+ Lorsqu'un juif accomplit une mitsva, il perçoit qu'il est en train de recevoir la Torah de nouveau.
Le don de la Torah n'est pas simplement un phénomène ponctuel, mais plutôt un processus continu.
Les Pirké Avot (6,2) nous rappellent que chaque jour une voix céleste provenant du mont Sinaï se lamente : "Malheur aux créatures qui font affront à la Torah". Cela est dans la mesure où Hachem nous donne constamment la Torah, mais personne n'accepte son offre.
Si nous n'entendons pas ce son, c'est parce qu'il nous manque la sainteté nécessaire pour recevoir la Torah, la sainteté qui était une condition préalable requise lorsque la Torah a été reçue à l'origine (voir Yitro 19,10 : "enjoins-leur de se tenir purs aujourd'hui et demain").

En observant les mitsvot, les juifs suscitent la sainteté qui était autrefois présente au mont Sinaï, et ils se préparent à recevoir la Torah de nouveau.
[Sfat Emet - Vaét'hanan 5641]

+ Nous mettons tout d'abord les téfilin de la main = qui représentent la soumission de notre cœur à Hachem à Pessa'h ; puis les téfilin de la tête = qui représentent la soumission de notre esprit à Hachem par la Torah à Shavouot.
De plus, nous enfilons le talit = qui symbolise que Hachem nous protège, à l'image des Souccot. [Nuées de Gloire de protection]
Ainsi, notre accomplissement quotidien de ces mitsvot (téfilin, talit) nous donne l'opportunité d'attirer sur nous l'influence des Yom Tov (Pessa'h, Shavouot, Souccot) dans nos vies tous les jours de l'année.
[Sfat Emet - 5642]

Le Birkat haMazon

+ Le Birkat haMazon :

-> Le rav Israël Najara (l'auteur du chant de Shabbath : Ka Ribbon), dénomme le Birkat haMazon comme : "Kli ma'hzik béra'ha" (un récipient qui contient la bénédiction).

-> Celui qui prie ou récite le birkat hamazon intensément, mérite 100 sortes de roses qui entourent le fleuve du gan Eden.
[Rokéa'h - birkat hamazon]

-> "La plus grande des mitsvot et le plus puissant de tous les types de service Divin (avoda) sont les bénédictions" [rav Yossef haYisraëli - Séfer mitsvot zmaniyot - p.504]
Or, le birbat hamazon est la seule bénédiction de la Torah (déOraïta - Ekev 8,10, nous pouvons en déduire que le birkat hamazon est la plus propice de toutes nos prières.
[rav Yé'hiel Spéro]

Lorsque le Rachab a reçu le siddour du Baal Chem Tov, d'un de ses descendants, il a pu remarquer que toutes les pages étaient usées par les larmes. Cependant parmi tout le siddour, une partie étaient la plus nettement déformée par les larmes du Baal Chem Tov : les pages consacrées au birkat hamazon.

-> Si l'on demande aux gens pourquoi nous récitons le birkat hamazon, la majorité répondrait : "parce qu'on vient de manger du pain".
Le rav Yérou'ham Lévovitz rejette catégoriquement cela, et il insiste sur le fait que c'est le contraire.
Nous mangeons du pain afin de pouvoir prononcer le birkat hamazon.
[nous devons réfléchir : que nous apporte notre alimentation par rapport aux apports énormes du birkat]

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-> Rav 'Hanina dit : combien est grande la puissance du birkat hamazon, car il augmente les bénédictions dans les actions de l'homme.
[Zohar]

-> Si on récite le birkat hamazon avec intention (kavana), les bénédictions que nous aurons dites nous accompagneront au moment de notre mort, et proclameront que nous avons béni Hachem avec kavana.
[Zohar]

-> Si quelqu'un est vigilant au sujet du birkat hamazon, ses jours et ses années seront allongés.
[rav 'Haïm Palagi - Kol ha'Haïm]

