"Les enfants d’Israël n’écoutèrent pas Moché, à cause du souffle court et du travail pénible" (Vaéra 6,9)

-> Le Ohr ha'Haïm commente :
"Peut-être que du fait qu'ils n'étaient pas des Bné Torah, ils n'ont pas écouté Moché.
C'est ce que le verset vient nous apprendre en mentionnant "souffle court", car la Torah élargit le cœur de l'homme."

-> Le rav Elimélé'h Biderman explique :
Les juifs travaillaient très durement comme esclaves en Egypte, et il n'y avait pas de place dans leur cœur pour accepter le message réconfortant de Moché.
Mais s'ils avaient eu la Torah, alors la Torah aurait amené une sérénité interne et un réconfort qui auraient permis d'accepter les mots si positifs de Moché, et ce malgré un esclavage très dur.

[On apprend de là à quel point la Torah transforme un homme, lui donne de la sagesse, une clarté d'esprit qui lui permet d'être stable durant sa vie, et ensuite de permettre la plus importante des choses : se rapprocher d'Hachem.]

-> Le 'Hazon Ich dit que lorsque quelqu'un a un doute et ne sait pas comment procéder, il doit étudier une daf de guémara, car ensuite il aura la sérénité interne (yichouv hadaat), et il sera alors capable de décider comment agir.

-> Le Divré Shmouël disait : "Lorsque je suis préoccupé par quelque chose, j'étudie pendant une heure, et ensuite l'inquiétude s'en va.
Si j'ai une préoccupation plus importante, j'étudie pendant 2 heures, et alors je ne suis plus inquiet ...
On atteint la tranquillité par l'étude de la Torah".

"Pour leur donner le pays de Canaan (érets Canaan), le pays de leur habitation où ils habitaient (érets mégouré'ém)" (Vaéra 6,4)

=> Pourquoi la Torah utilise 2 fois le terme : "le pays" (érets), alors que le verset aurait pu dit : "leur donner le pays de Canaan où ils habitaient"?

Le Yichma'h Israël répond par un enseignement des Sages selon lequel celui qui habite en terre d'Israël doit faire de plus en plus attention à ses actes et à tout ce qui le concerne.
Il doit aussi se conduire avec plus d’humilité et de piété que celui qui habite ailleurs. Parce qu’il ressemble à quelqu’un qui est installé dans le palais du roi, et celui qui irrite le roi dans son palais n’est pas semblable à celui qui l’irrite en dehors.
De plus, le service du roi pour celui qui est en sa présence dans son palais n’est pas semblable au service de celui qui est à l’extérieur, car il est évident que le service du roi repose davantage sur ceux qui se trouvent avec lui dans son palais ...

C’est pourquoi le verset emploie une expression double : "le pays de leur habitation où ils habitaient" = c’est-à-dire que la terre d'Israël, le pays de leur habitation (mégouré'ém), représente une "crainte" (magour), car là l’homme doit se trouver dans la demeure de Hachem avec sainteté et piété, et craindre sans cesse devant Lui.
De cette façon, ils mériteront d’habiter toujours en terre d'Israël.

"Moché s'adresse à Hachem en disant : les Bné Israël ne m'ont pas écouté, comment Pharaon m'écouterait, alors que mes lèvres sont incirconcises" (Vaéra 6,12)

-> Rachi commente : C'est l’un des 10 raisonnements à fortiori qui sont cités dans la Torah.
Or, la Torah, elle-même réfute apparemment ce raisonnement puisqu'il y est écrit : "Les Bné Israël n'écoutèrent pas Moché à cause du souffle coupé et du travail difficile" (Vaéra 6,9).
=> Ainsi en quoi consiste le : ''à fortiori Pharaon ne m'écoutera pas'', puisque Pharaon lui-même n'était pas soumis à l'esclavage (au contraire il était dans le luxe et le confort de son palais royal!)?

