"Sois aussi attentif (zahir - זָהִיר) dans l’accomplissement d’une mitsva mineure que dans celui d’une mitsva majeure" (Pirké Avot 2,1).
Le terme "zahir", comme dans : "Et les sages brilleront (yaz'irou - יַזְהִרוּ) comme l’éclat du firmament" (Daniel 12,3).
Autrement dit, [on doit faire en sorte que notre] âme brille et rayonne [dans l’accomplissement] d’une mitsva mineure tout comme elle le fait pour une mitsva majeure. Car Hachem désire le cœur (Sanhédrin 105b).
[Baal Shem Tov - Tsivat HaRivach - p.2a ]
Catégorie : Pirké Avot
L’enregistrement céleste de nos actions et ses répercussions en chaîne
"Le registre est ouvert, la main écrit" (Pirké Avot 3,16) : cela fait référence à la manière dont les actes d’une personne sont constamment consignés au Ciel.
De même, il est écrit : "Considère trois choses et tu n’en viendras pas à fauter : sache ce qui est au-dessus de toi : un œil qui voit, une oreille qui entend, et que tous tes actes sont consignés dans un Livre" (Pirké Avot 2,1).
Nous allons voir ci-dessus un commentaire du Zéra Shimshon (dans son Toldot Shimshon).
-> "Et Réouven l'entendit, et il le sauva (Yossef) de leurs mains" (Vayéchev 37,21)
Le midrach (Yalkout Shimoni - Bérechit 141) observe que la bonne action de Réouven, qui a sauvé Yossef, a été inscrite dans la Torah pour que toutes les générations puissent la voir.
Mais le midrach pose la question suivante : qui consigne les bonnes actions de nos jours?
Il répond qu'Éliyahou Hanavi et le machia'h transcrivent nos bonnes actions (mitsvot), veillant à ce qu’aucun acte positif ne passe inaperçu.
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+ Le registre céleste :
-> Nos Séfarim fournissent des détails supplémentaires sur ce processus d’enregistrement. Deux anges accompagnent une personne pendant la journée, consignant ses actions pendant la nuit. La nuit venue, une autre paire d’anges prend le relais, consignant les actes de la personne le lendemain et témoignant devant Hachem de ses actions.
Ces enseignements soulignent que toutes les actions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, sont méticuleusement consignées. Mais cela soulève une question importante : pourquoi Hachem a-t-Il besoin d’un registre, étant donné qu’il n’y a pas d’oubli devant Lui?
-> La finalité de ce registre n’est pas pour Hachem, qui est omniscient, mais pour les anges célestes.
Selon la Michna (Pirké Avot 4,2), une mitsva en entraîne une autre, tout comme une faute (avéra) en entraîne une autre. Lorsqu’une personne accomplit une mitsva, celle-ci est consignée dans son registre, ce qui incite les anges à la guider vers d’autres mitsvot.
Cela crée un système d’élan spirituel où les actions positives génèrent des occasions d’autres actions positives, tandis que les actes négatifs ouvrent la voie à d’autres fautes.
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+ L’effet d’entraînement des bonnes actions :
-> L’inscription des bonnes actions (mitsvot) au Ciel a un profond effet d’entraînement qui dépasse la personne qui les accomplit. Même si une mitsva est accomplie en secret, son inscription au Ciel peut entraîner la propagation de son influence dans ce monde.
La guémara (Béra'hot 18b) enseigne qu’une telle influence peut se manifester à travers des rêves qui inspirent d’autres personnes à accomplir la même mitsva.
Cela crée une réaction en chaîne où davantage de personnes sont motivées à imiter la bonne action.
Celui qui l’a accomplie en premier reçoit une récompense non seulement pour sa propre mitsva, mais aussi pour avoir inspiré d’autres personnes à suivre son exemple.
Chaque personne qui accomplit ensuite la mitsva ajoute au mérite de celui qui a déclenché la chaîne.
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+ Les conséquences négatives d'une faute (avéra) :
-> À l’inverse, l’enregistrement des fautes a des conséquences négatives tout aussi puissantes. Lorsque des forces extérieures prennent connaissance d’une faute par le biais du registre céleste, elles s’en prennent à l’individu, l’incitant à fauter davantage, comme le souligne la Michna.
La dynamique spirituelle s’inverse, ouvrant la voie à de nouvelles transgressions.
De plus, le fait que la faute soit connue au Ciel peut inciter d’autres personnes dans ce monde à commettre des fautes similaires. Cela aggrave la punition infligée au transgresseur initial, car celui-ci porte la responsabilité non seulement de ses propres actes, mais aussi de l’influence négative qu’il a engendrée.
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+ Solutions pratiques :
-> Pour atténuer l’enregistrement des fautes, il est recommandé de réciter (avec kavana) le Shéma et les prières de repentance (téchouva) appropriées avant de s’endormir. Les tsadikim attribuent un grand pouvoir à cette pratique, soulignant qu’elle peut effacer les effets de certaines fautes qui seraient autrement difficiles à expier.
Cette pratique nocturne remplit plusieurs objectifs : elle témoigne d’un repentir sincère, invoque la miséricorde divine et empêche potentiellement l’enregistrement négatif de créer des répercussions néfastes tant dans le monde céleste que dans le monde terrestre.
