La joie dans les mitsvot (2e partie)

« Parce que tu n’auras pas servi Hachem ton D. dans la joie et le contentement du cœur » (Ki Tavo 28,47)

+ La joie dans les mitsvot (2e partie) :

+ La joie de faire une mitsva = une mitsva en soi

-> La joie que nous ressentons lorsque nous réalisons une mitsva, est elle même une mitsva.
L’indicateur du fait d’aimer faire quelque chose est la joie ressentie.
Ainsi, si nous apprécions d’accomplir des mitsvot, nous devons en être joyeux.
[Rabbénou Bé’hayé]

[ne pas être joyeux dans les mitsvot, c’est dire à D. : ça me saoule de faire Ta volonté! Quelle corvée!!]

-> Il y a 3 façons de se rapprocher d’Hachem : en Le craignant, en L’aimant, et par la joie.

Se réjouir dans chaque mitsva, par amour pour Lui, qui nous l’a demandé (uniquement pour notre bien) … nous devons nous considérer comme invité à la table du palais royal.
Lorsque la joie nous conduit à chanter et à danser, cela est considéré comme servir Hachem, et c’est un moyen de s’attacher à Lui.
[Rabbi Yéhouda haLévi – Kouzari 2,50]

-> La joie est un principe essentiel du service divin, comme le dit le roi David : « Servez Hachem avec joie, présentez-vous devant Lui avec des chants d’allégresse » (Téhilim 100,2).

Le midrach (Cho’her Tov 100) commente : « Lorsque tu te tiens en prière devant Hachem, laisses ton cœur se réjouir que tu pries selon qui est incomparable »

C’est cela la vrai joie, se réjouir d’avoir le privilège de servir le Maître du monde, qui n’a pas d’égal.
[Ram’hal – Messilat Yécharim – chap.19]

-> Nos Sages disent : « La présence divine ne vient se poser sur une personne uniquement au travers sa joie dans une mitsva » (guémara Shabbath 30b).

Hachem s’est énervé contre les juifs : « parce que tu n’auras pas servi Hachem, ton D., avec joie et contentement de cœur » (Ki Tavo 28,47)

-> Nous devons servir D. avec de la joie [« Servez Hachem avec joie » – Téhilim 100,2]

La joie ajoute de l’enthousiasme et de l’amour pour D., et nous pousse à nous lier avec Lui.
Lorsqu’une personne est triste en accomplissant les mitsvot, c’est comme si un serviteur sert son maître avec un visage triste.
Il faut essayer d’être joyeux à chaque fois que nous faisons une mitsva.
[Rabbi ‘Haïm Vittal – Chaaré Kéducha 2,4]

-> Ce n’est qu’au travers sa réjouissance qu’un homme peut atteindre la perfection dans la réalisation d’une mitsva.
[Gaon de Vilna]

-> Il faut ressentir de la joie en servant Hachem, et ressentir de la joie d’avoir de la joie en Le servant.
[Kédouchat Lévi]

-> Le Pélé Yoets enseigne qu’être heureux de faire les mitsvot alors que nous traversons une période difficile de notre vie, a beaucoup plus de valeur, que lorsque tout va bien.

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-> En se focalisant sur le gain éternel que nous apporte la réalisation des mitsvot, nous ne serons pas dérangés par les difficultés que cela implique.
[Maguid de Dubno – Séfer haMidot]

-> Une personne qui ressent de la joie dans la pratique des mitsvot en oublie toutes ses souffrances et malheurs.
En comparaison du fait de faire la volonté de Hachem et d’en devenir plus proche de Lui, elles sont alors sans importances et futiles.
[…]
Une personne qui a de la joie en faisant de bonnes actions (selon la Torah) a plus de joie qu’une personne trouvant une importante somme d’argent.
[Rabbi Yonathan Eibeschetz – Yaarot Dvach]

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-> Une personne renoncerait volontairement aux plaisirs de ce monde pour de la spiritualité, si elle prenait du plaisir dans son étude de la Torah.
[Rabbi Yé’hezkel Levenstein]

=> Il est nécessaire d’éprouver de la joie lorsque l’on fait des mitsvot, afin d’éviter d’être tenté par ce que le yétser ara a à nous vendre.

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+ Joie : matérialité vs spiritualité

-> Lorsque nous aimons vraiment une personne nous avons beaucoup de plaisir à pouvoir faire ses envies, et il doit être de même avec Hachem, en faisant Sa volonté.

Au final, nous devons en ressentir un plaisir si intense qu’aucun autre plaisir de ce monde puisse être comparable.
[Rabbi Yonathan Eibeschetz – Yaarot Dvach]

-> Le seul type de joie qui peut être vraiment total est celui de réaliser une mitsva.

En effet, la joie concernant de la matérialité est forcément limitée, car le matériel n’est que temporaire.
Mais la valeur d’une mitsva est éternelle, ce qui fait que la joie d’en faire est sans limite.
[…]
On peut avoir plus de plaisir dans la spiritualité que dans la matérialité.
C’est pourquoi, une personne qui s’aime vraiment va rechercher les plaisirs spirituels.
[…]
Les plaisirs matériels ont une durée très courte, et tout de suite après l’avoir vécu, le plaisir n’est plus là.