-> Tout d'abord, il convient de rapporter au préalable les paroles du Béer Mayim 'Haïm (paracha Noa'h) :
Celui qui sert son Créateur selon les lois naturelles, c'est-à-dire qu’il ne Le sert que lorsque cela lui est facile, se voit également rétribuer par le Ciel une récompense au niveau des lois naturelles.
Par exemple, quelqu'un qui ne fait l'effort de se lever le matin que lorsqu'il fait beau dehors, mais qui, dès que les jours d'automne et le froid arrivent, reste dans son lit, ou encore qui n'étudie que lorsqu'il en a envie, recevra certes une récompense, mais qui ne lui parviendra que tant que le Créateur répand l'abondance céleste sur le monde entier.
On lui ajoutera alors une part supplémentaire de profusion en tant que salaire des mitsvot qu'il a accomplies.

En revanche, celui qui va à l'encontre de son yétser ara et surmonte ses tendances naturelles en faisant don de lui-même, physiquement et moralement, afin d'accomplir la volonté Divine se verra rétribué au-delà des contingences de la nature, et lorsqu'il aura besoin d'une délivrance, on modifiera pour lui toutes les lois naturelles afin de satisfaire sa volonté.

-> D'après ce qui précède, le rav Elimélé'h Biderman répond ainsi :
Moché dit à Hachem : "Si les Bné Israël s'efforcent au-delà de leur nature de m'écouter, malgré le souffle coupé dû à l'esclavage, je suis certain que, mesure pour mesure, Tu accompliras Toi aussi un miracle en faisant que Pharaon m'écoute malgré mon défaut d'élocution.
Mais puisque les Bné Israël ne m'écoutent pas et se conduisent selon l'ordre naturel des choses qui veut qu'un homme écrasé par le travail ne prête pas oreille à ce qu'on lui dit, Pharaon lui non plus ne m'écoutera pas en raison de mes difficultés d’élocution."

Hachem accepte les prières de tout le monde

+ Hachem accepte les prières de tout le monde :

"Hachem dit à Moché : Demain, de bon matin, présente-toi devant Pharaon" (Vaéra 8,16)

-> Le midrach (Chémot rabba 11,1) explique que Hachem dit à Moché : "Va tout d'abord vers Pharaon [tôt le matin], avant qu'il ne sorte pour prier", car une fois que Pharaon aura prié pour être sauvé, la plaie ne pourra pas venir.

Le rav Elimélé'h Biderman commente que nous pouvons apprendre de là notre pouvoir de prière, et que personne ne doit prétendre qu'il est quelqu'un de trop simple ou bien qu'il a commis trop de fautes pour que Hachem écoute ses prières.
En effet, Pharaon a réduit en esclavage des milliers de milliers de juifs, il tué des enfants juifs chaque jour pour se baigner dans leur sang, ...
Or, bien qu'il soit un terrible racha, néanmoins Hachem aurait écouté ses prières et retenu les plaies de venir s'abattre sur les égyptiens.

=> Nous pouvons donc être certains que nos prières sont acceptées par notre papa Hachem.

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-> Le Zéra Kodech enseigne :
Un juif ne doit jamais perdre espoir. Il ne doit jamais se dire que : "... je suis incapable de prier avec des pensées pures, et ... que mes prières ne peuvent pas aller jusqu'à Hachem"
Car même lorsqu'une personne est à un niveau très très bas, et qu'elle est incapable de prier comme il le faudrait, néanmoins ... Hachem voit qu'elle aspire à prier convenablement, et cette aspiration est précieuse pour Hachem ...

C'est comme cela que nous avons été délivrés d'Egypte.
[même si nous étions au 49e niveau d'impureté sur 50, que nous n'avions pas les forces de prier à cause de l'esclavage très dur, néanmoins, Hachem a vu que nous aspirions à sa compassion pour prier, pour être proche de Lui. Ce cri du cœur a été la forme de prière qui nous a permis de sortir d'Egypte.
Il en est de même pour chacun d'entre nous qui peut obtenir sa libération de sa situation personnelle, et ce même s'il est descendu dans les bassesses de ce monde.]