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[ => Chaque action que nous accomplissons a des conséquences qui s’étendent bien au-delà de notre situation immédiate. Une seule mitsva accomplie avec la bonne intention peut inspirer d’innombrables autres personnes (effet domino en chaîne), tandis qu’une seule faute peut créer des influences négatives qui se propagent à travers le monde. ]
Juif = image divine & protection spirituelle
Rabbi Akiva dit : "Bien-aimé est l’homme pour avoir été créé à l’image [d'Hachem] ; c’est un surcroît d’amour que de lui avoir fait savoir qu’il a été créé à l’image [d'Hachem], car il est dit : "Car c’est à l’image d'Hachem qu’Il créa l’homme" (Noa'h 9,6)."
[Pirké Avot 3,14]
=> Pourquoi la michna semble-t-elle répéter deux fois la même idée? Quelle est la différence entre le fait d’avoir été créé à l’image d'Hachem et le fait d’avoir été informé que nous avons été créés à Son image?
b'h, nous allons voir le magnifique commentaire du Zéra Shimshon (dans son Toldot Shimshon).
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+ L’enseignement fondamental du Zohar :
-> Le Zohar (I,191a) révèle une idée cruciale concernant le pouvoir protecteur de l’image divine. Il explique que, puisque l’homme est créé à l’image d'Hachem, les anges destructeurs s’éloignent naturellement de lui.
L’image divine sert de bouclier inhérent qui repousse les forces spirituelles nuisibles.
Cependant, le Zohar ajoute une mise en garde qui donne à réfléchir : lorsqu’une personne faute, elle perd cette image divine. Dans le domaine spirituel, elle n’apparaît plus comme un être créé à l’image d'Hachem (tsélem Elokim), mais plutôt comme un animal. Cette transformation la rend vulnérable aux anges destructeurs mêmes qui, normalement, l’éviteraient.
Le pouvoir protecteur de l’image divine est affaibli, voire entièrement perdu, à cause de la faute.
Cet enseignement établit un principe fondamental : notre protection spirituelle est directement liée à notre état spirituel.
Plus nous sommes proches de notre image divine originelle, plus nous sommes protégés contre les dommages spirituels.
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+ Les perspectives supplémentaires du Yalkout Shimoni :
-> Le Yalkout Shimoni (Téhilim 670) nous présente ce qui semble être des points de vue contradictoires sur la manière dont les juifs sont protégés lorsqu’ils voyagent.
Rabbi Yéhochoua ben Lévi affirme que lorsqu’une personne voyage, des anges marchent devant elle, proclamant à toutes les forces destructrices : "Faites place à celui qui ressemble au Roi!"
Ces anges annoncent en substance le statut élevé de cette personne et exigent qu’on lui témoigne du respect.
En revanche, nos Rabbanan proposent une perspective différente.
Ils disent que lorsqu’un juif voyage, un "masque" est placé devant les anges destructeurs afin de les empêcher de le voir. Plutôt que de proclamer son statut, cette approche le dissimule à tout danger potentiel.
=> À première vue, ces deux approches semblent se contredire. De plus, selon l’enseignement du Zohar selon lequel l’image divine repousse les anges destructeurs, pourquoi l’une ou l’autre de ces protections supplémentaires serait-elle nécessaire?
Si l’image divine constitue une protection suffisante, pourquoi avons-nous besoin d’anges qui font des proclamations ou de masques qui nous dissimulent à la vue?
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+ Comprendre les trois niveaux de protection :
-> La réponse réside dans la reconnaissance qu’il existe en réalité trois niveaux distincts de protection spirituelle, chacun correspondant à des états spirituels différents :
1°/ Premier niveau : la protection inhérente :
Avant qu’une personne ne faute, l’image divine en elle offre une protection complète et inhérente. C’est l’état originel de l’humanité, une condition dans laquelle les anges destructeurs nous évitent naturellement car ils reconnaissent l’image divine que nous portons. Cette protection ne nécessite aucun effort ni intervention supplémentaire ; elle découle directement de notre nature essentielle en tant qu’êtres créés à l’image d'Hachem.
2°/ Deuxième niveau : la protection par les mitsvot :
Une fois qu’une personne a fauté et que l’image divine en elle s’est affaiblie, une autre forme de protection devient nécessaire. C’est là qu’intervient l’enseignement de Rabbi Yéhochoua ben Lévi.
La Michna (Pirké Avot 4,13) nous enseigne que chaque mitsva qu’une personne accomplit crée un ange. Ces anges, nés de nos bonnes actions, nous accompagnent et nous protègent.
Lorsque Rabbi Yéhochoua ben Lévi décrit des anges proclamant "Faites place à celui qui ressemble au Roi", il fait référence à ces anges créés par les mitsvot. Ils agissent en tant qu’avocats (défenseurs) et protecteurs, proclamant notre lien avec Hachem malgré nos fautes.
Ces anges rétablissent essentiellement notre ressemblance avec le Roi grâce à nos actions positives, même lorsque notre image divine originelle a été compromise.
3°/ Troisième niveau : la miséricorde divine envers ceux qui ne la méritent pas :
L’enseignement des Rabbanan concernant le "masque" aborde une situation encore plus complexe : qu’arrive-t-il à quelqu’un qui a fauté et qui n’a pas accompli suffisamment de mitsvot pour se créer des anges protecteurs? Une telle personne serait normalement totalement exposée au danger spirituel.
Pourtant, la miséricorde d'Hachem s’étend même à ces individus.
Lorsqu’il existe un potentiel pour que le bien finisse par émaner d’une personne, lorsqu’il y a un espoir de repentance (téchouva) future et de croissance spirituelle, Hachem lui fournit un "masque" qui la dissimule aux anges destructeurs.
Cette protection ne repose pas sur le mérite, mais sur la miséricorde divine et la possibilité d’une rédemption future.
