragement dans l’étude de la Torah?

+ Comment éviter le découragement dans l'étude de la Torah?

-> Le rav Yaakov Adès enseigne :
De nombreuses personnes ne se consacrent pas à la Torah, car elles s'en considèrent incapables, ou elles considèrent que n'ayant pas de long moments à y consacrer cela ne sert à rien d'étudier pour une brève période.

Cette approche est fondamentalement fausse pour plusieurs raisons ;
- 1ere raison :
Il est écrit dans la guémara (Sanhédrin 99) que lorsque l'homme fournit des effort d'un côté, la Torah lui vient en aide d'un autre côté ; Rachi explique que la Torah se rend chez Hachem et Lui demande de révéler à l'homme des interprétations supplémentaires de Torah.
Lorsque la Torah prend ainsi le parti de l'homme, celui-ci réussit dans son étude de façon miraculeuse, puisque s'il s'agissait d'un succès naturel, la Torah n'aurait pas besoin d'implorer Hachem.
[il semble d'ailleurs que la Torah demande à Hachem d'améliorer non seulement sa compréhension de la Torah, mais également sa capacité d'assiduité, parce ces 2 facettes dépendent de l'unification de la luminosité de la Torah avec celle de l'âme humaine.]

=> Ainsi, celui qui se décourage en pensant qu'il n'a pas les capacités de réussir fait erreur dans son raisonnement : il évalue ses chances de succès en fonction de ses facultés naturelles, alors que s'il se consacre à l'étude de la Torah, il réussira de façon miraculeuse. Il est donc impossible d'évaluer ses chances de réussite.

- 2e raison :
L'homme n'évalue pas correctement ses chances de succès. En effet, la Zohar, le Arizal et le Néfech ha'Haïm affirment qu'il existe plusieurs catégories d'âmes de différents niveaux. Une âme au niveau élevé donne à l'homme une profonde aspiration à étudier la Torah et lui permet de réussir dans son étude.
Il arrive parfois que cette étude fasse mériter à l'homme une part d'âme supplémentaire qui opérera une métamorphose totale de son niveau spirituel.
Ainsi, il est impossible d'évaluer ses chances de succès, car l'homme tient compte de l'âme dont il est doté à présent, alors qu'il est possible qu'il bénéficiera d'une part d'âme supplémentaire qui rehaussera considérablement son niveau.

De plus, le rav 'Haïm Vittal explique au nom du Arizal que l'oubli entraîne un découragement dans l'étude de la Torah ; cependant, il est faux d'y prêter attention parce qu'à l'époque du machia'h, l'homme se souviendra de tout ce qu'il a étudié.
Il ne faut donc pas se laisser décourager par l'oubli pour 2 raisons :
1°/ parce qu'à l'époque du machia'h, on se souviendra de tout ce qu'on a étudié ;
2°/ parce que le fait de se souvenir de son étude à l'époque du machia'h n'est pas simplement une récompense pour ses efforts. En effet, à chaque fois que l'homme approfondit un thème de Torah, la luminosité de cette étude se lie pour toujours avec celle de son âme.
Cette union aurait dû lui permettre de s'en souvenir éternellement ; néanmoins il existe des formes de séparation qui recouvrent la luminosité et empêchent l'homme de se souvenir, cependant elles disparaissent dans le monde futur.
Ainsi, même si on ne se souvient pas de ce qu'on a étudié, on en retire un grand bénéfice parce que les lumières spirituelles qui se sont unies à son âme la réhaussent considérablement ...

Il est écrit dans les Pirké Avot : "Tout celui qui étudie la Torah dans la pauvreté finira par l'étudier dans la richesse".
Le Maharil Diskin explique que cette affirmation ne fait pas seulement référence à la pauvreté matérielle, mais également à un manque de facultés : celui qui s'efforce d'étudier la Torah malgré de faibles capacités connaîtra un enrichissement de ses aptitudes.
[ainsi quelques soient nos capacités (grandes ou petites), si on fait preuve d'assiduité dans la Torah, alors elle seront comme pauvres par rapport à ce qu'on aura au final! ]

Le monde ne peut continuer à exister que grâce à la Torah

+ Le monde ne peut continuer à exister que grâce à la Torah :

-> La guémara (Shabbath 88a) rapporte qu'Hachem a établi des conditions au monde et lui a dit : "Si Israël reçoit la Torah, tu continues d'exister ; et sinon tu reviendras à l'état de tohu-bohu".

-> Rabbi 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm - 4e partie, chap.11) explique qu'à part les 5 Livres de la Torah que nous possédons dans ce monde, la Torah représente aussi une essence spirituelle extrêmement sacrée dans les mondes supérieurs.
Depuis la Création jusqu'au Don de la Torah, notre monde et tous les autres mondes existaient grâce à cette essence spirituelle des mondes supérieures ; Hachem accordait au monde tous ses biens par l'intermédiaire de la Torah.

Cependant, depuis le Don de la Torah, les lumières de la Torah qui se trouvent dans les mondes supérieurs ne suffisent plus ; il faut également qu'Israël étudie la Torah, et grâce à l'étude dans ce monde, les lumières supérieures s'intensifient et permettent de maintenir les mondes supérieurs.

Rabbi 'Haïm de Volozhin précise aussi que si personne n'étudiait la Torah dans le monde, ne serait-ce qu'un seul instant, tous les mondes seraient détruits.

