La téchouva – quelques beaux enseignements

+ La téchouva - quelques beaux enseignements (b'h) :

1°/ Faire téchouva = c'est reconstruire notre Temple personnel :

Tamouz et Av, les mois de deuil national, sont suivis par Elloul et Tichri, les mois de l'introspection et de la délivrance grâce à la téchouva.
Rabbi Yossef Dov Soloveitchik observe qu'en Tamouz et en Av, nous ne prenons pas seulement le deuil de la perte du Temple de Jérusalem, mais également de la perte du Temple en nous-même.
Chacun de nous est un sanctuaire en miniature, dans lequel la Présence Divine réside.
Lorsque nous fautons, nous devenons similaire à Névou'hadnétsar et Titus, en ce que nous chassons la Présence Divine et détruisons le sanctuaire miniature.

En traversant le processus de téchouva, au mois d'Elloul et de Tichri, nous devenons notre propre machia'h qui nous délivre, reconstruisant notre Temple personnel, et réintroduisant la Présence Divine en nous.
[rabbi Yossef Grossman]

[Une des questions à laquelle nous devrons tous répondre après notre mort est : "As-tu attendu la Délivrance?" (tsipita lichoua - guémara Shabbath 31a).
On peut le comprendre dans le sens, est-ce que malgré tes chutes spirituelles tu as toujours espéré en ton machia'h personnel, est-ce que tu as toujours fait téchouva? ]

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2°/ Protéger son état d'après téchouva :

Selon le Rambam (Hilkhot Téchouva 2,2), un composant de la téchouva pour celui qui a fauté, est de regretter et de cesser ses mauvais actions, "jusqu'à ce que Hachem puissent attester que le fauteur ne refautera plus jamais".
[au moment où l'on fait téchouva, notre conviction doit être tellement totale que si on nous présentait la même faute, on ne la referait pas.]

=> Pourquoi est-il si important qu'en plus de s'engager à ne plus répéter la faute, on doit se débarrasser du désir de répéter la faute?

Rabbi 'Haïm Chmoulévitch explique :
Un des effets négatifs de la faute est que celui qui faute développe en lui un nouveau désir et une attraction vers la faute, ce qu'il n'avait pas auparavant.
[une mitsva entraîne une mitsva, une faute entraîne une faute = une des conséquences d'avoir fauté est cette attirance à faire de nouveau cette faute]
Puisque cette puissante nouvelle envie, nous rend plus sujet à rechuter, il n'est pas suffisant pour le fauteur de revenir à la situation originale d'avant la faute. Mais plutôt, il faut mettre en place des protections supplémentaires (non nécessaires auparavant), afin de totalement se mettre à l'écart des situations qui donnent naissance à notre tentation [à cette faute].

Rabbi 'Haïm Chmoulévitch dit que c'est le sens de la guémara (Ména'hot 29b) :
Ce monde a été créé avec avec la lettre "hé" (ה), et le monde à venir a été créé avec la lettre "youd" (י).
Pourquoi ce monde a-t-il été créé par la lettre hé" (ה)?

La guémara répond :
"Un "hé" (ה) ressemble a un pavillon qui est ouvert en dessous. Ainsi, tout celui qui désire quitter [le fait de vivre dans ce monde selon la manière dont Hachem l'a demandé] et qui veut vivre un vie remplie de fautes, a la possibilité de le faire.
Pourquoi est-ce que la jambe gauche de la lettre "hé" (ה) [a un espace vide vers le haut] ...?
Afin que s'il souhaite retourner par la téchouva, il peut revenir par cette ouverture.
Pourquoi ne peut-il pas retourner par le biais de la même ouverture d'en dessous, par laquelle il est précédemment parti?
La réponse est qu'il ne réussira pas [en agissant ainsi]."

Le rav 'Haïm Chmoulévitch commente cette guémara :
Une fois qu'une personne a fauté, elle a créé une attirance pour cette faute.
Maintenant qu'elle a enraciné dans sa nature une envie pour cette faute, elle ne réussira pas sa téchouva en retournant seulement à son état d'origine, car il est nécessaire de mettre en place de nouvelles barrières de protection efficaces pour l'empêcher d'en arriver à fauter.
Cela est symbolisé par la jambe gauche du "hé" (ה), qui ressemble à une barrière.

