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Les bénédictions

+ Les bénédictions :

-> Le Rambam (Béra'hot 1:4) divise les bénédictions en 3 catégories : les bénédictions de plaisir (tels que celles récitées sur la nourriture), les bénédictions sur les mitsvot et les bénédictions d'action de grâce et de louange.
Le Rambam ajoute qu'en récitant ces bénédictions, nous nous souviendrons toujours de notre Créateur et conserverons une crainte constante de Sa présence.

-> En ce qui concerne l'importance de réciter correctement les bénédictions, nos Sages (guémara Béra'hot 50a) nous disent : "À la façon dont une personne récite une bénédictions, on peut voir si elle est un érudit de la Torah".

Nos Sages (guémara Baba Kama 30a) disent également : "Si une personne souhaite être un 'hassid, qu'elle fasse attention à ne pas nuire à autrui. Rava dit qu'elle doit veiller à respecter les enseignements des Pirké Avot. Certains disent qu'elle doit veiller à réciter les bénédictions comme ile le faut."

-> Le Séfer mitsvot Zmaniyot (Hilkhot Béra'hot) écrit :
"Sachez, mon fils, que les bénédictions sont la plus grande de toutes les mitsvot et la plus puissante de toutes les formes de service Divin.
Quiconque croit en Hachem doit le bénir pour tout ce qu'il a créé dans ce monde, chaque chose ayant sa bénédiction appropriée en son temps. Tout ce qu'Hachem a créé est pour le bénéfice de l'humanité, comme l'a dit le roi David : "Tu as donné à l'homme le pouvoir sur toute Ton œuvre, et Tu as tout mis sous ses pieds" (Téhilim 8,7)."

-> Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 2,2) écrit que le mot : barou'h est une expression de louange, en reconnaissance du fait qu'Hachem est la source de toute bénédiction.
Le mot barou'h vient du mot brei'ha, qui signifie réservoir. Lorsqu'un réservoir est plein à ras bord, il déborde sur les côtés.
De même, Hachem est la source de toutes les bénédictions. Lorsque nous reconnaissons cela, Ses bénédictions se déversent sur nous.

Le Rachba explique cela par la parabole d'un roi qui possédait de grandes richesses cachées dans sa salle des trésors. Lorsqu'il a commencé à distribuer cette richesse à ses serviteurs, tout le monde s'est rendu compte de sa richesse réelle.
De même, nous prions Hachem de nous accorder Ses bénédictions afin que le monde entier réalise que tout est à Lui et qu'Il est la Source de tout ce qui existe.

-> En ce qui concerne l'importance de réciter les bénédictions avec kavana, le rav 'Haïm Vittal (chaar roua'h hakodech 8b) écrit :
"La réalisation du roua'h hakodech (esprit saint) dépend principalement de la kavana et du soin avec lesquels une personne récite les bénédictions sur les choses dont elle jouit dans ce monde.
Les bénédictions récitées sur la nourriture purifient le caractère terrestre des choses que nous mangeons, les rendant plus aptes à recevoir un flux de sainteté.
Le Arizal nous mettait sévèrement en garde à ce sujet."

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+ Apporter la bénédiction à tous les mondes :

-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Alef Bina - Téhilim 111) écrit qu'il faut faire très attention à réciter les bénédictions sur la nourriture avec la kavana appropriée.
Les bénédictions sur la nourriture nous aident à placer les plaisirs de la table à leur juste perspective. Ils sont un cadeau d'Hachem, afin que nous puissions profiter de Son monde, mais ils ne sont pas le but de notre existence.

"Tout ce que Hachem a créé dans Son monde, Il l'a créé uniquement pour Son honneur" (Pirké Avot 6,12).
Le guémara (Shabbath 77b) explique que rien dans le monde n'est sans but, et le but de toute la création est d'être utilisé par l'humanité au service d'Hachem, comme il est écrit : "Hachem a créé le monde pour que l'homme l'utilise à Son service" (Yéchayahou 45,12).

Telle doit être notre intention lorsque nous récitons une bénédiction sur la nourriture que nous mangeons. Plutôt que de dire que nous récitons une bénédiction pour manger, il est plus juste de dire que nous mangeons pour pouvoir réciter une bénédiction.
Le but [principal] de la nourriture qu'Hachem a placée devant nous est que nous l'utilisions à Son service, en Le remerciant et en Le louant pour son existence.

Les kabbalistes révèlent de grandes profondeurs derrière la formulation des bénédictions (béra'hot). Chaque bénédiction fait référence aux 10 séfirot. [Tikouné Zohar 18,37a]
Bien que les profondeurs des bénédictions dépassent notre compréhension, nous devons prêter une attention particulière au sens simple des bénédictions et les réciter avec un sentiment d'admiration pour la présence d'Hachem.
Il est étonnant que le simple fait de manger un fruit ou un légume crée une telle opportunité d'éveiller les forces de la sainteté avec nos bénédictions, qui incluent toutes les séfirot et tous les mondes.
Grâce à nos béra'hot, l'abondance et la bénédiction se répandent dans toute la création.
C'est pourquoi il est si important de s'arrêter un instant et d'accorder à nos bénédictions l'attention qu'elles méritent.

Sur cette base, nous pouvons comprendre le verset : "Grandes sont les œuvres d'Hachem, digne objet d’études pour tous ceux qui s’y complaisent" (kédolim maassé Hachem, dérouchim lé'hol 'héftsé'hém - Téhilim 111,2).
Les œuvres d'Hachem sont immenses. Hachem a tout créé pour les juifs, afin que nous le bénissions pour cela. Lorsque nous contemplons les œuvres d'Hachem, nous découvrons la profondeur et la signification qui les sous-tendent, et la façon dont elles sont toutes liées à leur racine spirituelle au Ciel.
Tout ce qui existe dans ce monde a une racine spirituelle en haut. Lorsqu'une bénédiction est récitée sur un objet matériel dans ce monde, une grande sainteté est attirée sur sa source spirituelle dans les cieux, l'élevant à la perfection. C'est pourquoi il est si important de réciter chaque bénédiction avec kavana et joie. [voir rabbi Abou'hatséra - Ma'hssof haLavn - Haazinou]

Les bénédictions récitées sur la nourriture ont une grande importance, et devons prendre soin de les réciter correctement.
Une personne ne doit pas penser : "Quelle importance peut avoir un fruit ou un légume? Quelle importance peut avoir la bénédiction récitée sur lui?"
Ne sous-estimez pas l'importance de l'une ou l'autre des créations d'Hachem. Une grande sainteté peut être répandue dans tous les mondes par ce qui semble être une simple et courte bénédiction.
Une bénédiction récitée avec kavana a un impact considérable au Ciel.

[le rabbi de Berditchev dit que le but d'un juif n'est pas simplement d'élever ce monde, mais plutôt d'élever le Ciel, ce qui va avoir comme conséquence d'élever ce monde.
En ce sens, chaque bénédiction est un exemple d'un acte matériel banal (ex: un verre d'eau quasi gratuit, avec moins de 10 mots de bénédiction) qui peut influencer les mondes spirituels. ]

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-> Nous devons veiller à ne jamais manger sans une bénédiction, car en agissant ainsi, nous perdons le bénéfice le plus important du repas.
Nos Sages appliquent le verset "Il vole sa mère et son père" (Michlé 28,24) à une personne qui mange sans bénédiction, car c'est comme si elle avait volé à Hachem et le peuple juif, de la grande sainteté que sa bénédiction aurait dû apporter au monde.

Les bénédictions doivent être récitées lentement et avec soin, en faisant attention à chaque mot et en se rappelant à qui la bénédiction est dite.
La bénédiction ne doit pas être prononcée simplement par habitude, sans vie et sans esprit. Lorsqu'une personne récite une bénédiction, elle doit se rappeler qu'elle se tient devant Hachem, le Roi du monde, qui entend chaque mot qu'elle prononce. C'est pourquoi les bénédictions sont formulées à la 2e personne : "Béni sois-Tu, Hachem" (barou'h ata Hachem), nous rappellant que nous nous adressons directement à Hachem, sans aucun intermédiaire.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Guinzé haMélé'h - tikoun hatéchouva 29]

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-> Lorsqu'une personne récite des bénédictions soigneusement et correctement, avec la kavana appropriée, en bénissant et en louant Hachem pour toute Sa bonté, elle mérite en retour de recevoir les bénédictions d'Hachem pour réussir dans tout ce qu'elle fait, que soit spirituellement et/ou matériellement.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Réé]

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-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Alef Bina - Téhilim 119) enseigne :
Les bénédictions récitées sur les mitsvot que nous réalisons et les aliments que nous mangeons présentent de nombreux avantages. D'une part, c'est l'occasion de remercier Hachem et Le louer pour Ses bontés.
Elles constituent également un moyen de croissance spirituelle qui nous permet de nous rapprocher de Hachem et d'exercer une puissante influence positive sur le monde entier.

Les bénédictions récitées sur l'étude de la Torah revêtent une importance particulière. Lorsque nous récitons ces bénédictions correctement, non seulement nous remercions comme il se doit le Créateur de nous avoir accordé le privilège d'étudier Sa sainte Torah, mais nous ouvrons également les portes de la sagesse par lesquelles les secrets de la Torah sont révélés.

Le Maharal (Nétivot Olam - Nétiv haTorah 7) note que les bénédictions sur l'étude de la Torah sont formulées en partie au passé ("Qui nous a choisis parmi toutes les nations et nous a accordé Sa Torah" - acher ba'har banou ...), et en partie au présent ("Béni sois-tu, Hachem, qui accorde la Torah" - notèn haTorah).
Si nous devions comprendre cette bénédiction comme une référence à l'événement historique du don de la Torah sur le mon Sinaï, le passé semblerait plus approprié.
En formulant une partie de la bénédiction au présent, il semble que la bénédiction se réfère également à un processus en constante évolution dans lequel Hachem nous accorde continuellement la Torah.

Alors que la sagesse de la Torah a été transmise à notre nation il y a des milliers d'années, de nouvelles idées sur cette sagesse sont constamment développées. En implantant ces idées dans nos esprits, Hachem délivre constamment la Torah aux juifs.
La Torah est le fruit d'un travail de longue haleine qui consiste à l'offrir aux juifs, chaque jour. Lorsqu'une personne développe une nouvelle idée de la Torah, elle a fait l'expérience d'un don de la Torah personnel ce jour-là.