[Rabbi Sim’ha Zissel Ziv – Hokhma ouMoussar]

[investir dans la spiritualité, c’est investir dans de l’éternel, c’est faire ce qu’il y a de mieux pour sa vie.

Par ailleurs, cela amène une plénitude intérieure car notre véritable « moi » (notre néchama) se réjouit que nous fassions ce que nous devons faire de notre vie, et non pas que nous tuons le temps, ce que le yétser ara nous pousse à faire.]

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+ La joie dans la prière :

-> Si une personne apprend à prier comme il le faut, avec enthousiasme et en comprenant ce qu’elle dit, elle va en tirer un énorme plaisir.
[Rabbi Eliyahou Lopian – Lev Eliyahou]

-> La guémara (Béra’hot 31a) dit que nous devons faire attention à ne pas prier tout en étant triste, que nous devons plutôt ressentir de la joie de réaliser une mitsva.

Selon le Arizal (Chaar haKavanot – Birkat hachkhar), il est interdit de prier lorsque l’on est triste.
Il ajoute que si malgré tout nous prions (triste), nous n’avons alors pas la possibilité de tirer profit de l’importante lumière qui descend sur une personne lorsqu’elle prie.

-> « Lorsque tu te tiens en prière devant Hachem, laisses ton cœur se réjouir que tu pries selon qui est incomparable » (midrach Cho’her Tov 100).

Le Ram’hal (Messilat Yécharim chap.19) explique que c’est cela la véritable joie : ressentir dans son cœur l’extase ultime d’avoir le mérite, le privilège de pouvoir servir le Maître du monde, qui n’a pas d’égal.
A cela vient s’ajouter la récompense, véritablement inconcevable, que Hachem par amour déverse sur nous lorsque nous faisons Sa volonté.

-> Rabbi Moché Schwab (Maarché Lév) dit qu’au moment de prier, nous devons d’un côté ressentir la gravité de parler face à face directement avec Hachem, et d’un autre côté, nous devons être plein de joie d’avoir ce mérite énorme de pouvoir faire la volonté du Créateur.

-> Lorsque l’on prie convenablement, on peut arriver à ressentir ce que dit le ‘Hazon Ich (Emouna ouBita’hon 1,9) :
« Lorsqu’une personne mérite de devenir consciente de la réalité de Hachem, elle peut éprouver une joie sans limite.
Tous les plaisirs de la chair disparaissent immédiatement.
Son âme est enveloppée d’une sainteté, et c’est comme si elle avait quitté le corps et qu’elle s’envolait vers les Cieux supérieurs.

Lorsqu’une personne se transcende jusqu’à ce niveau, un monde totalement nouveau s’ouvre à elle.
Il est alors possible de devenir comme un être céleste.
Tous les plaisirs de ce monde ne valent rien en comparaison du plaisir intense qu’a une personne en se liant avec Son Créateur ».

-> Le rav Chakh disait que lorsqu’il était dans la amida (face à face avec Hachem que peut avoir tout juif 3 fois par jour!), c’étaient les plus beaux moments de sa vie.

-> Le Zohar souligne l’importance de prier le Birkat haMazone avec beaucoup de joie, car nous y exprimons notre gratitude à D. pour toute la nourriture qu’il nous accorde.
Notre joie profonde est l’expression de notre reconnaissance sincère, car sinon c’est plutôt une lecture d’un texte imposé.

[d’une manière générale, le schéma de nos prières est : remerciements + demandes en conscience que tout vient de D.
Avoir de la joie au moment de prier, témoigne que l’on ressent ce que l’on dit : un infini merci papa Hachem! Tu es le meilleur car … et … et … ]

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+ La joie d’étudier la Torah :

-> Il faut ressentir de la joie à chaque fois que nous étudions la Torah ou prions.
[‘Hafets ‘Haïm – Michna Broura 1,10]

-> Les plaisirs physiques peuvent rendre heureux et joyeux, mais cela n’est absolument pas comparable aux plaisirs que l’on a en faisant des efforts dans la sagesse (de la Torah).
[‘Hazon Ich – Kovets Igrot]

-> Lorsqu’une personne étudie la Torah et en éprouve du plaisir, son être se lie avec la Torah.
[ce sentiment de se lier avec la source de la vie, avec l’origine première, avec Hachem est un honneur et un énorme plaisir]
[Rabbi Avraham de Sochotchov]

-> La Torah est le délice de Hachem ; il est donc tout à fait naturel que nous réjouissions d’un tel trésor.
[Rabbin ‘Haïm de Volozhin – Roua’h ‘Haïm – Avot 6]

-> Plus nous éprouvons de la joie à étudier la Torah, plus nous aurons des capacités à retenir ce que nous avons étudié.
[le Steïpler – Birkat Perets]

-> Rabbi Eliyahou Lopian enseigne qu’il faut chercher à toujours avoir du plaisir dans son étude de la Torah, car en cela nous serons moins tentés d’être attirer par la matérialité.
[en maintenant le feu d’amour pour la Torah, nous évitons d’aller voir la concurrence (matérialité) qui vend du rêve en toc (yétser ara), voir de se rebeller contre la Torah.]