-> J'ai une tradition de mes rabbanim, que tout celui qui est méticuleux à propos du birkat hamazon, sa subsistance lui sera disponible avec dignité, toute sa vie durant.
[Séfer ha'Hinoukh - Ekev 430]

-> Pourquoi la lettre "pé sofit" (ף) est la seule qui n'est pas présente dans le birkat hamazon?
Car tout celui qui récite le birkat hamazon avec concentration, les anges de la colère (af, kétséf, chékéts - אף קצף שצף) n'ont pas de pouvoir sur lui.
[Tachbatz Katan - cité dans le Ba'h 185]

-> Tout celui qui récite le birkat hamazon avec la concentration requise, alors la colère de Hachem ne régnera pas sur lui. (אַף - af = colère).
[Béer Heitev - Orach 'Haïm 185 - citant le Ba'h]

-> Plus une personne récite le birkat hamazon avec joie et générosité, plus elle va recevoir sa subsistance avec joie et générosité.
[Zohar]

-> Celui qui récite le birkat hamazon à partir d'un texte, avec intention, [par cela] il se retire de lui de nombreuses épreuves et difficultés.
[Atéret Zékénim]

-> Réciter le birkat hamazon à partir d'un texte est une ségoula pour mériter d'avoir des enfants craignant Hachem.
[rav Shloimka Zhviller]

-> Faire le birkat hamazon à partir d'un texte est une ségoula pour mériter des enfants.
[Maharil Diskin]

-> Même un seul birkat hamazon récité avec intention, peut transformer une personne en quelqu'un craignant Hachem (yéré chamayim).
[rabbi Mena'hem Mendel de Kotsk]

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-> Celui qui récite le birkat hamazon comme il le faut, va mériter d'entendre le birkat hamazon du roi David lorsque Hachem fera le festin pour les tsadikim dans les temps futurs.
[Kav haYachar - chap.7]

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-> Je dis à Hachem : "Tu es mon Maître! Mon bonheur n'est pas en dehors de toi" (amart l'Hachem, Elokim ata, tovati bal alékha - Téhilim 16,2)

-> Plusieurs explications sont données sur :"Mon bonheur n'est pas en dehors de toi" (tovati bal alékha - טוֹבָתִי בַּל עָלֶיךָ), et en particulier sur le terme : "bal" (בל) :
1°/ si tu as mangé et récité la bénédiction à Hachem, et que tu as reconnu que Hachem est ton Maître, alors Je [Hachem] vais épuiser (מבלה) toutes les bontés du monde sur toi.
[guémara Yérouchalmi Béra'hot 6,1]

2°/ si tu as mangé et récité une bénédiction à Hachem, toutes les bontés du monde seront réunies ensemble (יבללו) et elles vous seront octroyées.
[guémara Yérouchalmi Béra'hot 6,1]

3°/ Si tu as mangé et récité une bénédiction à Hachem, Hachem n'amènera aucune bonté sur le monde sans t'y inclure (מבלעדיך).
[guémara Yérouchalmi Béra'hot 6,1]

4°/ Si tu as mangé et récité une bénédiction, toutes les bontés du monde se produiront (יובלו) et viendront sur toi.
[Yalkout Chimoni Téhilim - remez 667]

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-> L'âme supplémentaire (néchama yétéra), que nous recevons le Shabbath, tire beaucoup de plaisir du birkat hamazon, car c'est une nouveauté qu'elle ne vit pas au Ciel. [Rama de Pano - Assara Maamarot]
C'est pourquoi l'objectif principal des repas du Shabbath est de donner du plaisir à l'âme supplémentaire en récitant le birkat hamazon.
[Agra déKalla - paracha Vayéra]

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-> Il est intéressant de constater que nous disons dans le birkat hamazon : "véal Toratékha chélimadtanou" (pour Ta Torah que Tu nous as enseigné), et ensuite : "véal 'haïm 'hein va'hessed ché'honantanou" (et pour la vie, la grâce, et la bonté dont Tu nous as gratifié).
=> Cet ordre est étrange. Pourquoi d'abord la Torah, et ensuite le fait d'être en vie, et non l'inverse qui serait plus logique (je suis en vie, alors je peux étudier!)?
Le rav de Poniovitch explique : car sans la Torah, quelle vie cela peut-il bien être?