Bien qu'Hachem ait formé le monde de façon à ce qu'il y ait constamment des gens qui étudient la Torah et que les mondes ne soient pas détruits, l'abondance de flux divin dépend de la quantité d'étude.
Si nous nous efforçons d'étudier, nous attirons dans tous les mondes une quantité supplémentaires de sainteté, de bénédiction et de lumière.

Le Néfech ha'Haïm rapporte les paroles suivantes de nos Sages : "Les Sages de la Torah sont les piliers du monde, comme il est dit : 'Sans Mon alliance jour et nuit, Je n'aurais pas établi le ciel et la terre'."
"La sagesse bâtit Sa maison : Hachem dit : 'Si l'homme est méritant et étudie la Torah, c'est comme s'il maintenait le monde entier'."
"Hachem dit à Israël : 'Mes fils, étudiez la Torah jour et nuit, et Je considèrerai que vous avez maintenu le monde entier'."
Le Néfech ha'Haïm rapporte encore plusieurs citations des Sages qui illustrent la relation entre l'existence du monde et l'étude de la Torah par le peuple d'Israël.

=> L'homme doit bien comprendre ces notions et les répéter plusieurs fois, car cela l'incitera à apprécier chaque instant d'étude et à comprendre que l'étude vaut bien plus que toutes les occupations les plus importantes de ce monde.
N'est-il pas écrit au sujet de la Torah : "Elle est plus chère que les perles, et tous les objets sont incomparables à elle"?
[d'après le rav Yaakov Adès]

Etudier la Torah = faire du bien à son prochain

+ Etudier la Torah = faire du bien à son prochain :

-> Le rav Yaakov Adès enseigne :
Il est écrit dans le Zohar et les ouvrages de Kabbala qu'en plus du monde que nous connaissons, Hachem a créé une infinité d'autres mondes et de forces spirituelles supérieures.
Lorsqu'Israël accomplit les mitsvot, ces mondes se construisent et se perfectionnent, et tout le peuple d'Israël bénéficie d'un flux spirituel et matériel.
L'inverse se produit en cas de négligence dans l'étude de la Torah ou l'accomplissement des mitsvot.

L'existence des mondes supérieurs et leur dépendance avec notre monde est l'un des principes fondamentaux de la Kabbala.
De plus cette dépendance s'exerce dans les 2 sens : les actes accomplis par les juifs déterminent le niveau des mondes supérieurs, et le niveau de notre monde dépend de ces mondes supérieurs.

Rabbi 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm - 1ere partie, chap.4) explique que c'est cette double interaction qui a provoqué la destruction du Temple : les péchés du peuple juif ayant engendré la destruction du Temple des mondes spirituels supérieurs, des non-juifs ont pu s'emparer du Temple de notre monde et le détruire.

L'exil du peuple juif et la conquête de la Terre d'Israël par les non-juifs se sont produits de la même façon : les péchés du peuple d'Israël ayant altéré les concepts spirituels correspondant à la sainteté de la Terre d'Israël, cette même détérioration s'est produite en Terre d'Israël et elle a été envahie par les non-juifs.

Rabbi 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm - 1ere partie, chap.4) ajoute qu'il ne faut pas se dire : "Qui suis-je, pour que mes actes aient une influence quelconque dans le monde?"
Au contraire, il faut prendre conscience que tous les détails de nos actions, de nos paroles et de nos pensées exercent une influence dans les mondes et contribuent au perfectionnement des lumières supérieures.
Ainsi, puisque chaque mitsva exerce une profonde influence dans tous les mondes, l'homme doit s'efforcer d'étudier la Torah et d'accomplir des mitsvot au maximum.

Rabbi 'Haïm de Volozhin écrit également qu'à l'inverse, celui qui prend conscience de l'influence de ses actes craindra d'accomplir des fautes (avérot), car il se rendra compte de leur influence néfaste.

On peut comparer ce concept à un homme installé dans une tour de contrôle de missiles : si, lorsqu'il appuie sur un bouton, il envoie un missile qui touche l'armée ennemie, il aura sauvé tout son pays ; mais s'il se trompe de bouton et envoie un missile dans son pays, il aura tué ses propres soldats.
Lorsqu'on vient le féliciter ou le réprimander pour son action, il pourrait répondre : "Je n'ai fait qu'appuyer sur un bouton!"
Il fait erreur, parce qu'il ne s'agit pas d'un simple bouton : tout est mis en place pour qu'un simple geste, une action élémentaire (une pression sur un bouton) engendre des mécanismes aux conséquences importantes.

=> On en déduit que lorsqu'un juif étudie la Torah, il vient en aide à tout le peuple juif, parce qu'il perfectionne les mondes supérieurs et que cela fera jaillir un flux de bénédiction et de succès.
Souvent, lorsqu'un homme achève une session d'étude, il a l'impression de ne pas avoir assez étudié. Néanmoins, il ne peut pas savoir quels bienfaits il a prodigué au peuple juif par cette heure d'étude ; il se peut que des juifs aient été sauvés de la mort ou que des malades aient été guéris par son mérite.
Chaque mitsva peut avoir des conséquences positives d'une telle ampleur ; cependant, les effets de l'étude sont supérieurs, comme il est écrit dans la michna Péa : "L'étude de la Torah vaut plus que toutes les mitsvot".
De plus, même le fait de s'abstenir de commettre des fautes engendre un bénéfice en faveur de tout Israël.