Le rav Moché de Kobrin disait de même : « Si nous ne cherchons pas la joie inhérente à la sainteté, nous nous tournerons naturellement vers les plaisirs matériels. »

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-> Rabbi ‘Haïm de Volozhin dit que nous devons être heureux pour ce que nous pouvons étudier, plutôt que de faire dépendre notre joie sur la finalisation d’objectifs d’étude importants.

-> Lorsque nous étudions la Torah, il faut ressentir de la joie pour nos efforts, car tant que l’on a fait de son mieux, nous n’avons aucune raison d’être découragé.

Les efforts investis sont l’objectif de l’étude (le résultat étant un cadeau que nous fait Hachem).
[Rabbi Nathan Wachtfogel]

[la récompense n’est pas sur le nombre de pages étudiées, mais sur l’effort investi par rapport à ce que l’on pouvait faire]

-> « Si une personne s’immerge sincèrement dans l’étude de la Torah, rapidement les sentiments de difficultés disparaissent et elle trouvera alors qu’aucun plaisir (de ce monde) ne peut se comparer à celui d’étudier la Torah avec ferveur »
[‘Hazon Ich – Kovets Igrot]

[certains grands Sages disent que les 5-10 premières minutes d’étude sont difficiles, mais une fois dépassées, c’est le kiff ultime!]

-> Ressentir de la joie lorsqu’un autre étudie, démontre que notre joie lorsque nous étudions provient d’une source sincère, et non uniquement pour notre gain personnel.
[Rabbi ‘Haïm de Volozhin]

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+ Mais aussi :

-> Dans les plaisirs matériels, nous éprouvons plus de plaisir dans l’anticipation d’une chose que dans sa réalisation.
En terme de plaisirs spirituels, comme l’étude de la Torah et les bonnes actions, plus nous en avons envie, plus nous aurons de plaisirs à les faire.
[le Beit haLévi – Béréchit]

-> Le Ram’hal (Messilat Yécharim – Chap.7) explique qu’en agissant extérieurement, on peut influencer nos sentiments internes.
En effet, puisque nous avons plus de contrôle sur nos actions que sur nos émotions, nous devons faire des actions externes qui vont générer de la joie et de l’enthousiasme internes à vouloir grandir spirituellement.

La joie dans les mitsvot (1ere partie)

« Parce que tu n’auras pas servi Hachem ton D. dans la joie et le contentement du cœur » (Ki Tavo 28,47)

+ La joie dans les mitsvot (1ere partie) :

-> « L’ultime réussite pour un homme consiste à s’attacher à Hachem en accomplissant les mitsvot dans la joie »
[Nétsiv – Ar’hév Davar – Chémot 5,3]

-> Un homme doit se réjouir de chaque occasion où il sert Hachem, soit en pensée, soit dans son comportement.
Même si les actes eux-mêmes ne durent qu’un bref moment, leur impact est immense.
[Rav Aharon de Karlin – Beit Aharon]

-> Le terme Sim’ha est un acronyme pour : « Sim’hat mitsva « hiouv hou » : nous sommes obligés d’accomplir les mitsvot dans la joie.
Même une pensée positive passagère produit des résultats édifiants.

Lorsqu’un homme se réjouit de faire une mitsva, sa récompense est plus grande que celle octroyée pour l’accomplissement de la mitsva elle-même.
[‘Hida – Tsiporen Chamir]

-> Selon rabbénou Bé’hayé (Kad haKéma’h), la joie de faire une mitsva est plus importante que la mitsva en elle-même.

-> Lorsqu’un homme sert Hachem avec joie, sa mitsva est ennoblie, et sa récompense est démultipliée en ayant 1000 fois plus de valeur que si elle était réalisée sans joie.
[Or’hot Tsadikim – Chaar Sim’ha]

-> Ne prenez pas à la légère [le fait de servir Hachem dans la joie], car la récompense [de cela] est infiniment grande.
[le Arizal – Chaar haKavanot]

D’ailleurs, le Séfer ‘Harédim écrit : « Tous [les niveaux spirituels] qu’a pu atteindre le Arizal, sont venus en récompense du fait qu’il était débordant de joie et de bonheur, au plus au point, à chaque fois qu’il réalisait une mitsva. »

-> Le Baal Chem Tov avait l’habitude de dire : « Même si l’on ne devait recevoir aucune autre récompense que la joie et le plaisir d’accomplir une mitsva, cela serait suffisant. »

-> Hachem nous a donné la Torah avec une abondance de mitsvot
Nous pouvons nous en servir à volonté.

