« J’endurcirai le cœur de Pharaon … et Pharaon ne vous écoutera pas » (Vaéra 7,3-4)

=> Est-ce que cela signifie qu’il n’avait plus de libre arbitre?

-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva 6,3) et le rav ‘Haïm de Volozhin écrivent que parfois les fautes d’une personne sont si importantes qu’elle reçoit la pire de toutes les punitions : être empêché de faire téchouva afin qu’elle meurt coupable sans parvenir à expier ses fautes.

Comme exemple, ils citent Pharaon, car il a d’abord fauté intentionnellement par cruauté mettant en esclavage toute la nation juive, et refusant de les libérer.
Une partie de sa punition, a été que Hachem a endurci son cœur et lui a refusé la capacité de changer d’avis afin qu’il puisse être puni jusque qu’il soit contraint de libérer les juifs.

-> Le ‘Hafets ‘Haïm et le rav ‘Haïm de Berlin maintiennent que Hachem ne retire jamais le libre arbitre d’une personne.
Ils expliquent que Hachem a retiré de Pharaon l’aide Divine qui est disponible à toute personne qui souhaite se repentir.
Néanmoins, le libre arbitre de Pharaon était intact, et bien que cela lui soit plus difficile car sans assistance Divine, s’il le voulait vraiment, il avait toujours la capacité de changer son esprit.

-> Le Radak (Chmouel 1 2,25) écrit que si les fautes de quelqu’un sont trop importantes, Hachem va lui retirer sa capacité à se repentir, pour le punir et qu’il serve de dissuasion pour les autres afin qu’ils évitent de suivre ses mauvaises conduites.
Cependant, il ajoute que s’il fait une téchouva de tout son cœur, et qu’il manifeste publiquement qu’il s’est repenti de ses mauvaises voies, alors sa téchouva sera acceptée.

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-> Le cœur de Pharaon a été endurci et les portes de la téchouva scellées devant lui.
Néanmoins, j’envie Pharaon pour l’incroyable kidouch Hachem qu’il a entraîné (indirectement) par son obstination.
[le Kédouchat Lévi – Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev]

-> Pharaon favorisa le repentir des juifs davantage que de nombreux jeûnes.
La Torah dit donc littéralement : « Pharaon rapprocha (ik’riv) » (Béchala’h 14,10) = il rapprocha Israël de son Père céleste.
[Méam Loez – Béchala’h 14,13-14]

-> Dans la méguilat Esther, il est écrit : « Le roi ôta son anneau de sa main et le remit à Haman » (v.3,10)

Nos Sages (guémara Méguila 14a) commente :
« Plus grande fut la cession de l’anneau royale [à Haman] que les 48 prophètes et 7 prophétesses qui livrèrent leurs messages aux enfants d’Israël sans parvenir à les remettre sur le droit chemin, alors que le fait d’avoir ôté l’anneau royal les ramena sur la bonne voie. »

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+ « Jusqu’à quand vas-tu refuser de te soumettre devant Moi? » (Bo 10,3)

-> Le verset ne dit pas : « Jusqu’à quand ne vas-tu pas te soumettre », mais plutôt : « vas-tu refuser de te soumettre ».

En effet, Hachem ne reproche pas à Pharaon de ne pas se plier, d’autant qu’Il a Lui-Même endurci son cœur l’empêchant par-là de se soumettre. Mais malgré tout, Pharaon aurait pu et aurait dû néanmoins vouloir obéir à Hachem.

C’est là où se situait toute la faute de Pharaon : il a refusé de se soumettre, il ne témoigna d’aucune volonté positive. Hachem lui a certes endurci le cœur, mais lui, au lieu de regretter cette situation et d’espérer s’attendrir, au contraire il se réjouit d’avoir ce cœur dur, en en devenant même arrogant!

=> Même si un homme n’arrive pas à vaincre son mauvais penchant, il doit tout au moins désirer y arriver, avoir honte de cette situation puisque désirant tout au fond de son cœur s’annuler devant le Maître du monde [Hachem].
[Sfat Emet]

-> « Moché dit devant Hachem : Voici, J’ai les lèvres obstruées et comment Pharaon m’écoutera-t-il? » (Vaéra 6,30)

-> « Moché dit à Hachem : … je ne suis pas homme de paroles … car j’ai la bouche pesante et l’élocution embarrassée » (Chémot 4,10)

-> Yossef a donné un signe pour reconnaître celui qui sera le sauveur d’Israël.
Lorsqu’une personne viendra et dira : pakod pakadti (je me suis bien souvenu de vous – פקד פקדתי), les juifs sauront qu’elle va les sauver.

Comment pouvaient-ils être certain que Moché n’avait pas entendu ces mots d’autres personnes?

C’est pour cette raison que Hachem a fait en sorte que Moché avait un défaut de langage, faisant entre autre qu’il ne pouvait pas prononcer la lettre פ (pé).
Néanmoins, il pouvait miraculeusement prononcer parfaitement bien les mots : פקד פקדתי, ce qui confirma qu’il était le véritable sauveur.
[Adérét Eliyahou]

Le Ramban et le Steïpler suggèrent que dans la promesse de Yossef (cf. Vayé’hi 50,25 : « D. Se souviendra assurément de vous » – pakod yifkod Elohim ét’hem) était inclus l’assurance qu’aucun charlatan ne viendrait utiliser cette expression, et que la 1ere personne l’invoquant sera la bonne désignée par Hachem.

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-> L’homme est la synthèse d’une partie physique et d’une partie spirituelle.

Le pouvoir de parler est le résultant de cette fusion entre le corps et l’âme.
Dans la majorité des êtres humains, la relation entre les éléments matériels et spirituels est plus ou moins équilibré, et le résultat est une capacité de parler qui est normale.
Cependant, chez Moché, la relation entre le corps et l’âme n’était pas du tout équilibrée, puisqu’il était principalement une âme. La résultante était qu’il avait des défauts de prononciation.
[Maharal – Guévourot Hachem 28]

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-> Pourquoi est-ce que Moché exprime 2 fois sont inquiétudes concernant son défaut de prononciation : paracha Chémot (v.4,10) et Vaéra (v.6,30) [cf. ci-dessus]?

Le rav Yossef Sorotzkin explique que Moché avait 2 préoccupations principales :
1°/ il avait peur qu’on ne le comprenne pas et d’être un agent inefficace pour transmettre le message de Hachem.

2°/ le Rambam (Hilkhot Yessodé haTorah 7,1) écrit que pour recevoir la prophétie, une personne doit être physiquement parfaite et entière, sans défaut. Moché avait peur que les gens soient septiques de l’accepter comme une prophète légitime, puisque pensant à tord que son défaut de prononciation l’invalide à recevoir la prophétie.
[le fait que Aharon sera son interprète lève ces doutes]

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-> Autre explication :
Le Assoufat Maara’hot explique que l’Egypte était le pays le plus matérialiste et qui cultivait le plus les plaisirs du corps.
La sortie d’Egypte consistait à ce que le peuple juif puisse, après être descendu dans la matérialité de l’Egypte, en sortir et en remonter.
L’objectif était de réussir à élever et éclairer le matériel par le spirituel. C’est pourquoi, la sortie d’Egypte devait déboucher sur le don de la Torah et l’acceptation de ses mitsvot. Car par l’accomplissement des mitsvot, qui exigent des supports matériels, les juifs permettent justement d’attirer la lumière Divine sur la matérialité, pour l’élever.