Tout juif ressent la souffrance d'autrui et désire lui venir en aide, comme il est écrit (guémara Yébamot) : "La pitié et la bienfaisance font partie des qualités du peuple d'Israël".
C'est pourquoi, lorsque l'homme hésite entre l'étude de la Torah et une autre occupation, même s'il ne parvient pas à décider d'étudier de façon désintéressée, il peut essayer de se convaincre d'étudier par son désir de venir en aide à ceux qui souffrent, puisqu'il est certain que son étude aura un effet positif.
Même si l'on ne connaît pas les bénéficiaires de son étude ni le domaine dans lequel on a contribué, il est évident que les paroles de nos Sages sont exactes et que tout le peuple juif bénéficie de chaque session d'étude.

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-> Le rav Yaakov Adès enseigne également :
Au moment du Don de la Torah, chaque juif a ressenti tellement concrètement que toute l'existence provient uniquement d'Hachem qu'il est impossible de nier ...
Le summum du sentiment de proximité avec Hachem a été éprouvé par tout le peuple juif lors du Don de la Torah.
Rabbi 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm - 1ere partie, chap.14) explique qu'à chaque fois que l'homme étudie, les paroles de la Torah se réjouissent autant qu'au moment où elles ont été données sur le mont Sinaï.
C'est ce qui est écrit dans le Zohar : "Lorsqu'un homme fournit des efforts dans l'étude de la Torah, c'est comme s'il se trouvait sur le mont Sinaï."
[on peut d'ailleurs noter qu'il est écrit : "fournit des efforts", ce qui fait même référence à quelqu'un qui ne parvient pas à étudier aussi bien qu'il le désire]
De même que lors du Don de la Torah, les Bné Israël se sont attachés à la parole divine, tout homme qui étudie s'y attache à la parole divine, tout homme qui étudie s'y attache également, puisque toute la Torah qui puisse être étudiée par tous les temps est issue de ce qu'Hachem a transmis à Moché au Sinaï.
Chaque mot que l'homme étudie allume une flamme de la Bouche divine [il ne s'agit pas d'un feu véritable, mais d'une entité spirituelle de sainteté, tout comme la "Bouche divine" est une parabole], et c'est comme s'il avait reçu la Torah à ce moment-là au mont Sinaï.
Un flux de sainteté et de bénédiction émane alors d'Hachem sur tous les mondes, la terre en est illuminée et Il accorde des bénédictions au monde.

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-> A ce sujet, le rav Yaakov Adès écrit aussi :
A chaque fois qu'un juif étudie la Torah ou accomplit une mitsva, il engendre un bénéfice à tout le peuple juif. En effet, son étude et ses mitsvot occasionnent un perfectionnement des mondes supérieurs qui causent un flux de bonté et de bénédiction spirituelle et matérielle à tout le peuple juif.
En particulier lorsqu'un homme éprouve des difficultés à étudier et qu'il s'efforce de continuer parce qu'il a pitié de ses frères et qu'il désire leur venir en aide par son étude, il est certain qu'il accomplit une mitsva de grande importance envers ses prochains.

"Hachem, la Torah et le peuple juif forment une seule entité"
[Zohar]

=> Comment est-il possible qu'Hachem, qui n'a pas de corps, qui emplit et fait fonctionner tous les mondes, est lié à la Torah et aux membres du peuple juif, au point de former une même entité?

-> Le rav Yaakov Adès explique :
Il faut d'abord comprendre que l'homme est composé d'un corps et d'une âme ; chacun sent son corps, mais comment définir l'âme?
Chacun conçoit qu'une âme existe en lui, puisqu'il comprend de façon évidente la différence entre un homme mort et un homme vivant ; cependant, quelle est son essence?
Prenons l'exemple des rayons du soleil : puisqu'ils ne sont qu'une prolongation du soleil, si on place une planche dans leur trajectoire, on ne pourra plus les voir au-delà de cette planche.
A une échelle bien plus grande, l'âme du juif est une prolongation d'Hachem. Bien qu'en réalité, tout ce qui se trouve dans le monde est une prolongation d'Hachem, cela est ressenti plus directement et plus intensément pour l'âme.

Revenons à la comparaison entre Hachem et le peuple juif : les âmes juives représentent un flux d'illumination spirituelle d'origine divine. C'est ce qui est écrit dans le Zohar : "Hachem et le peuple d'Israël forment une seule entité = Hachem est l'origine de ce flux et Israël en est le bénéficiaire.

Pour comprendre ensuite l'union de la Torah à Hachem et à Israël (les juifs), il faut interpréter le verset : "l'âme qui œuvre, œuvre pour elle-même" (Michlé 16,26) : la guémara (Sanhédrin 99) explique le double emploi du terme "œuvre" : l'homme œuvre dans un endroit, et la Torah œuvre en sa faveur dans un autre endroit.
Rachi explique que lorsque l'homme fournit des efforts dans son étude, la Torah demande à Hachem de l'aider à comprendre de façon encore plus profonde.
Le concept de "Torah" ne fait donc pas seulement référence au Rouleau de la Torah que nous possédons dans ce monde ; il s'agit d'une essence spirituelle de Torah dans les mondes supérieurs (comparable à l'essence spirituelle des anges) qui peut communiquer avec Hachem.

Nous pouvons comprendre à présent le lien entre la Torah, Hachem et Israël : Hachem a fait que le flux spirituel qui provient de Lui et qui forme les âmes du peuple d'Israël soit transmis par l'essence spirituelle de la Torah.