Même la mitsva la plus infime a plus de valeur que tous les trésors matériels de ce monde.
Cette existence, foisonnant de joyeuses opportunités, doit nous satisfaire au point de nous combler entièrement.
[le ‘Hafets ‘Haïm – Chem Olam]

-> Les mitsvot ont été données pour notre bonheur et notre plaisir ultime.
L’objectif des lois de la Torah est de donner à une personne une façon de vivre qui va lui améliorer considérablement sa vie.
[Rabbi Nathan Tsvi Finkel – Tnouat haMoussar]

-> Les mitsvot ont été données dans notre intérêt et pour notre plaisir.
C’est pourquoi on doit ressentir énormément de joie lorsqu’on en réalise une.
[Rabbi Yonathan Eibeschetz – Yaarot Dvach]

-> C’est parce que nous sommes tellement impliqués dans des problématiques matérielles que nous avons perdu notre sensibilité à la quantité importante de bonheur et de joie que nous pouvons ressentir en accomplissant une mitsva.
[…]
Nous devons ressentir de la joie à agir d’une manière qui amène de la satisfaction au Créateur de l’univers.
[…]
Nous devons ressentir plus de bonheur et de plaisir à servir Hachem que si nous devions vivre tous les plaisirs qui existent.
[‘Hafets ‘Haïm – Chem Olam – part.2 chap.11]

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-> Les 10 épreuves avec lesquelles Hachem a éprouvé Avraham n’auraient pas attesté de sa grandeur, s’il ne les avait pas acceptées dans la joie et de bon cœur.
[‘Hovot haLévavot – Chaar ‘Hechbon haNéfech 3,27]

=> Ainsi, l’existence du peuple juif repose sur la joie de Avraham à toute épreuve, conscient que c’est uniquement Hachem qui est derrière, et ce dans les moindres détails.

-> La michna des Avot déRabbi Nathan (34,9), nous apprend qu’il y a en hébreu (lachon hakodech) 10 mots différents pour exprimer la joie : sasson, sim’ha, guila, rina, ditsa, tsahala, aliza, ‘hedva, tiféret et alitza.

Le Séfer Machshévét Israël fait remarquer que nous trouvons cela dans aucune autre langue, car le caractère propre d’un juif est d’être joyeux!

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-> Le rav ‘Haïm Vittal rapporte les enseignements de son maître le Arizal (introduction au Chaar haMitsvot) :
Comment se fait-il qu’autant de personnes réalisent les mitsvot, et qu’elles n’ont pas les récompenses promises par nos Sages?

A l’origine tout dépend du fait que nous ne devons pas considérer une mitsva comme une lourde charge, comme un fardeau dont nous devons vite nous débarrasser, mais plutôt nous devons avoir à l’esprit que nous gagnons des milliers de milliers de pièces d’or.

La joie que nous devons ressentir dans notre cœur et notre âme au moment d’accomplir une mitsva doit être sans limite, et nous devons en avoir un énorme désir, comme si on nous donner des milliers de milliers de pièces d’or pour l’accomplir. »

[Hachem nous a multiplié les mitsvot, comme autant d’occasions de gagner des millions.
Comment pouvons-nous utiliser cette bonté de Hachem, pour en devenir blasés : « encore je dois me lever pour aller prier! » ; « encore je n’ai pas le droit de faire ça », …
Les mitsvot ne sont pas des punitions, mais des cadeaux d’amour de D. pour nous, qu’Il multiplie au maximum.
=> Sachons donc avoir un sourire de remerciement lorsqu’on les fait. ]

-> Notre attitude envers la plus petite élévation spirituelle doit être similaire au bonheur et à l’excitation de trouver un trésor caché.
[Rabbi Avraham Grodzinsky – Torat Avraham]

-> Pour ressentir de la joie en accomplissant une mitsva, on doit se focaliser sur combien de joie nous aurions eut, si nous avions trouvé une importante somme d’argent.
Une fois qu’on a conscience de cela, on doit réaliser à quel point nous gagnions davantage en réalisant des mitsvot.
Nous aurons alors toujours plus de joie à les faire.
[…]
Représente-toi dans ton esprit la grande joie que peut avoir quelqu’un qui a été sauvé d’être brûlé vivant. A la dernière seconde, il a été sauvé de la mort certaine, et il a alors été élevé à la position de roi.
Représente-toi dans ton imagination chaque détail d’une telle situation.
Ressens le soulagement d’être sauvé. Ressens l’allégresse débordante d’une telle personne devenant un monarque riche et puissant.
Telle est la joie qu’on doit ressentir lorsque nous accomplissons une bonne action, si l’on apprécie la valeur d’observer les commandements de Hachem.
[le Pélé Yoets – Sim’ha]

-> Une ville était en proie à une épidémie, et quelqu’un a approché le ‘Hafets ‘Haïm, lui demandant s’il était d’accord de renoncer à sa récompense pour la mitsva de mettre les téfilim pendant une seule journée, afin que grâce à cela l’épidémie puisse s’arrêter.

Le ‘Hafets ‘Haïm lui a répondu que ce n’est pas comme cela que ça fonctionne.
Pourquoi?
Cela ressemble à une personne entrant dans un magasin de bonbons afin d’en acheter un seul valant quelques centimes, avec un billet d’un million.
Cela n’est pas possible, car il n’y a pas assez de monnaie à lui rendre.

