Le Nom d’Hachem dans les bénédictions

+++ Le Nom d'Hachem dans les bénédictions :

+ Prononcer le Nom Divin = un privilège rare :

-> Les juifs sont plus chers [aux yeux] d'Hachem que les anges de service, car les juifs sont autorisés à réciter une chira (chant de louange) pour Hachem à tout moment, tandis que les anges de service ne récitent pas la chira pour Hachem, si ce n'est qu'une fois par jour, et pour certains [anges] qu'une fois par semaine, et pour d'autres qu'une fois par mois, et d'autres ne le disent qu'une fois par an, et d'autres qu'une fois tous les 7 ans, et d'autres ne peuvent le dire qu'une fois par Jubilé (Yovél), et enfin d'autres [anges ne peuvent faire une chira à Hachem] qu'une fois dans l'éternité.
De plus, les juifs mentionnent le nom d'Hchem après 2 mots : "Shéma Israël Hachem", alors que les anges de service ne mentionnent Hachem qu'après 3 mots, comme le verset dit [que le chant des anges de service est ] : "kadoch, kadoch, kadoch, Hachem"
[guémara 'Houlin 91b]

[à chaque bénédiction nous disons le Nom divin après 2 mots, ce que les anges ne peuvent pas faire, et en ce sens chaque bénédiction est un rappel de notre véritable valeur et potentiel (à l'inverse de notre yétser ara qui essaie de nous faire croire que nous ne valons pas tant que cela, pour nous pousser à ne pas faire tant que cela de notre vie).
Ainsi, chaque bénédiction est un appel à être vraiment nous-mêmes, à apprécier et utiliser le fait d'être juif! ]

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-> "Car Ta bonté vaut mieux que la vie, mes lèvres Te loueront" (ki tov 'hasdékha mé'haïm chéfataï yéchabé'houn'ha - Téhilim 63,4)
Le Alchikh haKadoch explique que le roi David dit : il y a un 'hessed (bonté) encore plus grand que la vie elle-même, et c'est l'opportunité d'utiliser nos lèvres pour louer Hachem, ce que même les anges ne peuvent pas faire. C'est le plus grand 'hessed qui existe.

[une bénédiction nous permet de remercier Hachem de nous permettre de manger ou boire, mais également de Le remercier de nous permettre de Le bénir en mentionnant Son saint Nom, et ce avec la possibilité de le dire plus rapidement que les anges.
Nous devons travailler sur la grandeur et la chance que nous avons de pouvoir prononcer le Nom Divin. Et c'est pas parce que papa Hachem nous permet de le faire souvent que cela doit venir en diminuer la valeur. ]

-> Par exemple, il est écrit dans le Sidour haArizal : "Lorsqu'une personne prononce le grand et redoutable Nom d'Hachem, tous les membres de son corps doivent trembler de peur. Elle doit contempler que tous les mondes d'en-haut et d'en-bas, et tous les hôtes célestes, sont subordonnés aux saintes lettres du Nom d'Hachem."

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+ Prononcer le Nom Divin = une expression d'amour :

-> Lorsque l'on appelle quelqu'un par son prénom (plutôt que par "vous" ou "toi") c'est une expression de proximité et d'amour, car nous avons tendance à appeler par leur nom ceux qui nous sont chers.
Sur les mots : "Il a appelé Moché" (vayikra él Moché - Vayikra 1,1), Rachi commente : "Toutes les fois que Hachem s’est adressé à Moché en lui "parlant", en lui "disant" et en lui "ordonnant", Il a commencé par "appeler", ce qui est une expression d’affection."

Ceci est particulièrement vrai lorsque le nom est répété 2 fois.
Selon le Sifra (Vayikra 1,12) : ... "Hachem l'appela de l'intérieur du buisson et dit : 'Moché Moché ...' " (Chémot 3,4). [De même, ] "Avraham, Avraham" ; "Yaakov, Yaakov" ; Shmouël, Shmouël", [cette double mention du nom] est un signe profond d'affection ..."

=> Nous aussi, nous démontrons notre amour envers Hachem en répétant Ses Noms dans nos bénédictions et prières, en disant 2 Noms Divins : "Hachem Elokénou".
De plus, chaque fois que nous mentionnons le Nom d'Hachem (chem havaya - יהוה), il est considéré comme doublé car il est décrit d'une manière (יהוה) et prononcé d'une autre manière (אדני).
[tout cela vient en plus du "ata" (Tu), où le tutoiement est aussi un signe de proximité.]

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-> Nos Sages (guémara Béra'hot 40b) disent que toute bénédiction dans laquelle il n'y a aucune mention du Nom Divin et de Sa souveraineté sur le monde n'est pas une bénédiction valide, car c'est spécifiquement en mentionnant le nom d'Hachem que nous soulignons notre proximité avec Lui et que nous tirons ainsi Ses bénédictions cachées.
Cette idée se trouve dans le verset : "En tout lieu où Je permets que mon Nom soit mentionné, Je viendrai à vous et vous bénirai" (Yitro 20,20).

-> Lorsque nous appelons Hachem par Son saint Nom, Son Nom sert de moyen par lequel Il se connecte à Ses créations. En effet, la guématria du mot "chémo" (son nom - שמו) est équivalente à celle de "tsinor" (un conduit - צינור), soit 306, puisque les différents Noms d'Hachem servent de conduit pour nous permettre de nous connecter à Lui.
[rav Handler]

[lorsque l'on bénit Hachem, en réalité c'est nous qui gagnons le plus, avec par exemple cette possibilité de nous lier avec Lui, et d'attirer sur nous Ses bénédictions. ]

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-> Le rav Tsadok haCohen (Pri Tsadik - Vayikra - chap.1) explique que le nom d'une personne est la racine de son âme vivante, et c'est pourquoi celui qui est endormi (ou qui a perdu connaissance) va se réveiller de son sommeil lorsqu'on l'appelle par son nom. [cela va amener sur lui sa vie intérieure, qui elle est restée intacte]
[D'une façon similaire, lorsque nous appelons le Nom d'Hachem dans nos bénédictions, nous éveillons l'essence intérieure d'Hachem de se tourner vers nous et de nous accorder Ses bénédictions.
(nous n'appelons pas D. par un nom choisi au hasard, mais c'est une réalité qui a des conséquences énormes, et dont le libre arbitre fait que nous n'avons conscience de rien.)]

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+ Le Chem Havaya :

-> Le "Chem Havaya" (יהוה) est appelé "Chem haMéyou'had" (le Nom unique).
Le Maharal (Gour Aryié) explique les mots : "c'est Mon Nom pour toujours" (zé chémi léolam - Chémot 3,15), de la façon suivante : "c'est Mon Nom qui M'est unique, puisque ce Nom de Havaya est mis à part de toutes l'existence, et il n'est pas connecté au monde parce qu'il est unique et ne dépend de rien d'autre."

Ainsi, les autres Noms d'Hachem indiquent Son lien avec le monde qu'Il a créé, tandis que le Nom Unique (Chem Havaya) est Son Nom personnel (si l'on peut dire).
Le rav Yossef Giktalia (Chaaré Ora - chaar 5) ajoute que le Chem Havaya est le nom utilisé exclusivement par le peuple d'Israël ; les nations du monde ne L'appellent que par Ses autres Noms, comme Elokim ou Eloka déElokaya (Ména'hot 110a).

Le Chem Havaya est également connu sous le nom de "Chem haEtsem" (le Nom Essentiel), puisque l'essence d'Hachem est évoquée dans ce Nom sans aucun "vêtement" dissimulé, par opposition à la façon dont Il se révèle par Ses autres Noms, à travers des dissimulations et des "habits", afin de filtrer et de restreindre la Lumière Infinie qui émane de Lui, et de la rendre ainsi apte à briller dans notre monde fini.
Le Lechem (Hakdamot ouChéarim - chaar 1) écrit que l'essence d'Hachem se trouve dans le Chem Havaya, bien qu'Il soit appelé par Ses nombreux Noms conformément à Ses interactions avec ce monde. En effet, le midrach (Chémot rabba 3,6) écrit : "Je suis appelé par Mes actions" (léfi maassi ani nikra), et cela se produit lorsque Hachem habille Sa Lumière Infinie par les 10 Attributs (midot) [Ses interactions avec le monde], également connus sous le nom de 10 Séfirot.

=> Ainsi lorsque nous prions, nous nous adressons directement à Hachem, et pas à Ses midot (Ses vêtements par lequel Il agit dans ce monde)

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-> Le Ram'hal (Déré'h Hachem - section2, part.5) écrit que Hachem dans Sa grande sagesse, a mis en place différents moyens par lesquels l'homme pourrait atteindre l'objectif de s'attacher à Hachem, s'il le souhaite et s'efforce de le faire. En ce sens, la raison pour laquelle Hachem nous donne la possibilité de l'appeler par Son Nom est de nous permettre de nous rapprocher de Lui et de recevoir ses bénédictions et sa bonté illimitées. Le Chem Havaya a été désigné à cet effet.
Hachem a ordonné qu'à chaque fois que Ses créations mentionneraient Son Nom, elles attireraient sur elles l'influence et la lumière Divine. L'influence Divine sera du type attribué au secret du Chem Havaya.

-> Le Gaon de Vilna (Adéret Eliyahou - Dévarim 1,5) note que dans les bénédictions le Chem Havaya fait allusion à la dissimulation de l'essence d'Hachem.
Le Nom Elokénou qui signifie "notre D." fait allusion au fait qu'Il se révèle à nous à travers Ses actions et qu'Il supervise tous les aspects de ce monde.

[d'une certaine façon de même qu'on a un corps et une âme, le Nom Divin Chem Havaya est composé d'une partie d'Hachem cachée (יהוה), alors que la forme parlée est le Chem Adnout (אדני), l'aspect d'Hachem qui est révélé dans ce monde et sur lequel on peut s'appuyer dans notre service d'Hachem.
Et cela à l'image de l'âme qui a besoin dans ce monde du corps pour accomplir les mitsvot. ]

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-> Rabbénou Bé'hayé (Béchala'h 15,3) écrit que bien que Hachem soit dissimulé et caché dans le monde, Il se révèle au plus profond du coeur d'une personne dans son âme (néchama), dans laquelle se trouve une partie Divine ('helek Eloka mimaal - Iyov 31,2).
Puisque pour ainsi dire, Hachem peut être trouvé à l'intérieur d'une personne, lorsque quelqu'un appelle Hachem par Son Nom dans une bénédiction, elle ressent véritablement la Présence d'Hachem en face de lui, comme le dit le verset : "Hachem est proche de tous celui qui l'invoque" (Téhilim 145,18).
Par conséquent, on devra être "saméa'h bé'helko" = ce qui signifie que l'on doit se réjouir de son 'hélek Eloka mimaal, ce fragment d'Hachem qui se trouve en nous.

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+ Donner plus de puissance par notre kavana :

-> Nos Sages (guémara Béra'hot 7b) déclarent que depuis le jour où Hachem a créé le monde, il n'y avait personne qui l'appelait : "Adon" (Maître), jusqu'à Avraham.
Avraham est celui qui a découvert que malgré toute la gloire et la souveraineté d'Hachem sur le monde entier, néanmoins Hachem se soucie de chaque personne et se connecte avec elle.
Ainsi, Il est "mon maître". C'est pourquoi dans le langage de la bénédiction, nous appelons d'abord Hachem "Adonaï" (mon Maître), et seulement ensuite nous le décrivons comme "Mélé'h aOlam" (Roi du monde).
=> L'essence de la bénédiction est pour nous de reconnaître que nous avons une relation personnelle avec Hachem, et ce n'est qu'alors que nous louons Hachem en déclarant qu'Il est le roi de tout l'univers.
[de plus "Elokénou" (mon D.) et ensuite "mélé'h aOlam" (roi du monde)
=> Nous devons toujours nous souvenir que Hachem est notre D. privé, qu'Il a un lien personnel et une relation d'amour avec chacun de nous. (ex: malgré qu'Il soit le Roi des rois, Il s'intéresse à la moindre prière, à la moindre bénédiction que je peux faire).
On voit donc l'importance de vivre nos bénédictions comme une déclaration de notre lien particulier si spécial avec Hachem. En ce sens, nous devons avoir une kavana spéciale sur le terme : "Adonaï" (en effet, bien que Adon sur le monde, Il est entièrement attentif à mon monde personnel! [Adonaï]). ]

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-> Nos Sages (guémara Guitin 45b) affirment qu'un Séfer Torah dans lequel les noms d'Hachem n'ont pas été écrits lichma, aux fins de la mitsva, n'a pas la sainteté d'un Séfer Torah et il est impropre à l'usage, même si toutes les lettres sont présentes et écrites.
C'est parce que la forme matérielles des lettres ne possède aucune sainteté Divine, ce n'est que lorsque les lettres sont écrites avec les bonnes intentions, conformément à toutes les exigences halakhiques, que la lumière de la sainteté d'Hachem les imprègne.
La pensée et la kavana (intention) du scribe (sofer) donnent vie aux lettres et aux Nom d'Hachem : de même que l'âme donne vie au corps, le scribe avec ses intentions de lichma (en l'honneur de la mitsva), insuffle aux lettres matérielles une vitalité spirituelles.

Le rav Handler ajoute que le même concept s'applique aux Saints Noms mentionnés dans la prière, et à tous les mots lorsque nous prions : la bonne kavana en disant les mots de la prière (correspond à l'intention de lichma en écrivant les lettres), est ce qui donne le pouvoir spirituel à ces Saints Noms et mots, et qui leur donne vie, permettant ainsi de révéler leur lumière.

Rabbi Moché Cordovéro (Pardes Rimonim) écrit :
"Le souffle d'une personne peut former des lettres qui contiennent de la spiritualité, mais cette spiritualité doit être alimentée, afin que les lettres de ses prières puissent s'envoler vers les Cieux.
C'est le rôle de la kavana, de puiser la force nécessaire pour injecter de l'esprit dans les lettres et les mots qu'il prononce dans sa prière et les envoyer vers les mondes supérieurs.
A travers la pensée et la kavana de la personne, il pousse la prière à s'élever vers les cieux afin que les paroles de la bénédiction et de la prière puissent accomplir leur tâche et faire descendre la nourriture et les bénédictions appropriées".

-> La guémara (Taanit 2a) appelle la prière le "service du cœur".
Rabbi Moché Cordovéro ajoute que la prière est également le "service de l'âme.
En ce sens, il écrit dans la suite du texte précédent :
"Lors de la prière ou de la récitation d'une bénédiction, pour que l'âme (néfech) d'une personne s'accroche à ces paroles et s'élève avec la prière, on doit d'abord dépouiller son néfech du corps qui l'habille et se débarrasser de toutes les pensées matérielles qui occupent son coeur, qui sont comme un vêtement souillé sur l'âme.
Ensuite, son néfech peut s'élever seul et sans entrave. C'et pourquoi les mots : "de Le servir ... de toute votre âme" (oul'ovdo bé'hol ... nafché'hem - Ekev 11,13) font référence à la prière car la prière est appelée : "néfech"."

[ en prononçant le Nom d'Hachem on s'attache
à Lui (attirant sur nous Ses bénédictions), et plus nous avons de kavana plus nous donnons de la puissance à cela.
En ce sens, il est écrit : "donner de la force à D." (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35). Plus nous avons de la kavana en pronoçant le Nom Divin, plus Hachem a alors de la force pour nous combler du meilleur! ]

« Ata » – sens et implication de ce mot dans nos bénédictions

+ "Ata" - sens et implication de ce mot dans nos bénédictions :

-> Le 2e mot de nos bénédictions est "Ata" qui utilise la 2e personne : "Tu", et cela implique que nous nous adressons à Hachem directement en face à face, si l'on peut dire.

=> Comment une humble créature de chair et de sang peut-elle parler avec une telle familiarité avec le Roi des rois?