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b'h, on peut également rapporter :
-> Hachem dit : "Je suis miséricordieux et J’écoute les demandes de chaque personne, même si elle n’est pas méritante".
[Ramban – Michpatim 22,26]

-> Le Séfer ha’Hinoukh (533) écrit :
"Le Créateur désire donner des bontés aux gens … ainsi, Il leur a appris le moyen par lequel ils peuvent recevoir toutes formes de bontés.
Ce moyen consiste à prier à Hachem, car Il a les capacités, et Il répond aux prières de tous ceux qui l’appellent avec sincérité [qu’ils soient méritants ou pas]."

[par exemple : nos Sages enseignent qu’un voleur qui demande de tout cœur à Hachem de l’aider à réussir son cambriolage, et bien Hachem va l’aider!
En effet, c’est une loi de la nature : si nous prions à Hachem de tout notre cœur, alors forcément nous avons de forte probabilité de l’obtenir!]

==> Nous devons donc tous prier sans modération, pour que Hachem nous comble sans modération de cadeaux gratuits (indépendamment de nos mérites, juste par amour pour nous!).

"Je ferai une distinction entre Mon peuple et ton peuple" (Vaéra 8,19)

-> Le Ohev Chalom interprète ainsi les propos de Hachem :
"Je libérerai Mon peuple "qu’il soit Mon peuple" (ben ami), c’est-à-dire qu'il se conduise en tant que tel, ou "ton peuple" (ben amé'ha), c’est-à-dire qu'il adopte le comportement des égyptiens.
Dans tous les cas, Je le libérerai."

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=> En quoi le peuple juif et le peuple égyptien sont-ils différents?

Dans la suite de ce verset, il est écrit : "[c'est] demain qu'aura lieu ce signe" (léma'har yiyé aot azé).

Le rav de Branov ('Hamra Tava) explique : lorsqu'un problème arrive à un juif, il pense que "demain" sera meilleur.
Il a confiance en Hachem, et il est persuadé que D. peut lui retirer tous ses soucis en un clin d'œil.
De son côté, un non-juif n'a nulle part où se mettre, où se réfugier dans de la confiance, et c'est pourquoi il reste constamment avec ses problèmes.
[chez un juif : "Décharge-toi sur D. de ton fardeau, Il prendra soin de toi" (Téhilim 55,23)]

Une autre différence entre un juif et un non-juif est dans la façon dont ils perçoivent le présent.
Un juif pense que son présent est bon, car tout ce qui lui arrive est ultimement pour le meilleur.
Un non-juif n'a pas un tel soutien, une telle lumière de positivité.

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-> Une autre différence entre un juif et un non-juif, est que lorsqu'un juif prie pour être sauvé, alors Hachem répond à ses prières et il est délivré de tous ses soucis.
Comme il est écrit : "Quelle est la grande nation qui a un D. proche d’elle comme Hachem, notre D., à chaque fois que nous L’appelons" (Vaét’hanan 4,7).

Le rav Elimélé'h Biderman commente : "Bien que les non-juifs peuvent aussi prier, ils n'ont pas une telle relation de proximité avec Hachem".

Le Baal Chem Tov enseigne : "Lorsque quelqu'un essaie de fuir les souffrances, les souffrances le pourchassent ... Le conseil est de prier à Hachem, et alors il sera sauvé de ses difficultés".

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-> "Je vous ferai sortir de sous les souffrances de l’Egypte et vous délivrerai de sa servitude" (Vaéra 6,6)

=> Pourquoi la Torah utilise-t-elle le terme : "Sivlot" (סבלות) pour désigner "les souffrances", et non pas le terme plus courant : "avoda kassa" (un travail difficile)?

Le terme : "Sivlot" (סבלות), que l’on traduit par : "les souffrances", peut aussi être rapproché du terme "Sovel" (סובל) qui signifie “supporter, tolérer”, mais également de : savlanout (סבלנות - patience).

Le Tiférét Shlomo explique :
La Torah nous enseigne la raison principale pour laquelle les juifs ont été libérés d'Egypte.
C'est parce que les juifs, même réduits à l'esclavage et sous la douleur, ils n'ont jamais remis en question l'intervention d'Hachem.
Ils n'ont jamais questionné : "Pourquoi souffrons-nous plus que les autres nations du monde?" ...
Pendant toute la durée de leur séjour en Egypte, les juifs ont accepté le décret d'Hachem avec amour, car si c'est bon à Ses yeux, alors c'est bon à nos yeux.