=> La récompense pour la mise des téfilin d’un seul jour, est si importante qu’on ne peut rien avoir en échange dans ce monde, car il n’existe rien pour rendre la monnaie.

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-> « Lorsqu’une personne réalise une des mitsvot, cette mitsva monte et se tient devant Hachem, puis L’orne et dit : « Untel m’a fait, je viens de lui » … et cela entraîne de la paix (shalom) à la fois dans les mondes supérieurs et inférieurs.
[…]
Heureux est la part de cette personne qui a accompli les mitsvot de la Torah! »
[Zohar haKadoch – Bamidbar 118a]

« Tu prendras des prémices de tous les fruits de la terre, récoltés par toi dans le pays que Hachem ton D. t’aura donné. Tu les mettras dans une corbeille et tu te rendras à l’endroit que Hachem ton D. aura choisi » (Ki Tavo 26,2)

->  » « Au commencement [béréchit], D. créa » : par le mérite des prémices qui sont appelés « réchit », le monde fut créé. »
[midrach Béréchit rabba 1,6]

-> Quelle est la particularité de la mitsva des bikourim, au point que, selon les Sages, le monde fut créé par son mérite?

Le rav Yaakov Neuma (Darké Moussar) rapporte que l’agriculteur a cultivé sa terre, il l’a soignée puis a récolté les fruits de son verger, pour finalement les engranger.

Or à présent, il doit en présenter une partie au Temple et déclarer au Cohen : « J’apporte maintenant les 1ers fruits dont Tu m’as fait présent, Hachem ».
Par ces mots, il conteste tout esprit d’indépendance par rapport au Créateur, il nie que : « c’est le pouvoir de mon bras qui m’a valu cette réussite ».
En disant que D. lui a fait présent de ces fruits, il reconnaît que tout vient de Lui.

Le but de l’existence est de conduire l’homme à prendre conscience que tout émane seulement de Hachem, et puisque les bikourim l’amènent à cette conscience, c’est donc bien par leur mérite que le monde fut créé.

Les bikourim renforcent notre émouna.

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-> Le Alcheikh haKadoch cite une loi spécifique aux bikourim, stipulant que lorsque les agriculteurs étaient en route vers le Temple pour apporter leurs prémices (bikourim), tous les ouvriers interrompaient leur travail pendant leur passage en signe de respect.

Or en règle générale, un ouvrier ne doit saluer personne pendant son travail, pour ne pas voler son employer (en ne travaillant pas sur son temps de travail).
Pourtant, dans le cas précis des bikourim, les Sages autorise cela?

Le Alcheikh haKadoch répond que c’est en raison du fait que le devoir de gratitude constitue un fondement essentiel du service divin.

La qualité d’un homme s’apprécie selon sa faculté à reconnaître les bontés du Créateur.
Plus on apprécie les innombrables bienfaits que Hachem nous accorde, plus on devient conscient de la dette que nous avons envers Lui, et plus nous ne pouvons manquer aucune occasion pour exprimer notre reconnaissance à D.

=> Le message de reconnaissance véhiculé par les bikourim est si important que nos Sages autorisèrent les ouvriers à interrompre leur travail.

Les bikourim renforcent notre gratitude, qui est un fondement du judaïsme.

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-> Selon le rav Yaakov Neuman (Darké Moussar), par ces premiers fruits (bikourim), l’agriculteur exprime sa gratitude à Hachem pour avoir béni son champ, et reconnaît que tout ce qu’il possède vient de Lui.

D’ailleurs, même celui qui ne récolte qu’un seul grain de blé doit amener les bikourim, car Hachem subvient absolument à tous nos besoins.

[ => les bikourim sont un rappel de gratitude envers D. pour l’agriculteur, et ainsi que pour chaque personne le croisant sur son chemin vers le Temple]

-> Dans le verset suivant, il est écrit : « Tu te présenteras [avec tes bikourim] au Cohen qui sera alors en fonction et tu lui diras »
Rachi de commenter : tu lui diras = que tu n’es pas ingrat.

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-> La paracha précédente (Ki Tétsé) se termine par la mitsva de faire disparaître Amalek
Cette paracha (Ki Tavo) commence par la lettre vav (ו) signifiant : « et » (liaison), suivie par le sujet des bikourim.

Quel est le lien entre ces 2 mitsvot (Amalek et bikourim)?

Le midrach (Tan’houma Béchala’h 25) dit que Amalek était arrogant, orgueilleux.
La Torah discute immédiatement après des bikourim, pour nous enseigner que nous devons également faire disparaître notre orgueil (le Amalek en nous), qui amène à ne plus apprécier le bien que l’on nous fait.

[le Béér Moché]

[ Une personne qui a un manque d’appréciation pense qu’elle peut tout faire toute seule, indépendamment de Hachem.
En apportant les bikourim, on corrige cette tendance naturelle, et l’on démontre que nous dépendons totalement de la miséricorde divine. ]

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-> La mitsva des bikourim va à l’encontre de la nature d’une personne.
C’est par ce mérite d’aller à l’encontre de ses tendances naturelles en apportant les bikourim à Hachem, que les juifs ont mérité de recevoir la terre d’Israël.