-> Au moment d'arriver au dernier paragraphe du bikart hamazon, nous proclamons avec une grande certitude : "ceux qui recherchent Hachem ne manquent d'aucun bien" (védorché Hachem lo ya'hchérou kom tov - Téhilim 34,11).

[On a tendance à se débarrasser de notre prière, de nos mitsvot, à réduire notre investissement dans la Torah, ... comme si on en sortait gagnant.
Ainsi, en reprenant le fil de notre vie normale avec cette lecture du birkat hamazon, le message est : jamais on perd à faire la volonté d'Hachem, au contraire! ]

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-> Le 'Hovot haLévavot enseigne que le plus grand ennemi des juifs est le yétser ara.
Le Raavad (Séfer Baalé haNéfech) écrit que l'arme la plus puissante du yétser ara est de nous faire croire que c'est notre main, notre propre force, qui nous a permis d'être vainqueurs dans la bataille de la parnassa (ko'hi véotsem yadi assa li ét ha'hayil hazé).
Nos Sages enseignent que le moment le plus risqué pour renforcer cette orgueil (c'est grâce à MOI), a lieu lorsque notre estomac est plein (ex: on pense indirectement : c'est bon Hachem, je n'ai plus besoin de toi, je gère tout seul = car j'ai plus faim).
Précisément à ce moment là, un juif a le birkat hamazon qui lui permet de se reconnecter à l'humilité et à la gratitude.

-> Le rav Shimshon Pinkous enseigne qu'il existe moment où l'existence d'Hachem se manifeste le plus puissamment à tout celui qui y prête attention.
Il ne s'agit pas de Yom Kippour, ni de Shavouot. Mais, c'est le moment où une personne qui est faible et affamée va faire une bénédiction, elle va manger un morceau de pain et alors elle devient revigorée.
A ce moment, cette personne peut atteindre le plus haut niveau de certitude que Hachem existe, car elle mange directement des mains du Créateur, et elle vient de vivre un miraculeux retour de ses forces.
Le rav Pinkous appelle cela : "la reconnaissance du Créateur par le bais du miracle de manger" (hakarat haboré al yédé a'hilla).
Néanmoins, manger est une activité du quotidien, symbole de matérialité.
[en ce sens le birkat hamazon est une magnifique opportunité pour profiter de ce moment propice, et en tirer toutes les forces de certitude en Hachem.
Le Rambam (Hilkhot Avoda Zara 1,2) rapporte que malgré la culture d'idolâtrie environnante, Avraham a découvert l'existence d'Hachem en étudiant les merveilles naturelles du monde environnant.
Ainsi, en tant que ses descendants on peut prolonger ce comportement. Certes, on a fait une bénédiction avant de manger, mais c'est peut être en partie pour nous car on avait faim. Par contre, en prenant le temps d'apprécier et de remercier Hachem, alors on se saisit de cette opportunité pour renforcer notre découverte interne d'Hachem, à l'image d'Avraham.
En ce sens, l'essentiel d'un repas est le renforcement de notre lien avec Hachem que le birkat hamazon va permettre de renforcer.]

-> Le Zohar (Térouma 152) enseigne :
Lorsque Hachem a créé le monde, Il savait qu'il y aura une nation qui choisira de suivre la Torah.
Hachem voulait que Sa nation bien-aimée sache quotidiennement qu'Il l'aime plus que toute autre chose dans le monde, et ainsi Il a créé le besoin quotidien de manger.