[si on quitte la maison d'Hachem dans ce monde, on peut à tout moment y revenir, mais il faudra pour cela faire l'effort de la téchouva (passer par l'ouverture en haut de la jambe du "hé"), et ensuite il faudra des gardes fous pour nous protéger de rechuter (le bas de la jambe gauche du "hé").]

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3°/ Il est toujours possible de faire téchouva :

Bien que Hachem a endurci le cœur de Pharaon, en le rendant incapable de faire téchouva, Moché a envoyé des avertissements à Pharaon avant la plaie des sauterelles : "Jusqu'à quand refuseras-tu d'être humble devant moi?" (Bo 10,3)
=> Cela semble injuste! Comment Moché pouvait-il attendre un tel comportement de Pharaon, alors que celui-ci avait un cœur endurci par Hachem?

Rabbi Shimon Schwab dit qu'on peut déduire de là que bien que Hachem a endurci le cœur de Pharaon dans sa capacité à faire téchouva, Pharaon gardait sa capacité à se rendre humble.
Cette forme particulière de téchouva : la téchouva de l'humilité, est toujours acceptée.

Le Rambam liste différentes fautes pour lesquelles on ne peut pas faire téchouva.
Néanmoins, il y a un principe que : rien ne tient sur le chemin de la téchouva.
=> Comment résoudre cette apparente contradiction?

Tant que nous désirons rester sur le trône confortable de notre toute puissance (je fais ce que JE veux), on peut nous refuser la possibilité de faire téchouva pour certaines fautes.
Cependant, si on choisit de faire une "téchouva de l'humilité", de complétement se rendre humble devant Hachem, alors Hachem nous permet de faire téchouva même sur les fautes dont d'ordinaire le pardon n'est pas possible.

C'est pourquoi à Kippour, on se confesse ainsi : "je suis poussière dans ma vie, et à plus forte raison à ma mort. Voici, je suis devant Toi comme un récipient rempli de honte et d'humiliation" (basé sur la guémara Béra'hot 17a).

=> Ce principe est un grand confort pour chaque juif qui se tient en prière à Yom Kippour, sachant qu'il y aura toujours la téchouva de l'humilité, qui contient une promesse de pardon pour toute personne.
[si la Torah assure que cela était valable pour un racha comme Pharaon, à combien plus forte raison même pour le "pire" des juifs
(chaque juif restera toujours un enfant adoré d'Hachem)!]

-> On peut prolonger cette notion que l'humilité peut tout débloquer, par les paroles du Tiféret Chmouël :
"Un homme désirant réaliser une mitsva ou étudier la Torah, mais qu'il rencontre un obstacle lui rendant impossible de réaliser son désir, et qu'il en a le cœur brisé, alors Hachem Qui connaît les pensées et sonde les cœurs réalisera tout cela pour lui.
C'est-à-dire qu'il lui sera compté comme s'il avait accompli la mitsva et méritera même de ressentir les flux de sainteté qui en proviennent."

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-> Le 'Hida (Na'hal Kedomim - Bo) écrit qu'Hachem ne ferma même pas la porte du repentir devant Pharaon. Il explique ainsi le verset : "Va chez Pharaon car J'ai appesanti son cœur et le cœur de ses serviteurs" (Bo 10,1 - bo el Pharaon : ki ani ikhbadéti ét libo ...)
=> A priori cela est étonnant : en quoi le fait d'appesantir le cœur de Pharaon est-il une raison de venir chez lui?
Bien au contraire, cela aurait dû entrainer que Moché ne s'y rende pas puisqu'à cause de cela, il ne serait pas prêt à entendre de laisser sortir les Bné Israël d'Egypte.

Le 'Hida dit à ce propos avoir trouvé dans les manuscrits de rav Chlomo Astruc (contemporain du Riva et du Ran) que l'on peut expliquer le mot כי (Ki) employé ici pour dire "car", dans le sens de "bien que" (cf. "guéris mon âme bien que (Ki) j'ai péché" - Téhilim 41,5).
D'après cela, le verset se lit : "Viens chez Pharaon bien que J'ai appesanti son cœur" = car même Pharaon le racha pouvait se repentir.