Le mérite par lequel nous recevons ces connaissances est la kavana avec laquelle nous récitons les bénédictions sur l'étude de la Torah.
Lorsque nous prononçons les mots "Béni sois-tu, Hachem, qui enseigne la Torah à Sa nation Israël", nous devons prier du plus profond de notre cœur pour qu'Hachem nous enseigne ce jour-là de nouvelles connaissances de Sa Torah. Lorsque nous disons "Béni sois-tu, Hachem, qui accordes la Torah", nous devons prier pour qu'Hachem nous accorde notre part unique dans la Torah.
En récitant correctement les bénédictions et en priant pour l'aide Divine, nous mériterons de percer les secrets de la sainte Torah.
[...]

"Béni sois-tu, Hachem, pour m'avoir enseigné Tes lois" (barou'h ata Hachem lamédéni 'houkékha - Téhilim 119,12) = le roi David a prié par le mérite des bénédictions sur l'étude de la Torah qu'il récitait chaque jour. Ces bénédictions sont récitées au présent, puisqu'il s'agit de prières et de remerciements pour les nouvelles connaissances de la Torah qui se révèlent constamment dans nos cœurs.

+ La guémara (Béra'hot 48b) nous apprend que l'auteur de la première bénédiction du birkat hamazon n'est autre que Moché Rabbénou, qui l'a composée comme la bénédiction à prononcer sur la manne.
Chaque fois que nous disons le birkat hamazon, nous prononçons exactement la même bénédiction que Moché et tout le peuple juif dans le désert ont prononcée sur la manne miraculeuse il y a plus de 3 300 ans.
Et le message est le même : la nourriture que nous mangeons aujourd'hui vient directement d'Hachem et est aussi miraculeuse que la manne l'était à l'époque.
[rav Avraham Tabor]

Les 100 bénédictions

+ Les 100 bénédictions :

-> Rav Yéhouda a dit au nom de Rav : Adam, le premier homme, s'étendait d'un bout à l'autre du monde ... mais après qu'il eut fauté, Hachem posa Sa main sur lui et le diminua.
[guémara 'Haguiga 12a]

-> Le Messé'h 'Hokhma (Vayé'hi 50,10) explique que cela fait référence à l'immensité de l'esprit d'Adam. Il était si grand qu'il comprenait chaque détail de chaque chose qui existait dans la Création : sa conception et sa composition, sa place et sa fonction, et son but ultime en tant que partie du monde d'Hachem.

Le midrach (Yalkout Chimoni - 827) ajoute qu'après qu'Adam ait fauté, Hachem l'a rapetissé jusqu'à ce qu'il soit haut de 100 amot.

=> Quelle est la signification de 100 amot?

Le Messé'h 'Hokhma écrit qu'il s'agit d'une allusion aux 100 bénédictions que nous devons dire chaque jour.
Après avoir fauté, Adam a perdu la grandeur et la clarté d'esprit qu'il avait auparavant et il était désormais soumis à une vie de ténèbres spirituelles et de confusion, dans laquelle Hachem était caché par la nature et la "voie [naturelle/automatique] du monde".
La seule chose qui pouvait lui redonner, autant que possible, sa stature d'antan était de commencer à dire des bénédictions.

Hachem chargea Avraham de la tâche suivante : "tu seras bénédiction" (éyé béra'ha - Lé'h Lé'ha 12,2).
En tant que descendants d'Avraham Avinou, nous sommes tenus de suivre son exemple et nous avons reçu le don de 100 bénédictions pour nous aider.

[ainsi par la récitation quotidienne des bénédictions nous pouvons nous transformer en "bénédiction", et faire en sorte que notre vie ressemble à celle d'Adam avant la faute. ]

La base de la bénédiction et de la réussite = savoir que tout provient d’Hachem

+ La base de la bénédiction et de la réussite = savoir que tout provient d’Hachem :

-> "Parle à Aharon et à ses fils en leur disant : "Voici comment vous bénirez les Bné Israël, en leur disant : Hachem te bénira et te protégera ; Hachem t’éclairera de Sa face et te fera grâce ; Hachem tournera Sa face vers toi et te donnera la paix". " (Nasso 6,23-26)

=> Quelle est l'utilité de cette mitsva de "Birkat Cohanim", car en fin de compte, c’est Hachem qui bénit le peuple. En quoi la bénédiction des Cohanim ajoute-t-elle quelque chose?
Hachem aurait-il besoin qu’on L’aide à bénir les Bné Israël?

-> Le Akédat Its'hak (chaar 74) répond :
"C’est qu’en fait, la réussite d’un homme et le bien qui lui est imparti dépendent essentiellement de sa vision des choses et de sa conviction dans le fait que tous les bienfaits, les réussites matérielles ou spirituelles proviennent de la même source : Hachem (à savoir que tout provient d’Hachem qui est la source de tout et qui dirige le monde à Sa guise).
Rien n’est le fruit du hasard, ni celui de sa propre force et de ses capacités, et rien ne tombe sous l’influence de telle étoile ou constellation."

C’est la raison pour laquelle nos Sages instituèrent des bénédictions sur les jouissances matérielles et les autres sortes de bénédictions, bien qu’Hachem n’ait, en réalité, nul besoin des bénédictions de Ses créatures. Elles sont là pour guider les gens vers la réussite spirituelle, qui serait impossible sans cela.
Ils établirent, dans ce but, la nécessité de mentionner le Nom d’Hachem pour chaque bienfait dont nous bénéficions, afin que nous nous rappelions son origine Divine."

-> La guémara (Béra'hot 7a) enseigne que Rabbi Ichmaël Ben Elicha (qui était Cohen Gadol) pénétra un jour dans le Saint des Saints afin de brûler les Kétorètes (les encens). Et il vit alors Hachem assis sur un Trône très élevé, qui lui dit : "Ichmaël, mon fils, bénis- Moi!"
Rabbi Ichmaël lui dit : "Que Ta volonté soit que la miséricorde retienne Ta colère, que Ta miséricorde surpasse tous Tes autres attributs, que Tu te conduises avec Tes enfants selon l’attribut de miséricorde, et que Tu les juges avec indulgence."
Et Hachem acquiesça.
Et la guémara de conclure : "Cela afin de nous apprendre à ne pas déprécier la bénédiction d’une personne ordinaire [puisqu’Hachem Lui- même demanda qu'Ichmaël le bénisse]".

-> Ainsi, le Akédat Its'hak dit que nous ne devons pas déprécier les bénédictions que nous prononçons en l’honneur d’Hachem sous prétexte qu’elles proviennent d’un homme et que Lui n’en a aucun besoin. Car en réalité, celles-ci sont d’une grande utilité puisque, grâce à elles, l’homme reconnaît l’existence d’Hachem, accepte le joug de Sa royauté et mérite ainsi que se déverse l’abondance d’En-Haut et la bonté Divine nécessaire à la pérennité de la nation juive.

D’après cela, on peut expliquer la "raison" de la Mitsva de Birkat Cohanim et sa signification.
En bénissant les Bné Israël par les formules Hachem te bénira et te protégera ; Hachem t’éclairera de Sa face et te fera grâce ; Hachem tournera Sa face vers toi et te donnera la paix, les Cohanim leur inculquent ainsi que toutes les bénédictions n’émanent que d’Hachem, et que tous les bienfaits que nous recevons ne découlent que de Lui.
Et cette reconnaissance constitue en elle-même la source de toute bénédiction, car lorsque l’homme prend clairement conscience que la réussite de toutes ses entreprises n’est que le fait du Ciel, Hachem déverse sur lui tous les bienfaits.
L’homme vit alors littéralement grâce à sa émouna et jouit grâce à elle de tous les bienfaits.

[ainsi : réciter une bénédiction (avec intention) = renforcer notre émouna = grâce à cela on mérite de recevoir les bénédictions/bontés d'Hachem. ]

Le lavage final des mains (mayim ha'haronim) donne un cadeau au côté du mal. Ayant ainsi reçu sa part d'un repas, il cesse d'accuser.
[Zohar 'Hadach 16b]

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[nos Sages nous recommandent d'utiliser le minimum d'eau nécessaire pour cela, car elle appartient au côté du mal.]

Le Nom d’Hachem dans les bénédictions

+++ Le Nom d'Hachem dans les bénédictions :

+ Prononcer le Nom Divin = un privilège rare :

-> Les juifs sont plus chers [aux yeux] d'Hachem que les anges de service, car les juifs sont autorisés à réciter une chira (chant de louange) pour Hachem à tout moment, tandis que les anges de service ne récitent pas la chira pour Hachem, si ce n'est qu'une fois par jour, et pour certains [anges] qu'une fois par semaine, et pour d'autres qu'une fois par mois, et d'autres ne le disent qu'une fois par an, et d'autres qu'une fois tous les 7 ans, et d'autres ne peuvent le dire qu'une fois par Jubilé (Yovél), et enfin d'autres [anges ne peuvent faire une chira à Hachem] qu'une fois dans l'éternité.
De plus, les juifs mentionnent le nom d'Hchem après 2 mots : "Shéma Israël Hachem", alors que les anges de service ne mentionnent Hachem qu'après 3 mots, comme le verset dit [que le chant des anges de service est ] : "kadoch, kadoch, kadoch, Hachem"
[guémara 'Houlin 91b]

[à chaque bénédiction nous disons le Nom divin après 2 mots, ce que les anges ne peuvent pas faire, et en ce sens chaque bénédiction est un rappel de notre véritable valeur et potentiel (à l'inverse de notre yétser ara qui essaie de nous faire croire que nous ne valons pas tant que cela, pour nous pousser à ne pas faire tant que cela de notre vie).
Ainsi, chaque bénédiction est un appel à être vraiment nous-mêmes, à apprécier et utiliser le fait d'être juif! ]

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-> "Car Ta bonté vaut mieux que la vie, mes lèvres Te loueront" (ki tov 'hasdékha mé'haïm chéfataï yéchabé'houn'ha - Téhilim 63,4)
Le Alchikh haKadoch explique que le roi David dit : il y a un 'hessed (bonté) encore plus grand que la vie elle-même, et c'est l'opportunité d'utiliser nos lèvres pour louer Hachem, ce que même les anges ne peuvent pas faire. C'est le plus grand 'hessed qui existe.

