"Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis Hachem" (וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ אֲנִי יְהוָה - Kédochim 19,18).

-> Le rabbi de Belz commente :
ce verset nous apprend comment retirer la Rigueur de notre vie.
Lorsqu'il y a de l'unité parmi les juifs (וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ) alors le mot כָּמוֹךָ, qui a la même guématria que Elokim (le Nom d'Hachem représentant le Jugement, la Rigueur), devient alors אֲנִי יְהוָה (qui est le Nom Divin de compassion, de la miséricorde).
De même, la guématria de "aava" (amour - אהבה) est de 13, et lorsque 2 juifs ont de l'amour l'un pour l'autre, alors nous avons 2 fois 13 soit 26, la valeur numérique du Chem Havaya (יהוה).

-> "Lorsque 2 juifs se rapprochent dans un amour et une attention réciproques, alors la Présence Divine descend sur eux.
Lorsque "Tu aimeras ton prochain comme toi-même ..." alors "... Je suis Hachem [Je me joins à eux]" (Kédochim 19,18)"
[rabbi Ména’hem Mendel de Kossov]

-> Si un juif aime l’autre, alors Hachem dit : "Je suis le 3e!"
[rabbi Avraham de Slonim - Kédochim 19,18]

"Ne va point colportant parmi ton peuple, ne sois pas indifférent au danger de ton prochain : Je suis Hachem" (Kédochim 19,16)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
De ce verset nous apprenons 2 conduites morales essentielles : ne pas aller dire du mal des autres et ne pas laisser un quelconque mal atteindre son prochain.
Mais il y a une seconde lecture plus profonde de ce verset, on peut y lire aussi d’une manière plus littérale qu’il est interdit de dire du mal non pas que "parmi ton peuple" mais "à propos de ton peuple" (béamékha), c’est-à-dire qu’on vient ici exclure le droit de dire du mal du peuple en entier, comme on voit que le prophète Yéchayahou l’avait fait et en avait été puni, comme il est écrit : "Et je me dis : Malheur à moi, je suis perdu! Car je suis un homme aux lèvres impures, je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, Hachem-Tsevaot!" (Yéchayahou 6,59).
Yéchayahou fut ensuite punit pour cette parole, même s’il n’avait pas eu l’intention de colporter ou de dire du mal.
Il en fut de même pour Eliyahou Hanavi (Méla'him 1,19) et Ochéa Hanavi (guémara Pessa'him 87b).

Deuxième conduite cachée dans ce verset : "Al ta'Amod" (ne te tiens pas indifférent) [ici] veut aussi dire "ne prie pas", car Amida veut dire Téfila. On voit ici que, si un racha qui mérite l’appellation de "ton prochain" car juif comme toi, s'il se réveille en toi l’envie ou l’idée de prier pour sa mort, retiens toi. Et apprend du verset : "Que les péchés disparaissent de la terre" yitamou 'hata'im min aarets - Téhilim 104,35).
Il n’est pas dit les pêcheurs, mais les péchés. Donc prie plutôt pour son salut, qu’il fasse téchouva et vive. Comme on l’a vu (guémara Béra'hot 10a) pour les réchayim qui faisait souffrir Rabbi Meir, il a voulu prier pour leur mort et sa femme Brouria lui conseilla de prier pour leur téchouva et ils firent téchouva.
[b'h, également à ce sujet : http://todahm.com/2019/02/14/8428-2 ]

"Tout homme parmi les Bné Israël et le converti séjournant parmi Israël, qui donnera [quelqu'un] de sa descendance au Molé'h, sera mis à mort" (Kédochim 20,2)

-> Parmi les diverses sortes d'idolâtrie (avoda zara), la Torah évoque le service d’une divinité appelée Molé'h. Elle interdit de faire "passer son enfant au Molé'h".
Le Séfer ha’hinoukh (mitsva 208) décrit le rituel prohibé : les parents de l’enfant l’amenaient au prêtre du Molékh et montraient l’enfant à l’idole, puis ils allumaient un grand feu devant elle. Le prêtre ramenait ensuite l’enfant à son père qui le faisait passer à travers le feu, devant le Molé'h.
Le Séfer ha'Hinoukh rapporte un débat entre les Richonim quant au sort de l’enfant lors de cette pratique.
Rachi et le Rambam estiment que l’enfant passait rapidement dans le feu et n’était pas tué. Cependant, le Ramban pense que l’enfant mourrait brûlé. Selon cet avis, en dépit de la dépravation des idolâtres, il convient d’expliquer le but de cet acte barbare et comment un père pouvait tuer son fils pour la avoda zara.