Le 'Hida poursuit en expliquant pour le verset suivant est : "afin que tu racontes aux oreilles de ton fils et du fils de ton fils" (Bo 10,2) :
"Car cela aussi est un grand principe digne d'être raconté : comment Hachem a accompli un tel prodige de donner le libre arbitre à l'homme, lui permettant, s'il est méritant, de surmonter son mauvais penchant".

=> Dès lors, un raisonnement a fortiori s'impose : si même Pharaon avait le libre arbitre de faire ce qui est bien aux yeux d'Hachem, il est certain que chaque juif possède la force de s'éveiller à un repentir sincère, fût-il dans la situation la plus misérable, car il n'est cependant pas arrivé au niveau de Pharaon.

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4°/ La téchouva par amour :

-> La guémara (Yoma 86b) dit que lorsqu'une téchouva est motivée par l'amour d'Hachem (téchouva mé'aava), alors toutes les fautes volontaires sont transformées en mérites.
=> Est-il réaliste de penser que nous atteindrons un niveau si élevé?

Le Tiféret Israël (Taanit 4,8) répond que : oui.
Il écrit que c'est pour cette raison qu'à Yom Kippour le 'hazan mène la communauté avec des chansons mélodieuses dans la récitation de "acham'nou" (nous avons fauté).
Cela démontre notre confiance que nous nous sommes repentis par amour pour Hachem, et par le biais de cela toutes nos fautes sont considérées comme des mérites.

Cette espérance que nous soyons parvenu à une téchouva mé'aava, est aussi évidente dans la prière de Yéhi Ratson que nous disons le soir de Roch Hachana : "Que ce soit Ta volonté que nos mérites soient augmentés" (Choul'han Aroukh - Ora'h 'Haïm 583,1).
En effet, comment pouvons-nous espérer que le peu de mérites que nous avons, se multiplient miraculeusement?
Rabbi Yossef Greenwald (Vayé'hi Yossef) répond que nous prions de mériter de faire téchouva par amour, et dans ce cas instantanément nos mérites se multiplieront, en conséquence de nos nombreuses fautes qui deviennent des mérites.

[en ce sens Yom Kippour démarre dans la crainte et la tristesse d'avoir autant fauté, mais progressivement cela se transforme en joie et mérite.
On en ressort tout propre et tout méritant, et cette bonté énorme d'Hachem doit nous booster à donner le meilleur de nous même durant l'année à venir.]

-> En plus de changer nos fautes en mérites, une téchouva par amour a d'autres avantages.
La guémara (Yoma 86a) dit que la téchouva seule n'expie pas complètement les fautes extrêmement grave, comme le 'hilloul Hachem ou les fautes punissables par karét ou mitat beit din.
Les commentateurs (Rif - Ein Yaakov Yoma 86 ; 'Hida - Midbar Kédémot Tof 18 ; Min'hat 'Hinoukh 364,35) notent que cela est vrai que si on fait une téchouva par crainte de la punition. Par contre, si on fait une téchouva par amour, alors une faute est immédiatement totalement pardonnée.
La raison à cela est qu'une fois que nos fautes sont transformées en mitsvot, il ne reste plus aucun résidu de la grave faute, qui aurait nécessité davantage de purification.

-> Une personne peut réaliser au maximum 248 mitsvot positives, mais le nombre de mitsvot que fait une personne qui fait téchouva par amour est un nombre plus important.
En effet, puisque les mitsvot négatives sont également comptées comme des "mitsvot supplémentaires" (ex: en faisant téchouva sur notre lachon ara, c'est comme si on avait fait la "mitsva" du lachon ara, de même avec la "mitsva" de la profanation du Shabbath, ...).
Cela explique pourquoi : "Là où se tiennent les Baalé Téchouva, les justes parfaits ne peuvent pas tenir" (guémara Béra'hot 34b), car les baalé téchouva ont de nombreuses "mitsvot supplémentaires" à leur actif.
['Hida - Pné David - Shoftim 7]

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5°/ Le pardon d'une brit, d'un mariage est-il supérieur à celui de Yom Kippour?

