+ « Rabbi Akiva disait : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Kédochim 19,18) : ceci est un grand principe de la Torah.

Ben Azaï disait : « Ceci est l’histoire des générations de l’humanité : [lorsque D. créa l’homme, Il le fit à Sa propre ressemblance] » (Béréchit 5,1) : ceci est un principe plus grand encore.
[En effet, il en résulte : ] Que tu n’en vienne pas à dire : « Si j’ai été humilié, mon prochain peut l’être aussi », car sache qui tu cherches à abaisser : un être créé à l’image de Hachem. »

[midrach Béréchit rabba 24,8]

[Vouloir respecter Hachem, cela implique par ricochet de devoir respecter autrui, et également nous-même.]

« Ne vous tournez pas vers les idoles, et ne vous fabriquez pas des dieux de métal » (Kédochim 19,4)

-> « Ce n’est pas seulement vers les idoles qu’il est interdit d’orienter nos pensées : il nous est également défendu d’évoquer dans notre cœur toute opinion pouvant nous conduire à nier l’un des principes de la Torah.

Nul ne s’écartera de cette règle, en suivant les opinions de son cœur, car l’entendement humain est limité, et tous ne sont pas capables d’assimiler la vérité convenablement.
Or, si l’homme devait s’en remettre aux pensées de son cœur, il en viendrait à détruire le monde à cause de sa faible compréhension. »
[Rambam – Hilkhot Avoda Zara 2,3]

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+ « Ne vous fabriquez pas des dieux de métal » (Kédochim 19,4)

Rachi d’expliquer : « Au début, elles ne sont que des idoles (du néant), mais si tu te tournes vers elles, tu en feras des divinités »

-> Selon le rav Yérouh’am Leibovitz (Daat Torah), la Torah nous révèle ici un principe essentiel : les divinités sont l’oeuvre des hommes.

-> « Tu n’auras pas d’autres dieux que Moi » (Yitro 20,3)
La Mékhilta commente : « Il est dit : « Ils ont livré leurs divinités aux flammes, mais ce n’étaient point des dieux, c’étaient des œuvres fabriquées par l’homme » (Yéchayahou 37,19).

Que signifie alors « d’autres dieux »?
Il s’agit de ces choses que d’autres ont érigées en dieux. »

=> La Torah ne nous interdit pas d’avoir « d’autres dieux », car il n’existe aucune autre divinité que Hachem.
Elle nous révèle un point fondamental : une chose totalement inexistante peut prendre corps et devenir un « dieu » par le simple intérêt que les hommes lui portent.

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-> Rav Achi a demandé en rêve au roi Ménaché : « Puisque les gens de votre génération étaient si sages, comment se fait-il que vous serviez les idoles? »

Ménaché lui a répondu : « Si tu avais vécu en ces temps, tu aurais soulevé les pans de ta tunique pour mieux courir après elles »
[guémara Sanhédrin 102b]

Rachi explique que le penchant pour les idoles étaient alors extrêmement puissant.

De nos jours, après que les hommes de la Grande Assemblée ont éradiqué cette tendance, nous ne comprenons plus quelle attirance les hommes éprouvaient pour les idoles.

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-> La guémara (Ména’hot 109b) enseigne également :
« Rabbi Yéhochoua ben Péra’hya dit : Au début, si quelqu’un m’avait dit : « Accepte une fonction publique », je l’aurais attaché devant un lion. Maintenant [que j’y ai accédé], si quelqu’un me dit d’y renoncer, je lui verserais une cruche d’eau bouillante sur la tête.

[De fait, telle est bien la nature humaine,] à l’exemple de Chaoul qui refusa au début le trône, mais qui, après y avoir accédé, chercha à tuer David son rival.  »

=> Chez toute personne, il y a une tendance naturelle à créer de nouvelles échelles de valeurs en fonction de ce qui l’arrange (plus ou moins consciencieusement).
A nos yeux, du néant peut devenir divin, d’où l’importance de rester fidèle à l’unique Vérité : la Torah.