[une bénédiction nous permet de remercier Hachem de nous permettre de manger ou boire, mais également de Le remercier de nous permettre de Le bénir en mentionnant Son saint Nom, et ce avec la possibilité de le dire plus rapidement que les anges.
Nous devons travailler sur la grandeur et la chance que nous avons de pouvoir prononcer le Nom Divin. Et c'est pas parce que papa Hachem nous permet de le faire souvent que cela doit venir en diminuer la valeur. ]

-> Par exemple, il est écrit dans le Sidour haArizal : "Lorsqu'une personne prononce le grand et redoutable Nom d'Hachem, tous les membres de son corps doivent trembler de peur. Elle doit contempler que tous les mondes d'en-haut et d'en-bas, et tous les hôtes célestes, sont subordonnés aux saintes lettres du Nom d'Hachem."

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+ Prononcer le Nom Divin = une expression d'amour :

-> Lorsque l'on appelle quelqu'un par son prénom (plutôt que par "vous" ou "toi") c'est une expression de proximité et d'amour, car nous avons tendance à appeler par leur nom ceux qui nous sont chers.
Sur les mots : "Il a appelé Moché" (vayikra él Moché - Vayikra 1,1), Rachi commente : "Toutes les fois que Hachem s’est adressé à Moché en lui "parlant", en lui "disant" et en lui "ordonnant", Il a commencé par "appeler", ce qui est une expression d’affection."

Ceci est particulièrement vrai lorsque le nom est répété 2 fois.
Selon le Sifra (Vayikra 1,12) : ... "Hachem l'appela de l'intérieur du buisson et dit : 'Moché Moché ...' " (Chémot 3,4). [De même, ] "Avraham, Avraham" ; "Yaakov, Yaakov" ; Shmouël, Shmouël", [cette double mention du nom] est un signe profond d'affection ..."

=> Nous aussi, nous démontrons notre amour envers Hachem en répétant Ses Noms dans nos bénédictions et prières, en disant 2 Noms Divins : "Hachem Elokénou".
De plus, chaque fois que nous mentionnons le Nom d'Hachem (chem havaya - יהוה), il est considéré comme doublé car il est décrit d'une manière (יהוה) et prononcé d'une autre manière (אדני).
[tout cela vient en plus du "ata" (Tu), où le tutoiement est aussi un signe de proximité.]

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-> Nos Sages (guémara Béra'hot 40b) disent que toute bénédiction dans laquelle il n'y a aucune mention du Nom Divin et de Sa souveraineté sur le monde n'est pas une bénédiction valide, car c'est spécifiquement en mentionnant le nom d'Hachem que nous soulignons notre proximité avec Lui et que nous tirons ainsi Ses bénédictions cachées.
Cette idée se trouve dans le verset : "En tout lieu où Je permets que mon Nom soit mentionné, Je viendrai à vous et vous bénirai" (Yitro 20,20).

-> Lorsque nous appelons Hachem par Son saint Nom, Son Nom sert de moyen par lequel Il se connecte à Ses créations. En effet, la guématria du mot "chémo" (son nom - שמו) est équivalente à celle de "tsinor" (un conduit - צינור), soit 306, puisque les différents Noms d'Hachem servent de conduit pour nous permettre de nous connecter à Lui.
[rav Handler]

[lorsque l'on bénit Hachem, en réalité c'est nous qui gagnons le plus, avec par exemple cette possibilité de nous lier avec Lui, et d'attirer sur nous Ses bénédictions. ]

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-> Le rav Tsadok haCohen (Pri Tsadik - Vayikra - chap.1) explique que le nom d'une personne est la racine de son âme vivante, et c'est pourquoi celui qui est endormi (ou qui a perdu connaissance) va se réveiller de son sommeil lorsqu'on l'appelle par son nom. [cela va amener sur lui sa vie intérieure, qui elle est restée intacte]
[D'une façon similaire, lorsque nous appelons le Nom d'Hachem dans nos bénédictions, nous éveillons l'essence intérieure d'Hachem de se tourner vers nous et de nous accorder Ses bénédictions.
(nous n'appelons pas D. par un nom choisi au hasard, mais c'est une réalité qui a des conséquences énormes, et dont le libre arbitre fait que nous n'avons conscience de rien.)]

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+ Le Chem Havaya :

-> Le "Chem Havaya" (יהוה) est appelé "Chem haMéyou'had" (le Nom unique).
Le Maharal (Gour Aryié) explique les mots : "c'est Mon Nom pour toujours" (zé chémi léolam - Chémot 3,15), de la façon suivante : "c'est Mon Nom qui M'est unique, puisque ce Nom de Havaya est mis à part de toutes l'existence, et il n'est pas connecté au monde parce qu'il est unique et ne dépend de rien d'autre."

Ainsi, les autres Noms d'Hachem indiquent Son lien avec le monde qu'Il a créé, tandis que le Nom Unique (Chem Havaya) est Son Nom personnel (si l'on peut dire).
Le rav Yossef Giktalia (Chaaré Ora - chaar 5) ajoute que le Chem Havaya est le nom utilisé exclusivement par le peuple d'Israël ; les nations du monde ne L'appellent que par Ses autres Noms, comme Elokim ou Eloka déElokaya (Ména'hot 110a).

Le Chem Havaya est également connu sous le nom de "Chem haEtsem" (le Nom Essentiel), puisque l'essence d'Hachem est évoquée dans ce Nom sans aucun "vêtement" dissimulé, par opposition à la façon dont Il se révèle par Ses autres Noms, à travers des dissimulations et des "habits", afin de filtrer et de restreindre la Lumière Infinie qui émane de Lui, et de la rendre ainsi apte à briller dans notre monde fini.
Le Lechem (Hakdamot ouChéarim - chaar 1) écrit que l'essence d'Hachem se trouve dans le Chem Havaya, bien qu'Il soit appelé par Ses nombreux Noms conformément à Ses interactions avec ce monde. En effet, le midrach (Chémot rabba 3,6) écrit : "Je suis appelé par Mes actions" (léfi maassi ani nikra), et cela se produit lorsque Hachem habille Sa Lumière Infinie par les 10 Attributs (midot) [Ses interactions avec le monde], également connus sous le nom de 10 Séfirot.

=> Ainsi lorsque nous prions, nous nous adressons directement à Hachem, et pas à Ses midot (Ses vêtements par lequel Il agit dans ce monde)

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-> Le Ram'hal (Déré'h Hachem - section2, part.5) écrit que Hachem dans Sa grande sagesse, a mis en place différents moyens par lesquels l'homme pourrait atteindre l'objectif de s'attacher à Hachem, s'il le souhaite et s'efforce de le faire. En ce sens, la raison pour laquelle Hachem nous donne la possibilité de l'appeler par Son Nom est de nous permettre de nous rapprocher de Lui et de recevoir ses bénédictions et sa bonté illimitées. Le Chem Havaya a été désigné à cet effet.
Hachem a ordonné qu'à chaque fois que Ses créations mentionneraient Son Nom, elles attireraient sur elles l'influence et la lumière Divine. L'influence Divine sera du type attribué au secret du Chem Havaya.

-> Le Gaon de Vilna (Adéret Eliyahou - Dévarim 1,5) note que dans les bénédictions le Chem Havaya fait allusion à la dissimulation de l'essence d'Hachem.
Le Nom Elokénou qui signifie "notre D." fait allusion au fait qu'Il se révèle à nous à travers Ses actions et qu'Il supervise tous les aspects de ce monde.

[d'une certaine façon de même qu'on a un corps et une âme, le Nom Divin Chem Havaya est composé d'une partie d'Hachem cachée (יהוה), alors que la forme parlée est le Chem Adnout (אדני), l'aspect d'Hachem qui est révélé dans ce monde et sur lequel on peut s'appuyer dans notre service d'Hachem.
Et cela à l'image de l'âme qui a besoin dans ce monde du corps pour accomplir les mitsvot. ]

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-> Rabbénou Bé'hayé (Béchala'h 15,3) écrit que bien que Hachem soit dissimulé et caché dans le monde, Il se révèle au plus profond du coeur d'une personne dans son âme (néchama), dans laquelle se trouve une partie Divine ('helek Eloka mimaal - Iyov 31,2).
Puisque pour ainsi dire, Hachem peut être trouvé à l'intérieur d'une personne, lorsque quelqu'un appelle Hachem par Son Nom dans une bénédiction, elle ressent véritablement la Présence d'Hachem en face de lui, comme le dit le verset : "Hachem est proche de tous celui qui l'invoque" (Téhilim 145,18).
Par conséquent, on devra être "saméa'h bé'helko" = ce qui signifie que l'on doit se réjouir de son 'hélek Eloka mimaal, ce fragment d'Hachem qui se trouve en nous.

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+ Donner plus de puissance par notre kavana :

-> Nos Sages (guémara Béra'hot 7b) déclarent que depuis le jour où Hachem a créé le monde, il n'y avait personne qui l'appelait : "Adon" (Maître), jusqu'à Avraham.
Avraham est celui qui a découvert que malgré toute la gloire et la souveraineté d'Hachem sur le monde entier, néanmoins Hachem se soucie de chaque personne et se connecte avec elle.
Ainsi, Il est "mon maître". C'est pourquoi dans le langage de la bénédiction, nous appelons d'abord Hachem "Adonaï" (mon Maître), et seulement ensuite nous le décrivons comme "Mélé'h aOlam" (Roi du monde).
=> L'essence de la bénédiction est pour nous de reconnaître que nous avons une relation personnelle avec Hachem, et ce n'est qu'alors que nous louons Hachem en déclarant qu'Il est le roi de tout l'univers.
[de plus "Elokénou" (mon D.) et ensuite "mélé'h aOlam" (roi du monde)
=> Nous devons toujours nous souvenir que Hachem est notre D. privé, qu'Il a un lien personnel et une relation d'amour avec chacun de nous. (ex: malgré qu'Il soit le Roi des rois, Il s'intéresse à la moindre prière, à la moindre bénédiction que je peux faire).
On voit donc l'importance de vivre nos bénédictions comme une déclaration de notre lien particulier si spécial avec Hachem. En ce sens, nous devons avoir une kavana spéciale sur le terme : "Adonaï" (en effet, bien que Adon sur le monde, Il est entièrement attentif à mon monde personnel! [Adonaï]). ]

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-> Nos Sages (guémara Guitin 45b) affirment qu'un Séfer Torah dans lequel les noms d'Hachem n'ont pas été écrits lichma, aux fins de la mitsva, n'a pas la sainteté d'un Séfer Torah et il est impropre à l'usage, même si toutes les lettres sont présentes et écrites.
C'est parce que la forme matérielles des lettres ne possède aucune sainteté Divine, ce n'est que lorsque les lettres sont écrites avec les bonnes intentions, conformément à toutes les exigences halakhiques, que la lumière de la sainteté d'Hachem les imprègne.
La pensée et la kavana (intention) du scribe (sofer) donnent vie aux lettres et aux Nom d'Hachem : de même que l'âme donne vie au corps, le scribe avec ses intentions de lichma (en l'honneur de la mitsva), insuffle aux lettres matérielles une vitalité spirituelles.