-> Il existe des moments particuliers dans la vie où toutes les fautes d'une personne lui sont pardonnées, comme c'est le cas lorsqu'une personne se marie ou bien assiste à une brit mila.
Selon certains de nos Sages (comme le Bné Yissa'har - Tichri 4, 7 ; le Even Israël 7:36,9), les fautes sont alors automatiquement pardonnées, sans aucune nécessité de notre part de faire téchouva.
Ils tirent une preuve de cela du midrach rapportant que Eliyahou haNavi a dit à Hachem qu'il refuse d'assister à une brit mila où participent des réchaïm. Hachem a répondu à sa demande en expiant leurs fautes à l'arrivée à la brit mila d'Eliyahou haNavi.
Par ailleurs, la source du pardon des fautes des mariés est dérivée du mariage d'Essav avec sa femme Ma'halat (cf. Rachi Vayichla'h 36,3 : "elle a été appelée Ma'halat parce que, lorsqu’elle s’est mariée [avec Essav], ses péchés lui ont été pardonnés").

Rabbi Shlomo Auerbach (Halikhot Shlomo - Yom Kippour 4,3) n'est pas d'accord.
Ces événements propices énumérés par nos Sages (brit, mariage) ne sont pas plus grands que le jour de Kippour lui-même, qui n'apporte une expiation que lorsqu'il est accompagné par une téchouva.
A son avis, Eliyahou haNavi n'était préoccupé que par la "zouhama" (la puanteur spirituelle) qui irradie d'un fauteur, laquelle Hachem a retirée à sa demande, mais pas la faute elle-même.

Au sujet du mariage, la preuve d'Essav peut être solutionnée à la lumière du midrach (Yalkout - Béréchit 116) qui rapporte qu'au moment de son mariage, Essav avait des pensées de téchouva.

L'esprit de téchouva est ce qui pousse le monde vers son épanouissement.
Toute la beauté et la lumière du monde proviennent de la téchouva.
[rav Avraham Its'hak Kook - Orot haTéchouva 5,4]

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-> Le monde est rempli d'harmonie : une unité parfaite entre des forces disparates liées ensemble dans un but commun. Chaque déviation de cet objectif cause une coupure à l'âme et bloque son canal de vitalité.
La téchouva permet de retrouver l'unité dans le monde et de guérir l'âme.
[rav Avraham Its'hak Kook - Orot haTéchouva 8,7]

Le but des malheurs : que nous revenions vers papa Hachem

+ Le but des malheurs : que nous revenions vers papa Hachem

-> "C'est la voix de mon bien-aimé! Il frappe : ouvre-moi, ma sœur, ma compagne, ma colombe, mon amie accomplie" (Chir haChirim 5,2)

Nos Sages (Yalkout Chimoni Chir haChirim 988) nous enseignent que Hachem "frappe" dans un seul but : "Ouvre-Moi les portes de la téchouva et Je te sauverai".

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[en ce sens, la prière n'est pas là pour le besoin d'une maladie, mais c'est la maladie qui est là pour le besoin de la prière.
Hachem a très envie de nous entendre, et si ne le faisons pas naturellement alors Il doit le provoquer par un soucis.
D'où le conseil de nos Sages de prier avant d'avoir à être mis dans un situation le nécessitant.
De même avec la téchouva.]

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-> b'h, également : http://todahm.com/2018/10/10/souffrances-techouva

Le génie d'Avraham était de montrer aux gens à quel point ils sont déjà extraordinaires.
Par le fait de regarder l'étincelle de beauté et de bonté des individus, il leur montrait que le fait d'agir négativement n'est pas en adéquation avec leur véritable être [intérieur], et il les encourageait à revenir à leur essence pure.
[Chem miChmouël]

Chaque juif, même s'il a beaucoup fauté et commis des péchés importants, doit avoir confiance que la parcelle Divine essentielle qui se trouve dans chaque juif reste encore en lui intacte et n'a pas disparu du fait de ses péchés.
Et même un tel homme doit dire chaque matin : "L'âme que Tu as placée en moi est pure" (néchama chénatata li téora).
Et quand il se repentira, il pourra la révéler.
[Sfat Emet]

Téchouva – quelques enseignements du rav Mendel de Rimanov

+ Téchouva - quelques enseignements du rav Mendel de Rimanov :

-> Nos Sages (Zohar - Vayikra 21a) disent que Hachem aussi fait téchouva, citant comme preuve : "Hachem reviendra" (chav Hachem - Nitsavim 30,3).
=> Qu'est-ce que cela signifie? Comment Hachem peut-Il faire téchouva puisqu'Il ne faute pas?

