"Au commencement, D. créa le ciel et la terre" (Béréchit 1,1)

La Torah a été écrite avec 22 lettres saintes par lesquelles Hachem a créé Son univers.
On y trouve une allusion dans les initiales des mots du premier verset de la Torah : "Au commencement, D. créa le ciel et la terre" (Béréchit bara Elokim et hachamayim véet haaretz - בְּרֵאשִׁית בָּרָא אֱלֹהִים אֵת הַשָּׁמַיִם וְאֵת הָאָרֶץ).
Si l’on rassemble les initiales, on obtient une valeur numérique de 22, tout comme le nombre de lettres qui composent la Torah.

Le Ben Ich ‘Haï explique que c’est pour cette raison que de nombreuses prières suivent l’ordre de l’alphabet : afin d’y inclure les 22 lettres saintes avec lesquelles le monde a été créé et par lesquelles la Torah a été donnée, et que nous soyons sauvés par ce mérite.

Une allusion à cette idée apparaît dans le verset : "Remets ta destinée à Hachem ; confie-toi à Lui : Il fera le nécessaire" (Téhilim 37,5) :
-> "Remets ta destinée à Hachem" = tu dois prier D., c’est-à-dire selon l’ordre des lettres qui précèdent celles du Nom de D.
La lettre "youd" est précédée du "tét" ; le "hé" est précédé du "dalet " ; le "vav" du "hé" ; et le "hé" du "dalet".
La valeur numérique de l’ensemble de ces lettres est égale à 22.
-> Si tu agis ainsi, "confie-toi à Lui : Il fera le nécessaire", et Il écoutera ta prière.

"Hachem organisa en une femme la côte qu’Il avait prise à l’homme" (Béréchit 2,22)

-> Dans les bénédictions du matin, la femme dit : "Béni sois-Tu … qui m’as créée selon Sa volonté."

L’auteur du Séfer Avné Zikaron interprète cette bénédiction ainsi :
la femme loue D. de l’avoir créée femme. En quoi est-ce préférable?
Quand Il voulut créer l’homme, Il consulta les anges, afin de nous enseigner l’obligation d’un plus grand de consulter un plus petit (Rachi). C’est donc comme si les créatures célestes avaient participé à la création de l’homme. Or, celle de la femme résulta exclusivement de la volonté divine, d’où la signification profonde de la bénédiction qu’elle prononce quotidiennement.

Le préalable à la Torah = la crainte du Ciel

+ Béréchit - Le préalable à la Torah = la crainte du Ciel :

-> "Faisons l'homme" (Béréchit 1,26)

-> "La conclusion de tout chose : tout est su et crains D." (Kohélet 12,13)
Le rav El'hanan Wasserman (Kovets Earot Yébamot p.150) enseigne à ce sujet :
"L'intention est la suivante : ne pense pas que la crainte de D. est une simple valeur chez un homme, que celui qui ne la possède pas s'appelle aussi un homme à ceci près qu'il lui manque cette vertu.
C'est à ce propos que le verset vient enseigner qu'il n'en n'est rien. Car celui qui n'a pas de crainte de D. n'est pas du tout qualifié d'homme, mais seulement de simple être vivant car "c'est là tout l'homme" (suite du verset ci-dessus).
Sans elle, une personne ne possède pas le niveau d'homme.
La valeur d'un homme ne dépend que de sa Crainte du Ciel et de la grandeur de celle-ci : s'il en a beaucoup, c'est un grand homme ; s'il n'en n'a que peu, c'est un homme petit, et s'il n'en a pas du tout, ce n'est pas du tout un homme, mais un animal sous forme d'homme.

Cela s'explique grâce au verset : "Faisons l'homme" (Béréchit 1,26), que le Zohar commente ainsi : Hachem s'adressa à toute la création en lui disant ''faisons tous ensemble l'homme, que tous s'associent à sa création'', à savoir que chacun donne à l'homme de sa propre nature, que le taureau lui donne de sa nature de taureau, que le lion lui donne de sa nature de lion, que le serpent lui donne de sa nature de serpent, ...
Il en résulte que même un seul homme est un monde en microcosme qui contient en lui les aspects de toutes les créatures.