Le rav Handler ajoute que le même concept s'applique aux Saints Noms mentionnés dans la prière, et à tous les mots lorsque nous prions : la bonne kavana en disant les mots de la prière (correspond à l'intention de lichma en écrivant les lettres), est ce qui donne le pouvoir spirituel à ces Saints Noms et mots, et qui leur donne vie, permettant ainsi de révéler leur lumière.

Rabbi Moché Cordovéro (Pardes Rimonim) écrit :
"Le souffle d'une personne peut former des lettres qui contiennent de la spiritualité, mais cette spiritualité doit être alimentée, afin que les lettres de ses prières puissent s'envoler vers les Cieux.
C'est le rôle de la kavana, de puiser la force nécessaire pour injecter de l'esprit dans les lettres et les mots qu'il prononce dans sa prière et les envoyer vers les mondes supérieurs.
A travers la pensée et la kavana de la personne, il pousse la prière à s'élever vers les cieux afin que les paroles de la bénédiction et de la prière puissent accomplir leur tâche et faire descendre la nourriture et les bénédictions appropriées".

-> La guémara (Taanit 2a) appelle la prière le "service du cœur".
Rabbi Moché Cordovéro ajoute que la prière est également le "service de l'âme.
En ce sens, il écrit dans la suite du texte précédent :
"Lors de la prière ou de la récitation d'une bénédiction, pour que l'âme (néfech) d'une personne s'accroche à ces paroles et s'élève avec la prière, on doit d'abord dépouiller son néfech du corps qui l'habille et se débarrasser de toutes les pensées matérielles qui occupent son coeur, qui sont comme un vêtement souillé sur l'âme.
Ensuite, son néfech peut s'élever seul et sans entrave. C'et pourquoi les mots : "de Le servir ... de toute votre âme" (oul'ovdo bé'hol ... nafché'hem - Ekev 11,13) font référence à la prière car la prière est appelée : "néfech"."

[ en prononçant le Nom d'Hachem on s'attache
à Lui (attirant sur nous Ses bénédictions), et plus nous avons de kavana plus nous donnons de la puissance à cela.
En ce sens, il est écrit : "donner de la force à D." (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35). Plus nous avons de la kavana en pronoçant le Nom Divin, plus Hachem a alors de la force pour nous combler du meilleur! ]

« Ata » – sens et implication de ce mot dans nos bénédictions

+ "Ata" - sens et implication de ce mot dans nos bénédictions :

-> Le 2e mot de nos bénédictions est "Ata" qui utilise la 2e personne : "Tu", et cela implique que nous nous adressons à Hachem directement en face à face, si l'on peut dire.

=> Comment une humble créature de chair et de sang peut-elle parler avec une telle familiarité avec le Roi des rois?

-> Nous ne pouvons expliquer cela que par le fait que Hachem nous aime, et comme nos Sages (midrach Béréchit rabba 55,8) l'enseignent : "l'amour contourne les règles standard d'étiquette et de conduite" (aava mékalkélét ét achoura).
Combien devons-nous être reconnaissants pour cette précieuse relation! Nous devrions proclamer avec joie : "achrénou ma tov 'helkénou ouma na'im goralénou ouma yafa yérouchaténou" (Combien nous sommes chanceux! Comme notre sort est agréable! Et comme notre héritage est beau!).
[les non-juifs courent après du vide, rêvant de croiser leur star, tandis que nous les juifs nous sommes liés avec Hachem, que nous tutoyons, qui nous écoute comme en face à face et apprécie chaque bénédiction que nous pouvons faire. ]

-> Le Maguid de Koznitz (Avodat Israël - Lé'h Lé'ha) s'émerveille à ce sujet :
"cela est incompréhensible! Nous sommes des êtres physiques, pleins de fautes, pourtant nous avons le mérite de parler devant le Roi Glorieux et même de s'adresser directement à Lui ("Ata"), comme on parlerait à une personne debout en face de nous ... C'est une bonté ('hessed) impressionnante et une merveille qui découle de la compassion d'Hachem pour Ses créations".

On peut remarquer que la valeur numérique de "ata" (אתה) est 7 fois celle du mot 'hen (חן - grâce, faveur). Ce n'est que parce que [7 jours sur 7] les âmes du peuple juif trouvent une telle grâce aux yeux d'Hachem (son amour pour chaque juif est indépendamment de notre comportement, juste parce que nous sommes Ses enfants adorés), que nous pouvons nous adresser au Roi des rois à la 2e personne (Ata).

-> Le Yessod haAvoda (Torat Avot) élabore sur ce concept pour offrir une interprétation des mots : "véata tétsavé ét Bné Israël" (Et toi, tu ordonneras aux Bné Israël - וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל - Tétsavé 27,20) = ordonnes-leur au sujet du mot "Ata", en déclarant qu'ils (les juifs) sont autorisés à s'adresser à Hachem directement par "Ata" (Tu). [c'est tellement une chose énorme de pouvoir tutoyer le Roi des rois que nous avons besoin de Son autorisation forcée en ce sens. ]

Le 'Hafets 'Haïm (haTefilat biMé'hitsat) note que bien qu'il existe de nombreuses définitions différentes pour le mot "barou'h", tout le monde est entièrement d'accord sur le fait que le 2e mot des bénédictions ("Ata"), signifie le Seul et l’Unique : Toi = Hachem. En nous permettant de nous référer à Lui par "Ata", Hachem accorde à chaque juif l'immense privilège de s'adresser directement au Roi, signe de la plus grande proximité et amour possible. [
cela est aussi un message d'espoir : quoique tu ait pu faire dans ta vie, en récitant une bénédiction Hachem ne te rejette pas, au contraire Il t'aime toujours autant et désire t'avoir proche de Lui. ]
Le 'Hafets 'Haïm ajoute qu'il vaudrait la peine pour une âme de descendre dans ce monde et de vivre pendant 70 ans uniquement pour avoir l'immense privilège et honneur de se référer à Hachem par "Ata", ne serait-ce qu'une seule foi.

-> Le fait que Hachem nous permette de s'adresser à Lui par "Ata" indique Sa grande humilité.
Le fils du Gaon de Vilna, Rav Avraham (Maalot haTorah), relie ce phénomène à la déclaration de nos Sages (guémara Méguila 31a) : Partout où vous trouverez la mention de la puissance d’Hachem, vous trouverez également mention de Son humilité.
[d'une certaine façon chaque bénédiction nous fait prendre conscience que Si même Hachem (qui peut et fait tout) est humble alors nous aussi nous devons l'être, et ainsi chaque bénédiction fait réduire notre "égo" pour laisser davantage de place à Hachem en nous-même. ]
Il ajoute que le sentiment de proximité engendré par le fait de s'adresser à Hachem par "Ata" permet à celui qui bénit de surmonter son yétser ara.
Le mot "Ata" (אתה) fait allusion à la Torah qui est écrite avec les lettres de alef à tav (את), ainsi que les 5 lettres finales (ה).
Le Torah permet à une personne de surmonter son yétser ara, comme le disent nos disent nos Sages (guémara Baba Batra 16) que Hachem a créé le mauvais penchant, et Il a créé la Torah comme antidote.
On trouve une allusion à cela dans les paroles d'Hachem à Caïn : "Le péché est tapi à la porte, Il aspire à t’atteindre, mais toi (véata - וְאַתָּה), sache le dominer" (Béréchit 4,7). En d'autres termes, le yétser ara désire nous vaincre, mais avec la force du "Ata" (אתה) nous pouvons le dominer.

-> L'autorisation de s'adresser à Hachem avec le mot "Ata" n'est pas seulement un privilège ; cela renforce également notre relation avec Lui.
L'essentiel d'une bénédiction est que celui qui bénit, ressente réellement l'incroyable proximité d'Hachem avec nous, et qu'il ressente concrètement le verset : "Je mets constamment Hachem devant moi" (chiviti Hachem lénegdi tamid - Téhilim 16,8). Le Rema (Ora'h 'Haïm) écrit que cela (avoir Hachem devant nous) est un principe majeur de la Torah et de notre service Divin. En ce sens, les bénédictions ont un rôle fondamental pour nous permettre de tendre vers cela. [rav Handler]
[Hachem est en face de nous, mais sommes préoccupés par d'autres choses (la matérialité éphémère nous éblouie), les bénédictions viennent nous rephaser sur la vraie réalité de ce monde.
Notre yétser ara nous pousse à croire : "ça va cool, Hachem est au loin de toi, Il est au Ciel", tandis qu'en vrai Il est tout près de nous (oui, face à toi, au point que tu emplois le "Toi" [Ata]).]

-> Le Gaon de Vilna écrit que celui qui réalise le début du verset : "chiviti Hachem lénegdi tamid" (Je mets constamment Hachem devant moi), il méritera la promesse de sa fin : "ki mimini bal émot" (s'Il est à ma droite, je ne chancellerai pas- Téhilim 16,8) = Hachem sera son "ombre", le protégeant et marchant à ses côtés dans tous les aspects de la vie.
C'est l'une des raisons pour lesquelles nos Sages ont décrété l'obligation de dire 100 bénédictions chaque jour : afin que l'on se sente constamment proche d'Hachem.

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-> Le Yessod véChorech haAvoda (chaar haAchmorét - chap.2) écrit :
Quand quelqu'un dit "Barou'h Ata", il doit visualiser qu'il est en train de dire la bénédiction directement en présence d'Hachem ... C'est une exigence majeure dans toutes nos prières et louanges : cela devrait être comme si on s'adressait directement au Créateur, dont la gloire remplit la terre.
Si quelqu'un ne parvient pas à visualiser qu'il se tient face à Hachem, il est absolument clair que c'est comme s'il n'avait jamais récité la bénédiction du tout, et il est coupable d'annuler une bénédiction promulguée par nos Sages de la Grande Assemblée (anché knesset haguédola) et de diminuer la satisfaction du Créateur (Hachem).".