C'est le sens du verset : "Moché alla parmi ses frères et fut témoin de leurs souffrances (בְּסִבְלֹתָם - bésivlotam)" (Chémot 2,11).
Moché a vu par son esprit saint (roua'h akodech) que les juifs avaient la qualité de : savlanout (סבלנות - patience), le fait d'accepter le décret d'Hachem.
Ils acceptaient tout avec amour.
Grâce au fait de ne pas remettre en question Hachem (même sous d'atroces souffrances), ils ont mérité d'être libérés d'Egypte.

=> C'est cette émouna en Hachem quelques soient les situations qui amènera notre guéoula.
Vivre en tant que juif c'est avoir le bon regard sur notre présent, et notre demain.
C'est être confiant et joyeux car tout est sous contrôle pour notre bien par papa Hachem.

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-> La guémara (Taanit 25a) rapporte que rabbi 'Hanina ben Dossa était dans une pauvreté extrême.
Sa femme lui a demandé : "Pendant combien de temps allons-nous souffrir dans ce monde?"
Il a demandé : "Que pouvons-nous faire?"
Elle lui a répondu : "Prie le Ciel de nous donner quelque chose!"
Rabbi 'Hanina ben Dossa a prié et une main est apparue et lui a donné un pied en or d'une table en or.
Il a dit à sa femme : "j'ai vu dans mes rêves que dans le futur les tsadikim auront 4 pieds à leur table, mais notre table n'en aura que 3" [en raison du fait qu'un des pieds de leur récompense future leur a déjà été donné dans ce monde].
Sa femme lui a demandé : "Est-ce que tu veux que tout le monde aura un table complète, tandis que nous mangerons à une table manquante [d'un pied]?"
Il a répondu : "Que pouvons-nous faire?"
Elle lui a dit : "Prie Hachem pour qu'il reprenne le pied".
Il pria, et le Ciel reprit le pied en or.
[la reprise du pied est un miracle plus grand que son don]

Le 'Hatam Sofer explique que les 4 pieds de la table en or du monde à venir font allusion à la récompense pour les 4 actions principales que les juifs font pendant leur vie.
Il s'agit de : la Torah, la prière, la bonté ('hessed) et de la "savlanout" (le fait d'accepter les difficultés de la vie avec la croyance que tout est pour le bien).

Puisqu'ils voulaient être libérés de la pauvreté, c'est qu'ils n'acceptaient pas les difficultés de la vie, ils ont alors perdu un pied : celui qui symbolise la "savlanout".
Lorsqu'ils ont réalisé cela, ils sont revenus à un état de "sovél", d'acceptation du décret d'Hachem et ils ont rendu le pied pour leur monde à venir.

-> Le 'Hatam Sofer enseigne également qu'à l'époque de Mordé'haï et Esther, Mordé'haï a cherché à sauver le peuple juif par la prière, et Esther a cherché à le sauver par un optimisme joyeux : par la croyance que tout ce que fait Hachem est pour le bien.
Et il s'est avéré que l'approche d'Esther a été le facteur principal du sauvetage des juifs, car : "une acceptation de sa situation vaut plus que de nombreuses prières".

=> L'acceptation des difficultés de notre vie est la clé pour en obtenir une libération personnelle par Hachem, mais c'est également un pied en or qui nous accompagnera éternellement dans notre monde à venir.
[si nous souhaitons l'avoir en bon état, nous devons y accorder autant d'importance, d'attentions, que les 3 autres "connus" : la Torah, la prière, la bonté.]

"Pharaon parla à Moché et à Aharon afin qu'ils ordonnent aux Bné Israël et à Pharaon, roi d'Egypte" (Vaéra 6,13)

-> Rachi explique : "Il leur ordonna de s'adresser à lui (Pharaon) avec respect".