-> Nous ne pouvons expliquer cela que par le fait que Hachem nous aime, et comme nos Sages (midrach Béréchit rabba 55,8) l'enseignent : "l'amour contourne les règles standard d'étiquette et de conduite" (aava mékalkélét ét achoura).
Combien devons-nous être reconnaissants pour cette précieuse relation! Nous devrions proclamer avec joie : "achrénou ma tov 'helkénou ouma na'im goralénou ouma yafa yérouchaténou" (Combien nous sommes chanceux! Comme notre sort est agréable! Et comme notre héritage est beau!).
[les non-juifs courent après du vide, rêvant de croiser leur star, tandis que nous les juifs nous sommes liés avec Hachem, que nous tutoyons, qui nous écoute comme en face à face et apprécie chaque bénédiction que nous pouvons faire. ]

-> Le Maguid de Koznitz (Avodat Israël - Lé'h Lé'ha) s'émerveille à ce sujet :
"cela est incompréhensible! Nous sommes des êtres physiques, pleins de fautes, pourtant nous avons le mérite de parler devant le Roi Glorieux et même de s'adresser directement à Lui ("Ata"), comme on parlerait à une personne debout en face de nous ... C'est une bonté ('hessed) impressionnante et une merveille qui découle de la compassion d'Hachem pour Ses créations".

On peut remarquer que la valeur numérique de "ata" (אתה) est 7 fois celle du mot 'hen (חן - grâce, faveur). Ce n'est que parce que [7 jours sur 7] les âmes du peuple juif trouvent une telle grâce aux yeux d'Hachem (son amour pour chaque juif est indépendamment de notre comportement, juste parce que nous sommes Ses enfants adorés), que nous pouvons nous adresser au Roi des rois à la 2e personne (Ata).

-> Le Yessod haAvoda (Torat Avot) élabore sur ce concept pour offrir une interprétation des mots : "véata tétsavé ét Bné Israël" (Et toi, tu ordonneras aux Bné Israël - וְאַתָּה תְּצַוֶּה אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל - Tétsavé 27,20) = ordonnes-leur au sujet du mot "Ata", en déclarant qu'ils (les juifs) sont autorisés à s'adresser à Hachem directement par "Ata" (Tu). [c'est tellement une chose énorme de pouvoir tutoyer le Roi des rois que nous avons besoin de Son autorisation forcée en ce sens. ]

Le 'Hafets 'Haïm (haTefilat biMé'hitsat) note que bien qu'il existe de nombreuses définitions différentes pour le mot "barou'h", tout le monde est entièrement d'accord sur le fait que le 2e mot des bénédictions ("Ata"), signifie le Seul et l’Unique : Toi = Hachem. En nous permettant de nous référer à Lui par "Ata", Hachem accorde à chaque juif l'immense privilège de s'adresser directement au Roi, signe de la plus grande proximité et amour possible. [
cela est aussi un message d'espoir : quoique tu ait pu faire dans ta vie, en récitant une bénédiction Hachem ne te rejette pas, au contraire Il t'aime toujours autant et désire t'avoir proche de Lui. ]
Le 'Hafets 'Haïm ajoute qu'il vaudrait la peine pour une âme de descendre dans ce monde et de vivre pendant 70 ans uniquement pour avoir l'immense privilège et honneur de se référer à Hachem par "Ata", ne serait-ce qu'une seule foi.

-> Le fait que Hachem nous permette de s'adresser à Lui par "Ata" indique Sa grande humilité.
Le fils du Gaon de Vilna, Rav Avraham (Maalot haTorah), relie ce phénomène à la déclaration de nos Sages (guémara Méguila 31a) : Partout où vous trouverez la mention de la puissance d’Hachem, vous trouverez également mention de Son humilité.
[d'une certaine façon chaque bénédiction nous fait prendre conscience que Si même Hachem (qui peut et fait tout) est humble alors nous aussi nous devons l'être, et ainsi chaque bénédiction fait réduire notre "égo" pour laisser davantage de place à Hachem en nous-même. ]
Il ajoute que le sentiment de proximité engendré par le fait de s'adresser à Hachem par "Ata" permet à celui qui bénit de surmonter son yétser ara.
Le mot "Ata" (אתה) fait allusion à la Torah qui est écrite avec les lettres de alef à tav (את), ainsi que les 5 lettres finales (ה).
Le Torah permet à une personne de surmonter son yétser ara, comme le disent nos disent nos Sages (guémara Baba Batra 16) que Hachem a créé le mauvais penchant, et Il a créé la Torah comme antidote.
On trouve une allusion à cela dans les paroles d'Hachem à Caïn : "Le péché est tapi à la porte, Il aspire à t’atteindre, mais toi (véata - וְאַתָּה), sache le dominer" (Béréchit 4,7). En d'autres termes, le yétser ara désire nous vaincre, mais avec la force du "Ata" (אתה) nous pouvons le dominer.

-> L'autorisation de s'adresser à Hachem avec le mot "Ata" n'est pas seulement un privilège ; cela renforce également notre relation avec Lui.
L'essentiel d'une bénédiction est que celui qui bénit, ressente réellement l'incroyable proximité d'Hachem avec nous, et qu'il ressente concrètement le verset : "Je mets constamment Hachem devant moi" (chiviti Hachem lénegdi tamid - Téhilim 16,8). Le Rema (Ora'h 'Haïm) écrit que cela (avoir Hachem devant nous) est un principe majeur de la Torah et de notre service Divin. En ce sens, les bénédictions ont un rôle fondamental pour nous permettre de tendre vers cela. [rav Handler]
[Hachem est en face de nous, mais sommes préoccupés par d'autres choses (la matérialité éphémère nous éblouie), les bénédictions viennent nous rephaser sur la vraie réalité de ce monde.
Notre yétser ara nous pousse à croire : "ça va cool, Hachem est au loin de toi, Il est au Ciel", tandis qu'en vrai Il est tout près de nous (oui, face à toi, au point que tu emplois le "Toi" [Ata]).]

-> Le Gaon de Vilna écrit que celui qui réalise le début du verset : "chiviti Hachem lénegdi tamid" (Je mets constamment Hachem devant moi), il méritera la promesse de sa fin : "ki mimini bal émot" (s'Il est à ma droite, je ne chancellerai pas- Téhilim 16,8) = Hachem sera son "ombre", le protégeant et marchant à ses côtés dans tous les aspects de la vie.
C'est l'une des raisons pour lesquelles nos Sages ont décrété l'obligation de dire 100 bénédictions chaque jour : afin que l'on se sente constamment proche d'Hachem.

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-> Le Yessod véChorech haAvoda (chaar haAchmorét - chap.2) écrit :
Quand quelqu'un dit "Barou'h Ata", il doit visualiser qu'il est en train de dire la bénédiction directement en présence d'Hachem ... C'est une exigence majeure dans toutes nos prières et louanges : cela devrait être comme si on s'adressait directement au Créateur, dont la gloire remplit la terre.
Si quelqu'un ne parvient pas à visualiser qu'il se tient face à Hachem, il est absolument clair que c'est comme s'il n'avait jamais récité la bénédiction du tout, et il est coupable d'annuler une bénédiction promulguée par nos Sages de la Grande Assemblée (anché knesset haguédola) et de diminuer la satisfaction du Créateur (Hachem).".

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[nous devons faire en sorte de ressentir intellectuellement et émotionnellement que Hachem veille en permanence sur nous, car alors nous pouvons nous connecter avec Lui et sentir Sa présence de près. Nous serons alors capables de Le remercier sincèrement 100 fois par jour en le saluant directement par "Ata".]

« Barou’h » – sens et implication (1ere partie)

+ "Barou'h" - sens et implication de prononcer ce mot au début des bénédictions : (1ere partie)

-> Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 430) écrit :
"Je vous alerte [de cette difficulté], ne supposez pas que mon esprit pourra atteindre même autant qu'une goutte dans la mer de la vérité de ce sujet [le sens véritable du mot "barou'h"], comme cela m'a été rapporté et comme je l'ai entendu de la bouche des sages, que [l'explication] de ces sujets englobe des principes puissants et des secrets incroyables ... "

b'h, on peut quand même citer quelques opinions sur le sens de ce mot :

1°/ "barou'h" (béni) = c'est un titre descriptif, déclarant qu'Hachem est la Source de toutes les bénédictions. [de même qu'on Le décrit comme "haRakhaman" (le miséricordieux), on l'appele "barou'h. ]

-> Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 430) explique que le mot "barou'h" est une reconnaissance que Hachem est LA source des bénédictions et qu'Il contient toutes les bénédictions.
Lorsque nous récitons une bénédiction, c'est un rappel verbal que Hachem est le "Béni". Et lorsque nous réalisons qu'Il est la source de toutes les bénédictions, que Lui uniquement peut décider à qui accorder tout ce bien, nous sommes prêts à faire descendre sur nous certaines de Ses bénédictions.

-> Le Séfer haIkarim (maamar 2, chap.26) et le Aboudraham (hachkamat haBoker) considèrent également que "barou'h" est une forme de reconnaissance que Hachem est la Source de toutes les bénédictions, et que tout ne provient que de Lui.
Cette idée se trouve également dans le Tikouné Zohar (tikoun 70,p.120b), qui enseigne que les 4 lettres du mot "barou'h" (ברוך) peuvent se réarranger en רוכב qui est l'acronyme de : "roch oumakor kol béra'hot" (le Maître et la Source de toutes les bénédictions).

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2°/ "barou'h" = c'est une forme de louange et de remerciement à Hachem pour tous les actes de bonté dont Il nous comble, même lorsque nous ne le méritons pas.

En ce sens, la grande majorité des Richonim (ex: Radak (séfer haShorachim) ; Abarbanel (Dévarim chap.33)) disent que le mot "barou'h" est une déclaration que Hachem est loué et acclamé.
C'est également l'explication simple du mot "barou'h" lorsqu'il apparaît dans les versets de la Torah et dans les prières.

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3°/ "barou'h" = c'est une forme de requête et de prière, dans le sens où nous prions que Hachem puisse être béni et loué par toute Sa création.

-> Le 'Hayé Adam (Hilkhot Bérahot 6,1) est d'avis que "barou'h" n'a pas un sens de louange, mais plutôt de requête :
"J'ai entendu au nom du Gaon de Vilna que "barou'h" signifie que nous demandons que Hachem soit révélé comme la Source des bénédictions.
Il explique qu'Hachem désire que cette révélation vienne de nos bénédictions et prières.
Lorsque nous disons les bénédictions, nous nous préparons à recevoir la sainte lumière Divine et les bénédictions qui vienent d'Hachem.
En résumé, le mot "barou'h" est un plaidoyer pour que Hachem puisse augmenter Son influence sur tous les mondes."

-> Le Arou'h haChoul'han (Ora'h 'Haïm 5,1) écrit :
"Lorsque nous disant "barou'h ata Hachem" dans toutes nos bénédictions, cela ne signifie pas que Hachem a besoin de nos bénédictions, que D. nous en préserve.
Mais plutôt, c'est comme une lumière qui se reflète en nous, ce qui veut dire que Hachem va nous accorder Sa bénédiction, comme le roi David le dit : "par ta bénédiction sera bénie à jamais la maison de ton serviteur" (Chmouël II 7,29).
Avant qu'Hachem nous accorde Ses bénédictions, nous devons, si l'on peut dire, l'élever et Lui accorder la force de le faire, comme le verset l'affirme : "Donnez de la force à Hachem" (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35).
Tout ce qui se passe dans le monde dépend de nos actions. C'est pourquoi, nous devons ajouter de la force à l'encourage d'Hachem, afin que les bénédictions descendent à nous.
Ceci est en allusion dans les mots : "Il chevauche le ciel pour t'aider" (Vézot haBéra'ha 33,26). Les lettres de "ro'hév" (chevauche - רוכב) peut être réarranger en : "barou'h" (ברוך)."

[ainsi nous prions pour que Hachem soit "béni" (barou'h), et grâce à cela on lui donne de la force pour qu'Il puisse nous octroyer et transmettre la bénédiction]

[voir également le point 7°/ ci-dessous]

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4°/ "barou'h" = cela signifie puiser la bénédiction d'en-Haut, de la source de toutes les bénédictions.

-> Le Baal Chem Tov explique que le mot "béra'ha" signifie : "Je vais déverser sur vous la bénédiction au-delà de toute mesure" (vaarikoti la'hém béra'ha ad bli daï - Mala'hi 3,10) = comme une personne qui verse d'un récipient à un autre.
Ce verset fait allusion au fait de puiser, de tirer, des révélations d'Hachem depuis les mondes cachés à notre monde révélé.

-> Nous trouvons également une allusion à ce concept dans le verset : "Béni soit Hachem, le D. d’Israël, d’éternité en éternité" (barou'h Hachem Eloké israël min aolam véad aolam - Téhilim 106,48).
Le mot "olam" (עוֹלָם) peut se traduire par : "pour toujours" (éternité), mais son sens littéral est : "le monde".
Le Zohar (raya méhemna - Ekev 271a) explique que "barou'h" signifie puiser la vie depuis la Source de la vie, d'une façon similaire à la phrase de la michna (Kilayim chap.7) : "amavrikh ét aguéfen", qui veut dire plier la tête d'une branche d'une vigne vers le sol afin qu'elle tire sa nourriture de la terre et pousse une autre vigne.
D'une façon similaire, par le fait de faire une bénédiction, nous puisons depuis la Source de toutes les bénédictions, comme l'écrit le Malbim (Toldot 27,3) : "Celui qui récite la bénédiction, avec une intention profonde, s'élève dans son attachement à la Source Supérieure de toutes les bénédictions, et alors Hachem verse les eaux de la bénédiction de Son seau au receveur."

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5°/ "barou'h" = signifie : ajout et augmentation, indiquant que nous demandons à Hachem d'augmenter Sa révélation à nous et multiplier l'abondance qu'Il nous accorde.

-> Rabbénou Bé'hayé (Ekev 8,10) écrit que le mot "béra'ha" indique un ajout et une augmentation, comme dans le verset : " il bénira ta nourriture et ta boisson" (ouvéra'h ét la'hmékha véét mémé'ha - Michpatim 23,25).
Lorsque, si l'on peut dire, nous bénissons Hachem, cela implique un ajout d'esprit saint (roua'h hakodech) et d'influences positives.

[bien sûr à un niveau simple, le mot "barou'h" dénote la louange et la gratitude d'Hachem, mais à un niveau plus ésotérique, la bénédiction n'est pas seulement la réflexion de nos besoins et profits humains, mais cela satisfait également un besoin Divin, si l'on peut dire. ]

-> La guémara (Sotah 38b) rapporte que Hachem désire la bénédiction des Cohanim (en se basant sur Nasso 6,27).
Rachi explique que ce n'est pas tant que les juifs ont besoin de recevoir les bénédictions, que c'est le besoin d'Hachem, si l'on peut dire, de donner les bénédictions.
Cependant, le fait que les Cohanim bénissent Ses gens est dépendant du fait que les Cohanim vont d'abord placer Son Nom sur eux.

-> Comment un être humain peut-il donner une bénédiction à Celui qui est la Source de toutes les bénédictions?
Le Maharal de Prague (Béer haGola - part.4) explique que Hachem fournit généralement une abondance au monde par le biais de l'Attribut de la stricte justice, afin de ne pas submerger le bénéficiaire avec du bien sans limite qu'il n'est pas équipé pour faire face.
Puisque la bénédiction est destiné au bénéficiaire, il doit être limité aux capacités du bénéficiaire et à ce dont il a besoin et qu'il mérite. Cela est appelé : "la bénédiciton du mékabel", qui est dégradée au niveau du bénéficiaire. Cela n'est considéré comme une bénédiction selon les normes limitées d'Hachem.

Lorsque la bénédiction vient des attributs illimités d'Hachem et est distribuée selon Sa capacité en tant que le Donneur ultime et ses standards illimités, au-delà de ce qui est légitimement justifié, cela est considéré comme la "béra'ha d'Hachem".

=> Ainsi selon le Maharal, lorsque nous disons "barou'h ata Hachem", nous ne signifions pas que Hachem est en train de recevoir une bénédiction de Ses créations en-bas, car après tout Il est la Source de toutes les bénédictions et Il n'a aucunement besoin de nos bénédictions.
Plutôt, notre bénédiction est une requête et une prière que Hachem doive se conduire avec nous selon "Son" standard de bénédiction, qui est illimité et au-delà de toute mesure.