Dès lors, les forces de toutes les bêtes sauvages se trouvent contenues en lui et il n'existe donc pas de bête aussi féroce que l'homme.
De plus, celle-ci possède des armes que nulle autre bête ne possède : l'intelligence et la parole.
S'il est nécessaire d'attacher n'importe quelle bête féroce avec une chaîne en fer, combien de chaînes sont-elles nécessaires pour attacher une bête féroce aussi redoutable que l'homme!
Lorsque Hachem créa l'homme, il est certain qu'Il créa également la chaîne qui pouvait le retenir et l'empêcher de détruire le monde entier.
Cette chaîne, c'est la crainte d'Hachem qui, elle seule, est en mesure d'empêcher l'homme d'être une bête féroce.

Hormis celle-ci, aucun stratagème ne peut le retenir de nuire. Et même s'il était sage et philosophe comme Aristote, cela ne lui serait d'aucun secours dès l'instant où son mauvais penchant viendrait l'attaquer.
Lorsqu'Avraham s'adressa à Avimélekh, il lui dit : "Seulement, il n'y a pas de crainte de D. dans cet endroit et on me tuera pour (prendre) ma femme" (Vayéra 20,11). L'intention en employant le terme "seulement" était de lui signifier qu'en dehors de la crainte d'Hachem, aucune vertu, sagesse ou bonne conduite ne leur manquait, et malgré tout, rien ne pouvait les aider s'il n'y avait pas de crainte de D."

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-> b'h, en prolongement voir également : http://todahm.com/2021/11/07/33551

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-> La récompense de la crainte de D. est immense, comme il est dit : "Combien la bonté que tu as réservée à ceux qui te craignent est
grande" (Téhilim 31,20)
Nos Sages enseignent à ce sujet (Brakhot 6b) : "Le monde entier n'a été créé que pour ordonner cette chose-là (la crainte d'Hachem)".

La prière est nécessaire pour faire descendre l’abondance qui nous a été octroyée au Ciel

+++ La prière est nécessaire pour faire descendre l'abondance qui nous a été octroyée au Ciel :

+ "Et il n'y avait pas d'homme pour travailler la terre" (Béréchit 2,5)

-> Rachi de commenter : "Pourquoi D. ne fit-il pas pleuvoir? Parce qu'il n'y avait pas d'homme pour travailler la terre et personne n'existait pour reconnaître le bienfait de la pluie. Lorsqu'Adam vint et qu'il comprit qu'elle était nécessaire au monde, il pria pour elle et elle tomba. Les arbres et la verdure purent alors pousser."

=> Cela nous enseigne que Hachem créa le monde de telle sorte que l'abondance est prête à descendre sur Terre.
Cependant, celle-ci ne peut parvenir à l'homme tant qu'il ne prie pas pour cela.

-> Le Maharcha (guémara Kidouchin 29b) écrit qu'un miracle qui se produit grâce à la prière n'est pas décompté des mérites d'une personne (habituellement, lorsqu'un homme doit avoir recours à une intervention miraculeuse d'Hachem, cela lui est retranché de ses mérites).
Le Maharcha explique qu'en effet, Hachem a établi que celui qui a besoin de quelque chose peut être délivré grâce à sa prière. Il n'y a donc en cela aucun miracle.

-> Le 'Hazon Ich (Maassé Ich 7,103) écrit : "L'essentiel de la Hichtadloute (l'effort personnel de l'homme afin de
pourvoir à ses besoins) réside dans la prière.
Certes, il est parfois demandé à l'homme d'agir. Toutefois, s'il agit sans prier, il est certain qu'il n'a pas rempli son devoir de Hichtadloute."

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-> S'il est certain qu'Hachem comble les besoins de chaque créature, néanmoins, l'homme ne doit pas ménager ses efforts en priant Hachem de tout son cœur pour les obtenir et pour être préservé de toute épreuve.
Car l'abondance octroyée au Ciel à chaque homme ne lui parviendra que grâce à sa prière.

Béréchit – tout progrès spirituel ne peut germer que de l’obscurité et de l’échec

+ Béréchit - tout progrès spirituel ne peut germer que de l'obscurité et de l'échec :

-> La Guémara (Avoda Zara 8a) enseigne que le jour où Adam, le premier homme, fut créé et que le soleil se coucha, il se lamenta en disant : "Malheur à moi! A cause de ma faute, le monde s'est obscurci et va revenir au néant".
Il continua à pleurer ainsi toute la nuit et lorsque l'aube pointa, il s'écria : "Tel est le cours naturel du monde !"