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+ La signification profonde du Pirké Avot ci-dessus :
-> Nous pouvons désormais comprendre la structure apparemment répétitive du Pirké Avot.
Lorsque Rabbi Akiva affirme d’abord que "l’homme est cher (bien-aimé - 'haviv adam) à Hachem parce qu’il a été créé à Son image", il fait référence à la protection inhérente qui découle de l’être lui-même.
C’est l’amour que Hachem manifeste à l’humanité par le biais de notre création même.
Mais lorsque la michna (Pirké Avot) ajoute que "l’homme a été informé qu’il avait été créé à l’image d'Hachem", elle met en évidence une dimension différente de l’amour divin.
Le fait qu’on nous ait révélé notre image divine signifie que nous pouvons œuvrer activement pour la préserver ou la restaurer par nos actions. Cette connaissance nous permet d’accomplir des mitsvot qui génèrent des anges protecteurs, démontrant ainsi l’amour indéfectible d'Hachem, même envers ceux qui se sont éloignés de leur état originel.
La michna met l’accent sur cette seconde forme d’affection car elle révèle quelque chose de profond sur la relation d'Hachem avec nous. Même lorsque nous fautons et perdons notre image divine inhérente, Hachem continue de nous aimer et nous offre des voies de protection et de rédemption par le biais de nos actions positives.
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+ Pourquoi la Mishna ne mentionne-t-elle pas le troisième niveau? :
-> Il est à noter que la michna n’aborde pas explicitement le troisième niveau de protection : la miséricorde divine accordée à ceux qui n’accomplissent aucune mitsva.
Cette omission est significative et intentionnelle. La michna met l’accent sur l’amour qu'Hachem témoigne à ceux qui s’engagent activement dans la croissance spirituelle et l’accomplissement des mitsvot.
Bien qu'Hachem protège certainement même les fauteurs invétérés par miséricorde et dans l’espoir d’un éventuel repentir de leur part, cette protection ne trouve pas sa source dans la même réalité que celle accordée à ceux qui préservent leur image divine ou s’efforcent de la restaurer par l’accomplissement des mitsvot.
La michna nous enseigne l’affection particulière réservée à ceux qui participent activement à leur développement spirituel.
-> Nous ne sommes pas des bénéficiaires passifs de la protection divine, mais des participants actifs à son maintien et à son renforcement. Plus nous préservons notre "image divine" (tsélem Elokim) en évitant la faute, et plus nous accomplissons de mitsvot pour créer des anges protecteurs, plus notre protection spirituelle devient forte.
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[ => Même si nous avons fauté et que nous nous sentons éloignés de notre image divine originelle, nous ne sommes pas abandonnés. Grâce à une téchouva sincère et à l’accomplissement des mitsvot, nous pouvons créer de nouvelles formes de protection et rétablir notre lien avec Hachem. ]
L’étude de la Torah comme protection divine
Rabbi Yaakov dit : "Celui qui va en chemin et étudie et interrompt son étude pour dire : "Comme cet arbre est beau, comme ce sillon est beau", l’Écriture le considère comme mettant sa vie en péril (ké'ilou mit'hayev bénafcho)."
[Pirké Avot 3,7]
-> Ainsi, s'interrompt son étude pour s'émerveiller devant la beauté des arbres ou des champs, est considéré comme si on était passible de perdre notre âme. Cela semble être un jugement exceptionnellement sévère pour ce qui apparaît comme une simple observation innocente de la magnifique création d'Hachem.
Le Zéra Shimshon (dans son Toldot Shimshon) s’interroge sur plusieurs aspects de cet enseignement.
Premièrement, pourquoi Rabbi Yaakov mentionne-t-il spécifiquement quelqu’un qui voyage en chemin? Pourquoi pas simplement toute personne qui interrompt son étude (chez lui par exemple)?
Deuxièmement, pourquoi choisit-il précisément l’exemple d’une remarque sur un beau paysage ?
Troisièmement, quel verset implique réellement cette grave responsabilité? Et enfin, que signifie "être passible de perdre son âme" (mettre sa vie en péril)?
-> Le Toldot Shimshon trouve la réponse en reliant 2 enseignements de Rabbi Yaakov : celui qu'on voit dans le Pirké Avot, et un autre dans le midrach (Béréchit raba 10,2).
Là, Rabbi Yaakov explique un principe fondamental concernant la création du monde. Il
enseigne que tant qu'il existait dans le monde l'état de : "tohou va'vohou" (l’état de vide chaotique - תהו ובהו), alors le service d'Hachem ne pouvait être correctement établi ni s’épanouir.
Ce n’est qu’après que le "tohou va'vohou" eut été éliminé et que l’ordre eut été établi que le service divin put véritablement s’imposer.
Le Yéfé Einayim approfondit ce concept : lorsque nous éliminons notre quête de plaisirs purement physiques et de matérialisme, nous créons un espace permettant au service de Hachem de régner en maître dans nos vies. L’élimination du "tohou va'vohou" représente le triomphe du focus spirituel sur la distraction physique.
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+ Pourquoi le voyageur est-il vulnérable?
-> Nous comprenons désormais pourquoi Rabbi Yaakov mentionne spécifiquement un voyageur (quelqu'un en chemin). Lorsqu’une personne voyage, en particulier à travers la campagne et les zones rurales, elle se trouve dans une position de vulnérabilité spirituelle.
