La téchouva = reconnaître sa vraie valeur

+ La téchouva = reconnaître sa vraie valeur :

-> Le mois d'elloul renvoie à la notion d'améliorer notre relation avec Hachem (אֲנִי לְדוֹדִי וְדוֹדִי לִי), mais également avec autrui (אִישׁ לְרֵעֵהוּ, וּמַתָּנוֹת לָאֶבְיֹנִים).
Le mot Téchouva (תשובה) peut se décomposer en : tachouv hé (תשוב ה) = retourne vers D.
Chacune de nos fautes va créer un écran, davantage d'éloignement avec Hachem, et grâce à notre téchouva on retire ces séparations pour revenir à notre état de pureté et de proximité avec papa Hachem.
Mais, nous devons également revenir vers le Hachem qui est en nous, avoir une conscience et une appréciation de notre divinité interne (notre âme = une partie divine ['hélék Elokim mima'al]).
Pendant toute l'année, notre environnement et notre naturalité nous poussent à avoir de la confiance par le biais de moyens extérieurs (j'ai un travail sûr, j'ai de la l'argent, j'ai des honneurs de mes proches/de la société, ...) mais tout cela est éphémère et fluctuant. On oublie que notre vrai être, c'est notre âme qui est en nous.
Ainsi, la téchouva, dont le mois d'Elloul est tout dédié, doit également être un moment où l'on améliore notre relation avec nous-même. Nous devons prendre du temps pour écouter, connaître, valoriser notre âme.

En ce sens, lorsque le roi David dit : "Je mets constamment Hachem devant moi" (shiviti Hachem lénegdi tamid - Téhilim 16,8) :
- certes, il faut avoir conscience de la Grandeur Infinie du Roi des rois, d'à quel point Hachem a connaissance de toutes nos pensées, nos actes, regards, ... d'à quel point Il ressent de la douleur à chacune de nos souffrances, à quel point Il nous aime (peu importe nos actions, juste parce que nous sommes son "fils adoré" [béni bé'hori]), à quel point Il nous observe constamment, qu'Il vient face à face avec nous pendant nos prières, notre étude de la Torah, ...
- mais également, nous devons toujours avoir devant nous la divinité à l'intérieur de nous.
Tout juif doit être conscient et fier de sa valeur interne, et alors agir en accord avec cela.
[yétser ara c'est bien beau ce que tu me présentes, mais tu sais qui je suis intérieurement : une partie divine, un fils du Rois des rois, ... ainsi je ne peux pas me comporter avec bassesse. Etant de la noblesse spirituelle de ce monde, je me dois d'agir avec noblesse!
Ainsi, on doit faire téchouva par amour d'Hachem, mais aussi par ma responsabilité d'agir extérieurement conformément à notre intériorité sublime.]

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-> La première étape de la téchouva, qui illumine immédiatement les ténèbres, consiste pour une personne à revenir à elle-même, à la racine de son âme et à retourner immédiatement à D., à l'âme de toutes les âmes, et étape par étape, elle continuera à progresser et se développer dans la sainteté et la pureté. Cela est vrai pour un individu, une nation entière, pour toute l'humanité et pour la perfection de toute existence.
Ce n'est que par la grande vérité du retour à soi-même que l'individu, la nation, le monde et tous les mondes (toute existence) retourneront à leur Créateur pour être illuminés par la lumière de la vie.
[rav Avraham Its'hak haCohen Kook - Orot haTéchouva 15,10]

-> Le fondement d'une téchouva efficace est vraiment une compréhension et une appréciation claire de la lumière qui est en nous, de nos traits de caractère (midot) positifs, et de notre extraordinaire potentiel de bonté.
Le rav Yérou'ham Lévovitz ( Daat 'Hokhma ouMoussar vol.2 p.55) enseigne :
"Chaque individu doit servir Hachem en s'appuyant sur ses propres forces intellectuelles, d'émotion et de caractère, car les capacités d'une personne représentent un degré de la Présence Divine (hasra'at haShékhina). Une personne doit réaliser que toutes les qualités nécessaires sont déjà en elle.
La capacité de se concentrer sur le développement de ses propres qualités et de se concentrer sur ce qui se trouve à l'intérieur [de soi] est le secret du succès dans le service Divin (avodat Hachem) ...

Il est important pour une personne de connaître ses défauts, afin qu'elle sache ce qu'elle doit changer.
Mais il est encore plus important pour elle de connaître ses qualités et ses forces, afin qu'elle sache tout ce qu'elle peut accomplir."

[on doit faire attention car notre yétser ara nous pousse à voir la nécessité de faire téchouva comme une possibilité de renforcer en nous l'idée que nous ne valons pas beaucoup (regarde combien de fautes tu as fait, comment as-tu pu tomber si bas, en comparaison des tsadikim tu ne dois pas valoir grand chose aux yeux d'Hachem, ...). Au-delà de réduire nos ambitions spirituelles, cela introduit de la tristesse, une forme de désespoir spirituel. On en vient à tuer notre magnifique potentiel en une réalité nettement inférieure.]

-> Le Téhilim que nous disons le plus souvent dans nos prières est le Achré (3 fois par jour), où nous chantons la souveraineté, la puissance et le souci d'Hachem pour toute la Création.
Nous disons : "léodia livné aadam guévourotav, ou'hvod adar malkhouto" (pour informer aux fils de l’homme tes hauts faits et l’éclat glorieux de ton règne - Téhilim 145,12).
Le rav Mordé'haï Lévovitz enseigne que nous devons également comprendre ce Téhilim ainsi : "pour informer (léodia) chaque être humain de "guévourotav" : ses propres forces" = en effet, être informé de nos propres capacités et reconnaître notre potentiel est peut-être encore plus essentiel à notre croissance religieuse que de louer les vertus et les capacités infinies d'Hachem.
[imaginons papa Hachem qui a confiance en nous, nous octroyons des potentialités phénoménales (on a une partie Divine en nous!), et que faisons-nous? On se comporte comme les non-juifs, on ne les utilise que très peu. Est-ce une façon de faire honneur à la confiance infinie ('hemla rabba émounatékha) qu'a Hachem en nous?
"léodia livné aadam guévourotav, ou'hvod adar malkhouto" = ce n'est que lorsque l'être humain a conscience de sa grandeur interne (guévourotav), qu'il peut alors diffuser à l'extérieur dans la réalité l'éclat glorieux de ton règne (ou'hvod adar malkhouto) [par des actions pleines de lumières!]. ]

-> Le rav Shlomo Wolbe (Alé Shour I,169) écrit :
Faire l'expérience de la grandeur de l'homme est le début de chaque service Divin (avoda).
Celui qui ne s'est jamais attardé sur la grandeur de l'homme depuis sa formation, et dont la seule auto-évaluation est d'élargir sa reconnaissance du mal à l'intérieur [de lui] et de s'en réprimander, va conduire à le faire tomber de plus en plus dans le désespoir. A la fin, sans espoir de parvenir à se corriger, il se résignera à accepter le mal.

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-> Notre âme est ardente et riche ;
Le trésor le plus grand et le plus glorieux y est stocké.
Nous sommes remplis de la lumière de la vie (ohr ha'haïm).
De splendides flammes, suffisantes pour remplir le monde entier d'éclat et de lumière, sont cachées à l'intérieur de nous.
[rav Avraham Its'hak haCohen Kook - Orot haKodech 1,1132]

[ainsi notre yétser ara nous met dans une routine où l'on oublie notre vraie "moi" (intériorité), et on oublie que notre but et privilège dans ce monde est de révéler cette lumière (notre néchama), que Hachem a semé en nous par bonté. ]

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-> Une personne doit avoir une émouna en elle-même, qu'elle est précieuse aux yeux d'Hachem, car à la mesure de la magnanimité et de la bonté d'Hachem, de même chaque personne est grande et importance aux yeux d'Hachem".
[rabbi Na'hman de Breslev]

-> Quiconque connaît la sainteté de la nation juive (sa source) et discerne sa spiritualité et son raffinement, sait que le peuple juif est totalement éloigné de la faute ...
Et en fait, quelle est l'origine de la faute? Ce n'est rien d'autre que le manque de conscience de D.
C'est parce que "Un homme ne peut fauter que si un esprit de folie pénètre en lui" (guémara Sota 3a).
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II,73]

No Sages (guémara 'Haguiga 4a) disent : "un fou (choté) est quelqu'un qui perd ce qu'on lui donne"
Ainsi, celui qui faute, c'est à cause d'un esprit de folie, car il a perdu son bien le plus précieux qu'Hachem lui donne : son âme, son identité divine.
[ainsi fauter est en venir à oublier, à ne plus avoir conscience du Hachem qui est en nous (néchama), au point d'en venir à fauter. En effet, quelqu'un qui a à l'esprit la grandeur de son âme, il ne peut pas en venir à agir avec grossièreté, bassesse. Ainsi, la téchouva c'est renforcer la valorisation spirituelle interne de notre être pour ne plus céder au vent de folie.]