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[nous devons faire en sorte de ressentir intellectuellement et émotionnellement que Hachem veille en permanence sur nous, car alors nous pouvons nous connecter avec Lui et sentir Sa présence de près. Nous serons alors capables de Le remercier sincèrement 100 fois par jour en le saluant directement par "Ata".]

« Barou’h » – sens et implication (1ere partie)

+ "Barou'h" - sens et implication de prononcer ce mot au début des bénédictions : (1ere partie)

-> Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 430) écrit :
"Je vous alerte [de cette difficulté], ne supposez pas que mon esprit pourra atteindre même autant qu'une goutte dans la mer de la vérité de ce sujet [le sens véritable du mot "barou'h"], comme cela m'a été rapporté et comme je l'ai entendu de la bouche des sages, que [l'explication] de ces sujets englobe des principes puissants et des secrets incroyables ... "

b'h, on peut quand même citer quelques opinions sur le sens de ce mot :

1°/ "barou'h" (béni) = c'est un titre descriptif, déclarant qu'Hachem est la Source de toutes les bénédictions. [de même qu'on Le décrit comme "haRakhaman" (le miséricordieux), on l'appele "barou'h. ]

-> Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 430) explique que le mot "barou'h" est une reconnaissance que Hachem est LA source des bénédictions et qu'Il contient toutes les bénédictions.
Lorsque nous récitons une bénédiction, c'est un rappel verbal que Hachem est le "Béni". Et lorsque nous réalisons qu'Il est la source de toutes les bénédictions, que Lui uniquement peut décider à qui accorder tout ce bien, nous sommes prêts à faire descendre sur nous certaines de Ses bénédictions.

-> Le Séfer haIkarim (maamar 2, chap.26) et le Aboudraham (hachkamat haBoker) considèrent également que "barou'h" est une forme de reconnaissance que Hachem est la Source de toutes les bénédictions, et que tout ne provient que de Lui.
Cette idée se trouve également dans le Tikouné Zohar (tikoun 70,p.120b), qui enseigne que les 4 lettres du mot "barou'h" (ברוך) peuvent se réarranger en רוכב qui est l'acronyme de : "roch oumakor kol béra'hot" (le Maître et la Source de toutes les bénédictions).

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2°/ "barou'h" = c'est une forme de louange et de remerciement à Hachem pour tous les actes de bonté dont Il nous comble, même lorsque nous ne le méritons pas.

En ce sens, la grande majorité des Richonim (ex: Radak (séfer haShorachim) ; Abarbanel (Dévarim chap.33)) disent que le mot "barou'h" est une déclaration que Hachem est loué et acclamé.
C'est également l'explication simple du mot "barou'h" lorsqu'il apparaît dans les versets de la Torah et dans les prières.

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3°/ "barou'h" = c'est une forme de requête et de prière, dans le sens où nous prions que Hachem puisse être béni et loué par toute Sa création.

-> Le 'Hayé Adam (Hilkhot Bérahot 6,1) est d'avis que "barou'h" n'a pas un sens de louange, mais plutôt de requête :
"J'ai entendu au nom du Gaon de Vilna que "barou'h" signifie que nous demandons que Hachem soit révélé comme la Source des bénédictions.
Il explique qu'Hachem désire que cette révélation vienne de nos bénédictions et prières.
Lorsque nous disons les bénédictions, nous nous préparons à recevoir la sainte lumière Divine et les bénédictions qui vienent d'Hachem.
En résumé, le mot "barou'h" est un plaidoyer pour que Hachem puisse augmenter Son influence sur tous les mondes."

-> Le Arou'h haChoul'han (Ora'h 'Haïm 5,1) écrit :
"Lorsque nous disant "barou'h ata Hachem" dans toutes nos bénédictions, cela ne signifie pas que Hachem a besoin de nos bénédictions, que D. nous en préserve.
Mais plutôt, c'est comme une lumière qui se reflète en nous, ce qui veut dire que Hachem va nous accorder Sa bénédiction, comme le roi David le dit : "par ta bénédiction sera bénie à jamais la maison de ton serviteur" (Chmouël II 7,29).
Avant qu'Hachem nous accorde Ses bénédictions, nous devons, si l'on peut dire, l'élever et Lui accorder la force de le faire, comme le verset l'affirme : "Donnez de la force à Hachem" (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35).
Tout ce qui se passe dans le monde dépend de nos actions. C'est pourquoi, nous devons ajouter de la force à l'encourage d'Hachem, afin que les bénédictions descendent à nous.
Ceci est en allusion dans les mots : "Il chevauche le ciel pour t'aider" (Vézot haBéra'ha 33,26). Les lettres de "ro'hév" (chevauche - רוכב) peut être réarranger en : "barou'h" (ברוך)."

[ainsi nous prions pour que Hachem soit "béni" (barou'h), et grâce à cela on lui donne de la force pour qu'Il puisse nous octroyer et transmettre la bénédiction]

[voir également le point 7°/ ci-dessous]

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4°/ "barou'h" = cela signifie puiser la bénédiction d'en-Haut, de la source de toutes les bénédictions.

-> Le Baal Chem Tov explique que le mot "béra'ha" signifie : "Je vais déverser sur vous la bénédiction au-delà de toute mesure" (vaarikoti la'hém béra'ha ad bli daï - Mala'hi 3,10) = comme une personne qui verse d'un récipient à un autre.
Ce verset fait allusion au fait de puiser, de tirer, des révélations d'Hachem depuis les mondes cachés à notre monde révélé.

-> Nous trouvons également une allusion à ce concept dans le verset : "Béni soit Hachem, le D. d’Israël, d’éternité en éternité" (barou'h Hachem Eloké israël min aolam véad aolam - Téhilim 106,48).
Le mot "olam" (עוֹלָם) peut se traduire par : "pour toujours" (éternité), mais son sens littéral est : "le monde".
Le Zohar (raya méhemna - Ekev 271a) explique que "barou'h" signifie puiser la vie depuis la Source de la vie, d'une façon similaire à la phrase de la michna (Kilayim chap.7) : "amavrikh ét aguéfen", qui veut dire plier la tête d'une branche d'une vigne vers le sol afin qu'elle tire sa nourriture de la terre et pousse une autre vigne.
D'une façon similaire, par le fait de faire une bénédiction, nous puisons depuis la Source de toutes les bénédictions, comme l'écrit le Malbim (Toldot 27,3) : "Celui qui récite la bénédiction, avec une intention profonde, s'élève dans son attachement à la Source Supérieure de toutes les bénédictions, et alors Hachem verse les eaux de la bénédiction de Son seau au receveur."

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5°/ "barou'h" = signifie : ajout et augmentation, indiquant que nous demandons à Hachem d'augmenter Sa révélation à nous et multiplier l'abondance qu'Il nous accorde.

-> Rabbénou Bé'hayé (Ekev 8,10) écrit que le mot "béra'ha" indique un ajout et une augmentation, comme dans le verset : " il bénira ta nourriture et ta boisson" (ouvéra'h ét la'hmékha véét mémé'ha - Michpatim 23,25).
Lorsque, si l'on peut dire, nous bénissons Hachem, cela implique un ajout d'esprit saint (roua'h hakodech) et d'influences positives.

[bien sûr à un niveau simple, le mot "barou'h" dénote la louange et la gratitude d'Hachem, mais à un niveau plus ésotérique, la bénédiction n'est pas seulement la réflexion de nos besoins et profits humains, mais cela satisfait également un besoin Divin, si l'on peut dire. ]

-> La guémara (Sotah 38b) rapporte que Hachem désire la bénédiction des Cohanim (en se basant sur Nasso 6,27).
Rachi explique que ce n'est pas tant que les juifs ont besoin de recevoir les bénédictions, que c'est le besoin d'Hachem, si l'on peut dire, de donner les bénédictions.
Cependant, le fait que les Cohanim bénissent Ses gens est dépendant du fait que les Cohanim vont d'abord placer Son Nom sur eux.

-> Comment un être humain peut-il donner une bénédiction à Celui qui est la Source de toutes les bénédictions?
Le Maharal de Prague (Béer haGola - part.4) explique que Hachem fournit généralement une abondance au monde par le biais de l'Attribut de la stricte justice, afin de ne pas submerger le bénéficiaire avec du bien sans limite qu'il n'est pas équipé pour faire face.
Puisque la bénédiction est destiné au bénéficiaire, il doit être limité aux capacités du bénéficiaire et à ce dont il a besoin et qu'il mérite. Cela est appelé : "la bénédiciton du mékabel", qui est dégradée au niveau du bénéficiaire. Cela n'est considéré comme une bénédiction selon les normes limitées d'Hachem.

Lorsque la bénédiction vient des attributs illimités d'Hachem et est distribuée selon Sa capacité en tant que le Donneur ultime et ses standards illimités, au-delà de ce qui est légitimement justifié, cela est considéré comme la "béra'ha d'Hachem".

=> Ainsi selon le Maharal, lorsque nous disons "barou'h ata Hachem", nous ne signifions pas que Hachem est en train de recevoir une bénédiction de Ses créations en-bas, car après tout Il est la Source de toutes les bénédictions et Il n'a aucunement besoin de nos bénédictions.
Plutôt, notre bénédiction est une requête et une prière que Hachem doive se conduire avec nous selon "Son" standard de bénédiction, qui est illimité et au-delà de toute mesure.

Bien sûr que nous devons de notre côté avoir les capacités pour recevoir Son abondance sans limite. Nous pouvons étendre nos capacités limitées en nous conduisant au-delà de ce qui est requis.
Lorsque nous allons au-delà de nos limites, Hachem se conduira Lui-même à notre égard mesure pour mesure, en nous comblant de bénédictions bien au-delà de celles limitées généralement données pour maintenir nos besoins basiques d'existence.
Il est écrit : "Hachem est ton ombre" (Téhilim 121,5). Le rav Meïr Ibn Gabaï (Avodat haKodech) explique : de la manière dont tu te comportes avec Hachem, ainsi Il le sera avec toi.