La guémara (Yérouchalmi - Béra'hot 4,4) nous enseigne que les forces spirituelles néfastes sont plus présentes dans de tels lieux, et que ces influences destructrices sont englobées dans le concept de "tohou va'vohou".
Cette réalité spirituelle est si bien établie que nos Sages ont institué des mesures pratiques pour y remédier. Ils ont établi une courte prière spéciale à réciter après la Amida le vendredi soir, spécifiquement pour protéger ceux qui pourraient s’attarder dans les champs après la prière (Shabbat 24b, Tossefot Béra'hot 4b).
Cela nous montre que le danger est réel et reconnu par nos Sages.
La protection la plus efficace contre ces forces néfastes est l’immersion totale dans l’étude de la Torah.
Lorsque nous nous plongeons profondément dans la Torah, nous créons un bouclier spirituel qui tient ces influences destructrices à distance. La Torah nous sert d’armure contre le chaos du "tohou va'vohou".
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+ L’erreur tragique :
-> C’est là que réside la tragédie contre laquelle Rabbi Yaakov nous met en garde.
Lorsque le voyageur interrompt son étude de la Torah, même pour ce qui semble être une raison positive, comme louer la beauté de la création de Hachem, il perd immédiatement le pouvoir protecteur que lui procurait son étude de la Torah. À cet instant, il s’expose aux dangers spirituels mêmes que son étude lui évitait.
Cela explique pourquoi Rabbi Yaakov a choisi précisément l’exemple d’un commentaire sur un beau paysage. On pourrait raisonnablement penser : "C’est sûrement une bonne chose de reconnaître et de louer la beauté du monde de Hachem! Comment cela pourrait-il être mauvais?"
Mais Rabbi Yaakov nous enseigne que le contexte a une importance capitale. Dans une situation de vulnérabilité spirituelle, où les forces néfastes sont plus actives, même des activités en apparence positives deviennent dangereuses si elles interrompent notre étude de la Torah.
Le voyageur (celui en chemin) dans la campagne se trouve précisément dans une telle position de vulnérabilité. En choisissant de se concentrer sur la beauté physique plutôt que de poursuivre son étude de la Torah, il renforce les entités spirituelles destructrices qui l’entourent.
En privilégiant le paysage plutôt que la contemplation spirituelle, il "abandonne son âme" dans le sens où il choisit d’affaiblir ses défenses spirituelles et de s’exposer à des forces qui menacent son bien-être spirituel. Il échange la protection de son âme contre un moment de plaisir physique.
[on a vu les termes du Toldot Shimshon : notre étude de Torah = "bouclier spirituel qui tient ces influences destructrices à distance. La Torah nous sert d’armure".]
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[ => Cet enseignement révèle un point fondamental. L’étude de la Torah n’est pas simplement un exercice intellectuel : c’est notre principal moyen de protection spirituelle, en particulier lorsque nous nous trouvons dans des situations de vulnérabilité.
Le pouvoir protecteur de la Torah est si fort que l’interrompre, même pour des raisons apparemment innocentes ou positives, peut nous exposer à un véritable danger spirituel. ]
Etudier la Torah = élévation & purification
Rabbi Yo'hanan ben Zakaï dit : "Si tu as beaucoup étudié la Torah, n’en tire pas de mérite (d'éloge) pour toi-même, car c’est pour cela que tu as été créé".
[Pirké Avot 2,8]
=> À première vue, cet enseignement soulève une question déroutante.
Comment mesure-t-on exactement "beaucoup" de Torah (im lamadéta Torah arbé)? Si la Torah est véritablement infinie (puisque divine), comme écrit : "Elle est plus longue que la longueur de la terre" (Iyov 11,9), comment un être humain pourrait-il prétendre en avoir étudié "beaucoup"?
Quelle norme pourrait bien s’appliquer à quelque chose qui n’a pas de limites?
Nous allons voir le développement du Zéra Shimshon (dans son Toldot Shimshon).
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+ Le parcours unique de Rabbi Yo'hanan ben Zakaï :
-> Pour comprendre cet enseignement, il faut d’abord saisir la position unique de Rabbi Yo'hanan ben Zakaï. La Michna nous indique expressément qu’il a étudié à la fois auprès de Hillel et de Shamaï, les deux plus grands sages de leur génération.
Ce détail n’est pas simplement biographique : il détient la clé pour comprendre l’ensemble de son message.
Hillel et Shamaï étaient réputés pour leurs fréquents désaccords sur des questions de halakha. Il ne s’agissait pas de simples différends, mais de profondes divergences d’opinion entre deux figures majeures, chacune présentant des arguments fondés sur une logique rigoureuse et une compréhension approfondie de l’ensemble de la Torah. Les deux points de vue étaient valables et convaincants, chacun s’appuyant sur un raisonnement sophistiqué susceptible d’amener une personne à suivre l’une ou l’autre voie.
Pour la plupart des élèves confrontés à ces désaccords, il en résultait souvent de la confusion et de l’incertitude. Lorsque deux grands maîtres présentent des arguments tout aussi convaincants, mais opposés sur une même question, comment décider de la conduite à tenir?
La réaction humaine naturelle est d’être paralysé par la complexité, incapable de choisir entre deux approches qui semblent toutes deux correctes.
Mais Rabbi Yo'hanan ben Zakaï était différent. Bien qu’il comprît toute la profondeur et la validité des positions de Hillel et de Shamaï, il suivait systématiquement les décisions de Hillel.
Il possédait une capacité remarquable à s’y retrouver dans cette complexité avec une clarté parfaite, sachant toujours quelle voie emprunter même lorsque les deux options semblaient tout aussi valables l’une que l’autre.