La préparation à cela était la sortie d’Egypte, qui devait introduire cette dimension de raffinement de la matière.
Or, quand un homme descend dans la matérialité, même si le but est de l’élever, cela comporte malgré tout le risque de s’enfoncer dans la matérialité et d’y sombrer, au lieu de l’élever.
=> Pour éviter un tel risque, il faut recevoir la force d’un homme qui est complètement séparé de la matière, et qui est épuré de toute trace de matérialité.
Seul Moché, qui correspondait à cette description, pouvait donc être le libérateur.
En effet, puisqu’il transcendait complètement la matérialité,
il pouvait donner la force au peuple de sortir d’Egypte en élevant la matérialité, tout en étant protégé du risque de s’y enfoncer.

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-> « Comment Pharaon m’écoutera-t-il? » (Vaéra 6,30)

Ce verset révèle l’énorme humilité de Moché.
Si l’immense Moché rabbénou était si humble, alors il est certain que toute autre personne qui n’a pas sa grandeur, se doit d’être humble.
[midrach haGadol]

-> Il est écrit : « Les enfants d’Israël n’écoutèrent pas Moché, à cause du souffle court et du travail pénible » (v.6,9)

Le Sfat Emet enseigne : « Moché pensait cependant qu’ils ne l’ont pas écouté à cause de son défaut de prononciation.
L’humilité de Moché était telle qu’il pensait qu’il était à blâmer du fait qu’ils n’avaient pas écouté, et c’est pour cela qu’il a déclaré : « les enfants d’Israël ne m’ont pas écouté, et comment Pharaon m’écouterait-il? ». »

-> Le Maayan Bét haChoéva rapporte l’idée que Moché s’est encouragé en se disant : même si à priori Pharaon ne m’écoutera pas en raison de mes défauts de prononciation, néanmoins j’accomplirai la mitsva (volonté de D.) d’aller parler à Pharaon, et cela sera un bénéfice au profit du peuple juif.

[ainsi, même à son très haut niveau, Moché se travaillait constamment : Hachem contrôle absolument tout, et je dois suivre Sa volonté.]

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-> Pourquoi est-ce que Moché n’a pas prié Hachem pour qu’Il le guérisse de son fort défaut de prononciation?

Le Ramban (Chémot 4,10) explique qu’il préférait garder son handicap afin de pouvoir se rappeler toute sa vie des miracles que D. a fait pour lui dans sa jeunesse.

[par exemple : Hachem a envoyé l’ange Gavriel pour qu’il lui bouge sa main vers les braises ardentes qui lui ont brûlé la langue entraînant son défaut de prononciation, plutôt que vers le tas d’or, signifiant une mort certaine par Pharaon.
=> On peut comparer cela à quelqu’un qui a miraculeusement survécu à un terrible accident, et qui souhaite garder un signe lui rappelant pour toujours la bonté de D.]

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-> « Hachem dit à Moché : Vois, J’ai fait de toi un maître sur Pharaon et Aharon ton frère sera ton interprète » (Vaéra 7,1)

Lorsque des rois se rencontrent, celui qui est le plus important n’a pas besoin de parler la langue de l’autre, et il peut utiliser un interprète.
Hachem dit à Moché qu’étant le « maître » de Pharaon, il n’aura pas à lui parler directement, Aharon le faisant à sa place, et c’est cela qui démontrera sa supériorité sur Pharaon.
[‘Hatam Sofer]

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-> « Souvenez-vous de la Torah de Moché (תּוֹרַת מֹשֶׁה), mon serviteur » (Mala’hi 3,22)
=> Pourquoi la Torah est appelée en son nom?

Généralement, une personne qui a la langue agréable, qui articule clairement, peut convaincre des masses de gens de suivre chacun de ses mots, et même si de façon inhérente ils ne sont pas bons, les gens vont le croire.
[c’est si joliment dit (la forme), alors c’est que c’est forcément vrai (le fond)!]
Moché avait des défauts de prononciation, et si la Torah qu’il transmettait était agréable, cela ne provenait pas de sa façon de la présenter, mais plutôt du fait qu’elle est intrinsèquement agréable et bonne.
[le Chla haKadoch]

-> Le Ran rapporte qu’au moment du don de la Torah tous les juifs ont été guéris de leurs handicaps (ex: les muets parlaient, les aveugles voyaient, …).
=> Pourquoi Moché a-t-il gardé son handicap de parole?

Il l’a gardé afin de témoigner que le peule juif a accepté la Torah par amour pour Hachem et en reconnaissance de la Véracité de la Torah, et non pas parce qu’ils auraient été séduits par ses belles paroles.

Le Ran (dans ses drachot) explique que Moché devait diriger le peuple, le libérer d’Egypte et lui donner la Torah.
Or certains auraient pu dire que c’est par la force de sa parole et la beauté de son élocution, que Moché a réussi à autant influencer les foules. Les juifs ne l’ont pas suivi parce que ce qu’il disait est vrai et qu’ils se sentaient impliqués, mais parce qu’il a réussi à les convaincre par son talent.

Pour éviter une telle erreur, Hachem a occasionné que Moché ait justement de grandes difficultés à parler. Ainsi, il devenait évident que toute sa force lui venait de l’authenticité de son message et du fait qu’il était envoyé par Hachem pour transmettre Sa Parole.
Mais il devenait impossible de dire qu’il a réussi à les attirer par la force de sa parole. De cette façon, cela permettra aux autres générations d’accepter la Torah, car le peuple n’a pas accepté la Torah sous l’influence d’une quelconque manipulation de Moché, ce qui n’engagerait donc pas les générations futures.
=> C’était seulement la Vérité du message qui a contraint les juifs à accepter la Torah. Dès lors, l’engagement pourra être éternel, car la Vérité est absolue et ne change pas selon les périodes.

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+ « Moché parla devant Hachem, en disant : Voici, les enfants d’Israël ne m’ont pas écouté, et comment Pharaon m’écouterait-il? Et j’ai les lèvres obturées! (aral séfataïm) » (Vaéra 6,12)

-> Lorsque Hachem a demandé au prophète Yona de se rendre à Ninvé pour les réprimander pour leurs fautes, Yona a désobéi.
En effet, il avait peur que les habitants de Ninvé écoutent ses réprimandes et fassent téchouva, ce qui aurait entraîné une terrible accusation contre le peuple juif qui ont ignoré les avertissements de plusieurs prophètes.

=> La remarque de Moché est identique.
Le peuple juif n’a pas écouté Moché, et il n’a pas cru qu’ils seraient libérés d’Egypte.
Moché avait peur que d’aller chez Pharaon, et qu’il l’écouterait, cela entraînant alors une accusation envers les juifs : [même] Pharaon a écouté, tandis que vous non!
[‘Hatam Sofer]

« Les égyptiens reconnaîtront que Je suis Hachem, lorsque J’étendrai ma main sur eux et que Je ferai sortir du milieu d’eux les enfants d’Israël » (Vaéra 7,5)

-> Rachi (Yitro 18,9) : Un esclave ne pouvait pas, jusque-là, fuir l’Egypte, dont les frontières étaient hermétiquement closes. Et eux [les juifs] ont été 600 000 à sortir.

-> Le Ibn Ezra commente que les égyptiens, la nation la plus puissante en magie, avaient jeté un sort à leurs frontières de telle façon que personne ne pouvait en sortir librement.