Bien sûr que nous devons de notre côté avoir les capacités pour recevoir Son abondance sans limite. Nous pouvons étendre nos capacités limitées en nous conduisant au-delà de ce qui est requis.
Lorsque nous allons au-delà de nos limites, Hachem se conduira Lui-même à notre égard mesure pour mesure, en nous comblant de bénédictions bien au-delà de celles limitées généralement données pour maintenir nos besoins basiques d'existence.
Il est écrit : "Hachem est ton ombre" (Téhilim 121,5). Le rav Meïr Ibn Gabaï (Avodat haKodech) explique : de la manière dont tu te comportes avec Hachem, ainsi Il le sera avec toi.

Le Maharal ('Hidouché Aggadot - guémara Sota 38b) rapporte la guémara (Pessa'him 112a) : "Plus que le veau veut téter, la vache souhaite être tétée".
L'idée est que Hachem veut nous combler de Son infinie bénédiction encore bien plus que nous ne voulons la recevoir.
C'est nos bénédictions récitées avec une bonne kavana, qui susciteront les bénédictions d'Hachem.

[le terme "barou'h" (béni) nous rappelle qu'en réalité Hachem désire nous donner des bénédictions sans limites, et d'une certaine façon on lui demande de l'aide pour que nous puissions être un récipient pouvant les recevoir, et ainsi Il sera béni, heureux de pouvoir nous donner avec largesse.
(nous ne voulons pas que D. soit maudit de vouloir tellement donner à Ses enfants adorés, mais de ne pas pouvoir le faire!)]

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-> Le Ramban (Kitvé Ramban vol.2) écrit également que "béra'ha" signifie accorder une abondance supplémentaire au monde d'en-bas.

-> Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm - chaar 2, chap.2-4) explique en longueur que le mot "barou'h" ne dénote pas le fait de louer.
Lorsque Hachem dit à rabbi Yichmaël Cohen Gadol : "Yichmaël, Mon fils, béni-moi" (Yichmaël béni, baré'héni [בָּרְכֵנִי] - guémara Béra'hot 7a), la bénédiction qui va suivre ne mentionne aucune louange, c'était une prière et une requête pour la miséricorde, et pourtant cela a été appelé une bénédiction.
En vérité, l'emploi de "barou'h" doit être interprété comme d'un ajout et une augmentation.
Le rav 'Haïm de Volozhin ajoute que c'est la volonté d'Hachem, pour des raisons qui nous dépassent, que nous devons rectifier et unifier les mondes supérieurs par le biais de nos bénédictions et prières, afin qu'ils soient prêts à accepter la lumière surnaturelle. Au même moment, [par ricochet], cet ajout de bénédictions et de sainteté va également avoir un impact sur les juifs, qui ont amené toute cette gloire.

[cela explique pourquoi les bénédictions sont dénommées "béra'hot" et non "hoda'ot" (remerciements).]

-> Le Séfer Torah Ohr fait remarquer que la valeur numérique de "habéra'ha" (232) est équivalente à "yéhi or" (que la lumière soit).
[chaque bénédiction avec kavana permet d'amplifier la lumière en-Haut, et par richochet cela apporte une plus grande abondace ci-bas. ]

-> Rachi (guémara Sotah 10a) enseigne également qu'à chaque fois que le mot "béra'ha" est employé dans la Torah, c'est pour indiquer une expansion, une croissance qui apporte de la satisfaction.

-> Le Maharal (Tiféret Israël - chap.34) dit que le "alef" indique l'unité, tandis que le "beit" est le commencement de la multiplicité et de la bénédiction.
Pour cette raison, le mot "barou'h" (ברך) : le "beit" est la 2e des chiffres, le "kaf" est le 2e des dizaines, et le "réch" est le 2e des centaines.
[le midrach (Béréchit rabba 1,10) rapporte que Hachem a créé le monde par la lettre "beit" (béréchit bara) qui est la première lettre de "barou'h (béni), et non pas par le "alef" qui est la première lettre de "arour" (maudit)]

« Barou’h » – sens et implication (2e partie)

+ "Barou'h" - sens et implication de prononcer ce mot au début des bénédictions : (2e partie)

6°/ "barou'h" = c'est une forme d'ordre. C'est comme si nous instruisions Hachem d'envoyer ci-bas des bénédictions, en accord avec l'affirmation de nos Sages : "un tsadik décrète et Hachem réalise".

-> Le Tséma'h Tsédek (Ohr haTorah - Vayéhi) écrit que le mot "béra'ha" est un impératif, c'est un ordre et pas une requête.
Dans la bénédiction des Cohanim (Nasso 6,24), les descendants d'Aharon haCohen sont capables, si l'on peut dire, d'ordonner à Hachem de bénir Son peuple, en disant : "yévaré'hékha Hachem" (puisse Hachem Te bénir).

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7°/ "barou'h" = ce terme a une double signification : à la fois prière et à la fois louange.

-> Le Radak (Séfer haShorashim) écrit que le mot "béra'ha" a de multiples significations, dépendant du contexte.
Lorsque la "béra'ha" est d'en-Haut vers le bas, la bénédiction du Créateur à Ses créations, alors cela signifie un ajout d'abondance et de bienveillance à eux.
Lorsque la "béra'ha" est d'en bas vers en-Haut, lorsque les créations bénissent leur Créateur, alors cela indique notre louange d'Hachem.

-> De même, Abarbanel (Dévarim 33) écrit que "barou'h" est un mot aux multiples facettes, par moment il indique une augmentation de bien et à d'autres moments il signifie une louange et une glorification, tout cela dépendant du contexte.

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.3) enseigne :
La vraie intention lorsque nous disons "barou'h" est : de louer Hachem par nos prières, et demander à Hachem d'augmenter Ses cadeaux à notre égard.

[d'une certaine façon, plus je remercie Hachem reconnaissant que tout ne vient que de Lui, alors plus je Lui demande des bénédictions pour l'avenir en y investissant tout mon cœur et toutes mes attentes.]

-> Le Malbim (Téhilim 134,1) dit qu'un des principes de foi est de reconnaître que la Source supérieure de toutes les bénédictions est bénie et augmentée par nos actions en-bas.
L'idée derrière nos bénédictions à Hachem est qu'avec nos bonnes actions et nos prières, le Créateur doit, si l'on peut dire, remplir le "réservoir supérieur", la source de toute l'abondance.
Comme vu précédemment, la bénédiction répond à un "besoin" Divin, puisque Hachem veut que nous tirions la bénédiction de la source de Ses bénédictions, grâce à nos efforts.

-> Nos Sages (Pessikta déRav Kahana 25,1) disent que lorsque les juifs font la volonté d'Hachem, ils intensifient la puissance Divine, comme il est dit : "en Hachem nous créerons de la force" (b'Elokim naassé 'haïl - Téhilim 60,14).
Et lorsque les juifs échouent à faire la volonté d'Hachem, ils affaiblissent la puissance Divine, comme il est écrit : "Tu affaiblis le Rocher qui t'a donné naissance" (tsour yéladé'ha téchi - Haazinou 32,18)
C'est le sens du verset : "et maintenant que la force de Hachem s’agrandisse comme tu l'as déclaré" (véata yigdal na A-donay kaacher dibarta - Chéla'h Lé'ha 14,17).

-> Avec cela, on peut comprendre ce que le rav Azaria Figo (Bina léIttim - drouch 30) écrit au sujet du verset : "Toutes tes œuvres te louent, Hachem ; et tes fidèles adorateurs te bénissent" (Téhilim 145,10)
Il explique qu'il y a 2 aspects à une bénédiction (béra'ha) :
1- louer, remercier, et glorifier Hachem : c'est une obligation de toutes les créations, même les non-juifs, comme il est écrit :"Que toute âme loue Hachem, hallélouka" (Téhilim 150,6) ; ainsi que : "que toute créature bénisse son saint nom à jamais" (Téhilim 145,21) où "toute créature" signifie même les non-juifs ; et "Louez Hachem, toutes nations" (hallélou ét Hachem kol goyim - Téhilim 117,1).

2- ce que la bénédiction peut accomplir dans les sphères supérieures et ses capacités à faire descendre l'abondance de la Source des bénédictions : c'est quelque chose que seul le peuple juif peut faire, comme le verset le dit : "et tes fidèles te béniront" (Téhilim 145,10), et "nous bénirons Hachem, maintenant et à tout jamais" (Téhilim 115,18).
C'est un cadeau unique du peuple juif, qui a reçu la Torah et garde les mitsvot.
Uniquement les juifs peuvent attribuer de la grandeur au Créateur du monde et augmenter l'abondance dans le monde.

[cela reprend des points précédents (ex: 2°/ & 3°/).
En faisant un constat lucide de notre vie, on ne peut que remercier, louer Hachem, car on ne peut rien sans Lui.
D'un autre côté, si l'on peut dire, Hachem dépend de nous, et par notre prière on a la capacité de Lui donner davantage de force pour qu'Il nous octroie davantage de bénédictions.
Cela ressemble à la vision que nous devons avoir : d'un côté nous devons avoir conscience de notre grandeur, de nos qualités (on a une partie Divine en nous, et on est tellement énorme que chacun de nos actes impactent Hachem, les mondes supérieurs). Forts de cette réalité, nous devons agir en responsabilité.
Mais d'un autre côté, nous devons admettre que tout nous provient du Maître du monde Hachem, et que sans Lui nous ne pourrions pas vivre une seconde supplémentaire.
Ainsi, nous avons tellement de bénédictions chaque jour, qui commencent par "barou'h", pour que l'on travaille sans cesse ce message : nous sommes "barou'h
= parfois on a besoin de plus accentuer le fait que nous sommes des "bénis" (barou'h) dans ce monde au regard des capacités folles que nous avons (que les non-juifs n'ont pas, et cela doit nous nous rendre fiers, joyeux [et non déprimés : je ne suis rien, je ne vaux rien ...])
= parfois on doit se rappeler que nous "bénissons" (barou'h), car à l'image de notre besoin constant d'oxygène, nous avons constamment besoin de prier Hachem pour avoir quelque chose, tellement nous sommes dépendants de Lui pour tout.]

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8°/ "barou'h" = c'est une forme de salutation.

-> Rachi (Vayichla'h 33,11) commente : "Ma bénédiction" = toutes les fois que le mot bera'ha (bénédiction) est employé en liaison avec une audience, il a le sens de "salutation", comme dans : "Yaakov bénit Pharaon" (Vayigach 47,7),"faites avec moi une bénédiction" (Méla'him II 18,31), à propos de San'hériv, "pour le saluer et le bénir" (Chmouel II 8,10), à propos de To’i, roi de ‘Hamath.

-> Le midrach (Bamidbar rabba 11,7) dit que les bénédictions n'accomplissent rien à moins qu'elles n'incluent du "shalom".
De plus, la michna (Ouktsin 3,12) enseigne que Hachem n'a pas trouvé de meilleur récipient que la paix pour contenir les bénédictions d'Israël, comme il est écrit : "Hachem donnera la force à son peuple, Hachem bénira Son peuple par la paix" (Téhilim 29,11).
=> Si c'est ainsi, on doit avoir l'intention que notre bénédiction serve comme une salutation de paix pour l'entourage Céleste.

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9°/ "barou'h" = ce terme est dérivé de la racine "bérékha" (un réservoir).

-> Le Méoré Ohr (Eré'h Béra'ha - siman 35) écrit que le mot "béra'ha" fait référence à "béré'ha haéliyona" (le réservoir supérieur).

-> Le rav Yaakov Emden (Siddour Amoudé Chamayim) écrit que lorsqu'une personne dit le mot "barou'h", elle débloque le "réservoir supérieur", où toutes les richesses où toutes les richesses qui coulent vers tous les mondes sont stockées.

-> Hachem a créé un monde dans un état incomplet, et Il a ordonné à l'homme de le compléter et de le rectifier, comme le verset affirme : "que Hachem créa pour faire" (acher bara Elokim laasot - Béréchit 2,3), ce qui signifie : pour réparer.
C'est la tâche de l'homme de compléter la Création et de révéler la Divinité et la sainteté dans le monde.
Cela est accompli par chaque bénédiction qui atteste que Hachem est le Créateur qui a créé le monde et qui continue à donner l'existence et la vie au monde à chaque instant.

Nos bénédictions ouvrent les canaux de bénédictions, et avec le mot "barou'h" nous débloquons le réservoir supérieur d'abondance afin que la bénédiction puisse se déverser dans tous les mondes.
En effet, le pouvoir d'une bénédiction commence par une stimulation d'en-bas.
En se consacrant à glorifier et à unifier le Nom d'Hachem par le biais de nos bénédictions, nous sommes capables de faire descendre les bénédictions d'Hachem, comme l'implique le verset : "Elevez vos mains dans le saint service et bénissez Hachem, [alors] Hachem te bénira" (chéou yédé'hem kodech ouvaré'hou ét Hachem, yévaré'hékha Hachem - Téhilim 134,2).

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+ Bénédiction avec autrui :

-> Il faut garder à l'esprit que lorsque l'on fait une bénédiction, en réalité on fait une prière à Hachem de bénir cette personne.

-> Le mot "béra'ha" (bénédiction) signifie littéralement : "tirer vers le bas".
Tout ce dont on a besoin (richesse, santé, paix d'esprit, bonheur, ...) existe déjà dans le réservoir de bénédictions au Ciel. Lorsque nous rencontrons des problèmes dans ce monde, cela signifie principalement que la connexion entre notre source spirituelle [en-Haut] et le monde matériel a été bloquée.
La bénédiction qu'on fait à autrui a la capacité de réparer cette connexion et d'attirer en bas les bénédictions. Comment cela?
En faisant une bénédiction qui vient du coeur pour autrui, cela a la capacité de rouvrir le canal bouché, faisant que le flux du réservoir d'en-Haut peut reprendre.
La bénédiction existe déjà à l'état potentiel dans les mondes spirituels, mais lorsqu'elle est verbalisée sous forme d'une bénédiction, cela prend une existence concrète.
Une autre personne qui a besoin d'une délivrance (yéchoua) ne peut pas toujours tirer vers le bas l'abondance (chéfa) toute seule. Elle a besoin qu'autrui (ex: un ami), qui avec un sourire et une bénédiction, va pouvoir faire le pont entre la bénédiction potentielle en-Haut et la réalité dans ce monde matériel ci-bas.
[d'après le rav Handler]

-> Le Rachba (Téchouvot 5,51) explique que le mot : "béra'ha" (bénédiction) vient de la même racine que : "béré'ha" (un réservoir).
[de même qu'un réservoir contient une vaste quantité d'eau, de même les bénédictions de Hachem sont un réservoir infini de miséricorde et de bonté, dont nos prières sont les tuyaux par lesquels nous pouvons amener sur nous ces bénédictions divines.
En priant pour autrui, on branche un conduit entre le réservoir de bénédictions et cette personne.]

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10°/ "barou'h" = ce mot est dérivé de la racine "béré'h" (un genoux - בֶּרֶך), impliquant le fait de s'agenouiller en totale soumission.

-> Lorsque l'on réfléchit à toutes les significations de "barou'h", on ne peut s'empêcher de s'émerveiller : "qui suis-je pour oser parler directement à Hachem à la 2e personne (barou'h ata), et Lui demander de m'envoyer des bénédictions?"
Le plus nous pensons à cela, le plus nous ressentons une gêne colossale face à notre petitesse en contraste avec la grandeur et la gloire d'Hachem.
Nous en venons à être si humbles que nous nous inclinons, tombons sur nos genoux en signe de soumission totale.

-> Rav Né'hounia ben Hakana (Séfer haBahir - siman 4) écrit que le mot "barou'h" vient de la racine "béré'h" (un genoux), reflétant la soumission totale, comme l'indique le verset : "en mon honneur tout genou se pliera" (ki li ti'hra kol béré'h - Yéchayahou 45,23).
Ce lien entre "barou'h" et "béré'h" est également en allusion dans le verset : "il a fait s'agenouiller les chameaux" (vayavré'h aguémalim - 'Hayé Sarah 24,11)

-> La soumission et l'effacement de soi [au profit d'Hachem] sont les clés pour recevoir les bénédictions et des délivrances, comme nos Sages (guémara Béra'hot 40a) le disent : "un récipient vide peut recevoir [ce qui lui est versé], tandis qu'un récipient plein ne peut contenir [rien de plus]."
Celui qui est égocentrique et qui croit que "ma force et la puissance de ma main m’ont assuré ce succès" (Ekev 8,17), alors il se distance d'Hachem, la Source de toutes les bénédictions.
"barou'h" = plier les genoux, ce qui diminue la stature d'une personne et représente une annulation de l'égo, est un rappel d'humilité que nous sommes totalement dépendant d'Hachem pour tout.

