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La kavana

+ La kavana :

-> "de Le servir de tout votre cœur et de toute votre âme" (Ekev 11,13)

-> La guémara (Taanit 2a) commente que la prière est appelée le "service du cœur".
De son côté, rabbi Moché Cordovéro ajoute que la prière est également le "service de l'âme".

-> En effet, rabbi Moché Cordovéro (Pardes Rimonim - chaar 32, chap.3) écrit :
"Le souffle d'une personne peut former des lettres qui contiennent de la spiritualité, mais cette spiritualité doit être alimentée, afin que les lettres de ses prières puissent s'envoler vers les Cieux.
C'est le rôle de la kavana, de puiser la force nécessaire pour injecter de l'esprit dans les lettres et les mots qu'il prononce dans sa prière et les envoyer vers les mondes supérieurs.
A travers la pensée et la kavana de la personne, il pousse la prière à s'élever vers les cieux afin que les paroles de la bénédiction et de la prière puissent accomplir leur tâche et faire descendre la nourriture et les bénédictions appropriées.

Lors de la prière ou de la récitation d'une bénédiction, pour que l'âme (néfech) d'une personne s'accroche à ces paroles et s'élève avec la prière, on doit d'abord dépouiller son néfech du corps qui l'habille et se débarrasser de toutes les pensées matérielles qui occupent son coeur, qui sont comme un vêtement souillé sur l'âme.
Ensuite, son néfech peut s'élever seul et sans entrave. C'et pourquoi les mots : "de Le servir ... de toute votre âme" (oul'ovdo bé'hol ... nafché'hem - Ekev 11,13) font référence à la prière car la prière est appelée : "néfech"."

"Tu te souviendras d'Hachem ton D. car c'est Lui qui te donne la force de réussir" (Ekev 8,18)

-> Le Yessod haAvod (2,8) commente :
"On nous enjoint par là à avoir la foi que tous les gains réalisés par un homme et l’obtention de sa subsistance, tout est dirigé par Hachem et n’existe que grâce à Son aide. Ce commandement constitue une des 613 mitsvot.
Grâce à cela, Hachem lui viendra en aide même dans les situations les plus difficiles.
Mais s’il pense : "C'est à la force de mon poignet que j'ai réussi", il ne bénéficiera pas de l'aide du Ciel et par conséquent, il ne pourra réussir dans ses entreprises."

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-> Le rav Pin'has Koritz enseigne que celui qui vit avec une confiance entière en D., Hachem le délivrera par des voies auxquelles il n'aurait jamais songé auparavant.

"Et tu sauras dans ton coeur que, tel un père qui châtie son fils, Hachem ton D. te châtie" (Ekev 8,5)

-> Le Smag (סמ"ג - mitsva 17) écrit à ce sujet :
"C'est un commandement positif d'accepter le jugement Divin pour tout ce qui arrive, comme il est dit : "Et tu sauras dans ton coeur que, tel un père qui châtie son fils, Hachem ton D. te châtie."
J'ai expliqué ce commandement à de nombreuses personnes ... : si les vicissitudes de l'existence accablent un homme, c'est un commandement positif de penser en son coeur que sa situation a été bouleversée pour son bien".

Voyez, je vous ai donné ce pays! Venez prendre possession du pays qu’Hachem a juré à vos pères, Avraham, Its’hak et Ya’akov, de donner à eux et à leur postérité après eux (Ekev 8,1)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
Quand on lit ce verset, on est en droit de se demander comment Hachem peut dire aux Bné Israel: "Voyez, je vous ai donné ce pays", alors qu’ils sont encore dans le désert, en transit, et qu’il n’ont pas encore pris possession du pays ni même ne s’en sont pas encore approché pour le voir de leur propres yeux?