-> Le Ben Ich ‘Haï dit qu’on trouve une allusion à cela dans le mot : « Egypte » (מצרים), qui commence par un מ, lettre qui est ouverte, signe qu’à l’arrivée des juifs la terre était ouverte. Cependant par la suite, lorsqu’ils ont voulu en sortir cela était totalement impossible, à l’image de la lettre : ם de la fin du mot qui est fermé.

Ainsi, la grandeur de la sortir d’Egypte se tient dans les mots : « Je ferai sortir du milieu d’eux les enfants d’Israël », dont le mot : « mito’ham » (du milieu d’eux – מִתּוֹכָם) peut se décomposer en : מתוך ם (béto’h mém) = de l’intérieur du mém (ם), c’est-à-dire des limites de l’Egypte.

Hachem a libéré les millions de personnes composant Sa Nation en un seul instant, en faisant même des miracles énormes dans les frontières fermées de l’Egypte.
[cela doit renforcer notre émouna dans la certitude d’une guéoula grandiose à tout moment, avec la venue du machia’h!]

La 1ere plaie : le sang

+ La 1e plaie : le sang

Préalable aux plaies :
-> chaque plaie a duré un mois, mais certains commentateurs pensent que la durée de la mise en garde était de 7 jours et ensuite la plaie durant 3 semaines, ou bien pour d’autres c’était l’inverse : 3 semaines de mise en garde et une semaine de plaie.

Toute les opinions s’accordent à dire que la période totale couverte par les plaies a été de 12 mois, prenant fin le 14 Nissan.
[l’esclavage a pris fin 1 an avant la sortie d’Egypte]

-> Le Séfer Péninim Yékarim (Ekev 7,15) cite l’enseignement de nos Sages selon lequel à chaque fois qu’une plaie s’abattait sur les égyptiens, il y en avait un petit peu chez les juifs pendant un moment, pour qu’ils sachent ce que souffraient les égyptiens.

-> Selon le Saba de Kelm, en Egypte chaque plaie durait une semaine, et entre 2 plaies, il y avait une pause de 3 semaines.
Que faisaient les juifs pendant ces 3 semaines?

Ils étudiaient la plaie qui venait de passer, afin de se rendre compte à quel point Hachem était précis avec chaque égyptien en fonction de ce qu’il avait pu faire durant l’esclavage des juifs.
Il était alors clair dans la tête de chaque juif, que pour Hachem chaque acte (même le plus petit/anodin) positif ou négatif donne droit à une conséquence.
Rien n’est caché, ni oublié de D.

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-> Pourquoi les appelons-nous : « les 10 Plaies (makot) » et non « les 10 Prodiges »?
Le rav Mattitiahou Salomon donne la réponse suivante.
C’est parce que le prodige n’est pas le principal, ni le but recherché par Hachem, mais seulement le moyen pour Le craindre, d’où l’utilisation du mot : « maka » (un coup/plaie).

Le Ramban écrit : « Si un homme fait une mitsva, il gagnera son salaire et s’il faute il recevra la punition d’Hachem. Tout le but des actions d’Hachem en Egypte était d’apprendre au monde entier qu’Il se conduit dans Son monde avec la conduite de la Justice ».

Malheureusement, beaucoup de gens pensent que Hachem met tout le monde au Gan Eden, et qu’Il est tellement bon qu’Il pardonnera tout, peu importe les bêtises que la personne en question a fait.
Ceci est une grande erreur, Hachem est certes d’une bonté infinie, mais ce qu’Il attend de nous est qu’on Le craigne dans Son monde.
Il est prêt à tout pardonner si l’homme en question fait téchouva (n’importe quelle faute sans exception!), mais il faut qu’il sache qu’Hachem a aussi l’Attribut de Justice, et que pour toute chose qu’un homme fait, il devra rendre des comptes à 120 ans.

[à Pessa’h, en développant largement les  détails concernant les plaies, nous en venons à prendre conscience que rien n’a été fait par hasard, mais selon le principe de : mesure pour mesure (mida kénégéd mida). Les égyptiens ont été punis pour chacune des fautes qu’ils ont pu faire subir aux juifs (même en cachette!).
[par exemple, à la mer Rouge, on voit que chaque égyptien a reçu une punition personnelle, en fonction de ce qu’il avait pu imposer aux juifs. ]
En développant concrètement cette notion en nous, nous en venons à craindre Hachem, et se dire que : certes Il est d’une miséricorde infinie, mais nous devrons également rendre des comptes sur toutes nos actions (sa Justice est parfaite).

=> Cela doit éveiller en nous un sentiment de crainte, qui vient s’ajouter au sentiment d’amour (vu tous les miracles que D. a réalisé pour nous!). Or, la crainte et l’amour sont les 2 jambes indispensables au bon déplacement spirituel de tout juif!]

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-> Pourquoi l’eau a-t-elle été frappée la première, et par le sang?

Parce que Pharaon et les égyptiens idolâtraient le Nil, D. dit : « Je vais frapper leur D. en premier et ensuite son peuple » (Chémot Rabba 9,8).

D’ailleurs, les eaux du Nil avaient une odeur de charogne, ce qui humilia grandement les égyptiens et Pharaon qui virent leur dieu ainsi frappé (Midrach Hagadol 7,17).

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-> « Il y aura du sang dans tout le pays d’Egypte, et dans les bois et dans les pierres » (chémot 7,19).
Comment comprendre : « dans les arbres et dans les pierres »?

Le sang perçait depuis l’intérieur des arbres et des pierres et coulait au dehors.
Lorsqu’une femme pétrissait la pâte et l’enfournait, le sang sortait du bois et éteignait le feu. Il mouraient ainsi de faim.

Le sang coulait même de leurs idoles en bois et en pierre. Même les fruits des arbres contenaient du sang et lorsque, assoiffés, ils essayaient de presser des fruits, du sang en coulait (Midrach Hagadol Vaéra 7,21).

Même leur salive fut transformée en sang (Midrach Tanhouma Vaéra 11).
D’autres sources ajoutent que c’était tous les liquides du corps qui se sont transformés en sang : les larmes, la salive, la transpiration.

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-> Ceux qui se risquaient à boire du sang voyaient leur estomac gonfler et éclater. (Zohar haKadoch 22)
Les animaux mourraient, déshydratés. (Abravanel – Vaéra)

-> S’ils buvaient avec un juif du même verre, l’eau se transformait en sang dans leurs bouches.
Lorsqu’ils s’asseyaient sur leur lits ou sur un rocher, ils abîmaient leurs habits (coûteux) qui s’imprégnaient de sang (midrach chémot Rabba 9,11).

-> Les eaux amères et salées sont restées disponibles, et les égyptiens se forçaient à en boire parce qu’ils n’avaient pas le choix.
Ils préféraient acheter de l’eau potable aux juifs, plutôt que de consommer de l’eau amère.
[Rabbénou Bé’hayé ; Malbim]

Les juifs se sont considérablement enrichis en vendant de l’eau aux égyptiens.

Le Messekh ‘Hokhma cite le midrach enseignant qu’un des objectifs de cette plaie était d’enrichir les juifs, par la vente d’eau potable.
De son côté Pharaon, puisqu’il avait déjà « payé » aux juifs par toutes les bontés qu’il avait pu octroyer à Moché en l’élevant dans son palais, il a été totalement exempté de cette plaie.

