On a demandé à un sage : « Que peut faire une personne pour soulager son désir de revanche, puisque la Torah interdit de se venger? »

Il a répondu : « Faites quelque chose pour vous améliorer. Lorsque vous deviendrez une personne meilleure, cela tourmentera vos ennemies au plus haut point. »

[rabbi Avraham Twerski]

-> « Tu ne te vengeras pas et ne garderas pas rancune » (Kédochim 19,18)

« Tu ne te vengeras pas et ne garderas pas rancune » (Kédochim 19,18)

-> Cette mitsva est destinée à faire prendre conscience à l’homme que tout événement, bon ou mauvais, est une réponse de D. à ses propres agissements.

Si quelque le blesse ou l’insulte, il doit savoir que ce sont ses fautes qu’il faut incriminer et que c’est Là-Haut que tout ce qui lui arrive à été décidé.
Il est donc absolument vain de se venger de l’homme qui n’est qu’un agent de D.

[Séfer ha’Hinoukh – mistva 241]

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-> A Chimi ben Guéra qui l’avait insulté avec insolence et l’avait maudit, le roi David a répondu : « S’il m’insulte ainsi, c’est que D. lui aura inspiré d’insulter » (Chmouël II 16,10).

[Chimi était un descendant de la famille de Chaoul, persuadé que David avait usurpé le trône, et régnait illégalement]

[même si l’agent de nos souffrances devra rendre des comptes à D., la source de nos ennuis se trouvent en nous-même, et accuser autrui c’est se focaliser sur le bâton et non celui qui le tient (Hachem), et ce pour notre plus grand bien ultime.]

« Qui est le véritable héro?
Celui qui transforme son ennemi en ami. »

[Avot déRabbi Nathan – chap.23]

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-> « Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis Hachem » (Kédochim 19,18)

Peut-on vraiment ordonner à une personne d’aimer une autre personne?
Si la Torah fait suivre ce commandement par les mots : « Je suis Hachem », c’est parce que Hachem est prêt et désire [ardemment] nous aider à réaliser cette mitsva, à l’unique condition que notre désir soit sincère.
[Sfat Emet]

[de plus, tous les juifs sont liés les uns les autres. En remplissant son cœur d’amour pour un autre juif, alors à l’image de l’eau qui reflète notre visage, le cœur d’autrui va être affecté positivement par notre amour à son égard.]

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[« Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur » (Kédochim 19,17)]

Le rav ‘Haïm Kanievsky (Or’hot Yocher) dit que lorsque l’on voit son prochain mal se comporter, plutôt que par ses fautes il devienne un ennemi, nous devons plutôt faire de lui une personne aimée aux yeux de Hachem et des autres, [en agissant avec amour ou priant pour qu’il quitte son mauvais chemin.]

« Tu réprimanderas ton prochain et ne porteras pas de faute à cause de lui » (Kédochim 19,17)

-> Si un sage en Torah (talmid hakham) est bien-aimé par les habitants de sa ville, ce n’est pas en raison de sa supériorité [en sagesse], mais plutôt parce qu’il ne leur fait pas de remontrance dans les sujets du Ciel.
[il est bien-aimé car il n’est pas strict avec eux au sujet de leur observance des mitsvot]
[Abbayé – guémara Kétoubot 105b]

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-> Un rav dont la communauté ne souhaite pas le départ n’est pas un rav.
Et un rav qui a été renvoyé par sa communauté n’est pas un homme. »
[Rav Chakh au nom du Maharil Diskin]

[Habituellement, les gens n’aiment pas recevoir de remontrances, et c’est pour cela qu’ils préfèrent avoir un rav de communauté qui les laisse « tranquilles » dans leurs agissements.]

-> Le Ohr ha’Haïm commente :
« La réprimande réveille souvent un sentiment d’hostilité. Néanmoins, cela ne doit pas décourager un rav/rabbi de protester contre de mauvaises actions.