-> Le Méïri explique que le mot 'hét (faute) signifie : rater sa cible. Ainsi la téchoua est un processus par lequel nous améliorons et nous nous rapprochons de notre vrai objectif : ce que nous sommes en essence. [pour ne pas passer à côté de notre vie]

Lorsque le roi David était sur son lit de mort, Batchéva vint à lui pour plaider pour que leur fils Shlomo succède à son père comme roi, car sinon "alors Shlomo et moi serons des 'hataïm" (véayiti ani ouvéni 'hataïm - Méla'him I 1,21).
Cette déclaration n'a clairement rien à voir avec la "faute" ('hataïm), mais plutôt comme l'explique Rachi "'hataïm" signifie : "ils seront empêchés d'atteindre leur potentiel, retenus de leur grandeur" ('hassérim ouménou'in min aguédoula).

A Slabodka, l'accent était mis sur la grandeur inhérente de l'homme (gadlout aadam), et le point central de leur apprentissage et de leurs efforts était d'atteindre leur potentiel en tant qu'être humain créé à l'image Divine. [et non descendant d'un animal (le singe), comme l'indique la société environnante.]
De même, le péché ultime est le "katnout ada'at", l'étroitesse d'esprit et l'incapacité à apprécier de la bonne manière son potentiel.
"Un homme ne peut fauter que si un esprit de folie pénètre en lui" (guémara Sotah 3a) = alors que la "katnout ada'at" et la folie (shtout) ne sont pas spécifiquement des fautes, elles sont considérées d'une certaine manière comme bien pires, parce qu'elles sont à la base de toutes les autres fautes.
Pour chacun des péchés que nous avons pu faire, il existe le système de la téchouva, qui nous permet de nettoyer et de repartir de l'avant pour faire de grandes et belles choses, tandis qu'en ayant une "katnout ada'at" on reste dans une vie avec très peu d'ambition spirituelle.

"Reviens Israël jusqu’à Hachem ton D." (chouva Israël ad Hachem - Ochéa 14,2).
Le fait de revenir après avoir "trébuché" nécessite un profond changement dans la perception de soi. Comme l'écrit le Rambam Hilkhot Téchouva 2,4) à propos de quelqu'un qui fait téchouva, c'est comme s'il déclarait : "je suis quelqu'un d'autre, je ne suis pas la même personne qui a fait ces choses".
[d'après rabbi Yéhouda Mischel]

["Reviens Israël jusqu’à Hachem ton D." = la vision non-juive extérieure d'appréhender la vie, notre animalité, notre naturalité de la vie, ... nous pousse à dévier du chemin de la Torah. Ainsi, la téchouva consiste à revenir jusqu'à l'essentiel, jusqu'à Hachem, la partie Divine qui est en nous.
On passe notre vie à droite à gauche, et on oublie de considérer, de prendre soin des trésors spirituels qui sont en nous.
En ce sens, la téchouva ce n'est pas que bouger ses lèvres, c'est : "je ne suis pas la même personne qui a fait ces choses" = la téchouva m'a fait revenir à mon intériorité, à mon essence, à ce que je suis vraiment (une partie d'Hachem, au potentiel et capacités spirituelles illimités).]

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-> "Je rapporte ma faute, je suis inquiet de ma transgression" (ki avoni aguid, éd'ag mé'hatati - Téhilim 38,19).
Rabbi Na'hman de Breslev lit ainsi ce verset : je rapporte ma faute, c'est pourquoi je m'inquiète de ma transgression. Ruminer sur le passé et nos erreurs anciennes est en soi une faute.

-> Rabbi Yérouh'am Lévovitz (Daat 'Hokhmat ouMoussar - vol.2,p.139) observe :
"Les gens deviennent tellement habitués à être malheureux, qu'ils ne sont pas conscients de la misère inutile qu'ils s'infligent. Ils s'emprisonnent en remplissant leur esprit de pensées de ressentiment, de haine, d'envie et de désirs. C'est incroyable de voir comment ils tolèrent de vivre une telle vie. La seule raison pour laquelle ils le tolèrent est qu'ils se sont tellement habitués à vivre avec ces pensées qu'ils pensent que c'est l'image normale de la vie. Ils pensent à tort que c'est impossible pour le vie d'être différent."

-> Rabbi Klonimus Kalman Epstein (Méor vaChéméch - Vayéchev) enseigne :
"Lorsqu'une personne se regarde attentivement, elle peut parfois ressentir qu'elle est plus bas que bas : complètement sans valeur et plein de fautes. Lorsqu'une personne pense de cette manière, elle est susceptible de se sentir déprimée.
Lorsque quelqu'un commence à ressentir une culpabilité aussi excessive, il doit se rendre compte que cela vient de son mauvais penchant et doit immédiatement cesser de se concentrer sur les torts qu'il a commis.
Son obligation à ce moment-là est de penser à des pensées qui l'amèneront à un état de joie."

-> "Et maintenant, Israël, qu’est-ce qu’Hachem te demande si ce n’est que de Le craindre" (véata Israël ma Hachem Elokékha choél méima'h - Ekev 10,12)
Rabbi Barou'h de Mézibou'h interprète ce verset ainsi :"véata" = et maintenant, Israël, vivez comme un juif! Ne vous concentrez pas sur le négatif. En effet, le fait de se focaliser sur ce que l'on a pu faire de mal et comment nous avons pu échouer, peut conduire à des inquiétudes et à une dépression [spirituelles] disproportionnées, qui va saper toute notre vitalité et notre force vitale.
"véata" (וְעַתָּה) signifie ignorer nos fautes passées, nos échecs et notre culpabilité, et embrasser le maintenant, la nouvelle réalité du moment présent, et regarder vers l'avant.
Comme il est dit dans le midrach (rabba Béréchit 21,6) : "וְעַתָּה : "et mainenant" ne désigne rien d'autre que la téchouva."

En ce sens, lorsque Yossef s'est révélé à ses frères perdus depuis longtemps, il s'avait qu'ils ressentiront immédiatement le poids déchirant d'avoir prévu de le tuer et de l'avoir vendu comme esclave.
Par conséquent, Yossef les supplie : "Et maintenant (וְעַתָּה), ne vous affligez point, ne soyez pas irrités contre vous-mêmes de m'avoir vendu pour ce pays ; car c'est pour le salut que le Seigneur m'y a envoyé avant vous" (Vayigach 45,5).
Le rav Yéhouda Mischel note que l'on remarque l'utilisation de וְעַתָּה, lié à la téchouva du moment. Yossef leur fait ainsi comprendre : "Mes frères! Ne vous laissez pas ronger par la culpabilité et la tristesse! Et en revenant vers notre père "ne vous querellez pas en chemin" (Vayigach 45,24).
Veuillez à ne pas vous disputer et vous blâmer les uns les autres ou à vous attarder sur la douleur du passé."
Yossef trace ainsi un chemin de téchouva pour eux, leur apprenant à embrasser la miséricorde, la magnanimité et le pardon, ainsi que la réconciliation et la compassion pour eux-mêmes.

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-> Le Rabbi de Loubavitch parlait ainsi du Rabbi précédent :
"Pour moi mon Rabbi était un géologue de l'âme. Il y a de nombreux trésors enfouis dans la terre (de l'or, l'argent, les diamants), mais si vous ne savez pas où creuser vous ne ferez que heurter des rochers, de la boue et de la terre. Un Rabbi est un géologue de l'âme et peut vous dire ce qu'il faut creuser et vous indiquer où creuser pour le trouver ... mais le creusement réel vous devez le faire vous-même."

-> Pendant des années, chaque dimanche, le Rabbi de Loubavitch recevait des milliers de visiteurs de tous horizons, debout pendant des heures et des heures, juste pour donner à chacun un dollar pour la tsédaka et une bénédiction.
Un dimanche, une femme âgée est venue et a demandé au Rabbi : "Tout ce temps debout sur vos pieds ... comment se fait-il que vous ne vous fatiguez pas?"
Souriant, le Rabbi a répondu : "Quand vous comptez des diamants, vous ne vous fatiguez jamais".