[ex: chaque morceau de cookie porte le message suivant de la part d'Hachem : "Je t'aime".
En nous nourrissant, Hachem nous rend plus facile l'étape suivante : ouvrir nos yeux et reconnaître Qui nous nourrit.
Le birkat hamazon nous permet d'avoir en tête l'idée fondamentale : c'est Hachem uniquement qui nous nourrit. Cette conscience réveille alors notre reconnaissance, nous poussant à Le remercier pour Son attention et Sa bonté constantes à notre égard.]

-> Rabbi Shimshon Raphaël Hirsch (Ekev 8,11-18) enseigne :
"Le birbat hamazon introduit au sein même du processus banal de notre alimentation une conscience de la providence spéciale d'Hachem, qui a été complétement démontré dans le miracle de la manne.
Chaque morceau de pain mangé est considéré au même titre qu'un cadeau direct d'en-Haut [Hachem], de même que la manne était envoyée aux juifs dans le désert."

Le rabbi Nathan Scherman commente : "En apparence, la manne semble clairement un cadeau provenant du Ciel (Hachem), tandis que le pain est le résultat des efforts de l'agriculteur. Mais en réalité, ils sont identiques : c'est Hachem qui fournit".
Le rav Israël Najara enseigne que Hachem souhaite insuffler en chaque juif une croyance forte dans la Providence Divine, et c'est pour cela qu'Il nous a ordonnés de le remercier après avoir mangé (birkat hamazon), pour que l'on se renforce dans le fait qu'il n'y a absolument rien d'autre que Sa Force qui nourrit.

-> Dans le birkat hamazon, seule la première bénédiction est relative à la manne (notre subsistance), tandis que dans le restant des prières on va se focaliser sur notre amour et désir pour la terre d'Israël, pour Jérusalem, et pour le Temple.
Même avant de dire le birkat hamazon, nous exprimons notre désir pour la guéoula, avec le Tehilim d'introduction : "Chir hamaalot", ou "al naarot bavél".
Pourquoi cela?

Un père aimant ne souhaite pas uniquement délivrer de la nourriture à son fils de loin. Il désire énormément résider avec son fils sous le même toit, partager sa table et baigner dans l'amour de son enfant.
La terre d'Israël fait référence au Palais du Roi (Hachem).
De même que la nourriture témoigne de l'amour d'Hachem à notre égard, le fait de rappeler dans le birkat hamazon à plusieurs reprises la terre d'Israël et Jérusalem, cela réveille en nous une dimension supplémentaire de notre lien avec papa Hachem, car normalement nous devrions être réunis tous ensemble en terre d'Israël, ce qui arrivera très bientôt. b'h
[le birkat hamazon transmet l'idée que Hachem non seulement nous comble du meilleur, mais également Il désire ardemment que nous soyons au plus proches de Lui.
Le birkat hamazon nous donne donc non seulement des forces physiques, mais surtout des forces spirituelles, de la fierté d'être juifs, fils adorés du Maître du monde, Hachem.]

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[parfois on préfère éviter de manger du pain, content de notre stratagème pour se décharger de devoir réciter le birkat hamazon. Mais plutôt que de le fuir, on doit courir, sauter sur l'occasion pour le faire! ]

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-> b'h, également sur le Birkat haMazone : http://todahm.com/2013/12/01/birkat-hamazone

Les bénédictions

Rav 'Hana dit : de la même manière dont nous Le bénissons, Hachem nous bénit.
[midrach Yélamdénou - Yalkout Talmud Torah - Pin'has]

[plus nous prononçons une bénédictions avec kavana, plus nous permettons à Hachem de nous bénir fortement.
En Le bénissant, nous déterminons l'intensité des flux de bénédictions que nous recevrons.]