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+ Ce que signifie réellement "beaucoup de Torah" :
-> Ce contexte nous aide à comprendre ce que Rabbi Yo'hanan ben Zakaï entendait par "étudier beaucoup" la Torah. Il ne faisait pas référence à quelqu’un qui s’était simplement constitué un vaste bagage de connaissances sur la Torah ou qui avait mémorisé d’innombrables pages de texte.
Il décrivait plutôt quelqu’un qui, comme lui, pouvait saisir toute la profondeur des arguments halakhiques contradictoires tout en conservant la clarté et la sagesse nécessaires pour suivre la bonne voie.
Cela représente un niveau profond de maîtrise de la Torah. Cela signifie non seulement comprendre la surface de l’étude de la Torah, mais aussi développer la sensibilité spirituelle et la subtilité intellectuelle nécessaires pour naviguer à travers les débats halakhiques les plus complexes avec confiance et précision.
Cela signifie être capable de garder à l’esprit plusieurs points de vue valables simultanément, tout en sachant lequel suivre dans la pratique.
Une telle réalisation est en effet "beaucoup" de Torah : elle représente un niveau de compréhension qui va bien au-delà de la simple accumulation de faits et s’étend au domaine de la véritable sagesse et de la perspicacité spirituelle.
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+ Le processus de purification :
-> Nous avons un yétser atov (ex: l'élan spirituel positif qui pousse à agir avec droiture, la crainte d'Hachem qui nous pousse à faire les mitsvot) et un yétser ara (le mauvais penchant qui œuvre constamment contre nous, semant le doute dans nos esprits et nous emplissant d'orgueil lorsque nous réussissons).
-> Le Kavod 'Hakhamim offre un aperçu profond des raisons pour lesquelles cette lutte interne est inscrite dans notre nature même. Il explique que les mitsvot nous ont été données précisément pour purifier et affiner nos âmes.
Le processus consistant à se pencher sur des questions halakhiques complexes, l’effort intellectuel et spirituel nécessaire pour comprendre les différentes perspectives et choisir la bonne voie, est en soi un processus de purification.
Lorsqu’une personne étudie les arguments de Hillel et de Shamaï, en saisit toute la profondeur, puis parvient à une décision halakhique, elle ne se contente pas d’étudier la Torah : elle purifie activement son âme à travers la lutte inhérente à ce processus.
L’effort même consistant à naviguer au cœur de la complexité tout en conservant la clarté contribue à élever et à affiner son essence spirituelle.
Cela signifie que la personne qui atteint ce niveau de maîtrise de la Torah ne doit pas s’attribuer le mérite de son accomplissement. La capacité à démêler ces questions complexes et à en sortir avec clarté n’est pas seulement une réussite personnelle : c’est l’accomplissement de la raison même pour laquelle elle a été créée.
La lutte elle-même, avec tous ses défis et ses difficultés, est exactement ce dont son âme a besoin pour se purifier et s’élever.
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-> Même si quelqu’un étudie de manière approfondie pour accomplir la mission individuelle de son âme, il ne doit pas étudier la Torah uniquement pour son profit personnel. Son étude de la Torah doit viser à apporter la rectification et une élévation spirituelle, non seulement à lui-même, mais aussi au monde tout entier.
Celui qui a étudié "beaucoup" la Torah, qui a développé la capacité d’aborder avec clarté des questions spirituelles complexes, a la responsabilité d’utiliser cette sagesse au profit de toute la création.
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-> Nous allons rapporter un enseignement similaire du Zéra Shimshon (dans son Toldot Shimshon) sur ce même passage des Pirké Avot.
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+ Etude de la Torah = purifier, affiner et élever notre âme :
-> "Hachem s’adressa à Avram dans une vision, en disant : "Ne crains rien, Avram, je suis ton bouclier"" (Lé'h Lé'ha 15,1).
-> Le midrach (Bérechit raba 44,1) établit un lien entre ce verset et le Téhilim qui déclare : "La parole d'Hachem est pure et sert de bouclier à tous ceux qui recherchent Sa protection" (imrat Hachem tséroufa maguen ou lé'hol a'hossim bo - Téhilim 18,31).
À travers ce lien, le midrach nous enseigne que la promesse faite par Hachem à Avram n’était pas seulement personnelle, mais qu’elle reflète une vérité universelle : Hachem sert de bouclier à tous ceux qui recherchent sincèrement Sa protection et Son refuge. Cette protection divine est accessible à toute personne qui se tourne vers Hachem avec une foi et une confiance sincères.
Le midrach approfondit encore ce concept, en expliquant que lorsque le Téhilim fait référence à "la parole d'Hachem", il parle des mitsvot elles-mêmes. Ces mitsvot sont décrites comme "pures", mais que signifie cette pureté?
[le Téhilim affirme aussi que ces paroles (les mitsvot) nous "servent de bouclier" divin de protection. ]
Le midrach révèle que chaque détail complexe de chaque mitsva a été délibérément et soigneusement conçu par Hachem dans un but précis : purifier et élever ceux qui les accomplissent.
Il ne s’agit pas simplement de suivre des règles ou des commandements.
Au contraire, chaque mitsva, avec toutes ses exigences et spécifications détaillées, sert d’outil spirituel de raffinement. La complexité et la spécificité des exigences halakhiques ne sont pas des fardeaux, mais des opportunités de croissance spirituelle et de purification.
Lorsque nous nous penchons sur ces détails, nous participons à un processus divin d’amélioration de soi.