[ceci n'est pas que de belles paroles, c'est la réalité au fond de lui chaque juif a un trésor (une part de divinité dont même les pires fautes ne l'affectent pas. A défaut de voir en tout juif leur trésor comme le Rabbi, faisant au moins de même à notre sujet!)]

-> Les tsadikim louent et honorent les gens pour tous les bons traits.

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-> Le Baal Chem Tov enseigne que nous devons faire une distinction entre ce que l'on fait et ce que nous sommes réellement (notre essence intérieure).
Une faute est un "objet", c'est une déviation du bon chemin qui est un événement extérieur à notre intériorité, et cela ne change pas qui nous sommes.
La négativité est une condition temporaire, ce n'est pas notre identité, notre "je".
[certains Sages s'identifient totalement à leur âme, et disent ainsi : "mon corps a besoin de manger" plutôt que "je mange" ; ... (voir ci-dessous : S’identifier à son âme)
Quelque soit la faute que l'on peut commettre, on n'affectera jamais la partie Divine qui est en nous, et ainsi on aura toujours une importance et un amour auprès de notre papa Hachem. Ainsi, aucun juif ne doit désespérer d'avoir trop peu de valeur, ou bien d'être descendu trop bas, car il conserve cette part d'Hachem (la téchouva pouvant tout réparer, voir transformer en mérites si faite par amour!).]

-> "Même pendant que la faute est commise, l'âme Divine croit toujours dans le D. Unique et lui reste fidèle" (Tanya 24).

-> Un juif a dit un jour au Rabbi de Loubavitch que puisqu'il n'allait pas régulièrement à la synagogue tout au long de l'année, il se sentait comme un hypocrite lorsqu'il allait à la synagogue à Roch Hachana, Kippour.
Le Rabbi a répondu en disant que l'endroit naturel pour un juif est la synagogue, donc "vous n'êtes pas hypocrite quand vous allez à la synagogue pendant les jours redoutables ; c'est le véritable 'vous'. Quand vous n'allez pas à la synagogue le restant de l'année, c'est hypocrite".

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+ S’identifier à son âme

-> Nous avons un corps et une âme mais avec quoi nous identifions-nous ? Voici le véritable révélateur : Suivre son corps est source de jouissance immédiate mais d’amertume dans un second temps. Ecouter son âme peut être au début éprouvant, mais sera au final source d’élévation.

Rav Noa’h Weinberg, pour s’aligner sur son âme, conseillait de parler de son corps à la 3ème personne, comme pour s’en distancer. Par exemple, au lieu de dire “J’ai faim”, disons “mon corps veut s’alimenter.” Au lieu de dire “Je suis fatigué”, disons “mon corps a besoin de repos.”

Si l’on s’identifie à son corps, la séparation entre le corps et l’âme sera plus complexe. C’est un peu à l’image d’une veuve vivant 50 ans avec son mari, puis qui se retrouve seule. Mais si l’on s’identifie à son âme, l’expérience de la mort sera alors moins douloureuse, la séparation entre le corps et l’âme sera comparable à un simple changement de vêtements.

Rav Noa’h Weinberg tenta une fois de convaincre un juif laic de rejoindre Aish ha-Torah. Il lui demanda s’il pensait avoir une âme. Après quelques minutes de réflexion, ce juif laic concéda qu’il en avait probablement une. Rav Noa’h retorqua alors: “Vous vous trompez : vous êtes une âme et vous avez un corps !”
[rav Yéhochoua Alt]

[ainsi, la téchouva c'est un processus où l'on arrive à vraiment s'identifier avec notre âme, et donc avoir une haute estime spirituelle de soi, qui restera toujours intacte et qui nous poussera à nous sublimer! ]

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-> "l'amour couvre toutes les fautes" (Michlé 10,12)
Lorsque nous améliorons nos actions et nous nous engageons dans la téchouva, Hachem annule et couvre nos fautes avec amour.

-> "Si tu crois que tu peux détruire, crois que tu peux rectifier"
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II, 112]
[lorsque notre yétser ara cherche à nous briser le moral en affirmant que nous détruisons le monde par nos fautes, il faut lui répondre que son employeur (Hachem) nous permet de tout rectifier par la téchouva, alors nous n'avons aucune raison de s'attrister, de désespérer (rien n'est perdu, tant qu'il y a de la vie je peux m'améliorer et faire de grandes choses!).]

-> Rabbi Sim'ha Bounim de Peshicha enseigne qu'il est compréhensible que les gens fassent des fautes, après tout nous sommes des êtres humains et nous sommes tous soumis aux diverses tentations qui nous entourent. Ce qui est bien pire que n'importe quelle faute, ce qui est presque impardonnable, c'est qu'Hachem nous donne la possibilité de faire téchouva à tout moment, et nous ne profitons pas de ces opportunités constantes pour réparer notre relation avec Lui.
Rabbi Sim'ha Bounim de Peshicha dit : "dans le Beit Din du Ciel (chel maala), on ne nous demandera pas pourquoi nous avons commis des erreurs et fait des fautes, car c'est ainsi que Hachem a créé le monde. Nous serons plutôt tenus responsables de la raison pour laquelle nous n'avons pas fait téchouva, et réparé ce que nous avions cassé."

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-> "Si les choses ne vont pas bien pour une personne, elle doit savoir qu'elle a une certaine arrogance" (rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II,82).
La téchouva demande que nous vidions tout ce qui est extérieur, pour nous focaliser sur notre intériorité, sur la Vérité d'Hachem en nous.
[cela implique reconnaître que nous avons des potentialités Divines, mais également que nous ne pouvons pas vivre une seule seconde sans la bonté de D.
Notre "égo" (moi je) fait fait écran avec notre véritable être (l'âme - partie Hachem).]

-> Grande est la téchouva puisqu'elle a précédé la création du monde.
[midrach Téhilim 90]

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-> b'h, voir également : Reconnaître sa valeur propre : http://todahm.com/2021/09/10/reconnaitre-sa-valeur-propre

La téchouva révèle la sublime intériorité de tout juif

+ La téchouva révèle la sublime intériorité de tout juif (d'après le rabbi Dovid Hofstedter) :

-> Le Néfech ha'Haim (1,18-20) enseigne que l'âme de chaque juif est composé de plusieurs partie.
La partie la plus basse de l'âme, le néfech, est liée à celle qui se trouve au-dessus d'elle, appelée le roua'h, elle-même est liée à la néchama, le niveau le plus élevé de l'âme.
La néchama est définie comme une part de l'Essence même de D.

En fautant, l'homme cause des imperfections à son néfech et à son roua'h, mais n'endommage pas sa néchama. La néchama existe à un tel niveau que la souillure du péché ne peut pas l'endommager. Elle sera toujours attachée à D. et c'est par l'influence de sa néchama que l'homme peut faire techouva, rectifier le dommage spirituel qu'ont causé ses fautes et infuser les parties inférieures endommagées d'une sainteté renouvelée.

Chaque juif est donc, au plus profond de son être, attaché à D. par un lien indestructible, un lien qui ne pourra jamais être rompu quelle que soit la distance créée par ses fautes.
Même un fauteur plongé dans l'impureté, que ses fautes ont éloigné de son Père céleste, garde un noyau pur qui reste attaché à D. Il pourra toujours utiliser ce lien pour renouveler son attachement à son Créateur et réparer le mal causé par ses transgressions.

=> Tel est le sens sous-jacent de la téchouva. Se repentir, c'est renouer sa relation avec D. en puisant à la partie la plus intérieure de l'âme humaine, la part de l'Essence divine qui réside en chacun de nous sans jamais se souiller par la faute, et l'utiliser pour réveiller notre désir naturel d'accomplir la volonté divine.
Lorsqu'un homme réussit à renforcer cette partie de lui-même pour qu'elle s'élève au-dessus des contingences insignifiantes du monde matériel, tous les obstacles s'effacent devant le repentir et le progrès spirituel.

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-> "Car cette chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur pour l'accomplir" (Nitsavim 30,14)

=> Comment la Torah peut-elle dire que la téchouva, qui consiste à peiner pour changer des habitudes ancrées, est très proche de nous?