En voyant l'obscurité s'abattre sur le monde, Adam pensa que tout espoir était perdu, qu'il n'avait aucun moyen de se repentir ni de se relever de la faute d'avoir mangé le fruit de l'arbre de la connaissance. Son péché était tellement grave que le monde était sur le point d'être anéanti.
Cependant, lorsqu'il vit pointer l'aube et briller le soleil, il prit conscience que le cours normal des choses était que, au contraire, c'était justement après un échec que la lumière pouvait surgir à nouveau et l'illuminer comme celle du soleil.

-> Le rav Elimélé'h Biderman commente :
Chacun d'entre nous dans son existence traverse des périodes obscures pendant lesquelles il se lamente en pensant : "Malheur à moi! A cause de mes fautes, ma vie n'a plus de sens ..."
Et il continue ainsi à pleurer sur son triste sort pendant toute la durée de ses épreuves.
Qu'il sache que tel est le cours naturel du monde et qu'il accepte ces épreuves avec amour et confiance : très vite l'aube de la délivrance pointera et éclairera de nouveau son existence.

D'après ce qui précède, on peut comprendre le midrach (Yérouchalmi Béra'hot 8,5) selon lequel ''la nuit qui suivit (la sortie du premier Shabbat de la Création), Hachem donna l'idée au premier homme de frapper 2 silex dont il sortit du feu sur lequel il prononça une bénédiction."
Cela vient évoquer que même au plus profond de l'obscurité, l'homme est toujours en mesure de trouver la lumière, grâce à sa réflexion.
Tout homme a en lui la faculté qui permet de distinguer entre la lumière et l'obscurité et de trouver cette lumière précisément au sein de l'obscurité.
C'est à cause de ce don de discernement reçu à ce moment-là que nos Sages ont institué la bénédiction de "Ata 'honantanou Hachem Elokénou mata vé'achkél" (Tu nous as gratifié Toi Hachem, notre D., de connaissance et d'intelligence) prononcée à l'issue du Chabbat.

La guémara (Shabbat 86b) rapporte à propos du verset : "C'est une chose qu'Il a ordonnée pour mille générations" (Téhilim 105,8) que la Torah a été créée mille générations avant son don sur le Mont Sinaï (974 générations depuis la génération du monde).
Et le midrach ajoute à cela que Hachem créait alors des mondes et les détruisaient jusqu'à ce qu'il crée celui-ci.
Rabbi 'Haïm Chemoulévitch voit dans cet enseignement l'allusion que : nombreux sont ceux qui se plaignirent en prétendant : "J’ai déjà essayé de me prendre en main mille fois, et rien n'y a fait, je retombe à chaque fois ... Que puis-je y faire!"
C'est à cette intention que nos Sages nous dévoilent que Hachem Lui aussi (si l'on peut dire) créa alors des mondes qu'il détruisit ensuite. Malgré tout, ll continua à chaque fois à créer de nouveaux mondes jusqu'à ce qu'il crée finalement le monde dans lequel nous vivons.
=> Dès lors, pourquoi l'homme fait de chair et de sang se découragerait, tant qu'il n'a pas tenté également 974 fois de se renforcer, à l'instar de son Créateur qui ne cessa de créer le monde 974 fois!

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-> Le Beit Israël entendit une fois son père, le Imré Emet, commenter le verset : "Hachem regretta d'avoir créé l'homme sur la Terre et Il s'en attrista" (Béréchit 6,6) :
"Il n'est pas question ici d'expliquer (que D. préserve) qu'Hachem s'est attristé d'avoir créé l'homme, car il est écrit par ailleurs : "Force et joie résident auprès de Lui", et la tristesse n'existe donc pas dans le Ciel. Mais cela vient nous enseigner que les gens de la génération du déluge étaient constamment joyeux car il ne leur manquait jamais rien (comme le dit la guémara Sanhédrin 108a).
Or le AriZal a dévoilé que grâce à la joie on peut atteindre les niveaux spirituels les plus élevés et que la Rigueur Divine ne peut s'exercer tant que la joie se manifeste.
Par conséquent, bien qu'ils eussent perverti leurs voies et transgressé l'Alliance, néanmoins Hachem ne put leur infliger leur châtiment.
C'est pourquoi Il suscita la tristesse dans leur cœur et le déluge put avoir lieu."