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[plus nous nous perfectionnons et purifions par les mitsvot, plus nous pouvons bénéficier de davantage de proximité avec Hachem, ce qui est le bien ultime. ]
La sagesse de Rabban Yochanan ben Zakai :
-> Le Toldot Shimshon applique cela à un enseignement tiré des Pirké Avot (2,8), où Rabban Yo'hanan ben Zakaï dit : "Si tu as beaucoup étudié la Torah, n’en tire pas de mérite pour toi-même, car c’est pour cela que tu as été créé."
Cette affirmation semble au premier abord déroutante : qu’est-ce qui constitue exactement "beaucoup de Torah" alors que l’étude de la Torah est infinie et illimitée?
Le Toldot Shimshon apporte une réponse en examinant la position unique de Rabban Yo'hanan ben Zakaï dans l’histoire juive. Contrairement à d’autres étudiants qui suivaient généralement l’approche d’un seul maître, Rabban Yo'hanan a étudié à la fois auprès de Hillel et de Shamaï, deux grands sages qui étaient souvent en désaccord sur des questions de halakha. Chacun d’eux avançait des arguments convaincants et un raisonnement sophistiqué pour défendre sa position.
Pour maîtriser véritablement leurs enseignements, Rabban Yo'hanan ben Zakaï a dû se livrer à un travail sur la Torah extrêmement exigeant. Il a dû analyser minutieusement leurs débats, examiner leurs preuves, comprendre leur raisonnement et, en fin de compte, déterminer la voie correcte pour accomplir les mitsvot. Cela a nécessité de passer au crible plusieurs niveaux d’argumentation, de peser différentes perspectives et de prendre des décisions halakhiques précises.
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+ Le sens de l’humilité intellectuelle :
-> Ce qui rend l’enseignement de Rabban Yo'hanan si remarquable, c’est que bien qu’il ait accompli avec succès cet exploit intellectuel extrêmement difficile, ce qui le distinguait de ses pairs, il soulignait que même une telle réussite extraordinaire ne devait pas conduire à l’orgueil ou à un sentiment de supériorité.
L’expression "une grande part de Torah" fait spécifiquement référence à ce travail intellectuel intense, à ce processus exigeant qui consiste à naviguer au cœur de controverses halakhiques complexes pour en ressortir avec clarté.
Son message est empreint d’une profonde humilité : même lorsque nous accomplissons des tâches intellectuellement exigeantes dans l’étude de la Torah, même lorsque nous parvenons à résoudre avec succès des questions halakhiques complexes, nous devons nous rappeler que cette capacité elle-même est un don de Hachem.
La conclusion de son enseignement, "car c’est pour cela que vous avez été créés", nous rappelle que nos capacités ne sont pas des réalisations personnelles dont il faut se vanter, mais plutôt des dons divins destinés à être utilisés conformément à leur finalité.
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+ La finalité divine de l’effort intellectuel :
-> Le Toldot Shimshon relie cet enseignement au midrach originel sur la nature purificatrice des mitsvot.
Pour quelqu’un qui a la chance de posséder les capacités intellectuelles nécessaires pour s’y retrouver dans les débats halakhiques complexes, comme le faisait Rabban Yo'hanan ben Zakaï, cet effort même fait partie intégrante de son processus de purification personnelle. L’effort mental, l’analyse minutieuse, la lutte avec des concepts difficiles : tout cela sert à affiner et à élever l’âme.
La preuve que cet effort fait bel et bien partie de notre finalité divine réside dans le fait que Hachem nous a accordé, en premier lieu, la capacité de nous livrer à un tel travail. Nos dons intellectuels ne sont pas le fruit du hasard, mais sont spécifiquement adaptés à nos besoins et à nos objectifs spirituels.
Lorsque nous mettons ces dons au service de la compréhension et de l’accomplissement des mitsvot, nous participons au processus même qu'Hachem a conçu pour notre purification.
Cette compréhension transforme notre approche même de l’étude de la Torah et de l’accomplissement des mitsvot.
L’effort que nous investissons pour comprendre les détails halakhiques, l’énergie mentale que nous dépensons pour résoudre des questions complexes, le temps que nous consacrons à l’accomplissement correct des mitsvot, tout cela ne relève pas simplement d’une conformité extérieure, mais d’une participation active à notre propre raffinement spirituel.
Chaque défi auquel nous sommes confrontés dans l’étude de la Torah, chaque difficulté que nous surmontons dans l’accomplissement des mitsvot, devient une étape de notre cheminement vers la pureté et l’élévation spirituelles.
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[ => Nos capacités et nos acquis dans l’étude de la Torah sont des dons d'Hachem, destinés à être utilisés dans le seul but de notre croissance spirituelle et de notre purification.
La véritable sagesse ne réside pas dans le fait de s’attribuer le mérite de nos réalisations, mais dans le fait de les reconnaître comme des outils divins au service de notre propre perfectionnement, en conservant notre humilité tout en nous consacrant pleinement à l’œuvre sacrée que constituent l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot. ]
Faire téchouva = redonner vie à son âme
+ Faire téchouva = redonner vie à son âme :
-> "Lorsqu’une personne accomplit une mitsva, un ange protecteur est créé en sa faveur. Si une personne commet une faute, un ange accusateur est créé contre elle" (Pirké Avot 4,13).
-> L'ange protecteur créé à partir d’une mitsva, tout comme l’ange accusateur créé à partir d’une faute, sont complets. Pour chaque mitsva, un ange bon est créé ; et pour chaque faute, un ange mauvais est créé ...