Pour répondre à ces questions, analysons une autre loi de la Torah concernant le culte du Molé'h.
Le Séfer ha'Hinoukh souligne que la punition n’était appliquée que si la personne sacrifiait une partie de ses enfants. En revanche, si elle sacrifiait tous ses enfants elle n’était pas sanctionnée. Comment cela se fait-il?

Il explique ce paradoxe, ce qui nous aide à comprendre comment un individu pouvait tuer son fils en servant le Molé'h. Il précise que les prêtres du Molé'h promettaient aux parents que s’ils sacrifiaient l’un de leurs enfants pour ce dieu, ils bénéficieraient d’une "bénédiction" pour leurs autres enfants, qui auraient tous une belle vie.
Évidemment, c’était faux, mais nombreux furent ceux qui tombèrent dans le piège et qui furent prêts à sacrifier un enfant en faveur de ses frères. Puisque le culte classique consistait à ne pas sacrifier tous ses enfants, celui qui agissait de la sorte n’était pas sanctionné malgré son acte odieux.

=> Ceci explique comment des parents pouvaient faire tuer leur enfant : ils se souciaient en réalité du bien-être de leurs autres enfants.
En quoi est-ce pertinent dans notre vie?
Nous ne sommes aucunement tentés de servir des idoles, surtout si cela demande de tuer des enfants. Pourtant le rav ’Hanokh Plotnik affirme que cette idée peut s’appliquer dans nos vies, quoique de façon moins drastique.

Les parents désirent parfois "sacrifier" un enfant pour le bien-être de ses frères et sœurs. La vie ne peut rien garantir et l'on ne choisit pas ses enfants. Nous souhaitons tous voir chacun de nos enfants devenir un érudit en Torah, un Grand de la génération future. Mais tous les enfants ne sont pas forcément destinés à cela.
Parfois, une yéchiva de premier, voir de 2e rang, n’est pas adaptée à l’enfant ; celui-ci n’est pas en mesure de tenir le rythme d’une étude si intensive. Mais certains parents s’entêtent : "Non! Notre fils doit étudier dans CETTE Yéchiva. Parce que s’il entre dans un autre type d’institution, ses frères et sœurs auront du mal à se marier". Bien qu’il vivra une expérience difficile dans cette yéchiva, les parents estiment qu’il doit y entrer pour le bien-être de ses frères et sœurs.

Le rav Plotnik montre que parfois, l’erreur est de vouloir, consciemment ou non, placer l’enfant dans un danger spirituel pour le bien des autres. Ce cas n’est qu’un exemple. Il existe d’autres situations où un parent n’agit pas pour le bien de l’enfant, mais pour la réputation de la famille et pour mériter la considération des autres.
[les parents veulent que leurs enfants soient ce qu'ils auraient voulu être, ou bien ce qui leur permettra d'être bien vu dans la société (signe de réussite dans l'éducation s'il a tel métier), ... et par cela on "sacrifie" l'enfant tel qu'il est réellement. On ne veut pas le mieux de l'enfant, mais le mieux pour soi-même. (on le grille/brûle devant le dieu molé'h de notre génération [l'égo, le que dira-t-on, ...])]

-> Le rav Yéhonathan Gefen enseigne :
Si les parents montrent qu’ils acceptent et qu’ils aiment cet enfant [sur le déclin spirituel] en dépit de ses choix de vie, non seulement ce dernier verra qu’on lui voue un amour inconditionnel, mais ses frères et sœurs le comprendront également. Par conséquent, ils réaliseront que l’amour des parents à leur égard est également inconditionnel.
En revanche si les parents font preuve de moins d’amour et d’égards envers l’enfant qui fait "fausse route", les autres auront moins confiance en l’amour de leurs parents. Ainsi le fait de sacrifier un enfant en le renvoyant ostensiblement de la maison "pour le bien des autres", peut avoir un effet négatif également sur ces derniers.
Puissions-nous tous mériter d’élever chacun de nos enfants de la façon qui lui est la plus adaptée.