Nos Sages (guémara Soucca 52b) enseignent que Hachem regrette d'avoir créé le mauvais penchant.
C'est cela la téchouva d'Hachem. Mais cela reste étonnant : Hachem connaissant le futur, pourquoi a-t-Il fait quelque chose qu'Il regrettera par la suite?

La réponse est qu'il nous est très difficile de faire téchouva.
Puisque dans Sa bonté et miséricorde, Hachem a souhaité que même les réchaïm puissent faire téchouva et revenir vers Lui, alors pour nous faciliter la tâche, Il a été le premier [avant tout le monde] à faire téchouva et à regretter [et par cela : créant essentiellement l'idée de téchouva].
Puisque Hachem a fait téchouva le premier, et lui a donné son existence, faisant qu'actuellement cela nous est plus facile de le faire.
[rav Mendel de Rimanov - Kountras Ména'hem Tsion - Vayélé'h]

[éventuellement on peut ajouter que dans Sa bonté, par cela, Hachem nous enlève toute notion de gêne, d'honte, car si même D. a dû faire téchouva, alors nous qui sommes humains ... ]

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-> Le rav Mendel de Rimanov explique que sans le regret le monde ne peut pas exister, et c'est pourquoi [avant même la création du monde,] Hachem a fait de la place pour la téchouva, afin que le monde puisse être rectifié par le repentir ... Hachem a préparé un chemin pour le regret et le repentir dans les Cieux afin de contrer le mauvais penchant.
[rapporté dans le Emet léYaakov - Likoutim]

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Dans le Imré Yossef, on trouve l'enseignement suivant du rav Mendel de Rimanov :
Si rien ne peut tenir sur le chemin de la téchouva, comment se peut-il que si 2 témoins attestent devant le Sanhédrin que quelqu'un a commis un meurtre, il peut être coupable et mis à mort? Pourquoi ne pas considérer la possibilité qu'il a fait téchouva?

Selon la loi, leur témoignage est accepté dans le cas où ils ont averti le meurtrier de la peine encourue pour son crime, son mépris pour leur avertissement prouvant qu'il est coupable et qu'il manque de remords.
Cependant, je dis que nous devons considérer la possibilité qu'il pourrait encore regretter ses actions et se repentir.
C'est pour cela que les témoins subissent 7 formes d'interrogatoire, pour corroborer leur témoignage.
Pendant ce temps, les juges assis au Sanhédrin font de leur mieux pour infuser en l'accusé des sentiments de remords afin qu'il en vienne à faire téchouva.
Sa téchouva va faire que les témoins seront troublés et ils vont échouer à corroborer leur témoignage, et il sera libéré.

C'était le travail des tsadikim qui s'asseyaient au Sanhédrin : de faire en sorte que l'accusé fasse téchouva, afin qu'il soit sauvé.
C'est la signification de la déclaration de rabbi Tarfon et de rabbi Akiva, que s'ils avaient servi au Sanhédrin, personne n'aurait jamais été condamné à la peine de mort. [guémara Makot 7a]
En effet, puisqu'ils étaient de grands tsadikim, ils avaient la capacité de rectifier l'âme juive et de l'entraîner à faire téchouva. Ils auraient réussi à ramener au repentir tout accusé de meurtre, se tenant en jugement [au Sanhédrin]. Cela aurait entraîné les témoins à être troublés, et l'accusé à partir libre.

[on voit de là à quel point la téchouva est toujours possible et désirée par Hachem. Si cela est vrai pour un grand fauteur (meurtrier), à combien plus forte raison pour nous tous!
Un juif doit toujours garder espoir dans l'incroyable pouvoir de la téchouva, véritable potion magique du peuple juif!
(selon le Rambam, par quelques mots de téchouva on passe de sale et répugnant, au statut de propre, proche et aimé de D.)]

+ "Heureux l’homme qui met sa force en toi, dont le cœur connaît les vraies routes" (achré adam oz lo ba'h, messilot bil'vavam - Téhilim 84,6)

Selon le 'Hozé de Lublin, le roi David veut dire que lorsqu'un tsadik s'assoit et étudie la Torah lichma (sincèrement pour l'honneur d'Hachem), alors il pousse les autres [juifs] à avoir des pensées de téchouva.
Par ses études, il injecte dans le cœur [de chaque juif] le désire et la motivation de faire téchouva.
[...]

