« Les juifs ont prêté serment qu’ils n’abandonneraient jamais D. pour une quelconque divinité, et D. a prêté serment qu’Il n’abandonnerait jamais les juifs en faveur d’un autre peuple »

[guémara Guitin 57b]

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-> « Aujourd’hui, tu as déclaré fidélité à Hachem, faisant de Lui ton D. et [t’engageant à] marcher dans Ses voies, à garder Ses statuts, Ses commandements et Ses lois, et à obéir à Sa voix.
A Son tour, Hachem t’a déclaré Sa fidélité aujourd’hui, faisant de toi Son peuple privilégié (am ségoula) comme Il te l’a promis afin que tu observes tous Ses commandements. » (Ki Tavo 26,17-18)

« Tous les peuples de la terre verront que le Nom Divin est associé au tien et ils te craindront » (Ki Tavo 28,10)

-> Nos Sages (guémara Béra’hot 6a) nous enseignent que « le Nom Divin est associé au tien » fait allusion aux téfilin de la tête.

-> Les initiales de : « le Nom de D. est associé  » (chèm Hachem nikra – שֵׁם יְהוָה נִקְרָא) sont les lettres : ש et י et נ, qui se prononcent : chin (שין), comme la lettre qui est gravée sur le boitier des téfilin de la tête, en relief des 2 côtés.
Il s’agit de la 1ere lettre du Nom Divin Sha-daï.
[d’après le Baal haTourim]

La lettre chin (ש) a une guématria de 300. A quoi cela renvoie-t-il?

-> Selon certains de nos Sages cela correspond à la permutation des lettres du nom d’Hachem (יהוה), avec le système de guématria At-Bach, où la 1ere lettre (alèph) est échangée avec la dernière (tav), la 2e lettre (bét) avec l’avant dernière (shin), …
Ainsi, le nom Divin (יהוה) est transformé en : Mem (40) Tsadik (90), Pé (80) Tsadik (90), d’où une valeur numérique de 300.

[Ainsi, en observant le shin sur les téfilin de la tête (valeur de 300), nous pouvons voir que le Nom Divin, dans son Attribut de Miséricorde, est associé à nous, et cela effraie les non-juifs.
De plus, il y a 2 « shin » : un avec 3 branches et un autre avec 4 branches, éventuellement cela met en avant que les juifs sont éternellement protégés par les mérites énormes de leurs ascendants : les 3 Patriarches et les 4 Matriarches.]

-> Selon Rabbénou Bé’hayé (Ki Tavo), c’est pour faire allusion aux 300 jours de l’année durant lesquels on met les téfilin (en retirant le Shabbath, les fêtes).
Selon les Séfaradim, cette raison n’est pas valable car on ne met pas les Téfilines durant ‘Hol Hamo’èd. Il faut donc retirer des jours supplémentaires.

[le calcul : les 52 jours de Shabbath, les 2 jours de Roch Hachana, le jour de Kippour, les 4 jours de Yom Tov Souccot, les 4 jours de Yom Tov Pessa’h, 2 jours de Shavouot = 65 jours => 365-65=300 jours).

-> La valeur numérique des 2 « Chine » sur les téfilin de la tête est égale à 600.
Les deux « Chine » écrits l’un à côté de l’autre forme le mot « Chech » (שש) = le chiffre : 6. On obtient alors 606.
Il y a en tout sept branches (un chin à 4 branches + un autre à 3 branches = soit au total 7 branches).

=> En tout, on obtient 613. Cela fait allusion au midrach selon lequel l’accomplissement de la mitsva des téfilin est équivalent à l’accomplissement des 613 mitsvot.

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+ « Tous les peuples de la terre verront que le Nom Divin est associé au tien et ils te craindront »

-> Le Méam Loez (Ki Tavo 28,10) commente :
« Le bras évoque la force et nous portons les téfilines sur le bras pour montrer que l’homme ne remporte pas la victoire par sa force.
De même, les téfilines de la tête évoquent l’intelligence, pour montrer que « il n’existe ni sagesse, ni conseil devant D. »

Lorsque les nations verront que nous ne les avons pas vaincues par la force des armes, ni celle de l’intelligence, mais parce que D. veille [constamment] sur nous, elles nous craindront. »

« Tous les peuples de la terre verront que le Nom de Hachem est associé au tien, et ils te craindront » (Ki Tavo 28,10)

-> Tant que l’homme se garde des transgressions, l’image de D. ne quitte pas son visage, et toutes les créatures, hommes et bêtes, tremblent devant lui.
Cela n’est pas le cas s’il commet des actes honteux, car alors on lui enlève cette image, comme le dit Caïn (Béréchit 4,14) : « Quiconque me trouvera me tuera ».