Lachon ara

+ Lachon ara :

-> En réfléchissant, on s’aperçoit que la pratique des mitsvot de juger autrui favorablement et de garder sa langue dépend de la pratique de la mitsva positive : "Aime ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18).
En effet, si l’on aime véritablement le prochain, on ne dira certainement pas du lachon ara sur lui, et on cherchera de toutes ses forces à le justifier.
On se représentera que si l’on avait fait soi-même quelque chose de mal, que des gens aillent le raconter, et qu’on se connaisse une excuse, ce n’était pas exprès ou toute autre raison, combien on désirerait qu’il se trouve quelqu’un qui nous justifie, pour ne pas être tellement humilié!
C’est tout à fait de cette façon qu’il faut se comporter avec autrui.
['Hafets 'Haïm - Chmirat haLachon - Chaar haTévouna chap.5]

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-> Dans le Pirké de Rabbi Eliezer, nous trouvons ces mots du testament qu’il adressa à son fils Horkenos : "Mon fils! Ne prends pas place parmi les gens qui médisent de leur prochain, car lorsque leurs paroles arrivent en haut, elles sont écrites dans le Livre et tous ceux qui se trouvent présents y sont inscrits sous le nom de membres d’un clan de méchants (racha) et de médisants."

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-> "Tu n’iras pas colporter le mal dans ton peuple" (Kédochim 19,16)

Le Zohar (Nasso 121b) enseigne :
Rabbi Abba a dit : lorsque les gens dorment, goûtent à la mort [le sommeil étant 1/60e de la mort] et que l’âme s’élève au ciel, elle se tient là où elle se tient, on l’examine sur ses actions de la journée et on les écrit dans un registre.
Pourquoi les écrit-on dans un registre ?
Parce que l’âme monte et témoigne des actions de l’homme et de chaque parole qui sort de sa bouche.
Lorsque la parole qui est sortie de sa bouche est correcte, comme des paroles de sainteté, d’étude de la Torah ou de prière, elle monte et se tient là où elle se tient jusqu’à ce qu’arrive la nuit, alors l’âme monte, saisit cette parole et l’introduit devant le Roi [Hachem].
Mais quand elle n’est pas correcte et fait partie des paroles interdites, comme le lachon ara, elle monte là où elle monte, et alors elle est inscrite comme une accusation pour l’homme.

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-> Le ‘Hafets ‘Haïm a dit : "On s’adresse à moi avec des questions dans tous les domaines de la Torah, même des choses qu’il est très simple de permettre, ou des sujets dans lesquels il y a diverses raisons de se montrer sévère, et c’est seulement dans le domaine du lachon ara qu’on ne vient pas encore me poser de questions.
Je ne comprends pas pourquoi on ne vient pas me demander s’il est permis ou interdit de dire telle chose, et j’écrirais une longue réponse avec des sources tirées des versets jusqu’à ce qu’il soit clair si la chose est permise ou non".

[notre yétser ara fait tout pour que l'on minimise cette faute si grave (ça va, c'est que des paroles!)]

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-> "Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël" (Nasso 7,23)

Rachi explique que la bénédiction (des Cohanim) doit se faire "en langue sainte", c'est à dire en Hébreu.

Mais d'après le Tiferet Chelomo cela suggère aussi que pour qu'une bénédiction ait de l'effet, il faut sanctifier sa langue. Une bénédiction qui sort d'une bouche qui prononce des paroles interdites (médisance, mensonge, moqueries, ...), n'aura pas tant d'effet. Mais celui qui sanctifie sa langue pour ne prononcer que des paroles permises ou même sacrées (étude de Torah, prière, bienveillance...), alors Hachem valorisera sa parole, et ses bénédictions auront une grande force.
Pour avoir le plus d'effet, la bénédiction doit donc provenir d'une "langue sainte".

[ainsi plus nous utilisons notre bouche pour dire du lachon ara, plus nous réduisons notre force de prière!]

"Juge ton semblable équitablement" (Kédochim 19,15)

-> Nos Sages ont dit : "Juge ton prochain favorablement" (Chevouot 30b).

Rabbi Yéhochoua Leib Diskin enseigne :
Apparemment, comment pouvons-nous nous mentir intérieurement en jugeant les gens favorablement dans tous les cas, même si nos yeux voient qu’ils ont fait le contraire? Quel est donc le sens de cette mitsva?

