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+ "L’Esprit de D. planait au-dessus des eaux" (Béréchit 1,2)

-> "L’Esprit de D." (roua'h Elokim) désigne l’âme humaine, qui doit planer au-dessus de "la surface des eaux" (al péné amayim), qui fait référence à la Torah.
Puis, "Hachem dit : "Que la lumière soit!"", ce qui signifie qu'Hachem illuminera alors la personne de la Lumière sainte de la Torah.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 13]

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-> Le midrach (Yalkout Chimoni - Béréchit 4) dit que cette phrase fait référence à l’esprit d’Adam et à l’esprit du machia'h.
En réalité, Adam (אדם), le premier homme, englobait toute l’humanité, et son nom est considéré comme l’acronyme de A(dam), D(avid), M(achia'h).
Le Baal Shem Tov ajoute ici que cet enseignement, qui s’appuie sur le verset évoquant le but de la Création, "Que la lumière soit", s’applique à chacun d’entre nous.
Chacun de nous peut apporter davantage de lumière dans sa propre vie, et par conséquent dans le monde, et faire partie du "machia'h", en se connectant à Hachem à travers Sa Torah.

Notre âme dépend du bien-être de notre corps

"Et Hachem forma l’homme de la poussière de la terre, et Il insuffla dans ses narines un souffle de vie, et l’homme devint un être vivant" (Bérechit 2,7)

=> Nous apprenons ici que oui, l’âme existe bel et bien ("souffle de vie"), mais que le corps vient en premier, ce qui lui confère une certaine priorité ; que le corps et l’âme, ensemble, font d’une personne "un être vivant" ; et que l’âme a elle aussi une certaine primauté, en ce qu’elle anime le corps et selon le principe du "le plus important vient en dernier" (a'haron a'haron 'haviv).
Cette dualité inhérente à l’être crée une tension qui conduit certaines personnes à minimiser l’importance du corps, voire à le négliger.

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-> Un jour, alors qu'Hillel l’Ancien prenait congé de ses élèves, il continua à marcher avec eux [dans une direction différente de celle qu’il empruntait habituellement]. Ils lui dirent : "Rabbi, où vas-tu?"
Il répondit : "Accomplir une mitsva." Ils demandèrent : "Laquelle?"
Il répondit : "Me laver aux bains publics." Ils s’écrièrent : "Mais est-ce une mitsva?"
Il répondit : "Oui! Voyez comment la statue d’un roi, érigée dans les théâtres et les arènes, est frottée et maintenue propre ; on la garde, on lui donne à manger, et elle est même placée au rang des personnalités importantes du royaume. À plus forte raison moi, qui ai été créé bétsélem [à l'image du Roi des roi - Hachem] (je dois prendre soin de mon corps)!"
[midrach Vayikra raba 34,3]

=> Selon Hillel, le corps d'un juif a une vocation sacrée : il est le véhicule d’un être bétsélem (ayant une âme très élevée provenant de sous le Trône Divin. Tout juif héberge dans son corps une partie très haute et interne d'Hachem [infiniment plus sublime que celle présente chez les non-juifs]).

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-> Le roi Shlomo écrit : "L'homme bon assure son propre bonheur" (gomel nafcho, ich 'hassed [חָסֶד] - Michlé 11,17)
Le midrach sur ce verset rapporte l’histoire de Hillel qui se rendait quotidiennement aux bains publics. Lorsque ses élèves lui demandèrent pourquoi il s’y rendait, il répondit qu’il était en route pour accomplir une mitsva. Face à leur perplexité, de quelle mitsva s’agissait-il?, il expliqua que prendre soin de son corps, qui était le véhicule par lequel il servait Hachem, était un impératif divin.

Le rav Shaya Karlinsky commente :
Nous avons l’habitude de considérer le 'hessed comme se limitant à ce que nous faisons pour les autres. Le roi Salomon le Roi et Hillel, s’appuyant sur le verset ci-dessus, nous enseignent que nous avons une obligation tout aussi impérieuse de faire preuve de 'hessed envers nous-mêmes et notre corps.
Selon Hillel le fait de prendre soin de son corps et une mitsva "impérative" (si le véhicule, corps, est bien entretenu alors le pilote, l'âme, peut naviguer sur la route de notre vie avec davantage d'efficacité et de confort).