Il reste encore une notion à préciser : le désir intérieur le plus puissant de l'homme est de se rattacher à son origine et de jouir d'une plus grande quantité d'abondance divine.
Pour y parvenir, il faut fournir des efforts supplémentaires dans l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot (pratiquer les mitsvot, veiller à éviter tout péché envers Hachem et envers son prochain, prier, ...) ; un flux divin s'éveille alors et se déverse sur lui à travers la lumière de la Torah.

=> Une prise de conscience de tous ces éléments suscitera un désir intense d'étudier la Torah et d'accomplir la volonté divine ; en effet, l'homme comprend alors que cela permet à son âme de se rattacher à son origine, ce qui représente son aspiration la plus grande, bien plus forte que tous les désirs matériels.
En effet, l'âme étant d'origine divine, elle n'éprouve de véritable plaisir qu'à la lumière d'Hachem (comme le rapporte le Ram'hal - dans Messilat Yécharim).

"Plus l'aimant est puissant, plus sa force d'attraction va loin.
Plus la force de la Torah sera puissante à la yéchiva, plus il sera possible d'attirer le peuple d'Israël et de le sauver, même s'il est très loin."
[rabbi 'Haïm de Volozhin]

[à chacune de nos actions, nous avons la possibilité d'attirer davantage nos frères juifs vers Hachem et donc d'amener des bénédictions sur terre, ou bien de les en éloigner et de déverser des malédictions, que D. nous en préserve.]

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-> Rabbi Israël de Salant s'introduit un jour dans l'enceinte de la yéchiva en pleurs. Les étudiants tremblaient en entendant ses cris et ses pleurs, ils supposaient qu'un des élèves avait trouvé la mort.
- Ses élèves lui demandait sans cesse : "Rabbi, que s'est-il passé?"
- Il finit par leur répondre : "J'ai entendu que des juifs à Paris se sont mis à ouvrir leurs magasins le Shabbath!"
- "A Paris? En quoi cela nous concerne-t-il? Quel rapport entre Salent et Paris, éloignées de plusieurs milliers de kilomètres?"
- Rabbi Salanter se calma et répondit : "Si on commence à ouvrir des magasins le Shabbath à Paris, c'est le signe que quelque chose ne va pas dans la yéchiva, nous avons l'obligation de nous corriger!"
[rapporté par rabbi Nissim Yaguen]

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-> Rabbi Nissim Yaguen enseigne :
Ce qui me stimule à consacrer tout mon temps, toute ma vie, c'est la merveilleuse cause de rapprocher des juifs de leur Père qui est aux Cieux.

Il est écrit : "Les enfants d'Israël montèrent armés ('hamouchim) du pays d'Egypte" (Béchala'h 13,18)
Rachi commente : "['Hamouchim (armés) peut être compris comme étant un dérivé de 'hamicha (cinq)].
Seulement 20% (1/5e) des Bné Israël sortirent d'Egypte.
80% n'étaient pas aptes à en sortir et moururent durant les 3 jours de la plaie de l'obscurité.

Le saint Zohar dit qu'il en sera de même à l'époque qui précédera l'avènement du machia'h. Il y aura 15 jours d'obscurité durant lesquels périra la majorité du peuple d'Israël, ceux qui n'auront pas eu le mérite de faire téchouva seulement un cinquième survivra (que 20%!).

Alors qu'un peu de don de soi et de dévouement envers les autres aurait pu les sauver, et que nous n'avons rien fait!
Ensemble par nos actes, nous déterminons le sort du peuple juif.

[nous devons tous être persuadés que le machia'h peut arriver à chaque instant. Dans ce cas qui peut dire si l'on va faire partie de ces 20%?
Mais surtout comment pouvons-nous accepter que seulement 20% du peuple juif va survivre. Nous devons prier de tout notre cœur pour que tous les juifs soient le plus méritants possibles lors de la venue du machia'h, très bientôt.
Nous devons agir selon la volonté de D., afin d'acquérir un maximum de mérites, pour permettre au plus de juifs de survivre à la venue du machia'h, et surtout qu'on soit tous le plus méritants possibles dans l'éternité du monde à venir, ce qui fera un grand kidouch Hachem.
Nos Sages expliquent que si le machia'h ne vient toujours pas c'est parce qu'au Ciel les ancêtres prient pour que leurs descendants fassent téchouva avant la venue du machia'h (où cela ne sera plus possible). Nous devons faire identiquement pour nous même et pour tous les juifs.
Nous sommes dans le sprint final avant la guéoula, et nous devons donc exploiter toutes nos capacités/potentialités. Nous ne pouvons pas se satisfaire du fait que l'intégralité des juifs n'accueilleront pas avec joie et éclat le machia'h, et vivront alors pour l'éternité au plus proche de papa Hachem.
Chacune de mes actions est donc un ajout sur le compte commun du peuple juif pour que notre guéoula soit la plus sublime possible! (b'h!) ]

Celui qui prétend que la Torah est un livre d'histoires, que son souffle cesse et qu'il n'ait aucun droit d'exister, car elle est pour nous une Torah de vie éternelle, l'unique porte d'entrée pour la vie au monde futur.
[Zohar]

Torah & nécessité de faire des efforts pour l’acquérir

+ Torah & nécessité de faire des efforts pour l'acquérir (par rabbi Nissim Yaguen) :

-> L'objectif de chaque mitsva est de sanctifier l'individu, l'affiner, le préparer à être un ustensile pour recevoir le but de la création : se délecter d'Hachem.
Dans le texte de la bénédiction des mitsvot nos Sages ont instauré : "qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot" (acher kidéchanou bémitsvotav), parce que l'objectif est de sanctifier et d'affiner l'homme.