C’est que les Sages ont dit (au début de la guémara Taanit) : "Celui qui est insolent finit par tomber dans la faute" = Cela signifie que la honte sert de frein et d’obstacle à la faute. Une fois qu’on a franchi les barrières de la pudeur et de la honte, il n’y a plus rien qui nous empêche de transgresser, ainsi qu’il est dit : "C’est un bon signe pour l’homme d’être réservé, il ne fautera pas rapidement".
Il en va de même de l’influence sur les autres. Le premier qui faute brise totalement la barrière de la honte.
Celui qui vient ensuite n’a déjà plus besoin de beaucoup d’insolence comme lui pour fauter, et le troisième encore moins, une fois que la barrière a été brisée devant eux.

C’est la raison de la gravité de la faute de la profanation du Nom de Hachem. Celui qui faute en public affaiblit l’intensité de la crainte et de la honte qui ont été gravées en l’homme en ce qui concerne les fautes, et il pousse donc les autres à les commettre.
=> A présent, on comprend que le conseil que nous ont donné les Sages de juger favorablement a nous-mêmes pour but, afin qu’il n’y ait pas dans notre cœur de possibilité de briser la barrière de la honte. En effet, une fois que nous serons certains que tout le monde est tsadik, comment oserions-nous nous lever les premiers pour fauter?
Alors que si l’homme essaie de trouver des reproches à faire à chacun, alors quand viendra un moment de faiblesse, il risque davantage de trébucher.

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-> "Juge tout homme selon le bénéfice du doute" (Pirké Avot 1,6)

Le Sfat Emet commente :
Littéralement, il est écrit "tout l’homme" = on en déduit notre obligation de considérer le tableau complet d’une personne avant de la juger. Il s’agit de remonter jusqu’aux racines de son enfance, de se pencher en profondeur sur les replis cachés de son âme, d’enquêter sur ses problèmes personnels, ses compétences et sa situation pécuniaire, de se renseigner s’il a la vie facile ou non.
Seulement après avoir trouvé la réponse à toutes ces questions, on sera en droit de le juger. Car, comment savoir de manière instantanée ce qu’il est en train de vivre?

Le jugement d’autrui est une affaire si complexe qu’il est préférable d’entraîner notre esprit à juger positivement, serait-ce d’une manière tirée par les cheveux. Même si, a priori, il n’y a aucune logique de justifier sa conduite, nous sommes tenus de réfléchir de manière tordue, d’orienter nos pensées vers les probabilités les plus irréelles, de trouver des justifications même absurdes à sa conduite, expliquant qu’il ait pu agir comme il l’a fait.

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même, je suis Hachem" (Kédochim 19,18)

=> Apparemment, quel rapport y a-t-il entre la fin du verset, "Je suis Hachem", et le début?

-> Rabbi ‘Haïm Vital, élève du Arizal, explique :
"Quand 2 personnes s’aiment sincèrement, Hachem souhaite leur proximité et fait reposer Sa Présence Divine entre eux.
On en trouve une allusion dans le mot ahava (amour), qui a la valeur numérique de 13 ; lorsqu’il y a un amour réciproque, cela fait 2 fois ahava, ce qui a la valeur numérique de 26, qui est également la valeur numérique du Tétragramme (יהוה).

C’est ce qui est dit ici : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis Hachem" = quand tu arriveras à un niveau d’amour du prochain dénué de toute arrière-pensée, tu éveilleras également chez lui un amour intègre envers toi, et le résultat de ce double amour est "Je suis Hachem", D. fera reposer Sa Présence Divine (chékhina) entre vous".

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-> Le Arizal enseigne que chaque matin, avant la prière, on doit dire : "Je suis prêt à réaliser la mitsva d'aimer mon prochain". Cet engagement contribue à éveiller la Miséricorde Divine pour que la prière soit acceptée.
=> Mais pourquoi faut-il le dire verbalement. Puisque cette parole ne fait pas partie de la prière à proprement parler, mais n'est qu'une préparation, il aurait pu suffire de se préparer mentalement à aimer son prochain.