-> Le Sforno (Béréchit 4,6) exprime explicitement cette idée :
"Lorsqu'existe une réparation possible à ce qui a été endommagé, on ne devra pas s'affliger sur ce qui est passé, mais il faudra s'efforcer au contraire d'obtenir cette réparation en vue de l'avenir."

-> Lorsque Caïn se vit refuser son offrande, il est écrit alors : "Hachem dit à Caïn : pourquoi es-tu irrité et pourquoi es-tu affligé? Si tu t'améliores, tu pourras te relever" (Béréchit 4,6-7)
Certains expliquent que Hachem lui dit la chose suivante : "Même si tu as échoué dans ce domaine et que tu n'as pas offert ton sacrifice comme il convenait (raison pour laquelle il n'a pas été agréé), un argument de taille t'est cependant reproché : est-ce une raison
de te décourager?
Pourtant, l'homme est en mesure de se relever de n'importe quel échec et de progresser grâce à celui-ci encore davantage!
"Si tu t'améliores, tu pourras te relever" = tu pourras t'élever encore bien plus haut que là où tu étais jusqu'à présent!"

[fauter involontairement est humain, et il existe la téchouva.
Notre yétser ara veut que nous culpabiliser, déprimons (je suis nul!), mais nous devons y voir une occasion de devenir encore meilleur!
De cette obscurité de notre vie, on l'a transforme en lumière!
(d'ailleurs, de son côté Hachem, si l'on fait une téchouva par amour, transforme nos péchés en mérties. L'obscurité devient donc une lumière encore plus forte!)]

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-> Il est écrit dans le 1er verset de la Torah : "Au commencement [au début de tout travail spirituel], la Terre était Tohu Bohu (néant et désordre) et les ténèbres régnaient sur l'abîme".
Rabbi Tsadok haCohen de Lublin que cela fait référence aux actes des pécheurs, car c'est seulement lorsque l'homme surmonte cette obscurité qu'il peut apprécier combien la lumière est bonne et douce, comme l'enseigne le Zohar (partie II,184a) : "la lumière n'éclaire qu'au milieu des ténèbres".
Cela ressemble à l'écorce amère qui précède la formation du fruit. De la même manière, un écran commence toujours par séparer l'homme de la satisfaction qu'il éprouvera après avoir travaillé sur lui-même.
C'est aussi la raison pour laquelle, dans la Torah, le jour suit la nuit (guémara 'Houlin 83a) car c'est seulement après la nuit et l'obscurité que l'homme pourra aborder la lumière du jour
(tandis que dans le domaine des choses saintes (des sacrifices), c'est l'inverse : la nuit est considérée comme le prolongement du jour qui précède, car lorsqu'un homme est déjà parvenu à la sainteté, il peut d'emblée commencer à travailler dans la lumière comme s'il était déjà dans le fruit à l'intérieur de l'écorce).

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-> Le rav de Rouzhin enseigne :
"Le premier homme, après s'être caché de devant Hachem, se justifia en disant : "J'ai entendu la voix dans le jardin et j'ai eu peur car je suis nu et je me suis caché" (Béréchit 3,10-11).
Il voulait ainsi exprimer que son âme était mise à nu après avoir transgressé la volonté d'Hachem, et cela constituait la raison de sa honte et de sa fuite.
Hachem lui répondit alors : "Qui t'a dit que tu étais nu?", voulant
ainsi lui signifier : "Qui t'a dit que cela représente une raison suffisante pour fuir mon Service?"
Car même le travail de celui qui est nu de toute mitsva et ne possède ni Torah ni sainteté est extrêmement cher à D."