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-> Le Rambam (Messilat Yécharim III,27) écrit :
"L’homme possède deux perfections : une première perfection, qui est celle du corps, et une perfection ultime, qui est celle de l’âme. La première perfection consiste à être en bonne santé et dans le meilleur état physique possible ...
Une fois la première perfection atteinte, il est possible d’atteindre la perfection ultime, qui est indubitablement plus noble et constitue la seule cause de la préservation permanente."

=> Notre corps est un don précieux, plus précieux que la voiture la plus chère du monde, doté d’une vocation sacrée. L’apprécier comme un don qui mérite d’être chéri est le fondement de la santé et de la forme physique selon la Torah.
(le corps humain est d'une complexité et perfection total, signature de son Créateur, et de la confiance qu'Il a en nous l'octroyant dans un but élevé. )
Une âme a besoin d'un corps en bonne santé.

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+ L'équilibre entre le corps et l'âme :

-> Le corps humain est si incroyablement stupéfiant qu’il n’est pas étonnant que certaines cultures et religions l’élèvent au rang d’objet de culte tandis que d’autres le dénigrent comme étant tout à fait profane.
La voie de la Torah est un équilibre : l’apprécier sans l’adorer, tout en le minimisant sans le sous-estimer.

-> En ce sens : après la mort, notre âme et notre corps se feront juger ensemble : https://todahm.com/2022/09/28/notre-ame-et-notre-corps-se-feront-juger-ensemble

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-> Le corps et l’âme sont fusionnés dans un partenariat, l’un portant et l’autre guidant. Lorsque ce partenariat est harmonieux, le Béhéma (l'aspect animal, matériel) sert de véhicule au Bétselem (la partie divine en nous, l'âme).
[ex: parfois le véhicule a besoin de carburant, d'autre d'être au repos pour mieux repartir. Par ailleurs nous devons accepter aussi que ce véhicule n'est pas toujours au top, car parfois c'est ainsi qu'Hachem désire que nous le servions (sur cette partie du chemin de notre vie). Notre devoir est de faire de notre mieux, et de prier Hachem pour nous aider à avoir un véhicule fonctionnant au mieux. ]

-> Même si nous ne savons pas ce qu’est une âme (néchama), étant l’un des mystères de la Création puisque notre néchama décrite comme une " 'hélek Eloka" (partie de D.), est totalement pure et sublime et n’a rien à voir avec le monde physique, mais elle dépend néanmoins du corps.
C’est pourquoi il faut prendre soin de cet "hôte".
[rav Asher Zelig Weiss ]

-> Le 'Hafets 'Haïm (Déah véHachkafa - 387) enseigne :
"Le corps est comme un serviteur de l’âme, car c’est grâce à lui que la personne est capable d’accomplir la volonté divine en observant les mitsvot de la Torah ... ainsi, chaque membre d’une personne est capable d’acquérir le mérite des mitsvot de la Torah."

-> Nous ne pouvons imaginer à quel point le corps d’une personne est précieux aux yeux d'Hachem.
[rav Shnéour Zalman de Liadi ]

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["chaque membre [du corps humain] d’une personne est capable d’acquérir le mérite des mitsvot de la Torah."
Le corps est au service de l'âme, et en un sens il bénéficie également de la nature précieuse de l'âme.
Comme une entité où les deux sont liés, avec le corps qui a aussi une finalité sacrée : être là pour donner le plus de force à l'expression dans le réel de notre divinité interne (âme).
La Torah appuie beaucoup sur la bonté avec autrui, mais il est tout aussi important de l'être avec soi-même pour répondre à nos manques/besoins nécessaires en terme physique, moral, émotionnel ... ]

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-> Lorsque le corps est malade (physiquement, moralement), l’âme aussi est affaiblie, et on est incapable de prier correctement même lorsqu’on est pur de toute faute. Vous devez donc veiller très attentivement à la santé de votre corps.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 106]

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-> b'h, sur la notion : d'être en bonne santé : https://todahm.com/category/z-divers/3-etre-en-bonne-sante

Notre joie est un bouclier protecteur

"Et Hachem fut réconforté, car Il avait créé l'homme sur terre, et Il était triste dans son cœur" (Bérechit 6,6).