-> Le Rabbi de Loubavitch explique qu'en fait, au niveau des âmes, tous les juifs sont liés. En effet, toutes les âmes n'en forment en fait qu'une seule. C'est seulement au niveau des corps que s'effectue la division.
Ainsi, du côté de l'âme réside un amour total entre l'un et l'autre, car on ne forme qu'une seul entité. C'est le corps qui crée le manque d'amour, du fait de ses désirs et attraits physiques. C'est quand un homme veut satisfaire une volonté physique et que l'autre le freine qu'il peut en venir à le détester.
C'est pourquoi, il n'est pas suffisant de se préparer uniquement mentalement à aimer tous les juifs, car la pensée émane de l'âme, et à ce niveau, l'amour est déjà présent.
C'est pourquoi, il est nécessaire de formuler verbalement cet engagement, pour que le corps aussi exprime cette décision d'aimer les autres. Car c'est au niveau du corps uniquement que le manque d'amour peut s'installer. C'est donc le corps qui doit s'engager à aimer les autres. Il est donc nécessaire de s'y engager tout d'abord par la parole, pour faire participer le corps.

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-> "Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis Hachem"

L’Admour de Rozhin souligne que la fraternité et l’amour d’autrui sont des valeurs si fondamentales que, lorsque 2 juifs s’aiment sincèrement et sont prêts à tout faire l’un pour l’autre, D. dit "Je suis Hachem", autrement dit Il exprime Sa volonté de s’associer à leur amitié.

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-> "Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis Hachem"

-> Les 'hassidim du Baal haTanya lui demandèrent si c'était l'amour d'Hachem qui était plus grande, ou bien l'amour d'Israël. Il répondit que le verset atteste : "Je vous aime, dit Hachem".
Ainsi, l'amour d'un juif est encore plus grand, car quand on aime son prochain, on aime ce qu'aime celui qu'on aime. Cela atteste donc de la puissance de son amour d'Hachem au point d'aimer ceux qu'Hachem aime, c'est-à-dire chaque juif, même si on pourrait éprouver de la rancoeur personnelle envers lui.

Cela nous permet de comprendre comment on peut aimer chaque juif, même un impie et un méchant. Car en fait, quand on aime Hachem, et que l'on sait qu'Hachem aime chaque Juif, on en vient soi-même aussi à aimer chacun. Or, Hachem aime effectivement chaque Juif, même les impies.
Comme le disait rabbi Shlomo de Karlin : "Je me souhaite d'arriver à aimer le plus grand Juste (tsadik), comme Hachem aime le pire des impies (réchaïm)".
C'est cela que dit le verset : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis Hachem" = c'est-à-dire, puisque Moi Hachem J'aime chacun, et même les impies (réchaïm), toi aussi Je te demande d'aimer chacun, même le pire des juifs, et même celui pour qui tu pourrais avoir de l'animosité, par amour pour Moi.

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+ "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18)

-> Le ‘Hazon Ich écrit dans ses commentaires sur le Rambam (Hilkhot Déot) : La mitsva d’aimer son prochain comme soi-même s’applique aussi envers les juifs qui commettent des fautes, car eux aussi font partie du concept de "ton prochain".
En effet, les Sages nous ont enseigné dans la guémara (Sanhédrin 52b) que même un méchant (racha) qui est passible de mort par le tribunal, on lui choisit une mort douce et sans douleur, à cause de la mitsva "tu aimeras ton prochain comme toi-même".
L’enseignement selon lequel c’est une mitsva de haïr le pécheur (guémara Pessa’him 100b) concerne uniquement celui à qui l’on a fait des remontrances comme il convient. Or la guémara (Arakhin 16b) dit au nom de Rabbi Eliezer ben Azaria : "Cela m’étonnerait qu’il y ait quelqu’un dans cette génération qui soit capable de faire des remontrances correctement".
Par conséquent, quiconque commet une faute rentre dans la catégorie de celui à qui l’on n’a pas fait de remontrances, c’est pour quoi il est considéré comme contraint, et c’est une mitsva de l’aimer.
C’est ainsi qu’a statué le Rambam (Hilkhot Déot 6,3) : c’est une mitsva pour tout le monde d’aimer chaque juif comme son propre corps, et il faut par conséquent respecter son honneur et veiller à son argent, de la même façon qu’on veille à son propre argent et à son propre honneur. Quiconque se réjouit de l’humiliation d’autrui n’a pas de part au monde à venir!