-> Cette question part d'un postulat erroné. Le repentir ne consiste pas à changer sa nature, mais à œuvrer pour dévoiler son essence véritable. Quelles que soient les habitudes qu'un fauteur a prises, elles restent extérieures à lui. Le but de la téchouva est de découvrir le réel désir du bien qui se trouve dans le cœur de l'homme.
Comme le disent nos Sages (guémara Béra'hot 17a) : "Notre volonté est de faire Ta volonté. Qu'est-ce qui nous en empêche? Le levain dans la pâte [c'est-à-dire le yétser ara - selon Rachi] et la domination des gouvernements [étrangers]."
[de même, le Rambam (Hilkhot Guérouchin 2,20) dit quechaque membre du peuple juif "désire accomplir toutes les mitsvot et éviter le péché" et c'est seulement le mauvais penchant qui l'empêche de le faire. Par conséquent, Rambam tranche que lorsqu'un homme est forcé d'obéir aux lois de la Torah, on considère qu'il le fait de plein gré. ]

=> les seules choses qui empêchent un juif de servir convenablement D. sont les influences extérieures, car profondément, chaque juif ne désire rien d'autre que de faire la volonté de D.

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-> Sur cette notion que la faute est extérieure au peuple juif, le Maharal (Guévourot Hachem, ch.8) écrit :
"Le peuple juif a un prestige particulier, car l'élévation spéciale du peuple juif réside dans le fait qu'ils sont totalement dissociés de toute conduite honteuse. Lorsqu'ils fautent c'est par hasard, et ce qui est le produit du hasard peut être enlevé. Il ne serait donc pas juste de détruire le peuple juif à cause de ses fautes car ils sont intrinsèquement purs et la faute ne fait pas partie intégrante d'eux.
C'est quelque chose qui s'est produit par hasard et un fait du hasard ne supprime pas l'essence des juifs."

Ainsi, dans ce passage, le Maharal indique que, lorsque le peuple juif faute, ses transgressions ne font pas partie intégrante de sa nature ; il arrive qu'il se trompe. Comme la relation proche avec D. fait partie de l'essence de l'âme juive qui émane de sous le Trône de Gloire, lorsqu'un Juif faute, sa transgression ne provient pas de son vrai moi ; c'est un fait arbitraire, extérieur à sa personnalité.

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-> "Grand est la téchouva car elle atteint atteint le Trône de Gloire" (guémara Yoma 86a)
Les âmes du peuple juif émanent de l'essence de D. et sont gravées sous Son Trône de gloire.
Le repentir étant un processus de renouveau de l'âme et un retour à son abnégation envers D., il "atteint le Trône de Gloire", le lieu d'origine de l'âme.

[Le verset "ki 'hélek Hachem amo" (Haazinou 32,9) peut être traduit par : "le peuple de D. est une part de Lui-même (Hachem)".
Le Or Ha'haim (Nitsavim 29,19) écrit : "Sache que les âmes du peuple juif ont leur racine dans la sainteté sous les cieux, comme dans le sens mystique du verset : "Les cieux sont Mon Trône" (Yéchayahou 66,1) et leurs âmes sont gravées de sous le Trône de Gloire."

Selon le midrach Hanéélam (Vavéra 113a) : "Le Trône de Gloire ... existait avant tout et D. prit du Trône de Gloire la néchama pure pour éclairer le corps (du juif)." ]

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-> "Sept choses furent crées avant la création du monde : la Torah, le repentir (téchouva), le Gan Eden, le Guéhinam, le Trône de Gloire, le Temple et le nom du Machia'h" (guémara Nédarim 39b).
Le Tsela'h (guémara Pessa'him 54a) explique : chaque acte de l'homme a un impact qui atteint les plus hautes sphères célestes. Comme les fautes de l'homme peuvent causer des dommages dans les domaines spirituels, D. a agencé ces sphères de telle sorte qu'elles peuvent être réparées par le repentir.
Voilà pourquoi le repentir a précédé la création du monde.

La téchouva a été créée avant le monde, car la techouva est le retour d'un homme à sa vraie essence et le réveil de son désir inhérent de servir Hachem. La capacité de retrouver l'accès à la sainteté au cœur de l'âme juive est tramée dans le tissu même de la création.
La téchouva devait donc exister avant la création du monde afin que ce potentiel reste présent en chaque juif à travers tous les événements de l'Histoire.

Téchouva & l’importance de l’étude de la Torah

+ Téchouva & l'importance de l'étude de la Torah :

-> "Si un homme commet une transgression, il mérite la peine de mort par intervention céleste. Que peut-il faire pour vivre?
S'il avait l'habitude d'étudier une page [de Houmach], qu'il en étudie deux. S'il avait l'habitude d'étudier un chapitre [de michnayot], qu'il en étudie deux" (midrach Vayikra rabba 25,1).

=> C'est à priori étonnant! En effet, on se serait attendu à ce que le midrach recommande au fauteur de se repentir pour échapper à la punition, mais non qu'il accroisse son étude de Torah!
Pourquoi le fait d'étudier plus qu'à son habitude neutralise-t-il les effets d'une faute grave et annule-t-il la peine de mort céleste?

-> "Hachem nous a donné un seul véhicule, d'un niveau supérieur à tous les autres moyens par lesquels un être humain peut se rapprocher de Lui : l'étude de la Torah"
[Ram'hal - Dére'h Hachem 1,47]

-> "L'intention de D. a toujours été que nous nous plongions dans l'étude de la Torah afin d'imprégner notre âme de la force spirituelle et de la sainteté de la Source de la Torah. Ainsi, Hachem a donné en cadeau aux juifs la Torah de vérité à ne jamais oublier, afin que notre âme, et notre corps avec ses 248 organes et ses 365 tendons, s'attachent aux 248 commandements positifs et aux 365 commandements négatifs de la Torah.
Si [les juifs] étudiaient la Torah dans cette intention, ils deviendraient le char et le sanctuaire de Sa Chékhina (Présence Divine), car la Chékhina résiderait réellement parmi eux. Ils deviendraient le sanctuaire de D., la Chékbina choisirait de résider parmi eux, et la terre entière serait illuminée par Sa gloire. Cela lierait le Tribunal d'en haut avec le tribunal d'en bas, et le Michkan serait un."
[Ba'h - Ora'h 'Haim 47]

-> Hachem déclare : "Si seulement [les Bné Israël] M'avaient abandonné mais avaient gardé Ma Torah, car s'ils l'étudiaient, la lumière qui est en elle les aurait ramenés au bien".
[Eikha Rabba - pessi'hta 2]

-> En ce sens le 'Hayé Adam (143) dit que pendant les Assérèt Yémé Techouva (les 10 Jours de Repentir de Roch Hachana à Yom Kippour), il faut étudier la Torah davantage que d'habitude. La meilleure façon de se rapprocher de D. et de se repentir sincèrement est de développer la persévérance dans l'étude.

-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) écrit :
[Parfois] un homme est si profondément enraciné dans la faute qu'il est incapable de se repentir ...
Le midrach (ci-dessus) conseille à cet homme d'étudier la Torah, car elle crée le plus haut niveau de proximité avec D. qu'un être humain puisse atteindre. Cette proximité le protégera à l'avenir des attraits de la faute et expiera ses transgressions passées.
[le rav Eliyachiv disait que sans étude de la Torah, la téchouva n'est pas durable.]

Cela explique pourquoi le midrach conseille au fauteur de se concentrer sur l'étude de la Torah.
L'étude de la Torah est la clé de la techouva : plus un homme étudie, plus il tisse un lien avec D., pour ainsi dire. C'est pourquoi le yétser ara fait de grands efforts pour dissuader l'homme d'étudier la Torah. Sachant que, s'il étudie davantage, il sera capable de faire une vraie techouva, le yétsèr ara cherche à le convaincre qu'il est trop occupé à faire téchouva pour avoir le temps d'étudier la Torah. Il contrarie ainsi ses efforts de repentir.
[...]

Plus un homme se consacre à l'étude, plus il prend des forces pour résister aux tentations du yetser ara.

On peut citer :
-> "Le yétser ara n'a pas de force en présence de la Torah. Le yétser ara ne peut ni dominer ni même porter atteinte à un homme qui porte la Torah en son cœur" (midrach Téhilim 119,7).
-> "Etudie la Torah et tu apprendras comment suivre la bonne voie et vaincre le mauvais penchant" (Rachi - Hochéa 10,12) .
-> "Le mauvais penchant ressemble à une barre de fer qu'on a jetée dans le feu : tant qu'elle est dans le feu, on peut en faire l'ustensile qu'on désire. Il en est de même du yétsèr ara : il ne peut être vaincu que par la Torah, comparée au feu" (Avot déRabbi Nathan 16).
-> "Lorsqu'un homme met les paroles de la Torah sur son cœur, elles le débarrassent de nombreuses pensées [étrangères] ... les pensées suscitées par le yétsèr ara" (Avot déRabbi Nathan 20).
-> "Mon fils! Si ce malpropre [le mauvais penchant] se porte à ta rencontre, tire-le à la maison d’étude (beit hamidrach) ; s’il est comme une pierre, il s’effritera ; s’il est comme du fer, il se brisera en éclats!" (un tana de l’école de Rabbi Yichmaël - guémara Soucca 52b)
-> "Hachema créé le yétser ara, il a créé son antidote : l’étude de la Torah" (guémara Kidouchin 30b).
Selon le 'Hafets ‘Haïm, l’étude de la Torah est notre meilleure arme et armure dans la bataille contre notre yétser ara.