[et ne pas vouer un culte à soi-même, aux « dieux » de la société environnante (les stars, la richesse, la célébrité, …), … ]

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+ « Ne vous fabriquez pas des dieux de métal » (Kédochim 19,4)

Rachi d’expliquer : « Au début, elles ne sont que des idoles (du néant), mais si tu te tournes vers elles, tu en feras des divinités »

-> « Le simple fait de porter son regard sur les idoles est interdit … cela a pour objet d’éviter qu’on se laisse entraîner par leurs croyances.
De plus, cela nous invite à ne pas perdre notre temps dans des futilités, car l’homme a été créé uniquement pour se consacrer au servir du Créateur. »
[Séfer ha’Hinoukh – mitsva 213]

-> Il est interdit de s’intéresser aux rites et aux thèses idolâtres, même si on désire les connaître afin de les combattre.
En effet la nature humaine est faible et nombreux sont ceux qui, à travers l’histoire, ont cru pouvoir rester maîtres de leurs pensées et de leurs désirs, mais ont fini par adopter les croyances qu’ils avaient combattu.
[le Panim Yafot]

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-> « Dès l’instant où un homme s’éloigne des paroles de la Torah, il se lie aux cultes idolâtres »
[midrach Yalkout Chimoni]

-> « Rabbi Chimon bar Yo’haï dit : Quiconque place les paroles de la Torah sur son cœur se prémunit contre 10 maux : les pensées … et les pensées idolâtres »
[Tana déBé Eliyahou Zouta 16]

=> Par le mérite de la Torah et des mitsvot, les mauvaises pensées s’effaceront totalement du cœur.

« Réprimande ton prochain » (Kédochim 19,17)

-> « Rabbi dit : Quelle est la voie juste que l’homme devra adopter?
Qu’il aime les remontrances, car tant qu’elles sont présentes dans le monde, la sérénité, le bien et la bénédiction règnent ici-bas, et le mal se retire. »
[guémara Tamid 28a]

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-> « Les paroles d’un homme animé de la crainte du Ciel sont toujours entendues »
[guémara Béra’hot 6b]

-> « Généralement, les remontrances ne sont pas acceptées parce que l’on soupçonne celui qui les formule d’avoir des intérêts personnels. Mais quand un homme est animé d’une authentique crainte du Ciel, il est certain qu’il dit les choses telles qu’elles sont, en toute simplicité.
Dès lors, les soupçons tombent et ses paroles sont entendues. »
[Torah Témima – Kohélet 12,13]

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou) enseigne à ce sujet :
« Lorsque quelqu’un exprime des reproches à autrui ou le punit, sa démarche doit provenir du plus profond de son cœur.

Nos Sages disent en ce sens que seules les paroles qui sortent du cœur pénètrent dans le cœur [d’autrui]. Mais si, au contraire, les reproches n’émanent pas du plus profond de soi, leur impact ne sera pas complet sur l’interlocuteur.

Il y a en en outre un aspect plus profond : si les remontrances ne proviennent pas de l’intériorité de l’individu, c’est que leurs motivations ne sont pas totalement pures, des intérêts personnels y étant forcément mêlés.

A cet égard, non seulement les reproches resteront inefficaces, mais de plus, on est alors considéré comme si l’on méprisait son prochain et comme si on le blessait pour sa propre satisfaction ; la punition qui en découle est alors extrêmement grave. »

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+ « Tu réprimanderas ton prochain, et ne porteras pas de faute à cause de lui » (Kédochim 19,17)

-> « Si la Torah se soucie que l’on n’occasionne aucune humiliation à notre prochain au moment où on le réprimande, à plus forte raison sera-t-il interdit de l’humilier dans un autre contexte. »
[le Smag – Lo Taassé 6]

-> Le Rambam (Hilkhot Déot – chap.6) écrit à ce sujet :
« Il est interdit d’humilier un juif, à plus forte raison en public.
Bien que celui qui blesse autrui moralement ne soit pas passible de flagellation, sa faute est néanmoins extrêmement grave.