-> Le 'Hatam Sofer commente :
"Il semble que Hachem voulait les mettre en garde (Moché et Aharon), afin qu'ils ne fassent pas un affront à Pharaon qui aurait permis à ses fautes d'être expiées, ce qui aurait compromis l'accomplissement des plaies qu'il méritait."

La rav Elimélé'h Biderman enseigne :
On peut déduire des paroles du 'Hatam Sofer que si Pharaon, qui était responsable de l'asservissement de 600 000 juifs, leur faisant subir des souffrances incommensurables, et qui méritait de fait d'être châtié comme il se doit, aurait pu être exempté de toutes les plaies grâce à un léger manque de respect à son égard, combien bien plus peut-il en être nous concernant.

En effet, il est certain que même le plus misérable des juifs est loin d'être aussi racha que Pharaon.
Il est dès lors, certain que même un tel homme peut être sûr que les affronts, les humiliations, qu'il subit le dispensent des très nombreuses épreuves qu'il aurait dû traverser.

C'est d'ailleurs pour cela que la guémara (Baba Batra 9a) enseigne au sujet de la tsédaka que celui incite les autres à donner a plus de mérite que celui qui donne
Le Yaavets en explique la raison du fait qu'il s'astreint davantage parce qu'il subit les affronts de ceux qui lui donnent.

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-> "Ce sont Aharon et Moché ... ce sont eux qui parlèrent à Pharaon, le roi d'Egypte, pour faire sortir les Bné Israël d'Egypte. Ce sont Moché et Aharon." (Vaéra 6,26-28)

Rachi explique : "dans certains endroits, on fait passer Aharon avant Moché et dans d'autres, on fait passer Moché avant Aharon pour te dire qu'ils se valent."

=> Cela est étonnant car la Torah affirme explicitement : "Il ne se leva pas d'autre Prophète comme Moché", et qu'Hachem dit à Aharon lui-même : "Il n'en est pas de même comme Moché mon serviteur"? Comment dès lors peut-on dire qu'ils se valaient?

Le Ktav Sofer répond ainsi :
Certes, Moché était plus grand que son frère Aharon. Néanmoins, au moment où ils se tinrent tous deux devant Pharaon, Aharon s'éleva au même niveau que Moché.
Il le mérita grâce à ce que la Torah témoigne à son sujet : "Il (Aharon) te verra (toi, Moché) et il sera joyeux dans son cœur."
Ce qui signifie qu'Aharon n'éprouva aucune jalousie envers son frère bien que celui-ci fût plus jeune que lui.
De plus, il l'accompagna pour être son porte-parole devant Pharaon avec tout ce que cela avait d'humiliant pour lui, puisque Pharaon les connaissait et savait qui était l'aîné des deux.
Et du fait qu'Aharon sacrifia alors de sa propre personne, il mérita ainsi d'être élevé à ce moment au même niveau que Moché. Car la valeur de celui qui brise ses tendances naturelles en faveur d'autrui ne cesse ensuite d'augmenter sans limite."

[de plus Aharon se focalisait sur une joie totale de voir la réussite de son frère, plutôt que de se morfondre négativement (c'est moi l'aîné! c'est moi qui m'occupait des juifs en Egypte avant le retour de Moché, il me prend ma place! ...).]

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-> Le rabbi Ména'hem de Prémichlan organisa un jour un repas en guise de reconnaissance.
Lorsqu'on lui en demanda la raison sachant qu'il n'avait bénéficié d'aucun miracle particulier, ni d'aucune guérison.
Il expliqua selon un enseignement familial qu'une humiliation et un affront ont le pouvoir de se substituer à une maladie grave d'une personne possédant des mérites (personnels ou de ses ancêtres).

Il raconta : "Aujourd'hui quelqu'un m'a humilié d'une manière terrible ce qui m'a touché jusqu'au plus profond de mon âme.
Il s'avère dès lors, que grâce à cela, j'ai été épargné des affres de la maladie.
Je suis donc tenu de rendre grâce par ce festin au même titre que l'aurait fait un malade qui aurait guéri, et bien plus encore que lui. Car je n'ai pas seulement été guéri, mais j'ai été épargné de tomber malade."
[imaginez de combien d'inquiétudes et de souffrances cela m'a dispensé pendant peut-être des mois. J'aurai dû voir des médecins, ... Ne dois-je pas faire un repas de remerciement à D.]