[si notre égo (moi je, moi je) remplit tout notre être, alors il n'y a plus de place pour que Hachem vienne résider en nous, il n'y a pas vraiment de place pour contenir les bénédictions.
De plus, une personne égocentrique met plus ses espoirs en elle-même, qu'en Hachem, et du coup Hachem la laisse compter sur la naturalité, n'envoie pas plus que ça son aide surnaturelle, ses bénédictions. (débrouille toi tout seul!)]

Les bénédictions d’autrui

+ Les bénédictions d'autrui :

-> Le Ri miGach (Séfer Haflé vaFélé), l'enseignant du Rambam, dit que la plus grande aide qu'on peut fournir à une autre personne est de lui donner une bénédiction.
Il cite le verset : "Chaque Homme aidera son prochain, et à son frère il dira : "sois fort!"" (Yéchayahou 41,16), et Rachi explique : "ils s'aident l'un l'autre par des bénédictions".

-> "Celui qui a un bon œil est béni" (tov ayin ou yévora'h - Michlé 22,9).
La guémara (Sotah 38b) commente : ne lis pas "ou yévora'h" (il est béni) mais "ou yévaré'h" ([celui qui a un bon œil] c'est lui qui bénira).

Les commentateurs expliquent que lorsqu'une personne va bénir un autre juif, alors cela réjouit beaucoup Hachem, puisque cela engendre de la paix et de la camaraderie, qui sont les réceptacles permettant de recevoir les bénédictions, comme il est écrit : "Hachem n'a pas trouvé de réceptacle plus adéquat que la paix pour contenir les bénédictions d'Israël. Comme il est dit : "Hachem donnera la force à son peuple, Hachem bénira Son peuple par la paix" (Téhilim 29,11)." [michna Ouktsin 3,12 = c'est à la conclusion des 6 traités de la michna].

[en bénissant autrui, je renforce la paix, ce qui fait que notre réceptacle des bénédictions Divines est alors plus grand.
De plus, je montre à Hachem que j'aime chacun de Ses enfants, je renforce la notion d'unité (arévim) entre les juifs, et d'une certaine façon à l'image de parents se réjouissant de voir leurs enfants bien ensemble, de même Hachem se réjouit de voir les juifs s'aimer. En témoignant mon affection à autrui en le bénissant, je réjouis D., qui en retour nous comble du meilleur, indépendamment de nos actions.]

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-> "Ne laisse pas la bénédiction d'une personne simple devenir légère à tes yeux"
[guémara Béra'hot 15a]

-> Le Pélé Yoets (Béra'hot p.48) enseigne qu'on doit toujours offrir des bénédictions et nos meilleurs vœux à un ami, car cela peut être un moment propice au Ciel et la bénédiction sera réalisée.
C'est considéré comme une mitsa que de bénir autrui, et celui qui agit ainsi amène du plaisir (na'hat) à Hachem.
Le destinataire doit toujours retourner la bénédiction en disant par exemple : "hamévaré'h mitbaré'h" (celui qui bénit est béni lui-même) ou bien "vé'hén lémar" (et à toi également - וְכֵן לְמָר).

-> La guémara (Méguila 27b) rapporte que Rav Houna était dans une situation financière difficile, et après que Rav lui a donné une bénédiction, il a réussi financièrement.
Lorsque Rav a entendu que sa bénédiction à Rav Houna a réussi, il a dit : "Pourquoi ne m'as-tu pas répondu, lorsque que je t'ai béni en répliquant : "vé'hén lémar"?"
Rachi ajoute que Rav a dit à Rav Houna que peut-être c'était un moment de faveur Divine, et que la bénédiction qu'il a pu conférer à Rav Huna aurait également pu se réaliser pour lui en retour de son : "vé'hén lémar".

[lorsqu'on nous bénit peut-être que c'est un moment très propice au Ciel pour la réalisation de la bénédiction, et en ce sens chaque juif (enfant adoré d'Hachem) peut nous permettre d'avoir de belles bénédictions.]

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-> Cependant celui qui bénit autrui est automatiquement béni, comme le roi Shlomo l'affirme : "Celui qui a un bon œil [qui a une disposition généreuse avec autrui, comme en lui souhaitant de bonnes choses] est béni" (tov ayin ou yévora'h - Michlé 22,9).

-> Hachem a promis à Avraham : "Je bénirai ceux qui te béniront" (avarékha mévara'hékha - Lé'h Lé'ha 12,3).
Ainsi, à chaque fois que nous bénissons un juif, Hachem vient nous bénir. Comme l'affirme la guémara (Sotah 38b) : celui qui donne la bénédiction est également béni.

-> Selon nos Sages ('Houlin 49a), cette promesse d'Hachem à Avraham était en réalité une alliance avec la totalité de la nation juive.
C'est pourquoi les Cohanim qui ont l'ordre de bénir le peuple juif vont également être bénis par Hachem, comme il est écrit : "et moi je les bénirai" (Nasso 6,27)

-> "Je [Hachem] vais bénir tous ceux qui te bénisse, même les non-juifs".
[guémara Yérouchalmi Béra'hot - chap.8]

[ainsi même quand un non-juif nous souhaite un "bonne journée" (un bonjour), et qu'il le dit d'une manière polie et courtoise, sans intention particulière de bénir le juif, néanmoins il est assuré d'être béni par Hachem, selon la promesse : "Je bénirai ceux qui te béniront".
Ainsi, lorsqu'un juif dit à son prochain des mots "simples" de type : "bonne journée", cela a un impact même s'il le dit par habitude, sans trop réfléchir à ce qu'il dit.
[de même, lorsque plein de gens vont dire : "mazal tov" a un jeune couple, ils vont impacter positivement le futur de ce couple!
En ce sens également, le Séfer 'Hassidim (487) note que les gens souhaitent à une femme enceinte "mazal tov" avant même la naissance du bébé, et cela est comme une prière pour que l'enfant naisse sous un bon mazal.]

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-> "Dans la mesure avec laquelle nous bénissons les autres, c'est de cette façon dont nous serons bénis"
[rav Avigdor Miller - Torat Avigdor - Nasso]

Le rav Miller transmet l'idée que l'efficacité d'une bénédiction va beaucoup augmenter lorsqu'on y met son coeur et son esprit. Il recommande de réfléchir à l'implication de ce qu'on dit. (ex: je m'apprête à lui souhaiter une réfoua chéléma, et que grâce à cela il puisse aller mieux, guérir, avoir moins de douleur, ...). L'idée est de visualiser ce qu'on peut lui souhaiter et de se rendre compte que c'est énorme car Hachem écoute chaque bénédiction (ce n'est pas de simples paroles sans impact, au contraire).

Le rav Avigdor Miller rapportait souvent qu'une fois l'Alter de Slabodka est passé devant la maison d'un membre du personnel de la yéchiva. Il s'est arrêté et est resté en face de la maison, et il a commencé à prononcer des bénédictions pour cette personne.
Un homme l'accompagnant lui a dit : "Mais il ne vous entend pas".
L'Alter de Slabodka a répondu : "Est-ce que celui qui reçoit la bénédiction a besoin de l'entendre?"

[ainsi, chaque fois que l'on voit un juif on peut le bénir, et à chaque fois on réalise une mitsva, on fait plaisir à Hachem, qui nous bénira en retour de notre bénédiction, ...
En ce sens, le rav Miller disait que l'on doit sortir de notre vocabulaire des mots de type "salut", et plutôt utiliser "bonjour", "bonsoir", "shalom alé'hem", qui sont eux des bénédictions.]

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-> Le 'Hafets 'Haïm enseigne que prier pour une autre personne est un moyen de réaliser la mitsva de témoigner de la bonté à son prochain.

[de plus : "Toute personne qui prie pour un besoin de son prochain, alors qu’elle en a elle-même besoin, se verra exaucée en 1er" (guémara Baba Kama 92a). Toute chose positive que nous souhaitons à autrui, nous la souhaitons pour nous (ou nos descendants), ainsi plus on bénit autrui, plus on se bénit fortement soi-même!
[de plus tous les juifs étant unis, si autrui pour qui je prie va mieux, alors par ricochet j'irais également mieux! ]
Selon le Maguid de Doubno, le fait de prier pour son prochain possède un autre avantage : celui d'être plus bavard, de tout oser dire à Hachem, car on le fait dans le cadre d'un acte de bonté, d'amour d'autrui, et non que pour soi-même.]

Après notre mort, nous aurons une vision claire de l'impact exceptionnel de toutes ces prières : combien de personnes se sont mariées grâce à nous, combien ont pu continuer à vivre, combien ont pu retrouver un travail, ...
[A l'inverse, on nous montrera ce qu'on aurait pu faire si l'on avait davantage prié (pour soi, pour d'autres), et cela pourra devenir une source de honte éternelle si l'on a de notre vivant négligé l'impact de nos prières!]

-> b'h, à ce sujet voir également : http://todahm.com/2017/09/27/5606-2

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-> Nos Sages nous avertissent du pouvoir de la langue, d'à quel point le lachon ara peut détruire.
Or, de même que l'on doit croire à son pouvoir de détruire, on doit croire à son pouvoir de bénir.
La guémara (Sotah 11a) enseigne que la mesure de bienfaisance d'Hachem est plus grande que Sa mesure de châtiment.
D'ailleurs, le 'Hafets 'Haïm disait que de la même façon que l'on devra rendre des comptes sur nos paroles négatives (lachon ara), de la même façon on devra rendre des comptes sur nos paroles positives que l'on n'aura pas prononcé à autrui.
Cela signifie les compliments, conseils, mais aussi d'une certaines façon les bénédictions. Pourquoi n'as-tu pas béni ton prochain (regarde ce qu'il n'a pas eu à cause de cela)?
Ainsi, on doit être certes sensible à la gravité de dire du lachon ara, mais également à la gravité de ne pas dire du lachon tov. L'un est l'autre sont graves (pour l'un on doit se forcer à se taire, et l'autre à parler (même à bénir dans sa tête, ou même sur un papier!), à sourire).
[n'oublions pas que : "la mort et la vie sont au pouvoir de la langue" (Michlé 18,21). ]

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-> Il faut garder à l'esprit que lorsque l'on fait une bénédiction, en réalité on fait une prière à Hachem de bénir cette personne.

-> Le mot "béra'ha" (bénédiction) signifie littéralement : "tirer vers le bas".
Tout ce dont on a besoin (richesse, santé, paix d'esprit, bonheur, ...) existe déjà dans le réservoir de bénédictions au Ciel. Lorsque nous rencontrons des problèmes dans ce monde, cela signifie principalement que la connexion entre notre source spirituelle [en-Haut] et le monde matériel a été bloqué.
La bénédiction qu'on fait à autrui a la capacité de réparer cette connexion et d'attirer en bas les bénédictions. Comment cela?
En faisant une bénédiction qui vient du coeur pour autrui, cela a la capacité de rouvrir le canal bouché, faisant que le flux du réservoir d'en-Haut peut reprendre.
La bénédiction existe déjà à l'état potentiel dans les mondes spirituels, mais lorsqu'elle est verbalisée sous forme d'une bénédiction, cela prend une existence concrète.
Une autre personne qui a besoin d'une délivrance (yéchoua) ne peut pas toujours tirer vers le bas l'abondance (chéfa) toute seule. Elle a besoin qu'autrui (ex: un ami), qui avec un sourire et une bénédiction, va pouvoir faire le pont entre la bénédiction potentielle en-Haut et la réalité dans ce monde matériel ci-bas.
[d'après le rav Handler]

-> Le Rachba (Téchouvot 5,51) explique que le mot : "béra'ha" (bénédiction) vient de la même racine que : "béré'ha" (un réservoir).
[de même qu'un réservoir contient une vaste quantité d'eau, de même les bénédictions de Hachem sont un réservoir infini de miséricorde et de bonté, dont nos prières sont les tuyaux par lesquels nous pouvons amener sur nous ces bénédictions divines.
En priant pour autrui, on branche un conduit entre le réservoir de bénédictions et cette personne.]

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+ Lorsque les bénédictions semblent ne pas fonctionner :

-> On peut être tenter de se demander : pourquoi ne voyons-nous pas les résultats immédiats de ces bénédictions?
Nous ne sommes pas les premiers à poser cette question, Moché a demandé à Hachem : "daigne me révéler Tes voies, afin que je Te connaisse" (Ki Tissa 33,13).
Nos Sages (guémara Béra'hot 7a) explique que Moché demandait à Hachem pourquoi les tsadikim souffrent et les réchaïm réussissent.

De plus, nous n'avons pas une image complète (nous sommes que des hommes) : on regarde les choses à un instant "t", sans prendre en compte les réincarnations, purification des fautes de l'âme, les rectifications des générations antérieures, récompenses supplémentaires d'Hachem, ...
En tant qu'être humain, on ne peut même pas penser comprendre la sagesse d'Hachem, mais néanmoins nous devons être certains que : "Lui, notre rocher, Son œuvre est parfaite" (Haazinou 32,4).

-> Peut-être que ce que la personne demande n'est pas dans son meilleur intérêt.
Par exemple, le fait de ne pas avoir assez de parnassa peut protéger de mauvaises midot, peut servir de "réveil" pour créer davantage de liens avec Hachem, pour obtenir une vie avec plus de spiritualité, ...
De plus, la non réalisation d'une bénédiction peut nettoyer l'âme de beaucoup de douloureux nettoyages dans le guéhinam.
[il existe un principe : une souffrance pour expier des fautes est beaucoup moins douloureuse dans ce monde que dans le monde à venir. ]
Peut-être que cela va créer de la peine à une autre personne.
Peut-être qu'on n'a pas encore prié et mis tous nos espoirs en Hachem, ...

-> Selon nos Sages : les personnes qui sont pressées pour comprendre tout ce qui se passe dans ce monde sont prises dans le monde à venir, où tout est alors clair (il n'y a plus de question).
En ne remettant pas en question ce qui se passe dans notre vie, on reste vivant dans ce monde plus longtemps, puisqu'il n'est pas nécessaire de nous prendre plus tôt pour avoir nos réponses en-Haut.

-> En ce sens, le rabbi de Klausenbourg disait : après avoir perdu ma femme et mes 11 enfants dans la Shoa, "Je préfère être en bas avec mes questions plutôt qu'en-Haut avec les réponses".

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-> Le Pélé Yoets (Béra'hot p.50) rapporte que lorsqu'un enfant cherche la bénédiction de ses parents, non seulement il reçoit une bénédiction de valeur car venant du fond du coeur de ses parents, mais en plus il réalise la mitsa de kiboud av vaém.

Les 100 bénédictions à réciter quotidiennement

+ Les 100 bénédictions à réciter quotidiennement :

-> Le Shomer Emounim (maamar kavanot habéra'hot chap.1) enseigne en se basant sur le Zohar (Lé'h Lé'ha 77a) :
"Lorsqu'une âme est sur le point de descendre dans ce monde, elle est approchée par l'ange Gavriel et elle est instruite comme suit :
Toi, sainte princesse, fille du Roi des Rois, tu es sur le point de quitter les mondes supérieurs et de descendre dans le monde inférieur afin de réparer ce qui doit être réparé, et pour accomplir la mission que Hachem t'a assignée en particulier.
Mais tu dois être prévenue, ma chère âme (néchama), que tu seras confrontée à de nombreux défis dans le monde d'en-bas, et tu rencontreras le yétser ara et les mauvais esprits, qui t'entoureront de tous les côtés, du dedans et du dehors ... ils essayeront de te tenter et de te détourner du bon chemin, et ils te mèneront à suivre tous tes désirs et attirances pour le monde matériel.
Ma chère néchama, tu auras de grands risques de tomber dans leurs pièges et de s'empêtrer dans leurs filets d'impureté.
En tant que messager d'Hachem, c'est pourquoi je te fournis, ma chère, sainte fille du Roi des Rois, les 100 bénédictions à réciter chaque jour, qui sont inestimables, et qui te protégeront de ces mauvais esprits.
[...]