Nos Sages disent en ce sens : « Quiconque humilie son prochain publiquement n’aura pas droit à une part dans le monde à futur ».
C’est pourquoi chacun devra veiller à ne jamais humilier son prochain, que celui-ci soit un homme modeste ou important, à ne jamais l’appeler par un nom qui lui fait honte, ni à raconter en sa présence des faits qui le blesseront. »

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-> « Ne fais pas de vives remontrances au railleur, car il te haïrait ; fais des remontrances au sage, il t’en aimera davantage » (Michlé 9,8)

-> Le Chla haKadoch déduit de ce verset une règle fondamentale :
Lorsqu’on formule des remontrances à quelqu’un, il nous incombe de ne pas l’accabler de reproches : on se contentera de lui rappeler ses manquements.
Dans le cas inverse, il resterait hermétique aux semonces et en viendrait à nous haïr.

C’est pourquoi selon le verset de Michlé : Ne fais pas de vives remontrances, comme s’il était un railleur, peu digne de respect. Au contraire, dis-lui qu’il est sage et qu’il ne convient donc pas à un homme tel que lui de se comporter de la sorte.

A cet égard, manifeste-lui de l’estime en le complimentant : il ne t’en aimera que davantage et il sera à l’écoute de tes remontrances.

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-> Le Gaon de Vilna demanda au Maguid de Doubno de le réprimander et de lui indiquer tout ce que sa conduite laissait à désirer.
On raconte également que le Maharchal accepta un jour les reproches d’un simple charretier.

-> A ce sujet, la guémara (Arakhin 16b) rapporte :
« Rabbi Yo’hanan ben Nouri dit : J’en prends le ciel et la terre à témoin : de multiple fois, [Rabbi] Akiva fut fustigé par ma faute, parce que je me plaignais de lui devant Rabban Gamliel.
Mais il ne m’en aima que davantage conformément au verset de Michlé (ci-dessus). »

Le railleur hait les reproches, car à ses yeux, celui qui les lui formule veut son mal.
Au contraire, le sage aime les remontrances, car il sait qu’elles seules le conduiront au monde futur, le libérant de son mauvais péchant.

Le rôle du sermonneur est de nous extraire de nos rêveries, nous montrer notre vrai visage et nous faire renouer avec la réalité.

-> Le rav Yaakov Neuman (Darké Moussar) écrit :
« Sans moussar, l’homme s’exposerait aux pires maux de la terre.

Un homme à qui personne n’adresserait de reproches court un terrible danger.
Heureux sont ceux qui ont la chance d’entendre des remontrances, car c’est par leur mérite qu’ils accéderont à la vie du monde futur. »

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Quelques autres divré Torah sur ce sujet (b’h) :

-> La remontrance : https://todahm.com/2016/10/18/la-remontrance
-> Le reproche : https://todahm.com/2014/11/19/le-reproche
-> https://todahm.com/2014/05/18/1429

« Juge ton semblable équitablement » (Kédochim 19,15)

-> « C’est-à-dire juge ton prochain de manière favorable »
[guémara Chvouot 30a]

Rachi commente : « Ce verset ne s’adresse donc pas aux juges, mais à celui qui verrait son prochain effectuer une action qu’il peut interpréter soit comme une faute, soit comme une chose permise : il a le devoir de le juger favorablement, et de ne pas le soupçonner de fauter ».

-> Selon le rav Dov Yaffé : « Si l’honneur de notre prochain est véritablement cher à nos yeux, on n’écartera aucune éventualité pour le juger favorablement, même au détriment de la logique la plus élémentaire. »

[nos Sages disent que si l’esprit tordu existe en nous, c’est afin de pouvoir trouver des raisons (mêmes les plus folles, créatives) afin de juger autrui favorablement]

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-> « De la même façon qu’un homme se comporte (avec son prochain), le Ciel se comportera avec lui »
[guémara Sotah 8b]

-> « Quiconque juge autrui, en bien ou en mal, prononce du même coup sa propre sentence »
[Baal Chem Tov]

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-> Le ‘Hafets ‘Haïm (lois sur la médisance – chap.3) donne à ce sujet des précisions :
Si l’acte équivoque est réalisé par une personne craignant le Ciel, on sera tenu de la juger favorablement même si les faits semblent l’accuser.

S’agissant d’un homme « moyen », généralement respectueux des mitsvot, mais à qui il arrive parfois de fauter, la loi juive stricte exige qu’on le juge favorablement seulement dans le cas où les faits sont ambigus.
Mais si l’on veut faire preuve d’une bienveillance exemplaire, on le jugera de manière favorable même quand tout paraît l’accuser.