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-> Le 'Hafets 'Haïm dit que si quelqu'un savait d'avance qu'il allait être humilié plus tard dans la journée, il devrait aller au mikvé le matin, comme préparation pour ce moment si spécial où il se ferai humilié, et où cette honte aura pour conséquence de le purifier énormément.

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-> Rabbi Avraham haLévi dit qu'il a appris l'humilité à partir de la terre.
Il est impossible de faire un ustensile en terre cuite avec de la terre brute.
Il faut d'abord broyer la terre, et le plus elle sera broyée, écrasée, le mieux cela sera.
Il en est de même avec un individu : le plus de déshonneur et d'humiliation il reçoit, le mieux c'est pour lui.
[Réchit 'Hokhma - Chaar haAnava 3,39]

-> A la fin de la Amida, nous disons : "vénafchi kéafar tiyé" (que mon âme soit comme la terre).
Cette grande humilité est atteinte lorsqu'après avoir été humilié, qu'on nous a fait honte, nous ne répondons pas.

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-> "Le meilleur des médecins est digne du guéhinam" (tov chébérofim léGuéhinam - guémara Kidouchin 82a)

Le rav Elimélé'h Biderman explique :
Lorsque quelqu'un humilie et fait honte à son prochain, alors c'est le meilleur des médecins, car il sauve son prochain de maladies, de souffrances futures tellement plus graves, douloureuses.
Néanmoins, il ira au guéhinam, car il a fait honte à autrui, même si cela était nécessaire et dans un but de le guérir.
En ce sens, nous devenons tous le meilleur médecin lorsque nous humilions autrui, et pour cela on va au guéhinam.

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-> Lorsqu'une personne nous dérange, nous insulte, ... il ne faut pas se mettre en colère.
Nous devons reconnaître l'origine d'où tout vient (un décret Divin).
Certes nous devons nous protéger de mauvaises personnes, environnements, ... mais nous devons savoir que personne ne peut nous nuire sans que Hachem lui en donne la permission, et qu'une fois que nous avons subi une humiliation en l'acceptant nous gagnons énormément.

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-> "Quiconque fait honte à son prochain en présence de tiers n’a pas de part au monde à venir."
[guémara Baba Métsia 59a]

=> Pour un sentiment d'égo très bref, nous risquons d'en venir à perdre notre éternité.
Bien que la téchouva existe, cela témoigne d'à quel point "l'autre c'est du feu", dans le sens où à chaque moment on peur risquer beaucoup de dégâts, de se brûler avec le guéhinam si on en vient à l'humilier.
Est-on prêt à payer pour l'éternité le prix d'avoir pris le dessus l'espace d'un court instant sur notre prochain?
Humilier autrui : bien qu'amusant sur le moment, celui qui en souffrira le plus au final, c'est nous!

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b'h, également :
-> faire honte à autrui : http://todahm.com/2014/05/18/faire-honte-a-autrui
-> L'importance de ne pas répondre aux disputes : http://todahm.com/2018/12/25/limportance-de-ne-pas-repondre-aux-disputes

"Et vous saurez que c'est Moi Hachem votre D. qui vous ait fait sortir du joug de l'Egypte" (Vaéra 6,7)

-> Le Sfat Emet (Vaéra 5634) rapporte que la connaissance de "c'est Moi Hachem" est précisément celle qui "fait sortir" l'homme du joug de son esclavage personnel et de ses épreuves.
En effet, grâce à cette foi, il sait que Hachem le dirige à chaque instant et qu'Il est l'auteur de tout ce qui lui arrive.
Et dès lors, tout ce qui lui apparaît comme souffrance et comme épreuve n'est en réalité que bienfait et bénédiction, joie et délectation.