Le Yichma'h Moché enseigne que lorsque le roi David chante des louanges de remerciement à Hachem (Téhilim 111,1 : "Halélou-ya, Je louerai Hachem de tout mon cœur!), il exprime le fait que lorsque nous louons et remercions Hachem, nous entraînons un éveil de téchouva dans le cœur des autres [juifs].
[Ilana dé'Hayi - Emor]

Faire téchouva est toujours possible!

+ Nos maîtres ont enseigné : A'her [Elicha ben Abouya] allait, monté sur un cheval, un jour de Shabbath et rabbi Méïr le suivant pour apprendre de sa bouche des enseignements de Torah.
A'her lui dit "Méïr, fais demi-tour, car j'ai compté les pas de mon cheval et j'ai atteint la limite shabbatique (le te'houm)."
Rabbi Méïr lui dit : "Toi aussi, reviens avec moi!
A'her répondit : "Ne t'ai-je pas dit que j'ai entendu de derrière le rideau : "Revenez enfants rebelles, sauf A'her" (cf. Yirmiyahou 3,14).
[guémara 'Haguiga 15a]

=> Comment cela est-il possible alors qu'on nous enseigne que rien ne peut tenir sur la voie de la téchouva (cf. guémara Yérouchalmi Péa 1,5), et que même quelqu'un de racha comme le roi Ménaché, qui par son comportement a énormément mis en colère Hachem, a été pardonné lorsqu'il a fait téchouva (cf. Méla'him II 21,1-18 ; Divré haYamm II 33,1-9).

-> Rabbi Avraham Yéhochoua Hechel d’Apta (le Ohév Israël) explique :
Il me semble que si A'her avait fait téchouva, Hachem aurait également accepté son repentir.
Hachem a de la compassion pour toutes Ses créatures, même envers les fauteurs, et personne n'est abandonnée.
Hachem envoie [à ceux qui ont fauté] des sentiments de remord et des pensées de téchouva par la voix divine qui résonne chaque jour, leur demandant de se repentir et de revenir.
[cf. les enseignements du Baal Chem Tov : http://todahm.com/2021/09/11/quelques-enseignements-du-baal-chem-tov-lies-a-la-techouva ]
Cela éveille à se repentir sincèrement et totalement. Ensuite, Hachem ouvre les portes de la téchouva et implore chaque personne à faire téchouva et à revenir [vers Lui].

Cependant, pour un grand fauteur, Hachem ne s'abaisse pas ainsi.
Le fauteur doit d'abord s'éveiller lui-même à la téchouva et prendre à cœur qu'il doit revenir sans un éveil d'en-Haut.
Il doit de sa propre volonté se confesser devant Hachem de tout cœur, et répandre sa souffrance/angoisse [d'en être arrivé à agir aussi fautivement devant D.], il doit supplier de bénéficier d'une aide Divine pour parvenir à une téchouva complète.
Alors assurément sa téchouva sera acceptée, tant qu'il laisse derrière ses mauvais comportements.
[Ohev Israël - Yémé haRatson véhaTéchouva]

[nos Sages enseignement par exemple que Hachem en est arrivé à durcir le cœur de Pharaon. Certes, il s'était tellement révolté contre Hachem qu'il ne pouvait plus faire une téchouva complète, mais s'il s'était abaissé en suppliant Hachem de l'aider à lui pardonner, alors il serait parvenu à faire téchouva.
Ainsi, même le pire des fauteurs, doit s'humilier devant Hachem en regrettant de mal agir, en admettant être prisonnier de mauvaises actions. Hachem n'abandonne personne, et lorsqu'un tel fauteur s'abaisse devant Sa grandeur, alors Hachem l'élève et le rapproche de Lui.
=> Personne ne doit désespérer d'être une trop mauvaise personne, dont la téchouva lui est hors de portée.
La réalité est que Hachem nous aimera toujours, nous observe et prend soin de nous en permanence.]

-> Pharaon : exemple du fait qu'il est toujours possible de faire téchouva, b'h voir également le point 3°/ : http://todahm.com/2021/12/21/la-techouva-quelques-beaux-enseignements

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-> Le Maharcha affirme aussi que si A'her s'était repenti, on l'aurait accepté car "rien ne résiste au repentir".