-> Le Méiri (guémara Yoma 35b) dit à propos de la négligence de l'étude de la Torah :
"L'homme doit toujours étudier assidument la Torah et avoir le désir de l'étudier. Il ne doit pas chercher d'excuses sous prétexte qu'il est riche et doit poursuivre ses affaires, ou qu'il est pauvre et doit chercher un gagne-pain. Il doit tout mettre à sa juste place... ainsi aura-t-il toujours le libre arbitre et la faculté de dompter et d'améliorer ses désirs naturels."

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+ Bonus : notion de bitoul Torah :

Pour avoir conscience de l'importance de la Torah, il faut avoir en tête la gravité de ne pas l'étudier alors qu'on pourrait le faire (le bitoul Torah) :
-> la négligence de la Torah est la première faute pour laquelle l'homme est jugé (guémara Sanhédrin 7a).
-> nos Sages (guémara 'Haguiga 5b) disent : "chaque jour, Hachem pleure sur ceux qui peuvent étudier la Torah, mais ne l’étudient pas".
Le rav Yaakov Galinsky commente : "Nous faisons pleurer D., et nous continuons notre chemin comme si de rien n’était!"
[le Kokhvé Or (maamar 44) fait remarquer qu'après notre mort, le bitoul Torah sera considéré comme une faute plus grave que les autres. (si l'on peut dire, une raison est pour la douleur que nous avons causée à Hachem. Mais également pour tout le bien que notre étude de Torah aurait pu amener au monde, et qu'on a pas fait (ex: tel juif aurait pu guérir, tel juif aurait pu faire téchouva, ...))]

-> également sur le bitoul Torah : http://todahm.com/2022/09/20/le-bitoul-torah-la-destruction-du-temple
-> mais aussi : http://todahm.com/2021/09/10/negliger-letude-de-la-torah-2
-> http://todahm.com/2019/07/08/negliger-letude-de-la-torah
-> http://todahm.com/2020/07/21/14294-2

La téchouva = une dynamique de 2 types d’éveil spirituel

+ La téchouva = une dynamique de 2 types d'éveil spirituel :

-> "Si je ne suis pas pour moi, qui est pour moi? (Pirké Avot 1,14)
[Cela signifie : ] Si je ne me réprimande pas moi-même pour me motiver à accomplir les mitsvot, qui sera 'pour moi' pour me réprimander et me motiver?
Les encouragements d'autrui sont bénéfiques [mais ne sont donnés] qu'occasionnellement, alors que quand un homme s'éveille lui-même, il continuera chaque jour à penser à accomplir l'ouvrage de D. ...
Telle est la voie convenable pour l'homme" (Rabbénou Yona, Avot 1.14).

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+ Les 2 formes de téchouva :

-> Le Messé'h 'Hokhma (sur la Haftara de Dévarim) discute de 2 enseignements de nos Sages apparemment contradictoires pour expliquer la destruction du Temple.
D'une part, nos Sages (guémara Shabbat 119b) disent : "Jérusalem ne fut détruite que parce que les (habitants) ne se réprimandaient pas les uns les autres".
Nos Sages disent aussi (même guémara) : "Jérusalem ne fut détruite que parce qu'on y dénigrait les talmidé "hakhamim".
Quelle était la cause réelle de la destruction?

Le Messé'h 'Hokhma explique qu'en réalité, ces 2 enseignements de nos Sages se complètent.
Parfois, un homme est encouragé à se repentir en observant simplement la bonne conduite des autres et en laissant leurs actes l'affecter intérieurement. Parfois, il faut de réelles paroles de réprimande venant d'érudits pour le motiver au repentir.
Ces 2 enseignements de nos Sages indiquent que ces 2 formes de techouva n'existaient pas dans la génération de la destruction du Temple.
La forme de techouva provenant d'influences extérieures déclina parce que le dénigrement collectif des érudits empêchait le peuple de prendre leurs paroles à cœur. En même temps, les juifs ne s'éveillaient plus au repentir d'eux-mêmes, intérieurement, en voyant les bonnes actions d'autrui.

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+ Les obstacles à la téchouva :

-> "Tu mets l'obscurité et c'est la nuit" (Téhilim 104,20).
Nos Sages (Bava Métsia 83b) commentent : "Cela évoque ce monde-ci, qui est semblable à la nuit".

-> Le Ram'hal (Messilat Yecharim - chap.3) explique :
"L'obscurité de la nuit peut causer 2 erreurs à l'œil humain : soit elle couvre l'œil de sorte qu'il ne voit rien de ce qui se trouve devant lui ou alors elle induit l'homme en erreur si bien qu'il prendra un poteau pour un homme et un homme pour un poteau.
Le matérialisme de ce monde ressemble à l'obscurité en plein jour. Il fait commettre deux erreurs à l'esprit humain :
1°/ la première, c'est qu'il empêche l'homme de voir les obstacles qui pavent ses voies dans ce monde ; attirés, les hommes marchent sans se méfier, tombent et se perdent ou vont à la perdition.
2°/ La 2e erreur, plus grave que la première, c'est le matérialisme qui brouille la vue si bien que les hommes voient le mal comme si c'était le bien et le bien comme si c'était le mal. Les hommes vont même jusqu'à trouver des preuves convaincantes pour défendre leurs opinions erronées et leurs idées mensongères."

=> Le Messilat Yecharim enseigne que les fauteurs souffrent d'un manque de perception de 2 sortes :
- Tout d'abord, ils ne reconnaissent pas que leurs actes sont incorrects et donc, ne ressentent jamais la motivation intérieure de se repentir.
- Deuxièmement, quand bien même ils admettraient qu'ils doivent réviser leur façon de vivre, ils n'arrivent pas à distinguer le bien du mal et prennent l'un pour l'autre.
[Une solution est de rester proche de sages et d'apprendre d'eux la bonne voie à suivre dans la vie.]
Ces 2 formes d'éveil à la téchouva sont mêlées, et expliquent Hillel dans le Pirké Avot (1,14) : "Si je ne me soucie pas de moi, qui se souciera de moi? Mais si je me soucie [uniquement] de moi, que suis-je?"

-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva, chaar 2, par.10&26) écrit :
"- [ Si je me soucie (uniquement) de moi, que suis-je?] = lorsqu'il entend les remontrances des sages et des censeurs, il doit écouter, entendre, se soumettre et se repentir, et prendre tous leurs reproches à cœur sans omettre la moindre de leurs instructions. Et en un instant, cet homme sortira des ténèbres vers une grande lumière.
[...]
- Si je ne suis pas pour moi, qui est pour moi?" = cela veut dire : Si un homme ne s'éveille pas lui-même, à quoi lui serviront les réprimandes? Même si (les admonitions) d'autrui atteignent son coeur le jour où il les entend, le yétser ara les lui fera oublier et les ôtera de son cœur ...
Lorsqu'un homme reçoit des remontrances, il doit prendre ces propos coeur, y réfléchir constamment, et y ajouter de la sagesse et laisser les pensées sortir de son cœur. Il doit s'isoler dans les chambres de son esprit et lever la main de la réprimande contre sa propre personne, sans compter uniquement sur le reproche du sermonneur. Il doit se faire des reproches chaque matin et à chaque moment, jusqu'à ce que son âme accepte la réprimande et soit lavée."

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+ Ces 2 formes d'éveil spirituel se réalisent pleinement à Roch Hachana et à Kippour :

-> Roch Hachana est un jour d'inspiration catalysé par des forces dont la source se trouve à l'extérieur de l'homme. A Roch Hachana, l'homme est encouragé à se repentir par la crainte du jugement et les sons du chofar, 2 sources d'inspiration qui viennent de l'extérieur.
Le chofar a pour but de faire peur à l'homme et de l'éveiller, comme le dit le verset : "Un chofar serait-
il sonné dans la ville sans que le peuple ne tremble?" (Amos 3,6).
[La guémara (Roch Hachana 16b) dit que le but des nombreuses sonneries du chofar à Roch Hachana est de "troubler le satan". Le Ran (sur le Rit, Roch Hachana 3a) l'explique ainsi : "Troubler le satan' veut dire soumettre le penchant".
Ainsi, Roch Hachana symbolise l'éveil spirituel par l'extérieur. Notre travail est de le prendre à coeur et de l'intérioriser.]