[Rabbi Moché Teitelbaum – Béra’h Moché]

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« Je n’ai pas passé outre Tes mitsvot et je n’ai pas oublié » (Ki Tavo 26,13)

Il y a les prémices (bikourim) qui sont les 1ers fruits de certaines sortes seulement.

Il y a également le prélèvement des dîmes sur les récoltes qui suit un cycle de 3 ans.
Tous les ans, on donne la première dîme au Lévite ; la 1ere et la 2e année, on prélève également le maasser chéni, la 2e dîme. Elle est sacrée et ne peut être consommée qu’à Jérusalem.
La 3e année, à la place de la seconde dîme, on prélève une dîme appelée maasser ani, la dîme du pauvre.
Ce cycle se répète tous les 3 ans, à l’exception de la 7e et de la 50e année (respectivement la chémita et le yovèl).

C’est ainsi que la veille de Pessa’h de la 4e et de la 7e année de la chemita (marquant la fin d’un cycle de 3 années), on doit s’assurer qu’on a bien remis toutes les dîmes à qui de droit (sur la durée de ce cycle de 3 ans), et on récite un texte de « confession sur les dîmes », le « Vidouï Maasser » (v.13-15).
Il est préférable de le réciter au Temple à Jérusalem, mais on peut le faire n’importe où.

L’extrait du verset, cité ci-dessus, fait partie de cette « confession sur la dîme », et par cela, on affirmait avoir accompli ce qu’il fallait et n’avoir rien oublié de faire.
En général, une confession (vidouï) vient connoter que la personne avoue une faute. Mais là, si elle dit que tout a été fait dans les règles, où est l’aveu?

Le rabbi de Satmar répond que dans cet aveu (vidouï), l’individu disait certes qu’il n’est passé outre aucune loi, mais il ajoutait : « Je n’ai pas oublié », dans le sens de « Je n’ai pas oublié ce que j’ai fait ».
Le fait de ne pas oublier ses mitsvot est en soi déjà une faille. En effet, l’homme doit oublier les mitsvot qu’il a réalisées pour se sentir toujours redevable d’en faire encore et ne jamais se sentir quitte ni orgueilleux.
C’est sur cette faille que l’aveu prend son sens.

[A chaque instant, nous avons une dette de gratitude infinie à l’égard de D., et il en serait ingrat d’en venir à croire que grâce à ce que nous faisons nous pouvons rivaliser avec Lui.
La naturalité veut que nous n’aimons pas être endettés avec quelqu’un pour ce qu’il a pu nous faire, mais la réalité est qu’avec Hachem nous ne pourrons jamais nous débarrasser de ce sentiment de Lui être totalement redevable.

Vouloir retirer le fait d’être redevable à Hachem, c’est vouloir Le retirer de notre vie.
[c’est bon je n’ai pas besoin de ton aide, je peux très bien agir tout seul!]

Nous pouvons nous rappeler de nos mitsvot passées si elles nous permettent de se renforcer, de s’améliorer dans notre avodat Hachem (ex: du passé nous pouvons apprendre à agir mieux dans le futur ; à mon yétser ara qui veut me faire croire que je ne suis pas si grand que ça, regarde mes bonnes actions que j’ai pu faire par le passé, je me dois donc d’agir au moins aussi bien! ]

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-> Selon le Sforno, cette déclaration est appelée « confession », bien que l’on n’y mentionne aucune faute, car si Israël n’avait pas adoré le Veau d’or, le service Divin serait resté le privilège des premiers-nés, et chaque foyer aurait alors été sacré.
Ce n’est qu’à cause de cette dégradation qu’il faut sortir les dîmes de la maison et les donner aux Cohanim et aux Lévi’im, et c’est pourquoi nous nous confessons.

3 Questions/Réponses – Paracha Ki Tavo

+ 3 Questions/Réponses – Paracha Ki Tavo :

1°/ La paracha commence par le sujet des bikourim (v.26,1-11).
On peut trouver dans ce passage toutes les lettres de l’alphabet hébraïque à l’exception d’une seule.
Laquelle et pourquoi?

-> Le Baal haTourim (Ki Tavo 26,4) note qu’il manque la lettre samé’h (ס).

Cela fait allusion à l’enseignement de la guémara (‘Houlin 137b) disant que bien qu’il n’y a pas de montant minimal que l’agriculteur doit apporter afin de réaliser la mitsva des bikourim, nos Sages ont institué qu’il doit amener 1/60e de sa récolte.

=> On retrouve cela avec l’absence de la lettre samé’h, qui a une guématria de 60.

De plus, la Torah utilise un mot inhabituel lorsqu’elle demande à l’agriculteur d’apporter ses premiers fruits (bikourim) dans un panier (הַטֶּנֶא – aténé – v.26,4) au cohen.
La raison est que ce mot : « panier » (טֶּנֶא – téné) a une valeur numérique de : 60.