Ma chère âme, soit vigilante avec la récitation de ces 100 bénédictions journalières, et dit-les avec la bonne intention (kavana), et avec crainte et amour d'Hachem, puisqu'elles t'amèneront une grande récompense et joie, ainsi que des bénédictions sans limites qui sont trop nombreuses pour être décrites.
Par le mérite des 100 bénédictions qui sont récitées comme il le faut [chaque jour], 100 lumières spirituelles vont briller sur toi, et tu auras accès aux 100 palais célestes remplis de trésors.
Tes bénédictions vont également profiter aux mondes supérieurs en leur fournissant une bonté supplémentaire, et en retour de cela ils te seront tous d'une grande aide et ils te rapprocheront dans ton service d'Hachem.
Ton corps physique également deviendra beaucoup plus pur et raffiné par la sainte lumière de toutes ces bénédictions.
Même ton yétser ara sera soumis et arrêtera d'essayer de t'attirer après des désirs étrangers et matériels, et tu deviendras purs et saints à tout point de vue.
Lorsque viendra le temps pour toi de retourner à ton Créateur (après 120 ans), et que tu apparaîtras devant le Tribunal Céleste, on te demandera de rendre compte de chacune des bénédictions qui est sortie de ta bouche, si elles ont été récitées avec tous tes sentiments et pensées, pour servir Hachem."

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En ce sens, nos Sages commentent le verset (Lé'h Lé'ha 12,1):
- "Va pour toi (lé'h lé'ha - לֶךְ לְךָ) hors de ton pays, de l'endroit où tu es né et de la maison de ton père" =
il s'agit de l'âme qui quitte le gan Eden, la maison de ton père [Hachem], elle est alors parée des 100 "bijoux" qui lui permettront d'être si belle en ce monde ci-bas matériel (לֶךְ לְךָ a une guématria de 100, comme les 100 bénédictions que nous devons réciter chaque jour, et qui sont les bijoux d'un juif!).
- "vers la terre que Je te montrerai" = c'est le monde d'En-Haut. Si nous sommes armés des 100 bénédictions quotidiennes, alors notre âme n'a rien à craindre, puisqu'elle a passé sa vie ci-bas bien équipée pour affronter les défis de ce monde.

[c'est le message que nous transmet l'ange Gavriel avant que nous soyons envoyés dans ce monde.
Les bénédictions sont nos bijoux, notre bouée de sauvetage pour ne pas couler face aux tentations du yétser ara.]

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-> "Tu seras béni à ta venue et tu seras béni à ton départ" (Ki Tavo 28,6)

Le rav Handler explique que selon nos Sages :
- "tu seras béni à ta venue" (barou'h ata bévoé'ha - בָּרוּךְ אַתָּה בְּבֹאֶךָ) = lorsque l'âme entre dans ce monde, on lui donne le "barou'h ata" (début des bénédictions), c'est-à-dire l'arme des 100 bénédictions par jour.
- "tu seras béni à ton départ" (barou'h ata bétsété'ha - בָרוּךְ אַתָּה בְּצֵאתֶךָ) = lorsque nous quitterons ce monde après 120 ans, nous retournerons dans les mondes supérieurs avec toutes les bénédictions qu'on aura récitées de notre vivant. [à ton départ "barou'h ata"]
Ces bénédictions seront les clés qui ouvriront les portes de toutes les magnifiques chambres et palais des mondes supérieurs. Mais la capacité pour l'âme d'utiliser ces clés dépend de comment on avait récité les 100 bénédictions quotidiennes alors dans ce monde.

Lorsque l'âme vient devant la Court Céleste, on lui demande si elle a dit les 100 bénédictions par jour, et de quelle manière. [Mégalé Amoukot (Ekev) ; Maharacha (guémara Shabbath 31a)]
C'est le sens des mots : "barou'h ata bétsété'ha" = tu es venu dans ce monde avec 100 précieuses bénédictions, et lorsque tu quittes ce monde, tu dois les retourner à l'ange Gavriel. Ta part dans le monde d'En-Haut et la perfection de ton âme dépendent de cela.

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-> En inversant les lettres du mot "klala" (une malédiction - קללה), on obtient : Hallel (louange - הלל) et la lettre "kouf" (ק), de valeur numérique 100.
Cela indique que les 100 bénédictions, qui sont des expressions de louange à Hachem, que nous récitons chaque jour, ont le pouvoir de transformer les malédictions en bénédictions.
[le 'Hida - au nom du Arizal]

-> En récitant 100 bénédictions par jour, nous amenons sur nous les bénédictions d'Hachem, et c'est uniquement par le mérite de nos bénédictions que le peuple juif a survécu en exil pendant des milliers d'années.
[Séfer haKané - sur mitsvot p.25) ]

-> Selon le Ba'h (Tour OH- chap.46) le décret du roi David des 100 bénédictions quotidiennes [dites avec kavana] s'applique à chaque génération, et grâce à cette récitation on se protège de toutes les maladies.

-> b'h, également sur les 100 bénédictions quotidiennes : http://todahm.com/2019/10/02/10704-2

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-> Un talmid 'hakham qui était gravement malade vint un jour voir rabbi Shlomo Zalman Auerbach, lui demandant quel engagement il pouvait prendre sur lui-même pour éveiller une miséricorde céleste supplémentaire.
Rabbi Zalman Auerbach lui a dit : "Si j'avais besoin de plus de miséricorde, je me renforcerais pour mieux dire les 100 bénédictions quotidiennes. Dire le mot "barou'h" comme il se doit, dire le mot "ata" comme il se doit, dire le Nom d'Hachem comme il faut le dire".

-> Rabbi Shimshon Pinkous a déclaré que l'une des choses qui l'ont aidé à atteindre le niveau qu'il a atteint était sa décision de faire attention à réciter ses bénédictions 100 fois par jour de la bonne manière.
Il les a dites avec des sentiments d'appréciation pour le 'hessed d'Hachem et son grand amour pour nous.
Chaque bénédiction que nous disons avec une meilleure intention (kavana) nous aide de manière significative.

Les bénédictions d’un tsadik

+ Les bénédictions d'un tsadik :

-> "Tout celui qui a un malade dans sa maison doit aller voir un sage et qu'il implore la miséricorde en son nom".
[guémara Baba Batra 116a]

-> "Car Je [Hachem] décrète une punition sévère [sur une personne ] et lui [le tsadik] l'annule [par ses prières]".
[guémara Moed Katan 16b]

-> Le Maor vaChémech ('Houkat) précise que cette recommandation d'aller voir un tsadik n'est pas limitée qu'à ceux qui souffrent d'un problème de santé, mais la prière d'un tsadik peut aider pour tous les besoins d'une personne.
En effet, nos Sages (guémara Moed Katan 9a) rapportent de nombreux cas où des Tanaïm et des Amoraïm ont envoyé leurs enfants demander une bénédiction d'un tsadik.

-> Selon le Shévet Moussar (chap.39), le mérite des tsadikim est plus grand, et pour ainsi dire, ils ont une meilleure connexion avec Hachem.

-> "C'est un principe fondamental de la foi que Hachem oblige la nature à se plier pour les tsadikim"
[rav Yossef Albo - Séfer haIkrim - maamar 4,chap.22]

-> Selon rav 'Haï Gaon, c'est une tradition qui a été transmise à toutes les générations : Hachem accomplit des miracles par le biais des tsadikim.

-> Néanmoins, en se tournant à l'aide vers un tsadik, on doit toujours garder à l'esprit que Hachem est l'Unique qui envoie les bénédictions (par l'intermédiaire du tsadik).
Hachem dit à Avraham : "Et tu seras bénédiction" (vééyé béra'ha - וֶהְיֵה בְּרָכָה - Lé'h Lé'ha 12,2)
Le Déguel Ma'hané Efraïm commente : Hachem a voulu donner le pouvoir de donner des bénédictions à Avraham et à ses descendants. Le mot "vééyé (וֶהְיֵה) contient les mêmes lettres que le Nom Divin (יהוה) pour nous signifier l'importance de toujours avoir en tête que toutes les bénédictions viennent en réalité d'Hachem.
[ainsi on ne doit pas oublier la source des bénédictions (Hachem), en s'arrêtant sur l'intermédiaire]

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-> "[le tsadik] décrète d'en-bas, et l'Unique [Hachem] accomplit ses mots en-Haut, comme le verset l'affirme : "[le tsadik] prononcera un décret, et il sera accomplit [par Hachem]" (tigzar omer, véyakan la'h - Iyov 22,28)."
[guémara Shabbath 59a ; Taanit 23a ; Sota 12a]

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-> La guémara ('Haguiga 12a) dit : "la lumière que Hachem a créé le 1er jour, l'homme pouvait s'en servir pour voir d'un bout à l'autre du monde. Mais lorsque Hachem a vu qu'il y aura la génération du Déluge (maboul) et la génération de la Dispersion (tour de Bavél), et que leur façon de se comporter serait mauvaise, alors Il a stocké cette lumière pour les tsadikim des générations à venir".

=> Où est-ce que cette lumière a-t-elle été cachée?
Elle est cachée dans la Torah.
C'est pourquoi avec cette lumière cachée, les tsadikim peuvent voir d'un bout à l'autre du monde, et peuvent percevoir le passé, le présent et le futur.
Le Maguid de Koznitz (Sifté Tsadikim) dit que pendant notre long et difficile exil, les tsadikim regardent dans la Torah et ils savent tout dans la vie, comme la michna l'enseigne : "tous tes actes sont consignés dans un Livre" (Pirké Avot 2,1).
Le Sod Yo'hin ouBoaz (chap.2) écrit que celui qui se connecte profondément aux saints mots et lettres de la Torah, peut voir dans les lettres tout l'avenir, et le roua'h hakodech va planer sur lui.

Le rav El'hanan Wasserman (Maayanot Nétsa'h - Avot 6,1), cite le 'Hafets 'Haïm qui dit que la Torah contient toutes les réponses et conseils sur tous les sujets possibles.
Le rav Itzele de Volozhin rapporte la guémara (Taanit 24a) affirmant que nos Sages sont dénommés : "éné aéda" (les yeux de l'assemblée), car leurs yeux peuvent discerner la lumière de la Torah.
Tout est dans la Torah, mais nous avons besoin "de yeux pour voir" pour découvrir où la réponse s'y trouve.

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-> Le Gaon de Vilna (Michlé 16,4) écrit que par le biais de la Torah et de la crainte d'Hachem, une personne retire la partie extérieure, la couche de matérialité du monde qui cache son essence interne, et cette personne mérite alors une certaine forme de roua'h hakodech, même si cela ne lui est peut être pas perceptible.
[les tsadikim dont leur vie est entièrement imprégnée de Torah peuvent faire des miracle, grâce à cette Torah qu'ils personnifient. ]

-> "Il ne profanera pas sa parole, selon tout ce qui sortira de sa bouche il fera." (Matot 30,3)
Le 'Hida explique : "Lorsque l'homme surveille attentivement sa langue et la préserve de paroles futiles et de propos interdits, tout ce qu'il demandera à D. sera exaucé."

-> Le Steïpler ('Hayé Olam - chap.30) cite de nombreux exemples de cela, et il affirme que cela continue également de nos jours, c'est une bonté d'Hachem pour renforcer notre émouna pendant cet long exil.
[les tsadikim nous illuminent par leur exemplarité, leurs enseignements, mais également par leurs bénédictions, comme autant de signes d'Hachem pour nous aider à traverser l'exil. ]

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+ Nécessité de croire dans la bénédiction du tsadik :

-> Selon le rabbi de Ribnitz, lorsqu'une personne reçoit une bénédiction d'une tsadik, elle doit avoir une croyance totale dans le pouvoir de bénédiction du tsadik et en sa capacité de faire des miracles, sinon la bénédiction ne sera pas efficace.

-> Le Messé'h 'Hokhma (haftara Vayéra) dit que par le mérite de la croyance totale de la Chounamite dans la capacité du prophète de faire revivre son enfant, alors le prophète Elicha a pu ramener son fils à la vie.

-> Le Yichma'h Israël (Lé'h Lé'ha - sima 7) enseigne que pour être méritant de recevoir les bénédictions d'un tsadik, on doit s'annuler soi-même [son égo] devant le tsadik, puisque cette soumission aide à faire descendre la bénédiction.

-> La guémara (Baba Batra 12a) affirme : "depuis le jour où le 1er Temple a été détruit, la puissance de prophétie a été pris des prophètes et a été donnée aux Sages. Rav Amémar dit : Un Sage est supérieur à un prophète".
Se basant sur cela, le Maguid Taalouma (Yérouchalmi Béra'hot 1,4) statue qu'il est interdit de mépriser le conseil d'un Sage ('hakham), et le faire serait encore pire que de mépriser le message d'un prophète d'Hachem.
Le Tiféret Shlomo (Béchala'h 53b) dit qu'on doit suivre le conseil d'un tsadik même lorsque cela n'a aucun sens à nos yeux.

-> Le rav 'Haïm Kanievsky (Or'hot Yocher - chap.26) explique qu'il y a des niveaux moindres de roua'h akodech qui existent encore aujourd'hui, et lorsqu'un talmid 'hakham donne un conseil ou une bénédiction, cela va souvent s'accomplir car c'est donné "léchem chamayaim" (en l'honneur d'Hachem).
Cette idée est exprimée par nos Sages (Pirké Avot 6,1) : "Celui qui se consacre à l’étude de la Torah de façon désintéressée (lichma) ... il devient une source de sagesse et de conseil pour les autres (étsa vétouchiya - עֵצָה וְתוּשִׁיָּה)".
Le Sfat Emet (Pirké Avot 6,1) explique que "étsa" fait référence aux conseils concernant les sujets matériels, tandis que "touchiya" fait allusion aux conseils liés aux sujets spirituels.

-> Le midrach (Shocher Tov - Téhilim - chap.1) parle de rav Elazar ben Ara'h dont les conseils étaient très bénéfiques. Lorsqu'on lui a demandé s'il était un prophète, il a répondu : "je ne suis pas un prophète, ni le fils d'un prophète, mais j'ai une tradition que tout conseil qui est donné pour l'honneur d'Hachem sera réalisé, comme il est écrit : "le conseil d'Hachem seulement cela se réalisera" (vaatsat Hachem hi takoum - Michlé 19,21).

-> La massékhet Kalla Rabbati (chap.8 ) ajoute que même si le Sage en Torah n'est pas très familier des circonstances, il sait comment conseiller comme il le faut. En effet, son conseil provient de la Torah et a l'approbation d'Hachem.
D'autres fois, les bénédictions et le conseil se réalisent par le mérite du fait que le demandeur croit de tout son coeur dans les mots du 'hakham, et par ce seul métite cela peut s'accomplir.
Mais si sa confiance n'est pas à 100%, alors la bénédiction ne peut pas se faire.

-> Le rav 'Haïm Kanievsky ajoute qu'une personne qui craint Hachem et qui place un confiance totale dans le 'hakham, suivant tout ce qui lui dit, alors il aura une assistance Divine spéciale, et les mots qui seront placés dans la bouche du 'hakham, et son conseil seront généralement une réussite (à moins que Hachem sachent que ce que la personne demande n'est pas bon pour elle).

Dans le Divré Sia'h, il est rapporté un récit où le rav 'Haïm Kanievsky explique qu'il a pu dire à une femme que tout ira bien malgré l'avis des médecins, car en plaçant pleinement sa confiance dans la émounat 'hakhamim (ex: pas je le fais car peu être que sa marchera ...), elle a rendu possible le fait de passer outre la nature et obtenir un remède qui est surnaturel.