Lorsqu’une personne se repent complètement (téchouva chéléma) et répare tous les torts qu’elle a causés, tous les mauvais anges créés à partir de ses mauvaises actions se transforment en cadavres.
Le prophète Natan dit ceci au roi David : "Hachem a effacé ta faute" ('hatat'ha) ; tu ne mourras pas" (Shmouel I 12,13).
En d’autres termes, Hachem a ôté et tué l’ange mauvais, appelé חטאת ('hatat), et c’est pourquoi tu ne mourras pas.
Cependant, si une personne ne se repent pas, et que les anges mauvais créés à partir de ses mauvaises actions restent en vie, c’est alors certainement son âme qui mourra à sa place et sera perdue.
À ce sujet, le verset dit : "L’âme qui faute, c’est elle qui mourra" (Yé'hezkel 18,4). Il n’est pas dit "l’âme qui a fauté" dans le passé, mais plutôt "qui faute" au présent.
Cela fait référence à une personne qui faute et crée un mauvais ange (appelé חטאת) et l’a maintenu en vie, car elle ne l’a pas tué par le repentir (téchouva). Une telle personne, une telle âme, mourra certainement.
[...]
Avant qu'une personne ne fasse téchouva, elle méritait que son âme soit immolée et détruite. Mais désormais, c’est le mauvais ange (appelé חטאת) qui sera immolé à sa place, et l’âme restera parfaite, sans tache.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tsav 6,18]
Faire bon usage de l’orgueil
-> "Quelle est la différence entre les disciples de notre ancêtre Abraham et les disciples de Bil'am?" (Pirké Avot 5,19)
-> La question ici est évidente. La réponse est que même les disciples d’Avraham possèdent le trait d’un esprit orgueilleux (rempli de fierté), et l’inverse est également vrai, à savoir que les disciples de Balaam possèdent le trait d’un esprit humble.
La seule différence est que les disciples de Bil'am utilisent leurs traits dans les affaires matérielles, tandis que les disciples d’Avraham les utilisent dans les questions spirituelles.
Autrement dit, les disciples d’Avraham élèvent leur cœur au service d'Hachem grâce à leur esprit orgueilleux et aspirent à accomplir de grandes œuvres, tandis que les disciples de Bil'am se considèrent comme indignes en raison de leur esprit humble et se dispensent d’accomplir la volonté d'Hachem.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 68]
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-> L’idée que nous ne méritons pas de servir Hachem est un obstacle spirituel pour quiconque vit en ayant conscience de la grandeur d'Hachem et de l’insignifiance relative de l’homme.
La seule façon de surmonter cette idée est de réaliser que même les êtres spirituels les plus impressionnants sont insignifiants devant Hachem, tout comme l’est la grandeur du cosmos.
Néanmoins, au-delà de toute compréhension humaine et au-dessus de toute raison humaine, le D. infini a choisi l’homme mortel infinitésimal sur ce grain de poussière qu’est la planète Terre pour Le servir et parfaire Sa création.
Faire l’expérience de cette prise de conscience est en effet à la fois la quintessence de l’humilité et, paradoxalement, le summum de la fierté (orgueil), et c’est le point où le "je" humain, se dissout dans le "Je" divin.
-> "Sache ce qui est au-dessus de toi" (da ma lémaala mima'h - Pirké Avot 2,1 )
-> Le Maguid de Mézéritch (Maguid Dévarav LéYaakov 208) explique : "Tu dois savoir que tout ce qui est au-dessus dépend de toi et de tes actes".
[chaque juif par ses actions impactent les mondes Supérieurs, qui par ricochet influence le monde ici-bas. ]
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-> De même, le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech Ha'haïm (chaar 1 chapitre 4) écrit :
"Que chaque juif doit prendre à cœur ce qui suit : il ne doit pas penser : "quelle est ma valeur, qu'accomplis-je dans ce monde avec mes actes insignifiants", car il doit comprendre et déterminer dans son esprit qu'aucun acte, aucune parole, aucune pensée n'est jamais perdu.
Quelle est la grandeur de ses actions et leur exaltation, tout monte haut selon sa racine, dans les mondes supérieurs.
Et celui qui comprend cela tremblera en réalisant jusqu'où vont ses mauvaises actions, ruinant et détruisant avec une faute mineure, bien plus que Névou'hadnétsar et Titus n'ont détruit (le saint Temple en bas)."
[ dans la note de bas de page, le rav de Volozhin explique avec cela la michna "da ma lémaala mim'ha" de la même manière que celle expliquée ci-dessus].
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-> b'h, par exemple également sur ce sujet : https://todahm.com/2021/11/07/notre-but-dans-ce-monde
Toute mitsva illumine notre intériorité
-> Sois vigilant (évé zahir) [en accomplissant] une mitsva [apparemment] mineure, comme pour une mitsva conséquente (importante), car tu ne connais pas la récompense accordée pour les mitsvot. [Pirké Avot 2,1 ]
-> Le Baal Shem Tov (Al HaTorah - parachat Vaét'hanan 5) explique que "zahir" (vigilant - זָהִיר) vient du mot "zohar" (זהר), qui signifie "rayonnement".
Cela signifie que l'âme d'une personne rayonne autant lorsqu'elle accomplit une mitsva mineure, que lorsqu'elle réalise une mitsva importante (en apparence).
Apprécier les mitsvot qu’Hachem nous a données
+ Apprécier les mitsvot qu'Hachem nous a données :
"Rabbi Hanania ben Akachia dit : Hachem a désiré rendre le peuple juif méritant, aussi a-t-Il multiplié pour lui [les enseignements de] la Torah et les mitsvot." (Pirké Avot 6,11).