-> Rabbi Tsadok haCohen de Lublin (Pri Tsadik) enseigne très joliment :
« Dans toute la section des bikourim et du vidouï, nous ne trouvons pas la lettre samé’h (ס), qui représente le Satan (סמאל – SamaEl).
La raison est que cette section est comparable à un fils parlant et implorant son père.
Heureusement, le Satan ne peut pas interférer pendant ce moment de tendresse et d’émotions (père/fils). »

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2°/ Il est écrit : « Tu [Moché] inscriras sur les pierres toutes les paroles de cette Torah, en [les] expliquant bien » (Ki Tavo 27,8)

Rachi, qui cite nos Sages (Sotah 32a), explique qu’elle devait être écrite de façon à ce qu’elle soit claire pour tous ceux qui désireraient la lire, c’est-à-dire dans les 70 principales langues de l’époque.

La guémara (Avoda Zara 2b) rapporte que chacune des autres nations s’est vue proposer la Torah, et elles ont toutes refusées de l’accepter.

Si elles ne la voulaient pas, pourquoi était-il nécessaire de leur rendre accessible la Torah?

-> Rav Yossef Sorotzkin (Méged Yossef) note que la guémara (Shabbath 88b) enseigne qu’au moment où la Torah a été donnée aux juifs au mont Sinaï, chacun des mots qui sortait de la « bouche » de Hachem était exprimé simultanément dans les 70 langues.

Le rav Sorotzkin explique que certes les autres nations ont rejeté à un niveau collectif la Torah, mais il y avait des individualités minoritaires parmi elles qui ont exprimé le désir de l’accepter.
A toutes les époques, les non-juifs qui se convertissent de façon halakhique au judaïsme, sont des descendants de ces personnes qui ont accepté initialement la Torah.

=> On comprend maintenant mieux la nécessité de rendre accessible et de traduire la Torah pour ceux qui désirent sincèrement observer ses lois, puisque leurs âmes étaient également présentes au moment du don de la Torah (puisque l’ayant acceptées).

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3°/ La guémara Taanit (8b) dérive du verset (Ki Tavo 28,8) que la bénédiction ne se trouve que dans ce qui est caché du regard.
En effet, ce qui est étalé sur la place publique est sujet à être endommagé par le mauvais œil (ayin ara).
Comment est-ce que ce concept fonctionne-t-il?

Le rav Eliyahou Dessler (cité dans le Sia’h ‘Haïm I,237) explique que lorsque Hachem a décidé et décrété initialement qu’une personne avait le droit à quelque chose, Il trouvait qu’elle était méritante pour bénéficier d’un certain avantage personnel.

Cependant, si cette personne va s’en servir de façon ostentatoire, cela risque d’entraîner de la souffrance et de la jalousie chez d’autres (pourquoi elle a et pas moi!).
Hachem doit alors refaire les comptes. En effet, certes elle mérite d’avoir ce plaisir pour elle-même, mais il faut maintenant également considérer que cela va entraîner de la souffrance chez autrui par le fait de l’avoir publiquement exhibé.

Après le nouveau verdict : soit elle est encore méritante pour avoir ce bien, soit Hachem va considérer qu’elle ne mérite plus d’avoir ce profit à cause des conséquences que cela va avoir sur son environnement.

=> Ainsi, le ayin ara peut entraîner indirectement la perte de bénédictions, et il est judicieux de prendre en compte le conseil de nos Sages en profitant d’elles de manière plus privée, plus « cachée du regard ».

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+ Questions bonus (b’h) :

Il est écrit :
-> « Hachem enverra en ton sein le manque, le désarroi et l’angoisse » (Ki Tavo 28,20)
-> « Je susciterai sur vous la panique » (Bé’houkotaï 26,16)

Ces 2 parachiot ont de commun de contenir de très nombreuses malédictions.

-> 1°/ Pourquoi est-ce que celles de la paracha Ki Tavo sont à la 3e personne (« Hachem »), tandis que celles de Bé’houkotaï sont à la 1ere personne (« Je »)?

Rabbénou Bé’hayé explique que les malédictions mentionnées dans Bé’houkotaï se sont réalisées durant le 1er Temple, où la présence divine y résidait, et c’est pour cela que c’est écrit à la 1ere personne car Hachem infligea lui-même ces punitions.

Les malédictions de Ki Tavo se sont réalisées durant le 2e Temple, où la présence divine était absente du Temple (guémara Yoma 21b), elles sont donc écrites par la voix de Moché (3e personne) relatant ce que Hachem a fait.
[ceci témoigne de la distanciation]

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-> 2°/ Le Ohr ha’Haïm fait remarquer que dans la paracha Bé’houkotaï, il y a l’utilisation du pluriel (« vous »), et dans Ki Tavo c’est le singulier qui est utilisé (« tu »).
Pourquoi une telle différence?

– Le singulier renvoie à des malédictions nationales, s’appliquant à l’ensemble du peuple juif, s’il ne se comporte pas comme il le faut.
– Le pluriel s’adresse à chaque individualité, qui même si la nation juive se comporte globalement bien, lorsqu’une personne faute, elle s’expose à des malédictions.

-> 3°/ Cela nous permet de comprendre pourquoi les malédictions de Bé’houkotaï se terminent par des paroles d’encouragement, ce qui n’est pas le cas pour celles de Ki Tavo.