-> Le rav Handler note que très peu de personne atteigne ce niveau élevé d'avoir une émouna en nos Sages qui soit à 100%. On doit donc être honnête avec nous même, connaître nos niveau de émouna.
Nous devons certes travailler à avoir une émouna et bita'hon purs/entiers, mais cela peut être nuisible de se reposer sur le bita'hon si l'on n'est pas à 100% sincère.

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-> Le Beit Yossef (rabbi Yossef Karo) avait un ange (appelé le Maguid) qui lui rendait visite chaque nuit et lui donnait des conseils, du moussar et des divré Torah.
Le Beit Yossef a retranscrit ces échanges dans le Maguid Mécharim.
Le Maguid (l'ange) a dit au Beit Yossef (paracha Vayétsé) :
"Le secret des miracles qui sont faits par les tsadikim vient de l'attachement continuel de leurs pensées à Hachem, en pensant constamment à des mots de Torah.
Grâce au fait d'être connecté à l'Unique en-Haut, ils ont le pouvoir spirituel de faire descendre [du Ciel] ce qu'ils veulent".

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+ Donner son nom :

-> Lorsqu'on demande une bénédiction à un tsadik, il est d'habitude de lui mentionner notre nom.
Cette pratique remonte au recensement de Moché dans le désert, comme le rapporte le Ramban (Bamidbar 1,45).
Ce n'était pas uniquement un décompte par nombre, chaque personne devait dire son nom à haute voix.
Ainsi, chaque juif avait le privilège de passer devant Moché et Aharon et indiquer leur nom.
Moché et Aharon jetaient alors leur regard aimant sur chaque individu et leur donnait une bénédiction individuelle.

-> De même, la Torah rapporte que lorsque Yaakov a lutté avec l'ange, il lui a demandé : "Dis moi quel est ton nom, je te prie" (Vayichla'h 32,30).
Le Messé'h 'Hokhma explique que Yaakov voulait donner une bénédiction à l'ange, et c'est pourquoi il lui a demandé son nom, puisque celui qui donne une bénédiction à quelqu'un doit connaître son nom.
[l'ange a répondu qu'il n'était pas nécessaire pour Yaakov de le bénir car les anges sont déjà bénis. Et le verset se conclut par l'ange qui bénit Yaakov.]

Les bénédictions

+ Les bénédictions :

-> Les bénédictions sont appelées : "les clés de la vie" qui ouvrent les flux de bonté de tous les mondes supérieurs et inférieurs.
[Zohar haKadoch - Lé'h Lé'ha 77a]

-> Le Séfer haBahir (siman 3) note que les bénédictions sont l'essence même de ce monde, qui a été créé par le beit (ב) de béréchit, et qui renvoi à "béra'ha" (bénédiction). [rabbénou Bé'hayé - Dévarim 33,1]

-> "La conclusion de tout le discours, écoutons-la : "Crains D. et observe Ses commandements; car c'est là tout l'homme" (Kohélét 12,13).
Rabbi Yéhouda hé'Hassid souligne que les mots "kol aadam" (tout homme - כָּל-הָאָדָם) ont une guématria de 100, faisant allusion à la récitation quotidienne de 100 bénédictions. Cela nous enseigne que réciter les bénédictions est l'essence même du service d'Hachem par l'homme dans ce monde.

-> La nourriture et la boisson permettent de soutenir le corps, et les bénédictions soutiennent l'âme.
[Pélé Yoets - Béra'hot (p.46)]

-> Les mondes supérieurs et inférieurs, ainsi que toutes les créations de ce monde, attendent cela [nos bénédictions] car ils reçoivent leur abondance (chéfa) uniquement par le biais de nos bénédictions.
[Choul'han haTahor - maamar kavanat haBéra'hot - chap.2]
[ainsi nos bénédictions ont la force de nourrir le monde entier]

-> Les 100 bénédictions quotidiennes ont le pouvoir de transformer les malédictions en bénédictions.
En effet, le mot "klala" (malédiction - קללה) à l'envers se décompose en : Hallel (louange - הלל) et la lettre "kouf" (ק), de valeur numérique 100.
[le 'Hida - au nom du Arizal]

-> En récitant 100 bénédictions par jour, nous amenons sur nous les bénédictions d'Hachem, et c'est uniquement par le mérite de nos bénédictions que le peuple juif a survécu en exil pendant des milliers d'années.
[Séfer haKané (mitsvot p.25) - Inyan Yirat haMakom]

-> Ce n'est que par la récitation de 100 bénédictions par jour que nous pouvons nous prévenir et nous protéger de toutes les maladies.
[Ba'h - Tour Ora'h 'Haïm - chap.46]

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-> Le roi David a dit (Téhilim 34;9) : "Taamou our'ou ki tov Hachem" = goûtez et vous verrez combien c'est bon : Hachem."
Le midrach (Yalkout Chimoni - Téhilim chap.34, siman 720) explique : avec ces mots, Hachem nous dit : "Accomplissez toutes mes mitsvot que je vous ai donné dans la Torah ; si vous mangez des fruits de la terre et des fruits des arbres, récitez une bénédiction dessus".
Dans son commentaire sur ce midrach, le Magen Avraham (Zayit Raanan - Yalkout Chimoni 34, note 83) conclut : si une personne fait des bénédictions sur tout, c'est comme si elle accomplit toutes les mitsvot".
Cela peut se comprendre aux lumières des paroles du Ramban (Bo 13,16) : le but de toutes les mitsvot est de démontrer notre croyance en Hachem et notre gratitude pour être notre Créateur.
C'est également l'objectif des bénédictions : reconnaître l'existence d'Hachem et exprimer nos remerciements pour tout ce qu'Il fait pour nous.
La récompense de réciter les bénédictions est également délimitée par le midrach (Yalkout Chimoni - Téhilim chap.16, siman 667) suivant : "si vous mangez et bénissez Hachem ... alors tout le bien du monde viendra sur toi".

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-> Le rav Shimshon Pinkous (Peniné rav Shimshon) enseigne :
la relation entre le peuple juif et le Maître du monde [Hachem] est similaire à celle entre un mari et sa femme. Lorsqu'il y des difficultés dans leur relation, la première chose à faire est de travailler sur la communication et commencer à se parler l'un l'autre.
Si nous pouvions simplement parler à Hachem 100 fois par jour, en récitant les bénédictions avec une bonne kavana, il ne serait pas possible pour Hachem de se mettre en colère contre nous.
Ainsi, dans un moment de détresse, la première chose à faire afin de calmer la colère Divine est de se reconnecter avec Hachem et commencer à communiquer avec Lui.
Toutes les souffrances et les persécutions que nous subissons sont la conséquence de notre échec de communiquer régulièrement avec Hachem.
[on est pris dans notre train-train quotidien, mais Hachem a très envie de nous entendre, qu'on se tourne vers Lui. Ainsi, si on ne le fait pas lorsque tout va bien, en un sens il est obligé de nous "frapper" d'un malheur pour qu'on se "rappelle" de Lui et qu'on se remette à Lui parler (ex: par une prière vivante). ]

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-> Hachem prend énormément de plaisir de celui qui Le bénit.
Il désire la bénédiction de ceux qui résident dans le monde d'en-bas, car leurs bénédictions s'élèvent et illuminent la sainte Présence Divine (chékhina).
[Zohar - vol.3,271a]

-> Pratiquement toutes les bénédictions récitées avant de réaliser une mitsva commencent par une expression brève mais significative : "Qui nous a sanctifié par Ses commandements" (acher kidéchanou bémitsvotav).
Ces mots impliquent qu'en conséquence d'accomplir les mitsvot les juifs bénéficient de la capacité unique d'apporter la sainteté du Ciel en bas sur terre.
[Sfat Emet - Bo 5662]

-> "Chaque mot de bénédiction ou de prière s’élève vers les hauteurs supérieures, transporté là par des anges assignés spécialement à cette tâche.
Chaque mot a un effet sur les racines supérieures de la Création.
De cette manière, la personne récitant la bénédiction ou la prière devient le partenaire de D. dans la Création, étant donné qu’il a la capacité de construire et d’influencer nombre de mondes supérieurs."
[Rabbi ‘Haïm de Volozhin - Néféch ha’Haïm 2,10 ]

-> Par nos bénédictions, on amène une grande rectification (tikoun) dans les mondes supérieurs.
[avant de réciter une bénédiction, nous devons avoir à l'esprit que nous remercions Hachem pour tout le bien qu'Il nous donne, et nous Le couronnons Roi sur le monde entier (Elokénou mélé'h aolam).]
[Maharcha - 'Hidouché Aggadot - guémara Béra'hot 10a]

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-> La guémara (guémara Béra'hot 35b) affirme : "Quiconque jouit de ce monde sans bénédiction est considéré comme volant Hachem et l'assemblée d'Israël".
Elle base cela sur : "Voler père et mère en disant que ce n'est pas un crime, c'est se faire un compagnon d'un homme [ange] de destruction" (Michlé 28,24). [le père = Hachem ; mère = assemblée d'Israël]
Les commentateurs explique la fin de ce verset : dire des bénédictions est un moyen relativement simple d'éviter toutes les peines et les tragédies, et en s'empêchant de bénir nous empêchons des bénédictions de descendre du Ciel dans ce monde, et nous sommes ainsi la cause de maladies et de malheurs, que ce soit pour lui et pour les autres. [on est un "compagnon d'un homme [ange] de destruction"]

Le rav El'hanan Wasserman (intro Kovets Héarot - sur Yébamot) dit que dans les moments de crise, tout celui qui est capable d'améliorer son service d'Hachem, mais à la place se relâche et ne réalise pas les mitsvot du mieux qu'il peut, il est coupable à un certain degré d'enfreindre l'interdiction de : "tu ne te tiendras pas à l'écart face au sang de ton prochain" (Kédochim 19,16).
[cela éclair le verset : "la mort et la vie sont au pouvoir de la langue" (Michlé 18,21) ]

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-> "Tu mangeras et tu te rassasieras, et tu béniras Hachem" (véa'halta véchavata véra'hta ét Hachem - Ekev 8,10)
Le rav Shlomo de Karlin (Shéma Shlomo - Ekev) commente que la satiété (véchavata) doit venir de la bénédiction (véra'hta ét Hachem), non de ce qu'on mange, et alors la bénédiction va remplir tout ton être et nous satisfera.

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+ La kavana :

-> Une bénédiction sans kavana (intention) est comme un corps sans âme, et [de ce point de vue] n'est pas considérée du tout comme une bénédiction.
[Pélé Yoets - Maaré'hét Béra'hot p.47]

-> Le Yessod véChorech haAvoda (Chaar haAchmarot chap.2) enseigne :
Il est écrit : "Tu n'invoqueras pas le nom d'Hachem, ton D., en vain" (Yitro 20,6).
Selon ce point de vue, si une personne récite une bénédiction sans même se rendre compte de ce qu'elle dit, ou bien à qui [Hachem] elle adresse la bénédiction, elle n'a pas accomplit son obligation
Au lieu de faire descendre la bénédiction, elle pourra être punie pour avoir récitée une bénédiction en vain.

-> "Hachem a dit: "Puisque ce peuple ne me rend hommage que de bouche et ne m'honore que des lèvres, et qu'il tient son cœur éloigné de moi, et que sa piété à mon égard se borne à des préceptes d'hommes, à une leçon apprise" (Yéchayahou 29,13)
La bénédiction doit être un service de notre cœur, et lorsque ce n'est qu'un service des lèvres (habitude oblige), elle n'est pas très efficace.
Selon le Séder haYom (kavanot 'hiyouv méa Béra'hot), une bénédiction récitée sans une bonne kavana est considérée en terme du compte des 100 bénédictions quotidiennes, comme si elle n'avait pas du tout été récitée.
[le roi David a institué 100 bénédictions par jour dans un but de renouveller (au quotidien) notre connexion et notre communication avec Hachem, et grâce à cela le fléau s'est arrêtée.
Si quelqu'un n'a pas de kavana, sa relation avec D. ne change pas avec les bénédictions, et en ce sens cela ne compte dans les 100 bénédictions (car l'objectif n'est pas accompli) et le fléau ne s'arrête pas.
Selon le Ba'h (Tour OH- chap.46) le décret du roi David des 100 bénédictions quotidiennes [dites avec kavana] s'applique à chaque génération, et grâce à cette récitation on se protège de toutes les maladies. ]
[on voit de tout cela que l'essentiel n'est pas de prononcer les bénédictions, mais de les vivre comme un moyen de communiquer, de se lier davantage avec Hachem. (d'où l'emploi familier du "béni sois-TU", on tutoie le Maître du monde! )
A l'inverse en les disant sans kavana, on se moque un peu d'Hachem, dans le sens où : "il y a plus important!". (certes mes lèvres bougent mais mon coeur, mon esprit est ailleurs!)]

-> D'autres de nos Sages sont plus indulgents et sont d'avis que tant qu'une personne prononce les mots, elle n'a pas récité une bénédiction en vain.
[le Choul'han Aroukh haRav - OH 185,2, rapportent ces 2 points de vue]

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-> Un jour le Baal Chem Tov a refusé de rentrer dans une synagogue, affirmant qu'il n'y avait plus de place à l'intérieur. On lui a expliqué qu'une place était réservée pour lui.
Il a expliqué que la synagogue est remplie de mots de Torah et de prières, impliquant que les prières manquaient de crainte et d'amour pour Hachem, qui sont les "ailes" qui leur permettent de monter au Ciel.
Puisque ces prières ont été dites sans kavana (intention), elles ont nulle part où aller, et donc elles remplissent la synagogue toute entière, ne lui laissant pas de place pour entrer.

-> Le Choul'han haTahor (maayan haBéra'ha) rapporte que lorsque le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev disait une bénédiction, son corps entier tremblait de crainte, et on le retrouvait soudainnement entre les lits ou sous le lit, où il avait été jeté dans sa crainte et son amour écrasants pour Hachem.

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+ La gratitude :

-> Le thème sous-jacent aux bénédictions est la gratitude pour tout le bien dont Hachem nous accorde.
En ce sens, le Daat Zékénim (paracha Ekev) écrit que si quelqu'un récite la prière de Modim (dans la Amida) comme il le faut, son mérite est équivalent à la récitation de 100 bénédictions.
On trouve une allusion à cela dans la guématria du mot "modim" (nous remercions - מודים) qui est de 100, correspondant aux 100 bénédictions que l'on doit prononcer en signe de remerciement pour chaque détail de notre vie.

-> "Aucun produit des champs ne paraissait encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne poussait encore; car Hachem n'avait pas fait pleuvoir sur la terre, et d'homme, il n'y en avait point pour cultiver la terre" (Béréchit 2,5)
Rachi commente : Et pour quelle raison n’avait-Il pas fait pleuvoir ? Parce que "d’homme, il n’y en avait pas pour travailler la terre". Il n’y avait donc personne qui pût apprécier les bienfaits des pluies. Et lorsque l’homme est arrivé, il a reconnu que les pluies étaient nécessaires au monde. Il a prié pour elles, et elles sont tombées. C’est alors que les arbres et les végétaux se sont mis à pousser.

-> "Hachem a créé le monde pour que nous Le connaissions et que nous Le remercions de nous avoir créés".
[Ramban - fin paracha Bo]

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+ Permettre à Hachem de nous bénir en retour :

[la tendance naturelle est de se focaliser sur ce qui ne va pas, ce qu'on a pas encore. On n'est ainsi jamais pleinement heureux, car perpétuellement à la recherche d'une nouvelle chose qui nous rendra alors heureux.
Par les bénédictions, Hachem nous permet de voir la vie positivement (waou tout ce que j'ai, à quel point Hachem me chouchoute constamment, ...), et d'apprécier tout ce que l'on a déjà.
De plus, selon nos Sages plus on remercie Hachem, plus Il nous donne de nouvelles occasions de Le remercier. ]

-> Une bénédiction peut s'agrandir à nos yeux.
Par exemple, lorsque l'on fait une bénédiction sur un verre de café, on remercie Hachem non seulement pour le café, mais aussi pour "l'hôtel" : le monde environnant dans lequel on vit et que Hachem a créé pour notre bénéfice, afin que nous puissions bien profiter de ce café.