-> Le Likouté Yéhouda (paracha Bérechit) cite la question du Imré Emet : est-il possible que Hachem ressente de la tristesse?
Le verset signifie plutôt que Hachem a créé l'homme sur terre, et qu'Il a mis la tristesse dans le cœur de l'homme. Plus précisément, Il a apporté la tristesse à la génération du Déluge.
Selon le Arizal, la joie a la capacité d'élever une personne à n'importe quel niveau, à tel point que celui qui est plongé dans la joie est à l'abri de la Rigueur, du jugement (Divin).
C'est pourquoi Hachem a apporté la tristesse à la génération du Déluge afin de pouvoir agir avec Rigueur pour punir leurs fautes.

[ => être joyeux est un bouclier qui nous protège si puissamment des mauvais décrets du Ciel, que même pour des réchaïm comme la génération du Déluge, Hachem a dû faire en sorte qu'ils soient dans un état de triste pour avoir la possibilité d'agir contre eux! ]

Chacune des 10 paroles Divines utilisées pour la création du monde était en fait un canal qui canalisait la lumière Divine dans la création.
De la même manière que la parole humaine limite le flux de la pensée en même temps qu'elle le révèle, ces paroles limitent la lumière infinie d'Hachem dans le processus de révélation de la création.
Ces canaux sont les lettres et les mots par lesquels Hachem crée.

[selon la guémara (Méguila 21b), le mot "Béréchit" est aussi une de ces 10 paroles Divines créatrices. ]
Le mot Béréchit fait référence à un niveau antérieur à la création des lettres. C'est le monde dans l'esprit d'Hachem, pour ainsi dire, avant la contraction de Sa lumière en lettres et en canaux. Il transcende donc tous les moyens de perception.

Le verset "béréchit bara Elokim ét" = Hachem créa au commencement (béréchit) les lettres allant de aléph à tav, soit : "ét" (את).
Le mot "béréchit" précéda la création des lettres.

[rabbi Tsvi Elimélé'h Shapira de Dinov - Bné Yissa'har - 'Hodech Kislev - Tevet 4:49 ]

La terre d’Israël = le fondement de toute chose

+ La terre d'Israël = le fondement de toute chose :

-> "Au commencement, Hachem créa le Ciel et la Terre" (Béréchit 1,1)

-> Sur le premier verset de la Torah, qui décrit la création de l'univers par Hachem, Rachi demande, au nom de Rabbi Its'hak, pourquoi Hachem a choisi de commencer la Torah par le récit de la Création plutôt que par le kidouc ha'hodech, la première mitsva donnée aux Bné Israël.
Il répond qu'à l'avenir, les nations du monde traiteront le peuple juif de "bandits" pour avoir conquis la terre d'Israël, qui appartenait auparavant à sept nations païennes.
La Torah commence par raconter le récit de la création de l'univers afin que les juifs puissent répondre que le monde entier appartient à Hachem. Il l'a créé et l'a donné à qui bon Lui semblait. Il l'a donné aux nations du monde quand Il l'a voulu et Il le leur a repris pour nous le donner quand Il l'a voulu.

-> Le rav Yérou'ham Lévovitz (Daat Torah - Béréchit p.4), remet en question ce Rachi. Il demande comment est-il possible que le seul but de tout le livre de Béréchit soit de démontrer que la terre d'Israël appartient légitimement au peuple juif.

Le rav Yérou'ham répond que la Torah entière n'est pas, comme on pourrait le conclure à tort, un recueil de parachiyot, chacune traitant d'un sujet particulier. Au contraire, la Torah entière, du début à la fin, est un long passage continu sur le sujet de la terre d'Israël.
L'essence de la Torah est de conquérir la terre d'Israël et d'en faire une demeure pour la Présence Divine (Chékhina).
C'est ce que Rachi nous enseigne : Le fait de placer la terre d'Israël au tout début de la Torah souligne que la terre d'Israël est le fondement sur lequel tout le reste est construit.
Une fois ce fondement fermement établi, toute la Torah peut être placée dessus.