-> Hashem, dans Son infinie compassion, nous a donné la Torah et les mitsvot pour notre bien, afin que nous puissions atteindre le meilleur dans ce monde et dans l'éternité du monde à Venir, comme le dit le verset : "Hachem nous a ordonné d'observer toutes ces lois ... afin que cela soit bon pour nous à jamais (létov lanou kol ayamim)" (Vaét'hanan 6,24).
-> Le Ramban (Ki Tétsé 22,6) explique l'idée "afin que cela soit bon pour nous" comme suit :
"Dans le midrach (Béréchit rabba 44,1), nos Sages disent : pourquoi Hachem se soucierait-il de savoir si l'on égorge un animal en lui coupant la gorge ou la nuque? Le but des mitsvot est plutôt d'affiner les gens, comme le dit le verset : "Toutes les paroles de D. sont raffinées" (Michlé 30,5) ...
Chaque mitsva a une raison d'être, un avantage et une amélioration pour la personne, en plus de la récompense de Celui qui nous a commandé de les accomplir.
Les mitsvot elles-mêmes n'apportent en réalité aucun avantage à Hachem Lui-même. L'avantage est pour les gens. Les mitsvot nous préservent du mal, des croyances inappropriées, des traits négatifs, et nous rappellent les merveilles et les miracles d'Hachem. Elles nous permettent de connaître Hachem.
C'est ce que signifie "raffiner les gens". Un fondeur qui raffine l'argent ne le fait pas sans raison ; il le fait plutôt pour éliminer toutes les impuretés du métal. De même, les mitsvot servent à éliminer toute croyance inappropriée de notre cœur et à nous imprégner de la vérité afin que nous nous en souvenions constamment ..."
-> Le Ramban développe également cette idée (commentaire sur Ekev 10,12-13). Le verset dit : "Maintenant, Israël, qu'est-ce que Hachem attend de toi? Seulement que tu craignes Hachem ... que tu L'aimes ... que tu observes Ses mitsvot ... afin que cela soit bon pour toi".
Le Ramban explique que la réponse à la question "Qu'est-ce que Hachem attend de toi?" se trouve à la fin du verset : "afin que cela soit bon pour toi" (ayom létov la'h).
Il n'y a qu'une seule chose qu'Hachem désire, c'est notre bien. C'est pourquoi Il nous commande de Le craindre, de L'aimer, d'observer Ses commandements, ...
Hachem ne désire pas ces choses en soi et n'en a pas besoin, Il nous demande seulement de les faire pour notre propre bien.
[seul notre yétser ara, libre arbitre oblige, nous laisse penser le contraire.]
-> Nos Sages (Yélamdénou - cité dans Tan'houma Yachan - Chémini 12) disent également :
"Pourquoi Hachem se soucierait-il de savoir si l'on égorge un animal et le mange ou si l'on poignarde un animal et le mange? Une personne peut-elle ainsi profiter ou nuire à Hachem ... ?
Les mitsvot ont plutôt été données pour raffiner les gens, comme le dit le verset : "Les paroles d'Hachem sont des paroles pures" (Téhilim 12,7), et un autre verset dit : "Toutes les paroles de D. sont raffinées" (Michlé 30,5).
Pourquoi en est-il ainsi? Afin qu'elles vous protègent ... Les mitsvot sont toutes pour notre bien et non pour le bien de Hachem. Elles nous guident sur les chemins de la compassion, même lorsque nous abattons [un animal]."
-> C'est pourquoi le Zohar (Yitro 82b) appelle les 613 mitsvot "613 conseils (étsot)", car ce sont en réalité les conseils d'Hachem sur la manière dont nous pouvons mener la meilleure vie possible dans ce monde et dans l'autre monde : Il a été enseigné : la Torah a fourni à l'homme 613 conseils sur la manière de s'engager auprès d'Hachem. Et cela parce que Hachem souhaite faire du bien à l'homme dans ce monde et dans l'autre, et encore plus dans le monde à Venir.
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-> "Hachem dit : Écoutez-moi (en suivant Ma volonté), car personne ne m'écoute sans en sortir gagnant"
[midrach Dévarim rabba 4,5 ]
-> Hachem est la source de toute bonté et sa sainte Torah n'apporte donc que du bien.
Il s'ensuit qu'en observant la Torah, les tsadikim font en réalité la chose la plus charitable possible pour eux-mêmes et pour le monde, comme l'indique le midrach Tan'houma (paracha Emor 5) : "Les tsadikim ... apportent le bien à eux-mêmes et apportent le bien aux autres".
Malheureusement, l'inverse est également vrai, comme le poursuit le midrach : "Les réchaïm ... causent plutôt de la souffrance à eux-mêmes et aux autres ... [ils agissent en fait] mal envers eux-mêmes et mal envers les autres".
-> Nous trouvons une déclaration similaire dans la guémara (Kidouchin 40b) : "Et un seul fauteur fera perdre beaucoup de bien" (Kohélet 9,18), à cause de la seule faute qu'une personne a commise, elle a fait perdre beaucoup de bien à elle-même et au monde entier."
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-> "La véritable récompense [des mitsvot] sera ... que la personne qui la mérite restera dans la vie éternelle connectée à Hachem.
[plus on exploite notre potentiel de faire la volonté de D., plus on aura le plaisir éternel d'être davantage proche d'Hachem. ] "
[Ram'hal - Déré'h Hachem 2,2 ]