C’est seulement pour un mécréant notoire qu’on a le devoir de juger de façon défavorable.

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-> Le Yessod véChorech haAvoda (Portique Avodat haLèv) écrit :
« Le commandement positif de « juger autrui équitablement » se concrétise par la simple pensée, à chaque fois que l’occasion se présente …
C’est-à-dire que si l’on voit son prochain faire un acte ou prononcer une parole qui, à priori, contreviennent à la volonté du Créateur, il nous incombe de le juger favorablement.

On se dira alors : « Je m’apprête à accomplir la mitsva de juger autrui équitablement ».
Et l’on s’efforcera par tous les moyens de lui trouver, par la pensée, des arguments à sa décharge.
[…]
Et même si, finalement, il s’avère que notre jugement favorable était faux, il n’en reste pas moins que l’on a accompli la volonté du Créateur (Hachem), Qui nous a enjoints de « juger autrui équitablement.

Il est donc certain que l’on a procuré de la satisfaction à D. en cela qu’on s’est conformé à Son ordre. »

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Quelques autres divré Torah sur ce sujet (b’h) :

-> https://todahm.com/2016/10/18/4883
-> https://todahm.com/2016/06/29/4582
-> https://todahm.com/2014/02/01/juger-son-prochain-favorablement

« Un vêtement [fait] d’un mélange de fibres (chaatnez) ne montera pas sur toi » (Kédochim 19,19)

« Tu ne revêtiras pas de fibres combinés (chaatnez), laine et lin ensemble » (Ki Tétsé 22,11)

Il est fait allusion à la mitsva du chaatnetz : l’interdiction de porter un habit composé de lin et de laine.

-> Le Rikanti commente le terme : chaatnez (שַׁעַטְנֵז), comme étant composé de 2 mots : « Satan » (שטן) et « Oz » (עז).

Le Satan fait référence au yétser ara, et « oz » à : puissant, force.
Le Rikanti explique que lorsqu’un juif porte du chaatnez, il donne davantage de puissance au yétser ara, il est plus susceptible de fauter, et c’est nuisible à sa santé spirituelle.

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+ Caïn et Evel : 2 opposés

-> « Caïn présenta du produit de la terre une offrande à Hachem ; les Sages disent : il s’agissait de graines de lin.
Evel offrit de son côté des premiers-nés de son bétail, de leurs parties grasses [et donc de la laine].

C’est la raison pour laquelle la Torah interdit les mélanges de lin et de laine … ainsi parla Hachem : ‘Il ne convient pas que l’offrande du fauteur se mêle à celle de l’innocent.’
C’est pourquoi ce mélange fut interdit. »
[Midrach Tan’houma – Béréchit chap.9]

-> Rabbénou Bé’hayé (Kédochim) enseigne :
« Lorsqu’un homme associe ici-bas 2 éléments de la même espèce, il fait régner la paix dans les Cieux, car les forces supérieures peuvent alors achever leur mission convenablement ; mais celui qui mêle des espèces différentes ici-bas, il génère l’inverse de la paix, car il mélange les forces supérieures, les annule et les empêche ainsi d’accomplir leur mission.
[…]
Comme les deux 1ers-nés de l’humanité [Caïn et Evel] approchèrent des sacrifices de laine [le bétail] et de lin, c’est la raison pour laquelle l’assemblage de ces 2 matières nous a été interdit.

L’union de ces 2 hommes issus d’un même sein n’a pas été favorable, car il s’agissait d’un mélange de forces opposées, suscitant l’inverse de la paix.
La fin de leur histoire en établit d’ailleurs la preuve : l’un assassina son frère, et ces deux hommes furent finalement perdus … »

-> Le rav Youdel Rosenberg (1859-1935) donne une explication au fait que l’on peut constater une augmentation des meurtres et des vols dans le monde. C’est en raison de l’impureté du Chaatnez, qui s’est largement répandu ces dernières années, à l’image du fait que le meurtre de Evel par Caïn provient de l’impureté du Chaatnez : Evel ayant apporté de la laine, et Caïn du lin.