-> Qu'est-ce que cela signifie? En quoi la terre d'Israël est-elle le fondement de la Torah?
Le rav 'Haïm David Sapirstein suggère que l'intention du rav Yérou'ham était que la terre d'Israël soit l'endroit où le but de toute la Création peut être accompli. Hachem a créé le monde pour que le peuple juif puisse vivre avec Lui dans un état de plénitude.
Or, un tel scénario ne peut avoir lieu qu'en terre d'Israël, où repose la Chékhina d'Hachem.
Puisque la terre d'Israël nous permet d'atteindre le but ultime de notre mission dans ce monde, s'attacher à la présence d'Hachem, qui ne se trouve qu'en terre d'Israël, elle est, en réalité, le fondement du monde entier.

Adam et ‘Hava

+ Adam et 'Hava :

-> Quand l'âme a-t-elle été créée ?
Alors que la Torah indique clairement qu'Adam et 'Hava ont été créés le 6e jour de la Création, les âmes saintes de l'humanité ont été créées le premier jour de la Création.
Le 6e jour, elles ont été insérées dans les corps inanimés d'Adam et de 'Hava et, par conséquent, sont devenues vivantes.
[ rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonatan - Shoftim ]

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-> L'âme entre dans le corps 40 jours après la conception. Le Talmud décrit le fœtus pendant les quarante premiers jours comme "une simple eau". Au bout de quarante jours, le fœtus commence à se former.
[ rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonatan - Shoftim ]

Un aide Divine aux jeûnes mariés

+ Un aide Divine aux jeûnes mariés :

"Hachem façonna le côté qu'Il avait pris à l'homme en femme et Il l'amena à l'homme" (Béréchit 2,22)

-> Nos Sages (guémara Béra'hot 61a) enseignent que lors du mariage d'Adam et de 'Hava, Hachem lui-même a assumé le rôle de celui qui escorte le marié jusqu'au dais conjugal.
Le 'Hidouché haRim explique que cela signifie qu'Adam a bénéficié d'une aide Divine particulière pour accomplir un exploit jusqu'alors inachevé : fonder un nouveau foyer.

Ce que cela signifie pour nous, c'est que si les nouveaux mariés n'ont pas à réinventer la roue, chacun d'entre eux bénéficie d'une certaine mesure supplémentaire d'aide Divine lorsqu'il ou elle entreprend ce changement majeur dans sa vie.
[ Le 'Hidouché haRim affirme que cette aide est présente pendant la semaine des Shéva Bra'hot, avec un semblant restant tout au long de la première année de mariage. ]
[Likouté Yéhouda - p.43]

Tov méod = même de notre sommeil, échec, peut résulter de la grandeur

+ Tov méod = même de notre sommeil, échec, peut résulter de la grandeur :

"Et Hachem vit tout ce qu'Il avait fait, et voici, c'était très bien. Et ce fut le soir et ce fut le matin, le 6e jour" (Béréchit 1,31)

-> Le récit de la création se termine par la "reconnaissance" par Hachem que tout ce qu'Il a créé est "très bien". Dans un commentaire qui laisse perplexe, le midrach (Béréchit rabba 9,6) explique que ce superlatif "très bien" (tov méod) fait allusion au phénomène du sommeil. En effet, c'est grâce au sommeil que l'on se rafraîchit, ce qui permet de faire des efforts dans l'étude de la Torah.

-> Le Imré Emet (Béréchit 5677) explique que ce n'est pas seulement le repos physique qui est loué ici.
Le sommeil est le symbole de tout échec spirituel. Tout comme le sommeil est un état d'inactivité physique, on est spirituellement "endormi" lorsqu'on ne s'engage pas activement dans notre croissance personnelle ou, pire encore, lorsqu'on s'engage activement dans une régression personnelle.
Cependant, tout comme la passivité temporaire du repos peut être un catalyseur pour un accomplissement physique ultérieur plus énergique, de même, un échec spirituel, s'il est utilisé correctement, peut servir d'incitation pour une plus grande croissance.
Une métaphore à cet égard consisterait à faire un nœud entre les deux extrémités d'une corde cassée. C'est seulement parce que la corde n'a pas réussi à rester entière qu'elle est maintenant plus fermement reliée.