Dans le verset, il est écrit : « Pharaon s’en retourna, alla vers sa maison et ne se préoccupa pas de cela aussi » (Chémot 7,23). On observe que Pharaon, n’étant pas personnellement concerné, il ne partagea pas la souffrance de son peuple (« ne se préoccupa pas de cela »).

[En épargnant à Pharaon cette 1ere plaie, Hachem l’élevait aux yeux de tous pour mieux le faire tomber de haut, et également Il lui laissait du temps pour faire téchouva.
Nos Sages enseignent que Pharaon n’a pas été touché par la 1ere plaie en gratitude et en « paiement » pour avoir élevé, nourri, hébergé, … Moché dans son palais pendant 10 années (de 2 à 12 ans).]

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-> Jusqu’aux frontières de l’Egypte, l’eau était parfaitement pure et claire. Mais dès que l’eau traversait la frontière, elle se transformait en sang.
De même, dès que l’eau quittait l’Egypte pour se jeter dans la mer méditerranée, elle redevenait pure.

Durant la plaie, les égyptiens apprirent que l’on pouvait obtenir de l’eau fraîche à la source du Nil et y envoyèrent des expéditions pour rapporter de l’eau potable. Mais dès que les tonneaux d’eau passaient les frontières égyptiennes, cette eau-là aussi se transformait en sang.
Ainsi les égyptiens ne purent-ils pas boire la moindre goutte d’eau du Nil.
[Méam Loez – Vaéra 7,16-18]

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Nos Sages disent que les Juifs se sont enrichis grâce à la plaie du sang, car pour que les égyptiens puissent boire de l’eau, ils devaient payer cette eau aux juifs.
=> Pourquoi les juifs avaient-ils besoin d’une telle richesse, alors qu’au moment de la sortie d’Egypte, ils emporteront avec eux de grandes richesses ?

La guémara (Baba Batra 116a) enseigne que la pauvreté dans la maison d’un homme est pire que 50 coups.
De plus, dans la Haggada, Rabbi Akiva dit que chacune des 10 plaies étaient composées de 5 plaies, ce qui qu’en tout l’Egypte fut donc frappée de 50 plaies.
Ainsi, avant d’envoyer les plaies, Hachem souhaita enrichir les juifs, dès la 1ere plaie, car s’ils étaient pauvres, cela reviendraient comme s’ils étaient frappés de 50 plaies.
=> Alors, on n’aurait pas vu la différence entre les égyptiens qui allaient recevoir 50 plaies, et les juifs qui, du fait de la pauvreté, seraient eux-aussi considérés comme étant frappés de 50 coups.
[le Zéra Chimchon]

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-> Il est à noter que lorsqu’un égyptien venait voir un juif et lui demandait de lui vendre de l’eau, tant qu’il ne donnait pas la somme adéquate, l’eau se transformait en sang.

C’est ainsi que chaque égyptien recevait une punition personnalisée (le prix d’achat étant unique) en fonction de l’importance de la cruauté qu’il avait eu envers les esclaves juifs.

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-> « Il y aura du sang sur tout le pays d’Egypte et dans les [récipients de] bois et [de] pierre » (Vaéra 7,19)

Rabbénou Ephraïm tire de ce verset que l’eau qui était contenue dans des récipients en métal n’a pas été changée en sang. C’est pourquoi pour cette plaie, Pharaon n’a pas demandé à Moché d’y mettre un terme, car il buvait uniquement de l’eau entreposée dans du métal, le laissant non affecté par cette plaie.

[A cette époque « ancienne », le métal était une matière nouvelle rare et très chère (surtout pour y entreposer un bien peu précieux comme de l’eau!), faisant que seul Pharaon était vraiment concerné, puisqu’étant un signe extérieur de richesse pour lui.]

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+ « Toute l’eau qui était dans le fleuve se changea en sang » (Vaéra 7,20)

-> Le Sforno écrit que l’eau s’est littéralement transformée en sang, et en conséquence les poissons sont morts puisque ne pouvant survivre dans du sang.

Le Ibn Ezra précise que le sang étant plus chaud, c’est cette différence de température qui tué les créatures aquatiques du fleuve.

-> Le Daat Zékénim est d’avis que le fleuve a pris l’apparence du sang, mais il est resté en réalité avec le goût de l’eau. Pour éviter les égyptiens de le boire, Hachem a également entraîné que les poissons meurt, et c’est ce qui a rendu l’eau imbuvable.
[v.21 : « le poisson qui était dans le fleuve périt … et l’Egypte ne put boire l’eau du fleuve »]

Le rav Aharon Leib Steinman dit que selon cette explication, pour toutes les autres sources d’eaux non reliées au Nil et ne contenant pas de poissons, l’eau s’est réellement transformée en sang, empêchant de la boire.

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+ « Les magiciens d’Egypte en firent de même avec leurs sortilège » (Vaéra 7,22)

=> D’où provenait l’eau qu’ils ont utilisé pour la transformer en sang?

-> Le Targoum Yonatan ben Ouziel écrit que les magiciens ont pris de l’eau de Gochèn, où les juifs vivaient, car elle n’était pas affectée par la plaie.

-> Rabbénou Bé’hayé répond qu’ils creusaient des trous dans le sol pour trouver des sources d’eaux souterraines, puisque la plaie affectait uniquement l’eau exposée.

Il dit également que lorsque les magiciens ont entendu que la plaie allait commencé, ils ont voyagé jusqu’à des endroits où l’eau n’avait pas encore été transformée, en affirmant qu’elle allait se transformer en sang. Quelques instants plus tard, cela se produisit, mais pas grâce à eux, mais des effets de la plaie.

-> Le Panéa’h Raza explique que l’eau s’est transformé en sang l’espace d’un instant pour tuer les poissons, devenant nauséabonde et imbuvable à cause des poissons morts, et immédiatement ensuite elle a été changée de sang en eau.

-> Le rav Israël Reisman (commentaire v.7,24 – mimémé) affirme que seule l’eau potable a été transformée en sang, permettant aux magiciens d’utiliser l’eau non potable pour la transformer en sang.

-> Les sorciers ne parvenaient à transformer en sang que le contenu de petites bouteilles d’eau.
Le fait qu’ils y parvinrent convainquit Pharaon que Moché et Aharon n’avaient rien accompli de plus qu’un habile tour de magie.
Selon certains, la seule eau utilisable était l’eau salée de la mer méditerranée.
[Méam Loez – Vaéra 7,21 & 22]

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-> On peut s’interroger : à l’époque du Déluge, bien que toute vie sur terre fut anéantie, les poissons ne furent pas décimés. Ici pourtant, les poissons moururent.
La raison est qu’avant le Déluge, les mœurs sur terre étaient dépravées. Les animaux et les oiseaux s’accouplaient eux aussi contre nature, souvent avec d’autres espèces. Telle était la raison pour laquelle même les animaux et les oiseaux furent anéantis par le Déluge. Seuls les poissons qui ne s’étaient pas accouplés à d’autres espèces, furent épargnés.