En vérité, un juif qui étudie la Torah et applique les mitsvot convenablement, cela se reconnaît sur lui. Il se dévoile en lui des traits délicats de noblesse ...

La Torah affine à ce point ceux qui l'étudient qu'elle transforme même leur apparence extérieure, comme ont dit nos Sages (guémara 'Haguiga 12b) : "Celui qui s'affaire de la Torah la nuit, Hachem tire sur lui un fil de grâce le jour".
[...]

Un juif qui s'investit et se donne de la peine pour étudier la Torah, on ne l'appelle pas "un étudiant en Torah", mais sa vraie dénomination est un "fils de la Torah (ben Torah)". Pourquoi cela?

J'ai eu une belle idée. Chaque fils reçoit quelques traits de son père, de sa nature et de ses traits de caractère, et ainsi un homme qui étudie la Torah, il ne lui suffit pas d'avoir des connaissances en Torah (on le nommerait un "connaisseur en Torah") mais il doit être un "fils de la Torah" (ben Torah), un homme dont toute l'essence provient de la Torah, elle désigne toute sa personnalité.

Si on ne voit pas sur un individu la nature, les mesures, la sainteté, la noblesse et la finesse de la Torah, il n'est pas un ben Torah.
Un vrai ben Torah qui a mérité de recevoir la Torah, ça se reconnaît dans sa personnalité, son comportement, ses traits de caractère et la sainteté, qui entourent ses actes.
[...]

"Que doit faire l'homme pour être sauvé des souffrances de l'époque du machia'h? S'affairer dans la Torah" (guémara Sanhédrin 98b).
Il est écrit "s'affairer", mais pas "étudier", c'est-à-dire il faut que ce soit sa principale occupation.

Lorsque la Torah n'est pas la principale occupation de l'homme, et qu'il l'étudie avec laxisme, pour être acquitté de son obligation de l'étudier, son étude n'a pas d'avenir, de valeur, et tout sera vite oublié.
Il faut canaliser toutes ses forces, afin d'atteindre le niveau de "se tuer pour elle", pour mériter que la Torah s'intègre à soi. Et grâce à ça, il sera sauvé des souffrances de l'époque de machia'h.
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Dans toutes nos sources, lorsqu'on traite de l'étude de la Torah, il n'est pas écrit : "étudiez la Torah", mais "donnez-vous de la peine en étudiant la Torah".
Par exemple : "Si vous vous conduisez selon mes lois" (Bé'houkotaï 26,3), Rachi explique : "Donnez-vous de la peine dans l'étude de la Torah!"
Egalement : "Bien heureux celui qui se donne de la peine en étudiant la Torah" (Yalkout Chimoni Iyov 928).

Quelle est la raison pour laquelle il n'est pas écrit "que vous étudiez" mais "que vous vous donniez de la peine"?
La raison est que l'étude de la Torah est extrêmement difficile. Celui qui veut étudier la Torah, le mauvais penchant fera tout pour qu'il ne puisse pas le faire.
Il sera, que D. nous en préserve, malade, et lorsqu'elle guérira, la voiture tombera en panne, et ainsi de suite ...
C'est la raison pour laquelle il est écrit "donnez-vous de la peine", car l'étude de la Torah doit se faire avec dévouement. En effet, depuis le don de la Torah jusqu'à aujourd'hui, il n'y a jamais eu un seul grand sage qui ne se soit pas donné de la peine pour l'étudier.
[...]

"Rabbi Yéhouda a dit, bien heureux celui qui se donne de la peine pour la Torah et procure de la satisfaction à son Créateur" (Yalkout Chimoni Iyov 928).

Rabbi Yéhouda n'a pas dit "bien heureux celui qui étudie la Torah" mais "bien heureux celui qui se donne de la peine pour la Torah". Pourquoi?
La réponse est contenue dans la 2e partie des propos de rabbi Yéhouda : "il procure de la satisfaction à son Créateur".
Rabbi Yéhouda a voulu nous enseigner ainsi que même celui qui se donne de la peine pour la Torah peut irriter son Créateur, s'il est coléreux, a des passions, ...
Et en effet, "bien heureux celui qui se donne de la peine pour la Torah et procure de la satisfaction à son Créateur", bien heureux celui qui mérite de faire les 2 choses ensemble : il se donne de la peine pour la Torah, et il procure aussi de la satisfaction à son Créateur, car les 2 sont liés.
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La paracha du don de la Torah ne s'appelle pas par son nom, mais il y a : paracha Yitro.
Pourquoi? Parce que Yitro s'est distingué par son amour pour la Torah.

Yitro était un homme âgé très riche, il ne manquait de rien, et malgré tout, il est venu se mettre à l'abri sous les ailes de la Présence divine, et il a même converti toute sa famille.
Le peuple d'Israël a voulu le gratifier et l'honorer, et lorsqu'ils ont partagé la terre d'Israël, ils ont voulu lui donner la ville de Yéricho, la ville des dattes, parmi les plus belles montagnes du monde.
Yitro leur a dit : "Je ne suis pas venu de Midiyan pour recevoir un bel héritage, je n'y manquais rien, je désire étudier la Torah".
Ils lui ont dit :"Ici il n'y a pas de Torah, si tu désires l'étudier, rends-toi dans la désert de Yéhouda chez Antinel ben Kénaz".
Yitro est parti avec ses enfants dans le désert de Yéhouda, nos Sages (Psikta Zoutra) disent qu'ils se sont assis à la porte du beit hamidrach sans rien comprendre. Ils se donnaient énormément de peine pour étudier, au point d'avoir mérité d'occuper des sièges au Sanhédrin à l'entrée du Temple de Jérusalem.
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Selon la guémara (Shabbath 88) : "Ceux qui la prennent par la droite (la Torah), c'est une potion de vie, et ceux qui la prennent par la gauche, c'est un poison".
Rachi explique : "Ceux qui s'y affairent de toutes leurs forces et sont occupés à en connaître les secrets, comme un homme qui se sert de sa main droite, qui est la principale".