"Vous observerez Mes statuts et Mes lois que l’homme accomplit et par lesquels il vit" (Kédochim 18,5)

-> Rabbi ‘Haïm de Volozhin enseigne :
"par lesquels (bahem) il vit" est à lire textuellement : "dans lesquels", à l’intérieur desquels.
En effet, dès qu’il vient à l’esprit de quelqu’un de faire une mitsva, cela fait tout de suite une impression au Ciel, d’où descend pour lui une émanation de lumière et de sainteté, qui l’entoure et l’aide à accomplir effectivement la mitsva.
C’est ce qu’ont voulu dire les Sages par l’enseignement selon lequel "Celui qui veut se purifier, on l’aide".

De même, une fois qu’il a fini la mitsva, la même lumière de sainteté augmente et se renforce de nouveau, le poussant à accomplir d’autres mitsvot.
Comme le disent nos Sages : "une mitsva en entraîne une autre".
En effet, comme il est entouré de sainteté d’en haut, il s’abrite à l’ombre de la Présence Divine qui le protège du mauvais penchant, lequel n’a plus aucun pouvoir sur lui.
Et celui qui prend à cœur d’y réfléchir au moment où il accomplit la mitsva sentira dans son âme comment il est entouré et revêtu de cette sainteté, et le désir d’accomplir la volonté de son Créateur se renouvellera en lui.

"Que l’homme fait et dans lesquels il vit" = car étant donné qu’à ce moment-là il est entouré de la sainteté de la mitsva elle-même, il vit vraiment à l’intérieur de la mitsva, et c’est une atmosphère de gan Eden dans laquelle il mérite de se trouver dès ce monde-ci.

"Chacun craindra son père et sa mère, et vous observerez Mes Shabbat" (Kédochim 19,3)

-> Le ‘Hida enseigne que nom du Arizal :
Il y a 2 sujets juxtaposés dans le verset : "Chacun craindra son père et sa mère – et vous observerez Mes Shabbat", la mitsva de respecter ses parents et l’observance du Shabbat.
Cela vient nous enseigner que celui qui mérite d’observer le Shabbat comme il convient et de donner des explications de la Torah le jour du Shabbat, fait un grand honneur à son père dans le monde à venir.

C’est le sens direct de la juxtaposition des 2 mitsvot du respect des parents et de l’observance du Shabbat : dire en allusion que celui qui étudie et donne des explications le jour du Shabbat, c’est un respect envers son père dans le monde à Venir [éternel] qui est entièrement bon.

"Lorsque 2 juifs se rapprochent dans un amour et une attention réciproques, alors la Présence Divine descend sur eux.
Lorsque "Tu aimeras ton prochain comme toi-même ..." alors "... Je suis Hachem [Je me joins à eux]" (Kédochim 19,18)"
[rabbi Ména’hem Mendel de Kossov]

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-> Si un juif aime l’autre, alors Hachem dit : "Je suis le 3e!"
[rabbi Avraham de Slonim - Kédochim 19,18]

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18)

-> Rachi commente : "Rabbi Akiva a enseigné : C’est là un principe fondamental dans la Torah."

-> Selon le Zohar (Chir haChirim maamar 2,51), de même qu’il y a 600 000 lettres dans la Torah, il y a aussi 600 000 âmes [primaires] dans le peuple juif. Ainsi, chaque âme a sa racine dans une lettre de la Torah.

Le Chémen Roch (Vayéchev) explique que chaque juif a le devoir d’aimer son prochain comme lui-même.
Chaque juif ayant sa lettre dans le Séfer Torah, si malheureusement, un juif n’aime pas son prochain, il se trouve qu’il efface une lettre de la Torah et rend tout le Séfer Torah inapte.

[d’une certaine façon notre Torah (personnelle) ne peut être cashère tant que nous n’aimons pas notre prochain!]

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-> "La sainteté de chaque âme juive est littéralement la sainteté du Séfer Torah."
[Rav ‘Haïm de Volozhine – Néfech ha’Haïm 4,11]

-> Il existe 600 000 sources d’âmes pour les juifs. Or la racine des âmes juives est la Torah. Par conséquent, il existe 600 000 interprétations pour chaque verset.
Dans le futur, chaque juif lira la Torah en la comprenant selon l’interprétation par laquelle son âme a été créée.
[Méam Loez – Yitro 20,1]

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-> b'h, également : http://todahm.com/2020/09/21/15116

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-> Rachi commente : "Rabbi Akiva a enseigné : C’est là un principe fondamental dans la Torah."