-> Cela est aussi suggéré dans la guémara (Pessa'him 86a) qui enseigne : "Tout ce que le maître de maison t'ordonne, fais-le, sauf de sortir", et fait allusion également au Maître du monde qu'il nous incombe d'écouter, sauf au moment où Il repousse l'homme repentant et lui dit : "Sors de ma proximité!"
Car c'est en réalité le désir profond du Maître du monde et Il n'agit de la sorte que pour t'induire en erreur (Réchit 'Hokhma - Chaar haKédoucha 21).

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-> A'her [Elicha ben Abouya] rapporte qu'il a entendu un voix Divine lui proclamant : "Revenez enfants rebelles, sauf A'her" (guémara 'Haguiga 15a).

Le 'Hozé de Lublin (rapporté dans le Agra déPirka) explique que si ensuite Elicha aurait répondu à la voix Divine : "Tant mieux! Maintenant Hachem je peux véritablement Te servir avec sincérité, sans aucune pensée liée à une récompense et sans aucun motif ultérieur mis à part celui de Te donner de la satisfaction car je réalise Ta volonté", alors il aurait atteint une expiation totale. Il aurait été totalement pardonné et serait parvenu à un niveau spirituel élevé.

-> Le 'Hozé de Lublin (rapporté dans le Tiféret Israël) explique que la faute du Veau d'or n'est pas d'avoir fait un Veau, et de s'y être prosterné, mais l'essentiel de cette faute est d'avoir "prit le deuil" (Ki Tissa 33,4). Les juifs sont devenues tristes et sont tombés en déprime d'avoir fautés.
Ils n'ont pas réalisé qu'ils auraient dû saisir l'opportunité et se repentir avec de la joie dans leur cœur.

[parfois Hachem peut nous faciliter le fait de fauter, car ce qui l'intéresse c'est de voir notre réaction après notre chute.
Est-ce qu'on va rester dans la boue et désespérer, ou bien est-ce qu'on va garder espoir, confiance, dans le pouvoir de la téchouva et alors être dans la joie de pouvoir tout effacer, d'avoir un papa Hachem aussi miséricordieux en nous accordant l'incroyable mitsva de se repentir!
La capacité de destruction de nos fautes, est largement surpassé par la puissance de la téchouva!
Si tu crois que tu peux détruire, alors combien davantage tu dois croire que tu peux réparer et aller de l'avant encore plus fort! Chez un juif, l'espoir doit toujours surpasser le désespoir!]

-> b'h, également sur la guémara ci-dessus : http://todahm.com/2018/10/10/7280-2

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-> "Ramène-nous vers toi, ô Hachem, nous voulons te revenir ; renouvelle pour nous les jours d'autrefois" (Eikha 5,21)

Rabbi Avraham Yéhochoua Hechel d’Apta (Yalkout Ohev Israël) enseigne :
Dans ce verset, le mot "autrefois" s'écrit : "kedem" (קֶדֶם), qui peut se voir comme l'acrostiche de 3 personnalités du Tana'h : Kayin, David et Ménaché.
Chacune de ces personnalités est un symbole de la téchouva pour les 3 fautes cardinales :
- le meurtre = Kayin a été le premier meurtrier de l'histoire. Il a regretté d'avoir versé le sang de son frère, et il a fait téchouva.
- l'immoralité = David a fait téchouva de sa relation avec Batchéva.
- l'idolâtrie = Ménaché, roi de Yéhouda, a fait téchouva pour ses actions d'idolâtrie.

De ces exemples, nous voyons que même quelqu'un qui a fauté contre Hachem à un tel point (faire les 3 fautes cardinales juives), il ne doit pas désespérer.
Il doit faire téchouva, et alors ses jours seront "renouvelés comme autrefois", c'est-à-dire à l'image de "kédem" = Kayin, David et Ménaché [dont leur téchouva a été acceptée, et cela est valable pour tout juif!].

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-> Nos Sages (michna Négaïm 2,5) nous enseignent qu'une personne a des difficultés à voir ses propres fautes et défauts.
Rabbi Avraham Yéhochoua Hechel d’Apta (Ohev Israël - Likoutim 'Hadachim) dit qu'ainsi il faut prêter attention aux mauvaises actions d'autrui, et se demander : "Pourquoi Hachem a orchestré les événements pour que je sois témoin de cela? Ce doit être parce que Hachem veut que je le vois afin de réaliser que j'ai les mêmes imperfections/défauts, mais je suis aveuglé par mon yétser ara pour en avoir conscience".