Il est mauvais que le rav/rabbi reste silencieux et se dise : « Pourquoi ai-je besoin de cet embarras? Pourquoi devrais-je créer de l’animosité et des différends dans ma communauté? »

Il doit avoir confiance dans la bonne volonté des gens et il devrait se dire à lui-même : « Je vais les réprimander comme il le faut, et je suis persuadé qu’ils sont assez honnêtes pour accepter la vérité sans garder de rancune à mon égard ». »

[il faut agir avec beaucoup de sagesse pour s’assurer que la remontrance porte, b »h, des fruits positifs.]

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+ b’h, quelques autres divré Torah sur le sujet de la réprimande :
-> https://todahm.com/2016/10/18/la-remontrance

-> https://todahm.com/2015/03/17/reprimander-autrui

-> https://todahm.com/2014/11/19/le-reproche

-> https://todahm.com/2018/05/30/6468

-> https://todahm.com/2018/08/08/6972

-> https://todahm.com/2018/01/02/5918

-> https://todahm.com/2014/05/18/1429

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-> Le déluge à l’époque de Noa’h est appelé : « les eaux de Noa’h » (Yéchayahou 54,9), car le déluge aurait pu être évité si Noa’h avait réprimandé sa génération.
[Imré Séfer]

-> Tout celui qui néglige de réprimander son prochain, porte ses fautes avec lui.

Tous les juifs partagent un compte commun, dans lequel chacun des membres se partage la responsabilité du comportement moral les uns des autres.
Il faut prendre cela au sérieux à l’image d’un emprunt collectif, car si nous ne nous assurons pas qu’autrui paie bien sa part, alors nous la paierons à sa place.
[Kli Yakar – Kédochim]

[tous les juifs sont liés les uns aux autres, et le comportement de chacun impacte par ricochet la collectivité et chaque juif individuellement.
Par ailleurs, la mitsva d’aimer son prochain comme soi-même, et celle d’aimer Hachem (tsélem élokim = l’âme), nous obligent à désirer que notre prochain puisse avoir le meilleur monde à venir, en se comportant au mieux dans ce monde, et cela passe par la nécessité de le réprimander.
Comment rester insensible lorsqu’un de nos frères/sœur juif détruit son monde futur par ses actions?]

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-> Lorsqu’une personne fait une remontrance à autrui d’une manière pleine de miséricorde, témoignant de la préoccupation pour l’âme de son prochain, cela amène du plaisir à Hachem.
A la fois l’émetteur et le receveur de la réprimande sont bénis.
[midrach Tana déBé Eliyahou rabba – chap.3]

-> Une personne qui accepte avec amour les remontrances, démontre qu’elle est humble, et la Présence Divine réside alors sur elle.
[Rav Pinh’as de Koretz – dans le Ménorat Téhora]

-> De nombreux tsadikim comme le Maharcha, le Gaon de Vilna et le Baal haTanya, avaient des professionnels pour les réprimander.
D’ailleurs, selon Rabbénou Bé’hayé (Nitsavim) le fait d’être content [et d’avoir de la gratitude] lorsque l’on nous fait remarquer des points à améliorer, c’est un signe de bons traits de caractère.

[nous devons apprécier tout particulièrement ceux qui nous font des reproches constructifs, car ils nous permettent de prétendre au meilleur dans l’éternité du monde à venir.]

Le Rosh (Or’hot ‘haïm 45) enseigne que nous devons nous réjouir lorsque des reproches positifs nous sont adressés.
[certes, une critique n’est pas agréable sur le moment, mais il nous sera bien plus honteux d’avoir des défauts pour l’éternité dans le monde à venir.
Plutôt que de faire toute sa vie d’une mauvaise façon, aucun la modifier est agir d’une façon bénéfique sans forcément plus d’effort de notre part, juste la bonne habitude qui se met en place!]

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-> Toute personne qui fait une remontrance devra toujours faire bien attention à ne pas dépasser la fine ligne menant à émettre une critique contre les juifs [en général].
[le ‘Hida – Dvach léPhi]

-> Le rav Eliyahou Lopian (Lev Eliyahou), lorsque ses enfants ou ses étudiants ne se comportaient pas comme il le fallait, il ne les disciplinait pas immédiatement par peur que la réprimande ne soit salie/polluée par de la colère.

C’est uniquement lorsqu’il était certain que sa colère avait totalement disparu qu’il agissait.
Une fois, il a attendu 2 semaines avant de faire une remarque à l’un de ses enfants, sur sur mauvais comportement.