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+ Les bénédictions :

-> Celui qui bénit Hachem avec joie et bienveillance, alors les bénédictions lui seront accordées avec joie et bienveillance.
C'est pourquoi, lorsque nous récitons une bénédiction, nous ne devons pas du tout être tristes, mais uniquement joyeux.
[Zohar - vol.2,18a]

-> Hachem prend énormément de plaisir de tout celui qui Le bénit.
Il désire la bénédiction de ceux qui réside dans le monde d'en-bas, car leurs bénédictions s'élèvent et illuminent la sainte Présence Divine (chékhina).
[Zohar - vol.3,271a]

-> Les bénédictions qu'on récite à Hachem, éveille un flux de bénédictions dans tous les mondes.
[Zohar - vol.3,271b]

-> Si quelqu'un est vigilant pour réciter les bénédictions, sa richesse et ses possessions seront préservées, et elles prospéreront.
[Maté Moché - vol.2,351]

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-> "La plus grande des mitsvot et le plus puissant de tous les types de service Divin (avoda) sont les bénédictions"
[rav Yossef haYisraëli - Séfer mitsvot zmaniyot - p.504]

-> Les aliments et les boissons nourrissent le corps. En récitant les bénédictions, nous entraînons un flux de sainteté sur notre nourriture et sur notre boisson.
[Pélé Yoets - Béra'hot]

-> On doit manger et boire des aliments qui nous rendent joyeux, afin qu'il bénisse ensuite Hachem avec joie. Le fait de réciter les bénédiction avec joie et à haute voix est une ségoula pour la richesse, comme il est fait allusion dans le verset : "c'est la bénédiction d'Hachem qui enrichit, et nos efforts n'y ajoutent rien" (Michlé 10,22).
['Hida - Nitsotsé Orot]

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-> Lorsque Adam haRichon a fauté en mangeant du fruit de la Connaissance (ets hadaat), des étincelles de saintetés ont été absorbées par d'autres parties de la Création : dans les objets inanimés, les plantes, et les créatures vivantes.
Chacun de ces segments de la création possède des étincelles de sainteté qui doivent en être extrait ...

"Hou notèn lé'hem lé'hol bassar" = Il donne la nourriture à toute chair.
"ki léolam 'hasdo" = car Ta bonté est pour le monde entier.
Hachem souhaite donner à tous les composants de la création l'opportunité d'être délivrés (élevés).
Lorsque nous mangeons [ou buvons] (symbolisé par le : lé'hem), et que nous faisons la bénédiction appropriée, alors nous réparons ce qui a été cassé.
Et si l'homme ne mange pas, le restant de la création n'aurait aucun moyen d'obtenir sa réparation.
En ce sens, lorsqu'un homme mange du pain (lé'hem), il peut rectifier le monde. [car Ta bonté (Hachem) est pour le monde entier]
[d'après le 'Hida - Sim'hat haRegel - birkat hamazon]

-> On doit manger et boire avec l'intention d'extraire les étincelles de sainteté de la nourriture, et les élever à leur source et racine [sainte].
Ce n'est qu'après une telle intention qu'on doit réciter la bénédiction.
[Yessod véChorach haAvoda - Chaar haBéra'hot - chap.10]

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-> Lorsqu'on prononce : "barou'h", nous devons avoir à l'esprit que Hachem est la source des bénédictions, et que la bonté et la bénédiction se répandent [uniquement] à partir d'Hachem dans tous les mondes, et dans notre propre âme (néfech, roua'h et néchama).
C'est pourquoi nos Sages affirment que celui qui récite une bénédiction est lui-même béni.
['Hessed laAlafim 5,3]

-> Chaque bénédiction commence par le mot : "barou'h" (ברך), dont la spécificité est d'avoir chaque lettre qui exprime la pluralité, puisqu'étant le double d'une unité. Le bét de valeur 2, est le double de 1 ; le réch de valeur 200 est le double de 100 ; et le kaf de valeur 20 est le double de 10. [chiffre, dizaine, centaine]
Ainsi ce doublement est l'essence de chaque bénédiction. En effet, une bénédiction va permettre d'augmenter dans ce monde la bonté que Hachem a créé.
Ce doublement révèle également que tout ce qu'il se passe dans ce monde physique n'est qu'une manifestation de son essence spirituelle qui est cachée. Ainsi, en prononçant une bénédiction on a la capacité d'impacter positivement toute chose de ce monde en apparence limitée.
[rav Nathan Weisz]