Nous en concluons que ceux qui la prennent par la gauche sont certes affairés dans la Torah, mais que ce n'est pas l'essentiel pour eux.
Comme la main gauche qui est la plus faible des deux, elle n'est pas la principale.
Et l'homme, pour qui l'étude de la Torah n'est pas l'essentiel, Rava dit que c'est un poison. C'est ainsi qu'est l'étude de la Torah, il n'y a pas 2 chemins, soit on se donne de la peine pour étudier la Torah, soit c'est un poison.
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Le roi Salomon dit : "C'est pour lui-même que travaille le laborieux" (Michlé 16,26), et la guémara (Sanhédrin 99b) commente : si l'individu se donne de la peine pour la Torah, la Torah se donnera de la peine pour lui : il la comprendra.
Rabbi Sim'ha Zissel de Kelm demande : dans ce cas, sur quoi l'homme reçoit-il une récompense? Sur la grandeur de son accomplissement dans la Torah?
Il ne reçoit pas de récompense à ce sujet puisque ce qu'il a accompli lui vient de la Torah qui s'est donnée de la peine pour lui.

Cependant, rabbi Sim'ha Zissel dit : la récompense est uniquement due au labeur, mais pas sur la Torah. Celle-ci appartient à Hachem. Celui qui a mérité d'avoir des connaissances ne mérite pas de récompense pour autant. L'étudiant reçoit une récompense, uniquement sur le labeur, la fatigue, le dévouement et le sacrifice.
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Selon la halakha, un homme qui a mangé le matin et recommence le soir, il est clairement obligé de faire les bénédictions une nouvelle fois le soir.
Et, s'il va manger après son petit déjeuner dans un autre lieu même une heure plus tard, il doit de nouveau bénir.

En contrepartie, pour l'étude de la Torah nous ne bénissons que le matin : "Bénis sois-Tu Hachem ... qui donne la Torah", même si on étudie de nouveau une ou deux heures après, on n'a pas besoin de bénir une nouvelle fois.
Egalement durant le jour, l'après-midi et même le soir, même si entre 2 séances on était occupé à autre chose, comme manger, se reposer, .. Lorsqu'on revient étudier, on n'a pas besoin de répéter la bénédiction de la Torah.

Pourquoi? Quelle est la différence entre la bénédiction pour la nourriture et celle pour l'étude de la Torah?

C'est simple : il est permis et possible de s'arrêter de se nourrir, mais en ce qui concerne l'étude de la Torah, il est interdit de s'arrêter. Il est interdit de détourner sa pensée de la sainte Torah même un seul instant.
En effet, même lorsqu'un homme s'arrête pour manger, c'est la continuation de l'étude et pas une interruption.
Il mange pour avoir la force d'étudier ensuite la Torah. Il s'habille pour pouvoir étudier la Torah, il se marie pour pouvoir étudier la Torah, tout est réalisé en faveur de la Torah.
C'est pour cela que nous ne bénissons pas à chaque nouvelle étude de la Torah, selon le commentaire de Tossefot (guémara Béra'hot 11b) : "De l'étude de la Torah, aucun ne détourne sa pensée, car l'homme a l'obligation d'étudier à chaque instant, selon le verset : "tu la méditeras jour et nuit". C'est comme s'il était assis toute la journée sans interruption."
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C'est une règle qu'on doit se lever devant un érudit en Torah, pour honorer la Torah qu'il a étudiée.
Nous apprenons de la guémara (Nida 30b) qu'un ange enseigne toute la Torah au bébé qui se trouve dans le ventre de sa mère. Lorsqu'il vient au monde, l'ange met son doigt sur sa bouche et lui fait oublier toute la Torah qu'il a apprise.
Ainsi, pourquoi ne nous levons-nous pas lorsqu'une femme enceinte entre dans une pièce?

C'est parce que le bébé n'a pas étudié de lui-même la Torah en se donnant de la peine, mais l'ange la lui a enseignée.
Sur une telle Torah qui n'a pas été acquise par des efforts, il n'y a aucune obligation d'honorer, et ainsi on ne se lève pas devant sa mère.
La règle de se lever devant un érudit en Torah n'a été prescrite que pour celui qui l'a acquise en se donnant de la peine, pas pour celui qui l'a reçue gratuitement, en cadeau.
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[Se donner de la peine pour la Torah = la condition pour la recevoir]

Lorsqu'un homme prend sur lui le joug de la Torah, avec comme but de s'élever et de réussir dans l'étude, pour remplir son rôle dans ce monde et procurer de la satisfaction à notre Créateur, il doit savoir que la première et principale condition sans laquelle on ne peut recevoir la Torah c'est de se donner de la peine pour l'étudier, s'engager à l'étudier en fournissant le maximum d'efforts.
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Hachem a choisi la plus petite montagne pour donner la Torah au peuple d'Israël.
Pourquoi une petite montagne plutôt qu'une plaine?