Le Maharal ('Hidouché Aggadot - guémara Sota 38b) rapporte la guémara (Pessa'him 112a) : "Plus que le veau veut téter, la vache souhaite être tétée".
L'idée est que Hachem veut nous combler de Son infinie bénédiction encore bien plus que nous ne voulons la recevoir.
C'est nos bénédictions récitées avec une bonne kavana, qui susciteront les bénédictions d'Hachem.

[le terme "barou'h" (béni) nous rappelle qu'en réalité Hachem désire nous donner des bénédictions sans limites, et d'une certaine façon on lui demande de l'aide pour que nous puissions être un récipient pouvant les recevoir, et ainsi Il sera béni, heureux de pouvoir nous donner avec largesse.
(nous ne voulons pas que D. soit maudit de vouloir tellement donner à Ses enfants adorés, mais de ne pas pouvoir le faire!)]

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-> Le Ramban (Kitvé Ramban vol.2) écrit également que "béra'ha" signifie accorder une abondance supplémentaire au monde d'en-bas.

-> Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm - chaar 2, chap.2-4) explique en longueur que le mot "barou'h" ne dénote pas le fait de louer.
Lorsque Hachem dit à rabbi Yichmaël Cohen Gadol : "Yichmaël, Mon fils, béni-moi" (Yichmaël béni, baré'héni [בָּרְכֵנִי] - guémara Béra'hot 7a), la bénédiction qui va suivre ne mentionne aucune louange, c'était une prière et une requête pour la miséricorde, et pourtant cela a été appelé une bénédiction.
En vérité, l'emploi de "barou'h" doit être interprété comme d'un ajout et une augmentation.
Le rav 'Haïm de Volozhin ajoute que c'est la volonté d'Hachem, pour des raisons qui nous dépassent, que nous devons rectifier et unifier les mondes supérieurs par le biais de nos bénédictions et prières, afin qu'ils soient prêts à accepter la lumière surnaturelle. Au même moment, [par ricochet], cet ajout de bénédictions et de sainteté va également avoir un impact sur les juifs, qui ont amené toute cette gloire.

[cela explique pourquoi les bénédictions sont dénommées "béra'hot" et non "hoda'ot" (remerciements).]

-> Le Séfer Torah Ohr fait remarquer que la valeur numérique de "habéra'ha" (232) est équivalente à "yéhi or" (que la lumière soit).
[chaque bénédiction avec kavana permet d'amplifier la lumière en-Haut, et par richochet cela apporte une plus grande abondace ci-bas. ]

-> Rachi (guémara Sotah 10a) enseigne également qu'à chaque fois que le mot "béra'ha" est employé dans la Torah, c'est pour indiquer une expansion, une croissance qui apporte de la satisfaction.

-> Le Maharal (Tiféret Israël - chap.34) dit que le "alef" indique l'unité, tandis que le "beit" est le commencement de la multiplicité et de la bénédiction.
Pour cette raison, le mot "barou'h" (ברך) : le "beit" est la 2e des chiffres, le "kaf" est le 2e des dizaines, et le "réch" est le 2e des centaines.
[le midrach (Béréchit rabba 1,10) rapporte que Hachem a créé le monde par la lettre "beit" (béréchit bara) qui est la première lettre de "barou'h (béni), et non pas par le "alef" qui est la première lettre de "arour" (maudit)]

« Barou’h » – sens et implication (2e partie)

+ "Barou'h" - sens et implication de prononcer ce mot au début des bénédictions : (2e partie)

6°/ "barou'h" = c'est une forme d'ordre. C'est comme si nous instruisions Hachem d'envoyer ci-bas des bénédictions, en accord avec l'affirmation de nos Sages : "un tsadik décrète et Hachem réalise".

-> Le Tséma'h Tsédek (Ohr haTorah - Vayéhi) écrit que le mot "béra'ha" est un impératif, c'est un ordre et pas une requête.
Dans la bénédiction des Cohanim (Nasso 6,24), les descendants d'Aharon haCohen sont capables, si l'on peut dire, d'ordonner à Hachem de bénir Son peuple, en disant : "yévaré'hékha Hachem" (puisse Hachem Te bénir).

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7°/ "barou'h" = ce terme a une double signification : à la fois prière et à la fois louange.

-> Le Radak (Séfer haShorashim) écrit que le mot "béra'ha" a de multiples significations, dépendant du contexte.
Lorsque la "béra'ha" est d'en-Haut vers le bas, la bénédiction du Créateur à Ses créations, alors cela signifie un ajout d'abondance et de bienveillance à eux.
Lorsque la "béra'ha" est d'en bas vers en-Haut, lorsque les créations bénissent leur Créateur, alors cela indique notre louange d'Hachem.

-> De même, Abarbanel (Dévarim 33) écrit que "barou'h" est un mot aux multiples facettes, par moment il indique une augmentation de bien et à d'autres moments il signifie une louange et une glorification, tout cela dépendant du contexte.

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.3) enseigne :
La vraie intention lorsque nous disons "barou'h" est : de louer Hachem par nos prières, et demander à Hachem d'augmenter Ses cadeaux à notre égard.

[d'une certaine façon, plus je remercie Hachem reconnaissant que tout ne vient que de Lui, alors plus je Lui demande des bénédictions pour l'avenir en y investissant tout mon cœur et toutes mes attentes.]

-> Le Malbim (Téhilim 134,1) dit qu'un des principes de foi est de reconnaître que la Source supérieure de toutes les bénédictions est bénie et augmentée par nos actions en-bas.
L'idée derrière nos bénédictions à Hachem est qu'avec nos bonnes actions et nos prières, le Créateur doit, si l'on peut dire, remplir le "réservoir supérieur", la source de toute l'abondance.
Comme vu précédemment, la bénédiction répond à un "besoin" Divin, puisque Hachem veut que nous tirions la bénédiction de la source de Ses bénédictions, grâce à nos efforts.

-> Nos Sages (Pessikta déRav Kahana 25,1) disent que lorsque les juifs font la volonté d'Hachem, ils intensifient la puissance Divine, comme il est dit : "en Hachem nous créerons de la force" (b'Elokim naassé 'haïl - Téhilim 60,14).
Et lorsque les juifs échouent à faire la volonté d'Hachem, ils affaiblissent la puissance Divine, comme il est écrit : "Tu affaiblis le Rocher qui t'a donné naissance" (tsour yéladé'ha téchi - Haazinou 32,18)
C'est le sens du verset : "et maintenant que la force de Hachem s’agrandisse comme tu l'as déclaré" (véata yigdal na A-donay kaacher dibarta - Chéla'h Lé'ha 14,17).

-> Avec cela, on peut comprendre ce que le rav Azaria Figo (Bina léIttim - drouch 30) écrit au sujet du verset : "Toutes tes œuvres te louent, Hachem ; et tes fidèles adorateurs te bénissent" (Téhilim 145,10)
Il explique qu'il y a 2 aspects à une bénédiction (béra'ha) :
1- louer, remercier, et glorifier Hachem : c'est une obligation de toutes les créations, même les non-juifs, comme il est écrit :"Que toute âme loue Hachem, hallélouka" (Téhilim 150,6) ; ainsi que : "que toute créature bénisse son saint nom à jamais" (Téhilim 145,21) où "toute créature" signifie même les non-juifs ; et "Louez Hachem, toutes nations" (hallélou ét Hachem kol goyim - Téhilim 117,1).

[à propos de "hallélou ét Hachem kol goyim" = le 'Hozé de Lublin a dit une fois : "Nous-mêmes ne sommes pas conscients des nombreux miracles que D. fait pour nous chaque jour. Ce sont les non-juifs qui trament leurs plans contre nous qui le savent! Eux seuls réalisent combien de fois leurs mauvais desseins ont échoué! Ce sont eux qui peuvent louer D. pour sa bonté envers nous!" ]

2- ce que la bénédiction peut accomplir dans les sphères supérieures et ses capacités à faire descendre l'abondance de la Source des bénédictions : c'est quelque chose que seul le peuple juif peut faire, comme le verset le dit : "et tes fidèles te béniront" (Téhilim 145,10), et "nous bénirons Hachem, maintenant et à tout jamais" (Téhilim 115,18).
C'est un cadeau unique du peuple juif, qui a reçu la Torah et garde les mitsvot.
Uniquement les juifs peuvent attribuer de la grandeur au Créateur du monde et augmenter l'abondance dans le monde.

[cela reprend des points précédents (ex: 2°/ & 3°/).
En faisant un constat lucide de notre vie, on ne peut que remercier, louer Hachem, car on ne peut rien sans Lui.
D'un autre côté, si l'on peut dire, Hachem dépend de nous, et par notre prière on a la capacité de Lui donner davantage de force pour qu'Il nous octroie davantage de bénédictions.
Cela ressemble à la vision que nous devons avoir : d'un côté nous devons avoir conscience de notre grandeur, de nos qualités (on a une partie Divine en nous, et on est tellement énorme que chacun de nos actes impactent Hachem, les mondes supérieurs). Forts de cette réalité, nous devons agir en responsabilité.
Mais d'un autre côté, nous devons admettre que tout nous provient du Maître du monde Hachem, et que sans Lui nous ne pourrions pas vivre une seconde supplémentaire.
Ainsi, nous avons tellement de bénédictions chaque jour, qui commencent par "barou'h", pour que l'on travaille sans cesse ce message : nous sommes "barou'h
= parfois on a besoin de plus accentuer le fait que nous sommes des "bénis" (barou'h) dans ce monde au regard des capacités folles que nous avons (que les non-juifs n'ont pas, et cela doit nous nous rendre fiers, joyeux [et non déprimés : je ne suis rien, je ne vaux rien ...])
= parfois on doit se rappeler que nous "bénissons" (barou'h), car à l'image de notre besoin constant d'oxygène, nous avons constamment besoin de prier Hachem pour avoir quelque chose, tellement nous sommes dépendants de Lui pour tout.]

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8°/ "barou'h" = c'est une forme de salutation.

-> Rachi (Vayichla'h 33,11) commente : "Ma bénédiction" = toutes les fois que le mot bera'ha (bénédiction) est employé en liaison avec une audience, il a le sens de "salutation", comme dans : "Yaakov bénit Pharaon" (Vayigach 47,7),"faites avec moi une bénédiction" (Méla'him II 18,31), à propos de San'hériv, "pour le saluer et le bénir" (Chmouel II 8,10), à propos de To’i, roi de ‘Hamath.