-> Lorsque l'on dit : "barou'h ata" (Béni sois-tu), nous devons avoir à l'esprit que nous nous tenons devant Hachem, et que nous Lui parlons directement, et ainsi nous serons saisis par la crainte.
['Hessed laAlafim 114]

-> "barou'h ata" est dit à la 2e personne car au moment où l'on récite la bénédiction on est obligé de se visualiser comme étant directement en face d'Hachem.
[Choul'han Mélakhim 6]

-> Nous savons que bien que vivant au sein de la création d'Hachem, nous ne pouvons pas l'appréhender (tellement Il est infini).
C'est pour cela que nos Sages ont spécifiquement employé dans les bénédictions le terme : "ata" (Tu).
Le message est : malgré le gouffre qu'il semble y avoir entre le Ciel et la terre, nous sommes en réalité directement connectés/liés à Hachem.
Le terme "ata" (toi = chaque juif) nous dit qu'à chaque fois que nous récitons une bénédiction nous déclenchons une action qui a des conséquences tangibles entre nous et Hachem.
Le terme "ata" (tutoiement avec le Maître du monde = proximité = papa Hachem) des bénédictions, nous rappelle que malgré les apparences, le verre d'eau dans notre main n'est pas le résultat des activités anciennes de la création, mais plutôt c'est notre Père qui l'a placé avec amour dans notre main.
[rav Nathan Weisz]

-> La guémara (Béra'hot 7a) nous informe que nous sommes véritablement en train de bénir Hachem lorsque nous commençons une bénédiction par "barou'h ata", et Il accepte et apprécie cela.
Ainsi, nous avons la capacité de bénir Hachem.
On peut ajouter que "barou'h" est une description d'Hachem : cela L'identifie en tant que la Source de toutes les bénédictions qui se déversent sur nous.
Ainsi "barou'h" a un double sens : l'expression de notre bénédiction à Hachem, et également notre reconnaissance du fait que D. est la source de toutes les bénédictions.
En réalité, ces 2 significations se mélangent : par le fait de bénir Hachem, nous mettons en mouvement Son rôle en tant que Source de toutes les bénédictions.
[rav Nathan Weisz]

[on a pu voir que : "de la même manière dont nous Le bénissons, Hachem nous bénit" = plus nous bénissons, plus nous louons Hachem pour le bien qu'il nous a fait, alors plus nous témoignons d'une émouna forte en Hachem, et alors par ce mérite nous donnons de la force à Hachem pour qu'Il puisse davantage nous donner de bonnes choses, soit davantage d'occasions de pouvoir Le bénir, Le remercier. ]

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-> Pratiquement toutes les bénédictions récitées avant de réaliser une mitsva commencent par une expression brève mais significative : "Qui nous a sanctifié par Ses commandements" (acher kidéchanou bémitsvotav).
Ces mots impliquent qu'en conséquence d'accomplir les mitsvot les juifs bénéficient de la capacité unique d'apporter la sainteté du Ciel en bas sur terre.
[Sfat Emet - Bo 5662]

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-> Une exigence essentielle pour tout le monde au sujet des prières, des louanges et des expressions de gratitude [à Hachem], est qu'aucun mot ne sorte de la bouche dans le service du Créateur de la manière de quelqu'un qui le fait par habitude, machinalement.
Mais plutôt, on doit être pleinement conscient que nous faisons face au Créateur, dont la Gloire remplit le monde entier.
[...]
Celui qui récite une bénédiction sans y faire attention est puni pour avoir récité le nom d'Hachem en vain ... car il prononce le saint et terrifiant nom d'Hachem avec sa bouche, mais son esprit n'est pas engagé.
[...]
Lorsque l'on récite la bénédiction comme il le faut, on acquiert la nourriture du Créateur en vertu de cette gratitude.
[Yessod véChorech haAvoda - chaar ha'Achmorét - chap.2]