[ainsi, plutôt que de s'élever à nos yeux en mettant en avant les imperfections d'autrui, nous devons les prendre et observer si nous ne pouvons pas s'améliorer dans ces domaines.
On ne doit pas se sentir meilleur en rebaissant autrui, mais plutôt en profitant d'eux pour devenir soi-même une meilleure personne.]

Nous pouvons alors retourner vers Hachem en faisant téchouva sur ces mauvaises actions, et Hachem aura de la miséricorde pour nous.

Téchouva – quelques enseignements du Baal haTanya

+ Téchouva - quelques enseignements du Baal haTanya :

-> Pour comprendre pourquoi la puissance de la téchouva est tellement importante, nous devons comprendre que la téchouva est une transformation et sa puissance réside dans la grande nouveauté qui résulte de cette transformation ...
Le cœur endurci de quelqu'un est appelé : un "cœur de pierre".
Lorsqu'il transforme sa volonté et se change pour servir Hachem, son cœur brille ... et cela est très précieux aux yeux d'Hachem.

Lorsque [nous faisons téchouva] nos cœurs de pierre brillent, ils s'appellent alors : des pierres précieuses, et ils sont utilisés en tant que "bijoux" qui ornent la Présence Divine, qui est comme une mariée ...
Lorsque la mariée est parée de toutes ses pierres précieuses, alors elle est agréable et belle à son mari (c'est-à-dire l'aspect masculin de la Divinité).
[...]

La forme principale de la téchouva est de confesser verbalement la faute que nous avons transgressée, la décrivant en détail.
Pourquoi faisons-nous cela?

Lorsque que nous fautons, nous créons un adversaire (un ange accusateur) qui est appelé par le même nom que la faute que nous avons commise.
Par exemple, si quelqu'un mange du porc, l'accusateur est nommé : "Tu as mangé du porc".
L'ange accusateur tire sa force vitale des lettres mêmes qui épellent son nom (épelant la faute qui a été commise).
C'est de cette façon que le premier homme, Adam, a nommé les animaux : lorsqu'il les a regardés, il a discerné les lettres qui leur ont donné vie. Par exemple, lorsqu'il a vu un cheval, il a remarqué les lettres : samékh - vav - samékh, lui ont donné la vie, et il l'a donc appelé : "souss" (סוּס).

C'est pourquoi lorsqu'une personne confesse et regrette ses actions, disant : "je n'ai plus envie de refaire cette faute", il retire la force vitale de l'ange accusateur qu'il a créé par cette faute, le tuant efficacement, car il a retiré les lettres qui forment le nom qui lui ont donné vie.
[Baal haTanya - Maamaré Admour haZaken haKétzarim]

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-> Lorsque nous faisons téchouva, Hachem, dans Sa grande miséricorde, nous pardonne immédiatement.
Ce fait est clairement exprimé dans la bénédiction du pardon que nous disons lorsque nous prions la Amida.
D'abord, nous demandons à Hachem de pardonner nos fautes, et immédiatement après nous prononçons : "Béni soi-Tu hachem, le Miséricordieux, qui pardonne abondamment" (bar'ouh ata Hachem 'hanoun hamarbé lisloa'h).
[Tanya - Iguéret haTéchouva]

Quelqu'un qui s'est souillé spirituellement par des fautes et des mauvaises actions, même les pires, peut toujours se nettoyer et se purifier.
Personne ne doit jamais désespérer ou se décourager en pensant qu'il n'y a plus d'espoir ou de possibilité de faire téchouva …

L'intensité avec laquelle une faute a été commise doit [au moins] correspondre à l'intensité de la téchouva.
[rabbi Moché Feinstein - Darach Moché - Mattot 31,21]

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[notre yétser ara nous pousse à fauter, et ensuite il nous décourage de faire téchouva en nous racontant que nous sommes allés trop loin dans la faute, au point que notre téchouva n'aura pas suffisamment de valeur pour réparer cela.
Comme nous venons de le voir, cela est totalement faux quelques soient les fautes que nous avons pu faire.]