Cependant en Egypte, les poissons avaient participé au crime : lorsque les nourrissons juifs étaient noyés dans le Nil, les poissons les avalaient. C’est la raison pour laquelle les poissons également méritaient la mort.
De plus, les poissons moururent pour prouver que l’eau s’était réellement transformée en sang et qu’il ne s’agissait pas d’une simple illusion semblable à celle que les magiciens égyptiens furent capables de produire …
[Méam Loez – Vaéra 7,21]

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+ Mesure pour mesure :

-> Les égyptiens ont été punis par le sang, car ils ont versé le sang des enfants juifs lorsqu’ils les ont jetés dans le Nil.
[midrah haGadol]

-> Ils n’ont pas permis aux femmes juifs de s’immerger rituellement dans l’eau de leur impureté par le sang.
[midrach Tan’houma]

-> La 1ere source de sécurité des égyptiens était le Nil, et ils forçaient les juifs à aller y tirer de l’eau pour eux.
C’est pour cela qu’ils ont été frappés par le Nil.
[Rabbénou Bé’hayé]

-> Une partie de la plaie a été la mort des poissons du Nil, et cela parce que les égyptiens souhaitaient annuler la bénédictions de Yaakov : « qu’ils se multiplient abondamment comme des poissons, au sein de la terre » (Vayé’hi 48,16).
[Kli Yakar]

-> Le sang qui s’écoulait des arbres et des pierres pendant cette plaie correspondait au sang versait par les enfants juifs, qui été placés à la place des briques dans les constructions égyptiennes.
[Oznaïm laTorah]

-> Pharaon avait assassiné tous les jours 300 nourrissons juifs afin de se tremper dans leur sang.
[Sifté Cohen]

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-> Hachem attaque dès le début le dieu égyptien : le Nil. (le Malbim)

[c’est leur confiance dans leur divinité qui leur a laissé croire qu’ils pouvaient tourmenter les juifs, et ce sans craindre aucune conséquence.
Chaque fois qu’ils voyaient le Nil, cela renforçait en eux leur toute puissance, oubliant Hachem, et faisant encore davantage souffrir les juifs.]

-> [l’Egypte était la capitale de la magie noire, et ayant les sorciers/magiciens les plus puissants (même un enfant égyptien était très compétent en sorcellerie), elle se pensait au-dessus de tout (on est comme des dieux pouvant tout faire par nos fabuleux pouvoirs!)]
En ce sens, le Zohar (rapporté dans le Méam Loez (Vaéra 7,20)), nous enseigne :
L’approvisionnement en eau d’une nation peut avoir un effet profond sur son peuple.
C’est ainsi qu’en raison de la composition chimique de l’eau, ainsi que des créatures qui y vivent, une certaine sorte d’eau peut être thérapeutique ou une autre développer l’intelligence.
Les eaux du Nil étaient particulièrement efficaces pour donner à ceux qui en buvaient des pouvoirs mystiques et occultes.
Mais après sa transformation en sang et la mort de toute vie aquatique, le fleuve cessa de posséder ces propriétés.

« Hachem parla à Moché : … tiens-toi devant Pharaon » (Vaéra 9,13)

-> Le midrach rapporte que l’entrée de la porte du palais de Pharaon était très basse, afin que tout celui qui voulait y pénétrer était obligé de se prosterner devant une idole égyptienne qui faisait face à cette porte.

Cependant, lorsque Moché et Aharon se sont approchés de cette porte, elle est miraculeusement devenue plus haute, et ils n’ont même pas eu besoin de baisser leur tête pour entrer.
[surtout qu’ils avaient tous les deux une taille d’environ 5 mètres (10 coudées)]

-> Le Alshich haKadoch dit que c’est ce que Hachem signifie lorsqu’il dit à Moché : « tiens-toi devant Pharaon » = lorsque tu arriveras devant lui, tu n’auras pas besoin de te prosterner, vas-y en te tenant bien droit [fier de ton patron : Hachem!].

Le Alshich rapporte qu’il en a été de même lorsque Yaakov a rencontré Pharaon. Hachem a produit un miracle en agrandissant la porte du palais, afin de le dispenser de se prosterner devant les idoles.
En effet, il est écrit : « Yossef amena Yaakov, son père, et le présenta en se tenant debout devant Pharaon » (Vayigach 47,7).

[Pharaon représente le yétser ara.
Le message est que lorsqu’il nous arrive de faire face au yétser ara, il faut bomber le torse, avoir la tête haute : être fier de ses origines (je suis juif! mon père c’est Hachem!), et avoir conscience que nous devons donc agir avec toute la grandeur qui va avec (tu connais la valeur d’une mitsva! comment puis-je faire un acte si bas pour mon rang si élevé de juif?)]

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-> Le midrach (Yalkout Chimoni 181), nous rapporte quelques miracles qui se déroulèrent à l’occasion de cette visite chez le roi d’Egypte :
« Le palais de Pharaon possédait 400 portes, et chacune d’elles était gardée par des lions, des ours et des bêtes sauvages qui ne laissaient personne entrer, à moins qu’on ne leur amène de la viande à manger.
Lorsque Moché et Aharon arrivèrent, toutes les bêtes se rassemblèrent, elles se frottèrent à leurs jambes et les accompagnèrent jusqu’à Pharaon. »

On apprend également dans ce midrach, que c’était le jour d’anniversaire de Pharaon, et que tous les rois de l’Est et l’Ouest s’étaient réunis en son honneur.
En voyant Moché et Aharon arriver dans la salle du trône, ils leur apparurent comme des Anges célestes, leurs yeux brillaient comme le soleil, …
Ils furent saisis de tremblements et se prosternèrent devant eux.

Le midrach (Yalkout Chimoni 176) nous enseigne qu’au début l’ensemble des 71 Anciens accompagnèrent Moché et Aharon, mais au fur et à mesure qu’ils prenaient conscience des dangers auxquels ils s’exposaient, ils se sont tous désistés.

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-> b’h, voir également : http://todahm.com/2015/02/16/2717

« Le bâton d’Aharon engloutit leurs bâtons » (Vaéra 7,12)

-> « Normalement, lorsque quelqu’un vainc une autre personne, la « dévorant », il est habituel que le vainqueur se remplisse d’orgueil, de fierté du fait de sa victoire (je suis le meilleur!).
Cependant, lorsque le bâton de Aharon a avalé ceux des magiciens de Pharaon, son bâton n’est pas devenu plus gros, ni n’a montré aucun changement de sa taille. Il est resté « humble ».

Cela est un rappel au fait que de même que son bâton n’a pas grossi, de même Aharon ne s’est à aucun moment rempli de fierté, ni n’a changé sa nature humble, alors qu’il avait lui-même réalisé cet énorme miracle. »

[le Maguid de Jérusalem – Rabbi Shalom Mordé’haï haCohen Schwadron]

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+ Pourquoi les bâtons se sont-ils changés particulièrement en serpents?

Le rav Shimshon Pinkous donne la réponse suivante.

-> « Hachem dit au serpent : Parce que tu as fait cela, tu es maudit entre tous les animaux et entre toutes les créatures terrestres : tu te traîneras sur le ventre, et tu te nourriras de poussière tous les jours de ta vie. » (Béréchit 3,14)

Rabbi Mendel de Kotzk enseigne que le serpent se déplace horizontalement en regardant toujours vers le bas (la terre, la matérialité), et il ne lui manque jamais de nourriture (il y a plein plein de poussière!).
A l’inverse, les autres animaux sont dépendants de l’aide de Hachem pour trouver leur nourriture, ce qui leur permet de développer une relation spéciale avec D.