-> Il est interdit de profiter de ce monde sans tout d'abord réciter une bénédiction, car on doit exprimer notre gratitude et notre louange à celui qui a créé cette même nourriture dont nous nous apprêtons à profiter.
[Ri'az - Béra'hot 35,3]

-> Hachem dit : "Accomplissez toutes les mitsvot que Je vous ai donné dans la Torah. Si vous mangez des fruits et ne récitez pas une bénédiction dessus, vous avez volé le fruit, l'arbre, la terre, et celui qui les a cultivés".
Mais si quelqu'un mange et récite une bénédiction, il couronne le Créateur.
[Yalkout Chimoni - Téhilim 34]

-> Il est interdit balancer une bénédiction de notre bouche, de la réciter à la hâte.
Mais plutôt, on doit se focaliser sur le sens des mots et reciter les bénédictions lentement.
['Hayé Adam 5,26]

-> Au moment de réciter une bénédiction, il est interdit d'être occupé autrement, même dans une petite chose, comme de mettre un vêtement, ou bien marcher ici ou là, ou bien se sécher les mains, ...
Car il est intolérable que l'on bénisse Hachem d'une manière hasardeuse.
['Hessed léAvraham]

-> Le birkat hamazon est la seule bénédiction provenant directement de la Torah.
Le Ben Ich 'Haï ('Houkat) rapporte que dans la ville de Bagdad, il faisait extrêmement chaud pendant les mois d'été. Afin de se rafraîchir, les gens faisaient une sorte d'éventail et le bougeaient en faisant des va-et-vient.
Cependant, il les a mis en garde contre le fait d'agiter l'éventail pendant le birkat hamazon, car la moindre distraction doit être évitée pendant le moment où l'on dirige notre gratitude à Hachem.

-> On doit être encore plus méticuleux avec le birkat hamazon qu'avec les prières, car l'obligation de prier est de nos Sages, tandis que le birkat hamazon est d'origine de la Torah.
[Taamé haMinhaguim - p.174]

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-> On doit être vigilant dans les mots, les lettres et le sens des mots, comme il est fait allusion dans le verset : "Hachem est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’appellent avec sincérité (littéralement : émét - vérité)" (Téhilim 145,18).
Les lettres du mot : אמת (émet) sont l'acronyme de : "otiyot milot tévot" (lettres, mots - אותיות מלות תיבות). [Sidour Arizal]
Donc les gens doivent faire attention à s'habituer à dire les bénédictions et les sujets saints à haute voix.
[YécHouot 'Hokhma 6]

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-> Amen signifie : "c'est véridique". Ainsi, lorsque nous disons "Amen", nous devons penser que : la bénédiction qui vient d'être récitée est véridique et j'y crois personnellement".
[Kitsour Choul'han Aroukh 6,8]

-> La guémara (Béra'hot 53b) enseigne : "Plus grand est celui qui répond Amen à une bénédiction que celui qui a fait la bénédiction" (gadol a'oné Amen yotèr min amévarekh).

-> Celui qui récite une bénédiction en silence est en train de voler les autres de mitsvot, car ils ne pourront pas y répondre Amen.
On doit donc faire attention à prononcer tout à voix haute, afin qu'ils puissent répondre conformément à la halakha.
[Yéchouot 'Hokhma 6 - au nom du Séder 'Hassidim 254]

-> "Celui qui répond Amen est même plus grand que celui qui a récité la bénédiction" (guémara Nazir 66b).
Le Maharcha commente : car il y a de nombreux "Accusateurs" interférant avec la capacité d'une personne de se procurer de la nourriture, mais les bénédictions qu'une personne peut faire servent de défenseurs et de supporteurs contre ces adversaires.
Ainsi, les bénédictions sont de simples soldats qui commencent la bataille, et les "Amen" [prononcés à leur sujet] sont les guerriers qui sortent victorieux en ayant battu les anges de destructions.