-> Le rabbi ‘Haïm Friedlander compare une personne à un diamant.
Pour retirer la poussière d’un diamant, on ne doit pas utiliser une brosse dure qui va créer de minuscules rayures (des critiques), mais plutôt essuyer la pierre avec une brosse très douce (des encouragements et de la bienveillance). Alors, le diamant brillera plus fortement qu’auparavant.

-> L’Alter de Kelm fait remarquer que lorsqu’un élève est réprimandé 2 ou 3 fois et que l’on ne constate pas d’amélioration, on ne doit pas se mettre en colère.
A la place, il faut se demander : « Ai-je réussi à corriger mes défauts en 2 ou 3 essais? »

[de même que nous sommes tolérant envers nous-même, de même dans nos attentes avec autrui]

-> Lorsqu’un professeur de la yéchiva de Sochatchov avait besoin d’être réprimandé, le rav Kowalsky exprimait des louanges sur les actions de l’enseignant jusqu’au point où son visage rayonnait de joie.
Il délivrait alors rapidement son reproche, en disant à quel point il était dommage qu’une situation si parfaite puisse être entachée par un problème si facilement modifiable.

Le ‘Hatam Sofer agissait également en ce sens, où à l’image d’un sandwich, il enrobait habilement sa réprimande de plusieurs couches de tranches de louanges.

-> Le Kédouchat Lévi (‘Houkat) décrivait la personne en des termes agréables, rappelant son origine Divine (l’âme) et sa grandeur inhérente, et la joie que Hachem tire de ses bonnes actions.
Il tirait le cœur du fauteur vers Son Père au Ciel.

De même, l’Alter de Slabodka insistait sur la grandeur de l’homme, qui est créé à l’image de Hachem.

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-> Personne n’aime qu’on lui dise quoi faire.

Une réprimande (tokhakha – תוֹכָחָה) provient du même mot que : une preuve (hokhakha – הוֹכָחָה).
Il faut donc amener autrui à se rendre compte lui-même de la vérité, ce qui va éliminer sa réaction naturelle d’auto-défense.
La nécessité de changer devient un choix personnel dans l’intimité, et non imposé (donc potentiellement rejeté par orgueil personnelle : je fais ce que je veux!).

-> Le Ben Ich ‘Haï dit que l’on peut préserver sa dignité en employant une parabole, une histoire de quelqu’un d’autre dans la même situation, …
Puisqu’il n’est pas visé directement, il va être beaucoup plus ouvert (non sur la défensive) pour être réceptif au message.

-> Le risque de la remontrance est d’installer l’idée suivante : c’est un fauteur, tandis que moi je suis davantage parfait, meilleur que lui!
Il peut être bien d’admettre que nous avons également fauté, et que du coup nous ne faisons que partager des conseils d’ami pour lutter contre le yétser ara.
[traitement entre amis, d’égal à égal dans la faute!]

-> Rabbi Aharon Kotler fait remarquer que les actions peuvent parler davantage que les mots dans un but d’influencer les autres. Ainsi, le fait de donner un bon exemple est également une forme de remontrance (si lui agit d’une si belle façon, alors pourquoi pas moi!).

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-> La guémara Baba Métsia (31a) affirme : « Réprimande-le même 100 fois, s’il le faut! »

Selon le Saba de Kelm, il ne faut pas émettre une remontrance d’un coup, en une fois, mais plutôt la morceler, et l’adresser par petites doses.

Le Ralbag dit qu’en voulant trop donner d’un coup, au final il n’arrivera à rien digérer. Il faut y aller étape par étape en fonction de ce qui est raisonnable et acceptable pour cette personne.

Le ‘Hafets ‘Haïm compare cela à une prescription de médicaments, qui se prend par de nombreuses petites doses sur une certaine période.

[nous devons prendre en compte l’état actuel de la personne (fatiguée? heureux dans sa vie? …), sa réaction aux reproches, la taille de la remontrance à ses yeux, … et en fonction de tous les paramètres nous devons établir une prescription de médicaments (avec plein de sucre autour pour dissiper le goût amer) pour qu’il guérisse, qu’il prenne conscience de son mauvais comportement.]