[dans le cadre du libre arbitre notre yétser ara nous pousse à fauter, et ensuite il nous maintient dans un climat de culpabilisation, de tristesse, de manque de valorisation de soi.
D'ailleurs, le pire n'est pas de tomber (c'est normal : nous ne sommes pas des anges, mais des humains), mais plutôt de ne pas se relever, de se morfondre à terre dans le désespoir.
N'oublions jamais : Quoique peut faire un juif, il restera toujours l'enfant adoré de son papa Hachem. Quoique nous puissions faire (même le pire du pire), nous sommes toujours : "extrêmement cher à D." ]

Béréchit : tout commence par la émouna

+ Béréchit : tout commence par la émouna :

-> "Au commencement, D. créa le Ciel et la Terre" (Béréchit 1,1)

Certains Tsadikim expliquent que le premier verset de la Torah constitue une allusion au fait que l’homme, au préalable et avant tout ("au commencement"), doit savoir et reconnaître que "D. créa le Ciel et la Terre", ainsi que tout le cortège céleste, et qu’Il dirige tous les évènements en exerçant une providence individuelle sur chaque créature.

Au début de la paracha Béréchit, Rachi rapporte le midrach qui enseigne que (le monde a été créé) pour Israël qui est appelé "Réchit" (‘les prémices’ : jeu de mots entre Béréchit, le commencement, et Réchit, les prémices).
Le Yessod haAvoda explique : "Cela signifie que l’essentiel de toute la création est l’existence des Bné Israël qui ne cessent de proclamer par leur bouche et d’entretenir la foi dans leurs cœurs que c’est D. qui a créé le Ciel et la Terre et qu’Il gouverne tout.
Cette Emouna particulière des Bné Israël dans la providence Divine constitue le but de la création."

Cela figure également en allusion dans les mots du midrach : "Le monde a été créé pour Israël qui ne cessent de relire que Béréchit Bara Elokim (au commencement D. a créé le Ciel et la Terre)."
[il y a un jeu de mots entre נקראו (nikra'ou - ils ont été appelés) et לקרוא (likro - lire), qui ont la même racine, et entre Béréchit (commencement), et Réchit (les prémices).

-> "Hachem marqua Caïn d’un signe afin que celui qui le trouverait ne le frappe pas" (Béréchit4,15).
Le rav Lévovitz l'explique ainsi :
"Celui qui croit d’une foi intègre en Hachem n’aura jamais le cœur brisé à cause de tout ce qui lui arrive, qu’il s’agisse d’une perte d’argent ou de tout autre préjudice causé par autrui, car il sait pertinemment que "personne ne peut se cogner même un doigt ici-bas si cela n’a pas été décrété auparavant En- Haut" (guémara 'Houlin 7b).
Il en résulte que ce n’est pas l’autre qui est la cause de ce qui lui arrive, et D. nous préserve de penser également que cela puisse s’être produit sans intervention. Au contraire, tout ce qui se passe est le fruit de la parole Divine et n’est que bénéfique.
C’est ce que suggère le verset en disant : "Hachem marqua Caïn d’un signe" = il s’agit du signe d’une foi pure.
Dès lors, la suite du verset : "celui qui le trouverait ne le frappe pas" vient évoquer que tout ce qui lui arriverait (‘ce qu’il trouverait sur son chemin’) ne peut lui frapper le cœur et l’esprit (lui faire perdre sa sérénité), car il sait que tout provient d’Hachem.

-> Dans le livre de Yona (qui est la Haftara à Min’ha de Yom Kippour), il est écrit : "Hachem dit au poisson de rejeter Yona sur la terre ferme (Yona 2,11). Celui qui ne fait que "lire" le texte a l’impression que le poisson a soudain mérité la prophétie et le dévoilement de la pensée Divine, puisque D. Lui-même lui parla.
En vérité, tel n’est pas le sens du texte, mais comme l’explique le Radak, Hachem suscita l’envie au poisson de rejeter Yona.
Le Ibn Ezra lui aussi évoque la même idée : "Hachem dit au poisson" est à prendre au sens figuré comme l’expression du fait qu’Hachem l’obligea à accomplir Sa volonté.
Cela signifie que, certes, le poisson rejeta Yona parce qu’il le désirait, mais ce "désir" lui-même fut suscité par Hachem qui l’obligea ainsi à accomplir Sa volonté. Et il en est de même de tout ce qui se passe dans le monde : même s’il nous semble que celui qui agit suit son propre désir, en fait, c’est Hachem qui suscite en lui ce désir.