=> Ainsi, les serpents ont la pire des malédictions : ne pas pouvoir se tourner, se lier toujours davantage avec Hachem.
[à l’image d’un père disant à un enfant : « Tiens 10 millions d’euros, mais que je ne te revois plus jamais! »]

-> Rachi explique que la 1ere plaie (le sang) était dirigée spécifiquement contre le Nil, qui était une divinité chez les égyptiens, en raison du fait qu’il ne pleuvait jamais en Egypte, et le Nil était ainsi leur unique source d’eau!

Rav Chimchon Pinkous explique que symboliquement cela ressemble au serpent. Puisqu’il ne pleuvait jamais dans ce pays, les égyptiens ne devaient jamais lever les yeux vers le Ciel (la spiritualité) pour espérer de la pluie, vitale à l’agriculture.
En résultat de cela, ils n’avaient aucune dépendance avec Hachem, puisque tout ce qui se passait dans leur vie pouvait s’expliquer scientifiquement, et apparaître à leurs yeux comme totalement naturel.
[comme le serpent, ils étaient tournés vers la terre (matérialité), et ils ne manquaient pas d’eau (abondance du Nil) les empêchant d’entretenir une relation personnelle avec Hachem]

=> La sortie d’Egypte n’était pas qu’une libération physique d’un esclavage atroce, mais cela représentait également un départ philosophique plus profond.
C’était quitter un monde vide de spiritualité, dans lequel tout est compris et expliqué selon la science et la nature, pour une nouvelle réalité dans laquelle nous déclarons avec confiance que Hachem dirige chaque aspect de l’univers (petit ou grand) et de notre vie quotidienne.
Que nous sommes fiers d’être Son peuple élu.

[le serpent représente également tout]

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“Prends ton bâton, lance-le devant Pharaon et il deviendra un serpent » (Chémot 7, 9)

Rabbi Méïr Shapira de Lublin y voyait une allusion au fait que l’entourage a beaucoup d’influence sur l’homme, pour le meilleur et pour le pire.

Ainsi, même le bâton de D. sur lequel le Tétragramme était gravé, si on le lance devant Pharaon, dans un environnement criminel et dépravé, deviendra un serpent, une bête féroce.
Cependant, ce serpent venimeux se transformera de nouveau en bâton de D. si ce sont les mains de Moshé qui le tiennent.

De même, Moshé fait comprendre à Pharaon que le peuple juif, lorsqu’il sera coupé de l’influence néfaste de l’Egypte (représentée par le serpent : le yétser ara, l’immoralité, …), pourra s’élever à des sommets de spiritualité.

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-> b’h, divré Torah également sur ce sujet :
https://todahm.com/2015/02/16/2725
https://todahm.com/2018/03/04/6277

-> « 10 objets furent crées la veille du Shabbath [de la Création] au crépuscule. Ce sont : la manne, le bâton [de Moché], … » (Pirké Avot 5,6)]

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« Ils jetèrent chacun son bâton et ils se transformèrent en serpents et le bâton d’Aharon engloutit leurs bâtons » (v.7,12)

-> Rachi : Redevenu bâton, il a avalé tous les autres.
[le midrach précise que le bâton d’Aharon qui avait repris sa forme de bâton, a avalé les autres bâtons qui avaient encore l’apparence de serpents. L’exploit est qu’un bâton inerte avalait des créatures vivantes!
Le 2e miracle est que le bâton d’Aharon a avalé de nombreux serpents sans changer d’aspect.]

-> Le midrach rapporte :
« Un grand miracle se déroula avec le bâton : bien qu’il ait englouti tous les autres bâtons jetés à terre, qui étaient nombreux au point de pouvoir former 10 bottes, il ne s’épaissit pas pour autant.
Et tous ceux qui le voyaient pouvaient sans hésitation affirmer : « Celui-ci est le bâton d’Aharon ». »

=> Le Béer Yossef dit que le message est le suivant : les égyptiens au lieu d’avoir été un bâton docile, il se sont transformés en bourreaux impitoyables qui frappent sans motif, à l’image du serpent.
Le bâton d’Aharon symbolise les tourments (les 10 plaies), qui vont être si terribles, que les souffrances qui ont pu être imposées aux juifs (les coups de « bâtons » des égyptiens), vont être « avalées » par ce bâton, puisque comme oubliées en comparaison de la grandeur et de l’intensité des plaies.

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-> Le midrach (Chémot rabba 9,6) rapporte que lorsque le bâton d’Aharon se transforma en serpent :
« A cet instant, Pharaon commença à les tourner en dérision, et à glousser comme une poule.
Il leur dit : « En général, on amène de la marchandise là où elle fait défaut. Ne savez-vous pas que j’ai la connaissance de toutes les sorcelleries? »
Sur le champ, il fit appeler des écoliers qui firent de même.
Bien plus : il fit appeler sa femme et elle aussi réalisa ce même prodige, tout comme des enfants de 4 et 5 ans. »

Le rav Yé’hezkel Levinstein dit qu’e l’on peut apprendre 2 leçons sur la nature humaine, applicables chez chacun d’entre nous :
1°/ D. met un homme à l’épreuve, et Il lui laisse la possibilité de se tromper.
En effet, l’épreuve a pour objectif de déterminer si l’homme optera pour les fausses apparences ou bien s’il consentira à voir la main de D. (la Vérité ou l’illusion).

Ici, la seule présence miraculeuse de Moché et Aharon dans la salle du Trône du palais (sans avoir reçu aucune invitation!) aurait dû suffire à le convaincre.
(la prédiction des magiciens sur la venue du sauveteur juif est clairement en train de se réaliser, cf. les nombreux miracles pour entrer et parvenir jusqu’à Pharaon, l’apparence d’anges Divins de Moché et Aharon, …).
=> La malveillance de son cœur l’a aveuglé, l’empêchant de voir l’évidente réalité, préférant se réfugier dans ses illusions!

2°/ Lorsqu’un homme s’engage dans une voie erronée, il lui est quasiment impossible de rebrousser chemin et de reconnaître qu’il a tort.
A l’image d’un joueur au casino qui sans cesse se persuade de : « je vais me refaire » causant une augmentation de ses pertes ; un homme dans le faux se persuade d’être sur le bon chemin, en utilisant tout argument venant défendre sa cause.

Ce principe est clairement illustré par Pharaon, où chaque plaie ne suffit pas à lui faire reconnaître qu’il s’est trompé, lui faisant payer ainsi un prix très cher.

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-> Lorsque Aharon jettera son bâton devant Pharaon, celui-ci deviendra un serpent.
Ceci symbolise Pharaon : un serpent peut perdre sa peau mais il reste le même serpent. Pharaon semble changer d’attitude et mais il reste toujours le même.

De plus, lorsque Aharon attrapera le serpent, il se transformera à nouveau en un bâton de bois.
Bien que Pharaon semble à présent aussi meurtrier qu’une vipère, lorsque vous l’attraperez, il ne sera pas plus dangereux qu’une baguette de bois.