Quelles soient les fautes, la nation juive a une garantie de toujours pouvoir exister, et ce par le mérite de l’alliance de Hachem avec nos Patriarches.
C’est pourquoi le passage se termine par des mots de consolation, car la collectivité est toujours assurée de se maintenir.
Cela n’est pas le cas au niveau individuel, où il n’y a pas une telle assurance.

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Selon l’Alter de Kelm, cela permet d’expliquer une dualité de Roch Hachana :

– en tant que nation, nous sommes plein de confiance dans la miséricorde divine, et nous nous comportons avec plein de joie et d’optimisme (de beaux habits, de beaux repas, …).

– en tant qu’individualité, nous sommes plein de crainte et d’effroi, par la conscience que nous n’avons pas une telle garantie (nous tremblons à l’idée que l’avenir de notre vie va se jouer en ce jour! Qui peut dire s’il va avoir le droit de continuer à vivre? Rien n’est assuré, tout est remis en question!).

L’Alter de Kelm enseigne qu’on apprend de là l’importance de nous lier, d’être utile à la collectivité juive.
En effet, lorsque nous sommes nécessaire, utile à d’autres personnes, on nous dispensera d’un mauvais jugement pour ne pas handicaper les autres, et au contraire on nous comblera du meilleur afin de continuer dans ce sens.

« Et ce sera, lorsque tu entreras dans le pays que Hachem te donne en héritage » (Ki Tavo 26,1)

-> Au moment de la brit ben habétarim, Hachem a dit à Avraham que ses enfants iront en exil pendant 400 ans.
Cette période a démarré lors de la naissance de Its’hak (cf. Rachi Lé’h Lé’ha 15,13), et s’est terminée avec la sortie d’Egypte.

Par la suite, avant d’entrer en Israël, ils ont été 40 années dans le désert, faisant un total de : 440.

La valeur numérique de : « Lorsque tu entreras (Ki Tavo – כִּי תָבוֹא) est de : 439.
=> Après 439 années pleines, et dans la 440e année, le peuple juif est entré dans la terre d’Israël.

[Rabbi David Feinstein]

« Tu [les] mettras dans une corbeille » (Ki Tavo 26,2)

-> Selon la guémara (Baba Kama 92b), les riches présentaient leurs prémices dans des paniers d’or et d’argent qui leur étaient restitués, tandis que les pauvres les offraient dans des corbeilles d’osier que les Cohanim conservaient.

-> Rav Aharon Bakst, explique que cette différence de traitement a pour but de préserver la dignité des pauvres.

Les paniers des riches étaient remplis à ras bords de fruits succulents, tandis que ceux des pauvres en contenaient moins et de qualité médiocre.
Si les Cohanim avaient vidé les paniers des pauvres pour les leur restituer, ceux-ci auraient redouté qu’ils se rendent compte de l’insignifiance de leur contribution.

=> Pour leur épargner cette gêne, les Cohanim conservaient donc les corbeilles, faisant comme s’ils n’avaient pas vu leur contenu.

-> Rav Yaakov Neuman apporte une autre explication.
Quand un homme riche venait offrir ses bikourim dans des récipients d’argent et d’or, il était naturel qu’il fût aussi bien vêtu et fier de son apparence.
Les Cohanim lui restituaient donc aussitôt son panier, comme pour lui signifier que son « moi » avait rendu son offrande presque inacceptable.

En revanche, les paniers des pauvres étaient accueillis par les Cohanim presque à bras ouverts, en témoignage de ce que Hachem aime les offrandes présentées dans la soumission et l’humilité.

« Maudit est celui qui n’accomplira pas les paroles de cette loi pour les faire » (Ki Tavo 27,26)

-> La dernière partie de cette phrase semble superflue.
En effet, si on accomplit, c’est qu’on le fait, non?

Le Ktav Sofer explique qu’en réalité, ces mots condamnent allusivement l’opinion proclamée par certains, selon laquelle Hachem veut que nous restions fidèles à l’esprit de la Torah, la pratique de ses mitsvot étant d’importance secondaire.
[« pour moi, je porte D. dans mon cœur! »]

Pour marquer son opposition à cette façon de voir, le verset commence par : nous devons « accomplir », puis il ajoute que le but est de « faire » = le seul moyen d’adhérer à la Torah consiste à observer ses mitsvot à la lettre.

-> Le haKtav véhaKabbala observe que pour certains, l’adhésion aux mitsvot ne constitue qu’un moyen de se définir par rapport à la communauté.
Ils s’affirment comme des défenseurs résolus de la foi, mais ce n’est que pour rechercher honneurs public et avantages.

C’est pourquoi la Torah insiste afin que notre engagement pour les mitsvot soit pour les « faire », et ce sans arrière-pensées.

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-> Tout juif doit accepter la Torah dans son intégralité.
On ne doit pas dire qu’une seule mitsva est sans importance.
La malédiction n’est pas pour une personne faisant une faute, mais pour celle qui va renier une partie de la Torah, quelqu’elle soit.
[le Ramban]