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-> Hachem dit : "Je suis le premier, je suis le dernier, hors moi point de D.!" (Yéchayahou 44,6)

Le rabbi Hershel de Ziditchov fait remarquer que l'acronyme de : "ani richon vaani a'haron" (Je suis le premier, je suis le dernier - אֲנִי רִאשׁוֹן וַאֲנִי אַחֲרוֹן) est : וארא (Vaéra).
La raison est que la paracha Vaéra doit nous faire prendre conscience que : "Je suis le premier, je suis le dernier", que rien ne peut se passer sans un décret d'Hachem.

[normalement un miracle a pour but de sauver un individu ou un groupe de personnes, mais les miracles de la sortie d'Egypte avaient pour objectif de faire connaître Hachem, et en ce sens plus il y avait de miracles manifestes, le mieux c'était.]

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-> Sortie d'Egypte & émouna : http://todahm.com/2021/01/21/30348

"Intercédez pour moi" (Vaéra 8,24)

-> Pharaon incarne l’égoïsme propre à tous les rois du monde, qui ne sont préoccupés que par leur intérêt personnel.
Pharaon ne demanda à Moché et Aharon que d’intercéder en sa faveur. Le sort de son peuple lui importait peu.
A l’inverse, les rois d’Israël et ses grands Rabbanim sont toujours à l’écoute des membres du peuple.

[rav Moché Sternbuch - Taam véDaat]

"Les grenouilles se retireront de toi et de tes demeures" (Vaéra 8,7)

La prière de Moché a permis de renvoyer les grenouilles des maisons de Pharaon et de ses serviteurs.
Ce ne sera pas le cas lorsque les serpents seront envoyés par Hachem contre les bnei Israel dans le désert, faisant de nombreuses victimes parmi le peuple.
Lors de cet épisode, la prière de Moché n’a pas eu d’effet, mais Hachem lui a conseillé : "Fais toi-même un serpent et place le au haut d’une perche : quiconque aura été mordu, qu'il le regarde et il vivra!" ('Houkat 21,8).

Le 'Hafets 'Haïm explique cette différence : il existe une réparation pour toutes les fautes, sauf pour la médisance. En effet, L’ange accusateur créé par la faute de la médisance accuse sans cesse, et il est impossible de l’écarter.
De plus, tout comme le calomniateur a utilisé sa bouche à une mauvaise fin, l’ange accusateur généré par cette faute parle, et on ne peut pas le faire taire.

Or, du fait que les serpents ont été envoyés en punition de la médisance proférée par le peuple contre Hachem et Moché, la prière ne pouvait suffire à les neutraliser.
Il fallait que D. donne le moyen de guérir les hommes touchés par les morsures de ces serpents, comme il est écrit : "Fais toi-même un serpent et place-le au haut d’une perche : quiconque aura été mordu, qu'il le regarde et il vivra".

[toute faute peut être expiée par notre téchouva, mais pour certaines cela est plus difficile, comme par exemple avec le lachon ara qui créé un ange Accusateur très bavard contre nous!
De plus, l'idée que nos paroles de lachon ara donnent de la force aux anges Accusateurs de pouvoir parler contre nous, et diminuent le pouvoir de nos prières, doit nous faire réfléchir à la nécessité de les dire. Le prix final à payer est quand même vachement élevé!
D'une certaine façon, c'est ça une vraie téchouva sur le lachon ara : avoir le serpent en haut d'une perche qui attend que l'on parle du lachon ara pour avoir le droit de nous attaquer. Conscients de cela on n'en viendra plus facilement à fauter par la suite.]

"J'endurcirai le cœur de Pharaon ... et Pharaon ne vous écoutera pas" (Vaéra 7,3-4)

=> Est-ce que cela signifie qu'il n'avait plus de libre arbitre?

-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva 6,3) et le rav 'Haïm de Volozhin écrivent que parfois les fautes d'une personne sont si importantes qu'elle reçoit la pire de toutes les punitions : être empêché de faire téchouva afin qu'elle meurt coupable sans parvenir à expier ses fautes.

Comme exemple, ils citent Pharaon, car il a d'abord fauté intentionnellement par cruauté mettant en esclavage toute la nation juive, et refusant de les libérer.
Une partie de sa punition, a été que Hachem a endurci son cœur et lui a refusé la capacité de changer d'avis afin qu'il puisse être puni jusque qu'il soit contraint de libérer les juifs.