En fait c’est justement le secret du "bita’hon" - la confiance en Hachem, qu’Il veut nous apprendre dans ce verset.
Alors que la promesse de la terre d'Israel se rapproche, elle n’est pas encore dans leur mains, et Hachem leur explique comment là mériter et concrétiser ce rêve.
C’est en s’imaginant que, oui, ils y sont déjà, qu’ils ont réellement pris possession du pays où coulent le lait et le miel, alors que ce n’est pour l’instant qu’une promesse, qu’un projet qui même s’il a été formulé par le Créateur du monde ne s’est pas encore réalisé. Mais s’ils se conduisent et se considèrent comme déjà les habitants de ce pays, alors ils prouvent à Hachem leur attachement à Lui et leur confiance aveugle en Lui. Par ce mérite ils mériteront la terre sainte.

Il y a également une condition, c’est que ce pays a été promis aux pères en raison de leur sainteté et de leur droiture, il nous faut donc perpétuer leur conduite pour être digne d’être appelée leur postérité et ainsi mériter de recevoir et de conserver la terre d’Israël.

C’est ce que dit le verset :
Si vous vous considérez comme si "Voyez, je vous ai donné ce pays!" = c’est-à-dire que vous êtes déjà les maîtres des lieux, alors vous pouvez : "Venez prendre possession du pays qu’Hachem a juré à vos pères, Avraham, Its’hak et Ya’akov, de donner à eux"
"et à leur postérité après eux" = c’est-à-dire vous-même si vous perpétuez cette conduite et cet attachement pour Hachem et sa Torah.

"Ne convoite pas l’argent et l’or qui sont sur eux (les idoles) pour les prendre pour toi de peur que tu sois piégé" (Ekev 7,25)

=> En quoi consiste ce danger et ce piège de prendre pour soi de l'argent ou de l'or d'une idole?

En fait, il peut arriver que par cet argent ou cette or que tu auras pris d’une l’idole, que tu réussisses et que tu t’enrichisses. Suite à cela, il existe le risque que tu te mettes à penser que ta réussite te soit venue par la force de cette idolâtrie et que tu te mettes à accorder du crédit et de la foi à ce culte idolâtre.
De cette façon, c'est justement par l'or et l'argent de l'idolâtrie que tu risques de tomber dans l'idolâtrie elle-même !
[Sforno]

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[L’idolâtrie est le fait d'accorder de la force, de l'importance à autre chose que Hachem.
Dans notre vie de tous les jours, nous pouvons être tentés de prendre ce qui "brille" dans des réalités contraires à la Torah, s'en revêtir et en retirer des profits sans profaner la volonté de D.
Le problème c'est qu'en faisant ainsi nous injectons en nous (plus ou moins consciemment), l'idée que d'autres réalités que D. sont également bonnes pour nous.
Un juif ne doit jamais se détacher de Son Créateur, sous peine de s'en éloigner, en accordant de l'importance, de l'intérêt, à d'autres choses. ]

"Beaucoup de gens pensent qu'ils ont une excuse pour toutes leurs fautes.
Ils prétendent : "Que puis-je faire? J'étais tenté par le yétser ara?"

Mais cette excuse n'est pas valable, car avec une goutte de crainte d'Hachem (yirat chamayim), nous n'avons plus du tout de yétser ara.
La force du yétser ara réside principalement dans le fait qu'il fait oublier aux gens leur crainte d'Hachem.
C'est l'explication du verset : "Maintenant, Israël, qu’est-ce qu’Hachem te demande si ce n’est que de Le craindre" (Ekev 10,12)
[car si tu crains Hachem, alors ton yétser ara va automatiquement ne plus avoir de force sur toi]

[Beit haLévi]

"Tu observeras les commandements de Hachem, ton D., en suivant Ses voies et en Le craignant" (Ekev 8,6)

-> Rabbi Moché Cordovéro (Tomer Devora) commente :
La Torah nous ordonne d'aimer Hachem et de "suivre Ses voies", de L'imiter.
A chaque fois que quelqu'un transgresse (la volonté de D.), c'est comme s'il insultait Hachem.
Cependant, Hachem continue à lui donner la vie et de la vitalité.