[Ohr ha’Haïm haKadoch]

[d’où l’importance de très fréquemment chercher à faire téchouva sur nos fautes, pour retrouver au plus vite cet état de : « le Nom de Hachem est associé au tien », et qu’ainsi l’image de D. puisse rester au maximum sur mon visage!]

« [D. déclare : ] Je vous ai conduits à travers le désert pendant 40 ans durant lesquels vos vêtements ne se sont pas usés sur vous, et ta chaussure ne s’est pas usée sur ton pied » (Ki Tavo 29,4)

1°/ « Ta chaussure ne s’est pas usée sur ton pied » :

-> L’un des élèves de rabbi ‘Haïm Kanievsky s’est étonné : Quel besoin y avait-il de chaussures dans le désert, puisque les nuées de gloire chassaient toute saleté et tout obstacle de leur chemin?

Rabbi Kanievsky a répondu qu’il fallait des chaussures pour pouvoir dire la bénédiction : « qui m’a donné tout ce dont j’ai besoin » (qui porte sur les chaussures <- chéassa li kol tsorki).

On lui a de nouveau demandé : Apparemment, s’ils n’avaient pas besoin de chaussures, n’est-ce pas une bénédiction inutile (ce qui est interdit)?

Il a répondu que les juifs marchaient dans le désert avec des chaussures [uniquement] pour pouvoir les enlever à Yom Kippour, accomplissant ainsi les 5 choses dont il est interdit de profiter en ce jour.

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2°/ « Vos vêtements ne se sont pas usés sur vous » :

-> Le midrach rabba rapporte :
Rabbi El’azar, fils de rabbi Chimon bar Yo’haï, a demandé à son beau-père rabbi Yossi fils de rabbi Lakonia de lui expliquer ce verset.
Il lui a répondu : « Les nuées de gloire entouraient les juifs et repassaient leurs vêtements. »
– Leurs habits n’étaient-ils pas brûlés par les nuées de feu?
– Ne t’étonne pas car il existe un certain tissu qui ne se repasse qu’au feu.
Leurs vêtements étaient miraculeux : la nuée de feu les repassait sans les abîmer. »

-> Le Mean Loez (Ki Tavo 29,4) ajoute :
« D. désirait guider cette génération, la purifier des croyances égyptiennes perverties et leur faire prendre conscience que le monde est dirigé par Sa volonté. Il a donc multiplié les miracles et a fait ressentir Sa Présence d’une façon que les générations suivantes n’ont pas connue.
[…]
Ce miracle faisait partie de celui des [7] Nuées de Gloire.
En général, les vêtements s’abîment et s’usent au contact de la poussière.
Dans le désert, les habits étaient protégés de la poussière par les Nuées de Gloire qui les entouraient comme une boîte (une bulle à la bonne température, bonne odeur, … les transportant, les maintenant propres, leurs repassant les habits, …).
[…]
Comme les juifs allaient recevoir la Torah Écrite et la Torah Orale, Hachem désirait les débarrasser de toute préoccupation matérielle, pour qu’ils puissent être entièrement disponibles pour l’étudier. »

« Hachem te frappera de folie et d’égarement du cœur » (Ki Tavo 28,28)

-> « l’égarement du cœur » = le Saba de Kelm explique que cette expression désigne la fermeture du cœur, comme si l’homme était pris de léthargie, comme quelqu’un qui aurait été anesthésié en vue d’une opération, qui est plongé dans un sommeil profond et ne ressent pas qu’on coupe dans sa chair vive.

De même, le cœur de l’homme qui est frappé d’égarement se trouve plongé dans le sommeil et ne se réveille pas même quand sa vie est menacée. C’est pourquoi le danger est extrêmement grand!

[à l’image d’une personne endormie, parlant dans son sommeil, on peut murmurer de belles paroles sur la nécessité de se réveiller, de changer (l’heure est grave!), mais cependant tant que cela n’arrive pas et ne provient pas de notre cœur, cela reste extérieur!]