-> Le 'Hafets 'Haïm et le rav 'Haïm de Berlin maintiennent que Hachem ne retire jamais le libre arbitre d'une personne.
Ils expliquent que Hachem a retiré de Pharaon l'aide Divine qui est disponible à toute personne qui souhaite se repentir.
Néanmoins, le libre arbitre de Pharaon était intact, et bien que cela lui soit plus difficile car sans assistance Divine, s'il le voulait vraiment, il avait toujours la capacité de changer son esprit.

-> Le Radak (Chmouel 1 2,25) écrit que si les fautes de quelqu'un sont trop importantes, Hachem va lui retirer sa capacité à se repentir, pour le punir et qu'il serve de dissuasion pour les autres afin qu'ils évitent de suivre ses mauvaises conduites.
Cependant, il ajoute que s'il fait une téchouva de tout son cœur, et qu'il manifeste publiquement qu'il s'est repenti de ses mauvaises voies, alors sa téchouva sera acceptée.

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-> Le cœur de Pharaon a été endurci et les portes de la téchouva scellées devant lui.
Néanmoins, j'envie Pharaon pour l'incroyable kidouch Hachem qu'il a entraîné (indirectement) par son obstination.
[le Kédouchat Lévi - Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev]

-> Pharaon favorisa le repentir des juifs davantage que de nombreux jeûnes.
La Torah dit donc littéralement : "Pharaon rapprocha (ik'riv)" (Béchala'h 14,10) = il rapprocha Israël de son Père céleste.
[Méam Loez - Béchala'h 14,13-14]

-> Dans la méguilat Esther, il est écrit : "Le roi ôta son anneau de sa main et le remit à Haman" (v.3,10)

Nos Sages (guémara Méguila 14a) commente :
"Plus grande fut la cession de l’anneau royale [à Haman] que les 48 prophètes et 7 prophétesses qui livrèrent leurs messages aux enfants d’Israël sans parvenir à les remettre sur le droit chemin, alors que le fait d’avoir ôté l’anneau royal les ramena sur la bonne voie."

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+ "Jusqu’à quand vas-tu refuser de te soumettre devant Moi?" (Bo 10,3)

-> Le verset ne dit pas : "Jusqu'à quand ne vas-tu pas te soumettre", mais plutôt : "vas-tu refuser de te soumettre".

En effet, Hachem ne reproche pas à Pharaon de ne pas se plier, d'autant qu'Il a Lui-Même endurci son cœur l'empêchant par-là de se soumettre. Mais malgré tout, Pharaon aurait pu et aurait dû néanmoins vouloir obéir à Hachem.

C’est là où se situait toute la faute de Pharaon : il a refusé de se soumettre, il ne témoigna d’aucune volonté positive. Hachem lui a certes endurci le cœur, mais lui, au lieu de regretter cette situation et d’espérer s’attendrir, au contraire il se réjouit d’avoir ce cœur dur, en en devenant même arrogant!

=> Même si un homme n’arrive pas à vaincre son mauvais penchant, il doit tout au moins désirer y arriver, avoir honte de cette situation puisque désirant tout au fond de son cœur s'annuler devant le Maître du monde [Hachem].
[Sfat Emet]

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+ "Le cœur de Paro est endurci, il refuse de renvoyer le peuple" (Vaéra 7,14)

Le Alcheikh haKadoch (dans son Torat Moché) explique ainsi cette dureté du cœur :
Les Sages ont dit sur les tsadikim que leur cœur est sous leur contrôle.
Cela signifie que les tsadikim dominent leur cœur, qui est à la source de tous les désirs et de toutes les pulsions.
Mais les réchaïm sont soumis à leur cœur, ils sont sous la domination de leurs instincts et de leurs désirs à chaque instant.

C’est ce que D. a dit à Moché : "Le cœur de Paro est endurci" vis-à-vis de lui-même = il est sous la domination de son cœur et il est livré à ses instincts, c’est pourquoi "il refuse de renvoyer le peuple."