Nous aussi nous devons travailler sur nous-même afin de témoigner à autrui de la patience et de la tolérance.
Même s'il nous a insulté ou blessé sans nous demander pardon, nous ne devons pas s'abstenir d'agir avec lui avec bonté.

"Du début de l'année et jusqu'à la fin de l'année" (Ekev 11,12)

-> "Méréchit" (depuis le début - מֵרֵשִׁית) est écrit sans "aléph (à la différence de béréchit : בְּרֵאשִׁית - au début).
C'est une allusion au mois de Tichri (qui a les mêmes lettres dans un autre ordre : מֵתשרי - méTichri - depuis Tichri), qui est le Roch Hachana de la Création du monde.

Nos Sages (guémara Roch hachana 8a) ont expliqué qu'à Roch Hachana, le monde est jugé pour décider ce qui arrivera jusqu'à la fin de l’année.

[Rabbénou Bé'hayé]

"Un pays dont ses pierres sont du métal, et de ses montagnes tu extrairas du cuivre" (Ekev 8,9)

-> Si on mélange les lettres du mot : "avanéa" (ses pierres - אֲבָנֶיהָ), on obtient : "banéya" (ses fils, ses constructeurs - בנאיה).

De plus, les initiales des mots : "avanéa barzél ouméararéa ta'htsov" (ses pierres sont du métal, et de ses montagnes tu extrairas - אֲבָנֶיהָ בַרְזֶל וּמֵהֲרָרֶיהָ תַּחְצֹב) forment le mot : "avot" (nos Patriarches - אבות), et le mot : "barzél" (métal - בַרְזֶל) est formé des initiales de : "Bil'a, Ra'hél, Zilpa, Léa". (nos Matriarches - Imaot).

=> Cela nous rapporte la louange du pays d'Israël, dont les fils sont des constructeurs (al tikré banayi'h éla bonayi'h), et qui accomplissent cette construction par le mérite des Patriarches des Matriarches.

[Ets haDaat Tov]

"Si jamais tu oublies Hachem, ton D., et tu t'attaches à des dieux étrangers" (Ekev 8,19)

-> Il y a une règle générale : le mot "vayéhi" dénote un contexte de tristesse/peine, tandis que que le mot : "véaya" implique de la joie.

Le rabbi de Rizhin (rav Israël Friedman) interprète ainsi le verset :
L'unique façon de pleinement servir Hachem est avec joie, et si quelqu'un en vient à oublier cela (faire la volonté de D. sans joie), alors il va certainement s'éloigner d'Hachem et finalement poursuivre ses propres intérêts.

Ainsi, si une personne en vient à oublier que : "véaya" (si jamais - וְהָיָה) = la joie et le bonheur qui doit faire partie intégrante du service Divin, alors "tu oublies Hachem, ton D., et tu t'attaches à des dieux étrangers" = on va s'abaisser à la avoda zara et finir par se détruire soi-même.

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-> Le rav Barou'h de Méziboz donne une autre explication.
La guémara (Méguila 12a) explique que Hachem a cherché à anéantir le peuple juif à l'époque de Mordé'haï et Esther, car les juifs avaient participé et s'étaient pleinement réjouis du festin donné par le roi A'hachvéroch.

=> Ce n'est pas uniquement qu'ils y ont été forcés, mais ils été joyeux d'y participer et de se mêler avec les non-juifs. Ainsi, le résultat de leur joie à fauter (oubliant Hachem) a été à l'origine du décret de destruction contre eux.

Ainsi, le verset signifie que si nous sommes forcés/contraint à faire une faute, et qu'en la réalisant nous oublions Hachem au point d'être joyeux et enthousiaste pendant la faute, alors nous avons franchis un ligne rouge, nous sommes allés trop loin.
["Si jamais tu oublies Hachem, ton D." = si tu oublies la volonté de D., tout en étant dans la joie (véaya)]
A ce moment Hachem nous détruira (la fin du verset ci-dessus v.19 est : "Je vous le déclare en ce jour, vous périrez").