=> Pourquoi Rabbi Akiva a-t-il ajouté "dans la Torah"?

Rabbi Na'hman de Breslev explique que Rabbi Akiva vient nous enseigner que l’homme a le devoir d’aimer son prochain non seulement dans le domaine matériel, mais que l’essentiel de l’amour est "dans la Torah", lui enseigner la Torah, le moussar et la pure crainte du Ciel.

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-> Le Ben Ich ’Haï affirme que malgré la place prépondérante qu’elle occupe dans la Torah, une grande partie de cette mitsva (’aimer son prochain comme soi-même) est négligée par plusieurs personnes. Selon lui, bien que beaucoup de gens aient conscience qu’elle exige une sollicitude vis-à-vis du bien-être physique du prochain, ils réalisent moins l’obligation qu’elle impose sur le plan spirituel.
Il ajoute que lorsque l’on aide son ami dans la spiritualité, on accomplit la mitsva de façon bien plus parfaite que quand on lui prodigue un bienfait dans la matérialité.

Le Ben Ich ’Haï explique (Péniné Ben Ich ’Haï - Parachat Kédochim) :
"Lorsque l’on soutient l’autre physiquement, on exprime notre préoccupation pour son corps. Mais l’essence de la personne provient du côté divin qui est en elle, de son âme, qui ne tire aucun profit de la matérialité.
Par contre, si l’on réprimande son ami et qu’on l’empêche par là de transgresser les mitsvot d’Hachem, on manifeste un souci pour son âme et l’on montre que notre amour pour son bien-être spirituel est bien plus grand que celui porté sur son aise matérielle."
=> Le Ben Ich ‘Haï nous enseigne donc que pour accomplir au mieux la mitsva d’aimer son prochain, on ne peut pas limiter sa gentillesse à la matérialité, mais il faut s’efforcer de l’aider encore plus dans la spiritualité.

-> Dans le même ordre d’idées, le Or’hot Tsadikim (Chaar Nédivout) nous précise qu’il y a 3 sortes de dons : l’apport d’argent, l’assistance physique (don de soi) et la transmission du savoir.
Il détaille ces 3 formes, puis termine le chapitre en se focalisant sur le fait d’enseigner la Torah aux autres.
Il écrit : "Il faut être particulièrement généreux en ce qui concerne les connaissances en Torah ; instruire autrui et rapprocher son cœur du Ciel. C’est le meilleur don : lui permettre l’accès au Monde Futur."

-> Il existe plusieurs façons d’aider les autres dans ce domaine. Le Ben Ich ’Haï évoque la réprimande, mais dans la génération présente, il est très difficile de faire un reproche correctement, sans causer de tort.
On peut, en prenant moins de risques, partager sa Torah avec les autres. D’ailleurs, nos Sages affirment à diverses reprises que l’enseignement de la Torah est un objectif prioritaire ; la guémara (Roch Hachana 23b) fait savoir que celui qui apprend et qui n’enseigne pas ressemble à un myrte dans le désert.
Le Maharal (Hidouché Haggadot 23b) explique que le myrte est l’arbre le plus parfumé ; il fut créé pour que les gens profitent de son odeur agréable. Un myrte dans le désert ne réalise pas son objectif puisque personne ne jouit de lui. De même, la Torah est là pour être transmise et celui qui y renonce ne réalise pas son but sur terre.

La michna dans Pirké Avot (2,9) déclare : "Si tu as appris beaucoup de Torah, ne t’enorgueillis pas (Al Ta’hzik Tova Léastmékha), parce que c’est pour cela que tu as été créé."
D’après son sens simple, on comprend de cette michna qu’il ne faut pas se sentir fier de ses réalisations dans l’étude de la Torah parce que c’est le but de la vie.
Cependant, plusieurs commentateurs proposent une interprétation différente et comprennent les mots de la michna au sens littéral. Ils pensent que si quelqu’un a appris beaucoup de Torah, il ne doit pas garder ce bien pour lui-même, mais en faire profiter les autres et l’enseigner. Pourquoi?
Parce que son objectif sur terre est d’apprendre et d’enseigner.
[Rav Yehonathan Gefen]

[issu du divré Torah : http://todahm.com/2020/03/23/12808-2 ]