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-> « Une personne voit tous les défauts, à l’exception des siens » [michna Négaïm 2,5]

-> « Se trouve-t-il un seul individu, dans cette génération, qui soit apte à faire des remontrances?
Il voit la paille dans l’œil du voisin, et ne voit pas la poutre dans le sien! »
[Rabbi Tarfon – guémara Arakhin 16b]

-> Selon le Malbim, il y a 3 conditions qui sont nécessaires chez celui qui souhaite corriger son prochain : avoir un comportement irréprochable ; avoir un état d’esprit irréprochable ; et avoir une façon de réprimander qui ne fait pas honte à autrui en public.

-> La rabbanite Feldbrand écrit qu’avant de faire un reproche, on doit se demander :
– est-ce que cela doit être dit (parfois il vaut mieux se taire)?
– est-ce que je dois être celui qui le dit?
– à qui vaut-il mieux le dire?
– quelle est la meilleure manière/approche pour le dire?
– où et quand le dire?
Elle conclut que le plus important est au préalable de prier Hachem pour y réussir.

-> Le Mé haChiloa’h affirme que si l’on pense que notre réprimande n’aura pas d’effet positif, il vaut mieux s’engager dans une démarche de juger positivement autrui.

-> Rabbi Na’hman de Breslev (Likouté Moharan 2,8) nous enseigne que si celui qui émet des reproches n’est pas à un bon niveau spirituel, alors sa remontrance n’atteindra pas un effet positif, et au contraire à la place elle peut causer des dommages spirituels.

-> Selon le rav Yéhouda Zev Segal, lorsque nous voyons notre prochain fauter, cela doit nous pousser à le réprimander comme si nous sauvons un proche de la noyade.
Mais cela n’est possible que si l’on traite déjà soi-même cette faute dans sa vie personnelle avec la plus grande des sévérités.

[il faut avoir à l’esprit que nous avons tous une tendance accrue à fauter dans des domaines différents. Ce qui est facile pour moi, peut être très dur pour autrui, et je dois en tenir compte!]

« Devant une personne âgée tu te lèveras et tu honoreras la présence d’un sage et tu craindras ton D., Je suis Hachem » (Kédochim 19,32)

-> Selon Choulkhan Aroukh (Yoré Déa 244,1), il s’agit de 2 commandements différents :
– l’un, de se se lever et d’honorer toute personne âgée de 70 ans et plus, même si ce n’est pas un érudit ;
– l’autre, de se lever et d’honorer un sage en Torah, même s’il est jeune.

-> Le Ktav Sofer dit que si une personne est les 2 à la fois, alors nous devons lui témoigner un honneur supplémentaire afin d’exprimer qu’on le fait pour ses 2 qualités.

-> Le Panéa’h Raza fait remarquer que le mot : « chéva » (une personne âgée – שֵׂיבָה) a la même guématria que : « Avraham Avinou »(אברהם אבינו).
Cela nous indique que nous n’avons pas d’obligation de nous lever devant une personne âgée qui serait racha/impie (telle est la loi juive).

-> Une personne importante doit essayer d’éviter de marcher devant des personnes qui sont assises.
En effet, lorsqu’elles se lèveront pour lui, cet honneur lui sera pris de ses mérites.
Une personne ne doit pas rechercher l’honneur, mais plutôt toutes ses actions doivent être léchem chamayim (pour Hachem).
[le Séfer ‘Hassidim (תק »פ)]

-> A ce sujet le Nétsiv (HaEmèk Davar) rapporte le midrach (Bamidbar rabba 15,17) : Rabbi Abba haCohen bar Papa dit que lorsqu’il voyait un groupe de gens assis, il prenait un autre chemin afin de ne pas les déranger, car il savait qu’en passant à proximité ils se lèveraient pour l’honorer.

Lorsque Rabbi Abba rapporta cela à Rabbi Yossi bar Zévida, ce dernier (Rabbi Yossi) lui répondit qu’il vaut mieux permettre aux gens de se lever devant lui, car en agissant ainsi il amène de la crainte de D. (yirat chamayim), comme l’affirme le verset : « tu honoreras la présence d’un sage et tu craindras ton D. »
[en permettant à autrui d’honorer un sage, alors tu lui permets également d’en venir à davantage craindre Hachem!]