Le 1er signe sera le bâton pour montrer à Pharaon que Hachem le frappera comme un chien.
Mais puisqu’il est roi, il n’est pas convenable de le lui dire ouvertement.
Le bâton est un signe pour lui faire comprendre cela [indirectement].
[…]

Hachem avait une importante raison d’employer le symbolisme d’un bâton se transformant en serpent.
Lorsqu’une personne se prosterne devant D., elle doit complètement se pencher en avant de sorte que toutes ses vertèbres se courbent.
Lorsqu’ensuite elle s’incline, elle doit être droite, le dos raide comme un bâton, mais lorsqu’elle se relève, elle doit le faire petit à petit, comme un serpent se redresse.
Telle est la façon dont on doit se pencher pendant la amida (guémara Béra’hot 12b ; Ora’h ‘Haïm 113,6).

Pharaon avait nié l’existence de Hachem et dit : « Qui est D. que Je doive écouter Sa voix? » (Chémot 5,2).
On lui montra donc le signe d’un bâton transformé en serpent, comme pour dire : « C’est ainsi que tu te prosterneras devant Hachem. Tu te courberas comme un bâton et tu te redresseras comme un serpent. Ce sera un signe que tu te seras totalement soumis D. »
[Méam Loez – Vaéra 7,8-10]

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« Le bâton d’Aharon engloutit leurs bâtons » (Vaéra 7,12)

=> Pourquoi Hachem a-t-il demandé à Aharon de faire ce miracle, et non pas à Moché?

Le Maharil explique qu’une personne ne peut pas réaliser un miracle plus d’une seule fois.
Or, Moché avait déjà fait ce même miracle au buisson ardent : « il le jeta à terre et il devint un serpent » (Chémot 4,3), et ainsi il ne pouvait plus le refaire.

Pour prouver cela, le Maharil rapporte l’épisode d’Elicha avec le fils de la Choulamite qui était mort (Méla’him II 4,20-37).
Lorsque Elicha a entendu ce qui s’était passé, il a donné son bâton à son serviteur Gué’hazi, et lui a demandé de le placer face au visage du garçon, ce qui le ramènera à la vie.
Cependant, lorsque Gué’hazi a fait cela, rien ne se passa, jusqu’à ce que Elicha lui-même intervienne et ressuscite l’enfant.
Pourquoi le plan initial n’a-t-il pas fonctionné?

Le Panéa’h Raza explique que Gué’hazi était sceptique sur la capacité du bâton d’Elicha à faire revivre les morts, à tel point que Gué’hazi l’avait déjà utilisé en le plaçant sur un chien mort, qui est effectivement revenu à la vie.
Cependant, puisqu’il avait déjà réalisé ce miracle une fois, il ne pouvait plus le refaire une 2e fois sur le fils décédé de la Choulamite.

Le Panéa’h Raza ajoute que cela explique également pourquoi Bil’am n’a pas utilisé son pouvoir de malédiction son âne lors de son obstination à ne pas poursuivre son chemin.En effet, s’il l’utilisait une fois à ce moment, il ne pourrait plus le faire ultérieurement en maudissant le peuple juif.

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+ Pourquoi Hachem fit-Il une telle chose : que le bâton d’Aharon n’a pas grossi, même après avoir avalé de nombreux autres bâtons des sorciers égyptiens?

-> Le Imré Chefer dit que le bâton d’Aharon était destiné à réaliser de grands et nombreux miracles.
Si ce bâton avait grossi après avoir avalé les bâtons des égyptiens, certains auraient pu croire que c’est la présence des bâtons égyptiens dans le bâton d’Aharon, qui a permis de réaliser ensuite toutes ces merveilles.
Dès lors, le dégât aurait été important, car, au lieu de reconnaître la Main d’Hachem et Sa Toute-Puissance, Qui réalise les miracles qu’Il souhaite, certains auraient pu penser que c’est la force de la sorcellerie d’Egypte,
incarnée par ces bâtons, qui a contribué à tout cela.
=> C’est pourquoi, Hachem fit disparaître toute trace des bâtons des égyptiens dans le bâton d’Aharon, pour qu’on sache bien que la sorcellerie égyptienne n’a aucune présence dans ce bâton, et tous les miracles qui seront accomplis par son intermédiaire, ne viennent que d’Hachem, et aucunement de par la force d’une quelconque sorcellerie.

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-> Le Ktav Sofer explique que le bâton d’Aharon symbolise le Pouvoir Divin, alors que les bâtons des égyptiens symbolisent le pouvoir de Pharaon. Le fait que le bâton d’Aharon avale ceux des égyptiens fait allusion au fait que le Pouvoir Divin va dominer l’Egypte.
Mais quand un roi domine un autre roi, cela peut se faire de 2 façons : soit le 1er roi domine et soumet le second, qui continue à exister mais se plie au 1er roi. Mais, il est aussi possible que le roi dominant fasse totalement disparaître l’existence du second royaume.
Ainsi, si le bâton d’Aharon avait grossi, cela aurait signifié que le Pouvoir Divin dominera celui de Pharaon tout en maintenant son existence. Mais, Hachem avait prévu que suite aux 10 plaies, Il allait complètement anéantir le
royaume d’Egypte, qui allait cesser d’exister (dans l’Histoire, l’Egypte dont on parlera après est un peuple tout à fait différent).
=> C’est pourquoi, le bâton d’Aharon n’a pas grossi, pour signifier que le pouvoir de l’Egypte n’aurait plus aucune existence et serait anéanti. On ne pouvait même plus distinguer leur présence dans celui d’Aharon.

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-> Le Béer Yossef compare ce passage au rêve de Pharaon dans la paracha de Mikets, quand les vaches maigres dévorèrent les vaches grasses, et qu’elles ne grossirent pas. Cela signifiait que les années de famine allait être tellement dures qu’elles allaient faire oublier les années d’abondance.
Il en est de même concernant les bâtons. Le bâton d’Aharon c’est le bâton qui frappera l’Egypte, alors que les bâtons des égyptiens symbolisent les coups et les souffrances que les égyptiens imposèrent au peuple juif.
Le bâton d’Aharon avala ceux des égyptiens sans grossir = cela fait allusion au fait qu’Hachem se prépare à frapper l’Egypte de coups et de plaies tellement durs et tellement redoutables, que ces coups feront même oublier les souffrances que les égyptiens imposèrent aux juifs pendant cet esclavage.
Les souffrances qu’Hachem enverra à l’Egypte seront bien plus terribles que celles que l’Egypte fit endurer aux juifs au point que ces dernières seront même insignifiantes comparées à celles qu’Hachem leur imposera.

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-> Le Imré Emet explique qu’à travers l’esclavage et les souffrances en Egypte, il s’avéra que le peuple juif se sépara intrinsèquement de l’Egypte et des autres peuples, au point qu’ils ne puissent plus se mélanger et s’assimiler dans aucun autre peuple.
En effet, plus les juifs tentèrent de se fondre à l’Egypte, et plus on les fit souffrir, leur faisant ainsi comprendre qu’ils ne peuvent pas se mélanger.
A la fin de l’exil d’Egypte, Israël fut constitué en tant que peuple ne pouvant définitivement plus jamais recevoir une influence étrangère. Dès lors, quand les juifs essaieront de s’assimiler et de suivre les influences extérieures, on leur rappellera toujours leurs particularités.
Le peuple Juif ne peut plus s’imprégner réellement des influences étrangères des nations du monde.

=> Le bâton d’Aharon symbolise le peuple juif et les bâtons des égyptiens représentent les influences des nations étrangères, en l’occurrence de l’Egypte.
Le bâton d’Aharon avale les bâtons des égyptiens sans grossir, car les influences et les traces étrangères ne peuvent pas s’imprégner ni s’installer au sein du peuple juif.
Après la sortie d’Egypte, le peuple juif est devenu un peuple à part, séparé de tous les autres, et ne pouvant plus être influencé par aucun « bâton » étranger.