Même après avoir reçu l'inspiration au repentir de l'extérieur, un homme doit procéder à une introspection, examiner ses actes et se préparer à Yom Kippour. Yom Kippour est un jour d'éveil qui passe par la techouva, le vidouï (confesser ses fautes) et les sacrifices du jour.
La Torah y fait allusion dans le verset : "Car ce jour-ci Il vous donnera l'expiation pour vous purifier de tous vos péchés ; devant D. vous serez purifiés" (A'haré Mot 16,30). Rabbénou Yona (Chaaré Techouva) l'interprète comme "un commandement positif de la Torah de s'éveiller au repentir à Yom Kippour".
L'injonction "devant D. vous serez purifiés" nous enseigne que chaque homme doit s'éveiller pour se repentir, car notre tâche à Yom Kippour est d'atteindre un état d'éveil intérieur.
C'est dans ce but que nous avons reçu les 10 jours de repentir pendant lesquels chaque juif craignant D. travaille à s'améliorer en cultivant cet éveil intérieur essentiel et en examinant ses actes pour savoir comment s'amender à l'avenir.
Personne ne doit se contenter de l'inspiration suscitée par le son du chofar, mais s'efforcer de s'éveiller de l'intérieur en préparation à Yom Kippour. Après tout, comme l'enseigne Rabbénou Yona, si un homme ne s'éveille pas de l'intérieur, nulle parole de réprimande ne l'éveillera au repentir.

[d'après le rabbi Dovid Hofstedter]

Celui qui ne comprend pas le sens des ennuis qui l'ont accablé et par conséquent ne se repent pas, "se conduit avec cruauté ". Cruauté envers qui? Envers lui-même, "car il ajoute au malheur d'autres malheurs".
[Rambam - Hilkhot Taanit 81,3]

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-> "De la bouche du Supérieur n’émanent ni les maux ni les biens?" (Eikha 3,38)

-> Rachi l'interprète en ces termes :
"Tout homme devrait se lamenter sur ses péchés, car ce sont eux qui attirent le mal sur lui ... Le mal arrive à celui qui commet le mal, et le bien à celui qui fait le bien. Par conséquent, pourquoi un homme devrait-il être en colère, si ce n’est à propos de ses péchés?"

Savoir pardonner autrui

+ Savoir pardonner autrui :

-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva - chap.2) enseigne :
"Il est interdit d'être cruel et de refuser d'être apaisé. On doit au contraire s'apaiser facilement, et se mettre en colère difficilement; et à l'instant où celui qui a fauté nous demande pardon, on doit lui pardonner de tout cœur, sincèrement. Même s'il nous a causé beaucoup de tort et a fauté lourdement, on ne se vengera pas, et on ne tiendra pas rancune. Telle est la conduite d'un descendant d'Israël, au cœur pur.

-> Le 'Hafets 'Haïm (Michna Beroura 606,8 et Chaar Hatzioun alinéa 8 ) écrit :
"Dans le Ciel, l'homme est jugé mesure pour mesure. Il doit pardonner même si l'autre lui a causé du tort volontairement, en le défiant ; ainsi il méritera que lui soient pardonnées ses fautes intentionnelles. Celui qui dépasse son penchant mérite qu'on passe sur toutes ses fautes.
Au moment de pardonner et de renoncer, on voit le dommage énorme qui découlera de ce renoncement, ce qui rend cette action encore plus difficile à effectuer. Mais il faut savoir qu'on ne perd rien quand on renonce, bien au contraire : c'est le renoncement lui-même qui entraîne un gain, tandis qu'on perd sans cela."

-> Celui qui s'empresse de pardonner est digne de louanges, et qu'il est empreint de l'esprit de nos Sages.
[ 'Hovel Oumazik (5,10)]

-> Rabbi Chlomo Zalman Auerbach avait demandé que, lorsqu'on l'enterrerait, on ne fasse pas de discours. Seule une chose devait être dite. Son fils, Rabbi Avraham Leib de Tibériade, lut devant 300 000 personnes un texte où son père demandait que si, Dieu l'en préserve, il lui était arrivé de blesser quelqu'un, ce dernier veuille bien lui pardonner. Comment un Rav de son envergure aurait-il pu blesser quelqu'un?
Il ne se contenta pas d'une demande générale, mais précisa ce qu'il entendait par "blesser" : il se pouvait qu'on soit venu lui poser une question et qu'il n'ait pas répondu de suite...
Rabbi Chlomo Zalman Auerbach écrivait : "Je demande votre mansuétude, et que chaque personne ici présente à mon enterrement dise qu'elle pardonne à Rabbi Chlomo Zalman Auerbach, fils de Rav 'Haïm Leib."

Il ajouta à cette demande une explication qui en donnait 2 raisons :
- La première, c'était que l'on soit bon et généreux avec lui, et pas assez cruel pour ne pas lui pardonner. En effet, ces affaires allaient le poursuivre là-Haut, et il risquait de souffrir terriblement à cause de cela.
- La deuxième, c'est qu'il n'était pas avantageux de ne pas pardonner. En effet, si l'on ne pardonne pas, celui qui nous a fait du mal sera sanctionné et subira des préjudices, mais celui à cause de qui on sanctionne sera puni pour cela, si bien qu'en l'absence de pardon, tout le monde est perdant.

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+ Quelles conséquences si on en pardonne pas autrui (d'après le rav Yaakov Pozen - Adéraba) :

-> Rabbi Yaakov Galinski (vé'igadéta) nous dit que tant qu'un homme n'a pas apaisé son prochain, il ne reçoit pas de pardon sur les fautes effectuées envers D.
Voici sa source : Il est écrit dans la guémara (Yoma 85b) : "Rabbi Eléazar ben Azaria explique le verset : "de toutes vos fautes devant D. vous vous purifierez" (A'haré Mot 16,30) : les fautes faites envers D. sont pardonnées à Yom Kippour, et les fautes faites envers son prochain ne sont pas pardonnées à Yom Kippour."

-> Le Min'hat 'Hinoukh, quant à lui, dit que chaque faute commise envers son prochain contient aussi une faute envers D., et qu'après avoir apaisé son prochain, nous avons l'obligation de la reconnaître et de nous repentir pour ce qui concerne la faute commise envers Dieu.
Mais tant que l'on n'a pas apaisé son prochain, il n'y a pas de pardon pour la part relative à D., et le repentir reste sans effet.

-> Le Rif se demande ce que ces paroles de Rabbi Éléazar Ben Azaria ajoutent à la Michna. En effet, l
Michna dit déjà que les fautes effectuées envers D. sont pardonnées à Yom Kippour, mais que les fautes effectuées envers son prochain ne sont pas pardonnées à Yom Kippour. S'il voulait dire que ceci est tiré du verset : "de toutes vos fautes devant D. vous vous purifierez", pourquoi ne pas simplement le citer?

Le Rif répond que Rabbi Éléazar Ben Azaria vient ajouter que si nous avons fauté envers notre prochain, le pardon de l'ensemble de nos fautes, même celles qui sont sans rapport avec celle-là, dépend de ce que nous apaisions celui à qui nous avons fait du mal.
Il tire cet enseignement du verset : "Car ce jour-là Il vous pardonnera, pour vous purifier de toutes vos fautes devant D.
Le dernier mot, "vous vous purifierez", vient nous dire que ce pardon promis ne sera effectif que lorsque vous vous purifierez des fautes commises envers votre prochain.

[selon cet avis du Rif,] Même si nous avons fauté envers une seule personne, une seule fois, peut-être pas gravement, et que nous ne faisons pas en sorte d'obtenir son pardon, cette légère faute, D. nous en préserve, bloque le pardon de toutes les autres !

-> En contrepartie, il pèse une responsabilité sur la victime, comme l'écrit Rabbi 'Haïm Palaggi : même si on l'a blessée, qu'on a eu tort, que l'offense est importante; même si la victime a le droit, strictement, d'en tenir rigueur, et n'est pas obligée de pardonner, elle doit avoir en tête que sa colère a pour conséquence d'empêcher l'autre d'obtenir le pardon pour toutes les autres fautes!