Grâce à cela, le plus on se renforce dans notre joie et confiance en Hachem, le bénissant avec des louanges sincères et ayant de la gratitude à son égard, alors le plus nous méritons que Hachem nous ouvre de la bonté débordante.
Le Pélé Yoets (Béra'hot p.48) enseigne que le destinataire d'une bénédiction doit toujours la retourner en disant par exemple : "hamévaré'h mitbaré'h" (celui qui bénit est béni lui-même) ou bien "vé'hén lémar" (et à toi également - וְכֵן לְמָר).
[de même la guémara (Sotah 38b) rapporte que chaque Cohen qui bénit les gens, sera par cela lui-même bénit du Ciel]
Ainsi, en multipliant les bénédictions, on multiplie les occasions pour Hachem de nous bénir du meilleur, en retour de notre bénédiction.

-> "Pour se glorifier de Ta louange" (léichtabéa'h bit'ilatékha - Téhilim 106,47)
Cela signifie que par le fait de louer Hachem (ex: par nos bénédictions), nous sommes ensuite glorifiés [par Hachem].
[ainsi Hachem nous demande de le bénir, car alors Il aura la possibilité de nous bénir en retour bien davantage, mais c'est à nous de faire le premier pas. (en le louant, Il nous glorifie! )]
Cela est en accord avec le principe : "celui qui bénit est béni lui-même" (hamévaré'h mitbaré'h - guémara 38b).
[d'après rabbi Handler]

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-> Rabbénou Bé'hayé (Ekev 8,10) nous explique que réciter une bénédiction n'est pas seulement dans le but de remercier Hachem, mais c'est également afin que la personne reconnaisse d'où proviennent vraiment ses bénédictions.

-> Selon le Rambam (Hilkhot Béra'hot 1,3), les bénédictions ont été instituées afin qu'on se souvienne de notre Créateur à tout moment et qu'on Le craigne.
[la tendance humaine est de vouloir se croire autosuffisant (c'est bon Hachem je gère tout seul!), mais les bénédictions nous rappellent que sans l'aide de D., nous ne pourrions pas même vivre une seule seconde (ex: chaque aliment, boisson, ne m'est disponible que grâce à Toi!)]

-> Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 3,12) enseigne que personne ne peut subir un préjudice s’il croit d'un coeur entier que "én od milévado" : Hachem est le vrai D.. et il n'y a rien d'autre que Lui. [rien ne peut se passer sans un décret d'Hachem ; tout a une date de fin sauf Hachem qui est éternel ; ...]
Lorsqu'on est certain dans notre esprit que la Royauté d'Hachem est totale et absolue, qu'il n'y a pas de force/créature indépendante de Lui, alors Hachem nous protégera en éliminant toute chose nuisible.
[Chaque bénédiction nous renforce et nous focalise sur cette réalité, puisque nous affirmons que l'origine première de toute chose est Hachem, et nous proclamons : "Elokénou, mélé'h aolam" (également la bénédiction : "chéakol niya bidvaro - tout fut par Sa parole).
Ainsi, les bénédictions nous permettent de supprimer toutes les forces qui voudraient nous nuire. ]

-> Rabbi Tsadok haCohen (Pri Tsadik - Béréchit) enseigne que réciter une bénédiction sur la nourriture ou la boisson avec la conscience que Hachem est l'unique Fournisseur, cela va donner le pouvoir à la nourriture ou à la boisson de retirer toute maladie qui est sur une personne.

-> La guémara (Béra'hot 48b) tire l'obligation de dire une bénédiction avant de manger ou boire du verset : "il bénira (ouvéra'h - וּבֵרַךְ) ta nourriture et ta boisson et j'écarterai tout fléau du milieu de toi" (Michpatim 23,25).
La guémara explique : "ne lis pas "ouvéra'h" (il bénira - וברך) mais plutôt "ouvaré'h" (il doit bénir) [signifiant qu'on doit réciter une bénédiction sur le pain]."
Le Maor vaChémech connecte cela à la suite et fin de ce même verset : "et je retirerai toute maladie du milieu de toi" (va'assiroti ma'hala mikirbékha), signifiant que si tu fais une bénédiction sur le pain et l'eau dans la sainteté et la pureté, alors la nourriture elle-même va guérir la maladie, et tu n'auras besoin d'aucun médicament.
Dans la suite, la Torah poursuit (v.26) : "Nulle femme n'avortera, nulle ne sera stérile dans ton pays" = cela signifie que le peuple juif ne perdra pas sa richesse à des forces extérieures, et les bénédictions ne seront pas retenues dans les mondes supérieurs, mais elles descendront d'en-Haut.
Ce verset se conclut par : "je comblerai la mesure de tes jours" = tout cela par le mérite des bénédictions dites avec une bonne intention (kavana).

[si chaque bénédiction permet de renforcer notre conscience d'Hachem, alors Hachem n'a pas besoin de nous envoyer des difficultés pour nous réveiller à nous tourner vers Lui, à davantage se rappeler de Lui dans notre vie. En effet, nous faisons déjà cela par nos bénédictions.]

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-> Le Steïpler dit qu'il n'existe pas de meilleur moyen pour une mère juive de s'assurer que son enfant grandira avec de bonne midot et suivra le bon chemin que par le fait qu'il récite les bénédictions lentement et avec attention.

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-> "J'ai de la émouna car je parle [de la émouna]" (éémanti ki adaber - Téhilim 116,10)
C'est la fonction des 100 bénédictions quotidiennes : servir d'un rappel constant que le Créateur est impliqué dans chaque aspect de notre vie.
Les bénédictions nous rappellent que le monde n'est pas sans propriétaire, mais plutôt que : "à Hachem appartient la terre et ce qu'elle renferme, le globe et ceux qui l'habitent" (Téhilim 24,1).

[le rav Lévovitz explique que le fait de parler de la émouna amène sur nous de la émouna.
Ainsi, les 100 bénédictions (avec kavana) nous garantissent de maintenir une belle émouna en nous.]

-> b'h, également sur les 100 bénédictions quotidiennes : http://todahm.com/2019/10/02/10704-2

Les bénédictions

Rav 'Hana dit : de la même manière dont nous Le bénissons, Hachem nous bénit.
[midrach Yélamdénou - Yalkout Talmud Torah - Pin'has]

[plus nous prononçons une bénédictions avec kavana, plus nous permettons à Hachem de nous bénir fortement.
En Le bénissant, nous déterminons l'intensité des flux de bénédictions que nous recevrons.]

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+ Les bénédictions :

-> Celui qui bénit Hachem avec joie et bienveillance, alors les bénédictions lui seront accordées avec joie et bienveillance.
C'est pourquoi, lorsque nous récitons une bénédiction, nous ne devons pas du tout être tristes, mais uniquement joyeux.
[Zohar - vol.2,18a]

-> Hachem prend énormément de plaisir de tout celui qui Le bénit.
Il désire la bénédiction de ceux qui réside dans le monde d'en-bas, car leurs bénédictions s'élèvent et illuminent la sainte Présence Divine (chékhina).
[Zohar - vol.3,271a]

-> Les bénédictions qu'on récite à Hachem, éveille un flux de bénédictions dans tous les mondes.
[Zohar - vol.3,271b]

-> Si quelqu'un est vigilant pour réciter les bénédictions, sa richesse et ses possessions seront préservées, et elles prospéreront.
[Maté Moché - vol.2,351]

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-> "La plus grande des mitsvot et le plus puissant de tous les types de service Divin (avoda) sont les bénédictions"
[rav Yossef haYisraëli - Séfer mitsvot zmaniyot - p.504]

-> Les aliments et les boissons nourrissent le corps. En récitant les bénédictions, nous entraînons un flux de sainteté sur notre nourriture et sur notre boisson.
[Pélé Yoets - Béra'hot]

-> On doit manger et boire des aliments qui nous rendent joyeux, afin qu'il bénisse ensuite Hachem avec joie. Le fait de réciter les bénédiction avec joie et à haute voix est une ségoula pour la richesse, comme il est fait allusion dans le verset : "c'est la bénédiction d'Hachem qui enrichit, et nos efforts n'y ajoutent rien" (Michlé 10,22).
['Hida - Nitsotsé Orot]

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-> Lorsque Adam haRichon a fauté en mangeant du fruit de la Connaissance (ets hadaat), des étincelles de saintetés ont été absorbées par d'autres parties de la Création : dans les objets inanimés, les plantes, et les créatures vivantes.
Chacun de ces segments de la création possède des étincelles de sainteté qui doivent en être extrait ...

"Hou notèn lé'hem lé'hol bassar" = Il donne la nourriture à toute chair.
"ki léolam 'hasdo" = car Ta bonté est pour le monde entier.
Hachem souhaite donner à tous les composants de la création l'opportunité d'être délivrés (élevés).
Lorsque nous mangeons [ou buvons] (symbolisé par le : lé'hem), et que nous faisons la bénédiction appropriée, alors nous réparons ce qui a été cassé.
Et si l'homme ne mange pas, le restant de la création n'aurait aucun moyen d'obtenir sa réparation.
En ce sens, lorsqu'un homme mange du pain (lé'hem), il peut rectifier le monde. [car Ta bonté (Hachem) est pour le monde entier]
[d'après le 'Hida - Sim'hat haRegel - birkat hamazon]

-> On doit manger et boire avec l'intention d'extraire les étincelles de sainteté de la nourriture, et les élever à leur source et racine [sainte].
Ce n'est qu'après une telle intention qu'on doit réciter la bénédiction.
[Yessod véChorach haAvoda - Chaar haBéra'hot - chap.10]

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-> Lorsqu'on prononce : "barou'h", nous devons avoir à l'esprit que Hachem est la source des bénédictions, et que la bonté et la bénédiction se répandent [uniquement] à partir d'Hachem dans tous les mondes, et dans notre propre âme (néfech, roua'h et néchama).
C'est pourquoi nos Sages affirment que celui qui récite une bénédiction est lui-même béni.
['Hessed laAlafim 5,3]

-> Chaque bénédiction commence par le mot : "barou'h" (ברך), dont la spécificité est d'avoir chaque lettre qui exprime la pluralité, puisqu'étant le double d'une unité. Le bét de valeur 2, est le double de 1 ; le réch de valeur 200 est le double de 100 ; et le kaf de valeur 20 est le double de 10. [chiffre, dizaine, centaine]
Ainsi ce doublement est l'essence de chaque bénédiction. En effet, une bénédiction va permettre d'augmenter dans ce monde la bonté que Hachem a créé.
Ce doublement révèle également que tout ce qu'il se passe dans ce monde physique n'est qu'une manifestation de son essence spirituelle qui est cachée. Ainsi, en prononçant une bénédiction on a la capacité d'impacter positivement toute chose de ce monde en apparence limitée.
[rav Nathan Weisz]

-> Lorsque l'on dit : "barou'h ata" (Béni sois-tu), nous devons avoir à l'esprit que nous nous tenons devant Hachem, et que nous Lui parlons directement, et ainsi nous serons saisis par la crainte.
['Hessed laAlafim 114]

-> "barou'h ata" est dit à la 2e personne car au moment où l'on récite la bénédiction on est obligé de se visualiser comme étant directement en face d'Hachem.
[Choul'han Mélakhim 6]

-> Nous savons que bien que vivant au sein de la création d'Hachem, nous ne pouvons pas l'appréhender (tellement Il est infini).
C'est pour cela que nos Sages ont spécifiquement employé dans les bénédictions le terme : "ata" (Tu).
Le message est : malgré le gouffre qu'il semble y avoir entre le Ciel et la terre, nous sommes en réalité directement connectés/liés à Hachem.
Le terme "ata" (toi = chaque juif) nous dit qu'à chaque fois que nous récitons une bénédiction nous déclenchons une action qui a des conséquences tangibles entre nous et Hachem.
Le terme "ata" (tutoiement avec le Maître du monde = proximité = papa Hachem) des bénédictions, nous rappelle que malgré les apparences, le verre d'eau dans notre main n'est pas le résultat des activités anciennes de la création, mais plutôt c'est notre Père qui l'a placé avec amour dans notre main.
[rav Nathan Weisz]

-> La guémara (Béra'hot 7a) nous informe que nous sommes véritablement en train de bénir Hachem lorsque nous commençons une bénédiction par "barou'h ata", et Il accepte et apprécie cela.
Ainsi, nous avons la capacité de bénir Hachem.
On peut ajouter que "barou'h" est une description d'Hachem : cela L'identifie en tant que la Source de toutes les bénédictions qui se déversent sur nous.
Ainsi "barou'h" a un double sens : l'expression de notre bénédiction à Hachem, et également notre reconnaissance du fait que D. est la source de toutes les bénédictions.
En réalité, ces 2 significations se mélangent : par le fait de bénir Hachem, nous mettons en mouvement Son rôle en tant que Source de toutes les bénédictions.
[rav Nathan Weisz]

[on a pu voir que : "de la même manière dont nous Le bénissons, Hachem nous bénit" = plus nous bénissons, plus nous louons Hachem pour le bien qu'il nous a fait, alors plus nous témoignons d'une émouna forte en Hachem, et alors par ce mérite nous donnons de la force à Hachem pour qu'Il puisse davantage nous donner de bonnes choses, soit davantage d'occasions de pouvoir Le bénir, Le remercier. ]

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-> Pratiquement toutes les bénédictions récitées avant de réaliser une mitsva commencent par une expression brève mais significative : "Qui nous a sanctifié par Ses commandements" (acher kidéchanou bémitsvotav).
Ces mots impliquent qu'en conséquence d'accomplir les mitsvot les juifs bénéficient de la capacité unique d'apporter la sainteté du Ciel en bas sur terre.
[Sfat Emet - Bo 5662]

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-> Une exigence essentielle pour tout le monde au sujet des prières, des louanges et des expressions de gratitude [à Hachem], est qu'aucun mot ne sorte de la bouche dans le service du Créateur de la manière de quelqu'un qui le fait par habitude, machinalement.
Mais plutôt, on doit être pleinement conscient que nous faisons face au Créateur, dont la Gloire remplit le monde entier.
[...]
Celui qui récite une bénédiction sans y faire attention est puni pour avoir récité le nom d'Hachem en vain ... car il prononce le saint et terrifiant nom d'Hachem avec sa bouche, mais son esprit n'est pas engagé.
[...]
Lorsque l'on récite la bénédiction comme il le faut, on acquiert la nourriture du Créateur en vertu de cette gratitude.
[Yessod véChorech haAvoda - chaar ha'Achmorét - chap.2]

-> Il est interdit de profiter de ce monde sans tout d'abord réciter une bénédiction, car on doit exprimer notre gratitude et notre louange à celui qui a créé cette même nourriture dont nous nous apprêtons à profiter.
[Ri'az - Béra'hot 35,3]

-> Hachem dit : "Accomplissez toutes les mitsvot que Je vous ai donné dans la Torah. Si vous mangez des fruits et ne récitez pas une bénédiction dessus, vous avez volé le fruit, l'arbre, la terre, et celui qui les a cultivés".
Mais si quelqu'un mange et récite une bénédiction, il couronne le Créateur.
[Yalkout Chimoni - Téhilim 34]

-> Il est interdit balancer une bénédiction de notre bouche, de la réciter à la hâte.
Mais plutôt, on doit se focaliser sur le sens des mots et reciter les bénédictions lentement.
['Hayé Adam 5,26]

-> Au moment de réciter une bénédiction, il est interdit d'être occupé autrement, même dans une petite chose, comme de mettre un vêtement, ou bien marcher ici ou là, ou bien se sécher les mains, ...
Car il est intolérable que l'on bénisse Hachem d'une manière hasardeuse.
['Hessed léAvraham]

-> Le birkat hamazon est la seule bénédiction provenant directement de la Torah.
Le Ben Ich 'Haï ('Houkat) rapporte que dans la ville de Bagdad, il faisait extrêmement chaud pendant les mois d'été. Afin de se rafraîchir, les gens faisaient une sorte d'éventail et le bougeaient en faisant des va-et-vient.
Cependant, il les a mis en garde contre le fait d'agiter l'éventail pendant le birkat hamazon, car la moindre distraction doit être évitée pendant le moment où l'on dirige notre gratitude à Hachem.