Le Nétsiv dit que l’on peut apprendre d’ici que la récompense d’honorer les personnes âgées et les sages en Torah, est de renforcer sa crainte en D.
Cependant, celui qui ne craint pas les personnes âgées et les sages, alors il ne craindra pas son Créateur.

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+ « Devant une personne âgée tu te lèveras et tu honoreras la présence d’un sage »

-> Nous rendons ainsi hommage à l’intellect humain qui a mûri avec les expériences de la vie (personnes âgées), et la sagesse de la vie provenant des mots de Hachem (les Sages en Torah).
Nous rendons hommages à ceux qui possèdent ces qualités en se levant devant eux et en les honorant.
[Rav Shimshon Raphael Hirsch]

-> Le Séfer ha’Hinoukh (257) enseigne :
Le but principal pour lequel l’homme a été créé, est afin qu’il en vienne à reconnaître Son Créateur.
Ainsi, il est bien d’honorer ceux qui ont atteint ce niveau (les sages en Torah), ce qui va entraîner d’autres à vouloir atteindre également ce niveau. [en les honorant, on témoigne que c’est un modèle ultime à atteindre pour tout juif!]

Une personne âgée qui n’est pas sage en Torah, est également inclue dans cette mitsva, car au travers les années elle a certainement reconnu le travail/l’implication et les merveilles de Hachem (ex: qu’est-ce que la nature est belle, qu’est-ce que le corps humain est bien fait, …).

D’ailleurs, c’est pour cela que l’on ne doit pas honorer une personne âgé qui est impie, car elle n’a pas retiré ce genre de réflexion de la vie.

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-> Un homme est composé à la fois d’une partie physique et d’une partie spirituelle.
C’est son composant spirituel qui le rend digne de respect.

Une personne qui étudie va nourrir son âme, au point où le spirituel devient l’essentiel et le corps accessoire. Une telle personne [qui s’élève vers D.] mérite d’être honorée.

Nous devons également honorer une personne âgée, car puisque son corps devenant de plus en plus faible, alors son esprit va devenir dominant, et une telle personne est digne de respect.

[Gour Aryé]

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-> « Devant une personne âgée tu te lèveras et tu honoreras » = mipéné chéva takoum, véadarta (מִפְּנֵי שֵׂיבָה תָּקוּם וְהָדַרְתָּ).

Le Zohar affirme qu’une personne doit se lever avec force et se rappeler de son Créateur avant de devenir vieux. [devant toi vieux = lève-toi et vis en temps que juif, et non endormi dans les illusions du yétser ara ]

Les lettres finales de ces 4 mots du verset forment : « mita » (la mort – מיתה).
Le verset peut ainsi se comprendre : « Tu dois te lever avant ton vieux âge » = il faut se renforcer à faire téchouva, à surmonter son yétser ara (qui nous dit : reste assis/allongé, tu as ta vie devant toi!) alors que nous sommes jeunes, car on se sait jamais quand nous mourrons, et nous pourrions alors ne plus avoir l’occasion de faire téchouva.

[le ‘Hida – ‘Homat Anakh]

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-> La guématria du mot : « chéva » (une personne âgée – שֵׂיבָה) est la même que : « yétser tov » (יצר טוב).

Le mot : « zakén » (זקן – litt.vieux – ici traduit par : un sage (zé kana ‘hokhma)) fait référence au « yétser ara », qui est appelé ainsi (Kohélet 4,13 : « un roi vieux et stupide » – mélé’h zakén ou’hssil).

=> Nous devons élever notre yétser tov, et dominer notre yétser ara.

[Sifté Cohen]

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-> « Devant une personne âgée tu te lèveras »

Rabbi ‘Haïm Paltiel affirme que ce verset contient une allusion à la coutume de se tenir debout lorsque l’on récite dans le Kadich : « amen yéhé chémé (שמיה) raba ».

En effet : « devant une personne âgée » = mipéné chéva (מִפְּנֵי שֵׂיבָה) : les 1eres et dernières lettres forment : שמיה.