-> Le Choul'han Aroukh va plus loin (Ora'h 'Haim 422,1) : celui qui refuse de pardonner est appelé 'cruel', et Dieu, qui rend mesure pour mesure, risque de se montrer cruel envers lui le jour du Jugement.
En refusant de pardonner, il fait du tort à l'ensemble du peuple d'Israël, comme le dit le Tour sur le midrach : lorsque Samaël, l'ange accusateur, voit que l'assemblée d'Israël est sans fautes, le jour de Yom Kippour, il dit : "Maître du monde, il est un peuple sur Terre qui est comparable aux anges de service. De même que les anges de service ne sont entachés d'aucune faute, Israël n'est entaché d'aucune faute. De même que la paix règne parmi les anges de service, la paix règne en Israël. D. entend le témoignage de l'ange accusateur, et leur pardonne."

-> Le Lévouch écrit à ce propos que si la paix ne règne pas, le Satan aura la possibilité de porter des accusations en disant : "Maître du Monde, ceux qui se tiennent devant Toi, et Te demandent de pardonner leurs fautes, méritent que Tu Te conduises comme eux. Ils refusent de se pardonner l'un l'autre, Toi non plus, ne leur pardonne pas!"
Il en profite pour mentionner leurs fautes et ajoute : "Celui-ci a fait une petite faute envers son prochain, qui refuse de lui pardonner. A plus forte raison, les fautes qu'ils ont commises à Ton égard, qui sont immenses et innombrables, pourquoi les leur pardonner?"

-> La guémara (Shabbat 149b) écrit que celui à cause de qui l'autre est puni, n'est pas admis dans l'entourage de D. De qui la guémara parle-t-elle précisément?
De Navot le Yizrééli, que A'hav, privé d'héritage dans le Monde futur, a accusé à tort, a assassiné et dépossédé de ses biens. L'esprit de ce même Navot, lorsqu'il a voulu se venger de A'hav, a été exclu de l'entourage de D.

De même D. dit à David : "Jusqu'à quand cette faute te poursuivra-t-elle ? C'est à cause de toi que fut détruite Nov, la ville des Cohanim, que Doeg HaAdomi a été malmené, à cause de toi que Chaoul et ses trois fils sont morts. Veux-tu que J'anéantisse ta descendance, ou que Je te livre aux mains des ennemis?"
Qui est capable de comprendre une chose pareille? Est-ce la faute de David si Doeg a été jaloux de lui, a inventé une fausse accusation contre la ville de Nov, la ville des Cohanim, à cause de lui, et a excité Chaoul contre lui?

Sauf que d'autres ont été punis à cause de lui ... Au final, même si l'autre est coupable, si nous refusons de lui pardonner, qu'à cause de nous il a des ennuis à Yom Kippour et qu'il s'ensuit pour lui des malheurs et des préjudices, la responsabilité nous en reviendra. Pourrons-nous nous pardonner de telles conséquences?
Même s'il ne s'est pas repenti, et continue à mal agir, on a intérêt à lui pardonner. C'est notre intérêt personnel, comme il est écrit dans la guémara (Roch Hachana 7a) : "Celui qui pardonne, toutes ses fautes lui sont pardonnées."

Ce principe n'est pas valable seulement pour Yom Kippour, mais pour tous les jours de l'année. Rabbi Yossi soutient que nous sommes jugés chaque jour, et que nous prions donc chaque jour pour le salut et pour la réussite; pour cette même raison, nous devons nous empresser de pardonner, et ainsi mériter le pardon de nos propres fautes et voir se réaliser nos souhaits.

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+ L'humiliation et le pardon simultanés :

-> Le 'Hida (Méirat Einayim) rapporte une histoire qu'il a entendu raconteur par l'auteur du Ohr ha'Haïm haKadoch. Elle se passa dans la ville où il vivait.
"L'un des dirigeants communautaires, qui était ministre du roi, manqua de respect à un sage. Le Rav l'appela pour l'apaiser, et commença à lui dire des paroles de conciliation. Mais l'homme répondit au Rav : 'Pourquoi vous donner ce mal? Alors que le ministre me dénigrait, je lui avais déjà pardonné. Le Zohar, en effet, nous dit que les fautes d'Israël pèsent, en quelque sorte, sur les ailes de la Providence. Or si je ne pardonne pas à cet homme qui a fauté en me manquant de respect, sa faute reste entière et fait souffrir la Providence. C'est pourquoi je me suis empressé de pardonner, pour que la faute n'ait pas le temps d'exister, de sorte que l'humiliation et le pardon ont eu lieu en même temps, et que la Providence n'a pas eu à souffrir'."

=> Le 'Hida dit : "À la lumière de cette histoire, nous comprenons pourquoi celui qui pardonne est pardonné : en pardonnant à son prochain, il évite une souffrance à la Providence, et par mesure de réciprocité, on lui pardonne ses fautes."

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+ Précision sur la notion de "pardon" :

-> Rabbi Mena'hem Stein nous enseigne : "Il faut savoir que le terme pardon (Me'hila), vient de la racine "Ma'hol" (ronde, cercle).
Pardonner vraiment, c'est repartir en arrière, comme si la blessure n'avait pas existé. Quand on a été touché profondément, en général il n'est pas possible d'effacer complètement.

-> Dans le livre HaKarmel, on rapporte au nom du Malbim que pardonner, c'est effacer la faute ou la blessure de la réalité.
Le Roi David (Téhilim 130,4), s'adresse à D. en Lui disant : "Le pardon est Ton fait, c'est pourquoi on Te révère".
Rachi explique que le pardon ne peut se trouver que chez Di. Seul le Créateur a une force telle qu'I peut laver complètement, et faire disparaître une action déjà commise, selon le principe : "Il écartera tes fautes, et tes péchés seront pardonnés" (Yéchayahou 6,7), dans le sens où la faute est écartée de la réalité.
[d'ailleurs, on ne doit pas hésiter à Hachem qu'iIl nous aide à ce qu'autrui nous pardonne ou à ce que nous pardonnons totalement autrui.

-> Selon certains, le pardon, 'Me'hila', s'apparente à un forage profond, à une galerie souterraine, qui se dit aussi "Me'hila". Il faut trouver des passages enfouis, des chemins souterrains, pour parvenir au coeur de celui qui a été blessé, afin qu'il pardonne sincèrement, le pardon superficiel des lèvres n'ayant presque aucune valeur.

Les épreuves sont là pour nous rapprocher d’Hachem

+ Les épreuves sont là pour nous rapprocher d'Hachem :

-> A chaque fois qu'un juif trouve son chemin barré devant lui, ce n'est que pour qu'il regarde En-Haut et qu'il soumette son coeur à son Père Céleste.
[Sfat Emet - Massé 5661]

-> En vérité, toutes les épreuves qui accablent les Bné Israël n'ont pour seul but que de les rapprocher d'Hachem, et pas seulement de les punir, comme il est dit : לא אלוקים קרובים (lo Elokim kérovim - litt. "c'est pour lui (pour ce peuple : les Bné Israël) qu'il (y a) Elokim (la rigueur Divine), pour qu'ils soient proches" - Vaét'hanan 4,7).
Et comme il est dit également (Isaïe 63, 9) : בכל צרתם לו צר (bé'hol tsaré'ém lo tsar - litt. "Dans toutes leurs épreuves, c'est pour Lui (pour nous rapprocher de Lui) qu'il (le peuple juif) subit l'épreuve").
Et l'épreuve elle-même est une délivrance pour les Bné Israël.
[Sfat Emet - Vaét'hanan 5666]

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-> Le Nétsiv (Méromé Sadé sur 'Haguiga 5b) explique ce que la guémara enseigne sur le verset : "Et Moi, Je voilerai Ma face en ce jour" (Vayélé'h 31,18) : Rav Yossef dit : "Sa main s'est levée sur nous, comme il est dit : ‘De l'ombre de Ma main Je t'ai recouvert’ (Yéchayahou 51,16)".
Le Nétsiv commente que l'intention de Rav Yossef est d’expliquer que Hachem ne voile pas Sa face devant Israël sans ne plus les regarder. Il est certain que dans toutes les circonstances, Hachem nous dirige.
Mais le thème du voilement de la face Divine consiste dans le fait que "Sa main s'est levée sur nous" = D. a placé Sa main comme séparation afin de nous cacher la manière dont Il nous dirige.
C’est ce thème qui est exprimé dans le verset rapporté par Rav Yossef : "De l'ombre de ma main Je t'ai recouvert", comme quelque chose qui est caché du regard. Mais il est certain que Hachem continue à nous regarder et à nous diriger avec miséricorde.