Cette idée trouve sa source dans le concept halakhique de "yérida létsoré'h aliya" (voir Makot 7b), une descente (spirituelle) dans le but d'une remontée. Certaines halakha dépendent du fait qu'un individu monte à une hauteur supérieure ou descend à une hauteur inférieure.
La règle est que si l'on descend dans le but d'une ascension ultérieure, l'acte de descente est légalement considéré non pas tel qu'il apparaît extérieurement, mais comme une ascension en soi.
Comme nous le voyons dans le midrach (ci-dessus), ce qui est vrai dans le domaine halakhique l'est aussi dans le domaine intérieur. L'échec personnel d'une personne peut être valorisé s'il est utilisé comme un moyen de parvenir à un plus grand accomplissement.

C'est ce à quoi fait allusion une strophe de le chant de Shabbath "Ma Yédidout" : "ilou'hakh téé béna'hat ... véanéchama méchouba'hat" (votre marche doit être tranquille ... et le sommeil [le jour du sabbat] est digne de louange), qui peut être interprétée comme affirmant que lorsque la vie d'une personne est orientée vers la spiritualité, même son sommeil, c'est-à-dire ses échecs, est méritoire, car, lorsqu'il est rectifié, il peut nous propulser vers des sommets encore plus élevés.

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-> Nos Sages (comme rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 22:11) parlent de "yérida létsoré'h aliya" (une chute/descente [spirituelle] dans une fait de monter [finalement davantage] ).
A postériori, nous devons appréhender positivement une faute qui a déjà été faite (un moment où l'on s'est "endormi" spirituellement, préférant la matérialité, nos désirs), afin de s'encourager le plus possible pour aller de l'avant, encore plus fort, avec plein d'ambitions spirituelles.

-> Cela est à mettre en lien avec le commentaire du Séfer 'Hassidim (155) :
"D. examina tout ce qu'il avait fait c'était très bien." (Béréchit 1,31)
Le midrach (Béréchit rabba 9,7) commente les termes : "très bien " (tov méod), comme faisant référence au yétser ara.
Pourquoi? Car grâce au yétser ara, il nous est possible de grandir en surmontant les luttes spirituelles qu'il nous présente, et à travers cela, accomplir notre but dans la vie."

=> méod méod = notre yétser ara qui est un anesthésiste spirituelle, nous entraînant dans des sommeils, qu'on doit utiliser comme tremplin vers de plus grandes hauteurs, et non pas comme une raison d'être triste, de désespérer, de se démotiver spirituellement parlant.
[à priori, on doit tout faire pour éviter de s'endormir (fauter), mais à postériori, n'étant pas des anges, il faut faire téchouva et aller de l'avant en étant plus fort qu'avant. ]

Nos prières = apporter en sacrifice notre âme à Hachem

+ Nos prières = apporter en sacrifice notre âme à Hachem :

"Et Hével apporta lui aussi des premiers-nés de ses moutons, et des meilleurs. Hachem se tourna vers Hével et vers son offrande" (Béréchit 4,4)

-> Lorsqu'elle décrit comment Hével a suivi l'exemple de son frère Kayin et apporté des korbanot, des offrandes, à Hachem, la Torah utilise la syntaxe inhabituelle de "Et Hével a apporté lui aussi" (véHével évi gam ou). Pourquoi les mots "lui aussi" (gam ou) sont-ils insérés après "et Hevel apporta", au lieu de dire : "et Hével aussi apporta" (végam Hével évi)?