-> Le midrach (Bamidbar rabba 11,7) dit que les bénédictions n'accomplissent rien à moins qu'elles n'incluent du "shalom".
De plus, la michna (Ouktsin 3,12) enseigne que Hachem n'a pas trouvé de meilleur récipient que la paix pour contenir les bénédictions d'Israël, comme il est écrit : "Hachem donnera la force à son peuple, Hachem bénira Son peuple par la paix" (Téhilim 29,11).
=> Si c'est ainsi, on doit avoir l'intention que notre bénédiction serve comme une salutation de paix pour l'entourage Céleste.

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9°/ "barou'h" = ce terme est dérivé de la racine "bérékha" (un réservoir).

-> Le Méoré Ohr (Eré'h Béra'ha - siman 35) écrit que le mot "béra'ha" fait référence à "béré'ha haéliyona" (le réservoir supérieur).

-> Le rav Yaakov Emden (Siddour Amoudé Chamayim) écrit que lorsqu'une personne dit le mot "barou'h", elle débloque le "réservoir supérieur", où toutes les richesses où toutes les richesses qui coulent vers tous les mondes sont stockées.

-> Hachem a créé un monde dans un état incomplet, et Il a ordonné à l'homme de le compléter et de le rectifier, comme le verset affirme : "que Hachem créa pour faire" (acher bara Elokim laasot - Béréchit 2,3), ce qui signifie : pour réparer.
C'est la tâche de l'homme de compléter la Création et de révéler la Divinité et la sainteté dans le monde.
Cela est accompli par chaque bénédiction qui atteste que Hachem est le Créateur qui a créé le monde et qui continue à donner l'existence et la vie au monde à chaque instant.

Nos bénédictions ouvrent les canaux de bénédictions, et avec le mot "barou'h" nous débloquons le réservoir supérieur d'abondance afin que la bénédiction puisse se déverser dans tous les mondes.
En effet, le pouvoir d'une bénédiction commence par une stimulation d'en-bas.
En se consacrant à glorifier et à unifier le Nom d'Hachem par le biais de nos bénédictions, nous sommes capables de faire descendre les bénédictions d'Hachem, comme l'implique le verset : "Elevez vos mains dans le saint service et bénissez Hachem, [alors] Hachem te bénira" (chéou yédé'hem kodech ouvaré'hou ét Hachem, yévaré'hékha Hachem - Téhilim 134,2).

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+ Bénédiction avec autrui :

-> Il faut garder à l'esprit que lorsque l'on fait une bénédiction, en réalité on fait une prière à Hachem de bénir cette personne.

-> Le mot "béra'ha" (bénédiction) signifie littéralement : "tirer vers le bas".
Tout ce dont on a besoin (richesse, santé, paix d'esprit, bonheur, ...) existe déjà dans le réservoir de bénédictions au Ciel. Lorsque nous rencontrons des problèmes dans ce monde, cela signifie principalement que la connexion entre notre source spirituelle [en-Haut] et le monde matériel a été bloquée.
La bénédiction qu'on fait à autrui a la capacité de réparer cette connexion et d'attirer en bas les bénédictions. Comment cela?
En faisant une bénédiction qui vient du coeur pour autrui, cela a la capacité de rouvrir le canal bouché, faisant que le flux du réservoir d'en-Haut peut reprendre.
La bénédiction existe déjà à l'état potentiel dans les mondes spirituels, mais lorsqu'elle est verbalisée sous forme d'une bénédiction, cela prend une existence concrète.
Une autre personne qui a besoin d'une délivrance (yéchoua) ne peut pas toujours tirer vers le bas l'abondance (chéfa) toute seule. Elle a besoin qu'autrui (ex: un ami), qui avec un sourire et une bénédiction, va pouvoir faire le pont entre la bénédiction potentielle en-Haut et la réalité dans ce monde matériel ci-bas.
[d'après le rav Handler]

-> Le Rachba (Téchouvot 5,51) explique que le mot : "béra'ha" (bénédiction) vient de la même racine que : "béré'ha" (un réservoir).
[de même qu'un réservoir contient une vaste quantité d'eau, de même les bénédictions de Hachem sont un réservoir infini de miséricorde et de bonté, dont nos prières sont les tuyaux par lesquels nous pouvons amener sur nous ces bénédictions divines.
En priant pour autrui, on branche un conduit entre le réservoir de bénédictions et cette personne.]

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10°/ "barou'h" = ce mot est dérivé de la racine "béré'h" (un genoux - בֶּרֶך), impliquant le fait de s'agenouiller en totale soumission.

-> Lorsque l'on réfléchit à toutes les significations de "barou'h", on ne peut s'empêcher de s'émerveiller : "qui suis-je pour oser parler directement à Hachem à la 2e personne (barou'h ata), et Lui demander de m'envoyer des bénédictions?"
Le plus nous pensons à cela, le plus nous ressentons une gêne colossale face à notre petitesse en contraste avec la grandeur et la gloire d'Hachem.
Nous en venons à être si humbles que nous nous inclinons, tombons sur nos genoux en signe de soumission totale.

-> Rav Né'hounia ben Hakana (Séfer haBahir - siman 4) écrit que le mot "barou'h" vient de la racine "béré'h" (un genoux), reflétant la soumission totale, comme l'indique le verset : "en mon honneur tout genou se pliera" (ki li ti'hra kol béré'h - Yéchayahou 45,23).
Ce lien entre "barou'h" et "béré'h" est également en allusion dans le verset : "il a fait s'agenouiller les chameaux" (vayavré'h aguémalim - 'Hayé Sarah 24,11)

-> La soumission et l'effacement de soi [au profit d'Hachem] sont les clés pour recevoir les bénédictions et des délivrances, comme nos Sages (guémara Béra'hot 40a) le disent : "un récipient vide peut recevoir [ce qui lui est versé], tandis qu'un récipient plein ne peut contenir [rien de plus]."
Celui qui est égocentrique et qui croit que "ma force et la puissance de ma main m’ont assuré ce succès" (Ekev 8,17), alors il se distance d'Hachem, la Source de toutes les bénédictions.
"barou'h" = plier les genoux, ce qui diminue la stature d'une personne et représente une annulation de l'égo, est un rappel d'humilité que nous sommes totalement dépendant d'Hachem pour tout.

[si notre égo (moi je, moi je) remplit tout notre être, alors il n'y a plus de place pour que Hachem vienne résider en nous, il n'y a pas vraiment de place pour contenir les bénédictions.
De plus, une personne égocentrique met plus ses espoirs en elle-même, qu'en Hachem, et du coup Hachem la laisse compter sur la naturalité, n'envoie pas plus que ça son aide surnaturelle, ses bénédictions. (débrouille toi tout seul!)]

Les bénédictions d’autrui

+ Les bénédictions d'autrui :

-> Le Ri miGach (Séfer Haflé vaFélé), l'enseignant du Rambam, dit que la plus grande aide qu'on peut fournir à une autre personne est de lui donner une bénédiction.
Il cite le verset : "Chaque Homme aidera son prochain, et à son frère il dira : "sois fort!"" (Yéchayahou 41,16), et Rachi explique : "ils s'aident l'un l'autre par des bénédictions".

-> "Celui qui a un bon œil est béni" (tov ayin ou yévora'h - Michlé 22,9).
La guémara (Sotah 38b) commente : ne lis pas "ou yévora'h" (il est béni) mais "ou yévaré'h" ([celui qui a un bon œil] c'est lui qui bénira).

Les commentateurs expliquent que lorsqu'une personne va bénir un autre juif, alors cela réjouit beaucoup Hachem, puisque cela engendre de la paix et de la camaraderie, qui sont les réceptacles permettant de recevoir les bénédictions, comme il est écrit : "Hachem n'a pas trouvé de réceptacle plus adéquat que la paix pour contenir les bénédictions d'Israël. Comme il est dit : "Hachem donnera la force à son peuple, Hachem bénira Son peuple par la paix" (Téhilim 29,11)." [michna Ouktsin 3,12 = c'est à la conclusion des 6 traités de la michna].

[en bénissant autrui, je renforce la paix, ce qui fait que notre réceptacle des bénédictions Divines est alors plus grand.
De plus, je montre à Hachem que j'aime chacun de Ses enfants, je renforce la notion d'unité (arévim) entre les juifs, et d'une certaine façon à l'image de parents se réjouissant de voir leurs enfants bien ensemble, de même Hachem se réjouit de voir les juifs s'aimer. En témoignant mon affection à autrui en le bénissant, je réjouis D., qui en retour nous comble du meilleur, indépendamment de nos actions.]

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-> "Ne laisse pas la bénédiction d'une personne simple devenir légère à tes yeux"
[guémara Béra'hot 15a]

-> Le Pélé Yoets (Béra'hot p.48) enseigne qu'on doit toujours offrir des bénédictions et nos meilleurs vœux à un ami, car cela peut être un moment propice au Ciel et la bénédiction sera réalisée.
C'est considéré comme une mitsa que de bénir autrui, et celui qui agit ainsi amène du plaisir (na'hat) à Hachem.
Le destinataire doit toujours retourner la bénédiction en disant par exemple : "hamévaré'h mitbaré'h" (celui qui bénit est béni lui-même) ou bien "vé'hén lémar" (et à toi également - וְכֵן לְמָר).

-> La guémara (Méguila 27b) rapporte que Rav Houna était dans une situation financière difficile, et après que Rav lui a donné une bénédiction, il a réussi financièrement.
Lorsque Rav a entendu que sa bénédiction à Rav Houna a réussi, il a dit : "Pourquoi ne m'as-tu pas répondu, lorsque que je t'ai béni en répliquant : "vé'hén lémar"?"
Rachi ajoute que Rav a dit à Rav Houna que peut-être c'était un moment de faveur Divine, et que la bénédiction qu'il a pu conférer à Rav Huna aurait également pu se réaliser pour lui en retour de son : "vé'hén lémar".

[lorsqu'on nous bénit peut-être que c'est un moment très propice au Ciel pour la réalisation de la bénédiction, et en ce sens chaque juif (enfant adoré d'Hachem) peut nous permettre d'avoir de belles bénédictions.]

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-> Cependant celui qui bénit autrui est automatiquement béni, comme le roi Shlomo l'affirme : "Celui qui a un bon œil [qui a une disposition généreuse avec autrui, comme en lui souhaitant de bonnes choses] est béni" (tov ayin ou yévora'h - Michlé 22,9).