Le Choul’han Aroukh fait allusion à cela puisque les halakhot concernant le Chaatnez commence au chapitre (siman) 298, qui s’écrit en hébreu : רצח (rotséah – un meurtrier) [Yoré Déa 298].
[Le I’houd bé’Hidoud note que la discussion à ce sujet se termine au chapitre 30, écrit : ש »ד, ce qui est l’acronyme de : chéfi’hat damim (verset du sang).]

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-> Le Ben Ich ‘Haï écrit que la mitsva de Chaatnez nous met en garde contre le mélange de bien et de mal.

Il ne s’agit pas de ceux qui progressent à leurs rythmes ou de ceux qui négligent une partie de la Torah par faiblesse ou difficulté.
Il s’agit là de gens qui fabriquent une idéologie selon laquelle il faut certaines mitsvot et il ne faut pas d’autres mitsvot. Pour ne pas se sentir mal de ne faire qu’une partie de la Torah, ils préfèrent la déformer et tromper les autres.
C’est ce chemin erroné que la Torah nous prévient de ne pas suivre.

[la Torah ne doit pas devenir un mélange, une sélection de ce qui nous arrange. N’oublions pas qu’elle est 100% Vérité, 100% made in Hachem!]

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-> « Un vêtement [fait] d’un mélange de fibres (chaatnez) ne montera pas sur toi »

Nos Sages nous enseignent que les mitsvot que nous réalisons créent des vêtements spirituels pour notre âme, pour ne pas qu’elle se retrouve « nue » après avoir quitté le corps.
Cependant, pour que ces vêtements soient entiers, il faut que les mitsvot soient accomplies complètement pour Hachem, sans y mêler des intentions personnelles et intéressées, comme la recherche des honneurs ou de la récompense, par exemple.

Cela est en allusion dans ce verset : « Un vêtement contenant un mélange ne montera pas sur toi » = c’est-à-dire que les mitsvot doivent être pleinement pour Hachem et on ne doit pas y mêler des intentions extérieures. C’est ainsi que les vêtements que l’âme portera dans l’autre monde seront complets et ne seront pas des vêtements contenant un mélange, où se mêleront des défauts et des manques liés à ces intentions imparfaites.
[Makré Dardéké]

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-> Le Rambam (cité par le Séfer ha’Hinoukh 551) considère que le chaatnez, comme beaucoup d’autres mitsvot, constitue une manière de nier la valeur des cultes idolâtres.
En effet, dans le passé les prêtres païens avaient coutume de vêtir des habits tout spécialement confectionnés à partir d’un mélange de lin et de laine (selon son propre témoignage, c’était encore le cas à son époque chez les prêtres égyptiens).

C’est donc pour nous éloigner de ces pratiques que la Torah interdit le port de telles étoffes.

-> Le Daat Zékenim (Ki Tétsé) écrit pour sa part que cet interdit a pour origine l’une des pièces du Temple : la parokhet : cet épais rideaux suspendu devant le Saint des saints, qui était composé à la fois de lin et de laine.

De ce fait, la Torah nous interdit de reproduire cet alliage, de la même façon qu’elle interdit de mélanger les ingrédients composant la kétoret (l’encens) à des fins personnelles, pour établir une distinction claire entre le saint et le profane.

[nos Sages (guémara Roch Hachana 24a) nous interdisent de faire une copie d’un élément utilisé au Temple.
Hachem souhaite que l’on garde le mélange lin et laine uniquement à des fins Divines/sacrées, et ainsi Il nous interdit un tel mélange dans nos vêtements du quotidien.]

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-> « Combien d’embûches ont été suscitées par la faute de cette terrible interdiction!

Ses lettres témoignent d’ailleurs de la gravité de sa punition : chaatnez (שַׁעַטְנֵז) correspond à Satan-Az [Satan effronté – שטן et עז].
A ce titre, si une personne porte sur elle du chaatnez pendant un seul jour, sa prière ne sera pas entendue pendant 40 jours! »

[le Noda biYéhouda – Drouché haTsla’h 8,6)

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-> « Concernant les vêtements que l’on porte, j’ai lu dans un ouvrage que rien n’entrave les prières davantage que le port d’habits contenant du chaatnez, même si on ne le fait que par inadvertance … »

[Rabbi Israël Elgazi – Chalmé Tsibour]

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Kédochim 19,18)

Le Boyaner Rebbe s’est une fois lamenté :
« J’ai souvent vu des juifs courir au travers toute une pièce lorsqu’ils ont remarqué qu’un morceau d’un Sidour était tombé par terre.
Avec beaucoup de précaution, ils l’ont ramassé et embrassé, lui évitant d’être profané.
Cela est le signe d’une belle sensibilité aux mitsvot.