[béréchit : "au commencement" => au quotidien dans chacun de nos choix on doit d'abord se rappeler que l'origine de toute chose est Hachem, et sans Lui elle n'aurait pas la force d'exister. Qu'Il a créé un monde où tout se goupille à la perfection, et dont nous n'avons pas conscience des infinies bontés qu'Il nous fait en permanence.
A partir de là seulement, on peut poursuivre : est-ce que je vais suivre Hachem ou bien mon yétser ara? est-ce que je vais faire preuve d'humilité et accepter que tout ce qui m'arrive est pour le bien (ayant même de la gratitude envers D.), ou bien vais-je me plaindre et Lui donner des conseils (ayant de l'ingratitude envers D., me croyant même supérieur à Lui!)? ...
De même que la Torah démarre par la Création, le "béréchit", de même dans chacune de nos démarches dans ce monde où l'on s'apprête à créer, à faire quelque chose, on doit avoir en tête que l'origine première de toute chose est Hachem, on doit faire preuve de émouna dans LE boss, le Roi des rois.]

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-> La guemara (Béra'hot 60a) rapporte qu’une fois, Hillel entendit des cris en provenance de la ville alors qu’il était en route pour chez lui.
Il dit alors : "Je suis certain que ces cris ne proviennent pas de ma maison!"
Un des commentateurs (le rav Almosnino) s’interroge : d’où Hillel pouvait-il en être si certain?
Il explique : C’est parce qu’Hillel avait toujours enseigné chez lui la voie de la confiance en D. qui consiste à accepter tout ce qui arrive avec amour, sans céder à la panique.
Dès lors, il pouvait être persuadé que les gens de sa maison ne crieraient jamais, même face à une situation difficile.

-> "Heureux le peuple qui jouit d’un tel sort" (Téhilim 144,15)
[achré a'am chéka'ha lo - littéralement : "Heureux le peuple à qui c’est comme cela"]
Le Toledot Yaakov Yossef commente ainsi : "Heureux est celui qui dit : "C’est comme cela"."
L’homme heureux est celui qui a de bonnes pensées, quelle que soit la manière dont Hachem se comporte avec lui, car il est convaincu que cela aussi provient d’Hachem.
Et il n’éprouve envers Lui aucun ressentiment du fait de sa situation.

[certes ma situation actuelle est difficile, mais "béréchit" = c'est Hachem qui créé et gère constamment tout à la perfection, et c'est moi qui actuellement n'ait pas les outils pour tout comprendre. ]

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-> Sur le premier verset de la Torah, Rachi y écrit : "Pourquoi [Hachem] a-t-Il commencé [la Torah] par Béréchit ? (ma taam pata'h biBéréchit - מַה טַּעַם פָּתַח בִּבְרֵאשִׁית)?   Pour révéler à Son peuple la force de Ses actes ..."

Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) explique ce commentaire différemment.
Rachi dit : "Ma taam?" (taam = la raison, le goût) = combien est délicieux ce "goût" qui revient à celui qui commence par Béréchit, qui s'imprègne de émouna en Hachem qui a créé le monde.
Il obtient ainsi les outils nécessaires pour accepter ce qui lui arrive avec amour, quoi qu'Hachem décide de faire.

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+ La récompense de ceux qui placent leur confiance en Hachem :

-> La paracha Béréchit rapporte le dialogue entre Hachem et Caïn (v.4,14-15) : Ce dernier s’écria : "Celui qui me trouvera me tuera" et
Hachem lui répondit : "Ainsi, quiconque tuera Caïn, sera puni au septuple, et Hachem le marqua d’un signe afin que celui qui le trouverait ne le frappe pas".

Le Or Ha’Haïm explique que ce signe est celui qui est "inscrit sur le front de ceux qui accomplissent des mitsvot et qui les protège" (cf. Zohar Vayikra 16b).
Et la raison pour laquelle Caïn mérita ce signe est qu’il parvint à prendre conscience qu’à l’exception d’Hachem, personne d’autre ne pouvait le protéger et que le premier qui le trouverait le tuerait.
Il mérita en récompense qu’Hachem lui fournisse Sa protection.