-> Hachem a promis à Avraham : "Je bénirai ceux qui te béniront" (avarékha mévara'hékha - Lé'h Lé'ha 12,3).
Ainsi, à chaque fois que nous bénissons un juif, Hachem vient nous bénir. Comme l'affirme la guémara (Sotah 38b) : celui qui donne la bénédiction est également béni.

-> Selon nos Sages ('Houlin 49a), cette promesse d'Hachem à Avraham était en réalité une alliance avec la totalité de la nation juive.
C'est pourquoi les Cohanim qui ont l'ordre de bénir le peuple juif vont également être bénis par Hachem, comme il est écrit : "et moi je les bénirai" (Nasso 6,27)

-> "Je [Hachem] vais bénir tous ceux qui te bénisse, même les non-juifs".
[guémara Yérouchalmi Béra'hot - chap.8]

[ainsi même quand un non-juif nous souhaite un "bonne journée" (un bonjour), et qu'il le dit d'une manière polie et courtoise, sans intention particulière de bénir le juif, néanmoins il est assuré d'être béni par Hachem, selon la promesse : "Je bénirai ceux qui te béniront".
Ainsi, lorsqu'un juif dit à son prochain des mots "simples" de type : "bonne journée", cela a un impact même s'il le dit par habitude, sans trop réfléchir à ce qu'il dit.
[de même, lorsque plein de gens vont dire : "mazal tov" a un jeune couple, ils vont impacter positivement le futur de ce couple!
En ce sens également, le Séfer 'Hassidim (487) note que les gens souhaitent à une femme enceinte "mazal tov" avant même la naissance du bébé, et cela est comme une prière pour que l'enfant naisse sous un bon mazal.]

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-> "Dans la mesure avec laquelle nous bénissons les autres, c'est de cette façon dont nous serons bénis"
[rav Avigdor Miller - Torat Avigdor - Nasso]

Le rav Miller transmet l'idée que l'efficacité d'une bénédiction va beaucoup augmenter lorsqu'on y met son coeur et son esprit. Il recommande de réfléchir à l'implication de ce qu'on dit. (ex: je m'apprête à lui souhaiter une réfoua chéléma, et que grâce à cela il puisse aller mieux, guérir, avoir moins de douleur, ...). L'idée est de visualiser ce qu'on peut lui souhaiter et de se rendre compte que c'est énorme car Hachem écoute chaque bénédiction (ce n'est pas de simples paroles sans impact, au contraire).

Le rav Avigdor Miller rapportait souvent qu'une fois l'Alter de Slabodka est passé devant la maison d'un membre du personnel de la yéchiva. Il s'est arrêté et est resté en face de la maison, et il a commencé à prononcer des bénédictions pour cette personne.
Un homme l'accompagnant lui a dit : "Mais il ne vous entend pas".
L'Alter de Slabodka a répondu : "Est-ce que celui qui reçoit la bénédiction a besoin de l'entendre?"

[ainsi, chaque fois que l'on voit un juif on peut le bénir, et à chaque fois on réalise une mitsva, on fait plaisir à Hachem, qui nous bénira en retour de notre bénédiction, ...
En ce sens, le rav Miller disait que l'on doit sortir de notre vocabulaire des mots de type "salut", et plutôt utiliser "bonjour", "bonsoir", "shalom alé'hem", qui sont eux des bénédictions.]

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-> Le 'Hafets 'Haïm enseigne que prier pour une autre personne est un moyen de réaliser la mitsva de témoigner de la bonté à son prochain.

[de plus : "Toute personne qui prie pour un besoin de son prochain, alors qu’elle en a elle-même besoin, se verra exaucée en 1er" (guémara Baba Kama 92a). Toute chose positive que nous souhaitons à autrui, nous la souhaitons pour nous (ou nos descendants), ainsi plus on bénit autrui, plus on se bénit fortement soi-même!
[de plus tous les juifs étant unis, si autrui pour qui je prie va mieux, alors par ricochet j'irais également mieux! ]
Selon le Maguid de Doubno, le fait de prier pour son prochain possède un autre avantage : celui d'être plus bavard, de tout oser dire à Hachem, car on le fait dans le cadre d'un acte de bonté, d'amour d'autrui, et non que pour soi-même.]

Après notre mort, nous aurons une vision claire de l'impact exceptionnel de toutes ces prières : combien de personnes se sont mariées grâce à nous, combien ont pu continuer à vivre, combien ont pu retrouver un travail, ...
[A l'inverse, on nous montrera ce qu'on aurait pu faire si l'on avait davantage prié (pour soi, pour d'autres), et cela pourra devenir une source de honte éternelle si l'on a de notre vivant négligé l'impact de nos prières!]

-> b'h, à ce sujet voir également : http://todahm.com/2017/09/27/5606-2

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-> Nos Sages nous avertissent du pouvoir de la langue, d'à quel point le lachon ara peut détruire.
Or, de même que l'on doit croire à son pouvoir de détruire, on doit croire à son pouvoir de bénir.
La guémara (Sotah 11a) enseigne que la mesure de bienfaisance d'Hachem est plus grande que Sa mesure de châtiment.
D'ailleurs, le 'Hafets 'Haïm disait que de la même façon que l'on devra rendre des comptes sur nos paroles négatives (lachon ara), de la même façon on devra rendre des comptes sur nos paroles positives que l'on n'aura pas prononcé à autrui.
Cela signifie les compliments, conseils, mais aussi d'une certaines façon les bénédictions. Pourquoi n'as-tu pas béni ton prochain (regarde ce qu'il n'a pas eu à cause de cela)?
Ainsi, on doit être certes sensible à la gravité de dire du lachon ara, mais également à la gravité de ne pas dire du lachon tov. L'un est l'autre sont graves (pour l'un on doit se forcer à se taire, et l'autre à parler (même à bénir dans sa tête, ou même sur un papier!), à sourire).
[n'oublions pas que : "la mort et la vie sont au pouvoir de la langue" (Michlé 18,21). ]

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-> Il faut garder à l'esprit que lorsque l'on fait une bénédiction, en réalité on fait une prière à Hachem de bénir cette personne.

-> Le mot "béra'ha" (bénédiction) signifie littéralement : "tirer vers le bas".
Tout ce dont on a besoin (richesse, santé, paix d'esprit, bonheur, ...) existe déjà dans le réservoir de bénédictions au Ciel. Lorsque nous rencontrons des problèmes dans ce monde, cela signifie principalement que la connexion entre notre source spirituelle [en-Haut] et le monde matériel a été bloqué.
La bénédiction qu'on fait à autrui a la capacité de réparer cette connexion et d'attirer en bas les bénédictions. Comment cela?
En faisant une bénédiction qui vient du coeur pour autrui, cela a la capacité de rouvrir le canal bouché, faisant que le flux du réservoir d'en-Haut peut reprendre.
La bénédiction existe déjà à l'état potentiel dans les mondes spirituels, mais lorsqu'elle est verbalisée sous forme d'une bénédiction, cela prend une existence concrète.
Une autre personne qui a besoin d'une délivrance (yéchoua) ne peut pas toujours tirer vers le bas l'abondance (chéfa) toute seule. Elle a besoin qu'autrui (ex: un ami), qui avec un sourire et une bénédiction, va pouvoir faire le pont entre la bénédiction potentielle en-Haut et la réalité dans ce monde matériel ci-bas.
[d'après le rav Handler]

-> Le Rachba (Téchouvot 5,51) explique que le mot : "béra'ha" (bénédiction) vient de la même racine que : "béré'ha" (un réservoir).
[de même qu'un réservoir contient une vaste quantité d'eau, de même les bénédictions de Hachem sont un réservoir infini de miséricorde et de bonté, dont nos prières sont les tuyaux par lesquels nous pouvons amener sur nous ces bénédictions divines.
En priant pour autrui, on branche un conduit entre le réservoir de bénédictions et cette personne.]

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+ Lorsque les bénédictions semblent ne pas fonctionner :

-> On peut être tenter de se demander : pourquoi ne voyons-nous pas les résultats immédiats de ces bénédictions?
Nous ne sommes pas les premiers à poser cette question, Moché a demandé à Hachem : "daigne me révéler Tes voies, afin que je Te connaisse" (Ki Tissa 33,13).
Nos Sages (guémara Béra'hot 7a) explique que Moché demandait à Hachem pourquoi les tsadikim souffrent et les réchaïm réussissent.

De plus, nous n'avons pas une image complète (nous sommes que des hommes) : on regarde les choses à un instant "t", sans prendre en compte les réincarnations, purification des fautes de l'âme, les rectifications des générations antérieures, récompenses supplémentaires d'Hachem, ...
En tant qu'être humain, on ne peut même pas penser comprendre la sagesse d'Hachem, mais néanmoins nous devons être certains que : "Lui, notre rocher, Son œuvre est parfaite" (Haazinou 32,4).

-> Peut-être que ce que la personne demande n'est pas dans son meilleur intérêt.
Par exemple, le fait de ne pas avoir assez de parnassa peut protéger de mauvaises midot, peut servir de "réveil" pour créer davantage de liens avec Hachem, pour obtenir une vie avec plus de spiritualité, ...
De plus, la non réalisation d'une bénédiction peut nettoyer l'âme de beaucoup de douloureux nettoyages dans le guéhinam.
[il existe un principe : une souffrance pour expier des fautes est beaucoup moins douloureuse dans ce monde que dans le monde à venir. ]
Peut-être que cela va créer de la peine à une autre personne.
Peut-être qu'on n'a pas encore prié et mis tous nos espoirs en Hachem, ...

-> Selon nos Sages : les personnes qui sont pressées pour comprendre tout ce qui se passe dans ce monde sont prises dans le monde à venir, où tout est alors clair (il n'y a plus de question).
En ne remettant pas en question ce qui se passe dans notre vie, on reste vivant dans ce monde plus longtemps, puisqu'il n'est pas nécessaire de nous prendre plus tôt pour avoir nos réponses en-Haut.

-> En ce sens, le rabbi de Klausenbourg disait : après avoir perdu ma femme et mes 11 enfants dans la Shoa, "Je préfère être en bas avec mes questions plutôt qu'en-Haut avec les réponses".

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-> Le Pélé Yoets (Béra'hot p.50) rapporte que lorsqu'un enfant cherche la bénédiction de ses parents, non seulement il reçoit une bénédiction de valeur car venant du fond du coeur de ses parents, mais en plus il réalise la mitsa de kiboud av vaém.