=> lorsque le mot « chémé » du Kaddich est récité, « tu te lèveras ».

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-> La guémara (Shavouot 30b) enseigne que l’on est également obligé de témoigner du respect à la femme d’un sage en Torah.

=> En quoi l’honneur de la femme d’un sage, est plus strict que celui de son mari?

Le Min’hat ‘Hinoukh cite la guémara (Kidouchin 32a-b), qui établit que bien qu’un sage en Torah peut renoncer à l’honneur qui lui revient, un roi ne peut pas le faire. En effet, un sage en Torah a acquis ses connaissances par ses propres efforts, et il peut ainsi renoncer l’honneur dont sa sagesse lui donne droit.

L’honneur que l’on doit témoigner à la femme d’un sage en Torah, ne lui appartient pas intrinsèquement, mais c’est plutôt une forme de respect pour son mari. C’est pourquoi, bien qu’il puisse renoncer à l’honneur que d’autres lui témoignent, sa femme ne doit pas abandonner cet honneur.

[Il y avait 2 grands tsadikim qui allaient donner un cours devant une foule de personnes.
L’un proposa de passer par l’arrière afin d’éviter au maximum les honneurs.
L’autre lui a répondu, cela ne doit pas se faire au détriment de nos femmes qui sont présentes, et dont l’honneur que l’on nous témoignera leur sera une source immense de satisfaction/joie (tu as vu qui est mon mari!).

=>Seul Hachem peut juger si au fond de notre cœur nos actions sont léchem chamayim ou bien pour notre égo.]

« Un homme craindra sa mère et son père, et Mes Shabbat vous observerez » (Kédochim 19, 3)

-> Le Zohar enseigne que quand un homme trouve des ‘hidouchim de la Thora pendant Shabbat, dans le Ciel on couronne ses parents (quand ils sont déjà morts) dans l’autre monde.
Cela est en allusion dans ce verset qui juxtapose le respect des parents et celui du Shabbat. Car si un homme souhaite honorer ses parents, alors il lui convient d’honorer le Shabbat en y trouvant des ‘Hidouchim.
[‘Hida]

-> Le Ari Zal (rapporté dans Chaaré Téchouva) affirme également qu’une couronne spéciale est créée pour le père [et mère] de celui qui étudie une nouvelle idée de la Torah le Shabbath.

Le Yéssod véShoresh haAvoda (Bémaalot haShabbath) rapporte qu’en plus, D. embrasse la tête de ce même père [et mère].

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Précisions sur la notion de ‘hidouch : nouveauté en Torah :
-> Selon le Chaaré Téchouva, si quelqu’un ne peut pas être créatif, s’il apprend quelque chose qu’il n’a jamais étudié auparavant, ce sera également qualité de ‘hidouch.

-> Le Yessod véShorech haAvoda (Chaar 8,12) dit que toute nouvelle inspiration conduisant à améliorer ses midot, son caractère ou tout bon comportement que l’on accepte sur soi, est aussi considéré comme un ‘hidouch.

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-> Le Réchit ‘Hochma (Chaar Kédoucha 3,4-7) enseigne :
« Après Shabbath, lorsque l’âme supplémentaire quitte le royaume physique pour retourner dans le Ciel, D. lui demande : « Quel ‘hidouch (idée nouvelle) de Torah as-tu entendu? »

Le Zohar qui déclare : « Combien est bienheureuse l’âme qui peut réciter des ‘hidouché Torah devant Hachem.
D. se réjouit énormément et rassemble tous ceux qui se trouvent dans Son palais et s’exclame : « Nous avons entendu une idée perspicace transmise par l’âme de cette personne! »

Tout le palais et tous les anges écoutent le ‘Hidouch.
Mais si l’âme n’a pas de ‘hidouch à raconter au palais Céleste, elle en a honte et ensuite les anges s’affaiblissent, pour ainsi dire. »

Le verset dit : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur » (Kédochim 19,17).

Celui qui haït un juif, même si c’est uniquement en son cœur, même si sa haine n’entraîne aucune nuisance à autrui, et même s’il ne parle pas en mal de lui, et bien par cela (haïr en pensée un juif) il transgresse un commandement négatif [de la Torah].

[le Baal Chem Tov]