[si Caïn qui venait de tuer son frère a mérité une protection spéciale de D. grâce à sa émouna, alors à combien plus forte raison pour chacun de nous lorsque nous plaçons concrètement et totalement notre confiance en Hachem!]

Béréchit – Au commencement

+ Béréchit - Au commencement :

-> Le mot בראשית a pour anagramme : א' בתשרי (le 1er Tichri), date du commencement de l’année juive.

-> On peut y voir une allusion au début de l'étude de l'homme.
En effet, Béréchit est le début de la Torah, et c'est un mot qui comporte tous les débuts du monde, à savoir l'alphabet qu'apprend l'enfant dans ses débuts.
Les lettres de : בראשית, sont les mêmes que celles de : תשיר א ב (tachir aléph-bét = chante l'alphabet hébraïque).
[Eliyahou haIch]

"Hachem bénit le 7e jour et Il le sanctifia" (Béréchit 2,3)

-> Le 'Hafets 'Haïm explique :
Combien absurdes sont ces hommes peu confiants en Hachem, qui tardent à faire entrer le Shabbath et qui s'empressent de le faire sortir!
La subsistance de l'homme, pendant les 6 jours de la semaine, est tributaire de la malédiction proférée à Adam : "A la sueur de ton front, tu mangeras ton pain".
Or seul le Shabbath ne fut pas concerné par cette malédiction, et Hachem en personne bénit ce jour et le sanctifia ...

Une personne avisée comprend qu'elle a tout intérêt à avancer l'entrée du Shabbath, afin de bénéficier au plus tôt de sa bénédiction ; elle tardera également à le faire sortir pour retarder le plus possible l'heure où resurgit la malédiction des 6 jours de la semaine.
Heureux qui mérite de percevoir les choses sous cet angle, et qui s'efforce de prolonger la période où règne la bénédiction Divine, qui imprègne toutes les personnes respectueuses du Shabbath.

"Hével apporta lui aussi les parties grasses des premiers-nés de son bétail. Hachem se montra favorables à Hével et à son offrande, mais vers Caïn et son offrande, Il ne se tourna pas.
Caïn en fut très courroucé et son visage fut abattu" (Béréchit 4,4-5)

-> Le 'Hatam Sofer observe que dès la Création du monde, la Torah vient nous enseigner les voies de Hachem.
=> Qu'a donc gagné Hévél du fait que son offrande fut agréée?
En effet, peu après, il fut tué par son frère Caïn, sans laisser d'enfants. En revanche, Caïn vécut durant 7 générations et eut des milliers de descendants qui construisirent des villes et des pays, comme l'affirment nos Sages dans le midrach (Chémot rabba 31,18).

Le 'Hatam Sofer répond qu'en réalité il ne faut pas tirer de conclusions quand nous voyons la réussite des réchaïm, car toute la descendance de Caïn fut détruite lors du Déluge, 1656 année plus tard, et il ne laissa aucune trace.

Quant à Hével, son âme (néchama) se réincarna dans son frère Chéth, 130 ans après son décès ; puis chez Noa'h, qui reconstruisit le monde après le Déluge, et enfin chez Moché.
Le 'Hatam Sofer fait remarquer que le mot : néchama (נְשָׁמָה) forme l'acrostiche de : 'Hével, Moché, Chéth et Noa'h.

=> Ceci vient nous apprendre la grande récompense réservée par Hachem aux tsadikim à un moment ou à un autre de l'histoire de l'humanité.

"D. fit le firmament et sépara les eaux qui sont en dessus du firmament de celles qui sont en dessous" (Béréchit 1,7)

-> Rabbénou Bé'hayé (Vayikra 2,13) dit que lorsque le monde a été initialement créé, il n'y avait qu'une seule entité d'eau, et Hachem l'a divisée en 2 entités : les eaux supérieures et les eaux inférieures.
Les eaux inférieures ont alors pleuré car elles étaient ainsi séparées, éloignées de la Présence Divine, qui est en-Haut.
Hachem les a apaisées en disant qu'elles seront utilisées pour la mitsva de libation des eaux (nissou'h hamayim), et que le sel des sacrifices (korbanot) sera pris d'elles.