« Je vous prendrai pour Moi comme peuple … et vous saurez que Je suis Hachem votre D. » (Vaéra 6,7)

Hachem est au-delà de toute pensée. En effet, personne ne peut concevoir Hachem par la pensée, tellement Il est élevé.
Malgré tout, Il nous a donné Sa Thora, et par elle, c’est-à-dire en la saisissant et en la comprenant, on peut parvenir également à « saisir » Hachem.

C’est pourquoi, il n’est possible de connaître Hachem qu’à travers la Torah, car de par Lui-même, Il n’est pas perceptible.

Cela est en allusion dans ce verset :
– « Je vous prendrai pour peuple » = cela fait référence au don de la Torah ;
– « et vous saurez que Je suis Hachem » = c’est par la Torah que l’on peut prétendre »saisir » et connaître la Réalité Divine.

[Kédouchat Lévi]

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-> « Je vous prendrai pour Moi comme peuple » (vélaka’hti ét’hem li léam – וְלָקַחְתִּי אֶתְכֶם לִי לְעָם).

Les 1eres lettres de ces 4 mots permettent de former : Elloul (אלול), le mois durant lequel nous devenons proche de Hachem par nos prières et notre téchouva.

Cela fait allusion à la promesse que D. a fait : si nous faisons une téchouva sincère, alors Il nous prendra pour Lui comme Sa nation choisie (en amenant immédiatement le machia’h!).

[le Bné Yissa’har – Rav Tzvi Elimélé’h Shapira de Dinov – Igra déKalla]

« Et aussi (végam), j’ai entendu les gémissements des enfants d’Israël » (Vaéra 6,5)

Que nous apprend le mot : « et aussi »?
Qu’a entendu Hachem en plus du gémissement de chaque juif, entraîné par le terrible esclavage?

Le Séfer Ki Ata Imadi apporte la réponse suivante.

En réalité, chaque juif entendait les gémissements des autres juifs.
Bien qu’étant dans la même situation, chaque juif était sensible à son prochain dans la douleur et il disait : « J’espère que cela puisse être plus facile pour lui. Je prie pour que Hachem allège son fardeau. »

Lorsque D. a entendu cela, Il a déclaré : « Je veux « aussi » y être inclus. Lorsque tu ressens la charge de ton ami, malgré le fait que tu as le même problème, alors Je veux « aussi » venir aider. »

C’est peut être une illustration des paroles de nos Sages : « Toute personne qui prie pour un besoin de son prochain, alors qu’elle en a elle-même besoin, se verra exaucée en 1er » (guémara Baba Kama 92a).

=> Ce qui a véritablement permis d’entendre les gémissements des juifs, c’est lorsque chacun s’inquiétait pour son frère dans la douleur. Hachem est alors venu pour aider tout le monde.

De même dans notre vie, en étant sensible aux malheurs d’autrui, on se donne les moyens de se débarrasser des nôtres.

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-> « Toute personne qui prie pour un besoin de son prochain …  »
Le Kéhilat Yaakov (Yom Kippourim – Drouch 18) dit que le terme « prochain » fait référence à Hachem, et qu’ainsi la guémara signifie que si quelqu’un prie pour Hachem, s’il prie pour la gloire de D. et non pas pour son propre honneur, alors il sera répondu en 1er.
[Hachem est appelé « prochain » (akhi’ha), comme dans le verset : « N’abandonne ni ton ami ni l’ami de ton père » (Michlé 27,10)]

[en priant pour une chose dans un but spirituel, comme moyen permettant de pouvoir (mieux) faire la volonté de D. et d’ainsi grandir Son Nom dans le monde, alors nous avons la certitude d’être répondu.
A l’inverse en priant pour une même chose uniquement dans un but de satisfaire son égo, alors il nous est plus dur de l’obtenir. ]

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-> Hachem dit : « J’ai entendu les plaintes des enfants d’Israël.
En plus de les délivrer, J’ai pris le temps d’écouter leurs prières.
Ceci est en soi très important et montre combien Je les estime.
En effet, si Je les avais délivrés uniquement à cause de Ma promesse aux Patriarches, Je n’aurais pas pris le temps d’écouter leurs prières. Et c’eût été comme si Je ne voulais pas les regarder ».
[Méam Loez – Vaéra 6,6-8]

+ « Malgré le fait que les juifs n’ont pas écouté leurs dirigeants [rapportant les paroles de D.], « à cause d’un souffle court et du travail pénible » (Vaéra 6,9), Hachem a ordonné à Moché et à Aharon de continuer à leur parler.

La raison est que les mots de D. ont toujours un impact et produisent un effet ; si ce n’est pas immédiatement, cela le sera plus tard.
En effet, les mots saints ne sont jamais perdus, et au final ils sont entendus. »
[Sfat Emet]

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-> « Chaque mot de Torah prononcé, chaque mitsva réalisée a une influence sur l’intériorité de l’être.
De la même façon que l’effet du médicament n’est pas immédiatement perceptible, ainsi il en est pour l’éducation : l’effet ne se fait pas sur le champ, mais il est certain qu’avec le temps il se fait ressentir. »
[Rav Chimchon Pinkous]

« D. (Elohim) parla à Moché et lui dit : « Je suis Hachem ». «  (Vaéra 6,2)

Puisque Moché avait déjà parlé avec Hachem et connaissait son Créateur, pourquoi lui répéter maintenant : « Je suis Hachem »?

Le nom « Elohim » (אֱלֹהִים) est associé à l’attribut de Justice, et le Tétragramme (יְהוָה) à celui de la Miséricorde.

D. avait exercé contre les juifs l’attribut de Justice en les faisant descendre en Egypte et en les asservissant pendant 210 ans.
A présent, Il dit à Moché : dans le passé, J’ai agi en tant que D. de Justice, mais désormais « Je suis Hachem », plein de miséricorde envers Son peuple.

Lorsque l’on écrit en orthographe pleine : « Je suis Hachem » (אֲנִי יְהוָה : aléph lamed pé, noun vav noun, youd vav dalét, youd vav dalét, hé youd, vav alef vav, hé youd), on obtient une valeur numérique de : 300, qui est la même que : « avec miséricorde » (béra’hamim – ברחמים).

Cela renforce le passage d’un attribut à l’autre.

[dvar Torah du Abir Yaakov – rabbi Yaakov Abe’hssera – dans son Pitou’hé ‘Hotam]

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-> Le Nom : « Elokim » évoque l’Attribut de Rigueur, alors que le Tétragramme évoque l’Attribut de Miséricorde.
Certes, en Egypte, le peuple juif souffrait terriblement et était atteint par l’Attribut de Rigueur, au point que Moché se soit plaint à Hachem : « Pourquoi as-tu fait souffrir ce peuple? »

Pour l’apaiser, Hachem lui dit qu’en réalité cette rigueur n’est qu’apparente, puisque : « Je suis Hachem (et non Elokim) » = empli de miséricorde. Car même quand des souffrances surviennent, il faut savoir qu’en réalité, la bonté Divine et Sa Miséricorde y sont cachées, et un grand bien finira par sortir de toutes les épreuves.
[rabbi Na’hman de Breslev – Likouté Hala’hot]