Mais je ne peux pas comprendre pourquoi, lorsqu’un autre juif tombe durant des moments difficiles de la vie, les gens ne vont pas courir afin de le ramasser et le protéger d’être dévasté.
Après tout, un juif est comparé à un Séfer Torah entier et pas uniquement à un morceau d’un Sidour.  »

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-> Rav Lévi Yits’hak de Berditchev explique que de même que notre amour pour nous-même n’est pas dépendant de qualités particulières, de même doit-il en être pour notre amour avec notre prochain.

Un juif doit être aimé uniquement pour le fait qu’il est également juif.

Nos défauts ne diminuent pas l’amour que nous nous portons, et il doit en être de même avec un autre juif.

-> Un homme âgé a raconté au rav Chlomo Wolbe : « Je me souviens d’une époque où lorsqu’on rencontrait un juif qu’on n’avait encore jamais vu auparavant, on remerciait Hachem pour l’opportunité d’aimer encore un nouveau juif. »

« Le mauvais penchant s’efforce de nous subtiliser ce que nous avons de plus précieux, à savoir notre « moi ».

Ainsi, il nous fait croire que ce qu’il veut est ce que le « moi » veut.
Alors qu’en vérité, le « moi » du juif n’aspire qu’à accomplir les mitsvot et à s’éloigner des fautes (comme l’indique le Rambam dans les lois de Guirochin – chap.2)

La seule véritable aspiration du juif est de s’attacher à sa Source de vie.
[…]
La guémara (Soucca 53) dit : « Si le ‘moi’ est là, tout est là! ».

Heureux l’homme qui s’attache à étudier le moussar, car il entretient ainsi sa relation avec son « moi ». »

[rav Eliyahou Dessler – Mikhtav méEliyahou]

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+ « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Kédochim 19,18)

-> Selon le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou), l’égoïsme est une prédisposition innée chez tout être humain.

Inconsciemment, chaque individu ressent que ses droits passent avant ceux des autres.
Le « moi » aspire continuellement à combler ses besoins et à assouvir ses désirs, et chaque fois que ses ambitions sont satisfaites, son égo s’en trouve davantage renforcé.

A ce stade, il s’agit d’une véritable forme d’idolâtrie siégeant dans le cœur de chaque personne.

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-> « Les pulsions du « moi » sont parmi les plus sombres de la nature humaine »
[Rav Israël Salanter]

Elles agissent sur l’inconscient et sont capables d’inciter l’homme à tout sacrifier pour elles.

Ainsi, l’amour de nos êtres les plus chers devient secondaire face à un « amour de soi » fortement présent dans notre inconscient.
On peut citer l’exemple de la 1ere femme : ‘Hava, qui malgré son formidable degré spirituel, incita son mari à manger du fruit défendu pour ne pas : « qu’elle meure et que son mari lui survive et prenne une autre femme pour épouse » (Rachi).

=> Pourquoi l’homme est-il doté d’une nature égoïste si puissante?

La réponse est que seule cette disposition morale offre à l’homme la volonté de s’élever spirituellement et de se rapprocher de Son Créateur.

Il est écrit : « Si tu la souhaites comme l’argent, si tu la recherches comme des trésors, alors tu connaîtras la crainte de Hachem » (Michlé 2,3).

Ainsi, cette tendance peut générer autant une bénédiction qu’une malédiction, autant un énorme rapprochement avec D., qu’une distanciation totale.
b’h, A nous d’en faire bon usage …

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-> « De même que l’homme doit croire en D., ainsi doit-il croire en lui-même. […]
L’homme doit être convaincu que son âme vient de la Source de la Vie, et que D. a plaisir et jouissance d’elle. »

[Rabbi Tsadok haCohen de Lublin – Tsidkat haTsadik 1,54]

Si l’on ne s’aime pas, si l’on n’est pas en paix avec soi-même, comment pouvons-nous prétendre : « aimer ton prochain comme toi-même »?