Il fallait une montagne (le mont Sinaï). Car pour recevoir la Torah, un homme est obligé de s'accrocher, de s'élever.
On ne donne pas la Torah sur une plaine. On ne peut pas mériter la Torah sans dévouement, sans sacrifice, sans ascension ni élévation.

Celui qui désire s'attacher à la Présence Divine et mériter la vie du monde futur, une vie éternelle, est obligé de s'accrocher [déployer des efforts], d'escalader la montagne, subir des ennuis et supporter des épreuves, subir des difficultés naturelles que le mauvais penchant met sur sa route pour l'empêcher de se rapprocher d'Hachem.
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"Partis de Réfidim, ils entrèrent dans le désert de Sinaï et y campèrent" (Yitro 19,1-2)

Ne savons-nous pas qu'ils étaient dans le désert à ce moment-là? Pour quelle raison la Torah précise-t-elle que les Bné Israël sont venus dans le désert de Sinaï après être partis de Réfidim?

Parce que c'est la façon de la recevoir. Quelle est la particularité du désert? On est complètement déconnecté de tous les sujets de ce monde, il n'y a rien d'autre que la terre et le ciel.
Réfidim rappelle le manque d'ardeur (nonchalance), "partis de Réfidim", ils se sont éloignés de la nonchalance qu'ils avaient là-bas. Telle était la préparation des Bné Israël pour recevoir la Torah, se déconnecter de toutes les vanités de ce monde et s'éloigner de la nonchalance.
C'était le moyen, la raison et la condition qui ont permis de faire descendre la Présence Divine et la réception de la Torah.

La Maharal écrit que le don de la Torah n'est pas un événement uniquement destiné à son époque, mais pour l'éternité. Car par le dévouement pour l'étude de la Torah, on peut mériter de recevoir la Torah tous les jours.
[il faut se faire un désert = se déconnecter complètement pour être 100% disponible pour la Torah, il faut "partir de Réfidim" = y investir toute nos forces ; et "camper" = dédier des moments réguliers à l'étude.]
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"Les paroles de Torah ne subsistent que par celui qui se tue pour elle" (guémara 63b) ...
Quel est le sens de qui se tue?
Un homme qui n'a aucun lien avec ce monde, aucune connexion (lorsqu'il étudie la Torah, il éteint son téléphone portable, il ne parle pas de sujets profanes, il se plonge entièrement dans l'étude en se coupant du monde extérieur durant son temps d'études) ...

Si le mauvais penchant était persuadé que l'étude de la Torah est pour toi une question de vie ou de mort, il ne te dérangerait pas.
Si Hachem voit que l'étude de la Torah est pour toi une question de vie ou de mort, Il ne t'en déconnectera pas, mais Il te donnera : "Ouvre largement ta bouche et Je la remplirai" (Téhilim 81,11) : "il s'agit de paroles de Torah" (guémara Béra'hot 50a).

La Torah dit : "En effet, où est le peuple assez grand pour avoir des divinités accessibles, comme Hachem, notre D., l'est pour nous toutes les fois que nous l'invoquons?"
Le Ibn Ezra demande : quel est le sens de "toutes les fois que nous l'invoquons"?
Il répond ainsi : si un homme invoque et prie pour s'élever spirituellement, Hachem répond toujours, "toutes les fois que nous l'invoquons".
[...]

"Au commencement, D. créa le ciel et la terre", et Rachi explique : "Au commencement : le monde a été créé pour la Torah qui est appelée Réchit, comme le verset "le commencement de Sa voie" (Michlé 8,22).
Hachem a créé le ciel et la terre pour la Torah! Pas pour se marier, ni pour avoir des enfants ou pour travailler. C'est un commandement mais non pas un but.
Le but est "béréchit" (au commencement), étudier d'abord la sainte Torah.
Il ne faut pas oublier la sainte Torah.
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La Torah n'est donnée qu'à celui qui a des bonnes manières.
"Tout coeur hautain est en horreur à Hachem" (Michlé 16,5), un homme qui se conduit avec orgueil ne méritera pas de porter la couronne de la Torah, son étude n'a aucune valeur.
Pour que la Torah subsiste, on doit avoir des bonnes manières, et on doit également être prêt au renoncement de temps à autre.
[...]

Un jour, une communauté a intronisé un séfer Torah. Parmi les membres de la communauté, certains ne respectent pas le Shabbath, ils n'appliquent pas la majorité des mitsvot écrites dans la Torah, et ils dansent et chantent autour du séfer Torah, avec joie et enthousiasme.

Je leur ai dit : pauvre Torah, elle ne veut pas que vous la mettiez dans une armoire fermée à double tours et que vous l'embrassiez de loin. La Torah veut être à l'intérieur de votre maison, dans la cuisine, le salon, votre chambre à coucher, en vous, pas dans l'armoire.
La Torah n'est pas un habit que l'on range dans l'armoire, elle est éternelle, une Torah de vie ...

Lorsque nous (les juifs) avons reçu la Torah, Hachem a dit : "En ce jour, tu es devenus le peuple!"
Avec la Torah il y a un peuple, sans Torah il n'y a pas de peuple, et selon rabbénou Saadia Gaon : "Notre peuple n'est un peuple uniquement lorsqu'il se trouve dans la Torah" ...

Puisque Hachem nous a mariés avec la Torah, si un homme n'étudie pas la Torah, la jeune mariée va se plaindre auprès de son père, Hachem : "Avec qui m'as-tu mariée? Mon mari n'est jamais à la maison, il ne m'adresse jamais la parole!" ...