-> Le rav Aharon Leib Steinman s'étonne : Comment cette promesse faite aux eaux inférieures pour les libations a-t-elle pu les satisfaire?
En effet, ces libations n'avaient lieu que pendant la fête de Souccot, et uniquement lorsque le Temple existait, alors que les eaux supérieures bénéficient de façon permanente de la proximité de Hachem?

Le rav Steinman répond que même si effectivement, celle-ci sont constamment proches de Hachem, elles ne Le servent cependant pas. Tandis que les eaux inférieures, bien que n'étant pas proches de Lui, participent elles à la mitsva que les juifs réalisaient lors des libations, et au service Divin dans le Temple.
Ceci constitue pour nous un grand enseignement : nous vivons dans un monde riche en mitsvot, et ce n'est que par elles qu'il nous est possible de nous rapprocher de Hachem.

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-> "Sur les rives des fleuves de Babylone, là nous nous assîmes, et nous avons aussi pleuré au souvenir de Sion" (al naarot Bavél ... - Téhilim 137,1)

=> Pourquoi est-ce que les juifs pleuraient particulièrement près des fleuves?

Le 'Hout haMéchoulach explique que lorsque le Temple a été détruit, les eaux inférieures ont pleuré de nouveau, car les mitsvot avec lesquelles elles ont été apaisées ne se faisaient plus.
Le verset : "gam ba'hinou" (nous aussi avons pleuré) = Israël a pleuré avec les eaux lorsque le Temple a été détruit.
Les 2 ont pleuré pour la même raison : ils étaient alors distanciés de la Présence Divine.

-> Lorsque les eaux furent séparées, les eaux d’en-bas ont commencé à pleurer.
Chacune disait : "Je veux être devant le Roi!"
[Tikouné Zohar (5,19b)]

-> "Tout celui qui n’a pas vu la joie de Beit haChoéva (fête de la libation des eaux à Souccot), de toute sa vie, n'a jamais vu une véritable joie" (guémara Soucca 53a)

Nous comprenons ainsi la signification de la libation des eaux : de même que le peuple juif a pleuré sur la destruction du Temple ensemble avec l'eau, de même à l'époque de la présence du Temple, le peuple juif se réjouissait ensemble avec l'eau.
L'eau était heureuse d'être amenée sur l'autel (mizbéa'h), proche de la Présence Divine, et le peuple juif était joyeux d'être proche de la Présence Divine dans le Temple.

[il n'y a pas de plus grande joie authentique que d'être proche de Hachem, que de voir son intériorité (âme) être proche de sa source, de son papa Hachem!]

[Baré'h Moché]

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-> "Sur les rives des fleuves de Babylone, là nous nous assîmes, et nous pleurâmes au souvenir de Sion" (Téhilim 137,1)

Le rav Yé'hiel Spéro dit que selon nos Sages, si nous aurions versé rien qu’une seule larme, le Temple n’aurait pas été détruit.
Ainsi, "Sur les rives des fleuves de Babylone, là nous nous assîmes" = pourquoi cela? ; car "nous pleurâmes au souvenir de Sion" = nous n'avons pas pleuré auparavant.

Les eaux inférieures se sont mises à pleurer avec pour objectif : créer davantage de proximité avec D.

[certes dans la Création du monde, elles devaient être séparées des eaux inférieures, mais elles n'acceptaient pas de perdre leur état de proximité avec Hachem. Les juifs auraient dû faire de même avec la perte imminente du Temple.]

=> Nous apprenons de là, que nos larmes (qui sont de l'eau salées à l'image des eaux inférieures) doivent avoir cette même finalité.
En effet, elles ne doivent pas être gaspillées. On ne pleure pas pour s’apitoyer sur notre sort, on pleure, car c’est le langage de de notre âme, du plus profond de nous même, exprimant notre désir intense de vivre au plus proche de D.

[on apprend aussi le pouvoir phénoménal des larmes, à l'image des eaux inférieures qui ont eu gain de cause, et même bien plus : en étant proche de D. d'une manière active par les juifs, les enfants de Hachem!]

[ b'h, par exemple cette idée est développée dans le contexte de la reconstruction du Temple : http://todahm.com/2018/08/08/les-larmes ]

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-> b'h, autre divré Torah en lien avec ce verset : http://todahm.com/2018/12/08/7590-2