-> On doit être encore plus méticuleux avec le birkat hamazon qu'avec les prières, car l'obligation de prier est de nos Sages, tandis que le birkat hamazon est d'origine de la Torah.
[Taamé haMinhaguim - p.174]

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-> On doit être vigilant dans les mots, les lettres et le sens des mots, comme il est fait allusion dans le verset : "Hachem est proche de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’appellent avec sincérité (littéralement : émét - vérité)" (Téhilim 145,18).
Les lettres du mot : אמת (émet) sont l'acronyme de : "otiyot milot tévot" (lettres, mots - אותיות מלות תיבות). [Sidour Arizal]
Donc les gens doivent faire attention à s'habituer à dire les bénédictions et les sujets saints à haute voix.
[YécHouot 'Hokhma 6]

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-> Amen signifie : "c'est véridique". Ainsi, lorsque nous disons "Amen", nous devons penser que : la bénédiction qui vient d'être récitée est véridique et j'y crois personnellement".
[Kitsour Choul'han Aroukh 6,8]

-> La guémara (Béra'hot 53b) enseigne : "Plus grand est celui qui répond Amen à une bénédiction que celui qui a fait la bénédiction" (gadol a'oné Amen yotèr min amévarekh).

-> Celui qui récite une bénédiction en silence est en train de voler les autres de mitsvot, car ils ne pourront pas y répondre Amen.
On doit donc faire attention à prononcer tout à voix haute, afin qu'ils puissent répondre conformément à la halakha.
[Yéchouot 'Hokhma 6 - au nom du Séder 'Hassidim 254]

-> "Celui qui répond Amen est même plus grand que celui qui a récité la bénédiction" (guémara Nazir 66b).
Le Maharcha commente : car il y a de nombreux "Accusateurs" interférant avec la capacité d'une personne de se procurer de la nourriture, mais les bénédictions qu'une personne peut faire servent de défenseurs et de supporteurs contre ces adversaires.
Ainsi, les bénédictions sont de simples soldats qui commencent la bataille, et les "Amen" [prononcés à leur sujet] sont les guerriers qui sortent victorieux en ayant battu les anges de destructions.

-> Le Toldot Aharon (un élève du rabbi de Berditchev - Ki Tavo) enseigne que les anges au Ciel peuvent répondre Amen à nos bénédictions [dites à haute voix], et ainsi offrir une louange au Créateur, provoquant que Son Nom soit sanctifié dans les mondes d'en-bas et d'en-haut.
En conséquence de cela, les anges deviennent des avocats pour le compte des juifs, car ils ont pu s'élever à de hauts niveaux par le biais des bénédictions des juifs.
[Selon le Zohar (vol.3,271b) : les bénédictions qu'on récite à Hachem, éveille un flux de bénédictions dans tous les mondes.]

[ainsi, on a pu voir la grandeur de réciter une bénédiction comme il le faut, on voit à plus forte raison l'importance d'y répondre Amen, et de permettre à autrui de le faire.]

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-> voir un enseignement du Ben Ich 'Haï (chana aleph - hakdama) : http://todahm.com/2020/05/05/35491

-> des enseignements magnifiques sur les bénédictions : lorsque nous bénissons Hachem, Il nous bénit nous en retour ainsi que le monde entier : http://todahm.com/2014/04/01/1228-2

-> http://todahm.com/2020/12/27/les-benedictions-2

Le Birkat haMazon

+ Le Birkat haMazon :

-> Le rav Israël Najara (l'auteur du chant de Shabbath : Ka Ribbon), dénomme le Birkat haMazon comme : "Kli ma'hzik béra'ha" (un récipient qui contient la bénédiction).

-> Celui qui prie ou récite le birkat hamazon intensément, mérite 100 sortes de roses qui entourent le fleuve du gan Eden.
[Rokéa'h - birkat hamazon]

-> "La plus grande des mitsvot et le plus puissant de tous les types de service Divin (avoda) sont les bénédictions" [rav Yossef haYisraëli - Séfer mitsvot zmaniyot - p.504]
Or, le birbat hamazon est la seule bénédiction de la Torah (déOraïta - Ekev 8,10, nous pouvons en déduire que le birkat hamazon est la plus propice de toutes nos prières.
[rav Yé'hiel Spéro]

Lorsque le Rachab a reçu le siddour du Baal Chem Tov, d'un de ses descendants, il a pu remarquer que toutes les pages étaient usées par les larmes. Cependant parmi tout le siddour, une partie étaient la plus nettement déformée par les larmes du Baal Chem Tov : les pages consacrées au birkat hamazon.

-> Si l'on demande aux gens pourquoi nous récitons le birkat hamazon, la majorité répondrait : "parce qu'on vient de manger du pain".
Le rav Yérou'ham Lévovitz rejette catégoriquement cela, et il insiste sur le fait que c'est le contraire.
Nous mangeons du pain afin de pouvoir prononcer le birkat hamazon.
[nous devons réfléchir : que nous apporte notre alimentation par rapport aux apports énormes du birkat]

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-> Rav 'Hanina dit : combien est grande la puissance du birkat hamazon, car il augmente les bénédictions dans les actions de l'homme.
[Zohar]

-> Si on récite le birkat hamazon avec intention (kavana), les bénédictions que nous aurons dites nous accompagneront au moment de notre mort, et proclameront que nous avons béni Hachem avec kavana.
[Zohar]

-> Si quelqu'un est vigilant au sujet du birkat hamazon, ses jours et ses années seront allongés.
[rav 'Haïm Palagi - Kol ha'Haïm]

-> J'ai une tradition de mes rabbanim, que tout celui qui est méticuleux à propos du birkat hamazon, sa subsistance lui sera disponible avec dignité, toute sa vie durant.
[Séfer ha'Hinoukh - Ekev 430]

-> Pourquoi la lettre "pé sofit" (ף) est la seule qui n'est pas présente dans le birkat hamazon?
Car tout celui qui récite le birkat hamazon avec concentration, les anges de la colère (af, kétséf, chékéts - אף קצף שצף) n'ont pas de pouvoir sur lui.
[Tachbatz Katan - cité dans le Ba'h 185]

-> Tout celui qui récite le birkat hamazon avec la concentration requise, alors la colère de Hachem ne régnera pas sur lui. (אַף - af = colère).
[Béer Heitev - Orach 'Haïm 185 - citant le Ba'h]

-> Plus une personne récite le birkat hamazon avec joie et générosité, plus elle va recevoir sa subsistance avec joie et générosité.
[Zohar]

-> Celui qui récite le birkat hamazon à partir d'un texte, avec intention, [par cela] il se retire de lui de nombreuses épreuves et difficultés.
[Atéret Zékénim]

-> Réciter le birkat hamazon à partir d'un texte est une ségoula pour mériter d'avoir des enfants craignant Hachem.
[rav Shloimka Zhviller]

-> Faire le birkat hamazon à partir d'un texte est une ségoula pour mériter des enfants.
[Maharil Diskin]

-> Même un seul birkat hamazon récité avec intention, peut transformer une personne en quelqu'un craignant Hachem (yéré chamayim).
[rabbi Mena'hem Mendel de Kotsk]

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-> Celui qui récite le birkat hamazon comme il le faut, va mériter d'entendre le birkat hamazon du roi David lorsque Hachem fera le festin pour les tsadikim dans les temps futurs.
[Kav haYachar - chap.7]

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-> Je dis à Hachem : "Tu es mon Maître! Mon bonheur n'est pas en dehors de toi" (amart l'Hachem, Elokim ata, tovati bal alékha - Téhilim 16,2)

-> Plusieurs explications sont données sur :"Mon bonheur n'est pas en dehors de toi" (tovati bal alékha - טוֹבָתִי בַּל עָלֶיךָ), et en particulier sur le terme : "bal" (בל) :
1°/ si tu as mangé et récité la bénédiction à Hachem, et que tu as reconnu que Hachem est ton Maître, alors Je [Hachem] vais épuiser (מבלה) toutes les bontés du monde sur toi.
[guémara Yérouchalmi Béra'hot 6,1]

2°/ si tu as mangé et récité une bénédiction à Hachem, toutes les bontés du monde seront réunies ensemble (יבללו) et elles vous seront octroyées.
[guémara Yérouchalmi Béra'hot 6,1]

3°/ Si tu as mangé et récité une bénédiction à Hachem, Hachem n'amènera aucune bonté sur le monde sans t'y inclure (מבלעדיך).
[guémara Yérouchalmi Béra'hot 6,1]

4°/ Si tu as mangé et récité une bénédiction, toutes les bontés du monde se produiront (יובלו) et viendront sur toi.
[Yalkout Chimoni Téhilim - remez 667]

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-> L'âme supplémentaire (néchama yétéra), que nous recevons le Shabbath, tire beaucoup de plaisir du birkat hamazon, car c'est une nouveauté qu'elle ne vit pas au Ciel. [Rama de Pano - Assara Maamarot]
C'est pourquoi l'objectif principal des repas du Shabbath est de donner du plaisir à l'âme supplémentaire en récitant le birkat hamazon.
[Agra déKalla - paracha Vayéra]

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-> Il est intéressant de constater que nous disons dans le birkat hamazon : "véal Toratékha chélimadtanou" (pour Ta Torah que Tu nous as enseigné), et ensuite : "véal 'haïm 'hein va'hessed ché'honantanou" (et pour la vie, la grâce, et la bonté dont Tu nous as gratifié).
=> Cet ordre est étrange. Pourquoi d'abord la Torah, et ensuite le fait d'être en vie, et non l'inverse qui serait plus logique (je suis en vie, alors je peux étudier!)?
Le rav de Poniovitch explique : car sans la Torah, quelle vie cela peut-il bien être?

-> Au moment d'arriver au dernier paragraphe du bikart hamazon, nous proclamons avec une grande certitude : "ceux qui recherchent Hachem ne manquent d'aucun bien" (védorché Hachem lo ya'hchérou kom tov - Téhilim 34,11).

[On a tendance à se débarrasser de notre prière, de nos mitsvot, à réduire notre investissement dans la Torah, ... comme si on en sortait gagnant.
Ainsi, en reprenant le fil de notre vie normale avec cette lecture du birkat hamazon, le message est : jamais on perd à faire la volonté d'Hachem, au contraire! ]

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-> Le 'Hovot haLévavot enseigne que le plus grand ennemi des juifs est le yétser ara.
Le Raavad (Séfer Baalé haNéfech) écrit que l'arme la plus puissante du yétser ara est de nous faire croire que c'est notre main, notre propre force, qui nous a permis d'être vainqueurs dans la bataille de la parnassa (ko'hi véotsem yadi assa li ét ha'hayil hazé).
Nos Sages enseignent que le moment le plus risqué pour renforcer cette orgueil (c'est grâce à MOI), a lieu lorsque notre estomac est plein (ex: on pense indirectement : c'est bon Hachem, je n'ai plus besoin de toi, je gère tout seul = car j'ai plus faim).
Précisément à ce moment là, un juif a le birkat hamazon qui lui permet de se reconnecter à l'humilité et à la gratitude.

-> Le rav Shimshon Pinkous enseigne qu'il existe moment où l'existence d'Hachem se manifeste le plus puissamment à tout celui qui y prête attention.
Il ne s'agit pas de Yom Kippour, ni de Shavouot. Mais, c'est le moment où une personne qui est faible et affamée va faire une bénédiction, elle va manger un morceau de pain et alors elle devient revigorée.
A ce moment, cette personne peut atteindre le plus haut niveau de certitude que Hachem existe, car elle mange directement des mains du Créateur, et elle vient de vivre un miraculeux retour de ses forces.
Le rav Pinkous appelle cela : "la reconnaissance du Créateur par le bais du miracle de manger" (hakarat haboré al yédé a'hilla).
Néanmoins, manger est une activité du quotidien, symbole de matérialité.
[en ce sens le birkat hamazon est une magnifique opportunité pour profiter de ce moment propice, et en tirer toutes les forces de certitude en Hachem.
Le Rambam (Hilkhot Avoda Zara 1,2) rapporte que malgré la culture d'idolâtrie environnante, Avraham a découvert l'existence d'Hachem en étudiant les merveilles naturelles du monde environnant.
Ainsi, en tant que ses descendants on peut prolonger ce comportement. Certes, on a fait une bénédiction avant de manger, mais c'est peut être en partie pour nous car on avait faim. Par contre, en prenant le temps d'apprécier et de remercier Hachem, alors on se saisit de cette opportunité pour renforcer notre découverte interne d'Hachem, à l'image d'Avraham.
En ce sens, l'essentiel d'un repas est le renforcement de notre lien avec Hachem que le birkat hamazon va permettre de renforcer.]

-> Le Zohar (Térouma 152) enseigne :
Lorsque Hachem a créé le monde, Il savait qu'il y aura une nation qui choisira de suivre la Torah.
Hachem voulait que Sa nation bien-aimée sache quotidiennement qu'Il l'aime plus que toute autre chose dans le monde, et ainsi Il a créé le besoin quotidien de manger.

[ex: chaque morceau de cookie porte le message suivant de la part d'Hachem : "Je t'aime".
En nous nourrissant, Hachem nous rend plus facile l'étape suivante : ouvrir nos yeux et reconnaître Qui nous nourrit.
Le birkat hamazon nous permet d'avoir en tête l'idée fondamentale : c'est Hachem uniquement qui nous nourrit. Cette conscience réveille alors notre reconnaissance, nous poussant à Le remercier pour Son attention et Sa bonté constantes à notre égard.]

-> Rabbi Shimshon Raphaël Hirsch (Ekev 8,11-18) enseigne :
"Le birbat hamazon introduit au sein même du processus banal de notre alimentation une conscience de la providence spéciale d'Hachem, qui a été complétement démontré dans le miracle de la manne.
Chaque morceau de pain mangé est considéré au même titre qu'un cadeau direct d'en-Haut [Hachem], de même que la manne était envoyée aux juifs dans le désert."

Le rabbi Nathan Scherman commente : "En apparence, la manne semble clairement un cadeau provenant du Ciel (Hachem), tandis que le pain est le résultat des efforts de l'agriculteur. Mais en réalité, ils sont identiques : c'est Hachem qui fournit".
Le rav Israël Najara enseigne que Hachem souhaite insuffler en chaque juif une croyance forte dans la Providence Divine, et c'est pour cela qu'Il nous a ordonnés de le remercier après avoir mangé (birkat hamazon), pour que l'on se renforce dans le fait qu'il n'y a absolument rien d'autre que Sa Force qui nourrit.

-> Dans le birkat hamazon, seule la première bénédiction est relative à la manne (notre subsistance), tandis que dans le restant des prières on va se focaliser sur notre amour et désir pour la terre d'Israël, pour Jérusalem, et pour le Temple.
Même avant de dire le birkat hamazon, nous exprimons notre désir pour la guéoula, avec le Tehilim d'introduction : "Chir hamaalot", ou "al naarot bavél".
Pourquoi cela?

Un père aimant ne souhaite pas uniquement délivrer de la nourriture à son fils de loin. Il désire énormément résider avec son fils sous le même toit, partager sa table et baigner dans l'amour de son enfant.
La terre d'Israël fait référence au Palais du Roi (Hachem).
De même que la nourriture témoigne de l'amour d'Hachem à notre égard, le fait de rappeler dans le birkat hamazon à plusieurs reprises la terre d'Israël et Jérusalem, cela réveille en nous une dimension supplémentaire de notre lien avec papa Hachem, car normalement nous devrions être réunis tous ensemble en terre d'Israël, ce qui arrivera très bientôt. b'h
[le birkat hamazon transmet l'idée que Hachem non seulement nous comble du meilleur, mais également Il désire ardemment que nous soyons au plus proches de Lui.
Le birkat hamazon nous donne donc non seulement des forces physiques, mais surtout des forces spirituelles, de la fierté d'être juifs, fils adorés du Maître du monde, Hachem.]

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[parfois on préfère éviter de manger du pain, content de notre stratagème pour se décharger de devoir réciter le birkat hamazon. Mais plutôt que de le fuir, on doit courir, sauter sur l'occasion pour le faire! ]

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-> b'h, également sur le Birkat haMazone : http://todahm.com/2013/12/01/birkat-hamazone