-> Le Toldot Aharon (un élève du rabbi de Berditchev - Ki Tavo) enseigne que les anges au Ciel peuvent répondre Amen à nos bénédictions [dites à haute voix], et ainsi offrir une louange au Créateur, provoquant que Son Nom soit sanctifié dans les mondes d'en-bas et d'en-haut.
En conséquence de cela, les anges deviennent des avocats pour le compte des juifs, car ils ont pu s'élever à de hauts niveaux par le biais des bénédictions des juifs.
[Selon le Zohar (vol.3,271b) : les bénédictions qu'on récite à Hachem, éveille un flux de bénédictions dans tous les mondes.]

[ainsi, on a pu voir la grandeur de réciter une bénédiction comme il le faut, on voit à plus forte raison l'importance d'y répondre Amen, et de permettre à autrui de le faire.]

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-> voir un enseignement du Ben Ich 'Haï (chana aleph - hakdama) : http://todahm.com/2020/05/05/35491

-> des enseignements magnifiques sur les bénédictions : lorsque nous bénissons Hachem, Il nous bénit nous en retour ainsi que le monde entier : http://todahm.com/2014/04/01/1228-2

-> http://todahm.com/2020/12/27/les-benedictions-2

"Si vous glorifiez Mon nom, alors Je vais faire que Mon nom soit glorifié par vous".
[Torat Cohanim - A'haré Mot 13]

=> Si nous sanctifions le nom de D. (kidouch Hachem), alors Hachem va créer d'autres opportunités pour que nous puissions le sanctifier.

"Viens et constate, concernant celui qui transgresse les commandements de la Torah, que ses transgressions montent et descendent, et laissent des traces sur son visage afin que les êtres des mondes supérieurs et du monde d'en-bas le regardent et déversent des malédictions à son encontre".
[Zohar haKadoch - A'haré Mot 76a]

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-> C'est également le sens de la guémara (Shabbat 55a) :
"Hachem dit à l'ange Gavriel : Va et inscris à l'encre sur le front des tsadikim la lettre "tav" (ת) comme un signe pour que les anges de destruction ne les dominent pas.
Et inscris la lettre "tav" (ת) avec du sang sur le front des réchaïm comme un singe pour que les anges de destruction les dominent."

-> Le Réchit 'Hokhma (Chaar haYira 9) donne le conseil suivant : lorsque l'homme commet une faute, il est bon qu'il pleure abondamment et que ses larmes coulent sur son visage jusqu'à ce que les traces de ses fautes disparaissent. Il est également bon qu'il étale ses larmes sur son front, car c'est sur le front que sont inscrites les fautes commises, comme il est écrit : "Et tu dessineras un signe sur le front des hommes" (Yé'hezkiel 9,4).

+ Si Moché devait revenir de nos jours et qu'il aurait besoin d'emprunter une paire de téfiline, je me sentirais à l'aise de lui donner la mienne car je sais que nos téfilines sont exactement les mêmes que celles au moment du mont Sinaï. [soit il y a des milliers d'années!]
Nos règles (halakha) sont ce qui donnent la puissance au judaïsme. Nous sommes ce que nous étions.

Je ne sais pas ce que sera le monde dans 100 ans, mais je suis certain que les femmes juives allumeront toujours les bougies de Shabbath.
Nos règles ne sont pas un moyen au service d'une finalité, mais elles sont la finalité en elle-même.
[rav David Lau]

Renforce-toi dans l'accomplissement des mitsvot, en surpassant tes possibilités.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - Téchouva]

Pour chaque chaque mitsva que l'homme accomplit dans ce monde, sont créées des lampes avec lesquelles il fouillera dans les trésors du Roi [Hachem] après sa mort [de ce monde].
Heureux celui qui mérite une telle chose, car il s'agit du but ultime de tous les plaisirs du monde à venir.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan - Torah 275]

Chaque mitsva ajoute davantage de sainteté sur une personne ... et à mesure que la sainteté grandit, la joie grandit aussi.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - 'Hanoucca]