Rabbi Chimon ben Lakich a dit : "celui qui prononce des paroles de Torah, qui ne sont pas exquises à ceux qui les entendent, comme est chère une nouvelle mariée à son époux, il aurait été préférable qu'il ne les prononce pas. Car lorsque Hachem a donné la Torah à Israël, elle leur était aussi chère qu'une jeune épouse pour son époux" (midrach Chémot rabba 41,5).
[...]

La guémara (Béra'hot 17a) demande : "Par quoi les femmes méritent-elles?" Par quoi les femmes mériteront elles la résurrection des morts?

Je ne comprends pas. Les femmes appliquent de nombreuses mitsvot, parmi elles des mitsvot qui leur sont uniquement destinées, et voilà que soudainement, la guémara demande avec innocence par quoi les femmes mériteront la résurrection des morts. Que s'est-il passé, où sont passées toutes leurs mitsvot?

Il est vrai que pour chaque mitsva on reçoit une récompense, mais un mot d'étude de la Torah vaut l'éternité, sa valeur est comparable à toutes les 613 mitsvot.

C'est pourquoi la guémara demande : un homme qui étudie la Torah reçoit un salaire sans fin sur son étude, mais les femmes qui n'étudient pas la Torah, comment vont-elles mériter le salaire de l'étude de la Torah?

A quoi la guémara répond : par le fait d'envoyer leur mari et leurs enfants étudier la Torah, elles reçoivent une part de leurs études, et par cela, elles méritent la récompense de l'étude de la Torah.

Négliger l’étude de la Torah

+ Négliger l'étude de la Torah (par rabbi Nissim Yaguen) :

-> Un jour, rabbi Israël Salanter arriva au beit hamidrach avec un seau contenant un poisson vivant.
Les élèves n'en saisissaient pas la raison, peut-être voulait-il leur enseigner la recette du guefil tefich? ...

Rabbi Salanter mit le poisson sur le pupitre, l'abattit et l'éventra. Personne ne comprenait l'intention du rav.
Rabbi Salanter leur dit : "Vous avez vu ce qui est arrivé au poisson. Il y a un instant, il était encore vivant, et maintenant, je l'ai éventré et il est mort.
On fera exactement ainsi à celui qui n'étudie pas la Torah, selon les propos de nos Sages (guémara Pessa'him 49b) : "Il est permis d'éventrer un ignorant le jour de Kippour qui tombe Shabbath".
Il leur a concrètement montré ce que l'on ferait à un membre du peuple d'Israël qui n'étudie pas la Torah.
Toutes nos connaissances sont inutiles. Nous savons qu'il y aura le jour du jugement, nous entendons des nouvelles d'attentats, on voit des malades et des blessés, mais ces connaissances ne vous contraignent pas, notre cœur est de pierre.
Rabbi Salanter vient nous l'illustrer de cette façon : celui qui n'étudie pas, sa fin sera dure et amère!
[...]

"Celui qui cesse son étude de la Torah pour parler de généralités, on le nourrit de braises ardentes" (guémara 'Haguiga 12b).
Y croyons-nous vraiment?

Rabbi Yérou'ham Levovitz (Héver Maamarim) écrit que nous croyons plus en un pharmacien non juif qu'en nos sages. Pourquoi?
Cela est très simple : si le pharmacien écrit sur la boîte d'un médicament qu'il s'agit d'un poison, personne ne s'aventurera à le prendre.
Par contre quand nous cessons notre étude, nous ne prenons pas en compte les propos de nos Sages : "Celui qui cesse son étude de la Torah, on le nourrit de braise ardente".
[...]

Un homme ne se mettrait-il pas en colère si on lui déchirait sa chemise? ...
Et qu'en est-il de sa Torah qui est en lambeaux? Au milieu de l'étude il sort et rentre ... Il en fait des lambeaux. Se met-il en colère à ce sujet? ...

Nous n'avons aucun instrument de mesure adéquat pour réellement évaluer la valeur de la Torah.
"Malheur à ceux qui méprisent la Torah" (midrach Chémot rabba 41,7).
[...]

La michna (Pirké Avot 4,12) dit : "Si tu commences à négliger l'étude de la Torah, tu te retrouveras chaque fois avec de nouveaux empêchements", et les Richonim ont expliqué qu'on envoie à l'homme des ennuis et des tourments qui lui feront négliger l'étude de la Torah.
Comme il n'avait pas de bonne raison pour ne pas étudier, alors on lui a envoyé de nouveaux empêchements qui justifieront son comportement.
[...]

Nos Sages (guémara 'Haguiga 5b) disent que celui pour qui Hachem pleure est celui qui pourrait s'affairer à la Torah mais ne le fait pas.

Expliquons :
Hachem donne à l'homme de bons outils pour apprendre la sainte Torah et s'attacher à l'arbre de la vie, mais celui-ci n'utilise pas les outils qu'il a reçus, il n'étudie pas.
Quel est le sens de pleurer?
C'est la souffrance de la Gloire divine, la souffrance qu'il y a dans les mondes célestes, sur la destruction engendrée par le fait qu'un homme pourrait étudier la Torah et ne le fait pas.

Ce qu'on m'a appris à Mézéritch?
Que la Torah a été donnée à l'homme pour lui permettre de célébrer la vie et tout ce qui la rend digne d'être fêtée.
[rabbi Avraham de Kalish]