-> Le Imré Emet (Béréchit 5674) cite son père, le Sfat Emet, qui explique que cette anomalie permet de lire le texte comme s'il disait : "Et Hével s'apporta aussi". En d'autres termes, l'essence des korbanot dans le judaïsme n'est pas le simple fait de tuer un animal devant D., car Il n'a pas besoin de telles choses.
Les korbanot sont plutôt destinés à servir de véhicule pour notre assujettissement intérieur devant Hachem. C'est cette expérience profondément personnelle que Hével a vécue lors de l'offrande, sacrifiant figurativement son ego en même temps que les animaux.
C'est cette distinction entre l'acte creux de Kayin et l'acte significatif de Hével qui a incité Hachem à ne répondre qu'à ce dernier. C'est pourquoi il est dit que Hachem s'est tourné vers Hével et son offrande, l'accent étant mis sur Hével en tant que personne.
[il a offert à Hachem le sacrifice (mouton), ainsi que "gam ou" (lui aussi), son intériorité. ]

Bien que nous n'ayons pas le privilège d'apporter des korbanot aujourd'hui, le même concept s'applique à son substitut, la prière. [on y sacrifie notre cœur à Hachem, en mettant toute notre intention, tous nos espoirs en Lui. ]
Se contenter de prononcer les mots de la prière et d'en faire le tour, c'est passer à côté de l'essentiel. La formalité du service doit servir de cadre à une connexion personnelle avec Hachem, en soumettant notre volonté à la sienne. [ex: nos Sages ont établi le texte de la prière par esprit saint, sachant les mots qui sont les plus à même d'offrir notre coeur avec Hachem, mais c'est à nous de faire l'effort d'y mettre de la vie, de faire que cela n'est pas qu'un simple acte externe (remuer les lèvres), mais plutôt interne (remuer son coeur, son âme). ]
Comme 'Hanna l'a décrit dans sa prière fondatrice : "Et j'ai répandu mon âme devant Hachem" (I Shmouel 1,15).

"Hachem planta un jardin dans l'Eden, à l'est, et y plaça l'homme qu'Il avait formé" (Béréchit 2,8)

-> Après la création d'Adam et du Gan Eden (jardin d'Eden), Hachem a "placé" Adam dans le jardin.
Le midrach (Béréchit rabba 15,4) discerne dans ce langage qu'il fallait convaincre Adam d'entrer dans le jardin.
Pourquoi en est-il ainsi? Ne pouvait-on pas faire confiance à Hachem qu'il était dans l'intérêt d'Adam d'être dans le jardin?
Le Sifté Tsaddik répond qu'Adam a senti que son séjour dans le jardin serait de courte durée et se terminerait par une expulsion désastreuse et déshonorante. C'est pourquoi il avait besoin d'être encouragé à y entrer.

Si le séjour d'Adam au gan Eden devait lui être préjudiciable, pourquoi un D. bienveillant l'y a-t-il envoyé en premier lieu?

Bien que ce premier séjour au gan Eden ait été temporaire, il a fourni le potentiel pour un futur retour permanent de l'homme. Maintenant que l'homme a fait l'expérience de la spiritualité supérieure qui lui est destinée, il possède la capacité de la gagner à nouveau par ses propres efforts. En effet, son existence dans ce monde n'est qu'une longue tentative pour gagner sa réintégration (au gan Eden, par nos efforts de notre vivant dans ce monde).
Ce concept est similaire à celui d'un fœtus à qui un ange enseigne l'intégralité de la Torah dans le ventre de sa mère, mais qui l'oublie à la naissance. Cela est stocké dans l'âme, ce qui lui permet d'y accéder par sa propre étude intensive au cours de sa vie.

=> Bien que l'homme ait été chassé du gan Eden, il y reste attaché, tirant de son expérience sa capacité à y retourner. C'est pourquoi, dans les moments de grand accomplissement spirituel, une personne peut faire l'expérience d'une conscience supérieure. Son âme puise dans le "parfum" restant du gan Eden, vestige du temps qu'il y a passé il y a des millénaires.
[Sifté Tsaddik - ot 37]

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-> D'autres manifestations du lien latent de l'homme avec le gan Eden peuvent être le fait que quelques êtres humains privilégiés ont réussi à y entrer vivants (par exemple, Kétoubot 77b) et les cas occasionnels d'un arôme céleste (réa'h gan Eden) mentionnés par nos Sages (ex: midrach Béréchit rabba 65,22).