Tout le but de ce voilement est uniquement de nous éprouver afin de nous éveiller au repentir (téchouva - tachouv hé = revenir vers Hachem).

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-> Celui qui possède la émouna n'a aucune question, et celui qui ne la possède pas, toutes les réponses ne lui serviront à rien, car D. qui est le Maître de tout ce qui se passe dans le monde, est la réponse à toutes les questions.
['Hafets 'Haïm]

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
Personne ne comprend rien à la manière dont Hachem dirige le monde car celle-ci est insondable. Dès lors, comment l'homme pourrait-il avoir des questions sur Sa manière de diriger les événements puisqu'il ne peut en saisir la véritable finalité?
Il ne lui incombe que de placer sa confiance dans son Créateur.

[ainsi, dans nos périodes de troubles où l'on est tenté de tout voir en noir, il ne nous reste plus qu'à se jeter dans les bras de notre papa Hachem, confiant à 100% qu'Il gère tout pour le mieux ultime. ]

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-> b'h, voir également : 3Tu seras intègre avec Hachem ton D." : http://todahm.com/2022/09/28/37256

Rav Houna dit au nom de Rabbi Elazar : "Dans la voie qu'un homme veut suivre, le Ciel l'y conduit".
[guémara Makot 10b]

-> Le Maharcha nous explique :
Il aurait été plus normal que Rav Houna affirme : "Sur le chemin qu'un homme veut prendre, Hachem l'y conduit!" avec le singulier "moli'h oto", puisque c'est Hachem (ou le Ciel) qui conduit cet homme sur le chemin qu'il désire. Pourquoi alors Rav Houna a-t-il utilisé le pluriel : "moli'hin oto" (ils l'y conduisent)?

Rav Houna a voulu faire allusion au fait qu'une bonne pensée ou une bonne parole ou une bonne action, crée un Ange (mala'h) du côté du bien, et inversement, une mauvaise pensée, une mauvaise parole ou une mauvaise action crée un Ange du côté du mal.
Ainsi, après que l'homme, doté d'un libre-arbitre, ait choisi le bien ou le mal, Hachem donne ordre à ces Anges, créés par cet homme, de le conduire dans le chemin qu'il a choisi. C'est pourquoi, il est écrit : ils l'y conduisent (moli'hin oto) au pluriel.

La force de reconnaître : « j’ai fauté »

+ La force de reconnaître : "j'ai fauté" :

"Bilaam dit à l'ange d'Hachem : j'ai péché" (Balak 22,34)

-> Il ressort de ce passage de la Torah une preuve établie que celui qui confesse ses fautes même s'il n'est pas sincère, sera épargné des souffrances et des accusations. Comme cela est rapporté dans le midrach (Bamidbar rabba 20,13) sur : "Bilaam dit à l'ange d'Hachem : j'ai péché". Bilaam était un grand racha dénué de bonnes actions et savait parfaitement que face au repentir, la punition ne peut se tenir.
Tout celui qui a péché et qui dit : "j'ai péché", ôte la permission à l'ange de le frapper.

Pour appuyer cet enseignement du midrach, voici ce qui est écrit dans le Zohar haKadoch : "Un homme doit devancer le Satan en exprimant ses fautes ce qui empêchera ce dernier de porter des accusations contre lui" (Zohar ח"ג רלא).
Ce tut le cas de Bilaam dont la confession était uniquement motivée par la crainte du châtiment et non par un quelconque repentir.
=> S'il en est ainsi concernant un racha, à plus forte raison pour le juif qui est le fils bien-aimé du Créateur et qui lorsqu'il exprime juste ses fautes, même s'il ne ressent pas encore la force du repentir sincère le bouleverser, se crée indéniablement un bouclier qui le préserve des souffrances et des accusateurs.

La téchouva par crainte et la téchouva par amour

+ La téchouva par crainte et la téchouva par amour :

-> "Quiconque accomplit une mitsva en ce monde verra son acte marcher devant lui dans le monde à venir, comme il est écrit : "Ta vertu marchera devant toi, et derrière toi la majesté d'Hachem fermera la marche" (Yéchayahou 58,8).
Quiconque commet une avéra (faute) en ce monde verra son méfait collé à lui et l'accompagner au jour du jugement."
[guémara Avoda Zara 5a]

-> La guémara (Yoma 86b) nous enseigne que par un repentir par crainte (ex: des punitions), les fautes volontaires sont transformées en fautes involontaires.
La guémara ajoute que par un repentir sincère, motivé par l'amour d'Hachem, on transforme les fautes volontaires en mérites.

=> Comment comprendre la logique sous-jacente à cette transformation de fautes volontaires en fautes involontaires?

-> Le midrach (Yalkout Chimoni נחום - rémez תקסא) analyse le verset suivant : "Hachem est bon pour tous, Sa pitié s'étend à toutes Ses créatures" (Téhilim 145,9). Le midrach explique : "Hachem est bon pour tous". Vraiment pour tous? L'Ecriture poursuit : "Sa pitié s'étend à toutes Ses créatures".

-> Le Hida interprète ce Midrach en s'appuyant sur la michna suivante : "Celui qui accomplit une mitsva acquiert un défenseur et celui qui commet une transgression acquiert un accusateur" (Pirké Avot 4,11) En d'autres termes, en réalisant une mitsva, nous créons un ange positif qui proclame les vertus de l'homme. À l'inverse, lorsque nous commettons une transgression, nous créons un ange accusateur qui expose nos méfaits.
Lorsqu'une personne se repentit par crainte, Hachem met fin à l'existence des accusateurs nés des transgressions commises. Cependant, puisqu'Hachem est bienveillant envers toutes Ses créatures, n'aurait-Il pas dû prendre en pitié cet ange et l'épargner?
Hachem ne fait preuve de miséricorde qu'envers "Ses créatures", celles qu'Il a lui-même créées. Mais l'accusateur, généré par les fautes de l'homme, n'est pas une de "Ses créatures".
Par conséquent, Hachem n'a pas pitié de lui et le fait disparaître du monde.

-> Le Arougat haBossem explique que cette manière d'agir, le Créateur ne l'accomplit que dans le cas du repentir par crainte car cette forme de repentir n'a pas le pouvoir de transformer les transgressions en mérites. Mais si le repentir est motivé par l'amour du Créateur, les accusateurs [anges de destruction] continuent d'exister car les transgressions sont transformées en mérites et les anges accusateurs en anges de bonté.
Ainsi, il se trouve que lorsqu'une personne se repentit par crainte, c'est comme si elle tuait l'accusateur par inadvertance et c'est précisément la raison pour laquelle nos Sages ont dit qu'à la suite du repentir par crainte, les transgressions volontaires deviennent des fautes par inadvertance, des transgressions involontaires. En effet, un homme qui se repentit par crainte devra apporter une réparation pour avoir mis fin à l'existence des accusateurs alors qu'il aurait pu les transformer en anges de miséricorde

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+ "Bonus" lié à la téchouva :

-> Le Zohar (Tikouké Zohar 62 - daf 94b) enseigne :
"Hachem D. appela l'homme [Adam] et lui dit : où es-tu?" (Béréchit 3,9)
La lettre ה (hé) est la dernière lettre du Nom divin (יהוה) est une allusion à la sainteté de la Présence divine et c'est le sens des paroles d'Hachem à travers l'emploi du terme : "où es-tu?" (ayéka - איכה).
Le mot איכה est composé des mêmes lettres que : איך ה (ékh hé) ce qui signifie : איך = "comment" as-tu pu endommager la lettre ה qui est la Présence divine?".

-> Le Mégalé Amoukot explique d'après ceci un des 3 avis des Sages de la guémara (Béra'hot 40a) sur la source de l'arbre de la connaissance : Rabbi Yéhouda a enseigné qu'il s'agissait du blé ('hita - חטה).
L'allusion se trouve dans le mot même : חטה (blé) est constitué des mêmes lettres que "חט ה" ('hét hé) qui signifie fauter envers la faute ה pour nous révéler que la faute d'Adam endommagea la lettre ה qui est la Présence Divine et qui éclaire constamment au-dessus de la tête de l'homme.

-> En ce sens, le mot "téchouva" (תשובה) est constitué des mêmes lettres que : "tachouv hé" (תשוב ה) qui signifie "réinstaure la lettre ה".
[la téchouva permet de restaurer la Présence divine au-dessus, que la faute commise a pu éloigner. ]