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-> Le rav Aharon Kotler enseigne : tout le monde sait combien les grands du monde redoutaient l’approche du mois d’Elloul.
(notre vie dans ses moindres détails est décidée à Roch Hachana ; nous pouvons avoir tout ce que nous désirons, mais à la condition de le demander de tout son cœur à Hachem!)

Notre cœur est complètement obtus, sans le moindre soupçon de crainte, alors que nous devrions craindre d’autant plus du fait même de cette situation amère où il nous manque la moindre étincelle de sentiment.
En effet, le fait d’avoir perdu ce sentiment est malheureusement le niveau le plus bas qui existe.
Comme le dit la guémara (Shabbath) : « Un idiot ne se vexe pas, et la chair qui est morte chez le vivant ne sent pas une aiguille ».
[l’heure est extrêmement grave/vitale, c’est juste que notre cœur est tellement endormi, au point que nous ne ressentons rien de particulier!]

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-> Rabbi Yé’hezkel Levinstein dit :
« Il est vrai qu’en Elloul, nous sommes tous animés d’un éveil plus grand que durant le reste de l’année. Mais il faut faire très attention à éviter un simple éveil qui ne serait qu’extérieur et superficiel.

Tel est le juste service qui s’appelle : « repentir complet ». [complet => total => même du plus profond de nous, et pas uniquement à l’extérieur! ]

Si nous agissons ainsi, nous ressentirons la gravité du jour du jugement, et serons emplis de la crainte de D. »

« Tu te réjouiras de tout le bon que Hachem ton D. t’a donné » (Ki Tavo 26,11)

-> Le Tiféret Chlomo commente :
Quand est-ce que quelqu’un peut se réjouir de « tout le bon »?
Quand il connaît celui qui lui fait ce cadeau.

A quoi est-ce que cela ressemble?

A quelqu’un qui reçoit un cadeau du roi. Certes, il a beau être heureux du fait même de la valeur du cadeau, mais sa joie est encore bien plus considérable du fait que ce soit le roi qui lui a fait ce cadeau.
L’importance de celui qui donne est l’essentiel de sa joie.

=> Ainsi : « Tu te réjouiras de tout le bon » = non pas seulement parce que c’est bon, mais surtout parce que c’est : « Hachem ton D. [qui] te l’a donné ».

[pour permettre la véritable existence de notre libre arbitre, nous n’avons pas conscience sur le moment de la bonté infinie que Hachem nous fait. D’ailleurs, nous en arrivons même parfois à nous persuader à tord que c’est une mauvaise chose.
C’est pourquoi, nous devons au moins toujours nous réjouir à l’idée que c’est le Maître du monde, Hachem, qui nous donne tout à chaque instant, à commencer par la vie!]

« Et que toutes ces malédictions viendront sur toi et t’atteindront » (Ki Tavo 28,15)

-> Le mot : « véhissigou’ha » (t’atteindront – וְהִשִּׂיגוּךָ) est écrit d’une façon pleine, avec un vav, alors que plus haut dans les bénédictions, quand il est dit : « toutes ces bénédictions viendront sur toi et t’atteindront » (Ki Tavo 28,2), c’est écrit sans le vav (véhissigou’ha – t’atteindront – וְהִשִּׂיגֻךָ).

=> Comment comprendre cela? En effet, normalement une bénédiction vient d’une façon plus pleine, abondante, que la malédiction!

Rabbénou Bé’hayé répond que c’est écrit d’une façon pleine, selon ce qui est écrit : « Je suis avec lui dans le malheur/détresse » (Téhilim 91,15 – imo ano’hi bétsara – עִמּוֹ-אָנֹכִי בְצָרָה).
Les dernières lettres de chaque mot sont : youd, hé, vav (יהו), et c’est pourquoi dans ce verset qui parle de nos moments de douleur sont écrites les 3 lettres du Nom de Hachem (יהוה).

Parce que la Torah a effrayé les juifs par des malédictions, elle vient dire en allusion qu’ils ne seront pas perdus, car Hachem est présent/réside [toujours parmi eux] dans leur malheur et les protège.

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b’h, également sur ce sujet :
-> https://todahm.com/2016/08/22/quand-je-souffre-mon-papa-hachem-souffre-encore-plus-que-moi
-> https://todahm.com/2018/08/08/la-douleur-de-la-presence-divine